Recueil de chartes et documents de Saint-Martin des champs

édition par : Olivier Guyotjeannin
avec Sebastien Peyrard, Clotilde Romet et Romain Wenz

Ce fichier est issu d'une numérisation OCR dans le cadre du projet de numérisation des cartulaires d'Île-de-France mené par la bibliothèque de l'Ecole des chartes.

Autres contributions
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Historique
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2008-09 Frédéric Glorieux (École des chartes)Phrases et noms
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2006 Gautier Poupeau (École des chartes) Guillaume Hatt (École des chartes) Vincent Roblin (École des chartes)Première édition électronique

Recueil de chartes et documents de Saint-Martin des champs, dir. Olivier Guyotjeannin, 2009 (Éditions en ligne de l'École des Chartes, volume11), http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/smchamps/.

Source : Recueil de chartes et documents de Saint-Martin-des-Champs : Monastère parisien par J. Depoin, Chevetogne (Bretagne): Abbaye de Ligugé, Paris: Jouve , 5 vol.

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Joseph Depoin, Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Ligugé, 1913-1921, 5 vol. (Archives de la France monastique, 13, 16, 18, 20, 21).

Établissement : Saint-Martin-des-Champs à Paris. – Collégiale fondée par le roi de France Henri Ier (confirmation de 1059), rattachée à Cluny comme prieuré par le roi de France Philippe Ier en 1079.

Carte de situation (Plan de Truschet-Hoyau, 1553)

Type d’édition : édition dans l’ordre chronologique des actes du chartrier jusqu’au début de 1285, tous modes de tradition confondus, sélectivement complétés d’autres sources.

Total des actes édités : 1298 pièces (1 texte du VIIIe siècle, 1 acte du IXe siècle, 1 du Xe siècle, 85 du XIe siècle, 489 du XIIe siècle, 721 du XIIIe siècle).

L’établissement

Historique

Une basilique funéraire mérovingienne des VIe-VIIe siècles, réaménagée au temps des Carolingiens, précéda Saint-Martin des Champs. Elle est mentionnée par Grégoire de Tours et se trouve plus ou moins au même emplacement que l’église Saint-Martin-des-Champs, aujourd’hui dépendance du Conservatoire National des Arts et Métiers. La première église aurait été détruite par les Normands, elle est reconstruite autour de 1059 sur l’initiative du roi Henri Ier. Le souverain y instaure une collégiale, et ratifie sa fondation dans un acte solennel délivré entre le 23 mai 1059 et sa propre mort, le 4 août 1060. Le 29 mai 1067, le roi Philippe Ier fait procéder à la dédicace de l’église.

Des chanoines s’y étaient donc installés, mais en 1079 Philippe Ier leur substitue des religieux de Cluny : la maison devient le premier prieuré de l’ordre. La vacance du siège abbatial, provoquée par la mort d’Engelard, administrateur avisé et lettré, a favorisé sans doute cette transition à laquelle semblent s’être conformés la plupart des treize chanoines de la collégiale. Les religieux de l’ordre de Cluny s’implantent ainsi en Ile-de-France. Toujours en 1079, l’abbé de Cluny Hugues désigne Urson comme premier prieur de Saint-Martin-des-Champs. Ce prieuré est le siège d’une organisation agricole qui comporte des greniers de stockage, des pressoirs et celliers, une bluterie. Une masse considérable de terres et de droits sont offerts au prieuré. Hugues Ier, prieur de 1130 à 1142, fait entourer la maison de murailles fortifiées qui sont renouvelées au XIIIe siècle. Un bourg se développe autour de Saint-Martin-des-Champs, noyau actif de peuplement de cet espace péri-urbain, et une chapelle est rapidement créée pour les habitants : c’est l’église Saint-Nicolas des Champs. Cette chapelle est mentionnée pour la première fois dans une bulle de Calixte II du 27 novembre 1119 et est signalée comme paroisse pour la première fois en 1184. Dès 1220, elle est qualifiée d’ecclesia, en raison de la forte croissance démographique du faubourg.

Sous les règnes de Louis VIII (1223-1226) et Louis IX (1226-1270) sont édifiés la chapelle particulière des Arrode, aux abords de l’église, le cloître, le réfectoire des moines, et la seconde nef de l’église, probablement sous le priorat d’Évrard du Pas. En 1321, Bertrand de Pébrac devient prieur de Saint-Martin-des-Champs. C’est sur son initiative qu’est rédigé, en 1340, un code des offices du prieuré, complété d’une description des domaines (Arch. nat., LL 1355-1357, dit « Registre Bertrand »). Ces offices claustraux existent dès la fin du XIe siècle, mais on ne les a jamais définis avec un tel souci d’organisation.

La première moitié du XVe siècle est marquée par la figure de Jacques II Seguin, nommé prieur de Saint-Martin-des-Champs en février 1425. Son administration consciencieuse, qui dure vingt-sept ans, s’ouvre sur la brillante fondation des époux Morvilliers, qui élisent sépulture en la chapelle Saint-Nicolas, dans le déambulatoire, contre une rente de 1600 £ et le don d’un mobilier liturgique coûteux (1429). À la fin du XVe siècle, Jacques d’Amboise, abbé de Cluny, envoie à Paris plusieurs moines pour réformer le prieuré, affecté par les abus des prieurs commendataires qui se sont succédés. On possède une liste des religieux « qui vinrent de Cluny, pour concevoir la réforme ». Le plus important est Jehan Rolin, à qui Jacques d’Amboise confia la réforme des maisons clunisiennes, dont celle de Saint-Martin-des-Champs. Cette réforme des statuts de 1500 incrimine la mauvaise gestion des XIVe et XVe siècles ainsi que la lente dégradation des bâtiments.

Sous l’Ancien Régime, les bâtiments conventuels sont rénovés par de nombreuses campagnes de travaux. Sous Henri III, un portail monumental est élevé en bordure de la rue Saint-Martin. Le prieuré accueille Guillaume Postel de 1562 à sa mort en 1581. En 1626, François Mansart construit un imposant maître-autel. Les études historiques se développent au XVIIe siècle. L’historiographe du prieuré, dom Martin Marrier, publie dès le début du XVIIe siècle un recueil des documents les plus importants de Saint-Martin-des-Champs (Martiniana, id est, litteræ, tituli, cartæ, privilegia et documenta…, Paris : Nicolas du Fossé, 1606). Trois décennies plus tard, il décrit le prieuré, étend sa quête documentaire, relève l’emplacement des dalles mortuaires et des épitaphes (Monasterii regalis Sancti Martini de Campis Parisiensis, ordinis Cluniacensis, historia, Paris : Sébastien Cramoisy, 1636, 2e éd. dès 1637). On possède également les dessins de monuments funéraires levés par Boudan pour le compte de Roger de Gaignières (Bibl. nat. de Fr., Estampes, Pe 11 b rés.). Un cloître dorique est construit de 1702 à 1720 sur les plans de Pierre Bullet ; un nouveau dortoir est terminé en 1742. Vers 1765, la façade de l’église est refaite dans le style jésuite.

À la Révolution, les bâtiments et les biens du prieuré sont confisqués. En 1794, le prieuré, vide depuis quelques années, est transformé en Conservatoire des Arts et Métiers sur la proposition de l’abbé Grégoire : « Il sera formé à Paris, sous le nom de Conservatoire des Arts et Métiers, […] un dépôt de machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d’arts et métiers ».

Localisation du patrimoine à grands traits

S’il dominait comme seigneur justicier et censuel le bourg né autour de lui, le prieuré de Saint-Martin des Champs possédait aussi un important temporel localisé essentiellement en Ile-de-France (carte de situation) : seize des vingt-quatre prieurés dépendant de l’établissement se trouvent dans l’actuelle région parisienne.

Un premier ensemble se situait au nord et à l’est de Paris, entre l’Oise et la Marne, d’un part dans la vallée de la Marne, de Charenton à Annet-sur-Marne (on y trouvait quelques dépendances très riches de Saint-Martin comme les prieurés d’Annet-sur-Marne et de Gournay-sur-Marne, ou encore la seigneurie de Noisy-le-Grand), d’autre part entre Oise et Marne, où certaines terres se trouvaient le long de la route de Paris à Senlis (prieurés de Mauregard et Moussy-le-Neuf, seigneurie de Louvres-en-Parisis…), et à part, plus au nord, vers Senlis, la seigneurie de Saint-Nicolas d’Acy ; d’autres prieurés et seigneuries se retrouvaient hors de cet axe, à côté des forêts de Montmorency et Chantilly, comme la ferme de Bouffemont et le prieuré de Domont. D’autres possessions enfin se trouvaient le long de l’Oise, de Nogent-sur-Oise à Pontoise, avec notamment les prieurés de Beaumont-sur-Oise et de L’Isle-Adam.

Une nébuleuse de possessions s’étendaient à l’ouest de la cité, d’Aubervilliers à Saint-Cloud. En Beauce, Saint-Martin possédait le prieuré de Janville et quelques grands domaines comme Roinville et Gouillons-en-Beauce ; et, en Brie, autour de Melun, le prieuré de Marolles-en-Brie et les seigneuries de Limoges-Fourches et de Fontaine-le-Port, sur la Seine.

Réseaux de bienfaiteurs

Outre les fondateurs capétiens, ce sont surtout des membres de l’aristocratie d’Ile-de-France qui sont à l’origine des principales dotations temporelles. Les plus importants sont les Montmorency, les comtes de Dammartin, les sires de Garlande, les comtes de Montfort, les Montlhéry et les comtes de Meulan, sans compter des milites parisiens, comme ces Le Riche qui avaient beaucoup intéressé Joseph Depoin, et d’autres lignages urbains.

Orientation archivistique

Le chartrier

Le chartrier confisqué à la Révolution, en dépit de quelques destructions symboliques d’authentiques de reliques et de lettres pontificales, continue à former une masse imposante, encore peu explorée, surtout pour ses riches archives de gestion de la fin du Moyen Âge. Affecté aux Archives nationales, il y a été très ordinairement démembré entre plusieurs séries : « Monuments ecclésiastiques » (L 870-878 et, pour les registres, LL 1351-1418) et « Biens des établissements ecclésiastiques supprimés » (Arch. nat., S 1324-1489), mais aussi comptabilités du XVIIIe siècle (H5 3612-3624), partie des plans (série N, passim), documents judiciaires modernes (Z2 3702-3748).

Les cartulaires

On a compilé à Saint-Martin des cartulaires de tout temps et de toutes sortes, qui attendent encore une étude approfondie.

- Premier en date, un court cartulaire-chronique versifié et enluminé est consacré aux premiers temps de la collégiale (British Library, Add. mss 11662 ; copie du XIIIe siècle, Bibl. nat. de Fr., nouv. acq. lat. 1359 ; Stein —).

- Compilé dans les premières décennies du XIIe siècle, le Liber testamentorum (Bibl . nat. de Fr., lat. 10977 ; Stein 2976 ; microfilm réalisé à l’I.R.H.T. : http://www.irht.cnrs.fr) est le plus ancien cartulaire à proprement parler de Saint-Martin.

Le manuscrit, qui compte aujourd’hui 94 feuillets, est composite. Une première section, ouverte par l’acte royal de rattachement à Cluny en 1079 et par une donation royale de 1062, est ensuite consacrée à la compilation sans ordre apparent de chartes et notices de donation, souvent non datées, jusqu’en 1119 (fol. 1-44, actes numérotés I-C) : seule cette section a été éditée par Joseph Depoin.

Une deuxième section (actes numérotés à partir de CI) offre soixante actes royaux et pontificaux, épiscopaux et princiers, de 1065 à 1136 (fol. 66-94). Enfin, une autre compilation est venue s’intercaler entre ces deux sections, composée de plusieurs strates et comprenant trente-quatre extraits d’actes pontificaux, royaux et épiscopaux.

La première section a été éditée à part par Joseph Depoin en 1905 ; le matériau de ce travail préparatoire a été entièrement réincorporé au Recueil.

- Bien plus tard, comme en d’autres maisons parisiennes, mais apparemment dans le désordre, on a compilé des cartulaires spécialisés d’offices ou de domaines :

Arch. nat., LL 1358 Cartulaire de l’Hôtellerie (1418 ; Stein 2978),

Arch. nat., LL 1374 Cartulaire de la Chambrerie (1350-1461 ; Stein 2977),

Arch. nat., LL 1397-1398 Cartulaires de Gournay-sur-Marne (1109-1570 ; Stein —).

- Mais le cœur du dispositif a été composé d’un ensemble, au juste progressivement formé (XIIIe-XVIe siècles) et tardivement unifié dans son appellation, de quatre cartulaires, dits cartulaires A, B, C, D (Arch. nat., LL 1351-1354 ; Stein 2972-2975 ; microfilms réalisés à l’I.R.H.T. : http://www.irht.cnrs.fr).

Il est enfin délicat de décider si d’autres mentions et extraits de cartulaires (Stein 2979-2981) renvoient toujours à ceux-ci.

Documents nécrologiques

La documentation nécrologique n’est pas moins riche (Lemaitre, Répertoire, t. I, nos 1308-1310), et s’organise autour de deux compilations du XIIe et du XIVe siècle (éd. sélective dans Obituaires de la province de Sens, t. I, p. 418-476). J. Depoin donne au début du t. III de son édition un document complémentaire.

Orientation bibliographique

J.-P. OLLIVIER, « L’évolution du temporel de Saint-Martin des Champs (XIIe-XVe siècles) », dans Paris et Ile-de-France, Mémoires, t. 48, n° 48, 1997, p. 143-150.

Bons points de départ sur l’histoire des bâtiments dans : C. SAPIN, C. BONNET, « Saint-Martin des Champs, l’église mérovingienne », dans La Revue du Musée des Arts et Métiers, n° 7, juin 1994 ; D. JOHNSON, P. PLAGNIEUX, A. PRIE, « Saint-Martin des Champs au Moyen Âge », ibid., n° 25, décembre 1998 ; articles consultables en ligne (www.art-et-metiers.net > Ressources > La Revue).

Nombreux plans et illustrations sur le site Internet du Conservatoire National des Arts et Métiers (www.cnam.fr/smdc/ > Histoire architecturale du CNAM).

L’édition

L'éditeur : éléments biographiques

Joseph Depoin (1855-1924) était le fils d’un avocat de Pontoise. Membre fondateur puis secrétaire général de la Société historique du Vexin pendant quarante-sept ans, il fut aussi membre de la Commission des Antiquités et des arts de Seine-et-Oise et président de l’institut sténographique de France. Il donna de nombreuses éditions de chartriers et de cartulaires, souvent complétées de sources hagiographiques et de foisonnantes reconstitutions généalogiques, en particulier pour l’abbaye Saint-Martin (1895-1904) et l’Hôtel-Dieu (1886) de Pontoise, l’abbaye Notre-Dame la Royale de Maubuisson (1882-1884), le prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs à Paris… Parmi une riche production, se remarquent aussi de nombreuses études toponymiques et généalogiques centrées sur la période du IXe au XIIe siècle (comtes de Paris, vicomtes de Corbeil, comtes de Beaumont…).

Bibliographie : notices dans Dictionnaire de biographie française, t. X (1965), col. 1102, et dans Mémoires de la société historique et archéologique de Pontoise, du Val d’Oise et du Vexin, t. 83, 2000, p. 260.

Conception et contenu de l’édition

Il est assez difficile de se prononcer sur le projet exact de l’éditeur et sur la liste précise des sources dépouillées en l’absence d’introduction au recueil : une rapide consultation montre que, en harmonie avec les évolutions de la diplomatique dans les décennies précédentes, l’éditeur a visé l’exhaustivité. Selon une doctrine qui s’imposait alors, il n’a pas hésité à traiter par des regestes les actes jugés trop longs du XIIIe siècle, ni même à en abréger les formules.

Le tout a été organisé par périodes et par règnes, avec, au fil des tomes, quelques additions, dont voici le détail (chaque volume s’achève par une table détaillée des actes) :

  • Tome 1 : Actes antérieurs à la cession à Cluny (VIIIe siècle-1079), p. 1-39 ; suite du règne de Philippe Ier, p. 40-196 ; début du règne de Louis VI (1108-1128), p. 197-304 ; table des matières, p. 305-323.
  • Tome 2 : suite du règne de Louis VI, ([1126-1131]-1137), p. 1-69 ; actes des dépendances anglaises sous le règne de Henri Ier Beauclerc, p. 70-83 ; règne de Louis VII, p. 84-374 ; table des matières, p. 375-399.
  • Tome 3 : liste des moines et confrères (XIIe siècle, Bibl. Mazarine ms 3346), p. 1-22 ; règne de Philippe Auguste, p. 23-393 ; table des matières, p. 395-422.
  • Tome 4 : règne de Louis VIII, p. 1-41 ; début du règne de Louis IX (1226-1253), p. 42-216 ; table des matières, p. 217-237. Errata des t. 1-4, p. 239-244 ; table de concordance avec l’édition du Liber testamentorum…, p. 245-246.
  • Tome 5 : suite du règne de Louis IX (1253-1270), p. 1-85 ; règne de Philippe III, p. 86-144 ; suppléments aux actes de la période 1253-1270, numérotés en bis, p. 145-147 ; tables des matières, p. 149-165.

L’édition s’étant arrêtée à 1285, le projet fut bientôt formé, et plus vite encore abandonné, de le poursuivre en différentes livraisons de la Revue Mabillon. Ne furent imprimés que les éditions ou regestes de 54 actes pour le début du règne de Philippe IV, de 1285 au début de 1301 (« Chartes et documents de l’abbaye Saint-Martin des Champs », dans Revue Mabillon, 1925, p. 168-196 et 318-323, actes numérotés 1301 à 1354).

Joseph Depoin n’avait pas composé d’index. Ceux-ci ont été préparés par dom Jean BECQUET, Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, par Joseph Depoin, Index, Ligugé : Abbaye Saint-Martin, 1989, 70 p. (Archives de la France monastique, 51), non intégré à la présente numérisation.

L’édition compte 1298 pièces, ainsi réparties (on tient compte de quelques pièces déclassées, remises à leur place chronologique) :

Tableau de répartition chronologique des actes
 
VIIIe siècle 1
 
IXe siècle 1
 
Xe siècle 1
 
XIe siècle 85
Première moitié XIe siècle 2
1001-1010 2
Seconde moitié XIe siècle 83
1051-1060 3
1061-1070 7
1071-1080 5
1081-1090 19
1091-1100 49
 
XIIe siècle 489
Première moitié XIIe siècle 238
1101-1110 50
1111-1120 19
1121-1130 45
1131-1140 53
1141-1150 71
Seconde moitié XIIe siècle 250
1151-1160 48
1161-1170 36
1171-1180 48
1181-1190 57
1191-1200 61
S.d. XIIe siècle 1
 
XIIIe siècle 721
Première moitié XIIIe siècle 499
1201-1210 116
1211-1220 75
1221-1230 115
1231-1240 114
1241-1250 79
Seconde moitié XIIIe siècle 219
1251-1260 85
1261-1270 67
1271-1280 49
1281-1290 18
S.d. XIIIe siècle 3

Qualité de l’édition

Malgré l’absence d’explication et d’introduction, on observe une grande régularité dans les normes d’édition. La tradition des actes est précisément décrite, à la suite de chaque texte. Les notes de bas de page sont utilisées pour identifier les noms de lieux, décrire une généalogie, signaler des variantes ou des difficultés de lecture. Le style chronologique n’est pas systématiquement précisé. Pour ce qui est des conventions typographiques, on trouve systématiquement en italique les noms de fonctions de personnes (roi, prieur), mais pas les noms personnels ni les patronymes. En outre, sont en italique les noms de lieu la première fois où ils apparaissent dans un acte. Les abréviations sont développées, sauf dans deux cas : « Scti » pour « Sancti » et « S » pour « Signum », qui sont maintenus sous leur forme abrégée. La ponctuation est uniformisée et modernisée dans l’ensemble, sauf dans les cas où elle semblait significative. Les identifications des noms de lieu sont systématiques, avec le canton et l’arrondissement. Les identifications de noms de personne sont faites par renvoi à des ouvrages antérieurs, et par des renvois internes lorsqu’il y a lieu.

Édition

La présente édition recouvre la part la plus ancienne mais aussi la plus modeste du chartrier de Saint-Martin-des-Champs, dont Joseph Depoin lança plus tard une édition sinon systématique, du moins plus large. L’histoire de l’établissement, la présentation du chartrier, des cartulaires et de l’éditeur sont donc faites dans la notice introductive au Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin-Champs.

Dans cette dernière publication, J. Depoin a réincorporé les actes publiés ici (un tableau de concordance entre les deux éditions est donnée au Recueil…, t. IV, p. 245-246). Pour cette raison, l’édition du Liber testamentorum dans sa version de 1905 n’est ici présentée que pour son intérêt historiographique.

Saint-Martin-des-Champs

Tome 1

I. — Documents concernant l'église primitive de Saint-Martin

Childebert III, roi des Francs, malgré les prétentions adverses du maire du palais Grimoald II, comte de Parisis, adjuge à l'abbaye de Saint-Denis la totalité des revenus de la foire ou marché de la Saint-Denis (3 octobre), foire qui se tenait dans le bourg de Saint-Denis et avait été transférée dans la cité de Paris, entre les églises St-Martin [des Champs] et St-Laurent1.

  • A Original parchemin, 0m737 x 0m418. Archives Nationales K 3, nº 15. Ed. fac-sim. Letronne, Diplomata et chartæ merovingicæ ætatis, 1866, in-fol., (Série I) pl. xxxvii.
  • a Les diplômes originaux des Mérovingiens, fac-similés phototypiques avec notices et transcriptions, publiés par Ph. Lauer et Ch. Samaran, Paris, Leroux, 1908, in-fol., pl. 31 ; texte, p. 22.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

CHIL-DEBER-THUS, REX FRANCORum, Viris INLusTrebus.

Cum in nostra vel nostrorum procerum presencia, Mamacas, in palacio nostro, venientes agentes venerabeli viro Dalfino, abbate de baselica peculiaris patronis nostri sancti Dionisii || ubi preciosus domnus in corpore requiescit, adserebant adversus agentes inlustri viro Grimoaldo, majorem domus nostri, eu qod a longo tempore Chlodovius qondam || avus noster, seu et posthia avuncolus noster Childericus, vel domnus et genetur noster Theudericus, eciam et germanus noster Chlodocharius, per eorum precepcionis, illo te || loneu, quicquid de omnes neguciantes aut Saxonis, vel quascumque libet nacionis, in integretate concessissent, sic quoque ut nec posthia, nec tunc, pars fisce neque ibydem ab ipso marcado, neque infra pago Parisiaco, aut in ipsa civetate Parisius, postia || nullus teleneus ad ipsus homenis negociantes de ipsa vice non exigintur nec tollintur, sed hoc pars predicte baselice domni Dionisii in integretate omne tempore habi || rit concessum adque indultum. Unde et talis precepcionis predictorum principum in presente ostendiderunt relegendas. Relictas et percursas ipsas precepcionis, inven || tum est quod taliter ab ipsis principebus ad ipsa casa Dei in integretate fuit concessum. Postia dicebant quasi agentes ipsius viro Grimoaldo, majorem do || mus nostri, eciam et comis de ipso pago Parisiaco, medietate de ipsa teloneu eisdem tollerent, vel de parte ipsius baselice abstraerent. Aserebant econtra || agentes ipsius viro Grimoaldo, majorem domus nostri, quase de longo tempore talis consuetudo fuissit, ut medietate exinde casa sancti Dionisii receperit, illa alia || medietate illi comis ad partem fisce nostri. Intendibant econtra agentes sancti Dionisii, quasi hoc Gairinus qondam, loce ipsius Parisiace comis, per forcia hunc || consuetudinem ibydem misissit, et aliquando ipsa medietate de ipso telen[eu eis]dem exinde tullissit ; sed ipsi agentes hoc ad palacium resogessissent, et eorum || precepcionis in integretate semper renovassent. Iterum inquisitum est per plures personas, eciam et per ipsas precepciones, qod antedicte princepis ibydem in primordio et || in posterum, in integretati concesserunt vel adfirmaverunt. Syc asenciente ipso viro Grimoaldo, majorem domus nostri, eciam et alii pluris nostri fidelis visi fuerunt || decrevissi vel judecasse, ut agentes ipsius viro Grimoaldo, pro partem fisce nostri, eusdem exinde per vuadio de ipso teleneu in integretate revestire debirent ; qod ita et fice || runt. Sed, dum ac causa taliter acta vel definita seu inquisita vel judecata, in quantum inluster vir Sigofredus, comis palate nostre, testemoniavit, fuissi || denusceter, jobbimus ut omne tempore pars predicte monastiriae Sancti Dionisii, ubi ipse preciosus domnus in corpore requiescit, et Dalfinus, abba, vel successoris sui, || ipso teleneu in integretati de ipsa , tam qod ibidem super terras ipsius baselice resedire vedintur, quam et postia ipsa vice ad Parisius || omne tempore, inspecta eorum anteriores precepcionis, habiant evindecatum adque elid[iatum]. Et quatenus, antehactis temporebus, clade intercedente, de ipso || vigo sancti Dionisii ipse marcadus fuit emutatus, et ad Parisius civetate, inter sancti Martini et sancti Laurente baselicis, ipse marcadus fuit factus, et inde precepcionis || predictorum principum acceperunt, ut in ipso loco aut ubyque ad ipsa fistivetate resedibant ad eorum negucia vel conmercia exercienda, ipso teleneu pars pre || dicte baselice domni Dionisii in integretate receperit : et se evenit, aut pro clade aut per quacumquelibit delacione interventa, exinde aliuby fuerit ipsi marca || tus emutatus, predictus teleneus in integretate ad ipsa casa Dei, presentis temporebus et futuris, in lumenarebus ipsius sancti Dionisii, pro reverencia ipsius sancti loce, permaniat concessus adque indultus : et sit tam inter parte fisce nostri, quam et inter agentes sancti Dionisii, omnis lis et altergacio subitaa.

(Signa)

(Chrismon). Actulius jussus recognovit. 2

Locus Sigilli BENE (Signum).

VALete. 4

Datum qod ficit , Mamaccas feliciter.

Au revers, mention contemporaine : « † Hic sunt carctas de illo thel[enio] de illo mercatho (Notæ :) tempore Hildeberto rege. »


1 Ce document est la seule pièce diplomatique qui constate l'existence de St-Martin-des-Champs à l'époque mérovingienne. Voir l'Introduction au sujet de divers textes dont l'attribution à cette fondation religieuse est contestable ou injustifiée.
a Corr. sublata.

2 (Signum recognitionis. Notæ)
4 (Signum)

L'Église Saint-Martin possède, dans la cité de Paris, des terrains limitrophes de ceux appartenant à St-Maur-des-Fossés et voisins de ceux de St-Merri et de St-Germain-des-Prés (866-888).

  • B Copie du ixe-xe siècle, B. N. ms. latin 3, fol. A.
  • a Lebeuf, Dissertations, t. II, p. xciii.
  • b Bordier, Églises et monastères de Paris, p. 45.
  • c Robert de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, p. 72, nº 54.
  • d Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après d.

Noticia de areis Sancti Petri Fossatensis monasterii que sunt in Parisius civitate2.

(xxx) Item area quam tenet Tetaldus habet in longum pedes cc, in uno fronte pedes xxx, de alio fronte pedes xx, de uno latus terra Sancti Martini, de alio latus terra Sancti Germani, in uno fronte terra sancti Georgii, in alio fronte via publica : debet denarios iiii cum [eulogiis].

(xxxi) Area quam tenet Othelmus habet in longum pedes clxxxv, de uno fronte pedes liii, de alio fronte pedes lviiii, de uno latere terra Sancti Martini, de alio latere terra Sancti Mederici, de uno fronte terra Sancti Germani, de alio fronte via publica : debet solidos i cum...

(xxxii) Item area quam tenet Tetaldus habet in longum pedes clxxxv, de uno fronte pedes xxv, de alio fronte similiter, de uno latere terra Sancti Germani, de alio latere terra Sancti Mederici, de uno fronte terra Sancti Martini : debet denarios iiii cum...

(xxxiii) Area quam tenet Bertismus habet in longum pedes cxxxv, de uno fronte pedes xv, alio fronte pedes xx, de ambobus lateribus terra Sancti Martini, de uno fronte terra Sancti Germani, de alio fronte via publica : debet denarios iiii cum...

(xxxiv) Area quam tenet Authadus habet in longum pedes cc, de uno fronte pedes lxx, de alio fronte pedes lxxxv, de ambobus lateribus terra Sancti Martini, de uno fronte terra Sancti Martini, de alio fronte via publica : debet denarios xx cum [eulogiis].

Sunt in summa solidi xxxvi et denarii xi.


2 Dans le même manuscrit, fol. 406 et 407, se trouve la suite de ce polyptyque partiel. Il énumère les « mansi carroperarii " possédés par l'abbaye " in Varenna, in Novigento, in Tortiaco, in Buxido, in Ferrarias, in Sauegias, in Derentiaco, in Mairiaco, in Floriaco, in Turgiaco, in Belsa, in Monte Hayrici, in Equa, in Fabarias ». Parmi ces propriétés, se trouve celle de Fleury, donnée en 866. Le recensement des maisons et des habitants, indiquant une population nombreuse (121 hommes à La Varenne, 71 à Torcy, 50 à Ferrières-en-Brie, etc.), donne l'impression que les invasions normandes n'ont pas encore pris le caractère continu et dévastateur qu'elles eurent dans cette région à partir de 885. C'est ce qui nous persuade d'en placer la rédaction entre 866 et 888, date de la prise et de la ruine de Meaux par les Normands.

II. — Actes concernant des établissements religieux unis plus tard à Saint-Martin

Hugues [le Grand], comte et marquis, unit un bénéfice héréditaire dont il se dessaisit, l'abbaye de St-Symphorien d'Orléans à celle de St-Samson [plus tard donnée à St-Martin-des-Champs par Philippe Ier].

  • A Original perdu.
  • B Copie dans le Chartularium Sancti Sansonis Aurelianensis (perdu). Le ms. du xve s., conservé aux Archives du Loiret (cote D. 386 provisoire) contient seulement des pièces de 1152 à 1439 (Stein, Bibliographie générale des Cartulaires français, p. 388).
  • a Marrier, Monasterii S. Martini a Campis... historia, p. 39, d'après B.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Quoniam inter nos (sicut ait Apostolus) « fines sæculorum devenerunt » profecto unicuique convenit Christiano ita præsentis sæculi cursum perficere, ut dum temporalibus fruitur bonis, summo ac vigilanti studio caveat, ne æternis subdatur pœnis, sed, in stadio hujus vitæ positus, sic utatur transitoriis, ut in futuro gaudeat præmio mansuræ felicitatis. Quapropter ego, in Dei nomine, Hugo comes et marchio, considerans peccatorum meorum pondus et miseriarum præsentis sæculi onus, quoddam proprium hæreditatis meæ, abbatiam Sancti Simphoriani, positam inter muros Aurelianis, quæ mihi paterna hæreditate legaliter pertinere videtur, pro remedio animæ patris matrisque meæ, atque pro redemptione meorum peccaminum, cæterorumque parentum meorum, cum duabus ecclesiis in honore S. Letæ3, sanctique Sulpitii, in suburbio præfatæ urbis positis, necnon cum cæteris ecclesiis ad illam abbatiam pertinentibus, villis, vineis, pratis, silvis, terris arabilibus, cultis et incultis, aquis aquarumve decursibus, quicquid ad ipsam aspicit vel aspicere videtur totum et ad integrum beatissimo confessori Christi Sansoni et suo episcopo Agano4, suisque successoribus necnon et canonicis ibidem Deo et sancto Sansoni servientibus, et inantea servituris, perpetualiter dono et in æternum habendum esse concedo. Si quis vero hæredum aut prohæredum meorum huic donationi contradicere aliquid voluerit (quod nullatenus fieri credimus) nostraque statuta esse inconvulsa noluerit, iram incurret omnipotentis Dei, sanctique Sansonis, suaque repetitio nullum effectum obtineat, expulsusque a regione viventium, æterna maledictione damnetur, duroque anathemate percussus, perpetuis incendiis maneat sine fine cruciandus. Ut vero hoc scriptum meæ donationis, meæque humilitatis per succedentia temporum spatia firmius permaneat, meo nomine illud prætitulavi et consignavi, et nominibus nobilium clericorum et laicorum roborari præcepi.

Actum Aurelianis civitate publice.

Hugocomes.

Signum item Hugonis comitis.

Anselmus humilis episcopus. Theodericus, Ermenterius, levitæ.

S. Fulconi. S. Theubaldi. S. Radulfi. S. Fulconi. S. Theubaldi5.

, D. Lem. manuensisa.


3 Corr. Sancti Leti. Saint Lié, solitaire du Berry, mort le 5 novembre 533.
4 Ayen (Aganus, Agano), évêque de Chartres et abbé de St-Samson. Son épitaphe le qualifie episcopus et comes (Etudes préparatoires à l'histoire des familles palatines, § III, p. 25).
5 Hugues Ier, fils de Roger, comte du Maine. — Anselme, évêque d'Orléans en 912, reçut une bulle de Léon VII le 9 janvier 938. — Foulques Ier, comte d'Anjou ; Thibaud Ier, vicomte de Tours ; leurs fils Thibaud II et Foulques II ; Raoul Ier, vicomte du Maine.
a Peut-être « Daniel emmanuensis scripsit ».

Le roi Robert II confirme la donation faite par Ansoud Le Riche de Paris et sa femme Reitrude aux chanoines de St-Denis de la Châtre, de sept manses et demi à Fourches, en Parisis, du consentement de Renaud, comte de Melun, évêque de Paris6.

  • A Original scellé. Arch. nat. K 18, nº 8.
  • B Copie du xvie s., Arch. nat. LL 1353, Cartulaire C de St-Martin-des-Champs, fol. 17.
  • a Marrier, Monasterii regalis Sancti Martini de Campis Parisiensis, ordinis Cluniacensis, historia, Paris 1637, in-4º, pp. 314-315, d'après A, « cujus sigillum nimia vetustate collapsum est. »
  • b Gérard du Bois, Hist. eccl. Paris., t. II, p. 45.
  • c Tardif, Monuments historiques, Cartons des Rois, nº 254, pp. 160-161 (incomplet).
  • d Robert de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, p. 110, nº 80.
  • e Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
  • Pfister, Etudes sur le roi Robert-le-Pieux, pp. lxx-lxxiv et nº 47.
D'après e.

In nomine sancte et individue Trinitatis : Rotbertus, divina propitiante clementia, rex. Si fidelium nostrorum justas benigne petitiones suscipimus, easque ad pium effectum prosperando perducimus, hoc sine dubio agimus unde communis utilitas profectum suscipiat, regiaque celsitudo firma et stabilis atque gloriosa omnimodis ubique consistat. Cunctorum igitur sancte Dei Ecclesie fidelium, tam presentium quam etiam futurorum, nostrorum quoque industria successorum noverit quoniam, adiens nostre serenitatis genua, quidam nostrorum militum, nomine Ansoldus, et uxor sua Reitrudis, sumissa prece petiit quatinus Sancti Dionisii de Parisiaco Carcere canonicis, inibi Deo famulantibus, assensu Rainoldi Milidunensis pagi comitis et Parisiacae sedis episcopi, septem mansos et dimidium qui sunt in comitatu Parisiaco, in villa que dicitur Furcas7, sub autoritate praecepti perpetualiter concederemus. Placuit nostre Excellentie his annuere precibus : et sicut ipse poposcit, de septem mansis et dimidio predictis Sancti Dionisii canonicis regale preceptum statuimus habendum. Ipsos autem VII. mansos et dimidium, cum mancipiis et universis eorum appendiciis, per succedentia tempora, Domino adjuvante, sine aliqua diminutione vel abstractione, teneant ac absolute secure possideant, nemine inquietante. Si quis autem, quod minime venturum esse credimus, contra istius precepti auctoritatem presumptive temptaverit insurgere, ipse et petitio ejus adnullata coram regia majestate maneat et, coactus judiciaria potestate, auri xx libras componat, et quod repetit nullo modo vindicari valeat, sed presens precepti auctoritas firma æternaliter subsistat. Et ut hec nostre auctoritatis concessio firma et stabilis perpetualiter maneat, manu propria subterfirmavimus et sigilli nostri impressione insigniri delegavimus. 1

Francocancellarius palatii subscripsit.

Actum palatio Aurelianis .


6 Ansoud Le Riche de Paris fut un des quatre signataires habituels des premiers diplômes émanés de Robert II, fils de Hugues Capet, avec les comtes Bouchard de Corbeil et Hugues de Dreux et le vicomte Hugues de Meulan (Robert de Lasteyrie, Cartul. gén. de Paris, t. I, pp. 97, 101, 112 ; cf. Longnon, Recherches sur une famille noble dite de Paris, Bull. de la Soc. de l'Hist. de Paris, sept.-oct. 1879, p. 132). On le rencontre de 995 à 1006.

Nous le considérons comme fils d'un autre Ansoud, que les Gestes des évêques d'Auxerre disent avoir été mari de Raingarde et père de Jean, titulaire de ce siège de 994 au 21 janvier 998. II y succédait à Herbert, enfant naturel du duc Hugues et de sa maîtresse Raingarde, qu'il semble difficile de ne pas identifier avec la femme du premier Ansoud. Herbert fut évêque d'Auxerre de 968 au 13 août 994. Jean, son successeur, fut un disciple de Gerbert (Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 170), donc un condisciple du roi Robert, fils de Hugues Capet, et de Lierri, archevêque de Sens (Coll. Baluze, t. 45, p. 149, d'après la Chronique de Jean de Saint-Victor), qui siégea de l'an 1000 au 26 juin 1032.

Auguste Longnon fut bien inspiré en identifiant Ansoud Le Riche de Paris avec le mari de Reitrude, donateur de Fourches et de Limoges-en-Brie à la collégiale de St-Denis de la Châtre. En effet, dès juin 990, une charte de Cluny, datée de Vitry-en-Mâconnais, tout près du monastère, constate la vente au prêtre Gerbaud d'un champ dans cette localité par « Ansalt et uxor sua Rotrudis qui vendicione ista fierint et firmare rogaverunt » (Bruel, Chartes de Cluny, t. III, p. 70). Le couple Ansoud-Reitrude était formé dès 990, dès lors l'identification proposée acquiert une extrême vraisemblance.

Ansoud Le Riche, tige de la maison de Maule, déclare dans une charte qu'il a pour ancêtres Ansoud et Guérin, bienfaiteurs, comme lui, de l'abbaye de St-Evroult d'Ouche (Orderic Vital, éd. Le Prévost, t. II, p, 451). Le premier peut être le mari de Reitrude et le second, Guérin qualifié « baron " dans un diplôme du roi Robert, et dans un autre du même roi en 1022 " Guarinus miles Parisiensis » (Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 607) ; il vivait en 1031, avec sa femme Hersende, qui lui apporta le domaine d'Antony (Poupardin, Recueil des chartes de St-Germain-des-Prés, t. I, pp. 78-80).

7 Fourches, commune de Limoges-Fourches, ca. Brie-Comte-Robert, ar. Melun.
8 Le diplôme étant daté d'Orléans, une des villes du duché de France, on a pu compter les années de Robert le Pieux à partir de son sacre dans cette ville le 1er janvier 988. Dès lors l'année 19 du règne répond exactement à 1006. Précisément Robert II était à Orléans le 14 décembre de cette année ; rien n'est plus naturel que de supposer qu'il s'y trouvait déjà le 11 novembre. M. Pfister et, après lui, M. de Lasteyrie ont préféré la date du 11 novembre 1014, en prenant pour point de départ le jour du décès de Hugues Capet. Leur interprétation est très défendable, car on n'a point de précisions sur l'itinéraire du roi Robert à l'automne de 1014. Il se trouvait à Dijon le 25 janvier 1015 : s'y serait-il rendu en plein hiver, ou n'aurait-il pas fait un séjour en Bourgogne depuis les vendanges ?

1 (Monogramme royal).

Le roi Robert II confirme la donation faite par Ansoud Le Riche de Paris et sa femme Reitrude, aux chanoines de St-Denis de la Châtre, du village de Limoges-en-Brie, avec le consentement de Renaud, comte de Melun, évêque de Paris.

  • A Original avec traces de sceau. Arch. nat., K 18, nº 7.
  • B Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1399, Cartulaire de St-Denis de la Chartre.
  • C Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1353, Cartulaire C de St-Martin-des-Champs, fol. 19.
  • D Copie du xviiie s., Bibl. nat., ms. fr. 15504, fol. 50.
  • a Marrier, Monasterii regalis S. Martini de Campis historia, p. 313, d'après A.
  • b Félibien, Hist. de Paris, t. III, p. 58, d'après a.
  • c Bouquet, Recueil des Historiens de la France, t. X, p. 596, d'après a.
  • d Gallia Christiana nova, t. VII, Instr., col. 29.
  • e Tardif, Monuments historiques, Cartons des Rois, p, 161 (fragment), d'après A.
  • f Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
  • Bréquigny, Table des Diplômes, t. I, p. 527.
  • Pfister, Etudes sur le roi Robert le Pieux, nº 18.
  • Robert de Lasteyrie Cart. gén. de Paris, t. I, p. 111, nº 87.
D'après f.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Rotbertus, divina propitiante clementia, rex. Si precibus nostrorum fidelium, quando pro suis vel ecclesiarum necessitatibus aliquid Nobis intimare voluerint, aurem libenter accommodamus eorumque justas petitiones ad optatum effectum perducimus, non solum regiam consuetudinem in hoc exercemus, sed eosdem nostros fideles Deo atque Nobis promptiores facimus atque devotiores. Igitur omnium sanctæ Dei Ecclesiæ fidelium, nostrorumque, tam presentium quam et futurorum noverit industria quoniam, adiens Serenitatis nostre presentiam, quidam nostrorum fidelium, nomine Ansoldus, et uxor sua Reitrudis, assensu Rainoldi Milidunensis comitis et Sancte Marie sedis Parisiace episcopi, humiliter deprecatus est quatinus canonicis Sancti Dionisii de Parisiaco Carcere, pervigili prece inibi Domino famulantibus, ex quadam villa, que vulgo vocatur Lemovecas7, cum ecclesia et omnibus appendiciis, terris cultis et incultis et omnibus mancipiis, hoc nostre auctoritatis preceptum fieri juberemus. Cujus namque congruam considerantes petitionem, predictis canonicis Sancti Dionisii predictum alodum, sub precepti auctoritate, cum ecclesia et omnibus appendiciis, concedimus perpetualiter habendum. Si quis autem (quod nefarium est dici), plenus demonica potestate, contra hujus precepti auctoritatem insurgere ausus fuerit, saeveris pressus juditiis, ter denas auri libras regali censure cogatur exsolvere. Ut autem hujus auctoritatis preceptum per futura tempora inviolabilem obtineat firmitatis vigorem, manu propria subterfirmavimus, et sigilii nostri impressione insigniri rogavimus. 1

Francocancellarius palatii subscripsit.

Actum in palatio Aurelianisa.


7 Fourches, commune de Limoges-Fourches, ca. Brie-Comte-Robert, ar. Melun.
a « La ressemblance de ce diplôme avec le précédent, la date du lieu qui est la même dans les deux cas, nous autorise à croire que la date de temps doit être aussi la même. » (Pfister, Etudes sur le roi Robert le Pieux, nº 48.)

1 (Monogramme royal).

III. — Chronique versifiée ou Livre des privilèges de St-Martin-des-Champs

IV — Actes concernant la collégiale de Saint-Martin de Paris

L'évêque Imbert de Paris renonce à tout droit sur l'aître de l'église de Bondy, d'accord avec Ouri, archidiacre de Parisis.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 42, nº 91.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

In nomine Domni, Imbertus Parisiensis episcopus notum fieri volo omnibus Xristi fidelibus quum abbas Beati Martini Engelardus multis me rogaverit precibus, quatinus pro remissione peccatorum antecessorum atque successorum nostrorum Bto Martino consuetudines Bunciacensis atrii18 concederem. Cujus precibus adquiescere judicans, dignum non recusavi super hac peticione exaudire eum, annuens Bto Martino supradicti atrii consuetudines, sine ullius perturbatione perpetuo possidendas ; nullumque, pro hac re, mihi vel successoribus meis debitum vel servicium persolvatur. Et ut hoc firmum et stabile permaneat, assentiente Ulrico archidiacono nostro, propria manu firmavi. . Testes vel consignatores : S. Odonis decani. Ulrici archidiaconiIvonis archidiaconi. Landrici sacerdotis. Rainaldi sacerdotis, Landonis sacerdotis. Girardi diaconi, Alberti diaconi. Ivonis subdiaconi, Odonis subdiaconi.


18 Cette pièce a échappé aux auteurs de la Gallia christiana nova, qui font commencer l'épiscopat d'Imbert « circà annum 1030 ». Puisque, en novembre 1060, il était dans sa 33e année d'épiscopat, il a été intronisé avant le 29 novembre 1028 ; or son prédécesseur Francon, cité dans un titre de 1028, étant mort le 24 juillet, il faut placer l'avènement d'Imbert entre le 25 juillet et le 29 novembre 1028 (Cf. Gallia, VII, 47-49, et D. Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 619). Imbert mourut le 22 novembre 1060, peu de jours après avoir donné cette charte, qui fut probablement écrite à l'occasion de la fête de St-Martin d'hiver, le 11 novembre. Geofroi de Boulogne, successeur d'Imbert, mourut le 1er mai 1095. (Depoin, Essai sur la chronologie des évêques de Paris de 778 à 1138, p. 23 ; tir. à p. du Bulletin historique et philologique, 1906, p. 236).
14 Bondy, ca. Noisy-le-Sec, ar. St-Denis (Seine).

Tam presentibus quam futuris notum sit omnibus quod egoa Walerannus Sancti Martini æcclesiæ duos aripennos terræ, quam juxta eamdem æcclesiam possidebam, trado, atque in perpetuum, pro meo salute, nec non tamen pro xv solidorum precio, eidem habendam concedo æcclesiæ. Sub qua firmitate hanc cartulam firmo, his testibus roboratam.

S. Waleranni. S. Drogo. S. Berneri. S. Widonis. S. Raherii. S. Wimeri. S. Rainardi.


a S'il s'agit ici, comme on peut l'admettre, de Galeran de Senlis, qui fonda le prieuré de St-Christophe de Halatte, et qui fut appelé aux fonctions de chambrier au début de mai 1061, cette charte ayant été donnée alors qu'il ne portait aucun titre d'office, se place entre 1060 et le printemps de 1061. Voir note 19.

Engelard, abbé de Saint-Martin, ayant prêté 40 livres au grand-chambrier Galeran de Senlis, prend hypothèque sur l'une de ses terres jusqu'à concurrence de la moitié du domaine. La reine-douairière Anne, Raoul, comte de Valois, et Hugues, neveu de Galeran, consentent à cet engagement.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, nº lxxxi, fol. 38.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

In hac cartula continetur conventio quam Ingelardus, abbas Beati Martini, habuit cum Waleranno, camerario Regis19. Huic enim supradictus abbas xl libras denariorum accomodavit, ea conditione ut medietatem omnium eorum que ad villam que vocatur vo ruilgiam20 pertinere videntur, Beatus Martinus possideat, donec suas xl libras recipiat.

Factum est hoc annuentibus Anna regina, comite Radulfo21 et Hugone filio Rainaldi19.

Nomina eorum qui huic conventioni interfuerunt : Rotlandus prior, Waschelinus, Bernardus dapifer, Haimo faber, Walcherus, Guntardus, Dodo, Helbertus, Hainardus, Rotgerus.


19 Galeran fut grand-chambrier pendant presque tout le règne de Philippe Ier. Sa désignation à ce poste eut lieu entre le 30 avril et le 27 mai 1061. Il cessa de l'occuper en 1105 ; on le trouve encore en charge entre le 25 mars et le 4 août ; il fut remplacé par son fils Gui entre le 4 août 1106 et le 14 avril 1107. C'était un membre de la famille Le Riche de Senlis, dans la généalogie se trouve dans les appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise (édit. Depoin), pp. 298-300. Toutefois pendant les années 1074-1075, l'exercice de sa charge fut confié à son neveu Hugues II.

20 Une main du xviie s. a inscrit en marge sur B : « Vaugirard. » La traduction est inacceptable. Les lettres u o qui terminent une ligne semblent bien une répétition involontaire de la première syllabe de nocatur. Le scribe du Liber Testamentorum a commis ailleurs (au nº XLII notamment) cette faute d'inattention. Nous avions pensé à traduire Ruilgiam par Rungis, dont la voirie était aux mains d'une autre branche des Le Riche (Lebouf, Hist. du dioc. de Paris, IV, 48). Mais l'approbation du comte Raoul de Valois oblige à chercher le territoire dont il s'agit dans sa juridiction. Dès lors on est amené à y voir Rully en Valois, ca. Pont-Ste-Maxence, ar. Senlis.

Hugues II de Senlis, fils de Renaud (grand-chambrier de Henri Ier et frère de Galeran), est la tige des comtes de Clermont. — Galeran tenait de lui son domaine en fief ; Hugues le tenait à son tour du comte de Valois, et celui-ci de la Couronne. C'est comme régente, et non comme femme de Raoul, qu'Anne intervient pour donner son assentiment.

21 Il n'existe aucun diplôme de date certaine où Anne soit qualifiée reine et figure à la cour après le 4 août 1065. Un acte dont les notes chronologiques sont contradictoires et dont il ne subsiste qu'une copie, lui attribue encore ce rang en la 6e année de Philippe Ier, c'est-à-dire quelque temps après la date précitée. En 1069, Philippe Ier étant à Senlis, accorde l'abbaye de St-Vincent de cette ville un privilège à la prière de sa mère, mais il ne lui donne ni titre royal, ni qualificatif affectueux, et la présente comme une suppliante ordinaire. C'est seulement au printemps (5 avril-25 mai) 1075 qu'elle reparaît avec le rang de reine-douairière, c'est-à-dire après la mort de Raoul de Valois, son second époux (8 septembre 1074. — Cf. Maurice Prou, Actes de Philippe Ier, pp. 7 à 56, 98, 106, 121, 191).

Le roi Philippe Ier maintient l'église Saint-Martin des Champs en possession des autels de Neuvy-en-Beauce et de Janville, que le roi Henri Ier avait donnés au monastère ; la reine mère et le comte Baudoin de Flandre, administrateur de la maison du roi, interviennent.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1072-1079, Chronique versifiée ou Livre des privilèges de Saint-Martin des Champs, British Museum, add. mss. 11662, fol. 7'.
  • C Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum Sancti Martini de Campis, ms. lat. 10977, première partie, fol. 1, nº 1.
  • D Copie de 1129, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, ms. lat. 10977, troisième partie, fol. 75., nº 104.
  • E Copie du xiiº s., ibid., deuxième partie, fol. 49, nº 111.
  • F Copie de 1209, A. N. LL 1351, Cartulaire A de Saint-Martin des Champs, fol. 18.
  • G Copie du xiiie s., de la Chronique versifiée, nouv. acq. lat. 1359, fol. 5, d'après B.
  • a (Voir pour les autres copies de seconde main et les éditions imprimées, M. Prou, Actes de Philippe Ier, nº XIX, pp. 54 et suiv.).
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Ego Philippus, gratia Dei rex Francorum, omnibus tam presentibus quam et futuris sancte genitricis Ecclesie filiis notum fieri volui quoniam pater meus, pie recordationis rex Hainricus, ecclesie Beati Martini quam ante Parisiensem urbem construxerat, cum ceteris beneficiis eidem ecclesie deputatis, in pago Belsensi duo altaria, Nove scilicet ville22 atque Agenvillea largitus est ; ego autem, favente matre atque comite Balduino regie domus curam gerente, eadem altaria prefate ecclesie regio jure eternaliter possidenda concedo.

Actum Aurelianis . v. , Balduino cancellario.

S. Balduini comitis. S. Hugonis comitis. S. Radulfi comitis. S. Radulfi dapiferib. S. Widonis comitis Pontivensisc. S. Widonis, Ambianensium episcopi. S. Waleranni camerarii. S. Engenulfi buticularii. S. Amalrici dapiferi Regined. S. Baldrici conestabulariie. S. Ade pincerne magistrif. S. Eustachii capellani. S. Droconis pincerne. S. Roberti coci. S. Oscelini. S. Malberti prepositig. S. Herberti vicarii S. Haymonish. S. Balduini cancellariii.


22 Janville, ar. Chartres. — Neuvy-en-Beauce, ca. Janville.
a Aienville B E F, Hienville C.
23 Un autre état tout à fait distinct de la formule précédente est fourni par une copie de 1118 environ (Liber Testamentorum, ms. lat. 10977, fol. 1 nº 2). « Actum Parisium, III idus novembris, indictione xv, anno regni regis Philippi. « L'indiction donnerait 1062, l'année du règne 1065. M. Maurice Prou se prononce pour cette dernière date. La souscription du prévôt d'Orléans Maubert prouve que la rédaction de l'acte s'est effectuée dans cette ville. Peut-être la promesse avait-elle été faite à Paris, le jour de la fête de saint Martin, en 1062, ce qui expliquerait l'erreur d'indiction.
b Souscription omise par B G. Pour les souscriptions nous suivons la recension de la Chronique versifiée, dont la première édition est antérieure de trois quarts de siècle à la copie D du Liber Testamentorum.
c D omet « Pontivensis »
d D omet « Regine ».
e D omet « conestabularii ».
f D omet « magistri ».
g D prefecti.
h D Hamonis.
i D omet cette souscription du chancelier. — C E omettent toutes les souscriptions.

Philippe Ier, après avoir achevé la reconstruction de l'église Saint-Martin-des-Champs commencée par le roi Henri, et fait procéder à sa dédicace, la confirme dans la possession des biens à elle octroyés par son père, et lui donne, en outre, l'abbaye de St-Samson d'Orléans et la moitié du marché annuel que le roi établit dans le territoire du monastère le 1er novembre.

  • A Original perdu.
  • B Copie de la fin du xies., dans une Chronique versifiée ou Livre des privilèges de St-Martin des Champs, British Museum, add. mss. nº 11662, fol. 6.
  • C Copie du xiiie s., dans la même chronique, Bibl. nat. ms. lat. nouv. acq. 1359, fol. 4, d'après B.
  • D Copie du xviiie s., A. N., L. 1373, fol. 9, d'après B ou C.
  • E Copie du xviiie s., B. N. ms. fr. 28400, fol. 17, d'après C.
  • F Copie du xviiie s., dans le Cartulaire du prieuré conventuel St-Denis de la Chartre, A. N. LL 1399, p. 5, d'après C.
  • a Marrier, Martiniana, fol. 13', d'après C.
  • b André Duchesne, Histoire généalogique de la maison de Montmorency, Preuves, p. 21.
  • c Marrier, Monasterii regalis Sancti Martini... historia, p. 12, d'après B et C.
  • d Félibien, Histoire de la ville de Paris, III, 48, d'après C.
  • e Gallia christiana nova, VII, Instrumenta, p. 35, nº XL, d'après C.
  • f Robert de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, p. 125, nº 98, d'après B C D.
  • g Prou, Actes de Philippe Ier, pp. 91-94, nº XXX, d'après toutes les sources.
  • h Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après h.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Divinarum Scripturarum auctoritate instruimur antiquorum patrum vestigia sequi et eorum, in quantum possumus, bona exenpla imitari. Unde Dominus per Hiremiam prophetam nos admonet, dicens : « State in viis et considerate de semitis antiquis, et videte que sit via bona, et anbulate in ea. » In via ergo bona antiquorum patrum ambulare precipimur, quia bona opera patrum nostrorum nobis facienda atque imitanda proponuntur, quatinus eorum consortes ac participes simus in cœlis, quorum exempla imitari laboramus in terris.

Ego itaque Phylipus, gratia Dei Francorum rex, hac prophetica edoctus exhortatione, et precedentium patrum, Francorum videlicet regum, et mauxime dilectissimi patris mei Henrici exenplo provocatus, quorum devotissimum studium erga divinam religionem et ecclesiarum instructionem cognovi, notum fieri volo cunctis fidelibus sanctæ Dei ecclesiæ curam gerentibus, tam presentibus quam futuris, quod ecclesiam Sancti Martini prope Parisius sitam que vocatur de Campisa, quam, tyrannica rabie destructam et pene ad nichilum redactamb, pater meus supradictus renovare et reædificare studuerat, et multis beneficiis et donariis ditaverat atque ornaverat, et canonicos quamplures cœnobialiter viventes ibidem aggregaverat, post mortem ipsius dedicari feci, et opus quod pater meus, mortis subripiente articulo preventus, conplere non potuit, ego pro ipso supplevi.

Ad cujus dedicationem celebrandam, multo evocato conventu pontificum et procerum nostrorum nobilium, tam clericorum quam laicorum, ego ipse presentiam meam obtuli ; et ob amorem Dei et honorem preciosissimi confessoris beati Martini, cujus nomini adtitulata est, et requiem supradicti patris mei defuncti, omnia que ipse sibi donaverat concesi, plurima etiam que in nostra potestate erant adauxi ; abbatiam videlicet Sancti Simphoriani et Sancti Sansonis, que est Aurelianis intra muros civitatis sita, et medietatem fori quod statuimus in loco ipsius monasterii , tam de toloneis quam de justiciis et fredis et omnibus reditionibus que, in toto tempore ipsius fori, jus nostri exigit fisci. Hæc autem illi æcclesiæ in perpetuum habenda concessi et, hoc testamentum inde fiere precepi ; et ut æternum firmamentum habeat, sigillo meo subterfirmavi et corroboravi, et omnibus episcopis qui affuerunt, et principibus regni mei firmandum presentavi. Si quis vero, quod absit et quod minime credimus, hoc regale et legale statutum aliqua temeritate calumpniare vel violare presumpserit, sciet se regia majestatis reum et anathematis gladio feriendum.

Actum Parisius publice, IIII. .

Signum regis Phylipi.

Hugo frater regis. Balduinus, comes Flandriae. Richerus, Senonensis archiepiscopus. Gaufridus Paris(iac)us episcopus10. Guido, Anbianensis episcopus. Gaulterus, Meldensis episcopus. Hugo, Trecensis episcopus. Rogerus, Cathalaunensis episcopus. Agolandus, idem Ivo, Saxensis episcopus. Drogo, archidiaconus Parisiensis. Ivo, archidiaconus Parisiensis. Lando, precentor et archidiaconus Parisiensis. Gaufridus, canonicus Sancte Marie. Olricus capellanus. Balduinus, canonicus Sancte Marie. Milo, decanus Sancti Dyonisii de Carcere. Aengelardus, abbas ipsius loci. Gislebertus prior. Drogo presbiter. Drogo grammaticus. Dainbertus diaconus. Hyldricus canonicus. Arnulfus, Sancte Crucis Aurelianensis. Haymo, decanus Sancte Crucis Aurelianensis. Sanzo, sacrista Aurelianensis. Rainaldi, Sancti Martini thesaurarii Turonensis. Hugo comes Mellendis. Willelmus, comes Suessionensisc. Rainaldus, comes Curbuliensis. Ursio, vicecomes Meliduni. Guido de Monte Letheri74. Simon de Monte forti. Thetbaldus de Monte morenciaco64. Radulfus siniscalcus. Walerannus camerarius19. Baldricus constabularius. Engenulfus buticularius. Adam pincerna. Guido marescalcus. Euscelinus marescalcus. Drogo pincerna. Engelrannus, pedagogus regis. Petrus cancellarius. Eustachius capellanus, Gaufridus subcapellanus. Amalricus de Castello-forti. Fredericus de Curbuilo. Stephanus, prepositus Parisiensis154. Malbertus, prepositus Aurelianensis. Walterus, prepositus Pissiacensis. Willelmus de Gomethiaco. Hugo de Novo-Castello. Mainerus de Sparr(n)one43. Herveus de Marleio64. Warinus de Islo. Warnerus de Parisius134. Frotmondus, frater ejus.

Giraldus, Hostiensis episcopus, post subscripsi Rainbaldus, apostolice sedis legatus, similiterd.


a On peut se demander si ces mots « que vocatur de Campis « ne constituent pas une interpolation. Le diplôme de 1070 ne donne aucun surnom au » monasterium Sancti Martini, celui de 1079 porte « ad Campos ».
b Cette phrase vise la gestion de Milon de Paris et de ses devanciers.

10 Hugues, comte de Dammartin, que nous rencontrerons plusieurs fois comme témoin de chartes postérieures, avait pour père Manassé, comte de Dammartin, frère de Haudouin III, comte de Ramerupt. Conseiller intime et probablement chambrier (noster a secretis) du roi Robert en 1031 (Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 626), Manassé périt auprès de Bar-le-Duc, dans la même journée où fut tué Eudes II, comte de Chartres (Hugues de Flavigny, Chron., ap. Mon. Germ. hist., Scriptores, VIII, 401 c'est-à-dire le 15 novembre 1037 (Aug. Longnon, Obituaires de la province de Sens, t. II, préface, p. viii). Sa veuve fit de grandes libéralités à St-Vanne de Verdun où les victimes du combat furent ensevelies (Vita S. Richardi abbatis Virdan., ap. M. G. h., Scriptores, XI, 288). Elle se nommait Constance ; c'était sûrement une fille de Robert le Pieux et de sa dernière femme ; filiation qui motive l'attribution des prénoms robertiens d'Eudes et de Hugues aux fils issus de son union avec Manassé (Guérard, Cartul. de St-Père de Chartres, p. 175). Eudes, omis par l'Art de vérifier les Dates, bien que cité avec son titre dans un diplôme de 1060, mourut peu après sans postérité mâle. Il laissa le comté de Dammartin à son frère cadet Hugues, précédemment établi à Bulles (Hugo Buglensis comes, titre que lui donne Ives de Chartres, éd. Bouquet, Rec. des Hist. de France, XV, 242), qui lui venait de sa femme Rohais. Au cours d'une grave maladie en 1075, il restitua à St-Lucien de Beauvais les églises de Bulles (Louvet, Hist. du Beauvoisis, I, 630-634) ; les chanoines qui les occupaient protestèrent devant le concile d'Issoudun en 1081 (Achery, Spicileg., III, 128). Revenu à la santé, Hugues partit en Terre-Sainte pour accomplir un vœu ; il y fut fait prisonnier, et sa rançon ayant été fournie par les Bénédictins du Bois-Saint-Michel, dépendant de Vezelay, il fonda à son retour le prieuré clunisien de St-Leu d'Esserent (Louvet, I, 645 ; cf. Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, X, 493) en 1081 (Chan. Eug. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, pp. 1-6) auquel l'abbé de Cluny réunit St-Michel dont les moines se transportèrent à St-Leu (p. 11).

Hugues avait causé des inquiétudes à Philippe Ier, qui fortifia Montmélian, aux frontières du Senlisois, pour se protéger contre ses atteintes (Rec. des Hist. de France, XI, 158, 410 ; XII, 135). Il finit ses jours sous la bure, à St-Leu d'Esserent (Müller, p. 17). Dès 1103, il était remplacé par Pierre, son fils (Cartulaire A de Montier-en-Der, coll. Baluze, XXXIX, fol. 239'). Celui-ci tomba malade à Rosnay en Champagne, d'où était originaire sa femme Eustachie (Müller, p. 16). Il y mourut un 13 septembre, en 1105 ou 1106 (Obit. de la prov. de Sens, I, 456) ; il fut inhumé à St-Leu d'Esserent où les moines qu'il avait appelés à ses derniers moments, ramenèrent son corps au prix de mille peines. Il y reposa près de son père et d'un frère aîné mort jeune (avant 1081). Il laissait d'Eustachie un fils qui lui succéda, certainement Hugues II qui dès lors exerçait les fonctions comtales. L'Art de vér. les Dates (II, 661) le fait à tort frère de Pierre. Les actes de Hugues Ier ne lui attribuent, sur la fin de sa vie, qu'un seul fils et trois filles ; Basle, Aélis, Eustachie (nom porté déjà par une tante, issue du comte Manassé, et dont une fille, Agnès, épousa Guillaume vicomte de Mantes). Mariée d'abord à Aubri Payen de Mello, Aélis se remaria à Lancelin II de Beauvais, qui après 1111, succéda à Hugues II. Lancelin eut d'elle quatre enfants, dont deux, Manassé et Rohais, relevèrent des prénoms de l'ascendance maternelle. Mais Dammartin passa à Aubri Ier, que par son prénom l'on peut croire issu de la première union d'Aélis ; Lancelin n'aurait été que son mainbour : on ne s'explique pas autrement, d'ailleurs, que la nombreuse postérité de ce sénéchal ait pu être exclue du comté dont il avait été titulaire.

c Il paraît que le copiste a confondu les attributions interlinéaires en les intervertissant. Renaud était comte de Soissons, et Guillaume, de Corbeil.

74 L'auteur de cette donation est une personnalité notoire du règne de Philippe Ier. C'est Gui le Rouge fils de Gui le Grand de Montlhéry ; son père assistait Henri Ieren 1059 lorsqu'il dota solennellement la collégiale de St-Martin-des champs (nº 7) et Philippe Ier lorsqu'en 1067 il en confirma l'établissement (nº 12). Lui-même intervint fréquemment pour faciliter et approuver les donations de ses vassaux au prieuré clunisien. On le rencontrera plus loin avec le titre de comte, accompagné parfois du surnom de Rochefort : « Wido comes " ou » Wido comes de Rupeforti ». Il mourut en 1107.

Élisabeth, sa seconde femme, s'identifie avec « Isabeldis, comitissa de Creciaco castro « qui, veuve de Bouchard II de Corbeil, assista à la première messe célébrée par saint Gautier, abbé-fondateur de St-Martin-de-Pontoise, sur l'autel de St-Nicolas de Morcerf (Cartul. de St-M. de P., p. 10, nº xi). Le récent mémoire de M. Estournet sur Bouchard II, comte de Corbeil dans les publications de la Société du Gâtinais, a précisé ce point. L'une des filles d'Élisabeth, Béatrix de Pierrefonds, fut aussi bienfaitrice de St-Martin des Champs.

64 Cette notice serait paticulièrement intéressante à dater, en raison de la quantité de témoins de marque qui s'y trouvent associés. Un terminus ad quem indiscutable est fourni par la mort de Josselin (3 novembre 1096), l'archidiacre de Josas qui fut un bienfaiteur insigne du prieuré (cf. nº 13 suprà, note 24). C'est aussi en en 1096-97 que la chanoine chancelier Vougrin devint archidiacre de Parisis au lieu et place de Dreux Ier de Mello. Toutefois il faut remarquer que le chanoine Sévin (le Sevinus Postellus qui figure en 1076 au nombre des testes clerici ex parte Sancte Marie, c'est-à-dire des clercs de Notre-Dame (cf. Guérard, Cartulaire de N-D. de Paris, I, 280) n'apparaît dans aucune énumération des membres du chapitre à partir de 1087. Mais la mention d'Hervé de Montmorency permet de reculer encore cette date. En effet, son fils et successeur Bouchard IV eut avec le comte de Beaumont son beau-frère, Mathieu Ier, une guerre au cours de laquelle fut détruite l'église castrale de Conflans-Ste-Honorine, et cette église, rebâtie après la cessation des hostilités, fut dédiée le 21 juin 1086. (Cf. notre étude sur les comtes de Beaumont-sur-Oise et le prieuré de Conflans dans le Bulletin de la Commission des Antiquités et Arts de Seine-et-Oise, 1911). Hervé était encore vivant et avait conservé la terre de Marly où il fit élever en 1087, l'église de St-Vigor (Ad. Maquet, Les Seigneurs de Marly, p. 48). Hervé avait cédé Montmorency à son fils aîné, postérieurement au 25 mai 1081, date où il agit comme tuteur de Guillaume II de Gometz (Bibl. de l'Ecole des Chartes, 4e série, t. III, p. 357). 1081 est l'année où un autre témoin de la notice, Hugues comte de Dammartin, fonda le prieuré de St-Leu d'Esserent. (Chan. E. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, p. 1-4). D'autre part, Hervé d'abord seigneur de Marly ne prit le nom de Montmorency qu'après avoir hérité de Thibaud, son frère, postérieurement au 2 novembre 1071 (Prou, Actes de Philippe Ier, pp. 7 à 160 pour Thibaud ; pp. 94, 159, 308 pour Hervé). La distinction de leurs titres est sensible dans les souscriptions au diplômes de Philippe Ier en 1067 (nº12).
19 Galeran fut grand-chambrier pendant presque tout le règne de Philippe Ier. Sa désignation à ce poste eut lieu entre le 30 avril et le 27 mai 1061. Il cessa de l'occuper en 1105 ; on le trouve encore en charge entre le 25 mars et le 4 août ; il fut remplacé par son fils Gui entre le 4 août 1106 et le 14 avril 1107. C'était un membre de la famille Le Riche de Senlis, dans la généalogie se trouve dans les appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise (édit. Depoin), pp. 298-300. Toutefois pendant les années 1074-1075, l'exercice de sa charge fut confié à son neveu Hugues II.
154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12supra ; Cf. note 268) et peut être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neuveu Jean. Payen, fils d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
43 Germond, fils d'Avesgaud, seigneur de Mainteon (a. Chartres), probablement gendre de Mainier d'Epernon, témoin en 1067 (nº12 supra). Son fils Mainier, cité dans la notice 27, donna à Marmoutier, vers 1105, l'église Notre-Dame élevée dans l'enceinte de son château (Arch. d'Eure-et-Loir, H. 2340).

134 Garnier de Paris (dit aussi de Braine et de Dreux). Cf. Aug. Longnon, Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris, 1879, p. 140. — Il est la tige des seigneurs de Gentilly, et de Brunoy, etc.

Garnier II de Paris, fils de Garnier I, eut, entre autres enfants, Hugues, seigneur de Gentilly et de Brunoy. Ce Hugues, qui vivait en 1138, qualifie de neveu (nepos) Soudan de Massy (A. N. K 22, nº 98 ; K 23, nº 38 et 616).

Soudan (Sultannus) était le surnon de Geofroi, fils de Bouchard de Massy et d'Elisabeth (nº 69 et note 291). Il le tenait d'un grand-oncle maternel, Soudan de Paris, fils de Garnier I, cité en 1099 (nº 86).

d Les souscriptions de Gérard, évêque d'Ostie, et de Rainbaud « sacri palatii actionarius », ont été ajoutées sur la charte originale pendant le séjour de ces deux envoyés pontificaux en France (Mars 1072-30 avril 1073), Cf. Prou, Actes de Philippe Ier, p. 94, note 1.

Josselin, archidiacre de Josas, donne à Notre-Dame de Paris l'autel de Champigny, et à l'église St-Martin-des-Champs un aleu à Pantin.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 29, nº 61.
  • a Marrier, Monasterii S. Martini de Campis historia, p. 487.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Noverint audientes quoniam domnus Joscelinus archidiaconus24 æcclesiæ Sanctæ Mariæ altare Campennini25 et unum Pentini26 alodium de redemptione animæ suæ sollicitus, æcclesiæ Sti Martini tradidit. Quod donum ut ratum et inconcussum permaneret, assensu atque favore fratris sui Udonis confirmavit. Qui etiam Udo tam respectu divino quam fratris precibus devictus, decimam ejusdem alodii que juris illius erat, prefate æcclesiæ subrogavit.

Actum . S. Widonis, S. Rotlanni. S. Guitardi. Signum Ernaldi. S. Ilgeri. Signum Gualcherii. S. Maigaldi.


24 Josselin était archidiacre de Paris en 1063, lorsqu'il se fit élire évêque de Soissons. Il fut dénoncé au pape Alexandre II, qui cette même année écrivit aux prélats comprovinciaux pour empêcher qu'on ne le consacrât jusqu'à ce qu'il se fût justifié devant le Saint-Siège, en personne ou par un envoyé. Les lettres du Souverain Pontife visent « Ioscelinum qui, et archidiaconatum Parisiensem non modo pecunia sed etiam homicidio, et episcopatum Suessionensem simoniace, invaserat. « (Mansi, XIX, 978 ; Migne, Patrologia latina, t. 146, p. 1297 ; Jaffé-Lœwenfeld, 4519). Ces imputations ne pouvaient être fondées, car Josselin n'aurait pas, si la preuve en eût été faite, conservé pendant 34 ans l'archidiaconé de Josas. Mais il renonça à l'évêché de Soissons, dont Alard était titulaire en 1064. Josselin est cité dans les actes épiscopaux en qualité d'archidiacre de l'église de Paris, de 1067 (Guérard, Cartulaire de N-D. de Paris, IV, 110) à 1096 (Arch. de S.-et-O. Prieuré de Conflans). Il fut remplacé dès 1097 (Guérard, I, 306).

Son obit est mentionné au 3 novembre au nécrologe de St-Martin-des-Champs en ces termes : « Obiit Joscelinus archidiaconus. Officium fiat, cappa, in choro. Refectionem debet camerarius de terra Pentini, quam ipse emit ». Il mourut donc le 3 novembre 1096. (Molinier, Obit. de la province de Sens, t. I, p. 467).

25 La paroisse de Champigny-sur-Marne (ca. Nogent-sur-Marne, ar. Sceaux) était du diocèse de Sens, archidiaconé de Gâtinais. Josselin se ravisa et donna plus tard l'autel de Champigny à St-Martin. L'évêque Geofroi de Boulogne qui inspira cet arrangement, l'approuva en 1089.
26 Pantin, ar. St-Denis (Seine).

Philippe Ier, à la prière de sa mère Anne, accorde à l'église Saint-Vincent de Senlis, restaurée par elle, là même liberté qu'aux églises appartenant à la Couronne, Saint-Frambourg de Senlis, Saint-Martin de Paris et Sainte-Geneviève.

  • A Original perdu
  • a Maurice Prou, Actes de Philippe Ier, nº XLIII, pp. 120-123 ; (nous n'en publions qu'un extrait).
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

In nomine sanctæ et individuæ Trinitatis. Ego Philippus Francorum rex — — — notum fieri volo universis — — — fidelibus quod mater mea, nomine Anna, divina inspirante clementia compuncta, mei præsentiam supplici devotione adiit, materno affectu obnixe deprecans et postulans quatinus ecclesiam quamdam in suburbio Silvanectensi, in vico qui dicitur Victellus27, in honore Sancti Vincentii, diutius antea desolatam, sed ab ea pie et benigne pro anima patris mei, suique, de propriis sumptibus restauratam, ex consuetudine et more aliarum ecclesiarum ad reges pertinentium, scilicet Sancti Frambaldi, Sanctique Martini Parisiensis et Sanctæ Genovefæ virginis liberam facerem. Cujus humilitati condescendans, libentissime precibus illius, pro anima patris mei parentumque meorum, adquievi — — Actum Silvanectis .


27 Vittel, faubourg de Senlis.

Philippe Ier, qui sur les instances du feu frère Jehan, reclus de Saint-Martin, homme de bonne mémoire et très soucieux des pauvres, avait donné à l'hôpital des pèlerins et des miséreux, indépendant du monastère de Saint-Martin des Champs, un moulin royal au Grand-Pont de la cité, leur confirme la jouissance d'un four que l'abbé et le chapitre leur ont aumôné, avec défense d'en élever un autre dans l'enceinte du bourg fortifié de Saint-Martin ; il leur concède encore, pour la culture, un chemin passant au-dessous de l'abbaye, qui demeurera supprimé.

  • A Original perdu.
  • B Copie du xiie s., Liber Testamentorum, fol. 47, nº 104, incomplète des notes chronologiques.
  • C Copie de 1129, ibid., fol. 79, cap. 113.
  • D Copie du xiiie s., Arch. nat., LL 1351, fol. 18 vº.
  • E Copie du xviie s., par A.. Duchesne, coll. Baluze, vol. 55, fol. 205, d'après C.
  • F Copie du xve s., Arch. nat., LL 1353, fol. 17, d'après D.
  • G Copie du xviie s., Arch. nat., LL 1354, fol. 120.
  • H Copie du xviie s., B. N. coll. Decamps, vol. 9, fol. 73, d'après B.
  • I Copie du xviie s., Bib. de Senlis, coll. Afforty, vol. 13, p. 379, d'après B.
  • a Marrier, Martiniana, fol. 17, d'après C.
  • b Marrier, Monasterii regalis Sti Martini de Campis... historia, p. 17, d'après C.
  • c Félibien, Hist. de Paris, t. III, p. 50.
  • d R. de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, p. 127, nº 99, d'après B C D H.
  • e Prou, Actes de Philippe Ier, nº liii, pp. 142-144, d'après toutes les sources. Nous avons suivi cette recension sauf la variante « veniente » et quelques nuances de ponctuation.
  • f Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après f.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Quoniam prevaricationis reatu primi parentis Ade, a sede beatitudinis eterne in hujus periculosum vite stadium corruimus, opere precium judicamus ut viam illuc revertendi, que est Karitas quam, Xristo duce, cognovimus, dum licet, arripere festinemus, quatinus ad gloriam quietis eterne quam amiseramus, cum fructu bonorum operum leti redeamus ; cujus beatitudinis via nobis in promptu aperitur, si preceptum dominicum cordis palato custoditur, de qua ipse Dominus dicit : « Date elemosinam, et omnia munda sunt vobis. »

Quapropter ego Philippus, gratia Dei Francorum rex, notum fieri volo sancte matris Ecclesie fidelibus, tam presentibus quam et futuris, quod frater Johannes inclusus Sancti Martini, vir bone memorie et de sustentatione pauperum sollicitus, mei presentiam obnixe deprecatus est ut pauperibus et peregrinantibus Sancti Martini, segregatim ab aliis fratribus in ecclesia psallentibus, elemosinam facerem ; et, in victum eorum ad hospitalem locum, molendinum unum qui in dominio meo erat in Magno Ponte donarem ; et ne furnum quem abbas Engelardus et ceteri fratres Sancti Martini, admonitione ipsius inclusi instinctuque fraterne caritatis, hospitali concesserunt, aliquis destruere presumat, vel in alios usus retorquere audeat, vel alterum preter eum in toto procinctu munitionis Sancti Martini, construat ; quod, si forte fieret, crescente habitantium multitudine, ad hospitale pertineret. Preterea deprecatus est ut via, que est ante monasterium Sancti Martini, pro honore ejusdem ecclesie, publice teneatur, et illa altera, que sub monasterio est, ad usum pauperum in agriculturam immutetur ; que via ab eo loco se dividit a via que ducit ad Sanctum Martinum, ab urbe Parisio veniente, usque ad eum locum in quo convenientes se uniunt, extenditur, Cujus votis et benivolentie condescendens, pro salute mea et antecessorum meorum animarum remedio, molendinum pauperibus supradictis et hospitalitati eorum contuli, furnum illis solum esse, nec preter eum alterum construi nisi ante monasterium Sancti Martini teneatur, precepi. Et ut hoc inviolabiliter permaneat, signum caracteris mei impressi et sigillo meo corroboravi.

S. Philippi regis. S. Hugonis de Pusiaco. S. Willelmi de Tornabu. S. Otranni de Drocas. S. Lisierni Caboti, S. Herii coci. S. Radulfi de Stampis. S. Arnulfi cubicularii. S. Hergoti. S. Willelmi de Monsteriolo. S. Hugonis de Sordavalle. S. Chadios. S. Roberti de Castello. S. Hulberti, archidiaconi Silvanectis. S. Eustachii, capellani regis. S. Rollandi, de domo Sancti Martini. S. Gisleberti.

Hec carta firmata est in pago Silvanectensi, apud Oriacum .

Hugues de Palaiseau et sa femme Théline, d'accord avec les fils de celle-ci, Payen et Geoffroi d'Orsay, donnent l'autel et l'aître de Clamart, des vignes à Arcueil et leur four de Vic-Juifs (Ville-Juif).

Notum fieri volumus Xristi fidelibus quod Hugo de Paleisol28 et uxor ejus Teilina29 dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis quicquid habebant in villa que vocatur Clamart30, videlicet altare et atrium, et quecunque altari vel atrio pertinebant ; et tres arpennos vinearum que continentur in pago Arcolei31 et furnum qui in Vico Judeorum32 continetur ; concedentibus filiis Teiline, Pagano videlicet et Gaufrido, existentibus testibus Walterio de Bainols33 et Arnaldo nepote ejus, Alberto de Paleisol34


28 Palaiseau, ar de Versailles, La seigneurie de Palaiseau est une de celles qui appartenaient aux Le Riche. Vers 1159, Achard, abbé de St-Victor, « concedit quicquid ecclesia sua habet in decima de Palesel domno Ferrico de Paris ; ejusdem castri domino « (Coll. Baluze, XLI, 105). C'est ce Ferri, conseiller de Louis VII, que ce prince appelle en 1151 « miles noster » (Luchaire, Actes de Louis VII, nº 264). On a de lui une charte solennelle, où il s'intitule « ego Fredericus miles Parisiensis « ; le sceau représente un chevalier armé (Orig. A. N. K 25, nº 48).
29 Théline était veuve de Gui d'Orsay dont elle eut deux fils : Galeran, dit Payen-Châtel, et Geofroi. En 1084, Payen, fils de Gui, donnait à Marmoutier les sépultures des églises d'Issy et de Fontenay (Ms. 1. 12878, 303). Geofroi, d'abord clerc, se fit chevalier (Tardif, nº 320), se maria contre les canons de l'Église (Ms. 1. 5441 fol 487) et se fit enfin moine à Marmoutier.
30 Clamart, ca. Sceaux (Seine). La donation de l'aître et de l'autel a dû précéder celle du chapt de l'église, et l'abandon par Gui de Montlhéry de ce qu'il possédait. Cette donation de Gui étant souscrite par sa seconde femme, sans qu'il soit question d'enfants, doit être des débuts de son mariage avec Elisabeth veuve de Bouchard II de Corbeil, et mère d'Eudes de Corbeil, bienfaiteur de Saint-Martin-des-Champs.
31 En marge : Arcueil, ca. Villejuif
32 Villejuif, ar. Sceaux (Seine).
33 Bagneux, ca. Sceaux. — Arnaud était moine de St-Martin et devint prieur de Janville.
34 Aubert était l'oncle de Gui, seigneur de Palaiseau, et tous deux figurent dans un acte de Montlhéry pour Bourgueil, qui fut confirmé en 1073 (Ms. 1. 17127, fol. 94). Cette date nous a servi de synchronisme. De Gui descendait Ferri de Paris, dont parle la note 28 ci-dessus.

Cession par Henri Roussel, sa femme Thierrée, leur fille Aubour et leur gendre Ferri de Saint-Marceau, d'un cens à Vitry-sur-Seine ; Anseau, Ferri et Foulques, fils d'Henri, y donnent leur agrément.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 44', nº 99.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
D'après a.

Notum sit omnibus Xristi fidelibus f. et p. quod Heinricus qui cognominatus est Rusellus dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis cesum xv denariorum apud villam que Vitriacus35 dicitur, concedente uxore sua Teodora et Frederico de Sancto Marcello genero suo, et Alburge uxore ejusdem Frederici, et omnibus qui calumniam inferre potuerunt.

Concesserunt etiam hoc tres filii supradicti Henrici, Anselmus, Fredericus et Fulco.

Hoc donum factum est in æcclesia Sti Martini, audientibus et videntibus his testibus : Walterio, Teudone, Archimbaudo majore36, Duranno, Bernardo de Aneto13, Herberto, Herleboldo, Herluino.


35 Vitry-sur-Seine, ca. Ivry-sur-Seine, ar. Sceaux.
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).

Philippe Iertransfère à l'abbaye de Cluny, dirigée par saint Hugues, la propriété du monastère de Saint-Martin-des-Champs, fondé par son père le roi Henri Ier, et de ses dépendances, telles que l'abbé Engelard en a joui viagèrement sous le règne précédent et le règne actuel, réserve faite des droits de juridiction appartenant à l'évêque de Paris.

  • A Original perdu.
  • B Copie contemporaine de l'original. B. N. Coll. de Bourgogne, vol. 78 : Cluny, pièce nº 139.
  • C Copie du xiie s., dans le Liber Testamentorum, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, fol. 1.
  • D Copie du xiie s., dans le Cartulaire B de Cluny, chap. Hugo, nº 71, B. N. Nouv. acq. lat., fol. 155'
  • E Copie du milieu du xiiie s., dans le Livre des privilèges, nouv. acq. lat. 1359, fol. 5'.
  • F Copie de la fin du xiie s., dans le Cartulaire E de Cluny, B. N. ms. 1. 5458, fol. 136'
  • G1 Copie du xiiie s., insérée dans une lettre d'Alexandre IV (1256), orig. B. N. ms. 1. 17088, nº 1 ; cf. ms. 1. 5458, fol. 137.
  • G2 Copie du xiiie s., dans une autre lettre du même pape, A. N. L 250, nº 60.
  • H Copie du xviii s., coll., A. N. K 188, nº 12, censée d'après A (scellé).
  • a (Voir dans M. Prou, Recueil des actes de Philippe Ier, nº XCV, pp. 245 et s., l'énonciation des nombreuses copies et impressions de ce diplôme d'après des textes de seconde main.)
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

† In nomme sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti. Noverint cuncti fideles sanctæ Dei æcclesiæ quod ego gratia Dei rex Francorum, Phylippus nomine dono et concedo Domino Deo et Sanctis apostolis ejus Petro et Paulo, ad locum Claniacum, in manu domni Hugonis abbatis et omnium abbatum qui in eodem loco futuri sunt post eum in æternum, locum qui dicitur Sancti Martini ad Campos, quem pater meus Hainricus fundavit, ut habeant et possideant in perpetuum, cum omnibus appendiciis ad eundem locum pertinentibus, id est terris, vineis, sicut Engelardus abbas possedit in vita patris mei et in tempore meo ; salva subjectione debita sanctæ matri æcclesiæ Parisiacensi.

Facio autem hanç donationem pro remissione peccatorum meorum et genitoris genitricisque meæ et omnium regum Francorum antecessorum meorum : ut cum omni libertate et quiete, absque ulla calumpnia alicujus viventis persone vel potestate, prefatus locus Cluniacus possideat ; ut Deus omnipotens, intervenientibus beatis apostolis suis Petro et Paulo, regnum et vitam nostram cum pace et tranquillitate disponat in presenti seculo, et in futuro seculo sempiterna gaudia concedat.

Ut autem hæc donatio firma et stabilis atque inconvulsa permaneat, hoc preceptum manu propria firmo et corroboro, ac sigillo proprio sigillari precipio, testibusque firmandum trado.

Signum Phylippi regis Francorum.

Si quis autem hoc donum vel preceptum calumpniare temptaverit, iram omnipotentis Dei et omnium Sanctorum ejus incurrat ; et insuper regia potestate constrictus, vendicare nequeat quod repetit usque dum a calumpnia recedat.

Signum Aganonis, Heduensis episcopi.

Signum comitis Rainaldi de Nivernis.

Signum Rotberti de Alliaco81.

Signum Walterii de Clamiciaco.

Signum Ebonis de Montecelso.

Hujus rei testes sunt et confirmatores canonici ipsius loci :

Goifredusprior. Eustachius. Gislebertus. Daimbertus. Gauterius IIº. Mainardus. Goisbertus. Malfredus. Bernardus. Hugo, Rotbertus. Arraldus.

Ego Gillebertus ad vicem Rogerii cancellarii relegendo subscrispi.

Actum publice apud Sanctum Benedictum de Floriaco .


81 Robert d'Ailly-le Haut-Clocher (ar. Abbeville) souscrivit en 1079 le diplôme de Philippe Ier unissant à Cluny Saint-Martin-des-Champs. — Rorgon était châtelain d'Abbeville (Coll. Duchesne, XLIX, 127).

V. — Actes concernant Saint-Martin-des-Champs prieuré de Cluny, sous le règne de Philippe Ier

Hec sunt debita subjectionis que debet ecclesia Sancti Martini de Campis matri ecclesiae Beate Marie Parisiensi. Sacerdos qui parrochie preerit curam animarum ab episcopo et archidiacono suscipiet, et quocienscumque diebus festis episcopus missam cantaverit, ipse duodecimus cardinalis ministerio assistet. Monachi vero Domino inibi servientes, ab eodem episcopo ordinabuntur. Quod si aliquociens episcopus impeditus fuerit, et ipsi alias voluerint ordinari, pro ordinacione eorum, ad quem elegerint episcopi vel archidiaconi epistola dirigetur. Si mater ecclesia cessaverit, cessabit et ipsa. In , ibunt canonici Beate Marie ad Sanctum Martinum, missam cum monachis celebraturi ; qui dextrum chorum tenentes, missam primi incipient, et gradale decantabunt. Expleta missa, redibunt ad domos suos cum pace.

Gauslin III de Lèves, fils de Gauslin II Le Riche, sa femme Eudeline, Ade, veuve du vidame Hugues I, et son fils Aubert, du consentement du clerc Hugues, son autre fils, donnent à Saint-Martin la moitié de l'église Saint-Georges de Roinville. Geofroi I, évêque de Chartres, et le grand archidiacre Heugier, approuvent ce don.

L'autre moitié de l'église est donnée par Gautier, fils de Flahaut, vassal de Thion Chef-de-Fer.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 18, nº 39.
  • a Marrier, Mon. S. Martini historia, p. 366.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Gauslinus filius G. Divitis37 et uxor ejus Odelina, Albertus filius H. vicedomini38, Ada mater ejus, annuente Hugone clerico, Deo Stoque Petro Cluniacensis ecclesie ad obedientiam Sti Martini de Campis, pro redemptione animarum suarum, dederunt apud Rodanivillam39 medietatem æcclesiæ Sti Georgii martiris, altare scilicet, annuente Gaufrido Carnotensi episcopo, et Hildegario archidiacono, et terram unius carruce, et agripennum terre ad vineam faciendam et ad hortum ac viretum sufficientem, et omnia hospicia ejusdem ville, cum curiis et ortis, et medietatem pratorum ac molendinorum, et furnos, et omnem justiciam ejusdem ville.

Et hoc donum testantur Ingelrannus decanus, Johannes decanusParisiensis, Adelardus subdecanus40, Hilduinus cantor, Hilgotus, Ilbertus, Willelmus archidiaconus, Ebrardus capicerius, Giraldus presbiter, Raimbaldus c[anonicus], Werricus vicedominus38, Ebrardus de Lavesvilla41, Willelmus prepositus, Rotbertus Aculeus42, Radulfus Lacunella, Germundus filius Avesgoti43, Ebrardus Helmonis filius, Walterius filius Fledaldi.

Qui etiam Walterius alteram partem ejusdem æcclesiæ supradicta ratione, Sto Petro et fratribus Sti Martini dedit, annuente uxore sua et filiis, testantibus istis supradictis. Et hoc donum concessit Teudo Caput Ferri44 et uxor ejus Hersendis, et Harduinus filius ejus, quia Walterius illud tenebat ab illis.

Hic quoque Teudo idem beneficium a Werrico filio Engelranni de Noci45, Ste Marie canonico, possidebat, qui et ipse G. a cum sua matre Ermentrude, pro anima patris sui prefati E. atque omnium amicorum suorum concessit, positus in æcclesia supradicta. Testes sunt : Walterius, Rainaldus filius ejus ; Hugo filius Gauslini ; Warinus filius Gaufredi ; Rainaldus parogus Sti Leodegarii46, Johannes et Walterius sacerdotes ; Herveus, Warinus filius Willelmi ; Warinus de Domna Maria47 ; Warinus de Rodanivilla39 ; Fulco filius Walterii Albi ; Haimericus, Ernaldus, Ernulfus de Rovroit48, Roubertus Costart, Ernaldus.

Et isti sunt testes illius doni : Baldricus, Gaufridus, Girbertus, canonici Sti Nicholai Curvavillensis48 ; Gunterus presbiter Sti Germani ; Warinus Cotella48 ; Hilduinus miles ; Werricus filius Herberti filii Girberti ; Constancius arbalistarius, Rainaldus nepos Balduini, canonici Sti Nicolai48.


37 Gauslin Ier Le Riche, mari d'Humberge, souscrit, en 1048, un diplôme de Henri Ier sous cette forme : « Signum Gauslini casati Carnotensis ». (Lucien Merlet, Cartulaire de N.-D. de Chartres, I, 90), Gauslin II épousa Ade qui en 1045 était encore unie à son premier mari, le vidame de Chartres Hugues Ier, Gauslin III mari d'Eudeline, et Aubert II fils du vidame Hugues, étaient donc frères utérins.
38 Renaud, vidame de Chartres, eut trois fils de sa femme Ode : Aubert, mort le 10 juillet 1032, Hugues I, qui le remplacèrent successivement, et Haudoin, chanoine de Chartres. Hugues était marié dès 1045 à Ade ou Adèle, dont il eut trois fils : Guerri, Hugues, Aubert II (Cart, de Marmoutier pour le Dunois, p. 33). Il prit part au siège de Thimert en 1059. Guerri succéda directement à son père (Guérard, Cart. de St-Père de Chartres, p. 212); il était en charge en 1063. Hugues fut clerc. Aubert II suivit en Angleterre, en 1066, Guillaume le Conquérant (Merlet et de Clerval, Un manuscrit chartrain du XIe siècle, p. 117).
39 Roinville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
40 Les mentions relatives au clergé chartrain permettent d'affecter une date presque sûre à cette notice. L'archidiacre Guillaume et le préchantre Haudoin étaient encore en fonctions en 1100 (Luchaire, Annales de la vie de Louis VI, nº 330). Cependant le doyen Enguerran dont il est ici question, n'est point le second de ce nom, confondu avec son homonyme cité de 1060 à 1076. La Gallia christiana n'a su les distinguer, ayant ignoré le décanat d'Aimar en 1080 (Coll. Baluze, t. 32, p. 125). Alard qui est ici sous-doyen, est qualifié archidiacre sous Aimar (ibid). Nous le reverrons peu après doyen, en 1081 ou 1082. Il mourut le 8 septembre, en 1082 sans doute, car en 1083 la Gallia note comme exerçant le décanat Enguerran. C'est Enguerran II, que nous verrons déjà archidiacre sous le doyen Alard. Puisque la charte que nous annotons montre Alard encore au milieu de l'échelle, il faut que le doyen soit Enguerran Ier, et la notice, qui fait état de l'arrivée des moines clunisiens, concerne un fait de 1079, de très peu postérieur à l'appel qui leur fut fait. — Le décanat de Jehan du Grand-Pont, au chapitre de Paris, remonte bien plus haut que la date de 1083 donnée par la Gallia (VII, 37). Il a vraisemblement pris la place du B. Milon quand celui-ci fut désigné pour l'évéché de Bénévent qu'il occupa deux ans (1074-23 février 1076).
41 Levesville-la-Chenard, ca. Janville, ar. Chartres. Cette paroisse a pris son nom des Chenard (Chanardus, Canardus), que nous rencontrons plus d'une fois dans le Liber Testamentorum : Aimeri fils de Renaud etc.
42 Sur les « Aiguillon » du pays chartrain, cf. Depoin, Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 351.
43 Germond, fils d'Avesgaud, seigneur de Mainteon (a. Chartres), probablement gendre de Mainier d'Epernon, témoin en 1067 (nº12 supra). Son fils Mainier, cité dans la notice 27, donna à Marmoutier, vers 1105, l'église Notre-Dame élevée dans l'enceinte de son château (Arch. d'Eure-et-Loir, H. 2340).
44 Etienne Chef-de-fer est nommé avec ses fils Thion et Aimon dans une charte d'Agbert (Agobardus), évoque de Chartres, entre 1049 et 1060 (Coll. Moreau, t. 24, p. 192).
45 Nocé, ar. Mortagne (Orne). Cf. Métais, Cart. de St-Denis de Nogent, nº LIX. (a) Compl. « Guerricus. » Le nom de Guerri appartient à la famille des vidames de Chartres. C'est par Ermentrude, sa mère, que ce chanoine de N.-D. de Chartres, originaire du Perche, se trouvait propriétaire à Roinville.
a Compl. « Guerricus. » Le nom de Guerri appartient à la famille des vidames de Chartres. C'est par Ermentrude, sa mère, que ce chanoine de N.-D. de Chartres, originaire du Perche, se trouvait propriétaire à Roinville.
46 Saint-Léger-des Aubées, ca. Auneau, ar. Chartres. B porte rorogus.
47 Dammarie, ca. Chartres. — Rouvray. éc. Illiers, ar. Chartres.
48 La collégiale de St-Nicolas de Courville, ar. Chartres. Le surnom de Cotelle a été porté par un des Ives seigneurs de Courville.
48 La collégiale de St-Nicolas de Courville, ar. Chartres. Le surnom de Cotelle a été porté par un des Ives seigneurs de Courville.
48 La collégiale de St-Nicolas de Courville, ar. Chartres. Le surnom de Cotelle a été porté par un des Ives seigneurs de Courville.

En présence d'Etienne, comte de Chartres, d'Enguerran, grand archidiacre et de son frère Etienne, vicomte de Meaux, Gauslin III le Riche, sire de Lèves, donne la terre de Roinville aux moines de Saint-Martin.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 5, nº 6.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Noticie fidelium tam presentium quam futurorum commendare prospeximus oportunum, qualiter vel a quibus personis tota terra Roenville39) et servi devenerunt in dominationem Sancti Martini et monachorum ejus. Goislenus de Leugis49, vir bone intentionis et uxor ejus nomine Odelina, materque ejus Ada37 et filius ejus Hugo, concesserunt eadem Sancto Martino. Unde fuerunt testes : Stephanus comes50 ; Ingelramnus archidiaconus51, fraterque ejus Stephanus vicecomes52 ; Adelardus decanus51 ; Goislenus subdecanus51 ; Werricus canonicus ; Morinus, Durannus, Mainardus canonici ; Willelmus prepositus ; Wido prepositus ; Teobaldus frater Willelmi, Galerandus ; Willelmus filius Ascelini ; Paganus, Salomon, Niellusb, Ansoldus ; Stephanus filius Rogerii ; Gaufridus de Sancto Petro, Radulfus cocus.


39 Roinville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
49 Lèves, ca. et ar. de Chartres. La comparaison de cet acte avec le précédent montre que la puissante famille de Lèves fut une branche de celle des Le Riche.
37 Gauslin Ier Le Riche, mari d'Humberge, souscrit, en 1048, un diplôme de Henri Ier sous cette forme : « Signum Gauslini casati Carnotensis ». (Lucien Merlet, Cartulaire de N.-D. de Chartres, I, 90), Gauslin II épousa Ade qui en 1045 était encore unie à son premier mari, le vidame de Chartres Hugues Ier, Gauslin III mari d'Eudeline, et Aubert II fils du vidame Hugues, étaient donc frères utérins.
50 Étienne, fils de Thibaud III de Champagne et de sa seconde femme Gonnerée ou Gonneur, fut investi des comtés de Chartres et Meaux par avance d'hoirie, bien avant la mort de son père qui survint le 29 septembre 1089 (Aug. Longnon, Obituaires de la province de Sens, t. II, préface, p. x).
51 Alard était devenu doyen après Aimar (1080) et l'archidiacre Enguerran l'ayant remplacé dès 1083, il faut placer cette charte en 1081-1082. Gauslin, qui est ici sous-doyen, est qualifié préchantre en 1095 (Merlet, Cartul. de N.-D. de Chartres). Les auteurs de la Gallia ayant supposé qu'un même doyen du nom d'Enguerran siégea de 1060 à 1087, ont arbitrairement placé le décanat d'Alard vers 1090.
52 Étienne était vicomte de Meaux en 1100 (Merlet, ibid., I, 106).
b B Viellus.

Geofroi I, évêque de Chartres, concède à Ourson, prieur de St-Martin-des-Champs, l'autel de Roinville, du consentement de Guillaume, archidiacre de Droiesin.

Ego Gaufridus Carnotensis æcclesiæ presul licet indignus53, certum esse volo cunctis æcclesiæ nostræ fidelibus tam futuris quam presentibus, quod domnus Ursio prior Sancti Martini Parisiensis, de Campis quod dicitur, presentiam meam accessit, humiliter postulans ut altare de Rodainvilla39Beato Petro Cluniacensi, pro amore ipsius, liberuma et absolutum absque omni vicariorum substitucione vel redemptione perpetualiter habendum concederemus.

Cujus ergo postulationem impetratione dignam existimans, quod petebat ad votum animi ipsius, consensu et assensu Willelmi archidiaconi40 et tocius capituli nostri ei concessi : hoc tamen inde retinens, ut æcclesiæ de Rodainvilla omnimodam subjectionem æcclesiæ nostræ exhibeat, videlicet sinodum et circadam mihi et successoribus meis, unoquoque anno, competentibus terminis, solvat ; et presbiter qui ibi fuerit mihi et archidiacono et archipresbitero, sicut alii presbiteri, subjectus existat.

S. Gaufridi episcopi53. S. Hilduini precentoris. S. Adelardi decani51. S. Goislini subdecani. S. Willelmi archidiaconi. S. Frodonis succentoris. S. Goislini cancellarii, S. Fulconis archidiaconi54. S. Widonis abbatis Sancti Johannis55. S. Morini presbiteri. S. Ernaldi prepositi56. S. Gaufredi presbiteri. S. Warini Robin. S. Oddonis Canis. S. Raginbaldi de Calnis57. S. Gaulini de Leugis49. S. Drogonis monachi, S. Guinemari de Castronovo. S. Landrici monachi. S. Warini. S. Rambuti rotularii. S. Lanberti presbiteri. S. Milonis. S. Johannis. S. Bernadi. S. Hugonis filii Frederici. S. Adelemi de Anet53. S. Galcherii.


53 Geofroi I, évêque de Chartres, élu le 30 juillet 1077, déposé en 1089, fut remplacé par le célèbre Ives de Chartres (Gallia, VIII, 1126).
39 Roinville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
a B leberum.
40 Les mentions relatives au clergé chartrain permettent d'affecter une date presque sûre à cette notice. L'archidiacre Guillaume et le préchantre Haudoin étaient encore en fonctions en 1100 (Luchaire, Annales de la vie de Louis VI, nº 330). Cependant le doyen Enguerran dont il est ici question, n'est point le second de ce nom, confondu avec son homonyme cité de 1060 à 1076. La Gallia christiana n'a su les distinguer, ayant ignoré le décanat d'Aimar en 1080 (Coll. Baluze, t. 32, p. 125). Alard qui est ici sous-doyen, est qualifié archidiacre sous Aimar (ibid). Nous le reverrons peu après doyen, en 1081 ou 1082. Il mourut le 8 septembre, en 1082 sans doute, car en 1083 la Gallia note comme exerçant le décanat Enguerran. C'est Enguerran II, que nous verrons déjà archidiacre sous le doyen Alard. Puisque la charte que nous annotons montre Alard encore au milieu de l'échelle, il faut que le doyen soit Enguerran Ier, et la notice, qui fait état de l'arrivée des moines clunisiens, concerne un fait de 1079, de très peu postérieur à l'appel qui leur fut fait. — Le décanat de Jehan du Grand-Pont, au chapitre de Paris, remonte bien plus haut que la date de 1083 donnée par la Gallia (VII, 37). Il a vraisemblement pris la place du B. Milon quand celui-ci fut désigné pour l'évéché de Bénévent qu'il occupa deux ans (1074-23 février 1076).
51 Alard était devenu doyen après Aimar (1080) et l'archidiacre Enguerran l'ayant remplacé dès 1083, il faut placer cette charte en 1081-1082. Gauslin, qui est ici sous-doyen, est qualifié préchantre en 1095 (Merlet, Cartul. de N.-D. de Chartres). Les auteurs de la Gallia ayant supposé qu'un même doyen du nom d'Enguerran siégea de 1060 à 1087, ont arbitrairement placé le décanat d'Alard vers 1090.
54 Foulques était encore archidiacre le 16 août 1100 (Luchaire, 1. c.).
55 Gui, abbé de Saint-Jean-en-Vallée, n'est pas cité par la Gallia qui indique pour premier abbé Aubert fils de Roscelin (vicomte d'Étampes) en 1099 (VIII, 1310).
56 Ernaud devint doyen sous Ives de Chartres. Il occupait cette charge le 16 août 1100 (Luchaire, Louis VI, 330). Les auteurs de la Gallia citent des mentions le concernant de 1092 à 1129 (VIII, 1199).
57 Chaunay, éc. Fontenay-sur-Eure, ca. Chartres.
49 Lèves, ca. et ar. de Chartres. La comparaison de cet acte avec le précédent montre que la puissante famille de Lèves fut une branche de celle des Le Riche.
53 Geofroi I, évêque de Chartres, élu le 30 juillet 1077, déposé en 1089, fut remplacé par le célèbre Ives de Chartres (Gallia, VIII, 1126).

Harduinus Capud Ferri58 et Hugo filius ejus condonaverunt monachis Sti Martini de Campis hoc quod calumpniabant in Roenvilla, in presentia Ursi prioris ejusdem monasterii ; et inde habuit ve solidos de caritate, et filius ejus caligas et sotulares. Et hujus concessionis sunt testes : Teobaldus filius Teoli, Aimericus Canardus, Jolduinus filius Raibaldi, Gaufridus major de Meronvilla59, Warnerius75 filius Guarnarib, Ivo filius Herberti, Paganus frater ejus ; Frodo Cocceto filius ; Mazolinus pedaccerus Sti Albini60 ; Milo filius Simonis de Malorepastu61, Salomon filius Hugonis de Gorsosalz62 ; Arduinus filius Mazolini de Fontane63, Stephanus de Corsosalz64 ; Teodon, Warinus Jonas, Engelbertus, servientes Sti Martini ; Frodo pellætarius, Goiszelmus pelletarius.


a Nous rattachons cette pièce aux précédentes dont nous la croyons voisine. On ne peut lui fixer une date par les synchronismes. Elle est antérieure en tous cas à la mort du prieur Ourson (1er octobre 1105).
58 Hardoin Chef-de-fer était fils de Thion et d'Hersende, nommés dans la charte 20. Il était seigneur de Denonville (ca. Auneau, ar. Chartres) et maria sa sœur Mélisende à leur voisin Gautier II d'Aunay-sous-Anneau à qui elle porta la terre de Vierville (Arch. de l'Eure, H 2254).
59 Mérouville, ca. Janville, ar. Chartres.
75 Henri Loherenc ou Lorrain fut reconnu gentilhomme (ingenuus) par un jugement de la cour royale. Conseiller de Louis VI, il en reçut, en 1112, les terres d'Aubervilliers, Triel, Mons, Villeneuve, Ablon, la maîtrise des criées du vin à Paris, et d'autres privilèges (R. de Lasteyrie, Cartul gén. de Paris, t. I, p. 151 ; Luchaire, Annales de la vie de Louis VI, nº 136). — En 1117 Louis VI rappelle, au sujet de la chapelle St-Georges de Champeaux, dépendant de St-Magloire, que « Henricus Lotharingus, fidelis noster, predicte capelle reparator et, quibuscumque modis valet, benignus auxiliator, ad capsam in qua corpus B. Maglorii requiescit superargentendam (que propter matris ecclesie necessitatem ex omnium assensu fratrum, fuit disparata et detecta), xii marchas argenti, et ad usus fratrum 1 torcular apud Karronam (Charonne) villam et quicquid habebat in vadimonium super 11 thuribula argentea et calicem argenteum ejusdem ecclesie dédit. « (Ms. I. 5413, fol. 7).
b B Guarnaci.
60 Mazolin, gardien du péage établi à St-Aubin-des-Bois, ar. Chartres.
61 Maurepas, ca. Chevreuse, ar. Rambouillet. Milon I, fils de Simon I de Maurepas, est la tige de cette famille, qui se rattache sans doute à la maison de Chevreuse.
62 Courserault, ca. Nocé, ar. Mortagne (Orne). Métais, Cartulaire de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, nº 59.
63 Fontaine-Bouillant, éc. Champhol, ca. Chartres.
64 Cette notice serait particulièrement intéressante à dater, en raison de la quantité de témoins de marque qui s'y trouvent associés. Un terminus ad quem indiscutable est fourni par la mort de Josselin (3 novembre 1096), l'archidiacre de Josas qui fut un bienfaiteur insigne du prieuré (cf. nº13 suprà, note 24). C'est aussi en 1096-97 que le chanoine-chancelier Vougrin devint archidiacre de Parisis au lieu et place de Dreux Ier de Mello. Toutefois il faut remarquer que le chanoine Sévin (le Sevinus Postellus qui figure en 1076 au nombre des testes clerici ex parte Sancte Marie, c'est-à-dire des clercs de Notre-Dame (cf. Guérard, Cartulaire de N-D. de Paris, I, 280) n'apparaît dans aucune énumération des membres du chapitre à partir de 1087. Mais la mention d'Hervé de Montmorency permet de reculer encore cette date. En effet, son fils et successeur Bouchard IV eut avec le comte de Beaumont son beau-frère, Mathieu Ier, une guerre au cours de laquelle fut détruite l'église castrale de Conflans-Ste-Honorine, et cette église, rebâtie après la cessation des hostilités, fut dédiée le 21 juin 1086. (Cf. notre étude sur les comtes de Beaumont-sur-Oise et le prieuré de Conflans dans le Bulletin de la Commission des Antiquités et Arts de Seine-et-Oise, 1911). Hervé était encore vivant et avait conservé la terre de Marly où il fit élever en 1087, l'église de St-Vigor (Ad. Maquet, Les Seigneurs de Marly, p. 48). Hervé avait cédé Montmorency à son fils aîné, postérieurement au 25 mai 1081, date où il agit comme tuteur de Guillaume II de Gometz (Bibl. de l'Ecole des Chartes, 4e série, t. III, p. 357). 1081 est l'année où un autre témoin de la notice, Hugues comte de Dammartin, fonda le prieuré de St-Leu d'Esserent. (Chan. E. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, p. 1-4). D'autre part, Hervé d'abord seigneur de Marly ne prit le nom de Montmorency qu'après avoir hérité de Thibaud, son frère, postérieurement au 2 novembre 1071 (Prou, Actes de Philippe Ier, pp. 7 à 160 pour Thibaud ; pp. 94, 159, 308 pour Hervé). La distinction de leurs titres est sensible dans les souscriptions au diplôme de Philippe Ier en 1067 (nº12).

Foulques d'Annet lègue à Saint-Martin le fief qu'il tenait de cette église, en présence d'Hervé de Montmorency, de ses chevaliers, et du comte Hugues de Dammartin.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 27', nº 58.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volo omnibus Xristi fidelibus quod Fulco feodum quod dicebat se tenere de æclesia Sti Martini in villa que vocatur Anetum13, dédit post obitum suum eidem æcclesie in dominium, concedente filio suo, pro redemptione anime sue et uxoris suæ et parentum suorum. Hujus rei testes sunt : Herveus de Montemorentiaco64, Hugo comes de Domno Martino10 ; Theodericus filius Fulchardi, Hugo filius suus135, Ivo Rufus, Drogo filius Ivonis, Godefredus de Morenciaco monte65, Ivo, Landricus Petrus filius Alberici65 ; Ascelinus, Wido Columba ; Richardus Theutonicus, Rotbertus filius Geraldi, Roscelinus prepositus, Oddo filius Hugonis, Arraudus frater Landrici65 ; Roricus, Rotbertus Par-Medium, Walco, Hermerus Calvus ; Theotulfus, Wido, Rotbertus filius prefecti154, Richardus de Bulriaco66, Walterius Tirellus128, Walterius de Ponte Isare, Alulfus, Balduinus filius Ivonis67 ; Joscelinus archidiaconus24 ; Wulgrinus canonicus67, Seguinus canonicus, Roscelinus, Wasco de Torota, Paganus68 ; Walterius filius Martini, Petrus filius ejus143 ; Walcherus de Nuisiaco, Gundrannus, Ebrardus, Walterius major36 ; Hilgodus, Radulfus de Porta69, Teobaldus filius Corpus Sancti70.


13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
64 Cette notice serait paticulièrement intéressante à dater, en raison de la quantité de témoins de marque qui s'y trouvent associés. Un terminus ad quem indiscutable est fourni par la mort de Josselin (3 novembre 1096), l'archidiacre de Josas qui fut un bienfaiteur insigne du prieuré (cf. nº 13 suprà, note 24). C'est aussi en en 1096-97 que la chanoine chancelier Vougrin devint archidiacre de Parisis au lieu et place de Dreux Ier de Mello. Toutefois il faut remarquer que le chanoine Sévin (le Sevinus Postellus qui figure en 1076 au nombre des testes clerici ex parte Sancte Marie, c'est-à-dire des clercs de Notre-Dame (cf. Guérard, Cartulaire de N-D. de Paris, I, 280) n'apparaît dans aucune énumération des membres du chapitre à partir de 1087. Mais la mention d'Hervé de Montmorency permet de reculer encore cette date. En effet, son fils et successeur Bouchard IV eut avec le comte de Beaumont son beau-frère, Mathieu Ier, une guerre au cours de laquelle fut détruite l'église castrale de Conflans-Ste-Honorine, et cette église, rebâtie après la cessation des hostilités, fut dédiée le 21 juin 1086. (Cf. notre étude sur les comtes de Beaumont-sur-Oise et le prieuré de Conflans dans le Bulletin de la Commission des Antiquités et Arts de Seine-et-Oise, 1911). Hervé était encore vivant et avait conservé la terre de Marly où il fit élever en 1087, l'église de St-Vigor (Ad. Maquet, Les Seigneurs de Marly, p. 48). Hervé avait cédé Montmorency à son fils aîné, postérieurement au 25 mai 1081, date où il agit comme tuteur de Guillaume II de Gometz (Bibl. de l'Ecole des Chartes, 4e série, t. III, p. 357). 1081 est l'année où un autre témoin de la notice, Hugues comte de Dammartin, fonda le prieuré de St-Leu d'Esserent. (Chan. E. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, p. 1-4). D'autre part, Hervé d'abord seigneur de Marly ne prit le nom de Montmorency qu'après avoir hérité de Thibaud, son frère, postérieurement au 2 novembre 1071 (Prou, Actes de Philippe Ier, pp. 7 à 160 pour Thibaud ; pp. 94, 159, 308 pour Hervé). La distinction de leurs titres est sensible dans les souscriptions au diplômes de Philippe Ier en 1067 (nº12).

10 Hugues, comte de Dammartin, que nous rencontrerons plusieurs fois comme témoin de chartes postérieures, avait pour père Manassé, comte de Dammartin, frère de Haudouin III, comte de Ramerupt. Conseiller intime et probablement chambrier (noster a secretis) du roi Robert en 1031 (Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 626), Manassé périt auprès de Bar-le-Duc, dans la même journée où fut tué Eudes II, comte de Chartres (Hugues de Flavigny, Chron., ap. Mon. Germ. hist., Scriptores, VIII, 401 c'est-à-dire le 15 novembre 1037 (Aug. Longnon, Obituaires de la province de Sens, t. II, préface, p. viii). Sa veuve fit de grandes libéralités à St-Vanne de Verdun où les victimes du combat furent ensevelies (Vita S. Richardi abbatis Virdan., ap. M. G. h., Scriptores, XI, 288). Elle se nommait Constance ; c'était sûrement une fille de Robert le Pieux et de sa dernière femme ; filiation qui motive l'attribution des prénoms robertiens d'Eudes et de Hugues aux fils issus de son union avec Manassé (Guérard, Cartul. de St-Père de Chartres, p. 175). Eudes, omis par l'Art de vérifier les Dates, bien que cité avec son titre dans un diplôme de 1060, mourut peu après sans postérité mâle. Il laissa le comté de Dammartin à son frère cadet Hugues, précédemment établi à Bulles (Hugo Buglensis comes, titre que lui donne Ives de Chartres, éd. Bouquet, Rec. des Hist. de France, XV, 242), qui lui venait de sa femme Rohais. Au cours d'une grave maladie en 1075, il restitua à St-Lucien de Beauvais les églises de Bulles (Louvet, Hist. du Beauvoisis, I, 630-634) ; les chanoines qui les occupaient protestèrent devant le concile d'Issoudun en 1081 (Achery, Spicileg., III, 128). Revenu à la santé, Hugues partit en Terre-Sainte pour accomplir un vœu ; il y fut fait prisonnier, et sa rançon ayant été fournie par les Bénédictins du Bois-Saint-Michel, dépendant de Vezelay, il fonda à son retour le prieuré clunisien de St-Leu d'Esserent (Louvet, I, 645 ; cf. Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, X, 493) en 1081 (Chan. Eug. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, pp. 1-6) auquel l'abbé de Cluny réunit St-Michel dont les moines se transportèrent à St-Leu (p. 11).

Hugues avait causé des inquiétudes à Philippe Ier, qui fortifia Montmélian, aux frontières du Senlisois, pour se protéger contre ses atteintes (Rec. des Hist. de France, XI, 158, 410 ; XII, 135). Il finit ses jours sous la bure, à St-Leu d'Esserent (Müller, p. 17). Dès 1103, il était remplacé par Pierre, son fils (Cartulaire A de Montier-en-Der, coll. Baluze, XXXIX, fol. 239'). Celui-ci tomba malade à Rosnay en Champagne, d'où était originaire sa femme Eustachie (Müller, p. 16). Il y mourut un 13 septembre, en 1105 ou 1106 (Obit. de la prov. de Sens, I, 456) ; il fut inhumé à St-Leu d'Esserent où les moines qu'il avait appelés à ses derniers moments, ramenèrent son corps au prix de mille peines. Il y reposa près de son père et d'un frère aîné mort jeune (avant 1081). Il laissait d'Eustachie un fils qui lui succéda, certainement Hugues II qui dès lors exerçait les fonctions comtales. L'Art de vér. les Dates (II, 661) le fait à tort frère de Pierre. Les actes de Hugues Ier ne lui attribuent, sur la fin de sa vie, qu'un seul fils et trois filles ; Basle, Aélis, Eustachie (nom porté déjà par une tante, issue du comte Manassé, et dont une fille, Agnès, épousa Guillaume vicomte de Mantes). Mariée d'abord à Aubri Payen de Mello, Aélis se remaria à Lancelin II de Beauvais, qui après 1111, succéda à Hugues II. Lancelin eut d'elle quatre enfants, dont deux, Manassé et Rohais, relevèrent des prénoms de l'ascendance maternelle. Mais Dammartin passa à Aubri Ier, que par son prénom l'on peut croire issu de la première union d'Aélis ; Lancelin n'aurait été que son mainbour : on ne s'explique pas autrement, d'ailleurs, que la nombreuse postérité de ce sénéchal ait pu être exclue du comté dont il avait été titulaire.

135 Hugues et Richard, fils de Thierri et petit-fils de Fouchard I de Montmorency. Le second fut la tige des seigneurs de Banthelu (ca. Marines, ar. Pontoise).

65 Geofroi Le Riche (Dives) nommé dans le Cartulaire de St-Martin de Pontoise comme fondateur du prieuré de St-Prix-de-Tour (localité de la vallée de Montmorency où Raoul Deliés donna à St-Martin-des-Champs une terre (nº 86 et note 223 infrà). La donation qu'il fit de l'église de Tour à St-Martin-de-Pontoise fut confirmée par l'évêque de Paris, Geofroi : la charte épiscopale est à tort datée 1085 dans le Cartulaire (p. 14 nº xvi). Elle est voisine du début de 1089. Renaud de Chelles, archidiacre de Brie, l'a souscrite : son devancier Ives Ier de Mello était encore en charge entre le 16 avril et le 4 août 1088 (nº 32infrà). Renaud avait déjà pris sa place entre le 30 novembre 1089 et le 21 avril 1090 (nº 40). Mais Jehan de Grand Pont, doyen de Paris, cité avec Ives, avait cessé de vivre dès le 8 septembre 1089 (note 90).

Geofroi Le Riche est ici surnommé Geofroi de Montmorency, et Duchesne l'a rattaché à la souche des barons. Il laissa de sa femme Richeud une postérité qualifiée decens prolis par la charte de fondation de St-Prix (Cartul. de St-Martin de Pontoise, p. 13, nº xv) comprenant une fille, Mahaud, qu'épousa Thibaud Payen, châtelain de Gisors (ibid., p. 84, nº cvi) et un fils, Hervé (Append. au Cartul. de St-M. de P., p. 293).

Des deux fils d'Aubri de Montmorency cités avec Geofroi Le Riche, l'aîné, Landri, qui survécut à son frère (nº 38infrà) était seigneur de Domont (nº 83) ; l'autre qui possédait à Sevran le terre de Montceleux dont hérita St-Martin des Champs laissa de sa femme Eudeline un fils unique, Aubri.

154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12supra ; Cf. note 268) et peut être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neuveu Jean. Payen, fils d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
66 Richard, frère de Gaubert, châtelain de Boury près Chaumont-en-Vexin, organisa en 1097 la résistance contre les Anglais. Voir sur cette famille l'Appendice IX au Cartul de St-Martin de Pontoise, pp. 445 à 450.
128 Gautier Tirel, châtelain de Poix en Amiénois et de Pontoise, habitait dans cette dernière ville, dès 1102, sur le versant N.-E. de la colline du château, un manoir fortifié que s'est appelé l'hôtel de Poix, puis l'hôtel d'Orgemont, lorsqu'il fut acquis par le chancelier de Charles V (Cartulaire de St-Martin de Pontoise, pp. 39, 452).
67 On remarque plus haut, mélangés aux chevaliers de Montmorency, Thierri et Hugues de Bantelu, Geofroi de Tour et Landri de Domont, un Ivo Rufus, un Drogo filius Ivonis, puis un Ivo, et enfin Balduinus filius Ivonis. On peut croire ces personnages alliés. A cette époque apparaissent simultanément, sans ascendance connue, un Drogo de Cuflante castro, un Ivo de Conflantio ; et un peu plus tard un Balduinus Bellus ou Pulcher cité avec un Rodulfus Bellus, ailleurs qualifié Rodulfus Bellus de Montmorenciaco et père d'un Rodulfus et d'un Ivo. Le second Raoul Le Bel donna l'église de Domont à St-Martin-des-Champs.

24 Josselin était archidiacre de Paris en 1063, lorsqu'il se fit élire évêque de Soissons. Il fut dénoncé au pape Alexandre II, qui cette même année écrivit aux prélats comprovinciaux pour empêcher qu'on ne le consacrât jusqu'à ce qu'il se fût justifié devant le Saint-Siège, en personne ou par un envoyé. Les lettres du Souverain Pontife visent « Ioscelinum qui, et archidiaconatum Parisiensem non modo pecunia sed etiam homicidio, et episcopatum Suessionensem simoniace, invaserat. « (Mansi, XIX, 978 ; Migne, Patrologia latina, t. 146, p. 1297 ; Jaffé-Lœwenfeld, 4519). Ces imputations ne pouvaient être fondées, car Josselin n'aurait pas, si la preuve en eût été faite, conservé pendant 34 ans l'archidiaconé de Josas. Mais il renonça à l'évêché de Soissons, dont Alard était titulaire en 1064. Josselin est cité dans les actes épiscopaux en qualité d'archidiacre de l'église de Paris, de 1067 (Guérard, Cartulaire de N-D. de Paris, IV, 110) à 1096 (Arch. de S.-et-O. Prieuré de Conflans). Il fut remplacé dès 1097 (Guérard, I, 306).

Son obit est mentionné au 3 novembre au nécrologe de St-Martin-des-Champs en ces termes : « Obiit Joscelinus archidiaconus. Officium fiat, cappa, in choro. Refectionem debet camerarius de terra Pentini, quam ipse emit ». Il mourut donc le 3 novembre 1096. (Molinier, Obit. de la province de Sens, t. I, p. 467).

68 Le chanoine Vougrin, chancelier de Paris dès 1085, remplaça en 1097 Dreux de Mello archidiacre de Parisis, donateur en 1087 de l'église de Marolles en-Brie à St-Martin-des-Champs (nº31). Le nécrologe de St-Martin-des-Champs, note au 4 novembre Wulgrinus archidiaconus. Il était encore en charge en 1105 (A. N. LL 47, fol. 65). Guillaume l'avait remplacé dès 1106 (Duchesne, Hist. de Montmorency, preuves, p. 68) comme archidiacre de Parisis (nº119 infrà).
143 Vassal de Hugues, comte de Dammartin, qu'il assiste lors de la fondation de St-Leu d'Esserent en 1081, Gautier I, seigneur d'Aulnay, est la tige d'une famille qui prit peu à peu une assez grande importance. Ses descendants, sénéchaux héréditaires du comté de Dammartin, obtinrent à la fin du XIIIe siècle des charges de cour. Deux d'entre eux, les frères Philippe II et Gautier IV d'Aulnay, subirent un supplice cruel comme convaincus d'adultère avec deux des belles-filles du roi Philippe le Bel. Pierre d'Aulnay, fils aîné de Gautier I, fut avec son père témoin de la donation de Foulques d'Annet (nº 24, vers 1083). Ayant molesté les hôtes de St-Vincent de Senlis à Blancmesnil, Pierre, mandé à la cour de Louis VI, dut renoncer à ses exactions (1113, après le 3 août). Sa femme Hélisende, ses fils Raoul et Gautier II, sa fille Mahaud et son frère Philippe I d'Aulnay consentirent à cet abandon (Luchaire, Louis VI, nº 164).
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
69 Thourotte (ca. Ribecourt, ar. Compiègne), importante châtellenie, a donné son nom à une famille féodale dont la généalogie est à peine esquissée par le P. Anselme (t. II, p. 149). Gasce et Payen appartiennent à la branche localisée dans le Pinserais et dont les membres sont cités souvent dans les chartes des monastères d'Abbecourt et de Saint-Germain-en-Laye ; ils étaient frères (nº89 infrà). Le second épousa Juliane (nº50).
70 Raoul de la Porte se rattache sans doute à Guerri Mauvoisin, appelé aussi de la Porte, dont les descendants conservèrent le second surnom (Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pantoise, p. 252). Guerri avec son frère Raoul II Mauvoisin sont témoins ensemble vers 1089 (nº39 infrà). — Thibaud Corseint, d'une famille qui a possédé des fiefs en divers lieux du Parisis et du Vexin français.

Actes concernant l'acquisition par Saint-Martin de diverses propriétés à Clamart, et l'abandon par Gui [le Rouge] de Montlhéry de tous les droits qu'il pouvait exercer sur ce territoire

Gautier de Bagneux et sa femme Heudiarde concèdent à Saint-Martin la nef de l'église de Clamart, de l'aveu d'Arnoul, leur seigneur.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 10', nº 21.
  • a Marrier, Monasterii Sti Martini de Campis historia, p. 479.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
D'après b.

Notum fieri volumus omnibus Xristi fidelibus quod Walterius de Banniolis71 et Hildiardis uxor ejus, pro remuneratione vitæ æternæ æcclesiæ Beati Petri Cluniacensis, sub qua et Sti Martini de Campis, concesserunt capsum æcclesiæ de Clamart30, concedente Arnulfo domino suo, a quo tenebant, et uxore ejus et filio. Hujus concessionis Arnulfi et uxoris ejus et filii, testes sunt Adam filius Teobaldi de Crispeio72, Helo nepos Helonis de Firmitate73, Hugo filius Auduinia.

Quando Walterius et uxor ejus quod supradictum est æcclesiæ Beati Petri Cluniacensis et Sti Martini de Campis dederunt, testes sunt : Hernoldus nepos ipsius Walterii, Constancius frater ejus71 ; Albertus dapifer, Warinus ; Aszo dispensator regis118, Rotgerus, Warinus frater ejus, Ulricus falconarius, Walbertus pedacer, Durannus, Odo, Leobertus, Arroldus, Walterius major33, Walterius.

Addiderunt adhuc et arpennum vinee qui continetur sub pagob ejusdem ville.


71 Bagneux, ca. et ar. Sceaux. Arnaud, neveu de Gautier, devint sous-prieur de St-Martin (nº77 et note 197 infrà). La seigneurie de Bagneux se retrouve au XIIIe siècle aux mains de la famille Le Riche. Cf. une charte de 1230 où de vastes terrains à Bourg-la-Reine sont cédés à Ste-Geneviève par la dame de Bagneux, Petronilla relicta defuncti Roberti Divitis de Balneolis, et ses fils Hugues, Guérin, Mathieu, Bernard (Cart. de Ste-Geneviève, fol. 140).
30 Clamart, ca. Sceaux (Seine). La donation de l'aître et de l'autel a dû précéder celle du chapt de l'église, et l'abandon par Gui de Montlhéry de ce qu'il possédait. Cette donation de Gui étant souscrite par sa seconde femme, sans qu'il soit question d'enfants, doit être des débuts de son mariage avec Elisabeth veuve de Bouchard II de Corbeil, et mère d'Eudes de Corbeil, bienfaiteur de Saint-Martin-des-Champs.
72 Thibaud Le Riche de Crépy souscrivit, le 27 mai 1061, l'acte de fondation du prieuré de Béthisy, et en 1081, la charte où Hugues de Dammartin dote St-Leu d'Esserent (Chan. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, p. 3) ; avec lui sont nommés ses trois fils, Pierre, Adam, Lambert. Il était mort dès le 9 décembre 1101, date où ses fils assistent à un acte de Hugues le Grand, comte de Valois, pour les serfs de St-Arnoul de Crépy : « Milites qui affuerunt Adam Dives et frater ejus Petrus, et ambo filii Thetbaldi Divitis. " En 1103 on trouve à Crépy " Petrus frater domini Adam » (Coll. Moreau, t. XLI, fol. 52, 104). Cette famille, qui a possédé la seigneurie de Nanteuil-le-Haudoin, a été, tout à fait arbitrairement, rattachée par d'anciens généalogistes à la maison de France. — En 1135, une charte de l'évêque de Meaux pour l'église de Nanteuil porte : « Testes : domnus Theobaldus de Crispeio, Helisabeth uxor ejus, Thebaldus filius ejus, Henricus nepos Thebaldi. » (Du Plessis, Hist. de l'église de Meaux, t. II, Preuves, p. 31 ; nºlii.)
73 Huon ou Heïon II, dit le Blanc, petit-fils d'Heïon châtelain de la Ferté, donna plus tard à St-Martin-des-Champs l'église du Vivier, qui passa aux Prémontrés dès 1121, comme on le verra plus loin.
a On pourrait lire en B « Duduini ».
118 Sur Eudes I de Gonesse, voir la notice 80. — Aszon avait épousé Emerbour, fille d'Heudiarde ; Marie épousa plus tard Hugues. Aszon est sans doute le panetier du roi cité en 1093 (nos44 et 46) qualifié dispensator regis (nº25) parce qu'il distribuait les aumônes de la table royale aux pauvres. Le pain de Gonesse était le plus recherché, à cause de la qualité particulière de l'eau dont se servaient les boulangers. (Mém. de la Soc. hist. du Vexin, t. XI.)
33 Bagneux, ca. Sceaux. — Arnaud était moine de St-Martin et devint prieur de Janville.
b Pagus a ici le sens de « terroir ».

Volumus esse notum cunctis qui matris Aecclesiæ filii sunt, quod Hugo de Crispeio dedit æcclesiæ Sti Martini capsum179 æcclesiæ de Clamart — de ejus enim feodo erat — et super sanctum altare donum fecit coram cunctis qui aderant, quorum nomina hæc sunt : Rotbertus filius Stephani154, Odo Fraxinellus, Iterius, Adalardus Bruxellus, Hugo Rufus, Bernardus parmentarius, Odo pistor, Rodulfus nepos Rainaldi Ad Barbam, Hubertus carpentarius servus æcclesiæ.


179 « Capsum » paraît désigner la nef de l'église ; l'idée de coffre se substitue ici à l'idée de vaisseau. Le terme de chapts existait encore dans le langage juridique de l'Ile-de-France au xvie siècle. L'inventaire des titres du prieuré d'Essonnes (1742, Arch. de S.-et-O. Fonds de N.-D.-des-Champs) mentionne (p. 127) un « bail à rente de particulier à particulier, fait le 9 décembre 1544, de chapts de mazure, cour et jardin, contenant demi-quartier, assis à la Fosse de Vaux ».

Le mot « atrium " (aître) signifie le terrain réservé autour de l'église, soit pour servir de cimetière, soit pour d'autres usages. Ici une portion en est concédée aux moines pour s'y installer, lorsque les besoins du service religieux les retenaient à Montmartre. " Officinæ » répond à cette idée, plus étendue que celle de sacristie. On ne saurait voir là, d'après le sens primitif du mot, des boutiques.

154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12supra ; Cf. note 268) et peut être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neuveu Jean. Payen, fils d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.

Noscant p. et f. quod quedam bone voluntatis mulier de Sto Clodoaldo, Ermesendis nomine, uxor Rotgerii, cum ad mortem, que cunctis debetur mortalibus, venisset, dedit æcclesiæ Bti Martini de Campis tres arpennos vinearum pro redemptione animæ suæ, concedente viro suo predicto, videlicet Rogerio ; sed medietatem earum vinearum isdem Rogerius sibi retinuit, redditurus eam Bto Martino, cum rébus humanis excesserit. Et ut hoc donum firmius stare posset, idem Rogerius post mortem conjugis, ad æcclesiam Sti Martini venit, et prius in capitulo coram monachis donum quod uxor ejus fecerat, firmavit, et post super altare Sti Martini manu sua posuit, audientibus et videntibus his testibus : Helgoto et Herluino filio ejus ; Josceloto carpentario, Teobaldo fabro, Rotgerio filio Walterii, Drogone nepote Helgoti ; Erenberto fabro ; Terrico de Basochis, Raulino, Bernardo hospitali.

Hoc autem notandum est quod idem Rogerius de sua medietate solvit Sancto Martino semimodium vini pro recognitione. Vinee autem de quibus loquimur, in villa que Clamart dicitur30, consistere videntur.


30 Clamart, ca. Sceaux (Seine). La donation de l'aître et de l'autel a dû précéder celle du chapt de l'église, et l'abandon par Gui de Montlhéry de ce qu'il possédait. Cette donation de Gui étant souscrite par sa seconde femme, sans qu'il soit question d'enfants, doit être des débuts de son mariage avec Elisabeth veuve de Bouchard II de Corbeil, et mère d'Eudes de Corbeil, bienfaiteur de Saint-Martin-des-Champs.

Notum fieri volumus filiis sanctæ æcclesiæ quod Petrus de septem arpennis vinearum quos æcclesia Sancti Martini de Campis dederat Lethericus, quatuor eidem æcclesiæ concessit, et super altare donum posuit ; quod et concessit Hugo cui competebant jure hereditario. Tres retinuit, redditurus æcclesiæ cum voluntatem sibi Deus dederit.

Hujus rei testes extitit Hubertus de Parvo Ponte qui in eadem æcclesia eodemque momento dedit æcclesiæ Beati Martini decimam ipsarum vinearum, aliarumque que in sua terra sunt apud Clamart30, concedente ipso Petro, et Hugone de quorum erat beneficio.

Hujus rei testes sunt Walterius major et fratres ejus Teudo et Warinus36, Hilgotus et Herleboldus servi æcclesiæ, Teobaldus faber, Stephanus custos equorum, Ingelbertus de Villa Judea32.


30 Clamart, ca. Sceaux (Seine). La donation de l'aître et de l'autel a dû précéder celle du chapt de l'église, et l'abandon par Gui de Montlhéry de ce qu'il possédait. Cette donation de Gui étant souscrite par sa seconde femme, sans qu'il soit question d'enfants, doit être des débuts de son mariage avec Elisabeth veuve de Bouchard II de Corbeil, et mère d'Eudes de Corbeil, bienfaiteur de Saint-Martin-des-Champs.
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
32 Villejuif, ar. Sceaux (Seine).

Notum volo fieri omnibus Xristi fidelibus quod Wido, filius Widonis de Leuteriomonte74, omni conditione remota, dedit æcclesiæ Beati [Petri] Cluniacensis et æcclesiæ Beati Martini de Campis quicquid habebat in villa que vocatur Clamart. Inde dederunt sibi prior, domnus Ursus, qui tunc temporis erat, et alii seniores, duos palefredos et uxori suæ Helisabet quadraginta solidos.

Hujus rei sunt [testes] : Paganus de Montegaio241, Walterius Tusardus, Hugo Burdellus, Hugo de Monte Lugduno, Willelmus de Asneriis, Henricus Lotariensis75, Warnerius Garnerii filius134, Warnerius de Sancto Dionysio, Milo de Fontibus, Girelmus pincerna episcopi, Walterius major, Warinus frater ejus, Teudo frater ejus36, Haimo faber, Herleboldus, Johannes filius Bernardi, Malgerius, Walterius, Odo Ad-Barbam, Henricus Ad-Barbam.


74 L'auteur de cette donation est une personnalité notoire du règne de Philippe Ier. C'est Gui le Rouge fils de Gui le Grand de Montlhéry ; son père assistait Henri Ieren 1059 lorsqu'il dota solennellement la collégiale de St-Martin-des champs (nº 7) et Philippe Ier lorsqu'en 1067 il en confirma l'établissement (nº 12). Lui-même intervint fréquemment pour faciliter et approuver les donations de ses vassaux au prieuré clunisien. On le rencontrera plus loin avec le titre de comte, accompagné parfois du surnom de Rochefort : « Wido comes " ou » Wido comes de Rupeforti ». Il mourut en 1107.

Élisabeth, sa seconde femme, s'identifie avec « Isabeldis, comitissa de Creciaco castro « qui, veuve de Bouchard II de Corbeil, assista à la première messe célébrée par saint Gautier, abbé-fondateur de St-Martin-de-Pontoise, sur l'autel de St-Nicolas de Morcerf (Cartul. de St-M. de P., p. 10, nº xi). Le récent mémoire de M. Estournet sur Bouchard II, comte de Corbeil dans les publications de la Société du Gâtinais, a précisé ce point. L'une des filles d'Élisabeth, Béatrix de Pierrefonds, fut aussi bienfaitrice de St-Martin des Champs.

241 La suzeraineté exrcée par Nantier de Montjay à Annet-sur-Marne ne laisse aucun doute sur l'identification de son château avec Montjay-la-Tour, écart de Villevaudé qui, comme Annet, appartient au canton de Claye-Souilly, arr. de Meaux.

Nantier souscrit avec son frère Payen, en 1090, le diplôme de Philippe Ier pour St-Remi de Reims, en compagnie d'Eudes, comte de Corbeil. Nous apprenons ici que le nom baptismal de Payen fut Arnoul. Cette précision nous oblige à le distinguer d'un second Payen de Montjay, ayant pour prénom définitif Aubri, et dont nous aurons à reparler à propos d'une approbation qu'il accorda à la donation de Champmotteux à St-Martin-des-Champs en 1122. Payen Aubri est cité dès 1108 à de nombreuses reprises dans Luchaire (Annales de la vie de Louis VI, pp. 53, 97, 134, 158, 260, 329) ; il est confondu, à la table, avec Arnoul Payen (cité p. 2). C'est de ce dernier qu'il s'agit dans les pièces nos38, 62 et 90 du présent recueil.

Nous verrons (nº 90) qu'Eveline (Avelina), femme de Nantier de Montjay, était nièce de Josselin, archidiacre de Paris (cf. note 24).

75 Henri Loherenc ou Lorrain fut reconnu gentilhomme (ingenuus) par un jugement de la cour royale. Conseiller de Louis VI, il en reçut, en 1112, les terres d'Aubervilliers, Triel, Mons, Villeneuve, Ablon, la maîtrise des criées du vin à Paris, et d'autres privilèges (R. de Lasteyrie, Cartul gén. de Paris, t. I, p. 151 ; Luchaire, Annales de la vie de Louis VI, nº 136). — En 1117 Louis VI rappelle, au sujet de la chapelle St-Georges de Champeaux, dépendant de St-Magloire, que « Henricus Lotharingus, fidelis noster, predicte capelle reparator et, quibuscumque modis valet, benignus auxiliator, ad capsam in qua corpus B. Maglorii requiescit superargentendam (que propter matris ecclesie necessitatem ex omnium assensu fratrum, fuit disparata et detecta), xii marchas argenti, et ad usus fratrum 1 torcular apud Karronam (Charonne) villam et quicquid habebat in vadimonium super 11 thuribula argentea et calicem argenteum ejusdem ecclesie dédit. « (Ms. I. 5413, fol. 7).

134 Garnier de Paris (dit aussi de Braine et de Dreux). Cf. Aug. Longnon, Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris, 1879, p. 140. — Il est la tige des seigneurs de Gentilly, et de Brunoy, etc.

Garnier II de Paris, fils de Garnier I, eut, entre autres enfants, Hugues, seigneur de Gentilly et de Brunoy. Ce Hugues, qui vivait en 1138, qualifie de neveu (nepos) Soudan de Massy (A. N. K 22, nº 98 ; K 23, nº 38 et 616).

Soudan (Sultannus) était le surnon de Geofroi, fils de Bouchard de Massy et d'Elisabeth (nº 69 et note 291). Il le tenait d'un grand-oncle maternel, Soudan de Paris, fils de Garnier I, cité en 1099 (nº 86).

36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.

Ratbod, évêque de Noyon, ayant reçu l'église de Cappy des mains de Robert de Péronne, la donne à Cluny.

  • A Original rongé, Arch. nat., K 20, nº 65. Traces de sceau plaqué. (Les parties de texte détruites suppléées d'après B).
  • B Copie de 1133, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 83.
  • C Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1363, fol. 91.
  • a Marrier, Monast. S. M. de C. hist., p. 340.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
  • Tardif, Mon. hist., Cartons des rois, nº 302. Bruel, Chartes de Cluny, t. IV, p. 775, nº 3613.
D'après b.

In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Ego Ratbodus, indignus Noviomorum episcopus, notum volo fieri quibusque fidelibus, altare de Capi76, tum Dei timore, tum monachorum interventu, me de manu Rodberti Peronensis et heredum ejus77 quibus ex beneficio contingebat, recepisse, et æcclesiæ Sancti Petri Cluniacensis ad remissionem peccatorum meorum, assentiente, inmo precante clero Sancte Marie, perpetim habendum concessi, ea videlicet ratione ut sacerdos inibi serviens suscepte cure animarum reddat rationem et mihi, meisque ministris, debitam solvat consuetudinem. Quod si congregatio ibidem, Deo disponente, provenerit [culpas poterit em]endare in potestate sui abbatis ; si autem [abbas seu prior] negligenter egerit, tum ad episcopum Noviomensem [correctio monachorum] redundabit. Ut autem cyrographum istud [futuris temporibus firmius] existat, circumadstantium subnotavimus [nomina. S. Ratbodi episcopi, S. Gerel]mi decani. S. Baldrici archidiaconi. [S. Walcheri thesaurarii. S. Odmundi] prepositi. S. Widonis cancellarii. S. Hi[vonisa castellani.] S. Roberti. S. Gosberti.

Actum Noviomi Philippo , domno Ratbodo episcopante .


76 Cappy, ca. Bray, ar. Péronne (Somme). — La communauté de Cluny attribua cet autel à St-Martin-des-Champs qui y constitua un prieuré.

77 Un domaine royal à Cappy fit partie de la dotation que, par un diplôme du 5 mai 877, Charles le Chauve constitua pour la collégiale de St-Corneille de Compiègne. En 1092, Eudes, fils de Robert, « très chrétien prince de Péronne, héritier et successeur des " princes " pervers et superbes qui, abusant de la patience de Dieu, s'étaient emparés des biens de l'Église (après les invasions des Normands), apprend, en visitant Cappy, qu'un territoire de cette paroisse se nomme par tradition " les champs de saint Corneille ». Élevé dans le respect et le culte du saint (comme issu, par les Vermandois, de Pépin comte de Senlis, cousin germain de Charles le Chauve), Eudes se rend à la basilique de Compiègne, et prend connaissance des chartes de dotation. Il reconnaît l'usurpation de ses aïeux, et obtient leur absolution rétrospective en restituant aux chanoines une partie de l'aleu donné par Charles le Chauve, que le chapitre lui rend à son tour, moyennant un cens perpétuel de douze sols par an. Eudes, sa femme Lucie, les châtelains Eudes II de Ham, Effroi III et Roricon d'Encre, souscrivirent cet acte passé à Péronne, avec plusieurs membres du chapitre de St-Fursy, le doyen André, le trésorier Étienne, le chancelier Gillain, le chantre Foulques.

(Chanoine Morel, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne, 1904, t. Ier, nº I, pp. 1-6, et nº XVIII, pp. 44-46.)

a B Ivonis.
b B anno xxv.

L'évêque Geofroi de Paris, avec l'assentiment d'Ives de Mello, archidiacre de Brie, concède à St-Martin l'autel de Marolles à la prière de l'archidiacre de Parisis, Dreux, qui le tenait en bénéfice.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1129, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 80.
  • C Copie du xiie s., Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 52', nº 114.
  • D Copie de 1209, Arch. nat., LL 1351, fol. 36, non collationnée.
  • E Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1353, fol. 36.
  • F Copie du xvie s., Arch. de S.-et-O. A 1110, 1 bis (extrait).
  • G Gopie du xviiie s., ms. fr. 15504, fol. 53-54 (s'arrêtant à « relaxamus »).
  • a Marrier, Monasterii S. M. historia, p. 363.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Cum in laboribus et oprobriis hujus seculi, Xristi fidelibus parata sunt infinitus honor et requies ; et egentibus communicare, summa et inaudita jocunditate felices, imo absolutos solicitudine egere cum Xristo eos faciat gloriosos et divites ; providendum est Utilitati nostre in hoc exilio lacrimarum, ut ipsa Karitate que Deus est, ducamur ad patriam Supernorum in qua, cum ipso, regnemus in omnium plenitudine gaudiorum. Placere ergo Karitati Humilitas nostra non differat, et necessaria petentibus habundans misericordia manum benedictionis non retrahat. Nos itaque patriam nostram tenui licet imagine sommiantes ad eam tamen modicum quantulumcumque suspiramus ; etsi in multis delinquimus, non tamen de Dei misericordia desperamus. Ego igitur Godefridusa, Dei gratia Parisiorum episcopus18, monachis Cluniacensibus apud Stum Martinum de Campis Domino servientibus, dum ibi quidem Cluniacæ religionis ordo servabatur, altareb Maierolis ville78 cum his que ad altare pertinent, perpetuo jure tenendac, concedo, deprecante Drogone archidiacono, in cujus tenore altare illud tunc habebatur79 ; annuente etiam Ivone archidiacono, in cujus archidiaconatu altare illud consistit. Ita quidem dumtaxat ut quam in ecclesia Sti Martini subjectionem habemus, eandem nobis in ecclesia supradicte ville, preter cardinalis presbiteri in festis diebus officium, retinemus. De synodo autem et circada et de cura animarum parochiano presbitero a nobis commissa, et de ceteris omnibus ad curam animarum pertinentibus, nichil ad presens quantum ad jus ecclesiasticum attinet, relaxamusd.

Et ut hec karta firmior habeatur, manibus clericorum nostrorum firmandam tradidimuse.

S. Goisfredi, Parisiorum episcopi18. S. Johannis decani. S. Drogonis archidiaconi. S. Joscelini archidiaconi. S. Ivonis archidiaconi. S. Waleranni cantoris. S. Walterii sacerdotis. S. Roberti sacerdotis. S. Rogerii sacerdotis. S. Haimonis diaconi. S. Radulfi diaconi. S. Henrici diaconi. S. Alberici diaconi. S. Odonis subdiaconi. S. Hugonis subdiaconi. S. Otlandi subdiaconi. S. Goisfridi subdiaconi. S. Widonis pueri. S. Walterii pueri. S. Willelmi pueri.

Wlgrinus cancellarius scripsitf.


a F Guocfridus.
b D Mairolis.
78 Marolles-en-Brie, ca. Boissy-St-Léger, ar. Corbeil, qu'il faut se garder de confondre avec une localité portant les mêmes nom et surnom, et située dans le canton de la Ferté-Gaucher, ar de Coulommiers (S.-et-M.).
c B tenda.
79 Dreux, archidiacre du Parisis, était seigneur féodal de Marolles. Nous retrouverons l'archidiacre de Brie, Dreux II de Mello, possesseur de cette seigneurie en 1117.
d Ici s'arrête D.
e Ici s'arrête C.
f La date proposée résulte de la comparaison de l'effectif du chapitre avec celui qu'on rencontrera dans la charte du même prélat en 1089. Dans l'intervalle, le diacre Haimon fut promu à la prêtrise ; mais Eudes, Olland, Hugues, sont restés sous-diacres ; Gui, Gautier et Guillaume, acolytes. Tous les dignitaires nommés sont les mêmes dans les deux actes.

Acte faux Extrait. Le pape Urbain II confirme l'abbaye de Cluny dans ses privilèges, ses possessions et ses dépendances, comprenant St-Martin-des-Champs, et confère à l'abbé Hugues l'usage, à cinq solennités principales de l'année, des ornements épiscopaux : la mitre, la dalmatique, les gants et les sandales.

  • a Marrier et Du Chesne, Bibliotheca Cluniacensis, col. 514.
  • b Bullarium Cluniacense, p. 22, col. 2.
  • c Migne, Patrologia latina, t. 151, p. 291, nº 9.
  • d Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
  • Jaffé-Wattenbach, Regesta Pontificum Romanorum, t. I, p. 660, nº 5372 (4025).- Bruel, Chartes de Cluny, t. IV, p. 800, nº 3632.
D'après d.

Urbanus episcopus, servus servorum Dei, Hugoni sanctissimo abbati Cluniacensi, ejusque successoribus in perpetuum. Cum omnibus sanctæ filiis Ecclesiæ, etc.

. ... Quidquid igitur libertatis, quidquid inmunitatis, quidquid auctoritatis tibi, tuisque successoribus, tuoque cœnobio, per antecessorum nostrorum privilegia concessum fuisse constat, nos quoque hujus notri decreti pagina conferimus, tradimus, confirmamus. Hoc insuper adjicientes, ut monasterium Sanctæ Mariæ de Charitate, Monasterium Sancti Martini de Campis apud Parisios, monasterium Sancti Dionysii apud Nungentum, Sanctæ Mariæ de Nazara, Sancti Gervasii de Exis, Sanctæ Mariæ de Arulis, Sancti Petri de Camporotundo, Sancti Genesii in Elnensi episcopatu, Sancti Pauli in Valle-olei, Sanctæ Mariæ de Cubaria, Sanctæ Mariæ de Salella, Sanctæ Mariæ de Tolosa, Sanctæ Trinitatis in Marciniaco quod tu in alodio proprio ædificasti, nunquam tuo tuorumque successorum regimini ordinatione subtrahantur.

Datum Romæ per manum Joannis diaconi sanctæ Romanæ ecclesiæ, prosignatoris domni Urbani II papæ, .


a La simple inspection du préambule, où le Pape qualifie Hugues, de son vivant, « sanctissimus abbas ", suffit pour juger de la valeur de ce document. La souscription est non moins insolite. La qualification donnée au diacre Jean ne se rencontre (avec une variante, praesignatoris au lieu de prosignatoris) que dans une bulle non moins apocryphe, investissant l'évêque : de Maguelonne (Montpellier) du comté de Substantion (Migne, loc. cit., no 10). Partout ailleurs la formule est : » Datum... per manus Johannis, sanctæ Romanæ ecclesiæ diaconi cardinalis, ... anno Dominice Incarnationis..., pontificatus autem domni Urbani pape II... « Le nom du pape n'est jamais répété.

Il existe à la Bibliothèque nationale (Orig. 151 ; copie ancienne, coll. Baluze, vol 380) une autre bulle souvent imprimée, du 15 mars 1095 (Bibliotheca Cluniacensis, col. 516-518 ; Migne, Patr. lat., t. 151, p. 215 ; cf. Jaffé-Wattenbach, no5551 ; (4157), t. I, p. 578, et Bruel, Chartes de Cluny, t. V, p. 41, no 3687), adressée par Urbain II « reverendissimo fratri Hugoni monasterii Cluniacensis abbati " correctement expédiée " per manum Johannis sanctæ Romanæ ecclesiæ diaconi cardinalis » où sont confirmés à l'ordre de Cluny un grand nombre de prieurés. Dans l'énumération figurent deux églises du Beauvaisis : Saint-Leu (d'Esserent) et Saint-Christophe (en Halatte) ; une du Meldois, N.-D. de Nanteuil ; une de l'Amiénois, Saint-Pierre de Lihons ; une du Soissonnais, Saint-Pierre de Cuissy ; deux du Parisis : N.-D. de Longpont et Aulnay-lès-Bondy (in Parisiensi ecclesiæ Sancte Marie de Longoponte, de Alnes). Il n'y est pas dit un mot de Saint-Martin-des-Champs. Une si grave omission rend à son tour cet instrument quelque peu suspect. Urbain II étant à Cluny, dont il consacra la nouvelle église le 25 novembre 1095, accorda le 18 de ce mois une bulle confirmative qui n'a pas été conservée ou n'a peut-être pas été expédiée, mais dont l'obtention est constatée par un document clunisien (De adventu Urbani pape : Baluze, Miscellanea, I, 126 ; cf. Jaffé-Wattenbach, t. I, p. 681).

b « Cette pièce est une copie du XIIIe s., mais elle est accompagnée d'une charte d'Antelme, archevêque de Patras, et d'Amédée, évêque de Maurienne, encore scellée du sceau du premier de ces prélats et datée du 28 août 1238, pour confirmer l'authenticité de la bulle d'Urbain II. Cette copie, dont l'encre est fort pâle et effacée, ne nous a donné aucune variante « (Bruel, nº 3632). — Antelme de Patras est l'archevêque A..., nommé en 1207, et dont le successeur Bernard est cité en 1243. Amédée III de Miribel fut évêque de Maurienne le 29 mars 1236 et mourut le 19 janvier 1256 (Gams, Series episcoporum, pp. 430, 830).

Geofroi, évêque de Paris et l'archidiacre Dreux concèdent à Cluny et à Saint-Martin-des-Champs l'autel de Bondy, village donné par Henri Ià St-Martin.

  • A Orig. Arch. nat., K 20, nº 67.
  • B . Copie de 1133, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 67, nº 103.
  • C Copie du xiie siècle, Liber Testamentorum, fol. 51, nº 119, incomplète des notes chronologiques.
  • D Copie de 1209, Arch. nat., LL 1351, collationnée par D. Marrier « ex ipsissimo authographo, ex quo vetustate sigillum olim adfixum, non adpendens, cecidit », et complétée des passages omis par le copiste.
  • E Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1353, fol. 361.
  • a Marrier, Monasterii S. Martini... historia, p. 472.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
  • Tardif, Monuments historiques, Cartons des rois, nº 307.
D'après b.

In nomine summe et individue Trinitatis. Divinarum auctoritate Scripturarum informamur ut, dum tempus habemus, bonum ad omnes, maxime vero ad domesticos fidei operemur, et peccamina ac iniquitates nostras elemosinis redimentes, « amicos et receptores in eterna tabernacula » , juxta illud Evangelicum, « de his que relinquenda indigne possidemus, nobis faciamus ». Qui vero fideliores amici ac veriores pauperes, seu ad interpellandum Deum familiariores, quam hii qui instar Apostolorum, omnibus exuti, pauperem Xpistum et ipse pauperes sunt secuti, ac pro amore celestis Patrie dura obediencie onera laturi, alterius jugo se summiserunt, religiosi scilicet ac catholici monachi ? Quisquis ergo in multis se meminit deliquisse, studeat necesse esse illis prodesse et auxiliari, quorum merita sibi credit in ipso districto examine suffragari. Hec itaque et hujusmodi ego Goisfridus, Dei gratia Parisiorum episcopus18, ad me pertractans, notum fieri volo omnibus tam presentibus quam futuris quoniam confratrum ac amicorum nostrorum monachorum Cluniacensium in ecclesia Beati Martini prope Parisius sita, Deo famulantium, exemplo ac petitione provocatus, dono Deo et ipsi predicte ecclesiæ que vocatur de Campis, fratribusque ibidem Deo servientibus, altare quoddam quod fuerat mei juris, cum atrio et his omnibus que ad ipsum altare pertinent, in villa quadam Bungeias nomine14, que villa ex largitione pie memorie excellentissimi regis Francorum Henrici, qui ipsam predictam ecclesiam honorifice restauravit, cum multis aliis donariis, ipsi ecclesie primum tradita fuerat. Hoc, inquam, altare, cum omnibus reditibus et redibitionibus ejus, dono, liberum concedo et transfundo predicte ecclesie, ipsisque fratribus Cluniacensibus perpetuo jure tenendum et possidendum, nullo michi vel successoribus meis inibi jure retento, preter sinodum ac circadam, et curam animarum parrochiano presbitero a nobis commissam. Hoc idem facio et ego Drogo archidiaconus, in cujus archidiaconatu ipsum altare habetur, et ad cujus manum tercia pars omnium redituum ipsius altaris tunc pertinebat, omnia videlicet supramemorata predicte ecclesie donando et concedendo, laudantibus quoque et annuentibus omnibus canonicis, tam prepositis quam inferioris ordinis, ecclesie Beate Marie Parisiensis. Et ut hoc donum stabile et inconcussum permaneat, hanc cartam in qua, me precipiente, hec omnia scripta sunt, sigillo meo subtersignavi ego ipse episcopus Goisfridus, ac Drogo archidiaconus, omnesque prepositi ac clerici mei manufirmatam ac signis ac nominibus nostris subterscriptam, cum plurimis aliis tam clericorum quam laicorum, autenticis personis corroboravimus. Quod si quis hec calumpniari et contra facere, — quod absit et quod minime credimus, — presumpserit, sciat se perpetuo anathemati subjacere, atque in gehennalibus penis cum Juda proditore torquendum qui ea qui egenis mittebantur legitur surripuisse.

Actum Parisius publice in capitulo Sancte Marie Parisiensis , indictione quoque . Signum Goisfredi, Parisiorum episcopi18. S. Johannis decani. S. Joscelini archidiaconi. S. Walterii sacerdotis. S. Goderanni sacerdotis. S. Walterii canonici et Meldensis episcopi. S. Ivonis archidiaconi. S. Rotberti sacerdotis. S. Rogerii sacerdotis. S. Haimonis sacerdotis. S. Radulfi diaconi. S. Bernardi diaconi. S. Bernardi diaconi. S. Drogonis archidiaconi. S. Waleranni precentoris. S. Odonis subdiaconi. S. Rainaldi subdiaconi. S. Ollandi subdiaconi. S. Isembardi subdiaconi. S. Hugonis subdiaconi. S. Guidonis pueri. S. Walterii pueri. S. Wilelmi pueri.

Hii quoque sunt testes qui interfuerunt : Lisiardus, decanus Ste Genovefe, Wido de Kala, Hugo filius Frederici, Fulco monetarius, Walterius de Nusiaco major, Ebrardus decanus de Nusiaco, Walterius major de hac villaa Warinus frater ejus, Theo frater ejus, Alermus major de Aneto, Hugo de Aneto, Engelardus de Sancto-Marcello, Hilgodus de Sancto-Marcello, Durannus decanus de Bungeia, Walbertus de Bungeias, Walbertus frater ejus, Archembaldus de Bungeias, Hubertus frater Ebrardi, Helleboldus, Poncius filius Ebrardi de Nusiaco, Malgerius.

Wlgrinus cancellarius scripsit.


14 Bondy, ca. Noisy-le-Sec, ar. St-Denis (Seine).
a Le scribe a commis ici un double emploi.

Gui, comte de Ponthieu, et sa femme Adèle, donnent pour le repos éternel de leur fils Enguerran, trente muids de sel chaud, équivalant à 24 muids de sel froid, à prendre sur quinze concessions.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 16, nº 35.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibus quod Wido comes Pontivensis80 et uxor ejus Adila comitissa, pro animarum suarum et filii sui Ingelranni redemptione, antecessorumque suorum, dederunt in perpetuum ecclesiæ Beati Martini de Campis in unoquoque modios calidi salis, qui equiparantur xxiiiior modiis frigidi salis.

Hujus rei testes sunt : Rotbertus de Ailli81, Ivo castellanus82, Ingelrannus de Mortuomari83, Simon filius Rogonis81, Godardus botelarius, Rainardus frater ejus84, Walterius, Vinmarius, Grimaudus.

Debitores salis sunt hi : Adam, duos modios. Walterius Turoldus, duos modios. Bernardus filius Bernardi, duos modios. Arnulfus Ricuciendus, duos modios. Rainerius filius Semandi, duos modios. Arnulfus filius Arnulfi, duos modios. Odo filius Herberti, duos modios. Hiliunus filius Benedicti, duos modios. Winoldus Peregrinus, duos modios. Innatis, duos modios. Karesendis, duos modios. Wlgerus, duos modios. Dodolinus, duos modios. Radulfus Mutus, duos modios. Gislebertus de Bellacalcia, duos modios.


80 Gui succéda à son frère aîné Enguerran, qui était encore comte le 20 novembre 1052. En 1088 Gui était dans la 36e année de son gouvernement (Hariulf, IV, 21, 36). Adèle ou Ade, sa femme, est citée dans un acte de 1100 (Coll. Baluze, XL, 263). Enguerran, fils de Gui et d'Adèle, mourut avant ses parents. Issu de Gila, fille de Hugues Capet, Gui, cousin du jeune Louis VI, fut choisi pour l'armer chevalier.
81 Robert d'Ailly-le-Haut-Clocher (ar. Abbeville) souscrivit en 1079 le diplôme de Philippe Ier unissant à Cluny Saint-Martin-des-Champs. — Rorgon était châtelain d'Abbeville (Coll. Duchesne, XLIX, 127).
82 Ives II, châtelain de Ham, déjà cité en 1058, était remplacé dès mars 1090 par Eudes II, son fils (Coll. Moreau, XXXV, 206).
83 Mortemer, ca. Ressons, ar. Compiègne.
84 Gohard et son frère Rainard sont connus comme appartenant à la chevalerie d'Etampes. Gohard, fils de Rohard et bouteiller de Philippe Ier, eut pour fils Vougrin, chambellan de ce prince qui se fit moine à Morigny. Ils portaient le surnom de Le Riche (Depoin, La Chevalerie étampoise, 1911 ; tir. à p. du Bulletin de la Soc. historique de Corbeil).

Un des chevaliers du comte de Ponthieu, Nicolas de Waben, donne à Saint-Martin dix muids de sel et deux réserves de poisson.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 23, nº 49.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit matris Aecclesie filiis p. et f. quod quidam miles optimus de Gabaenno85, Nicholaus nomine, ad Stum Martinum de Campis quadam die cum venisset, dedit ejusdem confessoris æcclesiæ et senioribus loci, pro redemptione anime, et conjugis atque filiorum suorum, decem modios salis et duas aquarias piscium omnibus annis sine contradictione aut calumpnia alicujus hominis. Pro hujus elemosine recompensatione susceptus est predictus Nicholaus in societate et orationibus seniorum in capitulo, coram omnibus qui aderant. Et quamvis uxor ejus et filii absentes essent, tamen a priore et ceteris in societate æcclesiæ recepti sunt. Nam et donum concessit Oda uxor ejus et Walterius filius ejus, et Hugo frater illius.

Hujus rei testes sunt : Sievoldus de Guabenno, et frater ejus Radulfus ; Wascelinus vicecomes filius Herardi, Engelboldus filius Tegerii, Walterius filius Dudilonis, Goszo de Erone, Arnulfus clericus. [Quando] hoc donum laudavit et concessit Wido comes de Punteio80 : Antelmus filius Wascelini, Rotgerius homo Wascelini vicecomitis.


85 Waben, ca. Montreuil-sur-Mer, Pas-de-Calais.
80 Gui succéda à son frère aîné Enguerran, qui était encore comte le 20 novembre 1052. En 1088 Gui était dans la 36e année de son gouvernement (Hariulf, IV, 21, 36). Adèle ou Ade, sa femme, est citée dans un acte de 1100 (Coll. Baluze, XL, 263). Enguerran, fils de Gui et d'Adèle, mourut avant ses parents. Issu de Gila, fille de Hugues Capet, Gui, cousin du jeune Louis VI, fut choisi pour l'armer chevalier.

Le chevalier Gui de Senlis, fils de Landri, et sa femme Berthe, donnent trois arpents de terre à Survilliers et un champ à Pantin.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 14, nº 28.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quoniam Wido miles de civitate que dicitur Silvanectis, qui etiam filius Landrici et Hermengardis extitit, et cognominatus est86, ejusque uxor nomine Berta, dederunt pro remedio animarum suarum atque parentum suorum Deo, sanctisque apostolis Petro et Paulo, et æcclesiæ Sti Martini prope Parisius sitæ, que etiam vocatur de Campis, fratribusque ibidem Deo servientibus, tres arpennos terræ in loco qui dicitur ad Sordidam villam87 in territorio scilicet Silvanectensi, et unum campum in territorio Parisiensi circa locum qui nominatur Pentinus26.

Hoc donum fecit predictus Wido cum prefata uxore suæ Berta Parisius senioribus et monachis predicte æcclesiæ ; et posuit super altare.

Postea vero, ipso defuncto, uxor ejus Berta ipsum donum recognovit et confirmavit, apud Sanctum-Dionisium, concedentibus et laudantibus quodam Fulberto cum filiis suis Fulberto et Vitale, qui illud prius calumniabantur.

Hujus rei testes sunt isti : Johannes de Cornulongo, et filius ejus miles, nomine Goisfridus ; Herveus, Odardus ; Aimardus et Odardus de Sanavilla, et Ascelinus vicarius, Arnulfus de Vicis, Radulfus Calvus, Flobertus, Burdinus de Sanavilla, Rotgerius de Spieis88 ; ego quoque Amicus clericus, qui horum testium nomina adnotavi.


86 Sur Gui, fils de Landri, cf. Depoin, Appendices au Cartul. de St-Martin de Pontoise, p. 280. — Berthe, femme de Gui, est la mère de Robert, cité nº36 comme possédant l'autel de Survilliers, qu'il tenait en fief du vidame Robert II, son oncle maternel sans doute. — Nous cataloguons ce vidame « Robert II « pour le distinguer de Robert I, cité le 12 juin 1068 comme témoin d'un diplôme de Philippe Ier.
87 Survilliers, ca. Luzarches, arr. Pontoise (Seine-et-Oise).
26 Pantin, ar. St-Denis (Seine).
88 Epiais-les-Louvres, ca. Luzarches, arr. Pontoise. — Le surnom de Cornulongo doit se traduire par Cornillon ; c'est le nom d'un fief qui a disparu après la guerre de Cent ans.

Concession à St-Martin de l'autel de Survilliers par l'évêque Ours de Senlis, à la demande du vidame Robert II et sur les instances de Robert [de Senlis], fils de Berthe. Adhésion de Robert, fils du vidame.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 16', nº 36.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Quia mundus occiduus est, ea que in eo sunt occidua, utile visum fuit patribus cartulis inscribere que donantur sancte Aecclesiæ, ne amittantur incuria et oblivione. Notum igitur fieri volumus Xristi fidelibusf. et p. quod Ursus, Silvanectensis episcopus89 a domno Ursione priore de Campis exoratus, concessit æcclesiæ Sti Martini de Campis altare de Sordida villa87, et terciam partem capsi, et atrium, coram clericis suis et laicis quamplurimis ; qui, pro uncia auri quam inde habere voluit, xx solidos habuit206. Quorum testium nomina scripta sunt in subsequenti.

De clericis testis est Letoldus archidiaconus89 ; Fulco qui postea æcclesiæ Parisiensis decanus effectus est90 ; Hugo Gloriosus postea episcopus89 ; Rodulfus Rufus, Odo filius Herberti, Walterius, Hugo filius Guidonis.

De laicis vero : Baldricus serviens ipsius episcopi, Odo Pertusiens-Utrem91 ; Hermerus de Vitella27, Arnulfus manens, Burdinus de Liencurte, Balduinus de Plexato92, Paganus filius Aveline, Hescelinus venator, Warinus armiger Odonis Pertusientis-Utrem91, Rodulfus de Liencurte93 ; Odo de Gonissa94

Hoc autem nec concessisset episcopus nisi a Rotberto vice domino95 qui de his ab eo casatus erat, fuisset exoratus. Quod Rotbertus libenter fecit, et coram episcopo et supradictis testibus predicte aecclesise Sti Martini concessit ; unde xl et vº solidos habuit.

Hoc et Rotbertus filius ejus concessit, et vº solidos habuit.

Hujus autem doni primus dator fuit Rotbertus filius Berte86 pro redemptione anime sue, cujus industria et labore, ut diximus, illud concesserunt episcopus et Rotbertus et filius ejus ; et coram eis donum suum firmavit iste Rotbertus filius Berte, et coram supradictis testibus.


89 Ours évêque de Senlis, avait succédé dès 1082 à Ives II, mort en 1079 ; il mourut lui-même en 1093, et fut remplacé par Hugues, un des témoins de cette charte, qui eut à son tour pour successeur l'archidiacre Létaud (1095-1099). — On voit par la mention relative à Hugues, et qui n'est pas répétée pour Létaud, que la notice fut rédigée entre 1093 et 1095.
87 Survilliers, ca. Luzarches, arr. Pontoise (Seine-et-Oise).
206 En marge de B : Chastenay. Châtenay-en-France, ca. Ecouen, ar. Pontoise.
90 Foulques, chanoine de Senlis, avait succédé comme doyen de Paris, dès 1090, à Jehan du Grand-Pont, mort le 8 septembre 1089. Il fut élu évêque de Paris après Guillaume I (mort le 27 août 1102) et mourut le 8 avril 1105 (Gallia, VII, p. 54. et 144 ; Depoin, Essai sur la chronologie des évêques de Paris, p. 125 ; Bulletin hist. et philol., 1906).
89 Ours évêque de Senlis, avait succédé dès 1082 à Ives II, mort en 1079 ; il mourut lui-même en 1093, et fut remplacé par Hugues, un des témoins de cette charte, qui eut à son tour pour successeur l'archidiacre Létaud (1095-1099). — On voit par la mention relative à Hugues, et qui n'est pas répétée pour Létaud, que la notice fut rédigée entre 1093 et 1095.
91 Eudes Percebot, dont les descendants homonymes furent les bienfaiteurs de St-Nicolas d'Acy, filiale de St-Martin, était chevalier, puisqu'on cite après lui son écuyer, Guérin. — En 1102 un acte passé à St-Arnoul de Crépy signale parmi les seigneurs du voisinage (vicini obtimates qui affuerunt) cet Odo Percebut (Coll. Moreau, XLI, 52.)
27 Vittel, faubourg de Senlis.
92 Le Plessis-Luzarches, ca, Luzarches, ar. Pontoise.
93 Liancourt, ar. Clermont (Oise).
94 Eudes de Gonesse, fils d'Heudiarde, bienfaitrice de St-Martin en 1094 (nº50 infrà).
95 Robert II, vidame de Senlis et son fils Robert III, qui plus tard, sous l'évêque Létaud (1095-1099), donna à St-Martin l'église St-Nicolas d'Acy (nº111, infrà). Cf. note 86.
86 Sur Gui, fils de Landri, cf. Depoin, Appendices au Cartul. de St-Martin de Pontoise, p. 280. — Berthe, femme de Gui, est la mère de Robert, cité nº36 comme possédant l'autel de Survilliers, qu'il tenait en fief du vidame Robert II, son oncle maternel sans doute. — Nous cataloguons ce vidame « Robert II « pour le distinguer de Robert I, cité le 12 juin 1068 comme témoin d'un diplôme de Philippe Ier.

Legs de vignes à St-Martin par Téoud et Dode, sa femme.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 43', nº 98.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit fidelibus Dei quod Teoldus et Doda uxor ejus, post decessum suum dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis vineas, testibus existentibus Balduino, Rainaldo, Constabulo, Laurentio, Georgio, Oilardo, Helgodo, Walterio36, Poncio, Odone, Ingelberto, Benedicto, Lanbertoa.


36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
a Il est fort malaisé de préciser la date de cet acte, dont l'objet n'est pas localisé, ni les donateurs connus. Nous le plaçons ici, en raison des synchronismes des témoins et de l'absence de qualifications.

Le jour des obsèques d'Arrode de Montmorency, enterré à St-Martin-des-Champs, sa veuve Eudeline et son fils Aubri confirment le don de la terre de Montceleux, à Sevran, offerte par le défunt avec l'assentiment de Landri, son frère.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 30, nº 63.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibusf. et p. quod Arroldus de Montemaurentii96 dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis, in qua Deo deserviunt Cluniacenses monachi, apud Cebrentum terram que Mons Zelosus dicitur, cum omnibus appendiciis ejus97, concedente Odelina uxore sua et Landrico fratre suo.

Hujus rei testes sunt : Rodulfus, miles ipsius Arroldus, Milo vernula ejus, Arroardus major ejus, Rotbertus filius ejus, Hainricus brito.

Die vero illo quo prefatus Arroldus apud Stum Martinum est tumulatus, donum quod fecerat Arroldus de terra quam supradiximus, concessit Albericus filius ejus et, ut supradiximus, Odelina et frater defuncti, Landricus.

Hujus rei testes sunt : Nanterus de Montegaio, Paganus frater ejus, a baptismate Arnulfus241, Petrus Singularis98. Ex parte vero æcclesiæ : Herbertus de Aeva99, Paganus de Ribaria, Hilgotus et Drogo nepos ejus, servi æcclesiæ, Warinus et Otrannus frater ejus.


96 Arrode de Montmorency figure comme témoin dans la notice 24, que nous avons proposé de fixer à l'année 1083 environ. La mort de ce seigneur se place dès lors après 1083 et probablement avant 1089, date où l'autel de Sevran fut donné aux moines de Cluny par l'évêque de Paris (Son frère Landri (Landricus de Oomonte) est cité seul dans la notice 83 vers 1098). Cependant la notice 90 peut le concerner, et dans ce cas, il aurait survécu à l'année 1096. Arrode de Montmorency était un chevalier banneret. Il laissa un fils nommé Aubri, qui doit être le père d'Arrode II (également chevalier d'après les termes d'une bulle d'Alexandre III en 1159), seigneur de Chevrent (Sevran). Étant devenu lépreux, celui-ci fut admis à l'hôpital St-Lazare, auquel il fit des libéralités de consentement de sa femme Richeud ; elles furent confirmées par Étienne, évêque de Paris, entre 1134 et 1142 (A. N. MM 210, nos xxi et liii).
97 En marge : Cevran et Montceleux. Montceleux est une ferme sur le terroir de Sevran, ca. Gonesse, ar. Pontoise.

241 La suzeraineté exrcée par Nantier de Montjay à Annet-sur-Marne ne laisse aucun doute sur l'identification de son château avec Montjay-la-Tour, écart de Villevaudé qui, comme Annet, appartient au canton de Claye-Souilly, arr. de Meaux.

Nantier souscrit avec son frère Payen, en 1090, le diplôme de Philippe Ier pour St-Remi de Reims, en compagnie d'Eudes, comte de Corbeil. Nous apprenons ici que le nom baptismal de Payen fut Arnoul. Cette précision nous oblige à le distinguer d'un second Payen de Montjay, ayant pour prénom définitif Aubri, et dont nous aurons à reparler à propos d'une approbation qu'il accorda à la donation de Champmotteux à St-Martin-des-Champs en 1122. Payen Aubri est cité dès 1108 à de nombreuses reprises dans Luchaire (Annales de la vie de Louis VI, pp. 53, 97, 134, 158, 260, 329) ; il est confondu, à la table, avec Arnoul Payen (cité p. 2). C'est de ce dernier qu'il s'agit dans les pièces nos38, 62 et 90 du présent recueil.

Nous verrons (nº 90) qu'Eveline (Avelina), femme de Nantier de Montjay, était nièce de Josselin, archidiacre de Paris (cf. note 24).

98 Pierre Sanglier, appelé ailleurs Petrus Aper. Sa sœur Agnès épousa Adebran de Sevran (nº105 infrà). Pierre Sanglier fit une libéralité à St-Martin, de concert avec Adeline sa femme, et ses fils Simon et Pierre (nº106).
99 Eve, ca. Nanteuil-Le-Haudoin, arr. Senlis. Morinus d'Eva est témoin de la charte de Gautier d'Aulnay en 1079 (nº61).

Adebran, vassal de Guérin II de Paris, fils de Milon I, pour la terre de Sevran, au comté de Dammartin, la cède à Saint-Martin-des-Champs sous certaines réserves ; d'un commun accord, les parties nomment un maire, Thibaud, pour l'administrer ; la seigneurie et la justice demeurent aux moines, propriétaires du siège du domaine (villa). Consentement de Guérin II de Paris et de son fils Milon III. Approbation du comte Hugues de Dammartin, qui tenait Sevran en fief de l'évêché de Paris, comme casatus.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 33, nº 72.
  • C Copie du xve s., A. N. S 1362.
  • a Marrier, Monasterii S. Martini... historia, p. 483.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

In nomine sanctæ et individuæ Trinitatis. Notum volo fieri sanctæ matris Aecclesiæ filiis quod Hadebrannus98, divina inspiratione admonitus, dedit æcclesiæ [Sancti] Petri Cluniacensis et æcclesiæ Sti Martini de Campis totam villam que Ceverencus vocatur97, cum suis appendiciis, determinatam tamen ut in subsequenti describemus paucis verbis : Altare et æcclesiam et atrium dedit supradicte æcclesiæ Sti Martini extra partem. Villam vero tali pacto ut dimidium redditum a priore et senioribus teneret in fedo sive in legibus, seu quibuslibet consuetudinibus. Major a priore et seniorioribus inibi constituetur, qui utrisque sub juramento faciet fidelitatem, suam unicuique redditurus medietatem. Sub manu prioris erit senioratus et justicia, ut illius cujus est villa. Supradictus Hadebrannus in qua parte ville elegerit, domuma in dominium sine censu seu aliqua consuetudine possidebit, in æcclesia archas seu alia vasa sine arcandio habebit.

Hoc concessum est a Gaufredo tunc Parisiensi episcopo18, et ab Hugone comite de Domno martino10, qui villam supradictam ex episcopi tenebat casamento.

Firmatum est etiam a Guarino, Milonis filio17, qui eam tenebat a comite supradicto, in communi Sti Martini capitulo, et Milone ejus filio, cum Hadebranno qui totum tenebat ab ipso Guarino. Hoc ordine ita prosecuto, Warinus et filius ejus Milo cum Hadebranno, in communi Sti Martini æcclesia, donum posuerunt super altare dominicum, videntibus cunctis qui aderant, qui matris Aecclesiæ testes existant, ne eam injuriari permittant, que eos introducat in vitam æternam.

Hæc sunt autem nomina eorum qui in hac cartula scribi potuerunt, quos scribat in Libro viventium Scriptor ille beatus, qui scribebat in terra digito, oblata sibi muliere in adulterio deprehensa :

Walbertus de Burriaco ; Richardus filius ejus ; Rodulfus nepos ejus66 ; Lamelinus (sic) Roscelini ; Rotbertus de Ganturane, Elinandus de Fai ; Tetbaldus filius Geheldis ; Wirrigus Malusvicinus, Rodulfus frater ejus70 ; Hubertus de Roseto101 ; Hildigerius de Greva ; Lisiardus filius Ansoldi Parisiensis100. De famulis Sti Martini : Joscelinus, Rainaldus Ad-Barbam ; Adelelmus Barbatus, Walterius de Buhulco101.

Post transacto multo tempore, rationem habuit Hadebrannus cum priore et senioribus, ubi omnia recapitulata sunt, que superius diximus. Unde testes fuerunt hi : Rotbertus Stephani filius154 ; Fulco monetarius ; Walterius major, Warinus frater ejus36 ; Herlebodusa Stephanus, Hugo de Aneto13, Frotbertus frater ejus : Teobaldus major de Cevrenco97 ; et multi alii quos non est necesse modo nominare.


98 Pierre Sanglier, appelé ailleurs Petrus Aper. Sa sœur Agnès épousa Adebran de Sevran (nº105 infrà). Pierre Sanglier fit une libéralité à St-Martin, de concert avec Adeline sa femme, et ses fils Simon et Pierre (nº106).
a Les mots suivants sont restés en blanc dans C.
18 Cette pièce a échappé aux auteurs de la Gallia christiana nova, qui font commencer l'épiscopat d'Imbert « circà annum 1030 ». Puisque, en novembre 1060, il était dans sa 33e année d'épiscopat, il a été intronisé avant le 29 novembre 1028 ; or son prédécesseur Francon, cité dans un titre de 1028, étant mort le 24 juillet, il faut placer l'avènement d'Imbert entre le 25 juillet et le 29 novembre 1028 (Cf. Gallia, VII, 47-49, et D. Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 619). Imbert mourut le 22 novembre 1060, peu de jours après avoir donné cette charte, qui fut probablement écrite à l'occasion de la fête de St-Martin d'hiver, le 11 novembre. Geofroi de Boulogne, successeur d'Imbert, mourut le 1er mai 1095. (Depoin, Essai sur la chronologie des évêques de Paris de 778 à 1138, p. 23 ; tir. à p. du Bulletin historique et philologique, 1906, p. 236).

10 Hugues, comte de Dammartin, que nous rencontrerons plusieurs fois comme témoin de chartes postérieures, avait pour père Manassé, comte de Dammartin, frère de Haudouin III, comte de Ramerupt. Conseiller intime et probablement chambrier (noster a secretis) du roi Robert en 1031 (Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 626), Manassé périt auprès de Bar-le-Duc, dans la même journée où fut tué Eudes II, comte de Chartres (Hugues de Flavigny, Chron., ap. Mon. Germ. hist., Scriptores, VIII, 401 c'est-à-dire le 15 novembre 1037 (Aug. Longnon, Obituaires de la province de Sens, t. II, préface, p. viii). Sa veuve fit de grandes libéralités à St-Vanne de Verdun où les victimes du combat furent ensevelies (Vita S. Richardi abbatis Virdan., ap. M. G. h., Scriptores, XI, 288). Elle se nommait Constance ; c'était sûrement une fille de Robert le Pieux et de sa dernière femme ; filiation qui motive l'attribution des prénoms robertiens d'Eudes et de Hugues aux fils issus de son union avec Manassé (Guérard, Cartul. de St-Père de Chartres, p. 175). Eudes, omis par l'Art de vérifier les Dates, bien que cité avec son titre dans un diplôme de 1060, mourut peu après sans postérité mâle. Il laissa le comté de Dammartin à son frère cadet Hugues, précédemment établi à Bulles (Hugo Buglensis comes, titre que lui donne Ives de Chartres, éd. Bouquet, Rec. des Hist. de France, XV, 242), qui lui venait de sa femme Rohais. Au cours d'une grave maladie en 1075, il restitua à St-Lucien de Beauvais les églises de Bulles (Louvet, Hist. du Beauvoisis, I, 630-634) ; les chanoines qui les occupaient protestèrent devant le concile d'Issoudun en 1081 (Achery, Spicileg., III, 128). Revenu à la santé, Hugues partit en Terre-Sainte pour accomplir un vœu ; il y fut fait prisonnier, et sa rançon ayant été fournie par les Bénédictins du Bois-Saint-Michel, dépendant de Vezelay, il fonda à son retour le prieuré clunisien de St-Leu d'Esserent (Louvet, I, 645 ; cf. Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, X, 493) en 1081 (Chan. Eug. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, pp. 1-6) auquel l'abbé de Cluny réunit St-Michel dont les moines se transportèrent à St-Leu (p. 11).

Hugues avait causé des inquiétudes à Philippe Ier, qui fortifia Montmélian, aux frontières du Senlisois, pour se protéger contre ses atteintes (Rec. des Hist. de France, XI, 158, 410 ; XII, 135). Il finit ses jours sous la bure, à St-Leu d'Esserent (Müller, p. 17). Dès 1103, il était remplacé par Pierre, son fils (Cartulaire A de Montier-en-Der, coll. Baluze, XXXIX, fol. 239'). Celui-ci tomba malade à Rosnay en Champagne, d'où était originaire sa femme Eustachie (Müller, p. 16). Il y mourut un 13 septembre, en 1105 ou 1106 (Obit. de la prov. de Sens, I, 456) ; il fut inhumé à St-Leu d'Esserent où les moines qu'il avait appelés à ses derniers moments, ramenèrent son corps au prix de mille peines. Il y reposa près de son père et d'un frère aîné mort jeune (avant 1081). Il laissait d'Eustachie un fils qui lui succéda, certainement Hugues II qui dès lors exerçait les fonctions comtales. L'Art de vér. les Dates (II, 661) le fait à tort frère de Pierre. Les actes de Hugues Ier ne lui attribuent, sur la fin de sa vie, qu'un seul fils et trois filles ; Basle, Aélis, Eustachie (nom porté déjà par une tante, issue du comte Manassé, et dont une fille, Agnès, épousa Guillaume vicomte de Mantes). Mariée d'abord à Aubri Payen de Mello, Aélis se remaria à Lancelin II de Beauvais, qui après 1111, succéda à Hugues II. Lancelin eut d'elle quatre enfants, dont deux, Manassé et Rohais, relevèrent des prénoms de l'ascendance maternelle. Mais Dammartin passa à Aubri Ier, que par son prénom l'on peut croire issu de la première union d'Aélis ; Lancelin n'aurait été que son mainbour : on ne s'explique pas autrement, d'ailleurs, que la nombreuse postérité de ce sénéchal ait pu être exclue du comté dont il avait été titulaire.

17 Il n'est pas douteux qu'il ne s'agisse ici de Milon, frère d'Ansoud le Riche, et père de Milon II et de Guérin II, cités dans le diplôme de Henri Ier de 1059-1060 (nº 6 suprà). Milon ayant été gracié à la suite de la composition qui fait l'objet de ce diplôme, réclama d'abord contre la cession faite, puis transigea avec les chanoines de St-Martin.

Milon est cité en 1047 avec son frère Ansoud, dans un diplôme de Henri Ier : « in presentia... optimatum palatii regis, videlicet... Ansoldi quoque et Milonis pratris ejus. » (D. Bouquet, Rec. des Hist. de France, t. XI, p. 582). Sa disgrâce se place entre 1047 et 1059. Peut-être fut-elle motivée par son attitude durant la guerre entreprise par Henri Ier contre Guillaume de Normandie et qui se termina par la défaite des Français à Mortain en 1055. Un chevalier nommé Guérin de Maule fit partie de l'expédition de Guillaume le Conquérant en 1066 et de lui descendent les Maule d'Angleterre : la famille Le Riche de Paris avait donc des intérêts en Normandie ; il est possible que Milon ait voulu les ménager lors de la campagne de 1055, soit en n'y participant pas, soit en ne s'y comportant pas en fidèle vassal de la Couronne de France.

66 Richard, frère de Gaubert, châtelain de Boury près Chaumont-en-Vexin, organisa en 1097 la résistance contre les Anglais. Voir sur cette famille l'Appendice IX au Cartul de St-Martin de Pontoise, pp. 445 à 450.
70 Raoul de la Porte se rattache sans doute à Guerri Mauvoisin, appelé aussi de la Porte, dont les descendants conservèrent le second surnom (Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pantoise, p. 252). Guerri avec son frère Raoul II Mauvoisin sont témoins ensemble vers 1089 (nº39 infrà). — Thibaud Corseint, d'une famille qui a possédé des fiefs en divers lieux du Parisis et du Vexin français.
101 Behoust, ca. Monfort-l'Amaury, ar. Rambouillet. — Rosay, ca. Mantes (S.-et-O.). Plus d'un Hubert de Rosay se rencontre dans le Cartulaire de St-Père de Chartres.
100 Lisiard (Lethardus, Lisiardus) fils d'Ansoud III Le Riche et neveu de Milon Ier dont les biens confisqués servirent à doter St-Martin-des-Cliamps. Ses descendants prirent habituellement son prénom comme surnom patronymique. Son fils Ansoud V (Ansoldus filius Lisiardi de Parisius) donna à Longpont tout ce qu'il avait dans la dîme de Nozay (Noerai) et une terre à Villiers, hameau de Nozay (ca. Palaiseau, ar. Versailles) pour l'âme de son fils Guérin V (Ms. lat, 9968, nos 289, 290). Il est encore témoin d'une charte de Louis le Gros donnée en 1108 peu avant son avènement (Ib. nº 42). Son frère Guérin IV (Garinus filius Letardi) souscrit un diplôme du même roi pour St-Magloire en 1112 (Ms. I. 5413, fol. 10). Il eut trois fils, Manassé qui fit don à Longpont d'un clos à La Celle de St-Cloud ; Milon et Anseau, cités avec Pierre, curé de Marcoussis, leur oncle (Ms. 1. 9968, nº 247). De Milon, fils d'Ansoud Lisiard, cité avant 1146 (A. N. LL 1024 fol. 74) sont issus les seigneurs de Courtry ; de Milon fils de Guérin IV ceux de Marcoussis, vassaux des Courtry au xiiie siècle (Ms. lat. 5466, p. 563). Milon de Marcolciis est contemporain du prieur Thibaud de Longpont vers 1154 (Ms. I. 9968, nº 46). Lisiard II, se croisant en 1201 (Dominus lestardus de Marchocies ad visitandum Domini sepulcrum iter arripuit), concéda à St-Wandrille des droits de pressurage sur des vignes du monastère ; ses frères Pierre et Hervé, fratres jamdicti Lesiardi (sic) y ajoutèrent le don d'une vigne dite Vinea Letardi (Gr. Cart. de St-Wandrille, arch. de la Seine-Inférieure ; cf. Malte-Brun, Hist de Marcoussis).
154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12supra ; Cf. note 268) et peut être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neuveu Jean. Payen, fils d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).

Geofroi, évêque de Paris, concède à Saint-Martin quatre autels : Sevran et Noisy-le-Grand, du consentement de Hugues, comte de Dammartin, et de Guérin II et Milon III de Paris ; Champigny et Bobigny, du consentement des bénéficiers, l'archidiacre Josselin et le préchantre Galeran. Dreux de Mello, archidiacre de Paris, ayant dans son ressort Sevran et Bobigny ; Renaud de Chelles, archidiacre de Brie, ayant dans le sien Champigny et Noisy, donnent aussi leur assentiment

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1129, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 81.
  • C Copie du xiie s. (extrait sommaire), ib., fol. 62-65, nº 133.
  • a Marrier, Monasterii S. Martini... historia, p. 486.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Divinis Scripturarum auctoritatibus informamur, frequentius autem Apostoli monitis, quasi quadam manu sollicitudinis excitamur, ut, dum tempus habemus, bonum ad omnes, maxime autem ad domesticos fidei, operemur et, peccata nostra elemosinis redimentes, amicos et receptores nobis in eterna tabernacula faciamus. Quisquis ergo se multis meminit deliquisse, studeat necesse est illis prodesse, quorum precibus in districto examine non est timendum in manus Dei viventis incidere. Talibus autem humilitas nostra placere non differat, et necessaria petentibus habundans misericordia manum benedictionis non retrahat. Ego igitur Gosfridus, gratia Dei Parisiorum episcopus, ante mentis oculos diem illum reducens, et periculum anime mee, hinc accusante conscientia, hinc non adeo defendente misericordia, metuens, monachis Cluniacensibus, apud Sanctum Martinum de Campis Deo servientibus, quatuor altaria et queque sunt ad ea pertinentia, donamus, nulloque nobis nostrisque successoribus in eis jure retento, preter synodum et circadam et ecclesiarum reconciliationem, curamque animarum parrochiano presbitero a nobis concessam, perpetuo jure possidenda concedimus : unum videlicet in villa que dicitur Cevrannus97, aliud apud villam Nociacum12, annuentibus comite Domnimartini Hugone10 et Guarino, Milonis filio, et Milone Guarini : hec enim duo altaria supradictus comes ex nostro, Guarinus vero ex comitis possedit beneficio. Terciumque in villa que vocatur Campiniacus25, quartum in ea que nuncupatur Balbiniacus102 annuentibus Joscelino archidiacono et Gualeranno cantore, quorum illud Campiniaci Joscelinus ex nostro, illud autem Balbiniaci Gualerannus habuit benefitio. Hoc etiam libenti animo concesserunt Drogo et Rainaldus archidiaconi ; in Drogonis enim archidiaconatu illa duo qui sunt Cevranni et Balbiniaci, in Rainaldi vero ea que sunt Campiniaci et Nociaci consistunt altaria. Ut autem hoc donum stabile inconvulsumque permaneat, cartam istam fieri precepimus, manuque propria firmavimus, manibusque canonicorum nostrorum firmandam tradidimus, nostroque sigillo subtersignavimus. Actum Parisius, in capitulo Sancte Marie , Goffrido vero Parisiensi episcopo xxx, indictione quoque xii. S. Goiffredi, Parisiorum18 episcopi. S. Johannis decani. S. Gualeranni precentoris. S. Drogonis archidiaconi. S. Joscelini archidiaconi. S. Rainaldi archidiaconi. S. Gualteri canonici et episcopi Meldensis. S. Fulconis sacerdotis. S. Goderanni sacerdotis. S. Rogerii sacerdotis. S. Bernardi levite. S. Haimonis levite. S. Arnulfi levite. S. Alberici levite. S. Odonis subdiaconi. S. Thevini subdiaconi. S. Isembardi subdiaconi. S. Widonis pueri. S. Guilelmi pueri. S. Gauteri pueri. S. Hugonis pueri.

Wlgrinus cancellarius scripsita.


97 En marge : Cevran et Montceleux. Montceleux est une ferme sur le terroir de Sevran, ca. Gonesse, ar. Pontoise.

10 Hugues, comte de Dammartin, que nous rencontrerons plusieurs fois comme témoin de chartes postérieures, avait pour père Manassé, comte de Dammartin, frère de Haudouin III, comte de Ramerupt. Conseiller intime et probablement chambrier (noster a secretis) du roi Robert en 1031 (Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 626), Manassé périt auprès de Bar-le-Duc, dans la même journée où fut tué Eudes II, comte de Chartres (Hugues de Flavigny, Chron., ap. Mon. Germ. hist., Scriptores, VIII, 401 c'est-à-dire le 15 novembre 1037 (Aug. Longnon, Obituaires de la province de Sens, t. II, préface, p. viii). Sa veuve fit de grandes libéralités à St-Vanne de Verdun où les victimes du combat furent ensevelies (Vita S. Richardi abbatis Virdan., ap. M. G. h., Scriptores, XI, 288). Elle se nommait Constance ; c'était sûrement une fille de Robert le Pieux et de sa dernière femme ; filiation qui motive l'attribution des prénoms robertiens d'Eudes et de Hugues aux fils issus de son union avec Manassé (Guérard, Cartul. de St-Père de Chartres, p. 175). Eudes, omis par l'Art de vérifier les Dates, bien que cité avec son titre dans un diplôme de 1060, mourut peu après sans postérité mâle. Il laissa le comté de Dammartin à son frère cadet Hugues, précédemment établi à Bulles (Hugo Buglensis comes, titre que lui donne Ives de Chartres, éd. Bouquet, Rec. des Hist. de France, XV, 242), qui lui venait de sa femme Rohais. Au cours d'une grave maladie en 1075, il restitua à St-Lucien de Beauvais les églises de Bulles (Louvet, Hist. du Beauvoisis, I, 630-634) ; les chanoines qui les occupaient protestèrent devant le concile d'Issoudun en 1081 (Achery, Spicileg., III, 128). Revenu à la santé, Hugues partit en Terre-Sainte pour accomplir un vœu ; il y fut fait prisonnier, et sa rançon ayant été fournie par les Bénédictins du Bois-Saint-Michel, dépendant de Vezelay, il fonda à son retour le prieuré clunisien de St-Leu d'Esserent (Louvet, I, 645 ; cf. Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, X, 493) en 1081 (Chan. Eug. Müller, Cartulaire de St-Leu d'Esserent, pp. 1-6) auquel l'abbé de Cluny réunit St-Michel dont les moines se transportèrent à St-Leu (p. 11).

Hugues avait causé des inquiétudes à Philippe Ier, qui fortifia Montmélian, aux frontières du Senlisois, pour se protéger contre ses atteintes (Rec. des Hist. de France, XI, 158, 410 ; XII, 135). Il finit ses jours sous la bure, à St-Leu d'Esserent (Müller, p. 17). Dès 1103, il était remplacé par Pierre, son fils (Cartulaire A de Montier-en-Der, coll. Baluze, XXXIX, fol. 239'). Celui-ci tomba malade à Rosnay en Champagne, d'où était originaire sa femme Eustachie (Müller, p. 16). Il y mourut un 13 septembre, en 1105 ou 1106 (Obit. de la prov. de Sens, I, 456) ; il fut inhumé à St-Leu d'Esserent où les moines qu'il avait appelés à ses derniers moments, ramenèrent son corps au prix de mille peines. Il y reposa près de son père et d'un frère aîné mort jeune (avant 1081). Il laissait d'Eustachie un fils qui lui succéda, certainement Hugues II qui dès lors exerçait les fonctions comtales. L'Art de vér. les Dates (II, 661) le fait à tort frère de Pierre. Les actes de Hugues Ier ne lui attribuent, sur la fin de sa vie, qu'un seul fils et trois filles ; Basle, Aélis, Eustachie (nom porté déjà par une tante, issue du comte Manassé, et dont une fille, Agnès, épousa Guillaume vicomte de Mantes). Mariée d'abord à Aubri Payen de Mello, Aélis se remaria à Lancelin II de Beauvais, qui après 1111, succéda à Hugues II. Lancelin eut d'elle quatre enfants, dont deux, Manassé et Rohais, relevèrent des prénoms de l'ascendance maternelle. Mais Dammartin passa à Aubri Ier, que par son prénom l'on peut croire issu de la première union d'Aélis ; Lancelin n'aurait été que son mainbour : on ne s'explique pas autrement, d'ailleurs, que la nombreuse postérité de ce sénéchal ait pu être exclue du comté dont il avait été titulaire.

25 La paroisse de Champigny-sur-Marne (ca. Nogent-sur-Marne, ar. Sceaux) était du diocèse de Sens, archidiaconé de Gâtinais. Josselin se ravisa et donna plus tard l'autel de Champigny à St-Martin. L'évêque Geofroi de Boulogne qui inspira cet arrangement, l'approuva en 1089.
102 Bobigny, ca. Noisy-le-Sec, ar. Saint-Denis (Seine).
18 Cette pièce a échappé aux auteurs de la Gallia christiana nova, qui font commencer l'épiscopat d'Imbert « circà annum 1030 ». Puisque, en novembre 1060, il était dans sa 33e année d'épiscopat, il a été intronisé avant le 29 novembre 1028 ; or son prédécesseur Francon, cité dans un titre de 1028, étant mort le 24 juillet, il faut placer l'avènement d'Imbert entre le 25 juillet et le 29 novembre 1028 (Cf. Gallia, VII, 47-49, et D. Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 619). Imbert mourut le 22 novembre 1060, peu de jours après avoir donné cette charte, qui fut probablement écrite à l'occasion de la fête de St-Martin d'hiver, le 11 novembre. Geofroi de Boulogne, successeur d'Imbert, mourut le 1er mai 1095. (Depoin, Essai sur la chronologie des évêques de Paris de 778 à 1138, p. 23 ; tir. à p. du Bulletin historique et philologique, 1906, p. 236).
a L'épiscopat de Geofroi a commencé après la mort d'Imbert (22 novembre 1060). Sa 30e année court du 22 novembre 1089 au plus tôt. L'année 1090 commença suivant le style de Pâques, le 21 avril. L'indiction 12 donne 1089/1090. Il n'est pas possible de faire cadrer la période du 22 novembre 1089 au 21 avril 1090 avec la 31e année de Philippe Ier, si l'on prend le point de départ de son règne à la mort de Henri Ier (4 août 1060). Il faut remonter à son sacre (23 mai 1059) ; dès lors les notes chronologiques concordent. Cependant il subsiste dans cet acte certaines difficultés d'un autre ordre. Haimon y est encore indiqué comme diacre, tandis qu'une charte de 1088 le montre promu au sacerdoce, et cette charte n'a point d'erreur de date, car on y rencontre Ives Ier de Mello, archidiacre avant Renaud de Chelles, qui est ici en charge. La date funèbre du doyen Jean de Grandpont serait aussi à modifier.

Notum fieri volo omnibus Xristi fidelibus quod Manases de Punpona103 et Ansoldus filius ejus, cum ceteris filiis suis, quod in altare Noisiacensi calumniabant, æcclesiæ Sti Martini de Campis concedunt in dominium, in perpetuum, pro animarum suarum redemptione et uxoris sue. Hujus rei testes sunt : Albertus, Rotbertus, Algerius, Warinus, Walterius, Warinus, Herlebaudus, Odo, Huardus, Malgerius, Aalardus, Durannus, Warnerius, Johannes, Ingelrannus, Rotbertus.


103 Pomponne, ca. Lagny, ar. Meaux. L'autel de Noisy-le-Grand fut confirmé à St-Martin en 1096 par Urbain II. La revendication formulée par Manassé de Pomponne émane d'un héritier éventuel de Guérin II et Milon III, anciens détenteurs de droits de propriété sur cet autel. Manassé a un fils dont le prénom, Ansoud, confirme le rattachement à l'estoc des Le Riche de Paris. On pourrait admettre que Manassé, mari d'une sœur de Guérin II, protesta contre la libéralité de son beau-frère, à laquelle il ne s'était pas associé. Il nous a paru préférable, faute d'autre précision, de placer cette notice après la charte de l'évêque Geofroi dont elle relate une des suites.

Saint Anselme, ancien abbé du Bec, élu, mais non encore sacré archevêque de Cantorbéry, ayant salué avec joie l'entrée dans la communauté de St-Martin-des-Champs, où préside son ami le prieur Ourson, de Galeran préchantre de Paris, aussi son ami, écrit à celui-ci pour exprimer son chagrin d'apprendre les obstacles que rencontre sa vocation. L'évêque Geofroi s'y est catégoriquement opposé ; il exige que le préchantre reprenne son office. Anselme encourage Galeran à résister à cette pression.

  • B Copie du xive s., ms. lat. 14762, fol. 114 et 132.
  • a Robert de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, p. 137, nº 111.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Domino et amico karissimo Vualeranno, olim cantori Parisiensis ecclesie, frater Anselmus, electus archiepiscopus Cantuariea, semper ad meliora proficere et numquam deficere. Audivi, amice karissime, quod propositum sancte conversationis eligens, monasterii Sancti Martini sub karissimo amico meo domno Ursone ingressus fueras, et valde de tanto bono amici mei letatus sum. Sed postea didici quod dominus noster episcopus tuus te inde vi retraxerit, et tristis factus sum. Et quum Honestatem tuam, de cujus dilectione certus sum, sine figmento dilexi et diligo, reprehendit me mea consciencia si te visitare meis litteris et pro possibilitate mea in tanto periculo tibi consulere caritative non studeo. Timeo enim ne Diaboli calliditas animam tuam, dilectam mihi, decipiat ne tibi, quum vi abstraheris et nolens a sancto proposito, posse in clericatu licite et sine culpa, ut olim, permanere persuadetb. Certus esto, karissime, quod nullo modo hoc potest anima tua sine sui reprobatione suscipere, quamvis hoc episcopi sui auctoritate velit defendere. Xristus enim dicit : « Nemo mittens manum suam ad aratrum, et respiciens retro, aptus est regno Celorum. » Mens tua ab aratro Xristi respicit retro, si a proposito, ad quod te vocavit Xristus, et quod incepisti, aliqua occasione tepescendo deficit. Sicut enim episcopi servant sibi auctoritatem quamdiu concordant Xristo, ita ipsi sibi eam adimunt cum discordant à Xristo. Omnis episcopus qui habet vocem Xristi, Xristus est. Et oves illum secuntur, pascuunt vocem ejus. Lege in Evangelio, post hec verba, quem non secuntur oves, et cujus vocem non noverunt. Si persecutio corporis fugienda est de civitate in civitatem, quanto magis persecutio anime ! Annon est anime fugienda persecutio, animam prohibere sequi Xristi consilium ? Amice karissime, si multa non legisses, et rationabilis ingenii non esses, multa tibi dicerem ut quam bonum sit quod incepisti, et quam malum si ab incepto deficis, ostenderem. Breviter dico : nichil salubrius potuisti incipere, nichil periculosius potes relinquere. Nichil igitur separaret animam tuam a proposito monachico quod incepisti. Omnipotens Dominus dirigat et corroboret et consoletur cor tuum. Amen.

Lege in Toletano quarto, de clericis petentibus monachicam vitam, et in quarto decimo libro Registri, epistolam ad Desiderium episcopum de clerico facto monachoc.


a La lettre se place donc entre l'élection d'Anselme et sa consécration comme archevêque de Cantorbéry (6 mars-5 décembre 1093).
b La crainte était justifiée, car Galeran reprit ses fonctions à la cathédrale de Paris. Il les exerçait au moins dès 1088 et les conservait encore le 24 février 1101 (Cartul. gén. de Paris, t. I, p. 152, nº 129).
c Dans une autre lettre adressée, par le même courrier sans doute, à l'évêque de Paris Geofroi, saint Anselme cite ces autorités et d'autres encore à l'appui de la même thèse. Il s'efforce de convaincre le prélat que son devoir est de laisser Galeran libre de se retirer dans le cloître. Sa lettre finit ainsi : « Sigillum hæc epistola non habet, quia et abbas jam non sum, et archiepiscopus nondum sum, nec me delecterat pingi quod non sum » (Ms. lat. 14762, fol. 113, 131 ; ms. lat. 14502, fol. 175).

Guiard et sa femme Berthe donnent une terre devant l'église de Survilliers.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 39, nº82.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristianis fidelibus quod Wiardus et Berta uxor ejus dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis terram que jacet ante ecclesiam Sordide ville87 liberam sicut et ipsi possidebant, et mete declarant.

Hoc concessum est ab Ursone, tunc Silvanectense episcopo89 in communi Ste Marie ejusdem urbis capitulo. Hujus rei testes sunt Letoldus archidiaconus, Wido cantor, Rodolfus Rufus, Hugo Gloriosus89, Herbertus.

Deinde Wiardus et Bertha uxor ejus in communi Sti Martini æcclesia donum posuerunt super altare dominicum, ita libere ut supradiximus. Ibi multi adfuerunt, qui ob testimonium vocati sunt : Roricus, Waufredus filius Rotberti coci, Segimerus, Walterius major, Warinus et Teudo fratres ejus36, Stephanus, Haimo faber, Walterius de Cersella104, Mainardus, Herleboldus, Leudo, Rotgerius sartor, Rainaldus Ad-Barbam, Hubertus carpentarius, Rainerius de Sordidavilla87.


89 Ours évêque de Senlis, avait succédé dès 1082 à Ives II, mort en 1079 ; il mourut lui-même en 1093, et fut remplacé par Hugues, un des témoins de cette charte, qui eut à son tour pour successeur l'archidiacre Létaud (1095-1099). — On voit par la mention relative à Hugues, et qui n'est pas répétée pour Létaud, que la notice fut rédigée entre 1093 et 1095.
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
104 Sarcelles, ca. Ecouen, ar. Pontoise (S.-et-O.). — Gautier de Sarcelles figure dans la donation de Dreux Reille vers 1105 (nº101).

La donation de terres au Pont-Yblon, par le prévôt Thiébert, est confirmée par sa veuve Aveline remariée au chevalier Gautier.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 8-9, nº 16.
  • a Robert de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, I, p. 136, nº 110.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Notum facimus cunctis fidelibus f. et p. quod duo fratres Gausbertus et Rohardus dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis totam terram quam apud Pontem Hebali105 possidebant liberam, nichil cuiquam, preter æcclesiæ Sti Martini reddentem. Hoc etiam publice factum est in æcclesia sepe dicti, sepeque dicendi Beati Martini ; donumque a supradictis fratribus super sacrosanctum altare est positum, cunctis videntibus et audientibus qui adfuerunt, qui icirco ut testes existant, advocati sunt. Inter quos advocatus fuit Hildigerius de Greva, de cujus feodo terra erat, qui et hoc concessit, et manu propria donum firmavit.

Hoc etiam concesserunt uxores eorum et filii, quarum uxorum sunt nomina Herenburgis et Gebelina, filiorum autem Odo et Rainaldus. Concessit et hoc frater eorum Aszo nomine, qui quamvis non esset heres terræ illius — emptio enim supradictorum fratrum erat — tamen ne contrarius esseta æcclesiæ in aliquo, decem solidos accepit, et sic æcclesiæ Sti Martini libere concessit. Notandum est eciam quod supradicti fratres, Gausbertus videlicet et Rohardus, pro dono supradictæ terræ quinquaginta solidos habuerunt.

Hujus tei testes sunt supradictus Hildigerius, Odo de Balbiniaco102, Maingodus, Warinus frater majoris36, Theudo frater ejus, Joscelinus carpentarius, Bernardus de Aneto13, Jonas, Ansoldus, Godefredus, Albericus.

Notandum est eciam, et huic cartule inserendum, quod Tebertus prepositus107 terram de qua superius tractavimus æcclesiæ Sti Martini dedit ; sed Walterius miles qui post decessum ipsius uxorem ejus accepit, cui jure hereditario terra pertinebat, sub calumpnia aliquantulum contrarius extitit. Qui, Deo annuente, cum eodem uxore nomine Avelina et ipse concessit. Interfuerunt autem huic concessioni homines isti : Aszo frater ipsius Walterii, Morinus, Aszo panetarius118, Fredericus et Bernardus de Sancto-Dionisio, Walterius Rusellus. De nostris fuerunt hi : Walterius major, Rotgerius filius ejus, Warinus frater ejus ; Helgotus, Herluinus filius ejus ; Radulfus faber ; Herbertus de Ponte-Isare; Walterius, Ansoldus corvisarius, Lanbertus hospitarius, Hubertus de Nogento et alii multi.

Actum est Parisius apud Stum-Martinum .


105 En marge : Pontiblon (le Pont-Yblon, h. de Bonneuil, ca. Gonesse).
a Corr. sublata.
102 Bobigny, ca. Noisy-le-Sec, ar. Saint-Denis (Seine).
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
107 On peut considérer Thiébert, premier mari d'Aveline, et beau-père de Guérin de Moussy, comme ayant été prévôt de Paris après Etienne, témoin du diplôme de 1067 (nº12). Le prénom rarissime de Thiébert (fréquemment rendu par Tebertus ou Tibertus) est localisé dans une famille qui porte comme les Le Riche le surnom de Paris. Tibertus Parisiensis fut contemporain de Louis VII. Il plaça dans le chapitre de Paris l'un de ses fils Anseau, cité comme acolyte en 1119 et 1122, comme sous-diacre en 1145, comme diacre en 1163-1170 (R. de Lasteyrie, Cart. gén. de Paris, t. I, pp. 206, 207, 297, 374, 379). Cet Ansellus Tiberti filius, l'un des Sanctæ Mariæ Parisiensis canonici, assiste avec Baudoin I, prévôt de Paris, vers 1150, à une charte de l'évêque Thibaud, dont trois témoins laïcs sont Frogerius filius Tiberti, Gisbertus frater ejus, Matheus frater ejus (Ib., p. 327), Mathieu, fils de Thiébert, que nous retrouverons en 1170 avec sa femme Gile, ses fils Thiébert et Philippe, sa fille Asceline, son neveu Etienne et son cousin Dreux, cédant à St-Martin-des-Champs tout ce qu'il possède au faubourg de Paris entre la chapelle Ste-Geneviève et St-Denis, dans le fief de Pierre du Petit-Pont (Ib., nº 403), est qualifié Matheus nepos Teberti prepositi dans une notice de Longpont (ms. I. 9968, nº 341), monastère auquel s'intéressaient aussi Thiébert de Paris et son fils Gisbert (Ib., nº 31) ; ce dernier fit une fondation avec le concours de sa femme Marguerite et de son frère Philippe (ib., nº 36). Ainsi Thiébert Ier, le prévôt, fut père de Thiébert II de Paris, aïeul de Mathieu, et bisaïeul de Thiébert III.
118 Sur Eudes I de Gonesse, voir la notice 80. — Aszon avait épousé Erembour, fille d'Heudiarde ; Marie épousa plus tard Hugues. Aszon est sans doute le panetier du roi cité en 1093 (nos44 et 46) qualifié dispensator regis (nº25) parce qu'il distribuait les aumônes de la table royale aux pauvres. Le pain de Gonesse était le plus recherché, à cause de la qualité particulière de l'eau dont se servaient les boulangers. (Mém. de la Soc. hist. du Vexin, t. XI.)

Notum sit omnibus Xristi fidelibus quod Werricus nepos Aldigerii de Greva, dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis quatuor arpennos vinearum, antequam diem clauderet extremum. Nam cum jam infirmitate qua et mortuus est, detineretur, venit ad æcclesiam Sti Martini, et donum posuit super principale altare, manu propria, et dixit : « Sancto Martino has vineas do pro anime mee requie et antecessoribus meis ».

Post hæc autem rediit ad domum suam et, interpositis aliquot diebus, presentem finivit vitam.

Hujus rei testes idonei sunt hi : Walterius major et duo fratres ejus Theudo et Warinus36, Herleboldus, Bernardus de Aneto13 juvenisa, Lambertus Ad Barbam, Fredericus de Sto-Marcello, Adalardus de Berzilz106, Bernardus de Corona Dei.


36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
a B iunens.
106 Bercy, depuis quartier de Paris.

Guérin [de Moussy (?)] renonce, moyennant cinq sous, à ses revendications sur des serfs et des serves, légués à St-Martin par le prévôt Thiébert. Adhésion d'Ermesende, femme de Guérin.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1117, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 34, nº 73.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibus quod Warinus de Munciacoa calumniam quam faciebat super servos et ancillas, quos et quas dedit Theobertus prepositus107 æcclesiæ Sti Martini de Campis, eidem æcclesiæ quietam clamavit, unde quinque solidos habuit. Hujus rei testes sunt ex sua parte : Winerannus de Parvoponte, Aszo panetarius118 ; Bernerius, Fulbertus de Stampis ; Amalricus viator, Burdinus frater ejus ; Hildigerius Rex. Ex parte vero æcclesiæ : Walterius major, Warinus frater ejus33 ; Godefredus de Nuisiaco, Hugo Rufus ; Burchardus, Bernardus frater ejus ; Rodulfus de Oiniaco.

Hoc etiam concessit uxor ejus Hermesendis, teste Willelmo filio Waszonis, Rodulfo fratre ejus ; Pagano, fratre ejus ; Rotberto; Hugone filio Frederici199, Richardo famulo ejus.


a B Minciaco. — Peut-être Moussy-le-Neuf, ca. Dammartin, ar. Meaux. Voir nº59, note 133 et 79b. Walterius de Monci souscrit le diplôme de Philippe Ier pour St-Vincent de Senlis.
107 On peut considérer Thiébert, premier mari d'Aveline, et beau-père de Guérin de Moussy, comme ayant été prévôt de Paris après Etienne, témoin du diplôme de 1067 (nº12). Le prénom rarissime de Thiébert (fréquemment rendu par Tebertus ou Tibertus) est localisé dans une famille qui porte comme les Le Riche le surnom de Paris. Tibertus Parisiensis fut contemporain de Louis VII. Il plaça dans le chapitre de Paris l'un de ses fils Anseau, cité comme acolyte en 1119 et 1122, comme sous-diacre en 1145, comme diacre en 1163-1170 (R. de Lasteyrie, Cart. gén. de Paris, t. I, pp. 206, 207, 297, 374, 379). Cet Ansellus Tiberti filius, l'un des Sanctæ Mariæ Parisiensis canonici, assiste avec Baudoin I, prévôt de Paris, vers 1150, à une charte de l'évêque Thibaud, dont trois témoins laïcs sont Frogerius filius Tiberti, Gisbertus frater ejus, Matheus frater ejus (Ib., p. 327), Mathieu, fils de Thiébert, que nous retrouverons en 1170 avec sa femme Gile, ses fils Thiébert et Philippe, sa fille Asceline, son neveu Etienne et son cousin Dreux, cédant à St-Martin-des-Champs tout ce qu'il possède au faubourg de Paris entre la chapelle Ste-Geneviève et St-Denis, dans le fief de Pierre du Petit-Pont (Ib., nº 403), est qualifié Matheus nepos Teberti prepositi dans une notice de Longpont (ms. I. 9968, nº 341), monastère auquel s'intéressaient aussi Thiébert de Paris et son fils Gisbert (Ib., nº 31) ; ce dernier fit une fondation avec le concours de sa femme Marguerite et de son frère Philippe (ib., nº 36). Ainsi Thiébert Ier, le prévôt, fut père de Thiébert II de Paris, aïeul de Mathieu, et bisaïeul de Thiébert III.
118 Sur Eudes I de Gonesse, voir la notice 80. — Aszon avait épousé Emerbour, fille d'Heudiarde ; Marie épousa plus tard Hugues. Aszon est sans doute le panetier du roi cité en 1093 (nos44 et 46) qualifié dispensator regis (nº25) parce qu'il distribuait les aumônes de la table royale aux pauvres. Le pain de Gonesse était le plus recherché, à cause de la qualité particulière de l'eau dont se servaient les boulangers. (Mém. de la Soc. hist. du Vexin, t. XI.)
33 Bagneux, ca. Sceaux. — Arnaud était moine de St-Martin et devint prieur de Janville.
199 Le nécrologe de St-Martin des Champs porte au 6 février : « Obiit Hugo filius Frederici. Officium fiat. Ex ejus elemosina habemus ea que sunt apud Vovas ». (Molinier, Ob. de la prov. de Sens, I, 419 et suiv.).

Gasce et Guillaume [Tranchebise] donnent aux moines, avec l'approbation de leurs seigneurs Gasce et Payen [de Thourotte], leur moulin de Dugny sous réserve d'une rente en blé à percevoir à la Mi-Carême, sauf le cas de pillage du moulin en temps de guerre féodale. Guillaume ajoute six sols de cens à Pont-Yblon.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 9, nº 18,
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit omnibus Xristi fidelibus quod Waszo et Willelmus frater ejus dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis, molendium de Dugniaco108 ad modiationem, ita ut in anno recipiant bone grosseque annone unum modium, cetera vero omnia æcclesia possideat. Ita tamen ut in festivitate Beati Remigii dimidium modium bone grosseque annone habeant, media vero quadragesima alium dimidium modium utriusque annone suscipiant. Aliud adhuc fuit additamentum, quod debet esse notum, hoc videlicet quod si cum dominis suis aut cum quibuslibet aliis viris guerram habuerunt, qui partem suam a molendino rapere velint, si, ut determinatum est, in molendino parata fuerit, et præsvalens hostis eam rapuerit, aliquis eorum a monachis nullam redditionem exigebit.

Hoc donum sic determinatum hi duo fratres Waszo et Willelmus109 super altare Sti Martini posuerunt, concedentibus dominis suis68 Waszone et Pagano de quorum tenebant feodo. Hoc etiam concessit predictus Waszo et Paganus, ut quicquid Waszo et Willelmus frater ejus vellent dare Sto Martino de feodo suo, stabile et firmum habetur.

()

Postea vero Willelmus frater Waszonis dedit Sto-Martino sex solidos census ad Pontem Hebaldi105 pro anima sua.

Horum donorum testes fuerunt hi : Walterius major36, Hugo serviens suus ; Herleboldus, Hugo de Aneto13, Walterius de Nuisiaco, Hugo porcherius, Rotgerus sartor, Hugo brito, Leudo sartor, Herbertus, Maugerius, Gaufredus cocus, Teodericus pistor, Stephanus mariscaldus, Mainardus Firmatus, Fulcuinus et Odo frater ejus, Haimo faber, Warnerius mercator, Gerbertus, Willelmus cementarius et Rotbertus filius ejus, Drogo et Herluinus servi Sti Martini, Yvo cocus, Walterius de Vitri35, Landricus, Teudo major109, Rotbertus filius Letardi, Balduinus de Sto-Clodoaldo.


108 Dugny, ca. Aubervilliers, ar. St-Denis (Seine).
109 La notice 48 nous fait connaître le surnom de ces deux frères, dont l'aîné, Gasce, se fit moine à St-Martin-des-Champs en 1094. Ils n'avaient qu'une part du moulin ; l'autre moitié fut donnée aux moines par Agnès, sœur de Pierre Sanglier. — La donation d'un cens à Pontiblon est postérieure à la substitution de Thion comme maire de Noisy-le-Grand, à son frère Gautier, ce qui se fit entre 1102 et 1105. Gautier avait assisté à la cession du moulin : on a réuni, pour abréger, les témoins des deux actes.
68 Le chanoine Vougrin, chancelier de Paris dès 1085, remplaça en 1097 Dreux de Mello archidiacre de Parisis, donateur en 1087 de l'église de Marolles en-Brie à St-Martin-des-Champs (nº31). Le nécrologe de St-Martin-des-Champs, note au 4 novembre Wulgrinus archidiaconus. Il était encore en charge en 1105 (A. N. LL 47, fol. 65). Guillaume l'avait remplacé dès 1106 (Duchesne, Hist. de Montmorency, preuves, p. 68) comme archidiacre de Parisis (nº119 infrà).
105 En marge : Pontiblon (le Pont-Yblon, h. de Bonneuil, ca. Gonesse).
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
35 Vitry-sur-Seine, ca. Ivry-sur-Seine, ar. Sceaux.

Deux chevaliers frères, Gasce et Guillaume Tranchebise, donnent leur aleu de Noisy-le-Sec, le premier en se faisant moine, le second après son décès ; celui-ci acquiert le droit de sépulture, s'il meurt à moins d'un jour de chemin du monastère.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 41, nº 90.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibusf. et p. quod Waszo Truncaventum109 cognomento, et Willelmus frater ejus, hoc idem cognomen habens vulgo, apud Nuisiacum Siccum110 simul habebant alodium ; quorum unus, Waszo videlicet, selpsum reddens Deo in æcclesia Sti Martini de Campis, monachus effectus, partem suam eidem æcclesiæ dedit in hereditatem, ut habere posset vitam æternam. Alter vero, Willelmus scilicet, libenter concessit, et partem reliquam que sibi competebat, post suum decessum supradicte æcclesiæ Sti Martini dedit. Tunc quidem prudens miles, memor anime suæ, addidit quoddam sibi utile, scilicet ut si infra iter unius diei moreretur, ad æcclesiam a senioribus sepeliendus deportaretur, ut per orationes eorum de peccatis suis veniam consequi mereretur. Dedit vero et aliud supradictus Waszo Sti Martini æcclesiæ, quod huic cartule, ne oblivioni daretur, placuit inserere : septem quadrantes et dimidium vinee ad villa que dicitur Villaris111, concedente Willelmo fratre suo, unde solvuntur Rodulfo Bello111 xv denarios. Hujus rei testes sunt : Rodulfus filius Rosce, Odo Aculeus frater ejus42, Odo Truihuns112.

Sed quia non sufficiebat hæc concessio, Wiltelmus de quo diximus ad æcclesiam Sti Martini veniens, in capitulo societatem recepit, et donum super sanctum altare posuit, testibus his : Helgoto et Drogone nepote ejus, servis æcclesiæ ; Bernardo de Aneto13, Drogone fratre Laurentii, Herberto filio Anselmi, Ebrardo serviente Frerici camerarii214, Ascelino de Nuisiaco110, Goscelino carpentario, Hilduino fratre Malgerii, Bernardo parmentario et Frerico.

Hoc factum est tempore Philippi regis .


109 La notice 48 nous fait connaître le surnom de ces deux frères, dont l'aîné, Gasce, se fit moine à St-Martin-des-Champs en 1094. Ils n'avaient qu'une part du moulin ; l'autre moitié fut donnée aux moines par Agnès, sœur de Pierre Sanglier. — La donation d'un cens à Pontiblon est postérieure à la substitution de Thion comme maire de Noisy-le-Grand, à son frère Gautier, ce qui se fit entre 1102 et 1105. Gautier avait assisté à la cession du moulin : on a réuni, pour abréger, les témoins des deux actes.
110 Noisy-le-Sec, ca. Pantin, ar. St-Denis (Seine).
111 Villiers-le-Bel, ca. Ecouen, ar. Pontoise. Ce village a pris son nom de la famille Le Bel, branche des Montmorency, dont le chef fut Raoul le Bel cité dans cette notice (Voir nº121, infrà).
42 Sur les « Aiguillon » du pays chartrain, cf. Depoin, Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 351.
112 Eudes Troyon. « Hugo Truio » figure dans la notice 92.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
214 Le chambrier Ferri cité dans deux notices de St-Martin des Champs en 1094 (nº48) et 1099 ne se distingue pas du Fredericus camberlanus qui souscrivit, entre 1101 et 1106, un diplôme par lequel Philippe Ier interdit au prévôt de Paris de lever sur les hommes du roi, à Bagneux, d'autres exactions que les amendes légales, et qui dispense ces hommes du service de l'ost (M. Prou, Actes de Philippe Ier, nº 153, pp. 385-386). Il est dénommé Fredericus cubicularius dans une notice de N.-D. de Longpont dont les synchronismes permettent de fixer la date au début de 1108 (Ms. lat. 9968, nº 42 et fol. 9, éd. Marion, p. 19 ; cf. Luchaire, Institutions monarchiques, t. I, p. 174, note 6). Les qualifications de camerarius, camberlanus, cubicularius, données pour ainsi dire indifféremment au même personnage, montrent que Ferri, chambellan du roi, était en fait un sous-chambrier, placé sous l'autorité du grand officier qualifié camerarius par la chancellerie royale. M. Prou l'a justement remarqué dans son Introduction aux Actes de Philippe Ier (P. clii-cliii). La traduction « cubiculaire » est un expédient qui ne satisfait point aux exigences du langage roman qu'on parlait à la cour de Philippe Ier ; elle ne répond à rien de contemporain. D'ailleurs les attributions du chambrier s'étaient étendues, comme M. Prou le constate, « de la garde du trésor à tout ce qui concernait le gîte du roi, l'ameublement et l'entretien du palais ". Il est permis de le considérer comme un majordome : » cette hypothèse est corroborée par la qualification de magister domus regiæ, appliquée au chambrier Galeran « en 1071 (Ib. nº 55, p. 147).
a L'année 1094 correspond à l'indiction 2.

Rembert Cholet donne à St-Martin-des-Champs une terre à Gouillons pour y installer des moines et des hôtes, en nombre convenable pour la cultiver, sous la condition que les hôtes n'iront pas travailler ailleurs tant que le sol concédé pourra leur suffire. Consentement de Pernelle, femme de Rembert et de leurs fils Germond II et Clérembaud.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum fol. 20, nº 42.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus omnibus t. p. q. f. quod Raimbertus Caulis113, concedente uxore sua Petronilla et filiis suis Germundo atque Clarembaldo in villa que vulgo Gouillun apellatur114 sinistram partem æcclesiæ dedit Sto Martino de Campis, terram ad hospitationem monachorum, et ad hospitandos hospites quinquaginta domibus atque ortis sufficientem, et ab omni consuetudine solutam atque quietam. Subsequente igitur tempore, ad dexteram partem æcclesiæ, dedit æcclesiæ Sti Martini hospites jam antea hospitatos, et deinceps quantoscunque mona(chi) ejusdem ecclesiæ in occupatione ville retinere possent ; extra occupationem autem ville, absque ejus licentia nullos ad hospitandum retinerent.

Dedit etiam furnum ipsius ville, retenta sibi solummodo in hoc subsequenti domo, vicaria atque banneria, eo videlicet tenore ut rustici ejusdem ville quamdiu de illius terra satis haberent, nullam aliam excolerent.

In dominio autem suo, ad edificandam domum suam, aream unam retinuit, et aliam ad reponendos fruges suos, hospitationem etiam cujusdam rustici nomine Hilduini. Campi autem partem rustici usque Carnotum sibi deferent.

Factum est autem hoc donum, concedente domno Nevelone115 de cujus beneficio terra illa est. Ex parte Sti Martini, hujus rei testes sunt : Haimardus, nepos Hugonis filii Balduini, Fulco filius Helene, Frodo pelletarius, Fulco de Tornaco, Otrannus, Ebroinus, Petrus, Haimo, Engelmerus, Rotbertus de Freenvilla117, Ulbertus Ira-Dei, Goscelinus pelletarius.

Ex parte autem Nevelonis atque Raimberti : Ansoldus filius Godescalli, Willelmus filius Ansoldi116, Albertus de Fraxneto117, Gillebertus Amasans-Bonum, Odo de Foilosa117, Warinus de Peivilerio117, Walterius filius Teoboldi.


113 Surnom dont la traduction Cholet s'impose, d'après un accord de 1216, où Guillaume Cholet et sa femme Eustachie reconnaissent à St-Martin un plein droit de justice sur la moitié du village de Gouillons (Arch. nat., LL 1351, fol. 122). « Germundus Caulis » et son frère Rainaldus souscrivent à Orléans en 1061 un diplôme de Philippe Ier pour la fondation du prieuré de Crot par Gasce de Châteauneuf-en-Thimerais. Ce Germond I sans doute père de Rembert, dont le fils aîné se nomme Germond II, peut se rattacher lui-même au chevalier Rembert, qui suivit Henri Ier au siège de Thimert en 1058 (Arch. nat., LL 1024, fol. 45).
114 Gouillons, ca. Janville, ar. Chartres.
115 Nivelon III de Fréteval, marié à une fille de Guaimar de Lavardin, nièce, par Marie sa mère, d'Engebaud Le Breton de Vendôme et de Barthélémi, archevêque de Tours qui mourut en 1067 (Cf. ms. lat. 17129, fol 305). — Les moines de Cluny occupent déjà St-Martin lors de cette donation, elle est donc de 1079 au plus tôt. — Hugues, beau-frère de Nivolon III, est cité dans une notice postérieure à 1096 (nº77).
117 Frainville, éc. Prunay-le-Gillon, ca. Chartres. — Fresnay-le-Gilmert, ca. Chartres. — Feuilleuse, ca. Senonches, ar. Dreux (Eure-et-Loir). — Bévilliers, éc. Choisel, ca. Chevreuse, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
116 Guillaume, fils d'Ansoud, fut assassiné le 11 juin 1094. Son père abandonna, pour le repos de son âme, à St-Père de Chartres, ses droits de voirie à Dammarie (Ms. 1038 de la Bibl. de Chartres. — Coll. Moreau, XXVII, 172).
117 Frainville, éc. Prunay-le-Gillon, ca. Chartres. — Fresnay-le-Gilmert, ca. Chartres. — Feuilleuse, ca. Senonches, ar. Dreux (Eure-et-Loir). — Bévilliers, éc. Choisel, ca. Chevreuse, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
117 Frainville, éc. Prunay-le-Gillon, ca. Chartres. — Fresnay-le-Gilmert, ca. Chartres. — Feuilleuse, ca. Senonches, ar. Dreux (Eure-et-Loir). — Bévilliers, éc. Choisel, ca. Chevreuse, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).

La dame Heudiarde de Gonesse donne, après sa mort, sept arpents de terre situés sur le chemin allant de Gonesse à Montmorency. Ses fils Eudes et Maingaud y consentent, ainsi que leurs sœurs Marie et Erembour, Aszon, mari de celle-ci, et Emmeline, femme de Maingaud. Le moine Hugues, frère d'Eudes et de Maingaud, reçoit ce don pour le couvent.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 4-5, nº 8.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibus futuris et presentibus quod Hildiardis de Gonissa dedit æcclesiæ Sancti Martini de Campis septem arpennos terre ad pontem destratoriuma ubi est mansio duorum hospitum et ortus ipsius domne Hildiardis que in vita sua sibi retinuit ; post decessum suum eidem æcclesiæ relinquit. Hospites autem arpenni illius tres solidos, duos denarios minus, solvunt æcclesiæ Sancti Martini. Quatuor autem sunt in via que ducit ab Gonissa ad Montem Maurincium et duos tenet vir quidam, Gulbertus nomine, filius Joszonis, ad censum xv denariorum.

Volens itaque prudens mulier omnem calumpniam amovere, quoddam addidit utile, quod huic cartule placuit scribere, scilicet ut sicut de hac terra cum ceteris terris suis communem censum suum solvebat, ita dum viveret et ipsa solveret, et decessores sui qui sua post se possessuri erunt, eundem censum sicut ipsa solvebat, et ipsi solverent.

Hoc concesserunt Odo et Maingodus filii sui, et Maria et Erenrurgis filie, heredes scilicet possessionum matris sue.

Hoc quidem et alia vice concesserunt Odo et Maingodus in capitulo Sancti Martini coram omni congregatione, recepta seniorum societate, ac donum posuerunt super sanctum altare, pro animarum suarum salute.

Accidit autem postea, Deo annuente, transacto aliquanto tempore, quod Maingodus, de quo superius diximus, dedit æcclesiæ Sancti Martini apud Gonissam tres quadrantes terræ in qua manent duo hospites, solventes æcclesiæ Sancti Martini xvi denarios et unum sextarium avene, et duos panes, duosque capones. Hoc concesserunt Paganus et Juliana141 a quibus terram illam Maingodus tenebat, et uxor ejus Emmelina, et frater ejus Odo de Gonissa. Quod factum est per manum domni Hugonis monachi, fratris Maingodi et Odonis.

Hujus rei testes sunt : Aszo sororius Maingodi118, Willelmus et Gilbertus fratres, Johannes Pavonellus, Martinus et Durannus, cognati eorum, Burdinus de Silvanecti, Hermerus de Vitella27.

Hoc factum est temporibus Urbani pape et Philippi regis Francorum, Gaufrido Parisiensi episcopo adhuc vivente, domno Hugone Cluniacensi existente abbate, domno Urso de Campis priore .


a Le Pont-aux-Destriers.
141 Roissy, ca. Tournan, ar. Melun. Cette localité et les précédentes se retrouvent plus tard aux mains des membres de la maison de Garlande. La possession de terres voisines de Tournan par cette famille rend toute naturelle l'alliance qui fit passer plus tard dans une de ses branches la seigneurie même de Tournan.
118 Sur Eudes I de Gonesse, voir la notice 80. — Aszon avait épousé Emerbour, fille d'Heudiarde ; Marie épousa plus tard Hugues. Aszon est sans doute le panetier du roi cité en 1093 (nos44 et 46) qualifié dispensator regis (nº25) parce qu'il distribuait les aumônes de la table royale aux pauvres. Le pain de Gonesse était le plus recherché, à cause de la qualité particulière de l'eau dont se servaient les boulangers. (Mém. de la Soc. hist. du Vexin, t. XI.)
27 Vittel, faubourg de Senlis.

Iterum notum fieri volumus Xristi fidelibus quod Hugo de Gonissa et uxor ejus Maria dederunt æcclesiæ Sancti Martini de Campis septem arpennos terræ, quorum quatuor sunt in via que ducit ab Gonissa ad Montem Maurincium, tres vero ad locum qui Olcas noncupatur ; hujus rei facientes donum in supradicta æcclesiæ Beati Martini, super sanctum altare ipsius sancti.

Testes advocati sunt : Warinus frater majoris ; Helgodus servus æcclesiæ; Drogo nepos ejus ; Tetbaldus faber ; Oelardus de Gonissa.

Notum fieri volumus Xristi fidelibusf. et p. quod Milo et uxor ejus Odelina dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis novem arpennos terræ ad locum qui dicitur Olcas, facientes donum in supradicta æcclesia, super altare sanctum. Cui rei dent testimonium qui adfuerunt : Drogo scilicet, servus æcclesiæ ; Bernardus parmentarius,Poncius decanus de Nuisiaco119, Rotgerius sartor, Teobaldus faber, Milo de Calloaco120, Frotbertus Rufus, Walterus de Milliaco121, Herleboldus servus æcclesiæ, Petrus fïlius Wiardi.


119 Ebrard, qualifié « decanus de Nuisiaco » en 1088, avait alors pour fils Ponce (nº32 supra) qui lui succéda. Il eut aussi un autre fils, Godard, qui fut doyen de la communauté des hommes de Noisy à son tour.
120 Chalou-Moulineux, ca. Méréville, ar. Étampes.
121 Milly, chef-lieu de ca., ar. Étampes. — Gautier de Milly est le cinquième fils d'Adam de Milly qui, vers l'an 1095, donna à N.-D. de Longpont ce qu'il possédait à Champlan (Cartul. de N.-D. de Longpont, édit. Marion, p. 195. — Oscar de Poli, Inventaire des titres de la maison de Milly, p. 44, nº 25).

Raoul II Deliés de Pontoise et sa femme Hahuis donnent à Saint-Martin l'autel de Méru, du consentement de leurs deux fils, Raoul III et Henri.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 24', nº 54.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit omnibus Xristi fidelibus tam futuris quam presentibus quod Radulfus Delicatus de Ponte Isare et Hahuis uxor ejus dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis altare de Meruaco122 et atrium et quicquid ad hoc altare pertinebat, et quicquid in æcclesia habebant, concedentibus filiis eorum Radulfo et Henrico.

Hujus rei testes sunt : Hermerus de Ponte Isare, Wido prefectus122 ; Willelmus, Hugo, Ivo de Croteiaco123 ; Warnerius, Wido, sacerdotes : Hugo filius Warnerii134, Paganus filius Stephani154, Hildegerius de Greva ; Balduinus Bellus111, Henricus homo ejus.

De servientibus æcclesiæ : Walterius major, Teudo frater ejus36 ; Odo bubulcus, Poncius de Nuisiaco119 ; Walterius de eadem villa ; Joscelinus, Teodericus pistor ; Leudo sartor, Ansoldus corvesarius, Haimo faber ; Walterius de Cersella104 ; Arnulfus filius Givardi ; Hugo brito, Girardus, Hubertus carpentarius ; Herbertus sartor ; Herleboldus.


122 Méru, ar. Beauvais. — Cette donation fut faite du vivant d'Hermer de Pontoise, premier mari de Comtesse, fille de Raoul et d'Hahuis. Comtesse était remariée dès 1096 à Gautier Payen, vicomte de Meulan. Le prévôt Gui, fils d'un premier mariage d'Hermer, est cité en 1092 et 1093. — Il n'est pas question d'Agnès, autre fille de Raoul, qui épousa depuis Bouchard IV de Montmorency, Henri, fils de Raoul II, est cité en 1093 avec lui (Cartulaire de St-Martin de Pontoise, pp. 27, 248, 295). D'autre part, l'autel de Mareio est compris dans la bulle d'Urbain II, le 14 juillet 1096.
123 Crouy, ca. Neuilly-en-Thelle, ar. Senlis.
134 Garnier de Paris (dit aussi de Braine et de Dreux). Cf. Aug. Longnon, Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris, 1879, p. 140. — Il est la tige des seigneurs de Gentilly, de Brunoy, etc. Garnier II de Paris, fils de Garnier I, eut, entre autres enfants, Hugues, seigneur de Gentilly et de Brunoy. Ce Hugues, qui vivait en 1138, qualifie de neveu (nepos) Soudan de Massy (A. N. K 22, nº 98 ; K 23, nos 38 et 616). Soudan (Sultannus) était le surnom de Geofroi, fils de Bouchard de Massy et d'Elisabeth (nº69 et note 291). Il le tenait d'un grand-oncle maternel, Soudan de Paris, fils de Garnier I, cité en 1099 (nº86).
154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12 supra ; Cf. note 268) et peut-être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neveu Jean. Payen, fils d'Etienne, est témoin pour Raoul Déliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus films Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
111 Villiers-le-Bel, ca. Ecouen, ar. Pontoise. Ce village a pris son nom de la famille Le Bel, branche des Montmorency, dont le chef fut Raoul le Bel cité dans cette notice (Voir nº121, infrà).
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
119 Ebrard, qualifié « decanus de Nuisiaco » en 1088, avait alors pour fils Ponce (nº32 supra) qui lui succéda. Il eut aussi un autre fils, Godard, qui fut doyen de la communauté des hommes de Noisy à son tour.
104 Sarcelles, ca. Ecouen, ar. Pontoise (S.-et-O.). — Gautier de Sarcelles figure dans la donation de Dreux Reille vers 1105 (nº101).

Rotgerius Jacob, canonicus Sti Mellonis, pro salute sua et parentum suorum, concessit Sto Martino de Campis domum suam post obitum suum, et mediam partem omnium rerum quas domus ipsa tunc continebit ; ita tamen ut reddat predicto loco in majori solennitate sancti, v solidos pro recognitione.

Testes hi affuerunt : Paganus archidiaconus124, Hubertus clericus ; Bernerius clericus, Albericus capellanus Sancti Petri125 ; Herchenfredus miles de Sancto Andrea, Warinus monetarius, Drogo monetarius126, Herbertus de Montegeroldi127, Waldricus bolengerius, Geroldus et Albertus, pelliciarii.


124 Payen est un archidiacre de Pontoise, dont la juridiction s'étendait sur l'enceinte fortifiée de la ville et les villages voisins d'Ennery, Genicourt, Livilliers, Osny et Puiseux. Les deux clercs Hubert et Bernier appartiennent apparemment à son officialité. La présence de Bernier aux obsèques de Hahuis Deliés, le 17 décembre 1099, peut donner une indication sur la date approximative de cet acte et du nº57 infra.
125 St-Pierre de Pontoise, prieuré dépendant de l'abbaye du Bec-Helloin, dès le début du xiie siècle. Le chapelain Aubri, prêtre séculier, est cité dans la notice suivante.
126 Guérin et Dreux sont les deux plus anciens monnayeurs de Pontoise dont les noms nous soient parvenus. De nombreux deniers d'argent frappés à Pontoise sous Louis VI et Louis VII ont été conservés (Léon Thomas, Numismatique pontoisienne).
127 Montgeroult, ca. Marines, ar. Pontoise.

Hubertusa clericus de Ponte Isare, pro redemptione animæ suæ, dedit Sto Martino de Campis unum hospitem juxta domum Gamelini, qui debet reddere xii denarios census singulis annis, et rotagium et foragium, et sanguinem, et bannum, et omnem consuetudinem quam hospes debet. Hoc donum concesserunt uxor ejus et infantes eorum, et Helinandus nepos Huberti, de cujus fevodio hospes erat. Hoc donum recepit Bernuinus monachus ad honorem Sti Martini.

Hi fuerunt testes : Radulfus Delicatus, Albericus presbyter125, Warinus Belsarius, Willelmus frater ejus, Radulfus brito, Jordanis et Drogo, homines Gualterii Tirelli128.


a B Aubertus. La correction s'impose en raison de la notice précédente et du passage relatif à la confirmation par Elinand. Pour Aubert, le Liber Testamentorum emploie toujours la forme Albertus.
125 St-Pierre de Pontoise, prieuré dépendant de l'abbaye du Bec-Helloin, dès le début du xiie siècle. Le chapelain Aubri, prêtre séculier, est cité dans la notice suivante.
128 Gautier Tirel, châtelain de Poix en Amiénois et de Pontoise, habitait dans cette dernière ville, dès 1102, sur le versant N.-E. de la colline du château, un manoir fortifié que s'est appelé l'hôtel de Poix, puis l'hôtel d'Orgemont, lorsqu'il fut acquis par le chancelier de Charles V (Cartulaire de St-Martin de Pontoise, pp. 39, 452).

Odo de Charfentolio dedit Sto Martino de Campis, pro salute anime sue, predium suum, dimidium scilicet arpentum vinee, et domum suam. Hoc arpennum dimidium habebant in vadimonium Willelmus Belsiarius et Hugo filius Roscelini, pro quinquaginta solidis, quos solidos concessit uterque Sto Martino post decessum suum.

Hi fuerunt testes : Rodulfus Delicatus, Oddo Vasleth129 et Hugo filius ejus ; Wido prepositus122 et Helinandus ; Willelmus et Warinus Belsiarii ; Walterius de Botuncort130 ; Walterius de Aneto143 ; Herbertus de Montegeroldi127.


129 Eudes le Valet, souvent cité dans le Cartulaire de St-Martin de Pontoise, (pp. 15, 16, 161), Son fils Hugues est la tige des seigneurs d'Osny, ca. Pontoise. Cette famille a possédé aussi la seigneurie de Genicourt, même canton.
122 Méru, ar. Beauvais. — Cette donation fut faite du vivant d'Hermer de Pontoise, premier mari de Comtesse, fille de Raoul et d'Hahuis. Comtesse était remariée dès 1096 à Gautier Payen, vicomte de Meulan. Le prévôt Gui, fils d'un premier mariage d'Hermer, est cité en 1092 et 1093. — Il n'est pas question d'Agnès, autre fille de Raoul, qui épousa depuis Bouchard IV de Montmorency, Henri, fils de Raoul II, est cité en 1093 avec lui (Cartulaire de St-Martin de Pontoise, pp. 27, 248, 295). D'autre part, l'autel de Mareio est compris dans la bulle d'Urbain II, le 14 juillet 1096.
130 Bouttencourt, ca. Gamaches (Somme). Des personnages portant ce surnom figurent dans le Cartulaire de St-Martin de Pontoise (pp. 6, 7).
143 Vassal de Hugues, comte de Dammartin, qu'il assiste lors de la fondation de St-Leu d'Esserent en 1081, Gautier I, seigneur d'Aulnay, est la tige d'une famille qui prit peu à peu une assez grande importance. Ses descendants, sénéchaux héréditaires du comté de Dammartin, obtinrent à la fin du xiiie siècle des charges de cour. Deux d'entre eux, les frères Philippe II et Gautier IV d'Aulnay, subirent un supplice cruel comme convaincus d'adultère avec deux des belles-filles du roi Philippe le Bel. Pierre d'Aulnay, fils aîné de Gautier I, fut avec son père témoin de la donation de Foulques d'Annet (nº24, vers 1083). Ayant molesté les hôtes de St-Vincent de Senlis à Blancmesnil, Pierre, mandé à la cour de Louis VI, dut renoncer à ses exactions (1113, après le 3 août). Sa femme Hélisende, ses fils Raoul et Gautier II, sa fille Mahaud et son frère Philippe I d'Aulnay consentirent à cet abandon (Luchaire, Louis VI, nº 164).
127 Montgeroult, ca. Marines, ar. Pontoise.

Monachi Sti Martini de Campis vendiderunt domum domni Geraldi cuidam clerico nomine Bernerio de Pontesia et acceperunt quadraginta solidos et unum palefredum, ea videlicet conventione ut, post obitum suum, eadem domus in dominio Sti Martini reverteretur cum omni mobili censu qui inventus fuerit in eadem domo, et, si qua fuerit, ejusdem domus emendatio. Si autem idem Bernerius voluerit effici monachus, quocumque eat, domus ipsa in dominio Sti Martini erit.

Hujus rei testes sunt : Rodulfus Delicatus, Rodulfus filius ejus, Henricus frater ejus122, Amalricus de Les, Helinandus filius Gisleberti, Isembardus faber, Adam pelliciarius, Willelmus li Beaussiers et Warinus frater ejus. Hoc donum et hæc conventio facta est in curia Sti Mellonis, exeunte processione die dominica.


122 Méru, ar. Beauvais. — Cette donation fut faite du vivant d'Hermer de Pontoise, premier mari de Comtesse, fille de Raoul et d'Hahuis. Comtesse était remariée dès 1096 à Gautier Payen, vicomte de Meulan. Le prévôt Gui, fils d'un premier mariage d'Hermer, est cité en 1092 et 1093. — Il n'est pas question d'Agnès, autre fille de Raoul, qui épousa depuis Bouchard IV de Montmorency, Henri, fils de Raoul II, est cité en 1093 avec lui (Cartulaire de St-Martin de Pontoise, pp. 27, 248, 295). D'autre part, l'autel de Mareio est compris dans la bulle d'Urbain II, le 14 juillet 1096.

Historique de l'érection d'une chapelle de secours. Une noble dame, sœur d'Hervé de Montmorency, qui s'était retirée d'abord au cloître de St-Paul de Beauvais, l'avait quitté, d'accord avec l'abbesse, pour aller habiter Ezanville, domaine qu'elle avait donné au couvent ; devenue trop souffrante pour suivre les offices à l'église paroissiale d'Ecouen, elle veut édifier un oratoire privé ; l'évêque de Paris, Geofroi de Boulogne, et l'archidiacre de Parisis, Dreux, le lui permettent ; le curé d'Ecouen, Robert, après s'y être opposé, finit par consentir, sous réserve qu'aucune messe ne serait dite dans cet oratoire aux principales solennités, ni à la fête de saint Acheul patron d'Ecouen, et que les épousailles et les relevailles se célébreraient à la paroisse.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 32, nº 71.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Post domini nostri Jhesu passionem et suæ gloriose mortis resurrectionem, in universis gentibus predicatio successit profutura, ita ut, fide Xristi crescente, multi esse martires sive confessores meruerunt. Nec mirum quia illis aderat cor unum et anima una, et erant eis omnia communia ; de quibus dicitur : « Laudemus viros gloriosos. »

Ad eorum, nostris in temporibus, societatem quedam matrona tetendit, ingenua natalibusa regni Francorum ac probis moribus generosa ; et ut cum fratre soror, cum patre scilicet Herveo Burchardi Montismorenciaci, genealogiam duxit.

Audierat enim Dominum dicentem : « Nisi quis renuntiaverit omnibus quæ possidet, meus esse non potest discipulus ». Propter quod omne quod sibi aderat proprium dereliquit, et ut Xristi pauper fieri posset, cenobium Stæ Mariæ et Sti Pauli adiit, ibique sanctimonialis effecta, se totam ad Deo serviendum optulit. Sed, non post multos dies, ibi communi consilio decretum est ut ad quandam villam que vocatur Aysenvilla131, quam in alimoniis sanctimonalium suæ dederat æcclesiæ, obedienter permansura remearet. Sic illa, prout sibi permissum fuit, peregit. Tum denique, propter corporis infirmitatem et annorum suorum pluralitatem, cotidie ad æcclesiam ire non poterat, obedientiam sibi impositam ut onus importabile graviter sustinebat Igitur, Deo opitulante, Spiritus Sancti gratia admonente, Gaufredum Parisiensis æcclesiæ episcopum18 ac Drogonem archidiaconum, misericordiam deprecatura, requisivit ut, eorum assensu, quoddam oraorium facere posset ; in auribus oculisque eorum multimodo deploravit132

At illi continuo assensum dederunt, eo tenore si a sacerdote Rotberto qui æcclesiæ preerat, impetrare potuisset. Que audiens, leta rediit, et ad sacerdotem quantocius perrexit ; eique rem quam impetraverat per ordinem enarravit. Quibus auditis, sacerdotis animus perturbatus extitit.

In futurum precavere cœpit, matris æcclesiæ ne perderet timens, modis quibuscumque potuit contradixit. Verum ubi animum episcopi et archidiaconi cognovit, illius jussioni non resistit, sed dixit se concessurum, si mater æcclesia beneficia que a primordio optinuerat, non amiserit. Quod ex utraque parte concessum est, tali conventu quod in illa æcclesia, in missa a populo non audiretur, neque cantaretur, neque in octavis Domini, neque in Apparitione, neque in , neque in , neque in , neque in æcclesiæ, neque in , neque a quinta feria ejusdem septimane usque ad secundam feriam subsequentis ebdomade, nec , nec in et in die , neque in et defunctorum ; neque sponsus cum sponsa benedictionem acceperit, neque mulier post partum ad purificationem venerit. Et quicumque conventus hos tales violare voluerit, gladio anathematis, nisi resipuerit, percutiatur. Et hujus talis conventus testes fuerunt : Gaufredus episcopus18, Drogo archidiaconus79, Rotbertus presbiter, et alii quamplurimi. Laici vero : Otto major, Arnulfus frater ejus, Goifridus, Drogo, Grinbertus, Ermenfridus, Drogo miles, Airidus et ceteri quamplures .


a B natabus.
131 Ezanville, ca. Ecouen, ar. Pontoise (Seine-et-Oise).
132 Nous avons dû, nous en tenant aux indications strictes de la notice que nous a transmise le Liber Testamentorum, prendre comme limites de la période où les événements relatés se sont passés, d'une part la nomination de Dreux comme archidiacre (1067), de l'autre le décès de l'évêque Geofroi (1er mai 1095). Mais si l'on fait état d'indications contenues dans une Histoire de l'abbaye de St-Paul de Beauvais par l'abbé Deladreue (Mémoires de la Société académique de l'Oise, t. VI, p. 57), le terme final serait ramené au 21 octobre 1082, jour où mourut Adélaïde, abbesse de Saint-Paul. « Ce fut de son temps, dit-il, et vers l'an 1080 que fut fondé, sous son obédience, le prieuré d'Ezanville, près Ecouen. La terre de ce nom avait été donnée à l'abbaye par Bouchard III de Montmorency, lors de l'entrée en religion de l'une de ses filles en cette maison. Comme cette terre était très importante et nécessitait de continuels et longs voyages pour la régir, l'abbcsse se décida, pour éviter ce va-et-vient, à y envoyer quelques religieuses chargées de veiller sur l'exploitation, et d'en percevoir les revenus et les droits seigneuriaux. Ces religieuses devaient vivre dans la même régularité monastique qu'à St-Paul, et sous la conduite d'une prieure nommée par l'abbesse. Ce fut naturellement la mère de Montmorency qui eut cette charge. Elles s'installèrent dans le manoir seigneurial et y vécurent tranquillement, se rendant pour les offices à l'église d'Ecouen. C'était tous les jours un trajet assez long et parfois pénible à faire ; aussi ne tarda-t-il pas à fatiguer d'autant plus qu'il nuisait à l'esprit de recueillement des religieuses et devenait difficile pour la mère prieure, que des infirmités tourmentaient. L'abbesse Adélaïde, alors, intervint et sollicita de l'évêque de Paris l'autorisation de construire une église dans l'enceinte et pour le service du prieuré d'Ezanville. Geofroi de Boulogne, qui occupait alors le siège de Paris (1061-1095), et dans la dépendance duquel était situé cet établissement, accorda l'autorisation après avoir consulté Robert, le curé d'Ecouen, mais à la condition que les habitants du village d'Ezanville ne pourraient y assister à la messe les jours de Noël, de l'Epiphanie, de la Purification de la Ste Vierge, des Cendres, des Rameaux, du Jeudi-Saint et jours suivants, jusqu'au lundi de la Pentecôte, de la Toussaint, de la Commémoration des morts, de la fête du patron d'Ecouen et de l'anniversaire de la dédicace de l'église de ce lieu, et qu'ils seraient en ces jours tenus d'aller entendre la messe à Ecouen ; que, de plus, aucun baptême, ni aucun mariage ne pourrait être fait dans l'église d'Ezanville, au préjudice du curé d'Ecouen, sous peine d'excommunication. L'abbesse accepta ces conditions et le prieuré eut son église. — Adélaïde survécut peu à la fondation de cet établissement ; elle mourut le 21 octobre 1082, après avoir sagement régi pendant 21 ans son abbaye. « On remarquera, dans ce récit, des divergences sensibles avec le texte de la présente notice, qui attribue notamment la donation d'Ezanville à la sœur d'Hervé, et non pas à leur père Bouchard III. L'auteur, assez avare de citations, n'indique point ici ses sources ; il ne fait allusion à l'existence d'aucune autre que le fonds conservé aux Archives de l'Oise, qui n'est point inventorié, et une Histoire manuscrite rédigée par les religieuses d'après des documents et des traditions que nous ne pouvons contrôler, l'abbé Deladreue ayant laissé ignorer en quelles mains se trouvait le premier volume de cet ouvrage. Aux pièces justificatives il n'y a rien qui intéresse Ezanville, si ce n'est une bulle confirmative des biens de St-Paul donnée par Innocent IV en 1245 où on lit : « Domum de Essenville et medietatem ville ejusdem loci. » (Mém. Soc. ac., VI, 479). Le texte du Liber Testamentorum, qualifiant la sœur d'Hervé père de Bouchard IV « matrona », atteste qu'elle était veuve — ce dont on ne se douterait pas en lisant le récit de l'abbé Deladreue. Qu'on nous permette une hypothèse. Hervé de Montmorency avait eu la tutelle de Guillaume de Gometz, fils de Guillaume et d'Auberée (Alberada). Ce jeune homme aussitôt émancipé donna l'église de Gometz-le-Châtel à St-Florent de Saumur, abbaye à laquelle Hervé avait offert celles de Deuil, Gonesse, Verneuil et St-Marcel de Paris. Cela se fit le 25 mai 1081 ; Auberée était encore vivante (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 4esérie, t. III, p. 387). Le pupille d'Hervé ne fut autre, croyons-nous que son neveu. Une étroite affinité peut seule expliquer le choix de ce tuteur (de préférence à des agnats), et de communes sympathies pour cette congrégation de Saumur, si éloignée du Parisis. Auberée, considérée comme sœur d'Hervé, pourrait être la « matrona » qui, l'éducation de son fils terminée, se retira dans un milieu où elle était sûre de rencontrer les soins dévoués qu'exigeait sa constitution valétudinaire. La chapelle d'Ezanville fut dédiée à Notre-Dame. D. Marrier (Monasterii S. M. de C. historia, p. 470) la signale comme une succursale de St-Acheul d'Ecouen.
79 Dreux, archidiacre du Parisis, était seigneur féodal de Marolles. Nous retrouverons l'archidiacre de Brie, Dreux II de Mello, possesseur de cette seigneurie en 1117.

Le chevalier Aubert donne, du consentement de son fils Hugues, l'autel de Sainte-Opportune de Moussy-le-Neuf à Saint-Martin-des-Champs, sur le conseil de Hugues, abbé de Cluny ; Aubert dépose la lettre du saint abbé, que le prieur Ourson fait insérer dans le manuscrit de la règle de Saint-Benoît. Bouchard IV de Montmorency, entouré de six de ses chevaliers, confirme ce don en présence du comte Gui de Rochefort.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 2-3, nº 5.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

O quama magnificis laudibus glorificandi sunt sancti patres nostri, qui nos divinis ita sollicite instruxere documentis, ut fide percepta, plebs Xristiana Dominum Deum suum videre jam cupiat in spe certa et caritate sincera. Quibus columnis fidei, scilicet spei et caritatis, firmiter affixa, aliisque quam plurimis spiritalibus documentis fideliter enutrita, Deum suum scit jam adorare et colere ; sancti vero clerici et monachi, Spiritus Sancti gratia inflamati, in scola sanctorum Apostolorum aliorumque sanctorum Patrum efficacissime edocti, ita æcclesiasticas consuetudines mentibus suis retinent inscriptas, ut die ac nocte Domino Deo suo, sine interimissione in himnis et laudibus spiritalibus sciant deservire, et cum Apostolo dicere : « Cupio dissolvi et cum Xristo esse ». Perpendentes igitur seniores nostri sancti scilicet Apostoli, et alii Patres sancti, provisores pii, quod his qui æcclesiae deservirent humana subsidia necessaria forent, eos populis preferentes constituere ut tam populus quam eorum principes æcclesiis redderent decimas et oblaciones, ut per hæc et alia donaria fieret sicut in primitiva æcclesia in qua dividebatur singulis prout cuique opus erat. Inde constitutum est ut propter scandalorum spinas et malorum calumpnias que oriri solent, que de possessionibus suis dederunt homines, cartule fiant, ut presentes et posteri sciant qui sunt datores, quid dederunt, et qualiter dederunt, sub quorum principum temporibus vel quibus testibus.

Igitur notum fieri volumus Xristi fidelibus futuris et presentibus quod Albertus miles dedit æcclesiæ Cluniacensi que fundata est in honore apostolorum Petri et Pauli, sub qua æcclesiæ Beati Martini que dicitur de Campis, æcclesiam de Monciaco que dicitur æcclesia Beate Oportune, cum atriis133 et appendiciis suis sicut clerici eam tenuerant, qui in ea deservierant.

Hoc autem fecit Albertus in communi Capitulo, cum filio suo Hugone coram domno Ursione priore et congregatione ; statimque coram cunctis qui aderant donum posuit super sanctum altare.

Hoc eciam fecit Albertus ille, consilio domni Hugonis abbatis ; nam litteras ejus libenter suscipiens, ejusque mandatis obediens, epistolam sibi ab eo missam in supradicta æcclesia Sancti Martini reliquit ; quam pro auctoritate, in libro quo continetur regula Sancti Benedicti, domnus Ursus prior inscribi jussit.

Hoc vero concesserunt qui calumpniari possent : Johannesb de Lanniaco280 et Richildis uxor ejus et Helvidis, ambe Alberti filie quibus competebat hereditario jure.

Quod hoc concesserint Johannes et Richildis testes sunt qui adfuerunt, quorum nomina hæc sunt : Albertus de quo tractamus ; Hugo filius ejus ; Nanterius de Montegaio241, Paganus, Ansellus et Willelmus de Garlanda151, Warnerius de Parisio134, Petrus Orphanus198, Petrus Singularis98, Benedictus et Warnerius fratres.

Hoc eciam concesserunt Burchardus et Rainardus. Quod et concessit Burchardus de Montemaurinciaco in sepedicta sepeque dicenda Beati Martini æcclesia : de ejus enim beneficio erat.

Hujus concessionis Burchardi testes sunt : Hugo filius Theoderici135, Odo filius Odonis, Hugo de Warenna, Ricardus filius Teoderici135, Philippus de Tresluza136, Wido de Aquaputa136, Herbertus de Vilers136.

Eorum vero qui ex parte æcclesiæ fuerunt, nomina hæc sunt : Wido comes de Rupeforti74, Hudo de Sancto Clodoaldo224, Willelmus Marmerellus, Walterius major36, Rotgerus filius ejus, Warinus et Theudo fratres ejus ; Hilgodus, Drogo nepos ejus, et Herlebodus, servi ejusdem æcclesiæ ; Walterius et Stephanus custodes equorum ; Rogerus et Rotbertus sartores ; Bernardus parmentarius, Bernardus hospitalis.

Hoc autem factum est temporibus Philippi regis Francorum et Gaufredi episcopi Parisiorum18, Hugone de Cluniaco existente abbate, Urso de Campis priore.


a B Aquam.
133 Moussy-le-Neuf en Parisis, ca. Dammartin, ar. Meaux, paroisse fort ancienne où furent transférés les corps de saint Chrodegand ou Godegrand, évêque de Séez, et de sa sœur sainte Opportune. Le premier fut transporté par Adam Ier de l'Isle en son château de l'Isle-Adam, où il bâtit une église pour le recevoir. Elle fut dédiée en 1024. Gautier de Moussy (Walterius de Monci) souscrit le diplôme de Philippe Ier pour Saint-Vincent de Senlis en 1069 (nº14). Aubert de Moussy, donateur de l'église de Sainte-Opportune, eut un fils, Hugues, et deux filles, Richeud, mariée à Jehan de Lagny, et Hélouis. Les prénoms d'Aubert et Hugues sont également associés dans les familles des châtelains d'Avon (Fontainebleau), des comtes de Clermont et des vidames de Chartres. Hugues de Moussy, fils d'Aubert, est cité en 1097 après plusieurs chevaliers de l'entourage d'Eudes, comte de Corbeil (nº79b). — Cf. la notice 46. Les limites de la notice 59 sont fournies par la dernière date connue de la vie d'Hervé Ier de Montmorency, agissant comme maître de ce château (1081 ; cf. note 64, suprà).
b Le texte porte Loherenc, mais deux lignes plus bas on lit Johannes écrit Iohannec, suivant la manière du scribe.
280 Lagny-sur-Marne, ar. Meaux (Seine-et-Marne). — Chelles, ca. Lagny. — Villeflix, éc. Noisy-le-Grand, ca. Le Raincy, ar. Pontoise (S.-et-O.).
241 La suzoraineté exercée par Nantier de Montjay à Annet-sur-Marne ne laisse aucun doute sur l'identification de son château avec Montjay-la-Tour, écart de Villevaudé qui, comme Annet, appartient au canton de Claye-Souilly, arr. de Meaux. Nantier souscrit avec son frère Payen, en 1090, le diplôme de Philippe Ier pour St-Remi de Reims, en compagnie d'Eudes, comte de Corbeil. Nous apprenons ici que le nom baptismal de Payen fut Arnoul. Cette précision nous oblige à le distinguer d'un second Payen de Montjay, ayant pour prénom définitif Aubri, et dont nous aurons à reparler à propos d'une approbation qu'il accorda à la donation de Champmotteux à St-Martin-des-Champs en 1122. Payen Aubri est cité dès 1108 a de nombreuses reprises dans Luchaire (Annales de la vie de Louis VI, pp. 53, 97, 134, 158, 260, 329) ; il est confondu, à la table, avec Arnoul Payen (cité p. 2). C'est de ce dernier qu'il s'agit dans les pièces nº38, 62 et 90 du présent recueil. Nous verrons (nº90) qu'Eveline (Avelina), femme de Nantier de Montjay, était nièce de Josselin, archidiacre de Paris (cf. note 24).
151 Cette notice, d'une importance capitale pour l'histoire de la maison de Garlande, surtout en la rapprochant du nº60, précise l'existence de deux frères homonymes, du nom de Gilbert, dont l'un, le futur grand-bouteiller de Louis VI, portait le surnom de Payen. Etienne, clerc, n'est autre que le futur chancelier de Louis VI, archidiacre de Paris. Anseau devint grand chambrier sous le même règne. Guillaume est l'ancêtre de la maison de Livry. Payen, Anseau et Guillaume assistèrent à la donation d'Aubert de Moussy (nº59). — Nous avons dû nous en référer aux limites 1079-1er mai 1095, fournies par l'entrée des Clunisiens à St-Martin et par le décès de l'évêque Geofroi. Mais la donation se rapproche beaucoup de cette dernière date.
134 Garnier de Paris (dit aussi de Braine et de Dreux). Cf. Aug. Longnon, Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris 1879, p. 140. — Il est la tige des seigneurs de Gentilly, de Brunoy, etc. Garnier II de Paris, fils de Garnier I, eut, entre autres enfants, Hugues, seigneur de Gentilly et de Brunoy. Ce Hugues, qui vivait en 1138, qualifie de neveu (nepos) Soudan de Massy (A. N. K 22, nº 98 ; K 23, nos 38 et 616). Soudan (Sultannus) était le surnom de Geofroi, fils de Bouchard de Massy et d'Elisabeth (nº69 et note 291). Il le tenait d'un grand-oncle maternel, Soudan de Paris, fils de Garnier I, cité en 1099 (nº86).
198 Amauri, fils de Robert l'Orphelin, d'une lignée qui a possédé de nombreuses terres dans les diocèses de Paris et de Meaux ; son surnom s'est traduit Orbatus, Orphanus, Orphelinus. La souscription de Milon l'Orphelin (S. Milonis orfani) suit immédiatement celle de Guérin de Paris, baron de Maule (S. Warini baronis) venant après celle de Dreux, comte de Mantes, et de son fils Gautier, sur un diplôme du roi Robert (Levrier, Coll. du Vexin, t. XI, preuve 99) très voisin de la date de sa mort (20 juillet 1031) puisque Gautier de Mantes était encore tout jeune quand il perdit son père (en 1035 ; cf. Longnon, Obit. de la prov. de Sens, t. II, p. xxiii). — La notice 59 rappelle un Pierre l'Orphelin témoin en 1086-1095 : on le retrouve vers 1105 (nº104) ; il souscrit un diplôme royal de 1112 (A. N. LL 42, fol. 7).
98 Pierre Sanglier, appelé ailleurs Petrus Aper. Sa sœur Agnès épousa Adebran de Sevran (nº105 infrà). Pierre Sanglier fit une libéralité à St-Martin, de concert avec Adeline sa femme, et ses fils Simon et Pierre (nº106).
135 Hugues et Richard, fils de Thierri et petit-fils de Fouchard I de Montmorency. Le second fut la tige des seigneurs de Banthelu (ca. Marines, ar. Pontoise).
136 Eaubonne, ca. Montmorency, ar. Pontoise. Putus, en bonne latinité, signifie pur (voir sur la famille d'Eaubonne et l'étymologie de ce nom, un article de M. de Visme dans le Journal de Montmorency, 31 mai 1903). — Treslan, éc. Andrésy, ca. Poissy, ar. Versailles. — La Garenne, éc. Achères, ca. Poissy, ar. Versailles (?) — Villiers-le-Sec, ca. Ecouen, ar. Pontoise (S.-et-O.). — Tous ces personnages se trouvent réunis, ainsi que les suivants à l'exception de Bernard l'hôtelier, auprès de Bouchard de Montmorency, à St-Martin-des-Champs en 1096 (nº72). Mais la circonstance était différente, comme le montre le changement de nom de l'évêque cité.

74 L'auteur de cette donation est une personnalité notoire du règne de Philippe Ier. C'est Gui le Rouge fils de Gui le Grand de Montlhéry ; son père assistait Henri Ieren 1059 lorsqu'il dota solennellement la collégiale de St-Martin-des champs (nº 7) et Philippe Ier lorsqu'en 1067 il en confirma l'établissement (nº 12). Lui-même intervint fréquemment pour faciliter et approuver les donations de ses vassaux au prieuré clunisien. On le rencontrera plus loin avec le titre de comte, accompagné parfois du surnom de Rochefort : « Wido comes " ou » Wido comes de Rupeforti ». Il mourut en 1107.

Élisabeth, sa seconde femme, s'identifie avec « Isabeldis, comitissa de Creciaco castro « qui, veuve de Bouchard II de Corbeil, assista à la première messe célébrée par saint Gautier, abbé-fondateur de St-Martin-de-Pontoise, sur l'autel de St-Nicolas de Morcerf (Cartul. de St-M. de P., p. 10, nº xi). Le récent mémoire de M. Estournet sur Bouchard II, comte de Corbeil dans les publications de la Société du Gâtinais, a précisé ce point. L'une des filles d'Élisabeth, Béatrix de Pierrefonds, fut aussi bienfaitrice de St-Martin des Champs.

224 Yon de Saint-Cloud est cité dans des notices précédentes à partir du nº59 (antérieurement au 1er mai 1095). Il figure, en 1096, au nombre des laïcs qui escortent l'évêque de Paris, avec Payen de Montjay (Depoin, Les Comtes de Beaumont et le Prieuré de Ste-Honorine de Conflans, p. 65).
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
18 Cette pièce a échappé aux auteurs de la Gallia christiana nova, qui font commencer l'épiscopat d'Imbert « circà annum 1030 ». Puisque, en novembre 1060, il était dans sa 33e année d'épiscopat, il a été intronisé avant le 29 novembre 1028 ; or son prédécesseur Francon, cité dans un titre de 1028, étant mort le 24 juillet, il faut placer l'avènement d'Imbert entre le 25 juillet et le 29 novembre 1028 (Cf. Gallia, VII, 47-49, et D. Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 619). Imbert mourut le 22 novembre 1060, peu de jours après avoir donné cette charte, qui fut probablement écrite à l'occasion de la fête de St-Martin d'hiver, le 11 novembre. Geofroi de Boulogne, successeur d'Imbert, mourut le 1er mai 1095. (Depoin, Essai sur la chronologie des évêques de Paris de 778 à 1138, p. 23 ; tir. à p. du Bulletin historique et philologique, 1906, p. 236).

Actes concernant l'obtention par Cluny, puis par Saint-Martin des Champs, de bénéfices qui entrèrent dans la dotation du prieuré de Gournay-sur-Marne.

Sire Adam (de Garlande), fils de sire Aubert, donne à saint Hugues, abbé de Cluny, l'église de Noisiel, un moulin, un haras occupant dix arpents de prés, un clos de vigne à Torcy, et tous les droits qu'il percevait sur les inhumations à Roissy et autres lieux. Formule solennelle de participation aux bonnes œuvres du monastère accordée à Adam et aux siens.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 20-21, nº 44.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
D'après a.

Notum sit tam presentibus quam futuris quod domnus Adam, filius domni Alberti, dedit pro remedio anime sue suorumque antecessorum, Cluniaco, videlicet sanctis apostolis Petro et Paulo, ubi domnus Hugo abba videtur magis prodesse quam preesse138, æcclesiam de Nuisello137 cum omnibus appendiciis suis, et terram que sufficere possit ad unam carrucam omnibus temporibus, et unum molendinum, et decem arpenta prati, et omnes equasa suas cum omnibus pullis eorum, et unum clausum vinee Torciaco139, et sepulturam ipsius ville, hoc quid ipse ibi videtur habere, et sepulturam de Pontheils140 quam ibi habet, et sepulturam de Bercheres140 quam ibi habet, et sepulturam de Rosiaco141 quam ibi habet, et sepulturam Sancti Maximi142 quam ibi habet. Insuper hec omnia, tradit supradictis Apostolis omnes sepulturas quas hodie possidet, et quas in futuro adquiret.

Pro hoc beneficio recipimus vos, uxorem vestramb et omnes amicos, vestrosque consanguineos, vivos et defunctos, in societate nostra et in omnibus benefactis nostris, ut Deus vobis concedet vitam æternam. Si quis huicc dono contrarius exstared voluerit, iram super se provocet omnipotentis Dei, nisi penituerit et ad satisfactionem venerit.


138 L'abbatiat de saint Hugues à Cluny dura de 1049 & 1109. Il n'est pas ici question de St-Martin-des-Champs ; l'église de Noisiel ne lui fut attribuée qu'après 1107, car elle ne figure dans les bulles ni d'Urbain II, ni de Pascal II, mais seulement dans celle de Calixte II, du 27 novembre 1119.
137 Noisiel, ca. Lagny, ar. Meaux. — Cette terre fut possédée à la fin du xie siècle par Gilbert Payen de Garlande, frère d'Anseau, le sénéchal de Louis VI. Adam, fils d'Aubert, nous apparaît comme la tige de cette maison. Anseau de Garlande, fils d'Adam, et ses frères, réclamaient contre Giboin, abbé de Lagny, l'avouerie des terres de Corbon et de Courtalin (voisine de Faremoutier), comme ayant appartenu à leurs ancêtres (s. d. Ms. lat. 9902, fol. 115). Sire Aubert, père d'Adam, s'identifie, croyons-nous, avec le père du grand-bouteiller Hugues et de Gautier, dont fut fils le grand-chambrier Galeran de Senlis. Cette parenté expliquerait la haute fortune des frères de Garlande.
a B æquas. Ce sont les juments avec leurs poulains.
139 Torcy, ca. Lagny, ar. Meaux.
140 Pontault, ca. Tournan, ar. Melun, au doyenné de Lagny. — Berchères, près de Pontault. Le pouillé parisien de 1205 indique que les cures de Pontault, de Berchères, de Roissy, de Noisiel et de Gournay sont à la nomination du prieur de Gournay-sur-Marne (Aug. Longnon, Pouillés de la province de Sens, p. 356, 447)
141 Roissy, ca. Tournan, ar. Melun. Cette localité et les précédentes se retrouvent plus tard aux mains des membres de la maison de Garlande. La possession de terres voisines de Tournan par cette famille rend toute naturelle l'alliance qui fit passer plus tard dans une de ses branches la seigneurie même de Tournan.
142 Saint-Mesmes, ca, Claye, ar. Meaux,
b L'absence de toute mention relative aux enfants des donateurs montre que la libéralité qu'ils firent à Gluny suivit de près leur mariage
c B huic hoc.
d B exterct.

Gautier, fils de Martin, seigneur d'Aulnay-les-Bondy, sa femme Adeline et ses fils, Pierre et Barthélemi, donnent à l'abbaye de Cluny l'église d'Aulnay et divers autres biens et revenus.

  • A Original perdu (Abbaye de Cluny, Grand Trésor ; layette 3 des Chartes originales tirées du grand coffre, non inventoriées ni connues, 2e liasse, cote 1476).
  • B Copie de 1778, par Lambert de Barive, coll. Moreau, XVII, 89, d'après A.
  • C Copie du xviie s., col. Baluze, LXXXVI, 371, d'après A.
  • D Copie de la fin du xie s., Cartulaire B de Cluny, chap. Hugo, nº 68, nouv. acq. lat. 1498, fol. 153'.
  • E Copie de 1787, par Lambert de Barive, coll. Moreau, XVII, 90, d'après D.
  • a Bruel, Rec. des chartes de l'abbaye de Cluny, t. IV, p. 474, nº 3379, d'après B et D.
  • b Maurice Prou, Actes de Philippe Ier, nº 96, pp. 249-250, d'après BCDE.
  • c Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
D'après c.

In nomine Domini nostri Ihesu Xristi. Ego Galterius, filius Martini143 et uxor mea nomine Addelina, duoque filii mei Petrus et Bartolomeus, pro redemptione animarum nostrarum, sive parentum nostrorum, damus Domino Deo et beatis Apostolis Petro et Paulo, ad locum Cluniaci, ubi preest domnus Hugo abbas, partem hereditatis nostre, in primis videlicet ecclesiam de Alniaco144 et quicquid in ea habemus, hoc est totum altare et terram totam que ad altare pertinet, et duas partes decime, et ad homines hospitandos terram, que est prope ecclesiam, a quodam salice antiquo super viam et subtus ; usque ad viam que vadit Parisius. Damus etiam in eadem villa medietatem silve que est juxta silvam Regis, et prata que sunt juxta ecclesiam, et molendinum quod est in eadem villa, excepta quarta parte que non est nostra, et medietatem alterius molendini simul cum stagno, et semi arpentum terre ad clibanum faciendum, quod est juxta terram altaris.

Damus autem duas partes villule que vocatur Curcellas145 scilicet terras, prata, silvam et totum quicquid in ea habemus. Damus etiam tertiam partem ville que appellatur Maisnellus Albus146 et tertiam partem decime de villa que nuncupatur Bulzeias14, et vinearum. V. arpenta in villa que appellatur Nuiliacus147, et vadimonium quod est super. XII. libras nummorum et. X. solidos ; videlicet medietas decime et sepulture est istius vadimonii, villarum que apellantur Bercherias140 et Rosseius141 et Pontelz140.

Istam donationem et cartam signant et firmant : Primitus Philippus Rex Francorum. S. deinceps Gaufridus, Parisiacensis episcopus, et Drogo archidiaconus, et comes Hugo de Domno Martino et Letaldus vicecomes.

Hujus rei testes sunt Rodbertus dapifer, Albertus filius Aroldi, Hugo de Bollenciaco148, Galterius filius Manassei, Radulfus filius Odelardi, Guido filius Hervei, Galterius filius Haimonis, Rogerius de Nantiaco149, Simon filius Hugonis, Isembardus de Villanova150, Morinus d'Eva99, Ivo Rulfus, Rodulfus Rulfus, Anselmus pincerna.


a Le seul nom du sénéchal Robert, qui figure parmi les témoins, permet d'assigner une date à cette charte. Il ne paraît que dans deux diplômes de 1078 et 1079, après Ferri et avant Adam (Note de M. Prou).
143 Vassal de Hugues, comte de Dammartin, qu'il assiste lors de la fondation de St-Leu d'Esserent en 1081, Gautier I, seigneur d'Aulnay, est la tige d'une famille qui prit peu à peu une assez grande importance. Ses descendants, sénéchaux héréditaires du comté de Dammartin, obtinrent à la fin du xiiie siècle des charges de cour. Deux d'entre eux, les frères Philippe II et Gautier IV d'Aulnay, subirent un supplice cruel comme convaincus d'adultère avec deux des belles-filles du roi Philippe le Bel. Pierre d'Aulnay, fils aîné de Gautier I, fut avec son père témoin de la donation de Foulques d'Annet (nº24, vers 1083). Ayant molesté les hôtes de St-Vincent de Senlis à Blancmesnil, Pierre, mandé à la cour de Louis VI, dut renoncer à ses exactions (113 après le 3 août). Sa femme Hélisende, ses fils Raoul et Gautier II, sa fille Mahaud et son frère Philippe I d'Aulnay consentirent à cet abandon (Luchaire, Louis VI, nº 164.
144 Aulnay-les-Bondy ou Aulnay-sous-Bois, ca. Gonesse, ar. Pontoise (S.-et-Oise).
145 Courcelles, éc. Tournan, ar. Melun (Seine-et-Marne).
146 Blanc-Mesnil, ca. Gonesse, ar. Pontoise.
14 Bondy, ca. Noisy-le-Sec, ar. St-Denis (Seine).
147 Neuilly-sur-Marne, ca. Le Raincy, ar. Pontoise.
140 Pontault, ca. Tournan, ar. Melun, au doyenné de Lagny. — Berchères, près de Pontault. Le pouillé parisien de 1205 indique que les cures de Pontault, de Berchères, de Roissy, de Noisiel et de Gournay sont à la nomination du prieur de Gournay-sur-Marne (Aug. Longnon, Pouillés de la province de Sens, p. 356, 447)
141 Roissy, ca. Tournan, ar. Melun. Cette localité et les précédentes se retrouvent plus tard aux mains des membres de la maison de Garlande. La possession de terres voisines de Tournan par cette famille rend toute naturelle l'alliance qui fit passer plus tard dans une de ses branches la seigneurie même de Tournan.
148 Polangis, éc. Joinville-le-Pont, ca. St-Maur, ar. Sceaux (Seine).
149 Nancy, éc. Jouy-sur-Morin, ca. La Ferté-Gaucher, ar. Coulommiers (Seine-et-Marne).
150 Villeneuve-St-Denis, ca. Rozoy, ar. Coulommiers.
99 Eve, ca. Nanteuil-Le-Haudoin, arr. Senlis. Morinus d'Eva est témoin de la charte de Gautier d'Aulnay en 1079 (nº61).

Gilbert Payen (de Garlande) cède pour 80 livres la terre et toute la seigneurie de Noisiel à St-Martin ; ses frères Etienne, clerc, Anseau, Guillaume et un autre Gilbert approuvent cette cession.

  • A Original perdu.
  • B . Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 39, nº 84.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, Joseph Depoin (éd.). Ligugé : 1913-1921.
D'après a.

Sciant omnes Xristi fideles quod Gislebertus cognomento Paganus151 dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis, villam de Nuisiello137 et totam terram et lucum, et molendinum, et aquam, et omnia que ville illi sunt appenditia, preter lucellum unum et fedum militum que sibi retinuit, excepto cujusdam Hugonis militis, prepositi scilicet sui, feodo, quem æcclesiæ concessit, quem ipse Hugo a priore et senioribus sub juramento fidelitatis recepit. Visum fuit etiam nobis utillimum in hac cartula memoriter retinendum, ne quod superius diximus ex toto videatur gratis esse datum, quater viginti libras habuisse, de quo superius diximus, Gillebertum. Hoc autem totum in supradicta æcclesia Sti Martini factum est, et a Gilleberto super sacrosanctum altare donum est positum, quod etiam a fratribus suis, Stephano videlicet clerico, Anselmo, Willelmo, et alio Gilleberto, cunctis videntibus qui aderant, concessum est et factum , Walfrido Parisiorum episcopo vivente18, Cluniacensi existente abbate pio patre Hugone138, sub cujus æcclesiæ Sti Martini preerat prior Ursus regimine.

Cujus rei testes sunt Odo fîlius Guerrici, Willelmus Marmerellus, Rotbertus de Canolio152, Drogo Drelleatus270, Odo de Derenciaco153, Rotbertus filius Stephani154, Paganus frater ejus ; Odo fîlius Odonis, Olricus falconarius, Rainerius, Walterius fîlius Aszonis, Johannes nepos Rotberti filii Stephani154, Heldigerius de Greva, Arnoldus de Parvo-ponte, Ivo de Domnomartino, Walterius major, Warinus frater ejus36 ; Hugo de Aneto13

Et ut hoc quod superius dictum est, firmissimum esse videatur, scribere placuit quod Nanterus de Montegaio241 de cujus benefîcio villa que Nuisiellus vocatur cum suis appendiciis erat, æcclesiæ Sti Martini cum Eva uxore sua241 Domino Deo et senioribus inibi viventibus et in eadem æcclesia concessit.

Hujus rei testes sunt : Ansellus, Petrus Senglerius98, Johannes fîlius Lamberti, Balduinus de Stampis, Ivo cocus, Warinus frater majoris, Hubertus, Frotbertus Rufus, Burchardus et Bernardus fratres, Fredericus de Sancto Dionisio, Georgius sacrista.


151 Cette notice, d'une importance capitale pour l'histoire de la maison de Garlande, surtout en la rapprochant du nº60, précise l'existence de deux frères homonymes, du nom de Gilbert, dont l'un, le futur grand-bouteiller de Louis VI, portait le surnom de Payen. Etienne, clerc, n'est autre que le futur chancelier de Louis VI, archidiacre de Paris. Anseau devint grand chambrier sous le même règne. Guillaume est l'ancêtre de la maison de Livry. Payen, Anseau et Guillaume assistèrent à la donation d'Aubert de Moussy (nº59). — Nous avons dû nous en référer aux limites 1079-1er mai 1095, fournies par l'entrée des Clunisiens à St-Martin et par le décès de l'évêque Geofroi. Mais la donation se rapproche beaucoup de cette dernière date.
137 Noisiel, ca. Lagny, ar. Meaux. — Cette terre fut possédée à la fin du xie siècle par Gilbert Payen de Garlande, frère d'Anseau, le sénéchal de Louis VI. Adam, fils d'Aubert, nous apparaît comme la tige de cette maison. Anseau de Garlande, fils d'Adam, et ses frères, réclamaient contre Giboin, abbé de Lagny, l'avouerie des terres de Corbon et de Courtalin (voisine de Faremoutier), comme ayant appartenu à leurs ancêtres (s. d. Ms. lat. 9902, fol. 115). Sire Aubert, père d'Adam, s'identifie, croyons-nous, avec le père du grand-bouteiller Hugues et de Gautier, dont fut fils le grand-chambrier Galeran de Senlis. Cette parenté expliquerait la haute fortune des frères de Garlande.
18 Cette pièce a échappé aux auteurs de la Gallia christiana nova, qui font commencer l'épiscopat d'Imbert « circà annum 1030 ». Puisque, en novembre 1060, il était dans sa 33e année d'épiscopat, il a été intronisé avant le 29 novembre 1028 ; or son prédécesseur Francon, cité dans un titre de 1028, étant mort le 24 juillet, il faut placer l'avènement d'Imbert entre le 25 juillet et le 29 novembre 1028 (Cf. Gallia, VII, 47-49, et D. Bouquet, Rec. des Hist. de France, X, 619). Imbert mourut le 22 novembre 1060, peu de jours après avoir donné cette charte, qui fut probablement écrite à l'occasion de la fête de St-Martin d'hiver, le 11 novembre. Geofroi de Boulogne, successeur d'Imbert, mourut le 1er mai 1095. (Depoin, Essai sur la chronologie des évêques de Paris de 778 à 1138, p. 23 ; tir. à p. du Bulletin historique et philologique, 1906, p. 236).
138 L'abbatiat de saint Hugues à Cluny dura de 1049 & 1109. Il n'est pas ici question de St-Martin-des-Champs ; l'église de Noisiel ne lui fut attribuée qu'après 1107, car elle ne figure dans les bulles ni d'Urbain II, ni de Pascal II, mais seulement dans celle de Calixte II, du 27 novembre 1119.
152 Chenou, ca. Château-Landon, ar. Fontainebleau (S.-et-M.).
270 Drogo Reillez est le Drogo Drelleatus qui fut appelé avec Eudes de Drancy et d'autres nobles du voisinage à constater la donation de la terre de Noisiel à St-Martin par Gilbert Payen de Garlande (nº62). Son nom paraît donc s'être prononcé Reillé. Toutefois l'intitulé inscrit en rubriques dans le Liber Testamentorum porte : « Carta de Drogone Reille « Cet acte pourrait donc intéresser la famille qui porte ce nom de nos jours. Quant à la date de la notice, nous la regardons comme très voisine de la mort du prieur Ourson qui y est nommé, mais avec la formule " qui tunc temporis erat » indiquant clairement qu'au moment de la rédaction — qui dut suivre de près les faits relatés — un autre prieur était en charge.
153 Drancy, ca. Noisy-le-Sec, ar. St-Denis (Seine). — L'église de Drancy (Ecclesia de Renzegio) est comprise dans la bulle confirmative d'Urbain II en 1096 (nº75), et dans la charte de l'évêque Guillaume de Paris en 1098 (nº 82).
154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12 supra ; Cf. note 268) et peut-être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neveu Jean. Payen, fils. d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).

241 La suzeraineté exrcée par Nantier de Montjay à Annet-sur-Marne ne laisse aucun doute sur l'identification de son château avec Montjay-la-Tour, écart de Villevaudé qui, comme Annet, appartient au canton de Claye-Souilly, arr. de Meaux.

Nantier souscrit avec son frère Payen, en 1090, le diplôme de Philippe Ier pour St-Remi de Reims, en compagnie d'Eudes, comte de Corbeil. Nous apprenons ici que le nom baptismal de Payen fut Arnoul. Cette précision nous oblige à le distinguer d'un second Payen de Montjay, ayant pour prénom définitif Aubri, et dont nous aurons à reparler à propos d'une approbation qu'il accorda à la donation de Champmotteux à St-Martin-des-Champs en 1122. Payen Aubri est cité dès 1108 à de nombreuses reprises dans Luchaire (Annales de la vie de Louis VI, pp. 53, 97, 134, 158, 260, 329) ; il est confondu, à la table, avec Arnoul Payen (cité p. 2). C'est de ce dernier qu'il s'agit dans les pièces nos38, 62 et 90 du présent recueil.

Nous verrons (nº 90) qu'Eveline (Avelina), femme de Nantier de Montjay, était nièce de Josselin, archidiacre de Paris (cf. note 24).

98 Pierre Sanglier, appelé ailleurs Petrus Aper. Sa sœur Agnès épousa Adebran de Sevran (nº105 infrà). Pierre Sanglier fit une libéralité à St-Martin, de concert avec Adeline sa femme, et ses fils Simon et Pierre (nº106).

Eudes Hérisson, dit Payen, seigneur de Neuilly (sur-Marne), donne à St-Martin l'emplacement de deux moulins sur la Marne.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 22, nº 47.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Filiis matris Aecclesiæ volumus esse notum, ut et tali matri consilio et auxilio subveniant semper, et gratum mercedem recipient Paradisum, hoc videlicet quod Paganus Hericio a fonte baptismatis178 nomen Hudo, dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis duas areas in aqua quæ vocatur Materna, ad construendos duos molendinos, et quadraginta perticas aque superius et quadraginta inferius, et dimidium arpennum prati juxta molendinos, et viam per terram suam quantum mensurare potuit extensione brachii Rotbertus filius Stephani prepositi Parisiensis154, usque ad Viam regalem, omni calumpnia ita remota, ut neque in via, neque in dimidio arpenno prati, neque in molendinis aliquid haberet.

Fuit etiam quoddam propter occasionem calumpnie additum, quod erat sive divitibus sive pauperibus qui ad molendinos irent necessarium, videlicet ut si quis ducens equum vel asinum eundo vel redeundo, equus vel asinus collum [huc] vel illuc extend[end]o, ut fit, herbam sive messem morderet, non propter hoc occasionando caperet, nisi in prato aut in messe pascentem inveniret.

Recipit vero societatem Seniorum, simulque habuit inde xi libras denariorum Pruvinensium ; ac unoquoque anno recepturus est de censu duodecim denarios qui solvendi sunt ministro suo apud villam qui vocatur Nulliacus147 Quod si solutus non fuerit, infra octo dies ad villam superius dictam, et superius dicto ministro solvetur. Quod si infra dies octo solutus non fuerit, nisi condonatus fuerit, per legem solvetur : concedentibus ipsius Pagani sororibus, Helvide uxore Henrici de Hivri155 et Solia uxore Ivonis de Bri279, et viris eorum, et Drogone filio Ivonis. Hoc etiam concesserunt domini de quorum fedo hoc tenebat Paganus Hericio, videlicet Nanterus de Montegaio241 et Ivo Strabo de Crispeio.

Hujus rei testes sunt : Ursus, Haimericus de Nuilli, Ansoldus de Gornaio, Engenulfus de eodem castro278, Adam de Campis, Rotbertus filius Stephani, Hungerius, Ansellus de Garlanda151, Paganus filius Rohe, nomine178 baptismatis Adam156, Ansoldus homoa Joscelini archidiaconi, Walterius major de Nuisiaco Bertrannus, filius ejus272 ; Ebrardus decanus, Hatto de Nuisiaco, Godefredus, Rainaldus filius Dodonis, et Galcherus de Nuisiaco ; Ponciolus custos equorum, Hubertus carpentarius, Walterius major, Warinus frater ejus, Joscelinus, Teodoricus.


178 Ce texte est un de ceux qui prouvent avec netteté que, lorsque le baptême des enfants était différé, ils portaient en attendant l'imposition du prévie. Celui de Payen précise, chez les garçons, le fait du retard apporté au batpême. On donnait aux filles des surnoms plus courtois, tels que ceux d'Idoine (intelligente), Blanche, Rose (suivant leur teint), Comtesse ou Reine (du titre porté par une de leurs aïeules), etc. Voir d'autres exemples nº63, 69 et note 166.
154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12supra ; Cf. note 268) et peut être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neuveu Jean. Payen, fils d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
147 Neuilly-sur-Marne, ca. Le Raincy, ar. Pontoise.
155 Ivry-sur-Seine, ca. Villejuif, ar, Sceaux (Seine). Cf. note 179.
279 Bry-sur-Marne, ca. Charenton, ar. Sceaux (Seine). — Cf. nº63, suprà.

241 La suzeraineté exrcée par Nantier de Montjay à Annet-sur-Marne ne laisse aucun doute sur l'identification de son château avec Montjay-la-Tour, écart de Villevaudé qui, comme Annet, appartient au canton de Claye-Souilly, arr. de Meaux.

Nantier souscrit avec son frère Payen, en 1090, le diplôme de Philippe Ier pour St-Remi de Reims, en compagnie d'Eudes, comte de Corbeil. Nous apprenons ici que le nom baptismal de Payen fut Arnoul. Cette précision nous oblige à le distinguer d'un second Payen de Montjay, ayant pour prénom définitif Aubri, et dont nous aurons à reparler à propos d'une approbation qu'il accorda à la donation de Champmotteux à St-Martin-des-Champs en 1122. Payen Aubri est cité dès 1108 à de nombreuses reprises dans Luchaire (Annales de la vie de Louis VI, pp. 53, 97, 134, 158, 260, 329) ; il est confondu, à la table, avec Arnoul Payen (cité p. 2). C'est de ce dernier qu'il s'agit dans les pièces nos38, 62 et 90 du présent recueil.

Nous verrons (nº 90) qu'Eveline (Avelina), femme de Nantier de Montjay, était nièce de Josselin, archidiacre de Paris (cf. note 24).

278 Gournay-sur-Marne, ca. Le Raincy, ar. Pontoise (S.-et-O.). — Il est surprenant que ni la donation primitive de Gui le Rouge à St-Martin-des-Champs, ni l'approbation de Louis VI n'aient été conservées sous une forme diplomatique ou tout au moins par des notices insérées dans un recueil de titres. Les lettres de l'évêque Gilbert II sont le seul document qui atteste l'existence de ces actes, alors que d'autres, moins importants, concernant Gournay, furent insérés au Liber Testamentorum de St-Martin, et bien qu'à Gournay même un cartulaire important ait été composé. L'énoncé de la charte épiscopale ne va pas sans difficultés. On y attribue à Gui le Rouge et Aélis (sa première femme ; cf. p. 49, note a, et p. 63, note 74) non seulement la construction de Notre-Dame de Gournay, ce qui est admissible, mais aussi la donation de l'église et de son douaire à St-Martin. Or, Gui s'est remarié peu de temps après l'établissement des Clunisiens à St-Martin-des-Champs, tandis que le silence de la bulle d'Urbain II ne permet pas de considérer la donation de Gournay comme antérieure à 1096. D'ailleurs, Gilbert constate l'approbation donnée par le roi Louis à cette donation ; elle est donc postérieure à 1098. Enfin la lettre suivante d'Ives de Chartres montre qu'il existait à Gournay une communauté à laquelle il invite le prêtre Gonthier à se joindre et qui paraît être une collégiale plutôt qu'une congrégation. (Ives n'aurait pu agir avec une autorité semblable sur un monastère dépendant de Cluny et stué dans un diocèse autre que le sien) :

« Ivo, humilis Carnotensium episcopus, Gontherio (al. Gunheriov. c.) fratri et compresbytero ascendenti e convalle lacrymarum, intense cantare canticum graduum.

« Gaudeo te quasi postliminio rediisse, gratias agens protectori nostro, cujus misericordia te protexit etiam per marina discrimina. Nunc ergo quia incolumis es redditus fratribus tuis, licet desiderio interne quietis omnibus prodesse non possis, tamen vel paucis prodesse non graveris. Unde monco fraternitatem tuam ut ad ecclesiam Gornacensem Beatæ semper Virginis transeas, ubi et desiderate quieti vacare, et aliquorum fratrum saluti poteris providere. De cetero ora pro me, frater charissime, ne remigantem in altitudine maris tempestas submerget me. Vale. »

(Ivo Carnotensis episcopi epistola xi, edit. Magne, Patrologia latino, t. CLXII, col. 24. — Cf. Lebeuf, Hist. de la ville et du dioc. de Paris, édit. Bournon, t. IV, p. 610).

151 Cette notice, d'une importance capitale pour l'histoire de la maison de Garlande, surtout en la rapprochant du nº60, précise l'existence de deux frères homonymes, du nom de Gilbert, dont l'un, le futur grand-bouteiller de Louis VI, portait le surnom de Payen. Etienne, clerc, n'est autre que le futur chancelier de Louis VI, archidiacre de Paris. Anseau devint grand chambrier sous le même règne. Guillaume est l'ancêtre de la maison de Livry. Payen, Anseau et Guillaume assistèrent à la donation d'Aubert de Moussy (nº59). — Nous avons dû nous en référer aux limites 1079-1er mai 1095, fournies par l'entrée des Clunisiens à St-Martin et par le décès de l'évêque Geofroi. Mais la donation se rapproche beaucoup de cette dernière date.
156 Adam Payen, fils de Rohais, donna à St-Martin deux arpents de terre à Issy, du consentement de sa femme. Béatrice (nº112 infra).
a La mention de l'archidiacre Josselin donne comme limite la plus tardive de l'acte le 3 novembre 1096, jour du décès de ce dignitaire.

272 Dans cet acte et les suivants, le maire de Noisy, Gautier, est accompagné de plusieurs de ses enfants : Bertrand, Baudoin, Adam. L'aîné lui fut associé durant un temps assez court, dans les derniers temps du gouvernement d'Ourson. Dans une notice concernant Dreux de Clacy (nº 106), nous verrons mentionnés simultanément « Walterius major, Bertrannus filius ejus ", puis " Bertrannus major, Warinus frater majoris " : or de nombreux textes font de Guérin le frère du maire Gautier. Nous plaçons vers 1105 la convention avec Dreux de Clacy, bien qu'elle ait été faite " cum monachis Sancti Martini de Campis qui apud Cornaium conversantur », et que dans la bulle de Pascal II du 30 avril 1107 il ne soit rien dit du « monasterium Sancte Marie apud Gornacum castrum » confirmé à St-Martin par Calixte II en 1119. La formule : « monachi... qui apud Gornaium conversantur » diffère en effet de celles dont on s'est servi lorsque les moines ont été en possession de l'église Notre-Dame comme siège de leur prieuré de Gournay.

Thion, frère de Gautier, lui fut substitué, postérieurement à 1105, mais dès 1106, comme le montrent la notice 114, qui est de cette même année, et celle nº 125, qui est d'une époque très voisine.

Geudoin (de Chaunay), vassal d'Ebrard III du Puiset, donne deux arpents de vigne près du Puiset au prieuré de Janville pour élever une maison.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 38', nº 83.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum volumus esse filiis matris Æcclesiæ quod Gilduinus254 dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis sub qua æcclesia Beate Mariæ de Hienvilla22, duos arpennos vinearum juxta Puteolum157 ad edificationem domuum, seu ad quacunque alia edificare voluerint monachi qui ibidem Deo serviunt, concedente domno Ebrardo de Puteolo, de cujus Gilduinus eos possidebat beneficio. Hoc etiam concessit et mater ejus Adelina, et fratres ejus Warinus et Hugo, Raimbaldus et Xristianus. Videntium vero et audientium idonei testes utraque parte fuerunt : Ex parte videlicet monachorum, Waufridus Brito, Simon Sine-Peccunia158, Waufridus filius Berardi, Rainaldus filius Bernerii, Stephanus Morellus, Rotbertus capellanus. Ex parte vero Gilduini : Rodulfus Bibens-Cannam, Herbertus filius Herberti, Engelardus Calidus-Jacens, Girardus telonearius.


254 Le comte Adolphe de Dion a identifié ainsi les divers enfants de Hugues Blavons cités dans cet acte, tous frères cadets du châtelain Ebrard III : Hugues II, châtelain du Puiset et vicomte de Chartres, comme tuteur de son neveu (1097-1106), puis comte de Jaffa, mort en Orient après 1110. — Gui, chanoine de Chartres en 1100, rentra dans le siècle pour épouser la fille de Marc, vicomte d'Etampes. Il administrait cette vicomté dès 1104, comme tuteur de son beau-frère Hervé, qui en fut titulaire de 1106 à 1108. Gui du Puiset reprit la tutelle de son neveu Hugues III et la garda jusqu'en 1109. Il est la tige de la branche de Meréville. — Galeran, seigneur de Villepreux, mort en Palestine en 1124. — Raoul n'est connu que par cette mention et une autre de 1110. — Un autre frère d'Ebrard III, Geudoin, était à cette époque religieux à Saint-Martin-des-Champs.
22 Janville, ar. Chartres. — Neuvy-en-Beauce, ca. Janville.
157 Note en marge de B, xvie s. : « Putueux », erreur bizarre. On a cru peut-être qu'il s'agissait de Puteaux (ca. St-Denis, Seine), tandis que c'est Le Puiset (ca. Janville, ar. Chartres).
158 Simon Sans-Avoir, neveu de Gautier de Poissy, et frère du célèbre croisé Gautier-Sans-Avoir, avec lequel il partit, dans l'armée de Pierre l'Hermite, en mars 1096, pour Constantinople. (Hagenmeyer, Le vrai et le faux sur Pierre l'Hermite, trad. Furcy-Raynaud, p. 154). D'autre part, les limites du gouvernement d'Ebrard III châtelain du Puiset, ont été fixées par Adolphe de Dion du 23 décembre 1094 au 21 août 1097 (Les Seigneurs du Puiset aux XIeet XIIesiècles, 1886, pp. 14-19 ; extr. des Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir).

Robert, chapelain de Hugues du Puiset, dote le prieuré de Janville, du consentement de son seigneur Ebrard III.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 21', nº 45.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Ego Rotbertus, capellanus domni Hugonis de Puteacio, notum fieri volo t. p. q. f. quod quecumque in agris, domibus vel vineis, vel ceteris reditibus adquisivi, monachis Sti Martini, pro salute anime mee, post mortem meam in perpetuum possidenda donavi, scilicet terram de Oscituro159, hospites, et de Goellioli144 æcclesia medietatem ; in vita mea habebo, post discessuma autem meumb Sto Martino de Campis relinquo, cum edificio quod ibi construxero. Domum etiam meam de Puteolo, annuente Ebrardo domino meo, supradictis Sti Martini monachis, post decessum meum dimitto. Decimum mercatum thelonei de Puteolo, quod ipse in dominium meum habebam, pro Dei amore et anime mee redemptione, concedente domino meo Ebrardo, Sto Martino de Campis relinquo, quod, industria mea, a predicto domino meo adquisieram. De decima vero Guilleville160 quam, instinctu Dei, et nostro, Petrus filius Arraudi Sancti Martini æcclesiæ dedit, ego in vita mea et augusto mense, a priore Jonisville22 modium Carnotensem frumenti, et duos Carnotenses avene recipiam ; et post decessum meum Sti Martini æcclesiæ in perpetuum relinquo.

Hujus rei testes sunt : Rainfredus, Teudo frater majoris289, Herbertus de Ponte-Isare, Teobaldus faber, Hugo ; Lambertus hostelarius, Walterius de Milliaco121, Hubaldus Brito, Herluinus filius Helgodi.


159 Ozouer, pour Orrouer, ca. Courville, ar. Chartres.
144 Aulnay-les-Bondy ou Aulnay-sous-Bois, ca. Gonesse, ar. Pontoise (S.-et-Oise).
a Sic ; plus loin « decessum « B.
b B suum.
160 Guilleville, ca. Janville, ar. Chartres, près de Gouillons.
22 Janville, ar. Chartres. — Neuvy-en-Beauce, ca. Janville.
289 Acy-en-Multien, ca. Betz, ar. Senlis (Oise). — Avilly, éc. St-Léonard, ca. Senlis.
121 Milly, chef-lieu de ca., ar. Étampes. — Gautier de Milly est le cinquième fils d'Adam de Milly qui, vers l'an 1095, donna à N.-D. de Longpont ce qu'il possédait à Champlan (Cartul. de N.-D. de Longpont, édit. Marion, p. 195. — Oscar de Poli, Inventaire des titres de la maison de Milly, p. 44, nº 25).

In Xristi nomine notum fieri volumus cunctis fidelibus, ego Ansellus, Gauslini filius, et uxor mea Hildegardis, quia postulavit nos quidam sacerdos nomine Rotbertus, capellanus de Puteoloa, ut ei de terra nostra quam habemus apud al Junvillam22 que est juxta Gœlliolum114, tantum quod sufficiat ad opus unius carrucæ in tribus sulcionibus solutam et quietam ad censum concederemus. Quod et fecimus, concedentibus fratribus uxoris mee Gaufrido et Ernaudo.

Est autem talis de censu inter nos conventio, ut unoquoque anno in , vel in sequentibus octo diebus, quinque solidos Carnotensium denariorum, per se aut per legatum suum nobis aut alicui pro nobis reddat Stampis. Quod si aliquis homo de Stampis ei vel legato suo illum censum abstulerit, illo anno amplius a nobis non requiratur a Rotberto. De quo censu si tardus aut neglegens ad solvendum extiterit, tantum cum plana lege sua solvat, et prefatam terram non perdat. Pro illa vero terra nullam justiciam pro nobis faciat, nisi de censu tantum.

Propter hanc vero ipse Rotbertus dedit mihi xxi sol. et uxori mee v sol. Nos quoque dedimus ei licentiam dandi aut vendendi ipsam terram pro amore Dei cuicumque voluerit.

Hæc itaque conventio ut stabilis permaneat, litteris mandari eam concessimus, et ut firmior semper existat, manibus propiis firmavimus, sub testificatione bonorum testium ex utraque parte existentium.

S. Anselli,. S. Hildegardis uxoris sue.

Ex parte Anselli et uxoris ejus fuerunt testes isti : Gaufridus frater uxoris ejus, et Radulfus de Verigniaco161 cum eo ; Ernaldus frater uxoris ejus ; Walterius qui habebat privignam uxoris ejus ; Johannes filius Seguini ; Arnulfus filius Engelboldi ; Michael filius Johannis Sorcix.

Ex parte Rotberti capellani fuerunt hi : Bernardus de Bonnis162, Hugo de Boissi163, Odo filius Carruelis ; Willelmus de Stampis sacerdos Vetulus, Walterius vitrarius et Girbertus frater ejus, Odo de Ciconiolis164 ; Haimo filius Walterii grammatici et Hugo frater ejus ; Radulfus closarius, Herbertus.

Post aliquantum vero temporis capellanus, volens prefatam terram dimittere Sto Martino de Campis, locutus est cum Arnaldo monacho, qui tunc preerat rebus Sancti Martini apud Goelliolum114 ducensque eum secum Stampis, ad domum prefate Hildegardis — jam enim vir ejus Ansellus defunctus fuerat — in presentia ipsius mulieris dimisit Sto Martino ipsam terram amodo habere in dominio, eo scilicet tenore quo ipse tenuerat ; et sic exinde scripta testatur cartula, quam etiam monacho predicto tunc reddidit. Hildegardis autem hæc audiens, concedere noluit, donec Ernaudus monachus ei xii sol. Carnotensis monete contulit ; sicque demum terram ipsam in dominium Sti Martini cedere, et monachum habere cartulam concessit, donumque Rotberti confirmavit, suamque concessionem in ea conscribi mandavit.

Interfuerunt autem ex parte ejus : Bernoalus filius Godefridi filii Roscelini165 ; Paganus filius Anselli166 ; Arnulfus de Alvers167 ; Rainaldus de Dordingo163 ; Teobaldus filius Ursonis168 ; Nivardus Burdinus.

Ex parte Sti Martini : Ursio filius Tedonis168 ; Stephanus filius Berardi ; Herbertus filius Herberti pincerne169, Walterius Vetula ; Walterius filii Hase, vernula monachi.


a On remarquera que Robert se qualifie chapelain du Puiset, sans indiquer le nom de son seigneur. Il est probable qu'il resta au Puiset, et n'accompagna pas Hugues II en Terre-Sainte. C'est ce qui nous engage à placer cette charte après 1106.
22 Janville, ar. Chartres. — Neuvy-en-Beauce, ca. Janville.
161 Vérigny, ca. Courville, ar. Chartres.
162 Bonnes, ca. La Ferté-Alais, ar. Étampes, devenu Chamarande en vertu de lettres patentes du 5 avril 1686 (Hipp. Cocheris, Dictionnaire des anciens noms des communes de Seine-et-Oise dans l'Annuaire de Seine-et-Oise, 1874, p. 440.
163 Boissy-sous-Saint-Yon, ca. Dourdan, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
164 Peut-être Soignolles, écart de Voves, où le monastère avait une terre donnée par Hugues, fils de Ferri (nº79 infra).
165 Berneuil, fils de Geofroi et petit-fils de Roscelin, qui fut père de Marc, vicomte d'Étampes (Depoin, la Chevalerie étampoise)
166 Payen, fils d'Anseau et petit-fils de Gautier d'Etampes, s'appelait en réalité Isembard (Depoin, les Vicomtes de Corbeil et les Chevaliers d'Étampes, p. 15).
167 Auvers-Saint-Georges, ca. La Ferté-Alais, ar. Etampes.
168 Thibaud fils d'Ours d'Etampes, et son père Ours ou Ourson, fils de Thion (Depoin, la Chevalerie étampoise). Ours avait pour frères Milon, moine de St-Martin (nº68infrà) et un autre Aimon (nº76). Notre étude sur cette lignée doit être complétée par l'adjonction, en tête de la généalogie, d'un Thion Ier qui fut un des bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (Fleury) ; sous l'abbé Gauslin, qui siégea de 1005 au 8 mars 1030, « Teudo Stampensis paternæ hæreditatis alodum delegavit. « (Vita Gauslini, § 27 ; Mém. de la Soc. arch. de l'Orléanais). La lignée des Thion d'Étampes étant une branche certaine de la famille Le Riche, Thion Ier peut être considéré comme le troisième fils d'Aubert Ier le Riche. (Cf. note 188.)
169 Herbert le Bouteiller, seigneur de Serans (ca. Chaumont-en-Vexin, ar. Beauvais), cité par Orderic Vital comme l'un des défenseurs du Vexin contre les Normands en 1097.

Gautier II de Chambly, évêque de Meaux, concède l'autel d'Annet au prieuré de Saint-Martin-des-Champs.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1129, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 87'.
  • C Copie du xiie s., fol. 63, nº 134, incomplète des notes chronologiques.
  • Copie de 1209, Arch. nat., LL 1351, fol. 59, complétée par D. Marrier après collation à l'original « ubi videtur in imagine Gualterii, sigillum vetustate semi-corrosum ». Copie de 1209, Arch. nat., LL 1351, fol. 59, complétée par D. Marrier après collation à l'original « ubi videtur in imagine Gualterii, sigillum vetustate semi-corrosum ».
  • E Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1353, fol. 62.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

In nomine summe et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus sancti. Amen. Cum multis atque autenticis divinarum scripturarum institutionibus nobis in valle lacrimarum degentibus, quibus aminiculis ad pacis visionem repatriare possimus, rationabiliter insinuantibus, adquiescendum sentiamus, inter cetera tamen ante mentis nostre oculos illud Apostoli preceptum sepius reducendum et quo spiritalius, eo ardentius, ad implendum judicamus : quo salubriter ammonemur ut « bonum ad omnes operemur, maxime autem ad domesticos fidei ". Considerantes enim cujus fomitis amministratione tam Veteris quam Novi Testamenti fundatores, hanc decretorum edificationem protulerint, aut quo fine ea expleri summopere atuduerint, invenimus eos hoc ab illo sumpsisse et per illum confirmasse, cujus Evangelica predicatione informamur : quod " de mammona iniquitatis nobis amicos faciamus. » Quocirca ego Gaulterius, Meldensis episcopus170, monachis Sancti Martini de Campis sanctitate et religione et caritate in eis agnita, altare de Aneto13 in parochia nostra situm, caritative dono, et perhenniter habendum concedo preter sinodum et sircadiam, ita ut nec feodum presbiteri minuatur, et ego et omnis ecclesia nostra Meldensis orationum beneficiorum, elemosinarum et caritatis prenominati monasterii Sti Martini amodo participes existamus. Ut igitur donum hoc firmum et stabile imperpetuo permaneat, inde privilegium istud capituli Sancti Stephani concessum, omnium canonicorum factum esta, in quo subscripserunt.

S. Gauteri episcopi. S. Adam archidiaconi. S. Menasse archid. S. Arnulfi decani171. S. Ollandi cantoris. S. Ollandi prepositi S. Goardi presbiteri. S. Mainardi presb. S. Ricardi diaconi. S. Garini d. S. Burdini subd. S. Johannis subd. S. Bartholomei pueri.

S. Petri pueri. Actum Meldis publice, sub Stephano comite . Guillelmus cancellarius scripsit et subscripsit. Si quis huic rei ulterius contradicere voluerit, sacra auctoritate et nostra anathema sit.


170 Gautier II, de la famille de Chambly près Beaumont-sur-Oise, était chanoine de Paris lorsque des procédures ecclésiastiques furent entreprises contre Robert, élu évêque de Meaux à la mort de Gautier I (20 octobre 1082). Robert avait été sacré par le légat de Grégoire VII, Hugues de Die, au refus de son métropolitain, Richer de Sens. Ce refus était motivé, car Robert, excommunié par ses comprovinciaux, dut abandonner son siège. Pendant ce procès canonique le roi Philippe Ier nomma évêque de Meaux Gautier de Chambly, d'accord avec le métropolitain, puisque Richer sacra le nouveau prélat le 2 novembre 1085. Le chapitre ne paraît pas avoir accepté toutefois cette nomination, car Gautier conserva longtemps encore sa prébende à Notre-Dame de Paris, comme s'il eût été un évêque in partibus. Hugues de Flavigny rapporte que Philippe Ier investit Gautier de Chambly de son évêché en reconnaissance du concours qu'il aurait prêté à son union adultère avec Bertrade de Monlfort. Il y a dans cette imputation un anachronisme si évident, qu'on ne conçoit pas comment les auteurs de la Gallia christiana ne l'ont point relevé. Dès 1085 Gautier était sacré évêque, et c'est seulement dans la nuit du 15 mai 1092 que Bertrade, quittant Foulques d'Anjou qui, avant de l'épouser, avait divorcé trois fois, se sauva de Tours pour aller rejoindre Philippe qui l'attendait à Orléans (Halphen, Le Comté d'Anjou au xie siècle, p. 170).
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
a Ici s'arrête C.
171 « Arnulfus [decanus Meldensis] in charta Gauterii II pro monachis Sancti Martini a Campis, 1095. Reperitur adhuc anno 1096. « (Gallia christiana, VIII, 1663). D. Toussaint Du Plessis, s'étant mépris sur la date de la concession d'Annet, a placé Arnoul en 1075 avant Roscelin, alors qu'il s'intercale entre Roscelin (1080) et Eudes (1107).
b Comme le remarquent les auteurs de la Gallia christiana nova (VIII, 1610), il faut indubitablement corriger LXXXXV, car en 1076, il n'y avait pas encore de moines à St-Martin-dcs-Champs. La 36e année de Philippe Ier part du 4 août 1095. L'indiction est exacte ; elle correspond bien à 1095-96.

Les archevêques de Sens, Richer et Daimbert, approuvent successivement la cession à Cluny de l'église de Cannes, par le chevalier Roscelin et son fils Frehier.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1129, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 88.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

In nomine Domini. Richerius archiepiscopus (Senonensis)a Notum sit o. t. p. q. f. quod veniens quidam miles, Roscelinus nomine, ante nostram presentiam, una cum consensu et voluntate conjugis sue ac liberorum suorum, Frederii videlicet et ceterorum omnium, deprecans obnixe ut concederemus ei ecclesiam Sti Petri de Cona172, quam de beneficio Sti Stephani atque nostro tenebat, dare ecclesie Cluniacensi, ad constituendos monachos qui pro se et pro cunctis fidelibus Deo deservissent, ac ibidem religiose viverent. Cujus preces suscipientes concessimus ei, sed eo tenore ut heres illius predictam ecclesiam semper de nobis teneat ; monachi vero per ipsum habeant. Junioratus autem ecclesieb quem presbiteratum appelant, sic hactenus integer permaneat ; sacrilegium que ecclesie et atrii, sicut exigit ratio, in nostra deliberatione consistat.

(Après le 37 décembre 1096)

Ego Daimbertus archiepiscopus, quod ipse bone memorie pater dominus Richelrius, predecessor meus gessit, in Xristi nomine concedo ac legitime atque canonice confirmo.


a Cette donation est comprise dans la confirmation générale accordée par Urbain II le 14 juillet 1096.
172 En marge : Cannes. Cannes-Ecluse, ca. Montereau, ar. Fontainebleau.
b Vicariat (Ducange, Junioriatus).

La dîme d'Orsonville est acquise par Saint-Martin-des-Champs. Une moitié lui est cédée par Gautier d'Étampes, l'autre par Foulques de Bullion.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 18-19, nº 40.
  • a Marrier, p. 512.
  • b Depoin, Les Vicomtes de Corbeil et les Chevaliers d'Étampes, p. 57.
  • c Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après c.

Venite, filii Dei, merito ab Apostolo vocati filii Lucis et Diei ; audite et memoriter retinete que donantur vestræ matri, sancte scilicet Aecclesiæ sponse Xristi, ut hi qui in ea deserviunt, per vos defensi, nullis adversitatibus affecti, a colloquiis divinis nullomodo valeant revocari. Notum igitur sit futuris, vobisque presentibus, quod Walterius de Stampis165 et uxor ejus Adela dederunt æcclesiæ Sti Martini de Campis medietatem decime Ursionisville173, quam in maritatu dederat huic Adele pater suus, Hugo nomine ; unde septem libras habuerunt de bonis æcclesiæ. Quod concessit frater ejus, Wido a baptismate, Paganus publico apellatus nomine178, unde xl solidos accipiens, donum fecit cum sororio suo et sorore, super sanctum Beati Martini altare, sicque cum eis intravit in Seniorum beneficiis et societate.

Hoc etiam concesserunt filii eorum, Walterii scilicet et Adele, Petrus et Ansellus166, presente Haiberto ; monacho ; testibus autem : Engelberto ejus famulo, Milone monacho de Stampis168 et frater ejus Urso. De dono autem facto super altare a predicto Walterio et conjuge et Pagano, testes sunt : Balduinus, Helgodus servus æcclesiæ, Warinus frater majoris36, Georgius sacrista, Poncius de Nuisiaco, Rodulfus, Ingelbertus famulus domni Haiberti.

Visum itaque fuit utile, pro scandalorum spinis que oriri solent, huic cartule inserere, quod hoc donum, de quo superius tractatum est, concessit Elisabet conjunx Burchardi de Maceiaco, cui hæc decima conpetebat jure hereditario ; quod et concessit Burchardus vir ejus291, inde accipiens Carnotensium viginti solidos.

Igitur, quia sic cepimus denotare, descendamus ad hos qui, nisi concessissent, calumpniam possent inferre, Widonem scilicet filium Serlonis, qui supradictam decimam ab Helisabet et viro suo tenebat ; qualiter in capitulo Sti Martini, coram Deo et omni conventu monachorum, et plurimorum, qui illuc advenerant, legalium testium concessit, et filius ejus, Paganus appellatus, unde xl solidos et duos renones agninos habuita ; unum filio suo dedit, alterum ipse sibi vestivit Nec pretereundum est quod hoc concessit Hisnardus ejus, miles satis honestus. Testes autem hujus concessionis Widonis et filii ejus si vultis audire, jam denotatos videre potestis in subsequeriti narratione : Wido comes de Rupeforti ; Wido de Vitriaco35, Symon de Nigelfa, Walterius de Cersellis104, Warinus frater majoris36, Georgius sacrista ; Petrus, Gilduinus, Henricus, Bernardus, De hac medietate æcclesiæ Ursionisville, quod superius tractavimus sufficiat caritati vestræ, et si qua ruditate sermonis plenius non sunt dicta, vos qui spirituales estis et sapientiores, videte ne, per invidorum astucias, que sibi donantur perdat æcclesia.

Transeamus ergo ad aliam hujus Ursionisville medietatem decime, et prout Deus dederit, qualiter æcclesiæ Sti Martini data fuit, filiorum Dei tradamus noticie. Notum igitur fieri volumus Xristi fidelibus quod Fulcherius de Budelone174 et Emmelina uxor ejus que in maritatu eum habebat, dederunt æcclesiæ Sti Martini aliam partem decime Ursionisville, septemque libras utrique habuerunt pro munere. Hoc concessit Rotbertus filius Waszonis, et pro concessione x solidos habuit ; et Gaufredus frater ejus, unde modium frumenti et x solidos habuit ; et Seguinus frater ejus, indeque xv solidos de bono æcclesiæ accepit. Hi tres fratres sunt supradicte mulieris. Pro talibus igitur datoribus et datis, æcclesiam Ursionisville possidet æcclesia Sti Martini de Campis.

Est et aliud quod volo notum esse filiis matris Æcclesiæ, quod Rainaldus Chanardus41 dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis quicquid habebat in supradicta villa que Ursionisvilla nuncupatur. Cujus rei testes sunt : Wido comes de Rupeforti74, Wido de Vitriaco, Simon de Nigelfa, Wido filius Serlonis, Walterius de Cersellis, Warinus frater majoris, Georgius sacrista, Gilduinus, Heinricus, Bernardus.


165 Berneuil, fils de Geofroi et petit-fils de Roscelin, qui fut père de Marc, vicomte d'Étampes (Depoin, la Chevalerie étampoise)
173 Orsonville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet. La cure de cette paroisse, comprise dans le doyenné de Rochefort, était à la nomination du prieur de St-Martin-des-Champs, La donation d'Orsonville (terre, église et dépendances) est confirmées dans la bulle du 14 juillet 1096
178 Ce texte est un de ceux qui prouvent avec netteté que, lorsque le baptême des enfants était différé, ils portaient en attendant l'imposition du prévie. Celui de Payen précise, chez les garçons, le fait du retard apporté au batpême. On donnait aux filles des surnoms plus courtois, tels que ceux d'Idoine (intelligente), Blanche, Rose (suivant leur teint), Comtesse ou Reine (du titre porté par une de leurs aïeules), etc. Voir d'autres exemples nº63, 69 et note 166.
166 Payen, fils d'Anseau et petit-fils de Gautier d'Etampes, s'appelait en réalité Isembard (Depoin, les Vicomtes de Corbeil et les Chevaliers d'Étampes, p. 15).
168 Thibaud fils d'Ours d'Etampes, et son père Ours ou Ourson, fils de Thion (Depoin, la Chevalerie étampoise). Ours avait pour frères Milon, moine de St-Martin (nº68infrà) et un autre Aimon (nº76). Notre étude sur cette lignée doit être complétée par l'adjonction, en tête de la généalogie, d'un Thion Ier qui fut un des bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (Fleury) ; sous l'abbé Gauslin, qui siégea de 1005 au 8 mars 1030, « Teudo Stampensis paternæ hæreditatis alodum delegavit. « (Vita Gauslini, § 27 ; Mém. de la Soc. arch. de l'Orléanais). La lignée des Thion d'Étampes étant une branche certaine de la famille Le Riche, Thion Ier peut être considéré comme le troisième fils d'Aubert Ier le Riche. (Cf. note 188.)
a Pelisses fourrées en peau d'agneau.
35 Vitry-sur-Seine, ca. Ivry-sur-Seine, ar. Sceaux.
104 Sarcelles, ca. Ecouen, ar. Pontoise (S.-et-O.). — Gautier de Sarcelles figure dans la donation de Dreux Reille vers 1105 (nº101).
174 Bullion, ca. Dourdan, ar. Rambouillet.
41 Levesville-la-Chenard, ca. Janville, ar. Chartres. Cette paroisse a pris son nom des Chenard (Chanardus, Canardus), que nous rencontrons plus d'une fois dans le Liber Testamentorum : Aimeri fils de Renaud etc.

74 L'auteur de cette donation est une personnalité notoire du règne de Philippe Ier. C'est Gui le Rouge fils de Gui le Grand de Montlhéry ; son père assistait Henri Ieren 1059 lorsqu'il dota solennellement la collégiale de St-Martin-des champs (nº 7) et Philippe Ier lorsqu'en 1067 il en confirma l'établissement (nº 12). Lui-même intervint fréquemment pour faciliter et approuver les donations de ses vassaux au prieuré clunisien. On le rencontrera plus loin avec le titre de comte, accompagné parfois du surnom de Rochefort : « Wido comes " ou » Wido comes de Rupeforti ». Il mourut en 1107.

Élisabeth, sa seconde femme, s'identifie avec « Isabeldis, comitissa de Creciaco castro « qui, veuve de Bouchard II de Corbeil, assista à la première messe célébrée par saint Gautier, abbé-fondateur de St-Martin-de-Pontoise, sur l'autel de St-Nicolas de Morcerf (Cartul. de St-M. de P., p. 10, nº xi). Le récent mémoire de M. Estournet sur Bouchard II, comte de Corbeil dans les publications de la Société du Gâtinais, a précisé ce point. L'une des filles d'Élisabeth, Béatrix de Pierrefonds, fut aussi bienfaitrice de St-Martin des Champs.

Eustache de Senlis, du consentement de sa fille Belote et de son gendre Bourdin, donne un aleu à Auger et un clos de vigne près de Senlis, avec l'hôte qui le garde. Le don est fait entre les mains d'Arnoul, fils d'Eustache, moine à Saint-Martin, et du chambrier Hugues.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 40', nº 86.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Volumus tradere noticiæ fidelium quod Eustachius de Silvanecti dedit æcclesiæ Sti Martini de Campis alodium quod habebat apud Villam novam que est juxta villam Sti Arnulfi de Crispeio que Olgerus nuncupatur175. Addidit et idem Eustachius, et dedit supradicte æcclesiæ Sti Martini clausum vinee qui est juxta Silvanectem, et qui, communi vocabulo, nominatur vinea de Gosleno, et torcular in eodem clauso, et hospitem eidem adherentem vinee, scilicet custodem. Hoc factum est per manum filii sui Arnulfi supradicte æcclesiæ monachi, et per manum domni Hugonis, tunc temporis camerarii176, concedente filia ejusdem Eustachii Belota nomine, et Burdino ejus conjuge.

Hujus rei testes sunt : Hermerus de Vitella27, Odo de Gonissa94 Walterius Rotundellus, Goslenus filius Herberti, Gillebertus frater Burdini.


175 En marge : « Valoys, Senlis. » Auger-St-Vincent, ca. Crépy-en-Valois, ar. Senlis.
176 Hugues a précédé sans doute Gautier, chambrier du monastère dès 1096 (nº77 et 79).
27 Vittel, faubourg de Senlis.
94 Eudes de Gonesse, fils d'Heudiarde, bienfaitrice de St-Martin en 1094 (nº50 infrà).

Notum fieri volumus his qui se filios sanctæ Æcclesiæ confitentur, quod Albertus filius Bernardi et Elisabet uxor ejus dederunt æcclesiæ Sancti Martini de Campis terram quam apud Ursionis villam164 possidebant, vel quam de feodo suo aliquis dederat, vel daturus erat ; et de gurgite ubi stagnum ad opus monachorum fieri poterat. Hoc autem concesserunt filii sui Drogo, Walterius, atque Petrus. Quod eciam factum est ab eis, Alberto scilicet et Elisabet et Drogone cum Walterio, in communi Sancti Martini æcclesia, posito ab eis cum Elisabet super sanctum altare dono ; videntibus cunctis qui aderant ; quorum hæc sunt nomina : Antelmus miles, Archenbaldus, Rodulfus qui cum eis venerant. Nostrorum autem : Walterius major, Warinus frater ejus36 ; Bernardus hospitalis ; Jonas servus æcclesiæ ; Teobaldus faber, Stephanus custos equoruma ; Joscelinus carpentarius, Rogerius sartor ; Raguntus frater Walterii camerarii176 ; Bloiscus brito ; Yvo cocus.


164 Peut-être Soignolles, écart de Voves, où le monastère avait une terre donnée par Hugues, fils de Ferri (nº79 infra).
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
a B æquorum.
176 Hugues a précédé sans doute Gautier, chambrier du monastère dès 1096 (nº77 et 79).

Gautier-Payen (vicomte de Meulan), et sa femme Comtesse, donnent l'église de Montmartre à Saint-Martin. Bouchard IV de Montmorency, seigneur féodal, approuve.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 9-10, nº 18.
  • C Copie du xiiie s., Arch. nat., LL 1399, fol. 2.
  • a Barthélemy, Recueil de chartes concernant l'abbaye de Montmartre (avec la date erronée de 1116).
  • b R. de Lasteyrie, Cartulaire de Paris, t. I, p. 144.
  • c Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après c.

Vir quidam egregius et miles strenuus, Paganus appellatus177, a baptismate Walterius, et uxor ejus a baptismate Hodierna, Comitissa nuncupata, imitari volentes precedentium patrum exempla, de possessionibus suis sanctæ Beati Martini de Campis æcclesiæ dederunt æcclesiam quæ sita est in monte qui nuncupatur Mons Martirum, altare videlicet et capsum, sepulturam et tantum atrii ubi fierent officinæ fratrum179 ; decime terciam partem, et terciam partem hospitum, terræque medietatem carruce ad possidendum. Hoc vero publice factum est in supradicta Beati Martini de Campis basilica, et super sacrosanctum altare donum est positum a supra-dicto Pagano et conjuge sua, videntibus cunctis qui aderant, quorum hæc sunt nomina : Petrus et Walo milites ejusdem Pagani, Rotbertus filius Stephani154, Heinricus filius ejus, Walo frater ejus ; Ulricus falconarius ; Walterius major36, Warinus et Teudo fratres ejus ; Helgotus et Herluinus filius ejus, Drogo nepos ejus, et Herleboldus, servi æcclesiæ ; Albericus ortolanusa, Teobaldus faber, Bernardus parmentarius ; Arnulfus major rei illus ; Rotbertus pater Johannis presbiteri et Wiardus filius ejus.

Volens itaque omnipotens Deus, qui est omnium futurorum prescius, ut, absque calumpnia, sua quiete possideret æcclesia, eo disponente, ad supradictam æcclesiam Beati Martini, quæ dicitur de Campis, venit Burchardus de Montemaurinciaco226, de cujus hoc donum quod fecerat Paganus et uxor ejus, erat beneficio ; quod et ipse Deo et senioribus, monachis scilicet Cluniacensibus inibi Deo servientibus, libenter et libere concessit, et super sanctum altare ipsius Sti Martini, quod est principale, coram cunctis qui aderant, donum misit. Hujus rei testes sunt milites ejus qui cum eo venerunt, quique hoc pactum libenter laudaverunt, quorum nomina hæc sunt : Hugo filius Teoderici135, Odo filius Odonis, Hugo de Warenna, Richardus filius Theoderici135, Philippus de Tresluza, Wido de Aquaputa, Herbertus de Vilerz136.

Nostrorum vero nomina hæc sunt : Wido comes74, Hudo de Sto Glodoaldo224, Willelmus Marmerellus, Walterius major, Rogerius filius ejus, Warinus et Teudo fratres36 ; Helgotus et Drogo nepos ejus ; Herleboldus servus æcclesiæ, Walterius et Stephanus custodes equorum, Rotgerius et Rotbertus sartores, Bernardus parmentarius.

Hoc autem factum est in Gallia regnante Philippo, Cluniacensis æcclesiæ Hugone existente abbate, apud Campos sub eo Ursione priore, Willelmo episcopo urbis Parisiace , indictione IIIIª.

Qui hæc supradicte æcclesiæ abstulerit, erit anathema.


177 Sur Gautier I, dit Payen, vicomte de Meulan, voir appendice III au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 336. Comtesse était fille de Raoul Deliés, de Pontoise, bienfaiteur de St-Martin (nº53). Le pluriel « patrum exempla » donne lieu de croire que Thouin (Thevinus) père de Gautier I, et mort avant 1072, était lui aussi l'un des bienfaiteurs de St-Martin-des-Champs.
179 « Capsum » paraît désigner la nef de l'église ; l'idée de coffre se substitue ici à l'idée de vaisseau. Le terme de chapts existait encore dans le langage juridique de l'Ile-de-France au xvie siècle. L'inventaire des titres du prieuré d'Essonnes (1742, Arch. de S.-et-O. Fonds de N.-D.-des-Champs) mentionne (p. 127) un « bail à rente de particulier à particulier, fait le 9 décembre 1544, de chapts de mazure, cour et jardin, contenant demi-quartier, assis à la Fosse de Vaux ". Le mot " atrium " (aître) signifie le terrain réservé autour de l'église, soit pour servir de cimetière, soit pour d'autres usages. Ici une portion en est concédée aux moines pour s'y installer, lorsque les besoins du service religieux les retenaient à Montmartre. " Officinæ » répond à cette idée, plus étendue que celle de sacristie. On ne saurait voir là, d'après le sens primitif du mot, des boutiques.
154 Etienne était prévôt de Paris en 1067 (nº12supra ; Cf. note 268) et peut être encore vers 1083 (nº24) : à ce moment son fils Robert, assistant à la donation de Foulques d'Annet, est qualifié filius prefecti. Robertus, filius Stephani prepositi Parisiensis, intervient dans l'accord entre St-Martin et le seigneur de Neuilly-sur-Marne (nº63). Ici il est accompagné de son frère Payen et de son neuveu Jean. Payen, fils d'Étienne, est témoin pour Raoul Deliés en 1092-1093 (nº53). C'est peut-être le même que Galon, frère de Robert, nommé avec lui et Henri, fils de Robert, en 1096 comme témoin de la donation de Montmartre (nº72). Robert de Paris, simple gentilhomme et nullement comte comme certains l'ont cru par méprise, se croisa et périt à la bataille de Dorylée (Riant, Note sur Robert de Paris, chevalier croisé. Bulletin de la Soc. de l'Hist de Paris, sept. 1879, 6e année, 5e livr., p. 130). On ne voit pas bien où se trouvaient ses domaines. Peut-être possédait-il Ivry-sur-Seine ; nous rencontrons plus loin Henri d'Ivry, gendre de Payen Hérisson de Neuilly qui prit Robert pour arbitre (nº63). S'il s'identifie avec Henri, fils de Robert, il faut lui donner pour frère Ansoud, Ansoldus filius Rotberti de Ivri, témoin en 1096-1097 (nº78). — Cf. Appendices au Cartulaire de St-Martin de Pontoise, p. 270.
a « Hortulanus », jardinier.
226 Bouchard IV de Montmorency, qui épousa Agnès, fille de Raoul II Deliés et de Hahuis, du vivant de sa mère. La présence du roi désigné aux obsèques de Hahuis, prouve bien que cet événement est antérieur à la rupture de Bouchard IV avec Louis-le-Gros et au siège de Montmorency par ce dernier.
135 Hugues et Richard, fils de Thierri et petit-fils de Fouchard I de Montmorency. Le second fut la tige des seigneurs de Banthelu (ca. Marines, ar. Pontoise).
136 Eaubonne, ca. Montmorency, ar. Pontoise. Putus, en bonne latinité, signifie pur (voir sur la famille d'Eaubonne et l'étymologie de ce nom, un article de M. de Visme dans le Journal de Montmorency, 31 mai 1903). — Treslan, éc. Andrésy, ca. Poissy, ar. Versailles. — La Garenne, éc. Achères, ca. Poissy, ar. Versailles (?) — Villiers-le-Sec, ca. Ecouen, ar. Pontoise (S.-et-O.). — Tous ces personnages se trouvent réunis, ainsi que les suivants à l'exception de Bernard l'hôtelier, auprès de Bouchard de Montmorency, à St-Martin-des-Champs en 1096 (nº72). Mais la circonstance était différente, comme le montre le changement de nom de l'évêque cité.

74 L'auteur de cette donation est une personnalité notoire du règne de Philippe Ier. C'est Gui le Rouge fils de Gui le Grand de Montlhéry ; son père assistait Henri Ieren 1059 lorsqu'il dota solennellement la collégiale de St-Martin-des champs (nº 7) et Philippe Ier lorsqu'en 1067 il en confirma l'établissement (nº 12). Lui-même intervint fréquemment pour faciliter et approuver les donations de ses vassaux au prieuré clunisien. On le rencontrera plus loin avec le titre de comte, accompagné parfois du surnom de Rochefort : « Wido comes " ou » Wido comes de Rupeforti ». Il mourut en 1107.

Élisabeth, sa seconde femme, s'identifie avec « Isabeldis, comitissa de Creciaco castro « qui, veuve de Bouchard II de Corbeil, assista à la première messe célébrée par saint Gautier, abbé-fondateur de St-Martin-de-Pontoise, sur l'autel de St-Nicolas de Morcerf (Cartul. de St-M. de P., p. 10, nº xi). Le récent mémoire de M. Estournet sur Bouchard II, comte de Corbeil dans les publications de la Société du Gâtinais, a précisé ce point. L'une des filles d'Élisabeth, Béatrix de Pierrefonds, fut aussi bienfaitrice de St-Martin des Champs.

224 Yon de Saint-Cloud est cité dans des notices précédentes à partir du nº59 (antérieurement au 1er mai 1095). Il figure, en 1096, au nombre des laïcs qui escortent l'évèque de Paris, avec Payen de Montjay (Depoin, Les Comtes de Beaumont et le Prieuré de Ste-Honorine de Conflans, p. 65).

Le prieur Ourson afferme au laïc Bernard le casuel de la petite église sur la colline de Montmartre, dite Sanctum Martyrium, à charge d'y faire célébrer la messe deux ou trois fois par semaine, tant qu'il vivra, et de laisser à sa mort ses biens au prieuré.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 15, nº 32.
  • a Marrier, Monasterii S. M. de C. historia, p. 319.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

Notum esse volumus contemporaneis etposteris nostris, quoniam parva æcclesia que in colle Montis martirum est, et a vulgo appellatur Sanctum Martirium180, erat olim laicorum hominum qui, pro absolutione peccatorum suorum et salute animarum suarum consequenda, eam dederunt Deo et Sto Martino de Campis et domno Ursoni priori, et senioribus ejusdem loci. Domnus autem Urso, assensu seniorum et rogatu laicorum, concessit oblationem totam que afferretur in ea Bernardo laico, in vita sua, ad censum x solidorum, quos persolvet , singulis annis ; eo tenore ut in die mortis ipsius Bernardi, prefata oblatio Sto Martino remaneat, et quicquid facultatis eo die Bernardus habuerit, Sto Martino relinquat pro anima sua et, dum vixerit, missam celebrari faciet in ipsa ecclesia, bis vel ter in ebdomada.


180 Cette expression ne saurait laisser aucun doute sur l'origine, quelquefois contestée, du nom de Montmartre. Le sanctuaire du Martyrium était évidemment distinct de l'église paroissiale de ce quartier, puisque l'office ne s'y célébrait qu'irrégulièrement. Cela se conçoit, car le sarcophage du Martyrium, s'il a renfermé, comme on peut le croire, les ossements des premiers apôtres de Paris, transportés à Saint-Denis par Dagobert, n'était plus qu'un cénotaphe. Il y a tout lieu de reconnaître dans ce sanctuaire l'oratoire bâti vers 475, à l'inspiration de sainte Geneviève, par le prêtre Genies, sur la sépulture des martyrs, et dont l'emplacement n'a jamais été bien déterminé (Voir à ce sujet la discussion de Toussaint Du Plessis, Annales de Paris, p. 23, 39). Le témoignage concordant des hagiographes de saint Denis et de sainte Geneviève est donc pleinement confirmé. M. Auguste Longnon en avait déjà pris très brillamment la défense contre Julien Havet (Centenaire des Antiquaires de France, Recueil de Mémoires, 1904, p. 251). D. Marrier (Monasterii Sti Martini... historia, pp. 321 et suiv.) relate le procès-verbal de la découverte, à laquelle il assista le 3 juillet 1611, d'une catacombe chrétienne où on accédait par un escalier de 50 marches. Une planche de Jaspar Isaac représente la galerie de cette profonde crypte située sous l'église des religieuses. La chapelle des saints Martyrs s'élevait au bas de la clôture du monastère, sur la pente de la colline monmartroise, à l'opposite de Paris.

Charte solennelle d'union de prières entre Hugues, évêque de Soissons, au nom de son chapitre, et le monastère de Saint-Martin de Paris dit ès Champs (in Campis), auquel il accorde les autels de Sainte-Gemme et de la Noue.

  • A Orig. av. sceau épiscopal, Arch. nat., S 1434, nº 29.
  • B Copie de 1129, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 66, nº 101.
  • C Copie du xiie s., Liber Testamentorum, fol. 62, nº 131, incomplète des notes chronologiques.
  • D Copie de 1209, Arch. nat., LL 1351, fol. 79', collationnée sur A et complétée par D. Marrier.
  • E Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1353, fol. 90.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen.

Singulorum hominum justitia cum per se, aut fere nulla, aut vere satis exigua sit, necessarium valde est, hanc inter universos sustentationis vicissitudinem discurrere, que ad bene subsistendum et Deo standum quod ipsi ex se non habent, alterni suffragio solatii plene percipiant. Neque vero cuiquam de suis sibi virtutibus ita blandiendum est, ut vel eas sibi ad beatitudinis meritum sufficere, vel aliene opis presidio se minime indigere credere debeat, cum ex hoc quoque electorum perfectio constet, ut cum in monte Virtutum steterint, in convalle se Humilitatis aspiciant, et adhuc profectum, non tantum per se, sed et per alios querant. Omnibus igitur Celesti vocatione vocatis, sursumque ire necesse habentibus, cum sublimium virorum auxilio indigere perspicuum sit infrapositos quales nos sumus indigni et peccatores ; videndum etiam est utrum e converso inferiores aliquid in promovendo superioribus conferant. Atqui ipsis etiam bonis aliorum minus bonorum suffragatio expetenda videtur qui ideo quorumlibet fidelium societa [tem et frater] nitatem asciscunt. Quam omnium commendantibus notis, Deo, regi suo, gratiores se fore recte sentiunt. Et vere bonum est omnium in com[mune, magnorum] sive parvorum, oratio ; etsi enim nostra non impetrant merita, tamen quia omnes uno spiritu Dei vivimus, Hunc eundem in nobis et postulantem credimus et impetrantem. Adhuc autem quotquot fideliter aliquid petentes nomen Domini Jhesu invocamus, proximus noster est, et exaudiens, ut nomen suum invocatus agnoscat et non avertat. Ipse utique et Spiritus ejus, totius Ecclesie pax et unitas, hoc inspirare et preficere dignatus est, ut sancta Suessionensis mater Ecclesia et Sti Martini Parisiensis, qui cognominatur in Campis, Deo familiaris Congregatio, amplius in Xristo sancto fœdere conexe, orationum et beneficiorum gratia mutuo perfruantur. Videns igitur ego Hugo, Dei gratia Suessorum episcopus, hanc utriusque ecclesie conexionem viam ad Celum esse, decrevi, totius capituli nostri deposcente affectu, illi beate Congregationi Ecclesiam nostram benignam esse, hac quoque ratione, et commodam. Concessimus enim prefato Beati Martini monasterio, in personatum et quiete habenda, altaria, unum Ste Gemme181, sine illa etiam exactione que vulgariter dicitur sonniataa, alterum cum sonniata in villa que Noa vocatur182, salvo episcopi debito jure. Nimirum eis Dei electis et jam, Dei gratia, hoc fratribus nostris annui dignum fuit, qui suam nostramque congregationem unam domum fieri, et sic amodo appellari volentes, ita sue sanctitatis obsequium nostre dilectioni et saluti se impendere fideliter promiserunt, ut et nostros vivos ubique in suis locis, tanquam suos suscipiant, et pro mortuis, curam parem suorum agant. Denique pro omnibus canonicis nostris, vivis sive defunctis, in eternum specialiter orent. Sed et ipsi quo sublimiores sunt, eo humilius nostre fraternitatis participationem poposcerunt ; quod nos quoque eis contulimus, ejus rei utilitatem non de nostris meritis sed de eorum fide et Dei misericordia presumentes. Hujus itaque sancte societatis memoriale in altarium prefatorum concessione cum sigillo nostro designari censuimus, ut et quanta sit utriusque ecclesie invicem devotio, queve nostra concessio omnibus innotescat.

Signum Hugonis episcopi. S. Petri et Fulchonis archidiaconorum. S. Lisiardi prepositi. S. Hugonis decani. S. Ingelramni et Ebali, archidiaconorum. S. Warneri, Odonis, Hugonis, item Hugonis, Gualteri, Rogeri, Petri, Gualteri, sacerdotum. S. Rotberti precentoris, Erchenaldi, Petri, Rainardi, Manasse, Fulconis, Odonis, Girardi, Bernardi, Rotberti, item Rotberti, diaconorum. S. Teobaldi, Ivonis, Anselli, Gualteri, Bartolomei, Giraldi, Odonis, item Odonis, Adam, Johannis, Rainoldi, Guarneri, Gualteri, subdiaconorum. S. Petri, Ivonis, Ansoldi, Hugonis, Arnulfi, Willelmi, Walterii, Ingelranni, Ansculfi, acolitorum.

Actum in urbe Suessonica, in basilica Sanctorum martirum Gervasii et Protasii . Ego Hugo sancte Suessionensis ecclesie cancellarius, relegi et subscripsi.


181 Sainte-Gemme, ca. Châtillon-sur-Marne, ar. Reims. Cette église est comprise dans la bulle du pape Urbain II du 14 juillet 1096.
a Droit de gîte ou de nuitée (Du Cange, d'après une confirmation de l'évêque Baudri de Noyon, en 1102, ap. Martene, Amplissima Collectio, I, 599).
182 La Noue, éc. Pisseleux, ca. Villers-Cotterets, ar. Soissons (Aisne).


183 Noël-St-Remy, éc. Roberval, et Noël-St-Martin, éc. Villeneuve-sur-Verberie, ca. Pont-Ste-Maxence, ar. Senlis.
208 En marge de B : Conflant. Conflans-l'Archevêque, éc. de Charenton-le-Pont, ar. Sceaux. Nous ignorons quel fut l'auteur de la donation de cette église aussi bien que de celles de Drancy, Châtenay et Louvres. Toutes ces églises, dès 1096, appartenaient à St-Martin-des-Champs.
184 Framerville et Vauvillers, ca. Chaulnes, ar. Péronne.
333 Behoust, ca. Montfort, ar. Rambouillet, dont l'église a pour patron saint Hilaire. — C'est « la villa Boult avec l'église St-Hilaire au diocèse de Chartres » confirmée à St-Martin par Calixte II le 27 novembre 1119 et que l'abbaye avait acquise antérieurement à la bulle d'Urbain II en 1096, où elle est simplement nommée Sanctus Hilarius (nº75 suprà).
185 Bonnelles, ca. Dourdan, ar. Rambouillet.
186 Pringy, ca. et ar. Melun.

Bulle du pape Urbain II, confirmant à l'abbaye de Cluny et au prieuré de Saint-Martin-des-Champs tous les bénéfices dépendant de l'obédience de Paris.

  • A Original perdu.
  • B Copie officielle, sur parchemin, du xiie siècle. — A. N. L. 870, nº 20. Au dos, d'une écriture du xviie s. « 14 juillet 1097. Privilège du Pape Urbain II en faveur du Prieuré de Saint-Martin-des-Champs. » smchamps_0075_.
  • C Copie du xiie s. Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 44'.
  • D Cartulaire C de Cluny, 143.
  • E Copie de 1209, Arch. nat., LL 1351.
  • F Copie du xve s., Arch. nat., LL 1352.
  • G Copie du xvie s., Arch. nat., LL 1353.
  • H Ms. lat. 17716, fol. 94'.
  • a Marrier, Monasterii S. Martini de Campis historia, p. 148.
  • b Bullarium Cluniacense, p. 19.
  • c Felibien, Histoire de Paris, III, 152.
  • d Migne, Patrol. lat., t. 151, p. 470.
  • e Robert de Lasteyrie, Cartulaire gén. de Paris, t. I, p. 143, nº 118, d'après C.
  • f Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
  • Bruel, Chartes de Cluny, t. V, p. 58, nº 3711, d'après D et H. — Jaffé-Wattenbach, t. I, p. 689, nº 5652 (4231).
D'après f.

Urbanus episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri Hugoni, Cluniacensi abbati, salutem et apostolicam benedictionem. Pie postulatio voluntatis effectu debet prosequente compleri. Quatinus et devotionis sinceritas laudabiliter enitescat, et utilitas postulata vires indubitanter assumat. Tue igitur voluntati et communis filii Ursionis prioris postulationibus annuentes, Beati Martini monasterium quod de Campis dicitur, in Parisiensi parochia situm, presentis decreti auctoritate munimus, ut quemadmodum cetera Cluniacensis cenobii membra semper sub Apostolice sedis tutela permaneat, et cuncta que ad locum ipsum in presentiarum pertinere videntur : Ecclesia videlicet de Agenvilla22. De Novavilla22. De Mareio122. De Monte Martyrum180. De Loveriis207. De Castenio206. De Nota Sancti Remigii. De Nota Sancti Martini183. De Renzegio153. De Balbineio102. De Caleio. De Confluentio208. De Capeio76. De Fontanis. De Flamaregia villa. De Valle Villaris184. De Monciaco133. Villa que dicitur Bonzeia14. Nuceium magnum12. Nuceium minus. Anetum13. Maioriolas78. Sancta Gemma181. Rodanivilla39, Ursonisvilla173. Clamardum30. Sorvillare87. Pentinum26. Cevrennum97. Sanctus Hylarius ; cum ecclesiis et pertinentiis earum. Ecclesia etiam de Cona172. De Bonella185. De Pringeio186. Quicquid preterea idem locus hodie juste possidet, vel collatione bone memorie Henrici Francorum regis, qui ejusdem loci fundator extitit, vel filii ejus Philippi, cujus donatione cella eadem ad vestrum cenobium noscitur pertinere. Quicquid a quibuslibet fidelibus de suo jure eidem loco collatum est, vel in futurum conferri contigerit, firma semper et illibata permaneant, tam a te quam ab his qui per te vel successores tuos eidem loco prepositi fuerint, perpetuo possidenda, regenda ac disponenda. Decernimus ergo ut nulli omnino hominum liceat idem cenobium temere perturbare, aut ejus possessiones auferre, vel ablatas retinere, minuere, vel temerariis vexationibus fatigare ; sed omnia integra conserventur eorum pro quorum sustentatione ac gubernatione concessa sunt usibus omnimodis profutura. Si qua ergo in crastinum ecclesiastica secularisve persona hujus decreti paginam sciens, contra eam temere venire temptaverit, secundo tertiove commonita, si non satisfactione congrua emendaverit, potestatis honorisque sui dignitate careat, reamque divino judicio se existere de perpetrata iniquitate cognoscat, et a sacratissimo corpore ac sanguine Dei et Domini redemptoris nostri Ihesu Xristi aliena fiat. Atque in extremo examine districte ultioni subjaceat. Cunctis autem eidem loco justa servantibus, sit pax Domini nostri Ihesu Xristi. Quatinus et hic fructum bone actionis precipiant, et apud districtum judicem premia eterne pacis inveniant. Amen. Amen. Amen. Datum Nemausi, per manum Johannis, sancte Romane ecclesie diaconi cardinalis .


22 Janville, ar. Chartres. — Neuvy-en-Beauce, ca. Janville.
122 Méru, ar. Beauvais. — Cette donation fut faite du vivant d'Hermer de Pontoise, premier mari de Comtesse, fille de Raoul et d'Hahuis. Comtesse était remariée dès 1096 à Gautier Payen, vicomte de Meulan. Le prévôt Gui, fils d'un premier mariage d'Hermer, est cité en 1092 et 1093. — Il n'est pas question d'Agnès, autre fille de Raoul, qui épousa depuis Bouchard IV de Montmorency, Henri, fils de Raoul II, est cité en 1093 avec lui (Cartulaire de St-Martin de Pontoise, pp. 27, 248, 295). D'autre part, l'autel de Mareio est compris dans la bulle d'Urbain II, le 14 juillet 1096.
180 Cette expression ne saurait laisser aucun doute sur l'origine, quelquefois contestée, du nom de Montmartre. Le sanctuaire du Martyrium était évidemment distinct de l'église paroissiale de ce quartier, puisque l'office ne s'y célébrait qu'irrégulièrement. Cela se conçoit, car le sarcophage du Martyrium, s'il a renfermé, comme on peut le croire, les ossements des premiers apôtres de Paris, transportés à Saint-Denis par Dagobert, n'était plus qu'un cénotaphe. Il y a tout lieu de reconnaître dans ce sanctuaire l'oratoire bâti vers 475, à l'inspiration de sainte Geneviève, par le prêtre Genies, sur la sépulture des martyrs, et dont l'emplacement n'a jamais été bien déterminé (Voir à ce sujet la discussion de Toussaint Du Plessis, Annales de Paris, p. 23, 39). Le témoignage concordant des hagiographes de saint Denis et de sainte Geneviève est donc pleinement confirmé. M. Auguste Longnon en avait déjà pris très brillamment la défense contre Julien Havet (Centenaire des Antiquaires de France, Recueil de Mémoires, 1904, p. 251). D. Marrier (Monasterii Sti Martini... historia, pp. 321 et suiv.) relate le procès-verbal de la découverte, à laquelle il assista le 3 juillet 1611, d'une catacombe chrétienne où on accédait par un escalier de 50 marches. Une planche de Jaspar Isaac représente la galerie de cette profonde crypte située sous l'église des religieuses. La chapelle des saints Martyrs s'élevait au bas de la clôture du monastère, sur la pente de la colline monmartroise, à l'opposite de Paris.
207 En marge de B : Louvres (ca. Luzarches, ar. Pontoise).
206 En marge de B : Chastenay. Châtenay-en-France, ca. Ecouen, ar. Pontoise.
183 Noël-St-Remy, éc. Roberval, et Noël-St-Martin, éc. Villeneuve-sur-Verberie, ca. Pont-Ste-Maxence, ar. Senlis.
153 Drancy, ca. Noisy-le-Sec, ar. St-Denis (Seine). — L'église de Drancy (Ecclesia de Renzegio) est comprise dans la bulle confirmative d'Urbain II en 1096 (nº75), et dans la charte de l'évêque Guillaume de Paris en 1098 (nº 82).
102 Bobigny, ca. Noisy-le-Sec, ar. Saint-Denis (Seine).
208 En marge de B : Conflant. Conflans-l'Archevêque, éc. de Charenton-le-Pont, ar. Sceaux. Nous ignorons quel fut l'auteur de la donation de cette église aussi bien que de celles de Drancy, Châtenay et Louvres. Toutes ces églises, dès 1096, appartenaient à St-Martin-des-Champs.
76 Cappy, ca. Bray, ar. Péronne (Somme). — La communauté de Cluny attribua cet autel à St-Martin-des-Champs qui y constitua un prieuré.
184 Framerville et Vauvillers, ca. Chaulnes, ar. Péronne.
133 Moussy-le-Neuf en Parisis, ca. Dammartin, ar. Meaux, paroisse fort ancienne où furent transférés les corps de saint Chrodegand ou Godegrand, évêque de Séez, et de sa sœur sainte Opportune. Le premier fut transporté par Adam Ier de l'Isle en son château de l'Isle-Adam, où il bâtit une église pour le recevoir. Elle fut dédiée en 1024. Gautier de Moussy (Walterius de Monci) souscrit le diplôme de Philippe Ier pour Saint-Vincent de Senlis en 1069 (nº14). Aubert de Moussy, donateur de l'église de Sainte-Opportune, eut un fils, Hugues, et deux filles, Richeud, mariée à Jehan de Lagny, et Hélouis. Les prénoms d'Aubert et Hugues sont également associés dans les familles des châtelains d'Avon (Fontainebleau), des comtes de Clermont et des vidames de Chartres. Hugues de Moussy, fils d'Aubert, est cité en 1097 après plusieurs chevaliers de l'entourage d'Eudes, comte de Corbeil (nº79b). — Cf. la notice 46. Les limites de la notice 59 sont fournies par la dernière date connue de la vie d'Hervé Ier de Montmorency, agissant comme maître de ce château (1081 ; cf. note 64, suprà).
14 Bondy, ca. Noisy-le-Sec, ar. St-Denis (Seine).
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).
78 Marolles-en-Brie, ca. Boissy-St-Léger, ar. Corbeil, qu'il faut se garder de confondre avec une localité portant les mêmes nom et surnom, et située dans le canton de la Ferté-Gaucher, ar de Coulommiers (S.-et-M.).
181 Sainte-Gemme, ca. Châtillon-sur-Marne, ar. Reims. Cette église est comprise dans la bulle du pape Urbain II du 14 juillet 1096.
39 Roinville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
173 Orsonville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet. La cure de cette paroisse, comprise dans le doyenné de Rochefort, était à la nomination du prieur de St-Martin-des-Champs, La donation d'Orsonville (terre, église et dépendances) est confirmées dans la bulle du 14 juillet 1096
30 Clamart, ca. Sceaux (Seine). La donation de l'aître et de l'autel a dû précéder celle du chapt de l'église, et l'abandon par Gui de Montlhéry de ce qu'il possédait. Cette donation de Gui étant souscrite par sa seconde femme, sans qu'il soit question d'enfants, doit être des débuts de son mariage avec Elisabeth veuve de Bouchard II de Corbeil, et mère d'Eudes de Corbeil, bienfaiteur de Saint-Martin-des-Champs.
87 Survilliers, ca. Luzarches, arr. Pontoise (Seine-et-Oise).
26 Pantin, ar. St-Denis (Seine).
97 En marge : Cevran et Montceleux. Montceleux est une ferme sur le terroir de Sevran, ca. Gonesse, ar. Pontoise.
172 En marge : Cannes. Cannes-Ecluse, ca. Montereau, ar. Fontainebleau.
185 Bonnelles, ca. Dourdan, ar. Rambouillet.
186 Pringy, ca. et ar. Melun.
a Cette date est le résultat d'une méprise. Comme l'a fort bien relevé M. Bruel, le chancelier Jean s'est servi du style pisan qui fait remonter à l'Annonciation le point de départ de l'année ecclésiastique. Ce style produit une différence d'au moins une année, et qui peut être de treize mois, avec le point de départ de l'année d'après le style gallican : — Cf. sur les variantes de style adoptées tour à tour par la chancellerie d'Urbain II, l'Art de vérifier les Dates, t. I, p. 281.

Amauri, fils de Rahier I de Mondonville, d'accord avec sa femme Richeud, leurs fils Rahier II et Josselin, donne une terre dans son fief, de l'aveu de son seigneur, Guérin de Galardon. Guérin étant mort sur la route de la Terre-Sainte, sa veuve Mabile, remariée à Aimon le Roux d'Etampes, réclame contre cette concession, et obtient des moines une indemnité de 40 sous.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 38, nº 80.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit omnibus per succedentia tempora futuris quod Amalricus filius Raherii, assensu uxoris sua Richildis et filiorum suorum Raherii et Jocelini, donavit monachis Sti Martini de Campis apud Mundun villam187, terram ad arandum, duobus bobus sufficientem, et septem agripennos terræ et dimidium, ad hospitandos ibi hospites, et duos hospites non habentes terram nisi quantum sufficiat domibus et ortis suis. Dedit autem hoc donum, concedente Warino de Gualardone188 et uxore sua Mabilia, de cujus benefîcio eadem terra erat.

[]

Interjecto autem tempore, Warino in via Jerosolimitana defuncto, Haimo Rufus de Stampis ejus uxorem accipiens, cum uxore sue Mabiliaa videlicet, eidem dono calumpniam intulerunt. Sed tandem, Dei gratia, resipiscentes, pro animabus suis, acceptis etiam a monachis xl solidos denariorum Stanpensium, assensu filie sue Eufemie, idem donum monachis concesserunt. Hec autem concessio Stampis facta, ut in perpetuum rata haberetur, ex utraque parte testium auctoritate corroborata est. Ex parte Haimonis hi testes fuerunt : Haimo cognatus ejus, Herbertus Strabo, Herveus filius Marconis189, Rainardus de Pontecalo190, Mainerius, Stephanus de Merervilla191, Herbertus. Ex parte autem monachorum : Ursio frater Haimonis168, Rotbertus medicus. Famuli monachorum, Teudo, Ebroinus, Petrus, Teobaldus.


187 En marge : Mondonville, Beausse (ca. Auneau, ar. Chartres).
188 Gallardon, ca. Maintenon, ar. Chartres. — Guérin de Gallardon avait pour père Hervé I, seigneur de Gallardon ; pour sœur la B. Hildeburge, religieuse à Saint-Martin de Pontoise après avoir été mariée à Robert d'Ivry ; pour frère Hugues I, sire de Gallardon, avec lequel il partit pour Jérusalem en 1096 (Ms. lat. 17139, fol. 61). Il succomba dans le cours du voyage. Mabile, sa veuve dont il n'avait pas eu d'enfants, se remaria à Aimon le Roux, d'Etampes. Hervé I,, père de Guérin, était fils d'Herbert, sire de Gallardon, qui donna à St-Père de Chartres, du temps d'un abbé homonyme (1067-1074), des biens en Dunois lui venant de sa mère Retrude. Celle-ci était veuve d'Ansoud II le Riche de Paris, frère d'Herbert, évêque d'Auxerre et fils d'Ansoud I et de Raingarde (Voir note 6). La terre de Gallardon appartenait antérieurement, avec celles de Bouafle et de Thimert, à Aubert le Riche, neveu d'Anne, abbé de Jumièges. Aubert épousa Aubour (Hildeburgis) de Bellême dont il eut Aubert II, Guérin et Thion, Aubert II ne laissa que des filles. L'aînée, Froheline, porta Thimert à son mari Gasce ; la seconde, qui épousa Herbert de Paris, eut en dot Gallardon (Append. au Cartul. de St-Martin de Pontoise, p. 469).
a B Mabibilia.
189 Hervé, fils du vicomte d'Etampes, Marc, et petit-fils de Roscelin, était alors sous la tutelle de son beau-frère. Il mourut sans enfants en 1108 et sa sœur Liesse porta la terre de Méréville et la vicomté d'Etampes à Gui du Puiset, qui avait été, de 1104 à 1106, le tuteur d'Hervé (A. de Dion, Le Puiset aux xie et xiie siècles ; Depoin, la Chevalerie étampoise).
190 Pont-à-Chat, éc. Saclas, ca. Méréville.
191 Méréville, ar. Etampes.
168 Thibaud fils d'Ours d'Etampes, et son père Ours ou Ourson, fils de Thion (Depoin, la Chevalerie étampoise). Ours avait pour frères Milon, moine de St-Martin (nº68infrà) et un autre Aimon (nº76). Notre étude sur cette lignée doit être complétée par l'adjonction, en tête de la généalogie, d'un Thion Ier qui fut un des bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (Fleury) ; sous l'abbé Gauslin, qui siégea de 1005 au 8 mars 1030, « Teudo Stampensis paternæ hæreditatis alodum delegavit. « (Vita Gauslini, § 27 ; Mém. de la Soc. arch. de l'Orléanais). La lignée des Thion d'Étampes étant une branche certaine de la famille Le Riche, Thion Ier peut être considéré comme le troisième fils d'Aubert Ier le Riche. (Cf. note 188.)

Gui de Gallardon approuve le don de la terre de Voise, fait par Hugues et Guérin, ses frères, et de la terre de Boulonville.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 40, nº 85.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum sit omnibus per succedentia tempora quod ego192 de Gualardone188, pro anima patris mei et fratrum et mea, concessi monachis de Sto Martino, absque alicujus pacti requisitione quietam, assensu fratris mei domni Milonis archidiaconi192, terram de Veosia193 quam donavit illis Hugo frater meus, et Warinus concessit ; terram etiam de Bolonvilla194 cum silva et omnibus ad eam pertinentibus, — cujus medietatem195 dedit eis, factus apud eos monachus, concedentibus filiis suis Willelmo, Alberto, Widone ; — aliam medietatem dedit eis Adeliza filia Walterii Postelli218, concedente Willelmo, de cujus fevo erat196 : sic fratres mei Hugo et Warinus concesserant, solutam ab omni consuetudine, et quietam, eis concessi.

Hæc autem concessio, facta in manu monachorum Sti Martini, Arnaldi scilicet subprioris197, Walterii camerarii, Hauberti de Roenvilla39, Ebroini de Ursionisvilla173, ne, vetustate temporis, a memoria posterorum possit aboleri, consensi eis ut litteris annotaretur, et in capitulo Slæ Mariæ Carnotensis legeretur et confirmaretur. Ex utraque autem parte hi testes affuerunt : Ex parte Widonis, Rainaldus filius Walterii ; Willelmus filius Gaufredi, et fratres ejus Wido et Albertus ; Walterius de Travucello. Ex parte autem monachorum Sti Martini, Gauslenus de Leugis37, Hugo filius Guinemari115, Paganus filius Duranni, Paganus [de] Curbivilla48. De capitulo autem Beate [Mariæ] hi fratres interfuerunt : Willelmus archidiaconus, Ebrardus capicerius, Milo archidiaconus192, Winebertus, Radulfus, Ansgerius, Rotbertus, Willelmus filius Haimonis, Radulfus de Gurbivilla38 ; Rotbertus et Hugo, ambo sacristes.


192 Le nom manque dans le texte, transcrit à l'étourdie. On voit, par l'énoncé des témoins, que l'une des parties en cause se nomme Gui. — Il faut donc ajouter à Hugues et Guérin, fils d'Hervé et frères de la B. Hildeburge mariée à Robert d'Ivry, deux autres frères : Gui et Milon, archidiacre de l'église de Chartres en 1100 (Luchaire, Louis VI, p. 330). Gui de Gallardon est encore cité dans un texte de 1119 comme témoin de la dédicace de Morigny (Ib., nº 264).
188 Gallardon, ca. Maintenon, ar. Chartres. — Guérin de Gallardon avait pour père Hervé I, seigneur de Gallardon ; pour sœur la B. Hildeburge, religieuse à Saint-Martin de Pontoise après avoir été mariée à Robert d'Ivry ; pour frère Hugues I, sire de Gallardon, avec lequel il partit pour Jérusalem en 1096 (Ms. lat. 17139, fol. 61). Il succomba dans le cours du voyage. Mabile, sa veuve dont il n'avait pas eu d'enfants, se remaria à Aimon le Roux, d'Etampes. Hervé I,, père de Guérin, était fils d'Herbert, sire de Gallardon, qui donna à St-Père de Chartres, du temps d'un abbé homonyme (1067-1074), des biens en Dunois lui venant de sa mère Retrude. Celle-ci était veuve d'Ansoud II le Riche de Paris, frère d'Herbert, évêque d'Auxerre et fils d'Ansoud I et de Raingarde (Voir note 6). La terre de Gallardon appartenait antérieurement, avec celles de Bouafle et de Thimert, à Aubert le Riche, neveu d'Anne, abbé de Jumièges. Aubert épousa Aubour (Hildeburgis) de Bellême dont il eut Aubert II, Guérin et Thion, Aubert II ne laissa que des filles. L'aînée, Froheline, porta Thimert à son mari Gasce ; la seconde, qui épousa Herbert de Paris, eut en dot Gallardon (Append. au Cartul. de St-Martin de Pontoise, p. 469).
192 Le nom manque dans le texte, transcrit à l'étourdie. On voit, par l'énoncé des témoins, que l'une des parties en cause se nomme Gui. — Il faut donc ajouter à Hugues et Guérin, fils d'Hervé et frères de la B. Hildeburge mariée à Robert d'Ivry, deux autres frères : Gui et Milon, archidiacre de l'église de Chartres en 1100 (Luchaire, Louis VI, p. 330). Gui de Gallardon est encore cité dans un texte de 1119 comme témoin de la dédicace de Morigny (Ib., nº 264).
193 En marge : Beausse. — Voise, ca. Auneau, ar. Chartres.
194 En marge : Bolonville. — Boulonville, éc. Sainville, ca. Auneau, ar. Chartres.
195 Il faut suppléer ici « Gaufredus », comme on le verra plus bas dans la liste des témoins, où figurent les trois fils de Geofroi : Guillaume, Aubert et Gui. Ce Geofroi est sans doute un cadet de la famille, car un Aubert de Gallardon fut père de Dreux, qui avec ses fils Guérin et autres fit une cession à Bellomer au xiie siècle (Ms. fr. 24133, p. 301).
218 C'est Albericus Ternellus de Pissiaco (Tornellus d'après une copie de D. Estiennot), cité dans une notice comme accompagnant, à Pontoise, Louis-le-Gros (né en 1081) encore enfant (Ludovicus puer), vers 1093 : Cf. Cartul. de St-Martin de Pontoise, p. 25 ; la note 153 est à rectifier, l'orthographe Ternellus étant constante depuis le xiie siècle (lb., Appendices, p. 430). — Dans la notice 126 ce personnage est dénommé Albericus Terneldus.
196 Guillaume, l'aîné des fils de Geofroi, lui succéda comme seigneur féodal de Boulonville.
197 Arnaud, neveu de Constance de Bagneux, fut prévôt de Gouillons puis sous-prieur de St-Martin ; Gautier était en 1096 chambrier du monastère. — Habert de Roinville et Ebroin d'Orsonville sont aussi des moines de St-Martin ils portent le surnom des prieurés qu'ils administrent.
39 Roinville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet (Seine-et-Oise).
173 Orsonville, ca. Dourdan, ar. Rambouillet. La cure de cette paroisse, comprise dans le doyenné de Rochefort, était à la nomination du prieur de St-Martin-des-Champs, La donation d'Orsonville (terre, église et dépendances) est confirmées dans la bulle du 14 juillet 1096
37 Gauslin Ier Le Riche, mari d'Humberge, souscrit, en 1048, un diplôme de Henri Ier sous cette forme : « Signum Gauslini casati Carnotensis ». (Lucien Merlet, Cartulaire de N.-D. de Chartres, I, 90), Gauslin II épousa Ade qui en 1045 était encore unie à son premier mari, le vidame de Chartres Hugues Ier, Gauslin III mari d'Eudeline, et Aubert II fils du vidame Hugues, étaient donc frères utérins.
115 Nivelon III de Fréteval, marié à une fille de Guaimar de Lavardin, nièce, par Marie sa mère, d'Engebaud Le Breton de Vendôme et de Barthélémi, archevêque de Tours qui mourut en 1067 (Cf. ms. lat. 17129, fol 305). — Les moines de Cluny occupent déjà St-Martin lors de cette donation, elle est donc de 1079 au plus tôt. — Hugues, beau-frère de Nivolon III, est cité dans une notice postérieure à 1096 (nº77).
48 La collégiale de St-Nicolas de Courville, ar. Chartres. Le surnom de Cotelle a été porté par un des Ives seigneurs de Courville.
38 Renaud, vidame de Chartres, eut trois fils de sa femme Ode : Aubert, mort le 10 juillet 1032, Hugues I, qui le remplacèrent successivement, et Haudoin, chanoine de Chartres. Hugues était marié dès 1045 à Ade ou Adèle, dont il eut trois fils : Guerri, Hugues, Aubert II (Cart, de Marmoutier pour le Dunois, p. 33). Il prit part au siège de Thimert en 1059. Guerri succéda directement à son père (Guérard, Cart. de St-Père de Chartres, p. 212); il était en charge en 1063. Hugues fut clerc. Aubert II suivit en Angleterre, en 1066, Guillaume le Conquérant (Merlet et de Clerval, Un manuscrit chartrain du XIe siècle, p. 117).

Fouchard donne aux moines de Cluny installés à St-Martin la forêt allodiale qu'il possède à Noisy (le-Grand).

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 2, nº 4.
  • a Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après a.

Notum fieri volumus Xristi fidelibus futuris et presentibus quod Fulchradus dedit æcclesiæ Sancti Martini de Campis, Cluniacensibus scilicet monachis, silvam quam apud Nuisiacum in alodio possidebat, ita liberam sicut et ipse tenuerat.

Hoc vero testantur factum in communi Sancti Martini æcclesia qui adfuerunt, quorum nomma hæc sunt : Amalricus filius Rotberti Orbati198 ; Ingelbertus negociator ; Herebertus faber, Johannes faber, Walterius Sichardus, Balduinus de Cellis, Helgotus servus Sancti Martini ; Bernardus filius Eve, Ansoldus filius Rotberti de Ivri155.

Hoc autem factum est Philippo in Gallia regnante, Willelmo urbis Parisiace episcopo existente, Hugone Cluniacensis æcclesie abbate vivente, Ursione de Campis priore permanente , indictione IIIIª.


198 Amauri, fils de Robert l'Orphelin, d'une lignée qui a possédé de nombreuses terres dans les diocèses de Paris et de Meaux ; son surnom s'est traduit Orbatus, Orphanus, Orphelinus. La souscription de Milon l'Orphelin (S. Milonis orfani) suit immédiatement celle de Guérin de Paris, baron de Maule (S. Warini baronis) venant après celle de Dreux, comte de Mantes, et de son fils Gautier, sur un diplôme du roi Robert (Levrier, Coll. du Vexin, t. XI, preuve 99) très voisin de la date de sa mort (20 juillet 1031) puisque Gautier de Mantes était encore tout jeune quand il perdit son père (en 1035 ; cf. Longnon, Obit. de la prov. de Sens, t. II, p. xxiii). — La notice 59 rappelle un Pierre l'Orphelin témoin en 1086-1095 : on le retrouve vers 1105 (nº104) ; il souscrit un diplôme royal de 1112 (A. N. LL 42, fol. 7).
155 Ivry-sur-Seine, ca. Villejuif, ar, Sceaux (Seine). Cf. note 179.

Hugues de Voves, fils de Ferri, donne toute sa terre de Voves ainsi que deux aires de maison à Melun, au bourg St-Ambroise, près l'église St-Michel (*).

Utile indicavimus in hac cartula scribere, et sic fidelium presentium et futurorum noticie tradere quod Hugo filius Frederici199 dedit æcclesiæ Sci Martini de Campis quæ sita est extra muros Parisiacæ urbis ac Cluniacensibus monachis Deo in ea servientibus, villam que Vozua dicitur200, scilicet omnem terram, nemus, vineas, aquæ quoque partem ad eandem villam pertinentem. Omnia dedit æcclesiæ Sci Martini prædictus Hugo quæ etiam a prædictis monachis possidentur, sic a domino Hugone possidebantur, antequam ea Sco Martino largiret. Adjunxit etiam huic dono duas areas domorum cum omnibus redditibus que de ipsis consuetudinaliter exeunt, scilicet justicia, sanguine, theloneo, foratione vini, pedachio, cum omnibus redditibus quæ de ipsis consuetudinaliter ut superius diximus, sic ipse eas tenuerat. Sunt autem ipse areæ cum domibus suis in burgo Sci Ambrosii, apud Milidunum castrum, ad apud æcclesiæ Sci Michahelis.

Dedit etiam cum omnibus his, æcclesiæ Sci Martini duos de servis suis cum filiis et filiabus earum, scilicet Albericum cum uxore sua et filiis et filiabus, et Hubertum fratrem ejusdem Alberici. Arpennum etiam vinee dedit qui in terra Buxiole consistit.

Habebat autem domnus Hugo duos nepotes, filios Siguint fratris sui, quorum unus, qui major natu erat. Fredericus vocabatur et Paganus Rufus cognominabatur ; alter vero Mauricius dicebatur : sine quorum concessione elemosina domni Hugonis stabilis esse non poterat. Hi enim post decessum suum heredes esse debebant. Timens ergo sepenominatus Hugo eorum calumpniam post obitum suum Sci Martini æcclesiæ adfuturam, rogavit eos multis precibus ut elemosinam quam pro redemptione animæ suæ fecerat, sua concessione confirmarent et elemosinæ participes existerent. Qui tandem precibus ejus evicti, ad Scm Martinum venientes, in societate orationum et beneficiorum ejusdem æcclesiæ a senioribus in capitulo sunt recepti ; et pro tantæ societatis recompensatione, donum de quo sermo habetur, quod patruus eorum fecerat, sua concessione confirmaverunt ; illudque super principale beati Martini altare posuerunt, audientibus et videntibus his testibus : Odolrico qui cum ipsis venerat, Hildino vernula domni Hugonis, Ivone coco, Walterio majore36, Herberto de Ponte Isaræ, Warino, Bernardo de Aneto13, Roscelino servo ecclesiæ, Fulcone coco.

Hoc totum factum est in æcclesia Beati Martini de Campis , imperante Cluniacensi congregationi domno Hugone abbate, et Willelmo existente episcopo Parisiacæ æcclesiæ, vivente domno Ursione de Campis priore.


199 Le nécrologe de St-Martin des Champs porte au 6 février : « Obiit Hugo filius Frederici. Officium fiat. Ex ejus elemosina habemus ea que sunt apud Vovas ». (Molinier, Ob. de la prov. de Sens, I, 419 et suiv.).
200 Voves, ar. Chartres.
36 Gautier, frère aîné de Thion, maire de Noisy-le-Grand, ayant été remplacé entre 1101 et 1105 et disparaissant à partir de ce moment (cf. note 272), cette charte se place entre 1079 et 1104 environ. On peut se demander si Archambaud qualifié maire n'aurait pas été le devancier de Gautier, qui n'a point de titre dans cette pièce ; d'autre part, les moines ne sont point nommés. C'est pourquoi nous proposerions de placer cette notice entre 1067, date de la dédicace de l'église dans laquelle fut fait le don, et 1079, époque de l'entrée des moines, mais à une date très voisine de 1079, en raison du surnom « de Campis « attribué au monastère.
13 Annet-sur-Marne, ca. Claye-Souilly, ar. Meaux (Seine-et-Marne).

Les neveux de Hugues, enfants d'Erembour [vicomtesse de Corbeil], confirment la donation de Voves, en présence du comte Eudes.

  • A Original perdu.
  • B Copie de 1118, Bibl. nat. de Fr., ms. lat. 10977, Liber Testamentorum, fol. 7-8, nº 15.
  • a Depoin, Les Vicomtes de Corbeil et les Chevaliers d'Étampes, p. 49.
  • b Recueil des chartes et documents de l’abbaye de Saint-Martin des Champs, monastère parisien, éd. Joseph Depoin, Ligugé, 1913-1921.
D'après b.

His ita pacifice compositis, Dnus Hugo ut post decessum suum elemosinam quam dederat Sci Martini æcclesia possideret, perrexit ad Corbolium castrum. Ibi enim habebat alios parentes, filios Herenburgis neptis sue201, quorum unus Fredericus nominabatur, alius Gaufredus, tertius Walterius, et quartus Bego dicebatur. Hos quatuor cum matre eorum Herenburge et sororibus suis, filiabus ejusdem Herenburgis multis precibus circumvenit, rogans eos ut elemosinam suam supradictæ ecclesiæ Sci Martini concederent, et concedentes partem in elemosina haberent. Qui peticionibus religiosi viri adquiescere dignum esse judicantes, peticionem illius impleverunt, et donum superius nominatum ecclesiæ Sci Martini omnes, una die, in Corboilo castro concesserunt ; et ut hoc manifestius fieret, posuerunt donum in manu domni Walterii monachi qui tunc camerarius erat Sci Martini, mater scilicet cum filiis et filiabus suis. Et ita ab illo tempore usque hodie æcclesia Sci Martini, extincta omni calumnia, elemosinam sibi datam quiete possidet.

Factum est hoc in Corboilo, audientibus et videntibus his testibus, quorum nomina hic, ne oblivioni tradantur, conscripsimus.

Odo comes Corboili, Fredericus filius Balduini Belvacensis201, Godolricus vicecomes201, Walterius Lisiardus, Wido frater ejus100, Orricus Calandus, Paganus de Lanciaco, Walterius Cociacus, Waldricus de Villa crena202, Wido, Bertrannus et Henricus fratres ; Geraldus Gastinellus, Hugo de Muissiaco133, Odo Bisollus, Odo de Chanquiliaco, Warinus frater majoris36, Levinus famulus Sci Arnulfi.

Hoc factum est , indictione vª, vivente atque et Willelmo Parisiaco episcopo, tempore domni Hugonis abbatis Cluniacensis et Ursionis prioris æcclesiæ Sci Martini de Campis.

Benedictus Deus qui fecit mirabilia in celo et in terra.