Cartulaire de Notre-Dame de Chartres

édition par : Olivier Guyotjeannin

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Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, dir. Olivier Guyotjeannin, 2009 (Éditions en ligne de l'École des Chartes, volume11), http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/Chartres-N-D/.

Source : Cartulaire de Notre-Dame de Chartres d’après les cartulaires et titres originaux, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, Société archéologique d’Eure-et-Loir, 1862-1865, 3 vol. in-4, CCLII-263-431-443 p.

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Cartulaire de Notre-Dame de Chartres d’après les cartulaires et titres originaux, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, Société archéologique d’Eure-et-Loir, 1862-1865, 3 vol. in-4, CCLII-263-431-443 p.

Établissement : Chapitre cathédral de Chartres.

Cartulaire factice, dans l’ordre chronologique, composé d’une sélection d’originaux et de copies des cartulaires anciens.

Total des actes édités : 398 (1 du VIe siècle, 3 du VIIIe siècle, 2 du IXe siècle, 5 du Xe siècle, 14 du XIe siècle, 123 du XIIe siècle, 241 du XIIIe siècle, 9 du XIVe siècle).

L’établissement

Historique

Le diocèse de Chartres est l’un des plus anciens et des plus importants de la Gaule à la fin de l’Empire romain. La légende veut que dans la forêt des Carnutes, des druides aient fondé un temple en l’honneur d’une vierge devant enfanter, et que les saints évangélisateurs Altin et Eodald aient trouvé la région déjà chrétienne avant l’heure dès le Ier siècle de notre ère. Plus probablement, la région a été évangélisée au cours du IIIe siècle, sous l’action des mêmes personnages. Au moment de la chute de l’empire romain, le diocèse de Chartres est l’un des plus vastes de Gaule, au premier rang de ceux de la province de Lyonnaise quatrième. La ville romaine, Autricum, était déjà un centre économique important dès avant l’arrivée du christianisme. La puissance de l’évêque et du chapitre de Chartres trouve l’une de ses sources dans la richesse du pays environnant, la Beauce, où le chapitre possède de grands domaines.

En 876, un don du roi Charles le Chauve à l’évêché de Chartres, la relique du voile de la Vierge, est à l’origine d’un important mouvement de pèlerinage qui fait la fortune de la cité et la puissance des institutions religieuses locales. L’éclat matériel de la cité se double d’une grande renommée intellectuelle, cristallisée autour de la figure de Fulbert de Chartres. Ce saint évêque est à l’origine du développement de la célèbre « école de Chartres » qui s’épanouit pendant plus de deux siècles, sous l’action de maîtres tels que Thierry de Chartres, Bernard de Chartres, et surtout le juriste Yves de Chartres, figure éminente de la réforme de l’Église au XIe siècle.

Le chapitre est probablement formé à l’époque carolingienne, soumis dès l’origine à la règle édictée pour les chanoines par Chrodegang de Metz au VIIIe siècle, puis à sa nouvelle forme donnée par le diacre Amalcaire au IXe siècle. En 889-890, des documents mentionnent un conseil de canonici autour de l’évêque Aimery. La vie canoniale semble s’être plutôt relâchée autour de l’an mil, si l’on en juge par la pugnacité qui anima Fulbert dans sa lutte contre le non-respect de la règle. Son œuvre a été poursuivie par Yves, puis par une série de prélats remarquables, qui ont restauré aux XIIe et XIIIe siècles l’observance des préceptes canoniques.

Un texte cité par les éditeurs de ce cartulaire, intitulé Vieille Chronique, prétend que dès l’origine l’église de Chartres aurait bénéficié d’abondantes richesses. Rien n’est moins sûr : l’évêque et ses serviteurs semblent vivre en commun et partager les ressources disponibles jusque vers le IXe siècle, époque où les évêques décident de diviser le temporel. Cette répartition a d’ailleurs suscité des conflits incessants. De même, la puissance de l’évêque ne va pas sans faire de l’ombre au comte dont dépend la ville. Les deux personnages exercent chacun une part de la puissance publique : ainsi, le comte jouit du droit de battre monnaie, tandis que l’évêque conserve les coins ; tous deux se disputent les revenus du droit de ban et des tonlieux. Cette rivalité débouche sur des rixes parfois sanglantes entre partisans de l’évêque et partisans du comte, qui tente régulièrement de s’emparer par confiscation des biens de l’église à l’occasion de la mort de l’évêque.

Malgré ces conflits, la puissance temporelle et matérielle du chapitre cathédral de Chartres connaît un accroissement constant, ce qui ne va pas sans heurts. En 855, les Normands mettent à sac et détruisent l’église cathédrale. En 962, l’édifice est à nouveau incendié par le duc Richard de Normandie, alors en guerre contre le comte de Blois Thibaud le Tricheur.

En 1020, Fulbert fait reconstruire sa église, encore une fois détruite par un incendie. Le XIe siècle voit la cathédrale s’agrandir et s’embellir grâce aux donations abondantes des puissants comme des humbles. La façade et le narthex sont achevés vers 1050 grâce aux dons des chanoines, puis le comble est bâti grâce à la générosité du roi Henri Iᵉʳ. En 1087, on achève d’élever le clocher aux frais de Guillaume le Conquérant, pour le repos de l’âme de sa fille. Vers 1100, sous l’épiscopat d’Yves, on construit un jubé et on pose dans le choeur un dallage de marbre offert par le doyen Zacharie. On place une statue dorée de Notre-Dame à la porte de l’église aux frais de Richer, archidiacre de Dunois. La salle capitulaire est achevée vers 1090.

Les donations et legs continuent sans tarir, permettant par exemple l’installation de verrières. En 1194, un grand incendie dévaste la cathédrale, suscitant un nouvel afflux de donations des chanoines, qui permet d’élever le vaste édifice gothique existant aujourd’hui. Aux XIIIe et XIVe siècles, les fondations de chapelles abondent et permettent d’entrevoir le réseau des bienfaiteurs et des personnes attachées à l’église, qui seront évoqués plus en détail. Parallèlement, le profil des donateurs se diversifie. On peut alors mesurer l’importance que le chapitre de Notre-Dame de Chartres a acquise et conserve tout au long du Moyen Âge, et même au-delà.

Localisation du patrimoine à grands traits

Le diocèse de Chartres est l’un des plus importants de la Gaule chrétienne, le second après celui de Sens. Il s’étend sur 200 km de long et 60 de large. Il comprend la Beauce, mais aussi le saltus du Perche, le pays de Dreux, une bonne partie du Pincerais, le Dunois, le Blésois et la presque tout le Vendômois. Au Nord, la limite est formée par les méandres de la Seine.

Bonne approche du temporel du chapitre dans A. Chédeville, Chartres et ses campagnes…, carte des « Exploitations du chapitre N.-D. de Chartres en 1300 », p. 185.

Réseaux de bienfaiteurs

Comme on l’a déjà esquissé, le chapitre de Notre-Dame de Chartres bénéficie des largesses des chanoines et des évêques issus des plus hauts lignages (Fulbert, Guillaume aux Blanches Mains, Jean de Salisbury). Tout au long du Moyen Âge, les donateurs laïcs ne sont pas moins illustres : parmi eux, les comtes de Blois et de Champagne et leurs épouses, telles Adèle, femme du comte Étienne-Henri, Ermengarde, femme d’Eudes II, ou Marie, femme d’Henri le Libéral, mais aussi les rois de France, de Charles le Chauve jusqu’à Louis XIII et Anne d’Autriche, en passant par Berthe, épouse du roi Philippe Ier. Les comtes de Bretagne rivalisent de prodigalité avec les souverains anglais, au premier rang desquels Guillaume le Conquérant et la reine Mathilde. Les riches laïcs chartrains ne sont évidemment pas en reste, et les documents montrent combien matrones ou marchands fortunés savent se montrer généreux.

Orientation archivistique

Le chartrier

Les fonds de l’évêché et du chapitre cathédral de Chartres ne sont, à de rares exceptions près, pas antérieurs à l’incendie qui a détruit la cathédrale en 1194. Ils ont été versés en 1793 aux Archives départementales d’Eure-et-Loir, alors installées au palais épiscopal avec le reste des services de la Préfecture. Ces archives ont souffert de tribulations incessantes : elles ont occupé successivement la chapelle Saint-Piat, dans le prolongement du chevet de la cathédrale, puis les combles de la Cour d’Assise de 1823 à 1854, un bâtiment trop étroit ensuite, avant d’être transférées en 1907 au Grand Séminaire où elles se trouvent toujours.

Les saisies révolutionnaires ont été accompagnées d’actes de vandalisme : la grande masse des pièces de procédure qui constituait la moitié du fonds du chapitre a été brûlée. Plus tard, des registres d’actes capitulaires en ont été distraits pour être cédés à la Bibliothèque municipale de Chartres, sous prétexte de gagner de la place. Au moment où Lucien Merlet est nommé archiviste d’Eure-et-Loir, en 1852, les séries n’ont pas encore reçu leur cotation définitive, et les documents sont regroupés pêle-mêle dans les liasses.

Le fonds du chapitre cathédral constitue pourtant l’ensemble le plus remarquable de ce dépôt. Aujourd’hui au cœur de la série G, il porte les cotes G 130 à G 2920. L’inventaire moderne suit à peu près un classement opéré en 1780 et reporté dans six volumes d’inventaire : dans son état de 1852, le fonds en est un reflet assez exact, bien qu’endommagé par la Révolution. Il est conservé dans des layettes numérotées de I à CXVI, dites « caisses » jusque dans le Cartulaire de Lépinois et Merlet. Il n’existe aucune table de concordance de cette cotation empirique ancienne (C. pour caisse suivi d’un chiffre romain) et la cotation actuelle, mais l’usage de l’Inventaire du chapitre en 6 volumes de 1780 permet de s’y retrouver assez rapidement.

Les cartulaires

Plusieurs compilations médiévales et modernes ont été exploitées par les éditeurs (Stein no 882-886), qui ont ignoré un manuscrit conservé à Toulouse (Stein no 886).

Documents nécrologiques

Lépinois et Merlet ont joint à leur cartulaire un nécrologe dressé par leurs soins à partir d’un ensemble de documents nécrologiques alors conservés pour l’essentiel à la Bibliothèque municipale de Chartres, dont voici la liste :

  • BM Chartres no 25 et BM de Saint-Etienne, avant 1120
  • AD Eure-et-Loir, G 31, moderne
  • BM Chartres no 26, XIIe au XVe siècle
  • BM Chartres no 27, XIIIe siècle
  • BM Chartres no 18 et 30, XIVe siècle
  • BM Chartres no 28, XVe siècle
  • Bibl. nat., n. a. lat. 31, XVIIe siècle

La plupart de ces documents ont été vus et édités par Auguste Molinier, Obituaires de la province de Sens. Tome II. Diocèse de Chartres, Paris, 1906, à mettre à jour pour les descriptions codicologiques et l’état des documents chartrains détruits en 1944, du Répertoire des documents nécrologiques… de Jean-Loup Lemaitre, t. I, no 899-915.

Sources extérieures

Une partie des pièces réunies par Lépinois et Merlet ne sont pas des actes, mais de petits traités reliés :

  • le Tractatus de aliquibus nobilitatem et antiquam fundacionem Carnotensis ecclesie tangentibus, désigné sous le nom d’usage de Vieille Chronique, daté de 1389 et conservé à la Bibliothèque municipale de Chartres (BM Chartres) sous la cote 18.
  • le Polypticon ecclesiae beatae Mariae Carnutensis, de 1300, BM Chartres n° 24.

Quelques dossiers peu volumineux concernant le chapitre cathédral de Chartres sont conservés aux Archives nationales sous les cotes L 729 et S 3244. Ils touchent en majorité la période moderne, et Lépinois et Merlet ne semblent pas s’en être servis.

Orientation bibliographique

Le cartulaire est précédé d’une introduction monumentale dont le propos, là encore, était de combler une vide historiographique en posant les premiers jalons d’une histoire économique du pays chartrain. Cependant, il s’agit là de l’aboutissement d’un chantier ouvert par Lépinois au cours la décennie précédente, qui a déjà produit une importante monographie :

  • Lepinois (E. de) , Histoire de Chartres, Chartres, 1854-1858, 2 vol.

Ces travaux ont été complétés plus tard par des ouvrages plus resserrés chronologiquement :

  • Chedeville (A.), Chartres et ses campagnes (XIe –XIIIe siècles), Paris, 1973, rééd. 1991.
  • Buisson (P.), Bellier de le Chavignerie (Ph.), Tableau de la ville de Chartres en 1750, Chartres, 1890.

Ce dernier ouvrage est conçu comme une histoire topographique chartraine, rue par rue.

L’ouvrage de Chédeville a été prolongé récemment par une étude consacrée à la fin de la période médiévale :

  • Billot (C.), Chartres à la fin du Moyen Âge, Paris, 1987.

Le trésor de la cathédrale a suscité de nombreuses études, parmi lesquelles il faut citer :

  • Santeul (A. de), Le Trésor de Notre-Dame de Chartres, 1841.
  • Mely (F. de), Le Trésor de Chartres (1310-1793), Paris, 1886.

La cathédrale a suscité d’innombrables études, mais celle de René Merlet, fils de l’auteur du cartulaire, a fait date :

  • Merlet (René), La cathédrale de Chartres, Paris, 1910 (Petites monographies des grands édifices de la France).

La synthèse la plus complète est aussi la plus récente :

  • Kurmann (P.), Kurmann-Schwarz (B.), Chartres : la cathédrale, La Pierre-qui-Vire, 2001.

La prosopographie du clergé n’est pas en reste :

  • Merlet (R.), « Catalogue des évêques de Chartres », dans Mémoires de la Société archéologique d’Eure-et-Loir, t. IX (1889), p. 453-459.
  • Merlet (L.), Merlet (R.), Les dignitaires de l’église Notre-Dame de Chartres. Listes chronologiques, Paris, 1900.
  • Amiet (L.), Essai sur l’organisation du chapitre cathédral de Chartres du XIᵉ au XVIIIᵉ siècle, Chartres, 1922.

Il convient de rappeler que les travaux de Merlet et Lépinois trouvent un antécédent important dans ceux de Jean-Baptiste Souchet (1589-1654), publiés seulement au XIXᵉ siècle :

  • Souchet (J.-B.), Histoire du diocèse et de la ville de Chartres, Chartres, 1866-1876, 4 vol.

Enfin, de manière générale, les 216 numéros de la bibliographie de Lucien Merlet constituent un ensemble considérable dont la majeure partie s’intéresse à l’histoire de la ville et de la cathédrale de Chartres.

L’édition

Les éditeurs : éléments biographiques

Lucien Victor Claude Merlet (1827-1898), né à Vannes, licencié en lettres et en droit, est ancien élève de l’École des chartes et de l’École nationale d’administration. Titulaire du diplôme de paléographe en 1848, il est nommé archiviste d’Eure-et-Loir en 1852 sur la recommandation de Benjamin Guérard, directeur de l’École des chartes. Correspondant de l’Académie des inscriptions et belles lettres, membre du Comité des travaux historiques, il est aussi un animateur actif des études historiques dans le pays de Chartres : aux côtés d’Arcisse de Caumont, il fonde en 1856 la Société archéologique du département d’Eure-et-Loir, qu’il préside jusqu’à sa mort et qui patronne notamment la publication du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres. Il organise les Archives du département, supervise la construction d’un nouveau bâtiment destiné à les recevoir, et les pourveoit en inventaires sommaires particulièrement équilibrés ; parallèlement, il structure les archives de nombreuses communes, au nombre desquelles on compte Dreux et Châteaudun. Chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’instruction publique, Lucien Merlet meurt à Chartres le 20 juillet 1898.

Ses travaux abondants portent particulièrement sur l’histoire du sud de l’Île-de-France et ses sources médiévales : éditeur infatigable, il publie aussi bien des instruments de travail : Dictionnaire topographique du département d’Eure-et-Loir (1861, le premier en date de la série des inventaires topographiques), Analyse des archives communales de la ville de Dreux (1875), de Châteaudun (1885), de Chartres (1888) ; des sources textuelles : Cartulaire de Notre-Dame-des-Vaux-de-Cernay (en collaboration avec Auguste Moutié, 1857-1858), Lettres de saint Yves, évêque de Chartres (1881), Cartulaire de l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron (1883) ; que des ouvrages proprement historiques : Histoire de l’abbaye de Notre-Dame de Coulombs (1864), Notice historique sur la baronnie de Châteauneuf-en-Thimerais (1865), Poètes beaucerons antérieurs au XIXᵉ siècle (1894).

Son fils René poursuit son œuvre : il publie à titre posthume un ouvrage prosopographique écrit à deux mains avec son père, Les dignitaires de l’église Notre-Dame de Chartres (1900), après avoir édité seul le Cartulaire de l’abbaye de la Madeleine de Châteaudun (1896).

Sources : Nécrologie. Lucien Merlet, Chartres, 1899 ; nécrologie dans la Bibliothèque de l’École des chartes, t. LX (1899), p. 267-280. – Notice par Jacques Lacour dans le Guide des Archives d’Eure-et-Loir, Chartes, 1983.

Son collaborateur Eugène de Buchère de Lépinois n’a pas laissé un œuvre aussi considérable : il a principalement publié une Histoire de Chartres (1854-1858), des notices sur divers poètes chartrains, ainsi que des Recherches historiques et critiques sur l’ancien comté et les comtes de Clermont-en-Beauvoisis du XIᵉ au XIIIᵉ siècle (1877). Il s’est également intéressé à la peinture, et a publié des notices d’artistes et des catalogues d’expositions dans des revues normandes.

Conception et contenu de l’édition

Les deux érudits entendaient compenser une lacune historiographique importante, tout en s’inscrivant dans la vogue des éditions de cartulaires, type documentaire considéré alors comme le meilleur support d’étude d’un établissement ecclésiastique au Moyen Âge. Ils se sont inspirés du cartulaire de Saint-Père de Chartres et de celui de Notre-Dame de Paris, tous deux édités par Benjamin Guérard, le premier en 1840, le second en 1850. Il s’agissait d’ailleurs de combler le vide qui existait entre ces deux modèles, dans la mesure où ils concernent aussi bien l’Île-de-France à une niveau général que le pays chartrain en particulier. 

Le noyau de cette compilation factice, étalé sur deux volumes, est intitulé « Instrumenta ex autographis et variis codicibus recollecta » et désigné comme « Texte du Cartulaire » dans la préface, ou « Chartes et documents » dans la table générale des matières. L’essentiel des pièces éditées provient du fonds du chapitre cathédral ; le fonds de l’évêché, très hétérogène et incomplet, et qui consiste surtout en plans et terriers, n’a quant à lui pas été pris en compte.

L’ambition avouée de publier une somme historique complète sur le chapitre cathédral et le diocèse de Chartres a en outre poussé les deux éditeurs à réunir, autour ou au sein même de leur restitution d’un cartulaire virtuel, un certain nombre de pièces extérieures, documents narratifs ou normatifs. Il s’agit des « varii codices » ou « documents » désignés dans les différents titres du cartulaire. De fait, le « Texte du cartulaire » s’ouvre sur le Vieille Chronique de 1389 (BM Chartres no 18 ; t. I, no 1, p. 1-66). Cet opuscule est subdivisé en trois parties : une liste des évêques de Chartres jusqu’à Jean V Lefèvre (1380-1390), continuée jusqu’à Jacques Lescot (1643-1656) ; une analyse des séances des premiers évêques jusqu’à Eudes (967-1004) ; des notes sur les usages du chapitre, le trésor de la cathédrale, les cérémonies enfin.

À la suite de ce prolégomène sont réunis les actes du chartrier retenus (t. I, p. 67-263 : actes datés de 573 à 1199 ; t. II, p. 1-277 : de 1200 à 1391). La substance de ce corps d’ouvrage émane de deux sources principales : le fonds du chapitre déjà évoqué, qui a alimenté le cartulaire à partir de 1194, d’une part, et de larges extraits des deux exemplaires du Livre des privilèges de l’église de Chartres (Bibl. nat. de Fr. 10094-10095), qui a fourni de nombreuses pièces pour le XIIe siècle, d’autre part. Les actes sont classés dans l’ordre chronologique :

Tableau de répartition chronologique des actes
 
VIe siècle 1
571-580 1
 
VIIIe siècle 3
Seconde moitié du VIIIe siècle 2
761-770 1
771-780 1
S. d. VIIIe siècle 1
 
IXe siècle 2
861.870 1
881.890 1
 
Xe siècle 5
Première moitié du Xe siècle 3
941.950 3
Seconde moitié du Xe siècle 2
 
XIe siècle 14
Première moitié du XIe siècle 3
1011.1020 1
1031.1040 1
1041.1050 1
Seconde moitié du XIe siècle 8
1051-1060 1
1071-1080 1
1081.1090 3
1091.1100 3
S. d. XIe siècle 3
 
XIIe siècle 123
Première moitié du XIIe siècle 37
1101.1110 6
1111.1120 8
1121.1130 4
1131.1140 6
1141.1150 13
Seconde moitié du XIIe siècle 73
1151.1160 1
1161.1170 14
1171.1180 9
1181.1190 20
1191.1200 29
S. d. XIIe siècle 13
 
XIIIe siècle 241
Première moitié du XIIIe siècle 154
1201.1210 56
1211.1220 33
1221.1230 35
1231.1240 10
1241.1250 20
Seconde moitié du XIIIe siècle 84
1251.1260 36
1261.1270 11
1271.1280 21
1281.1290 10
1291.1300 6
S. d. XIIIe siècle 3
 
XIVe siècle 9
Première moitié du XIVe siècle 7
1301.1310 2
1311.1320 2
1321.1330 3
Seconde moitié du XIVe siècle 2
1361.1370 1
1391-1400 1

Il est à noter qu’à partir du document no LIX (1150), les actes non conservés repérés à l’aide de l’Inventaire du chapitre de 1780 sont décrits par un regeste en français ; c’est également le cas d’un certain nombre d’actes que les auteurs ont choisi de ne pas éditer in extenso, de manière à alléger l’ensemble. En guise de pendant à la Vieille chronique, se trouve une pièce administrative et comptable dont la valeur documentaire a suffi, aux yeux des éditeurs, à justifier son insertion dans l’ouvrage : le Polypticon ecclesiae beatae Mariae Carnutensis de 1300 (BM Chartres n° 24 ; t. II, p. 279-429).

Le tome III présente quant à lui un nécrologe (p. 1-226) dressé à partir de BM Chartres no 25, complété par d’autres documents nécrologiques de diverses époque, et s’achève par un dispositif de tables destiné à faciliter l’exploitation des actes édités en amont : un « dictionnaire topographique et index géographique » (p. 227-317), une « table des noms » (p. 319-391) et le « Pouillé du diocèse de Chartres au XVIIIe siècle » (p. 393-438).

En tête de cet ensemble composite, les auteurs ont pris soin de ménager une vaste introduction qui cimente leur ouvrage (t. I, p. XXI-CCIII). Si elle revient en détail sur l’histoire des évêques et de leur diocèse, et s’appesantit au passage sur l’organisation, la hiérarchie et l’administration du chapitre cathédral, sans faire l’économie d’une description du trésor de la cathédrale, elle offre également l’occasion d’une étude ambitieuse de l’économie agraire de la Beauce. Elle vise aussi à répondre à des questions incidentes telleS que l’origine de l’église de Chartres ou les limites du diocèse.

Qualité de l’édition

De manière générale, le lecteur est amené à déplorer l’extrême parcimonie des indications qui permettraient de reconstituer la démarche des deux auteurs. La dimension expérimentale du projet aurait pourtant justifié des explications détaillées, à même de défendre et de mettre en valeur le large cadre choisi. Ainsi, quelle est la part de l’entreprise érudite dans la genèse de l’édition, par rapport aux motivations archivistiques que l’on devine au cœur des préoccupations de Lucien Merlet ? Qu’est-ce qui a motivé la sélection de tel ou tel acte dans le chartrier du chapitre, à partir du moment où l’inflation documentaire ne permet plus de tout éditer ?

Les réponses à ces questions de fond sont trop souvent abandonnées à la libre appréciation du lecteur, auquel on laisse par exemple le soin de constater par ses propres moyens que les auteurs ont cherché à rassembler systématiquement, à des fins d’exhaustivité, l’ensemble des actes conservés antérieurs au sinistre de 1194. Dans le même ordre d’idée, aucune explication n’est fournie sur le caractère provisoire du système de cotation du fonds du chapitre. On déplore surtout une absence totale de présentation des sources, de leur localisation ou de leur organisation. Les documents originaux utilisés sont identifiés au cas par cas sous forme de notes, encore que certaines clefs aussi indispensables que l’Inventaire du chapitre de 1780 ne sont tout bonnemet jamais présentées. Dans la mesure où l’Inventaire sommaire de la série G n’est pas encore paru en 1865, rien ne permet de compenser cette lacune.

Une courte préface apporte tout de même quelques éléments d’interprétation. Les auteurs avouent d’emblée que leur entreprise a suscité une polémique du fait des problèmes méthodologiques qu’elle n’a pas manqué de poser : « Nous n’avons pas ici suivi tout-à-fait la règle généralement adoptée. Quelques savants diplomatistes de notre époque nous ont contesté, nous le savons, à nous autres modernes, le droit de faire un cartulaire pour un établissement n’en ayant jamais possédé. » Mais il n’a pas été pas question de s’appesantir sur ce point, et la discussion reste à l’état d’ébauche.

Le caractère atypique de tel ou tel document a bien souvent constitué un critère suffisant pour garantir son insertion dans l’édition finale : il en résulte un produit hétérogène, qui ressemble davantage à un cabinet de curiosités diplomatiques ou historiques qu’à un cartulaire aux logiques domaniales clairement affirmées. Un aspect de cette hétérogénéité est l’ambitus chronologique inhabituellement large pour un cartulaire : le dernier document de la partie « Instrumenta » date en effet de 1391. C’est sans parler du pouillé, qui présente un tableau du diocèse de Chartres en 1789 ; mais dans ce cas, l’influence de l’édition du cartulaire de Notre-Dame de Paris par Guérard, modèle souvent invoqué, est sensible.

Enfin, la répartition des tâches entre les deux auteurs n’est pas explicitée. Il est possible toutefois de supposer que Lucien Merlet s’est occupé du repérage et de l’édition des actes, tandis qu’Eugène de Lépinois a pu mettre à profit l’expérience acquise lors de l’éfition de son Histoire de Chartres pour rédiger l’introduction.

De nombreux points positifs viennent compenser les défaillances du parti général, sans remédier pour autant à l’hétérogénéité du résultat ou au manque de justification des choix opérés. De fait, ils concernent surtout la qualité formelle de l’édition. Les tables du tome III, limitées à un index locorum et un index nominum, remplissent parfaitement leur rôle ; quant à l’index rerum, il est suppléé, de l’aveu des auteurs, par l’introduction. Les deux tables sont d’un usage très commode : ainsi, l’index géographique répertorie toutes les graphies rencontrées d’un nom de lieu, et renvoie toujours à une seule autorité. Fait appréciable, il prend également en compte les noms de rues, de paroisses et de faubourgs de Chartres.

Les auteurs précisent dans leur préface que l’abondance des notes, dont le dispositif est censé faciliter l’élaguage du trop volumineux fonds du chapitre, a requis de donner la préférence au français plutôt qu’au latin, pour des raisons de clarté. La description assez complète des sceaux, quand ils existent, est une bonne initiative qui n’est pas encore entrée en coutume à cette époque.

Notre-Dame de Chartres

Tome premier

Epistola synodi Parisiensis IV ad Sigibertum regem, ut causam Promoti non defendat, quem Ægidius, episcopus Remensis, in Dunensi castro episcopum consecraverat1.

  • a Sirmond, Concil. Gall., I, p. 353.
  • b Bouquet, Rec. IV, p. 79.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Domino gloriosissimo atque sanctæ ecclesiæ catholicæ filio, Sigisberto Regi, Sapaudus (arch. d'Arles), Philippus (arch. de Vienne), Priscus (arch. de Lyon), Constitutus (arch. de Sens), Laban (arch. d'Eause), Felix (arch. de Bourges), item Felix (év. de Nantes), Germanus (év. de Paris), Lucretius (év. de Die), Clementinus (év. d'Apt), Syagrius (év. d'Autun), Gallomagnus (év. de Troyes), Optatus (év. d'Antibes), Salonius (év. de Genève), item Salonius (arch. d'Embrun), Quinidius (év. de Bazas), Promotus (év. de Glandève), Silvester (év. de Besançon), Genesius (év. de Sisteron), Polemius (év. d'Agen), Palladius (év. de Saintes), Victor (év. de Saint-Paul-Trois-Châteaux), Sagittarius (év. de Gap), Aunaarius (év. d'Auxerre), Isychius (év. de Grenoble), Claudianus (év. de Riez), Desiderius (év. de Toulon), Heraclius (év. de Digne), Tetradius (év. de Venasque), Pappolus (év. de Langres), Licerius (év. d'Oloron), Leudobaudis (év. de Séez), episcopi. Quantum ineffabili gaudio synodali concilio nuntiatur, quandoquidem a catholico principe res nova pro dilectione Christi concipitur, tantum lamentabile execrandumque censetur, cum in Ecclesia sancta contra Deum et contra Canonum disciplinam dissensio generatur. Nuper etenim, non absque conniventia gloriæ vestræ, sicut credimus, evocati Parisius venientes, novam inauditamque ordinationem in castro Dunensi, parrocia denique Carnotina, factam fuisse cognovimus. Quam rem, licet vix credere possumus cum consensu gloriæ vestræ fieri potuisse, tamen si, cujuscumque prava suggestione præventi, in hac tam obscena et ecclesiæ universæ contraria consensistis, ab hujusmodi scandali defensione sinceritatis vestræ conscientiam expietis : quia satius est ut ille, qui, ambitionis instinctu, rem tam nefariam dolosa ambitione competiit, per satisfactionem pœnitentiæ reatum suum abluere compellatur, quam vestra puritas, quod avertat divinitas, hujus facinoris contagione maculetur. Et quia nobis necesse fuit ut, juxta Canonum constituta, personæ temerariæ deberet præsumptio coerceri, ideo, salutis obsequium digno in Christo officiositatis et reverentiæ cultu præbentes, poscimus ut vos, quos Deus et culmine præcipuos et sinceritate præclaros esse præcepit, non quocumque, aut quorumcumque temerario consilio ad defensanda hujusmodi scandala misceatis : quia Deum sufficit nosse nos nequaquam penitus velle contra vos divinam iracundiam promoveri. Annis multis gloriam regni vestri potentia divina cum omni felicitate conservet, domne gloriosissime et præcellentissime domne.

Data epistola , Parisius. »


1 C'était le roi Sigebert lui-même qui, de son autorité privée, avait crée Promotus évêque de Châteaudun, et, l'archevêque de Sens refusant de le consacrer, l'archevêque de Reims l'avait institué au mépris des lois canoniques qui défendaient à un évêque de s'immiscer dans les affaires d'un archevêché voisin. Sur la supplique de Pappolus, évêque de Chartres, au synode de Paris, les évêques réunis dans cette ville déposèrent l'intrus et écrivirent à Sigebert pour le prier de ne pas soutenir cette usurpation. Sigebert étant mort sur ces entrefaites (575), la négociation du synode n'en devint que plus facile, et Gontran donna gain de cause au prélat chartrain. (D. Ruinart, Préface sur l'érection de Châteaudun en évêché, apud Bouquet, Rec. II, p. 85. — Grég. de Tours, l. VII, ch. 17.)
2 Les quatre fils de Clotaire Ier s'étaient partagé le royaume des Francs à la mort de leur père en 562. Caribert, l'aîné, roi de Paris, était mort en 566 ; mais il restait encore Gontran, roi de Bourgogne (562-593), Sigebert Ier, roi d'Austrasie (562-575), et Chilpéric Ier, roi de Soissons (562-584). Sigebert avait eu le Chartrain et le Dunois à la mort de Caribert.

« Cum constet fœcunditatem humanæ prolis a proteplasto Domino præcipiente crevisse, Crescite, inquiente, et multiplicamini ; atque ob adjutorium mulier de latere sumpta sit viri, dicente Domino : Faciamus ei adjutorium simile sibi, et : Idcirco relinquet homo patrem et matrem, et adhœrebit uxori suœ, et erunt duo in carne una. Et, ut certius humana fragilitas possit dignoscere bonum atque a Deo constitutum esse conjugium, ipse auctor redemptionis Christus, Dei filius, invitatus ad nuptias, venit, ibique aquas in vinum mirabile convertit. Ideoque ego, in Dei nomine, Gaufridus, præcedentium patrum vestigia sequens, una cum consensu virorum illustrium propinquorum meorum, visum est mihi legibus copulare legitimum conjugium ad procreationem filiorum, atque in dotis titulum dare sponsæ meæ, nomine Hisdomei, filiæ quondam Vutardi atque Osbrenæ, decrevi in præsentia virorum nobilium agere, studuique ut ejus temporibus inconvulsum permanere queat : quod ita et feci. Ergo dono tibi donatumque secundum Legem Salicam in tua dote, a die præsenti, jure legitimo, in perpetuum esse volo, et de meo in tuum jus et dominationem trado atque transcribo, hoc est, mansum juris mei indominicatum, cum aliis quatuor mansis servilibus, seu adspicientibus simul curtiferis, vineis arpennorum quatuor, silvis, viridigariis, pratis, campis, cultis vel incultis, pascuis, perviis, exitibus et regressibus, et reliquis adjacentiis, mobilibus et immobilibus, cum mancipiis utriusque sexus, quorum hæc sunt nomina : Giefredus et uxor sua..... cum1 infantibus Geroldo et Abdone, necnon et Poppa ; Magewardus et uxor ejus Adalburgis cum filio suo nomine Durando ; Isembertus, Aimbertus, Petitus, Ultegerius, Alboinus, Olfardus, Lanceri et uxor sua Sicberta, Airmannus et conjux ejus Adalburgis et filia eorum Ingeltrudis, Cathindes, Megewardus, Pucellita et Albutius. Qui præscriptus mansus, cum omnibus appenditiis, est in pago Carnotense, in vicaria Gaugiacense2, in loco qui dicitur Sicheri-Villa3. Hæc omnia superius comprehensa die præsenti tibi sum daturus vel traditurus, totum et inexquisitum, ut quicquid exinde facere volueris, liberam et firmissimam in omnibus habeas potestatem faciendi. Dono etiam tibi in præfixo pago vel in eadem vicaria, in loco qui dicitur Bonervilla, omnem medietatem, tam ex mancipiis quam ex alode, quam ibi videor habere, hoc est, mansum unum cui adspiciunt mansi serviles quatuor cum mancipiis, quorum hæc sunt nomina : Galastus, Ergarius, Pascarius, Marlinus, Polita et Amelberga ; vineis arpennorum quatuor, pratis, silvis, aquis aquarumve decursibus, terris cultis et incultis, exitibus et regressibus, vel quicquid ibi adspicit, omnem medietatem tam in terris quam in mancipiis, id est, mansum unum, cum mansis quatuor ibi adspicientibus, cum pratis arpennorum duorum et medietatem ecclesiæ Dei. »


1 Il y a évidemment ici une erreur de lecture dans Lindenbrog : il a ainsi traduit ce passage : et uxor sua donavit eam infantibus ; au lieu de donavit, l'original devait porter le nom de la femme et cum au lieu de eam.
2 Lindenbrog a lu Ganegiacense, mais la véritable leçon doit être Gaugiacense, la viguerie de Jouy.
3 Nous ignorons si Cherville, commune d'Oinville-sous-Auneau, fut jamais la propriété du Chapitre ; en tous cas l'aurait-il aliéné fort anciennement, puisque, dès le XIIe siècle, la famille de Chartres était en possession de cette seigneurie. L'église de Notre-Dame avait bien une dîme sur des terres situées entre le Boullay-Thierry et Villemeux, du côté de Cherville, Sechervilla (voir Polyptique, préb. de Berchères-sur-Vesgre, t. II de cet ouvrage) ; mais nous ne pensons pas que ce Cherville, commune de Villemeux, situé dans les terres, sur la rive gauche de l'Eure, et à une assez grande distance de Jouy, dépendit de cette ancienne viguerie qui, par la position de son chef-lieu, devait s'étendre de préférence sur la rive droite. Quant à la terre de Boigneville, Bonervilla, mentionnée plus bas, elle passa certainement entre les mains du Chapitre (Polypt. cité, préb. de Bouglainval), qui l'unit à la prêtrière de Mévoisins et l'échangea avec le duc de Noailles au mois de décembre 1753.

Donation à l'abbaye de Saint-Denis-en-France par le roi Pépin, de la forêt Yveline, Æqualina silva, à l'exception de tout ce qui avait été donné antérieurement à d'autres églises, quod antea exinde ad loca Sanctorum per strumenta cartarum noscitur fuisse concessum, et entre autres à l'église Notre-Dame de Chartres, ad ecclesiam Sanctæ-Mariæ Carnotensis urbe1.

  • a Doublet, Hist. abb. S. Dionisii, p. 699.
  • b Bouquet, Rec. V, p. 707.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.


1 On ne trouve plus de traces des donations faites au Chapitre de Chartres de biens, situés dans l'étendue de la forêt Yveline. L'église de Chartres dut d'ailleurs aliéner promptement ces possessions, car, dès le XIe siècle, elle n'avait plus aucun droit de propriété sur cette forêt.

De donatione terræ de Mala-Domo.

  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, E. de Lépinois et L. Merlet (éds.). Chartres: 1862.
  • Notes manuscrites de l'abbé Brillon. Bibl. comm. de Chartres.
D'après a.

« Ego Rollandus do fratribus ecclesie Carnotensis domum meam de Mala-Domo1, quam spada mea acquisivi et eadem spada mea garentizabo. Teste cultro meo2. »


1 Au mois de janvier 1224, Girard de Chartres, chevalier, et Isabelle, sa femme, Hubert et Jean de Hauville, frères de celle-ci, firent un compromis avec le Chapitre au sujet d'un droit de voierie et frou qu'ils prétendaient sur la terre de Notre-Dame à la Malmaison. (Orig. en parch., Archiv. d'Eure-et-Loir, fonds du Chapitre, C. XXXVII, A, 1.)
2 Nous ne garantissons en rien l'authenticité de cette charte que nous ne connaissons que par une note de l'abbé Brillon, chancelier de l'église de Chartres au XVIIIe siècle. Le savant chanoine rapporte que, suivant une ancienne tradition de l'église Notre-Dame, Roland, le neveu de Charlemagne, Roland-le-Furieux des romans du Moyen-Age, aurait aumôné au Chapitre la prêtrière de la Malmaison, et, sans indiquer les sources où il a puisé, il donne la copie que nous publions en ce moment, en ajoutant que l'original est perdu depuis un temps immémorial. Quoique nous suspections fort la légitimité de cette pièce, nous ferons remarquer que la prêtrière de la Malmaison était en effet une des plus anciennes possessions du Chapitre de Chartres.

Donatio Caroli-Calvi, regis Francorum, « de Gulmari-Culte2. »

  • A Original en parchemin scellé. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1453 (ancienne cote : fonds du Chapitre, caisse LXIV, P, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sanctae et individuae Trinitatis, Karolus, gratia Dei, rex. Regalis celsitudinis mos est fideles regni sui donis multiplicibus et honoribus ingentibus honorare sublimesque efficere : proinde ergo morem parentum regum, videlicet predecessorum nostrorum, sequentes, libuit amplitudini nostrae celsitudinis quendam fidelem nostrum atque ministerialem, nomine Hadebertum, de quibusdam nostrae proprietatis rebus ac mancipiis honorare atque in jus proprietatis delegare. Quae siquidem res sunt sitę, in pago Belvacensi, super fluvium Mastum, villa videlicet nomine Gulmari-Curtis3, una cum indominicato, continens mansos xiiii, ex qua olim aliquid per preceptum largitionis nostrae eidem relaxantes, cum omni nunc integritate eam illi, jure proprio habendam ac possidendam, pro suo nobis utili ac bene placito famulatu, concessimus. Unde hoc altitudinis ac magnitudinis nostrae preceptum fieri et jamdicto fideli ac ministeriali nostro Hadeberto dari jussimus ; per quod prenominatam villam, cum omni integritate ad se pertinentium, cum terris videlicet, vineis, pratis, silvis, exitibus ac regressibus, pascuis et omnibus ad se legitime pertinentibus, una cum mancipiis utriusque sexus, his nominibus : Sichero, Vuanemberto, Frotuino, Absalon, Dischembrun, Vuarentramno, Ledemio, Agledulfo, Gontberto, Frumengario, item Agledulfo, item Vuanemberto, Frodevino, Letmiro, Gontfredo, Tagenardo, Adelgudę, Ledevia, Richildi, Lersida, Petresida, Aifrada, Aflatgia, Bertegildi, cum filiis ac filiabus illarum, eidem Hadeberto in jus proprietatis habendam concessimus. Preter haec etiam, in loco qui dicitur Fraimundi-Lucus, addimus illi ex silva bunuarium i et perticas xl, pariterque de terra arabili dimidium bunuarium, cujus sunt terminales ex una parte, terra Sancti-Medardi, ex alia parte terra Sancti-Vedasti, item ex una parte terra fiscalis et ex alia parte terra ipsius Hadeberti4. Haec omnia superius descripta et actenus preceptis nostrae auctoritatis prefato fideli nostro relaxata, cum suis adjacentiis ac mancipiis desuper commanentibus vel sibi legitime pertinentibus, universaliter illi ad proprium largimur et de nostro jure in jus ac dominationem illius, sollemni more, transferimus atque delegamus ; eo siquidem tenore ut quicquid ex eisdem rebus ac mancipiis ab hinc et in reliquum, pro sua oportunitate ac commoditatis libitu, saepedictus Hadebertus facere decreverit, libero in omnibus potiatur arbitrio faciendi, quemadmodum ex reliquis proprietatis suae rebus ac mancipiis. Et ut haec nostrae largitionis auctoritas firmior habeatur ac per futura tempora diligentius conservetur, manu propria subter eam firmavimus anulique nostri impressione insigniri jussimus.

Signum 1 Karoli gloriosissimi regis.

Ego Rotfredus5, notarius, ad vicem Gisleni, recognovi et subscripsi 26.

Data . Actum monasterio Sancti-Dyonisii. In Dei nomine feliciter. »


3 Cette charte de Charles-le-Chauve est le document original le plus ancien que nous connaissions, concernant indirectement, il est vrai, le Chapitre de Chartres.
4 Les titres ou les parties de titres placés par nous entre guillemets sont de l'époque même des chartes et se trouvent ordinairement inscrits par derrière.
5 La terre de Gamaricourt fut donnée au Chapitre par l'évêque Eudes (966-1005), comme le témoigne le nécrologe de l'église au 4 des calendes d'avril (voir le IIIe volume de notre ouvrage). Ce domaine, situé près de la rivière de Matz, aux extrêmes limites du Beauvaisis (canton de Ressons, Oise), n'est pas facile à retrouver aujourd'hui. Cependant la désinence court est des plus fréquentes, pour les noms de lieux, dans cette partie de l'arrondissement de Compiègne, et six villages ou hameaux : Bellicourt, Bayencourt, Elincourt, Vandelicourt, Chevincourt, Devincourt, sont précisément groupés au bord du Matz, sur une longueur de dix kilomètres. Gamaricourt et ses dépendances furent sans doute aliénés très-anciennement par le Chapitre.
6 Ces biens durent échoir au XIIe siècle à l'abbaye de Froidmont, dont les possessions englobèrent bientôt la majeure partie des terres du voisinage, ainsi que de notables portions de la forêt de Hez. Mais la dispersion des archives de Froidmont et l'état incomplet et par trop abrégé du Cartulaire de ce monastère, conservé à la Bibliothèque Impériale et cité par M. Cocheris dans son Catalogue des manuscrits de la Picardie (Mém. des Antiq. de Picardie, t. VI, p. 304), ne permet pas d'éclaircir ce point.
7 Rotfredus est porté dans la liste des notaires cités par du Cange (Glossaire, édit. Henschel, t. II, p. 80) et par M. Nat. de Wailly (Elém. de paléogr., I, p. 222), comme ayant exercé leur charge sous le chancelier Louis, frère et prédécesseur de Goslein. Notre charte prouve qu'il faut le comprendre également parmi les notaires employés sous ce dernier chancelier.
8 Cette charte est scellée en placard d'un sceau en cire jaune, parfaitement conservé et représentant une tête d'empereur romain, avec cette légende : Karolvs gratia Di rex.

1 (monogr.)
2 (locus sigilli)

Carta Odonis, regis Francorum, de quibusdam rebus in villa Gaugiaco.

  • B Copie sur papier. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1456 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXIV, V, 1).
  • a D. Mabillon, De re diplomatica.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« In nomine sanctae et individuae Trinitatis, Odo, clementia Dei, rex. Regalis celsitudinis mos est fideles regni sui donis multiplicibus atque honoribus ingentibus honorare sublimesque efficere. Noverit igitur omnium fidelium sanctae Dei ecclesiae et nostrorum, tam presentium quam et futurorum, sollertia, quoniam placuit serenitati nostrae quendam fidelem nostrum, nomine Ricbodonem, de quibusdam rebus nostrae proprietatis honorare. Sunt autem eaedem res in pago Carnotensi, super fluvium Oduram, in villa Gaugiaco1, mansus indominicatus, ubi aspiciunt mansa xxxi, quos predictus Ricbodo in beneficium tenet. Nos itaque beneficium jamdicto fideli nostro, jure beneficiario et usufructuario, concedimus, quatenus dum idem Ricbodo, quandoquidem, Deo disponente, uxorem duxerit et exinde filium procreaverit, et unus ex illis advixerit, jamdictum beneficium teneant atque possideant, nemine inquietante. Unde hoc nostrae celsitudinis preceptum fieri et memorato fideli nostro dari jussimus, per quod precipimus atque jubemus ut ab hodierna die jamdictus fidelis noster Ricbodo suprascriptum beneficium teneat, uxorque et filius ejus, dum advixerint, disponant usu quidem, ut dictum est, fructuario et jure beneficiario, omni tempore vitae suae, eo siquidem tenore ut aliquis eorum, in nostra fidelitate semper et devotione, pro eorum beneficio deserviat. Et ut haec nostrae largitionis concessio ita in omnibus conservetur atque verius credatur, annulo nostro insigniri jussimus.

Crohannus2, notarius, ad vicem Ebonis, recognovit et subscripsit.

Datum . Actum Sancto-Maximino monasterio4. In Dei nomine feliciter, amen. »


1 On ignore en quelles mains passa le fief donné par le roi Eudes à Ricbodon, mais, suivant une note de l'Inventaire du Chapitre, une partie au moins de ces terres était comprise dans les propriétés d'Henri de Saint-Yon qui, en 1360, vendit au Chapitre tout ce qu'il possédait à Jouy et à Chartainvilliers. Cette acquisition fut faite par le Chapitre de la Cathédrale, pour le Chapitre de Saint-Piat ; ce fut donc celui-ci qui s'intitula seigneur de Jouy et en exerça les droits. On aliéna plus tard une partie de ces biens, et enfin, le 30 mai 1687, le Chapitre vendit son fief, avec tous ses droits seigneuriaux, à Thomas Lenoir, qui prit le titre de seigneur de Jouy. — L'auteur du Supplément aux affiches chartraines, p. 35 (ann. 1785), pense que Gaugiacum doit être traduit par Gorget, près Saint-Prest ; mais c'est certainement là une erreur. Voir nº II.
2 Crohannus est certainement le même notaire que celui nommé Troannus par du Cange, Rohannus par D. Carpentier et Rollon par D. Mabillon. Quant à Ebo, appelé Ebolus par du Cange et Eblo par Mabillon, c'était l'abbé de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Denis.
3 L'inventaire du Chapitre fixe la date de cette charte à l'année 892, ce qui est une erreur : l'année 892 était la dixième, et non la septième de la 59e indiction ; c'est donc avec raison que D. Mabillon a daté cet acte de l'année 889, qui est la septième de l'indiction et la seconde du règne du roi Eudes, en partant de 888. On sait, en effet, que ce prince, élu roi de France à la fin de 887, fit partir le commencement de son règne, dans ses diplômes, soit de 887, soit de 888, suivant les pays dans lesquels son autorité avait été reconnue plus ou moins promptement. M. Nat. de Wailly (Elém. de paléogr., t. I, p. 293) cite un diplôme d'Eudes, daté de juin 888, la seconde année de son règne.
4 Une autre charte du même roi de la même année, publiée aussi par D. Mabillon, est datée de Paris, le 5 des ides de juillet : Eudes ne fit donc qu'un très-court séjour à Saint-Mesmin.

Carta Hugonis, Francorum ducis, de quodam fisco, vocabulo Uno-Gradu.

  • B Vidimus en parch. de 1298. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1112 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XXXIII ter, A, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine summi et eterni Salvatoris domini nostri Jesu-Christi, Hugo, excellentissimus Francorum dux et marchio1. Cum, in hac ancipiti et lubrica vita, mortalium quisque, superni largitoris munere, terrene commoditatis nobilitetur felicitate et temporalium bonorum opimetur dapsilitate, magnopere providendum cuique fidelium est ut, per ea que temporaliter possederunt, celestia acquirantur et ex visilibus invisibilia et ex corruptibilibus felici commutatione mercentur incorrupta : vere etenim ac permanentis hereditatis jura facilius quisquam obtinere celitus promerebitur si, inter cetera pie actionis studia, mundana quedam et transeuntia sua bonorum omnium collatori fideliter cesserit, et sacrosanctam ecclesiam, videlicet domum suam, labilium rerum datis honestare atque sublimare certaverit. Noverit igitur omnium sancte Dei ecclesie fidelium, presentium atque futurorum, nostrorumque successorum prudentialis sagacitas quod, hujus sancte exhortationis commonitione roborati ac divine inspirationis gracia edocti, quendam fiscum nostrum, vocabulo Uno-Gradum2, quem libere ac jure hereditario hactenus possedimus, qui est in pago Aurelianensi, in vicaria Moduacense, cum omnibus appendiciis ejus, quorum nomina hec sunt : Campigniacus, Modius-Major, Modius-Minor, usque ad Altarici-villam et usque ad villam que appellatur Certus, Cultura, Baniolus, Mons-Pastorum, Brogilus, Villaris, Chiregius, Colta, Casnagius, Sorberes, Pataliacus, Mansus, Mons-Corvicus, Sucrogilas, Buiras, Buxidus et quedam terra que conjacet in villa que vocatur Ulmos, ceterisque adjacenciis tam infra quam eciam extra urbem consistentibus3, quecumque ibi aspicere sub integritate im presenciarum videntur vel aliquando subtracta sunt, rectoribus ipsius fundi reimpetrare facultas erit, una cum consensu et voluntate parentum fideliumque nostrorum, Sancte-Marie Carnotensi matri ecclesie concedimus ac donamus, et de nostro dominicatu in ejus ditionem transfundimus atque transponimus, cum terris cultis et incultis, vineis, pascuis, pratis, silvis et mancipiis utriusque sexus et ecclesia inibi existente, in honore Sancti Luppi dicata atque constructa. Concedentes itaque hoc juris nostri datum, deliberando statuimus ut pastibus fratrum jamdicte ecclesie delegetur eorumque stipendiis et usibus deputetur, unde cotidiani victus alimenta habeant et divinis cultibus atque exercitiis spiritualibus liberius inserviant, pro nobis eciam ac conjuge nostra, necnon et omni sobole, jugiter ad Dominum indefessas preces effundant, quatinus idem, genitricis sue, Marie meritis, cujus amore hujusmodi munusculum tradimus, omniumque Sanctorum obtentu, nos in culmine temporalis dignitatis atque sublimitatis moderetur ac regat, quo in terra viventium aliquando ejus videre et capere mereamur bona et possidere superne hereditatis municipia. Si quis autem parentum, heredum vel proheredum nostrorum seu aliqua calumpniatrix persona hujus tradicionis auctoritatem deinceps violare temptaverit, trine uneque Deitatis iram incurrat, Mariam quoque Dei genitricem, cui fraudem fecerit, sibi adjutricem nequaquam sentiat, et, quod repetierit evendicare non valens, confusus ab hac presumpcione resipiscat ; presens vero scriptum inconvulsum illibatumque per succedencia tempora persistat cum stipulacione subnixa. Quatinus autem hec pagina validioris firmitatis robur obtineat, manu propria, nos et filius noster Hocdo4, eam subterfirmavimus, et nepotum fideliumque nostrorum manibus roborandam censuimus.

Signum Hugonis, Francorum ducis, qui hanc scripti auctoritatem fecit et adfirmavit. Signum Hugonis, filii ejus5. Signum Ocdonis, filii ejus. Signum Airberti, nepotis sui6. Signum Odonis. Signum Rotberti. Signum Tetbaldi. Signum Fulconis. Signum Bernardi. Signum Gautfridi. Signum Aimonis. Signum Ivonis, Signum Warini. Signum Gautberti. Signum Gautfridi. Signum Frotmondi. Signum Adelelmi. Signum Isembardi. Signum Ansculfi. Signum Walterii. Signum iterum Walterii. Signum Gautberti. Signum Calidonis. Signum Rotberti. Signum iterum Rotberti. Signum Landrici. Signum Hugonis. Signum Herivei. Signum Suggerii. Signum Gisleberti. Signum Odonis. Signum Rodulfi.

Datum . »


1 Hugues le Grand, dit aussi le Blanc et l'Abbé, comte de Paris et duc de France, mort à Dourdan, le 16 juin 956.

2 En 1317, Philippe-le-Long confirma au Chapitre tous les droits autrefois cédés à l'église de Chartres par Hugues, duc de France, sur la seigneurie d'Ingré et notamment sur les bois dudit lieu, vulgairement appelés bois Sainte-Marie, abandonnant au Chapitre tout droit de gruerie et toute justice haute, moyenne et basse sur lesdits lieux. La reine Clémence de Hongrie, veuve de Louis-le-Hutin, confirma de nouveau cette donation en 1323. (Orig. en parch. C. XXXIII ter, A, 3).

Les bois de Sainte-Marie faisaient partie de la forêt d'Orléans et comprenaient environ 122 arpents. (Mémoire dressé pour le Chapitre en 1738. C. XXXIII ter, A, 9).

3 Ces héritages formèrent dans la suite la prévôté d'Ingré, une des quatre grandes prévôtés de l'église de Chartres. En 1597, Jean de Bullion, prévôt d'Ingré, aliéna, pour les subventions de l'Etat, les bâtiments de la prévôté, jardins et pâtures y attenant, se réservant d'ailleurs tous droits et toute juridiction, et retenant pour lui la place des prisons de la prévôté (Inv. du Chapitre, C. XVIII, 9). — Nous donnerons ci-après, in extenso ou par extraits, suivant leur importance, les actes relatifs à cette prévôté.
4 Otton, second fils d'Hugues le Grand, duc de Bourgogne après son père, mort au château de Pouilli, le 3 février 963.
5 Hugues, depuis roi de France en 987 sous le nom d'Hugues-Capet.
6 Herbert II, comte de Troyes (968-993), quatrième fils d'Herbert II, comte de Vermandois, et d'Hildebrante, sœur d'Hugues le Grand.

De rebus quas dedit vel reddidit Ragenfredus episcopus abbatiæ Sancti-Petri Carnotensis, et de quadam commutatione cum canonicis Sanctæ-Mariæ2

  • B Bibl. mun. de Chartres, 5/D 53: Liber Haganonis, fol. 28v°.
  • C Bibl. nat. de France, Livre d'argent, carton 52, fol. 5r°, n° 9.
  • a Gall. christ., tome VIII, instr., col. 289.
  • b Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 49.3
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« In nomine sanctæ et individuę Trinitatis, Ragenfredus, nullis extantibus meritis, sanctę sedi Carnotinę sublimatus antistes4. Quotienscumque precedentium patrum ad medium deducuntur exempla, sanis mentibus incitamenta sunt virtutum, informatio melioris vitę, inoffensa progressio vię mandatorum Dei. Divina autem, quia sunt pleraque rationis incapabilia ammirationis, nonnunquam subeunt contemplativa. Unde ego Ragenfredus, vocatus episcopus, cum a secularium negociorum tumultibus, quibus ; plus necessitate quam voto, implicitus teneor, paululum animum expedissem, totum me intra me colligens, coepi in ammirationem habere beneficia miserationis divinę erga salutem stirpis humanę, quemadmodum quos diligit, vulnerando, medicabili dextra medetur, et paterno, percutiendo, affectu salutis ac sanitatis prospera subministrat. Cujus clementię magnitudo, licet ubique terrarum se dignanter impendat, ut michi tamen videtur, pre reliquis, nostrę sedis diocesim suę dilectionis amore dignam duxit, dum, exigente filiorum suorum peccaminum mole, ita eam verbere disciplinalis correctionis submisit, ut efferam gentem paganorum quaquaversum cedibus, incendiis, depopulationibus dibachari sine aliqua retractacione permiserit. Nullus honor impendebatur locis, voraci eos indifferenter flamma lambente, nulli dignitati, ętati vel sexui accedebant remedia parcendi, gladio impiissimę crudelitatis universa metente. Tunc omnia hujus episcopii destructa sunt igne, monasteria consumpta, ęcclesię pęne omnes fundetenus dirutę5. Si qua vero eorum evasere manus, domesticę oppressionis tam privatorum quam potentum senserunt detrimenta. Tandem prospiciens de excelso propitiatio superna, indoluit afflictorum lacrimis et gemebundis miserorum querelis, sicque, cęlis misericordię rorem stillantibus, obsidioni pęnę protritę urbis, divina se subveniendo, indulsit, dum post illorum bellorum validissimam oppressionem diu optatę pacis gaudia arridere concessit. Interea, non multo post, Agano, vir illustris6, hujus ecclesię sublimitatis indeptus pontificatu, totam animi intentionem in reedificandis monasteriis restruendisque ęcclesiis dirigere sategit. Erat in suburbio jamdictę urbis Carnotis celebrę a priscis temporibus monasterium, in honore principis Apostolorum dicatum, regularibus disciplinis assuetum, sed premissa vastatione neglectum, vixdum in parvula ęcclesia in canonica institutione transductum, cui, nostris temporibus, preerat venerabili vir Alveus, quamvis sub scemate canonici, amator et custos religionis, qui persepe cum prefato pontifice tractare cępit, qualiter quod animo deliberabat opere ad effectum perduceret. Quod superna annuente gratia et antistitis favorabili accedente in hoc suadela, sui compos effectus est voti. Preparatis siquidem impensis, non parvę jecit fundamenta fabricę, et, procedente temporis spacio, superposuit basilicam quantitatis amplę, pulcritudinis operosę, sicut in presenti facile est cernere, ilicoque, auctoritate pontificali, canonicorum servitia inibi delegavit. His ita se habentibus, ultimo vocationis suae diem presule sortito, ego Ragenfredus, quamvis nullius meriti prerogativo, in hujus cathedrę fastigiatus sum solio : quo intronizatus, vigili meditatione cępi animo conferre, si quid acceptum oculis divę majestatis valerem offerre, et quod proficuum foret remedio animę meę. Ad quod, reor, non se difficulter obtulit materiei prebitio ; namque pervidens premissi Sancti-Petri ęcclesię clericos se agentes, et, relicta spiritualis militię exercitia, mente et actu sectari terrea et caduca, et jamque dictu comittere nefaria, cum consultu bonę memorię prenominati Alvei, abbatem cęnobii Sancti-Benedicti Vulfaldum accersivi, in quo, salvo discretionis bono, artius et perfectius religionis censura valere predicabatur ab omnibus. Quo adventante, cum quibusdam ejusdem ordinis comitibus una cum eo, in antiquitatis monastice observantiam sepedictum reformavimus locum. Quibus monachis, ne incusandę egestatis penuria subiret occasio evagandi foras, quęcumque eidem loco a predecessorum nostrorum aliorumque invasionibus injuste videbantur substracta, tam ex beneficiis militaribus quam et nostro indominicato, ut se temporis optulit ratio, reddere studuimus, quanquam vita comite, si facultas subpeditaverit, pluriora reddere michi animus suggerit, quorum quędam huic pontificali privilegio, quędam aliis inserere ratum duximus. Reddimus itaque eis terram quandam a suis antecessoribus, priscis temporibus, possessam, postea malo ordine subtractam, quatenus illam pleniter possideant, veluti illorum predecessores eam tenuisse, multorum testimonio, comprobantur. Ipsa vero terra conjacet infra et extra muros Carnotis civitatis, juxta portam Cinerosam ; terminatur vero ipsa terra uno latere, via quę est exitus civitatis, altero vero latere terminatur terra Sancti-Petri Pictavensis et Sancti-Aniani ; sed terra Sancti-Petri Pictavensis terminatur infra muros civitatis, terra vero Sancti-Aniani infra et extra. Una fronte terminatur terra Sancti-Petri Carnotensis via quę ducit per medium civitatis usque ad murum ; altera fronte, via foris portam quę vadit ad ipsum monasterium. Commutavimus etiam, pro terra quam habebant in loco Belmontus, alodum Oidolonis, juxta supraterminatam terram in ipsa civitate, ante portam claustri Sancti-Petri, in via quę vulgo dicitur Merdosa ; tantum eis restituimus de terra, unde exeunt solidi decem et octo, non longe a fossa Algisi, vinearum aripennos viiii ; terram vero ad plantandum, juxta estimationem, bonuaria octo. In ipso situ cęnobii dedimus eis hortum cum xvcim aripennis vinearum, et non longe a Luceiaco campum vacuum ad plantandum xxx aripennos7. Facta est autem commutatio inter canonicos Sanctę-Marię et monachos Sancti-Petri ex ecclesiis ipsorum : dederunt nempe canonici Sanctę-Marię ęcclesiam Ursi-Villaris, cum uno aripenno de terra ad ipsam ęcclesiam pertinentem, et acceperunt in Centriaco ęcclesiam econtra, cum dote. Dedimus etiam, ex potestate Sanctę-Marie, in predicta parroechia Ursi-Villaris, Germinionis-Villam, in pago Dunensi, cum xxxª mansis cultis et incultis. In pago quoque Carnotensi, dedimus ęcclesiam quę dicitur Immonis-Villa, cum novem mansis et dimidio ; ęcclesiam quoque de Alona dedimus, cum tribus mansis et dimidio ad eam pertinentes ; item capellam Sancti-Victoris, in villa quę dicitur Vernus, cum molendino uno, et, post obitum Odulfi, totam villam ; item capellam in Mitani-Villare. Has omnes ęcclesias reddimus eis, concedentes decimas et remittentes synodum et circadas ; simul etiam et de ecclesia in Bodasi-Villa, quam ipsi omni tempore tenuerunt, ita ut, neque a nobis neque a successoribus nostris eis umquam ullo modo requiratur8. Reddimus etiam illis, in pago Carnotino, in villa quę dicitur Britiniacus, mansos de terra viii, cum mansuris, terris quoque cultis et incultis ; in Campchiaco, mansum unum, cum mansuris, terris quoque cultis et incultis ; in Cosentiaco, mansum unum ; in Enprani-Villa et Concreciis, quicquid ex ipsa potestate habéri dinoscitur ; in Sancta-Maria-super-Stratam, mansum unum ; in Spotmeri-Villa, mansum unum ; in Magnerias, mansos tres et dimidium ; in Gundri-Villa, mansos viiiº, cum brogilo et pratis ; in Cepido, mansum unum ; in Fontinido, mansum unum, cum duobus aripennis de prato in Villeta conjacentibus ; in Levesi-Villa, unum mansum ; in Vuadreio, quartarium unum ; in Teuvasio, mansum unum ; in Vallis, mansum unum, eum pratis, aripennis scilicet novem ; in Monte-Otrico, molendinum unum, cum aripennis de prato decem ; in Mandri-Villa, mansum unum ; in Lotdreio, mansum unum, cum molendino uno ; in Bertoni-Villare, quartarium unum ; in Saxna-Villa, in eodem pago, mansos de terra duos : in pago Stampense, in villa que dicitur Malaredus, mansum unum : in Dunensi pago, in villa quę vocatur Alpedagnus, ęcclesiam unam, cum omni terra quę conjacet ibi ex ipsa potestate. De cetero, sub pontificali excommunicatione auctorabili et anathematis condempnatione inevitabili, interminamus, tam presentibus quam cunctis insuper venturis seculis futuris, ut nemo antistitum, clericorum seu laicorum nullus, eos in omni molestetur negocio, non in exigendo decimas et circadas, quas alii paratas nominant9, non in terrarum invasione nulla secularis dignitatis ambitio, ejus potestatis homines distringere presumat, non thelonea, non freda extorquere, non quaslibet vel minimas sibi suorumque servientium inrogare injurias, quin potius, remota inquietudine sollicitudinis, tranquillam in Dei servitio et in monachico preposito ducant vitam, memores, omni tempore, nostri nobisque commissę ecclesię, inter suorum tam privatarum quam et communium orationum. Quod si quis his episcopalibus decretis obviare presumpserit aut irrita facere, ęternę maledictionis confodiatur jaculis, et cum Juda proditore, Anna et Caipha, atque Pilato et capite eorum Diabolo, percipiat pęnas perpetuę dampnationis, gehennalibus deputandus flammis, nisi resipuerit et ab hac intentione animum revocaverit. Ut autem hujus privilegii auctoritas inconvulsam perpetualiter obtineat firmitatem, tam nostra quam coepiscoporum manibus subterroborandam decrevimus.

Actum Carnotis civitate, publice.

Ragenfredus, Carnotis civitatis presul, hujus auctoritatis paginam firmavit ac roboravit.

Hildemannus, archiepiscopus Senonensis10. Graulfus, abbas Sancti-Carauni11. Arduinus, archiclavus. Teodericus, presbiter. Arcarius, presbiter. Adelandus, presbiter. Guazzo, diaconus. Ardradus, subdiaconus. Radulfus, presbiter. Bernardus, presbiter. Gerardus, diaconus. Lambertus, canonicus. Aymo, Vualerannus, Burchardus, milites.

Subscripti inantea, postea firmaverunt : Joseph, archiepiscopus Turonorum12 ; Constantius, Pariseorum episcopus13 ; Gunhardus, Ebroice episcopus14 ; Mainardus, Cinomannice episcopus15 ; Mabbo, Paulinani Britannie episcopus16 ; Nordoardus, Redonensium episcopus17 ; Tedbaldus, comes18 ; Hugo archiepiscopus, filius Tedbaldi comitis19 ; Odo, comes20 ; Hugo, dux Francię ; Hugo, filius ejus ; Ledgardis, comitissa21. »


1 Les auteurs du Gallia christiana, suivis en cela par M. Guérard, ont daté cette pièce vers 954. Nous croyons devoir reculer cette date de quelques années. Cette charte nous paraît en effet antérieure à la pièce suivante, datée de 950, par laquelle Ragenfroy donne à l'abbaye de Saint-Père, douze prébendes dans l'église Notre-Dame, don qui n'est pas mentionné dans ce premier document.
2 Cette charte et les deux suivantes ont déjà été publiées par B. Guérard, dans le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père, p. 49 et 60. Si nous les reproduisons, c'est que nous ne voulons laisser de côté aucun document intéressant, directement ou indirectement, l'église Notre-Dame de Chartres. En copiant d'ailleurs ces pièces sur le manuscrit original lui-même, nous avons été assez heureux pour découvrir dans le texte publié par notre savant maître quelques erreurs dont la rectification pourra servir à justifier notre réimpression.
3 Cette charte fut plus tard confirmée par l'évêque Eudes (966-1004), comme le témoigne cette note ajoutée à la fin de la copie du livre d'Aganon : Sequenti tempore Odo, episcopus Carnotensium ; Ottho, comes Burgundie ; Suggerius, decanus. Suivant le Gallia christiana et l'Art de vérifier les dates, ces trois personnages ne vivaient pas dans le même temps. Ainsi, tandis que l'épiscopat d'Eudes n'aurait commencé qu'en 966, Othon, comte de Bourgogne, serait mort dès 963. Il n'y a rien d'impossible à cela : le livre d'Aganon a inscrit sans ordre tous les personnages qui confirmèrent le privilége de Ragenfroy.
4 Ragenfroy occupa le siége de Chartres de 942 à 955, environ.
5 C'est au siége de Chartres en 911 par Rollon et aux violences des Normands que Ragenfroy fait ici allusion.
6 Aganon, évêque de Chartres, de 930 à 941 environ.
7 La culture de la vigne était, dans le principe, peu répandue aux environs de Chartres, comme l'atteste un passage du livre d'Haganon : Priscis temporibus, quia raro habebatur Carnotis usus vinearum ; mais dès le Xe siècle cette culture commençait à prendre une grande extension.
8 Toutes ces possessions de l'abbaye de Saint-Père furent confirmées par un acte postérieur de Ragenfroy. (Cart. de Saint-Père, p. 28.)
9 Dans le principe, cette redevance consistait dans le droit qu'avaient les envoyés royaux et les officiers publics d'exiger certains frais, certains préparatifs pour leur réception, d'où le mot parata. Plus tard, le même mot fut employé pour désigner les dépenses faites par les curés et les maisons religieuses pour la réception des évêques et des archidiacres lors de leurs tournées. Ces dépenses se convertirent à la longue en une redevance qu'on appela circada, pour rappeler la visite diocésaine, objet de cette prestation. (Guérard, Cart. de Saint-Père, prolég. p. CXXV.)
10 Suivant le Gallia christ., Hildeman aurait occupé le siége archiépiscopal de Sens du 12 septembre 954 au 5 août 959. Il nous semble cependant difficile, comme nous l'avons expliqué p. 77, note 2, de reculer jusqu'à la fin de l'année 954 la date de la charte qui nous occupe.
11 Graulf, abbé de Saint-Cheron-lés-Chartres, ami de Ragenfroy et de l'abbé Alveus, paraît comme témoin dans plusieurs chartes de cette époque.
12 Joseph II, archevêque de Tours (945-juin 957).
13 Constant, évêque de Paris (954). Le Gallia christ. ne donne que cette date pour l'épiscopat de ce prélat. Au reste, il est probable que cette confirmation, ajoutée à la charte originale de Ragenfroy, ne fut faite que quelques années après.
14 Guichard, évêque d'Evreux (vers 950-970).
15 Mainard, évêque du Mans (940-960).
16 Mabbon, évêque de Saint-Pol-de-Léon (vers 950).
17 Nodoard, évêque de Rennes (950-956).
18 Thibault-le-Tricheur, premier comte de Chartres, mort vers 977.
19 Suivant le Gallia christiana, Hugues ne devint archevêque de Bourges qu'en 959.
20 Eudes I, comte de Chartres, vers 978, mort en 995.
21 La comtesse Ledgarde, fille d'Herbert de Vermandois, veuve en premières noces de Guillaume-Longue-Epée, duc de Normandie, et en secondes noces de Thibaut-le-Tricheur, comte de Chartres, mourut vers 985, et fut inhumée dans le monastère de Saint-Père-en-Vallée, dont elle avait été une des principales bienfaitrices. (Cart. de Saint-Père, p. 64, 65, 77, 79). Son obit est inscrit au Nécrologe (t. III de cet ouvrage), sous la date du 18 des calendes de décembre. Suivant Souchet, sa mémoire resta long-temps populaire à Chartres, sous le nom de dame de Rigeard.

« Scriptum Ragenfredi episcopi de XII prebendis in ecclesia Sancte-Marie ab ipso datis » Sancto-Petro Carnotensi.

  • B Bibl. nat. de France, Libre d'argent: carton 52, fol. 22v°, n°158.
  • a Gall. christ., tome VIII, inst., col. 291.
  • b Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 351.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Ego Ragenfredus, nullis existentibus meritis, sed sola Domini gratuita pietate, Carnotensis ecclesie episcopus. Cenobium, in honore apostolorum Petri et Pauli dicatum, augustorum donariorum titulis longe lateque resplenduit, ac in multiplici monachorum numero, divina largiente gratia, floruit, sed, infestationibus paganorum ingruentibus, ceterisque supervenientibus pressuris, pene ad nichilum rediit ; nunc vero, adjuvante gratia Christi, pro modulo nostro renovavimus pristinos religionis usus, ut ibi perhenniter laus Dei celebretur in psalmis, ymnis et canticis spiritalibus, ritu observandum perpetuo. Ego itaque Ragenfredus, Carnotum constitutus antistes, cui divinitus statera judicii et equitatis est commissa, una cum consensu et obsecratione nostrorum fidelium, sicut ipsius cenobii continetur in archivis, dantes juste reddimus, in propriis fratrum usibus stipendiariis, que eorum alimonie subtracta a nostrorum quodam antecessorum nomine Helya, dominioque episcopali inepta cupiditate sunt detenta, atque in casamento militum ceca mente tradita. Verum quia minus, ut animus suggerit, peragere valemus, ipsis fratribus, cum consensu canonicorum, in nostra ecclesia xii prebendas, absque ulla repetitionis calumpnia, dedimus, interminantes pontificali auctoritate et anathematis condempnatione, tam presentibus quam futuris, ut nemo antistitum, clericorum seu laicorum, sicut in illorum continetur privilegiis, eos in nullo molestet negotio, nec eorum terras invadat, nec ejusdem potestatis homines distringere presumat ; et, quod in alio pretermisimus1, omnibus, preter monachos ipsius loci, in eligendo abbatem denegamus facultatem. Eligant autem monachi sibi bonorum operum exemplis eos commenentem, antistiti offerentes dono benedictioneque donandum. Itaque, omni sollicitudinis inquietudine remota, tranquillam in Dei servitio ducant vitam, nostri memores inter communium vota orationum. Si quis autem his pontificalibus decretis obviare, aut irrita facere presumpserit, jaculo dampnationis confodiatur eterne, et cum Dathan et Abiron, quos terra vivos absorbuit, atque cum Juda proditore, nisi ab hac intentione resipuerit, dampnandus gehennalibus flammis cum Diabolo pereat. Ut autem hujus privilegii auctoritas inconvulsa permaneat, tam nostra quam coepiscoporum manibus ducisque, subterroborandam decrevimus.

Actum Carnotis civitate, publice.

Signum Ragenfredi, episcopi Carnotensis. Signum Hugonis, archiepiscopi, filii Theobaldi comitis. Signum Joseph, archiepiscopi Turonum. Signum Gunhardi, episcopi Ebroicensis. Signum Nordoardi, episcopi Redonensis. Signum Suggerii, decani. Signum Gradulfi, abbatis. Signum Ardradi, subdecani. Signum Humberti, precentoris. Signum Hugonis, ducis. Signum Hugonis, filii ejus. Signum Theobaldi, nobilissimi comitis. Signum Odonis, comitis, filii Theobaldi comitis. Signum Ledgardis, comitisse. Signum Buchardi. Signum Galeranni.

. »


1 Nouvelle preuve, suivant nous, que la charte VIII est antérieure à celle-ci et doit être reportée à l'année 949.

« De commutatione facta inter canonicos Sanctae Mariae Carnotensis ecclesie et monachos Sancti-Petri. »

  • B Bibl. mun. de Chartres, 5/D 54: Liber Haganonis, fol. 44r°.
  • a Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 70.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« In Dei Patris et Filii et Spiritus-Sancti nomine, qui est unus potentialiter et trinus personaliter. Facta est commutatio inter canonicos Sanctę-Marię Carnotensis ęcclesię et monachos Sancti-Petri, in suburbio ejusdem civitatis ad australem plagam, olim multa elegantia ac nobilitate, nec minus modo quantum ad presens ęvum attinet, constructi. Dederunt sane prefati canonici sanctę Virginis Marię ad eumdem locum Moris-Villam, et quicquid in Subritana et in Uni-Villa videntur habere, ęquo et prompto animo, prout decet sanctos consultum ire venerabilibus et Deo dignis moribus. Econtra vero, mutua vicissitudine, receperunt a nobis monachis, videlicet Sancti-Petri, in sua ditione, totum quod in Ginone-Villa et Petripertusa a priscis temporibus videbamur possidere. Harum autem situs villarum in pago Carnotensi esse dinoscitur. Quod, ea ratione atque intentione, noverint tam presentes quam superventuri fideles sanctae Dei ęcclesię factum, ut inviolabilis et semper benefida caritatis custodia conservetur inter utrumque ordinem, prout tempus et res, Deo provisore, dictaverit. Ut autem hęc inconvulsam obtineat firmitatem, manibus clericorum obtulimus examussim roborandam.

Odo, presul. Suggerius, decanus. Salico, ypodecanus. Lanbertus, archidiaconus. Rodulfus, prepositus. Atto, prepositus. Hunbertus, levita. Aimo, subdiaconus. Hilduinus, levita. Isaac, sacerdos. Vuarnerius, levita. Guido, archidiaconus. Gauzbertus, levita. Adelmus, levita. Morandus, levita. Erbertus, subdiaconus. Arembertus, subdiaconus. Suggerius, claviger. Ailbertus, subdiaconus. Romoldus, subdiaconus. Gauzbertus, miles. »

Donation faite à l'église de Chartres par Avesgaud1, d'une certaine église sise à Illiers, dans le territoire d'Evreux, avec toutes ses dépendances ; ladite église à lui appartenant en vertu du don qui lui en avait été fait, à titre de bien héréditaire, par la comtesse Ledgarde ; cette donation faite dans l'intention que les chanoines de ladite église prient Dieu pour le repos de son âme et de celle de ladite comtesse.

  • B Inventaire du Chapitre, carton LXXXV bis, M, 1.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.


1 C'est par une erreur évidente que Doyen (Hist. de Chartres, t. II, p. 267) fait d'Avesgaud le premier seigneur d'Illiers-en-Beauce. La donation d'Avesgaud est rappelée dans le Nécrologe (t. III de cet ouvrage), à la date du 19 des calendes de septembre.

« De dono Ebrardiville et aliorum reddituum qui sunt in Normania. »

  • B Bibl. nat. de France: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, carton 28, p. 40; et carton 28 bis, fol. 17v°.
  • C Copie papier Arch. dep. d'Eure-et-Loir, G 881.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Regnante domino Jhesu-Christo in perpetuum, anno incarnationis ejus post mille XIIII, indictione xv, et Roberti regis Francorum anno xxvi1. Ego Ricardus2, marchio Normannie, sollicite pro captu meo retractans quanto me Deus honore et potentia post antecessores meos sua gracia sublimaverit, anime mee valde necessarium judicavi ut quadam honorum meorum parte, quia de toto filiorum necnon et affinium meorum causa prohibebat, ecclesie Dei facultates augerem, certus quia sic facientem celestia manent. Notum igitur esse volo omnibus christianis, tam presentibus quam futuris, qualiter ecclesiam sancte Dei genitricis Carnotensem esse non tulerim mee largitatis expertem, tum opitulandi gratia quam apud Deum pre omnibus habet, tum injurie causa non modice quam in vicinia ejus graviter exercueram, quatinus, aliquantula satisfactione placata, pro animabus nostris vel parentum nostrorum, ut vere piissima est, intercedere dignetur. Dono itaque, pari voto et communi favore filiorum necnon et affinium meorum, et de jure meo in propriam ditionem Dei, cujus omnia sunt, et Sancte Marie Carnotensis perpetualiter habenda transfundimus donatione directa, videlicet, in Ebroacensi comitatu, Ebrardivillam totam, cum ecclesia et decimam venationis de silva que dicitur Bortis, et, in eodem pago, ecclesiam solam de Hauvilla, et, in Lisvino, ecclesiam solam de Bona-Villa, et, in eodem territorio, Angliscam-Villam totam cum ecclesia, et Runtiam-Villam totam cum ecclesia, et ecclesiam de Sancto-Juliano cum duobus membris appendentibus3. Hec itaque dona, pro qualitate peccatorum nostrorum modica, pro excellentia vero sancte Marie fere nulla, predicte ecclesie, confisi de immensa Dei bonitate et ejusdem matris sue clementia, desiderantissime tradimus, omni consuetudine nostra vel inquietatione penitus dimissa, ut piis ejus meritis adoptemur sempiterne hereditati. Quatinus autem hec donatio perpetua sit stabilitate subnixa, litterarum exinde noticiam scribere mandavi, scriptum vero signo crucis et mei nominis roboravi, filiorum quoque et affinium, necnon et eorum quorum intererat manibus corroboravi simul et omnibus insigniri precepi. Datum , Actum Rothomagi. »


1 La vingt-sixième année du règne de Robert, à partir du 1er janvier 988, jour présumé de son couronnement à Orléans, correspond bien avec 1014 ; mais le chiffre de l'indication de cette année est XII et non XV, suivant les computistes. Peut-être faut-il lire post mille XVII pour la date de l'année, car 1017 a bien XV pour chiffre d'indiction, et se trouve être la vingt-sixième année de Robert, si l'on part de 991, l'une des époques présumées de son sacre à Reims.
2 Richard II, duc de Normandie (996-1026). L'obit de ce prince, énonçant toutes ses libéralités envers l'église de Chartres, est inscrit au Nécrologe (t. III de cet ouvrage) sous la date du 10 des cal. de septembre.
3 Ces biens formèrent la dotation de la Prévôté de Normandie, comme nous l'avons déjà dit p. 12, note 2.

« Roberti, regis Francorum, de Humellis, de Brissart, Campisilve, et Fermaincourt et aliis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1458 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXVII, A, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
  • A. Du Chesne, Hist. de la mais. de Montmorency, p. 16.
  • E. Lefèvre, Annuaire d'Eure-et-Loir pour 1860, p. 230.
D'après a.

« In nomine summi et æterni regis, domini Jesu-Christi, omnium redemptoris, Rotbertus, gratia Dei, Francorum rex : Dum nostrum fidelium justis peticionibus aurem pii favoris accommodamus, regię dignitatis officium exercemus. Noverit itaque sanctæ Dei æcclesiæ fidelium sollertia et palatinorum simul industria qualiter ad majestatis nostrę mansuetudinem suplex accessit noster a secretis Manasses comes2, postulans ut, auctoritatis regiæ precepto, quoddam opus misericordię scribi et firmari annueremus quod ille gloriosę virgini Mariae, genitrici Dei, ęcclesię scilicet Carnotensi, ex alodis suis conferre disposuerat. Cujus salubri desiderio nequaquam contraire sed satisfacere gratanter elegimus. Est autem ipse alodus, de quo supradictam elemosinam facere constituit, in Drocassino comitatu, duobus ab ipso castro miliariis distans, nomine Ulmellis3. Hunc ergo, cum omnibus appendiciis suis, quorum hęc sunt nomina : Campus-Silvę, Briessartus, Roserorus, Firmaticortis, et totum hoc quod de dominici villa pertinet ad illum alodum, Manasses comes supramemoratus condonat Sanctę Mariae Carnotensis ęcclesię, canonicorum stipendiis, ea ratione ut, quamdiu vixerit, in suos illum usus teneat, sed mater æcclesia jamdicta, in bona vestitura, habeat sibi, de capite alodi quod est Ulmellis, unum incolam, et, de singulis quibusque appendiciis ejus prescriptis, similiter unum incolam. Illa vero omnia que sibi de his retinuit nullomodo occupabit neque de sua manu foras mittet, neque per dotem, neque per beneficium, quin totum ad ęcclesiam jamscriptam revertatur, etiam in vita sua, si Deus illi hanc voluntatem augendi suam elemosinam concesserit : post suum vero decessum, totus ex integro alodus, cum omnibus sibi appendentibus, excepta illa terra quam tenet Amalricus de Monteforti4, sicut ille Manasses comes tenet solidum et quietum, similiter in usus canonicorum Carnotensis æcclesię deveniat. Ut autem opus hoc pietatis et ejusdem operis noticia permaneant undique stabiliora, manu mea illam firmavi et conjunx mea Constantia regina et filii mei Henricus5 et Rotbertus6, ipse denique Manasses comes cujus est hæc elemosina, et frater ejus Hilduinus comes7, cum filiis suis Hilduino et Manasse, necnon et proceres palatii. Ego vero sigilli nostri impressione signari mandavi, ut si quis illud attaminare presumpserit, tanquam reus majestatis qui capiti meo injuriam intulerit, auri libras xxx sanctę Dei genitrici Mariae coactus persolvat, et sua presumptio cassa in perpetuum remaneat. Propter hanc autem elemosinam, Manasses comes, qui eam perficit, et antecessores ejus, qui inceperunt, in æcclesia memorata unam missam habeant unaquaque ebdomada. Actum publice Pisciaco castro.

Signum Rotberti regis. Signum Constantię reginę, conjugis ejus. Signum Henrici. Signum Rotberti. Signum Manassis comitis, qui hanc elemosinam perfecit. Signum Hilduini comitis, fratris ejus. Signum filiorum ejus Manassis et Hilduini. Signum Burcardi de Montemorenciaco8. Signum Evrardi, filii Hilduini de Britogilo9. Signum Amalrici de Monteforti. Signum Milonis de Caprosa10. Signum Maingonis. Signum Guidonis Burgundelli.

(Hic est locus monogrammatis).

Evrardus monachus scripsit, ad vicem Balduini signatoris.

Data . »


2 Nous avons fixé cette date en prenant pour point de départ le 24 octobre 996, jour où Robert succéda à son père Hugues-Capet, et duquel les années du règne de ce prince sont ordinairement comptées dans ses diplômes.
3 Manassès, comte de Dammartin-en-Goëlle, mort en 1037, était le second fils d'Hilduin II, comte de Montdidier, et d'Adèle, héritière du comté de Dammartin.
4 Le Chapitre compléta cette donation en acquérant, le 8 décembre 1372, sur Gilbert de Tillières et Jeanne d'Emerville, sa femme, une pièce de rivière en la rivière d'Eure à Osmeaux, un moulin à eau et un arpent et trois quartiers de terre audit lieu. Les objets compris dans cette acquisition furent amortis par le roi Charles VI le 26 août 1382, et le Chapitre entra en possession le 10 décembre 1383. (Original en parchemin. C. LXXXV bis, C, 2 et XXXIII bis, 5.)
5 Amaury II, seigneur de Montfort-l'Amaury, paraît dans des actes de 1028 et 1053.
6 Henri I, successeur de son père sur le trône de France, cette année même 1031.
7 Robert-le-Vieux, créé duc de Bourgogne par son frère en 1032.
8 Hilduin III, comte de Montdidier, d'Arcis-sur-Aube et de Rameru, mort en 1033. Suivant Du Cange, le P. Anselme et M. de Beauvillé, il n'aurait eu de son mariage avec Lesceline d'Harcourt, veuve de Guillaume, comte d'Eu, que deux enfants : Hilduin IV, qui lui succéda, et Isabelle, mariée en premières noces à Bouchard II, comte de Corbeil, et en secondes noces, à Gui de Montlhéry, comte de Rochefort. Nous voyons par notre charte qu'il eut un second fils nommé Manassès. (Histoire de Montdidier, par M. de Beauvillé, t. I, p. 53).
9 Bouchard III, seigneur de Montmorency, mentionné dans les chartes jusqu'en 1032.
10 Hilduin, comte de Breteuil et de Clermont-en-Beauvoisis, dont la fille épousa Raoul, seigneur de Nanteuil, a laissé son nom à cette dernière seigneurie, qui s'appela depuis, Nanteuil-le-Hilduin, et par corruption, le Haudouin.
11 Miles, premier seigneur de Chevreuse, n'est connu que par cette charte, à laquelle le P. Anselme (Hist. généal., t. VIII, p. 536) donne à tort la date de 1029.

« Henrici, regis Francorum, de Uno-Gradu. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, RES 9 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XXXIII ter, 2).
  • B Copie sur papier. Arch. nat., 13/K, 177.
  • C Bibl. nat. de France., carton 28, p. 35; et carton 28 bis, fol. 14v°.
  • a Gallia christ., tome VIII, Instr., col. 300.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« In nomine sancte et individuę Trinitatis, Patris videlicet, et Filii et Spiritus Sancti, ego Heinricus, Francorum rex, Dei gratia. Si erga cultum Sanctorum et utilitatem ecclesiarum antiquorum institutio nos voluit esse devotos, quanto magis erga singularem memoriam nostrę Salvationis, videlicet Dei genitricis, quam post Deum credimus et confidimus non solum nostrę salutis amminisculum, sed etiam plenum effectum. Unde, pro adquisitione æternę felicitatis admodum sollicitus, circumspexi si circa me aliquid haberem quod ejus famulatui et promerendę gratię impendere possem. Et hoc mihi aliquantisper cogitanti, ad memoriam rediit canonicorum Carnotensis ecclesię, quam sepius inculcaverant, petitio, per quam, a diversis exhibitionibus et exactione illa quę vulgari nomine vicaria vocatur, illum fiscum cui Uni-Gradus vocabulum est liberum et quietum deinceps esse concederem1. Ego vero petitionis ipsorum exaggerando cumulum, universa concedo quęcumque quelibet terra prefati fisci mihi meisque hactenus persolvere consueverat, quatenus in eo habitantes tutius vivere, et idcirco quęcumque ab eis usibus canonicorum debentur plenius valeant reddere, exceptis quatuor sextariis vini de unoquoque arpenno, quos michi advocationis gratia retinui, quatinus si in posterum quis ei fisco injuriam inferre temptaverit, rege auxiliante superno, me advocatum sibi sentiat esse infestum. Et ut nostrę liberalitatis munificentia omnibus sancte matris ecclesię fidelibus et nostris esset nota, summo studio et diligentia precipimus exarari et sigilli nostri impressione signari, quatinus quod manu propria signo crucis impresso statuimus esse ratum, per curricula succedentium temporum maneat inconvulsum. Et si quis hujus conventionis esse temptaverit violator, quod absit, iram Dei incurrat, atque nostra nostrorumque auctoritate convictus abscedat, et pro illicita presumptione auri libras centum regali fisco persolvat.

Actum publice Parisius, .

Signum Teoderici, Carnotensis episcopi3. Signum Isenbardi, Aurelianensis episcopi4. Signum Vualterii, Meldensis episcopi5. Signum Frotlandi, Silvanectensis episcopi6. Signum Vuiscelini, capellani. Signum Richardi, diaconi et capellani. Signum Gausfridi, Sancti-Aniani subdecani. Signum Adelardi Laudunensis. Signum Burchardi, clerici. Signum Tetboldi, palacii comitis7. Signum Ivonis, comitis8. Signum Ingelranni, comitis. Signum Rodulfi, comitis9. Signum Ragenaldi, camerarii10. Signum Gilduini, vicecomitis11. Signum Hugonis Bardulfi12. Signum Evrardi, filii Gelduini13. Signum Bernardi, sinescalci14. Signum Vualterii, constabularii15. Signum Nivelonis16. Signum Gauslini Casati Carnotensis. Signum Rotberti de Sancto-Leodegario. Signum Vualterii de Friasia17. Signum Vuarini, militis Carnotensis. Signum Gaufridi, militis Carnotensis. Signum Hugonis, militis. Signum Arnulfi, Carnotensis precentoris. Signum Ageverti, Carnotensis succentoris18. Signum Hugonis, prepositi. Signum Huberti, presbiteri. Signum Vualterii, prepositi. Signum Odonis, canonici. Signum Gencelmi, presbiteri et canonici.

(Hic est locus monogrammatis et crucis).

Ego Balduinus, cancellarius regis, subscripsi. »


2 Voir nº VH.
3 L'année 1048 a bien le chiffre I pour indiction ; mais Henri Ier, n'étant monté sur le trône que le 20 juillet 1031, le 17 avril de la dix-huitième année de son règne ne correspondrait qu'au 17 avril 1049. Malgré cette contradiction, nous avons conservé la date 1048, supposant, ou qu'il y avait erreur dans l'indication de l'année du règne, ou que le chancelier faisait partir les années d'Henri d'une époque qui nous est aujourd'hui inconnue.
4 Suivant le Gallia christiana, Thierry, évêque de Chartres, serait mort le 16 avril 1048. On voit qu'il y a erreur de la part des savants Bénédictins, au moins quant à la date du mois.
5 Isembard de Broyes, évêque d'Orléans, de 1033 à 1063. D'après Doyen (Histoire de Chartres, t. II, p. 284), c'est à ce prélat que la ville de Nogent-le-Roi aurait dû son surnom d'Erambert ou le Rambert par corruption. Nous croyons plutôt que ce surnom lui vint d'une famille Erembert qui l'habitait au XIIe siècle. (Voir Hist. de l'abb. de Coulombs, par M. Luc. Merlet, Chartres, Garnier, 1861.)
6 Gautier Savoir, évêque de Meaux, de 1045 environ à 1082.
7 Frolland I, évêque de Senlis, de 1043 à 1053 environ.
8 Thibault III, comte de Chartres-Blois et de Champagne, second fils du comte Eudes II (1037-1089).
9 Yves Ier, comte de Beaumont-sur-Oise, mari de Gisèle, sœur de Miles de Chevreuse (1022-1050). Ce seigneur avait été mêlé à plusieurs affaires intéressant le comte de Chartres et le pays Chartrain. (Guérard, Cart. de N.-D. de Paris, t. I, p. 325. — Du Chesne, Hist. de la maison de Montmorency, pr., p. 15. — P. Anselme, Hist. généal. de la maison de France, t. VIII, p. 396. — Douet-d'Arcq, Recherches hist. et crit. sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise, p. lxiv.)
10 Raoul II de Crépy, un des plus puissants seigneurs de son temps, qui devint comte de Vexin, de Valois, de Mantes, de Crépy, d'Amiens, de Péronne, de Montdidier, etc., et mourut en 1074. Adèle, fille de ce seigneur, avait épousé Thibault III, comte de Chartres.
11 La séance du chambrier Renaud, que Mabillon et du Cange fixent à 1052 ou même à 1060, remonte, comme on le voit, à 1048.
12 Gilduin, vicomte de Chartres (vers 1020-1050), figure dans la donation du bourg Muret faite à l'abbaye de Saint-Jean par le comte Eudes, vers 1036 (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de l'abb. de Saint-Jean). Il comparaît comme donateur, avec sa femme Emeline, son fils aîné Hardouin, et Elisabeth, femme de ce dernier, dans un titre de Saint-Père, du 26 avril 1046 (Cart. de Saint-Père, p. 161). S'étant fait moine sur ses vieux jours, il donna à Notre-Dame la terre de Sigogne, Ciconiolas, et son obit est inscrit au Nécrologe sous la date du 15 des calendes de janvier.
13 Hugues Bardulphe, seigneur de Nogent-le-Roi, de Broyes et de Pithiviers, est célèbre par le siége qu'il soutint pendant deux ans, contre Henri Ier, dans son château de Pithiviers, à la suite de la révolte du prince Eudes, frère du roi, et de Thibault III, comte de Chartres et de Blois, dont Hugues avait épousé la fille Elisabeth, Hugues Bardulphe, vaincu, fut privé de tous ses honneurs et banni du royaume vers 1044 ; il est probable qu'il rentra en grâce, en même temps que son beau-père, Thibault, en 1048. Il mourut vers la fin de 1059. (Hist. mss. des seigneurs de Nogent-le-Roi, par l'abbé d'Espagnac.)
14 Evrard I, fils de Gilduin, et son successeur dans la vicomté de Chartres (1050-1060).
15 Bernard ne figure pas dans la liste des sénéchaux donnée par le P. Anselme, Moréri, Mabillon, Du Cange et M. de Wailly. D'après ces auteurs, le plus ancien des successeurs des comtes d'Anjou dans cette dignité, serait Guillaume de la Ferté, sénéchal en 1060.
16 Le connétable Gauthier n'est pas non plus porté dans les listes données par les auteurs. D'après eux, le plus ancien connétable connu serait Albéric, qui vivait en 1060.
17 Nivelon de Fréteval, époux d'Ermentrude et fils de Foucher, l'un des fidèles du comte Eudes (v. 1020-1050). Ce seigneur tenait de son père, qui l'avait reçu en bénéfice du comte, le petit monastère de Saint-Lubin-des-Vignes : sollicité par sa femme de donner ce bénéfice à l'abbaye de Saint-Père, il résista jusqu'à la fin de sa vie ; mais, dans ses derniers jours, il prit l'habit de moine et prescrivit, avant de mourir, à ses enfants, de remplir les intentions de leur mère, ce qui fut exécuté par son fils Foucher II, vers 1060 (Cart. de Saint-Père, p. 25 et 96).
18 Gauthier de Friaize est le chef d'une famille illustre du pays chartrain, dont plusieurs membres figurèrent dans les croisades, et qui s'allia au XIIIe siècle avec la maison des vidames de Chartres.
19 Agobert, depuis évêque de Chartres (1049-1060).

De fraternitate inter monachos Majoris-Monasterii et capitulum Beatæ Mariæ Carnotensis.

  • B Vidimus de 1241. Arch. dép. Eure-et-Loir, fonds du Chapitre, reg. des privil., fol. 147r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Notum perpetuitate istius carte fieri volumus fidelibus universis et maxime successoribus nostris quod domnus Albertus1, Majoris-Monasterii abbas, vice omnium sub ejus regimine Deo servientium monacorum, petiit a venerando ecclesie Carnotensis episcopo, nomine Aguoberto, et ab honorabili sancte Dei genitricis clero uti aliquam suarum eis concederent prebendarum, desiderantibus in Beate Marie congregatione censeri et tante ecclesie canonicis federari. Quod illi gratanter amplectantes, a minimo usque ad maximum, libero animo concesserunt, gratulantes et ipsorum monachorum societatem adipisci et oracionibus participare.....

Pour ce, les moines promettent aux chanoines de prier pour eux à leur mort et d'inscrire les noms de tous les évêques de Chartres sur leur martyrologe ; de plus, à la mort de chaque chanoine actuellement existant, ils lui feront un service solennel avec chant des cinq pseaumes et une messe.....

Ut autem hoc pactum stabile fieret et indissolubile, regis francorum Henrici nomine confirmatum est. Signum Henrici regis ; Gaufridi comitis, filii comitis Britannorum2 ; Rainaldi, camerarii regis3 ; Ebraldi de Putheolo4 ; Yvonis, filii Yvonis comitis5 ; Guillelmi de Calniaco ; Ricardi, regis capellani ; Guillelmi, capellani ; Rainaldi, custodis capelle regis ; Gualterii, filii Renaldi de Britannia ; Vualterii Rufi ; Guidonis, filii Guillelmi ; Fulberti, nepotis episcopi ; Alberti Marvillerii ; Roberti de Vindocino ; Bernardi, nepotis episcopi ; Agoberti, episcopi ; Hugonis, decani6 ; Arnulphi, cantoris ; Fulcherii, archidiaconi ; Yvonis de Curbavilla7 ; Johannis, medici8 ; Hugonis, filii vicedomini9 ; Herberti, nepotis Alberti abbatis ;Hugonis, filii Huberti de Firmitate. »


1 Albert, abbé de Marmoutier. Cette célèbre abbaye était alors dans toute sa splendeur, et, les religieux de Souvigny, écrivant en 1048 à l'abbé Albert pour lui faire part de la mort de saint Odilon, lui donnaient le titre d'abbé des abbés. (D. Mabillon, Ann. Bénéd., — Moréri.)
2 Geoffroy, fils naturel d'Alain III, duc de Bretagne, dépossédé du comté de Rennes en 1048.
3 Voir p. 90, note 9.
4 Voir p. 91, note 3.
5 Yves II, second fils d'Yves Ier, qui devint comte de Beaumont-sur-Oise vers 1067-1070 et mourut vers 1091.
6 Hugues, doyen du Chapitre de Chartres (1038-1060).
7 Yves I, seigneur de Courville, l'un des chefs de cette puissante maison, vivait vers la seconde moitié du XIe siècle. Il était probablement frère de Girois de Courville, Gerogius, dont il est question dans deux titres de Saint-Père, de mars 1094 et de 1101, insérés au Cartulaire de cette abbaye, p. 499 et 502.
8 Jean de Chartres, dit le Sourd, médecin de Henri Ier, chef de la secte des Nominaux. Il passe pour avoir fait construire un des portails de l'église de Chartres.
9 Hugues II, fils de Guerry et d'Hélissende, vidame de Chartres (v. 1089-1100).

Donation faite à l'église de Chartres, par Isembard, évêque d'Orléans, de l'église d'Ingré, sise au territoire dudit Orléans, et de tous les droits que ledit évêque et l'archidiacre d'Orléans étaient en possession d'exercer en ladite église d'Ingré ; à raison de quoi Agobert, évêque de Chartres, abandonne, par forme d'échange et de compensation au Chapitre Saint-Liphard de Meung, l'église d'Oinville-en-Beauce.

  • B Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1112 (ancienne cote : Inventaire du Chapitre, carton XVIII, 3).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.


1 Voir n°s VII et XIV.

Carta Araldi, episcopi, de una prebenda Cluniacensi monasterio donata

  • B Copie sur papier. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 698 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton IX, K, 1).
  • C D'Achery, Spicil., VI, p. 451.
  • a Gall. christ., tome VIII, Instr., col. 303.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« Evangelicis atque apostolicis monemur institutis atque etiam majorum nostrorum provocamur exemplis, ut sic, ex abundantia nostra, Christi servorum temporalem indigentiam relevemus, quatenus eternorum abundantiam, precibus eorumdem, cum eis assequi valeamus, quod non ex tristitia aut ex necessitate faciendum est, ut docet beatus Apostolus quoniam hilarem datorem diligit Deus, nec vacuum esse reputatur temporalia seminare cum sic spiritualia debeamus indesinenter mereri. Quapropter ego Araldus, ecclesie Carnotensis indignus episcopus1, et ejusdem ecclesie canonica fraternitas, notum fieri volumus cunctis orthodoxe ecclesie filiis, tam presentibus quam futuris, quod nos pariter, bona fama virtutum Cluniacensis monasterii, tanquam florentis hortuli suavissimo liliorum atque rosarum odore perflati, et iccirco habende fraternitatis ejusdem monasterii desiderio divinitus inspirati, prebendam quam habebat Fulcherius, filius Nivelonis2, fratribus predicti monasterii, rogatu ejusdem Fulcherii, in perpetuos usus concedimus3, et canonica authoritate firmamus habendam, ut, ab hac die in posterum, usumfructum ejus prebende recipiant, et ad utilitatem monasterii sui, sive per se, sive per suos ministros, secundum suum velle, disponant, nullumque hebdomadale servitium in nostra ecclesia pro eadem prebenda faciant. Predictus vero Fulcherius, nichil temporale de prebenda ulterius recepturus, quia, pro remedio anime sue, ad voluntatem Dei et nostram, hanc elemosinam Cluniacensi monasterio fieri permittit, nostra spirituali fraternitate et communium orationum suffragiis, quamdiu vixerit, non carebit, imo et in vita et in morte propter hoc ipsum melius obtinebit. Ut autem scriptura ista certum habeat firmamentum, ego Araldus presul propria manu subtus eam firmavi, et majorum ecclesie nostre manibus confirmandam esse decrevi, regiaque manu postea roboratam, domno Richerio, nostre ecclesie metropolitano4, deinceps obtuli roborandam. Signum Araldi, episcopi. Signum Ingelranni, decani et cancellarii. »


1 Adrald, évêque de Chartres, de 1069 au 10 février 1075.
2 Foucher, fils de Nivelon, que nous avons vu figurer parmi les témoins de la charte de 1048, et qui donna à l'abbaye de Saint-Père l'abbaye de Saint-Lubin-des-Vignes, avait d'abord porté la robe de clerc ; il l'échangea contre une armure après la mort de Payen, son frère aîné, tué dans une attaque contre le château de Fréteval, que Geoffroy-Martel, comte d'Anjou et de Vendôme, avait enlevé à leur père Nivelon (Cart. de Saint-Père, p. 25). Foucher laissa son nom à la poterne Foucher-Nivelon, située au haut du tertre Saint-François.

3 En 1258, le pape Alexandre IV accorda à l'abbaye de Cluny une bulle de réunion à la manse du monastère de la prébende donnée par le Chapitre de Chartres, ainsi que de celle donnée à ladite maison, à peu près dans le même temps, par l'évêque d'Orléans, dans l'église de Sainte-Croix. La réunion de ces deux prébendes à la manse conventuelle fut faite pour que le produit en fût employé à l'entretien des lampes de l'église de Cluny dédiées aux apôtres saint Pierre et saint Paul.

Pour éviter les contestations qui s'élevaient au sujet de la nature et de la qualité du grain, par une transaction passée le 5 septembre 1666, le Chapitre de Chartres consentit que le gros de la prébende de Cluny fût converti en une redevance annuelle de 135 livres.

4 Richer, archevêque de Sens, d'avril 1062 au 26 décembre 1096.

« Theobaldi, palatini comitis, de servis conjugio mixtis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 717 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, F, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28 bis, fol. 145r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. Ego Tetbaldus, palacii comes, precepi litterarum tenaci memoriæ tradi et sic notum fieri posteris sanctæ Dei æcclesie fidelibus atque nostris quod in presentia multorum facio et a quibuslibet videri vel audiri volo. Quia enim, injuste et nulla juris nostri repetitione premissa, mancipaveram mihi et æcclesiæ Sancti-Martini, per manum Guillelmi prepositi et aliorum fidelium nostrorum, servos atque ancillas qui nati sunt ex conjugio servorum Sanctæ Mariæ Carnotensis æcclesiæ et ancillarum nostrarum et æcclesiæ Sancti-Martini vel e converso, venit ad me Gaufridus episcopus1, decano et aliis qui busdam personis æcclesiæ sibi adhibitis, humiliter postulans ut, sicut anno introitus Arraldi, episcopi, et supra, quietam possessionem servorum et ancillarum ex tali conjugio habuerat Carnotensis æcclesia, ita sibi habendam perpetuo redderem liberam et quietam de his qui usque ad hanc diem simili matrimonio copulati erant. Precibus ergo episcopi et canonicorum, presertim justis in hac re, dissentire indignum duxi, et litis atque contentionis causam funditus eradicare atque pacem quæ Deo conciliat animas elegi inter nos et canonicos ponere. Consensu ergo sororis meæ Berte2, et uxoris Adelaidis3, atque filiorum meorum Stephani4 et Odonis5, necnon etiam canonicorum Sancti-Martini, facio quod episcopus et canonici petierunt, et servos vel ancillas, de quibus sermo est, a nostra manu in potestatem illorum reddo liberam et quietam : hoc tamen addens ut si forte contigerit simile matrimonium inter servos nostros et illorum, servent erga nos legem illam et consuetudinem quam poterunt probare legitime canonici Sancti-Martini se habuisse tempore Odonis comitis6, antequam prohibuisset ne servi canonicorum Sanctæ Mariæ conjugio miscerentur suis. Ut ergo hæc nostra concessio petitionis illorum plenariam firmitatem in posterum habeat, cartam hanc, sigillo auctoritatis nostræ impresso, cruce etiam facta manu nostra, roboravimus et fidelium nostrorum manibus tangendo corroborandam dedimus.

+ Signum Tetbaldi comitis. + Signum Adelaidis, uxoris ejus.

Signum Ingelranni, Suessorum archidiaconi7. Signum Rainerii, Blesensis clerici. Signum Bonidonis Lonbardi. Signum Rotberti, capellani. Signum Tetbaldi de Rupibus. Signum Gilduini Blesensis. Signum Dudonis, dapiferi. Signum Fulconis de Brana. Signum Rodulfi de Vitreio. Signum Rotberti, legis docti. Signum Guillelmi, prepositi. Signum Goscelini, canonici Sancti-Martini. Signum Gradulfi, canonici. Signum Ilberti de Gurzeis. Signum Hilduini, precentoris. Signum Girardi, majoris. Signum Ugonis, cubicularii. Signum Guidardi de Vana. Signum Guillelmi, servientis. Signum Hugonis, filii Rotrochi. Signum Gauterii Cenomannensis. Signum Gelduini de Sancto-Oculo. Signum Hugonis, constabularii.

Data idus januarii, indictione viª, anno a passione Domini millesimo LXXXºIIIº, regnante Philipo xxºiiiº. Scripta manu Ingelranni, Carnotensis æcclesiæ decani et cancellarii. »


1 Geoffroy I, évêque de Chartres (1077 à 1088), neveu de Geoffroy, évêque de Paris, et d'Eustache, comte de Boulogne. Il avait été déposé pour simonie au concile d'Issoudun, comme nous l'avons dit p. 16, note 3 ; mais il parvint à conserver encore quelques années de siége de Chartres, et Yves, son successeur, ne le remplaça que vers 1090, quoique soutenu énergiquement par le pape Urbain II.
2 Berthe de Chartres, fille du comte Eudes II, épouse d'Alain III, duc de Bretagne, puis de Hugues II, comte du Maine, morte en 1085.
3 Adèle ou Alix, fille de Raoul II, comte de Crépy, que nous avons vu figurer dans la charte de 1048.
4 Voir nº XXI.
5 Eudes, comte de Troyes et de Meaux, mort sans postérité.
6 Eudes II, comte de Chartres-Blois et de Champagne (1004-1037).
7 Ingelrand, devenu évêque de Soissons cette même année 1084, ne siégea qu'un an.

Epistola Urbani II, clero ac populo Carnotensi, de depositione Gaufridi et electione ac consecratione Ivonis.

  • a Ivonis op., II, 1.
  • b Bouquet, Rec., XIV, 698.
  • c Gall. christ., tome VIII, instr. 305.
  • d Udalr. Bab. cod., n. 174, ap. Eccard, Corp. hist., II, 196.
  • e Mansi, XX, 650.
  • f Jaffé, Reg. Pont. Rom., 454, 4059.
  • g Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après g.

« Urbanus episcopus1, servus servorum Dei, dilectis in Christo filiis, clero ac populo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Nos quidem, tum pro beate Marie semper Virginis devotione ac reverentia, tum pro nostri officii debito, ecclesie vestre dilectionem, protectionem, et curam specialius impendentes, ejusque labores diuturnos, quos a Gaufrido, quondam episcopo, passa est, propensiore animo perpendentes, rei veritate diutius atque diligentius pertractata, largiente Domino, justicie satisfecimus. Bonam itaque animi vestri voluntatem pręvenientes ac subsequentes, venerabilem virum Ivonem presbiterum2, quem, Gaufrido per nos deposito, catholice atque canonice, secundum nostra monita, elegistis, ne quod ulterius hac in re impedimentum vestra ecclesia pateretur, sine more longioris obstaculo consecravimus. Nunc eum ad vos remittentes, tanquam beati Petri manibus consecratum, beati Petri vice vos rogamus et obsecramus quatinus eum benigne suscipientes, debita, ut pastoris veri membrum, obedientia honoretis, debita sollicitudine que vobis annunciaverit observatis : et ut ipse Deo placere et eum pro vestris valeat excessibus digne intercedendo placare, vos quoque placere Deo totis conaminibus procurate. Si enim placere Deo studueritis, pastorem procul dubio Deo placentem habebitis : nos quoque in vestris opportunitatibus ad exaudiendum paratos in venietis. Porro de Gaufrido, qui, sine conditione omni, nostris in manibus episcopatum reddidit, indignum se patenter agnoscens, precepimus et precipimus ne quis ei ullo modo, ad episcopatum reinvadendum, vel infestandum, assensum accommodare presumat : alias et ipsum et ipsius fautores excommunicationi subjacere censemus ; obedientes vero monitis gratia divina custodiat. Datum Capue, . »


1 Urbain II (1088-1099).
2 Yves, évêque (1090-1115). Voir, sur ce grand évêque, le Nécrologie, t. III de cet ouvrage, au 10 des cal. de janvier.

Epistola Urbani II, Richerio Senonensi archiepiscopo, de depositione Gaufridi et electione ac consecratione Ivonis.

  • a Ivonis op., II, 1.
  • b Bouquet, Rec., XIV, p. 698.
  • c Jaffé, Reg. pont. Rom., p. 454, n° 4060.
  • d Mansi, XX, 651.
  • e Udalrici Bab. cod. n° 175, apud Eccard, Corpus hist., II, 196.
  • f Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après f.

« Urbanus, episcopus, servus servorum Dei, Richerio, Senonensi archiepiscopo, salutem et apostolicam benedictionem. Quantas pro Gaufredo, quondam episcopo, Carnotensis ecclesia molestias sustinuerit, quante ad apostolicam sedem querelę perlate fuerint, dilectionis tue strenuitas recognoscit. Tandem, rei veritate diligentius perquisita, largiente Domino, justicie satisfecimus, et ab ipso in nostris manibus, sine cujuslibet tenore conditionis, episcopatus refutatus est. Tandem ad tuam fraternitatem scripta direximus, rei geste ordinem indicantes, et ut tuum Carnotensibus, ad eligendum et consecrandum antistitem, auxilium contribueres flagittantes. Nostra itaque fulti licentia, Carnotenses venerabilem virum presbiterum Ivonem, canonico ordine, in episcopum elegerunt. Cum autem a te consecrationis gratiam pro more ecclesie petivissent, tua fraternitas ei manum imponere recusavit. Ad nos igitur ipsis venientibus, et consecrationis ejusdem gratiam deposcentibus, nos qui viri religionem jamdudum noveramus et ejus eligendi licentiam dederamus, petitioni juste deesse nequivimus. Consecratum igitur eum, salva tuę ecclesie obedientia, remittentes, dilectionis tue dulcedinem postulamus, ut, omni litis fomite consopito, benignitate eum debita complectaris, et ad ecclesie regimen auxilium tuum ei largiaris. Porro Gaufredum, si episcopatum invadere aut ecclesiam infestare tentaverit, ipsum ipsiusque fautores anathemati subjacere decrevimus. Datum Capue, . »

« Super dono terre Hervei apud Bullanvillam. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28, p. 88; et carton 28 bis, fol. 36r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Communi capitulo Sancte Marie Carnotensis ecclesie St[ephanus]1 comes et A[delicia] comitissa2 ; salutem. Volumus vobis notum esse nos concessisse ecclesie Sancte Marie vobisque terram Hervei, filii Arnaldi3, scilicet illam quam habet apud Bullanam Villam4. »


1 Les mots ou phrases mis entre crochets ne sont indiqués dans l'original que par des initiales ou manquent complètement.

2 Etienne-Henri, fils de Thibault III, fut comte de Chartres de 1089 à 1102 ; fait prisonnier à Ramla, dans la Terre-Sainte, par les troupes du calife d'Egypte, il eut, dit-on, la tête tranchée le 18 juillet 1102 (Michaud, Hist. des Croisades, t. II, p. 34). — Il avait épousé vers 1080, Adèle, fille de Guillaume-le-Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

Ele fu de Chartres cuntesse,

Espuse al conte Estievenum,

Gentiz home, noble barun,

dit le Roman de Rou, t. II, p. 59. Ce prince et cette princesse se montrèrent très-aumônieux envers l'église de Chartres, comme nous le verrons ci-après. Leurs obits sont inscrits au Nécrologe (t. III de cet ouvrage), savoir : celui d'Etienne, le 14 des cal. de juin ; et celui d'Adèle le 8 des ides de mars.

3 Ce même Hervé, au retour de la Terre-Sainte, donna au Chapitre de Chartres, une notable partie du bois de la vraie Croix (Nécrologe, 6 des ides d'avril).
4 Cette donation est l'origine de la mairie que possédait le Chapitre à Bullainville : plus tard, Philippe-Auguste, par lettres datées de Paris au mois de novembre 1207, abandonna aux chanoines le droit de servage qu'il avait sur les personnes de Jodouin, maire de Bullainville, de sa femme et de leurs héritiers. (Bibl. imp., cart. 28, p. 88, et 28 bis, fº 40 rº. — L. Delisle, Catal. des actes de Ph.-Aug., 246, 1,063). Enfin, en 1356, Erard de Dicy, chantre de l'église de Chartres, acquit, au nom du Chapitre, un hébergement audit lieu de Bullainville (Inv. du Chap., C. XCV, 0, 3 et 4).

« Ivonis, episcopi Carnotensis, super licencia ecclesie construende monachorum de Bello Loco. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, RES 7 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton IX, G, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28, p. 50; et carton 28 bis, fol. 23r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individuę Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti. Ego Ivo, licet indignus æcclesię Carnotensis episcopus, notum volo fieri omnibus, tam presentibus quam futuris, quod domnus Hugo, venerabilis abbas Cluniacensis monasterii, cum grege sibi commisso, et maxime fratres de Karitate parvitatem nostram humiliter adierunt, petentes ut eis concederem fieri et consecrari monasterium extra urbem Carnotanam, in loco quem Guillelmus ad edificandum monasterium elegerat1. Quorum peticio quia digna impetratione et multis profutura visa est, assensu confratrum nostrorum canonicorum Beatę Marię, in supradicto loco monasterium fieri et consecrari concessimus, ea conditionis lege ut omnem obedientiam et subjectionem michi et ecclesię michi commissę, et successoribus meis quam monachi circumquaque positi exibent, exibeant, et jura æcclesię nostre et æcclesiarum ei commissarum, absque meo consensu et capituli Beatę Marię et successorum nostrorum, invadere non presumant.

+ Signum Ivonis, episcopi. + Signum Ernaldi, decani2. + Signum Ilduini, cantoris. + Signum Gauslini, subdecani.

Data in capitulo Beatę Marię, . »


1 Le prieuré de la Madeleine du Petit-Beaulieu, pendant plusieurs siècles assez florissant, ne consistait plus, au moment de la Révolution, qu'en un petit oratoire.
2 Arnauld, doyen (1092-1120), est connu par ses luttes violentes avec son évêque, au sujet de la réforme qu'Yves, voulait introduire dans la collation des dignités et des prébendes du Chapitre. A la suite de ces disputes, il se démit du décanat, pour se retirer d'abord à Cluny, puis à l'abbaye de la Trinité de Vendôme, qu'il quitta ensuite pour reprendre le décanat, au grand scandale de l'abbé Geoffroy. (Lettres d'Yves de Chartres, publiées par M. Luc. Merlet dans la Bibl. de l'Ec. des Chartes, 4e série, t. I, p. 459. — Gaufridi abb. Vindoc. Epist., lib. II. C. 7).

« Privilegium Ivonis episcopi et cardinalium de prebendis et ceteris tam ecclesiis quam redditibus abbatie Sancti-Johannis datis. »

  • B Copie sur papier. Arch. dép. Eure-et-Loir, H 3085 (ancienne cote : fonds de l'abbaye de Saint-Jean, H 1).
  • a Epist. Yvonis, n° 286.
  • b Gall. christ., tome VIII, Instr., col. 305.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Quia, summi patris ineffabili misericordia disponente, pastoralem curam, licet indigni et peccatores, suscepimus, ut assidua cordis vigilantia communi utilitati et saluti animarum diligenter providere studeamus, et ut, in vespera nummum recepturi, dominice unice circumquaque propagines extendamus, superna gratia mentem nostram illustrante, et vero dilecto nostro, quasi per compunctionis foramen, manum promotionis et auxilii ad nos extendente, sepe et multum cogitavimus et cogitantes investigavimus qualiter in hac urbe vel in suburbio aliquam haberemus ecclesiam, in qua devota fidelium concio devotam et Deo dignam canonicam ageret vitam. Nunc igitur tandem salvatoris nostri Jhesu-Christi magna et inexplicabilis benignitas, que bene clamantibus respondere, digne pulsantibus aperire non dedignatur, desideriorum nostrorum diutius non differens efficaciam, Beati-Johannis-Valiacensis ecclesiam, locum scilicet opportunum et tam sacris institutionibus aptissimum, utpote a populari strepitu civitatis aliquantisper sepositum, nobis obtulit, et corda quorumdam fratrum loci ejusdem, beneficia non satis ecclesiastice tenentium, sic illustrando preparavit, ut secundum Apostolum, mente excedentes, non jam sibi sed Deo velint vivere, et fieri aliquod initium Dei creature. Ego itaque Ivo, sancte Dei matris ecclesie Carnotensis, divina gratia, episcopus, communi consilio et assensu totius Capituli primatumque nostrorum, in pretaxata Sancti-Joannis ecclesia canonicos tales esse decernimus, qui, proprietate posthabita, canonicam haberent vitam juxta beati Augustini institutionem. Et quoniam, sine boni temporalis sustentaculo, intenti divino nequeunt esse servicio, illis que antea possidebant ad victus stipendia superaddidimus prebende uniuscujusque fratris de congregatione nostra deffuncti1, sive monachilem vel canonicalem habitum suscipientis, vel Jherosolimam vel in heremum proficiscentis si prebendam dimiserit, vel seculo renunciantis, vel metu mortis seu infirmitate, vel pro malo introitu prebendam suam dimittentis, totos redditus per integrum annum2, ut in singulis diebus unius integri anni missam celebret pro anima fratris cum defunctus fuerit3. Concedimus etiam ut ecclesia Beati-Johannis, in ecclesia Beate-Marie, perpetualiter habeat prebendam quam habebat abbas Albertus4 cum canonicam susciperet normam. Dedimus et ecclesiam Beati-Stephani et omnia ad eam pertinentia, altare scilicet de Morentiaco cum parte synodi ad altare pertinentis, necnon et ecclesiam de Mondonis-Villa, liberam a synodo et circada et omni exactione, pariterque servos et ancillas et terras sive cultas sive incultas. Concedimus etiam Sancte-Fidis ecclesiam, et ecclesiam de Luciaco, et campipartem illius terre quam ante possidebamus, et omnes consuetudines terre Beati-Johannis illius scilicet ville, et terram cum oblatis de Osainvilla, tam episcopalem quam canonicalem. Terram etiam de Ancheri-Villa concedimus. Super hec dedimus junioratum ecclesie de Ponte-Godonis, cum omnibus domibus nostris, et totam avene farraginem, et totam nostram terram ultra aquam eo tempore incultam, et furnum ejusdem ville, decimam quoque molendinorum et vinearum. Confirmamus etiam donum altaris ecclesie Serni, factum a Gauslino, canonicò et preposito Sancte-Marie, et donum vigerie de Valeia et totius terre de Moncellis cum omnibus consuetudinibus, actum ab Hugone, vicedomino hujus civitatis. Confirmamus quoque donum tocius terre Eddeville, cum omnibus consuetudinibus et feodis, necnon donum ecclesie Ardeluth, cum omnibus hospitibus et cum terra ad duas carrucas. Ut autem hoc nostrum caritatis opus per succedentia tempora firmum ac stabile maneat, litterarum memorie tradi fecimus et impressione sigilli nostri atque auctoritate et presentia Joannis et Benedicti, divina gratia, cardinalium apostolice sedis, confirmatum, manibus quoque canonicorum nostrorum ceterorumque fidelium dedimus confirmandum. Si quis ergo aliquam huic nostre institutioni calumniam inferre vel aliquid adnullare temptaverit, anathemate nostro percussus, Deum sibi sentiat iratum, et, nisi digna satisfactione culpam correxerit, penis infernalibus deputetur. Preterea etiam constituimus ut si forte abbas supradicte ecclesie deffunctus fuerit vel aliqua canonicali occasione discesserit, fratres sibi abbatem ex eadem congregatione vel alia aliqua regulari, si ibi idoneus inveniri non poterit, eligant, et ad hanc electionem aliquos sani consilii sibi conjungant. Abbas autem electus in communi capitulo Beate-Marie presentetur et ab episcopo recipiat abbatiam, et sicut alii canonici suam in ecclesia Beate-Marie faciat septimanam5.

Ego Joannes, sancte Romane ecclesie cardinalis, subscripsi.

Ego Benedictus, gratia divina, sancte Romane ecclesie cardinalis, subscripsi.

Ego Ivo, divina gratia, Carnotensis episcopus, subscripsi.

Signum Arnaldi, decani. Signum Guillelmi, archidiaconi. Signum Guarini, succentoris. Signum Radulphi, canonici. Signum Huberti, canonici. Signum Georgii, camerarii. Signum Symonis, archidiaconi. Signum Milonis, archidiaconi. Signum Hilduini, prepositi. Signum Goslini, presbiteri. Signum Guillelmi, abbatis. Signum Gausfridi, presbiteri. Signum Guineberti, diaconi. Signum Theodori, diaconi. Signum Hilduini, cantoris. Signum Seranni, subdecani. Signum Raginaldi, canonici. Signum Herberti, canonici. Signum Ulgrini, cancellarii6. Signum Odonis, archidiaconi. Signum Fulconis, archidiaconi7. Signum Goslini, prepositi. Signum Hugonis, prepositi. Signum Hugonis, presbiteri. Signum Garini, presbiteri. Signum Landrici, diaconi. Signum Andree, diaconi. Signum Guarini, diaconi. Signum Durandi, diaconi. Signum Gisleberti, subdiaconi. Signum Alberti, canonici. Signum Stephani ; subdiaconi. Signum Hugonis, subdiaconi. Signum Philippi, canonici. »


1 Cependant un réglement de Renaud de Mouçon, de juillet 1208, que nous donnerons à sa date, conserve intégralement les fruits de la prébende, pendant le reste de l'année, aux héritiers d'un chanoine mort après six mois de résidence.
2 Dans une confirmation de l'évêque Geoffroy (v. 1120), en tout point d'ailleurs conforme à la charte d'Yves, on trouve cette clause explicative, à l'endroit des prébendes : Et quia aliquid minus predicti Ivonis privilegium continere videtur, nos superaddimus ut quocumque modo persona mutetur, prefata Beati-Johannis ecclesia totos prebendales redditus per integrum annum habeat. (Cop. sur pap., fonds de l'abb. de Saint-Jean, H, 1). — Cette donation d'Yves et de Geoffroy fut la source de nombreux différends entre le Chapitre et l'abbaye de Saint-Jean. En 1217, après de longs débats, une convention, élaborée par des arbitres, délégués du Saint-Siége, régla le mode de perception de la prébende de Saint-Jean, des revenus assignés pour les annuels, et des fruits des prébendes vacantes (Orig. en parch., fonds du Chapitre, C. IX, B, 3. — Bibl. imp., cart. 28 bis, fº 101 vº). Mais ce réglement ne tarda pas à tomber en désuétude, et, dès 1271, un procès s'éleva entre les chanoines et les religieux au sujet des premiers fruits de la prébende de Thibaut de Nanteuil, chanoine, décédé avant d'avoir fini son stage. Les chanoines consentirent cependant à laisser jouir les religieux de ladite prébende, mais sans conséquence pour l'avenir. De nombreuses transactions intervinrent à l'occasion de ce droit sur les prébendes en 1427, 1524, 1529, 1588, etc.
3 Le jugement arbitral de 1217, qui rappelle sur ce point le privilège d'Eudes, dispose que les religieux de Saint-Jean, doivent célébrer par jour, une messe particulière pour chaque annuel, c'est-à-dire pour le repos de l'âme de chacun des chanoines de Notre-Dame, décédés dans l'année, et que, pour réparer les oublis plus ou moins volontaires du passé, ils sont tenus de réciter, chaque jour, à l'une de leurs messes, une oraison spéciale pour les chanoines défunts. Le jugement contient, en outre, la confirmation de la règle établie par Renaud de Mouçon (voir supra, note 1), et n'accorde à l'abbé de Saint-Jean, le droit d'entrer au chœur, que pendant sa semaine canoniale et les jours de fête de Notre-Dame.
4 Albert, premier abbé régulier de Saint-Jean-en-Vallée, après la réforme d'Yves.
5 Ce privilége d'Yves fut confirmé par une bulle de Pascal II, datée de Chartres le 13 des calendes de mai 1108 (Cop. sur pap., fonds de l'abb. de Saint-Jean, H, 1). Il le fut de nouveau, en même temps que les donations de l'évêque Geoffroy de Lèves, par le pape Eugène III, dans ses bulles datées de Ferentino, le 16 des calendes d'avril 1150 (Cop. sur pap., fonds de l'abb. de Saint-Jean, H, 1).
6 Vulgrin fut élu archevêque de Dol en 1107. (Voir, au sujet de son élection, les lettres de saint Yves, nº 200 et 262.) Il se démit avant d'avoir été confirmé par le Pape, et reprit ses fonctions de chancelier en l'église de Chartres. On lit, en effet, dans une charte d'Yves, relative à l'église de Saint-Nicolas de Courville, appartenant à l'abbaye de Saint-Jean, la phrase finale suivante : Data per manum Vulgrini, cancellarii, anno ab incarnatione Domini MºCºXVº, indictione octava. (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de l'abb. de Saint-Jean, H, 44.)
7 Ce Foulques fut sans doute celui qu'Yves voulut élever au sous-décanat et dont la nomination excita une si vive résistance de la part du doyen Arnauld et de ses adhérents. (Epist. Yvonis, nº 205.)

Carta Henrici-Stephani, comitis, « de immunitate domorum et rerum episcopalium in morte episcopi. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, RES 92 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 28).
  • B Copie sur papier. Arch. nat., 2 3/K 177.
  • C Bibl. nat. de France, carton 28, p. 77; et carton 28 bis, fol. 35r°.
  • a Martène, Ampliss. coll., I, col. 621.
  • b Gallia christ., tome VIII, instr., col. 308.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. Ego Henricus, comes, cognomine Stephanus, necnon et Adela uxor mea, cum filiis nostris, notum fieri volumus omnibus sancte Dei ecclesie fidelibus, tam laicis quam clericis, presentibus et futuris, quia Ivo, humilis Dei servus, venerabilis Carnotensis ecclesie episcopus, presentiam nostram adiit, et a nobis obnixe postulavit quatinus domum pontificalem, domum scilicet quam ex lignea lapideam, ex vili reddidit speciosam1, ab illa prava consuetudine, quam predecessores nostri et nos habuimus in ea huc usque, liberam esse concederemus, ne scilicet, episcopis ab hac vita migrantibus, vel aliqua occasione decedentibus, prefata domus dissiparetur, ne quid ferri, vel plumbi, vel vitri, vel ligni, vel lapidis absportaretur, vel obrueretur, ne qualibet sua supellectili spoliaretur ; annona quoque, vinum, fenum, oves et boves, et cetera animalia, omniaque mobilia, que, sive in urbe, sive extra urbem, congregata vel collecta fuerint ante obitum vel discessum episcoporum, a nobis et a nostris intacta dimitterentur, illis profutura quibus episcopus reservare, vel donare, seu per se, seu per euchonomum suum, decreverit, vel majores ecclesie persone, si id episcopo, aliqua occasione prevento, facere non licuerit. Addidit etiam peticioni sue ut exactio, quam vulgo talliam vocant que, defunctis episcopis vel decedentibus, fieri solet in servientes episcopi, vel rusticos, simili ratione condonaretur. Nos igitur tanti viri peticionem dignam frustrari indignum esse judicantes, et ecclesiasticas res augmentari potius quam deteri debere cogitantes, ob remedium anime patris mei et mee, et uxoris mee, filiorumque meorum, rem pretaxatam a prava consuetudine liberam reddimus ; domum scilicet, et domus ejusdem ferrum, plumbum, vitrum, lignum, lapides2, ceteramque supellectilem, scilicet tabulas, scanna, scabella, vasa vinaria, lectos, necnon coquinas et horrea, granaria, cellaria, torcularia, furnos, furnorumque domos, sive in urbe, sive extra urbem, silvas, ut non vendantur nec succidantur, nec dentur, annonam quoque, vinum, fenum, oves et boves, et cetera animalia, omniaque reliqua mobilia, que congregata vel collecta fuerint, sive in urbe, sive extra urbem, ante obitum vel discessum episcopi cujuslibet, intacta a nobis et nostris dimittimus, et nos et filii nostri, illis profutura quibus episcopus reservare, vel donare, seu per se, seu per euchonomum suum, decreverit, vel majores ecclesie persone, si id episcopo aliqua occasione prevento facere non licuerit. Concedimus etiam ut pretaxata exactio que defunctis episcopis vel discedentibus fieri solet in servientes episcopi, vel rusticos, de cetero nunquam fiat3. Et quia tam benigne ista concessimus, concesserunt mihi et Adele uxori mee episcopus et congregatio tota canonicorum Beate Marie ut per singulos annos anniversaria nostra celebrarentur temporibus suis in ecclesia Beate Marie. Si quis ergo pretaxatam pactionem annullare vel debilitare conabitur, concedimus, quantum in nobis est, ut, tam in urbe, quam in suburbanis, divinum officium interdicatur, et tanti sacrilegii patratores admoniti, si non resipuerint, usque ad satisfactionem, anathematis gladio severissime puniantur. [Si quis autem futurorum episcoporum in domo supradicta turrim vel propugnacula edificaverint, turris et propugnacula tantum destruentur, domus autem cum appenditiis suis inconcussa manebit]4. Ut autem pactum hoc firmum et inconcussum per succedentia tempora permaneat, placuit scripto mandari et optimatum, tam clericorum quam laicorum, astipulatione roborari et sigillorum nostrorum testimonio communiri5.

+ Sigillum Stephani comitis. + Signum Adele comitisse. + Signum Guillelmi6. + Signum Stephani7. + Signum Odonis8. + Signum Teobaldi9.

Testes ex parte comitis et comitisse : Stephanus, Meldentis vicecomes ; Galcherius de Monte-Mirabili ; Radulfus de Balgentiaco ; Guicherius de Castro-Raginaldo ; Guermundus de Castellione ; Guarnerius Maingot ; Rotrocus, comes de Pertico10 ; Stephanus, vicedominus11 ; Herbertus de Castellione ; Paganus de Verziaco ; Herveus Belo ; Hugo Berbellus ; Ansoldus Berbellus12 ; Robertus Belini13 ; Bernardus, foristerius ; Raginaldus, capellanus ; Alexander, capellanus.

[Concessioni Theobaldi pueri interfuerunt : Robertus Aculeus ; Girardus, filius vicedomine14 ; Guillelmus, filius Hugonis Albi ; Guillelmus, filius Roberti Aculei15 ; Guido, exprepositus ; Stephanus, prepositus16 ; Ernaldus, tunc telonearius ; Burdinus, magister Theobaldi ; Hugo, monetarius ; Haymo de Bercheriis, et multi alii, in presentia totius capituli.

Concessioni vero Guillelmi comitis interfuerunt, ex parte sua : Robertus de Trecis ; Raimbaldus Craton17 ; Gervasius de Monte ; Gamaldus de Vienna ; Hugo de Orteyo ; Gaufridus de Valeia ; Stephanus, prepositus ; Guido exprepositus ; Ugo, frater ejus ; Guarinus de Poevillari18. Ex parte autem ecclesie interfuerunt isti subnominati canonici ; Seranus, subdecanus ; Guillelmus, archidiaconus ; Guido de Puteolo ; Gaufridus, filius Gausleni de Leugis ; Henricus, filius Guidonis ; Ernulfus, nepos Ivonis episcopi ; Gislebertus, nepos Parisiensis episcopi. Preterea laici : Gauslinus de Leugis19 ; Gauslinus et Milo, filii ejus ; Gauterius, filius Garini ; Isardus Drocensis ; Paganus, filius Durandi ; Stephanus, vicedominus ; Girardus, filius Boelli, hujus ecclesie signiferi.

Concessioni autem comitisse, de domo episcopali et de appendiciis ejus, interfuerunt : Johannes, Tusculanus episcopus ; Hubertus, Silvanectensis episcopus20 ; Guillelmus, abbas de Sancto-Satiro21 ; Rainaldus, abbas de Spanaio ; Tiberius Romanus, legatus pape ; Rogerius de Juvisiaco ; Gauslinus de Leugis ; Ansoldus puer ; Galeranus de Puteolo ; Albertus Rufus22 ; Robertus de Deserto23 ; Johannes, filius Falconis, Robertus, filius Guillelmi Gon ; Guillelmus de Firmitate24 ; Adam de Cruce ; Hugo de Castro-Theodorici25 ; Hugo, panetarius ; Burdicius, archipincerna Comitisse ; Hilderius, frater ejus et marescallus Comitisse ; Gazo de Sazanio ; Hugo Jams ; Garinus, filius Achardi de Bonavalle ; Hugo de Liseus ; Henricus de Villamorro ; Thomas, Stephani filius]26.


1 Le palais épiscopal, entièrement reconstruit par Yves à la fin du XIe siècle, et restauré avec magnificence par l'évêque Goslein de Lèves, vers 1150, fut détruit par l'incendie de 1194.
2 Les mêmes termes sont employés par Louis-le-Jeune, dans sa charte de 1158, relative à l'évêché de Laon (Ordonn. des rois de France. t. I, p. 12). Nous savons aussi que le même prince abolit, en 1143, un pillage semblable qui avait lieu à Paris, après la mort de l'évêque (Guérard, Cart. de N.-D. de Paris, t. I, p. 36). Ainsi ce singulier droit n'était pas particulier à l'évêché de Chartres.
3 Cette exemption fut confirmée par le roi Philippe Ier, par lettres datées de Paris, en 1105, l'année 46e de son règne. (Orig. en parch., Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du Chapitre, C. X, A, 28. — Bibl. Imp., cart. 28, p. 38, et 28 bis, fº 17 rº. — Gallia christ., t. VIII, instr., col. 310. — D'Achery, Spicil. XIII, 296.) — Louis VII fit une confirmation semblable en 1155, à Paris. Voici comment sont souscrites ces lettres-patentes : Signum Blesensis comitis Theobaldi, dapiferi nostri. Signum Guidonis buticularii. Signum Mathei camerarii. Signum Mathei constabularii. Data per manum Hugonis cancellarii. (Copie sur pap., Arch. de l'Empire, sect. hist. 33/K, 177. — Martène, Ampliss. coll. I, p. 831.)
4 Cette phrase ne se trouve pas dans l'original.
5 Là se termine la copie insérée dans les deux manuscrits du Livre des Priviléges.
6 Guillaume, fils aîné d'Etienne-Henri, évincé du comté de Chartres-Blois par son frère Thibault, devint la souche de la branche de Sully-Champagne.
7 Etienne, troisième fils d'Etienne-Henri, comte de Mortain et de Boulogne, roi d'Angleterre en 1135.
8 Eudes, fils inconnu d'Etienne-Henri.
9 Thibault IV, comte de Chartres-Blois après son père Etienne-Henri (1102-1151).
10 Rotrou II, fils de Geoffroy II, succéda à son père, comme comte du Perche, au mois d'octobre 1100.
11 Etienne, second fils du vidame Guerry et d'Hélissende. Tous les membres de la famille du vidame prenaient à cette époque le titre de vidame. Barthélemy Boël s'arrogeait même ce titre du chef de sa femme, veuve de Guerry. Quelques années plus tard, nous trouvons Guillaume, Jean et Robert, fils de Guillaume de Ferrières, et Hélissende, sa fille, dénommés à la fois avec la qualité de vidame. Cette multiplicité de personnes, portant au même temps la même dénomination, explique la difficulté que l'on rencontre à dresser une liste exacte des premiers vidames de Chartres. — Etienne devint dans la suite abbé de Saint-Jean-en-Vallée, puis patriarche de Jérusalem (1120).
12 Les noms de Hugues et d'Anseau Berbel se rencontrent dans plusieurs titres de la fin du XIe et du commencement du XIIe siècle. Ils étaient familiers de l'abbaye de Saint-Père, à laquelle le premier donna des biens à Gorget, Chavannes, etc. (1101-1106). Le fils du second, appelé Anseau de Beauvoir, se croisa vers 1116-1129 (Cart. de Saint-Père, p. 298, 317, 319).
13 Une rue de Chartres porte encore le nom de rue Robert-Blin, et, sans vouloir être trop affirmatifs, nous croyons qu'on peut faire remonter l'origine de ce nom jusqu'au personnage ici mentionné.
14 Girard Boël, fils de la vidamesse Hélissende et de Barthélemy Boël, son second mari, fut un des personnages les plus importants de la cour de Thibault IV. On rencontre son nom au bas d'une donation faite à l'abbaye de Saint-Jean par Louis-le-Gros en 1111 (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, Fonds de Saint-Jean, Inv., nº 82), et dans plusieurs autres titres de ce couvent et de celui de Saint-Père. Sa fille Ledgarde épousa Yves d'Illiers, l'un des plus puissants feudataires du comté de Chartres, qui se croisa vers 1165. Girard Boël mourut vers 1160 (Fonds de Saint-Jean, Inv. nº 749).
15 Robert et Guillaume d'Aiguillon paraissent souvent dans les chartes de cette époque parmi les fidèles du comte de Chartres. Le dernier partit pour la Terre-Sainte en 1147.
16 Le prévôt Etienne est ce même officier, contre les extorsions duquel le chantre et le Chapitre de Chartres adressèrent une requête à la comtesse Adèle (Lettres d'Ives de Chartres, déjà citées).
17 Ce Raimbaud Craton ne serait-il pas le même que le chartrain Raimbaud Croton ou Creton qui, au dire de Raoul de Caen (Vie de Tancrède), escalada le premier les murs de Jérusalem (15 juill. 1099) ? Quant à nous, nous n'en faisons pas de doute, malgré le dire de ceux qui veulent faire naître Raimbaud Croton dans le Cambrésis. Ne serait-ce pas aussi le même que ce Raimbaud, miles qui in obsidione Hierosolymitana strenue militavit, qui, pour avoir mutilé des moines de Bonneval, est envoyé par l'évêque Yves au pape Pascal II, afin d'obtenir le pardon de son méfait ? (Epist. Yvon. nº 160).
18 Probablement le même dont la femme figure dans un titre de Saint-Père du commencement du XIIe siècle (Cart. de Saint-Père, p. 331).
19 La maison de Lèves était à cette époque une des plus puissantes du pays chartrain. Goslein, un des principaux conseillers du comte Thibault IV, se croisa en 1107. Il eut trois fils, tous trois nommés dans cette charte : Geoffroy, déjà chanoine et depuis évêque à la mort d'Yves, Goslein qui succéda immédiatement à son père dans la seigneurie de Lèves, et Miles, père d'un autre Goslein, qui devint aussi évêque de Chartres à la mort de son oncle Geoffroy.
20 Hubert, évêque de Senlis (1099-1115), le même pour qui Yves écrit des lettres de recommandation au pape Pascal II (Epist. Yvonis, nos 246 et 260).
21 C'est certainement le même personnage que Guillaume, prévôt de Saint-Satur-sous-Sancerre, qui fut chargé par Guacelme, évêque de Winchester, d'apporter à Yves un vase à déposer le saint chrême, d'une forme nouvelle et inconnue (Epist. Yvonis, nº 111).
22 Albert-le-Roux figure, comme donateur, dans un acte de l'abbaye de Saint-Père (Cart., p. 434).
23 On trouve le nom de ce personnage dans la donation faite par la comtesse Adèle à l'abbaye de Saint-Père, en 1104 (Cart., p. 409).
24 Guillaume de la Ferté, frère de Hugues, archevêque de Tours, partit pour la Terre-Sainte en 1116.
25 Hugues de Château-Thierry, fidèle du comte Thibault IV, figure avec Goslein de Lèves parmi les chevaliers, garants de l'acquêt fait de la seigneurie de Courville par le comte de Chartres vers 1125. On le trouve aussi, avec le vicomte Hugues, Gui de Rochefort, Gui de Méréville, Hervé de Gallardon et Amaury de Maintenon, dans une donation faite à l'abbaye de Saint-Jean, par les neveux d'Aimery Chenard, en présence du comte Thibault IV et de son frère Etienne (av. 1135). (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de Saint-Jean, inv. nº 79.)
26 Toutes les signatures comprises entre crochets n'existent pas dans l'original.

Donation faite à l'église de Chartres par Erbold, pour le remède de son âme et de celle de Guitelidis, sa femme, d'un certain héritage situé dans un faubourg d'Orléans1, l'usufruit réservé à ladite femme.

  • a Inventaire du Chapitre, carton XVIII, 3 bis.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.


1 Cet héritage était sans doute ce lieu de vignes, consistant en maison, cour, jardin et cinq arpents de vignes, sis en la paroisse de Saint-Jean-de-la-Ruelle, pour lequel, le 10 avril 1681, les dames religieuses de la Visitation Sainte-Marie d'Orléans passèrent une reconnaissance au prévôt d'Ingré (Inv. du Chap., C. XVIII, 28).

« Paschalis pape, de libertate domus et terre episcopi, in obitu ejusdem. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 28).
  • B Copie, Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 28).
  • a Bouquet, Rec. XV, p. 18.
  • b Jaffé, Reg. pont. rom., p. 479, n° 4350.
  • c Gall. christ., tome VIII, instr., col. 307.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Paschalis episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri Ivoni, Carnotensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. Religiosis desideriis dignum est facilem prebere consensum, ut fidelis devocio celerem sorciatur effectum. Iccirco peticioni tuę, karissime frater et coepiscope Ivo, benignitatis apostolice accommodamus auditum, ut, quod juste omnibus sacerdotalis ordinis fratribus deberi cognoscimus, fraternitati tue singulari scripti confirmatione prestemus. Omnium siquidem episcoporum clericorumque rebus provisum est, cum, in Arvernensi concilio1, considentibus archiepiscopis duodecim, episcopis octoginta duobus, a domino predecessore nostro beate memorię Urbano salubriter est statutum : Si quis episcoporum seu presbiterorum aut aliorum clericorum deficiencium res invaserit, usque ad satisfactionem excommunicetur. Hoc igitur sinodale decretum nostra quoque auctoritate firmantes, de vestra singulariter domo pontificali statuimus, quam scilicet magnis expensis tua strenuitas edificavit, ne quis, obeunte vel tuorum quolibet successorum emigrante seu occasione aliqua decedente, domum ipsam dissipare aut expoliare presumat, nec ab ea suppellex ferri, vel plumbi, vel vitri, vel ligni, vel lapidis absportetur aut obruatur. Universa etiam pontificali edi appendentia, videlicet coquine, horrea, cellaria, torcularia, furni furnorumque domus integra omnino et rapinis libera conserventur2. Silve preterea et quicquid extra urbem aut intra urbem ad episcopi salarium pertinet, nec donentur, nec venundentur, nec occasionibus aliis distrahantur, sed, rapina omni violentiaque semota, successori qui, per Dei graciam, ecclesiam recturus est, illibata omnino conserventur. Sane si quis in crastinum archiepiscopus aut aliquis in aliquo cleri officio vel honore constitutus, si quis rex sive princeps aut dux, comes aut vicecomes, judex, advocatus sive defensor, aut quelibet secularis persona hanc nostre constitutionis paginam sciens contra eam temere venire temptaverit, secundo terciove commonita, si non satisfactione congrua emendaverit, excommunicationi subjaceat : cunctis autem apostolice constitutionis decreta servantibus sit pax domini nostri Jhesu Christi, quatinus et hic fructum bone accionis percipiant et apud districtum judicem premia eterne pacis inveniant. Amen, amen. Scriptum per manum Petri, notarii regionarii et scrinii sacri palacii.

Datum Rome, per manum Johannis, sanctę Romanę ecclesię diaconi cardinalis, xvi kalendas martii, indictione viiiª, incarnationis dominicę anno MºCº, pontificatus autem domni Paschalis secundi papę IIº3. »


1 Le concile de Clermont, tenu au mois de novembre 1095 par le pape Urbain II, ne se borna pas à proclamer la première croisade ; plusieurs de ses canons sont relatifs à la discipline ecclésiastique, au droit d'asile et aux immunités des personnes et des choses de l'église.
2 Voir n° XXIV.
3 Il existe encore une autre bulle de Pascal II sur le même sujet, adressée aux clercs du Chapitre de Chartres. Elle est datée de Saint-Jean-de-Latran, le 7 des calendes d'avril. (Orig. en parch., Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du Chap., C. X, A, 30. — Bibl. Imp., Cart. 28, p. 25, et 28 bis, fº 8 vº. — Theodori Penitent. II, 550. — D'Achery, Spicil., III, 440. — Bouquet, Rec. XV, 23. — Mansi, XX, 1070. — Jaffé, Reg. pont. rom., 508, n° 4755).

« De canonicis qui non permittunt se promoveri. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 30).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28, p. 22; et carton 28 bis, fol. 9r°.
  • a Theodori Penitent., II, 420.
  • b Bouquet, Rec. XV, 24.
  • c Jaffé, Reg. Pont. rom., 484, n° 4424.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Paschalis episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri I[voni], Carnotensi episcopo, et tocius capituli fratribus, salutem et apostolicam benedictionem. Audivimus in regionum vestrarum ecclesiis quasdam pravas consuetudines emersisse et in ecclesia vestra precipue vigere ; super hec etiam quedam contra canonum statuta presumi. Nos vero sanctorum patrum statuta sequentes et ab omnibus ea intemerata servari volentes, easdem consuetudines penitus abdicamus, et Sancti-Spiritus auctoritate prohibemus ut in aliena stipendia nullus obrepat, nec beneficia presbiterorum que apud vos junioratus1 vocantur alii habeant ; ut missas non cantent et evangelia non legant presbiteri aut diacones conducticii2 ; ut pro prebendis vel ecclesiasticis beneficiis munus aliquod non exigatur3. Precipimus etiam ut cleri qui negotia ecclesiastica ad seculares potestates deferentes ecclesiam gravant, infames habeantur, donec condigne satisfaciant. De concubinarum filiis que a predecessoribus nostris statutum est inconvulsum serventur4. Ut qui, non precedente canonica excusatione, se promoveri non permittunt, suis reddantur minoribus inferiores. Secundum capitulum Cartaginiense et secundum institutum pape Gelasii5, plus accipiat presbiter quam diaconus, diaconus quam subdiaconus, et qui studiosus militat tardioribus plus stipendiorum accipiat. Ut ornamenta ecclesie nemo vendat, aut distrahat, nisi pro ea necessitate quam canones permittunt. Et qui aliter fecerit, sacrilegii reus et canonum contemptor habeatur. De his autem que apud vos precarie dicuntur, que tua fraternitas disposuerit nos ratum habemus. Illam sane excommunicationem quam, de domibus que ecclesie tue contigue fuerant, pro ejusdem ecclesie utilitate dictasti, nos assertionis nostre auctoritate firmamus. Datum Beneventi, 6. »


1 M. Guérard pense, et nous partageons son opinion, que juniorat est synonime de vicariat, office de vicaire ou de desservant (Cart. de Saint-Père, prolég. n° 93).
2 Minister altaris qui, canonica portione minus accipiendo, subjectione indebita munus ab obsequio suo Conductori persolvit. Cette sorte de simonie avait été formellement condamnée par Grégoire-le-Grand dans sa lettre aux évêques de France. (Baluze, Miscell., t. V, p. 217.) On appelait Conductores les prélats, curés ou autres qui s'attachaient ainsi des Conducticios.
3 Dans une lettre à Richard, évêque d'Albano, Yves se lava d'abord du reproche de simonie qu'on lui adressait, disant que, dès le jour de son avénement, il s'était attaché à combattre cette hérésie, symoniacam heresim, et s'étonnant d'ailleurs que le pape ne fasse ce reproche qu'à la seule église de Chartres, cum et hoc et multa alia eque damnabilia in omni pene Gallicana ecclesia dominentur. (Yvonis epist. n° 94.) Dans une autre lettre adressée à Pascal II (n° 146), Yves fait de nouveau allusion aux abus qui existaient dans son église.
4 Un des canons du concile de Clermont, de 1095, avait défendu de nouveau d'admettre aux ordres sacrés les fils des prêtres concubinaires. (Labbe, Concil. gén.)
5 Il y eut au Ve siècle dix-sept conciles tenus à Carthage, dont la plupart, analysés dans le Code des canons d'Afrique, sont relatifs à la discipline ecclésiastique. — Le pape Gélase, si connu par son décret sur les livres apocryphes et par ses luttes avec l'église d'Orient, tint le siége pontifical du 1er mars 492 au 19 novembre 497.
6 Année 1102, d'après l'itinéraire dressé par Jaffé.

Paschalis pape, super discordiis propter conditionarios.

  • a Ivonis op., II, 233.
  • b Bouquet, Rec. XV, p. 27.
  • c Jaffé, Reg. Pont. rom., 508, n° 4748.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Paschalis episcopus, servus servorum Dei, Carnotensis ecclesie clericis, salutem et apostolicam benedictionem. Indubia veracium fratrum relatione comperimus magnos inter vos odiorum fomites emersisse, quia, pro sacramentis illis que ad repellendos conditionarios apud vos facta sunt, alteri alteris convicia, contumelias et injurias intulistis1 : insuper obligationes quasdam et pacta ad ledendam fraternitatem contra pactum Domini concinnatis. Qua de re, dilectionem vestram rogamus, et, Domino per nos jubente, precipimus, ut dimittatis quicquid adversum vos in hoc negotio habetis. Et nos enim facti sumus sobrii, et nos pro vobis imbecillitatem apostolicam toleramus, ut vos Deo et ecclesie in pace ecclesie conlucremur. Si ergo Deum diligitis, si apostolicam sedem veremini, donate mihi, ne dicam vobis, hanc injuriam. Si quis autem adhuc contentiosus est, nostri corporis non est ; quia nos hujusmodi consuetudinem non habemus, neque ecclesia Dei. Sane hominia que apud vos clerici sibi invicem faciunt, ut ne fiant ulterius prohibemus, et que facta sunt irrita ducimus, quoniam contra honestatem videntur ecclesiasticam fieri. Illa enim que sursum est Hierusalem, libera atque omnium fidelium mater est, qua libertate Christus eam liberavit. Datum Laterani, 2. »


1 Dans une lettre adressée à Daimbert, archevêque de Sens, son métropolitain, Yves lui fait part du serment qu'ont fait entre eux les clercs de l'église de Chartres, de ne pas recevoir dans leur sein des gens d'une condition vulgaire et familiers de personnes étrangères à leur Chapitre, de non recipiendis vulgo natis in canonicos, vel quibuslibet aliis de extranee familia gentis ; serment qu'il a cru devoir ratifier et pour lequel il a demandé l'approbation du Souverain-Pontife (Yvonis epist., n° 153). Plus tard, Yves adresse une autre lettre à Pascal II (n° 172), ut conditionarios (gens de condition servile) de familia Carnotensis Comitis, qui de legitimo connubio nati fuerint, et regios fiscalinos, de privilegio quod eidem ecclesie fecit de non admittendis conditionariis, excipiat..... Aliter quippe damna, scandala, perturbationes intus et foris, contentiones, ire, rixe, que omnia ista de causa orta sunt, et quotidie oriuntur, sedari non possunt. C'est à la suite de cette seconde lettre que Pascal II rendit la bulle que nous publions.
2 Année 1103, d'après Jaffé.

Carta Theobaldi, Blesensis comitis, « super dono palefridi episcopi Carnotensis, quem solebant habere canonici Sancti-Martini. »

  • B Bibl. Imp.; cart. 28, p. 79; et carton 28 bis, fol. 36 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Notum sit omnibus hominibus, tam presentibus quam futuris, quod quando Adela1, Blesensis comitissa, prospiciens anime sue saluti, hujus vani fallacisque seculi, vitam suam mutans in melius, oblectamenta dimisit, ipsa, et ego Theobaldus2, Blesensis comes, filius ejus, pro remedio animarum nostrarum et antecessorum nostrorum, dedimus et in perpetuum concessimus ecclesie Beate-Marie Carnotensis palefridum quem canonici Sancti-Martini-de-Valle soliti erant habere quando novus episcopus ab eorum ecclesia in ecclesiam Beate-Marie, more solito, deferebatur. »


1 Voir ci-dessus p. 98, note 2.
2 Voir ci-dessus p. 106, note 5.

« Privilegium pape Paschalis, de VI prebendis » in ecclesia Sanctæ-Mariæ monasterio Sancti-Petri concessis.

  • B Bibl. nat. de France, carton 52: Livre d'argent, fol. 3v°, n° 4.
  • a Gall. christ., tome VIII, instr., col. 311.
  • b Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 257.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Paschalis, episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Guillelmo1, abbati venerabili monasterii sanctorum apostolorum Petri et Pauli, quod juxta Carnotum situm est, ejusque successoribus regulariter promovendis, im perpetuum. Pie postulatio voluntatis effectu debet prosequente compleri, quatinus et devotionis sinceritas laudabiliter enitescat, et utilitas postulata vires indubitanter assumat. Quia igitur dilectio tua, ad sedis apostolice portum confugiens, ejus tuitionem devotione debita requisivit, nos supplicationi tue clementer annuimus, et beatorum apostolorum Petri et Pauli Carnotense cenobium, cui, Deo auctore, presides, cum omnibus ad ipsum pertinentibus, sub tutelam apostolice sedis excipimus. Per presentis igitur privilegii paginam, apostolica auctoritate, statuimus ut quecumque predia, quecumque bona, pontificum concessione, regum et principum liberalitate, vel aliorum fidelium legitimis oblationibus ad ipsum hodie monasterium pertinent, vel in futurum pertinere contigerit, firma tibi tuisque successoribus permaneant : in quibus hec propriis visa sunt nominibus annotanda : ecclesia Sancti-Hilarii, Sancti-Leobini, Campi-Fauni, Manuvillaris, Mitani-Villaris, Verni, Alone, Boasville, Reclainvillaris, Imonis-Ville, Germenonis-Ville, Ursi-Ville, Alpedagni, Capelle-Regie, salvo, juxta consuetudinem, solius episcopi jure, in eis tantum que ad proprium ordinem pertinent ; item altaria, sex videlicet, altare videlicet de Bruerolis, et de Armentariis, et de Roheria, et de Buxeto, et de Cruciaco, et de Castellariis, sicut a venerabili fratre nostro Ivone episcopo institutum est2, sine ulla redemptione, ulterius habenda, libera et quieta a synodo3 et circada, et ab omni consuetudine, et ab omni inquietatione, sive ab exactione justicie a presbiteris in predictis locis servientibus, exceptis his que ad proprium ordinem eorum pertinent de quibus presbiteri illi episcopo seu archidiacono respondeant. Confirmamus etiam vobis ecclesiam de Gisiaco, et ecclesiam de Fontaneto, in pago Vilcassini, in parrochia Rothomagensi, sicut hactenus a vestro monasterio libere possesse sunt, et, in Carnotensi ecclesia Beate-Marie, prebendas vi, ita libere et integre possidendas, sicut a bone memorie Rainfredo, Carnotensium episcopo, eidem vestro monasterio contribute sunt4. Decernimus itaque ut nulli omnino hominum, etc..........

Scriptum per manum Rainerii, scriniarii regionarii et notarii sacri palatii.

Ego Paschalis, catholice ecclesie episcopus, subscripsi.

Datum Laterani, per manum Johannis, sancte Romane ecclesie diaconi cardinalis ac bibliothecarii, 5. »


1 Guillaume I, abbé de Saint-Père, de 1101 à 1130.
2 La donation, par Yves, de ces six autels que Saint-Père avait déjà possédés par concession des anciens évêques, fut faite, du consentement de l'archidiacre Arnauld, le 1er juillet 1093 (Cart. de Saint-Père, p. 265).
3 On entendait par synode une somme d'argent payée à l'évêque par les clercs qui assistaient aux séances synodales annuelles. Quant au mot circada, nous l'avons déjà expliqué, note 1, page 81.
4 Ragenfroy avait donné à Saint-Père douze prébendes dans son église (voir nº IX) ; mais son frère et successeur Ardouin en retira six aux religieux : c'est ce que le moine Paul, l'historien du couvent, raconte en ces termes : Post obitum Ragenfredi, frater ejus Arduinus, locum ejus obtinens non religionem,..... in tanta cupiditate exarsit ut de xii prebendis quas frater ejus dederat, medietatem extorquendo subripere non timeret (Cart. de Saint-Père, p. 12 et 13). Le privilége de Pascal II, accepté par le Chapitre, comme nous le verrons plus bas, consolida entre les mains des religieux de Saint-Père la propriété des six prébendes de Notre-Dame.
5 Ce privilége fut accepté la même année par le Chapitre de Chartres, et cette acceptation est souscrite par : Ivo, venerabilis Carnotensis ecclesie episcopus ; Wulgrinus, cancellarius ; Ernaldus, decanus ; Hugo, prepositus, nepos ejus ; Fulcho, archidiaconus ; Willelmus, archidiaconus ; Odo, archidiaconus ; Warinus, succentor ; Hilbertus de Gurzeziis ; Paganus de Mungervilla ; Walterius de Bonavalle ; Mainardus ; Teudo ; Galterius de Galardone ; Goslinus, capellanus episcopi ; Winebertus et innumerabiles alii. (Cart. de Saint-Père, p. 265.)

Carta Ludovici, Francorum regis, « ne a Puteacensibus dominis aliqua gravamina ecclesie Carnotensi inferantur. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 36; et carton 28 bis, fol. 15r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. Moribus docemur et legibus quod regni gubernacula regibus ad hoc commissa sunt ut primum bene se gerant, deinde regalium et legalium mandatorum contemptores gladio ultore coherceant ; quatinus quod pontificalis auctoritas non sufficit adimplere per sermonem doctrine, hoc perficere studeat regia potestas per severitatem discipline. Quod ego Ludovicus, Dei gracia, Francorum rex, ab interpretibus scripturarum audiens, et pro gracia michi divinitus collata intelligens, admonitionibus et consilio episcoporum regni nostri, statui apud me ut speciali privilegio possessiones ecclesiarum et monasteriorum sub tuitionem regie protectionis susciperem et ab oppressionibus et injustis occasionibus in perpetuum liberarem. Non enim res humane aliter tute et incolumes esse possunt nisi cum in unum conveniunt ad earum defensionem et jus regium et auctoritas sancta pontificum. Inde est quod municipium quoddam1, in Aurelianensi episcopatu situm, presenti anno destruximus, propter insupportabilem et execrabilem maliciam quam exercebant dominatores ejusdem municipii et eorum ministri in possessionibus sanctorum locorum, que nullo rigore ecclesiastice discipline poterat coherceri. Nos itaque, Dei misericordia preveniente et subsequente, huic malicie cohercende supremam imposuimus manum, ad correctionem omnium secuturorum, destructionem predicti manucipii in perpetuum reliquimus monimentum. De cetero superest ut quod, Deo prosperante, felici successu incepimus non dissimili fine concludere studeamus, et, ad peticionem ecclesiarum seu monasteriorum, libertatem et immunitatem prediorum eorumdem diu vexatam, a Puteacensibus dominis oppressam2, in debitum statum principali nostra pietate reformemus. Nominatim ergo, propter reverentiam beate Marie et beati Petri apostoli, in prediis Carnotensis ecclesie tam episcopalibus quam canonicalibus et prediis monasterii Beati-Petri apostoli, pretaxatas oppressiones funditus abolemus, ut, neque sub nomine nostre regie majestatis neque sub nomine alicujus alterius potestatis, alique angarie vel violentie ingerantur, nulle exactiones, nulle gravamina ingerantur, sed omnis eorumdem utilitas usibus eorum tantum proficiat pro quorum sustentatione sacratis locis predicta predia fidelium collatione sunt concessa et predecessorum nostrorum astipulatione confirmata. Hoc per succedentia tempora illibatum manere precipimus, hoc pragmatica nostra sanctione firmamus, et mandati nostri contemptores ac violatores centum librarum auri exactione multandos esse constituimus. Ad hec, ut testatior sit nostra constitutio, metropolitanis et eorum suffraganeis concedimus ut pretaxatos decreti nostri contemptores et in hoc majestatem regiam minuentes, tandiu a liminibus ecclesie extorres faciant quousque ad plenum satisfactionis remedium confugiant. Actum Aurelianis, in palatio, publice,, presentibus de palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa : Signum Anselli de Guerlandia, tunc temporis dapiferi nostri3. Signum Hugonis, constabularii nostri4. Signum Guidonis, buticularii nostri5. Signum Guidonis, camerarii nostri6. Quod nullatenus infirmari vel irritum fieri valeret, nostri nominis karactere et sigillo firmari et corroborari precipimus. Stephanus, cancellarius7, relegendo subscripsit8. »


1 Le Puiset, près Janville (Eure-et-Loir). Voir, sur les siéges du Puiset, Suger, in vita Ludovici Grossi.
2 Dans ses lettres nos 129 et 130, Yves s'était adressé à Daimbert, archevêque de Sens, et à Jean, évêque d'Orléans, pour les prier d'excommunier Alix de Rochefort, dame du Puiset, et Hugues, son fils. Dans la lettre nº 140, il insiste de nouveau auprès de Daimbert pour que l'interdit soit lancé sur les possessions du seigneur du Puiset à Méréville et au Puiset. Il paraît que l'épée et la pragmatique de Louis-le-Gros eurent plus d'influence que les excommunications des évêques, car voici ce que nous lisons dans la lettre nº 151 adressée encore à Daimbert : Noverit paternitas vestra quoniam Hugo, Puteacensis, timore Dei tactus et corde compunctus, ea que ecclesie nostre abstulit, quantum ad portionem suam pertinuit, integerrime reddidit. Mihi vero, que mea et meorum erant, se cuncta redditurum, datis obsidibus sub fidei sponsione, firmavit, et quia de discretione a vestra paternitate fueram commonitus, ea interim accipere distuli, quamdiu abstinuerit ab exactionibus et angariis, quas interea Fraxineti facere consuevit.
3 Anseau de Garlande, sénéchal (1109-1118).
4 Hugues de Chaumont, connétable (1111-1137).
5 Guy de Senlis, bouteiller (1108-1111).
6 Guy, chambrier (1106-1121).
7 Etienne de Garlande, évêque de Beauvais (1106-1116).
8 Les mêmes grands officiers figurent, avec le comte Thibault IV et sa mère Adèle, principaux adversaires du vicomte Hugues et d'Alix de Rochefort, dans un autre titre de Louis-le-Gros, daté d'Etampes, en la même année 1111, probablement avant la prise du château du Puiset (Arch. dép.; Titres de Saint-Jean, inv. nº 82).

Carta Ivonis, episcopi Carnotensis, « de una carruca terre que dicitur terra Sancte Marie, que est super rivulum qui dicitur Thiro. »

  • B Arch. dép. Eure-et-Loir, H 1374 (ancienne cote : cartulaire de l'abbaye de Thiron, fol. 2v°).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Ivo, Carnotensis ecclesie humilis minister, et Arnaudus decanus, necnon commune capitulum Beate Marie, notum volumus fieri omnibus tam futuris quam presentibus quod donnus Bernardus1, venerabilis abbas, cum grege sibi commisso, parvitatem nostram humiliter adierunt, petentes ut eis concederemus carrucatam unam terre de terra Beate Marie, que est super rivulum qui dicitur Tiro, infra Gardiensem parrochiam, ad edificandum monasterium et claustrum et cetera usui fratrum necessaria. Quorum petitio quia digna impetracione et multis profutura et nostre honestati et eorum utilitati convenire visa est, dono eis predictam terram, quietam et immunem a synodo et circada, ab omni etiam consuetudine, ab omni exactione, perpetualiter habendam concessimus, salva obedientia que episcopo et capitulo debetur. Ut autem per succedentia tempora firmiter et stabile hoc donum maneat, presenti scripto mandavimus et signis manibus nostris factis roboravimus. + Signum Ivonis, Carnotensis episcopi. + Signum Arnaudi, decani. + Signum Gerogii, cantoris. — Signum Hugonis, subdecani. + Signum Garini, subcentoris. + Signum Ansgerii, archidiaconi. + Signum Galterii, archidiaconi2. + Signum Goslini, archidiaconi. + Signum Raimbaudi, archidiaconi. + Signum Landrici, archidiaconi. + Signum Odonis, archidiaconi. + Signum Gaufredi, prepositi. + Signum Haimerici, prepositi. + Signum Seranni, prepositi. + Signum Hugonis, prepositi3. + Signum Ebraldi, capicerii4. + Signum Radulfi, camerarii. + Signum Stephani, abbatis Sancti-Johannis. + Signum presbiterorum Haimonis, Hugonis, Ricardi, Galterii, Garini, Rainodi. + Signum Hugonis de Sancto-Andrea. Data Carnoti, per manum Vulgrini, cancellarii, 5. »


1 Le vénérable Bernard de Ponthieu, fondateur de l'abbaye de Thiron, qu'il ne faut pas confondre, comme on l'a fait, avec son contemporain saint Bernard, abbé de Clairvaux, fut d'abord abbé de Saint-Cyprien de Poitiers, puis se joignit à Robert d'Arbrisselles, dont il seconda les travaux apostoliques dans la Bretagne et dans le Maine. Après bien des traverses, il se retira, vers 1109, avec quelques religieux, dans les bois de Gardais, où ses grandes vertus attirèrent bientôt à lui de nombreux disciples. — Bolland a publié sa vie écrite au XIIe siècle par Geoffroy-le-Gros. Bernard de Ponthieu, qui mourut, croit-on, le 14 avril 1116, est inscrit, dans le Martyrologe général de Cl. Chastelain, parmi les saints honorés le 25 avril.
2 L'archidiacre Gautier fut un des principaux conseillers de l'évêque Yves (Epist. Yvonis, nos 262 et 269).
3 Cet Hugues est le neveu du doyen Arnaud, qui fit avec son oncle une si vive opposition à l'évêque dans l'exercice de ses droits épiscopaux (Yvonis epist., nº 205). Après la mort d'Arnaud, Hugues devint doyen. Le Gallia christiania ne parle pas de ce doyen, mais on lit dans une lettre de Geoffroy, abbé de Vendôme, à l'évêque Geoffroy II (lib. II, ép. 30) per Hugonem decanum vestrum mihi mandastis (Lettres d'Ives de Chartres, par M. Luc. Merlet). Voir le Nécrologe.
4 Evrard est ce clerc qu'Yves annonce avoir élevé à la dignité de prêtre du diocèse de Chartres (Lettres d'Ives de Chartres, p. 12).
5 C'est bien là l'acte de fondation de l'abbaye de Thiron. Plus tard, au XVe siècle, les religieux de cette abbaye, dans le but de se soustraire à l'autorité spirituelle du Chapitre de Chartres, fabriquèrent, avec beaucoup d'autres pièces, une prétendue charte de fondation du 3 des nones de février 1110 (3 février 1111), dans laquelle ils insérèrent cette clause : Volumus et in perpetuum ipsi monasterio concedimus quod ipsum monasterium et ejus celle, domus et administrationes, presentes et futuri, et habitantes in eis, presentes et posteri, soli subsint episcopo Carnotensi, ita quod nec nobis decano et capitulo, nec quibusvis nostris archidiaconis, dignitatibus, officiis vel prebendis, suberunt, nec coram eis in aliquo respondeant, nec per alium quam per Carnotensem episcopum jurisdictio spiritualis, sive in civili sive in criminali, in eos exerceatur. A cette pièce fausse sont jointes deux lettres de confirmation également controuvées, l'une de Richard, évêque d'Albano et légat du Saint-Siége, en date du 7 des calendes d'avril 1110 (26 mars 1111) ; l'autre de Conon, évêque de Préneste et également légat, datée du 3 des nones de février 1114 (3 fév. 1115) (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de l'abbaye de Thiron, nº 1. — Chartes fausses de l'abbaye de Thiron, par M. Luc. Merlet, Paris, F. Didot, 1855).

« Ivonis, episcopi Carnotensis, ne prepositi faciant exactiones in suis preposituris. »

  • A1 Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 375 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton II, GG, 1).
  • A2 Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 375 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton II, GG, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 48; et carton 28 bis, fol. 22r°.
  • a Gall. christ., tome VIII, instr., col. 314.
  • b Luc Merlet, Lettres d'Ives de Chartres, p. 10.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus sancti. Ego Ivo, Dei gratia, Carnotensis humilis episcopus, notum fieri volo cunctis sanctę æcclesię fidelibus, tam presentibus quam futuris, quia canonici ecclesię michi commissę, meam adeuntes presentiàm, clamorem et querimoniam fecerunt de prepositis suis, videlicet Milone, Hugone, Hainrico aliisque, qui, privatis commodis inhiantes, communem fratrum utilitatem in quibuscumque poterant minuebant, et quasdam res eis jure debitas per injuriam sibi retinebant, pauperes ecclesię sub eorum patrocinio constitutos diversis calamitatibus afficiebant, et sevę rapacitati inservientes exigebant ab eis nummos, annonam, oves, agnos, anseres, gallinas, et habebant medietates cum rusticis ęcclesiæ, quod non licet, et mittebant servientes suos cum equis, per preposituras, qui querebant annonam a rusticis, sicut et domini, et faciebant sibi parari sepe ingentia prandia, tam prepositi quam servientes, sine licentia Capituli, lęta capiebant et de hominibus ecclesię relevationem terrarum, de conjugandis feminis venditiones, et plurima carritia faciebant, quod non licet, exceptis duobus ; presbiteros in ecclesiis ponebant sine licentia Capituli, capiebant homines ecclesię et verberabant eos, et in carceres mittebant sine jussione Capituli ; de arietibus accipiebant plus quam duodecim nummos, de porcis plus quam duos solidos, quod non licet ; mittebant etiam alios servientes sine equis qui exigebant a rusticis annonam et alia plura ; faciebant etiam plura quæ sui juris esse diratiocinari non poterant, et ut tantis injuriis finem imponerem multimodis supplicationibus postulabant. Quorum petitioni assensum prebere, quia rationabilis erat, dignum judicans, cupiensque eorum providere quieti, volensque ut eorum murmuratio cessaret, odium sopiretur, peccatum expelleretur, pax et quies pauperibus ecclesie restitueretur, consilio optimatum nostrorum, decrevimus canonicos justam habere causam, et precipimus ne in rusticis ecclesie prepositi deinceps has exactiones haberent, nec ulterius communem in supradictis utilitatem minuerent. [Concessimus etiam quod beneficia ecclesie que precarie dicuntur, et facte erant prenarie, quia quod omnium erat quatuor vendebant, in communes redigerentur usus : sic, scilicet, Capella et ad eam pertinentia, villa que dicitur Cathenas et ad eam pertinentia, Tuetvilla cum appenditiis, Dionvillare cum decima, terra capicerii de Fontanis, terra de Calniaco et Casis, junioratus omnes, villa que dicitur Landelle et ad eam pertinentia, molendini novi de Ferrariis, molendini de Britiniaco et Iei, Capella-Vindocinensis, ecclesia de Carannivilla, terra de Monte-Oduini et de Afrancvilla, et cetera omnia que censum vel annonam reddunt]1. Si quis autem, quod nolumus, ad damnum canonicorum hoc in pejus mutare presumpserit, et non resipuerit, maledictus atque excommunicatus permaneat, et cum eis qui in fine mundi audituri sunt : ite, maledicti, in ignem eternum, qui preparatus est diabolo et angelis ejus, porcionem et societatem habeat. Ut autem hęc concessio firmiorem per futura tempora optineret vigorem, et a successoribus nostris verius certiusque crederetur et diligentius observaretur, has litteras fieri jussi, et manu propria firmavi et fideles nostros firmare feci, quorum nomina subtus tenentur adscripta. + Signum Ivonis episcopi2. »


1 Cette phrase, qui manque dans l'original et dans les manuscrits 28 et 28 bis, est donnée par le Gallia christ. La disposition dont elle traite se trouvait sans doute insérée dans un autre décret d'Yves relatif aux prévôts. C'est ce qui semble résulter de ces termes de la bulle de Pascal II (nº XXXIV) : Item, in subsequentibus, idem scribit episcopus se concessisse ut beneficia ecclesie que precarie dicuntur......
2 La croix qui se trouve avant la mention de la signature d'Yves paraît avoir été tracée par ce prélat lui-même, et non par le scribe, comme cela arrivait fréquemment. Nous devons également faire remarquer que, malgré l'annonce qui en est faite dans le corps même de la charte, l'original ne porte aucune signature de témoins.

« Pascalis, de reprimendis exactionibus prepositorum et de precariis et concessione facta de domibus canonicorum. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 375 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton II, GG, 1 bis).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 23; et carton 28 bis, fol. 11v°.
  • a Ivonis opp., II, 252.
  • b Bouquet, Rec. XV, 54.
  • c Jaffé, Reg. Pont. rom., 507, n° 4741.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Paschalis episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis Carnotensis ecclesie clericis, salutem et apostolicam benedictionem. Ex venerabilis fratris nostri Ivonis, vestri per Dei gratiam episcopi, litteris intelleximus quod pro quibusdam querimoniis decretum instituerit. Ipsum quoque decretum oculis nostris inspeximus, in quo continebatur æcclesię vestrę canonicos apud eum clamorem et querimoniam fecisse de prepositis suis qui, privatis commodis inhiantes, communem fratrum utilitatem, in quibuscumque poterant, minuebant, et quasdam res eis jure debitas per injuriam sibi retinebant, pauperes æcclesię sub eorum patrocinio constitutos diversis calamitatibus afficiebant ; quas calamitates idem episcopus in ejusdem decreti scripto dinumerat, et, enumeratis eis, subsequitur : Consilio optimatum nostrorum, decrevimus canonicos justam habere causam et precepimus ne in rusticis œcclesie prepositi deinceps has exactiones haberent, nec ulterius communem in supradictis utilitatem minuerent. Hoc nimirum decretum, hoc preceptum, a supradicto confratre nostro, vestrę æcclesię episcopo, constitutam, quia justum ac rationabile visum est et quieti æcclesię commodum, nos, Deo aspirante, laudamus et apostolicę sedis auctoritate firmamus1. Item, in subsequentibus, idem scribit episcopus se concessisse ut beneficia æcclesię quę precarię dicuntur et factę erant prenarię, quia quod omnium erat quatuor vendebant, in communes redigerentur usus, et eadem beneficia propriis vocabulis annotando dinumerat. Hanc quoque concessionem nos ratam asserimus et apostolicę sedis auctoritate firmamus. De domibus etiam canonicorum, concessionem ab eodem episcopo factam, sicut a predecessore ipsius Froboldo episcopo constituta est2, decreti presentis assertione corroboramus. Si quis igitur, decreti hujus tenore cognito, temere, quod absit, contraire temptaverit, honoris et officii sui periculum patiatur, aut excommunicationis ultione plectatur nisi presumptionem suam digna satisfactione correxerit. Amen, amen, amen. Datum Anagnie, per manum Johannis sanctę Romanę ecclesię diaconi cardinalis ac bibliothecarii, . »


1 Les prévôts ne se soumirent pas sans difficulté à la réforme qu'Yves voulait leur imposer. On voit, par une lettre d'Yves à Pascal II (nº 272), que, malgré la bulle confirmative du Souverain-Pontife, deux d'entre eux refusaient d'obéir aux ordres de l'évêque et s'étaient pourvus devant le roi de France. Yves adressa à ce sujet une lettre à Louis-le-Gros (nº 266).
2 La constitution de l'évêque Frotbold (855-858) ne nous est pas parvenue ; mais, quoique nous ne connaissions pas non plus le décret d'Yves concernant les maisons canoniales, nous savons que ce prélat s'occupa beaucoup de la vie commune de ses chanoines, de leur clôture et de la franchise du cloître (voir Lettres 133, 203, 271 et Décrets dans les Œuvres d'Yves de Chartres).
3 L'année 1114, d'après le comput adopté, répond, non à la 8e, mais à la 7e de l'indiction.

De donatione IIII solidorum de censu capellæ Sanctorum Sergii et Bachi.

  • B Copie de la fin du XIIe siècle. Bibl. mun. de Chartres, ms. 53 2 ad init.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Quoniam multociens contingit quod ea que presentialiter aguntur, per longa temporum curricula, velociter per manum oblivionis subtrahuntur virorum memoria, decreverunt sollertes viri prediti scientia ut quod in presentiarum tractatur, per eorum consilia, tam posteris quam presentibus reduceret ad memoriam scripte sedule noticia. Unde ego Guarinus, sanctorum martirum Sergii et Bachi et sancti Nicholai1 humilis presbiter, consilio personarum Carnotensis ecclesie, ad memoriam tam posterorum quam presentium, scripto mandare decrevi hoc quod Mainardus Rufus, frater Unfredi, presbiteri de Loolvilla, pro remedio anime sue et animarum omnium parentum suorum, ad honorem Dei et sanctorum martirum Sergii et Bachi et piissimi Nicholai confessoris, iiii solidos de censu emit de quodam homine, Legerio nomine, uxore illius Adelina concedente, ad hoc scilicet ut de illo censu annuatim emeretur oleum lampadarum ecclesie predictorum martirum et sancti Nicholai. Hic autem census de feodo Ilberti, cognomine Ira-Dei, erat, quem Legerius homo ejus de illo tenebat. Sed iste Legerius, pro compassione cujusdam necessitatis domini sui Ilberti, concessione ipsius et filii ejus Roberti, Beate Marie canonici, et filiarum ejus Adelidis et Stephanie, ad opus servitii supradictorum martirum et sancti Nicholai, Mainardo Rufo hunc censum vendidit. Hoc autem ipse Legerius et uxor ejus Adelina atque Ilbertus eorum dominus, per fidem, domino Gauterio archidiacono, jussu Mainardi Rufi, promiserunt, quod si aliquis hujus census vendicionem calumpniari vellet, ipsi eam ab omni calumpnia quietam redderent. Quod cum, in presentia domini Ivonis, Carnotensis episcopi, et personarum ecclesie Beate Marie, domini scilicet Gauterii, Carnotensis archidiaconi, et Angerii, presbyteri atque archidiaconi Blesensis, et Raimbaldi, Vindocinensis archidiaconi, et multorum circumstantium, quorum nomina subscripta sunt, pactum fuisset, et Mainardus Ilberto, pro concessionis memoria, xii denarios dedisset, et filio ejus Roberto puero vi, et unicuique filiarum illius vi et uxori Legerii tres solidos tradidisset, cum Ilberto et filiis ejus et cum Legerio et uxore ejus et cum aliis qui cederant, venit jamdictus Mainardus in ecclesiam predictorum martirum et cum cutello, quem Ilberto et filiis et Legerio et uxori ejus manu sua tradidit, posuerunt donum census super altare martirum, quem cutellum supradictus Guarinus presbyter ad memoriam concessionis retinuit. Postea vero Ilbertus, in domo domni Raimbaldi, Vindocinensis archidiaconi, ipso presente et domno Seiranno preposito, sicut ipse prescriptam venditionem adversus omnes se ratam tenere per fidem promiserat, ita fratrem suum Guillelmum, videlicet de Fraxineto, fideijussorem Guarino presbitero dedit, et suprascripte venditionis concessionem ratam fore Guillelmus ibi per fidem Guarino presbitero promisit. Ut autem pretaxate pactionis scedula firmior haberetur, ad veritatis testimonium, subscripta sunt nomina testium : Hugo Blesensis, presbiter et Beate Marie canonicus ; Radulfus, diaconus, Teobaldi filius, et Beate Marie canonicus, qui de censu prescripto duos solidos debet ; Guinebertus, major, qui debet inde xii denarios ; Odo, buclarius, qui similiter debet inde xii denarios ; Gauterius, episcopi dapifer ; Herveus, episcopi marescaldus ; Ugo, Morini filius, episcopi pincerna ; Robertus Retticulatus, episcopi pincerna ; Andreas et Rispaudus, episcopi cubicularii ; Droco Juvenis, nepos episcopi ; parens episcopi, Buterius ; Hulduinus Juvenis, major de Luceio ; Arroldus, episcopi serviens ; Hugo, frater Rispaudi, et quamplures alii. Facta est autem hec cartula anno ab incarnatione Domini MºCºXIIIIº, ordinationis vero domini Paschalis pape xºviº, atque ordinationis domini Ivonis, Carnotensis episcopi xxºvº2, regnante rege Gallie Ludovico, regis Philippi filio. »


1 On voit par cette charte que la chapelle de Saint-Serge et Saint-Bacche avait aussi pour patron saint Nicolas, contrairement à ce qu'on lit dans l'Inventaire même du Chapitre et dans les notes du chanoine Etienne, où l'on suppose que le nom de Saint-Nicolas ne lui fut donné qu'au XIVe siècle.
2 Cette date fixerait à l'année 1089 la prise de possession d'Yves, mais nous avons vu par les lettres d'Urbain II, du 25 novembre 1090 (nos XIX et XX), qu'à cette dernière époque le prélat n'était pas encore admis par les chanoines et par l'archevêque de Sens.

Paschalis papæ, clero et populo Carnotensi, « de receptione episcopi consecrati. »

  • A Original en parchemin bullé. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 31).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« P[aschalis] episcopus, servus servorum Dei, clero et populo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Apostolicę sedis administratio, cui, licet indigni, largiente Domino, deservimus, facit nos æcclesiis omnibus debitores. Idcirco petitiones vestras clementer admisimus et electum vestrum quem ad nos transmisistis1 benigne suscepimus atque in episcopum, prestante Domino, consecravimus. Quem consecratum, ad vos remittentes, universitati vestrę litteris presentibus commendamus. Rogamus enim et precipimus ut eum, tanquam patrem et magistrum, affectione debita diligatis et obedientia debita veneremini et ad restituenda æcclesiæ bona, si qua distracta sunt, communibus studiis adjuvetis. Abbatiam siquidem Sancti-Andreę2 vel cetera quę antecessor ejus venerabilis memorię, Ivo episcopus, quadraginta diebus ante obitum suum3, ad usus oportunitatum suarum, tenuerat, quieta ei et integra permanere sancimus, et ne quid eorum a quoquam impediatur rigore auctoritatis apostolicę interdicimus. Sane constitutiones quę a supradicto Ivone episcopo de preposituris et precariis facte sunt observari precipimus. Datum Laterani, . »


1 Geoffroy de Lèves, prévôt de l'église de Chartres, avait été élu évêque par le Chapitre, aussitôt après la mort d'Yves. Le comte Thibault IV fut très-mécontent de cette élection et força même, par ses violences, Geoffroy à quitter la ville momentanément. Ce prélat était, comme nous l'avons déjà dit, fils de Goslein, seigneur de Lèves. Il fut légat du Saint-Siége pendant quinze ans, eut part à toutes les grandes affaires religieuses de son temps et obtint pour son église d'importants priviléges. Son obit est inscrit dans le Nécrologe à la date du 7 des calendes de février (1148).
2 C'est l'église paroissiale de Saint-André, érigée en collégiale par Yves, comme nous l'avons dit, le 17 des calendes 1108. Dans le principe, ce Chapitre prenait le titre d'abbaye, comme les religieux de Saint-Jean-en-Vallée, qui avaient reçu d'Yves une réforme en tous points pareille à celle de Saint-André.
3 Yves mourut le 10 des calendes de janvier (23 décembre) 1115.

Paschalis papæ, Daimberto, Senonensi archiepiscopo, de receptione episcopi consecrati.

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 29).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« P[aschalis] episcopus, servus servorum Dei, venerabilibus fratribus D[aimberto], Senonensi archiepiscopo, et ejus suffraganeis, salutem et apostolicam benedictionem. Ex litteris experientię tuę, karissime frater D[aimberte], Senonensis metropolitane, calamitates Carnotensis æcclesię intelleximus, et, caritatis tuę postulationibus annuentes, electum ejus, cooperante Domino, juxta sedis apostolicę dispensationem, nostris tanquam beati Petri manibus consecravimus. Eum igitur, ad vos remittentes, litterarum nostrarum commendatione prosequimur, rogantes ut eum adversus Theobaldi comitis pertinaciam vel ceteros qui Carnotensem æcclesiam infestare nituntur communibus auxiliis adjuvetis. Idem enim comes, sicut nosse vos plenius credimus, episcopo defuncto, episcopi domos effregit, res diripuit, clientes redimi coegit et adhuc episcopi redditus occupat1. Super quibus sacrilegiis, nisi infra dies quinquaginta postquam a presente episcopo monitus fuerit, satisfecerit, per vestrum omnium sollicitudinem excommunicationi subiciatur. Datum Laterani, . »


1 Ainsi le comte Thibault IV avait violé la charte d'immunité obtenue par Yves du comte Etienne vers 1101, confirmée par le pape Pascal II en 1101 et par le roi Philippe Ier en 1105, et signée et concédée par lui-même, encore enfant, sous la garantie et avec le concours des plus grands seigneurs laïcs et ecclésiastiques du royaume (voir nos XXIV et XXVI). Cette facilité à violer, avec ou sans prétexte, les actes les plus solennels explique les précautions, trop souvent illusoires, adoptées par les praticiens du temps pour engager les parties contractantes et assurer le plus possible la durée des conventions.

Carta Gaufridi, Carnotensis episcopi, « super libera electione decani. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 59; et carton 28 bis, fol. 27r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gaufridus, Dei gracia, Carnotensis ecclesie humilis minister, notum fieri volo tam futuris quam presentibus quod, clericis ecclesie nostre unanimiter sepe reclamantibus proprium jus quod in eligendo sibi deeano sese habere dicebant, tandem, intuitu fraterne pacis, nec non amore et gracia ipsorum nullam eis injuriam seu violentiam inferre volens, concessi eis ut liberam et canonicam electionem decani, absque impedimento et calumpnia, de cetero habeant1. Et ut hec mea concessio ab hac hora in antea firma et stabilis maneat, ad noticiam posterorum presens scriptum inde fieri et sigilli mei munimine corroborari precepi. »


1 Les doyens nommés pendant l'épiscopat de Geoffroy de Lèves furent Hugues (c. 1117), Sanson de Mauvoisin (c. 1119), Lisiard (c. 1125), Bernard (c. 1130), Zacharie (c. 1131), Salomon (c. 1142), Robert (c. 1148).

« Quod quatuor persone majores jurare debent se nil accepturos pro prebendis et honoribus dandis. — Similiter nullus fiet canonicus nisi prius prestito juramento se nil dedisse vel promisisse pro prebenda. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 354 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 7).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 3; et carton 28 bis, fol. 2r°.
  • a Theodori Penitent., II, 421.
  • b Gall. christ., tome VIII, instr., col. 318.
  • c Jaffé, Reg. pont. rom., 531, n° 4957.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Calixtus episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri Gaufrido, Carnotensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. Quę religionis et honestatis prospectu in Dei ecclesia statuuntur, inconcussa debent stabilitate servari. Siquidem, frater in Christo karissime, de commissa tibi ecclesia omnem symoniacam expellere desiderans pravitatem, assensu Decani, Precentoris, Subdecani, Succentoris et ceterorum prelatorum ecclesię, statuisti, congregatione fratrum id ipsum approbante atque unanimiter postulante, ut nec Decanus, nec Precentor, nec Subdecanus, nec Succentor, nec ulla alia ecclesiastica persona, vel canonicorum quisquam, de honoribus ecclesię, vel prebendis quicquam exigat, vel accipiat, vel per se, vel per suppositam manum. Nullus etiam eorum qui canonici fiunt, pro prebenda quicquam det vel promittat, aut per se similiter, aut per suppositam manum ; neque, post decessum prelatorum qui nunc in ecclesia vestra vivunt, ullus vel Decanus, vel Precentor, vel Subdecanus, vel Succentor, in locum ipsorum statuatur, quousque in communi capitulo liquido juret pro officio suo se nichil dedisse vel promisisse, quousque etiam juret se pro prebendis nichil exacturum, vel accepturum, aut per se, aut per suppositam manum. Similiter, post decessum simplicium canonicorum qui modo in Carnotensi ecclesia vivunt, nullus in locum eorum canonicus efficiatur, nisi ante in communi capitulo juret, vel tutor suus pro eo si ipse infra annos fuerit, se pro prebenda nichil dedisse, aut promisisse, nec per se, nec per suppositam manum1. Hanc itaque constitutionem ad honorem Dei et animarum salutem a fraternitate tua provisam, nos, prestante Deo, auctoritate sedis apostolicę confirmamus, et ratam in posterum permanere sancimus. Preterea debitam volentes ecclesię vestrę reverentiam conservari, decernimus ut canonici Sancti-Martini-de-Valle ab obedientia episcopi Carnotensis et ecclesię non recedant, sicut ipsi eis in capitulo promiserunt. Si quis igitur, confirmationis hujus tenore cognito, temere, quod absit, contraire temptaverit, honoris et officii sui periculum patiatur, aut excommunicationis ultione plectatur, nisi presumptionem suam digna satisfactione correxerit. Prebendam Leprosis et Helemosinę Beatę Marię datam et divisionem prebendę duobus presbiteris ecclesię servitoribus distributam firmamus2.

Ego Calixtus, catholicę ęcclesię episcopus, subscripsi.

Datum Remis, per manum Grisogoni, sanctę Romanę ecclesię diaconi cardinalis ac bibliothecarii, . »


1 Ces expressions générales impliquent les trois sortes de simonie, déterminées par saint Grégoire : A manu, ab obsequio, a lingua. — Munus a manu pecunia est, munus ab obsequio est subjectio indebite impensa, munus a lingua favor (Espen, Jur. eccl. univ. part. 2, tit. 30, cap. 2).
2 Cette prébende était celle consacrée à la nourriture et entretien des enfants de chœur et des deux maîtres de psallette et de grammaire chargés de leur instruction. En 1412, elle fut réunie à la manse capitulaire (Inv. du Chap. C. IV, DD, I).
3 L'année 1119 répond, suivant le calcul moderne, non à la 13e, mais à la 12e de l'indiction.

« De communitate ecclesie de Boferi et reddituum in ecclesia Carnotensi. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 80; et carton 28 bis, fol. 36v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis. Ego Willelmus, Tyronensis cenobii abbas1, et omnis conventus ejusdem loci, notum fieri omnibus volumus quod communicamus ecclesiam nostram de Bofferi, per manum Richerii, archidiaconi, Capitulo Beate Marie Carnotensis ecclesie, tali pacto quod quicquid reddituum, tam in decimis quam in aliis, idem Richerius seu predictum Capitulum ibi acquisivit, vel acquisierit, post decessum ejusdem Richerii, commune erit inter nos et ipsum Capitulum. Presbyter etiam communiter eligetur et substituetur, salvo jure episcopi et archidiaconi tam in hoc quam in ceteris. Hospites nostri omnes de Fonte-Radulfi et de Foetellis parrochiani erunt predicte ecclesie et ibi parrochialia jura exsolvent, hoc excepto quod decime omnes eorumdem hospitum et tocius nostre terre, tam minute quam primitie vocantur quam alie, nostre proprie erunt sicut modo sunt. Si quis vero parrochianorum apud nos sepeliri voluerit, salvo jure sui presbyteri et ecclesie, liceat. Servientes nostri de propria mensa excipiuntur a parrochiali jure. »


1 Guillaume, abbé de Thiron, successeur du bienheureux Bernard vivait encore en 1147. En 1145, il assista à l'absolution, donnée par Richer, archidiacre de Dunois, au nom de l'évêque Geoffroy, de l'excommunication lancée contre Helvise, vicomtesse de Châteaudun, Hugues et Payen ses fils, à cause du dommage causé par feu le vicomte Geoffroy aux terres de l'abbaye de Thiron. (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, Cart. de Thiron, nº 127, fº 31 vº).

Carta Odonis, abbatis de Fontanis, « super dono eorum que apud Desconfecturam habebat. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 79; et carton 28 bis, fol. 36v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Notum fieri volumus tam futuris quam presentibus quod ego Odo, abbas de Fontanis, totusque ejusdem loci conventus donamus et concedimus Richerio, archidiacono, ad opus Beate Marie Carnotensis ecclesie, quicquid habebamus ad locum qui dicitur Desconfectura1, tam in terra quam in edificiis, solutum et quietum in perpetuum, absque retentione et reclamatione aliqua quam inde ulterius faciamus, concedente hoc Berta de Insula, et filiis et filiabus et sororiis suis, Bartholomeo, Hugone, Hamelino, Fulcherio. Dedit tamen predictus Richerius nobis, pro recompensatione hujus doni, quadraginta libras andegavensis monete. »


1 En 1225, le Chapitre cède à Gautier, évêque de Chartres, tout ce qu'il possédait à la Ville-aux-Clercs en Vendômois, upud Deconfecturam, en échange de la moitié des dîmes d'Illiers-en-Normandie et du patronage de l'église dudit lieu (Inv. du Chap., C. LXXXV bis, M, 5).

Concordia inter monachos Sancti-Petri et ecclesiam Sanctæ-Mariæ Carnotensis, super privilegiis eorumdem monachorum.

  • B Bibl. nat. de France, carton 52: Livre d'argent, fol. 4 r°, n° 5.
  • a Gallia christ., tome VIII, instr., col. 312.
  • b Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 259.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Guillelmus, abbas Sancti-Petri, suique monachi privilegium quoddam, pro tuitione rerum suarum, a bone memorie Paschali papa impetraverant ; sed quedam in illo privilegio continebantur unde canonici Beate-Marie molestabantur, que utrorumque assensu sic modificata sunt. Ecclesiam Beati-Petri Sanctique Hylarii ecclesiam, et quicquid intra muros earumdem ecclesiarum est, libere et quiete possidebunt monachi, et quodcumque forisfactum ibi fuerit, absolute illorum erit, pontificali tantum jure excepto. Extra muros vero et extra corpora ecclesiarum, quodcumque vel a quocumque forisfactum fuerit, ad decanum vel subdecanum pertinebit, exceptis illorum forisfactis qui de pane monachorum vivunt ; qui, ubicumque in parrochia Beati-Hylarii forisfecerint, vel intra muros monachorum, nichil nisi abbati et monachis emendabunt, salvo semper jure episcopali. Insuper quieti sacerdotum Sancti-Hylarii provisum est, quod immunes a potestate decani vel subdecani sint, exceptis his : in commonitione parrochianorum suorum obedientes erunt, et in excommunicatione et absolutione1. Et extra muros, et extra ecclesias, a quibuscumque atrium fractum fuerit, sacerdotes a decano vel subdecano aquam benedictam, ad reconciliandum atrium, requirent, sic tamen quod servientes qui de pane monachorum vivunt nullam decano vel subdecano emendationem facient, sicut supradicimus. Si vero decanus vel subdecanus aquam eis negaverint vel prolongaverint, ipsi sacerdotes in domo episcopi accipiant, et atrium reconcilient, et statim cantent. Et si de his, scilicet de parrochianorum admonitione vel excommunicatione vel absolutione, vel de aque benedicte peticione, ut determinatum est, decano vel subdecano obedire noluerint vel omiserint, commoniti, in capitulo Beate-Marie venient, et, si ibi se purgare potuerint, sola manu purgabunt se ; si vero super his determinatis se purgare non potuerint, ibi veniam accipient, et hoc usque tercio ; quarto autem si in culpa reperti fuerint, decanus vel subdecanus abbatem ut extrudat eos submonebunt, et tunc per abbatem expellentur, et alii introducentur, sic tamen ut per omnia jus episcopi conservetur. De cetero provisum est, ut sacerdotes parrochianos suos, monachorum debita reddere nolentes, ad preceptum abbatis et monachorum excommunicent ; sed eos, sine licentia decani vel subdecani, absolvere non poterunt. Sacerdotes ecclesiarum Campi-Fauni vel Manuvillaris decano et subdecano, sicut ceteri suburbani sacerdotes, subjecti erunt. Ecclesie vero, priusquam reconciliate fuerint, pro qualibet violatione ipsarum vel cimiteriorum, nunquam cessabunt, et aqua benedicta nunquam eis negabitur. His emendatis, privilegii firmitas, assensu episcopi et tocius Capituli, integra et inconcussa manebit. »


1 En juin 1205, une transaction intervint entre les religieux de Saint-Père et les doyen et sous-doyen de l'église de Chartres, par laquelle toute juridiction sur les officiers ou serviteurs du couvent demeurant dans la ville ou banlieue et sur les églises dépendant du dit monastère fut reconnue appartenir aux doyen et sous-doyen en qualité d'archidiacres de la ville et banlieue de Chartres (Inv. du Chap., C. XI bis, B, 1).

Carta Theobaldi comitis, de donatione ecclesiæ Sancti-Martini-in-Valle monachis Majoris-Monasterii.

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, H 2236 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton IX, J, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego, Dei gratia, Carnotensis comes, Tetbaldus nomine, notum fieri presentibus et futuris volo quod mater mea, Adela comitissa, pro anima comitis Stephani, patris mei, et pro sua suorumque animabus, contulit monachis Sancti-Martini Majoris-Monasterii Turonensis aecclesiam et prebendas Sancti-Martini-de-Valle in suburbio Carnotensi1, ita ut, canonicis qui tunc ibi erant decedentibus vel vitam suam mutantibus sive prebendas suas canonico juditio amittentibus, monachi loco eorum succederent, et aecclesiam illam cum sibi pertinentibus jure perpetuo possiderent. Quam mutationem clericalis ordinis in monasticum ordinem debere fieri, cogente Canonum auctoritate, Ivo, Carnotensis aecclesię tunc venerabilis episcopus asserebat, dicens se ab antecessoribus accepisse aecclesiam illam antiquitus monasterium extitisse : habet autem, ut ipse dicebat, canonica auctoritas ea loca quę aliquando fuerunt monasteria ulterius non licere fieri habitacula sęcularia. Igitur, per consilium ejus et manum, mater mea supradictis monachis prefatam aecclesiam contulit, et ipsum donum sigillis et literis domni papę Paschalis Secundi et ipsius episcopi firmatum est. Verumtamen, quibusdam causis impedientibus, non statim fuerunt monachi corporali investitura investiti ; in quo intervallo, contigit ipsum papam et ipsum episcopum de hoc mundo migrasse, et matrem meam vitam monachilem accepisse, et dominium Carnotensis comitatus in manum meam devenisse. Dolens igitur valde mater mea quod prefata elemosina non satis plene consummata remansisset, et plurimum desiderans ut ante mortem suam compleretur, quatinus ejus anima de hujus mundi carcere securior et lętior solveretur, sepe et sepius, preces jungens precibus, me rogavit ut, dum michi liceret et ipsa viveret, ipsam elemosinam perficerem, ne forte, morte vel aliquo periculo prepeditus, quando vellem perficere non valerem. Prebebat etiam testimonium quod ego aliquando ipsi elemosinę meum dedissem assensum. Tam piis igitur tamque frequentibus matris meę testimoniis et peticionibus admonitus, perficere elemosinam disposui, dominoque et venerabili papę, tunc temporis Honorio2, rem ex ordine mandavi et ab eo consilium et confirmationem requisivi ; qui michi in hunc modum rescripsit : « Deo et tibi, comes Tetbalde, fili karissime, grates referimus quod religiosos viros et sancta monasteria veneraris et diligis et pauperes Dei foves et nutris. Tuę quoque bonę voluntati congaudentes, mandamus ut quod ratio postulat faciendo, aecclesiam illam et prebendas Sancti-Martini-de-Valle, in manu fratris nostri Gaufredi, venerabilis Carnotensis episcopi, refutes, ut sic demum monachi Sancti-Martini Turonensis valeant eas de manu episcopi recte suscipere, et nos, si opus fuerit, debeamus nostram confirmationem supradictis confirmationibus adjungere. » Et quia idem Gaufredus episcopus tunc temporis Romę erat, precepit ei, ore ad os, ipse dominus papa Honorius ut quando ego prebendas illas, in manu ipsius, refutassem, ipse de prebendis et de ęcclesia abbatem et monachos Majoris-Monasterii investiret, et in usus et potestatem eorum redigendas jure perpetuo confirmaret. Et ita factum est. Deo siquidem favente et omnia ad votum nostrum prosperante, vir religiosus, Matheus nomine, Albanensis episcopus et sedis Romanę legatus, Carnotum venerat, qui, tamquam ad hoc ipsum a Deo transmissus, vices domini papę in Galliis tunc agebat. Ipse igitur ab episcopo et a me expetitus, ad ęcclesiam Sancti-Martini-de-Valle venit, ubi, ipso presente cum ingenti multitudine cleri et populi, prebendas illas in manum episcopi refutavi, sed custodiam rerum exteriorum ipsius ęcclesię et consuetudines quas in ipsis exterioribus rebus et hominibus eatenus habueram non dimisi, quin etiam ipsas prebendas, si aliquando ipsi monachi quoquo modo, quod absit, perdiderint, me, ut antea tenueram, deinceps retenturum coram assistentibus asserui. His ita actis, episcopus de prebendis et de ęcclesia abbatem Majoris-Monasterii, Odonem nomine, qui et ipse presens erat, per quendam librum et per cordas signorum, investitit et in manum ei tradidit. Quę omnia ipse prefatus legatus, auctoritate Dei et beati Petri et domini papæ Honorii, cujus tunc vice, ut dictum est, fungebatur, confirmavit. Nomina eorum qui hęc viderunt et audierunt hęc sunt : Gualterius, archidiaconus ; Ansgerius, archidiaconus ; Salomon, cantor ; Galerannus, prepositus ; Hainricus, prepositus ; Robertus Bene-Venit ; Adelardus, canonicus et capellanus meus ; et multi alii clerici sive canonici. De monachis Majoris-Monasterii : Tetbaldus de Columbis ; Nicholaus de Baiocis ; Gilduinus, frater Galeranni prepositi ; Gualterius Compendiensis ; Mauritius monachus, et Gaufredus Lepus ; Rainaldus de Castello-Gunterii ; Hugo hospitalarius, et Gualterius subhospitalarius ; Tetbaldus, monachus Sancti-Petri Carnotensis, et multi alii. Milites mei sive servientes vel alii homines : Amalricus de Mestenone3, et Gunherius de Alneto4 ; Gunherius de Morvilla5 ; Ansoldus, telonearius, et Clemens, filius ejus ; Tetbaldus Claronis6, et Barbous de Sancto-Petro7 ; Vitalis, filius Algardis, et Adelardus Rufus8 ; Paganus major, et Hubertus, et Hildegarius, fratres ejus ; Ingelbertus, cellararius ; Vitalis, et Rainaldus frater ejus ; Ysacar, et Gaufredus, et Robertus, servientes monachorum de Valle-Sancti-Martini, et multi alii. De famulis Majoris-Monasterii : Paganus, camerarius ; Johannes, mariscalcus ; Gaudinus, miles ; Petrus Martini ; Radulfus, coquus ; Algerius Gazel ; Eschivardus ; Petrus Barba et alius Petrus ; Gualterius Tardivus, et alii multi.

Porro, in crastinum ipsius diei, nobis positis in Turre mea, Carnoti, concessit id ipsum comitissa uxor mea, Mathildis nomine9, me rogante, audientibus et videntibus Hugone, vice-comite de Pusiato, et multis militibus sive servientibus et meis et suis, et jamdicto Majoris-Monasterii abbate Odone, cum proxime nominatis monachis et famulis suis.

Actum anno incarnationis dominicę MºCºXXºVIIIº, indictione viª, epacta xviiª10. »


1 L'abbaye de Saint-Père possédait une des prébendes de l'église de Saint-Martin-au-Val ; la léproserie du Grand-Beaulieu une autre, et enfin l'abbaye de Saint-Jean recevait le revenu de l'année de chaque prébende au décès des chanoines. Pour indemniser ces divers établissements, les religieux de Marmoutier avaient remis entre les mains d'Yves l'église de Saint-Nicolas de Courville que cet évêque aumôna en 1115 à l'abbaye de Saint-Jean, à la charge par ladite abbaye de donner, chaque année, aux religieux de Saint-Père et aux confrères du Grand-Beaulieu, pour tenir lieu de leur prébende, la somme de soixante sous chartrains, quatre muids de blé froment et autant d'avoine, deux setiers de pois et deux muids de vin. Cet accord ne reçut son parfait accomplissement que sous l'évêque Geoffroy, en 1131. (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de l'abb. de Saint-Jean, H, 44. — Bibl. comm. de Chartres, Livre noir, nº44, fº 86 rº. — Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 374. — Doyen, Hist. de Chartres, t. I, p. 80.)
2 Honorius II, pape (1121-1130).
3 Amaury est le plus ancien seigneur de Maintenon dont nous ayons jusqu'à ce jour rencontré le nom dans les titres. Il figure, avec les autres grands feudataires du comté, dans un acte de l'abbaye de Saint-Jean, antérieur à 1135 (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de Saint-Jean, Inv., n° 79), et nous savons par un titre du Grand-Beaulieu de 1190 (Bibl. de Chartres, Livre noir, fº 48 vº) qu'il eut la garde du jeune Amaury V, comte de Montfort (1137-1140), fils d'Amaury IV et d'Agnès de Garlande, dame de Rochefort. — Le Cartulaire des Vaux-de-Cernay, dans une note d'ailleurs fort intéressante sur la famille de Maintenon (t. I, p. 261), dit, par inadvertance et contrairement à la charte du Grand-Beaulieu rapportée à la page 61 du même ouvrage, que le pupille d'Amaury de Maintenon fut Amaury III de Montfort (1087-1089).
4 Gohier d'Aunay est le même que Gohonerius de Alneto, dont le nom se trouve dans une charte de l'abbaye de Thiron, relative à la vente de Courville faite au comte Thibault IV par Yves de Courville, en présence d'Etienne, roi d'Angleterre (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de Thiron, Inv., n° 93). Il était fils de Gautier d'Aunay, et frère de Gautier et Garin d'Aunay, dénommés dans plusieurs actes de l'abbaye de Saint-Père (Cart., p. 204, 207, 451, 503, 603). Les biens de cette famille étaient situés du côté d'Oinville et de Réclainville (Ib.). — Les archives d'Eure-et-Loir possèdent un sceau de Gohier d'Aunay, fils sans doute de celui qui nous occupe en ce moment. C'est un sceau rond, en cire verte, portant au centre un écu de..... à trois mains de..... 2 et 1, avec ces fragments de légende : ( sig [illvm] goh [erii] de a[lnet]o.
5 Nous voyons par un titre de Saint-Père de 1101-1129 (Cart., p. 478) que Gohier de Morville était fils de Payenne et qu'il avait pour frère Guillaume, dont le nom se trouve parmi ceux des témoins d'un accord fait entre le Chapitre et Ursion de Meslay en 1139. Voir ci-après, n° XLI.
6 Thibault Claron fut témoin de plusieurs titres concernant les religieux de Saint-Père (Cart., p. 284, 286, 365).
7 Barbous ou Barbodus, le premier que nous connaissions de cette puissante famille bourgeoise, était familier du couvent de Saint-Père (Cart., p. 280 et 294). Nous retrouverons, dans la suite de ce Cartulaire, plusieurs membres de cette maison qui joua un certain rôle à Chartres pendant les XIIIe et XIVe siècles, entre autres Renaud Barbou, familier de Philippe-le-Bel et fondateur de l'hôpital des Aveugles de Chartres.
8 La famille Leroux avait alors à Chartres de nombreux représentants, dont l'un, nommé Hubert, fut prévôt en 1138. Adelard, dont le fils Herman prit l'habit à Saint-Père, figure dans plusieurs actes de ce couvent (Cart., p. 348, 385, 447).
9 Mathilde, fille d'Engilbert II, duc de Carinthie, comtesse de Chartres-Blois et de Champagne. L'obit de cette princesse est inscrit au Nécrologe sous la date du jour des ides de décembre.
10 A la suite de cette charte, a été ajoutée la notice suivante : Ut vero hec mea antecessorumque meorum elemosina perpetuo rata foret, cum quadam vice abbas Majoris-Monasterii prefatus Odo ad me Blesim venisset, primogenitus filius meus Henricus 11, qui michi jure hereditario in honorem successurus erat, admonitione mea uxorisque mee jamdicte, Mathildis matris ejus, donum ecclesie Beati-Martini-de-Valle concessit, et hanc concessionem in litteris meis subscribi, ut cernere est, voluit, sub testibus istis : predicto abbate, Laurentio priore, Bermundo bajulo, Hugone hospitalario, Gaufrido Lepore et Guillelmo de Orchesia priore, monachis ; me quoque et supradicta uxore mea Mathildi presentibus ; Stephano etiam, camerario meo ; Gualterio de Berno ; Brunone, filio Hebroini ; Garino, filio Cane ; Herberto Faceto ; Berengario, preposito ; Pagano de Villa-Belfodi ; Athone Borrelli et Archembaldo Gubil, laicis. Actum anno incarnati Verbi MºCºXXXºVº, indictione xiiiª, epacta iiiiª.

11 (Henri-le-Libéral, comte de Champagne après son père)

Carta Ludovici, Francorum regis, « de servis ecclesie Carnotensis contra omnes ad testimonium admittendis. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres bis, fol. 16v°.
  • a Ord. des rois de France, tome I, p. 5.
  • b D'Achery, Spicil., tome XIII, p. 309.
  • c Theodori penitent., II, 452.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Ludovicus, Dei misericordia, rex Francorum, omnibus Christi fidelibus. Cum, juxta sacratissimarum legum instituta, regia potestas, ex injuncto sibi officio, ecclesiarum defensioni et honori vacare plurimum debeat, opere precium est eos, quibus tanta permissa potestas a Deo, earum tranquillitati et paci attentiori cura sollicitudinis providere, et ad laudem Dei omnipotentis, per quem reges regnant, ecclesias et earum res quodam honoris privilegio decorare, ut in bonis actibus et regium morem exerceant et superne retributionis premium indubitabiliter recipiant. Noverint igitur universi quia fidelis noster Goffridus, venerabilis Carnotensium episcopus, et Beate Marie Carnotensis ecclesie conventus majestatis nostre presentiam adierunt, humiliter conquerentes et ostendentes quatinus servi prefate ecclesie secularibus personis tanto contemptui habebantur quod in forensibus et in civilibus causis, vel placitis, adversus liberos homines in testimonium nullatenus recipiebantur, et ecclesiastica mancipia secularibus servis fere in nullo preferebantur. Unde res ecclesiastica, ob tanti scilicet obprobrium dedecoris, non solummodo vilescebat, sed maximum diminutionis incommodum de die in diem incurrebat. Cognita vero predicte ecclesie querela, moti tam ratione quam dilectione, necessarium duximus ab eadem ecclesia tantum scandalum omnino removere et Carnotensem Beate-Marie illius gloriosissime virginis et regine ecclesiam regio beneficio sublimare. Ego igitur Ludovicus, divina in regem Francorum clementia sublimatus, antiquam consuetudinem Carnotensis ecclesie recognoscens, communi episcoporum et procerum nostrorum assensu et consilio, necnon et uxoris mee Adelaidis et filii mei Philippi, in regem designati1, instituo et decerno ut servi sancte Carnotensis ecclesie, tam qui ad episcopum quam qui ad canonicos pertinent, adversus omnes, tam liberos quam servos, in omnibus causis, placitis et negociis liberam et perfectam habeant testificandi et bellandi licentiam, et nemo umquam, servitutis occasionem eis opponens, in eorum testimonio ullam dare presumat calumpniam2. Quod si aliquis temeraria presumptione illorum testimonium in aliquo refutaverit, aut calumpniatus fuerit, non solum regie majestatis et publice institutionis reus existat, sed querelam negocii sui, vel placiti, irrecuperabiliter amittat, ìta scilicet ut presumptuosus calumpniator de querela sua, si querat ulterius, non audiatur, et si aliquid ab eo queratur alterius querele reus omnino et convictus habeatur. Aliud etiam statuimus ut predictus calumpniator, nisi de tanta calumpnie culpa Carnotensi ecclesie satisfecerit, ad testimonium proferendum ulterius non admittatur. Quod ne valeat oblivione deleri, scripto commendavimus et, ne possit a posteris infirmari, sigilli nostri auctoritate et nominis nostri karactere subterfirmavimus. Actum Parisius, publice, anno MºCºXXºVIIIº, regni nostri xxº3. Astantibus in palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa. Signum Ludovici, buticularii4. Signum Hugonis, constabularii. Signum Alberici, camerarii5. Dapifero nullo. »


1 Le jeune prince Philippe, fils aîné de Louis-le-Gros, fut associé à la Couronne et sacré roi le 14 avril 1129. Il périt d'une chute de cheval le 13 octobre 1131, avant la mort de son père, ce qui fait qu'il n'est pas généralement compté parmi les rois de France ; cependant on l'y a quelquefois compris, et une ancienne inscription d'un reliquaire donne à Philippe-le-Hardi, fils de saint Louis, le nom de Philippe IV.
2 D'après la loi des Wisigoths (Lex 2, tit. 4, § 4), celle des Burgundes (tit. 60, § 3) et celle des Ripuaires (tit. 58, § 20), le témoignage des serfs des rois et des églises était admis en justice. Mais cette règle du droit barbare, tombée en désuétude, abrogée même implicitement, faute de rappel par les Capitulaires, avait besoin d'une sanction nouvelle à l'égard des églises. Louis-le-Gros accorda cette sanction à l'église de Paris par une charte de 1108, sur laquelle celle-ci est calquée, et qui fut approuvée par Pascal II en 1114 (Labbe, Miscell., t. II, p. 597). Des priviléges semblables furent donnés par le même roi à l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs en 1110 et à celle de Saint-Maur en 1118 (Galland, Du Franc-alleu, p. 263. — Laurière, Ord. des rois de France, t. II, p. 3). Laurière (loco citato) fait observer que, d'après Beaumanoir (Coutumes du Beauvoisis, éd. la Thaumassière, ch. 63, p. 322), le serf n'était pas admis à combattre avec une personne franche, attendu que son maître pouvait le réclamer et l'ôter de la cour, eût-il déjà l'écu et le bâton pour combattre.
3 Cette pièce, qui relate la dignité réservée au prince Philippe, précéda probablement de très-peu le sacre de ce prince, c'est-à-dire Pâques 1129 (14 avril). Les années du règne de Louis-le-Gros se comptent à partir du 3 août 1108.
4 Louis de Senlis, bouteiller (1129-1130).
5 Albéric, chambrier (1127-1129).

Carta Ludovici, regis Francorum, « super familia Bernerii ab episcopo disrationata. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 75 et 189 et 28 bis, fol. 34v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Ludovicus, Dei gracia, Francorum rex, omnibus tam futuris quam presentibus notum fieri volumus quod Goffridus, Carnotensis episcopus, Berneerium tociusque generis sui familiam, super quos servitutis calumpniam imponebamus, in curia sua, dictante justicia et juditio, in servos suos disrationavit. Cui videlicet juditio et veritati nos adquiescentes, supradictos homines tam sihi quam omnibus ejus successoribus in perpetuum concessimus. Hoc autem, ne per succedentia tempora possit oblivione deleri aut a posteris infirmari, scripto commendavimus et sigilli nostri auctoritate ac nominis nostri karactere firmavimus. Astantibus in palatio nostro quorum nomina et signa subscripta sunt : Signum Ludovici, buticularii. Signum Hugonis, constabuflarii. Signum Alberici, camerarii. Dapifero nullo. Anno incarnati Verbi MºCºXXIXº, regni nostri xxº. Datum per manum Symonis, cancellarii. »

« De dimissione pastuum de Champseru facta a majore. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 83; et carton 28 bis, fol. 38r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gaufridus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, apostolice sedis legatus, omnibus Dei fidelibus ad quorum noticiam presens cartula producetur, notum fieri volo quod Ricardus, major de Campo-Serico, spontaneus veniens in capitulum sancte Carnotensis ecclesie, me presente et multis personis et canonicis ejusdem ecclesie, necnon et laicis quam plurimis quorum nomina subscripta sunt, dedit et concessit in perpetuum, absque penitus omni calumpnia deinceps et reclamatione, omnes integre pastus1 de majoria Campi-Serici. Quidam frater ejusdem ecclesie nostre qui hoc donum fecerat, prelocutus dominus Zacharias2, decanus ipsius ecclesie, dedit predicto majori viginti septem libras carnotensium, pro predicto dono, et pastus supradicte majorie omnes, cum sua integritate, assensu nostro et tocius Capituli nostri, dedit et concessit, disposuit et assignavit specialiter usui illorum canonicorum qui ad matutinas surgerent et misse dominice celebrationi interessent, et, preter canonicos, unicuique clericorum qui surgerent, et misse dominice celebrationi et vesperis interessent nummum unum disposuit. Tum vero, nos peticioni tam clericorum nostrorum quam predicti majoris, postulantium ut donum istud auctoritate nostra confirmaremus, annuentes, eo ordine quo prolocutum et factum fuit, ante nos ipsum donum scripto mandavimus, et auctoritate nostra confirmavimus, et sigilli nostri3 impressione munivimus, et presenti carte, cum sigillo nostro, sigillum beatissime virginis Marie4, assentiente et postulante Capitulo sancte ecclesie nostre, annecti precepimus. Si qua vero, quod absit, etc. 5......»


1 Le droit de past était un droit de gîte et de procure que le seigneur avait coutume d'exiger de ses censitaires, et qui consistait en la nourriture tant du maître que de ses domestiques et de ses chevaux, à certaines époques de l'année. Au XIIe siècle, cette redevance fut convertie presque partout en une rente en argent ; mais l'ancien nom continua à figurer dans les titres pour rappeler l'origine et la cause de cette rente.
2 Zacharie, doyen (1131-1141).
3 Le sceau de Geoffroy était un grand sceau ovale, représentant l'évêque debout, mitré, crossé et bénissant. Légende : ( sigillvm gavfredi DI. GRA. carnotensis episcopi.
4 Le sceau du Chapitre de Chartres, au XIIIe siècle, représentait la Vierge de Chartres tenant l'Enfant-Jésus dans son giron. Légende : ( sigillvm capitvli carnotensis. Le contre-sceau, représentant la Salutation angélique et portant pour légende : ( ave maria GRA plena dominvs tecvm benedicta, a été gravé dans le tome II de l'Hist. de Chartres par M. E. de Lépinois.

5 Au mois de novembre 1206, en présence de Gui, abbé de Saint-Père, de Gautier, abbé de Josaphat, et de Robert, abbé de Saint-Cheron, le Chapitre de Chartres acquit, moyennant 65 livres chartraines, d'Etienne, maire de Champseru, du consentement de ses fils Mathieu et Philippe, tous les droits qu'il avait sur la grange du Chapitre à Champseru, excepté une mine d'avoine et les droits qu'il possédait dans les prébendes de Senainville, Loinville, Champgarnier et Bréez. Sur les objets compris dans cet acquêt, 100 sous furent assignés pour l'anniversaire de Simon Chardonnel et 20 sous pour celui de Guillaume de Cantorbéry (Orig. en parch. ; C. LXXXVI bis, A, 2. — Bibl. imp. ; cart. 28, p. 98; et carton 28 bis, fº 45 rº).

En 1253, Richer de Blois, chanoine, acquit d'Etienne, maire de Nogent-le-Phaye et de sa femme, une pièce de terre labourable au terroir de Champseru, derrière l'église (monasterium) dudit lieu (Orig. en parch. ; C. LXXXVI bis, A, 3).

Enfin, le 25 mai 1488, le Chapitre fit l'acquisition sur Antoine Haudry de la mairie de Champseru et de ses appartenances, que ledit Haudry tenait en fief du Chapitre (Orig. en parch. ; C. LXXXVI bis, A, 7).

« De immunitate claustri. De villis episcopi et capituli. Quod servi ecclesie tanquam liberi ad testimonia admittantur. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 9).
  • B Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 1 et 28 bis, fol. 1r°.
  • a Theodori penitent. II, 423.
  • b Jaffé, Reg. pont. rom. 596, n° 5880.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Innocentius episcopus1, servus servorum Dei, venerabili fratri Gaufrido, Carnotensi episcopo, ejusque successoribus canonice substituendis, in perpetuum. Discreta et provida sedis apostolicę dispensatio hanc servare temperantiam consuevit ut singulorum jus et dignitatem illesam custodiat et quos ad obsequium suum devotiores ac promtiores invenerit eos artioris dilectionis et familiaritatis benivolentia sibi astringat. Quia ergo te, venerabilis frater Gaufride, Carnotensis episcope, matrem tuam sanctam romanam ecclesiam toto mentis desiderio venerari ac diligere, et, emergentibus persecutionum scandalis, tamquam virum in religione probatum et in fide catholica firmum, pro ejus utilitate et servitio, viriliter desudasse manifestis persensimus argumentis, personam tuam ampliori caritatis affectione diligimus et ecclesiam tibi a Deo commissam ex injuncto nobis pontificalis officii culmine libentius honoramus. Tuis igitur, frater in Christo karissime, rationabilibus postulationibus gratum prebentes assensum, possessiones et bona quę in presentiarum juste et canonice possides tibi et successoribus tuis et per vos Carnotensi beatę et gloriosę Marię Dei genitricis ecclesię presentis privilegii pagina confirmamus. In quibus hęc propriis nominibus annotanda subjunximus : Terram videlicet de Frauxineto, cum appenditiis suis, ab exactione avenę et aliis pravis consuetudinibus quas Hugo de Puteolo2 in eam induxerat, liberam et omnino quietam, quemadmodum, in presentia karissimi filii nostri Lodovici, Francorum regis, idem Hugo, in manu predecessoris tui, bonę memorię, Ivonis episcopi, refutavit ; sane libertatem ab eodem antecessore tuo episcopali domui acquisitam integram illibatamque servari, precipimus, ut videlicet, decedentibus episcopis, nulli penitus liceat episcopalem domum invadere aut ea quę ibi fuerint ullatenus occupare vel aliquid eorum presumere, quę predecessoris nostri sanctę recordationis Paschalis pape privilegio3 prohibentur. Preterea villam Pontis-Goeni vobis similiter confirmamus et eandem libertatem optinere sancimus. Hermenoldi quoque villam, Luthun, Balleolum Henartmont, Mundunvillam, Dundunvillam, Luceum, Bercherie, Chambleum et Basoches vobis duximus confirmanda. Quod autem canonici Sancti-Martini-de-Valle palefridum Carnotensis episcopi in promotione ipsius capere presumebant, deinceps omnino fieri prohibemus4. Partem etiam telonei quam in urbe Carnotensi tam tu quam predecessores tui hactenus habuistis et jura censualia ubicumque ea habere videmini, domos proprias, vineas, torcularia, molendina, prata, nemora, stagna et alia quę ad jus episcopale pertinent vobis nichilominus roboramus. Porro immunitatem claustri inviolatam manere statuimus, ut videlicet nulli omnino hominum liceat idem claustrum infringere, seu clericos vel laicos ad locum ipsum fugientes aut inibi commorantes offendere, aut eorum bona diripere. Ad hęc, a fraternitate tua instantius exorati, ea quę juris sunt canonicorum Carnotensium ipsis decreti hujus robore communimus, scilicet Fontænetum, Sendarvillam, Loivillam, Magnenes, Luplante, Marchesvillam, Benes, Granthous, Autou et Varceias, Masengeium, Nougent-de-Feis, Joe, Bercherie, Bugleinval ; Seint-Prest, Vallis-Amance, Voves, Domus-Marię, Reboli, Puisols, Piretum et Pireolum, Vileises, Tyvillam, Villam-Sancti-Albini, Cluvillare, Catenas, Fontanas, Amille, terram de Auvers cum suis appenditiis, quęcumque etiam in Normannia ad eandem ecclesiam noscitur pertinere, canonicis Carnotensibus firma et illibata perpetuis temporibus conservari decernimus. Preterea capellam Monzonville, Ungregium, Macerias, Perumvillare, Escubleium, Billehut, Guastellas et alias villas ubicumque sitas, quę utique tam ad jus canonicorum quam etiam ad decanatum et preposituras Carnotensis ecclesie spectare videntur, eis inconcussas, absque refragatione aliqua, liceat possidere. Adicimus autem ut quicquid in posterum, largitione regum vel principum, seu aliorum oblatione fidelium, aut aliis justis modis, tam tibi, venerabilis frater Gaufride episcope, quam eisdem canonicis conferri contigerit, quietum vobis intemeratumque servetur. Statuimus autem ut homines de familia Beatę-Marię ad jus tuum vel canonicorum pertinentes, quemadmodum a predicto filio nostro Lodovico, illustri Francorum rege, concessum est, ad omnia testimonia et omnes probationes sicut liberi laici admittantur5. Si qua igitur in futurum, etc. ...........

Ego Innocentius, catholicę ecclesię episcopus, subscripsi.

Ego Lucas, presbiter cardinalis tituli sanctorum Johannis et Pauli, subscripsi.

Ego Gregorius, diaconus cardinalis sanctorum Sergii et Bachi, subscripsi.

Ego Otto, diaconus cardinalis sancti Georgii, subscripsi.

Ego Guido, diaconus cardinalis sanctorum Cosmę et Damiani, subscripsi.

Datum Avinioni, per manum Aimerici, sanctę Romanę ęcclesię diaconi cardinalis et cancellarii, xi kalendas aprilis, indictione , incarnationis dominicę anno MºCºXXXºIIº, pontificatus vero domni Innocentii pape ii, anno iiiº. »


1 Innocent II (1130-1143).
2 Hugues IV du Puiset, dont nous avons déjà parlé, et que rendit célèbre sa lutte avec Louis-le-Gros, passa vers 1133 en Palestine où il mourut.
3 Voir ci-dessus nº XXVI.
4 Voir ci-dessus nº XXIX.
5 Voir ci-dessus nº XLIV.

Carta Capituli Carnotensis, « de constructione burgi Mathei, » ecclesiæ Majoris-Monasterii concessa.

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 141.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Zacharias, Dei gratia, Carnotensis ecclesie decanus, et totus ejusdem ecclesie conventus, omnibus tam futuris quam presentibus notum fieri volumus quod abbas Odo et ceteri fratres capituli Majoris-Monasterii, per aliquot monachos suos, rogaverunt nos ut permitteremus fieri burgum in vineis suis que erant ad Esparras, ex duobus lateribus terminate viis publicis, ex tercio vineis vicedomini, ex quarto mansiunculis ipsius civitatis que sunt in parrochia Sancti-Saturnini. De quibus vineis reddebatur annuatim nobis vini decima, et pro quibusdam domibus que ibidem fuerant edificate et unus terciolus vini, et insuper de totis vineis census quatuor solidorum et xi denariorum, preter quos etiam duos solidos calumpniabamus quos se nobis debere negabant. Hac igitur eorum peticione audita, duximus nos assensuros si debitam vini decimam et terciolum et predictum censum nobis convenienter componerent. Qui, habito consilio et considerata equilibritate, pepigerunt se nobis, in octobri, , singulis annis, in perpetuum reddituros xl solidos de censu ejusdem burgi, nisi si casu aliquo dictus burgus, aut totus aut dimidius, destruatur. Quod si dimidius ita destruatur ut inde nullum habeant censum, de superstite dimidio reddent xx solidos ; de destructo, non antiquum censum et decimam eorum que in solo nascentur : si autem totus ita destruatur ut inde nullum habeant censum, nichil reddent nisi antiquum censum et decimam. Quocienscumque vero post destructionem aut totus aut plusquam dimidius reedificabitur, aut si non usque ad dimidium destruatur predictum censum xl semper integre reddent. Quod si predicto termino predicte pactionis censum non solverent, censualis emendationis lege restituent. Debita vero parrochialia ecclesie nostre de Sancto-Saturnino ab habitatoribus predicti burgi solventur. Hanc pactionem, nobis presentibus, in capitulo nostro, fecerunt missi ab Odone abbate et ceteris fratribus Majoris-Monasterii, et litteras assensus eorum cum bulla pre manibus habentes : Gaubertus, prior Sancti-Martini ; Girardus, prior de Castroduno ; Garnerus, prior de Sparnone ; Garnerus, prior de Coma ; Gaufridus, pannetarius. Quibus presentibus, ut facerent burgum, et censum et vendiciones preter primas quiete haberent, concessimus et concedimus, salva nobis in perpetuum predicta pactione xl solidorum. Ego Zacharias, decanus, subscripsi. Ego Salomon, cantor, subscripsi. Ego Hugo, succentor, subscripsi. Ego Goslenus, prepositus, subscripsi. Ego Henricus, prepositus, subscripsi. Ex parte nostra interfuerunt : Ansgerius, archidiaconus ; Droco, archidiaconus ; Galterus, presbiter ; Petrus, presbiter ; Guido, diaconus ; Guillemus Muniarii ; Gervasius, major, Alcherius, filius Aloni. Ex parte illorum interfuerunt : Paganus, major ; Galterus Hurez ; Radulfus de Humbleres ; Gaufridus Cantus ; item Goslenus, presbiter ; Lambertus, presbiter ; Raynaldus, presbiter ; Paganus, diaconus ; Hugo, diaconus ; Guillelmus, diaconus ; Symon, subdiaconus ; Herbertus, subdiaconus. Datum Carnoti, in capitulo Sancte Marie, per manum Gisleberti cancellarii, . »

Carta Ludovici, regis Francorum, « de immunitate Fraxineti. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28, p. 74 ; carton 28 bis, fol. 34r°; carton 43: Livre noir, fol. 8r°.
  • a Ordonnances des rois de France, tome V, p. 23.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, amen, ego Ludovicus, Dei gracia, Francorum rex. Cum ad omnes, maxime autem ad domesticos, bonum operari moneamur, eis qui majori nobis conjuncti sunt caritate et serviciorum suorum multiplicitate nos sibi obnoxios fecerunt, propensiori voluntate et beneficio ampliori liberalitatis manum porrigere debemus. Hujus ergo rationis consideratione habita, notum fieri volumus cunctis fidelibus, tam futuris quam instantibus, quod nos villam episcopi Carnotensis que est in Belsia, que scilicet villa Fraxinetum appellatur, pro Dei amore et peticione Gaufridi, venerabilis Carnotensis episcopi, amici nostri karissimi, ab omni consuetudine, a tolta scilicet et tallia et hospitatione et omni violentia et exactione, insuper ab omni consuetudine, liberam et quietam in perpetuum esse concessimus, astante et annuente filio nostro Ludovico, jam in regem coronato1. Nos ergo predicte ville et omnibus inibi habitantibus et omnibus rebus ad eandem villam pertinentibus perpetuam immunitatem ab omni consuetudine, ut dictum est, concessimus, ita ut neque nos, neque successores nostri reges, neque omnino aliquis, preter Carnotensem episcopum, in predicta villa aliquid capere presumat. Et eandem villam in nostra tuitione et defensione suscepimus. Quod ut perpetue stabilitatis optineat munimentum, scripto commendari et sigilli nostri auctoritate et nominis nostri karactere roborari precepimus. Actum Parisius, in palatio nostro publice, anno incarnati Verbi MºCºXXXVIIº, regni nostri xxixº, Ludovico filio nostro in rege sublimato anno iiiiº2. Astantibus in palatio nostro, quorum nomina subtitulata sunt et signa : Signum Radulfi, Viromandorum comitis et dapiferi nostri3. Signum Wuillelmi, buticularii4. Signum Hugonis, camerarii. Signum Hugonis, constabularii. Datum per manum Stephani, cancellarii5. »


1 Louis-le-Jeune avait été sacré, à Reims, par Innocent II, le 25 octobre 1131. Il succéda à son père Louis-le-Gros le 1er août 1137.
2 C'est anno sexto qu'il faut lire. Cette charte fut confirmée par Charles V, au mois de juillet 1367. (Ord. des Rois de France, t. V, p. 22. — Trésor des chartes, reg. 97, p. 411.)
3 Raoul I le Vaillant, comte de Vermandois, sénéchal (1137-1151).
4 Guillaume de Senlis, bouteiller (1131-1151).
5 Etienne de Senlis, évêque de Paris, chancelier (1116-1137). On sait qu'après 1119 il y eut des chanceliers du nom de Fulcrad, Simon et Algrin ; mais on connaît plusieurs diplômes postérieurs à 1119, et celui-ci est du nombre, qui sont signés par le chancelier Etienne.

« Super dono pastuum de Vovis, » facto a majore.

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 66 et 28 bis, fol. 30r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gaufridus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, apostolice sedis legatus, omnibus Dei fidelibus ad quorum noticiam presens cartula producetur, notum fieri volo quod Hugo, major de Vovis, et filius ejus Gauterius, spontanei venientes in capitulum sancte Carnotensis ecclesie, me presente et multis personis et canonicis ejusdem ecclesie, necnon et laicis quam plurimis quorum nomina subscripta sunt, dederunt et concesserunt in perpetuum, absque omni penitus calumpnia deinceps et reclamatione, omnes integre pastus de majoria Vovarum ; et hoc ipsum donum filia predicti Hugonis Vulpilla concessit1. Quedam vero alia filia ipsius majoris, nomine Falca, que tunc gravida erat ad partum et que tunc equitare non poterat, in presentia canonicorum nostrorum, hoc ipsum donum postea libens concessit. Quidam autem venerabilis frater ejusdem ecclesie nostre qui hoc donum fecerat, prelocutus dominus Zacharias, decanus ipsius ecclesie, dedit predicto majori viginti libras carnotensium pro predicto dono, et pastus illos supradicte majorie omnes, cum sua integritate, assensu nostro et tocius Capituli nostri, dedit, concessit, disposuit et assignavit specialiter usui illorum canonicorum qui ad matutinas surgerent et misse dominice celebrationi interessent. Tum vero nos peticioni, tam clericorum nostrorum quam predicti majoris, postulantium ut donum illud auctoritate nostra confirmaremus, annuentes, eo ordine quo prolocutum et factum fuit ante nos, ipsum donum scripto mandavimus, et auctoritate nostra confirmavimus, et sigilli nostri impressione munivimus, et presenti carte cum sigillo nostro sigillum beatissime virginis Marie, assentiente et postulante Capitulo sancte ecclesie nostre, annecti precepimus2. Si qua vero, quod absit, ecclesiastica secularisve persona, etc...... Testes hujus doni, qui viderunt et audierunt, venerabiles fratres nostri : Zacharias, sancte Carnotensis ecclesie decanus ; Salomon, precentor ; Hugo, succentor ; Goslenus, prepositus ; Henricus, prepositus ; Paganus, archidiaconus, et omne Capitulum. Interfuerunt et alii testes homines laici : Girardus Avesgoth ; Bodardus de Iselers ; Hugo de Gaisvilla ; Gauterius de Loesvilla ; Rainaldus Vitalis ; Vitalis Algardi ; Gilo Belot ; Fulcherius de Fresnaico ; Gervasius, major ; Ernaudus, salinarius ; Radulfus Ardea ; Beroldus de Offunvilla ; Herbertus, miles de Dalleomonte ; Bernerius Herberti ; Garinus Morardi ; Gosbertus Achath ; Julduinus Herberti Envissent ; Richardus Allec ; Goscelinus de Freenvilla ; Ivo de Freenvilla ; Gaufridus de Monasteriis, major de Trisiaco ; Garinus de Free ; Symon de Belevilla ; Villanus de Monasteriis ; Adam Allec3, et alii quamplures. Insuper autem tam futuris quam presentibus notificare volumus quod Capitulum nostrum c solidos qui deerant ad emptionem istam de communi supplevit. Factum est hoc . Superius diximus quod una de filiabus predicti majoris, nomine Falcha, quia priori concessioni interesse non potuit, ut mulier matura partui, postea venit in capitulum, ibique, coram cunctis qui aderant, donum patris sui concessit, his presentibus : Hosberto, Hinnardo, Willelmo, Effredo, Hugone, Huberto Mordante4, Hugone, Drochone, Gaufrido, Adam, Guidone Galeranni, Nevelone de Cruce, Ivone Hosberti, Andrea presbitero, Gaufrido, Ernaudo, Symone de Sancto-Stephano, Aelardo de Valeia. »


1 Le 31 octobre 1206, Geoffroy, maire de Voves, du consentement de sa femme Hodeburge et de ses filles Jeanne et Marguerite, de ses frères Miles, prêtre de Villars, et Herbert, de Mathilde, femme d'Herbert, vend au Chapitre la mairie dudit lieu, avec réserve par ledit Geoffroy de son hébergement et de deux bovées de terre (de 20 à 24 acres), dont il s'oblige payer au Chapitre 5 sous de cens, ainsi que la dîme et champart sur le restant de ses biens comme les autres habitants de Voves, et néanmoins sera exempt du droit de taille et ménage. En outre ledit Geoffroy donne à l'église de Chartres, en pure aumône, tout le droit de voirie qu'il peut avoir dans l'étendue de sadite mairie (Bibl. imp., cart. 28, p. 56, et 28 bis, fº 26 rº). En 1241, Renaud de l'Epine, chanoine ; en 1280, Pierre de La Châtre, chancelier ; enfin, en 1308, Geoffroy des Foucheis, archidiacre de Blois, firent, au nom du Chapitre, de nouvelles acquisitions dans l'étendue de la mairie de Voves (Inv. du Chap., C. CXII, A, 4, 5 et 7).
2 Les termes de cette charte sont identiques à ceux de la donation du droit de past à Champseru. Voir nº XLVI.
3 Un Adam Hareng (Allec), probablement celui de cette charte, était prévôt (prefectus) de Janville vers 1151 (Cart. de Saint-Père, p. 468). Il possédait des biens à Prasville, et, en effet, cette paroisse, voisine de Voves, prit le surnom de Prasville-le-Hareng.
4 Hubert Mordant figure comme témoin dans un acte de manumission de l'abbaye de Saint-Père, de 1130-1150 (Cart., p. 286). On rencontre assez fréquemment des membres de cette famille dans les actes des XIe, XIIe et XIIIe siècles.

« Quod homines ecclesie Carnotensis, de quadam parte Belsie, non debent pedagium domino Merlaii. »

  • A Chirographe original en parchemin. Arch. dep. Eure-et-Loir, G 717 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, F, 4).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 84 et 28 bis, fol. 38v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Quicquid ad honorem et communem utilitatem et ad quietem pauperum ecclesie spectat, recta intentione querentibus, unum maxime necessarium sollicite procurandum est, ne operam et impensam silentio perdant, et que pro pace et concordia tam presentium quam futurorum viriliter elaboraverint, per negligentiam et oblivionem, discordie postmodum et contentionis seminarium fiant. Quapropter nos omnes Carnotensis Capituli fratres notum fieri volumus, et presentibus et posteris, quod dominus Ursio de Merlaio1 injuste accipiebat pedagium in quadam parte terre Beate Marię de Belsia. Summonitus a canonicis, ad justiciam venire noluit et ad ultimum excommunicatus fuit. Tandem, Deo miserante et inspirante, rediens ad cor, venit in capitulum, ibi culpam suam cognovit et vadimonium rectitudinis, primum in manu decani, postea vero, multis tam clericis quam laicis adstantibus et videntibus, super altare beatę Marię humiliter posuit ; et ut omnibus pateret quale et quantum esset jus canonicorum, utriusque partis consilio et consensu, decem legitimi homines de ipsa terra, vidente ipso, juraverunt in capitulo quia injuste hoc pedagium acciperet2, videlicet a Novo-Vico et a calciato calle Blesensi qui transit ante Merlaium, de tota terra Beatę Marię versus Belsiam, quacumque via, quacumque semita irent vel redirent Carnotum, nisi inciderent in predictum calciatum callem ante Vallem-Brachiorum. Sunt tamen infra has metas due ville, Plancavilla et Auvillare, de quibus domnus Ursio dicebat se non concessisse ; nobis econtra dicentibus quod non debebat accipere, retento jure Capituli, quacumque hora vellemus reclamare, loco et tempore. Insuper etiam concessit, hinc precibus canonicorum, inde pro anima sua et antecessorum suorum, inde etiam data sibi caritate sexaginta librarum, quod in clauso Beatę Marię, in quo, et ante vindemias et in ipsis vindemiis, tam ipse quam sui homines, plus quam deberent accipiebant, per singulos quadrantes in quibus consuetudinem habebat, nichil aliud deinceps nisi tantum vii sextarios vini, secundum justam mensuram, acciperet ; hoc etiam concesso quod canonicis bene liceret deportare vindemias suas ad quodcumque vellent pressorium, in clauso, seu clauso pertinens, ubi consuetudinem suam domnus Ursio accipit. Definitum est etiam et concessum quod si operarii canonicorum conducticii3, (constat enim de domesticis quod in eos nullus habet manummittere nisi canonicus), si, inquam, illi in clauso forifecerint dum in opere erunt, licebit quidem servientibus domni Ursionis eos retinere ; quod si canonicus, cujus operarii erunt, in manu ceperit ut de eis justiciam faciat in curia canonici, juditio ejus et curię suę domnus Ursio justiciam suam accipiet. Quod si canonicus de operariis illis se intromittere noluerit, nos non reclamabimus ; si vero de forifacto quod illi ante fecerint eos accusare voluerit dum in opere canonici erunt, nec poterit eos retinere nec accusare. Hęc ut prescripta sunt concessit ipse domnus Ursio in capitulo, et filius ejus primogenitus Nivelo, et frater ejus junior Hamelinus ; et apud Fractamvallem hoc idem concesserunt Philippus et Raginaldus4, filii ejusdem Ursionis primogeniti, et apud Sanctum-Avitum filia ejus Beatrix hoc idem concessit. Concessis igitur et collaudatis ab utraque parte omnibus, ut in presenti carta continentur, processit domnus Ursio ad altare beate Marie, cum universo clero, militibus et populo multo, et cyrographum, in duas partes sectum, accercitis duobus filiis suis Nivelone et Hamelino, genibus flexis, obtulit super altare beatę Marię, et unam partem levavit ipse cum prenominatis filiis suis, alteram, ad monumentum et munimentum prefate libertatis et perpetuę pacis, in archivis ecclesie in perpetuum servandam dereliquit. Hęc acta sunt , anno domni Ludovici, regis Junioris, secundo, episcopatus autem domni Gaufridi, Carnotensis episcopi, . Huic concessioni interfuerunt, ex parte Capituli : Zacharias, decanus ; Salomon, precentor ; Hugo, subdecanus ; Hugo, succentor ; Gauslinus, prepositus ; Heinricus, prepositus ; Milo, prepositus ; Richerius, archidiaconus ; Droco, archidiaconus ; Ansgerius, archidiaconus ; Willelmus, presbiter ; Fredericus, presbiter ; Gosbertus, diaconus ; Radulfus, diaconus ; Herbertus Belotinus, diaconus ; Matheus, diaconus ; Hugo, diaconus ; Guido de Sancto-Martino, diaconus ; Herbertus Arnulfi, Guido, cancellarii ; Guillelmus de Bello-Videre, Radulfus de Leugis, Rainaldus, archidiaconi ; Johannes, dapifer ; Symon de Sancto-Leobino ; Guillelmus Comes ; Ansoldus de Bello-Videre ; Guillelmus de Morvilla ; Symon Belini ; Robertus de Bonavalle, Nivelo de Cruce, Ivo, monetarii ; Adam ; Gaufridus. Laici vero : Gervasius, major ; Odo, major Novigenti-Fisci ; Johannes de Hismeriaco et Radulfus frater ejus ; Hugo de Gaiesvilla ; Arnulfus de Puisolis ; Hildegarius de Manevicino ; Gauterius de Sancto-Prisco ; Robertus de Uno-Pilo. Ex parte vero domni Ursionis interfuerunt hi testes : Joscelinus de Auneel ; Roscelinus Mala-Terra ; Gauterius Bego ; Burgundio de Merlaio ; Guillelmus Aculeus ; Guillelmus, filius Ansoldi ; Girardus de Merlaio ; Odo de Alona ; Fulcaudus Tronellus ; Johannes de Secoreio ; Moreherius de Blandeinvilla ; Robertus de Froovilla ; Hugo de Faveriis ; Herbertus de Mongeven ; Gaufridus, monetarius.

Apud villam quę dicitur Halo concessit hoc idem pactum Fulcherius, ejusdem Ursionis filius ; et hi sunt testes : Ivo, presbiter ; Burgundius de Merlaio ; Beatrix, uxor ejus ; Simon del Bruit; Hugo Poterons ; Marcherius Gibosus.

Concessionis vero que facta est apud Fractamvallem a Philippo et Raginaldo, presente domno Hugone, nostro subdecano, et Richerio, archidiacono, et clericis eorum Raimbaldo, Roberto de Braio et Roberto, filio Gaufridi, monetarii, testes sunt : Hugo Desreez ; Girardus de Villare ; Salomon de Thoreio ; Paganus de Froevilla ; Durandus Lepus ; Johannes de Balaum ; Gauterius Moysanz ; Herbertus, presbiter ; Cesarius, presbiter ; Godefridus de Pataico.

Concessionis autem ibidem facte a Hersende, filia Ursionis, et Agathe, uxore Nivelonis primogeniti, testes sunt : Hersendis de Villare ; Matildis filia ejus ; Jamenvia, et omnes supradicti testes.

Concessionis apud Sanctum-Avitum facte a Beatrice, filia ejus, testes sunt : Petrus Laguina, Bernaldus, prepositus, nepos Hervei decani, Odo de Sancto-Avito, sacerdotes ; Herveus ; Andreas ; abbatissa Isabels ; Ada ; Hildealdis ; Ermengardis de Braio ; Matildis.

Hec omnia per diversa loca facta et concessa viderunt et audierunt prefatus subdecanus et archidiaconus, cum clericis et servientibus, quorum sunt nomina : cum subdecano, Hugo, Gauterius de Braio, Gauterius, minutor ; cum archidiacono, Arnulfus nepos ejus ; Rualens, Britels, Fromundus. »


1 Ursion de Meslay-Freteval, fils de Nivelon, l'un des plus grands seigneurs du pays chartrain (1113-1149). Voir Cart. de Saint-Père, p. 365 et 483. Sa sœur, nommée Comtesse, avait épousé Hugues III, vicomte de Châteaudun (Ib., p. 427).
2 C'est ici l'un des plus anciens exemples que nous ayons rencontré dans nos chartes de l'enquête dite par turbe, sur une coutume en litige.
3 Conducticii, c'est-à-dire mercenarii, de conductio, louage.
4 L'un des chevaliers qui prirent part, en 1170, au meurtre de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, s'appelait Renaud Fitz-Urse, c'est-à-dire fils d'ours. Ce nom se rapporterait assez à celui de Renaud, fils d'Ursion de Freteval, qui, d'après l'historien dunois Bordas, avait épousé les intérêts de Henri Plantagenet.

Carta Arnoldi, Lexoviensis episcopi, « de ecclesiis quas possidet ecclesia Carnotensis in episcopatu Lexoviensi. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 43 et 28 bis, fol. 19 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Universis sancte matris ecclesie filiis tam presentibus quam futuris, Arnoldus1, Lexoviensis ecclesie humilis minister, salutem. Episcopalis officii ratio postulat jura et possessiones ecclesiarum que infra terminos commisse nobis a Deo potestatis constitute sunt diligenti patrocinio confovere et ab ipsis omnem arcere molestiam et injuriam removere. Qua nimirum consideratione, bona quelibet tam ecclesiastica quam secularia que in episcopatu Lexoviensi sancta et venerabilis Carnotensis ecclesia ab antiquo possedisse dinoscitur, sub Lexoviensis ecclesie et nostra protectione suscepimus, eique jure perpetuo possidenda concedimus, scriptique presentis valituro in perpetuum munimine confirmamus. In quibus sane certum est quedam, de jure seculari in jus ecclesiasticum, largitione principum concessa, devotione consecrata laudabili, in defensionem ecclesie, tanquam res ecclesiasticas, pertransisse. Quedam vero sunt que ab ipsa fidei christiane fondatione specialius ad jus ecclesiasticum pertinere noscuntur, ideoque specialius ad episcopalem pertinet potestatem ut ea scilicet affectuosius ecclesia protegat, quia ad eam magis proprie spectant privilegio singulari2. Utraque igitur bona predicte sancte Carnotensis ecclesie presentis scripti pagina confirmamus, data in eos nimirum excommunicationis sentencia qui tam sancte constitutioni nostre presumpserint qualibet malicia contraire. Ex quibus quedam que omni jure necesse est ecclesiastica reputari propriis duximus exprimenda vocabulis : ecclesiam Sancti-Taurini de Anglicavilla, ecclesiam Sancti-Martini de Runcevilla, ecclesiam Sancti-Juliani-super-Carlonam, ecclesiam Sancti-Petri de Altaribus, capellam Sancti-Nicholai in eadem villa. Has igitur ecclesias, sicut ab antiquis retro temporibus a sancta Carnotensi ecclesia possesse fuerunt, eidem habendas in perpetuum concedimus, et confirmamus cum omnibus pertinentiis suis, ut, cum vacaverint, presentationes habeant sacerdotum, et in ecclesiis ipsis cuncta percipiant que eam ibi ab antiquo certum est percepisse, salvo nimirum ecclesie Lexoviensi et nobis omni jure episcopali, et sacerdotibus qui in eis ministraverint jure parrochiali, in omnibus scilicet beneficiis que tam isti quam predecessores eorum usque ad tempora nostra in omni jure et beneficio perceperunt. »


1 Arnoul, évêque de Lisieux (1141-1181).
2 Cette distinction entre les biens d'origine laïque donnés à l'église et les biens d'origine ecclésiastique restitués à l'église est rarement établie d'une manière aussi nette que dans ce privilége. Il importait d'empêcher le retour des spoliations des VIIIe et IXe siècles, et les basiliques et monastères, remis en possession d'églises, de chapelles ou de dîmes, inféodées jadis à des laïcs, cherchaient, par la menace des armes canoniques, à échapper à toutes tentatives ultérieures.

« Ludovici, regis, de protectione Basochiarum-Episcopi, et quod Villana et ejus filii eas liberas et immunes ab omnibus dimiserunt exactionibus. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, RES 1 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XI).
  • B Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 60 et 28 bis, fol. 27 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sanctę et individuę Trinitatis. Ego Ludowicus, Dei gratia, rex Francorum et dux Aquitanorum, notum fieri volumus quod villam episcopi Carnotensis que Basoche nominatur in nostra custodia et protectione eustodimus, et illam pravam et injustam consuetudinem quam Villana et ejus filii, videlicet Willelmus Potardi et Albertus et Rodbertus et Petrus et Hugo, in eadem villa reclamabant, in nostra presentia penitus dimiserunt, dicentes nobis in publico et manifeste recognoscentes quod in villa prenominata et in ejus territorio de rebus episcopi Carnotensis et hospitum qui ibidem commorabantur injuste et per rapinam multociens habuerunt. Nobis igitur presentibus, predictę personę omnes de illa rapina et maleficio nullam excusationem pretendentes, et suam culpam nullatenus defendentes, in manu Reginaldi, cantoris ęcclesię Carnotensis, condignam satisfactionem fecerunt, asserentes quidem et pro certo promittentes quod in prefata villa nichil deinceps reclamarent, sed ejus libertatem, quam in presentia nostra promiserunt, pro posse suo, in nostra curia et alibi, custodirent et defenderent. Quod ut perpetuę stabilitatis obtineat munimentum, scripto commendari nostrique sigilli auctoritate muniri atque nominis nostri subter inscripto karactere coroborari precepimus. Actum publice Aurelianis, , astantibus in palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa : Signum Radulfi, Viromandorum comitis, dapiferi nostri. Signum Willelmi, buticularii. Signum Mathei, camerarii1. Signum Mathei, constabularii2.

Data per manum Cadurci, cancellarii3. » 1


2 Mathieu ou Mathias, chambrier (1139-1158).
3 Mathieu de Montmorency, connétable (1139-1169).
4 Cadurc, chancelier (1140-1147), appelé Catulcus dans une charte de Josaphat de 1140, mentionnée par du Cange. Le même auteur cite un chancelier du nom de Lidericus qui figurerait dans un titre de l'église de Chartres de 1142, l'an 6e de Louis-le-Jeune. Nous croyons que du Cange a été induit en erreur par une mauvaise leçon d'un des cartulaires de Notre-Dame, car il n'existe pas d'autre charte de 1142, l'an 6e de Louis-le-Jeune, que celle-ci, et l'original donne bien au chancelier le nom de Cadurcus.

1 (Monogr.)

De donatione cujusdam plateæ, in claustro Beatæ Mariæ sitæ, Roscelino famulo facta.

  • B Copie de la fin du XIIe siècle. Bibl. comm. de Chartres, ms. 53 2/c ad init.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gaufridus, Dei gratia, Carnotensis episcopus, notum fieri volo presentibus et futuris quod plateam quamdam, in claustro Beate Marie sitam, quam Alburgis, mater Willelmi cerarii, ecclesie Sancti-Sergii, in elemosinam dederat, ego et Gaufridus, presbiter Sancti-Sergii, Roscelino, famulo meo, ita donavimus ut libere et quiete eam possidere, donare aut vendere et quicquid inde sibi placuerit facere possit. Hanc autem donationem tali tenore fecimus ut idem Roscelimus, quandiu eam possederit, et quicumque post eum eam habuerit, singulis annis, ecclesie Sancti-Sergii sextarium olei, ad usum luminis, , persolvat. Hoc donum concessit domnus Goslenus de Leugis, frater meus, ad quem census ejusdem platee pertinere dinoscitur. Quod ut certius credatur et firmius teneatur, has litteras inde fieri et sigilli mei testimonio corroborari precepi. Huic rei interfuerunt : Robertus, decanus1 ; Goslinus, archidiaconus ; Robertus, archidiaconus ; Gaufridus, prepositus ; Johannes, canonicus Beate Marie ; Gauterius Blesensis, canonicus ; Hugo Berengarii ; Guido de Crechis ; Remigius, diaconus ; Willelmus de Novigento ; domnus Goslenus de Leugis ; Goslinus de Meresvilla2 ; Guerricus Osculans-Demonium3 ; Willelmus Burgundus ; Mainerius Tarenna ; Bussellus ; Gaufridus de Bosco-Hunoldi ; Giraldus Eschanz ; Ernaudus, frater predicti Roscelini ; Giroldus. »


1 Robert, doyen (c. 1148-1155).
2 Probablement le même que Gollinus de Merevilla, qui figure comme témoin, ainsi que son père, dans une donation de Goslein de Lèves à Saint-Père (Cart., p. 388), et dans un titre de Thiron, avec le même Goslein de Lèves et son frère l'évêque Geoffroy (Archives d'Eure-et-Loir, fonds de Thiron, Inv. nº 145).
3 Guerry Baise-Diable (Osculans-Demonium, Basians-Demonem, Demonem-Osculans, Osculans-Diabolum, Bèse-Déable) était fieffé de Saint-Père et apparaît, soit comme témoin, soit comme partie, dans plusieurs chartes de ce monastère (Cart., p. 286, 294, 332, 352, 384).

« Goslini, episcopi Carnotensis, de duobus cereis qui singulis sabbatis ponuntur ante capsam beate Marie et de redditu a vicedomina ad hoc assignato. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1458 (ancienne cote : carton CXXXIV, A, 1).
  • B Bibl. nat. de France, cart. 28 bis, fol. 23v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Goslinus, Dei gratia, Carnotensis episcopus1, notum facio tam futuris quam presentibus quod nobilis mulier Elizabet, vicedomina2, Carnoti egrotans, cum exitum hujus vite se in proximo habituram speraret, misit ad me, supplicans ut ad eam venirem. Veni igitur ad eam, ex debito et intuitu pietatis, et confessa devote peccata sua dispositionem rerum suarum in manu nostra tradidit et commisit. Recordata est itaque inter cetera cujusdam elemosine quam mater sua domina Helissendis3, tempore suo, devotissime fecerat, et ipsa eadem postea in diebus suis non minus attente observaverat, duorum scilicet cereorum quos ante memoriam4 perpetue virginis Marie in singulis sabbatis offerre consueverant. Voluit autem et precepit ut hec elemosina quam ad tempus fecerant, pro salute antecessorum suorum et sua, perpetua esset ; et ad hoc perficiendum redditus assignavit, videlicet quinquaginta duos solidos annuatim habendos de Furno-Vicedomine, et me, de cujus feodo illa elemosina est, obnixe rogavit ut concederem, et concessi. Hoc vidit, audivit et concessit domina Loreta, soror ejus ; Willelmus5 quoque, filius ejusdem vicedomine, libens postea hoc concessit et in manu nostra eandem elemosinam posuit et dimisit. Ne autem oblivione deleri posset, juxta votum ejusdem domine et predictorum filii ejus et sororis ejus, presens scriptum inde fieri et sigilli nostri munimine precepimus roborari. Hoc viderunt et audierunt : Robertus, decanus ; Hugo, subdecanus ; Johannes, archidiaconus ; Radulphus, capicerius ; Willelmus, camerarius ; et alie multe persone et canonici ecclesie nostre, necnon et laici quamplures. »


1 Goslein de Lèves (1149-1155). L'obit de cet aumônieux prélat est inscrit dans le Nécrologe, sous la date du jour des calendes de février.
2 La vidamesse Elisabeth était femme de Guillaume Ier de Ferrières, qui tint le vidamé vers 1114-1130.
3 Hélissende était femme de Guerry, qui tint le vidamé vers 1089-1100.
4 L'expression memoria, pour sacellum, altare ou capsa, qui se rencontre assez fréquemment dans les Actes des Martyrs, est beaucoup plus rare dans les chartes du XIIe siècle. L'exemple que nous fournit ce titre a donc quelque intérêt au point de vue paléographique.
5 Guillaume II de Ferrières, fils de Guillaume Ier et d'Elisabeth, tint le vidamé vers 1170-1180.

« De oblitis que sunt apud Unum pilum ; » a Radulfo, præposito de Nogento, Capitulo dimissis.

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 70 et 28 bis, fol. 33v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Illum sue significationis sensum commoditati nostre magis commodum littere nobis contulerunt, sub quo eas delegamus ad posteros decisionum nostrarum interpretes. Id sibi injungens officii, ego Goslenus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, earum interpretatione posteritati notum relinquo fratres nostros ecclesie Carnotensis concanonicos penes nos deposuisse clamorem adversus Radulfum, prepositum de Nogento, super oblitis1 agripennorum de culturis que apud Unum-Pilum sunt, asserentes eas de proprietate debere esse Capituli, juxta ejus pactionis modum quam cum eis inivimus, tempore quo preposituram de Nogento habebamus. Proinde memoratus Radulfus, nostra sollicitatus prece, eas oblitas Capitulo quietas dimisit, eo rursus a Capitulo sibi, prece nostra, obtento quod dum preposituram illam teneret, oblitas sub nomine precarie haberet ; cum vero decederet, seu quovis alio modo eam dimitteret, oblite ad proprietatem Capituli quiete et sine reclamatione redirent. Compositione itaque, communi utriusque partis assensu, in eum modum facta, decanum pro toto Capitulo exinde investivimus, a quo deinceps antedictus Radulfus, tanquam de precaria, fuit investitus. Et est insuper adnectendum quod, ad recognitionem sui juris, statuimus eos inde pro unoquoque agripenno quatuor denarios de censu habituros, necnon et jura parrochialia, panes videlicet et candelas. Actum publice, residentibus in capitulo nostro : Roberto, decano ; Hugone, precentore ; Hugone, subdecano ; Roberto, succentore ; Milone, archidiacono ; Gaufrido, preposito de Nogento-super-Auduram ; Raherio, preposito de Belsica ; Odone, preposito de Fontaneto ; Gosleno, capicerio. Si quis autem huic nostre pagine obviare presumpserit, a communione dominici corporis et sanguinis alienus, noverit se anathemati subjacere. Ad majorem nempe auctoritatem presenti cartule conferendam eam nostri impressione sigilli munivimus. »


1 Cette redevance qui avait pour origine les oblations ou offrandes de pains faites par les fidèles pour le service divin et qui, par une substitution du droit séculier au droit ecclésiastique, indiquait une prestation de pains par les vassaux à leurs seigneurs, à certains jours désignés, fut convertie généralement, aux XIe et XIIe siècles, en une rente en argent ou en grains, calculée par arpent.

« Goslini, episcopi Carnotensis, ne prepositi habeant in preposituris servientes deditos vel domos proprias et ne faciant ibi aliquas exactiones. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 375 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton II, GG, 2).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, fol. 67r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gollinus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, notum fieri volo cunctis sanctę ęcclesię fidelibus, tam futuris quam presentibus, quod canonici ęcclesię mihi commisse de prepositis suis mihi sepius conquerentes, diem emendandi ea de quibus ipsi adversus prepositos conquerebantur a me obtinuerunt. Die igitur statuta, in capitulum convenerunt et ibidem, in presentia mea, querimonias suas canonici exposuerunt, dixeruntque quod prepositi deditos servientes habebant qui ibant per preposituras cum equis et sine equis, qui ibidem morabantur et hospitabantur apud rusticos, et exigebant ab eis quedam que litteris et statutis domni Ivonis et domni Gaufridi, bone memorie, predecessorum nostrorum episcoporum1, et decreto pape Pascalis, de eadem re firmatis, prohibebantur. Preterea conquesti sunt quod prepositi rusticos ęcclesię multis ad se vocationibus et submonitionibus fatigabant, et multis vexationibus angariabant, donec tandem, multis laboribus et tediis afflicti, quicquid exigebatur persolverent. Addiderunt et gravem querimoniam de eisdem prepositis qui, priusquam successores decedentium majorum in capitulo presentarent, ab eis relevationes majoriarum exegerant, et hujus rei bonam et antiquam ęcclesię consuetudinem pervertebant. Iterum conquesti sunt quod prepositi proprias domos habebant in preposituris, quod nullatenus licet. His omnibus diligenter auditis et intellectis, nos utilitati ęcclesię et paci pauperum providere et totius turbationis et scandali causam prorsus extirpare desiderantes, predictos prepositos rogando, consulendo monuimus ne super his adversus fratres et concanonicos suos contentiose agerent, nec ab unitate fraternę caritatis discederent, verum hec omnia concorditer et amicabiliter terminari concederent ; quod ipsi, rogatu nostro et amore fratrum suorum quos nullatenus offendere volebant, benigne concesserunt. Itaque, consilio optimatum nostrorum et voluntario assensu eorumdem prepositorum, statuimus ne deinceps prepositi habeant in preposituris servientes quos tunc habebant, nec cum equis nec sine equis, quare nimis infamati de gravamine pauperum erant, neque alios ad hoc deditos, neque aliquem de junioribus2 suis summoneant, nisi pro certa causa, et hoc nec nisi per se, vel per presbiterum, vel per majorem tantum. Nullus eorum serviens apud rusticos hospitetur ; nullus cum eis medietates habeat ; nullus aliquid eis accommodet ; nullus ab eis exigat nummos, annonam et cetera quę apostolico privilegio prohibentur. Porro de illis qui in majoriis successuri erunt, statuimus ut nullam a preposito suo de feodo ejus habeant investituram neque potestatem justicias exercendi, sive summonitiones faciendi, donec prius in capitulum ab eodem preposito presententur et a Capitulo relevent. Preterea prohibuimus et omnino prohibemus ne prepositorum aliquis in prepositura sua propriam domum de cetero habeat. Si quis autem, quod nolumus, ad dampnum canonicorum hec in pejus mutare presumpserit, et, secundo terciove commonitus, non resipuerit, maledictus atque excommunicatus permaneat, et cum eis qui in fine mundi audituri sunt ite maledicti in ignem eternum qui paratus est diabolo et angelis ejus portionem et societatem habeat. Ut autem hec concessio firmiorem per futura tempora obtineret vigorem et a successoribus nostris verius et cercius crederetur et diligentius observaretur, has litteras fieri jussimus et sigilli nostri impressione firmavimus. »


1 Voir ci-dessus, nos XXXIII et XXXIV.
2 L'expression générale juniores signifie officiers de justice, subordonnés. Elle s'employait fréquemment au Moyen-Age (voir les formules de Bignon et de Lindenbrog, et du Cange, au mot junior).

« Gosleni, episcopi Carnotensis, de juramentis prepositorum et rusticorum ecclesie Carnotensis faciendis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 354 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton I, A, 1 bis).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28 bis: Livre des Privilèges, fol. 100v°.
  • a Guérard, Cart. de Saint-Père, prolég., p. cxix.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

Ego Goslinus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, notum fieri volo omnibus sancte ecclesie fidelibus, tam futuris quam presentibus, quod communis Capituli ecclesie mihi commisse fratres in capitulo suo mihi exposuerunt multa et magna gravamina que majores villarum suarum et servientes prepositorum in rusticos excercebant, que, quia omnino intolerabilia erant, indicaverant similiter domno Gaufrido, pie recordationis, predecessori meo, episcopo. Cujus nimirum consilio et assensu, ob remedium tantorum malorum, predicti fratres nostri conscripserant institutum, quod et presentaverunt et legi fecerunt in presentia mea, rogantes ut illud ego quoque concederem et firmarem. Quia ergo illud ex necessitate et pro pace pauperum instituerant et predicti predecessoris nostri episcopi Gaufridi, cujus anima requiescat in pace, auctoritas assensum prebuerat, petitionem ipsorum benigne suscepi, et ut sacramenta que majores et rustici sibi fecerant in capitulo, in hec verba que secuntur, singulis bienniis renoventur concessi, et presens inde scriptum sigilli mei impressione firmavi.

Sacramentum majorum ecclesie nostre quod debent facere in capitulo :

Hoc audiatis, domini, quod ab hac hora in antea a rusticis mee majorie non exigam aurum, vel argentum, neque frumentum, aut avenam, nec humeros porcorum, nec tortellos1, aut ova, neque corveias aliquas arature ab ipsis, neque ab uxoribus eorum corveias lanificii, vel cujuslibet alterius rei, per me, vel per uxorem meam, neque per aliquam aliam subpositam personam. Non exigam ab eis relevationes terrarum vel aliarum possessionum, decedentibus patribus vel aliis possessoribus earum, neque de conjugandis feminis venditiones, neque medietates habebo cum rusticis, neque eos mittam in plegium, neque exigam ab eis oves, agnos, anseres, gallinas, neque aliquid quod ad exactionem aliquam pertineat ; neque tenebo placita eorum ante me, neque submonebo eos sine jussu prepositi vel certi nuntii ejus et sine certa causa quam ibidem nominem eis. Non patiar amodo quod servientes prepositi apud rusticos mee majorie hospitium habeant, neque ab eis quicquam exigant, nec annonam, nec avenam, nec anseres, nec gallinas, nec ovem, nec agnum, nec ligna, neque eos medietarios habeant aut in plegium mittant, neque corveiam aliquam ab eis exigant. Preterea fidelis ero vobis amodo de perquirendis et persolvendis redditibus vestris, nec suscipiam vendas a quoquam donec emptorem adducam et presentem vobis in capitulum. Census vestros perquiram ad terminum stabilitum sine fraude et dolo, et, postquam suscepero, infra quintum-decimum diem in camera hujus ecclesie reponam. Non patiar homines, sive feminas aut possessiones aliquas hujus ecclesie ab ecclesia alienari, nec terras aut redditus vestros ad dampnum vestrum et ecclesie per me vel per alium occupari, quantum ad me pertinebit, quin veniam in capitulum et dicam vobis. Hec legitime et fideliter tenebo sine malo ingenio. Sic me Deus adjuvet et hec sancta.

Sacramentum rusticorum quod fit in capitulo.

Hoc audiatis, domini, quod ab hac hora in antea non recipiam ad hospitandum servientes prepositi, neque veniam pro submonitione eorum, neque dabo eis aurum vel argentum ; non dabo eis garbas, neque annonam aliquam, aut avenam, sive ligna, non ovem aut agnum, non anseres, non gallinas aut pullum, neque corveiam aliquam faciam eis, neque ero plegius eorum aut medietarius. Similiter et majori meo ista non faciam per violentiam aut exactionem aliquam ; scilicet non dabo ei, neque uxori aut servientibus ejus, aurum, vel argentum, neque frumentum, neque annonam aliquam, aut avenam, non humeros porcorum, non tortellos aut ova, neque corveias aliquas arature aut lanificii, vel cujuslibet alterius rei, non ovem aut agnum, non anseres aut gallinas, neque aliquid quod ad exactionem aliquam pertineat. Cum missi fuerint servientes vestri ad grangias, si per violentiam pro numerando a me aliquid extorserint, si de vestris rebus furto subripuerint, furtivum depositum eorum in domum meam non recipiam, neque celabo si novero a quoquam vicino meo recipi, sed veniam in capitulum et dicam vobis. Similiter, cum carritia de annonis vestris fient, si videro dampnum vestrum et sciero, vel annonam, vel aliud extra refectorium, vel intra, a quoquam subtrahi vobis, dicam canonicis qui custodient grangias, et, si per eos non emendabitur, in capitulo dicam vobis. Hec fideliter tenebo sine malo ingenio. Sic me Deus adjuvet et hec sancta2.


1 Tortelli, tourteaux, sorte de pains ou galettes faits avec de la farine et des œufs et contenant quelquefois de la viande hachée (voir du Cange, au mot torta). En Brie et dans une partie de l'Ile-de-France, le peuple appelle encore aujourd'hui tortiaux ces pâtes minces cuites dans la poêle, connues sous le nom de crêpes.

2 Un des Cartulaires du Chapitre de Chartres (Bibl. nat. de France, cart. 50) nous a conservé la formule du serment que devaient prêter les laïcs lors de leur affranchissement. Nous allons reproduire quelques passages de cette formule :

« ..... Et si jurez que se vous saviez ou aperceviez que l'en deust ou volist fere honte ou désenneur ou doumage au Chapitre de Chartres, ou aucun chanoine de Chartres, vous le destorriez et destorberiez à vostre pouer ; et se vous non poivez destorber, vous le feriez à savoir au plus toust que vous porriez au Chapitre de Chartres et au chanoine à qui l'en voudroit fere la honte ou la désenneur ou doumage. Et si jurez que des ore en avant vous ne pleiderez ne ne ferez semondre en plet, neis pour vostre propre querelle, le Chapitre de Chartres ou aucun home ou fame de cors ou oste de l'iglise de Chartres, jusque vous l'aiez montré en Chapitre et requis de sei amender vers vous de la querelle dont vous le voudrez treire en pleit et que Chapistre vous en soit défaillant. Et si jurez que des ore en avant vous porterez enneur et reverence au Chapitre de Chartres tant com il sera chanoine de Chartres. Et jurez que s'il avenoit que li Chapitres de Chartres ou aucun chanoine de Chartres eust querelle ou cause contre aucun home ou aucune fame ou contre plusieurs, sur ce que li Chapitres ou li chanoines deist que cil ou celles fussent homes de cors ou fames de cors de l'iglise de Chartres, contre qui li Chapitres ou li chanoine auront la querelle vous porterez loial tesmoing, sans fere ou sans donner en gage de bataille, à la requeste dou Chapitre de Chartres ou dou chanoine dou parenté ou dou lignage à ceus et celles contre qui li Chapitres ou li chanoines de Chartres auront la querelle, nais se cil ou celles contre qui il auroient querelle vous apartenaient de bien près. Derechief vous jurez sur sainz que vous ne ferez ne ne ferez fere coumune en la cité de Chartres ne ailleurs contre le Chapitre ne contre l'iglise de Chartres ; ainçois destorberez à vostre povair que il ne seit fete, et s'elle ert feite vous ne seriez pas de celle coumune. Et si jurez que contre le Chapitre de Chartres ne contre l'iglise ne contre aucun chanoine de Chartres ne ferez aliance, et s'elle ert feite vous n'en serez pas, et se vous le savez vous le ferez à savoir au Chapitre ou au chanoine contre qui l'aliance seroit feite..... »

Nous reproduirons tout au long la formule du serment que devaient prêter les serfs que l'on affranchissait pour la tonsure, formule qui, dans ses termes, se rapproche beaucoup de celle dont nous donnons en ce moment des extraits.

Accord entre Goslein, évêque de Chartres, et le Chapitre d'une part, et les Abbé et Religieux de Saint-Jean-en-Vallée, d'autre, par lequel l'Évêque et le Chapitre abandonnent auxdits Abbé et Religieux tous les droits curiaux et paroissiaux qu'ils avaient au bourg Chastelet1, moyennant une redevance annuelle de 12 sous, payable au Chapitre le jour de la Toussaint.

  • B Inventaire du Chapitre, C. L, 21.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.


1 Le même que le Bourg-Mahé (voir nº XLVIII). Les droits curiaux abandonnés par le Chapitre furent assignés par l'abbé de Saint-Jean au prieuré-cure de Sainte-Foi.

Acte par lequel Goslein, évêque de Chartres, reconnaît que les églises de Charonville et de Beauvilliers appartiennent au Chapitre et les lui abandonne, comme lui ayant été concédées par le privilége d'Yves, son prédécesseur1.

  • B Inventaire du Chapitre, carton LXXXVII, B, 1.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.


1 C'est en sa qualité de patron des églises de Charonville et de Beauvilliers que le Chapitre, en 1739, procéda contre M. de Goussainville, seigneur d'Ecurolles ; qui avait fait mettre un banc dans le chœur de l'église de Charonville, et permit, en 1780, aux habitants de Beauvilliers d'ouvrir plusieurs croisées dans leur église et de la faire décorer (Inv. du Chap., C. LXXXVII, B, 14 et CXIII, M, 8).

« De immunitate Asconville ab angariis et corveis. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 87 et 28 bis, fol. 39v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Joscelinus de Alneolo1 Capitulo Sancte Marie, salutem. Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Goscelinus, recognoscens culpam meam de angariis, sive corveis, quas injuste habebam in terra vestra apud Ascumvillam2, et inde petens a vobis veniam et absolutionem, dimitto eas absolute, et condono in perpetuum cum tota posteritate meorum heredum. »


1 Josselin, seigneur d'Auneau, paraît comme témoin dans une charte de 1139 (voir nº L). Il figure dans une charte de Beaulieu de 1146 (Arch. dep. d'Eure-et-Loir ; fonds de Beaulieu), dans un titre de l'abbaye de Saint-Père de l'année 1155 (Cart. cité, p. 648), et enfin dans une donation faite à l'abbaye des Vaux-de-Cernay, vers 1168 (Cart. des Vaux-de-Cernay, t. I, p. 48). Voir le Nécrologe à la date du 3 des ides de janvier.
2 Cette terre s'appelait le Muid d'Auconville ou des Matiniers.

Super quadam commutatione decimarum apud Plaancheviler et Hermenovillam et modiatione molendini apud Minima-Prata Episcopi, inter Capitulum Beatæ-Mariæ et abbatiam Sancti-Petri.

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 61 et 28 bis, fol. 28r°.
  • a Guérard, Cart. de Saint-Père, p. 649.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« Ego Robertus1, Dei gracia, Carnotensis episcopus, omnibus Dei fidelibus, tam futuris quam presentibus, notum fieri volo, quod ea que, inter nos et dilectum fratrem nostrum Fulcherium2, venerabilem abbatem, et totum capitulum Beati-Petri, de quibusdam possessionibus ad nos et ad ipsos pertinentibus, concordi et utili consideratione et pactione, inita sunt, ad memoriam posteritatis scripto commendare curavimus. Habebat siquidem monasterium Sancti-Petri decimationem quamdam apud villam nostram que dicitur Plaancheviler, et nos apud Hermenovillam villam nostram ab hominibus Beati-Petri et in territorio eorum decimationem accipiebamus. Et cum utrique gravaremur, non enim homines nostri credebantur decimas suas monachis bene solvere, neque homines monachorum bene dicebantur solvere nobis ; cum etiam decimationes nostre sibi equivalentes viderentur, factum est inter nos concambium, communi assensu et Capituli nostri et capituli Sancti-Petri. Itaque decimatio quam habebant monachi Sancti-Petri apud Plaancheviler cessit nobis et successoribus nostris episcopis habenda in perpetuum, et decimatio quam nos accipiebamus in territorio hominum Sancti-Petri apud Hermenovillam cessit in perpetuum monasterio Sancti-Petri. Item, cum monachi Beati-Petri haberent quendam molendinum juxta prata nostra que dicuntur Minima Prata Episcopi, communi assensu, tam abbatis predicti quam tocius capituli Beati-Petri, necnon et tocius Capituli nostri assensu, accepimus a predicto abbate et a fratribus ejusdem monasterii dictum molendinum liberum et quietum nobis et successoribus nostris episcopis in perpetuum, ad annuam modiationem3 septem modiorum de Loen, vel, si Loen forte non recipietur, equivalens ei solvetur monachis in horreis nostris Carnoti. Est autem terminus hujus modiationis solvende cum sepedicti monachi recipiunt annonam prebendarum suarum in Loen. Hoc tamen pecierunt monachi Sancti-Petri sibi reservari, et nos concessimus, quod si aliquis de successoribus nostris episcopis predictam modiationem solvere nollet, predictum molendinum suum rehaberent sicut prius liberum et quietum. Hec, ut in posterum rata et inconvulsa habeantur, scripta sunt, et scriptum sub cyrographo divisum, communi nostro assensu, mei scilicet et abbatis et capituli Beati-Petri, in quibus capitulis hec tractata sunt et communiter concessa, munitaque sigillo Capituli Beate-Marie et sigillo capituli Sancti-Petri. Ego Robertus, Carnotensis episcopus, ista omnia, sicut in presenti pagina scripta sunt et bona fide intellecta, concessi et sigillo nostro confirmavi et subscripsi. Ego Fulcherius, abbas Sancti-Petri, ista omnia, sicut in presenti pagina scripta sunt et bona fide intellecta, concessi et sigillo nostro confirmavi et subscripsi. Ego Ivo4, decanus, et nos fratres Capituli ecclesie Beate-Marie Carnotensis ista omnia, sicut superius prenotata sunt, concessimus et in testimonium nostre concessionis presenti cartule sigillum nostrum apposuimus. Cunctis hec legitime servantibus sit pax domini nostri Jhesu Christi, amen. »


1 Robert-le-Breton (1155-1165). L'obit de ce prélat est inscrit au Nécrologe sous la date du 9 des calendes d'octobre.
2 Foucher, abbé (1150-1171), serait, d'après Guérard (Cart. de Saint-Père, prolég., p. ccxliii), auteur d'une histoire des Croisades ou plutôt de Jérusalem, contenant le récit des principaux événements de la croisade, depuis le concile de Clermont en 1095 jusqu'en 1127. Cependant l'Histoire littéraire de la France, t. XI ; et M. Le Bas (Dict. encycl. de l'hist. de France) attribuent cet ouvrage, édité par Bongars, par Duchesne et par l'Académie des Inscriptions, à un Foucher de Chartres, chapelain de Baudouin, et mort à Jérusalem en 1127.
3 Modiatio, admodiatio, modiagium, dation à ferme d'un immeuble, moyennant la prestation d'une quantité déterminée de muids de grains ou d'une mesure quelconque de grains par chaque muid.
4 Yves, doyen (1155-1159).

« Quod Theobaldus, comes Blesensis, recognovit quod ipse nichil juris habebat in Bussiaco-Episcopi. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 76 et 28 bis, fol. 34 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, amen. Quoniam omnes Dei fideles a pervasione rei alterius christiane cohibet regula discipline, et summa iniquitas est preripere bona venerabilibus personis et locis deputata, iccirco ego Theobaldus1, Blesensis comes, regni Francie procurator, ad noticiam tam futurorum quam presentium scripto mandare curavi quod dictum erat mihi terram de Bussiaco esse de feodo meo. Perinde causam movens in curia regis Ludovici de eadem terra contra episcopum Carnotensem Robertum, conventus a rege et adjuratus per fidelitatem ei debitam ne vexarem episcopum et ecclesiam, si non cognoscerem in illa terra jus meum infra terminum placiti, per multam et diutinam inquisitionem a fidelibus meis et hominibus et servientibus edoctus, nullum ibi reperiens jus meum, eandem terram ad jus Carnotensis episcopi pertinere cognovi. Cum igitur, , ad curiam gloriosi regis Ludovici Stampis convenissemus, ne fieret mihi in peccatum si, ex eo quod querelam inde moveram, aliquis in posterum occasionem haberet aliquod impedimentum in jus ecclesie movere, assistente ibi Roberto, pontifice, coram rege et multiplici baronia, protestatus sum me in terra de Bussiaco nichil juris habere, et ita placitum dimisi, et episcopum jus suum in pace possidere et litteris et sigilli mei auctoritate et testibus subscriptis precavere curavi, ne veniret in detrimentum ecclesie quod inde causam moveram, et ideo tam sollempniter, post certissimam inquisitionem, placitum refutavi et jus suum episcopo et ecclesie dimisi. Actum publice Stampis, anno ab incarnatione Domini MºCºLVIº. »


1 Thibault V, comte de Chartres-Blois (1152-1191). Le titre de procurator qui lui est donné ici équivaut, d'après du Cange, à celui de dapifer ou de senescallus (qui convivio excipit vel convivium apparat). Procurator pourrait plutôt avoir la signification de vicarius, car le sénéchal à cette époque n'était que le lieutenant, le représentant du comte d'Anjou, grand-sénéchal héréditaire du royaume. Thibault posséda la dignité de sénéchal de 1152 à 1191. L'obit de ce prince est inscrit au Nécrologe sous la date du 17 des calendes de février.

De venditione cujusdam partis pastuum villæ de Framboiseria.

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1047 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XXXI, F, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Radulfus, cognomine Burdum, major de Framboseria, partem meam quam habebam in pastibus villę illius Guidoni Galeranni Britoni, nullo cogente, sed propria voluntate, vendidi1, sorore mea annuente et viro ejus et filio eorum et Guarino, cognomine Burdum, cognato meo. Hanc itaque vendicionem, ut rata et firma esset per tempora succedentia, in capitulo beatę semper virginis Marię, tenere juravi, et soror mea virque ejus et Guarinus, cognomine Burdum, cognatus meus, his coram positis : Ivone, decano ; Amalrico, precentore ; Gisleberto, subdecano ; Roberto de Moneta, succentore ; Gaufrido, preposito ; Raherio, preposito ; Ernaldo, archidiacono ; Roberto, cancellario ; Odone, presbitero ; Henrico, presbitero ; Gisleberto de Ver ; Willelmo de Juriaco, sacerdote ; Fulcherio, presbitero de Orerio ; Gisleberto, subdecani nepote, hanc venditionem et concessionem super altare beate Marie posui. »


1 Au mois de novembre 1249, Ernaud et Evrard de la Puisaye, frères, aumônèrent au Chapitre la cinquième portion du champart qu'ils possédaient à la Framboisière. Quelques années plus tard, Renaud de Beaumont, chanoine, acquit plusieurs terres à la Framboisière, au fief d'Evrard de Villepreux. Ce chevalier prétendit dans la suite que ces terres lui appartenaient, et, au mois de juin 1277, intervint une transaction entre le Chapitre d'une part, Evrard de Villepreux et Béatrix, sa femme, de l'autre ; transaction par laquelle la libre possession des terres de Renaud de Beaumont fut abandonnée au Chapitre. Enfin le 16 mai 1488, les exécuteurs testamentaires de Jacques Ferrant, chanoine de Saint-Piat, acquirent, au nom du Chapitre, sur Jean Trubert, la mairie de la Framboisière et dépendances (Orig. en parch., C. XXXI, F. 2, 3 et 5).

Carta Rotrodi, Ebroicensis episcopi, « de donatione super Illeis. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 45 et 25 bis, fol. 20r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Rotrodus1, Dei gracia, Ebroicensis ecclesie humilis minister, omnibus fidelibus tam presentibus quam futuris, salutem in Domino. Notum et scripto nostro ratum esse volumus quod ecclesias de Illeiis2 ecclesie Sancte-Marie Carnoti et monasterio Sancti-Petri Carnoti, utriusque ecclesie jure cognito, concessimus quiete in perpetuum possidendas3, eo tenore ut predicte ecclesie Sancte-Marie et Sancti-Petri totam decimam habeant, excepta decima terre quatuor carrucarum quam monachi de Strata4 colunt, quarum decimam idem monachi, donatione nostra et auctoritate, sibi quietam defendunt, et excepta tercia garba de Vileta et de feodo qui dicitur Jerosolimitanorum, quam ad opus presbyterorum de Illeiis detinuimus, que antea erat eorumdem sacerdotum. Siquidem canonici Sancte-Marie et monachi Sancti-Petri annuatim dabunt presbyteris de Illeiis, pro messione5, quinque modios, tres scilicet de hybernagio et unum de ordeo et alterum de avena. Porro, decedentibus presbyteris, presentationem subrogandorum ecclesie Beate-Marie et Sancti-Petri concessimus, et duas partes lane et duas partes candelarum, in his videlicet quinque festis : , , , . Reliqua autem que altario6 pertinent, sicuti agnos et porcellos et decimam lini et chanvre, jure sacerdotali, presbyteri sibi habeant et decimam vini vinearum que tunc erant in parrochia illa quando hec donatio facta est, sic tamen ut, si forte alie vinee in toto territorio de Illeiis plantarentur, decime earum Beate-Marie et Sancti-Petri essent. Si autem que tunc erant vinee ad terram arabilem reverterentur, decima illius terre in jus predictarum ecclesiarum Sancte-Marie et Sancti-Petri veniret. Sed et concessimus quod si forte aliqui laicorum qui in parrochia de Illeiis decimas tenent, eas ecclesie Beate-Marie et Sancti-Petri concederent, vel si predicte ecclesie ipsas aliqua ratione sibi perquirere possent, cas illis habendas auctoritate nostra confirmamus. Dominus quoque Symon de Aneto, qui tunc erat dominus Illeiarum, has ecclesias, in presentia nostra, apud Coldras, concessit habendas in perpetuum ecclesie Beate-Marie Carnoti et monachis Sancti-Petri. Hoc etiam notum vobis esse volumus et ratum permanere quod Wuillelmus Golferius concessit monachis Sancti-Petri, in presentia nostra, apud Britolium, quicquid juris in predictis ecclesiis et decimis prius habuerat. Hoc quoque prius in presentia nostra diffinitum est quod dominus Robertus, qui tunc erat Carnotensis episcopus, medietatem hujus decime ad ecclesiam suam pertinentem, concedente ibidem Capitulo suo, in vita sua possideret et post ejus decessum in dominium Capituli veniret7 ; unde et Capitulum ejus anniversarium singulis annis ageret, et totum redditum medietatis hujus decime, in anniversaria die obitus sui, canonicis et clericis chori qui anniversario interessent divideret, prout eis idem episcopus, vel in vita vel in decessu suo, litteris et sigillo suo institueret. Laboraverat enim in restituenda hac decima et ecclesie sue et ecclesie Beati-Petri. Actum Carnoti, publice, in capitulo Beate-Marie, anno ab incarnatione Domini MºCºLVIIº, in presentia mea et domini Roberti, tunc Carnotensis episcopi, et sui Capituli ; residentibus ibidem nobiscum : Willelmo, decano ecclesie nostre, et sacerdotibus de Illeiis Herberto et Gosberto, et plerisque aliis clericis nostris quos in comitatu nostro tunc habemus. Quod ut ratum per succedentia tempora perseveret, scriptum inde sollempniter factum sigilli nostri impressione munivimus. Hoc factum est, salvo per omnia jure nostro pontificali, videntibus Herberto, sacrista ; Roberto de Novo-Burgo, nepote nostro, canonico ecclesie nostre ; Daniele, capellano ; Gauterio de Ulmeia et Rotrodo, canonico8. »


1 Rotrou de Beaumont-le-Roger, évêque d'Evreux (1139-1164).
2 Les cures de Notre-Dame et de Saint-Martin d'Illiers-l'Évêque furent réunies par lettres-patentes du mois de décembre 1773.
3 Nous publierons un acte du mois de mars 1202, par lequel l'abbaye de Saint-Père abandonna au Chapitre ce qu'elle possédait à Illiers.
4 L'abbaye de l'Estrée, ordre de Citeaux, au diocèse d'Evreux, fut fondée en 1144 par Rahier de Donjon, seigneur de Musy.
5 On entendait par messio une redevance en nature, payable au curé lorsque la dîme passait entre les mains de tiers décimateurs. Cette redevance était tantôt à la charge des paroissiens, tantôt à celle des décimateurs, suivant les conventions.
6 Altarium signifie ici, comme altalagium, altaragium, l'ensemble des droits utiles attachés au service d'une église et dûs au desservant, tels que les dîmes des récoltes et des petits animaux, et les menues oblations de pain, vin et cire.
7 L'abandon stipulé par Robert n'eut pas lieu ; mais, comme nous l'avons déjà dit, p. 129, note 1, en 1225, Gautier, évêque de Chartres, céda au Chapitre ce qu'il possédait à Illiers, recevant en échange tout ce que le Chapitre possédait à la Ville-aux-Clercs.
8 Henri II, roi d'Angleterre et duc de Normandie, confirma la même année la concession de Rotrou, en présence de ces témoins : Jodoco, Turonensi archiepiscopo, et Philippo, Baiocensi, et Arnoldo, Lexoviensi, et Willelmo, Cenomannensi, et Jodoco, Saresberensi, et Matheo, Andegavensi, episcopis ; et Thoma, cancellario ; et Roberto de Novo-Burgo ; et Ricardo de Luci. Apud Cenomannum. Gilles, évêque d'Évreux, successeur de Rotrou devenu archévêque de Rouen, confirma au Chapitre de Chartres et au monastère de Saint-Père l'église d'Illiers, les dîmes et autres biens appartenant à ladite église, avec le droit de présentation à la cure dudit lieu, toute juridiction réservée audit évêque et à ses successeurs. (Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 45, et 28 bis, fº 19 vº)

« Carta Capituli de donatione hospitum de Lonvillario. »

  • A Chirographe original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1458 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LVIII, E, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 89 et 28 bis, fol. 41 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Quoniam que in tempore fiunt lege temporis cito pretereunt et a memoria dilabuntur, antiquorum viva discretio negociorum formulas litterarum monumentis tradere consuevit ; deprehendit enim litterarum beneficio posse fragilis memorie defectibus subveniri. Ad exemplar igitur nostrorum patrum utile et imitandum, nos quoque, presentium tam quam futurorum, noticie tradere curamus quod canonici Sancti-Vincentii-de-Bosco1 ecclesie Carnotensi hospites de Lonvillario, quos diu tenuerant, réliquerunt. Id autem concesserunt et dederunt, pro remedio animarum suarum, domini ejusdem ville Baldricus et Raherius, frater ejus, et filii Baldrici Stephanus, Willelmus, Vivianus de Bursariis de cujus feodo res manebat, Hugo Gervasii de Castello-Novo2. Predictorum autem virorum rogatu, Beate-Marie Carnotensis canonici hospites pretaxatos Willelmo filio Baldrici, cum unius substitucione heredis, concesserunt ; hoc videlicet pacto quod singulis annis singuli hospites xviii denarios redderent, et si hospites illi sibi invicem forisfacerent, vel alii, per manum predicti Willelmi vel servientis ejus, consilio tamen Capituli, emendaretur. Hoc autem diffinitum est, Baldrico vivente, in capitulo Sancte-Marie, Gosleno episcopo presente3. Post mortem vero Baldrici, Philippus, filius ejus, cui terram concesserat assensu Willelmi fratris ejus, qui Willelmus major natu erat, Philippus, inquam, prefinitam elaboravit frangere constitutionem. Revocatus autem postea, tum per justiciam ecclesie, tum per judicium, factam a patre suo concessit donationem ; et in signum infrangibilis donationis ipse et Willelmus frater super altare cultellum, coram dominis ecclesie, confregerunt. Hoc autem iterum factum est in capitulo, anno ab incarnatione Domini MºCºLºIXº, regnante Lodovico, Roberto sancte sedis episcopo, presente Ivone, decano ; Hugone, precentore ; Hugone, subdecano ; Roberto, succentore ; Pagano, archidiacono ; Odone, preposito ; Gaufrido, preposito ; Raherio, preposito ; Odone, presbitero ; Milone, presbitero, et aliis tam diaconis quam subdiaconis ; presentibus : Huberto Chotart4, Ernaudo de Poncellis, Gisleberto de Tardeis5, Ernaudo de Folieto, Garino de Galardone, Amarrico Goaudi, Guidone de Crechis, Gervasio de Brueria. »


1 L'abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois, ordre de saint Augustin, au diocèse de Chartres, fut fondée en 1119 par Hugues Ier, seigneur de Châteauneuf.
2 Hugues II, seigneur de Châteauneuf, fils de Gervais Ier et de Mabile (11..-1160). Ce puissant seigneur qui avait épousé Alberède, fille de Robert III, comte de Meulan, et d'Élisabeth de Vermandois, fit reconstruire le donjon de Châteauneuf.
3 C'est-à-dire antérieurement au 1er février 1155, date de la mort de Goslein de Lèves, d'après le Nécrologe.
4 Hubert Chotard, fils de Chotard, qualifié amicus monachorum dans un titre de l'abbaye de Saint-Père, de 1101-1129 (Cart., p. 298), et neveu de l'archidiacre Landry, était allié à la famille chartraine de la Porte-Morard et possédait des biens dans le voisinage du couvent. Son nom et celui de son frère Hugues se rencontrent dans plusieurs actes de Saint-Père.
5 Gislebert de Tardais prit part à la troisième croisade en 1190. (Arch. dep. d'Eure-et-Loir ; Titres de Saint-Cheron.)

Alexandri tertii, papæ, « de libertate claustri et domorum familiarium. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri episcopo et dilectis filiis decano, capitulo et clero Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Cum a tempore bone memorie Ivonis, quondam Carnotensis episcopi, claustrum Carnotense, domus et servientes ecclesiarum vestrarum ea usi sunt continue libertate et immunitate gavisi ut nulla secularis potestas aliquam in eis ditionem vel correctionem habuerit, ne contra prescriptam consuetudinem vexari ulterius aliqua ratione possitis, prescriptam immunitatem confirmari auctoritate apostolica postulastis. Nos itaque paci vestre paterna volentes sollicitudine providere, claustri, domorum et familiarum vestrarum libertatem, quam a temporibus prefati episcopi habuisse nescuntur, auctoritate apostolica confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus. Statuentes, etc..... Datum Laterani, iiii nonas martii1. »


1 Voir ci-dessus nº XXIV.

Godescalli, abbatis Bonevallensis, super dono cujusdam terræ juxta Prata-Episcopi.

  • B Bibl. nat. de France, carton 28bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, fol. 106 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Universis tam presentibus quam futuris notum sit quod Arnoldus, qui ecclesie Bonevallensis minister exstitit1, domno Gaufrido, Carnotensi episcopo, quandam vendidit terrulam, juxta prata ejusdem episcopi constitutam. Quod factum domnus Godescallus2 postea concessit, qui, favente Deo, post Arnaldum pastoralem in eadem ecclesia dignitatem obtinuit. Hoc etiam universus ejusdem cenobii conventus approbavit, scriptoque confirmavit ; scilicet, ut eandem terram domnus Gaufridus, Carnotensis episcopus, in perpetuum liberam possideat, et, absque calumpnia, quicquid aliud sibi placuerit de eadem terra faciat. »


1 Arnaud de Chartres, abbé de Bonneval (1144-1156), connu par ses ouvrages théologiques et par sa liaison avec saint Bernard qui, peu de jours avant sa mort (20 août 1153), lui écrivit sa dernière lettre.
2 Godescal n'est pas cité parmi les abbés de Bonneval par les auteurs du Gallia christiana, qui font succéder à Arnaud H. ou G., Hubert, Herbert, Hugues ou Geoffroy ; mais en exprimant leurs doutes sur l'existence de cet abbé H., préférant, disent-ils, croire qu'on s'est trompé en transformant en H. le G., lettre initiale de Geoffroy, nom qu'ils adoptent pour celui du successeur d'Arnaud. Nous voyons par cette pièce que le G. doit être interprété par Godescal et non par Geoffroy.

Alexandri papæ tertii, de possessionibus episcoporum Carnotensium.

  • a Jaffé, Reg. pont. rom., p. 688, n° 7227.
  • b Gall. christ., tome VIII, instr., p. 337.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri Roberto, Carnotensium episcopo, ejusque successoribus canonice substituendis in perpetuum. Et ordo rationis expostulat, et ecclesiastice utilitatis consideratio nos invitat fratres et coepiscopos nostros ampliori caritate diligere, et commissas eorum gubernationi ecclesias patrocinio sedis apostolice propensius communire, quatinus in suscepti executione officii tanto vigilantiores possint semper existere, quanto se a pravorum incursibus securiores viderint permanere. Eapropter, venerabilis in Christo frater, Roberte episcope, tuis justis postulationibus benigno concurrentes assensu, ad exemplar felicis recordationis Adriani pape1 predecessoris nostri, Carnotensem ecclesiam, cui auctore Deo presidere dinosceris, sub beati Petri et nostra protectione suscipimus, et presentis scripti privilegio communimus, statuentes ut quascumque possessiones, quecumque bona in presentiarum juste et canonice possides, aut in futurum, concessione pontificum, largitione regum vel principum, oblatione fidelium, seu aliis justis modis, Deo propicio, poteris adipisci, firma tibi tuisque successoribus et illibata permaneant. In quibus hec propriis duximus exprimenda vocabulis : abbatiam Sancti-Andree, theloneum2, census et alias possessiones ac redditus, quos habes in civitate Carnotensi cum immunitate sua ; item Fraxinetum, Basoche, Bercherie, Chambleium, Ermenodivillam, Pontem-Goeni, Balneolum, Mondonvillam, Tertre-Goderani, Spinterie, Theclin, Boscum-Sancti-Martini, Mungerdivillam, Busseium, Vallem-Garengis, Galdum-Sancti-Stephani, Loun, Pontem-Ebrardi, cum omnibus illarum villarum pertinentiis, casamenta etiam et feoda, et omnia alia que ad jus et mensam Carnotensis ecclesie pertinent. Decernimus ergo ut nulli omnino hominum liceat prefatam ecclesiam temere perturbare, vel predictam abbatiam, et reliquas possessiones a mensa episcopi quocumque modo alienare, seu in personatum concedere, auferre, vel ablatas retinere, minuere, seu quibuslibet vexationibus fatigare, sed omnia illibata et integra conserventur eorum pro quorum gubernatione et sustentatione concessa sunt, usibus omnimodis profutura, salva nimirum apostolice sedis auctoritate. Si qua igitur in futurum, etc. ....... Datum per manum Normanni, sancte Romane ecclesie subdiaconi et notarii, . Subscripserunt : Alexander, catholice ecclesie episcopus ; Hubaldus, Hostiensis episcopus3 ; Bernardus, Portuensis et Sancte-Rufine episcopus4 ; Galterus, Albanensis episcopus5 ; Hubaldus, presbiter cardinalis tituli Sancte-Crucis-in-Jerusalem6 ; Henricus, presbiter cardinalis tituli Sanctorum Nerei et Achillei7 ; Albertus, presbiter cardinalis tituli Sancti-Laurentii-in-Lucina8 ; Guillelmus, presbiter cardinalis tituli Sancti-Petri-ad-Vincula9 ; Jacintus, diaconus cardinalis Sancte-Marie-in-Cosmedin10 ; Odo, diaconus cardinalis Sancti-Nicolai-in-Carcere-Tuliano11 ; Ardicio, diaconus cardinalis Sancti-Theodori12 ; Boso, diaconus cardinalis Sanctorum Cosme et Damiani13 ; Chintius, diaconus cardinalis Sancti-Adriani14 ; Johannes, diaconus cardinalis Sancte-Marie-in-Porticu15. »


1 Adrien IV (1154-1159). La bulle de ce pontife ne nous est pas connue.
2 Theloneum, tonlieu, droit d'entrée ou de passage imposé sur certaines denrées ou marchandises.
3 Hubald Allucingoli, cardinal du titre de Sainte-Praxède, évêque d'Ostie, élu pape en 1181, à la mort d'Alexandre III, sous le nom de Lucius III.
4 Bernard, dit de Rennes, disciple de saint Bernard de Clairvaux, d'abord chanoine régulier de Saint-Frigidien de Lucques, puis cardinal du titre de Saint-Clément et évêque de Porto. Envoyé en Allemagne comme légat en 1151, il participa à la déposition de Henri, archevêque de Mayence. Il mourut vers 1163.
5 Gautier, évêque d'Albano, cardinal en 1159, mort en 1178.
6 Hubald ou Hubert Caccianemici, parent de Lucius II qui le créa cardinal en 1144, mort vers 1163.
7 Henri Moricotti, religieux de l'ordre de Citeaux, cardinal en 1150, légat en Sicile, en Allemagne, en France et en Angleterre, mort en 1179.
8 Albert de Mora, élu pape en 1187, sous le nom de Grégoire VIII.
9 Guillaume Matingus, d'abord archidiacre de Pavie, puis cardinal et légat en Allemagne et en France, mort en 1177.
10 Hyacinthe Bobocard, élu pape en 1191, sous le nom de Célestin III.
11 Eudes ou Otton, cardinal en 1150, légat en Espagne.
12 Ardicio, évêque de Cumes, cardinal en 1150.
13 Boson, neveu d'Adrien IV (Breakspear), cardinal en 1155, puis légat en Portugal.
14 Cinthio Papi, parent d'Innocent II, cardinal en 1158.
15 Jean Conti, cardinal-diacre, puis évêque de Palestrine et légat en France, mort en 1196.

Alexandri papæ, Ludovico, Francorum regi, de receptione episcopi consecrati.

  • a Gallia christ., tome VIII, instr., p. 308.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, carissimo in Christo filio Ludovico, illustri Francorum regi, salutem et apostolicam benedictionem. Dilectum filium nostrum Willelmum, Carnotensem electum1, ad nostram presentiam venientem, tum magnificentie tue obtentu, tum totius sanguinis sui respectu, et sue honestatis ac probitatis intuitu, paterna benignitate suscepimus, et ipsum, dum apud nos fuit, prout decuit, honeste ac benigne tractantes, in suis petitionibus prompto animo curavimus exaudire. Eum itaque, cum amoris nostre et gratie plenitudine, ad propria remittentes, licet de superabundanti quodam modo videatur, regie excellentie propensius commendantes, serenitatem tuam per apostolica scripta rogamus, monemus et exhortamur attentius, quatenus ipsum, pro reverentia beati Petri ; ac nostra, et sue nobilitatis ac devotionis intuitu, diligere, manu tenere propensius et honorare intendas, et in justicia sua et commisse sibi ecclesie attentius confovere : ut ipse idem circa regiam magnificentiam devotior omni tempore et fidelior apparere debeat, et nos quoque excellentie tue teneamur propter hoc gratiarum actiones uberrimas exhibere. Rogamus ad hec celsitudinem tuam, et in Domino commonemus, quatenus causam ecclesie, quam velut propriam suscepisti tuendam, manu tenere satagas, et viriliter defensare, et ad exaltationem et incrementum ecclesie, sicut hactenus magnanimiter fecisse dinosceris2, studium et operam constanter impendas, et ad hoc, sicut rex christianissimus et magnificus princeps, modis omnibus elabores. ...... Datum apud Montem-Pessulanum, . »


1 Guillaume de Champagne, dit aux Blanches-Mains (1165-1176). Ce prélat ne fut sacré qu'en décembre 1168, et porta jusque-là le titre d'élu de Chartres. Archevêque de Sens de 1168 à 1176, tout en conservant l'évêché de Chartres, il passa à l'archevêché de Reims qu'il tint jusqu'en 1202. Le pape Alexandre III le fit cardinal du titre de Sainte-Sabine en 1180. Le Nécrologe renferme, sous la date du 8 des ides de septembre, l'éloge complet de cet illustre prélat, qui fut mêlé à toutes les grandes affaires de son siècle, en sa double qualité de légat du Pape et d'oncle de Philippe-Auguste.
2 Louis VII venait d'accueillir à sa cour et de défendre contre le roi d'Angleterre Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, expulsé de son siége.

« Manasse, Aurelianensis episcopi, super capella de Merroliis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1458 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXVI, FF, 1).
  • B Cart. capellarum, fol. 9v°.
  • C Bibl. nat. de France, carton 28, p. 68 et 28 bis, fol. 31r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Manasses1, Dei gratia, Aurelianensis ecclesie minister humilis, omnibus notificamus quia, nobis astantibus, requisivit Carnotense Capitulum, in presentia domini nostri G[uillelmi], Carnotensis electi, Garnerius Rufus2, ut, licentia sui3, liceret ei constituere capellam, in honore beate Marie et sancti Jacobi, apud Merrolias, salvo jure ecclesie Sancti-Laurentii, ad quam spectaret, de omnibus ; ita tamen quod presbiter Sancti-Laurentii omnia christianitatis offitia prefato Garnerio exhibebit et familie ipsius et omnibus hominibus terre illius apud eandem ecclesiam, excepta corporum sepultura que apud matricem ecclesiam sepelientur. Electus autem et canonici, precibus nostris et ejusdem Garnerii adquiescentes, juste petitioni gratum prebuerunt assensum4. Ut autem tantum benefitium aliqua sequeretur remuneratio, sepenominatus Garnerius presbitero Beati-Laurentii, qui capelle deserviet de Merroliis, unum modium frumenti, mensura Balgentiacensi mensuratum, singulis annis, habendum, et unum modium melioris quam habebit martialis annone, eadem mensura mensurate, dedit et concessit. Si vero aliquis, quod absit, contra stabilitatem hanc conabitur insultare, nos in illum gladio Spiritus-Sancti insurgemus et consulari justicia errorem vindicabimus. Quod ut ratum permaneret et perpetue stabilitatis munimen obtineret, scripto commendari et sigilli nostri auctoritate corroborari precepimus. Actum publice Carnotis, anno incarnati Verbi MºCºLXºVº. Ordinatis in ecclesia Sancte-Crucis majoribus personis : Johanne, decano ; Guillelmo, cantore ; Hugone, subdecano ; Manasses, capicerio ; cancellario nullo. »


1 Manassès II de Garlande, évêque d'Orléans (1146-1186).
2 Le nom de Leroux était très-commun dans le pays Chartrain, au XIIe siècle, parmi la noblesse de second ordre : les titres de l'abbaye de Saint-Père nous font connaître des individus de ce nom à Abonville, Vert-en-Drouais, Breval, Alluyes, Brou, etc. ; mais Garnier Leroux, dont il est question dans cette charte, paraît appartenir à une autre famille, car, dans les lettres que le Chapitre de Chartres lui accorda pour autoriser la construction de la chapelle de Marolles, il est qualifié de miles Balgentiacensis.
3 La cure de Saint-Laurent-des-Bois, qui était à la collation du Chapitre comme appartenant à la seconde portion de Dunois, lui fut enlevée en 1706 par un compromis passé avec David-Nicolas de Berthier, premier évêque de Blois.
4 Les lettres du Chapitre de Chartres accordant à Garnier Leroux l'autorisation de construire la chapelle de Marolles, salvo jure chrismatis ecclesie, sont datées de 1166 (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, cart. capellarum, fº 40 vº. — Bibl. Imp., cart. 28, p. 71 et 28 bis, fº 32 vº). Dans cette charte, on voit figurer la femme de Garnier, Maria et son fils Garnerius.

« Carta Carnotensis electi, de vino, » abbatiæ Sancti-Ebrulfi pertinenti, apud Carnotum.

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1141 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XXXV, B, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Willelmus, Dei gratia, Carnotensis electus, tam futuris quam presentibus notum facio quod Ivo de Hisleriis1, cum adversus eum monachi Sancti-Ebrulfi2 tres modios vini, ex dono Girardi Boelli, annuatim solvendos reclamarent, ille, acceptis ab eisdem monachis et ab ipsorum testibus juramentis, eis, in presentia nostra, quod requirebant libere et quiete concessit. Hoc ut ratum esset, sigillo nostro confirmavimus3. »


1 Voir p. 106, note 10.
2 Saint-Evroul, monastère de l'ordre de saint Benoît, au diocèse de Lisieux, fondé dès le VIe ou VIIe siècle.

3 En 1246-47, au mois de mars, Geoffroy d'Ouarville, chanoine de Chartres, reconnaît devoir chaque année à l'abbaye de Saint-Evroul la somme de quarante sous chartrains pour la ferme trium modiorum vini quos ipsi habent in decima que fuit Girardi, quondam dicti Boel, militis, apud Carnotum. Geoffroy d'Ouarville possédait cette ferme comme héritier en partie de Girard Boël, dont son père Renaud II avait épousé la fille, Hermengarde.

En 1255-56, au mois de janvier, le même Geoffroy confirme à l'abbaye de Saint-Evroul le don de ces trois muids de vin fait par Girard Boël, son aïeul.

En 1260-61, le jeudi avant la Purification, Richard, abbé de Saint-Evroul et le couvent dudit lieu vendent ces trois muids de vin au Chapitre de Chartres pour 30 livres tournois.

Le même jour, Foulques, évêque de Lisieux, confirme cette vente. (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. XXXV, B, 2, 3 et 4.)

« De redditibus Matutinarum, et quod nulli duo concedantur honores nec personis alibi commorantibus. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 5; et carton 28 bis, fol. 2 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis Gaufrido decano1 ceterisque canonicis Carnotensis ecclesie, tam presentibus quam futuris, canonice substituendis in perpetuum. Quotiens illud a nobis petitur quod religioni et honestati convenire dinoscitur, animo nos decet libenti concedere et petentium desideriis congruum suffragium impartiri : sicut enim injusta petentibus nullus est tribuendus effectus, ita legitima postulantium non est differenda petitio. Eapropter, dilecti in Domino filii, vestris justis postulationibus clementer annuimus et prefatam Dei genitricis semper virginis Marie ecclesiam in qua divino estis obsequio mancipati, ad exemplar sancte recordationis predecessoris nostri Lucii pape, sub beati Petri et nostra protectione suscipimus et presentis scripti privilegio communimus. Statuentes ut quascumque possessiones, quecumque bona eadem ecclesia in presentiarum juste et canonice possidet, aut in futurum, concessione pontificum, liberalitate regum vel principum, oblatione fidelium, seu aliis justis modis, prestante Domino, poterit adipisci, firma vobis vestrisque successoribus et illibata permaneant2. Illud etiam quod pro servitio ejusdem genitricis Dei et honestate Carnotensis ecclesie a vobis rationabili providentia statutum est, per presentis scripti paginam confirmamus et ratum manere censemus, ut videlicet oblationes altarium de villis vestris, annone de molendinis, minute decimationes, proventus nemorum et quedam alia jam a vestra discretione concessa, vel in antea concedenda, usibus fratrum qui ad Matutinas et ad missam assidui fuerint perpetuo cedant, ita videlicet ut qui eisdem servitiis non interfuerint nequaquam in eis partem recipiant3. Preterea quum, juxta beati. Gregorii sentenciam, singula ecclesiastici juris officia singulis quibusque personis sigillatim committi debent, prohibemus de cetero ut nulli duos honores in eadem ecclesia concedantur, nec prepositure sive personatus ejusdem ecclesie personis alibi commorantibus tribuantur. Decernimus ergo, etc. ...... 4»


1 Geoffroy, doyen (1165-1201).
2 Le pape Clément IV, par une bulle datée de Viterbe, le 3 des calendes de novembre, la seconde année de son pontificat (1266), confirma cette clause de la bulle d'Alexandre III (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. X, A, 11 ter).
3 En vertu de cette disposition que nous retrouverons dans plusieurs autres bulles, le fonds ou compte des Matiniers devint un des plus importants du budget des chanoines et assura le service des matines par l'attrait d'une juste rémunération.
4 La date de cette bulle manque absolument dans les copies des Cartulaires ; nous n'avons eu pour nous guider que le nom du pape et celui du doyen.

Echange entre les secrétaires du Chapitre et le nommé Ansold, closier de l'évêque, par lequel ledit Ansold leur abandonne quelques terres qu'il avait à Sandarville, pour et en contr'échange de quelques autres terres sises proche la maison dudit Ansold.

  • B Arch. dép. Eure-et-Loir. Inventaire du Chapitre, carton CX, A, 1.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

Carta Ludovici, regis, « quod non reclamaret consuetudinem pro eo quod homines nostri inerant in exercitum suum. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 74; et carton 28 bis, fol. 34 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, amen. Ego Ludovicus, Dei gracia, Francorum rex : quanto eminentius ecclesiam Carnotensem diligimus, tanto minus eam affligere et dignitatem cleri humiliare volumus. Unde notum facimus omnibus, futuris sicut et presentibus, quia ex eo quod homines predicte ecclesie, anno incarnationis dominice MºCºLXVIIº, venerunt in exercitum nostrum1, nullam in postmodum super ecclesiam et homines clamabimus consuetudinem quam prius non habuissemus. Quod ut ratum sit, sigillo nostro muniri et nominis nostri karactere signari fecimus. Actum Parisius, . »


1 Lors de l'expédition de Louis-le-Jeune contre Henri II dans le Vexin normand.

« Super quibusdam terris in prepositura de Auvers. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 89; et carton 28 bis, fol. 40 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« In nomine sancte et individue Trinitatis. Ego Gaufridus, decanus, et universitas Capituli Carnotensis, presentibus et futuris notum facere curavimus quod terras quas tenuerat et excoluerat Herveius, concanonicus noster et prepositus ville que dicitur Auvers1, Petro et heredibus suis concessimus, quiete in perpetuum possidendas, ea scilicet conditione ut quicumque eas possederint, hospites predicte ville permaneant et singulis annis ecclesie nostre campipartem et decimam de prefatis terris integre persolvant. Actum in capitulo nostro, anno dominice incarnationis MºCºLXºVIIIº. Quod ut ratum et inconcussum per succedentia tempora permaneret, presenti cyrographo et sigillo Beate-Marie placuit roborari. »


1 Il ne faut point entendre par ce titre de prévôt d'Auvers une dignité de l'église de Chartres ; ce ne fut que plus de vingt-cinq ans après que les quatre anciens prévôts de l'église prirent le nom des quatre grandes prêtrières, au nombre desquelles était la seigneurie d'Auvers. Hervé était simplement préposé, au nom du Chapitre, à la régie et au gouvernement de cette seigneurie.

« Alexandri pape III, de forinsecis. »

  • A Original en parchemin bullé. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 362 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton I, L, 10).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 27; et carton 28 bis, fol. 11v°.
  • a Theodori Penitent., II, 429.
  • b Jaffé, Reg. Pont. rom., 721, n° 7700.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis decano et canonicis Carnotensibus, salutem et apostolicam benedictionem. Sicut scriptum est quod qui Evangelium annuntiat de Evangelio vivat, et qui altario deservit de altario participet, sic etiam ex eisdem potest manifeste perpendi quod qui altario non deservit ejus non debet beneficiis participare. Inde siquidem est quod nos ecclesiam vestram, que inter minores regni Francorum computari non solet, debitis obsequiis defraudari nolentes, auctoritate apostolica duximus statuendum ut qui in eadem ecclesia vestra de cetero canonizandi fuerint et ibidem mansionarii non extiterint xx solidos tantum de prebenda sua singulis annis percipiant, nec a vobis vel ab ecclesia prescripta magis exigere vel recipere possint, dummodo in ipsius ecclesie obsequis, sicut et mansionarii faciunt, assidue noluerint permanere. Datum Beneventi, 1. »


1 Cette date de l'année 1168-1169 coïncide, d'après l'itinéraire dressé par Jaffé, avec le séjour d'Alexandre III à Bénévent.

Alexandri papæ III, de confirmatione ecclesiæ Beati-Mauricii episcopo Carnotensi

  • B Copie sur papier. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 3238 (ancienne cote : fonds de la fabrique de Saint-Maurice, B).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Guillelmo, Carnotensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. Ex tenore litterarum tuarum accepimus quod ecclesiam Beati-Mauricii Carnotensis de laicorum manibus eripuisti et eam, sine contradictione illorum, pacifice nosceris possidere. Quod utique nos gratum acceptumque tenentes, sollicitudinem tuam in hac parte non modicum commendamus, et eandem ecclesiam tibi et per te successoribus tuis, auctoritate apostolica, confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus. Statuentes, etc. ........ Datum Beneventi, . »

Carta Gaufridi, Carnotensis præpositi, « de Benis, » abbatiæ de Tironio concessis.

  • B Copie sur papier. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1549 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXXXIV bis, A, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Que cito oblivioni tradi possunt et a modernorum deleri memoria, scripto commendare consuevit antiquorum prudentia. Quare ego Gaufridus, Carnotensis prepositus, presentibus et futuris notifico me, in capitulo nostro ecclesie Beate-Marie, de tota illa terra, quam, apud Benas, Geroius, cantor ecclesie Carnotensis, in presentia Gaufridi, pie memorie quondam Carnotensis episcopi, avunculi mei, ecclesie de Tirun contulit, monachos prefate ecclesie revestisse, et contra omnes me defensorem sub mea protectione cepisse1. Plurimis enim evolutis annorum circulis, eam quidam rustici propriis aratris excoluerant ; unde, crescente malicia, quo gratiores esse deberent deteriores fiebant, et inde pro eadem terra injuste monachis calumnias inferebant, eamque ab eis auferre pro posse suo satagebant ; sed, eorum voluntate comperta, recto precurrente clericorum ac laicorum judicio, ab eis abstulimus aliena, monachis reddentes propria. Hujus rei testes sunt : Raherius, prepositus ; Ernaudus de Folet ; Richerius, subcentor ; Petrus de Cuneo-Muri ; Hubertus Hortolanus ; Petrus de Hosemio. »


1 Vers la même époque, Guillaume, archevêque de Sens, confirma cette sauvegarde de Geoffroy en faveur de l'abbaye de Thiron (Orig. en parch., ibid., id.).

« Super augmento census debiti a domino Galardonis et quadam pace facta inter dominum Galardonis et quosdam homines de Gaivilla. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 55; et carton 28 bis, fol. 25r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gaufridus, decanus, et universitas Capituli Carnotensis presentibus et futuris notum facere curavimus quod Hugo de Galardone1, cum homines Beate-Marie, in quos nichil juris habebat, Robertum, filium Hugonis de Gaisvilla, et Garinum, Ernaldi filium, nimis duriter tractasset, utrumque oculis et genitalibus privando, tandem a nobis et a predictis hominibus nostris eorumque cognatione hujusmodi satisfactionis remedio veniam obtinuit, sicque inter utramque partem pax composita est, et securitas hinc et inde restituta est atque firmata : prefatus siquidem Hugo censui quinque solidorum quem nobis annuatim tam ipse quam pater suus reddere solitus erat censum triplicem adjecit, sicque, in summa, viginti solidos firmissime pepigit Capitulo Beate-Marie, singulis annis, , a se et ab heredibus suis, qui sibi in Galardonis dominationem succederent, in perpetuum persolvendos. Hoc autem fecit, tum pro bono pacis, tum pro pascuis sibi a Capitulo concessis, ut ea deinceps liberius et quietius tam ipse quam heredes sui possiderent quamdiu pretaxatam census summam, viginti scilicet solidos, annuatim, ut dictum est, Capitulo persolverent. Prenominatis vero hominibus nostris, quibus tam tristem atque probrosam membrorum mutilationem intulerat, hanc rependit honorificentiam, solatiumque miserie, atque inopie relevationem : amborum quippe, nunc illius nunc istius, manibus manus suas interserens, utrique ipse hominium fecit2 duosque illis annone modios equipollentis annone refectorii nostri, unicuique suum, dum uterque viveret, pepigit se annuatim daturum, in festivitate sancti Remigii ; quod si alterum eorum mori contingeret, superstiti unum modium, in predicta festivitate, annuatim exsolveret. Preterea plerique militum ejusdem Hugonis, eadem de causa qua et dominus suus, sepedictis Roberto et Garino et quibusdam consanguineis eorum hominia fecerunt. Actum in capitulo nostro anno dominice incarnationis MºCºLXºIXº. Quod ut ratum et stabile permaneret, placuit scripto mandari et sigillo Beate-Marie communiri. Nomina vero eorum qui huic rei interfuerunt placuit subscribi : Gaufridus, decanus ; Amauricus, precentor ; Gislebertus, subdecanus ; Richerius, succentor ; Robertus, cancellarius ; Milo, archidiaconus ; Mathias, archidiaconus ; Gauterius, archidiaconus ; Robertus, archidiaconus ; Ernaldus, archidiaconus ; Gaufridus, prepositus ; Raherius, prepositus ; Haimo, capicerius ; Hubertus, camerarius ; Garinus, presbyter ; Guillelmus, presbyter de Nogento ; Lambertus, presbyter ; Henricus, presbyter ; Willelmus de Jureio ; Fulcherius, presbyter ; Herbertus, presbyter ; Briennius, presbyter ; Gislebertus, diaconus ; Nivelo, diaconus ; Gislebertus, diaconus ; Gaufridus, diaconus ; Guismondus, diaconus ; Milo, subdiaconus ; Gervasius, subdiaconus ; Balduinus, subdiaconus ; Nicholaus, subdiaconus ; Hugo, subdiaconus ; Guido, subdiaconus ; Henricus, subdiaconus ; Godefridus, subdiaconus ; Aucherius, subdiaconus. Ex parte autem sepedicti Hugonis interfuerunt isti : Robertus de Specula3 ; Willelmus, prepositus de Galardone ; Petrus, presbyter. »


1 Hugues, seigneur de Gallardon (1164-1188). Voir, sur la généalogie des seigneurs de Gallardon, l'étude de M. L. Merlet, insérée dans le second volume des Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, p. 283.
2 Hominium représente ici l'homagium de paga de la Coutume de Normandie (Part. I, cap. xxx, ex Cod. reg., 4651. — Du Cange, verbo homagium), c'est-à-dire l'aveu de l'injure et la promesse faite par l'offenseur à l'offensé de garder dorénavant la paix refformée entre eux. Cette promesse se trouvait garantie, dans l'espèce, par les hommages des chevaliers de la suite du sire de Gallardon. On s'étonnerait de cette démarche humiliante d'un seigneur du XIIe siècle envers des hommes de corps, si l'on ne savait qu'elle était dictée par le Chapitre de Chartres, seigneur des plus puissants, qui, lésé dans sa chose et dans ses droits de haut-justicier, exigeait non-seulement des dommages-intérêts, mais une réparation publique de l'outrage fait à sa justice dans la personne de ses sujets. Nous verrons dans la suite de ce Cartulaire, à l'année 1212, un exemple encore plus frappant d'une sévère expiation imposée par le Chapitre au seigneur de Gallardon.
3 Robert de Specula, chevalier, était fils du seigneur de la Bâte, de la Baata, et de Guiburge, sœur d'Adam de la Chapelle (Cart. des Vaux-de-Cernay, nos XXXI et LXVII).

« Capituli Carnotensis, super molendino et prato de Valcellis. »

  • A Chirographe original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 2618 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXXXVI, D, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 88; et carton 28 bis, fol. 40v°.
  • C Fragment d'un cartulaire du XVe siècle appartenant à M. E. Lefèvre, fol. 34 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Gaufridus, decanus, et universitas Capituli Carnotensis, presentibus et futuris notum facere curavimus, quod controversia que inter nos et servientem nostrum Guillelmum, majorem de Maigneriis, orta erat, super molendino de Valcellis1 et prato quod eidem molendino proximum est2, tali demum compositione ad pacem et concordiam est redacta : concessimus siquidem prenominato majori predictum molendinum, cum molta3 consueta, hereditario jure possidendum, tali scilicet tenore ut ipse et heredes sui, sibi in ejusdem molendini possessionem successuri, Capitulo, singulis annis, pro modiatione, persolvant vi modios annone4, talis qualem accipiemus ab aliis quibus commissa sunt vel erunt cetera Capituli molendina. Ipse autem abjuravit pratum supradictum et concessit illud Capitulo libere et quiete perpetuo habendum. Actum in capitulo nostro, anno Dominice incarnationis MºCºLXIXº. Quod ut ratum et stabile permaneat presenti cyrographo et auctoritate sigilli Beate-Marie placuit roborari. »


1 Au lieu de Valcellis, le cart. 28 bis porte, en interligne, d'une écriture plus moderne, le nom de Cepeio.
2 Au mois de novembre 1243, Bobon, chantre, acquit, au nom du Chapitre, de Guillaume, maire de Mignières, et Agnès sa femme, cinq muids de blé de rente sur le moulin de Vaucelles, moyennant le prix de cent livres chartraines (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. LXXXVI, D, 1).
3 Molta, redevance en nature ou en argent, due par les sujets banniers pour la mouture de leurs grains dans les moulins seigneuriaux.
4 Le Chapitre rentra en possession du moulin de Vaucelles, apparemment faute de paiement des redevances en grains mentionnées dans les actes de 1169 et 1243. En 1470, il donna à bail emphythéotique la place dudit moulin qui fut reconstruit à cette époque. Enfin, en 1673, il concéda, à rente foncière et seigneuriale, à Marin Gillet, le biez de rivière et place dudit moulin (Original en parchemin. Areh. d'Eure-et-Loir, C. LXXXVI, D, 4 et 7).

« De quadam pace, facta inter Capitulum et Raherium de Montiniaco. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28 bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, fol. 95 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Wuillelmus, Dei gracia, Senonensis archiepiscopus et apostolice sedis legatus, notum fieri volo presentibus et futuris contencionem quandam, que inter canonicos Beate-Marie Carnotensis matris ecclesie et Raherium de Montiniaco diu duraverat, coram nobis decisam et transactione que infra scribitur terminatam. Concesserat et in perpetuum donaverat Odo et filius ejus Raherius1 canonicis decimam et primicias tocius Gaudi-Thesaurarii, a vado Tronelli usque ad propriam terram Oigniaci, et tocius juvenis foreste, cum crescentiis suis. Quia vero predictus Raherius, predicti Odonis filius, huic concessioni et dono, tempore nostro, in quibusdam contrarius, in quibusdam consentiens erat, ipsum et canonicos, in presentia nostra, compositione que sequitur in idem fecimus consentire. In territorio Nove-Fontenelle canonici primicias et decimas ex integro percipient, sicut et ante diem transactionis hujus, sine contradictione aliqua, percipere soliti erant2. Illud et adjiciendum est quod Raherius vel ejus successor, pro censu de Fontenella, singulis annis, xx solidos, , canonicis Beate-Marie persolvet. In ceteris autem locis qui infra predictos terminos continentur, terragium3 simul et decima per campipartiarium Raherii et successoris ipsius, qui fidelitatem, singulis annis, canonicis jurabit, in unam grangiam, vel, si una non sufficiat, in duas, competentibus locis, constructas, congerentur, ut, trituratis messibus, terciam partem tam grani quam straminis habeant, reliquas duas Raherius aut successor ejus sibi tollat ; et, ad edificationem grangie, cum res ad ipsos devenerit, canonici terciam partem mittent, Raherius vel successor ejus duas. Licebit autem canonicis, si voluerint, servientem proprium ibi habere, qui partem eorum custodiat et fidelitatem Raherio, si exegerit, faciat. Hanc autem terciam partem suam canonici Raherio clerico, predicti Raherii filio, sub annua pensione duorum modiorum annone, in vita sua concesserunt, ita ut modium hibernagii et modium avene canonicis persolvat. Post decessum autem Raherii clerici, de tercia parte sua canonici, secundum predictas conditiones, quod voluerint facient. Fiet autem in loco competenti ecclesia et cimiterium, cui ecclesie presbyter de Fontenella, per se vel per capellanum suum, deserviet. Decedente autem presbytero de Fontenella, alius in ecclesia nova illa, per manum Raherii clerici, si facultas ecclesie suppetat, substituetur. Si vero superstes non fuerit, predicti canonici predictam ecclesiam cuicumque voluerint assignabunt. Sciendum est quod si quis in illo cimiterio, vel in grangia canonicorum et Raherii, excessum fecerit qui ad ecclesiasticam pertineat censuram, episcopus et canonici condignam inde faciant vindictam. Supradicte compositioni curavimus adjicere quatinus, si canonici adversus Templarios de Arevilla, in territorio prenominato, aliquid acquisierint, acquisitio illa dimidia erit canonicorum et dimidia Raherii clerici. Ut autem predicta compositio inviolabiliter et inconcussa conservetur, scriptis eam mandari fecimus et sigilli nostri auctoritate communire curavimus. Actum Carnoti, in palatio episcopali, anno ab incarnatione Domini MºCºLXºIXº, astantibus personis Carnotensis ecclesie et aliis quampluribus quorum nomina notare duximus, videlicet : Gaufrido, decano ; Amalrico, cantore ; Gisleberto, subdecano ; Richerio, succentore ; Milone, archidiacono ; Roberto, cancellario ; Ernaldo, archidiacono ; Roberto, archidiacono ; Gaufrido, preposito ; Raherio, preposito ; Fulcherio, sacerdote ; Herberto, sacerdote ; Willelmo de Novigento ; Gaufrido Bonello ; Gisleberto de Fontanis ; Roberto Pajot ; Balduino de Charisi ; Nicolao Subdecani ; Aucherio Cancellarii ; Raherio de Montiniaco ; Odone, filio ejus4 ; Raherio, clerico ; Willelmo Fremillum ; Bernardo Decano5. »


1 Rahier, seigneur de Montigny, fut, sinon le fondateur, du moins un des principaux bienfaiteurs du prieuré de Saint-Gilles de Montigny-le-Gannelon, de la dépendance de l'abbaye de Marmoutier. Il vivait encore en 1184, année où, du consentement de ses fils Eudes, Hugues et Rahier, il confirme les dons faits à ce prieuré par son père Eudes et sa mère Agnès (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du pr. de Montigny).
2 En 1229, une sentence arbitrale intervenue entre Nicolas de Frescot, chanoine et prêtrier de la Fontenelle, et Geoffroy de Droué, chevalier, régla le droit de dîme et terrage qui devait appartenir à chacune des parties dans le terroir de la Fontenelle. De nouveaux arrêts rendus en 1722 et 1724 contre Louise-Françoise de Raygnier de Boisseleau, femme de François le Bigot, seigneur de Lignière, maintinrent le Chapitre dans le droit de percevoir seul les dîmes sur toutes les terres de la paroisse de la Fontenelle, à raison de quatre gerbes par arpent de blé ensemencé et deux gerbes par arpent ensemencé en mars (Inv. du Chap., C. XXXIII, D, 2, 5, 8 et 9).
3 Le terrage ou champart, car ces deux expressions sont synonymes d'après la Coutume de Chartres (chap. xx, art. cxiii), s'entend du prélèvement fait au profit du seigneur féodal d'une certaine portion des fruits récoltés dans les champs assujettis à cette redevance. Le terrage était en quelque sorte la dîme du seigneur laïc.
4 Eudes, fils aîné de Rahier, ne paraît pas avoir survécu à son père, car ce fut Jean, second fils de Rahier, qui reçut la seigneurie de Montigny-le-Gannelon vers 1190.
5 En juillet 1201, Jean de Montigny et Hugues, son frère, déclarent approuver la transaction faite entre le Chapitre de Chartres et Rahier, leur prédécesseur, au sujet des menues dîmes du Gault (Bibl. nat. de France, cart. 28 bis, fº 96 vº).

« Capitulum Carnotense, super dono decime de Busse, facto a Matheo de Rufino. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28 bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, fol. 86 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« G[aufridus], Beate-Marie Carnotensis decanus, et universitas Capituli Carnotensis, omnibus ad quos littere iste pervenerint, in Domino salutem. Que acta sunt scripto placuit commendare, ut qui ea viderint et legerint memoriter teneant et eadem prolata in medium omnem litis materiam in futurum decidant. Sciant itaque universi, tam presentes quam futuri, quod Matheus de Rufin decimam de Busseto, quam particulariter a Terrico Havart1 et a fratre ejus Garino, presbytero, et exinde a Willelmo, majore de Vilemout, et Gilone, fratre ejusdem Willelmi, libere et pacifice acquisitam, diu possederat et tenuerat, pie recordationis affectu, Capitulo Beate-Marie Carnotensis liberam et integram, prout eandem habuerat, in elemosynam erogavit2 ; existente plegio immunitatis Radulfo de Booleto, sub cujus garentia predicta decima continetur ; Petronilla de Rennencort, sorore prefati Mathei, idipsum plegiante et concedente ; utpote sub cujus etiam tutela garantie decima esse comprobatur. Qui, in signum libere immunitatis et benigne concessionis, altare beate Marie propriis manibus humiliter tetigerunt. Ut autem concessioni huic firmiter obligarentur et ne hujus compositionis in futurum possent subterfugere veritati, in rei memoriam, unicuique predictorum, Radulfi scilicet et Petronille, vi nummi singulis annis distribuentur, qui 3, in perpetuum persolventur. Ex parte Capituli hii testes extiterunt : G[aufridus], decanus ; G[islebertus], subdecanus ; Willelmus, succentor ; Gislebertus, camerarius ; Vincentius, comitis prepositus4 ; Robertus de Campis ; Willelmus Champelin ; Goslenus, major de Magneriis ; Raginaldus, major de Moncellis ; Fulcherius, major de Amiliaco. Ex parte domni Mathei hii testes adfuerunt : Hugo de Fai; Radulfus de Orfin. »


1 La famille de Havard posséda sans interruption, de père en fils, la seigneurie de Senantes jusqu'à la fin du XVIIe siècle (1689).

2 En 1209, Robert le Noir céda à l'église de Chartres six deniers de rente qu'il avait à prendre sur la dîme de Buisseau. En 1253, Robert Bouvard et Geoffroy Pichard, frères, ayant été affranchis par le Chapitre, lui donnèrent en récompense trois muids et demi de terre, un hébergement et une ouche, à Buisseau. L'année suivante, Robert Bouvard vendit au Chapitre trois pièces de terre audit lieu, contenant environ douze setiers de terre. Enfin, en 1266, Geoffroy Pichard, devenu châtelain de Blois, amortit, comme seigneur féodal immédiat, une dîme, sise à Buisseau, vendue au Chapitre par Raimbaud de Buisseau et Guillaume de Chavernay (Inv. du Chap. ; C. CXIV, Q, 2, 3, 4 et 5).

En 1563, le Chapitre aliéna la métairie de Buisseau pour les subventions de l'Etat (Original en parchemin. C. CXIV, Q, 10), mais il conserva les dîmes de ce lieu, au sujet desquelles il eut de fréquents débats avec les seigneurs de Villeau et les religieux de Marmoutier.

3 C'est-à-dire depuis le Jeudi-Saint jusqu'au dimanche de la Quasimodo.
4 Vincent, prévôt du comte, vivait dans la seconde moitié du XIIe siècle. Son nom est rappelé, comme ancien prévôt du comte Thibault V, mort en 1191, dans l'enquête faite en 1193 par Michel, archevêque de Sens, au sujet des avoués du Chapitre.

« De donatione Bosci-Richeudis, » ab Hugone de Boteneio facta.

  • A Original en parchemin ; Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1178 (ancienne cote : fonds du Chapitre).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 139; et carton 28 bis, fol. 64 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Quod ad noticiam plurimorum pervenire volumus, provida deliberatione litteralibus monumentis mandare decrevimus. Sciat igitur presens etas omniumque futurorum secutura posteritas Hugonem de Boteneio, suorum concessione filiorum, Willelmi videlicet et Otranni, et Aremburgis uxoris Willelmi primogeniti, et Roberti filii ejusdem Willelmi, quadraginta duos terre agripennos, apud Nemus-Richoldis1, Carnotensi ecclesie Beate-Marie atque Amaurico, ejusdem ecclesie precentori, donavisse, duodecim quidem ab omni consuetudine quietos. Ex illis autem, duodecim decem hominum hospitationi, undecim vero presbytero ejusdem ville, majori duodecim, reliquos vero triginta, quorum oblate communes debebant esse Hugonis et Amaurici precentoris, concessit Hugo et filii ejus Willelmus et Otrannus, et Aremburgis uxor Willelmi, et Robertus, filius ejusdem Willelmi, ecclesie Carnotensi et Amaurico ejusdem ecclesie precentori, ita quod Amauricus vel ejus successor Hugoni supranominato vel ejus heredi duos modios avene, ad mensuram de Nogento, pro modiatione, annuatim, in , persolvat ; tali siquidem pactione quod si terra illorum triginta agripennorum operata fuerit, Hugo vel ejus heres decimam exinde habeat. Preterea donavit Hugo et filii ejus, Willermus scilicet et Otrannus, et Aremburgis uxor Willelmi, et Robertus filius ejus, quoddam nemus quod est juxta pleseium de Nemore-Richeudis, a via que est juxta agripennos usque ad aliam viam que vadit a Nemore-Richeudis ad Bogleinval, et desubtus usque ad terras operatas, Amaurico precentori et ejus successoribus, ita quod Amauricus vel ejus successor Hugoni supradicto vel ejus heredi duos solidos pro censu, , singulis annis, reddat. Huic autem concessioni affuerunt ex utraque parte testes ; ex parte Hugonis affuerunt : Herveus de Cureto ; Hubertus de Herluat2 ; Giroudus major ; ex parte precentoris affuerunt : Paganus de Maerolis ; Radulfus de Cureto ; Robertus de Trembleio ; Vitalis ; Petrus, clericus precentoris. »


1 Le Chapitre céda, par échange, au duc de Noailles, en 1753, tout ce qu'il possédait à Bois-Richeux.
2 La famille d'Herluat paraît avoir été alliée à celle de Boutigny. En 1223, nous voyons Jean de Herluat et Aimery de Boutigny, chevalier, vendre à l'abbaye des Vaux-de-Cernay quatre arpents de terre à Berchères-la-Maingot (Cart. des Vaux-de-Cernay, nº CCXXXII).

« De compositione facta inter prepositum Ebrardiville et ecclesiam Carnotensem super campiparte guesdiorum. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 64, et 20 bis, fol. 29 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Quum nonnullas rerum gestarum propter scriptorum inopiam oblivione non dubium est aboleri, magnis ac sapientibus viris visum est que in suis gesta temporibus in subsecuturis etiam vellent inconcussa manere, litterarum assignatione posteris relinquendo ab oblivionis interitu defendere. Hanc igitur providentiam approbantes, ego Gaufridus, decanus, et universitas Capituli Carnotensis non solum presentium sed et posterorum noticie scribendo tradere curavimus qualiter terminata fuerit controversia que super campiparte et decima guesdiorum1 Ebrardiville orta erat, inter venerabilem fratrem nostrum Almauricum, precentorem ecclesie nostre, tunc temporis predicte precarie procuratorem, et Ansoldum, ejusdem ville prepositum. In curia siquidem incliti regis Anglorum Henrici, apud Montem-Fortem2, a ministris ejusdem curie firmiter definitum est, et a prefato Ansoldo et filiis ejus, fide interposita, confirmatum quod idem Ansoldus et ejus heres de campiparte et decima guesdiorum Ebrardiville quartam solummodo partem a ministro procuratoris Carnotensis ecclesie, singulis annis, accipiet ; reliquas vero tres partes ecclesie nostre procurator in integrum habebit, tali scilicet tenore ut, duobus vel tribus milibus guesdiorum collectis, si Ansoldo vel heredi suo placuerit suam quartam partem accipiat et itidem quartam partem cum totum fuerit collectum3. Deinde sepedictus Ansoldus, et Beatrix, uxor ejus, et filii ejus Robertus et Gaufridus, et Almauricus in capitulum nostrum venerunt et rem, ita ut dictum est, in curia regia apud Montem-Fortem, actam esse recognoverunt atque concesserunt. Insuper Ansoldus et duo filii ejus Robertus et Gaufridus eandem rem se firmiter observaturos esse juraverunt. Acta sunt hec . Que ut rata et stabilia permanerent presentis cyrographi testimonio et auctoritate sigilli Beate-Marie placuit roborari. »


1 La guède (Isatis tinctoria) est une sorte de pastel, très-employé, avant l'introduction de l'indigo, pour la teinture des draps en bleu. Au XIIe siècle, où le métier de la Rivière avait une grande importance à Chartres, la culture de la guède était fort répandue dans le pays. Il existe une ordonnance du comte de Chartres, Jean de Châtillon, donnée au mois d'avril 1268, pour réglementer la vente de la guède (Arch. de l'Emp. ; J. 171/22. — Bibl. nat. de France, mss. fr. 5382.)
2 Simon-le-Chauve, comte d'Evreux et seigneur de Montfort, avait livré à Henri II, roi d'Angleterre, ses forteresses de Montfort, de Rochefort et d'Epernon.
3 En 1188, Geoffroy, doyen, et Aubert de Gallardon, sous-diacre et chanoine de Notre-Dame, acquirent de Geoffroy, prévôt, et de ses frères et sœurs trituratores granchie Ebrardiville, et procurationem quam in predicta granchia jure possidebant hereditario, et suam partem de guesdiis, et decem solidos andegavenses de campartagio, et octoginta pullos, et partem que predictum Gaufridum, prepositum, et sous contingebat de placitis autumni. Geoffroy, son frère Amaury et son neveu Simon firent ensuite don au Chapitre de ce qu'ils venaient d'acquérir, en présence de : Ugo, subdecanus ; Willelmus, succentor ; Gillebertus, camerarius ; Gilo, Blesensis archidiaconus ; Hugo, prepositus de Amilliaco ; Raherius, prepositus ; Briennus, canonicus et presbiter ; magister Johannes de Cuneo, Aucherius, diaconi ; Hugo de Galardone, Milo de Mentenone, Radulfus de Bello-Videre, subdiaconi ; laici : Beuvin, Garinus Guitonis, Gaufridus Salvus serviens, Robertus de Moonnaio, Johannes Normannus, Letodus, Yvo Brito (Chirogr. orig. en parch. ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. LXVII, A, 4. — Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 100, et 28 bis, fº 46 vº).

« Alexandri, de justicia prepositurarum in canonicos transfusa, et de forinsecis et de immunitate dandi telonei. »

  • A Original en parchemin bullé. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 4).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 24; et carton 28 bis, fol. 10v°.
  • a Theodori Penitent., II, 429.
  • b Jaffé, Reg. Pont. rom., 745, n° 8078.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis decano et Capitulo Carnotensis ecclesie, salutem et apostolicam benedictionem. Pontificalis auctoritatis providentia exigit et pastoralis sollicitudo requirit ut cunctorum invigilemus profectibus et ad ea studio tocius sollicitudinis aspiremus que ad ecclesiarum pertinent incrementum ; quia laudabilis est et commendanda providentia prelatorum cum ecclesiis salubri regimine provident et earum statum dirigere satagunt et conservare illesum. Intelleximus autem quod venerabilis frater noster Willelmus, Senonensis archiepiscopus, apostolice sedis legatus1, cognoscens dolum et fraudem que in tractandis et disponendis redditibus ecclesie vestre ab infidelibus ministris fiebat, consilio et conniventia tocius Capituli vestri, statuit et ordinavit ut duo, tres, quatuor, vel plures numero, juxta competentem prebendalium proventuum estimationem, sibi ad invicem adjungantur, qui partes sorti sue deputatas, servata honestate, procurent, et de tuendis, fovendis atque juvandis qui in sua sunt ditione terrarum colonis curam fidelissimam gerant ; et, ne circa injunctam sibi sollicitudinem minus solliciti aut negligentes existant, omnes justicias que seculares appellantur et que solent ad prepositos pertinere, sive terrarum, seu rusticorum, in canonicorum jura transfudit, ita ut pro nullo penitus forisfacto liceat preposito quempiam ex rusticis summonere vel justiciare. Si autem aliquis eorum tam temerarius extiterit ut eidem redditus suos tempore quo debentur non solvat, illum prepositus justiciabit et emendationem forisfacti sibi soli vendicabit. Sane si quis rusticorum cuilibet extraneo injuriosus fuerit, clamor ad canonicos deferatur. Presentatio autem presbiterorum in ecclesiis que vacaverint canonicorum pariter et prepositi erit, et si prepositus noluerit aut dissimulaverit interesse, canonici quod suum est nichilominus exsequantur. Presbiter vero qui fuerit presentatus fidelitatem prestabit utrisque. Sane predictus archiepiscopus, volens constitutionem ipsam ratam et firmam manere, omnia que prescripta sunt in prepositura quam detinebat observari decrevit, et de ceteris preposituris, censivis quoque, atque precariis idipsum similiter censuit observandum, cum illos qui eas detinent contigerit ex hac vita decedere, vel forte illas quoquo modo dimittere. Preterea ab eodem statutum est et ordinatum ut qui ante hanc institutionem canonici facti, anno ad minus dimidio mansionarii in vestra civitate non fuerint, centum solidos minus quam mansionarii annuatim consequantur. Eos autem qui futuri erunt canonici nichil de prebenda preter quadraginta solidos, si mansionarii non fuerint, esse percepturos constituit, his quos excepistis duntaxat exceptis2. Additum est etiam quod hec particio prebendarum quinquennalem terminum debeat obtinere et hii quibus hec data est et collata potestas cum subjectis modeste agere, non eis calumpniam imponere, nec ipsos opprimere angariis debeant, aut immoderate gravare. Quam siquidem institutionem, prout superius dictum est, ratam et fimam habemus et auctoritate apostolica confirmamus. Ad hec libertatem claustri vestri, sicut in privilegiis regum Francie continetur, et antiquam et rationabilem consuetudinem ecclesie vestre, scilicet quod homines et hospites ipsius ecclesie in tota civitate et episcopatu vestro de omnibus mercationibus ad suum et familie sue usum pertinentibus, nullam, vendentes vel ementes, consuetudinem seu theloneum reddant, nichilominus auctoritatis apostolice duximus robore confirmandam3. Statuentes, etc..... Datum Tusculani, 4. »


1 La charte de Guillaume, archevêque de Sens, est datée de 1171, dans le Chapitre de l'église de Chartres (Bibl. Imp., cart. 28, p. 50, et 28 bis, fº 23 rº).

2 Cette question de la résidence des chanoines fut une de celles qui occupèrent le plus les Souverains-Pontifes et les Evêques aux XIIe et XIIIe siècles. Nous avons déjà vu la bulle d'Alexandre III du 4 avril 1168-1169 (nº LXXVII). Nous publierons plus loin une bulle du même pape du 23 janvier 1179, relative au même sujet. Lucius III, en 1183, renouvela les prescriptions de son prédécesseur. En 1208, l'évêque Renaud de Mouçon statua que nul chanoine ne pourrait jouir de son gros s'il n'avait résidé et assisté pontificalement à l'office du chœur au moins six mois de l'année (Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 111, et 28 bis, fº 51 rº). Au mois de janvier 1252, le pape Alexandre IV déclara que les chanoines ne demeurant pas dans le cloître recevraient néanmoins leurs distributions, pourvu qu'ils fussent présents à Matines et à deux des Heures du jour (Orig. en parch., Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du Chap., C. I, L, 11). L'obligation de la résidence devint plus rigoureuse encore par la promulgation du canon du concile de Trente (Sess. 24, de reformat., cap. 12), qui disposa que les chanoines absents plus de trois mois par an perdraient leurs gros.

Cependant, malgré les protestations énergiques des chanoines, de nombreuses infractions furent faites à ces réglements. Une bulle du pape Honorius III, ne faisant au reste que confirmer une ordonnance capitulaire, statua, vers 1216, que les chanoines étudiants en théologie seraient réputés présents et gagneraient les gros fruits de leurs prébendes, à quelque école qu'ils fissent leurs études. C'est au surplus ce qui fut admis dans tous les diocèses comme règle canonique (Rebuffe, in prax. benefic., part. 2, tit. dispensatio de non residendo, nº 25. — Louet et Brodeau, lettre E, somm. 6. — Despeisses, t. III, des bénéf. ecclés., tit. 9, sect. II, nº 6). En 1252, le pape Innocent IV dispensa de la résidence Etienne, son chapelain, malgré la résistance du Chapitre, et déclara qu'il jouirait du revenu de son canonicat, à l'exception des distributions (Orig. en parch., Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du Chap., C. I, M, 2). Le pape Jean XXI en fit autant, en 1276, pour Pierre de Talaru, son chapelain (Id., ibid., C. I, M, 3). En 1402, le roi Charles VI exempta de la résidence Philippe de Bois-Giloud, conseiller en son Parlement. Henri II, Charles IX et Henri III, en 1554, 1567 et 1580, déclarèrent, par application d'une bulle de Clément VI, du 20 avril 1351, que les officiers et chapelains de leur oratoire devaient de même être réputés comme présents. Les musiciens du Roi et les chapelains de la Sainte-Chapelle furent assimilés aux chanoines de cette dernière catégorie par arrêts de 1582 et de 1613 : mais des lettres-patentes de Henri IV, en date du 6 mars 1606, réduisirent à six le nombre des chanoines privilégiés qui pourraient exister dans l'église de Chartres. Ces lettres-patentes furent fidèlement observées jusqu'à la Révolution, hormis à l'égard des chanoines de la Sainte-Chapelle, déshérités de ce privilége par une déclaration du 18 décembre 1740, registrée au Grand-Conseil le 30 du même mois, et, de 1771 à 1774, nous voyons diverses lettres écrites par le duc de la Vrillière, au sujet d'Augustin Lemée, chapelain de la comtesse de Provence, Claude-Jacques Peigné, clerc de chapelle du comte de Provence, Louis-Hector-Honorat-Maxime de Sabran de Forcalquier, aumônier du Roi, François de Fontanges, aumônier de la Dauphine, Hyacinthe de Bouniol de Montégut, instituteur des enfants de France, qui tous devront être classés au nombre des chanoines privilégiés, en tant toutefois qu'une des six places réservées à ces chanoines deviendra vacante. Cependant Gui de Thélis et Louis Buisson, conseillers au Parlement, ayant demandé à jouir des distributions manuelles ou de leur équivalent, quoique ne faisant pas résidence, furent déboutés par arrêt du Parlement du 31 janvier 1606 ; mais en 1677, une ordonnance capitulaire déclara que François Gobineau, avocat du Roi au bailliage, serait réputé présent toutes les fois qu'il s'absenterait pour l'exercice de ses fonctions (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du Chap., C. I, M, 5, 7, 10, 13, 15, 16, 17, 25, 34 et 38).

3 Voir ci-dessus nº LXVII.
4 D'après l'itinéraire de Jaffé, Alexandre III était à Tusculum le 6 des ides de mars 1171-1172.

« De villis et ecclesiis Capituli, et quod nullus excommunicatos ecclesie absque satisfactione absolvat, nec capella nec cimiterium fiat in civitate sine assensu Capituli. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 6; et carton 28 bis, fol. 3r°.
  • a Gallia christ., tome VIII, instr., p. 339.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis Gaufrido, decano, et canonicis Carnotensis ecclesie, tam presentibus quam futuris, canonice substituendis, in perpetuum. Ideo sumus, quamquam immeriti, ad universalis ecclesie regimen superna providentia deputati, ut pro singularum ecclesiarum statu sollicitudine debeamus pastorali satagere et eas contra pravorum incursus apostolice tuitionis patrocinio communire, ne malignorum incursibus exponantur, si ad eorum defensionem apostolice sollicitudinis providentia minus diligens fuerit vel remissa. Eapropter, dilecti in Domino filii, considerato fervore devotionis vestre quam circa nos et Romanam ecclesiam geritis, vestris justis postulationibus clementer annuimus, et ecclesiam vestram, in qua estis divino obsequio mancipati, sub beati Petri et nostra protectione suscipimus et presentis scripti privilegio communimus : statuentes ut quascumque possessiones, quecumque bona eadem ecclesia in presentiarum juste et canonice possidet, aut in futurum, concessione pontificum, largitione regum, vel principum, oblatione fidelium, seu aliis justis modis, prestante Domino, poterit adipisci, firma vobis vestrisque successoribus et illibata permaneant. In quibus hec propriis duximus exprimenda vocabulis : Gualdum-Sancti-Stephani, et ecclesiam, et omnes decimas ejusdem Gualdi ; villamque que dicitur Disconfectura, cum ecclesia ibidem constituta : ecclesiam de Fontanella ; ecclesiam de Boferi ; ecclesiam de Poli, cum capellis et omnibus ad eas pertinentibus et decimis ; Carnoti, ecclesiam Sancti-Saturnini cum omnibus pertinentiis suis ; ecclesiam Sancti-Leodegarii-de-Alberiis, sicut a Willelmo, Senonensi archiepiscopo, apostolice sedis legato, curam et administrationem Carnotensis ecclesie gerente, libera et absoluta ab omni jurisdictione archidiaconi, Capitulo in perpetuum donata est et concessa, Milone, archidiacono, in cujus erat archidiaconatu, conniventiam et assensum prebente ; preposituram de Alvers ; preposituram de Unigradu ; preposituram de Masengi ; preposituram de Normannia, cum hominibus, villis, territoriis, ecclesiis, capellis, decimis et terragiis et aliis consuetudinibus et libertatibus, et omnibus ad easdem preposituras pertinentibus. Ad hec presenti decreto sancimus et auctoritate apostolica arctius prohibemus ne quis in civitate vestra vel suburbiis sibi contiguis, absque auctoritate et assensu episcopi vestri et vestro, ecclesiam, capellam, oratorium vel cymiterium construere audeat, salva apostolice sedis auctoritate. Insuper etiam nichilominus districte presenti pagina prohibemus ne alicui liceat parrochianos Carnotensis ecclesie excommunicatos vel nominatim interdictos pre vobis ad divina officia aut ad sepulturam recipere, vel eis, absque satisfactione congrua, absolutionis beneficium indulgere. Libertates quoque seu immunitates, sive a romanis pontificibus, sive ab episcopis vestris, vel etiam a regibus et principibus, vobis et ecclesie vestre indultas, et antiquas et rationabiles consuetudines ipsius ecclesie confirmamus et eas decernimus obtinere perpetuam firmitatem1. Decernimus ergo, etc....... [2 Datum Anagnie, per manum Gratiani, sancte romane ecclesie subdiaconi et notarii, 3. »


1 Ce privilége fut confirmé par une grande bulle du pape Clément III du 2 des nones de juin 1190. Les termes de cette confirmation sont absolument semblables ; nous ne rapporterons que les souscriptions et la date :

Ego Clemens, catholice ecclesie episcopus, subscripsi.

Ego Albinus, Albanensis episcopus, subscripsi.

Ego Octavianus, Hostiensis et Velletrensis episcopus, subscripsi.

Ego Johannes, tituli Sancti-Marci presbiter cardinalis, subscripsi.

Ego Pandulfus, presbiter cardinalis Basilice-XII-Apostolorum, subscripsi.

Ego Petrus, presbiter cardinalis tituli Sancte-Cecilie, subscripsi.

Ego Petrus, tituli Sancti-Laurentii-in-Damaso presbiter cardinalis, subscripsi.

Ego Petrus, presbiter cardinalis tituli Sancti-Petri-ad-Vincula-et-Eudoxie, subscripsi.

Ego Johannes, tituli Sancti-Clementis cardinalis, Tusculanus episcopus, subscripsi.

Ego Johannes Felix, presbiter cardinalis tituli Sancte-Susanne, subscripsi.

Ego Jacintus, diaconus cardinalis Sancte-Marie-in-Cosmidyn, subscripsi.

Ego Gratianus, Sanctorum-Cosme-et-Damiani diaconus cardinalis, subscripsi.

Ego Soffredus, Sancte-Marie-in-Via-Lata diaconus cardinalis, subscripsi.

Ego Gregorius, Sancte-Marie-in-Porticu diaconus cardinalis, subscripsi.

Ego Johannes, Sancti-Theodori diaconus cardinalis, subscripsi.

Ego Gregorius, Sancte-Marie-in-Aquiro diaconus cardinalis, subscripsi.

Datum Laterani, per manum Moysi, sancte Romane ecclesie subdiaconi, vicem agentis cancellarii, ii nonas junii, indictione viiiª, incarnationis dominice anno MºCºXCº, pontificatus vero domni Clementis pape III anno tercio. (Orig. en parch. bullé ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. IX, R, 3.)

2 Cette phrase finale ne se trouve pas dans les mss. 28 et 28 bis ; elle est donnée par le Gallia christiana.
3 Eudes Bourreau était seigneur de Courtalain, du chef de sa femme, fille de Guillaume d'Illiers : La famille Bourreau ou Borrel posséda la seigneurie de Courtalain jusqu'au commencement du XIVe siècle.

Littera Odonis Borrelli de Curtalano, « de Gaudo-Sancti-Stephani. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 80; et carton 28 bis, fol. 37 r°.
  • a Guérard, Cart. de Saint-Père, prolég., p. XXXVIII.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« In nomine sancte et individue Trinitatis. Ego Odo Borrelli de Curtalano1 omnibus tam presentibus quam futuris notum fieri volo et scripti presentis attestatione confirmo quod dono Deo et canonicis Beate-Marie Carnotensis matris ecclesie et Richerio, archidiacono, fratre meo Hugone donante et concedente, et Berta uxore mea et filio meo Hugone concedente, duodecim carrucatas terre, unamquamque novem modietarum, in silva que vocatur Gaudus-Sancti-Stephani, et ipsi communicant michi decimam ejusdem, terre que ipsorum erat. Reliqua vero decima tocius Gaudi propria remanet Beate-Marie Carnotensis ecclesie, hoc pacto : hospites omnes canonicorum erunt soluti et quieti, quorum unusquisque terciam partem agripenni terre ad hospitalicium suum habebit. In hospitibus et in hospitaliciis eorum, sicut supradictum est, nichil habebo nec heredes mei, nec justiciam, nec aliud, nisi medietatem furni et quarrarium unum per annum, et talleiam quarto anno, de quibus plenius loco suo dicetur. Terra vero forinseca, que extra hospitalicia est, et quicquid inde proveniet, commune erit inter me et heredes meos et canonicos, videlicet terragium, decima, oblite, venditiones, census pratorum, forifacta, emendationes et placita ; que emendationes et placita predicte terre ibi fient, et non alibi, per majorem communem ejusdem terre. Furnus vero de quo supra memini, et molendina et stagna que ibi fient, communia erunt et communi expensa fient, ita : si canonici submonuerint me aut heredes meos ut faciamus et noluerimus, ipsi faciant et totum redditum habeant, donec medietatem expense de nostro proprio eis reformemus. Ad molendina que ibi fient molent hospites quamdiu poterunt ; cum autem non poterunt, molent ad mea molendina, videlicet ad molendinum Fontium, vel ad molendina Curtalani, et ibi expectabunt per diem et noctem, et, si tunc non poterunt molere, eant quo voluerint. Si autem aliquis accusabitur de molta forifecisse, purget se sola manu coram majore terre et sit quietus ; quod si noluerit aut non poterit, reddat duplicem moltam tantum. Molendinarius tamen jurabit quod non delocabit eos, nec scienter injuste tractabit. Homines ejusdem terre pedagium michi reddent more aliorum. Si tamen contigerit emendare pro uno forifacto, non possum plus quam quinque solidos accipere. Si autem inde accusatus voluerit se purgare quarta manu, licebit2, et hoc Curtalani, nec alibi. Jurabit autem pedagiator sicut molendinarius, quotienscumque mutabitur, quod nullum scienter accusabit injuste. Talleia supramemorata sic fiet : quarto anno submonebo canonicos per majorem ejusdem ville et facient talleiam convenientem, de qua habebo medietatem, et ipsi aliam. Aliam talleiam non facient pro me nec pro heredibus meis, nisi voluerint, nec etiam pro redemptione corporis mei. Quotienscumque vero ipsi talleiam fecerint, dimidia erit mea. Quarrarium vero supradictum non mittam nisi securo loco, videlicet ad Castridunum, vel ad Vindocinum infra Lidum, vel ad Montem-Dublellum, vel ad Mummiralium, vel ad Braotum. Ad eadem loca meam partem annone ejusdem prefate terre deferent, si voluero, nec ultra. Ecclesia vero et omnia parrochialia, oblationes scilicet et primicie canonicorum, sunt proprie. Major vero ejusdem terre erit meus ligius et heredibus meis de meo feodo, et erit ligius canonicorum de suo feodo, salva fidelitate mea : qui major numerabit in augusto. Ponent tamen canonici, si voluerint, famulum suum, qui custodiet res suas quando major numerabit in agris et in grangia, et ego meum et heredes mei, si voluerimus. Feodum majoris est farrago de grangia, terreata annone post paleam et caude annonarum bene exquisitarum. De unoquoque hospite qui lucrabitur bobus, non bove, mina annone ; de aliis dimidia. Stramen grangie remanet michi et canonicis. De isto feodo tenet a me medietatem et a canonicis aliam. De hospitibus et eorum hospitaliciis totum a canonicis feodum, sicut supradictum est. Grangia communi expensa fiet, et trituratores communiter ponemus, ego et heredes mei medietatem, et canonici aliam, qui facient nobis fidelitatem. Ego Hugo, Castriduni vicecomes, de cujus feodo est Gaudus-Sancti-Stephani, istud donum concedo, et, pro posse meo, garandabo, et ut in perpetuum ratum permaneat, sigilli mei impressione corroboro. Ego Odo Borelli pactum istud feci ; posco hoc scriptum sigillo Capituli communiri. »


1 C'est-à-dire par quatre témoins de même condition que le prévenu, affirmant son innocence, à défaut de flagrant délit ou de preuves matérielles du fait. Ce genre de justification était admis dans la purge dite canonique, et le nombre des mains ou des témoins compurgeurs était fixé par le juge. Du Cange, verbo purgatio, cite un cas de purge cum manu decima rapporté dans une lettre d'Honorius III, de la compilation d'Innocent Ciron, page 219.

« Super compositione procurationis debite processionibus Carnotensis ecclesie apud Sanctum-Martinum. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 90; et carton 28 bis, fol. 41 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Robertus, Dei gracia, Majoris-Monasterii humilis minister, et omnis ejusdem monasterii conventus, Gaufredo, Dei gracia, Carnotensis ecclesie decano, et universitati Capituli, in perpetuum. Quecumque jurgiorum prestant materiam et in ecclesia Dei contentiones excitant et lites, summa diligentia et cura debent, pro posse suo, boni viri deprimere, et ne servi Dei ambiguam jurgandi fortunam incidant, quantum in ipsis est, formam negotiis, fatum litibus, causis exitum commodare. Inde est quod notum fieri volumus universis, tam futuris quam presentibus, quod nos odiosas Deo et nobis contentiones que inter monasterium Sancti-Martini-de-Valle et ecclesiam Beate-Marie Carnotensis orte erant, ex occasione quarumdam comestionum ac potuum que a fratribus nostris, canonicis et clericis predicte ecclesie, in quibusdam processionibus exhiberi solebant, sopire penitus intendentes, transigendo potius quam diffiniendo, ad pacis et concordie finem venire curavimus. In , secunda feria, preparabant ex more monachi Sancti-Martini canonicis et clericis qui ad processionem veniebant panem, carnes et vinum, ut exinde qui vellent comederent ; in potum ; potum similiter et quosdam artificiales panes quos canistrellos1 vocant ; item potum ; quorum, ut diximus, occasione, et monachorum quies turbari et ordo confundi et nonnumquam scandala, dissensiones, rixe solebant oriri. Ad commonitionem et consilium tandem prudentium ac religiosorum qui aderant, utraque partium a lite recedens, in dominum Willelmum, Senonensem archiepiscopum, compromisit, et quicquid inde statueret concordi omnium voluntate concessit. In primis dixit ut monachi nostri jus ecclesie Carnotensis recognoscerent in predictis, et quia eo anno cessaverant a ciborum illorum et potuum prestatione, satisfactionem illam, quam jus vel rectum facere2 vulgariter appellant, Capitulo prestarent ; quod et factum est per manum Willelmi, tunc prioris Sancti-Martini, presente majore priore monasterii nostri et jubente. Adjecit et dicto suo ut nichil deinceps in predictis processionibus, sive in cibo, sive aliis, preparent vel impendant, exceptis clericulis qui misse deservierint, quibus sex tantum nummos persolvant, scilicet : xl solidos Carnotensis monete, xx solidos, xx solidos, in processione Rogationum nichil, his qui ad processionem venerint, solvant. Actum est hoc in presentia domini Willelmi, Senonensis archiepiscopi et apostolice sedis legati, ; astante Roberto, majore priore monasterii nostri, id ipsum pro toto monasterio nostro approbante et laudante ; Gaufredo, decano ; Richerio, cantore ; Gisleberto, subdecano ; Roberto, succentore, et Capitulo Beate-Marie similiter assistente et volente. Quod ut ratum et inconcussum permaneat in perpetuum, presentis scripti attestatione et sigilli Capituli nostri auctoritate confirmavimus. »


1 C'est-à-dire ayant la forme du canistrum, vase dans lequel on conservait les eulogies ou pains bénits. Du Cange dit que l'on donne dans la Flandre française le nom de canestiaux aux gâteaux que nous appelons échaudés.
2 Cette expression rectum facere, faire droit, vient d'Angleterre et se rencontre dans les lois d'Edouard-le-Confesseur (ch. 18) et dans celles d'Henri Ier (ch. 19). Le fameux traité appelé Fleta, qui paraît remonter au règne d'Edouard Ier, dit, liv. 6, chap. I, § 1 : Quod in jure scripto jus appellatur, id in lege Anglie rectum esse dicitur.

« De confirmatione ecclesiarum et reddituum quos habet ecclesia Carnotensis in Normannia. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 41; et carton 28 bis, fol. 18 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Henricus, Dei gratia, rex Anglie et dux Normannie et Aquitanie et comes Andegavensis, archiepiscopo Rothomagensi2, episcopis, abbatibus, comitibus, baronibus, justiciariis, vicecomitibus, ministris et omnibus fidelibus suis Normannie, salutem. Sciatis me, pro salute mea et antecessorum et successorum meorum, concessisse et presenti carta confirmasse ecclesie Sancte-Marie Carnotensis in liberam et perpetuam elemosinam : in Ebroicensi comitatu, Ebrardivillam totam cum ecclesia, et decimam venationis de silva que dicitur Bortis, et in eadem patria, ecclesiam solam de Hauvilla ; et in Lisvisio, ecclesiam solam de Bonavilla, et in eodem territorio, Angliscam-Villam totam cum ecclesia, et Runtiam-Villam totam cum ecclesia de Sancto-Juliano, cum duobus membris appendentibus, sicut hec omnia a Richardo, marchione Normannie, ei donata et concessa sunt et carta ejus confirmata3. Quare volo et firmiter precipio quod eadem ecclesia omnia supradicta habeat et teneat bene et in pace, libere et quiete, integre et plenarie et honorifice, in ecclesiis et terris et decimis, in bosco et plano, in pratis et pascuis, in aquis et molendinis, in viis et semitis, et in omnibus aliis locis et aliis rebus ad ea pertinentibus, cum omnibus libertatibus, et liberis consuetudinibus suis. Testibus ; Willelmo, Remensi, Bartholomeo, Turonensi4, archiepiscopis ; Hugone, comite Cestriensi5 ; Symone, comite de Clara ; Waltero, filio Roberti Rannerii de Glanvilla ; Stephano de Turono, senescalco ; Andrea ; Fulcone Paganello ; Gervasio Paganello ; Aldefonso, fratre comitis Sancti-Egidii6 ; Jocelino, fratre Regine ; Gaufrido Hosato ; Willelmo de Ostilleio. Datum per manum magistri Walteri de Constantiis, apud Turonum7. »


1 Cette charte n'est ni antérieure à 1176, année de l'avénement de Guillaume-aux-Blanches-Mains, au siége de Reims, ni postérieure à 1183, attendu qu'elle fut confirmée par une autre charte de Rotrou, archevêque de Rouen, remplacé en 1183 par Gauthier de Coutances.
2 Rotrou de Beaumont-le-Roger ou de Warwich, archevêque de Rouen (1164-1183).
3 Voir ci-dessus, nº XII.
4 Barthélemy II de Vendôme, archevêque de Tours (1174-1206).
5 Hugues, comte de Chester, marié vers 1170 à Bertrade, fille de Simon-le-Chauve, seigneur de Montfort-l'Amaury et comte d'Evreux, puis à Constance, fille de Raoul II, baron de Fougères.
6 Alfonso II, frère de Raymond V, comte de Saint-Gilles, avec lequel il partagea le comté de Toulouse à la mort de leur père Alfonse-Jourdain en 1148.
7 Vers la même époque, Rotrou, archevêque de Rouen, confirma la charte d'Henri II, en présence de ces témoins : Roberto de Novo-Burgo, Rothomagensis ecclesie decano ; Richero, precentore ; Radulfo de Wasnevilla, Ivone de Veteri-Ponte, magistro Raginaldo Amico de Novo-Burgo, archidiaconis ; Roberto, capellano ; magistro Herberto, Rogero de Warewich, Gaufrido de Munevilla, Roberto Osmundi, canonicis Rothomagensis ecclesie. (Bibl. nat. de France, cart. 28,, p. 42, et 28 bis, fº 18 vº.)

« De subjeccione ecclesie Beati-Georgii Vindocinensis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 123 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XI, 18).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri Johanni1, Carnotensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. Justis petentium desideriis dignum est nos facilem prebere consensum et vota que a rationis tramite non discordant, effectu prosequente complere. Eapropter, venerabilis in Christo frater episcope, tuis justis postulationibus grato concurrentes assensu, subjectionem ecclessie Sancti-Georgii Vindocinensis2, sicut eam rationabiliter predecessores tui habuisse noscuntur et tu ipse habes ad presens, tibi et ecclesie tue auctoritate apostolica confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus. Statuentes ut sicut predecessoribus tuis et tibi ipsi hactenus subjecta fuisse monstratur, ita etiam amodo, tibi et successoribus tuis, diocesana lege, debeat subjacere. Decernimus ergo, etc..... Datum Tusculani, . »


1 Jean de Salisbury (1177-1180). Les vertus et les bienfaits de ce prélat, disciple chéri de Thomas Becket, sont célébrés dans son obit inscrit au Nécrologe (t. III de cet ouvrage), sous la date du 8 des calendes de novembre.
2 L'église royale et collégiale de Saint-Georges fut fondée en 1047, dans l'enceinte du château de Vendôme, par Geoffroy Martel, au retour de son expédition de Sicile. Cette église renfermait les tombeaux non-seulement de presque tous les seigneurs de Vendôme, mais encore ceux de la maison de Bourbon-Vendôme, jusques et y compris ceux d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre et de Jeanne d'Albert.

« Nulli concedantur honores nisi his qui residentiam promiserint. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 26; et carton 28 bis, fol. 11 r°.
  • a Theodori Penitentiale, II, 550.
  • b Jaffé, Reg. Pont. rom., 782, n° 8661.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Alexander episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri J[ohanni] episcopo, et dilectis filiis decano et Capitulo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Cum ab eo cui plus committitur amplius exigatur, dignum est et consonum rationi ut qui in ecclesia vestra pre aliis honorantur studiosius illi deserviant et utilitatibus ipsius intendant. Hac itaque ratione inducti, auctoritate duximus apostolica statuendum ut honores Carnotensis ecclesie aliis de cetero minime concedantur nisi qui secundum antiquam et rationabilem consuetudinem residentiam se promiserint habituros. Si autem post promissionem suam hec nequaquam impleverint, ab ipsis reddantur honoribus alieni. Ad hec auctoritate apostolica inhibemus ne quis de aliena diocesi in canonicum ecclesie vestre aut plebanum presbiterum admittatur nisi prius a proprio fuerit episcopo absolutus1. Decernimus ergo, etc. ..... Datum Tusculani, 2. »


1 Cette bulle fut confirmée en termes absolument semblables par un bref de Lucius III, adressé à Pierre de Celles, évêque de Chartres, de Vellétri, le 16 des calendes de février (17 janv. 1183). (Orig. en parch. bullé ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds du Chap., C. I, 4, 4. — Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 20, et 28 bis, fº 12, vº. — D'Achery, Spicil., III, 547. — Jaffé, Reg. Pont. rom., 845, 9530).
2 Alexandre III séjournait à Tusculum le 10 des cal. de février 1179 (Jaffé, ouvrage cité).

« De jure quod habet ecclesia Carnotensis in villis istis, Lu, Bellovillari, Martisvilla. »

  • A Original chirographe en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 2891 (ancienne cote : fonds du Chap., carton CXII, L, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 105; et carton 28 bis, fol. 48 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego G[aufridus], Carnotensis ecclesie decanus, et universitas Capituli Carnotensis notum fieri volumus quod, cum sepe inter nos et Julduinum de Bellovillari1 discordiarum dissensiones emersissent super jure quod habere dicitur ecclesia Beate-Marie Carnotensis in villis que sunt : Lu, Bellovillare, et Martisvilla, tamdem divine miserationis subsidiante clementia, inter nos et Herbertum, prenominati Julduini successorem et filium, omnis discordia in laudabilem concordie consonantiam, pacifice compositionis interventu, feliciter est conversa. Hujus compositionis sententiam dignum duximus litterarum apicibus commendandam, alias per processum temporis ad oblivionis interitum elapsuram. Itaque, Herberto presignificati filio Julduini, cum aliquot prudentibus viris quos secum adduxerit, in presentia nostra constituto, dictum est tres villas que presignificate sunt, cum hospitibus et agripennis et viis et semitis et omnibus ad eas pertinentibus, ad jus ecclesie nostre pertinere, nec dominum de Bellovillari in eis aliquod jus nisi quod ita significatur habere ; unde nec ab hominibus nostris debet corveias, tallias, anserem, gallinam, vel quascumque alias exactiones exigere. Bovatas extra villas que presignificate sunt consistentes, certum quidem est ad jus domini de Bellovillari pertinere ; non tamen aliis quam hominibus nostris potest illas addicere. Solis enim hominibus nostris, in supradictis villis manentibus, per manum nostram illas conceditur exercere. Pro unaquaque bovata integra, ad perticam Beate-Marie mensurata, tenentur homines nostri, singulis annis, quod est in augusto mense, domino de Bellovillari xxviii denarios de censu solvere, et modium annone Carnotum, vel Bonevallem, vel Pusiacum ducere, dum tamen de hoc requirantur, alias ab illius anni ductus debito penitus absolvuntur. Si vero census qui presignificatus est infra viiiª diem non reddetur, vel si ad submonitionem domini de Bellovillari modius annone Carnotum, vel Bonevallem, vel Pusiacum non ducetur, dominus de Bellovillari poterit ab hominibus nostris censum exigere et annone conductum, et pro transgressione termini legem que vulgo rectum appellatur, secundum quod unicuique convenit, a singulis transgressoribus poterit exigere. Additum est preterea quod si bovatas et non agripennos vendi vel forisfactum in ipsis bovatis fieri contigerit, sine aliqua ecclesie participatione, ad dominum de Bellovillari tam venditionum jus quam forisfactum ex integro pertinebit. Si vero, versa vice, non bovata sed agripennus vendetur, vel in eo forisfactum acciderit, ecclesie, non domino de Bellovillari, tam forisfactum quam venditiones ex integro debebuntur. Si vero bovata simul agripennusque venditionis alienatione distrahentur, venditiones inter nos et dominum de Bellovillari per equalia dividentur. Additum est etiam quod, tempore messionis, homines nostri numeratores a domino de Bellovillari sibi postulare debeant assignari, quorum unus apud Lu et Martisvillam, alius apud Bellovillare fungatur officio numerandi ; quos vel eorum aliquem, si nostris hominibus usque ad iiiiª diem distulerit assignare, licebit hominibus nostris numeratore carentibus, in iiiiª die et deinceps, adhibito duorum testimonio, numerare, et ad fraudis cautionem, cum prestito corporaliter juramento et eorum testium juramentis, domino de Bellovillari solvere campipartem. Qui vero ad numerationis officium vocabuntur, accitis hominibus nostris, in presentia domini de Bellovillari, tactis sacrosanctis, jurare jubebuntur quod, non spe lucri, non amoris aut odii causa, sue differrent numerationis officium adimplere, itemque, quod acceptionem personarum postponentes et potius ordini sibi numerari postulantium servientes, eis a quibus primitus requirentur primitus numerabunt. Deinde ceteris sibi numerari nolentibus, secundum ordinem quo fuerint requisiti, numerationis officium benigne ac liberaliter exibebunt. Postquam nostris hominibus predicto modo fuerint numeratores assignati, si numerator aliquis, a nostris hominibus requisitus ut numeret, numerare noluerit, vel aliquo casu impeditus numerare non poterit, homines nostri, adhibito duorum testimonio, in crastino numerabunt, et, data juratoria cuatione, ipsi et testes domino de Bellovillari de justa campipartis solutione respondebunt. Insuper, si terra adjacens vie vel semite utrinque fuerit ecclesie, et via vel semita tota erit ecclesie ; si domini de Bellovillari vel alterius, et via vel semita tota erit illius ; si hinc est ecclesie illinc alterius, dimidia via vel semita erit ecclesie et dimidia illius cujus terre adjacet. Preterea, si terra sine colono remanserit, dominus de Bellovillari ad ministrum ecclesie veniet, intimans ut terre vacanti colonum assignet, et minister ecclesie colonum assignabit si invenire poterit. Sin autem dominus de Bellovillari colonum bone opinionis adducet ad ministrum ecclesie, qui illum terre vacanti colonum assignabit, qui deinceps et ecclesie et domino de Bellovillari, in eis que utrique, ut prescripta sunt, debentur respondebit. Nil amplius juris habet dominus de Bellovillari in hospitibus nostris de villis prenominatis, vel in agripennis, vel in bovatis, vel in aliis ad ecclesiam Beate-Marie pertinentibus. Testes hujus compositionis sunt : Gaufridus, decanus ; Richerius, precentor ; Gilebertus, subdecanus ; Gilo, subcentor ; Guillelmus, camerarius ; Raherius, prepositus ; Robertus, Blesensis archidiaconus ; Herbertus de Porta-Nova ; Aucherius, diaconus, et alii multi ; presentibus et testibus ex parte predicti Herberti : Philipo Canardi ; Guillelmo de Tovilla ; Raimbaldo de Martisvilla ; Raginaldo de Roboreto et aliis quamplurimis. Hanc etiam pacem tenendam fide firmaverunt predictus Herbertus et fratres ejus Hugo et Gilduinus. Quod ut ratum et inconcussum permaneat, auctoritate sigilli Beate-Marie Carnotensis presentem paginam jussimus roborari, et ad preces nostras et predicti Herberti Evrardus, vicecomes Carnotensis2, eidem pagine sigillum suum apponi precepit. Data per manum Bucardi cancellarii, presente Ebrardo de Pusiaco, dicte compositionis modum approbante et concedente. Actum in capitulo nostro, anno Domini MºCºLXXºIXº. »


1 Jovin de Beauvilliers se croisa en 1189. En 1191, il assista comme témoin à une obligation passée à Saint-Jean-d'Acre, en faveur des chevaliers du Temple (Original en parchemin. Arch. de la famille du Temple, à Vrainville). Par son testament, daté du mois de novembre 1232, il donna à l'église de Beauvilliers la moitié de la grosse dîme qu'il percevait à Massonvilliers, et 120 livres en argent, destinées à acquérir des fonds pour l'augmentation des revenus de ladite église, à la charge qu'il y aurait toujours à l'avenir deux prêtres résidants à Beauvilliers pour le service de l'église dudit lieu, et que, tous les dimanches et fêtes de l'année, il y serait dit une messe des Morts avec une oraison particulière pour le repos de son âme et de celles de ses ancêtres (Inv. du Chap., G. CXIII, M, 1).
2 Evrard IV, seigneur du Puiset, vicomte de Chartres (1133-118.).

« De recognitione quod filii Amiardi de Bretovillari sunt homines ecclesie Carnotensis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 2747 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton CVII, J, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 87; et carton 28 bis, fol. 40 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Ebrardus de Puteolo, Carnotensis vicecomes, notum facio, tam presentibus quam futuris, quod cum inter me et Capitulum Beate-Marie Carnotensis questio mota fuisset super filiis Amiardi de Bertovilerio quos homines meos de corpore esse clamabam, tandem, inquisita diligentius veritate, inveni et cognovi ipsos ad me minime pertinere. Unde et ego mote querele penitus abrenumptiavi, et ipsi homines predicto Capitulo quieti et immunes remanserunt. Quod ne iterum recidere posset in questionem, sigilli presentis auctoritate firmavi. Data per manum Radulfi capellani. »

« Capituli Carnotensis, de compositione super decimis de Sancto-Leodegario, facta inter Capitulum et Garinum de Sancto-Leodegario. »

  • A Chirographe original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 2715 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XV, J, 1).
  • B Bibl. nat. de France, cart. 28, p. 100.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« G[aufridus], Carnotensis ecclesie decanus, et universitas Capituli omnibus ad quos littere iste pervenerint, in vero salutari salutem. Inter nos et Garinum de Sancto-Leodegario et Droconem, filium ejus, controversia diu habita est propter decimas de Sancto-Leodegario. Ad ultimum vero, Deo cooperante nobiscum, in hunc modum predicta contentio sopita est quod prenominatus Garinus et Droco, filius ejus, singulis annis, de prefatis decimis in area, sine mutatione annone in pejus, ad preceptum Capituli, nobis reddent vii modios annone et duos modios avene et vi sextarios et x et viiiº sextarios ordei, ad minam qua venditur et emitur. Ut autem in posterum omnis contentio super hoc eliminetur, sigilli nostri auctoritate hoc confirmare curavimus. »

« Quod in claustro nihil debet vendi preter in nundinis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 537 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton CV, J, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Petrus, Dei gracia, Carnotensis ęcclesię humilis minister1, omnibus ad quos litterę istę pervenerint, in perpetuum. Notum sit omnibus quod cum inter Gaufridum, decanum Carnotensis ęcclesię, et Raginaldum de Mocione, ejusdem prepositum2, qui pro Capitulo agebat, controversia verteretur super quibusdam exactionibus que a servientibus decani in claustro, juxta assertionem domini Reginaldi et aliorum canonicorum, ultra debitum exigebantur, post longas disceptationes, ut omnino predicta controversia sopiretur, de communi assensu, in quatuor personas ejusdem ęcclesię compromiserunt, ita quod nos in ejusdem causę diffinitione quintum locum haberemus, eo tenore quod si tres illorum in quos compromissum est, cum assensu nostro, super eadem controversia aliquid determinarent, ab utraque parte firmiter teneretur. De duobus vero stallis que sunt juxta capitellos nichil diffinitum est, sed unusquisque, pro velle suo, quandocumque voluerit, coram nobis vel aliquo successore nostro, jus suum prosequatur. Quatuor ergo nobiscum convenientes una voce dixerunt quod preter dies nundinis deputatos nichil in claustro debeat vendi : quod si vendentes ab aliquo canonico submoniti a claustro recedere noluerint, licet canonico merces modeste removere. Nocte vero diem nundinarum precedente, scale vel stalla a mercatoribus in claustro debent poni, nec ante, et tunc si mercator scale vel stalli custodiam servienti decani commendaverit, pro custodia illius noctis, serviens decani unum obolum percipiet : quod si non commendaverit, nichil a mercatore exigere poterit. Si vero secunda nocte ante diem nundinarum, scale vel stalla in claustro posita fuerint, quod fieri de jure non debet, eodem modo fiet. In claustro nullus mercator certum locum debet habere, sed quicumque prius signaverit, locum signatum debet habere : si autem mercator signi sui custodiam servienti decani commendaverit, serviens decani unum solum obolum percipiet, licet multis noctibus custodierit ; quod si mercator non commendaverit, nec serviens decani aliquid exigere poterit. De sugundriis3 domorum canonicorum, dixerunt quod, si placuerit canonico, nichil sub sugundria sua vendetur. Quod si placuerit canonico ut sub sugundria sua aliquid vendatur, pro custodia scale vel stalli vel signi, idem licet servienti canonici quod in aliis partibus claustri servienti decani. Vię que sunt a domibus canonicorum ad ęcclesiam semper debent vacue remanere, ita quod canonicus et alius cum eo colloquentes, sine impedimento scale vel stalli, libere per illas possint invadere. Quod si aliquis eas scala vel stallo impedierit, submonitus a canonico vel a serviente canonici ut removeat, si non removerit, licebit canonico vel servienti canonici, sine recompensatione dampni, scalam vel stallum precipitare. Hec omnia, ut superius annotata sunt, et ut libertas claustri exigit, sub anathemate precipimus observari, et ut ratum permaneat sigilli nostri4 munimine corroborari mandavimus. »


1 Pierre de Celles, évêque de Chartres (1181-1183). Voir au Nécrologe l'obit de ce prélat bien-aimé, sous la date du 11 des calendes de mars.
2 Renault de Mouçon, depuis évêque de Chartres (1183-1217). Le nom de ce prélat, d'illustre lignage est plusieurs fois rappelé dans le Nécrologe (voir t. III de cet ouvrage).
3 On entend par subgronde ou severonde l'auvent d'une maison, c'est-à-dire la partie de la couverture qui est en saillie par dehors pour empêcher que les eaux de pluie ne tombent le long des murs : les bois qui soutiennent cette saillie s'appellent chanlattes.
4 Le sceau de Pierre de Celles a été décrit dans le Cartulaire des Vaux-de-Cernay, t. I, p. 80 et gravé dans l'Atlas de ce Cartulaire, pl. II, nº 5.

« De presentatione presbiterorum et sacristarum ad jus capicerii pertinentium. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 124; et carton 28 bis, fol. 58 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Petrus, Dei gracia, Carnotensis ecclesie minister humilis, dilecto filio Galterio, Carnotensis ecclesie capicerio, salutem in Domino. Ex multorum relatione veraciter didicimus quod presentatio presbyterorum extra chorum vel in Cryptis altaribus1 desservientium ad jus et officium tuum pertinet, excepto presbytero altaris Sancti-Johannis quem decanus ponere consuevit. Similiter et sacriste, cum alter alterius loco, sive clericus sive laicus, substituitur, presentationem et ministerium tuum totum agi debet2. Volentes ergo jus tuum et successoribus tuis capiceriis illibatum et inconcussum conservari, predicta, cum stallis que in porticibus ecclesie et infra ecclesiam continentur et cum tercia parte denariorum de , tibi presentis scripti attestatione et sigilli nostri auctoritate confirmamus. »


1 Il y avait, avant la Révolution de 1792, dans la cathédrale de Chartres, sans compter l'autel principal, 48 chapelles, 35 dans l'église supérieure et 13 dans la crypte. Mais des autels de l'église supérieure la plupart ne furent fondés que postérieurement à 1180 ; le droit reconnu par Pierre de Celles au chefcier se réduisait donc à la nomination des chapelains de 12 autels de la crypte et de 10 autels environ dans l'église d'en haut. — La chapelle de Saint-Jean-Baptiste, second patron de la cathédrale, était située sous terre au rond-point de l'abside : elle fut placée en 1661 sous le vocable de l'Annonciation ; mais, depuis la restauration de la crypte en 1860, elle a été rendue à son patron primitif.
2 Le chefcier avait la provision et collation des offices de marguilliers clercs et laïcs en l'église de Chartres ; c'était également lui qui nommait le chapelain de la Sainte-Châsse. Cette prérogative lui fut enlevée par une ordonnance capitulaire du 4 août 1610, qui attribua cette nomination aux marguilliers-clercs. (Invent. du Chap., C. XX bis, 15 et 18.) Voir, dans le Polyptique, l'énumération des droits appartenant au chefcier.

« Comes Teobaldus, de libertate a muris et fossatis nunquam per homines nostros de cetero reparandis. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 717 (ancienne cote : carton X, F, 7).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 53; et carton 28 bis, fol. 24 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Teobaldus, Blesensis comes et Francie senescallus, omnibus tam futuris quam presentibus notum facio quod, cum, ex antiqua consuetudine, erga me tenerentur homines Capituli Beate-Marie Carnotensis quandam partem ejusdem civitatis, que communi cognitioni certa erat et nota, fossatis claudere et fossatos ejusdem partis quotiens opus esset reparare, pro remedio anime mee et animarum patris et matris mee, ad peticionem ejusdem Capituli, hanc predictam consuetudinem quitavi, et homines qui eam, ut dictum est, debebant, inde in perpetuum absolvi. Ipsi autem ad construendum murum super eosdem fossatos, ex communi assensu Capituli, mille libras michi dederunt, tali conditione quod si deinceps quoquomodo murum cadere aut dirui vel fossatos impleri contigerit, non teneantur amplius vel in muro vel in fossatis aliquid mittere, sed ab omni bienno quod in eis habebam ipsi et omnis terra Capituli quiti in perpetuum remaneant et absoluti. Hoc approbavit atque concessit Adelicia1, comitissa, uxor mea, filiis et filiabus nostris Teobaldo2 et Ludovico3, Margarita4 et Ysabella5 idem similiter approbantibus atque concedentibus. Quod ut ratum maneret semper et firmum, litteris commendavi et sigilli mei impressione confirmavi. Testes inde fuerunt : Gaufridus, decanus Beate-Marie ; Gillebertus, subdecanus ; Richerus, cantor ; Willelmus, succentor ; Milo, archidiaconus ; Bartholomeus, Dunensis archidiaconus ; Ernaudus, Drocensis archidiaconus ; Gauterus, Pissiacensis archidiaconus ; Goslenus, Vindocinensis archidiaconus ; Raginaldus, prepositus ; Raherus, prepositus ; Gillebertus, camerarius ; magister Willelmus de Iveriaco ; magister Lambertus ; Herbertus de Porta-Nova ; magister Petrus Blesensis6 ; Aucherus ; Philippus de Galardone ; Gauterus de Bulleto, universumque Capitulum ; Balduinus, abbas Sancti-Launomari7 ; Johannes, abbas Sancte-Marie Blesensis8 ; Gaudinus, decanus Blesensis ; Gaufridus, filius meus ; Henricus de Pusato ; Bertelinus de Botigni ; Radulfus de Brul ; Herbertus, marescallus ; Raginaldus Crispini9 ; Fulco, camerarius ; Herveus de Curva-Villa10 ; Teobaldus Decani ; Clemens de Carnoto ; Vincentius de Poncellis ; Nicolaus, monetarius ; Isembardus de Galardone11. Actum Carnoti in capitulo Beate-Marie, . Datum per manum Hildrici, cancellarii mei. Signum comitisse †. Signum Teobaldi †. Signum Ludovici †. Signum Margarite †. Signum Ysabelle †. »


1 Alix de France. L'obit de cette princesse est inscrit au Nécrologe sous la date du 3 des ides de septembre.
2 Thibault, mort jeune.
3 Louis, comte de Chartres-Blois, après son père (1191-1205). Voir son obit au Nécrologe sous la date du 17 des calendes de mai.
4 Marguerite, femme de Gautier d'Avesnes, comtesse de Blois en 1218.
5 Isabelle, femme de Sulpice d'Amboise, puis de Jean d'Oisy, comtesse de Chartres en 1218.
6 Pierre de Blois, savant théologien, disciple de Jean de Salisbury, chanoine de Chartres et archidiacre de Bath, puis de Londres, mort en 1200. Sa qualité de chanoine de Chartres, alléguée à titre de simple probabilité par ses biographes, résulte clairement de cette pièce.
7 Le nom de Baudouin, abbé de Saint-Laumer de Blois, de l'ordre de Saint-Benoît, se rencontre pour la première fois au bas d'une charte de 1167 ; on croit qu'il mourut le 6 des ides de novembre (8 novembre) 1185.
8 C'est ici l'acte le plus ancien où figure Jean Ier, abbé de Notre-Dame de Blois ou de Bourg-Moyen, monastère de l'ordre de Saint-Augustin. On ignore la date de sa mort ; mais elle est antérieure à 1192, année où Philippe Ier, son successeur, obtint une charte de Geoffroy, évêque de Chartres.
9 Renaud Crespin se croisa en 1189. Il devint en 1194 maréchal du palais de Louis, comte de Chartres.
10 Hervé de Courville, de la famille de Vieux-Pont (1181-1183).
11 Isambert de Gallardon, frère de Hervé III, est nommé dans un autre acte du Chapitre de 1191. Il donna à l'abbaye de Saint-Cheron un hôtel qu'il possédait à Chartres, rue de la Foulerie, et qui était connu sous le nom de salle Ysambart de Gallardon. (Voir Hist. de Chartres, par E. de Lépinois, vol. I, p. 288, note 2.)

« Quod licet Capitulo, non obstante appellatione, excommunicare injuriosos nolentes satisfacere. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 29; et carton 28 bis, fol. 12 r°.
  • a Theodori Penitent., II, 561.
  • b Jaffé, Reg. pont. rom., 843, 9566.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Lucius episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis G[aufrido] decano, et Capitulo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Relatum est auribus nostris quod quidam parrochianorum vestrorum bona ecclesie vestre violenter invadunt et tam vobis quam hominibus vestris irrogare injurias, pro sue voluntatis arbitrio, non formidant, commoniti autem a sua non possunt malitia revocari. Quum igitur nobis imminet ecclesiis et personis ecclesiasticis providere pacem debitam et quietem, et contra insolenciam laicorum apostolicum presidium impartiri, auctoritate vobis apostolica indulgemus ut quicumque parrochianorum vestrorum, sive scilicet R[otrodus]1, comes Perticensis, sive R[obertus] Drocensis2, sive Vindocinensis, sive Ebroicensis, aut de Monteforti, vel barones, aut alii quilibet qui ecclesias aut homines vestros dampnis vel injuriis affecerint, vel affecerunt, et commoniti satisfactionem contempserint congruam vel justiciam exhibere, eos usque ad dignam satisfactionem, sublato appellationis obstaculo, censura ecclesiastica precellatis et in terris ipsorum, preter baptisma et penitentias, divina prohibeatis officia celebrari3, nullis litteris obstantibus, si que sunt a nobis vel a felicis memorie Adriano4 apostolico impetrate. Datum Anagnie, 5. »


1 Rotrou III, comte du Perche (1144-1191).
2 Robert Ier, troisième fils de Louis-le-Gros, comte de Dreux (1137-1184). Voir son obit dans le Nécrologe (t. III de cet ouvrage) au 6 des ides d'octobre.
3 Les Souverains-Pontifes confirmèrent à plusieurs reprises le droit accordé à l'église de Chartres d'excommunier ceux qui lui faisaient tort. Nous citerons entre autres trois bulles d'Alexandre IV, datées d'Anagni et de Saint-Jean-de-Latran les 19 septembre et 18 octobre 1255 et 5 janvier 1256 ; une bulle du pape Urbain IV, datée de Viterbe, le jour des calendes de juillet, là première année de son pontificat (1er juillet 1262) ; une de Clément IV, donnée de même à Viterbe, le 3 des calendes de novembre, la seconde année de son pontificat (30 octobre 1266) ; une de Nicolas III, datée de Sainte-Marie-Majeure, le 14 des calendes d'avril, la seconde année de son pontificat (19 mars 1279) ; enfin, une de Martin IV, donnée à Viterbe, le jour des nones d'octobre de la troisième année de son pontificat (7 octobre 1283). (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. X, A, 11 bis, 11 ter, 13 et 16. — Bibl. nat. de France, Livre des Priv., cart. 28, p. 142 et 143.).
4 Adrien IV (1154-1159).
5 Cette lettre appartient, d'après Jaffé, à l'année 1183.

« Lucii pape III, ne raptoribus liceat appellare. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 27 et 28, fol. 11 v°.
  • a Theodori penitent., II, 562.
  • b Jaffé, Reg. pont. rom., 843, 9573.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Lucius episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis Gaufrido, decano, et Capitulo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Cum appellationis remedium in oppressorum auxilium, non ad incentivum opprimentium, sit inventum, providere volumus et debemus ne malefactores ad bona ecclesiastica, sub appellationis pretextu, violentas impune manus extendant. Hac itaque ratione inducti, auctoritate apostolica constituimus ut si quisquam res ecclesie vestre rapuerit, et excessus ejus fuerit manifestus, aut coram episcopo vel archidiacono, in cujus archidiaconatu malefactor extiterit, assertionem vestram canonice probaveritis, raptori non liceat, per appellationis diffugium, disciplinam ecclesiasticam declinare1. Nulli ergo omnino hominum liceat, etc....... Datum Anagnie, 2. »


1 Le pape Urbain III donna une bulle semblable, à Vérone, le jour des ides de juillet (15 juillet) 1186-1187. (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. X, A, 2.)
2 L'itinéraire donné par Jaffé fixe cette pièce à l'année 1183, troisième du pontificat de Lucius III.

« De vico Vasselorum. »

  • A Chirographe original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1446 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXI, K, 24).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Cum eorum memorie que temporaliter geruntur edax et obliviosa temporum antiquitas plurimum soleat novercari, solus tamen repperitur tenor litterarum, qui quod sibi commendatur perpetuat nec patitur antiquari. Hujus siquidem rationis intuitu, ego Richerius, precentor ecclesie Carnotensis, litterarum apicibus annotari decrevi formam compositionis que, inter dominum Juquellum de Corileto et procuratorem atque fratres Elemosinarie domus nostre, in presentia nostra, contracta est. Cum igitur predictus J[uquellus] quandam plateam, jure matrimonii, possideret, furno predictorum fratrum contiguam, pro salute anime sue et interventu precum nostrarum, eam ipsis concessit in perpetuum, ut eorum hospites, in eodem furno manentes, liberum ibidem porcis suis haberent egressum ; unde et idem fratres alteram plateam hospitatam illi confinem eidem J[uquello] dimiserunt1, sibi et heredibus suis perpetuo possidendam, et hujus alternationis gratia iiii libras carnotenses eidem persolverunt, hoc addito quod sepedicti fratres tali muro qualis est circa domum fratrum de Templo2, sortem suam ab ejus parte claudere tenerentur, et quotiens ceciderit, infra xv dies post ejus citationem reformare. Insuper et v solidos census, , eidem J[uquello] vel heredibus suis reddituri sunt. Ipse vero, posteaquam ab eis accepit, xv denarios census monachis de Bello-Loco annuatim reddere tenetur, , ejusque successores. Hoc autem voluit et laudavit Johanna, uxor ejus, de cujus jure predicta platea fuisse dinoscitur ; et Albertus, ejusdem filius, atque Gaufridus, filius amborum, quod predictum est debiti favoris assensu prosecuti sunt. Habentur etiam testes quorum nomina subter annexa sunt : Willelmus, Renardus, Gauterius, Robertus, clerici nostri ; Gaufridus Sejorne ; Osbertus, frater ejus ; Symon, Richerius, Hubertus, Ivo, Matheus et Supplicius, cambitores ; Odo Espechel, Rogerus de Vernolio, Odo Harengius, Gauterius de Vilereto, Johannes de Torculari, servientes ejusdem Juquelli. Actum anno Verbi incarnati MºCºLXXXºIIIº


1 Le four de l'Hôtel-Dieu, ainsi que les deux places dont il est question dans cette charte, situées dans la rue des Vasseleurs, aujourd'hui rue des Lisses, furent converties en maisons canoniales, et devinrent dans la suite la maison du Pain à chanter, acquise en 1631 par Etienne Neveu, chanoine, et léguée par lui au Chapitre en 1649, et celle du Paon, achetée par le Chapitre en 1704 (Inv. du Chap., C. LXI, F, 10, 14, 16 et 18).

2 La maison des chevaliers du Temple occupait l'emplacement de l'ancienne église des Garmélites, aujourd'hui la Cour d'assises.

Les archives d'Eure-et-Loir possèdent un sceau fort curieux des chevaliers du Temple, dont la principale commanderie dans le pays chartrain était à Sours. C'est un petit sceau rond en cire brune, portant pour emblême l'image du Temple de Jérusalem, tel qu'il est toujours figuré au Moyen-Age, sur les anciennes cartes et dans les manuscrits des voyageurs. La légende est fruste en partie : [sigil]lvm templi sal..... (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de l'abbaye de Saint-Jean.)

« Quod Cantoris auctoritas propter unam de prebendis suis cessam per eum nepoti suo nullatenus minuatur. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28 bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 74 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« G[aufridus], decanus, et universum Carnotensis ecclesie Capitulum omnibus ad quos littere iste pervenerint, in Domino salutem.

(Ils déclarent que la cession faite par le vénérable chantre Richer d'une de ses prébendes1 à son neveu Gautier, jeune homme élevé dans l'église depuis son enfance et nommé chanoine à la prière du Chapitre par l'évêque Renaud, ne pourra jamais nuire audit chantre, et que ni sa considération, ni la dignité ou l'autorité de sa fonction n'en seront amoindries, soit au chœur, soit dans les séances capitulaires. Cette déclaration est ainsi faite en présence de Guillaume, archevêque de Reims, cardinal du titre de Sainte-Sabine, légat du Saint-Siége.)

Hii sunt testes : G[aufridus], decanus ; G[uillelmus], succentor ; Robertus, archidiaconus ; B[artholomeus], archidiaconus ; Gauterius, archidiaconus ; Petrus, archidiaconus ; Gilo, archidiaconus ; Goslenus, archidiaconus ; Ugo, prepositus ; Hugo, prepositus ; Raherius, prepositus ; Gauterius, capicerius ; Guillelmus, presbyter ; magister Auduinus, diaconus ; Aucherius, diaconus ; Johannes, diaconus ; Bernardus, diaconus ; Henricus de Berou, subdiaconus ; Ugo de Moneta ; H[ugo] de Galardone ; Crispinus Episcopi ; Symon Decani ; Milo de Belsia ; R[adulphus] de Bellovidere ; G[auterius] de Boleto ; A[dam] de Monte-Mirabili ; Milo de Mestenon ; Adam Mareschal ; Gauchelinus ; H[ugo] Foalia ; R[obertus] Decani ; G[ervasius] de Cantuaria ; J[ohannes] de Frescot ; G[uillelmus] Foalia, et fere omnes. »


1 Cette prébende consistait dans les prêtrières de l'Aubespine et d'Harville. Richer avait fait cette cession à son neveu en 1169, moyennant 60 sous tournois de pension annnelle que Gautier devait payer au Chapitre, à compter du jour du décès dudit Richer, pour servir à l'office des Matines (Inv. du Chap. ; C. XXIX, B, 1).

« De contentione facta inter Capitulum Carnotense et Hospitalares super capellam. »

  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Frater Anselmus, Dei gratia, prior Hospitalis in Gallia, omnibus ad quos littere iste pervenerint, in Domino salutem. Notum facimus universis quod cum controversia verteretur inter nos et ecclesiam Carnotensem super capella et cimiterio que nos, auctoritate sedis apostolice, in Carnotensi civitate habere nitebamur, quod eadem ecclesia, eadem fulta auctoritate, contradicebat, amicis intervenientibus, amicabiliter est sopita in hunc modum : quod nos et fratres nostri renunciavimus capelle et oratorio et cimiterio et altari in civitate Carnotensi et ejus suburbiis numquam de cetero postulandis, et quod domus quedam quam edificaveramus Carnoti, in figuram et formam capelle, decapitaretur et reduceretur in formam quadratam, et ad alios usus transferretur. Preterea nos firmiter promisimus, sub obtentu religionis et obedientie qua astricti sumus hospitali Jerosolimitano, quod numquam contra Carnotensem ecclesiam questionem attemptaremus super hoc innovare. Vir vero venerabilis domnus R[aginaldus], Carnotensis electus, de assensu et voluntate Ugonis archidiaconi et totius Capituli, pro bono pacis, concessit nobis ecclesiam de Villa-Conani1 perpetuo, quiete et libere, possidendam, retenta in omnibus ecclesiastica justicia, ita quod nos in eadem ecclesia per capellanum proprium divina facimus officia celebrari. Nos vero synodalia persolvemus archidiacono et episcopo qui pro tempore erunt, et recipientes crisma et oleum sanctum ab ecclesia Carnotensi, eidem ecclesie et episcopo et archidiacono et eorum officialibus in jure parrochiali in omnibus respondebimus. Quod ut firmum habeatur tam scripto quam sigillo nostro fecimus communiri2


1 L'église de Villeconin, au doyenné de Rochefort, avait en dernier lieu pour collateur le commandeur de Saint-Jean-de-Latran à Paris, ordre de Malte.
2 Le même frère Anselme promet, par une autre charte, au Chapitre de Chartres, que, dans l'octave de la Pentecôte, il fournira des lettres de confirmation du Grand-Maître de l'Hôpital et du roi de France, et qu'avant la Chandeleur prochaine il fera approuver cette transaction par le Souverain-Pontife. En effet, les cartulaires 28 et 28 bis, p. 34 et fº 14 rº, contiennent la confirmation de Roger des Moulins, Grand-Maître de l'Hôpital. Les archives d'Eure-et-Loir (C. XI, 11) renferment deux chirographes originaux de l'évêque Renaud de Mouçon et une bulle du pape Lucius III, datée de Vérone, le 10 des calendes de septembre, tous actes confirmatifs de l'abandon consenti par le prieur des Hospitaliers.

« Super terra data ad censum Ansoldo Tarcortes. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 109; et carton 28 bis, fol. 47 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« G[aufridus], Carnotensis ecclesie decanus, et universitas Capituli omnibus ad quos littere iste pervenerint, in Domino salutem. Quum, intereuntibus singulis, humane actiones cito traduntur oblivioni nisi litteris annotate memorie commendentur, litteris nostris annotare curavimus quod Ansoldus Tracorteis1 venit in capitulum nostrum, postulans a nobis sibi dari ad censum duos agripennos et dimidium terre apud Rachinetum, que de jure ecclesie nostre esse cognoscitur ; que terra partim sacionalis erat, partim vineis consita ; quam terram Godefridus, noster quondam concanonicus, ex dono Capituli tenuerat. Nos vero, habito consilio, ex communi assensu fratrum, terram illam predicto Ansoldo dedimus ad censum, et jure hereditario possidendam concessimus, eo tenore quod predictus Ansoldus et quicumque post eum terram illam tenuerit, xxx solidos ecclesie nostre, , annuatim reddere teneatur. Nummi autem hujus censive distribuentur canonicis qui anniversario episcopi Teoderici2 intererunt. Factum est hoc in capitulo, . »


1 Ansault-le-Torcheux, d'après l'Inventaire du Chapitre.
2 Théoderie, évêque (1029-1052). Cet évêque, dont l'obit figure au Nécrologe sous la date du 16 des calendes de mai, avait donné au Chapitre l'église de Luplanté.

« Ne domus de claustro laicis locentur. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1446 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXI, K, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 32; et carton 28 bis, fol. 13 v°.
  • a Theodori penitent., II, 435.
  • b D'Achery, Spicil., III, 550.
  • c Jaffé, Reg. pont. rom., 862, 9898.
  • d Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après d.

« Urbanus episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri R[aginaldo] episcopo, et dilectis filiis decano et Capitulo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Audivimus et audientes nequivimus non mirari quod laici quidam, in claustro vestro domos jure hereditario possidentes, tales personas plerumque admittunt per quas clericorum quies inhonesto strepitu sepe turbatur, et devotio populi, ne divinis intendat officiis, prepeditur. Joculatoribus quidem, aleatoribus, cauponibus et mulieribus turpibus prescripte domus de consuetudine prava locantur. Volentes igitur communi ecclesie honestati consulere, auctoritate apostolica prohibemus ne domus canonicales ulterius laicis per quos honestati ecclesiastice derogetur, vel gratis dentur, aut etiam sub quacumque occasione locentur1. Constituimus etiam de domibus quas laici in claustro jure hereditario tenent, si eas in personis propriis cum honesta familia, exclusis mulieribus turpibus, inhabitare noluerint, ut nonnisi clericis vel personis regularem vitam professis, gratis vel pro pretio, concedantur, si congruum eis pretium voluerint exhibere. Nulli ergo omnino hominum liceat, etc. ..... Datum Verone, xii kalendas martii. »


1 Cette bulle du pape Urbain III ne suffit pas pour réprimer les désordres qui se commettaient dans le cloître. Nous voyons en effet dans les registres capitulaires du XIVe siècle de nombreuses plaintes contre les locataires des maisons canoniales.

« De confirmatione antiquarum consuetudinum. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 709 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, A, 2).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 31; et carton 28 bis, fol. 13 r°.
  • a Theodori penitent., II, 434.
  • b Jaffé, Reg. pont. rom., 860, 9869.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Urbanus episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis decano et Capitulo Carnotensi, salutem et apostolicam benedictionem. Ad universalis ecclesie regimen, licet indigni, providentia superne dispositionis assumpti, pro universarum ecclesiarum statu, pastorali tenemur consideratione satagere, et earum quieti, quantum nobis Dominus dederit, sollicite providere. Eapropter, dilecti in Domino filii, vestris justis postulationibus inclinati, et suscepte ministerio servitutis inducti, libertatem et rationabiles consuetudines quibus ecclesia vestra, a quadraginta retro annis, sine interruptione, usa est, et adhuc sine controversia uti dinoscitur, sicut predecessorum nostrorum sunt vobis scriptis autenticis confirmate, ratas habemus, easque futuris temporibus manere decernimus illibatas. Nulli ergo omnino hominum liceat, etc. ...... Datum Verone, x kalendas augusti. »

« De anniversario Avegoti de Sancto-Prisco. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 102; et carton 28 bis, fol. 46 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Raginaldus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, omnibus ad quos littere iste pervenerint, salutem in Domino. Cum pia fidelium largitione ecclesie Dei aliquid erogatur, perpetuo possidendum debet litteris commendari, ut si posterorum malicia hoc in litem presumpserit revocare, per earum testimonium ipsorum calumpnia retundatur. Hujus igitur rationis intuitu, presenti scripto fecimus annotari quod Avegotus de Sancto-Prisco, miles1, ut ipse et antecessores sui animabus suis requiem invenirent, donavit ecclesie Carnotensi omnes decimas quas habebat apud Luceium, tam minutas quam magnas2, perpetuo possidendas, ita quod ecclesia reddet ei vel cui post obitum suum assignaverit, , apud Carnotum, pro omnibus serviciis, x solidos annuatim. Nos autem, ad cujus feodum decime pertinebant, et Gaufridus de Lucco-Plantato, qui eas a nobis tenebat, et a quo idem Avesgotus ipsas possidebat, hanc donationem decimarum ecclesie Carnotensi factam concessimus et ratam habuimus, ita quod si prefatus Avegotus vel heredes ejus adversum nos vel memoratum Gaufridum aliquid commiserint de feodo nostro, nichil super feodum, preter illos x solidos quos ecclesia solvere tenetur, Avegoto poterimus saisire. Hoc in capitulo Carnotensi, nobis astantibus et laudantibus, concesserunt Hamelina, uxor prefati Avegoti, et Garinus, frater ejus, et Juliana, uxor ejus, et Avegotus, filius Garini. Ceterum post cetera duximus adnotare quod altera pars decimarum predictarum cedet ad sanctissime recordationis Petri, predecessoris nostri, quondam Carnotensis episcopi, altera vero ad Roberti de Blavia, Carnotensis canonici, anniversaria facienda. Quod ut ratum et inconcussum permaneat scripto fecimus adnotari et sigilli nostri3 testimonio communiri. Actum anno gracie MºCºLXXXºVIIº. »


1 Avesgaud de Saint-Prest, puissant seigneur chartrain, figure, comme partie ou comme témoin, dans plusieurs actes intéressant Saint-Cheron (1190), Saint-Jean (1211) et l'Hôtel-Dieu (1214). Il était probablement fils de Gautier de Saint-Prest, qui comparaît dans une transaction de 1139 entre le Chapitre et Ursion de Meslay (voir ci-dessus, nº LI), et il fut le père d'Avesgaud de Saint-Prest le Jeune dont nous parlerons ci-après.
2 En 1231, les Abbé et Religieux de Saint-Jean-en-Vallée reconnurent tenir du Chapitre de Chartres toutes les dîmes grosses ou menues, tant en grain qu'en vin, de tout le territoire de Lucé, à la charge d'une redevance annuelle de 32 setiers de blé, de 16 setiers d'avoine et de 50 sous de rente, dont 40 sous pour les heuriers et matiniers de l'église, et 10 sous pour Avesgaud de Saint-Prest le Jeune (Orig. en parch., Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. VI, N, 2).
3 Le sceau de Renaud de Mouçon a été décrit dans le Cartulaire des Vaux-de-Cernay, t. I, p. 184, et gravé dans l'atlas de ce Cartulaire, pl. ii, nº 6.

« Capituli Carnotensis et comitis Roberti, super censu de Fermecort. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1071 (ancienne cote :fonds du Chapitre, carton XXXII, A, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28, p. 114; et carton 28 bis, fol. 52 v°.
  • a E. Lefèvre, Annuaire d'Eure-et-Loir pour 1860, p. 186.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« G[aufridus], decanus, et universitas Capituli Carnotensis, et Robertus, comes Drocensis, omnibus ad quos litterę istę pervenerint, in Domino salutem. Noverint universi, tam presentes quam futuri, quod inter nos et comitem Robertum1, super mansione de Firmecort, cum adjacentibus sibi officinis, de communi assensu limitata, et terra quadam quę est inter fossata de Firmecort et Mosterellium, quę omnia et pater ejus et iste injuste occupaverat2, amodo a nobis tenebit, cum pratis ejusdem villę ad decaniam pertinentibus, in hunc modum pacis convenimus. Predictus siquidem comes, pro pace et amore ecclesię Carnotensis, et ad recognitionem predictorum quę omnia a nobis tenet, nichil amplius de nostris occupaturus, annuatim, , quinquaginta solidos drocensis monetę, in prepositura sua, nobis assignavit aut procuratori nostro libere persolvendos ; et tam presens prepositus quam quicumque et quotiens ei in prepositura successerint fidelitatem nobis faciet de predictis denariis, prefixo termino persolvendis. Quod si prefatus prepositus predictos denarios prefixo termino solvere noluerit vel distulerit, comes vel successor ejus nobis tenebitur ejus supplere defectum. Nos autem, requisiti ab eodem comite, ei concessimus ut in predicta terra quę est inter fossata Firmecurię et Mosterellium capellam edificet : prior autem qui pro tempore eidem capelle prefuerit, de justiciis nostris fideliter observandis nobis fidelitatem faciet. Actum est hoc Carnoti, in capitulo ęcclesię Carnotensis, ; astantibus istis : G[aufrido], decano ; Richerio, cantore ; Willelmo, succentore ; G[isleberto], camerario, vices etiam G[isleberti] subdecani supplente ; Raherio, preposito ; magistro Lamberto ; Gaufrido de Hibreio ; Milo de Garne ; G[auterio] de Booleto ; C[rispino] Drocensi ; H[ugone] de Galardon ; Petro, capellano predicti comitis ; Girardo de Fornivaut ; Petro de Maceriis, et aliis multis. Quod ut ratum et firmum inviolabiliter in posterum observetur, presentem paginam sigillorum nostrorum munimine precepimus roborari. »


1 Robert II, comte de Dreux (1184-1218).
2 En 1185, le comte Robert II avait donné à l'abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois, pour y fonder une église, toute la terre située entre les fossés de Fermaincourt et Montreuil. Le doyen de Chartres réclama contre cette donation, et c'est à la suite de cette contestation qu'intervint la transaction que nous publions.

« De emptione feodi de Sancto-Laurentio-de-Nemore. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres bis, fol. 70 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Theobaldus, Blesensis comes, Francie senescallus, notum facio omnibus, tam presentibus quam futuris, quod cum contentio verteretur inter Petrum Biselli et Galterum de Boe, capicerium Carnotensem, super venditione cujusdam feodi sui quem fecerat Philippus de Buri pro dicto capicerio in villa que dicitur Sanctus-Laurentius-de-Nemore, compositio facta est in hunc modum : quod Petrus Bisselli feodum illum quitavit capicerio predicto, c inde acceptis solidis andegavensibus1. Hanc compositionem laudavit et concessit Johanna, uxor predicti Petri, et filii eorumdem : Hugo, Tristannus, Garnerus, Gaufridus, et filie : Aanor, Isaut, Aalis et Gobilla. Hoc autem fuit coram nunciis meis ad hoc missis : Arnulfus Corbel ; Raginaldus de Pruvino ; magister Hildricus ; Petrus, capellanus Sodobrii ; magister Radulphus de Mauritania ; Willelmus, ejusdem clericus ; Bartholomeus, nepos capicerii ; Raginaldus de Avazaio ; Gradulfus Lialdi ; Raginaldus Raterii, qui nummos receperunt. Ipse etiam Petrus Biselli affidavit mihi, in manu mea propria, se fideliter compositionem istam servaturum, in ecclesia Beati-Karilelfi, his astantibus : Lamberto Sacco, Gaufrido de Bero, Hugone de Rulliaco, Harduino de Monticiis. Quod ut ratum sit et firmum, litteris meis commendavi. Actum Castriduni, . Datum Hugone cancellario. »


1 En 1189, le Chapitre acquit sur Yvon et Ameline, sa femme, et leurs enfants, la mairie de Saint-Laurent-des-Bois, moyennant 13 livres en argent et 2 setiers de terre. Cette seigneurie fut aliénée par le Chapitre, en faveur de M. Terrat, par acte du 23 mai 1687. (Invent. du Chap. ; C. LXVI, EE, 1 et 7.)

Carta Rotrodi, comitis Perticensis, de uno cereo ante Sanctam-Capsam ardenti.

  • B Vidimus original en parchemin de 1199. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 484 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton IV, BB, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« R[otrodus], comes Pertici, omnibus ad quos litterę istę pervenerint, salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod nos, intuitu pietatis et misericordię et reverentię quam venerabili matri nostrę Carnotensi ęcclesię tenemur exhibere, contulimus in honorem beatę Virginis et constituimus in eadem ęcclesia unum cereum aute capsam in qua reposita est beatissimę Virginis veneranda Camisia perpetuo ardentem, assignantes ad hoc decem libras carnotensis monetę in prepositura de Nogento, singulis annis, a preposito qui erit pro tempore, Carnoti, matriculariis Carnotensis ęcclesię persolvendas, centum videlicet solidos predictę ęcclesię et centum solidos 1. Ad peticionem igitur nostram, venerabilis pater et dominus Raginaldus, episcopus, et Capitulum Carnotense concesserunt et instituerunt quod si aliquis de heredibus vel successoribus nostris, quod absit, hanc nostram donationem impediret, tam personam ejus excommunicationi quam nostram subicerent interdicto, donec eisdem matriculariis esset integre satisfactum, qui in predicto luminari tenebuntur interim providere. »


1 Cette donation de Rotrou II fut confirmée par son fils Geoffroy III, vers 1196 et en 1199 (Original en parchemin. ibid., id.).

« Approbatio Theobaldi comitis remissionis viarie a domino de Galardone. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1090 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton XXXIII bis, A, 1).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Ego Theobaldus, Blesensis comes, Francie senescallus, notum facio universis, tam presentibus quam futuris, Hugonem de Galardone totam viariam quam ipse et antecessores sui in terra Beate-Marie Carnotensis ab antiquo possederant in elemosinam, pro anima sua et animabus antecessorum suorum, ecclesie Carnotensi in perpetuum concessisse, ad censum quindecim librarum annuatim ad terminos definitos persolvendarum, videlicet ad centum solidos, c solidos, c solidos. Quam elemosinam, quantum attinet ad meum feodum, tam ad instantiam precum domini Galeranni, predicti Hugonis nepotis et successoris, tam quia pia et religiosa esse dinoscitur, gratam et ratam habeo, et ne de cetero aliqua occasione in irritum possit reduci vel temporum diuturnitate a memoria elabi, litteris presentibus commendo et sigilli mei impressione in perpetuum permansuram confirmo1. »


1 Au mois de mars 1203 (1204, n. st.), Hervé, seigneur de Gallardon, donne quittance au Chapitre de Chartres des arrérages de onze années dudit cens (Original en parchemin. C. XXXIII bis, A, 1).

Transaction passée en Chapitre entre Hugues, prévôt et chanoine1, d'une part, et les maires de Champs et de Mandres, d'autre part, par laquelle ils cèdent et transportent à Hugues et à ses successeurs prévôts la propriété du grand pré situé en-deçà de la rivière d'Eure, sur lequel ils ne se réservent rien que le droit de garde et de forfaiture ; et Hugues abandonne auxdits maires la propriété du petit pré qui est au-delà de la rivière2, à condition qu'ils le tiendront de lui et de ses successeurs prévôts.

  • B Inventaire du Chapitre, carton CI, F. 2.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.


1 Hugues, prévôt d'Amilly, paraît pour la première fois en 1188.
2 Ce pré est celui nommé de la Celle, qui fut partagé par moitié entre les deux maires. En 1298, Pierre de Chevenge, clerc de Villain de Ressonne, chanoine, acquit de Simon de la Chevardière, maire de Mandres, et d'Agnès, sa femme, la moitié de ce pré qui appartenait à ladite mairie, et, l'année suivante, l'engagea au Chapitre pour l'acquit de 70 sous de rente, dont il était chargé envers le Chapitre, en vertu d'un acquêt fait par Pierre de Mincy, chanoine, en 1292 (Inv. du Chap. ; C. CI, F. 5). La même année, 1299, Villain de Ressonne acquit cette portion de pré de Chevenge, et, par son testament du mois de novembre 1299, la légua au Chapitre pour son anniversaire (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. LXVII, B, 39).

«De decima de Sernellis quam Gilebertus de Tardeis dedit ad anniversarium suum. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 1458 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXVII, A, 5).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, fol. 69 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Raginaldus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, omnibus ad quos littere iste pervenerint, in Domino salutem. Noverint universi quod Gislebertus de Tardeis1, causa crucis assumpte propter Deum, décimam suam de Andevilla et decimam de Serneliis et decimam de Baroureto et terram suam apud Amilletum sitam et triginta quatuor solidos census quos habebat apud Mesniz, de assensu et voluntate matris sue, cognato suo karissimo Gisleberto, Carnotensi camerario, in quinque annos, pro octoginta libris andegavinorum, pignori obligavit, excepto dimidio modio annone de predicta terra Amilleti, quem Henrico et ejus uxori dedit et, annuatim percipiendum concessit. Sciendum tamen est quod, singulis annis, pretaxati summa debiti, pro fructibus perceptis in censu et in terra Amilleti, de sexaginta solidis diminuetur. Si vero infra terminum prescriptum Gislebertum de Tardeis viam carnis ingredi contigerit, decimam de Serneliis Gisleberto camerario, cognato suo, in elemosynam dedit et perpetuo concessit, et ejus nepotibus, Garino scilicet et Willelmo de Fontanis2, si idem camerarius interim decesserit ; hac quidem conditione ut anniversarius dies obitus sui et ipsius Gisleberti, camerarii, post decessum suum, in ecclesia Carnotensi annuatim celebretur. Verum si predictus camerarius infra terminum prestitum humanis exemptus fuerit, quod absit, nepotes ejus, Garinus et Willelmus de Fontanis, decimas predictas et terram Amilleti et censum de Mesniz libere possidebunt, donec reliquum debiti eis in integrum persolvatur, hoc annexo quod, pro fructuum perceptione, tam in terra Amilleti quam in censiva de Mesniz, summa debiti de sexaginta solidis annuatim relaxetur. Expleto autem quinquennio, si Gislebertum de Tardeis ad propria, auctore Domino, reverti contigerit, decimas predictas et terram et censum poterit redimere et ea libere possidere. Si vero ea vel non poterit redimere, vel noluerit, Gislebertus, camerarius, vel ejus nepotes, si ipse interim de medio tolleretur, decimas et terram et censum pacifice possidebunt, donec residuum debiti in integrum receperint. Ceterum, si idem Gislebertus de Tardeis, completo quinquennio, decimas et terram et censum redimere nequiverit, et viam carnis ingressus fuerit, camerarius, vel ejus nepotes, si ipse decesserit, decimas et alia possidebunt donec a propinquiore generis Gisleberti de Tardeis redimantur, excepta decima de Serneliis, quam idem in elemosinam dedit ut dies anniversarius obitus sui et camerarii Carnotensis, Gisleberti, in ecclesia Carnotensi, annuatim, celebretur. Quod ut ratum et firmum permaneat, tam scripto quam sigillo nostro fecimus communiri, sub testimonio Hugonis, abbatis Sancti-Andree ; Crispini Drocensis ; Radulfi de Bellovidere ; Avesgoti de Sancto-Prisco ; Willelmi, militis de Fontanis. Datum . »


1 Gislebert de Tardais, qui allait partir pour la Croisade, fit, selon l'usage, plusieurs libéralités aux établissements religieux de son voisinage. Il donna, entre autres, à l'abbaye de Saint-Cheron, quatre muids de terre à Amilly, par acte de la même année, à la charge d'anniversaires. Il était au reste neveu du sous-doyen Gislebert et cousin du chambrier du même nom (Arch. dep. d'Eure-et-Loir, fonds de Saint-Cheron.)
2 Garin de Fontibus, sous-diacre, et Guillaume de Fontibus, néveux du chambrier Gislebert, figurent comme témoins dans la donation de Gislebert de Tardais à Saint-Chéron, rappelée ci-dessus.

« Capituli Carnotensis et comitis Perticensis super nemore de Autun. »

  • A Chirographe original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 2088 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton LXXXVII, V, 1).
  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 96; et carton 28 bis, fol. 44 r°.
  • a O. Des Murs, Histoire des comtes du Perche, p. 475.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« Noverint universi ad quos littere iste pervenerint quod nemus de Autou commune est et omnis pastura nemoris, pro media portione, Comitis Perticensis1 et Capituli ecclesie Carnotensis2, sed vetitum prefati nemoris et custodia ad Comitem spectant. Preterea canonici ejusdem ecclesie, sine assensu Comitis, in jamdicto nemore ad usum suum nichil capere poterunt, preterquam ad fabricam ecclesie Carnotensis et ad usum duarum granchiarum, videlicet de Grandi-Husso et de Gardeis, ita quod tantumdem de nemore Comes capere poterit. Capitulum vero nec aliquid vendere inde vel donare poterit. Comes vero prefatum nemus ita vendere poterit quod priusquam vendatur, Comes venditionem Capitulo significabit ut illuc quem voluerit mittat qui intersit venditioni, et illi qui plus offeret vel meliorem offeret conditionem predictum nemus concedetur. Et hoc ita si in grossum nemus vendatur ; si vero ad forestagium ; per servientem Capituli et servientem Comitis vendetur, ab utroque serviente tam a Capitulo quam a Comite juratoria cautione recepta, et Capitulum medietatem precii consequetur. Item, Comes inde poterit dare et capere ; et quantum inde dederit vel acceperit, tantum Capitulum dare poterit vel accipere. Quantum autem ad pasturam vetitum nemoris Comes, intuitu elemosine, dimittit, ita quod in jamdicto nemore medietatem proventuum pasture Capitulum percipiet, eo tenore quod in ecclesia Carnotensi singulis annis celebrabuntur duo anniversaria, videlicet M[athildis]3, uxoris sue, scilicet iiii nonas januarii, et Amice4, comitisse, matris ejusdem comitis, . Canonicis autem qui predictis anniversariis5 interfuerint, predictum pasnagii et pasture emolumentum erogabitur, quod, , per servientem Capituli et servientem Comitis, colligetur, et ad minam dividetur, et uterque serviens tam Capitulo quam Comiti fidelitatem prestabit. Reliquam vero medietatem pasture Comes sibi et heredibus suis retinuit. Item institutum est et concessum quod undecumque animalia ad pasturam convenerint, sive de terra Comitis, sive Capituli, sive ejusdem Comitis militum, pastura vendetur, et quod inde perceptum fuerit Capitulo et Comiti communicabitur, ita quod neutra pars alicui in eadem pastura poterit dare immunitatem nisi de communi assensu Capituli et Comitis. Datum . »


1 Voir ci-dessus p. 208, note 1.
2 La comtesse Mathilde avait donné au Chapitre, à titre de fondation, la moitié du bois d'Authou. Le 30 juin 1534, le Chapitre fit une transaction avec Marie de Luxembourg, par laquelle il abandonna à ladite dame tout ce qu'il possédait dans les bois d'Authou et de Chaillouay, moyennant la cession que lui fit Marie de Luxembourg de cent arpents de bois, ès bois d'Authou, francs et quittes de tous droits d'usage et autres quelconques (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. LXXXVII, V, 4).
3 Mathilde ou Mahaut, fille de Thibault IV, comte de Chartres-Blois et de Champagne. L'obit de cette princesse se trouve au Nécrologe sous la date du jour des calendes de janvier. On faisait probablement son anniversaire le lendemain 4 des nones du même mois.
4 Cette dame, appelée aussi Harvise ou Havise, était fille d'Edouard de Salisbury et seconde femme de Rotrou II, comte du Perche. Elle épousa en secondes noces Robert, troisième fils de Louis-le-Gros. Son obit est inscrit au Nécrologe, sous le nom d'Amicia, à la date du jour des ides de janvier, date qui correspond au jour de l'octave de l'Epiphanie, indiqué ici pour son anniversaire.
5 Ces anniversaires étaient à la charge des prébendiers de Charonville (voir le Polyptique).

« Super dono ecclesie Sanctorum Sergii et Bachi. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 52; et carton 28 bis, p. 24 r°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Raginaldus, Dei gracia, Carnotensis episcopus, omnibus ad quos littere iste pervenerint, salutem in Domino. Cum in voto haberemus et summo desiderio Carnotensi ecclesie, que nos, licet indignos et insufficientes tanto honori, ad sui regimen evocavit, redditus providere, de quibus nostrum posset anniversarium sollempniter celebrari, via Iherosolimitana et temporis angustia nostrum propositum impedivit. Verum quod ad presens possumus, illud tantillulum eidem ecclesie boni concedimus quod habemus in manibus et donamus Capitulo perpetuo possidendum ; capellam etenim Sanctorum Sergii et Bachi, in curia domorum episcoporum sitam, in ea libertate et immunitate qua eam possidebamus, concedimus Capitulo Carnotensi, jure plenario possidendam, perpetuo gracias eis uberes exsolventes, quod firmiter promiserunt, se propter hoc patris mei1 et matris2 et comitis Henrici3 et nostrum, cum decesserimus, anniversaria, annis singulis, celebraturos. Statuimus autem ut nullus contra hanc concessionis nostre paginam venire audeat ; quod si quis presumpserit divini subjaceat ultioni. Quod ut firmum habeatur et ratum, tam scripto quam sigillo nostro fecimus communiri. Data . »


1 Renaud II, comte de Bar, père de l'évêque Renaud de Mouçon, mort en 1170. L'obit de ce seigneur, inscrit au Nécrologe à la date du 8 des calendes d'août, rappelle la donation de la chapelle de Saint-Serge et Saint-Bacche.
2 Agnès, fille de Thibault IV, comte de Chartres-Blois et de Champagne, femme de Renaud II, comte de Bar et mère de l'évêque Renaud de Mouçon.
3 Henri I, comte de Bar, fils du comte Renaud II et frère de l'évêque Renaud de Mouçon, mort au siége de Saint-Jean-d'Acre en 1191.

« Quod episcopus dedit decem solidos fraternitati Clericorum de choro. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28 bis: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, fol. 76 v°.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« R[aginaldus], Dei gracia, Carnotensis episcopus, omnibus ad quos littere iste pervenerint, in Domino salutem. Noverit universitas vestra nos fraternitati1 clericorum Beate-Marie, zelo Dei, et ut bonorum fraternitatis ejusdem participes essemus, decem solidos, in perpetuum, singulis annis, contulisse, et, , fraternitatis officialibus, in villa que vulgo dicitur Marchesseth, tradendos constituisse. Quod ut ratum et firmum permaneat hoc tam scripto quam sigillo nostro fecimus communiri. Datum


1 Le mot fraternitas s'appliquait à tous les corps qui vivaient en communauté ; c'est ainsi que dans le principe les chanoines de Chartres s'appelaient fratres Beatæ Mariæ (voir ci-dessus nº I.)

Acte par lequel le Chapitre réduit à 100 sous de rente annuelle et perpétuelle le droit de gîte et procure que le prévôt de Mézangey ou le fermier de sa censive, en son nom, exigeaient des hommes de corps ou censitaires dudit Mézangey.

  • B Inventaire du Chapitre, carton XIX bis, A, 1.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« De viaria Johannis de Friesia. »

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges de l'église de Chartres, p. 105.
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Johannes de Friesia, miles1, omnibus ad quos littere iste pervenerint, salutem. Noverint universi presentis scripti paginam inspecturi, quod ego, pro salute anime mee et parentum meorum, totam viariam quam in terra ecclesie Beate-Marie Carnotensis habebam2, eidem ecclesie liberam et quietam concessi in perpetuum et donavi, Garino, fratre meo3, concedente hoc et volente, et Ivone, domino Curveville4, de cujus feodo erat, per litteras suas assensum prebente. Quod ut ratum et inconcussum permaneat sigilli mei feci munimine roborari. »


1 Jean de Friaize était un des principaux conseillers de Louis, comte de Chartres. Ce fut lui qui se chargea de préparer à Venise les bâtiments sur lesquels son patron s'embarqua pour la Croisade. Lorsque Louis eut été nommé duc de Nicée, il resta avec ce prince dans la Terre-Sainte : il était à ses côtés à la bataille d'Andrinople en 1205, et il fut tué en cherchant à défendre ou à venger son maître et son ami.
2 Ce droit de voirie que possédait Jean de Friaize s'étendait sur les terres du Chapitre situées à Amilly, Saint-Aubin-des-Bois, Fontaine-la-Guyon, Champs et Mandres. — Jean de Friaize, au moment de partir pour la croisade, renouvela sa donation en faveur du Chapitre et de l'abbaye de Saint-Père (mai 1202).
3 Garin de Friaize, frère de Jean, avait épousé Marguerite, fille d'Ursion de Meslay, de la famille des Vidames de Chartres.
4 Yves III de Vieuxpont, seigneur de Courville, époux d'Isabelle, puis de Marie de Vendôme.

« Raginaldi, episcopi Carnotensis, de preposituris concessis Capitulo et precariis factis preposituris. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 375 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton II, GG, 5).
  • a Gall. christ., tome VIII, Instr., col. 347.
  • b Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après b.

« Raginaldus, Dei gratia, Carnotensis episcopus, omnibus ad quos littere iste pervenerint, salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod cum carissimus avunculus noster Willelmus1, tunc Senonensis, nunc Remensis archiepiscopus, tituli sanctę Sabinę cardinalis, apostolicę sedis legatus, curam gereret ęcclesię Carnotensis, contulit Capitulo Carnotensi justiciam quatuor prepositurarum quę in eadem erant ęcclesia, videlicet de Nongento, de Fontaneto, et de Amiliaco et de Belsia2 ; cum vero Dominus nos ad pretaxatę ęcclesię regimen evocasset, super justiciis predictarum prepositurarum Capitulo movimus quęstionem, quę tamen, intervenientibus viris prudentibus et honestis, in presentia etiam venerabilis patris nostri magistri Melioris3, Sanctorum Johannis et Pauli presbiteri cardinalis, tunc apostolicę sedis legati, sopita est in hunc modum : quod inherentes vestigiis predicti domini Remensis, donationem justiciarum predicto collatam Capitulo approbavimus, in ea integritate qua eam predictus contulerat archiepiscopus ipsam confirmantes ; et ut predicta ęcclesia de manu nostra se aliquid gauderet beneficii recepisse, concessimus, ut quatuor prepositurarum redditus, salvo jure nunc eas possidentium, integre commodo canonicorum accrescerent, et tunc, pleno jure, quatuor prepositurarum redditus, cum justiciis, ad Capitulum devolverentur. Capitulum vero, in recompensationem collati sibi beneficii, ne Carnotensis ęcclesia debito dignitatum numero fraudaretur, concessit nobis ut de quatuor precariis quę in eadem habemus ęcclesia, videlicet de Normannia, de Masengeio, de Auversio et de Ungreio, quandocumque et quomodocumque eas vacare contigerit, faciemus preposituras, et easdem, sicut et preposituras, canonicis Carnotensibus libere cum justiciis conferamus, salvis redditibus matutinis et anniversariis deputatis, et nemoribus, salvo etiam jure Gosleni de Horreivilla in precariis quod habebat in preposituris, ita quod, si aliquam prepositurarum vacare contingeret, nichil in ea posset reclamare. Si autem alteram partium precarię de Normannia vacare contingeret, et ea alicui, nomine prepositure, conferretur, reliqua pars, quandocumque ipsa vacaret, ad eandem personam ipso jure devolveretur, salvo jure Symonis de Bero de medietate precarię de Normannia integro et illeso. Ut autem hoc inconcussum omni tempore perseveret, nec possit aliquatenus immutari, fecimus jurari in animam nostram nos istud in perpetuum fideliter servaturos. Idipsum quoque, prestito juramento corporaliter, firmaverunt decanus, cantor, subdecanus, succentor, archidiaconi, capitherius, camerarius, prepositi, presbiteri, diaconi, subdiaconi. Statutum est etiam ut quicumque substituantur canonici corporale prestent juramentum se hoc fideliter servaturos. Quod ut ratum et firmum observetur in posterum, presens scriptum sigilli nostri precepimus impressione muniri. Actum publice in capitulo Carnotensi, 4. »


1 Le cardinal Guillaume de Champagne était frère d'Agnès, comtesse de Bar, mère de l'évêque Renaud de Mouçon.
2 Cet acte de Guillaume-aux-Blanches-Mains est de l'année 1174 (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. II, GG, 4).
3 Le cardinal Melior, légat en France (1183-1200).
4 Le Livre des Priviléges (Bibl. Imp., cart. 28, p. 135; et carton 28 bis, fº 62 rº) nous a conservé un double de cet accord fait au nom de Geoffroy, doyen, et du Chapitre de Chartres. Cet acte fut confirmé par le roi Philippe-Auguste, suivant lettres-patentes, datées de Senlis, l'an de l'Incarnation du Verbe 1193 et de son règne le 15e, astantibus in palatio quorum nomina supposita sunt et signa. Dapifero nullo. Signum Guidonis buticularii ; signum Mathei camerarii ; signum Drocensis constabularii. Data vacante cancellaria (Gallia christ. ; t. VIII, instr., col. 347. — Bibl. nat. de France, coll. Gaignières, mss. lat. 5185, I, p. 141. — L. Delisle, Catal. des actes de Phil.-Aug., 409, p. 98). Il fut de nouveau confirmé par une bulle du pape Célestin III, datée de Saint-Jean-de-Latran, le 4 des nones de juin (1195) (Orig. en parch. bullé ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. II, GG, 5. — Bibl. Imp., cart. 28, p. 18, et 28 bis, fº 8 rº).

Celestini papæ tertii, de contentione inter Capitulum Carnotense et Comitissam super servientibus ejusdem Capituli.

  • B Bibl. nat. de France, carton 28: Livre des Privilèges, p. 105.
  • a Theodori Peniten., II, 567.
  • b Jaffé, Reg. Pont. rom., 897, 10473.
  • c Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après c.

« Celestinus episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri M[ichaeli]1 archiepiscopo, et M[anasse], archidiacono Senonensi, salutem et apostolicam benedictionem. Sicut Henricus, archidiaconus, Raginaldus, de Massengeio prepositus, Symon de Berou, Radulfus de Bellovidere, et Germundus de Levesvilla et Capitulum Carnotense, transmissa nobis insinuatione, monstrarunt cum, juxta consuetam Carnotensis ecclesie libertatem, Gilebertum, Laurentium, Willelmum, Robertum, et Andream, laicos Carnotenses, sub cura ejusdem ecclesie pariterque protectione receptos, ad servicium suum domesticum evocassent, comitissa Carnotensis, sine defectu justicie, cum fautoribus suis qui sunt de vestra provincia, unum de servientibus supradictis, scilicet Gilebertum, per violentiam cepit, et tam ipsum quam alios, bonis et rebus omnibus, sine juris ordine spoliavit. Cum autem post, multa gravamina super hoc clericis memoratis illata fuissent, ex utraque parte in arbitros compromissum, nulla tamen ex parte clericorum interposita cautione, idem arbitri, partibus in sua presentia constitutis, plenum dare arbitrium noluerunt, asserentes se non debere super earum consuetudinibus vel libertatibus arbitrari, nec esse ad hoc ex forma compromissionis astrictos. Istud tamen pro sua voluntate dixerunt ut prefati servientes nec amplius, sine ipsorum licentia, in eorumdem clericorum servicio et protectione ecclesie liberius permanerent, integra subtractorum restitutione gaudentes. Quia igitur clerici sepedicti ad consuetudinum ac libertatum ecclesie sue observantias se faterentur juramento teneri et idcirco earum non posse pati tuta consciencia lesionem, petierunt sibi in casu isto per commissionis nostre litteras provideri. Ideoque discretioni vestre per apostolica scripta mandamus quatinus arbitros memoratos monere attencius et inducere studeatis ut inter partes premissas perfecte concordie viam studeant invenire. Quod et si arbitri memorati facere forte noluerint vel eas super questione jamdicta secundum quod rationi consentaneum fuerit expedire, vos auctoritate nostra partes ad vestram presentiam convocetis, et, que fuerint hic inde proposita diligenter auditis et cognitis, causam super hiis, appellatione remota, mediante justicia, terminetis, non permissuri clericos memoratos, dum coram arbitris vel sub examine vestro justicie parere voluerint, premissorum servientium privari possessione indebite, vel contra libertates seu consuetudines approbatas ecclesie sue aliquid temere attemptari, nullis litteris veritati et justicie prejudicantibus, si que apparuerint a sede apostolica impetrate. Datum Rome, apud Sanctum-Petrum, viii idus junii, pontificatus nostri anno quarto. »


1 Michel de Corbeil, archevêque de Sens (avr. 1194-nov. 1199).

« Attestationes Comitisse Blesensis et Capituli Carnotensis super consuetudinibus ecclesie Carnotensis, de quibus erat contentio. »

  • A Original en parchemin. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 716 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton X, L, 7).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Michael, Dei gracia, Senonensis archiepiscopus, et Manasses, ejusdem ecclesie archidiaconus, omnibus presens scriptum inspecturis, salutem in Domino. Noverint universi quod nos a domino Celestino papa tercio judices delegati in causa que vertebatur inter Capitulum Carnotense et Adeliciam, comitissam Blesensem, super consuetudinibus et libertatibus ecclesie Carnotensis, in recipiendis servientibus de burgensibus jamdicte comitisse, testes utriusque partis recepimus in hunc modum :

Testes ex parte comitisse contra canonicos Carnotenses :

Domina Regina et dominus Remensis1 dixerunt quod cum de controversia que inter canonicos Carnotenses et comitissam Blesensem vertebatur, super tribus hominibus tantum, quos ipsi canonici ad domesticum evocaverant servicium, fuisset in eos compromissum, non ut de judicio, sed ut de propria voluntate procederent, tandem in hunc modum arbitrium protulerunt, quod illi tres homines, de quibus erat questio, usque ad festum sancti Johannis, in protectione ecclesie Carnotensis libere permanerent et integra ablatorum eis restitutione gauderent ; sed ulterius eos non protegeret ecclesia Carnotensis nisi de licentia arbitrorum, videlicet ipsius A[dele], regine, et Willelmi, domini Remensis, salvis tamen consuetudinibus et libertate ejusdem ecclesie in aliis, et salvo jure utriusque partis. Addiderunt etiam quod de dicto eorum observando fidejussit dominus Rex.

Gaufridus Cointetus2, miles, juratus, dixit idem, excepto quod de fidejussione domini Regis, sive si compromissioni, quando facta fuit, interfuisset, nichil voluit dicere. Adjecit etiam quod de quinque hominibus tunc erat questio, qui tamen infra predictum terminum sancti Johannis, si vellent, libere possent ad comitissam reverti.

Gaufridus de Linis, miles, juratus, dixit idem quod Gaufridus, excepto quod dixit homines illos in protectione domine Regine et domini Remensis, non in protectione ęcclesię Carnotensis permanere.

Petrus, miles, de Villaribeton, juratus, idem dixit quod Gaufridus de Linis.

Achardus, miles, idem dixit, excepto quod nichil voluit dicere in cujus protectione remanerent homines predicti, et de Regis fidejussione dixit se nichil scire.

Gaufridus Graons, juratus, idem dixit quod Gaufridus de Linis.

Renaldus de Orrevilla3 idem dixit quod Gaufridus Graons.

Renaldus Belinus, miles, juratus, idem dixit.

Johannes Jouez, miles, juratus, idem dixit.

Garinus, granetarius, juratus, idem dixit.

Richardus, pincerna, juratus, idem dixit.

Aubertus, juratus, dixit idem.

De fidejussione quam de dicto arbitrorum observando fecisse dicitur dominus Rex, dixerunt ipsa Regina et dominus Remensis quod tantum recolunt quod dominus Rex dixit eis, antequam arbitrium suscepissent, quod dictum eorum faceret firmiter observari ; sed quod Capitulum Carnotense eum fidejussorem constituerit non recolunt.

Sciatur insuper quod testes comitisse Blesensis, requisiti ut de tota causa se veritatem aperire jurarent, videlicet tam de consuetudine et libertate ecclesie Carnotensis quam de arbitrio, non, nisi de arbitrio tantum, jurare voluerunt.

Attestationes pro ęcclesia Carnotensi contra comitissam Blesensem :

W[illelmus], subdecanus Carnotensis et presbiter, juratus, dixit talem esse libertatem et consuetudinem ecclesie Carnotensis quod clerici ęcclesię Carnotensis canonici, quicumque sint, ad domesticum eorum servicium possunt assumere quoscumque burgenses de villa Carnotensi, nisi servi essent comitis vel comitisse Blesensis, et, quamdiu in eorum permanebunt servicio, liberi erunt et immunes ab omni exactione et tallia comitisse Blesensis sive comitis, nec aliquam possunt negociationem exercere, nisi de annona quam in augusto emerint, vel de vino empto in vindemiis, et de lana et de pannis factis de velleribus ovium suarum, quos sine omni teloneo poterunt vendere sicut et alias res suas. Et adjecit quod, in tempore comitis Teobaldi, vidit Vincentem, burgensem Carnotensem, talliabilem et prepositum comitis, qui, postea factus serviens domini Remensis W[illelmi], cum esset electus Carnotensis, immunis fuit ab omni exactione et tallia, et postmodum vidit eum similiter immunem cum esset in servicio R[aginaldi], Carnotensis episcopi, tunc canonici ejusdem ęcclesię. Vidit etiam Herveum lanarium, Girardum de Sub-Ulmo, Herbertum poterium, burgenses talliabiles, qui de burgensia ad servicium Yvonis, Carnotensis decani, transierunt et immunes fuerunt. Vidit etiam Renaudum, cognatum suum, qui cum de burgensia ad servicium Bernardi, cancellarii, transisset, immunis fuit. Vidit quoque Garinum, filium Girodi, qui de burgensia transiit ad servicium Gaufridi de Bello-Videre, canonici, et immunis fuit. Thecelinum quoque vidit, qui cum esset in servicio Petri de Pontesia, cum moraretur in partibus Jerosolimitanis, taillatus fuit idem Thecelinus, et per ęcclesię justiciam reddita sunt vadia, probato quod pro sua procuratione pensionem haberet a predicto P[etro]. Vidit etiam Fulcherium, filium Philippi, de burgensia transisse ad servicium Alcheri, canonici, postea talliatus est, et pro eo et Nicolao, serviente Auberti, clerici de choro, ecclesia interdicta, et reddita sunt postmodum eisdem F[ulcherio] et N[icolao] gagia sua, et emendacio inde est facta. Simile vidit de Gaufrido Salvo, serviente. De arbitrio dixit quod revera facta est compromissio in dominam Reginam et W[illelmum], dominum Remensem, super contencione de quinque hominibus, salvis omnino consuetudinibus et libertatibus ecclesie Carnotensis ; ita enim retractata est forma compromissionis, a domino Rotrodo4 ad dominum Remensem loquente, quod canonici Carnotenses ad eos compromittebant, salvis consuetudinibus et libertatibus ęcclesię sue, ita quod quinque dicti homines ad honorem ecclesie remanerent, sed de compromissione tenenda nec fides interposita est, nec plegius, nec pena proposita. De loco in quo hoc factum fuit, dixit in aula Regis, Parisius, in angulo versus Cordoenariam5. De prolatione arbitrii idem quod Hugo, prepositus.

Raherius, prepositus et subdiaconus, juratus, idem dixit de consuetudine, addens se multos vidisse de burgensia ad canonicorum servicia transisse et immunes fuisse. Dixit etiam quod plures habuit servientes burgenses, qui immunes extiterunt, et cum comes Teobaldus eum super quodam serviente ejus convenisset qui burgensis ejus fuerat, de consuetudine ecclesie immunis remansit et quietus. Adjecit quoque se vidisse idem de Fulcherio, filio Philippi, serviente Alcherii, quod subdecanus. De arbitrio dixit se non interfuisse Parisius quando facta est compromissio. De prolatione arbitrii dicit se immemorem esse.

Hugo, prepositus et subdiaconus, juratus, dixit idem de consuetudine, addens se vidisse Robertum Terree, comitis Theobaldi prepositum, qui, propter gravamina comitis, ad servicium Henrici prepositi se transtulit et immunis fuit, et hoc vidit de multis aliis ; et de Gaufrido Salvo, serviente, idem dixit quod subdecanus. De arbitrio dixit quod non interfuit quando facta est compromissio Parisius, sed arbitrio proferendo interfuit, quod in hunc modum prolatum fuisse dixit, quod predicti quinque homines in pace remanerent et res eorum eis redderentur, et hoc disposito, dixerunt Regina et dominus Remensis quod, cum ventum esset ad predictum terminum, supplerent quod de arbitrio superesset ; post terminum vero, Capitulum Carnotense ad dominum Remensem nuncios suos transmisit, qui reportaverunt dominum Remensem eis respondisse quod de arbitrio illo amplius non procederet.

Goslenus, prepositus diaconus, juratus, dixit idem de consuetudine, addens de Gaufrido Salvo, serviente, idem quod subdecanus. Adjecit etiam quod cum gagia Sevini, servientis sui, pro tallia a preposito Carnotensi capta essent, prepositus requisitus, cognato quod serviens esset dicti Gosleni, ei gagia reddidit omnino. De arbitrio, dixit quod non fuit Parisius quando facta est compromissio in dominam Reginam et dominum Remensem, sed quando prolatum in hunc modum fuit arbitrium interfuit quod servientes illi, , in servicio canonicorum et protectione ecclesie pacifice remanerent et non ulterius, nisi de licentia arbitrorum, restitutis eis omnino rebus ablatis. Etiam adjecit quod antequam proferrent arbitrium publice proposuerunt quod arbitrium illud non susceperant, nisi salvis consuetudinibus et libertatibus ecclesie Carnotensis et comitisse, de quibus eis non licebat arbitrari. Dixit etiam quod cum ita prolatum fuisset arbitrium dixit dominus Remensis quod cum opus esset de arbitrio, ipse et Regina supplerent quod superesset ; cumque, circa festum sancti Johannis, per nuncios canonicorum requisitus esset de supplendo arbitrio, dixit se certum non posse dare propter absentiam Regine, sine qua procedere non poterat, sed infra quindecim dies accederet Carnotum, paci operam daturus, quod non fecit.

Guismondus, archidiaconus, diaconus, juratus, dixit idem de consuetudine, addens se vidisse quemdam sororium suum, Radulfum de Tevas, qui de burgensia transivit ad servicium Ernaudi, quondam archidiaconi, et viginti duobus annis in ejus servicio immunis permansit. De arbitrio, dixit quod interfuit Parisius quando facta fuit compromissio, que siquidem facta fuit, salvis consuetudinibus et libertatibus ecclesie Carnotensis, in aula Regis. De prolatione arbitrii idem dixit, quod Goslenus.

Robertus, succentor et presbiter, juratus, dixit de consuetudine se idem accepisse quod alii dixerunt, et adjecit quod vidit Fulcherium, filium Philippi, transisse ad servicium Alcherii, canonici, et fuisse immunem, et Gilonem qui ad servicium thesaurarii de burgensia transierat similiter immunem extitisse. De compromissione facta, idem dixit quod Guismondus cum ipse interfuerit. Prolationi vero arbitrii non affuit, ut dixit.

Garinus Camerarii, diaconus et canonicus, juratus, dixit idem de Fulcherio, filio Philippi, quod subdecanus, preterquam de emendatione, et addidit quod cum Radulfus de Valeia transisset de burgensia ad servicium Gilleberti, camerarii, postmodum captus est propter talliam et in Turrem positus, et postea, cessante ecclesia Carnotensi pro eo per unum diem, redditus est et quitatus. De arbitrio, dixit se non interfuisse arbitrio proferendo vel quando facta est compromissio.

Galterus, canonicus et subdiaconus, juratus, dixit idem de Fulcherio et Nicholao quod subdecanus, et addidit quod abbas Sancti-Petri, veniens in Capitulum, conquestionem fecit quod prepositus Carnotensis duos de servientibus susceperat, et tandem per justiciam ecclesie liberati sunt. De arbitrio, dixit quod compromissioni non interfuit, sed prolationi arbitrii affuit, de qua dixit idem quod Hugo prepositus.

Silvester, canonicus et subdiaconus, juratus, dixit idem de Fulcherio, filio Philippi, quod Garinus, et idem de Willelmo Escopart quod de Fulcherio. De arbitrio, dixit quod compromissioni non interfuit ; sed de prolatione arbitrii, idem dixit quod Hugo prepositus.

Radulfus, canonicus et subdiaconus, juratus, dixit quod vidit Bretel de Bello-Videre, qui, in servicio cantoris Amaurici, diu liber fuit et immunis, et, eo mortuo, rediit ad burgensiam et talliabilis fuit. Postea vero gravatus rediit ad servicium Gilleberti, subdecani, et factus est liber et immunis, et in eo servicio uxorem duxit talliabilem, que per copulam ejus facta est immunis et libera. Vidit etiam Salvum servientem quod, cum uxorem talliabilem duxisset, in servicio existens decani, super ea comes Teobaldus questionem movit coram judicibus a domino papa delegatis, et remanserunt ipse et uxor sua liberi et immunes, et adhuc remanent. De servientibus abbatis Sancti-Petri, idem dixit quod Galterius ; de Fulcherio idem quod alii. De arbitrio, dixit se interfuisse compromissioni facte Parisius in aula Regis, et dominum Remensem suscepisse arbitrium, salvis consuetudinibus ecclesie et servientibus super quibus contendebatur : hoc adjecto quod ipse Radulfus domino Remensi proposuit quod nullomodo vellet arcari ad relinquendum servientem suum, nisi ab eo prius spontanea voluntate relictus, et ipse ita arbitrium suscepit. De prolatione arbitrii et reportatione responsi cum requisitus fuit dominus Remensis de supplendo arbitrio, idem dixit quod Hugo prepositus, addito quod ipse fuit unus de nunciis.

Henricus archidiaconus, juratus, dixit de Salvo serviente idem quod Radulfus subdiaconus ; de Fulcherio et Gilone, idem quod succentor. De compromissione facta in dominam Reginam et dominum Remensem cui interfuit, dixit arbitrium susceptum fuisse a domino Remensi, salvo jure, consuetudine et honore ecclesie Carnotensis. De prolatione arbitrii, idem quod Joslenus prepositus. De reportatione responsi, cum missum fuit ad dominum archiepiscopum, idem quod Hugo prepositus, addito quod ipse et idem Hugo6 missi fuerunt.

Hugo de Monmirail, prepositus, diaconus, juratus, dixit de consuetudinibus idem quod alii ; de Gilone, idem quod Henricus archidiaconus, et de susceptione et prolatione arbitrii et reportatione responsi domini Remensis, cum ad eum cum ipso Henrico missus fuerit, idem dixit per omnia.

Henricus, archidiaconus Vindocinensis, juratus, dixit de Fulcherio et Gilone idem quod succentor, et de Salvo serviente idem quod Radulfus subdiaconus, excepto de judicibus delegatis. De susceptione et prolatione arbitrii, idem quod Henricus, archidiaconus.

Aalardus, canonicus et diaconus, juratus, dixit de Gilone idem quod succentor. De susceptione arbitrii, dominum Remensem ita illud suscepisse quod servientes illi ecclesie remanerent ; salvo etiam honore, jure et libertate ecclesie illud suscepit. De adjectione Radulfi quam fecit de serviente suo, idem dixit. De prolatione arbitrii, dixit quod non interfuit.

Hugo de Folieto, canonicus, subdiaconus, juratus, dixit de servientibus Sancti-Petri idem quod Galterius, addens quod ab ecclesia Carnotensi habent alie ecclesie illam libertatem quod earum servientes sunt immunes et liberi. De forma compromissi, idem dixit quod subdecanus. De prolatione arbitrii, dixit quod vidit et audivit, presens, quod, primo in arbitrio, propositum est ab arbitris quod res servientium redderentur in integrum et de earum emptione fieret emendatio, et postmodum dictum fuit ab arbitris quod servientes in protectione ecclesie remanerent nec ulterius, nisi de ipsorum arbitrorum licentia ; et adjecit, quia contra forma compromissi dictum erat arbitrium, ipsos canonicos statim reclamasse. Dixit etiam nec cautionem nec penam de tenendo arbitrio interpositam fuisse.

Aubertus de Galardone, clericus, juratus, dixit quod vidit Ermenoldum, servientem Amaurici, cantoris, avunculi ipsius Auberti, liberum et immunem, et, post mortem ejusdem cantoris, remansit in servicio ejusdem Auberti liber et immunis ; et idem dixit de Nicolao, hoc addito quod cum idem N[icolaus] postmodum talliatus fuisset, mantellus ejus captus pro tallia, tandem per ecclesie justiciam ei precium mantelli restitutum est.

Hugo Foalie, canonicus et diaconus, juratus, dixit idem de Gilone quod succentor. De Fulcherio, filio Philippi, dixit quod, cum esset in servicio Alcheri, canonici, tallia de eo fuit capta et per ecclesie justiciam reddita. Vidit quoque gagia cujusdam famule cujusdam clerici, nec canonici nec de choro, capta et per justiciam ecclesie reddita. De forma compromissi, dixit idem quod subdecanus ; de prolatione arbitrii, idem quod Hugo de Folieto ; de cautione et pena, idem.

Henricus Capicerii, canonicus, subdiaconus, juratus, dixit idem de Gilone quod succentor ; de famula clerici, idem quod Hugo Foalle. De Salvo serviente, dixit quod vidit gagia ejus capta pro tallia, quia feminam comitis talliabilem duxerat, et per ecclesie justiciam reddita, quia serviens decani erat. De forma compromissi, idem quod Henricus archidiaconus. De prolatione arbitrii, dixit se non interfuisse.

Arnaldus Foallie, canonicus, subdiaconus, juratus, dixit idem de Fulcherio quod Hugo Foallie. De compromissione, dixit se non interfuisse. De prolatione arbitrii, idem quod Joslenus, adiciens quod archiepiscopus Remensis dixit arbitrium illud dici, salva consuetudine ecclesie.

Henricus de Corbolio, canonicus et subdiaconus, juratus, dixit idem de Gilone quod succentor ; de forma compromissi, idem quod Henricus archidiaconus. De prolatione arbitrii, dixit illud ita dictum fuisse quod servientes de quibus erat contentio pacifice remanerent in servicio clericorum et protectione ecclesie , nec amplius, nisi per arbitrorum licentiam, et eis integre restituerentur ablata ; et adjecit dominus Remensis quod ad presens tantum dicebant ipse et Regina de arbitrio, alias autem pro loco et tempore quid superesset supplerent. Dixit etiam idem Henricus quod, cum postmodum requisitus fuisset dominus Remensis de supplendo arbitrio, dixit quod nichil amplius super hoc diceret.

Renaldus, canonicus, subdiaconus, juratus, dixit idem de Salvo serviente quod Radulfus ; de servientibus Sancti-Petri, idem quod Galterius ; de forma compromissi, idem quod Aalardus ; de prolatione arbitrii, nichil dixit.

Robertus, canonicus et sacerdos Carnotensis ecclesie, juratus, dixit : « Parisius eram cum fratribus nostris canonicis in aula regia, et ibidem audivi Remensem archiepiscopum dicentem quod ipse cum Regina suscepisset pacificare comitissam Carnotensibus clericis, salvis consuetudinibus utriusque partis. Postea convenerunt idem Remensis archiepiscopus et Regina in Capitulo Carnotensi, et ibi, presens, audivi quod ipse archiepiscopus Remensis, annuente Regina, dixit : « Hoc est dictum nostrum. Restituantur ad integrum servientibus clericorum ablata, et sint servientes in servicio clericorum, si ipsis servientibus placuerit, ; extunc non licebit servientibus service clericis, nisi ad arbitrium nostrum. »

Gilo Saugerius, subdiaconus Carnotensis ecclesie, clericus non canonicus, juratus, dixit : « Fui Parisius in aula regis cum canonicis Carnotensibus, et audivi canonicos Carnotenses et milites comitisse, vice ipsius, compromittere in archiepiscopum Remensem et A[delam], reginam Francorum, super querela que vertebatur inter eos, salvo jure utriusque partis, et archiepiscopum suscipere pacificare utramque partem secundum formam compromissionis, pro se et pro Regina. »

Crispinus, cantor Carnotensis, juratus, dixit idem de compromissione quod Gilo Saugerius, et addidit quod audivit ipsam comitissam compromittere in predictos arbitros secundum formam prenotatam, et Gaufridum Cointet fidem prestitisse pro comitissa de compromissionis exequutione. Dicit etiam quod clerici instabant ut servientes, pro quibus presens orta est contentio, quiete remanerent in servicio clericorum, sed, non acquiescente archiepiscopo, respondit archiepiscopus se in dicto suo conservaturum honorem ecclesie Carnotensis. Dixit etiam se interfuisse Capitulo Carnotensi et audisse archiepiscopum, annuente Regina, dicentem : « Hoc est dictum nostrum. Isti servientes, de quibus presens agitur contentio, quieti et immunes remaneant in servicio clericorum, si ita servientibus placuerit, , et eis restituantur ablata, sed post predictum terminum non licebit eis servire clericis, nec clericis illos tueri, nisi ex ratione arbitrii nostri. » Adjecit etiam archiepiscopum, in communi audientia, dixisse illos receptos fuisse cupiditatis obtentu et magis ad dedecus quam ad honorem ecclesie. Asseruit etiam archiepiscopum dixisse se paratum jurare quod servientes non debent recipi in servitio clericorum spe precii.

Stephanus, major de Nogento, juratus, dixit : « Vidi et audivi Morellum Toneler, hominem obnoxium talliis et consuetudinibus comitis Theobaldi, qui, transiens ad servicium Josleni, tunc archidiaconi, postea Carnotensis episcopi, predicte obnoxietati postea non est compulsus subire. Eodem modo transivit Germondus vigerius ad servicium Roberti, decani, postea Carnotensis episcopi. Simili nichilominus libertate Girardus marescallus servivit prefato R[oberto], decano. Similiter Ansoldus de Sub-Ulmo libere servivit jamdicto R[oberto], episcopo ; quo defuncto, idem Ansoldus rediit voluntarie ad priorem vivendi statum et se subjecit comitis exactionibus. Nicolaus de Bello-Videre se subjecit servicio Auberti, clerici Carnotensis ecclesie non canonici, cui imposita fuit tallia, quam cum nollet reddere, ejus propria capta fuerunt a ministris comitis, sed postea reddita ad exigentiam ecclesie, nec postea fuit talliatus. Garinus Giroldi, talliabilis comitis, transivit ad servicium Gaufridi, canonici, postea Carnotensis decani : toto tempore servicii quietus fuit ab omni exactione. Similiter Radulfus de Valle, talliabilis comiti, transivit ad servicium Gilleberti, Carnotensis subdecani, et sic fuit ab omni exactione quietus. Girardus de Sub-Ulmo et Herbertus potarius, frater Yvonis, decani, prius talliabiles comiti, postea servierunt eidem decano, sic ab omni exactione quieti. Fulcherius Philippi, talliabilis comitis, transivit ad servicium Alcheri de Posterna, cui in diebus servicii imposita fuit tallia, sed, exigente ecclesia, liber fuit ad eadem tallia. »

Galterius, modo leprosus, juratus, dixit : « Ego transivi in servicium Reimbaudi Craton, tunc clerici de choro, postea imposita fuit mihi tallia et mea violenter ablata a Godefrido Roissole per potentiam comitis, postea, ad querimoniam et exigentiam ecclesie, restituta mihi fuerunt mea. Ego etiam vendebam annonam meam in domo mea, ad minam domini mei Reimbaudi, sine redditione consuetudinis. »

Germondus de Levesvilla, subdiaconus, Carnotensis canonicus, juratus, dixit : « Vidi Gaufridum Crassum in servicio Gaufridi, prepositi Carnotensis, liberum ab omni exactione, cum audierim perhiberi ipsum fuisse prius talliabilem comitis. Vidi etiam Reimbodum, servientem Huberti Chotardi, camerarii Carnotensis, in simili libertate in diebus servicii sui fuisse. Severicus etiam in eadem exactionum immunitate servivit Josleno, preposito de Auvers, cum prius sedisset ad Cambitum et talliabilis esset comitis, ut ab ipso audivi. Silvinus etiam servivit eidem Josleno in jamdicta libertate, de cujus rebus quedam aliquando ablata fuerunt a justiciariis comitis propter talliam, sed, ad instantiam domini sui, restituta ei sua fuerunt. Vidi etiam Gilonem Colli-Rubei7, modo prepositum comitisse, in servicio Petri, prepositi de Fontaneto, in eadem libertatis tuitione fuisse. »

Quod major Nogenti testificatus est de Girardo de Sub-Ulmo et Herberto potario et Fulcherio Philippi, hoc idem magister Herembertus, diaconus, juratus, testificatus est. Etiam adjecit : « Vidi Ansoldum et Haincium, servientes Milonis archidiaconi, subjacentes prius exactionibus comitis, in diebus prenotati servicii, ab omni priori consuetudine liberos fuisse. » De Nicolao de Bello-Videre idem testificatus est quod major Nogenti. Addidit etiam quod pallium prefati Nicolai ablatum propter talliam a ministris comitis, perditum postea, illi ab eisdem ministris recompensatum fuit ad instantiam ecclesie. Idem de Garino Giroldi testificati sunt Stephanus, major Nogenti, et magister Herembertus. De immunitate Severici per servicium Josleni, prepositi de Auvers, idem testificati sunt predictus G[ermondus] clericus et magister Herembertus. De Gilone Colli-Rubei idem testificati sunt predictus G[ermondus] et magister H[erembertus]. Dicit etiam magister Herembertus quod quot quibuscumque servientibus clericorum talliam vidit impositam, eosdem privilegio servicii sui ab ea fuisse liberatos. Idem iterum dicit de Fulcherio Philippi quod major Nogenti.

Robertus, major Sancti-Mauricii, juratus, idem dixit de Maurello tonellario, de Germondo viario, de Garino Giroldi, Ansoldo de Sub-Ulmo, Girardo marescallo, Radulfo de Valle, Girardo de Sub-Ulmo, Herberto potario, Fulcherio Philippi quod major Nogenti. Idemque perhibuit de Gilone Colli-Rubei quod Germondus canonicus et magister Herembertus, et adjecit se vidisse Willelmum aquarium, Garinum portarium, Radulfum de Tevas, Herbertum scutarium, prius talliabiles comiti et postea in servicio canonicorum Beate-Marie ab omni tallia fuisse liberos.

Radulfus, carpentarius, juratus, dixit : « Vidi Ebrardum Villanum, talliabilem comiti prius, sed post servicio episcopi ab omni consuetudine liberatum. » Idem etiam testatus est de Fulcherio, filio Philippi, quod predicti testes.

Milo de Garni, canonicus, diaconus, juratus, dixit idem de Fulcherio Philippi quod major Nogenti, et idem de Haicio quod magister Herembertus, et idem de Garino Giroldi quod ceteri suprascripti ; et addidit de duobus servientibus Sancti-Petri Carnotensis, Willelmo carpentario et Willelmo Mago, quos justicia comitis incarceravit, sed ad exigentiam ecclesie necessario fuerunt restituti. Et cum prescriptis testibus convenit in testimonio de Gilone Colli-Rubei.

Johannes de Ismeri, juratus, dixit : « Vidi Radulfum de Valle, prius talliabilem comiti, et postea in servicio Carnotensis ecclesie talliatum et captum cum suis, sed ad exigentiam ejusdem ecclesie redditum et liberatum. Vidi etiam Aalardum, prius subjacentem manui comitis, sed postea in servicio Hugonis de Moneta, prepositi Novigenti, fuisse liberum, et adhuc est in eadem libertate. » Et addidit idem testimonium de Morello tonellario, de Girardo marescallo, de Saverico filio ejus, Ansoldo de Sub-Ulmo quod prefati major Novigenti et major Sancti-Mauricii, hec etiam addens de Ansoldo de Sub-Ulmo quod sub manu comitis talliatus fuit quadraginta libris ; unde transivit ad servicium episcopi Roberti et ibidem libere vixit. Et addidit de Ebrardo lignario idem quod Radulfus, carpentarius.

Teobaldus Patras, clericus, diaconus, juratus, dixit idem de Garino Giroldi, Herberto potario, Haicio, Girardo de Sub-Ulmo, de Saverico, qui adhuc est in servicio prepositi de Auvers, et de Alardo, modo serviente Hugonis, prepositi Novigenti, quod alii testes supra.

Gaufridus Salvus, serviens, juratus, dixit idem de Germondo viario, et de Girardo marescallo, et de Herberto scutario, Radulfo de Valle, Radulfo de Tevas quod de eisdem supradictum est. Etiam addidit de Morello tonellario, preter idem quod supradictum est de eo, quod uxor ejus, pannificans, tracta fuit in causam, violentia Clementis, tunc prepositi Carnotensis8, sed decretum fuit, in episcopi Josleni curia, astante Clemente preposito, quod de lana ovium suarum pannificare poterat, et, si quid ad perfectionem panni deesset, supplementum poterat comparare sine consuetudine, totumque vendere immuniter, sed pannum integrum de lana emptitia non licebat ei facere vel vendere. Hoc etiam de immunitate pannificandi testatur magister Erembertus. Addidit etiam G[aufridus] predictus quod vidit Fulcaudum fullonem, prius talliabilem comiti, postea in servicio Roberti, tunc decani, ab omni exactione immunem. Vidit etiam Herveum lanarium, Girardum de Sub-Ulmo, Radulfum Soilie-Rat, Garinum Giroldi, prius talliabiles comiti, postea per servicium Carnotensis ecclesie immunes. Dicit etiam de se quod sepe imposita fuerit ei tallia, et ad instanciam ecclesie remansit semper immunis.

Nicolaus de Bello-Videre idem testificatus est de Germondo viario, Fulcherio Philippi, Morello tonellario, Fulcaudo fullone, Girardo marescallo, Radulfo de Valle, Radulfo de Tevas, Aalardo de Valle, quod supradictum est de eis ; idem eciam de Herberto scutario et Saverico quod supra. Addidit etiam se vidisse Gireium Javele, Germondum lorismarium, Gaufridum Vindocinensem, Herminoldum, omnes prius talliabiles comiti, postea per servicium clericorum immunes : hoc addito de Herminoldo quod in diebus servicii ecclesie talliatus fuerit et propria ejus violenter ablata, sed ad instanciam Capituli Carnotensis plene liberatus. De se ipso etiam idem testatus est quod major Novigenti.

Loinandus, juratus, idem dixit de Morello tonellario, Radulfo de Valle, Fulcherio Philippi, Garino Giroldi, Gireio Javele, quod supra de eis perhibitum est.

Symon Bretellus, juratus, dixit idem de Germondo lorismario, Radulfo de Tevas, Girardo de Sub-Ulmo, Radulfo de Valle, Herveo lanario, Garino Giroldi, Fulcherio Philippi, quod supra de eis prenotatum est : hoc addito quod ipse Fulcherius violenter captus fuit in servicio Alcherii de Posterna, et ob hoc, villa Carnotensi interdicta, comes compulsus est eum reddere, et fecit rectum.

Hugo de Atrio, juratus, dixit de Gireio Javele, Garino Giroldi, Radulfo de Valle, Radulfo de Tevas, Fulcherio Philippi, quod supra de eis sepedictum est. Adjecit eciam servientes clericorum libere posse comparare et vendere quelibet victualia in qualibet quantitate, et, ad propriam minam vel domini sui, annonas suas vendere absque consuetudine.

Aalardus, claustrarius, juratus, dixit de Gireio Javele, Fulcaudo fullone, Garino Giroldi, Girardo de Sub-Ulmo, Morello tonellario, Fulcherio Philippi, Herveo lanario, Herberto potario, idem quod supra de ipsis testificatum est. Etiam adjecit de quodam Herberto quod lapides adunaverat ad facienda edificia sua, et capti fuerunt lapides a servientibus comitis ad construendum muros civitatis, et per justiciam ecclesie recompensati fuerunt. Asseruit etiam quod sepe viderit ecclesiam Carnotensem interdictam, preposito comitis mittente manum violentam in servientes clericorum vel in res eorum, et ab exactoribus rectum fieri pro illata violentia in manu Capituli. Tam iste etiam A[alardus] quam multi alii jurati testantur nullum servientem clericorum compulsum umquam fuisse ab eorum servicio ad manum comitis redire, preter eos per quos instans scandalum emersit inter ecclesiam et comitissam. De emendo et vendendo victualia et pannificando a servientibus clericorum, eamdem immunitatem testatur Aalardus que supra notata est.

Robertus, canonicus et sacerdos, juratus, dixit idem de Fulcherio Philippi quod alii supra.

Magister Herveus de Galardone, subdiaconus, Carnotensis ecclesie clericus non canonicus, juratus, dixit : « Habebam servientem Herveum Britonem, habentem uxorem et domum in vico Muret, cui a ministris comitis imposita fuit tallia, quam cum reddere recusaret, ministri comitis culcitras ejus absportaverunt ; quod serviens nunciavit michi, et ego Carnotensi Capitulo. Quo audito, Gillebertus de , tunc subdecanus, consilio fratrum fretus, misit ad ministros comitis Herveum de Manviller, proprium servientem Capituli, sub comminatione interdicti, ut restituerentur ablata servienti ; ad cujus revocationis instantiam, facta est restitutio. Sed quia ante ostium sub divo exposite fuerunt res ablate, iterata instantia compulsi sunt ministri comitis domum prenotatam suis spoliis investire. »

Gervasius de Cluviler, juratus, dixit de Garino Giroldi idem quod alii, et similiter de Fulcherio Philippi ; et addidit de Gaufrido Salvo, serviente decani Carnotensis, quod a ministris comitis imposita fuerit ei tallia, et pro tallia reddenda fracta fuerit ejus archa et nummi ablati, et, cessante ecclesia pro illata violentia, compulsi sunt exactores rectum facere et ablata restituere, mediante pro reddendis suppositione argenti et auri.

Milardus, pelliparius, juratus dixit idem de Garino Giroldi, Morello tonellario, Fulcherio Philippi, Herveo lanario, Girardo marescallo, Radulfo de Tevas, Radulfo Soilie-Rat, Radulfo de Valle, sicut de eis prenotatum est.

Crispinus, cantor Carnotensis, juratus, dixit idem de Garino Giroldi quod de ipso supradictum est.

Henricus, juratus, dixit idem de Garino Giroldi quod alii. De Hilduino de Muret, patre suo, quod fuit talliabilis comitis, postea servicio Henrici, prepositi, liber vixit ab exactione. De Fulcherio Philippi idem quod alii.

Gaufridus de Poenci, canonicus Carnotensis, juratus, dixit de Gilone Collo-Rubeo idem quod alii. Dixit etiam de se ipso se habuisse servientem Willelmum Normannum, cui bis imposita fuit tallia in servicio ipsius, qui ab eadem remansit immunis ad instantiam ecclesie. »