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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
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            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
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                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
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    </teiHeader>
    <text>
        <front>
            <head>LI DIXIESME LIVRES<note>Ce livre correspond aux livres 23 et 24 du
                Digeste.</note></head>
        </front>
        <group>
            <head>LI DIXIESME LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="178"/>
                <front>
                    <head>I. De esposailles et de mariage.<note>Ce titre est tiré du liv. 4, tit. 1,
                            des Décrét, de Grég. IX, <emph>de Sponsalibus et
                            matrimoniis.</emph></note></head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p><emph>De Francia</emph><note>Decret, lib. 4, tit. 1&#160;: <emph>Ex
                                    concilio Triburiensi</emph>, cap. 1&#160;: <emph>de
                                    Francia</emph>.</note>. Un bacheler françois qui cuidoit que la
                            costume de France fust de sustance de mariage, une feme qu'il avoit
                            prise segont la costume où il estoit, lessa, et prist une autre. Et l'en
                            commende qu'il lesse la segonde et prenge la premère, et face sa
                            pénitence de ce que il a fet contre le commendement de l'Évangile.</p>
                        <p>Note que loi ou costume do païs ne nuist pas en mariage fere, s'ele n'est
                            gardée&#160;; et sollempnité n'est pas de la sustance do mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno</hi>. E<hi rend="sc">xon. episcopo.</hi>
                            <emph>Preterea.</emph><note>Innocentais III, Exonen. episcopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Prœterea,</emph> ibid.</note>. Aucun se maria à
                            aucune par paroles de chose qui estoit à venir&#160;: l'en commende
                            qu'il gardent lor fiances&#160;; et s'il ne volent, l'un pot quiter
                            l'autre.</p>
                        <p>Note que qui se marie par parole qui est à venir, pœnt quiter l'un
                            l'autre, à la guisse des bones genz qui lor compaignie ne plet, et quite
                            l'un l'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>E<hi rend="sc">ugenics papa.</hi>
                            <emph>Juvenis</emph><note>Eugenius papa, cap. 3&#160;:
                                    <emph>Juvenis</emph>, ibid.</note>. Uns vallet esposa une feme
                            qui n'avoit pas sept anz&#160;; il la volt f...., mes il ne pot&#160;;
                            donc l'en demende s'il <pb n="179"/>porra avoir sa cosine à femme&#160;?
                            Et l'en dit que non&#160;; car ce seroit contre honesté.</p>
                        <p>Note que nos devon tenir certaine chose, et lessier ce que l'en dote.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>A<hi rend="sc">lexander</hi> III, <hi rend="sc">papa electo.</hi>
                            <emph>Ad audientiam</emph><note>Alexander III, Papien. episcopo, cap.
                                4&#160;: <emph>Ad audientiam</emph>, Decret., lib. 4, tit.
                            1.</note>. Un avoit une fille&#160;; un autre avoit deux fiz de deux
                            femes&#160;; il firent espossalles issi que cil qui avoit la fille jura
                            que, se l'un des fiz, par aucune aventure, ne la poet avoir, li autre
                            fiz l'auroit. Et quant à l'iglyse, por estre bénéiz, cil qui estoient
                            jurèrent qu'il avoit parenté entre aus. Le père la voloit doner à
                            l'autre fiz&#160;: et l'en dit qu'il ne la pot avoir.</p>
                        <p>Note que frère ne pot avoir la femme au frère&#160;; et qui mau jure se
                            parjure&#160;; et l'en pot aucun forcer à fere penitence, mes il
                            convient qu'il soit avant amonesté.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem parno. ar.</hi>
                            <emph>De illis</emph><note>Idem Panormitano archiepiscopo, cap. 5&#160;:
                                    <emph>de Illis</emph>, ibid.</note>. Aucun dona foi à autre
                            qu'il la prendrait à femme, et puis s'en a la hors do païs, ne ne volt
                            torner à sa femme. L'en demende se ele se pot à autre marier&#160;? La
                            pape dit&#160;: S'il n'i a plus fet, cele se pot marier.</p>
                        <p>Note que tu as ci un cas où esposalles de futur sont dépécies&#160;;
                            quant l'un s'en vet hors do païs, cil qui remaint, se par lui ne faut,
                            se pot marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">D</hi>. P<hi rend="sc">aden. episcopo.</hi>
                            <emph>De muliere</emph><note>Idem Panormitano archiepiscopo, cap.
                                6&#160;: <emph>de Muliere</emph> ibid.</note>. Aucune femme est
                            donée à aucun à force &#160;; la pape ne set quele force il i a&#160;;
                            car il i a différence entre force et force&#160;; et qui opose
                                (<emph>propose</emph>) obscurément ne doit l'en pas respondre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Ex literis</emph><note>Idem Cantuarien. archiepiscopo, cap.
                                7&#160;: <emph>Ex literis</emph>, ibid.</note>. L'en demende ci
                            quant li un se marie o un autre, et l'un n'entent l'autre, que l'en en
                            doit fere&#160;? Et l'en dit que, se l'un et l'autre est convenable à
                            marier d'aage et de science, le mariage tient&#160;; et l'en doit
                            raporter les paroles au commun entendement.</p>
                        <p>Note&#160;: quant il a dotance en paroles, l'en doit recorre au commun
                            entendement de paroles&#160;; et l'en doit garder aage en cez qui se
                            marient.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p><pb n="180"/>I<hi rend="sc">I</hi>. V<hi rend="sc">igil. episcopo.</hi>
                            <emph>Sponsam</emph><note>Idem Vigilien. episcopo, cap. 8&#160;:
                                    <emph>Sponsam</emph>, Decret., lib. 4, tit. 1.</note>. Note que
                            coisin ne pot avoir l'espose au cosin&#160;; et c'est voir de cele qui a
                            sept anz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">d</hi>. S<hi rend="sc">ancti</hi> C<hi rend="sc">adiundi
                                et</hi> D<hi rend="sc">em. abbatibus.</hi>
                            <emph>Ex parte</emph><note>Idem abbatibus sane ti Eadmundi et Denier,
                                cap. 9&#160;: <emph>Ex parte</emph>, ibid.</note>. Un fiença en la
                            main au prestre que il prendra une femme&#160;; et ele jura que ele
                            l'aura à mari&#160;; il demorent ensemble longuement&#160;; cil la lesse
                            et prent une autre. La pape commende que il retort à la première, et que
                            il en soit forciez par escommuniement.</p>
                        <p>Tu as ci un argument générau que nuz ne pot sa feme lessier, si n'est por
                            fornicacion&#160;; et tant comme ele vive, cil ne se pot marier&#160;;
                            et convendra que il voe contenence ou qu'il face pez à sa feme. Et se
                            aucun lesse sa feme et prent autre, l'en le doit forcier de prendre la
                            première&#160;; mès tu doiz ce entendre, quant la première le
                            demande.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">d</hi>. P<hi rend="sc">ict. episcopo.</hi>
                            <emph>Ex literis</emph><note>Idem Pictavien. episcopo, cap. 10&#160;:
                                    <emph>Ex literis</emph>, ibid.</note>. Dui baron jurèrent por
                            pez à doner lor enfant l'un à l'autre en mariage, et li enfant le
                            jurèrent&#160;; li uns des pères et sis fiz se voloent retrere&#160;: le
                            pape mande que cil soit forciez de tenir ce que il jura.</p>
                        <p>Note que espossalles poent estre par généraus paroles&#160;; et qui se
                            marie par présent pot estre forcez de achever le mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem, archiepiscopis et episcopis per</hi> A<hi rend="sc"
                                >ngliam cons.</hi>
                            <emph>Non est</emph><note>Idem archiepiscopis, episcopis et aliis
                                prælatis per Angliam constitutis, cap. 11&#160;: <emph>Non
                                    est</emph>, ibid.</note>. Li fiz le roi de Angleterre demendent
                            lor femmes à lor père, que il tenoit en prison. La pape mende que il
                            soit forciez à rendre les&#160;; et s'il ne le velt fere, que l'en
                            entredie la province où eles sont, fors que de baptesme et de pénetence
                            de moranz.</p>
                        <p>Note que en chascun entredit cez deus sacremanz sont mis hors&#160;; et
                            note que por le péchié d'un sont li autre puni.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p> E. S<hi rend="sc">ancte agates.</hi>
                            <emph>Preterea</emph><note>Idem episcopo sanctæ Agathæ, cap. 12&#160;:
                                    <emph>Prœterea</emph>, ibid.</note>. Un jura que il esposeroit
                            une femme&#160;; et avant que il l'eust béneesté, son cosin requenut au
                            prevoire que il l'avoit f....., et il ne l'osa pas dire en haut por le
                            poer à la femme. L'en demande se le mariage doit por ce remoindre&#160;?
                            La pape dit que non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p><pb n="181"/>I<hi rend="sc">dem</hi>. C<hi rend="sc">an.</hi> S<hi
                                rend="sc">enonensis.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Idem procuratori et canonicis soran., cap.
                                13&#160;: <emph>Veniens</emph>, Décret., lib. 4 tit. 1.</note>. Une
                            pucele ama un valet tant que ele promist par sa foi que ele le prendroit
                            à mari. Li parent à la meschine, qui ne le voloient mie, distrent qu’il
                            avoit entre aus parenté, et issi les firent départir&#160;; enprès il la
                            donèrent contre sa volenté à un autre. Cele, à plus tôt que ele pot,
                            s’en départi et se maria au tierz. Quant le segont fut morz, le père à
                            cestui la velt désevrer, por ce que ele se estoit mariée à li au vivent
                            de son mari. La pape dit que, se il est issi que ele fut donée contre sa
                            volenté, et que au plus tost que ele pot ele se maria au tierz, ele doit
                            remaindre au tiers&#160;; et qui ira encontre, il soit escommeniez.</p>
                        <p>Note que le mariage fet n’empeeche pas celi qui est à fere&#160;; et là
                            où est force n’est pas mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. P<hi rend="sc">apin. episcop.</hi>
                            <emph>Cum locum</emph><note>Idem Papiensi episcopo, cap. 14&#160;:
                                    <emph>Cum locum</emph>, ibid.</note>. Note que consentir fet
                            mariage. Et aucun dit aucune foiz qu’il li plet ce que li desplet. Et
                            juige doit assigner à parties ségur leu.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Idem, cap. 15&#160;: <emph>Veniens</emph>,
                                ibid.</note>. Un esposa par future une soe meschine&#160;; et
                            entretant, si comme il veneit d’une vile à sa meson, il se héberga chiés
                            un sien vesin, et se jut o sa fille. Le père, au matin, le force à
                            prendre sa fille par présent. L'en demende laquele il doit avoir&#160;?
                            Et l’en dit que la première, se la f.... enprès que il la fiença&#160;;
                            si que non, o la segonde, s’il no fit par poor qui doit estre en hardi
                            hom.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 16.</head>
                        <p>E<hi rend="sc">xon. episcopos.</hi>
                            <emph>Commissum</emph><note>Idem Exoniensi episcopo, cap. 16&#160;:
                                    <emph>Commissum</emph>, ibid.</note>. Un chevaler dona sa foi à
                            une femme qu’il la prendroit à femme&#160;; après ele voloit entrer en
                            religion&#160;; l’en demende se ele le pot fere, tot i soit la
                            foi&#160;? L’en dit que plus ségure chose est marier soi au premer, et
                            puis entrer en religion, se cil ne l’a f..... enprès la fience.</p>
                        <p>Note que, espos tot ne le vuelle, la femme pot entrer en religion. Et
                            melz vaut garder son serement que autrement mener sa vie en
                            religion.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 17.</head>
                        <p>L<hi rend="sc">ucius</hi> III, P<hi rend="sc">ullen. episcopo.</hi>
                            <emph>Requisivit.</emph><note>Lucius III Rapalen. episcopo, cap.
                                17&#160;: <emph>Requisivit.</emph>, ibid.</note>. L’en demende se
                                <pb n="182"/>femme qui a doné sa foi por soi marier, pot estre
                            forcée de eschever le mariage&#160;? Et l’en dit que non.</p>
                        <p>Note se cil ou cele qui a juré par futur que il prendra aucune à femme,
                            et puis le refuise, l’en ne le pot forcier d’achever le mariage&#160;;
                            mès l’en le pot amonester.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 18.</head>
                        <p>U<hi rend="sc">rbanus</hi> III. <emph>Cum in
                                apostolica</emph><note>Urbanus III, cap. 18 &#160;: <emph>Cum in
                                    apostolica</emph>, Decret., lib. 4, tit. 1.</note>. Un voloit
                            départir devant juiges délégaz&#160;; il reçurent tesmoinz sor le
                            mariage&#160;; cil s’en vint à sa meson, et dit que il est départi de sa
                            feme &#160;; il se marie à autre, et enprès retorne à juiges délégaz, et
                            sentence est donée entre lui et sa première femme. L’en demende se il
                            pot remanoir à la segonde&#160;? L’en dit que se il en a pénitence, tant
                            comme ele durra, il ne f..... sa feme.</p>
                        <p>Note que se aucun se marie, tant comme plest est sor le premier mariage,
                            le segont mariage tient, se l’en dépièce le premier enprès ce.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 19.</head>
                        <p>C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>In presencia</emph><note>Clemens
                                III, Cæsar-augustiensi episcopo, cap. 19&#160;: <emph>In
                                    presencia</emph>, ibid.</note>. L’en demende se feme doit
                            atendre son mari qui sera pris ou pélerins sept anz, s’ele se pot enprès
                            marier&#160;? L’en dit que non.</p>
                        <p>Note que il ne cort point de prescripcion en mariage, tot séent toz droiz
                            ostez par prescripcion&#160;; et c’est contre la loi qui dit que l’en
                            doit solement atendre le mari cinq anz et non plus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 20.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Inter</emph><note>Idem, cap. 20&#160;: <emph>Inter</emph>,
                                ibid.</note>. L’en establit que toz cez qui treront puteins de
                            bordel por prendre à femme, et qui les prendront, que ce soit en
                            rémission de lor péchiez.</p>
                        <p>Note que c’est ovre de charité de apeler à voie de vérité celui qui
                            foloie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 21.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Ad id</emph><note>Idem, cap. 21&#160;: <emph>Ad id</emph>,
                                ibid.</note>. Un vilain balla une soe fillastre à un tés, et èle
                            n'avoit que onze anz, à feme contre sa volenté&#160;; et quant ele ot
                            esté o lui an et demi, ele s’en départi&#160;; et li un et li autre se
                            marièrent à autre. Et l’en dit que l’en la doit forcier à retorner à
                            estre ensemble&#160;; car l’en doit cuider qu'ele s’i soit acordée, por
                            ce qu’ele a esté o lui si lonc tens&#160;; se il ne voloient endui
                            entrer en religion.</p>
                        <p>Note que assez otroie qui mot ne sone.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 22.</head>
                        <p><pb n="183"/>I<hi rend="sc">nn</hi>. III, F<hi rend="sc">eg.
                                episcopo</hi>, <emph>Sicut</emph><note>Innocentius III, Fernatin,
                                episcopo, cap. 22&#160;: <emph>Sicut</emph>, Decret., lib. 4, tit.
                                1.</note>. Cum un eust juré que il esposeroit une, et il fallit en
                            la femme, il se maria à une autre&#160;; la premère s’en plainsit. La
                            pape mande que, se il se maria o la premère par futur et o la segonde
                            par présent, que il remainge o la segonde, s’il n’i a autre reson&#160;;
                            et que cil ait sa pénitence de la foi mentie, s’il n’ot nus terme à
                            célébrer le mariage, et il ne failli pas en lui que en la feme. Et s’il
                            se maria o l’une et o l’autre par futur, l’en le aforcera à retorner à
                            la première.</p>
                        <p>Note que quant aucun promet autrui fet, il se lie, et c’est contre moult
                            droitz. Et note deus relles&#160;: greignor lien sorvenent dépièce le
                            menor&#160;; là où les liens sont paroiz, le premier tient, et le segont
                            ne lie mie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 23.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. A<hi rend="sc">urel. episcopo.</hi>
                            <emph>Cum apud</emph><note>Idem Arelatensi episcopo, cap. 23&#160;:
                                    <emph>Cum apud</emph>, ibid.</note>. L’en demende se sort et mu
                            se poent marier&#160;? Et l’en dit que cum lien de soi marier ne soit
                            pas deffendable, c’est à savoir que chascun se pot marier à cui droit ne
                            le deffent&#160;: se tés poent consentir, il le poeent&#160;; car se li
                            muz ne pot parler, il pot bien fere signe.</p>
                        <p>Note que consentir fet mariage, et sort et mu se poent marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 24.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. V<hi rend="sc">ecerlensis episcopo.</hi>
                            <emph>Dilectus</emph><note>Idem Vercel. episcopo, cap. 24&#160;:
                                    <emph>Dilectus</emph>, ibid.</note>. Un dona sa fille à feme à
                            un desvé, et riens n’en savoit&#160;; donc il ne la pot avoir, car il ne
                            s’i pot consentir&#160;: por quoi li père requiert que le fet fust nul.
                            La pape mende que, si fut issi, qu’il séent départiz.</p>
                        <p>Note que desvé ne se pot marier, car il ne se pot consentir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 25.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem, episc</hi>. B<hi rend="sc">risien.</hi>
                            <emph>Que</emph><note>Idem Brixien. episcopo, cap. 25&#160;:
                                    <emph>Tuœ</emph>, ibid.</note>. L’en demende se par soles
                            paroles, et par quex, est fet mariage&#160;? Et l’en dit que, tot soit
                            fet mariage par consentir, paroles sont nécessères por acertener seinte
                            yglise&#160;; et ce mostre par mut et par enfant, que, tot ne puisse-il
                            consentir par parole de présent, se pot-il marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 26.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Tua</emph><note>Idem, cap. 26&#160;: <emph>Tua</emph>,
                                ibid.</note>. Cum un n’eust pas volenté de soi marier, ne ne quéroit
                            que f....., et dist issi à une femme&#160;: Johen te espose, et il n’a
                                <pb n="184"/>voit pas nom Johan&#160;; et quant il ot ce fet, il la
                            f....&#160;; don l’en demende ci s’il i a entr’aus mariage&#160;? L’en
                            dit que non, com il ait lessié la forme do mariage, et ce qu’il ne se
                            consenti pas, sanz quoi il ne se pot consentir.</p>
                        <p>Note que fort chose est mouer consentement, puis le contraire vet
                            avant&#160;; et aucune foiz ne faut pas droiz, mès prove faut&#160;; et
                            il a dui choses en mariage&#160;: forme de paroles et consentir&#160;;
                            et ci a un cas espéciau où trecherie vaut.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 27.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem. episc</hi>. B<hi rend="sc">elvacen.</hi>
                            <emph>Cum in tua.</emph><note>Idem episcopo Belvacen., cap. 27&#160;:
                                    <emph>Cum in tua,</emph> Decret., lib. 4, tit. 1.</note> Martin
                            et Berte s’entrevoléent prendre&#160;; furent banni en yglise&#160;; nul
                            n’i mist contredist&#160;; mès renommée disoit en privé qu’il i avoit
                            parenté&#160;; et Martin et Berte offroient à jurer par les plus
                            vaillanz del parenté qu’il n’i avoit point de parenté. L’en demende que
                            en dit droit&#160;? Et l'en dit que se persone créable dist qu'il i est
                            parenté, et renomée le dit, ou l'on le sache de plain, l'en ne doit pas
                            recevoir les seremanz as parenz&#160;; ne le mariage ne doit pas estre
                            achevé, se le juige ne reçoit les seremanz as paranz, par sa volenté,
                            contre la renomée.</p>
                        <p>Note que por le dit de haute persone est empêchié mariage&#160;; et l'en
                            pot prover renomée&#160;; et l'en ne doit pas por le dit d'une vil
                            persone destorber mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 28.</head>
                        <p>H<hi rend="sc">on.</hi> III, <hi rend="sc">sp</hi>. B<hi rend="sc"
                                >esgun.</hi>
                            <emph>Consultationi</emph><note>Honorius III, episcopo Berguen., cap.
                                28&#160;: <emph>Consultationi</emph>, ibid.</note>. Il avient aucune
                            foiz que aucunes femes, quant il sont devant la porte de l'iglyse por
                            recevoir bénéiçon, il dient que unques ne se consentirent en cez qui
                            prendre le voloient&#160;; donc l'en demende se l'en les en doit
                            croire&#160;? Et l'en dit que non. Enprès dit l'en que se cez femes
                            s'enfuient enprès ce que il auront esté bénéetes, emprès ce qu'eles
                            auront esté f......, mès dient que par force lor fut fet, nunques ne s’i
                            consentirent, et que par peor le firent&#160;: s’il voloient prover la
                            peor tele qui doie esmovoir ségur home, bien en devent estre oïes.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 29.</head>
                        <p>G<hi rend="sc">regorius nonus.</hi>
                            <emph>Femina</emph><note>Gregor. IX, cap. 29&#160;: <emph>Gemma</emph>,
                                ibid.</note>. Une feme promist soz poine que ele donroit sa fille
                            qui n'avoit pas sept anz au fiz d'un vilain qui n'avoit <pb n="185"/>que
                            sept&#160;; et quant la pucele vint à âge, ele se maria à un autre. Le
                            père au vallet demende la peine&#160;: et l'en dit qu'il n'en doit pas
                            estre oïz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 30.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem. episc</hi>. C<hi rend="sc">en.</hi>
                            <emph>Is qui fidem</emph><note>Idem episcopo Cenomanen., cap. 30&#160;:
                                    <emph>Is qui fidem</emph>, Decret. Greg. IX, lib. 4, tit
                                1.</note>. Ticius fiença que il prendroit une feme&#160;; emprès il
                            la f.... Enprès Ticius prist une et la f....&#160;: l'en demende laquele
                            il doit avoir&#160;? Et l'en dit que la première&#160;; et est la
                            reson&#160;: car le premier mariage fut vrai, ne ne pot l'en amener
                            prove encontre, par quoi le second mariage est nul.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 31.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Si inter virum</emph><note>Idem, cap. 31&#160;: <emph>Si inter
                                    virum</emph>, ibid.</note>. L'en dit en ceste décrétalles que se
                            léau consentement de mariage vient entre home et femme, par parole de
                            présent, et li home dit issi&#160;: Je te prens à feme&#160;; et la feme
                            dit&#160;: Je te prenc à seignor&#160;; ou s'il dient autres paroles que
                            vallent consentement de présent, li un ne se pot marier aillors. Et se
                            l'un d'aus le fet, et se marie à une autre feme, et la f...., tot ne
                            vaut rien, ainz sera le premier mariage refet. S'il i a consentement de
                            futur, qui dient issi&#160;: Je te prendroi à feme&#160;; et je toi à
                            seignor, et jurent que issi le feront&#160;; s'il se marient aillors par
                            paroles de présent, le segont mariage ne sera pas départiz&#160;; mès il
                            prendront lor pénitence do serement trespassé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 32.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Adolescens</emph><note>Idem, cap. 32&#160;:
                                    <emph>Adolescens</emph>, ibid.</note>. Un jeune vallet esposa
                            une feme par futur, et se aforça de f.... la&#160;; mès il ne pot&#160;;
                            emprès il se maria à un autre par présent. L'en demende s'il doit
                            retorner à la premère&#160;? L'en dit que non, com le premier mariage ne
                            avet pas esté verai&#160;; car li efforz de f.... la premère ne fut pas
                            mené à fin.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head>II. De juenes esposailles<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 2&#160;:
                                <emph>De desponsatione impuberum.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> H<hi rend="sc">onorius</hi> III. <emph>Tua</emph><note>Honorius III,
                                Eusebio episcopo, cap. 1. ibid.</note>. Un vilain voloit un son fiz
                            marier qui n'estoit pas d'aage, sanz ce que cil le vossit&#160;: l'en
                            demende s'il le pot fere&#160;? La pape dit que non&#160;; mès il le pot
                            esposser, et cil fiz doit achever le mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="186"/> F<hi rend="sc">elix papa.</hi>
                            <emph>Ubi.</emph><note>Nicolaus papa, cap. 2&#160;: <emph>Ubi</emph>,
                                Decret., lib. 4, tit. 2</note>. L'en deffant ci que l'en ne face
                            exposalles avant sept anz, se n'est por pez.</p>
                        <p>Note que l'en ne doit pas fere jointure d'aucun, se il n'est de droit
                            aage&#160;; et âge de esposalles est de sept anz&#160;; et mariage de
                            pucele est de douze anz, et en vallet de quatorze.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">sidorus.</hi>
                            <emph>Puberes</emph>.<note>Isidorus, cap. 3&#160;: <emph>Puberes</emph>,
                                ibid.</note>. L'en dit ci que, tot cuident aucun que jenure ce soit
                            danz, l'en pot dire celi d'aage qui pot f...., et l'en pot apeler celes
                            femes qui poent porter enfanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III, H<hi rend="sc">erefordenen</hi>. E<hi
                                rend="sc">piscopo.</hi>
                            <emph>Litteras</emph><note>Alexander III Herford. episcopo, cap.
                                4&#160;: <emph>Litteras</emph>, ibid.</note>. Uns se maria à un
                            autre par esposalles, et enprès f.... sa mère, et la prist à feme. L'en
                            demende se ce mariage tient&#160;? Et l'en dit que, s'il esposa sa fille
                            emprès sept anz, il n'aura ne l'une ne l'autre, et si d’avant sept anz,
                            il porra remaner à la mère.</p>
                        <p>Note que l'en ne pot fere esposalles o qui n'est de sept anz&#160;; et à
                            ce que avient sovant amoine l'en les droiz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. E<hi rend="sc">broacens</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>Accessit</emph><note>Idem Eboracen. archiepiscopo, cap. 5&#160;:
                                    <emph>Accessit</emph>, ibid.</note>. Un esposa la fille qui
                            n'estoit pas aagé&#160;; emprès il furent départi&#160;; li hom prist la
                            mère à la fille. La pape dit que, se la fille ne estoit bone à marier
                            quant ele fut esposée, ne ne s'acorda pas puis que ele fut bone à
                            marier, le mariage ne tient pas&#160;; et se ele avoit acompli sept anz,
                            cum ele se soit consentie en lui, li bon ne doit pas remanoir à la
                            mère.</p>
                        <p>Note que département est là où il n'a nul mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. N<hi rend="sc">orvicen.</hi>
                            <emph>Continebatur</emph><note>Idem Norvicensi episcopo, cap. 6&#160;:
                                    <emph>Continebatur</emph>, ibid.</note>. Un esposa un
                            autre&#160;; cele qui se voloit départir, disoit que ele li avoit esté
                            esposée dedanz sept anz, ne ne s'i estoit pas consentue&#160;; li hom
                            disoit que il l'avoit f.... &#160;; la feme le niet. L'en dit que l'en
                            en doit croire l'ome o son seremant. Enprès dit que se aucuns esposse
                            aucune, il ne pot marier soi o autre do lignage à cele.</p>
                        <p>Note&#160;: Se le home dit que il eit f.... aucune, et ele li nie, le en
                            doit croire l'ome, se il jure, se la feme ne mostre son c..., et prove
                            qu'ele <pb n="187"/>soit pucele. Et en ce cas doit l'en croire le
                            seremant d'un&#160;; et des onze anz en avant, et feme a mari&#160;; et
                            hom ne se pot marier o la cosine sa feme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. B<hi rend="sc">aton</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscop.</hi>
                            <emph>De illis</emph><note>Idem Bathoniensi episcopo, cap. 7&#160;:
                                    <emph>De illis</emph>, Decret., Greg. IX, lib. 4, tit.
                            2.</note>. L'en dit ci que se aucun se entr'ament entr'éposent, qui ne
                            sont d'aage, et avant que il séent d'aage se volent descorder, l'en ne
                            les doit pas oïr, ainz devent entendre dusque à droit aage&#160;; et se
                            lors l'un ne se volt acorder, il devent estre par juigement d'yglise
                            départiz. Enprès dit l'en que, se femme d'aage se marie ou un autre qui
                            n'est pas d'aage, et avant que il séent d'aage se voloient dessentir, il
                            ne pot dusque il soit en aage.</p>
                        <p>Note que se genz de sept anz ou de plus s'entr'éposent, ne l'un ne
                            l'autre ne poent aler encontre&#160;; et se li un est plus tost d'aage
                            que l'autre, cil qui se descorde ne doit pas estre oïz dusque il soit
                            aagé&#160;; mès s'il viennent endui à âge, il se poent bien descorder,
                            s'il volent, et ce par juigement d'yglise.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Nobis</emph><note>Idem eidem, cap. 8&#160;: <emph>A nobis</emph>,
                                ibid.</note>. Aucun dedanz aage se marient&#160;: l'en demende si se
                            poent départir avant aage&#160;? L'en dit que non, ainz devent atendre
                            aage&#160;; et lors, si se volent départir, si se départent, se l'un n'a
                            f.... l'autre.</p>
                        <p>Note que nus ne pot consentir en mariage dusque il soit d'aage&#160;; et
                            f..... fete en non aage fet enprès le mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. J<hi rend="sc">an</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscop.</hi>
                            <emph>De illis</emph><note>Idem Genuensi archiepiscopo, cap. 9&#160;:
                                    <emph>De illis</emph>, ibid.</note>. Se aucun se consent en
                            aucune dedans aage, ce n'est pas mariage&#160;; lors, s'il pot f......,
                            c'est mariage, ne ne pot descorder s'il n'i a porquoi.</p>
                        <p>Note que force excusse toztens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb</hi>. C<hi rend="sc">eno</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>Atestaciones</emph><note>Urbanus III Cenomanensi episcopo, cap.
                                10&#160;: <emph>Atestaciones</emph>, ibid.</note>. Un de douze anz
                            se maria o une, et se poigna s'il la puet f......, et ne pot&#160;;
                            enprès, avent aage, il se parti de lui&#160;; ele le demendoit. L'en dit
                            ci que, se la feme ne provet que il se consentist en lui en aage, qu'il
                            soit essoés de la demende à la feme, en tel manière qu'il le jurt.</p>
                        <p>Note que efforz qui n'est pas profitable ne fet mie tort&#160;; et emprès
                            ce <pb n="188"/>que li garanz sont overz, pot l’en tesmoinz
                            recevoir&#160;; et tot ne prove le demendeor, cil à qui l'en demende
                            doit jurer, tot soit-il délivré quant li autre ne prove.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. P<hi rend="sc">ysa</hi>. A<hi rend="sc">r.</hi>
                            <emph>EX litteris</emph><note>Idem Pisano archiepiscopo, cap. 11&#160;:
                                    <emph>EX litteris</emph>, Decret., Greg. IX, lib. 4, tit.
                                2.</note>. Un de douze anz se maria o une qui n'estoit pas
                            aagé&#160;; enprès li parent la li baillent contre sa volenté, et fut o
                            lui un an&#160;; et au plus tost qu'il pot, cil retorna à la meson son
                            père, ne ne vels retorner, ne estre à celi, ainz velt estre o une autre.
                            La pape dit que ele doit atendre cel enfant dusque il soit d'aage&#160;;
                            et s'ele ne velt, qu'ele se marit.</p>
                        <p>Note que hintement d'un an ne sofist pas à consentement de mariage, c'est
                            voir là où aucune se consent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>Duo pueri</emph><note>Clemens III,
                                cap. 12&#160;: <emph>Duo pueri</emph> , ibid.</note>. Un vallet de
                            six anz et une pucele de sept de futur se marièrent, et furent ensemble
                            trois anz&#160;; enprès le père à la pucele la li osta et la bailla à un
                            autre&#160;; et quant li enfes vint à âge, quant il ot congié de soi
                            marier, il se maria à la cosine à l'esposée. Et por ce que cil à cui li
                            pères avoit la fille ballie l'avoit lessée, l'en força l'enfant de
                            reprandre la, et de l'autre lessier. L'en demende qu'en dit droiz&#160;?
                            Et l'en dit que por la faute de l'aage ne fut nul mariage entre aus, mès
                            solement esposalles&#160;; et tot eust eu li enfes congié de soi marier
                            o autre, ne se dut-il pas marier o la cosine s'esposée&#160;: la
                            première n'auroit-il pas, car ele ot léau mari, ne il la secone
                                (<emph>seconde</emph>). Se l'un n'a f.... l'autre, il se porront
                            aillors marier&#160;; et que le père à la meschine eit sa pénitence de
                            ce qu'il la départi sanz le juigement de sainte yglise.</p>
                        <p>Note que mariage ne pot estre fet de sept anz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III. <emph>Ad
                                desolvendum</emph><note>Innocentius III, C. et P. Quondam filiis
                                Malebrancæ, cap. 13&#160;: <emph>Ad desolvendum</emph>,
                            ibid.</note>. Dui frères disent que ce qui avoit esté fet d'un mariage
                            d'un bacheler et d'une meschine ne valoit riens, car ele n'avoit pas
                            sept anz&#160;; et tot fut-ele en aage, ne le pot-ele avoir, car ele
                            estoit sa coisine. Quant la pape ot ce oï, il cassa ce fet, et dist que
                            l'en n'en poet acuser ce qui n'estoit mie&#160;; mès l'en poet bien
                            dénuncier que le mariage ne fût fet. La pape mist terme au dénuncement,
                            et deffent que entretant ne facent riens, dusque le dénuncement soit
                            prové&#160;; et s'il font encontre, que tot soet néant.</p>
                        <p><pb n="189"/>Note que dénuncement est fet aucune foiz de crime qui n'est
                            pas encor fet, ainz est à fere.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. A<hi rend="sc">lbanen</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>Tue</emph><note>Idem episcopo Abbatensi, cap. 14&#160;:
                                    <emph>Tuœ</emph>, Decret., lib. 4, tit. 2.</note>. Un esposa la
                            fille à un, qui n'avoit pas douze anz&#160;; quant le père à cele pucele
                            fut mort, sis uncles la dona à un autre&#160;: l'en demende s'il pot à
                            l'autre remanoir&#160;? Et le pape dit que, se la pucele, quant ele fut
                            esposée, estoit bone à marier, ou que ele ne l'estoit pas, esposailles
                            furent entre aus solement&#160;; et le segont mariage, se aucune chose
                            vaist encontre, est tenable.</p>
                        <p>Note que malice fet aage, tot die l'en que sen le fet. Note bou
                            enseignement&#160;: quant l'en dote d'aucuns de lor mariages, l'en doit
                            regarder lor aage, et lors pot l'en juiger segont ce.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. De esposailles repoz<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 3&#160;:
                                <emph>De clandestina desponsatione.</emph></note></head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> E<hi rend="sc">x cons. abe.</hi>
                            <emph>Si quis</emph><note>Ex concilio arelatensi, cap. 1&#160;: <emph>Si
                                    quis</emph>, ibid.</note>. Note que quant deffense est de
                            mariage, la prove chiet sor l'ome.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III. E<hi rend="sc">p</hi>. B<hi rend="sc"
                                >elvacensis.</hi>
                            <emph>Quod nobis</emph><note>Alexander III, Belvacensi episcopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Quod nobis</emph>, ibid.</note>. Li évesques de
                            Beauvez demenda la pape, s'il porroit fere grâce en mariage qui est fet
                            en repost&#160;? La pape tint la demende à fole, et dit que itex que
                            issi se marient, ou il requenoissent le mariage ou il ne
                            requenoissent&#160;: s'il le reconoissent, grâce n'i a mestier&#160;; se
                            l'en ne pot forcer, l'en ne le pot forcer.</p>
                        <p>Note que qui en repost se marie ne pot estre forciez de estre
                            assemblez&#160;; et l'en croit home et feme do mariage&#160;; et iglise
                            conferme tel mariage, et lor enfanz sont molete.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III, <hi rend="sc">con. gen.</hi>
                            <emph>Cum inhibicio</emph><note>Innocentius III, in Concilio generali,
                                cap. 4 &#160;: <emph>Cum inhibicio</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci
                            cinq choses&#160;: au premer, deffant l'en mariage fet en repot. Enprès
                            commende l'en que se l'en velt fere mariage, l'en le doit bennir en
                            l'iglyse, que qui saura empechement qu'il le die. Enprès dit l'en que li
                            enfanz nez en <pb n="190"/>tel mariage repost seront bastart&#160;; et
                            aussi sera se le père et la mère i sorent empeeschement, et puis prist
                            l'un l'autre. Enprès dit l’en que se aucun prestre ne deffant ce, et
                            s'il i est au fere, trois anz soit sospenduz. Et qui défendra noces à
                            fere par malice, qu'il soit puniz.</p>
                        <p>Note que ce qui est grosse en un est légié en autre&#160;; et qui pot
                            savoir et ne set, est tenuz ausi cum s'il seust.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head>IV. De esposalles de deus<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 4&#160;:
                                <emph>De sponsa duorum.</emph></note></head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">ugustinus de fide pactionis et consensus.</hi>
                            <emph>Duobus</emph><note>Augustinus de fide pactionis et consensus, cap.
                                1&#160;: <emph>Duobus</emph>, ibid.</note>. Augustin dit que en deu
                            manières est foi, c'est à savoir, de mariage et de espossailles. Et se
                            aucun done foi de espossailles à une, et puis se marie o autre par
                            présent, il remoindra à la segonde. Et s'il dona foi de mariage à la
                            première, et ausi à la segonde, il remoindra à la première.</p>
                        <p>Note que se, enprès espossalles, aucun se marie par présent, il doit
                            remanoir à la segonde, et fere sa pénitence de sa foi qu'il a mentie. Et
                            se aucun, quant il se marie, dit issi&#160;: Je te pren à feme, se tu me
                            lesses f...., tel convenant ne vaut rien.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> E<hi rend="sc">X</hi> B<hi rend="sc">roc. lib. xix.</hi>
                            <emph>Accepisti</emph><note>Ex Brochardo libro xxx, cap. 2&#160;:
                                    <emph>Accepisti</emph>, ibid.</note>. Un par présent se maria à
                            une&#160;; enprès une autre la prist. L'en dit cil qui doit retorner au
                            premier, et cil qui enprès la prist en face sa pénitence.</p>
                        <p>Note que ce qui ne vaut à commeincement enprès ne vaut riens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi>III. S<hi rend="sc">alent, ar.</hi>
                            <emph>Licet</emph><note>Alexander III Salernitano archiepiscopo, cap.
                                3&#160;: <emph>Licet</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci que se aucun
                            se marie o aucune par présent, ne ne la f.... mie, et à une autre ausi
                            par présent se marie, et la f....&#160;: ele retorna au premier, tot
                            soit-il autrement en aucunes yglises.</p>
                        <p>Note que esposalles de présent font mariage, donc ne les pot l'en
                            dépécier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. J<hi rend="sc">anen. archi.</hi>
                            <emph>Tua</emph><note>Idem Genuensi archiepiscopo, cap. 4
                                    <emph>Tua</emph>, ibid.</note>. Aucun marié sont travallé de
                            parenté <pb n="191"/>que l'en dit qui est entre aus&#160;; il apelent,
                            et endementières il se marient à autres. L'en dit que tel mariage doit
                            estre cassé comme cil qui est fet contre la deffense de sainte
                            yglise&#160;; car l'en lor doit deffendre qu'il ne se marient.</p>
                        <p>Note que quant aucune cause pent par apel, l'en ne doit rien fere&#160;;
                            et mariage qui est fet contre la deffense sainte ynglise ne vaut
                            rien.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III, M<hi rend="sc">utin</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscop</hi>
                            <emph>Tuas</emph><note>Innocentius III Mutinensi episcopo, cap. 5&#160;:
                                    <emph>Tuas</emph>, Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 4.</note>. Tel
                            costume estoit en la cité de Mute, que se aucun se mariast o aucune par
                            parole de présent, et ele se maria o autre avant que cil l'eust f....,
                            et cil segont la f.... enprès, ele estoit soe. La pape dist que tele
                            costume est lède, et contre l'iglise de Rome&#160;; et le premier
                            mariage doit tenir.</p>
                        <p>Note que f.... ne fet pas mariage, mès acordement et consentement.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head>V. De condicions mises en mariage<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                            5&#160;: <emph>De conditionibus appositis in desponsatione vel in aliis
                                contractibus</emph>.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> E<hi rend="sc">x conc</hi>. A<hi rend="sc">fri.</hi>
                            <emph>Quicumque</emph><note>Ex concilio Africano, cap. 1&#160;:
                                    <emph>Quicumque</emph>, ibid.</note>. Se mariage est fet soz
                            convenance mauvese, le mariage doit estre, et la convenance doit
                            remanoir.</p>
                        <p>Note que mariage fet soz vil convenance tient, tot soit la convenance
                            quassée.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">regorius</hi> E<hi rend="sc">p</hi>. S<hi rend="sc"
                                >poliacen.</hi>
                            <emph>Cum sit</emph><note>Gregorius episcopo Spoletano, cap. 2&#160;:
                                    <emph>Cum sit</emph>, ibid.</note>. Un franchi deus sers en tel
                            convenance qu'il seroient moines&#160;; li un issi de l'aboïe&#160;: le
                            pape mende à un évesque qu'il le force de retorner.</p>
                        <p>Note que franchise pot estre donée soz condicion.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III. <emph>De illis</emph><note>Alexander III
                                Panormitano archiepiscopo, cap. 3&#160;: <emph>De illis</emph>,
                                ibid.</note>. Note que ci a léal convenance&#160;: Se tu me dones
                            cent sous, je te prendrai.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Verum.</emph><note>Idem, cap. 4&#160;: <emph>Verum</emph>,
                                ibid.</note>Se aucun done aucun fié à yglise par tel convent qui est
                            entre aus, il ne porra pas rapeler le don, se la condicion n'est seguë.
                            Et ce que l'en done, se la condicion n'est tenue, puet estre rapelé.</p>
                        <p><pb n="192"/>Note que, en ban de chose donée, pot cil qui done metre tel
                            convenance comme il velt.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb.</hi> III. <emph>Super eo</emph><note>Urbanus III,
                                cap. 5&#160;: <emph>Super eo</emph>, Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                                5.</note>. Un se maria o une issi&#160;: Je te prens, se mis pères
                            le velt. L'en dit que ce n'est rien, se li pères ne velt.</p>
                        <p>Note que ci a bone convenance&#160;: se mis pères le velt, je te
                            prandroi&#160;; et tel fet est mis en autrui volenté.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III. E<hi rend="sc">p</hi>. M<hi rend="sc"
                                >arsiten</hi>. <emph>Per tuas</emph><note>Innocentius III Masican.
                                episcopo, cap. 6&#160;: <emph>Per tuas,</emph> ibid.</note>. Une
                            feme demendoit un bachelier, et disoit que il l'avoit esposée et
                            f....&#160;; li hom no niet pas, mès il disoit qu'il fût fet, s'il
                            plésoit à son père et à son oncle&#160;; et il ne le voloient pas&#160;;
                            et ce voloit prover. La feme disoit que tot i fût la convenance, com cil
                            n'alassent pas encontre, et cil l'eust puis f....., ce qu'il disoit ne
                            li devoit pas nuire&#160;; et tot i eust convenance au commoincement,
                            enprès ele fut lessée et ostée. Tesmoinz furent trez de çà et de là, et
                            overz. Et com l'en dotast de ce, l'en enquist consoil le pape, qui dist
                            que, comme il aparesse clèrement, par la confession à la feme et à
                            l'ome, qu'il la f.... enprès les esposalles, le mariage est entre
                            aus&#160;; que tot fust-il prové que li père et li oncles i eussent mis
                            contredit, il la f.... puis&#160;; il ne fut pas prové, que puis qu'il
                            la f...., qu'il le contredissent.</p>
                        <p>Note que en mariage fet pot l'en mestre honeste convenance&#160;; et plet
                            n'est pas déterminé par la confession de parties fetes en
                            juigement&#160;; et l'en lesse la première convenance, se autre
                            contraire marchié vient enprès.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">reg.</hi> IX. <emph>Si condictiones</emph><note>Greg. IX,
                                cap. 7&#160;: <emph>Si conditionis</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci
                            que se convenance qui est contre la sustance do mariage i est mise, il
                            ne vaut rien&#160;; aussi comme l'en dit&#160;: Je te prendrai dusqu'à
                            trois anz, ou se tu fez chose por quoi tu soes beraigne, ou se tu
                            embles&#160;; la convenance est nule, et le mariage tient.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <pb n="193"/>
                <front>
                    <head>VI. Quex clerz puent fere mariage<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                            6&#160;: <emph>Qui clerici vel voventes matrimonium contrahere
                                possunt.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III. <emph>De diacono</emph><note>Alexander III
                                Remensi archiepiscopo, cap. 1&#160;: <emph>De diacono</emph>,
                                ibid.</note>. Un diacre se maria o une feme, et fist plere à un
                            diacre. Le pape dit que, s'il retorne à s'iglise ou humilité, l'en li
                            porra fere grâce, et fere son office, et porra estre ordené&#160;; et li
                            soz-diacre ne se pot marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. C<hi rend="sc">enomen</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>EX litterarum</emph><note>Idem Cenoman. episcopo, cap. 2&#160;:
                                    <emph>Ex literarum</emph>, ibid.</note>. Un soz-diacre se
                            maria&#160;; le évesque le efforça forjurer sa feme&#160;: l'en dist que
                            il fist bien&#160;; et s'il no volt otroier, et il viot entrer en
                            religion, il ne porra fere son office, ne avoir autres ordres.</p>
                        <p>Note que cil qui se marient contre droit devent forjurer l'un
                            l'autre&#160;; et souz-diacre qui se marie ne doit d'iqui en avant
                            amenistrer en ordre de soz-diacre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. W<hi rend="sc">g</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>Neminimus</emph><note>Idem Vigoriensi episcopo, cap. 3&#160;:
                                    <emph>Meminimus,</emph> ibid.</note>. Un fit profession en la
                            main d'un abé ou d'un évesque&#160;: l'en dit que s'il se marie, l'en le
                            doit forcer de retorner à religion, se le vou est sollempné&#160;; s'il
                            est simple, non.</p>
                        <p>Note que habit fet moine&#160;; et qui est profès ne se pot marier&#160;;
                            et simple vou ne tost pas mariage, mès il tost à marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. L<hi rend="sc">uc. episcopo.</hi>
                            <emph>Consuluit</emph><note>Idem Lucensi episcopo, cap. 4&#160;:
                                    <emph>Consuluit</emph>, ibid.</note>. Une dame prist robe de
                            religion, ne n'i entra pas, ne ne fist profession&#160;; et puis geta
                            l'abit, et se maria. L'en dit ci qu'ele remaingne à son mari&#160;; car
                            habit sans profession empêche mariage, mès ele no dépièce pas.</p>
                        <p>Note que l'en puet bien recevoir veil de main de prestre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Idem, cap. 5&#160;: <emph>Veniens,</emph>
                                ibid.</note>. Une feme esposa un home par futur&#160;; ele oït dire
                            que il estoit trop cruel, et par devant un hermite fist vou. Cil se
                            maria o une autre&#160;; quant ele l'oï, ele se maria. Le pape dit que
                            bien le pot fere.</p>
                        <p>Note que l'en puet fere esposailles entre cez qui ne sont pas
                            présenz&#160;; <pb n="194"/>et se aucun fet vou par peor il n'est pas
                            tenuz&#160;; et simple vou ne lie pas.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>, <emph>Rursus</emph><note>Cælestinus III, cap.
                                6&#160;: <emph>Rursus</emph>, Decret., lib. 4, tit. 6.</note>. Un
                            voa chastée par simples paroles, et jura enprès que il l'aposeroit une
                            feme&#160;: l'en demende qu'en dit droiz&#160;? Que il gart son vou, et
                            qu'il face sa pénitence do serement&#160;; et s'il se marie, le mariage
                            tient&#160;; car simple vou empeeche mariage à fere, mès il ne la
                            dépièce pas.</p>
                        <p>Note deus relles&#160;: que simple vou et sollempnié lie maeme quant à
                            Deu&#160;; et simple vou empêche à marier, mès il ne tost pas ce qui est
                            fet&#160;; et note que vou, de la nature de soi, ne dépièce pas mariage,
                            mès c'est de constitucion d'yglise.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi>III, V<hi rend="sc">isconen. ET</hi> C<hi
                                rend="sc">ol. episcopo.</hi>
                            <emph>Insinuente</emph><note>Innocentius III Libonensi et Colimbriensi
                                episcopis, cap. 7&#160;: <emph>Insinuente</emph>, ibid.</note>. Une
                            feme disoit que, cum son mari fust mort, ele cremoit que l'en ne la
                            forçât marier à un de la cort le roi, et fist vou de chastée, et prist
                            habit de religion, et remest en sa meson o ce que ele avoit. Li rois oï
                            ce, et deffendi que l'en ne li feist rien. Enprès un de la cort le roi
                            aporta unes letres por la avoir à feme&#160;; cele ne le volt fere, et
                            s'en défoï, et se maria à un autre, et en ot enfanz. Or demende l'en
                            s'ele pot o cetui remanoir&#160;? Le pape dist que en fere ce n'ot point
                            de force&#160;; et s'ele i fut, tote fut oblié par si lonc tens, et doit
                            tenir son vou&#160;; et commende, que s'il est issi, que ele soit forcée
                            à prandre l'abit et à garder son vou.</p>
                        <p>Note que aucun pot prendre habit en sa meson et estre religios&#160;; et
                            salu de l'âme doit estre mis avant totes choses terrienes.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head>VII. De celi qui prist en mariage cele o qui il avoit fet
                            avotire<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 7&#160;: <emph>De eo qui
                                duxit in matrimonium quam polluit per
                        adulterium.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III. <hi rend="sc">abb</hi>. S<hi rend="sc"
                                >ancti</hi> A<hi rend="sc">lbini.</hi>
                            <emph>Propositum</emph><note>Alexander III abbati sancti Albani, cap.
                                1&#160;: <emph>Propositum</emph>, ibid.</note>. Un avoit feme, et
                            prist un autre que ne savoit pas qu'il eust feme&#160;; quant la
                            première fut morte, il la volt lessier, et disoit que il l'avoit prise
                            au vivant à sa première feme. L'en dit que se la feme volt, l'en le pot
                            forcier à remanoir o lui&#160;; se que non, se ele volt, bien le pot
                            lessier.</p>
                        <p><pb n="195"/>Note que qui allège sa honte ne doit pas estre oïz. Et note
                            deus cas où l'en puet prendre cele o qui l'en a fet avotire, si comme la
                            letre de la décrétale le chante&#160;; et nus ne doit avoir fruit de sa
                            malice&#160;; et mariage tient d'une part et ne tient pas d'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem. abb. de</hi> F<hi rend="sc">ontibus.</hi>
                            <emph>Significavit</emph><note>Idem Abbati de Fontibus, cap. 2&#160;:
                                    <emph>Significavit,</emph> Decret., lib. 4, tit. 7.</note>. Un
                            jura forciez que il esposeroit une feme&#160;; enprès, quant il eschapa,
                            il se maria à un autre&#160;; la première s'en plaint&#160;: l'en li
                            deffent que il ne toche à la segonde&#160;; endomentre la première mori.
                            Le pape dit&#160;: Se li home forjura la première, et enprès ne la f....
                            pas, que il soit à la segonde&#160;; et si n'i a point de vérité, que il
                            ne remoigne pas o la segonde, mès se marit aillors.</p>
                        <p>Note que mariage fet à force ne vaut rien&#160;; car mariages devent
                            estre fez de commendement (<emph>consentement</emph>)&#160;; et tot i
                            eit-il eu force, et enprès la f...., le mariage est fet.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem, barenen. episcop.</hi>
                            <emph>Super eo</emph><note>Idem Baranensi episcopo, cap. 3&#160;:
                                    <emph>Super hoc,</emph> ibid.</note>. Un, au vivant sa feme, se
                            maria o un autre&#160;: l'en demende savoir s'il la porroit avoir enprès
                            la mort&#160;? L'en dit que non, se ele a porchecié la mort à la feme,
                            ou se li hom la fiença par convent que il la prist enprès la mort sa
                            femme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>Ex litterarum</emph><note>Clemens
                                III, cap. 4&#160;: <emph>Ex litterarum,</emph> ibid.</note>. Un
                            lessa sa feme por avotire &#160;; cele entra en religion&#160;; et il
                            prist un autre o qui il avoit fet son péchié douze anz au vivent cele
                            feme&#160;: l'en demende se avotre pot avotresse prendre&#160;? L'en dit
                            que non&#160;; mès autre pot prendre, quant il aura fet sa pénitence, et
                            sa feme sera morte.</p>
                        <p>Note que hom pot lessier sa feme, se il la prent en avotire&#160;; et
                            note un merveillos cas que, se feme entre en religion, ele ne fet pas
                            tort à son mari, quant à continence de vivre chatement&#160;; ne le vou
                            de l'ome por l'entrée à la feme n'est pas gardé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Cum huberet</emph><note>Idem, cap. 5&#160;: <emph>Cum
                                    haberet</emph>, ibid.</note>Il pose primes un fet qui avint, et
                            forme deus demendes&#160;: Un avoit sa prode feme, et fist avotire à un
                            autre, et il en fut tret en plet, et la forjura&#160;; et au vivant sa
                            feme, enprès se maria o cele. L'en demende se li hom pot avoir à feme
                            cele o qui il se maria au vivent sa feme, et en ot moult enfanz, ou s'il
                            se poent allors marier&#160;?</p>
                        <p><pb n="196"/>Enprès dit l'en que mariage ne pot estre entre avotires, ne
                            il ne se poent allors marier&#160;; mès l'en lor doit enjoindre que il
                            vivent chatement. Enprès dit l'en que endui, segont ce que il porront,
                            porvoent à lor enfanz.</p>
                        <p>Note que nul ne pot avoir à feme cele que il a cochié en avotire&#160;;
                            et amor de enfanz ne fet pas fere grâce contre la loi&#160;; et li père
                            devent norrir lor enfanz nez en avotire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III, <hi rend="sc">episcopo</hi> S<hi rend="sc"
                                >poleten.</hi>
                            <emph>Significasti</emph><note>Innocentius III episcopo Spoletano, cap.
                                6&#160;: <emph>Significasti,</emph> Decret, lib 4, tit. 7.</note>.
                            Un prist une putain et lessa sa feme&#160;; il en fut ecomenié&#160;;
                            quant sa feme fut morte, il la prist. L'en demende s'il poent remanoir
                            ensemble&#160;? Et l'en dit que, s'il n'ont porchacié la mort la feme,
                            ou s'il ne fiança la putain au vivant de sa feme, et li hom soit asos,
                            s'il le requiert.</p>
                        <p>Note que Chapitre pot escommenier&#160;; et escommenié se pot marier, tot
                            li nie l'en les autres sacremanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. M<hi rend="sc">esenen. episcopo.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Idem Messanensi capitulo, cap. 7&#160;:
                                    <emph>Veniens,</emph> ibid.</note>. Cum un se fut marié o une
                            feme, il la lessa, et se maria en une autre cité o une autre, qui rien
                            n'en savoit que cil eust feme&#160;; et comme il retornast à la première
                            par pénitence, et morte la trovast, il retorna à la segonde, et
                            requiroit remaindre o lui en mariage. La pape dit que il pot bien
                            remanoir à la segonde, s'ele requiert, fors que en deus cas&#160;: s'a
                                (<emph>si elle</emph>) ne savoit qu'il eust feme, ou se ne empeecha
                            sa mort&#160;; et s'il li plet, la pape deffent que nul ne l'en
                            travalle.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">regorius</hi> IX, <hi rend="sc">fr.</hi>R. <emph>Si
                                quis.</emph><note>Gregorius IX fratri R., cap. 8&#160;: <emph>Si
                                    quis,</emph> ibid.</note>. Qui, à vivent sa feme, fiance aucune
                            feme que il la prendra, se sa feme mort, et il pregne cele, l'en ne doit
                            pas dépécier le mariage, s'il ne la f.... au vivent sa feme.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head>VIII. Do mariage au meseaus<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 8&#160;:
                                <emph>De conjugio leprosorum.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>
                            <emph>Pervenit</emph><note>Alexander III Cantuarensi archiepiscopo, cap.
                                1&#160;: <emph>Pervenit,</emph> ibid.</note>. Unes femes ne voloient
                            sigre lor mariz meseaus&#160;: l'en dit qu'eles séent amonestées qu'eles
                            seguent&#160;; et s'il ne volent, eles devent estre forciés à estre
                            chastes.</p>
                        <p><pb n="197"/>Note que li meseau devent vivre par soi&#160;; et hom est
                            tenu segre sa feme mesele, et la feme l'ome&#160;; et s'il ne volent
                            segre l'un l'autre, l'en les doit forcier à estre chastes.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem. bayonen. episcopo.</hi>
                            <emph>Quoniam.</emph><note>Alexander III Bajonensi episcopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Quoniam,</emph> Decret., lib. 4, tit. 8</note>. L'en
                            dit ci que por lèpre ne doit l'en pas feme départir de son mari. Et l'en
                            dit ci que se le mesel (<emph>ne</emph>) se volt tenir chatement, ele se
                            pot marier, s'ele trove à qui. Et se le mesel requiert à f.... sa feme,
                            ele ne li pot nier.</p>
                        <p>Note que home ne pot sa feme lessier que por fornicacion, et por lèpre,
                            non&#160;; et mesel se poent marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb.</hi>III, <hi rend="sc">ep</hi>. F<hi rend="sc"
                                >loriacen.</hi>
                            <emph>Litteras</emph><note>Urbanus III, episcopo Florentino, cap.
                                3&#160;: <emph>Literas,</emph> ibid.</note>. L'en dit ci que cele
                            est forçable à eschever le mariage, se si mariz devent mesel entretant
                            qu'il fut fiancé.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head>IX. Dou mariage as sers<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 9&#160;:
                                <emph>De conjugio servorum.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">drianus papa</hi> S<hi rend="sc">ancte</hi> B<hi
                                rend="sc">ur.</hi>
                            <emph>Dignum</emph><note>Hadrianus Sancteburgensi archiepiscopo, cap.
                                1&#160;: <emph>Dignum</emph>, ibid.</note>. L'en demandoit se sers
                            se poent marier contre la volenté lor seignor&#160;? L'en dit que oïl,
                            ne ne doit l'en pas dépécier tex mariages, ne li seignor ne perdent pas
                            por ce lor servises acostumez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex</hi>. III, <hi rend="sc">preposito et priori
                                mortar.</hi>
                            <emph>Proposuit.</emph><note>Alexander III præposito et priori
                                Mortariensi, cap. 2&#160;: <emph>Proposuit</emph>, ibid.</note>. G.
                            se marie o P., et enprès li met sus qu'il est cuvert&#160;: le pape dit
                            que, s'il la f.... puis qu'ele set qu'ele est serve, il doit estre
                            son&#160;; si que non, se l'en célèbre entr'aus département, il rendra à
                            la feme ce qu'ele i aporta.</p>
                        <p>Note&#160;: qui se marie o serve et no set, le mariage est nul&#160;; et
                            se le mariage est départiz, li un et li autre r'auront arrière lor
                            choses comme devant&#160;; et s'il la f.... puis qu'il le set, le
                            mariage tient.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. <emph>Licet</emph><note>Urbanus III Ariminensi
                                episcopo, cap. 3 &#160;: <emph>Licet</emph>, ibid. </note>. Un se
                            maria o une&#160;; cil estoit serf d'une abéïe, et por ce la feme en
                            voloit estre départie, si comme cele qui rien n'en savoit&#160;; li hom
                            allégoit encontre, et disoit que, quant son père mori, que <pb n="198"
                            />il estoit franc, e i a diz anz que le père mori. L'en dit ci que l'en
                            doit juigier por l'ome, por la franchise.</p>
                        <p>Note&#160;: segont la loi de la province, le fiz doit sigre la condicion
                            au père&#160;; et qui a esté franc dix anz doit estre juigiez franc.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III. R. <emph>Ad nostram</emph><note>Innocentius
                                III H. episcopo, cap. 4&#160;: <emph>Ad. nostram,</emph> Decret.,
                                lib. 4, tit 9.</note>. Un cardineau désevra un d'une cuverte, dont
                            il ne savoit rien, quant il la prist. Le pape dit que si l'om, puis que
                            il le sot, ne consenti en lui, ne de fet, ne de parole, qu'il se marit o
                            autre, s'il velt.</p>
                        <p>Note que foléance d'estat d'ome ou de feme empeeche mariage, et
                            despièce.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head>X. De cex qui sont nez de franc ventre<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                            10&#160;: <emph>De natis ex libero ventre.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">reg.</hi> IX. <emph>Indecens.</emph><note>Gregorius, cap.
                                unic&#160;: <emph>Indecens,</emph>ibid.</note> Une serve se maria o
                            un serf d'une iglise&#160;; enprès li sires à la serve la franchi, et le
                            mari remest cuvert. Il orent enfant&#160;: or vodrent li clerc à qui le
                            père estoit serf, que li enfes fust serf, por ce que le père l'estoit.
                            Le fiz à soi deffendre mostra la chartre de franchise de sa mère. Le
                            pape dit que se li clerc ne dient rien contre la chartre, que il ne
                            demendent rien à l'enfant, cum il déent plus deffendre que
                            travailler.</p>
                        <p>Note que qui est nez de franche mère ne doit pas estre mis en
                            cuvertage.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head>XI. De cosinage espéritel<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 11&#160;:
                                <emph>De cognatione spirituali</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex</hi>. III. <emph>Utrum</emph><note>Alexander III
                                Salernitano archiepiscopo, cap. 1&#160;: <emph>Utrum,</emph>
                                ibid.</note>. Ticius tient sor fonz la fille Berte&#160;: ceste
                            fille ne se pot marier o nul des filz. Ces autres fiz et cez autres
                            filles Berte et Ticius se poent marier, se aucune costume d'aucune
                            iglise n'est encontre ce.</p>
                        <p>Note que la derrenière costitucion fet tort à la première, tot n'en
                            face-ele nule mencion&#160;; et costume fet léaus ou desléaus aucuns à
                            soi marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="199"/>I<hi rend="sc">dem eidem.</hi>
                            <emph>Si vir</emph><note>Alexander III Salernitano archiepiscopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Si vir</emph>, Decret., lib. 4, tit. 11.</note>. L'en
                            dit ci que se hom ou feme lèvent enfanz de fonz, qui sont lor propres,
                            l'en ne la doit pas départir por ce, mès l'en doit amener à pénitence de
                            continence &#160;; tot dient autres autrement, que s'il le font par
                            ignorance, il sont excusez&#160;; se escient, il ne devent rien
                            gaagnier.</p>
                        <p>Note que ce qu'est establi généraument, si cum compérage, n'empeeche pas
                            mariage à fere solement, mès il dépièce le fet&#160;; et folie et
                            ignorance excuse.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. V<hi rend="sc">igilien</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>Super eo</emph><note>Idem Vigiliensi episcopo, cap. 3&#160;:
                                    <emph>Super eo</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci que de commun
                            droit fiz ou filles de compères se poent marier, for cil par qui le
                            compérage est fez. Mès cele ou nule des autres ne se doit marier, se ele
                            le fet, ele doit estre départie, se costume d'yglise non donne que fiz
                            de compères ne s'entrepregnent par mariages. Et si tel costume n'est
                            gardée, li prélat porra lesser assemble en manière d'oblience.</p>
                        <p>Note que costume est gardée en joindre mariage et en dépécier. Note que
                            l'en doit recorre à la costume des veisines iglises, non pas de l'iglyse
                            de Rome&#160;; et qui se test, ne n'otroie ne ne désotroie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">lemens</hi> III. <emph>Martinus</emph><note>Clemens III,
                                cap. 4&#160;: <emph>Martinus</emph>, ibid.</note>. Martin avoit
                            Berte à feme, et Lohier, Teberge&#160;; Lohier tint le fiz Berte et
                            Martin&#160;; quant Lohier et Berte furent mort, Martin prist Teberge à
                            feme&#160;: l'en demende se tel mariage tient&#160;? L'en dit que non,
                            car ele estoit sa commère par la reson dou mari.</p>
                        <p>Note que par un des mariz est aquis compérage&#160;; et home et feme sont
                            une char par mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Contracto</emph><note>Idem, cap. 5&#160;: <emph>Contracto</emph>,
                                ibid.</note>. P. se maria o A.&#160;; et quant il orent esté
                            ensemble deus anz, li cosin à la feme distrent que ele, avent que ele se
                            mariast, estoit commère P., et le fiz son mari, que il avoit eu de
                            mechie avoit cele A. doné le sel bénoit&#160;: et por ce li évesque lor
                            défendit que l'un ne f.... l'autre. L'en dit ci que li hom retort à sa
                            feme, car tel empêchement ne nuist pas à marier&#160;; s'il est fet, il
                            ne pot départir.</p>
                        <p><pb n="200"/>Note que por ce qui est avant batesme fet, n'enpêche pas, ne
                            n'est pas fet compérage&#160;; et la niceté au juige ne nuist pas as
                            parties.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi>III, <hi rend="sc">episcopo et ar. linconen.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Innocentius III episcopo et archidiacono, cap.
                                6&#160;: <emph>Veniens</emph>, Decret., lib. 4, tit. 11.</note>. Cum
                            un eust f.... une ribaude, que ce fet ne fut seuz, la feme prist le fiz
                            son ami qu'il avoit eu d'une autre, et le tint sor fonz. Cil hom emprès
                            cele feme esposa&#160;; et quant il n'en pot avoir nul enfant, il prist
                            une autre, et la lessa. Le pape dist que, se la première feme, avant
                            qu'ele se mariast o lui, tint son fiz, qu'il séent départiz.</p>
                        <p>Note que compérage despièce mariage et destorbe.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. M<hi rend="sc">agist. s. ca. herefodenen.</hi>
                            <emph>Tua</emph><note>Idem magistro S. Canonico Herforden., cap.
                                7&#160;: <emph>Tua</emph>, ibid.</note>. L'en demende se cil qui est
                            nez devant compérage se pot marier o la fille son compère ou de la
                            commère&#160;; ou s'il sunt commerz, s'il devent estre désevrez&#160;;
                            et savoir se cil qui tel mariage sevent, le devent acuser
                            apertement&#160;? Et l'en dit qu'il devent estre départiz&#160;; et cil
                            qui rien en sevent le devent dire à l'iglyse.</p>
                        <p>Note que l'en ne doit pas solement dénoncier le péchié de mariage, mès
                            l'empeechement&#160;; et chascun est tenuz au dire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">regorius</hi> IX. <emph>Ex litteris</emph><note>Gregorius
                                IX, cap. 8&#160;: <emph>Ex literis</emph>, ibid.</note>. Com une
                            feme demendast un home à mari, et deist que il l'avoit fiencée, et
                            enprès l'avoit f...., le plet entamé, li tesmoing receu et overt, li hom
                            dist qu'il ne la poet avoir à feme, por ce que le père à la feme, qui
                            avoit esté prestre, l'avoit banie. Le juige ne reçust pas ceste barre,
                            et ala ostre en la cause. Li hom por ce apela. Le pape mende, que s'il
                            est issi, que quantque a esté fet soit dépecié.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head>XII. De cosinage léal<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 12&#160;:
                                <emph>De cognatione legali.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> N<hi rend="sc">icol. ad consult</hi>. B<hi rend="sc">asart</hi>.
                                <emph>Si qua.</emph><note>Nicolaus ad consulta Bulgarorum, cap.
                                1&#160;: <emph>Si qua</emph>, ibid.</note> Mis pères avoe aucune à
                            fille&#160;; l'en demende savoir, se tant comme dure cest avoement, se
                            la puit prandre à feme&#160;? L'en dit que non.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <pb n="201"/>
                <front>
                    <head>XIII. De celi qui conuit la cosine sa feme<note>Decret. Greg. IX, lib. 4,
                            tit. 13&#160;: <emph>De eo qui cognovit consanguineam uxoris suœ vel
                                sponsœ</emph>. — Dans le manuscrit, cette rubrique se trouve entre
                            les chap. 1 et 2 de ce titre&#160;; nous l'avons rétablie à sa véritable
                            place.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> E<hi rend="sc">x con. ap. mels.</hi>
                            <emph>Si quis</emph><note>Ex concilio apud Metiam, cap. 1&#160;:
                                    <emph>Si quis,</emph> ibid.</note>. Aucun f.... sa
                            fillastre&#160;: l'en dit que il n'aura, d'equi en avant, ne l'une ne
                            l'autre&#160;; ne l'un ne l'autre, d'iqui en avant, ne se porra
                            marier.</p>
                        <p>Note que qui fet tel péchié ne se pot marier, tot muire sa feme, car il
                            pèche contre mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi>III. P<hi rend="sc">ict</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscopo.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Alexander III Pictaviensi episcopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Veniens</emph>, ibid.</note>. Aucun f.... la mère à
                            cele qu'il avoit esposée. La pape dit que, s'il ne f.... la fille, quant
                            il ara fete sa pénitence, par grâce se porra marier o autre&#160;; et
                            s'il la f.... avant qu'il f..... la mère, ou puis, il ne se porra d'iqui
                            en avant marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>
                            <emph>De Illo</emph>. Le cas est plain. Note que l'en doit savoir se
                            péchié est apert ou non.I<hi rend="sc">dem</hi><note>Idem, cap. 3&#160;:
                                    <emph>De illo,</emph> ibid.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus.</hi>
                            <emph>Trasmisse</emph><note>Cælestinus III, cap. 4&#160;:
                                    <emph>Transmissœ,</emph> ibid.</note> Un, quant sa feme fut
                            morte, f.... sa fillastre&#160;; et cum il eust pris avant une autre
                            feme, il tint cele fillastre apertemant. L'en demende qu'en dit
                            droit&#160;? Et l'en dit qu'il f.... sa feme o dolor et o lermes, et
                            qu'il ne l'en requière pas&#160;; et por le péchié et por le avotire
                            face la pénitence&#160;; et se sa feme muert, que plus ne se marist.</p>
                        <p>Note que qui f... sa parente ou coisine ho a parentié, que por ce il
                            n'enpeeche pas mariage <emph>(fait)</emph>&#160;; mes il l'empeeche s'il
                            est à<emph>(faire)</emph>&#160;; et ice est entredit de mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Super eo</emph><note>Idem, cap. 5&#160;: <emph>Super eo,</emph>
                                ibid.</note>. Un se maria ou aucune, et enprès disoit qu'il avoit
                            f..... la cosine sa feme, avant qu'il la prist&#160;; et la feme disoit
                            ce meisme, et li veisin. L'en demende se le mariage doit estre départi
                            por ce&#160;? Et l'en dit que non par lor reconoissance solement, car il
                                <pb n="202"/>porroit estre fet en conchiemant dou mariage, ne por
                            les voisins, ne por la reconoissance.</p>
                        <p>Note que l'en ne croit pas à qui reconoist, en droit, en tort à l'autre
                            partie&#160;; et là où il n'a nul mariage, est aucun forcez à rendre à
                            sa feme ce qu'il doit, c'est f.....</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno</hi>. P<hi rend="sc">reposito</hi> M<hi rend="sc"
                                >agdon.</hi>
                            <emph>Discrecionem</emph><note>Innocentius III præposito Magdeburgensi,
                                cap. 6 &#160;: <emph>Discretionem,</emph> Decret., lib. 4, tit.
                                13.</note>. Un, une qu'il avoit esposée et f....., balla à son
                            cosin, à sa volenté et à (<emph>contre</emph>) la volenté à la feme, à
                            f......, et l'esposa&#160;; et au plus tost qu'ele pot, ele s'enfoï, et
                            requist son mari&#160;; le mari dist qu'ele ne poet avoir por l'avotire.
                            Le pape dit qu'ele doit estre amonestée, qu'ele ne soit à l'un ne à
                            l'autre&#160;; mès soit en chastée dusque son mari muire&#160;; et s'ele
                            n'i pot estre ramenée, le premier mari soit forciez à retorner à li, com
                            il ne le puisse metre avant avotire dont il a esté acheson. Car com hom
                            ne puisse sa feme giter ne lessier que por fornicacion, ou por aucun
                            avotire, l'en pot dire contre l'ome, s'il i a que dire, si com si a esté
                            parçoner de la folie, ou s'il en fut acheson, ou en autre manière&#160;;
                            tot dient li autre autrement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi> B<hi rend="sc">issinen. ar.</hi>
                            <emph>Fraternitati</emph><note>Idem Besuntinensi archiepiscopo, cap.
                                7&#160;: <emph>Fraternitati</emph>, ibid.</note>. Un se maria o une
                            de sept anz par espossalles, et la cochia. Enprès se maria o sa suer. Et
                            fut départi par l'évesque, et le pape le conferma.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi> E<hi rend="sc">piscopo</hi> G<hi rend="sc"
                                >usmeden.</hi>
                            <emph>EX literis</emph><note>Le Coutumier répète ici les premiers mots
                                du § précédent&#160;: <emph>Un se maria o une de sept anz par
                                    esposalles</emph>. Vient ensuite l'indication des sources du §
                                8, dont les termes véritables sont&#160;: Idem E<hi rend="sc"
                                    >piscopo</hi> G<hi rend="sc">erundensi</hi>, cap. 8 &#160;:
                                    <emph>Ex literis,</emph> ibid.</note>. Unes esposalles furent
                            entre un bachelier et une pucele qui n'avoit pas quatorze anz&#160;; li
                            espos f.... la mère à l'espose, et enprès la fille qui estoit d'aage.
                            L'en dist que l'esposse ne se pot à autre marier, se ele, puis qu'el sot
                            le péchié, sofri la folie&#160;; li hom et la feme à toz jorz se
                            teingnent de marier, por le péchié, se l'en cuide que se puisse tenir de
                            fere folie.</p>
                        <p>Note que affineté nuit en espossalles&#160;; et qui f... la mère ne se
                            pot marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. A<hi rend="sc">rch</hi>. M<hi rend="sc"
                                >ald.</hi>
                            <emph>Veniens</emph><note>Idem archiepiscopo Magdeburgensi, cap.
                                9&#160;: <emph>Veniens,</emph> ibid.</note>. Un jura qu'il prandroit
                            une à <pb n="203"/>feme qui n'avoit pas douze anz. Et cum le père à
                            l'espose l'eust mise en sa meson, il fist tant qu'il f.... la seror à
                            l'espose. Et quant tens fut qu'il poet jà bien f..... l'espose, li ami
                            li prièrent qu'il se mariast o l'espose. Il lor dit ce qu'il avoit
                            fet&#160;; il ne l'en vodrent croire&#160;: il prist l'espose&#160;; et
                            quant il poet, il f..... et l'une et l'autre. Et comme il fust sor ce
                            acusez, ne no vosist reconoistre, il s'en fist confès. Le pape dit qu'il
                            en ait sa pénitence, et qu'il soit amonesté qu'il ne f.... plus ne l'une
                            ne l'autre.</p>
                        <p>Note que assemblement de mariage pot estre afermé par plévine.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. S<hi rend="sc">t</hi>. G<hi rend="sc">en.
                                ar.</hi>
                            <emph>Tue</emph><note>Idem archiepiscopo Strigonensi, cap. 10&#160;:
                                    <emph>Tuœ,</emph> Decret., lib. 4, tit. 13.</note>. Aucun f....
                            la soror sa feme&#160;; donc l'en demende s'il pot requerre sa feme que
                            ele le lest f......, ou se ele le requiert, s'il la f.....&#160;? Et
                            l'en dit que l'en doit amonester la feme qu'ele se contiegne&#160;; et
                            s'ele ne pot bien, la f.... son mari, com ele ne soit pas parçonière do
                            péchié.</p>
                        <p>Note que le fet d'un ne doit pas nuire à autre&#160;; et nul ne doit
                            perdre sa droiture sanz colpe.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Jordane</emph><note>Gregorius IX episcopo Pictaviensi, cap.
                                11&#160;: <emph>Jordanœ,</emph> ibid.</note>. Un esposa une qui
                            n'avoit pas quatorze anz&#160;; et ayant qu'ele les eust, il la
                            f....&#160;; et enprès il la lessa, et se maria à sa mère, et la f....
                            L'en dit que il se devent contenir, et s'il ne poent estre amené, li hom
                            preigne la fille, qu'il f.... avant, et en face sa pénitence.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <front>
                    <head>XIV. De cosinage et d'afinité<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                            14&#160;: de <emph>Consanguinitate et affinitate.</emph></note></head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex</hi>. III C<hi rend="sc">assin. abbati.</hi>
                            <emph>EX litteris</emph><note>Alexander III Cassiensi abbati, cap.
                                1&#160;: <emph>Ex literis</emph>, ibid.</note>. Un home enherra une
                            veve, et la f..... Et quant il la volt prandre, dui vindrent et distrent
                            que le premer mari à cele feme estoit cosin à cel home ou quatre genoil,
                            et issi ne la poet avoir, et ce jura l'un et l'autre. Por ce l'ome la
                            lessa. Enprès ce il l'esposa et furent ensemble. Enprès viendront dui
                            autres, et jurèrent que le premier mari à la feme estoient cosin en
                            quatre genoul à l'ome. Le pape mande à un abié, et li enseigne <pb
                                n="204"/>comment il doit les guaranz examiner, et li dit que à sages
                            homes doit l'en bailler causes de mariage.</p>
                        <p>Note que abé pot conoistre de cause de mariage&#160;; et aussi se doit
                            home atenir des coisines sa feme si comme des soes&#160;; et doit l'en
                            savoir et conter les degrez&#160;; et doit l'en bailler à sages cause de
                            mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb.</hi> III V<hi rend="sc">ind. ar.</hi>
                            <emph>Super eo</emph><note>Urbanus III Burdegalensi archiepiscopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Super eo,</emph> Decret., lib. 4, tit. 14.</note>. Un
                            esposa une pucele, et quant ele fut d'aage, ele requeroist que la
                            prist&#160;: et il disoit que puis que il l'esposa, qu'il avoit sa
                            cosine f..... L'en dit ci, que se ce est apert, et li vesin le dient,
                            que la feme n'en soit pas oïe.</p>
                        <p>Note que plus vaut renomée que li tesmoing d'un.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>Quod
                                dilectio</emph><note>Cælestinus III, cap. 3&#160;: <emph>Quod
                                    dilectio,</emph> ibid.</note>. Poson que un soit loign do commun
                            père ou cinq ou sept genou, et li autre ou trois ou en deux&#160;: l'en
                            demende s'il se poent marier&#160;? Et l'en dit que oïl. Li un et li
                            autre devent estre en sept genou&#160;; si que non, il devent estre
                            départi.</p>
                        <p>Note que en dépècement de mariage por parenté, l'en doit conter le genouz
                            de çà et de là. Légat pot fere indulgence.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno.</hi> III, <hi rend="sc">ar. et ca</hi>. T<hi
                                rend="sc">uron.</hi>
                            <emph>De infidelïbus</emph><note>Innocentius III archiepiscopo et
                                capitulo Tiren., cap. 4&#160;: <emph>de Infidelibus,</emph>
                                ibid.</note>. L'en demende ci se hom et feme sont mescréant, s'il se
                            convertissent à la foi, et séent joint en degré de parenté qui est
                            deffendu, s'il devent estre départi&#160;? Et l'en dit que non&#160;;
                            car verai mariage est entr'aus.</p>
                        <p>Note que mariage est entre totes genz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi> B<hi rend="sc">iasemen. ar.</hi>
                            <emph>Quod super</emph><note>Idem Rosani, archiepiscopo, cap. 5&#160;:
                                    <emph>Quod super,</emph> ibid.</note>. Li père et li fiz, li dui
                            cosin les deux cosines prenent à femes les deux cousines&#160;; li autre
                            se marient dedanz lignage. Au premier respont la pape, que tot soent li
                            cosin à l'ome afins, et non pas à la feme, por ce n'est pas parenté
                            entr'aus, et se poent itex marier&#160;; et qui se marie dedanz degré de
                            parenté doit estre puni.</p>
                        <p>Note que nule affinité n'est entre les coisins à l'ome et à la
                            feme&#160;; et ci est folle l'opinion d'aucun qui diseent que les dui
                            serors ne se poent marier&#160;; et costume ne s'escuse pas en péchiez,
                            ne ne vaut rien en mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p><pb n="205"/>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Quia</emph><note>Idem, cap. 6&#160;: <emph>Quia,</emph> Decret.,
                                lib. 4, tit. 14.</note>. Cum un chevalier se fust mariez ou une que
                            li teignoit ou cinq genou, il empétra indulgence de remanoir o lui, et
                            fist entendant que il avoit enfanz, cum il n'en eust eu que une fille
                            qui estoit morte. Donc li évesque do leu demenda que l'en en fera&#160;?
                            Et l'en li dist que bien le pot lessier ensemble.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Tua nos</emph><note>Idem, cap. 7&#160;: <emph>Tua nos,</emph>
                                ibid.</note>. L'en demende que garanz sofisent à mariage dépécier,
                            hoù il acontent les degrez d'oncle et de nevou, c'est de fiz de frère ou
                            de la seror, cum il ne sachent rien de frères, o de serors, ne de plus
                            haut&#160;? Et l'en dit que l'en requiert que l'en conte les degrez des
                            pères ou des cosins par lor propres nons, ou par le vallent de dire les
                            persones&#160;; et por ce que l'en receist en mariage garentie, doit
                            dire il n'est pas moult (<emph>moins</emph>) fort.</p>
                        <p>Note&#160;: qui velt conter les degrez, il doit commoincier de
                            l'estepe&#160;; et note que l'en doit les degrez deviser segont lor
                            ordre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. T<hi rend="sc">ercius con. ge.</hi>
                            <emph>Non debet</emph><note>Idem in Concilio generali, cap. 8&#160;:
                                    <emph>Non debet</emph>, ibid.</note>. L'en dit deus choses en ce
                            chapitre&#160;: l'en dit que la deffense de mariage (<emph>qui</emph>)
                            est en trois et an deus degrez d'afinité, et des enfanz receuz de segont
                            mariage joindre à coisins au premer seignor, est hui rapelée. Enprès dit
                            l'en que la deffense de colpe (<emph>copule</emph>) de mariage ne passe
                            pas le quart degré &#160;; et se aucun se marie ou quart degré, il ne
                            soit deffendu de la loigneté des paranz.</p>
                        <p>Note que l'en ne doit pas juiger ne reprendre se l'en diverse segont la
                            diversité des tens&#160;; et lignage et affinité s'estendent dusqu'à
                            quart degré.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">regorius</hi> IX, <hi rend="sc">ex</hi> B<hi rend="sc"
                                >rocardi.</hi>
                            <emph>Vir qui</emph><note>Gregorius IX, cap. 9&#160;: <emph>Vir,
                                    qui,</emph> ibid.</note>. L'en dit ci que se li hom est loing do
                            chief de parenté ou quart genou, d'une part, et la feme ou cinq,
                            d'autre, il se poent bien marier.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <pb n="206"/>
                <front>
                    <head>XV. Des fruiz qui ne puent assembler<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                            15, <emph>de Frigidis et maleficiatis et impotentia
                            coeundi.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>
                            <emph>Accepisti</emph><note>Ex Brocardico, cap. 1&#160;:
                                    <emph>Accepisti,</emph> ibid.</note>. Se hom et feme, puis qu'il
                            sont ensemble esté troiz anz (<emph>mois</emph>) et un enprès (<emph>an
                                près</emph>), et il dient que li hom ne la pot f...., se l'en pot ce
                            prover léaument, il devent estre départiz. Et se li hom prent autre
                            feme, qu'il soit juigé à parjure, et en face sa pénitence, et retort à
                            la première. Et se enprès an et demi, die la feme que li hom ne la conut
                            mie, et li hom die encontre, l'en en doit croire l'ome&#160;; car il est
                            chief à la feme, et por ce qu'ele se tut si longuement&#160;; car en
                            petit de tens pot savoir s'il la f.... ou non. Et s'ele dit enprès deus
                            mois&#160;: Je voil estre veue, et l'en pot prover léaument que li hom
                            ne la pot f......, il devent estre départi&#160;; et cele se marit là où
                            ele vodra.</p>
                        <p>Note que l'en ne croit mie à home et à feme s'il dient contre le mariage,
                            mès il convint provance&#160;; et do premer fet est-il parjure&#160;; et
                            qui est départi por ce qu'il est froiz, doit retorner à la
                            première&#160;; et l'en doit croire l'ome qui fet por le mariage&#160;;
                            et la feme pot bien savoir si li hom la pot f.....</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III, A<hi rend="sc">nbianem. episcop.</hi>
                            <emph>Quod sedem</emph><note>Alexander III Ambianensi episcopo, cap.
                                2&#160;: <emph>Quod sedem,</emph> ibid.</note>. Un esposa une feme,
                            qui par rumpeure avoit perdu la c....., n'onques ne la f..... Cele,
                            porce que cil est meseaus, se velt à autre marier. Et l'en dit qu'ele se
                            marit&#160;: car le premer ne valut rien à marier, ne plus que un
                            enfant, quant il ne pot f.....</p>
                        <p>Note que non poer de f..... fet empeechement en mariage, cum en
                            enfant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>
                            <emph>Ex literis</emph><note>Idem, cap. 3&#160;: <emph>Ex
                                    literis,</emph> ibid.</note>. Un se maria o une, et quant il la
                            volt f......, il ne pot&#160;; et la feme en fut si malade que trop.
                            L'en dit que s'ele a tel vice de nature, ne n'en pot aver aide par
                            médicine, se marit cil o la segonde.</p>
                        <p>Note que cil qui ne pot f..... ne se pot marier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p><pb n="207"/>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Consultacioni</emph><note>Lucius III, cap. 4&#160;:
                                    <emph>Consultationi,</emph>, Décret., lib. 4, tit. 15.</note>.
                            L'en demende se l'en se pot marier o c.. estret, o se l'en le doit
                            départir s'il est conjont&#160;? Et le pape ne respont pas à ceste
                            demende&#160;; mès il dit que si ne poent estre eues come femes, qu'il
                            séent comme serors.</p>
                        <p>Note que l'en ne se pot marier à c.. étret.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>Laudabilem</emph><note>Cælestinus
                                III, cap. 5&#160;: <emph>Laudabilem,</emph> ibid.</note>. L'en
                            demende se feme se marie à home de froide complexion, combien l'en doit
                            atendre cele froidure&#160;? Et l'en dit que tot séent divers li tens
                            segont les lois et les canons, segont la loi devent estre ensemble trois
                            anz. Et se lors ne le pot l'en savoir, et cil ne l'a f..... entretant,
                            ele pregne un autre&#160;; et s'il se marie ou autre, si soit départiz.
                            Et si dient endui que il ne s'entre-poent f....., il le devent afermer
                            par la main de sept jurez&#160;; et issi la feme se porra marier&#160;;
                            et se cil se marie à autre, face sa pénitence de parjure, et s'en
                            reviegnent arrière.</p>
                        <p>Note que naturel froidure pot estre provée dedanz trois anz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno</hi>. A<hi rend="sc">utisid. e.</hi>
                            <emph>Fraternitatis</emph><note>Innocentius III Altissiodorensi
                                episcopo, cap. 6&#160;: <emph>Fraternitatis,</emph>, ibid.</note>.
                            Un hom fut départi de sa feme, qu'il ne la poet f......, et puis qu'il
                            fut prové qu'ele ne poet estre feme, si cum cele qui n'avoit point de
                            c... La feme voa chastée, et promist à entrer en religion. Et donna l'en
                            congié au mari de prendre autre. Enprès ce la feme trova que son pertuis
                            li ovri, et se maria à un qui avoit nom Guillerme&#160;; et pria l'en le
                            pape qu'il remainsit o cele. Le pape dit qu'il ne set pas se ele voa
                            simplement ou solempnéement, ne comment ele fut percié, ou par
                            fisiciens, ou par hureiz de v..&#160;; dont il apert que ce vice ne fut
                            pas perdurable empeechement qui pot estre ostez sans péril de cors. Et
                            por ce dit-il que la sentence fut donée nicement, et dit que mariage est
                            entre la première et G., et o la segonde, non. Dont il les départi, et
                            commende qu'il retort à la premère, s'ele n'entre en religion, ou s'ele
                            ne voe chastée. Et issi entent l'en que ele ne feist fornicacion o le
                            segont, puisqu'ele voa continence, cum l'en la poit metre arrière por la
                            fornicacion. Et s'ele voa chastée simplement, et puis prist le segont,
                            l'en dota de lui, et par l'ome estoit-ele <pb n="208"/>rendue convenable
                            à home, por ce ne dut l'en pas cuidier qu'ele eust fet fornicacion o
                            lui.</p>
                        <p>Note que provance de cors par droit est aprovée&#160;; et l'en dit que ce
                            qui est sanz preu n'est pas&#160;; et sentence donné par error provable
                            pot estre rapelée&#160;; et issi pot yglise chasteer sa folie&#160;; et
                            il a différence entre vou simple et sollempné&#160;; et l'en ne se pot
                            marier o feme qui a c.. atroit.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> H<hi rend="sc">onorius</hi> III. <emph>Litere</emph><note>Honorius III,
                                cap. 7&#160;: <emph>Literœs</emph>, Decret., lib. 4, tit.
                            15.</note>. Une feme requéroit estre départie, devant juiges délégaz, de
                            son mari&#160;: car cum ele eust esté o lui huit anz, il ne la poet
                            f......, tot s'abendonast la feme à lui à sa volenté. Li homdisoit que,
                            tot ne la poist-il f....., il f...... bien autres. Li juige, qui orent
                            peor que il ne le feissent par conchiement, firent la feme esgarder à
                            prodes femes par devers le c.., qui distrent qu'ele estoit virge. Et cum
                            li juige ne poissent savoir s'il poent f..... li un o l'autre, et la
                            feme requist estre départie, il requistrent le pape quil
                                (<emph>qui</emph>) mande&#160;: que se li hom et la feme ont hinté
                            trois anz ensemble, et ont juré que l'un ne pot f..... l'autre, qu'il
                            soent départi.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <front>
                    <head>XVI. De mariage fet encontre l'entredit d'yglise<note>Decret. Greg. IX,
                            lib. 4, tit. 16, <emph>de Matrimonio contracto contra interdictum
                                Ecclesiœ.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lexander</hi> III, P<hi rend="sc">ad. episcopo</hi> XXV.
                                <emph>Litere</emph><note>Alexander III Paduano episcopo, cap.
                                1&#160;: <emph>Literœ</emph>, ibid.</note>. Cum une feme fust
                            esposée à un autre par présent, quant il fut mort, ele prist son
                            frère&#160;; et cum li évesques li défendit qu'il ne se mariast ne à
                            celi ne autre, ele se maria au tierz, et se fist f.....&#160;; et cum li
                            évesque li eust commendé à aler chés sa mère, ele apela. Le pape mende
                            qu'ele auge chiés sa mère, si comme li évesques commenda, et quant ele i
                            aura esté un mois, qu'ele retort au tierz mari.</p>
                        <p>Note que aucun se pot lier d'autrui fet&#160;; et la cause est renviée à
                            celi don l'en apele&#160;; et prélat ne doit pas soffrir que ce qu'il
                            commende ne soit fet&#160;; et mariage fet contre la deffense sainte
                            iglise tient.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="209"/>I<hi rend="sc">dem</hi>. B<hi rend="sc">atenen.
                                episcopo.</hi>
                            <emph>EX literis</emph><note>Alexander III Vigoriensi et Baron.
                                episcopis, cap. 3&#160;: <emph>Ex literis</emph>, Decret., lib. 4,
                                tit. 16.</note>Cum R. eust esposé une en la main son père, et enprès
                            se vosist allors marier, li arcevesque de Conturbere le li
                            défendi&#160;; et sor se cil prist une autre. Et cum cil R. et l'autre
                            feme eussent reconeu que il s'estoit marié avant, et enprès prist une
                            autre par folie, et li mari deist que il l'avoit esposée, quant li
                            arcevesques volt aler avant en la cause, le marié apela. Et li
                            arcevesque li deffendi qu'ele ne se mariast dusque la cause fust
                            terminée&#160;; cele se maria enprès sa deffense. Le pape mende que si
                            vot que il ait fience entr'aus, que le segont mariage tienge, et que cil
                            R. face sa pénitence por ce qu'il se maria contre la deffense sainte
                            yglise.</p>
                        <p>Note que l'en ne croist pas à qui reconoist par soi por mariage&#160;; et
                            défense d'iglise n'est pas cause sofisant à départir mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>De Muliere</emph><note>Idem Paduano episcopo, cap. 3&#160;:
                                    <emph>de Muliere,</emph> ibid.</note>. L'en dit que se sopcenos
                            de parenté se marient contre défense d'iglise, il devent estre départi
                            dusque l'en l'ait seu.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head>XVII. Qui sunt leax fez<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 17&#160;:
                                <emph>Qui filit sint legitimi.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex.</hi> III. <emph>Conquestus</emph><note>Alexander
                                III, cap. I&#160;: <emph>Conquestus</emph>, ibid.</note>. Un ot
                            enfanz de sa meschine&#160;; il la prist à feme. Quant il fut morz, li
                            coisin voloient tolir as enfanz l'éritage au père, comme as
                            bâtarz&#160;: et l'en deffent qu'il ne le facent.</p>
                        <p>Note que enfanz sont amoilleré par le mariage fet enprès&#160;; et pape
                            se pot entremetre d'éritage por reson de péchié.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Cum inter</emph><note>Idem, cap. 2&#160;: <emph>Cum inter,</emph>
                                ibid.</note>. Un se maria à une, et prist à bénoiçon&#160;; enprès
                            parenté fut prové entr'aus, et furent départi&#160;: l'en demende qu'en
                            dit droit des fiz engendrez avant le département&#160;? L'en dit qu'il
                            devent estre mollerez, et avoir l'éritage.</p>
                        <p>Note que tens do concevement doit estre noté por le preu as enfanz&#160;;
                            et l'en croit plus ce qu'est en cuidence que ce qu'est en vérité. Et
                            note <pb n="210"/>que li enfant que yglise tient amollerez, que li père
                            les devent norrir, et devent estre lor heir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Transmisse</emph><note>Alexander III Rothomagensi archiepiscopo,
                                cap. 3 &#160;: <emph>Transmissœ,</emph> Decret, lib. 4, tit.
                                17.</note>. Un qui avoit sa meschine, se maria, et norri un enfant
                            que l'en cuidet qui fut lor fiz&#160;; et il le niéent, et disoent qu'il
                            le norrisoent por Dé. Et cum li autre enfant le vosissent metre hors de
                            l'éritage, le pape dit que l'en en doit croire l'ome et la feme, si l'en
                            ne pot prover qu'il ne soit lor fiz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem, exonen. abbati</hi> H<hi rend="sc">erefeidenen.</hi>
                            <emph>Sator</emph><note>Idem Exoniensi episcopo et abbati Herfordensi,
                                cap. 5 &#160;: <emph>Lator,</emph> ibid.</note>. Cum N. eust tret H.
                            son oncle en cause por sa partie de l'éritage, cil H. dist que le père
                            N. n'avoit pas esté nez de mariage&#160;; et cum il eussent plédié
                            devant l'évêque, cil H. apela à la pape, et n'i vint, ne n'i envoia. Le
                            pape mende à un juige qu'il oe la cause de la nessance N. dedanz deus
                            mois&#160;; et se cil H. ne prove ce qu'il dit, qu'il mende au juige
                            devant qui la cause estoit, qu'il défine le plet.</p>
                        <p>Note que certain terme pot estre mis à cez qui plèdeent, dedenz que s'il
                            ne provent lor intencion, il ne seront pas oïz. Et note qu'il appartient
                            premièrement au juige estrange conoistre de la cause de la nessance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem. episcop</hi>. E<hi rend="sc">xonen.</hi>
                            <emph>Tanta</emph><note>Idem Exon. episcopo, cap. 6&#160;:
                                    <emph>Tanta,</emph> ibid.</note>. Se le fornicator se marie o la
                            damoisele dont il a eu enfanz, li enfant sont molleré par le mariage qui
                            vint enprès.</p>
                        <p>Note que fiz engendré en avotire ne pot estre molleré&#160;; et ce que
                            droit damne ne pot estre amendé d'iqui en avant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. L<hi rend="sc">ud. et</hi> W<hi rend="sc">ill.
                                episcop.</hi>
                            <emph>Tamen</emph><note>Idem London. et Vigorien. episcopis, cap.
                                7&#160;: <emph>Causam</emph>, ibid.</note>Le pape manda à un juiges
                            que il feissent seisir R. de ses teneures, que sis aos avoit quant il se
                            mist à la voie d'aler otre-mer. Et por ce que li rois estoit irez que le
                            pape s'entremestoit de cause de possession, mande le pape qu'il lesse la
                            cause de possession au roi&#160;; à cui il apartient à juigier de la
                            nativeté à la mère.</p>
                        <p>Note que la juridicion le pape et des princes est devisée. Et note que
                            l'en pot quenoistre de l'estat d'aucun enprès ce qu'il est mort.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p><pb n="211"/>I<hi rend="sc">dem. ep. et arch</hi>. V<hi rend="sc"
                                >incenen.</hi>
                            <emph>Relatum</emph><note>Idem episcopo et archidiacono Vincentino, cap.
                                8&#160;: <emph>Perlatum</emph>, Decret, lib. 4, tit 17.</note>. Plet
                            estoit entre un de parenté&#160;; le mari ala hors do païs&#160;; la
                            feme ala devant l'évesque, et requist estre départie, que ele ne le poet
                            plus atendre. Li évesques manda as parenz à la feme qu'il l'enveessent
                            quérir&#160;; et quant il ne vint, tot fust-il atendu longuement, li
                            évesques les départi, et li dona congié de soi marier à autre. Ele se
                            maria, et ot enfanz, que aucun disoent qu'il estoent bastart. Le pape
                            disoit qu'il sont mollerez, et qu'il devent estre receuz à
                            l'éritage.</p>
                        <p>Note que se par autorité de iglise sunt aucun départi, lor enfanz sont
                            mollerez. Note que en cause de mariage doit l'en et pot l'en tesmoinz
                            recevoir, et sentence doner, tot ne soit le plet entammé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi>, E<hi rend="sc">bor. ar.</hi>
                            <emph>Referente</emph><note>Cælestinus III Eboracensi archiepiscopo,
                                cap. 10&#160;: <emph>Referente</emph>, ibid.</note>. Se aucun se
                            marie o la cosine sa feme, le mariage est nul, et doit estre
                            départi&#160;; ne li enfant ne devent pas estre receu à l'éritage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Pervenit</emph><note>Idem, cap. 11&#160;: <emph>Pervenit</emph>,
                                ibid.</note>. Une feme disoit que entre son père et sa mère avoit eu
                            léau mariage, et furent en bel estat dusque à la mort&#160;; lor mariage
                            fut acusé enprès la mort&#160;: et qu'ele doit estre heir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno</hi>. III. <emph>Per tuas</emph><note>Innocentius III,
                                cap. 12&#160;: <emph>Per tuas</emph>, ibid.</note>. Un ot un fiz
                            d'une qu'il tenoit si comme sa damoisele&#160;; il la lessa, et prist
                            une autre, dont il ot enfanz&#160;; et reconu qu'il avoit la premère
                            feme&#160;; et quant il se mori, il apela celui enfant son heir. Et
                            comme contanz fut entr'aus de la léauté à celi enfant, la pape dit que
                            l'en en doit croire l'ome et la feme. Et com cil fiz prove que sis pères
                            avoit sa mère espossée, li officiau do leu le juiga à léau. Et cum la
                            cause envoié au pape, il dit que, de ce que sis pères se maria o
                            l'autre, mariage ne fu pas entre lui et la premère feme&#160;; et por ce
                            que l'espossalle fut provée par garenz, il furent overz léaument&#160;;
                            tot furent les esposalles de présent ou de futur, le pape loe la
                            sentence, et commende qu'el soit gardée.</p>
                        <p>Note que aucun est prové fiz par le nomemant do père. Et note une
                            merveille, que aucun pot dire&#160;: Ge sui fiz celui&#160;; et la règle
                            dit que plus <pb n="212"/>vaut ce qu'est en vérité que ce que est en
                            opinion&#160;; et se emprès esposalles f... aucun la feme, le mariage
                            est achevez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem nobili viro</hi> M<hi rend="sc">ontispessu.</hi>
                            <emph>Per venerabilem</emph><note>Innocentais III, nobili viro Gu.
                                Montis Pessulani, cap. 13&#160;: <emph>Per venerabilem</emph>,
                                Decret, lib. 4, tit. 17.</note>. Li sires de Montpallier requéroit
                            le pape qu'il li aléautast ses fiz por estre ses heirs, et provoit à la
                            pape qu'il le poet fere&#160;: car il aléautet cez qui estoient nez
                            d'avotire et de parenté, qui séent clers&#160;; plus tost pot-il fere
                            qu'il séent receu à causes séculères, et mesmement de cez qui sont soz
                            li. Et ce li prove par l'essemple au roi de France, à qui le pape
                            aléauta ses fiz, qu'il avoit eu de la segonde feme au vivent à l'autre.
                            Enprès dit le pape que ce n'est pas senz cause&#160;: car li rois fut
                            départiz de la première par juigement d'iglise, et avant qu'il se
                            mariast o la segonde, et avant que l'en li deffendist&#160;; et disoit
                            qu'il avoit parenté entre lui et la premère, et ce prova par garenz, et
                            por ce fust départi&#160;; et com le plet fut comenciez do premer
                            mariage, li enfant qu'il avoit eu de la segonde devent estre molleré, se
                            la premère estoit sa cosine. Et cum li rois n'eust pas plus haut de soi
                            en tenporés choses, l'en l'a fet en espérités&#160;; et autant de poer a
                            un pape comme ot saint Père.</p>
                        <p>Note que trois menières de causes sunt&#160;: criminel, espéritel, et
                            citéenne &#160;; et la quarte est meslée, si comme cause de mariage et
                            patronage. Et note quel poine ont cil qui sont nez en avotire, qu'il ne
                            poent estre ordenez, ne avoir héritage, ne les pères ne les devent pas
                            norrir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. H. <hi rend="sc">et</hi> R. <hi rend="sc"
                                >can</hi>. B<hi rend="sc">enenonen.</hi>
                            <emph>Ex tenore</emph><note>Idem H. et R. canonicis Beneventanis, cap.
                                14&#160;: <emph>Ex tenore</emph>, ibid.</note>. Une demendoit
                            l'éritage son mari par la reson de un enfant qu'ele avoit eu de lui.
                            L'en disoit contre lui que son mari avoit esté nez en mariage, car sis
                            pères l'avoit eu de la seconde feme, au vivent de la première. Encontre
                            disoit l'en que la segonde ne savoit rien que cil eust autre. Le pape
                            dist qu'il doit estre léaus.</p>
                        <p>Note que feme est heir à son mari en héritage&#160;; et feme qui plèdee
                            est receue por ses enfans&#160;; et cil ne sont pas avotre qui ne
                            nessent pas de avotre conscience&#160;; et mariage est juigé à léau por
                            l'amor des enfanz, qui autrement seréent desléaus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p><pb n="213"/>I<hi rend="sc">dem</hi> T<hi rend="sc">iberensi
                                episcop.</hi>
                            <emph>Gaudemus</emph><note>Idem episcopo Tibur., cap. 15&#160;:
                                    <emph>Gaudemus</emph>, Decret., lib. 4, tit. 17.</note>. Enfanz
                            nez de mescréanz en mariage joint en trois ou en deux genou, enprès ce
                            qu'il sont converti, por le preu de l'iglise, devent estre tenu por
                            franchi et por léaus.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head>XVIII. Qui puent acusser mariage<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit.
                            18&#160;: <emph>Qui matrimonium accusare possunt, vel contra illud
                                testificari.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex</hi>. III. <hi rend="sc">nomina. cen. e.</hi>
                            <emph>Relatum</emph><note>Alexander III Parisiensi episcopo, cap.
                                1&#160;: <emph>Relatum,</emph> ibid.</note>. Un hom por peor
                            d'omicide qu'il avoit fet en une cité, s'enfoï. Enprès vindrent uns qui
                            acusoent le mariage, et disoient que le père à la feme estoit père au
                            mari, et por ce ne la poet avoir. L'en dit ci que se cil mari furent
                            ensenble aucune foiz, se li acuseor sont léal, l'en face quérir le
                            bacheler&#160;; et se l'en ne pot trover, li afferes soit terminez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>A nobis</emph><note>Clemens III,
                                cap. 2&#160;: <emph>A nobis</emph>, ibid.</note>. L'en demende ci se
                            l'en pot doner sentence en cause de mariage, se li garant ne dient rien
                            de parole, mès s'il estaient (<emph>escrivent</emph>) lor tesmoing par
                            cherité&#160;? L'en dit que non.</p>
                        <p>Note que nus ne pot estre acusez par letres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus, papa.</hi>
                            <emph>Videtur</emph><note>Idem papa Florentino episcopo, cap. 3&#160;:
                                    <emph>Videtur</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci que, en joindre
                            mariage, les tesmoinz as parenz devent estre plus tost receu que autres
                            &#160;: car il en sevent plus la vérité.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Insuper</emph><note>Idem, cap. 4&#160;: <emph>Insuper</emph>,
                                ibid.</note>. Un se maria o une pucele qui n'estoit pas bone à
                            marier&#160;; et quant ele fut d'aage, enprès quatre anz ou cinq, ele
                            dist, contre le mariage, que ele se maria contre sa volenté. Et l'en dit
                            ci que por ce qu'el sofri que cil la f.... une foiz, ele se fist
                            tort.</p>
                        <p>Note que f..... nuist à celui qui pot réclamer et contredire, et ne le
                            fet&#160;; et par fermeté est confermé ce que ne valut pas au
                            commencement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno</hi>. III, <hi rend="sc">arc preposito et priori</hi>
                                S<hi rend="sc">ancte</hi> M.
                                <emph>Significante</emph><note>Innocentius III archiepiscopo,
                                præposito et priori Sanctæ Mariæ de Alban. Genuen., cap. 5&#160;:
                                    <emph>Insuper,</emph> ibid.</note>. Un se maria&#160;; enprès la
                            mère acusa le mariage sa fille, por avoir en aucun <pb n="214"
                            />denier&#160;: et l'en demendoit, tot ne valut rien son acusement, que
                            la pape en dit&#160;? Le pape mende, que s'il est issi, qu'el ne soit
                            pas oïe&#160;: car ele ne bée que à nuire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>
                            <emph>Cum in tua</emph><note>Innocentius III archiepiscopo, præposito et
                                priori Sanctæ Mariæ de Alban. Genuen., cap. 6&#160;: <emph>Cum in
                                    tua</emph>, Decret., lib. 4, tit. 18.</note>. Aucun volt un
                            mariage acuser, qui au tens qu'il fut banni en iglise n'i mist point de
                            contredit. L'en dit ci qu'il le pot bien fere, s'il n'i fut pas quant il
                            fut benni, ou s'il fut malade, ou s'il fut en enfance, ou empêchié
                            d'autre cause&#160;; ne n'est pas oïz à acuser, s'il ne jure que l'en li
                            a dit ce qu'il met sus, et que par malice ne le fet&#160;; ne il n'est
                            pas por ce osté d'acuser, s'il l'a apris d'autre.</p>
                        <p>Note que maladie est provable en cause d'ignorance&#160;; et aucun pot
                            acuser ce qu'il oï en s'enfance&#160;; et allégament d'ignorance n'a
                            mester en ce que l'en fet apertement&#160;; et aucun est receu à fere
                            aucune chose où son auctor ne seroit pas receu.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_19">
                <front>
                    <head>XIX. De désevremanz<note>Decret Greg. IX, lib. 4, tit. 19, <emph>de
                                Divortiis.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> E<hi rend="sc">x conc. ap</hi>. W<hi rend="sc">armation.</hi>
                            <emph>Si mulier</emph><note>Ex concilio apud Wormatiam, cap. 1&#160;:
                                    <emph>Si quœ mulier</emph>, ibid.</note>. Se aucune feme a
                            porchacée la mort son mari, einssi qu'il le sache, et il ocist aucun de
                            cez qui le guiètent, en soi deffendant, il la pot lessier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lex</hi>. III. <emph>Quesivit</emph><note>Alexander III,
                                cap. 2&#160;: <emph>Quœsivit</emph>, ibid.</note>. Un larron volt sa
                            feme forcier qu'ele soit larronesse&#160;: l'en demende se l'en pot por
                            ce départir le mariage&#160;? L'en dit que oïl&#160;; mès il remaindront
                            tozjorz mariz&#160;; et ausint est se la feme velt trère à aucun mal
                            fere son mari.</p>
                        <p>Note que por fornicacion espéritel pot l'un des mariz lessier
                            l'autre&#160;; et tot soent départiz hom et feme por fornicacion, il
                            remainent mariez&#160;; ne le lien do mariage ne pot estre effaciez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. A<hi rend="sc">bienen. episcopo.</hi>
                            <emph>Porro</emph><note>Idem, Ambianen. a. episcopo, cap. 3,
                                    <emph>Porro</emph>, ibid.</note>. Un par s'autorité lessa sa
                            feme, por ce que ele estoit cosine sa feme, qui à tort avoit esté
                            morte&#160;: l'en dit qu'il la doit recevoir&#160;; car il ne la dut pas
                            lessier par s'autorité, sanz <pb n="215"/>juigement d'iglise&#160;; el
                            s'il n'i vent avant qu'il volle acuser le mariage, bien soent oï. Enprès
                            dit ci que un avoit pris sa cosine à feme &#160;: l'en commande qu'il
                            soit départiz, tot ne soit-il acusez de nul.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Significasti</emph><note>Alexander III, cap. 4&#160;:
                                    <emph>Significasti</emph>, Decret., lib. 4, tit 19.</note>. Un
                            por avotire, par s'autorité, lessa sa feme&#160;; et come ele soit en
                            avotire, ele requiert son mari par deus resons&#160;: por ce qu'il a
                            esté acheson de mariage, et por ce qu'il l'avoit lessée par s'autorité.
                            Et l'en dit que li hom la repreigne, s'il ne est avotre.</p>
                        <p>Note que feme qui n'a son seignor et qui le demende, ne pot estre oïe,
                            s'ele a fet avotire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Ex litteris</emph><note>Idem, cap. 5&#160;: <emph>Ex
                                    literis</emph>, ibid.</note>. Un évesque réconcilia sovent un
                            bacheler, qui avoit nom Guillerme, à sa feme&#160;; enprès il l'acussa
                            de fornicacion, et ele reconut qu'ele l'avoit fet par povreté&#160;; et
                            issi li évesque li enjoint continence. Li évesque oï dire qu'il se
                            voloit marier à une autre&#160;: il le li deffendi, et cil ne le lessa
                            pas. L'en commende qu'il pregne la première, et face sa pénitence.</p>
                        <p>Note que le évesque et ses chanoines devent oïr les causes, et terminer.
                            Note que qui reconoist aucune chose en droit est vencu&#160;; et feme
                            qui pèche par povreté n'est pas acusée (<emph>excusée</emph>).</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb</hi>. F<hi rend="sc">loriacen. episcopo.</hi>
                            <emph>De illâ</emph><note>Urbanus III Florentino episcopo, cap. 6&#160;:
                                    <emph>De illa</emph>, ibid.</note>. Se li hom chiet en bogrerie,
                            la feme bone crestiene le lesse. Et l'en dit que, s'il sont endui
                            départi par jugement d'iglise, l'en ne doit pas forcier de retorner à
                            celi mari&#160;; et s'ele s'en vet par s'autorité, por fere ennui à
                            l'ome, l'en la doit forcier de retorner à lui.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">nno</hi>. S<hi rend="sc">enen</hi>. E<hi rend="sc"
                                >piscop.</hi>
                            <emph>Querito</emph><note>Innocentais III Ferrariensi episcopo, cap.
                                7&#160;: <emph>Quanto</emph>, ibid.</note>. L'en demende se l'un des
                            mariz chiet en bogrerie, se l'un, au vivent de l'autre, se pot marier o
                            autre &#160;? Et le pape devise, et dit que, si l'un des bogres retorne
                            à la foi, et l'un ne velt habiter o l'autre, o velt sanz le despit
                            Nostre Seignor, bien se porra marier par le congié d'iglise&#160;; et
                            issint entent l'en le dist l'Apostre&#160;: Se le bogre s'en vet, auge.
                            Et se li autres chiet en bogrerie, cil qui remaindra en la foi ne se pot
                            marier, tot soit ci plus grant le despit au Créator. Car tot soit verai
                            le mariage qui est entre bogres, il n'est mie quant à <pb n="216"
                            />crestiens&#160;; car issi le créant auroit domage sanz sa colpe, et ce
                            avient sovant. Por ce avient que l'on vet contre la malice de plusors,
                            que s'il savoent que bogrerie poit dépécier mariage, il feindréent
                            sovent bogrerie por départir de lor femes. Et si est solue la demende,
                            dont l'en demende se cil qui remaint en la foi, est forciez de retorner
                            à celi qui retorne à la foi.</p>
                        <p>Note trois cas où mariage de mescréanz est dépeciez par droit&#160;; et
                            la rigle dit que aucun pert aucune foiz son droit sanz sa colpe.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. T<hi rend="sc">ibiacen. episcopo.</hi>
                            <emph>Gaudemus</emph><note>Innocentius III Tiberiadensi episcopo, cap.
                                8&#160;: <emph>Gaudemus</emph>, Decret., lib. 4, tit. 19.</note>.
                            L'en demende premièrement se mescréanz convertiz sont en segont degré de
                            parenté marié, se l'en les i doit soffrir&#160;? Et l'en dit que oïl,
                            cum mariage soit entre toz&#160;; et ce prove l'Apostre. Car s'il
                            estoient por ce départi, tost porroent retorner à l'enciene folie&#160;;
                            donc il poent bien issi remanoir. Enprès demende l'en se Sarrazin, qui a
                            plusors femes, se convertist, laquelle il retendra&#160;? Et il est
                            chose veue que totes&#160;: cum li patriarche, segont la vieille loi,
                            eussent plusors femes&#160;; cum li païen ne soient pas à nos
                            establissemenz. Enprès il dit encontre que hom se tendra à sa feme, et
                            non pas à ses femes&#160;; Lamehe por ce qu'il fut repris&#160;; et dit
                            ci que l'en doit ce tenir, que il ne lut unques à nului avoir plusors
                            femes, se otroi ne fut à aucun par devine volenté. Enprès dit ci que se
                            païen refuse sa feme segont sa costume, s'il se convertist, et cele
                            vive, il ne porra avoir autre, (<emph>fors</emph>) en trois cas&#160;;
                            enquels, se la feme malement dessésie, et dement se sésine, ele l'ara.
                            Et se la feme sit son mari converti à nostre foi, et ele demende avant
                            qu'il se marie, por les causes devant estres dites, est forciez à
                            prendre la. Ne avant ne porra pas metre li sus fornicacion, por ce se
                            ele se maria à autre, se ele n'a fet à autre fornicacion aillors.</p>
                        <p>Note que mariage est entre totes genz&#160;; et li païen ne sont pas soz
                            noz rigles&#160;; et par baptesme sont péchiez ostez, et non pas
                            mariage&#160;; et vérité vaut plus que fauseté&#160;; et qui emble, et
                            ment, et f..., s'il le fet, il pèche. Et note un cas où cil qui est à
                            tort dessési est ressési.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem</hi>. L<hi rend="sc">inonen. episcopo.</hi>
                            <emph>Is qui</emph><note>Idem Livoniensi episcopo et eis qui cum ipso
                                sunt fratribus, cap. 9&#160;: <emph>Deus, qui</emph>, ibid.</note>.
                            Unes genz avoient acostumé, <pb n="217"/>avant qu'il se convertissent,
                            prendre en mariage les femes lor frères. Li un ne se voloient convertir
                            por eles retenir&#160;; et la pape lor otroie por la noviauté de la foi.
                            Mès quant il seront afermé, qu'il ne le facent&#160;; et tot ce lor
                            otroie l'en ou segont degré ou en l'autre.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_20">
                <front>
                    <head>XX. De doere restablir après désevrement<note>Decret. Greg. IX, lib. 4,
                            tit. 20&#160;: <emph>de Donationibus inter virum et uxorem, et de dote
                                post divortium restituenda.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> E<hi rend="sc">x. con</hi>. W<hi rend="sc">armiacen.</hi>
                            <emph>Mulieres</emph><note>Ex concilie habito apud Wormatiam, cap.
                                1&#160;: <emph>Mulieres</emph>, ibid.</note>. L'en dit que se feme
                            est départie de son mari sanz sa colpe, ele doit avoir son doere.</p>
                        <p>Note&#160;: se mariage est rapelé, et le doaire, et quantque est doné par
                            mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb</hi>. III, <hi rend="sc">decano et ca. lexonen.</hi>
                            <emph>Significavit</emph><note>Urbanus III decano, cantori et capitulo
                                Lexon., cap. 2.&#160;: <emph>Significavit</emph>, ibid.</note>.
                            Quant lignage est prové, et le mariage est départi, li hom ne velt
                            rendre à la feme son doaire, ne rien qu'il éent conquis ensemble&#160;:
                            le pape mende que l'en rende à la feme son doaire et la moité de ce
                            qu'il ont conquis.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus</hi> III. <emph>De prudentia</emph><note>Clemens
                                III, cap. 3&#160;: <emph>de Prudentia</emph>, ibid.</note>. Cause de
                            mariage fut baillée à un juige qui a doné sentence, n'onques ne parla de
                            doaire&#160;: l'en demende qu'en dit droit&#160;? Et l'en dit que cil
                            qui dona sentence de département dut conoistre do doaire&#160;; donc
                            l'en commende que le mari soit forciez par escommeniement rendre le
                            doaire.</p>
                        <p>Note que quant cause de mariage est, cause de doere i est ballie&#160;;
                            et qui a le principan, si a l'apertenant&#160;; et se le mariage est
                            départi par droite cause, la feme doit avoir son doere.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> C<hi rend="sc">elsus.</hi>
                            <emph>Plerumque</emph><note>Clemens III, cap. 4&#160;:
                                    <emph>Plerumque</emph>, ibid</note>. Se par fornicacion ou par
                            sa volenté se départ de son mari, et fame enprès ne soit pas recordée,
                            et li hom more, l'en demende se ele pot son doere demender à coisins à
                            l'ome&#160;? Et l'en dit que non.</p>
                        <p>Note que se feme fait fornicacion, ne ne se racorde pas à son mari, ele
                            pert son doere&#160;; et d'iqui puet l'en prendre une rigle, que l'un
                            gaagne en la folie à l'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p><pb n="218"/>I<hi rend="sc">nno.</hi> III. <emph>Et si
                                necesse</emph><note>Innocentius III Compostel. archiepiscopo, et
                                universis episcopis in regno Legionensi constitutis, cap. 5&#160;:
                                    <emph>Et si necesse, Decret. lib. 4, tit. 20.</emph></note>. Uns
                            rois prist la fille au roi de Castele à feme, et li dona chastiaus en
                            doaire, par tel convent que, si trovoist vers lui nule acheson porquoi
                            il la lessât, li chastiau li remendrent. Et cum il fust aperessent qu'il
                            estoient cosin, ne la voloit lessier, qu'il ne perdist les châtiaus. Le
                            pape dit, que cum il n'et pas mariage entr'aus, qu'il let au roi ses
                            chastiaus.</p>
                        <p>Note que là où mariage ne pot estre&#160;; ne doaire&#160;; et la reigle
                            dit&#160;: Ce qu'est doné sanz cause, pot l'en redemender.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Nuper</emph><note>Idem archidiac. S. Andreæ in Scotia, cap.
                                6&#160;: <emph>Nuper</emph>, ibid.</note>. Se l'en otroie à aucun
                            tenir aucune chose à sa vie, s'il otroie icele chose ou partie à aucune
                            en doaire, l'en demende, quant li hom sera mort, se la feme le pot
                            retenir&#160;? Et encore demende l'en se l'en done aucune chose à aucun,
                            et à son heir que l'en a de sa prode feme, de l'aport d'icele chose qui
                            est donée en doaire de son seignor, s'il mort sanz heir, se la feme le
                            pot demender, ou s'il doit retorner à celi qui primes le dona au
                            premier&#160;? A ce respont l'en que cil ne pot doner outre sa vie ce
                            qu'il n'avoit que à sa vie. Au segont dit l'en que la feme, enprès la
                            mort au mari, ne pot ce retenir, se cil ne l'otroie qui fit avant le
                            don.</p>
                        <p>Note que yglise doit deffendre cause de veve et de povres persones&#160;;
                            et la règle dit que nus ne pot plus doner à autre que il n'a&#160;; et
                            nos ne devon pas deffendre cause à tort.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem. arch. et ar</hi>. J<hi rend="sc">anen.</hi>
                            <emph>Per tuas</emph><note>Idem archiepiscopo et archidiac. Genuen.,
                                cap. 7&#160;: <emph>Per vestras</emph>, ibid.</note>. L'en dit
                            contre un home qui redemendoit le doere sa feme, que il avoit chacée de
                            soi, et qu'il avoit la vérité teue quant il empétra les letres, que l'en
                            avoit juigé que por ce que il apovrissoit, il ne li poeist fere doaire.
                            Quant ce fut prové, li juige li commendèrent qu'il reprist sa feme, et
                            que li doaire fust mis en autre main, dusque le plége fust donez. Le
                            pape dit que bien pot l'en baller à l'ome un po de doaire, à qui l'en
                            balle le cors à la feme &#160;; donc il mande que l'en li aseigne
                            doaire, en donant aucune plévine, ou qu'il soit ballié à aucun marcheant
                            qui l'esplète, que cil en puisse <pb n="219"/>sostenir le fès do
                            mariage&#160;; car poor seroit, se le doaire estoit retenu, que li un et
                            li autre encore péril de fornicacion.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> G<hi rend="sc">regorius nonus.</hi>
                            <emph>Donatio</emph><note>Gregorius IX, cap. 8&#160;:
                                    <emph>Donatio</emph>, Decret, lib. 4, tit. 20.</note>. Ceste
                            décrétale est devisée en deus parties&#160;: primes dit l'en que, se don
                            est fet entre home et feme en mariage, et li un en soit plus povre, le
                            don ne vaut rien. Enprès dit l'en que quant le mariage est départi, les
                            doaires retornent arières, se costume ne vet encontre, ou
                            convenance.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_21">
                <front>
                    <head>XXI. De doere et de la poeste.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Cause de doaire est perdurable à la persone de la feme, et à ses heirs
                            qui istront de celui mariage. Il apartient au juige que les femes aient
                            lor doaire sauf, par maintes resons&#160;: por ce qu'ele est de povre
                            porvéance de sa vie&#160;; l'autre si est, por ce qu'ele est sevre au
                            seignor, et por ce qu'ele a dolor d'enfantement plus que sire n'a.</p>
                        <p>Non de doere n'est pas raportez à mariage que ne puet estre fet&#160;;
                            car doere ne puet estre fet sanz mariage, et là où il n'i a point de
                            mariage, il n'i a point de doere. L'en ne puet plus doner au doere que
                            la costume done, mès l'en puet bien plus apeticier que la costume ne
                            done. Se aucuns prent sa première feme, il la puet doer de la moitié de
                            toz ses biens&#160;; et la segonde ausint, sauf le premier doere&#160;;
                            et la tierce ausint, sauf le doere à la segonde&#160;; et toz les autres
                            en consiguance. Et dit que se feme est départie de son mari sanz sa
                            colpe, ele doit avoir son doere. Enprès l'en dit que se mariages n'est
                            célébrez par la bénoïçon, et il n'avient en charnel compoignie ensemble,
                            et est enprès dépéciez, ci n'a point de doere. Quant lignages est
                            provez, et li mariages est départiz, l'en doit rendre à la feme son
                            doere, et la moitié des conquez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi> Une feme a son doere dou don de son premier
                            seignor, et prant le segont seignor. Li segonz sire baille le doere à
                            gaagnier à trois anz à un laboreor, et li preste dix livres por le fere
                            valoir. Dedanz les trois anz, la feme muert, et eschiet li doeres, et
                            demende li sires ses dix livres, et li heir et li laborreres en vienent
                            encontre, et veulent <pb n="220"/>avoir le prest. Et l'en respont que il
                            n'auront pas le prest, car nus n'est puniz sanz colpe. Car il fist ce
                            par droit, par droit li tolit, il ne meffit de riens&#160;; et cil à qui
                            il fit marchié, poit bien savoir que ce li en poet avenir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Doere en fié de la dame a le mestre herbergage en arpant se il i a plus
                            de un arpant, la dame l'ara&#160;; mès ele le fera avant de terre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Totes les choses assemblées dou premer mariage sont as premiers enfanz,
                            ne nus n'i a doere, ne segont mariage, ne trez, dedans la banliue.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_22">
                <front>
                    <head>XXII. De segondes noces<note>Decret. Greg. IX, lib. 4, tit. 21&#160;:
                                <emph>de Secundis nuptiis.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> A<hi rend="sc">lexander</hi> III. <emph>Capellanus</emph><note>Alexander
                                III, cap. 1&#160;: <emph>Capellanum</emph>, ibid.</note>. Un
                            chapelain avoit fet bénoïçon de deus, qui segonde foiz estoient
                            mariez&#160;: l'en dit qu'il doit estre sospenduz de l'ofice et do
                            bénéfice, et qu'il auge à Rome.</p>
                        <p>Note que cil qui ont deus femes, s'il se marient segonde foiz, ne devent
                            pas estre bénéiz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> L<hi rend="sc">ucius.</hi>
                            <emph>Dominus</emph><note>Lucius III universis Christianis in
                                captivitate Sarracenorum positis, cap. 2&#160;:
                                <emph>Dominus</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci que feme ne se doit
                            pas marier, se ele n'est certaine de la mort son mari&#160;; et s'ele se
                            marie, cil la porra f....., mès ele n'en porra pas requerre. Et se le
                            premier home que l'en cuidoit que fut mort retorne, la feme retornera à
                            lui.</p>
                        <p>Note que nul ne se pot marier, s'il ne set la mort à l'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> U<hi rend="sc">rb</hi>. III. V<hi rend="sc">igilien. episcopo.</hi>
                            <emph>Vir autem</emph><note>Urbanus III Vigiliensi episcopo, cap.
                                3&#160;: <emph>Vir autem</emph>, ibid.</note>. L'en dit ci que haute
                            béneïçon n'est pas en segont mariage, que l'en ne face tort au
                            sacremant.</p>
                        <p>Note que femes qui segonde fois se marient, ne devent pas estre bénoittes
                            de provoire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>I<hi rend="sc">dem.</hi>
                            <emph>Super illa</emph><note>Idem Exonensi episcopo, cap. 4&#160;:
                                    <emph>Super illa</emph>, ibid.</note>. L'en demende se feme,
                            dedanz le tens qu'ele doit son mari plorer, se se pot marier sanz estre
                            mal renomée&#160;? Et l'en dit que oï&#160;; car demanois qu'il est
                            morz, est la feme délivre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p><pb n="221"/>I<hi rend="sc">nno</hi>. III. P. <hi rend="sc">nobili
                                mulieri</hi>. <emph>Cum secundum apostolum</emph><note>Innocentius
                                III P. nobili mulieri, cap. 5&#160;: <emph>Cum secundum
                                    Apostolum,</emph> Decret., lib. 4, tit. 21.</note>. Quant le
                            mari fut mort, la feme demenda congié de soi marier, sanz encorre male
                            renomée de la loi, qui deffent que nule ne se marie dedanz le tens
                            qu'ele doit plorer. Le pape dit qu'ele se pot marier de par Dé, segont
                            ce que li Apostre le dit et commende.</p>
                        <p>Note que se feme se marie dedanz le tans de plor, ele n'est pas man
                            renomée.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_23">
                <front>
                    <head>XXIII. De baill.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Tuit cil qui tiennent en fié sont en baill por la reson dou fié. Or
                            demende l'en qui aura baill&#160;? L'en dit que li plus prés. Et s'il i
                            a feme ou home iue, qui aura léal ball&#160;? Li uns ou les dui&#160;?
                            L'en dit&#160;: li mâles aura la garde. Et s'il sont trois mâles iues en
                            l'eschéete, li dui auront le bail&#160;; et li autres aura la garde, et
                            aura avenant por la garde.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Et tel chose si est de fié partable. Car choses non partables, et non de
                            baronies, de contez, qui sera de deus yues homes, ou home et fame, ou
                            feme et fame pareil, et li deus homes ont le preu, et uns a la
                            garde&#160;; et de trois fréres, li ainznez a la garde. Ne feme ne prent
                            tant com il i ait homme issint près. Et se li frères ainznez est morz,
                            et ai an (<emph>eu</emph>) l'eenneté, li autre ont le bail yuiement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Et baill dure dusque vingt-un an, et en feme, à quinze anz. Et mariage
                            tost-il bail&#160;? Nenil, en home&#160;; et en feme, oïl. En roi n'a
                            point de baill, mès il i a garde. Et les issues des choses à celui qui
                            est en baill, sont à celui qui a le bail. Et l'en doit garderles choses
                            dou baill en point.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Quiconques reçoit bail, il le reçoit atot son fès&#160;; et tot doie le
                            menor, cil qui prent le bail paie les detes&#160;; et quant le menor
                            viant à àge, il s'en vet o ses choses toz quites.</p>
                        <p>Autrement vet dou vilenages&#160;: tant com li pères et la mère se tient
                            de marier, tant ont de bail&#160;; et quant il se marient, si faut le
                            bail, et sont comme compoignon, por quoi lor biens soent acompoignez à
                            lors&#160;; autrement non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p><pb n="222"/>Puis que la chose passe à autre que à la mère et au père,
                            bail faut&#160;; mes garde ne faut pas, ainz doit avoir li plus près la
                            garde de l'enfant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Or demende l'en en desvé, ou en home qui ne set qui se fet, ou en malade
                            qui ait maladie perpétuel, savoir s'il i a bau&#160;? Et l'en dit que
                            non&#160;; mes il i a garde, et li profiz de toz ses biens sont
                            séant.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
