<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:id="livre12">
    <teiHeader>
        <fileDesc>
            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
                </address>
                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
                    <p>L'École nationale des chartes met à disposition cette ressource électronique
                        structurée, protégée par le code de la propriété intellectuelle sur les
                        bases de données (L341-1), selon les termes de la licence Creative
                        Commons&#160;: «&#160;Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de
                        Modification&#160;; 2.0 France&#160;». Cette licence est disponible en ligne
                        http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/ ou par courrier postal
                        à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, California
                        94105, USA.</p>
                    <p>Pas d'Utilisation Commerciale&#160;: L'École nationale des chartes souhaite
                        encourager l'utilisation et l'amélioration de ses ressources électroniques,
                        pour les intérêts de l'enseignement et de la recherche. Toute autorisation
                        au-delà du champ de cette licence doit être obtenue auprès de l'École
                        nationale des chartes.</p>
                    <p>Pas de Modification&#160;: Afin de mieux servir la communauté scientifique,
                        l'École nationale des chartes s'engage à conserver et à toujours offrir
                        publiquement la version la plus à jour de ses ressources électroniques par
                        une URI pérenne. Elle s'engage à les corriger et à les améliorer, à intégrer
                        les contributions qui lui sont soumises (après validation par un comité
                        scientifique), et à référencer l'origine de ces contributions. Toute
                        modification de la ressource qui ne serait pas reversée à la version de
                        référence sous l'autorité éditoriale de l'École nationale des chartes doit
                        faire l'objet de l'accord de celle-ci, afin de ne pas disperser les
                        contributions et de permettre les meilleures conditions possibles de
                        collaboration scientifique.</p>
                    <p>Paternité&#160;: l'École nationale des chartes demande à ce que toute
                        publication dérivée de ses ressources électroniques comporte&#160;: 1) le
                        nom de l'École nationale des chartes et, pour les publications
                        électroniques, son logo 2) l'URI permettant d'accéder à la page citée sur
                        notre site, ou à la page d'accueil de la ressource 3) la date du fichier
                        source utilisé.</p>
                    <p>Tout litige soulevé par le non respect des termes de cette licence sera
                        soumis à la juridiction des tribunaux de Paris.</p>
                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
            </sourceDesc>
        </fileDesc>
        <encodingDesc>
            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu'elle apparaît dans l'édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
            </projectDesc>
        </encodingDesc>
        <revisionDesc>
            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
        </revisionDesc>
    </teiHeader>
    <text>
        <front>
            <head>LI DOUZIESME LIVRES</head>
            <p>Trois manieres de testamanz sont&#160;: la premere de peril presant, la segonde de
                peril qui n’est pas presant, ‹...› por ce que l’en a peor de morir.</p>
        </front>
        <group>
            <head>LI DOUZIESME LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="224"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. Ci commence li livres d’Enforçade. Ci titres est li quel
                        puent fere testamant et comant testamanz doivent estre fez <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 28, tit. 1&#160;: <hi rend="i">Qui
                                    testamenta facere possunt et quemadmodum testamenta
                                fiant</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: testamanz est droite sentence de nostre volenté
                                de ce que aucuns velt qui soit fet aprés sa mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo [108vB] dit&#160;: il convient regarder en celui qui fest
                                testamant non pas à la sentence do cors, mes à l’enterineté de la
                                pensee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: fere testamant n’est pas de privé droit mes dou
                                commun.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se nos demandon se testamant vaut, nos devons
                                premierement enquerre se cil qui le fit avoit poer de fere
                                testamant, et aprés se il le fit selonc les regles de droit
                                citeen.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: voions en quel aage li home et les femes poent fere
                                testamant. Et il est voirs que l’en doit atendre es homes tant que
                                il aeent .xiiii. anz et es femes tant que eles aent .xii. Veons donc
                                s’il convient que aucuns ait passé .xiiii. anz à ce que il puisse
                                fere testamant, ou se ce est assez que il les oit acompliz, si comme
                                se il fut nez es kalendres de jenvrer et il fist testamant à cez
                                jorz meisme au chief de .xiiii. anz. Et ge di que li testamant
                                vaut&#160;; et encor di ge, plus que se il le fist le jor devant les
                                kalandres aprés la siste eure de la nuit, li testamant vaut&#160;;
                                car il senble ja que il acompli les .xiiii. anz, si comme il plet à
                                Marcian.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: cil qui est en la poesté son pere n’a pas poer de
                                fere testamant&#160;; mes se aucuns asordist par maladie ou par
                                aucunne aventure puis que il a fet son testamant, por ce n’est pas
                                li testamant quassé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcus dist&#160;: se li muz ou se li sorz a enpetré vers l’enperere
                                que il li loise à fere testamant, li testamant vaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: li testamanz que aucun fet tant comme il est en la
                                poeté à ses amis ne vaut rien, ja soit ce que il remaingne. ¶ {1} Se
                                la communeté de feu et d’eve est deffendue à aucun, li testamant que
                                il fist avant ne cil que il fet aprés ne vaut rien, car li bien que
                                il avoit quant il fut dampnz seront popliez, ou il seront lessié à
                                ses creanciers. {2} Cil qui sont envoié en une ille en essill sont
                                en cele meisme cause&#160;; {3} mes cil qui sont envoié en essil, à
                                qui la terre de Lombardie et lor contree est deffendue, retiennent
                                lor droiture de fere testamant. {4} Et cil qui sont condampné à fer
                                ou à bestes ou à metal perdent franchise et lor bien sont
                                poplié&#160;; et par ce apert il que il perdent le poer de fere
                                testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus<note>Ulpianus] commençant par la lettrine <emph>P</emph>-
                                    dans le ms., distraction du rubricateur</note> dit&#160;: se
                                aucuns a esté acusez et muert en prison ainz que il soit dampnez, si
                                testamanz vaudra.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui a perdu les mains puet fere testamant, ja
                                soit ce que il ne le puet escrire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: ostage ne poent fere testamant se il ne lor est
                                otroié [109rA].</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julianus dit&#160;: li testamanz à cez qui sont mort en la poesté à
                                lor ennemis<note>ennemis] <emph>enus</emph> dans le ms., corrigé
                                    d’après BR, cf. lat. <emph>qui in hostium potestate
                                        decesserint</emph></note> sont confermé par la loi que
                                Cornelius fit, autresi comme se cil qui les firent ne fussent onques
                                venu en la poeté à lor anemis et lor heritage apartient à cez de qui
                                il firent lor hers. Le sers de qui cil qui morut en la poesté à lor
                                annemis fist son heir sera frans et hers, voille ou ne voille, ja
                                soit ce que l’en ne die pas propremant que il soit heirs
                                necesseres&#160;; car li fiz à celui qui morut en la poeté à ses
                                ennemis est obligiez à l’eritage maugré son, ja soit ce que l’en ne
                                puisse pas dire que il soit propre heirs desque il n’estoit en sa
                                poesté quant il morut. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcianus dit&#160;: cil qui sont pris de larrons poent fere
                                testamant por ce que il sont franc. {1} Et cil qui muerent leument
                                entre estrange gent puent fere testamant. ¶ {2} Se aucun fut dampnz
                                de crime capital, et il apela et il morut ainz que li apiax fut
                                examinez, le testamant vaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se cil qui fut franchi ou testamant son seignor ne
                                sot pas que sis sires soit mort et que sis heritages soit receuz, il
                                ne puet fere testamant, ja soit ce que il soit frans et hors
                                d’autrui poesté&#160;; car cil qui n’est pas certains de son estat
                                ne pot pas fere certoine loi en son testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui dotent de lor estat et qui en sont en
                                error ne poent pas fere testamant, si comme li enpereres Pius
                                dist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: li fiz qui est en bau et autrui serf et cil qui
                                est au ventre sa mere et li sorz poent partir an testamant&#160;;
                                car ja soit ce que il ne poent fere testamant, neporquant il poent
                                aquerre par testamant ou à aus ou à autres, si comme Marciaux dit. ¶
                                {1} Li forsenez puent partir en testamant, ja soit ce que il que il
                                ne puet fere testamant<note>testamant] <emph>testamant il ne puet
                                        fere testamant</emph> dans le ms. (répétition)&#160;; à cet
                                    endroit, BR présentent un saut du même au même</note>. Il puet
                                partir ou testamant por ce que il puet aquerre les testamanz, car
                                personex aucions sont aquises à cez qui sont de saine pensee, ja
                                soit ce que il n’en sevent rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Calistratus dit&#160;: cil qui chiest en frenesie par maladie ne pot
                                pas fere testamanz en cel tens. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil à qui ses choses sont defendues par la loi ne
                                pot pas fere testamant&#160;; et s’il le fet, il ne vaut rien. Mes
                                cil que il fist devant, ce vaudra&#160;; il ne porra pas estre
                                apelez à estre tesmoing do testamant ‹desque il ne puet fere
                                    testament›<note>desque... testament] saut du même au même,
                                    integré d’après BR, cf. lat. <emph>cum neque testamenti
                                        factionem habeat</emph></note>. ¶ {1} Se aucuns est dampnez
                                que il eit fet libelle por diffamer [109rB] autrui, il est contenu
                                au conseil au senat que il ne puisse fere testamant&#160;; il ne pot
                                donc fere testamant ne estre tesmoing do testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: se li fiz ‹qui› est<note>fiz qui est] <emph>fiz
                                        est</emph> dans le ms., corrigé d’après BR</note> en bau, ou
                                uns orfelins ou un serf, fet les tables de son testamant et il les
                                seele, la possession de ses biens ne puet pas estre donee selonc cez
                                tables, ja soit ce que cil qui estoit en bail en soit hors quant il
                                muert, et li orfelin eit passé .xiiii. anz et li sers soit franchiz.
                                Car les tables do testamant ne sont nules que cil a fetes qui
                                n’avoit poer de fere testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui est fez heirs ou testamant ne pot pas
                                estre tesmoinz en cet testamant. Mes il est autrement en celi à qui
                                un lés est fez et en celui qui est fez heirs en un pou de chose por
                                soi&#160;; car cist poent bien estre tesmoing se autre chose ne lor
                                tost, si comme se il sont dedanz aage de .xiiii. anz ou en la poesté
                                à celui qui fist le testamant. {1} La parole de «&#160;poesté&#160;»
                                ne doit pas estre raportee à ses enfanz tant solement mes à celui
                                que aucuns a racheté de ses ennemis, ja soit ce que il n’est pas
                                sers, ainz est obligiez tant que il rende le pris. {2} Encontre ce,
                                puet l’en demander se li peres à celui qui puet fere testamant do
                                chetel que il a conquis par chevalerie pot estre tesmoinz en son
                                testamant&#160;? Et Marciaux escrit que oïl bien&#160;; donc en pot
                                ses freres estre tesmoinz. {3} Ce que nos avons dit de cez qui sont
                                en bau, qui ne poent porter tesmoin en testamant, doit estre
                                entenduz en toz tesmoinz de cez par qui aucunne chose est aquise.
                                {4} Forsenez ne puet<note>puet] <emph>poent</emph> dans le ms.,
                                    corrigé d’après BR, cf. lat. <emph>potest</emph></note> estre
                                tesmoing de quoi il n’est ordinoires de sen pensee&#160;; mes se la
                                forsenerie l’entrelesse en aucun tens, lors puet estre
                                tesmoing&#160;; ‹et li testamenz›<note>Et li testamenz] intégré
                                    d’après BR</note> que il parfist<note>parfist]
                                        <emph>persist</emph> dans le ms., corrigé d’après BR, cf.
                                    lat. <emph>consummo</emph> «&#160;accomplir,
                                    parfaire&#160;»</note> devent la forssenerie veudra&#160;; et la
                                possessions des biens en porra estre demandee. ¶ {5} Je croi que cil
                                qui est dampnez à rendre arrieres ce que il a pris en sa baillie ne
                                pot estre tesmoing ou testamant, car il i est vee que il ne soit
                                tesmoinz en nule cause. {6} Feme ‹ne› pot<note>ne pot]
                                        <emph>pot</emph> dans le ms., corrigé d’après BR, cf. lat.
                                        <emph>Mulier non poterit</emph></note> porter tesmoinz en
                                testemant, mes en autres cas pot feme porter tesmoing. ¶ {7} Serf ne
                                doit estre receuz par droit en nul sollenpnel fet, car il n’a nule
                                communauté en droit citain. ¶ {8} Li ancien distrent que cil sont
                                apelé à fere testamant por acomplir la sollenpnité, il doivent estre
                                tant que il soit toz perfez. {9} Neporquant, [109vA] il ne convient
                                pas que il entendent les paroles&#160;; issi l’escrit li enperes
                                Marc à Julian qui ne savoit pas parler en latin, car c’est assez se
                                il reçoit le sanz de la chose por quoi il fu apelez. {10} Et se li
                                tesmoing i sunt apelé ou detenuz par force, lor tesmoing ne vaut
                                rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dist&#160;: li heir deivent estre nomé en apert si que
                                l’en le<note>le] <emph>la</emph> dans le ms. corrigé d’après BR,
                                    «&#160;afin qu’ils soient entendus&#160;», cf. lat.
                                        <emph>Heredes palam ita, ut exaudiri possunt, nuncupandi
                                        sint</emph></note> puisse oïr&#160;; il loest donc à celui
                                qui fet son testamant que il les nomme ‹ou que il les escrive&#160;;
                                mes se il les nomme›<note>ou... nomme] saut du même au même, intégré
                                    d’après RB, cf. lat. <emph>licebit ergo testanti vel nuncupare
                                        heredes vel scribere&#160;: sed si nuncupat, palam
                                        debet</emph></note>, il les doit nomer apertement.
                                Apertement n’est pas en commun, mes se que il puisse estre oïz. Et
                                si ne convient pas que tuit l’oïent, mes cil qui i sunt amené por
                                estre tesmoingz&#160;; et s’il i a plusors tesmoinz, c’est assez que
                                li sollenpnex numbres l’oïe. ¶ {1} Se aucuns velt müer aucunne chose
                                puis que il a fet son testamant, il li convient tot fere de rechief.
                                ¶ Se aucuns nome ou escrit aucunne chose oscurement en son
                                testemant, l’en demande s’il la puet esclerier aprés ce que la
                                sollenpnité do testamant est aconplie. Si comme se il avoit plusors
                                sers et il en lessa .i., ne il n’esclera pas le quel il lessa&#160;;
                                ou se il lessa une chose<note>il lessa une chose] <emph>il les saune
                                        la c.</emph> dans le ms., corrigé d’après RB, cf. lat.
                                        <emph>Titio legavit</emph></note> à Tyce et il avoit plusors
                                amis qui avoent non Tyce&#160;; ou s’il fu deceuz ou non ou el
                                    seurnon<note>seurnon] seut non <emph>dans le ms</emph>., corrigé
                                    d’après RB, cf. lat. <emph>cognomen</emph></note> et il ne fut
                                pas deceuz ou cors. Et ge cuit que il ne puet bien esclerer, que il
                                ne done rien, ainz esclere à qui il l’a doné. ¶ Et s’il met aprés
                                aucunne quenoissence et il mostre ou par paroles ou par letres la
                                summe do lés ou le non de celui à qui il le lesse ou la qualité de
                                la chose que il lesse, l’en demande se il fet à droit. Et ge croi
                                que il puet nomer la qualité de la chose&#160;; car s’il ne la
                                nomoit, il convendroit regarder ou as autres escritures ou à la
                                costume à prodes homes ou à celes de region<note>region]
                                        <emph>religion</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ex
                                        consuetudine regionis</emph></note>. ¶ {2} Et testamanz en
                                quoi tesmoing solent estre apelé por porter tesmoing, ‹il nos plest
                                que cil qui i sont apelé por autre chose ne soient pas soffisant à
                                porter tesmoign›<note>il nos... tesmoign] saut du même au même,
                                    integré d’après RB</note>. Et ce doit estre issi entendu, que ja
                                soit ce que il soient apelé por autre chose, neporquant, se il lor
                                est dit ainz que l’en face le testamant que il soient comme
                                tesmoinz, il poent por droit porter tesmoing. {3} Il convient fere
                                testamant tot ensenble, si que il ne face en nu leu nule autre
                                chose&#160;; mes se l’en fet en aucunne ‹chose› qui apartiegne au
                                testemant, li testamanz<note>testamanz] <emph>tesmoing</emph> dans
                                    le ms., corrigé d’après RB, cf. lat. <emph>testamentum non
                                        vitiatur</emph></note> n’est pas failliz. Entre [109vB] lés
                                et testamant n’a differance fors en ce que testamanz est fez
                                generaument et lés si est fez especiaument à certoine persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: je et mis peres et plusors autres qui sont en
                                une meisme poeté poons estre conté ou numbré des tesmoinz qui sont
                                apelé au testamant. {1} Nos devon regarder la condicion des tesmoinz
                                quant il seelent et non mie quant cil muert qui fet le testamant. Se
                                il estoient ‹donc receu›<note>donc receu] <emph>done</emph> dans le
                                    ms., intégré d’après RB, une confusion de tracée entre
                                        <emph>donc</emph>/<emph>done</emph> est probablement à la
                                    base de ce problème textuel</note> quant il seelerent le
                                testamant, dou quel il pensent estre receu en tesmoing, chose qui
                                puis soit avenue<note>avenue] <emph>aucunne</emph> dans le ms.,
                                    corrigé d’après BR, cf. lat. <emph>si igitur cum signarent,
                                        tales fuerint, ut adhiberi possint, nihil nocet, si quid
                                        postea eis contigerit</emph></note> ne lor nuist point. ¶
                                {2} Se ge ai pris de celui qui fist le testamant son seel et je en
                                ai seele le testamant, autretant vaut comme se je seelasse d’un
                                autre. ¶ {4} Se aucuns des tesmoinz n’escrit pas son non ou
                                testamant et il le seele, autretant vaut comme se il n’eust pas esté
                                apelez à tesmoing&#160;; et s’il met son non, ausi comme plusors
                                font, et il ne le seele pas, encor diron nos ce meisme. {5} L’en
                                demande se nos devons seeler d’un anel tant solement ou d’aucun
                                autre signe. Et sanz dote li home seelent en diverses manieres, mes
                                il est melz que aucun puisse seeler de son anel tant selement qui
                                ait aucunne empreinte. {6} Il n’est nule dote que testamant ne
                                puisse estre seelé par nuit. {7} L’en doit dire que les tables sont
                                seelees ‹se li dras est seelez de quoi eles sont
                                    covertes›<note>se... covertes] integré d’après RB</note>.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li testamanz<note>testamanz] <emph>tesmoing</emph> dans le ms.,
                                    corrigé d’après BR, cf. lat. <emph>Si testamentum</emph></note>,
                                que cil qui le fist resigna, est seelez de rechief des seaus à .ii.
                                tesmoinz, il est parfez et vaut par le droit citeen, et par celi au
                                prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Lorentius dit&#160;: aucuns puet seler .i. testamant de plusors
                                essemples&#160;; et aucunne foiz est ce necessere chose, si comme
                                quant aucuns velt aler hors do païs et il velt porter o lui son
                                testamant et lessier le en sa meson.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolinus dit&#160;: se cil qui fesoit son testamant nomma ses
                                premiers heirs et il mori ancois que il nommast les segonz, l’en ne
                                doit pas dire que il ait fet son testamant mes que il l’a
                                commoincié&#160;; cil qui furent nommé ne seront donc pas
                                    hoir<note>hoir] <emph>nommé</emph> dans le ms., corrigé d’après
                                    RB, cf. lat. <emph>itaque primos heredes ex eo testamento non
                                        futuros</emph></note> por ce testamant. Et Labeo dit que
                                c’est voirs se il est certaine chose que cil qui fist le testamant
                                vossist fere plus de heirs&#160;; et ge croi que ce soit li droiz
                                entendemanz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: quant il commande par la loi que aucuns ne ait pas
                                poer de fere testamant, ce est à dire que sis tesmoinz ne soit
                                [110rA] pas receuz et, si comme aucun quident, que nus ne port
                                tesmoin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.27}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: Labeo mande saluz à cez. Je te demande se cil doit
                                estre contez ou numbre des tesmoinz qui fut amenez à escrire le
                                testamant et puis le seela quant il l’ot escrit. Celsus mande saluz
                                à Labeo. Ou ge n’entant pas que cil est de qui tu demandes, ou ta
                                demande est fole, car ce est folie de doter se aucuns doit melz
                                estre tesmoinz que cil qui escrit les tables do testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.28}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: il n’est pas devee que autrui serf ne puisse
                                escrire testamant par le commandemant à celui qui le fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: por l’escriture qui estoit appareilliez à fere
                                testamant, ne puent pas lés etre demandé se li testamanz ne fut
                                parfez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meisme dit&#160;: il convient que chescuns des tesmoinz qui sont
                                apelez à fere testamant escrire en son propre cyrografe que li
                                testamanz est que il a seelé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {28.1.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meisme dit&#160;: li bien à celui qui se vanta que il feroit de
                                l’enpereor son heir no doivent pas por ce estre pris en la main
                                l’enpereor.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. Ci commaince li livres d’Enforçade. Ci titres est de los et
                        de choses enjointes <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 29, tit. 7&#160;: <hi rend="i">de Jure
                                    codicillorum</hi>, et de plusieurs fragments du liv. 30, tit.
                                1&#160;: <hi rend="i">de Legntis et fideicommissis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {29.7.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li heirs n’est nomz apertement et li lés sont
                                lessié en tables, Juliens dit que l’en n’entent pas que ce soit
                                tables de testamant en quoi li heirs n’est pas nomez&#160;; et je
                                croi melz que ce soient lés que testamenz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: lés et choses<note>et choses]
                                        <emph>eschoses</emph> dans le ms., corrigé d’après BR</note>
                                enjointes sont un en totes choses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: l’en doit savoir que cil seul deivent savoir
                                que cil seul poent lessier chose enjointe qui ont poer de fere
                                testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se cil qui fet testamant dit issi&#160;:
                                quiconques sera mis heirs, ou se il reçoit mon heritage, cez paroles
                                ne sont pas que l’en puisse dire que li lés soit lessiez soz
                                condicion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se aucuns lesse un champ et il est deceuz ou
                                non, cil que il vot nomer est deuz&#160;; mes s’il fut deceuz ou
                                cors do champ, cil qu’i mostra ou numma est deuz<note>deuz]
                                        <emph>deceuz</emph> dans le ms., corrigé d’après RB</note>.
                                Se aucuns voloit lessier robe et il escrit veselemente, et il
                                cuidoit que veselemente fut contenue par non de robe, Papiniens
                                escrit que la robe n’est pas deue ; autresi comme se aucuns quidoit
                                que archeauz ou latons<note>latons] <emph>le tens</emph> dans le
                                    ms., corrigé d’après RB, cf. lat. <emph>quemadmodum si quis
                                        putet auri appellatione electrum vel aurichalcum
                                        contineri</emph></note> fut contenuz par non d’or, ou que
                                [110rB] argenz fut contenuz par non de robe, qui est encor grignor
                                folie&#160;; car li non des choses ne puent estre mué, mes cil des
                                homes poent bien estre mué. ¶ {1} Se aucuns establist ses heirs, et
                                il dit issi&#160;: «&#160;quiconques soit mis heirs des choses que
                                j’é en France, il soit condempnz à paier tant&#160;», il senble que
                                li lés soit sor toz les hers, car les choses de France apatienent à
                                toz auz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant li chois des sers est lessiez à aucun, il ne pot choisir que
                                une foiz. {2} Quant aucuns lesse le champ qui est communs à lui et
                                autre et il ne fet nule mencion de sa partie, ainz nomme son champ
                                tot simplement, il est certaine chose que sa partie est lessie sanz
                                plus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li sires puet refuser<note>refuser] <hi rend="i"
                                        >demander refuser</hi> dans le ms.</note> le lés qui est
                                lessiez à son serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se une meisme chose est lessee à moi et à toi,
                                et quant li jorz de paier le lés est venuz, se je sui ton heir,
                                Labeo dit que je le puis demander, ou por ce que il li fut lessiez,
                                ou por ce que ge sui ton heir. Et se je le demande por mon lés,
                                Proculus dit que ge ne le puis pas demander aprés por heritage. ¶
                                {1} Se aucuns fist son testamant à Rome, quant il se moroit, il
                                commanda dedanz les trois jorz que il fu morz que si hers rendist
                                les sers que Seye avoit, li lés est fait<note>fait]
                                        <emph>fers</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ratum esse
                                        legatum</emph> «&#160;le legs est ratifié,
                                    valable&#160;»&#160;; R <emph>est serf</emph>, B <emph>est
                                        fers</emph></note>, ne la detrence do tens ne li nuist
                                point. {3} Les derrenieres escritures valent es lés, car la cause do
                                premier lés puet estre muee par metre .i. terme ou condicion ou par
                                tolir le tout. Et si li lés est soztrez soz .ii. manieres de
                                condicion, l’en doit prendre garde au darrener sostraement.
                                Neporquant, il avient aucunne foiz es lés que la darreniere
                                escriture ne vaut pas, mes la premiere. Car se ge escri issi :
                                «&#160;ce que ge lerroi de ci en avant à Tyce, je ne doign ne ne
                                lesserai&#160;», ce que sera puis lessié ne vaudra rien. La volenté
                                fet donc que ce qui est escrit ou testamant valle.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se une chose est lessee à .ii. ensenble, ja soit
                                ce que li uns est morz, li autres n’en avra que sa seule
                                partie&#160;; et ge croi que c’est voirs. {1} Se il est commandé que
                                li heirs et uns autres qui n’est pas heirs doingent un lés, li heirs
                                le doit tot paier&#160;; car s’il fussent enbedui heir, et li uns ne
                                receust pas l’eritage, cil qui le reçust deust tot le lés se [110vA]
                                la partie à l’autre venist à lui. ¶ {2} Se une chose est lessie à
                                Tice et à l’enfant qui est encor à nestre, se li enfes ne nest,
                                Tices avra tot le lés. Et se cil qui fist le testamant velt que
                                Tyces et li enfes qui estoit encore à nestre eussent li un autretant
                                comme li autre, toz li lés est deuz à Tyce se li enfes ne nest.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.19.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant uns lés est lessiez à plusors, se les
                                parties ne sont devisees es lés, li uns en a autretant comme li
                                autres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dist&#160;: se cil qui avoit .ii. sers en lessa .i. si que
                                l’en n’entent pas li quex ce fu, li chois est à celui à qui il est
                                lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant uns fox de betes est lessiez et aucunnes
                                betes en sont mortes au vivent à celui qui fist le testamant, et
                                autres sont mises en lor leu, il senble que ce soit cil meismes fox.
                                Et s’il estoit si amenuissiez que il n’i eust remés que une beste,
                                s’il la porroit chalengier, cil à qui li foux fu lessié, ja soit ce
                                que ce ne seroit pas fous ; autresi comme se la meson qui estoit
                                lessie estoit arsse, la place porroit estre chalengee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: quant uns fous est lessiez, li acroissement
                                apartient à celui à qui il est lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns lesse une partie de ses biens si comme
                                ele est orendroit, ele est rendue sanz les fruiz se li heirs a trop
                                demoré à rendre la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.35}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se il est commandé à le her que il doint autrui
                                serf et li sires à celui serf le franchist, nule chose n’est deue
                                par ce lés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.37}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant un serf est lessiez simplement sanz nomer,
                                l’en le doit garder que ce ne soit ne li meaudres ne li pires. Et
                                ceste sentence est confermee par les letres as enpereors Sevoirs et
                                Antonins, cil<note>cil] <emph>siez cil</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>qui rescripserunt homine legato</emph></note> à qui il
                                est lessiez ne pot pas choisir. ¶ {1} Se cil qui fist le testamant
                                lessa .i. certain champ et il n’apert pas do quel il entendi, li
                                chois est à l’oir de doner le quel que il vodra&#160;; et s’il apert
                                le quel ce est, il porra estre chalengiez&#160;; et s’il lessa une
                                escuele et l’en ne set la quele, il est ou chois à l’oir de doner la
                                quel que il vodra.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se autrui chose est lessee à celui qui ne le
                                pot acheter ou qui n’a pas droiture de porsoir la, je croi que il en
                                doit avoir le pris.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.54}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: li vilain lés qui sont establi por fere à celui
                                vilenie, à qui il furent lessié, sont autresi comme se il ne fussent
                                pas escrit. {1} Se uns lés fut lessiez à Tyce par tel convenient
                                [110vB] que il se mariast à Sey, et Sei mort tant comme cil vit qui
                                fist le testamant, et ele se marie, li leis est deuz avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.62}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dist&#160;: se une serve est lessie o ses enfanz, se il n’i a
                                que la serve, ele doit estre rendue&#160;; et s’il n’i a que les
                                enfanz, il doivent estre renduz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.85}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dist&#160;: uns chans fut lessiez à deus ensenble, li uns
                                d’aus ot le pris de sa partie par personel aucion&#160;; se li
                                autres le demande tot, il sera mis arriere par excepcion de
                                tricherie, car li morz volt que li lés venist une sole foiz à
                                euls.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.105}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: un lés fu issi fez&#160;: mis heirs doit à
                                Cornelill ce que Tices me doit&#160;; li heirs ne doit doner par ce
                                lés rien plus que ses aucions.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.121}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciax dit&#160;: se aucuns lesse à Tyce o Meue, li uns est receuz à
                                l’eritage sanz l’autre&#160;; car quant li prevoz dit&#160;:
                                «&#160;je commant que li ventres o les enfanz soit en
                                possesion&#160;», ja soit ce que il n’i oit nus enfanz, li ventres
                                sera mis en possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {30.125}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julianus dit&#160;: se il commande que li heirs ait .c. livres et que
                                il rende l’eritage et li patrons au mort demande la possession des
                                biens contre les tables, autresi comme li lés sont emenuissé sera
                                amenuissee la some que li heirs doit avoir por sa partie que li
                                patrons a de l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. De testamenz.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci que home qui n'est d'aage de quinze anz, et feme à douze anz,
                            ne puet fere testament, tot soit-il sanz père et sanz mère. Et s'il a
                            quinze anz et plus, il puet fere testament. Home et feme qui n'est an
                            son droit, ne puet fere testament<note>Dig., lib. 28, tit. 1, frag. 5,
                                6, pr.&#160;: <emph>Qui testamenta facere
                            possunt</emph>.</note>.</p>
                        <p>Home ou feme puet doner en testament le quint de son heritage, et toz ses
                            mobles, et toz ses conquez, et plus non, ait enfanz ou n'ait enfanz.
                            D'achest l'en puet testamenter. Lo quint de totes choses puent estre
                            aumônées, fors baronies, qui ne puent estre desmembrées&#160;; et sor
                            cez baronies puet l'en lessier pécune à rendre, la value dou quint ou
                            testament.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Enprès l'en dit que nus ne doit fere testament de la chose, s'il n'en est
                            droiz herz. Home qui muert sodiuement, et n'a poer de deviser <pb
                                n="225"/>sa chose, ne remaint pas por ce qu'il n'ait son testament,
                            c'est à savoir sa droiture.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Qui ne fet testament, et fere le puet, est semblant qu'il voille miauz
                            que si heirs ait sa chose que li testamenz&#160;; et l'en doit mout la
                            volenté au mort acomplir.</p>
                        <p>Feme qui a seignor, et home qui a feme, et hont enfanz, ne puent doner
                            que le quint de lor héritage, et le tierz de lor mobles&#160;; et le
                            tierz est as enfanz, des mobles, et des conquez ausint.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Johan, contes de Blois, dit que li testamenz la contesse de Chartres, sa
                            cosine, n'ere pas à droit fez, qui avoit doné à la fille son mari, le
                            contes de Sessons, lou quint de son héritage, et toz ses mobles, et toz
                            ses conquez. Et de ce oïrent droit en l'ostel le roi Loïs, à Meleun, à
                            la septembreche, en l'an mil et deux cent et cinquante-cinq&#160;: et
                            fut dit par droit, que li testamenz ere fez à droit.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Testamenz n'est pas pris sor doere, mès tot sor la partie á l'oir.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. [111rA] Comment les tables do testamant doivent estre
                        overtes <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 29, tit. 3&#160;: <hi rend="i">Testamenta
                                    quemadmodum aperiantur, inspiciantur et
                                describantur</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: li prevoz promet que il donra à toz cez qui vodront
                                veoir et contre escrire les tables dou testamant poïr de voir les et
                                contrescrire. Et il est aperte chose qu’i l’otroie à celui qui l’en
                                demande, ou en son non et en l’autrui. {1} La reson de ce
                                bannissement est tote aperte&#160;; car la verité des plez qui
                                nesset de testamanz ne porront pas estre legierement seue se l’en ne
                                voit et savoit les paroles do testamant. ¶{2} Se aucuns renie son
                                seel, por ce ne lesse l’en pas à ovrir les tables, mes eles sont
                                sospeceusses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: l’escriture do testamant n’apartient pas à l’oir
                                tant solement mes à toz cez qui en doivent avoir aucunne chose, car
                                communs estremanz. ¶ {1} L’en apele propremant testamant celui qui
                                est fez por droit ; neporquant, nos apelons testamant cez qui seront
                                runt, ou faus, ou vain&#160;; et cez maisme, qui ne sont pas perfez,
                                solons nos apeler testamanz. {2} Tout ce qui est fet por testamant,
                                en quel maniere que il soit escrit, et qui contient derreniere
                                volenté, apartient à cause de testamant&#160;; et les principax
                                tables et les segondes sont contenues ou banissement. ¶ {3} Se il i
                                a plusors testamanz que aucuns velt que il soient porté avant, l’en
                                li doit tot motrer. ¶ {4} Se l’en dote que cil soit morz ou vis de
                                qui aucun demande que ce qui apartient à la cause de son testamant
                                soit aporté avant et contre escrit, ¶ l’en doit dire que li prevolz
                                en doit juiger quant il avra queneue la cause. Et se il a droites
                                enseignes que il vive, il ne doit pas otroier que les tables soent
                                veües, ne leues, ne seelees. ¶ {5} La veüe des ta[111rB]bles enporte
                                que l’escriture soit leue. {6} Li prevoz ne soffre pas que li jorz
                                en que les tables furent escrites ne li conseiller qui lors estoient
                                soient veü ne contre escrit, que aucunne fauseté n’i soit fete, car
                                la veüe pot doner matere de fere fauseté. {7} L’en demande donc se
                                il le fet maintenant monstrer et contrescrire ou s’il doit doner
                                terme. Et il est melz que termes soit donz selonc ce que li leu sont
                                lonteing ou prochien. {8} Se aucuns ne renie pas que il n’oit les
                                tables do testamant, mes il ne lor soffre pas que eles soent veües
                                ne contrescrites, il doit estre contrainz de monstrer les&#160;; et
                                s’il nie que il ne les a pas, il doit estre envoiez à l’enterdit
                                d’aporter avant les tables do testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: li heirs puet chalongier les tables do testamant
                                autresi comme les autres choses de l’eritage, et puet pledier por
                                les fere venir avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant les tables do testemant devent estre
                                overtes premierement, li offices ou prevost est que il face les
                                seleors asenbler ensenble et quenoistre lor seal.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: ou renoier les, quar c’est li communs preuz que les
                                derrenieres volentez as homes soent menees à effaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus&#160;: mes se la greignor partie des seeleors est assenblee,
                                li testamanz porra estre saelez et recitez par devant aus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: mes se aucuns des seleors estoit hors dou païs, les
                                tables do testamant li doivent estre envoies par reconoistre son
                                seel&#160;; car ce seroit grief chose de rapeler les par conoistre
                                les, car il n’est pas droiz que aucuns ait domage en son office. Ne
                                l’en ne fet pas force se li uns est hors do païs ou tuit. Et se tuit
                                se deffallent por aventure et aucunne cause contraint de ovrir le
                                testamant, li prevoz doit fere que il soit overz par devant home de
                                tres bone renomee, et que il seelent quant il sera overz, et il soit
                                envoiez la où li seleor seront, si que il reconoissent lor
                                seaus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: ja soit ce que il n’est pas escrit que les tables
                                do testamant à l’orfelin ne soient pas overtes ; neporquant, se cil
                                qui fist le testamant les lessa seelees par deors, li prevoz ne
                                soffrera pas que eles soient overtes devant que la cause soit
                                coneue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se feme est en possession ou non de ventre, les
                                tables doivent estre overtes, si que l’en sache à qui li procuremenz
                                est commandez. [111vA]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se testamanz est escriz par dues essemplaires, se
                                li quex que soit est overz, les tables sont overtes. {1} Se les
                                tables sont overtes par leur nature, l’en ne dote pas que li
                                testemanz ne soit overz&#160;; ne l’en ne demande pas qui les a
                                overtes. {2} Se les tables ne sont pas aparoissent ou eles sont
                                arses, il convient secorre à cez à qui li lés sont lessié&#160;;
                                autresi comme quant eles sont seelees ou repotes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: autresi comme l’en entant que li lés sont partie do
                                testamant, senble il que les segondes tables soent parties des
                                premeres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {29.3.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se aucuns a fet testamant quant li essampleres en
                                est overz, li testamanz n’est pas encore overz&#160;; mes se
                                l’escriture autentique est overte, toz li testamanz est overz.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head>V. Des degriez de lignage.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Tuit li enfant giuqu'au tiers nevoz sont apelez fiz, et li autre sont
                            apelé décadant. De travers sont paranz, si comme li frères et la serors,
                            et lor enfanz, et la serors, et li oncles, et les tentes, de par père et
                            de par mère. Et tote la foiz que l'en demende en quel degré chascune
                            persone est, l'en doit commencier à conter à celi de qui lignage l'en
                            enquiert&#160;; et cil qui est au plus prochein degré de lui, est li
                            segonz&#160;; et issi croit li numbres à chascun qui i vient. Autresi
                            doit l'en fere à degrez (<emph>de travers</emph>)&#160;: car les
                            persones au père et à la mère, por qui il sont joint, est contée
                            premièrement. L'en apele les degrez a la semblance d'eschieles et da
                                (<emph>des</emph>) los à claives, en quoi l'en entre en l'un par
                            l'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Numbre donc les persones qui sont en chescun degré<note>Dig., lib 38,
                                tit. 10, frag. 10, § 7-11&#160;: <emph>de Gradibus, et affinibus, et
                                    nominibus corum</emph>.</note>&#160;:</p>
                        <p><pb n="226"/>Ou premier degré de lignage, en amontant, sont li pères et
                            la mère&#160;; en avalant, li fiz et la fille&#160;; et en ce degrié ne
                            puet plus avoir<note>Dig., lib. 38, tit. 10, frag. 10, § 12.</note>.</p>
                        <p>Ou segont degré a deus (<emph>douze</emph>) persones&#160;: ce sont li
                            eol et le aole de par père, et cil de par la mère, en amontent&#160;; en
                            avalant, li nevoz et la nièce, de par le fil et de par la fille&#160;;
                            de travers, le frère de père ou de mère, ou de l'un et de l'autre&#160;;
                            ausi la serors. Mès la diversité des frères ne croist pas le
                            numbre&#160;: car il n'a nule différence de par qui aucun soit mon
                                frère<note>Ibid., frag. 10, § 13.</note>.</p>
                        <p>Il pot avenir en ces qui sont de dos pères et de dos mères, que cil qui
                            est frère mon frère ne m'apartient pas, et cil qui est mon frère ne li
                            apartient rien<note>Ibid., frag. 10, § 13.</note>.</p>
                        <p>Ou tierz degré sont contenues trente-deux persones par degrez, qui sont
                            entendues par quatre manières. Car li dur père à ma dues eiaus et
                                (<emph>i</emph>) sont, et cil e ma (<emph>à mes</emph>) deus
                            eoles&#160;; et osi i sont lor quatre mères. Et mes oncles qui sont
                            frères mon père puent estre entendu en deus manières&#160;: ce est ou
                            pardevers son père, ou pardevers sa mère. Car se m'aole de par mon père
                            se maria à ton père, et ele te enfanta, ou ta eole de par ton père se
                            maria à mon pére, et ele me enfanta, ge sui ton oncle, ou tu li miens.
                            Et autresi avient-il des femes, se l'une se marie au fiz à
                            l'autre&#160;: car li mâles qui en nest est oncle li un à l'autre, et
                            les femes sont ausint<note>Ibid., frag. 10, § 14.</note>.</p>
                        <p>Se li frère prant feme, et la sor se marie, et chascun a enfanz, li
                            enfant á la sor apéleront lor frère lor oncle, et cil au frère apèleront
                            la sor ente<note>Ibid., frag. 10, § 14.</note>.</p>
                        <p>Li frères ma mère est mon oncle, autresi comme li frères mon père.</p>
                        <p>Se ge prant ta fille et tu la moie, li enfant masle qui nestront de noz,
                            seront oncle li un à l'autre&#160;; et la femeles seront ausi l'une à
                            l'autre &#160;; et por cele meisme reson seront li mâle oncle au
                            femeles, et les femeles ausi au mâles<note>Ibid., frag. 10, §
                            14.</note>.</p>
                        <p>La sor mon père est ma tante, et la sor ma mère. L'en doit savoir que li
                            fill el les filles au frère et a la seror n'ont pas espéciau non de <pb
                                n="227"/>lignage, ausi comme li frères et la serors au père et à la
                            mère, en (<emph>ains</emph>) sont nomez fiz ou filles au frére ou à la
                            seror, si comme l'en verra enprès que il avient en autres<note>Dig.,
                                lib. 38, tit. 10, frag. 10, § 14.</note>.</p>
                        <p>Li enfant au nevoz ou à la nièce sont entendu en quatre manières&#160;:
                            car il descent nevo de nevo de par le fil, ou de nevo de par la filie,
                            ou de la mère (<emph>nièce</emph>), de par l'un ou de par
                                l'autre<note>Ibid., frag. 10, § 14, <emph>in
                            fine</emph>.</note>.</p>
                        <p>Ou quart degré sont contenues quatre-vingts persones. Li beseaus mon père
                            qui est entenduz en huit manières&#160;: car il puet estre de par mon
                            père ou de par ma mère&#160;; et si comme nos avons dit, totes les
                            parties devent estre entendues en deus manières&#160;; et autresi la
                            beseole mon père. Et autresi sont dobles totes les persones pardevers
                                lui<note>Ibid., frag. 10, § 15.</note>.</p>
                        <p>Li frères mon eau est mon grant oncle, et cil nous est entenduz en quatre
                            manières&#160;: car il puet estre frères à l'eol de par le père, ou à
                            celi de par la mère. Cil qui est mon grant oncle est oncles mon père ou
                            a ma mère. Ma grant ante est la suer mon eau ou m'aole&#160;; et autresi
                            estele entendue en deus manières, si comme nos avon devant dit&#160;; et
                            por ce il sont entendues quatre persones. Et autresi cele qui est ante
                            mon père ou ma mère<note>Ibid., frag. 10, § 15.</note>.</p>
                        <p>Ma grant ante est la sor mon eol ou ma eole&#160;; et autresi est-ele
                            entendue en deus manières, si comme nos avon dit&#160;; et por ce i sont
                            entendues quatre persones. Et autresi cele qui est ante mon père ou ma
                            mère, pardevers sa mère, est ma grant ante. Li frère me eole est mon
                            grant oncle, et contient quatre persones&#160;; et cil est mon grant
                            oncle qui est oncles mon père ou à ma mère, pardevers son père, ou
                            pardevers sa mère<note>Ibid., frag. 10, § 15.</note>.</p>
                        <p>La sor ma eole est ma grant tante, et contient quatre persones par la
                            reson que nos avons mostré devant. Et cele qui est tante mon père ou ma
                            mère, pardevers la soe mère, est ma grant tante<note>Ibid., frag. 19, §
                                15.</note>.</p>
                        <p>En ce meisme degré sont cil qui sont apelé cosin germain et coisines
                            germaines&#160;: ce sont cil qui nessent de deus frères et de deus
                            serors, ou de frère ou de sor. Et chascun de cez puet estre entendu en
                            deus manières, selon ce que nos avons devant dit&#160;; car lignages
                            puet venir ou <pb n="228"/>pardevers père ou pardevers mère. Et autresi
                            la fille á l'oncle ou à la tente puet estre entendue en deus manières,
                            selon ce que nos avons devant dit&#160;; car lignages puet venir
                            pardevers lo père ou pardevers la mère. Et autresi la fille à l'oncle ou
                            à la tante pot estre entendue en deus manières, por cele meisme
                                reson<note>Dig., lib. 38, tit. 10, frag. 10, § 15.</note>.</p>
                        <p>Et se la seror et li nevoz et la nièce sont entendu chescun en deus
                            menières, si contendront-eles (<emph>seize</emph>) persones, se l'en
                            entent que eles se doblent<note>Ibid.</note>.</p>
                        <p>Ou quint degré sont contenues <hi rend="sc">xxxiii</hi> (<emph>cent
                                quatre-vingt-quatre</emph>) persones. Car li pères mon beseol, qui
                            est beseol mon père, et eol mon eol, contient <hi rend="sc">xxvi</hi>
                                (<emph>seize</emph>) persones, à conter pardevers les niales et
                            pardevers les femeles, si que l'en voie à chescune des persones qui
                            vienent pardevers le masle&#160;; et autresi celes qui vienent pardevers
                            la femeles contienent ces <hi rend="sc">vi</hi>
                                (<emph>seize&#160;?</emph>) persones. Et ausi comme les persones se
                            doblent pardevers le père, ausi se doblent-eles pardevers la mere,
                            ensint com nos avons dit devant<note>Ibid., frag. 10, § 16.</note>.</p>
                        <p>L'en ne pot venir à celi de qui l'en enquiert, fors par totes ces
                            persones de qui il nez&#160;; et généraument de totes les persones que
                            il convient conter, chescune doit estre contée par quatre, selonc ce que
                            nos avons devant conté, comment que ce soit, ou en montant, ou en
                            avalant, ou en travers. Ou por ce que li racontemanz de toz cez seroit
                            foux et enuios, de ci en avant, si nos en passons briemant otre&#160;;
                            car par cez que nos avons nomez puet l'en voer légièrement comment l'en
                            doit conter en cez degrez, et as autres qui vienent après.</p>
                        <p>Ou sixte (<emph>de</emph>) gré sont contenus <hi rend="sc"
                                >iiii</hi><s>e</s> [<hi rend="sc">xl</hi>] et <hi rend="sc"
                                >viii</hi> persones (<emph>quatre cent quatre-vingt-huit</emph>). Et
                            en ce degrié est li quarz eoux, qui est éu (<emph>aïeul</emph>) au
                            beseau à celui de qui l'en enquiert le lignage&#160;: (<emph>si</emph>)
                            contient <hi rend="sc">xxxii</hi> persones, que il convient totes
                            dobler, selonc ce que nos avon dit devant as autres degrez, si que l'en
                            aist <hi rend="sc">lx. iiii</hi><note>Ibid., frag. 10, § 17.</note>. Li
                            frères à celui éau est li tierz grant oncles&#160;: si contient seize
                            persones, et autresi convient-il que eles se doblent. Li frères à la
                            quarte eole est autresi li trez granz grant oncles, et contient autresi
                            seize persones, et convient autresi que eles se doblent. Et ausi
                            convient-il de toz cez qui sont en <pb n="229"/>sixte degré, ou en
                            montant, ou en avalant, ou de travers, si que chascune des persones qui
                            i seront soient contées en deus manières&#160;: c'est pardevers le masle
                            et pardevers la femele<note>Dig., lib. 38, tif. 10, frag. 10, §
                                17.</note>.</p>
                        <p>Ou <hi rend="sc">vii</hi> degré sunt contenues M et <hi rend="sc"
                                >xxiii</hi> persones. En ce degré sont li pères et la mère au quart
                            eol et à la quarte eole, qui contient <hi rend="sc">c</hi> et <hi
                                rend="sc">xxviii</hi> persones&#160;; et chascune de cez personnes a
                            père et mère. Totes les autres persones qui sunt en ce degrié, ou en
                            montant, ou en avalant, ou de travers, devent estre contées dobles,
                            selonc le générau enseignement que nos avons devant mis. Et por ce que
                            il a grant ennui et pou de profist en conter chacune persone par son
                            nom, nos en pason ostre briemant<note>Ibid., frag. 10, § 18.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Adam<note>Gaius, frag. 1, 3, ibid.</note> dit&#160;: Li uns des degriez
                            de lignage sont en montant, et li autre en avalant, et li autre de
                            travers. Cil en montant sont li pères et la mère&#160;; et en avalant,
                            sont li fil et les filles&#160;; de travers, li frères et les serors, et
                            cil qui nessent d'aus. Cil qui vont en montant, cil qui vont en avalant,
                            commencent au premier degré&#160;; mès cil qui vienent de travers, n'i
                            sont nule foiz, ainz sont ou segont degré, et ou tierz, et ce qui
                            vienent enprés. Aucun de cez qui vienent de travers poent partir à cez
                            qui vienent en montant. Mès l'en doit savoir que quant l'en enquiert
                            d'éritage ou de possession des biens, tuit cil qui sont de un meisme
                            degré ne doivent pas partir ensemble<note>Ibid., frag. 1, pr.,§ 1,
                                2.</note>.</p>
                        <p>Le premer degré en montent sont li pères et les mères&#160;; en avalant,
                            li fiz et les filles. Au segont degré, en montent, sunt li eol et les
                            eoles &#160;; en avalent, li nevoz et les nièces&#160;; de travers, li
                            frères et les sors. Au tierz degré, en montant, sont li beseol et les
                            beseoles&#160;; en avalant, li enfant au nevoz et à la nièce&#160;; de
                            travers, li enfant au frère et à la seror, et li oncles et les tantes
                            pardevers le père et pardevers la mère<note>Ibid., frag. 1, §
                                3-5.</note>.</p>
                        <p>Ou quart degré, en montant, et en avalant, et de travers, sunt li enfant
                            a cez qui sunt do tierz degré&#160;; à icest meisme degré de travers
                            sont li frères et la sor à l'eol et au beseol, et li coisin germain, ce
                            sont cil qui nessent des deus frères et des deus serors.</p>
                        <p>Ou quint degré, en montant, et en avalant, et de travers, sont li <pb
                                n="230"/>enfanz à ces do quart&#160;; et si sont en ce degré li
                            frère et la seror au beseol et à la beseole, et li cosin après
                                germain<note>Dig., lib. 38, tit. 10, frag. 1, § 6, 7.</note>.</p>
                        <p>Ou siste degré, en montant, et en avalant, et de travers, sont li enfant
                            a cez qui sont dou quint.</p>
                        <p>Ou <hi rend="sc">vii</hi>, sont li enfant à cez qui sont au siste. Por ce
                            que nos avons devant dit, puet l'en assez savoir quez persones il i a
                            après&#160;; et no devons savoir que totes cez persones sont
                            dobles&#160;; car quant nos disons li aol et li beseol, nos entendons de
                            ce qui sont pardevers père, ou pardevers mère&#160;; car quant nos dison
                            nevoz et nèices, nos entendon cez qui viennent des fiz, et cez qui
                            vienent des filles<note>Ibid., frag. 3.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Adam<note>Modestinus, ibid., frag. 4.</note> dit&#160;: Quant l'en
                            enquiert de nature de lignage, l'en ne passe pas légièrement le setième
                            degré&#160;; car nature ne soffre pas que aucun vive tant que cil degré
                            soit passez. L'en apele coisins ces qui sont d'une meisme racine. Et
                            l'en entant dreiture de lignage en mointes manieres, si comme cil qui
                            sont de léal mariage, et cil sont apelé léal&#160;; li autre sont qui
                            sont de porchaz, et cil sont apelé bastart&#160;; li autre sont par
                            affinité. Enprès nos dison que cil soient léaul fil qui sont nez de léal
                            mariage, et doivent estre apelé à l'éritage do père et de la mère sanz
                            le testament.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Li bastart n'ont rien en l'éritage, se ce n'est ausint comme estranges,
                            et li affins ausint.</p>
                        <p>Nos vos avons ci mostrez des degrez de lignage&#160;; or vos mostreron
                            comment avenue doit aler, et à qui, et eschéeste.</p>
                        <p>Avenue de fiez si vient do père au fiz&#160;; et puis au nevoz, et au
                            seus (<emph>sous</emph>) nevoz, et ausint en siuant&#160;; et tozjorz
                            prent avant celi qui est en ceste ligne, ga si l'an ne sera que cez en
                            montent, ne que ces de costé&#160;; et ausi est en vilenages.</p>
                        <p>Or parlerons des fiez premièrement, et enprès de vilenages.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head>VI. De hers et de rachat.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: Escheete qui vient de père au fiz, c'est li premiers, et
                            est li plus près à avoir le que nus de la lignie. Et enprès li fiz do
                            fiz, <pb n="231"/>c'est li nevoz&#160;; et enprès li soz-nevoz&#160;; et
                            enprès li fiz au soz-nevoz, et issint en coinsiguance jusques à sept
                            degré&#160;; car home ne puet pas plus vivre. Et de cest descendue nus
                            ne rachète, et ne fet que prandre de seignor, gontes mains.</p>
                        <p>En montent, vet do fiz au père. L'escheete do fiz doit venir au père, se
                            li fiz n'a enfanz&#160;; et do fiz à l'eol et au beseol, et issint en
                            conségance, giuque au sept beseaul&#160;; et en ce n'a point de rachat.
                            L'escheete do frère qui n'a enfanz, ne père, vient au frères des fiz, et
                            non à la sor&#160;; et s'il n'i a frère, au nevo, et au soz-nevo, et en
                            consiguance jusque à <hi rend="sc">vii</hi> degrez, si n'i a plus
                            près.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: L'en doit savoir que héritage et garde vient par droiture
                            de lignage au plus prochein, pardevers père ou pardevers mère, à cele
                            partie don la chose mot&#160;; et li baillis li done la possession des
                                biens<note>Dig., lib. 38, tit. 10, frag. 10, pr.&#160;: <emph>de
                                    Gradibus, et affinibus</emph>.</note>.</p>
                        <p>Nos apelons coisins toz cez que la loi apèle parenz de par père ou de par
                            mère. Et tuit cil rachètent de escheete, et de ball. Droiture de lignage
                            apartient as hers. Nessence de lignée vient par femes&#160;; et cil sont
                            frère qui sont nez de une mère, et non pas de un père<note>Ibid., frag,
                                10, § 6.</note>&#160;; et sont apelé à l'éritage à la mère, à tost
                            le héritage do premier mariage&#160;; et li segont a conquez et a
                            l'escheete do segont mariage&#160;; et les avenues qui vienent do
                            premier mariage ou do segont, sont parties iuéement au fiez, saus
                            l'énéence. Et en montent et en avalent, n'a pas rachez. Et tuit cil qui
                            sont de un père, jà soit ce que il soit de diverses mères, sont frère de
                            père. Li droiz apèle toz pères et mères, jusques au tierz genol, c'est
                            au tierz ael&#160;; et d'iqui en avant sont apelé greignors<note>Ibid.,
                                frag. 7.</note></p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Li héritages do père que l'en porte ou premier mariage, li enfant de
                            celui mariage ont la moistié, por le doere lor mère&#160;; et cil do
                            segont mariage, le quart de tot, por le doere lor mère&#160;; et cil do
                            tierz mariage ont le demi-quart de tot, por le doere lor mère&#160;; et
                            issint est en siuant. Et ce qui remaint, si est départiz iuéement en
                            toz, sauf l'énéence. Ne en la terre au père ne pot avoir que une
                            énéence, ne en la terre à la mère.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p><pb n="232"/>Les conquez que aucuns fet, et sa feme, sont as enfanz de
                            celui mariage. Et se li hom a autre feme, il la puet doer&#160;; et cil
                            doeres sera patremoines as enfanz de segont mariage&#160;; et ce qui
                            remainst, c'est le quart, sera communs as enfanz do premier et do segont
                            &#160;; et de eschete aussint cele vaie meismes qui est devant dite.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>De bau de fiz au père n'a point de rachat, ne de nevo à eol, et issint en
                            siuent, en amontant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Là ou il a garentie n'a point de rachat.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>Quant feme a doere au fié, et li hers ne velt racheter, ne garentir le
                            doere, la dame prendra do seignors&#160;; e li sires aplètera
                                <emph>(exploitera)</emph> la partie à l'eir por son rachat.</p>
                        <p>Quant frère et sor partissent, et li frères ne retient riens do fié, il
                            ne garentira pas, ens prandra la sor dou seignor&#160;; et se prant
                            seignor, il rachètera.</p>
                        <p>An siure son fié n'a point de rachat.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>Quant aucuns rachète aucune chose, si doit nomer quel chose il
                            rachète&#160;; et s'il ne rachète tot, li remenanz remaint encore à
                            racheter &#160;; car li nomemenz de la chose n'apartient pas au seignor.
                            Et ce qui n'est nomé, li sires a les issues, se quarante jorz sont
                            passé.</p>
                        <p>Nus n'entre en foi de chose donée à vie, quant la propriété ne li est
                            otroïe, s'il ne plest au seignor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: Frères sont en segont degré d'omme. Quant aucun mort sanz
                            heir, son patremoine vient au frères, et au sors non&#160;; et doivent
                            racheter, car la chose vient de costé&#160;; et aussint quant la chose
                            vient d'oncle à nièce, ou de nièce à oncle, ou de tante à nevo, ou de
                            nevo à tente&#160;; et ausi de coisin à coisin ou à coissine&#160;; et
                            issint est en ensiuant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: Frères ne rachète mie dou bau de ses frères. Li ainz-nez
                            des frères, s'il est lai <emph>(lui)</emph> et autre, a les deus parz de
                            la terre&#160;; et si sont plus, la moistié&#160;; il a la mellor
                            herbergerie et un arpent por tot, et li autre ont tuit ensemble un
                            herbergerie. Et se plus i a herbergages, il sont partiz iuéement as
                            autres frères&#160;; et s'il i a plus, il vient en partie as autres
                            frères et à l'enné, san l'ennéence.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: Frère ne rachate mie de la garde de ses frères&#160;; ne
                            sor, s'ele est sanz mari&#160;; mès li mariz rachète le bau de la garde
                            l'éritage de la feme&#160;; non s'il i a heir de terre qui
                            garentisse.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p><pb n="233"/>Une damoisele prent seignor&#160;; si a terre qui vient de
                            fié de son patremoine&#160;: l'en dit que sis mariz, qui la prent, ne
                            rachatera pas, se ele a frère heir de terre, ne sis sires. Mès se li
                            sires premers muert, et ele prange le segont seignor, il rachètera, tot
                            i ait-il heir de terre. Quant feme a douze anz, et ele est mariée, le
                            bal mort&#160;; et veez la reson&#160;: li anciens droiz si est tex que
                            feme n'ert à âge à terre tenir devant qu'ele fût mariée&#160;; et por ce
                            que li ami la tenoent tant à marier, por avoir le preu de la terre,
                            mainz maus en sordoent. Et li rois Loys vost ci fere amendement, et
                            establi, par général concire, que feme, puis qu'ele aroit quinze anz,
                            fust hors de baill, et tenist sa terre. Jà soit ce que il ne mua riens
                            de l'ancien droit an ce, que se ele ere mariée ou à douze anz ou à
                            treze, que sis mariz eust sa terre délivre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p>Un home ou une femesi mort, et a enfanz de segont mariage, et nevoz dou
                            premier. Li nevoz demende l'eschoes dou premier mariage à la mère, et li
                            enfant dou segont la demendent. Et l'en dit que li plus près prant ce an
                            fié.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>Quant garentie faut, l'en doit prandre celui qui fet la garentie à
                            homage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p>Oncles rachate le bau de ses nevoz, et des coisins l'un vers l'autre, et
                            issi en coissinance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 16.</head>
                        <p>Coisin germain rachate, et coisin do quint, et do six et do sept
                                <emph>(degré)</emph>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 17.</head>
                        <p>Bau si ne dure que au tens jusques li heirs ait vingt anz et plus&#160;;
                            et quant il a passé tot le âge, et il ne prant de li, li sires pot
                            assener à la chose por défaut de vavassor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 18.</head>
                        <p>Père ne mère ne rachate pas do bau de ses fiz, ne ne puet l'en aler
                            encontre, tant comme il vodra demorer ou bau son père ou sa mère.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 19.</head>
                        <p>Ennéence ne porte force en eschéete qui vient de costé, qui n'i soent
                            iuel masle&#160;; et femele n'i a riens, tant comme il eist masle. Et si
                            li ennez mort ainz que il ait terre que li soit avenue, li einnez après
                            aura l'ennéence. Entre femeles n'a point de ennéence.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 20.</head>
                        <p>En eschéeste de costé n'a point de ennéence&#160;; tuit sont iuel. Et se
                            l'ennéence est partie as autres, l'ennéence est morte quant as autres,
                            et seront iuel et en eschéete et ou remanent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 21.</head>
                        <p>Des baronies et des contéez vet autrement&#160;; car la sole baronie <pb
                                n="234"/>n'est pas desmembrée, mès l'en fet avenant as menuez sor
                            rentes ou sor terres, et la digneté remaint à l'ainzné ou à l'ainznée.
                            Et s'il i a dui ou trois baronies, es sont départies sanz
                            desmembrer.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 22.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: Quanquez père et mère fet de ses choses resonablement au
                            marier ses enfanz, est estable.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 23.</head>
                        <p>Se uns prodomes a trois fiz et deus filles, li einznez garantira, et n'i
                            aura point de rachat, nais por les filles, se eles sont mariées, por ce
                            qu'il i a heir de la terre. Et s'il n'i a se filles non, l'enné ne
                            garentira pas do rachast.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 24.</head>
                        <p>Garentie vet juique à coisin remué de germain, et non plus.</p>
                        <p>L'en ne rachate pas de chenge but à but, mès s'il i a tornes, de tant i a
                            los. L'en ne rachète pas de père. Ausint se aucuns demende une chose, et
                            cil qui la tient por la pez en done un pou d'argent, ci n'a ne los ne
                            rachat. Le <emph>(l'en)</emph> recheste de don de largece.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 25.</head>
                        <p>L'en ne rachète pas de restablissement. Se aucun dit en sun testament que
                            sa chose soit donée por Dé, l'en ne rachète mie. Mès quant ele est
                            livrée à celui qui ele est, et à qui ele doit estre en patremoine, s'il
                            n'i a rachast. L'en ne rachaste mie de chose engagée. Home ne feme ne
                            rachète mie do bau de ses enfanz. L'en ne rachète pas doere. L'en ne
                            rachète pas de département. L'en ne rachète mie de partie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 26.</head>
                        <p>Ne de mu, ne de sort, ne de desvé, ne de fo despendeor n'est pas
                            rachastez, por quant s'il ont garde&#160;; mès se l'en lor det le
                            rachat, il le poent recevoir et demender.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 27.</head>
                        <p>Rachast si est tant comme la terre vaut de rente un an, et non plus. Home
                            rachète, et feme, se li uns done à l'autre héritage. Ou
                                <emph>(on)</emph> ne rachète mie de la mort de sa feme, tant comme
                            li enfant sont en son baill.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 28.</head>
                        <p>Quant aucuns ne velt racheter et se marie, la chose remaint au seignor.
                            Li sires ne pot prendre sor les rères-vavasors plus que li vavasors n'i
                            prant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 29.</head>
                        <p>Home rachète de l'eschaeste sa feme, et feme, enprès la mort son mari,
                            rachète l'eschéete qui li est avenue ou tens do mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 30.</head>
                        <p>L'en ne racheste pas de nul, se il n'est sires doù leu, et tel qui puisse
                            recevoir homenage&#160;; si comme l'en dit de régale et de ce cas
                            semblable. Mès la sentence <ref
                                target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/6">Goufroi de la
                                Chapele</ref> est la plus veraie, <pb n="235"/>qui dit que l'en doit
                            racheter&#160;; car les aventures que aviennent en celui tens sont do
                            régale.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 31.</head>
                        <p>Dui frère d'un père et d'une mère sont&#160;; lor père est morz et lor
                            mère, et sont en aage. Li einznez prant sa terre do seignor, et li
                            meinnez non. En ce il partissent, et avient tote la terre à la mère au
                            meinné. Li sires done <emph>(dont)</emph> la terre do père mot, demende
                            rachat à l'einzné, por la reson de la terre au meinné, qu'il tient, qui
                            est morz, qui onc ne tint de seignor&#160;; et li einznez ne viot
                            racheter par la reson de la partie qui fut entr'aus. Si demende l'en
                            qu'en dit droiz. Et l'en dit qu'il doit racheter&#160;: car des choses
                            doteuses, l'en doit aler à la plus aperte, et nus n'est en veraie
                            sésine, se le verai seignor ne l'i met.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 32.</head>
                        <p>Dui frère sont trové occis devant la meson à un borgois. Li borgois en
                            fut empeechiez, et conut pardevant la jostice, qu'il les avoit ocis,
                            comme cez qui estoient venuz en sa meson de nuizentre, et peceèrent sa
                            meson, et le vodrent occerre. Et bien estoient aparessent as plèes que
                            il avoit, et à sa meson qui estoit pecaée. Et qui vodroit dire encontre
                            que ce ne fût vers, il est apareilliez do motrer et de l'avérer. Li
                            prodom remet en pez. Li hériter vindrent avant, et demendèrent l'éritage
                            au mort. La jostice le volt avoir. L'en demende qu'en dit droiz. Et l'en
                            respont que li prochein devent avoir la chose, comme l'en ne pot pas
                            bien savoir la manière de la mort, ne li morz ne se puet deffendre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 33.</head>
                        <p>Uns hom si a sa terre qui mot de fié, et muert sanz enfanz de sa feme
                            esposée. Sa terre doit eschéer au plus près, ausint comme de vilenage,
                            fors en ce, s'il i a eu <emph>(en)</emph> eschéete de costé masle et
                            femele iuves, li masles prent et la femele non. Et se la femele est plus
                            près que li masles, ele prant avant que li masles.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 34.</head>
                        <p>Enprès nos dison que ennéence ne porte force en eschéeste qui vient de
                            costé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 35.</head>
                        <p>Ci enprès nos disons que de eschéeste qui vient de père au fiz, ou de
                            mère, si ne sont que dui, li einznez a l'ennée, et emportera les deus
                            parz&#160;; et s'il sont plus de deus, li einznez aura la moistié. Et en
                            quanquez manière que li einznez emporte l'ennéece, il a tozjorz le
                            meillor herbargage à son chois, et un arpant de porpris.</p>
                        <p>Et s'il i a enfanz de deus femes, ou de trois, en ce qui sera commun <pb
                                n="236"/>prendra-il l'ennéance&#160;? Ou <emph>(oïl)</emph>, li
                            einznez de sa première feme, ou quart don do segont mariage, et en huit
                            do tierz, et issint en consinence. Et si li einznez mort einz que il ait
                            partie, li einznez après l'ennéance, et issi en consinence.</p>
                        <p>Or demende l'en se il n'i a masles, se filles non, il n'i a point
                            d'ennéence&#160;; ainz doivent partir iuéement. De baronie vet
                            autrement, et de contez&#160;: car baronie et contez est départie
                            iuéement à filles, et si sanz desmembrement la baronie. Et s'il i a fiz,
                            il a tot, et fet avenant mariage as autres. Et s'il i a plusheirs contez
                            et plusors baronies, li meinnez et les filles auront chescun la soe, se
                            costume no tot.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 36.</head>
                        <p>Quanquez père et mère fet est estable. Se uns des trois frères mort, qui
                            ont lor terre commune, et ont un frère qui a parti à aus, il prendra en
                            l'eschéeste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 37.</head>
                        <p>Tot ce que home ou feme labore ou fet laborer do sien, sont contez por
                            mobles, toz seest <emph>(tout soit)</emph> le fruiz pendant. Vignes
                            fetes à seson de grant façon son conté por moble. Mès se l'en fet
                            gaagner à métié, li morz n'enporte que ce qu'il i a mis.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 38.</head>
                        <p>Se aucuns a eu l'ennéence de la terre son père, et la mère remet seisie
                            de son héritage enprès la mort son seignor, et li einznez fiz mort, li
                            einznez fiz, qui vindra après, aura l'ennéance de la terre à la
                            mère.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 39.</head>
                        <p>Quant li pères et la mère marient lor enfanz, tot i eit-il ainzné a ce,
                            forz de la chose do <emph>(dont)</emph> père et mère mort seisiz, ou est
                            seisiz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 40.</head>
                        <p>Se feme a enfanz de deus seignors, femeles do premer et masles do segont,
                            les femeles enporteront l'éritage à la mère&#160;; car totes les choses
                            que la mère ot ou premier mariage sont au pres <emph>(premers)</emph>
                            enfanz&#160;; des choses au père, non, s'il a eu segonde feme, et enfanz
                            de lui&#160;; que la segonde feme a le quart por doere&#160;; et c'est
                            patremoine as enfanz de celui mariage&#160;; et l'autre quarz communs à
                            toz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 41.</head>
                        <p>Fiez ne pot esmortir sanz l'autroi de deus seignors, et plus le ne
                            set.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 42.</head>
                        <p>Uns gentis hom n'a ne père ne mère&#160;; li baus de lui vient à un
                            chevalier, qui a rachaté. En ce uns siens vavasors muert, qui tient de
                            lui, et est sis coisins, et li eschiet la terre. L'en demende se cil qui
                            a le baill rachètera&#160;? Et l'en dit que oïl, <emph>(ou il)</emph>
                            lerra le bail.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 43.</head>
                        <p><pb n="237"/>Uns chevalier se muert qui a terre de fié, et a enfanz, et
                            doivent tant, et est la terre si chargie de detes, que l'en ne puet
                            trover qui vuelle prandre le bau. Si demende l'en comment li sires aura
                            son rachat, et li détor lor detes&#160;? Et l'en respont que li sires
                            aura et lèvera premièrement s'année&#160;; et enprès la chose sera mise,
                            por le conseil dou juige, ou profit des enfanz, et à quitier lor detes,
                            sauve lor vivres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 44.</head>
                        <p>Une feme si a deus seignors, et ot terre que li pères li dona au premier
                            mari, et en ot enfanz, et ot enfanz do segont mari. Au vivent au segont
                            mari, terre li eschoit de son frère, et avenue de son père&#160;: l'en
                            demende quele partie li premier enfant et li segont prendront as choses
                            de par la mère&#160;? Et l'en dit que li premier prendront le premier
                            mariage, et li segont auront les eschéetes&#160;; et les venues seront
                            au premiers et au derreniers, sauf l'ennence. C'est à la costume de
                            Orliens. A la costume de l'Ostel le roi, de eschéeste et d'avenue sont
                            tuit li enfant iue, sauf l'ennéence&#160;; et raportent li premier
                            enfant lor première partie en commun, s'il volent prendre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 45.</head>
                        <p>Nos dison que li enfant do premier mariage ne sont pas heirs des
                            detes&#160;; mès li enfant do segont mariage, et do tierz, chascun de
                            son mariage paeront les detes&#160;; et ont les mobles et les conquez.
                            Et s'il n'i a ne mobles ne conquez, chescun paera segont que il aura de
                            l'éritage, li premier, et li segont, et li tierz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head>VII. Comment l'en doit recevoir home.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Se aucuns a eu <emph>(en)</emph> aucun héritage droit, par lignage, ou
                            par achast, ou par don, ou par autre droite cause, l'en le doit recevoir
                            à home, en fesant vers les seignors ce qu'il doit, tot ne soit-il
                            d'aage. Mès se la chose est donée en non aage por grever aucun, comme de
                            relevemanz ou d'autre servise, l'en no soffre pas. Mein morte ne doit
                            tenir fié.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Nus ne doit prendre à home home, tant comme cil vive qui est en sa foi,
                            se n'est par son gré, ou se juigement ne l'i met.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>L'en doit prendre à feme feme&#160;: car ele pot fere par autrui ce
                            qu'ele ne pot fere de soi. L'en doit prendre home por la reson do baill,
                            s'il est li plus près de non aagé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p><pb n="238"/>Quant aucuns demende achaeste, et dit que cil est mort qui
                            tenoit, il doit prover la mort pardevant le seignor do fié, et qu'il est
                            li plus près, et pardevant bones genz&#160;; et doit bien li sires
                            soffrir quarante jorz por voer se plus près vendra. Et se aucuns ne
                            vient avant, il recevra celi qui ert. Et se aucuns ne se tret avant, et
                            quarante jorz passent, li sires prendra son fié en sa main.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Si home est morz, sires pot bien asener as fruiz pandanz et à la terre
                            dedans les quarante jorz&#160;; mès por ce n'est pas sien se il prant,
                            quant l'en fet ver li ce que l'en doit dedanz quarante jorz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head>VIII. Cas de servise.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Servir si est servir son seignor por la terre que l'en tient de lui, en
                            queconz manière terre mue seignor, ou de la partie à celi qui tient le
                            demoine, ou de la partie à celui qui est sires. Servise est deuz quant
                            l'en le vient lever, c'est à savoir un rocin de servise de soixante
                            sols. Et se aucun tient partie de fié, et soit en homenage, il n'en
                            rendra que partie des soixante sols, c'est à savoir, de la moistié la
                            moistié, et do quart le quart. Et tant comme les dui persones vivent,
                            cil <emph>(qui)</emph> a pris le servise, et cil qui a servi, et la
                            chose soit en lor main, servise n'en sera levez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Feme, s'ele est. veve, ne sert pas, se sis mariz a servi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Après un autre servise est, que doivent senez, c'est à savoir servise
                            d'ot&#160;; et chascun le doit si comme costume est. Et cest servise
                            doivent totes genz, ne nus ne s'en pot deffendre. Et est deuz en plusors
                            manières&#160;; li uns les doit sels, li uns les doit soi et
                            autre&#160;; li autres les doit soi quinz&#160;; li autres les doit soi
                            dizèmes. Et ce servise est deuz segont la costume de la région, et est
                            acostumé par nombre d'anz, et nus n'en est frans por la reson do commun
                            profit.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Nus fiez liges ne doit servise.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Nus ne sert feme quant sis mariz est morz, quant l'en a servi son
                            seignor. Ne feme ne sert pas se ele est veve, se sis mariz a servi, se
                            li sires de qui ele tient <emph>(ne)</emph> muert, et viegne
                            noviaus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Feme n'est d'aage por servise devant que ait quinze anz, et home devant
                            qu'il ait vingt anz et plus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p><pb n="239"/>Se hom doit servise à son seignor, et il est rendu, et li
                            sires li demende, li hom s'en passera par son seremant. L'en siert celui
                            qui a le bau et loier, quant il vient à terre tenir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>Se aucuns seignors demende à son home, que il ait doné terme à son home
                            de son servise plus que la nuiz, par quoi la chose soit chesle en
                            dete&#160;; se li hons conoist la fin, et le servise, et le terme, et il
                            dit qu'il l'a paie, par soi et par garanz&#160;; et s'il nie le
                            terme&#160;; et il dit que il ait rendu au seignor&#160;: il n'i a que
                            son serement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Uns hom doit un rocin de servise por terre que il tient, que il a de fei.
                            L'en li demende le rocin. Si demende l'en comment il seret renduz, et
                            quant&#160;? Et l'en dit que il a trois pares de nuiz del paier&#160;:
                            la première nuiz, il doit venir et amener le roncin&#160;; se il est
                            refusez, il doit ausi fere la première, la segonde nuit, et la
                            tierce&#160;; et se il ne le parfet à la tierce resonablement, il chiet
                            en l'amende de soixante sols, et rant le roncin.</p>
                        <p>Tes est li roncins de servise&#160;: garni de sele, et de frain, et de
                            chavaistre, et d'esperons, et que tot valle soixante sols.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head>IX. Comment l'en doit relever de cens, de fié, vendu, ou achaté, ou
                        donné.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci que se aucuns a cens, et il le donge à son fiz, l'en reliève
                            selonc la costume do païs. L'en ne doit pas relever se li fiz le li
                            done, ou le change, ou le vent à autre, et il le retrest, il n'i a nules
                            relevesons. Ce fut establi par mout grant léauté, por ce que pères et
                            fiz ne feissent entr'aus mauvese convenance por grever cez qui trove
                            d'os. En queconques manière que il veigne de père au fiz arrières, ou do
                            fiz au père, tot l'eschéeste à strangées et leuvat de un d'aus, l'en en
                            doit relever par deus resons&#160;; que il n'eent profit en lor malice,
                            et que il n'eent acheson de tricherie fere.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>De fiez que en dites-vos&#160;? Se l'en en ovre en la manière que vos
                            avez oïe deviser, nos dison autel.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>L'en ne relève pas feme veve de son héritage, quant sis sires est morz,
                            ne de l'éritage son seignor.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <pb n="240"/>
                <front>
                    <head>X. De forterece jurée.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en doit jurer forterece, là où ele a forme de chastiau, tot soit-il
                            segonz sires, ou tierz, ou quarz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Qui jure forterece, si jure qu'il la baudra à son seignor totes les foiz
                            qu'il la vodra avoir por son besoing. Et l'en li doit baller totes les
                            foiz qu'il l'en requiert, ne n'est pas tenuz li sires à mostrer son
                            besoing à son home ou à son juré. Bien si gart que il n'i mesprigne, et
                            bien apert il ne la pot tenir que quarante jorz, et la puet tenir tant
                            comme besoing li durra.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Sires doit avoir forterece si comme ele est, et ausi la doit rendre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Quant home vant terre de fié, li sires do fié ara le serement qu'ele est
                            vandue, dou vendeor, avant qu'il reçoive l'acheteor à home. Et se li
                            sires reçoit ad seisine, il n ara plus son serement.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head>XI. De commun servise.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Autres servises sunt&#160;: li un sunt de par la reson des terres, li
                            autre par la reson des mesons, et li autre par la reson de cors qui sont
                            sor les terres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Cil qui sont deu par la reson des terres sont cens, obliez, gelines,
                            corvées, et plusors autres choses, qui plus doivent par la reson des
                            terres que par autres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Ce qui est rendu par la reson des mesons sont cens, et plusors autres, et
                            ne toche que à mesons.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Ce qui est rendu par la reson do cors plus que par autre, si est talles
                            d'ot, et tuales de pen et de vin, et achaugètes, et il te devence
                                <emph>(redevance)</emph> do&#160;; se li cors n'ere reseanz ou leu,
                            li héritages n'en devroit riens.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head>XII. De paages.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Uns bons si doit paage en une vile&#160;: li prévoz l'areste, et dit
                            qu'il n'a pas paié son paage. Cil respont qu'il l'a rendu là où il doit,
                            et <pb n="241"/>quant il dut, et l'offre à jurer&#160;; et li prévoz dit
                            que por tant ne veaut-il mie que il s'en past. Segont cez paroles
                            s'otroient à juiger. L'en demende qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont
                            que por tant ne s'en doit-il pas passer&#160;; car dire&#160;: J'é rendu
                            quant je dui, et là où ge dui, por ce n'en sui-ge pas quites. L'en
                            demende comment il s'en doit passer&#160;? Et l'en respont&#160;: se il
                            nomme le leu, et à qui il l'a rendu, tot ne sache-il pas le nom&#160;;
                            et la persone me die aissi&#160;: à un home qui estoit léanz&#160;; et
                            s'il dit eissi, il s'en passera par son serement. Et tel loi si est de
                            costume qui ne done que cinq sols et mains.</p>
                        <p>Et se la costume est granz qu'ele doie quinze sols ou cent sols ou dix
                            livres la costume, comment s'en passera-il qu'il ait rendu tel
                            costume&#160;? L'en dit que il convient que il le preuve par soi e par
                            deus garanz, qui jurront que il l'ont rendu en la meson où l'en le
                            reçoist&#160;; et en quel leu, à un home qui se fesoit receveor&#160;;
                            et ce jurront, et por tant s'en passeront, et seront quite de la
                            costume.</p>
                        <p>Et se aucuns rent allors costume que en la meson où l'en la reçoit, l'en
                            n'en est pas quites, tot se face aucuns receverres.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head>XIII. De los.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Los si est une chose que l'en doit à seignor quant aucun vant sa terre.
                            Et est apelez los de loer&#160;; quar la vente n'est pas parfete devant
                            que li sires l'ait loée. Et li los si monte le quint denier&#160;; et
                            cil le doit rendre qui vent, se convenenz n'est&#160;; et li sires de
                            qui fié ce est, si le doit avoir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>L'en ne rent pas los de choses aumônée, ne de change but à but à
                            héritage. Et se l'en change partie à héritage, et partie à deners, a-il
                            los&#160;? Oïl, de tant comme il aura deners. Et se l'en change
                            l'éritage à marchendise, ou en vin, ou en robes, i aura-il los&#160;?
                            Oïl&#160;; car ce torne plus à deniers que à héritage&#160;; car chose
                            movable si est contenus por moble, et héritage non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>L'en ne rent pas los de engagement, ne de loage, ne de escheeste, ne
                            d'avenue, ne de partie commune, s'il n'i a termes
                                (<emph>tornes&#160;?</emph>), mès s'il i a termes
                                (<emph>tornes&#160;?</emph>), de tant doit l'en le los.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>L'en ne rent pas los de don, ne de testament, ne de pez.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <pb n="242"/>
                <front>
                    <head>XIV. De ventes.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Dues autres manières de servises sont que l'en apèle ventes, et celes
                            ventes sont de sol un denez en sept meneires. L'en ne doit ventes, se la
                            chose n'est vendue. L'en ne doit pas ventes de change but à but&#160;;
                            mès s'il i a tornes, l'en doit ventes des tornes. L'en ne doit pas
                            ventes des engagemenz, ne de loage, ne de don, ne de prest, ne d'avenue,
                            ne d'eschaeste, ne de aumône, ne de pez.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <front>
                    <head>XV. De reliés.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>En plusors los a diverses costumes sor vilenages. En aucuns los a reliés,
                            et li reliés est segont ce que l'en a usé. En Orliens est tele la
                            costume, que la meson, quant ele doit relever, se l'en n'en fet la
                            volenté au seignor, done de relief ce que ele vaut de loer un an, ou ele
                            remaindra gaste de clôture, de uis et de fenestres&#160;; et c'est o
                            chois à celi cui la meson est.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Quant home prent feme, l'en doit relever de lui, se l'en n'a relevé de la
                            feme. Mès se l'en a relevé de la feme avant qu'ele prist seignor, l'en
                            ne relèvera pas por ce, se ele a pris seignor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Quant père et mère muert, li enfant relièvent de la mort de leur père et
                            de leur mère communément&#160;; et s'il partissent, il ne relièvent pas
                            quant il vienent en aage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>L'en reliève del mari à la feme, tost soit-il parrastres, tot muevent les
                            choses de son premier mari. Mès l'en relèvera el non de enfanz&#160;; et
                            fera segur qu'il la (<emph>les</emph>) fera tere, quant il seront aagé.
                            Mès l'en ne relève pas del segont mari del cens qui est patremoine à la
                            feme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Li sires relèvera la terre qui mot de par la feme qui prent do seignor.
                            Tant de foiz comme le seignor de la propriété mue, ou celui qui a la
                            seignorie, ou celi qui a la propriété, tante foiz relève l'en. Se li
                            sires à la feme muert, la feme ne doit avoir relevaisons&#160;; mès feme
                            doit relever quant la chose li vient novelement, c'est à savoir la
                            propriété.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>En totes les manières que la censive mue seignor, de queque partie ce
                            soit, soit de par le seignor qui tient le fié, soit de par celui qui
                            tient le vilanage, a relief.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p><pb n="243"/>Tant comme li enfant seront non aagé, et seront ou bau don
                            père ou de la mère, l'en ne relèvera do père ne de la mère&#160;; car
                            père ne mère ne rachaste pas le bau de ses enfanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>Quant il a eu cens de vignes ou terre, meins de six deniers l'arpent de
                            cens, ou plus de huit, il ne doit que tel cens, teles relevoisons,
                            segont la costume de Orliens. De mesons vet autrement. Quant sires s'est
                            tenuz an et jor, et reçoit son cens à gré, et tient son censier en
                            sésine, et enprès demende relevoisons ou amendes, il n'en doit mie avoir
                            response.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Servise puet estre tozjorz demendez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>Nus ne se doit fere sire de ce don il doit estre sogiez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>L'arpent de vigne doit trois sols de reliés, et li arpenz de terre trois
                            sols. Bau de vilanage ne doit pas reliés.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p>Tant comme home tendra ses enfanz enprès la mort lor mère, la terre à la
                            mère ne doit point de relief&#160;; enprès la mort au seignor, se la
                            feme doit relever, feme reliève son héritage&#160;; enprès la mort son
                            seignor, et se aucuns a relevé avant qu'ele prist son seignor, a
                                (<emph>elle</emph>) ne doit pas relever.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p>L'en doit relever les héritages au mort, ce à qui il aviennent, ou à qui
                            il eschéent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>Home reliève de la prise sa feme la terre qui mot de par sa feme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p>Nus ne reliève de celui qui a la chose en bau&#160;; mès l'en reliève des
                            enfanz, tout soient-il non aagé&#160;; et sont mis li dener en
                            sauvegarde &#160;; et cil qui a la garde des enfanz, se il la
                                (<emph>les</emph>) velt avoir, donra segurté que, quant li enfant
                            seront aagé, qui se teront et auront estable ce qui est fet, ou qu'il
                            rendra les deners arières à cez de qui il les a euz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <front>
                    <head>XVI. De la possession des biens do mariage et de la feme<note>Dig. lib.
                            38, tit. 2&#160;: <hi rend="i">Unde vir et uxor</hi>.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Adam dit&#160;: A ce que li mariz et la feme ait la possession des biens
                            li un à l'autre, il convient que il i aist juste cause&#160;: si comme
                            se li mariz a vendu la terre sa feme, il pot fere contrepois de la soe,
                            pardevant le juige&#160;; ou s'il velt vendre la soe terre, porra par
                            besoing &#160;; et il est plus profiz au mariage de vendre sa terre que
                            la sa feme.</p>
                        <p><pb n="244"/>Lors doit-il venir au juige, et requerre que il mete avenant
                            remède, por le besoing do mariage, en avoir contrepois de l'éritage sa
                            feme. Et li juiges doit regarder les persones, et la quantité des
                            enfanz, et le besoing&#160;: et lors, par le consoil de bones genz, doit
                            li baillis otroier que li uns face retor à l'autre, et ait ferme et
                            estable. Et si est ferm et estable ce que sera fet par tel manière,
                            quant aucuns a doné de son héritage à ses enfanz à aus marier, et li
                            autres n'en ait riens doné. Et ce doit estre fet avent, et par le juige,
                            et en autres manières est nules.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Li uns ne pot avoir la possession à l'autre, tant comme li mariages
                            dure.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head>XVII. De avenir à prandre en sa terre por son droit, quant il n'i puet
                        avenir que par autrui terre.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci&#160;: Se ge ai ma terre dont la jostice soit moie de la
                            propriété, que totes les foiz qu'il ne vodra fere vers moi ce qu'il
                            devra, comme vers son seignor, ge puis deffendre les choses. Et s'il i a
                            fruit qui périssent, et il set défaillanz qu'il ne face ce qu'il devra,
                            je puis les fruiz coillir et metre en sauve main.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Or demende l'en se l'en puet entrer que par autre seignorie por prendre
                            en sa terre, que l'en puet par aillors, se l'en i prandra&#160;? Et l'en
                            dit que oïl, par le congié au seignor de la chose. Et se li sires non
                            vest soffrir, l'en doit aler à la grant jostice&#160;; et la grant
                            jotice doit fere délivrer voie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Se aucuns dit que il a paé ses relevoisons, et ses sires dit que non a,
                            et ce et (<emph>est</emph>) dedenz l'an, et fin set queneue&#160;: cil
                            qui dit qu'il a paié, ne sera pas quites par sa prove que de cinq sols
                            et de mens&#160;; et dou sorplus, par deus tesmoinz et par li.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head>XVIII. Quant la possession des biens est donée segont les lois<note>Dig.,
                            lib. 38, tit. 14&#160;: <emph>Ut ex legibus senatusve consultis bonorum
                                possessio detur.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/6">Geufroi de la
                                Chapelle</ref> dist&#160;: Il convendra que ge donge la possession
                            des biens par la loi ou par le conseil do seignor de la province&#160;;
                                <pb n="245"/>einsint la donrai-ge à celui qui la demendera, par la
                            reson de ce qu'ele mot de cele partie don il est do lignage, et par là
                            où il puet estre hers&#160;: car la possessions des biens ne li
                            apartient pas autrement<note>Dig., lib. 38, tit. 14, frag.
                            1.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_19">
                <front>
                    <head>XIX. Quele ordre doit estre gardée en la possession des biens<note>Ibid.,
                            tit. 15&#160;: <emph>Quis ordo in possessionibus
                        servetur.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/5">Renaut de
                                Tricot</ref> dit&#160;: Quant aucuns muert sans fere testament, li
                            enfant que il a de léal mariage sont premièrement apelé à son héritage.
                            L'en entant cez qui sont nez après ce que mariages est parfez, non pas
                            çaus qui sont nez en avotire ou en fornicacion, et enprès
                                (<emph>avant</emph>) mariages est fez dou père et de la mère&#160;;
                            icil sont mis dou tout hors dou héritage. E puis cil qui poet estre hers
                            par les lois, et puis li plus procheins paranz.</p>
                        <p>Se aucuns ne fet point de testament, la possessions des biens est donée à
                            cez.</p>
                        <p>L'en conte profitable tens en doner la possession des biens. Se cez à qui
                            ele apartient, le sorent toz les jorz, et il porent demender&#160;; et
                            li jorz en coi il ne les lesseroit (<emph>ne le sorent</emph>) pas, ou
                            il ne la porent pas demender, ne lor doivent pas estre contez. Si comme
                            se aucuns sorent que cil de qui il doivent avoir la possession des
                            biens, estoit morz sanz fere testament, et puis li vint uns mesages qui
                            disoit que il n'estoit pas morz, ou que il avoit fet testament, et
                            insint commeince-il à doter se la possessions des biens li apartenoit ou
                            non&#160;: li termes en quoi il dota ne li sera pas contez<note>Ibid.,
                                frag. 2, pr.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Et autresint se il ne pot pas pleinement demender la possession des
                            biens, ainz le convient aler as plez, puis que il sot que cil fut morz
                            sanz fere testament&#160;: li jorz en quoi il en pleida ne li doivent
                            pas estre contez<note>Ibid., frag. 2, § 1.</note></p>
                        <p>Li tens en quoi li prévoz ne pot pas tenir les plez, por ce que il estoit
                            enbesoignez de commune besoignes, ou de privées, ne li doit pas estre
                                contez<note>Ibid., frag. 2, § 2..</note></p>
                        <p><pb n="246"/>Et se li prévoz estoit en une autre cité, cil à qui la
                            possession des biens apartient ne doit pas atendre que il veigne là où
                            il est, enz doit aler à lui, se il est dedanz vingt liues près de
                                li<note>Dig., lib. 38, tit. 15, frag. 2, § 3.</note>.</p>
                        <p>Se li enfes qui est encore au ventre sa mère doit estre mis en la
                            possession des biens, et li doit l'en doner de terme non pas tant
                            solement trente jors, mès tant que li enfes soit nez&#160;; car se il
                            nest as trente jors, il doit avoir la possession des biens
                                maintenant<note>Ibid., frag. 2, § 4.</note>.</p>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/6">Geufroi de la
                                Chapele</ref> dit que l'en ne doit pas atendre le san que cil ont
                            qui ne dotent rien, mès celui que aucuns puet avoir, ou par lui ou par
                            autres, por demender consoil à plus sage que il n'est<note>Ibid., frag.
                                2, § 5.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/4">Johen li
                                Monoiers</ref> dit&#160;: Se li pères set que la possessions des
                            biens soit achaete à son fiz, et li fiz ne le fet (<emph>set</emph>)
                            pas, li sens au père ne nuist pas au fiz<note>Ibid., frag.
                            3.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johan de
                                Beaumont</ref> dit&#160;: Se tu estoes sosmis à celui qui fut fet
                            heirs o toi, ou tu receus la possessions des biens, et ton compoignon ne
                            la volt demender&#160;: l'en entent qu'ele t'est tote donée, et il
                            n'aura pas poer de demender la<note>Ibid., frag. 4, pr.</note>.</p>
                        <p>Li fiz a un an de terme à demender la possession des biens, non pas tant
                            solement quant il la demende comme fiz, mès quant il la demende comme
                            paranz. Et autresint quant li pères a franchi son fiz, jà soit ce que il
                            demende la possessions des biens comme patrons, neporquant il a un an de
                            terme au demender la<note>Ibid., frag. 4, § 1.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_20">
                <front>
                    <head>XX. Des propres heirs<note>Ibid., tit. 16&#160;: <emph>de Suis et
                                legitimis heredibus.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Guillermes, évesques d'Orliens, dit que cil mort proprement sanz fere
                            testament, qui pot fere testament, et ne le fist pas<note>Ibid., frag.
                                1, pr.</note>.</p>
                        <p>Et se le héritage à celui qui fist son testamenz n'est pas receuz, ou se
                            testamenz est roz ou voins, l'en dira proprement que il est morz sanz
                            fere testament. Mès l'en ne dit pas proprement que cil qui ne pot fere
                                <pb n="247"/>testament, soit morz sans fere testament, si comme cil
                            qui a moins de quatorze anz, ou li forsenez, ou cil qui a (<emph>à
                                qui</emph>) l'aministracion de ses biens est deffendue<note>Dig.,
                                lib. 38, tit. 16, frag. 1, pr.</note>.</p>
                        <p>Nos devon entendre que cil qui muert en cheitivoisons, mort sanz
                            testament&#160;; car, segont la loi que li rois Phelipe fist, ses
                            éritages eschiet à cez à qui il escheist se il fust morz en la
                                cité<note>Ibid.</note>.</p>
                        <p>L'en puet demander, savoir mon, se cil qui est conceuz et nez de cele en
                            qui franchise fut lessie, que l'en a de léal mariage, est propres heirs
                            son père&#160;? Et por ce que il nos plet que il ait naturez frans, ge
                            ne voi pas que il ne soit propres heirs son père, et li enfens frans né.
                            Ce n'est pas mervoille se de sers nessent naturément frans&#160;; car il
                            est escrit que de cele qui est e (<emph>en</emph>) chaistivoison pot
                            enfanter naturelment franc. Et por ce osé-ge bien dire que, se li pères
                            à celui enfant est d'autre condicion comme la mère, à qui l'en demoura à
                            doner franchise que li estoit lessie, et l'en demoura ausint à franchir
                            le, li fiz n'est pas propre heir son père, et en sa poeste&#160;:
                            autresint comme celui qui nest en chestivoisons, et s'en revient ou son
                            père et o sa mère, se sis pères est donc franchiz après la demore, il
                            recevra le fiz en sa poeste&#160;; et se il mort avant, l'en doit dire
                            que li fiz sera son propre heir<note>Ibid., frag. 1, § 1.</note>.</p>
                        <p>Nos devons entendre propres heirs les fiz ou les filles
                                naturés<note>Ibid., frag. 1,§ 2.</note>.</p>
                        <p>Aucune foiz avient que li propre heirs est forclos, et que la borse le
                            roi a l'éritage, si comme quant li père est dampnez d'aucun griés
                            criminel&#160;; et por ce n'a pas li fiz droiture en sa
                                chose<note>Ibid., frag. 1, § 3.</note>.</p>
                        <p>Adam dit&#160;: Se li fiz lesse à estre hoirs, tuit li nevo et totes les
                            nièces qui sont decenduees d'ans, vienent en son leu&#160;; et ce vient
                            par naturel droiture. Se aucuns est pris et menez en chetivesons, et il
                            mort, ses fiz et ses filles sont si heir<note>Ibid., frag. 1, §
                                4.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Enprès cez qui sont en la poeste au mort, sont apelé li coisin. Casius
                            apèle cez coisins qui sont joint par sanc&#160;; et ce est
                                voirs<note>Ibid., frag. 1, § 9, 10.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Après cez qui sont joint par sanc, sont apelé li parant pardevers <pb
                                n="248"/>le père ou pardevers la mère, se il n'i a de cez qui sunt
                            joint par sanc. Et l'en doit ce issi entendre, se il n'en i a nul, ne
                            l'en n'est en apparence que il n'en i eist nul. Car se aucuns pot nestre
                            qui soit joint au mort par sanc, ou il puet revenir de chestivoisons, li
                            parenz pardevers le père sont empoechié<note>Dig., lib. 38, tit. 16,
                                frag. 2, pr. 1.</note>.</p>
                        <p>Enprès cez qui sont joint comme par sanc, ne (<emph>me</emph>) sont lor
                            enfant plus prochein, et ge aus, si comme li frère mon père, qui est mon
                            oncles, et plusors autres persones<note>Ibid., frag. 2, § 1.</note>.</p>
                        <p>Héritage eschiet au plus prochein parant de la partie dom la chose mot,
                            fors en fiez, où les femelles ne prennent rien, se eles ne sont plus
                            procheines. Et s'il i a plusors de un meisme degré, il sont tuit apelé,
                            si comme s'il i a deus oncles, et li uns d'aus a lessié un fiz, et li
                            autre deus, et lor père soit mort, li héritages sera partiz en trois, et
                            aura chescun le tierz<note>Ibid., frag. 2, § 2.</note>.</p>
                        <p>Ne il n'a point de différence se aucuns est sos (<emph>seul</emph>), ou
                            voc (<emph>avec</emph>) autres&#160;; car cil est li plus procheins qui
                            n'a nul par devant lui, et cil est li plus lointiens après cui nus ne
                            vient&#160;; et se aucuns est sos, il est li plus procheins et li plus
                                lointeins<note>4 Ibid., frag. 2, § 4.</note>.</p>
                        <p>Aucune foiz avient que nos recevon à l'éritage autre que celui qui estoit
                            li plus procheins de celui qui est morz, si comme se il fist son
                            testament à un estrange<note>Ibid., frag. 2, § 5.</note>.</p>
                        <p>Nos quéron le plus prochein, non pas celui qui estoit li plus procheins
                            quant il mori, mès quant il fut certoine chose que il estoit morz. Nos
                            apelâmes le plus prochein de lui par lignage&#160;; et se il le refuse,
                            nos i apelons le plus prochein après<note>Ibid., frag. 2, §
                            6.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Cil moismes dit&#160;: Se cil qui a esté franchiz est morz sans fere
                            testament, il est voirs que li héritages eschiet à ses propres heirs, ou
                            à ses parenz frans&#160;; et s'il n'en i a nul fors que sers, la chose
                            eschiet en la borse le roi<note>Ibid., frag. 3, pr.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Cil meisme dit&#160;: Gaubert déshérita son fiz, et fist un autre
                            estrange son heir, soz condicion. Se li fiz prist feme après la mort son
                                <pb n="249"/>père, ainz que la condicion avenist, et il avoit un
                            fiz, et il morut, et la condicion lor falli. Enprès ce l'en demende se
                            li héritages à l'eol apartient, selonc la lois, au nevoz qui fut nez
                            après sa mort&#160;? Et la response est que cil qui est nez après la
                            mort son ael, ne pot demender son héritage, selonc les lois, comme son
                            propre heir, ne la possession des biens comme coisins&#160;; car il
                            apèle à la possession des biens celui qui estoit quant il morut, de qui
                            li héritages movoit, ou qui fut conceuz à sa vie. Car l'en puet dire en
                            une manière que cil est qui est conceuz<note>Dig., lib. 38, tit. 16,
                                frag. 6, 7.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Li baillis promet la possession des biens, par non de lignage, à cez qui
                            estoient li plus prochein de mort ou tens que il morut. Car cez que l'en
                            apèle par costume nevoz, cez qui sont conceuz après la mort lor eol,
                            n'est pas proprement apelez nevoz, mès par usage<note>Ibid., frag. 8,
                                pr.</note>.</p>
                        <p>Se aucuns lessa sa feme grosse et il avoit sa mère et sa sor, et sa mère
                            morut au vivent sa feme, et après ce sa feme ot un enfant mort&#160;:
                            l'éritage apartient à sa sor tote seule, par la lois. Car il est
                            certaine chose que sa mère morut, en ce que li héritages n'apartenoit
                            pas à lui segont la lois<note>Ibid., frag. 8, § 1.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johen de
                                Beaumont</ref> dit&#160;: Se plusors poent estre heirs segont les
                            lois, et l'un et l'autre lessèrent à recevoir l'éritage, et furent
                            empoechiez ou par mort ou par aucune reson, lor partie eschiet as autres
                            qui la recevront, jà soit ce que il more ainz que il li eschée&#160;; et
                            s'il muert enprès, il apartient à son heir<note>Ibid., frag.
                            9.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>Li fiz est li plus procheins parenz au père<note>Ibid., frag.
                            12.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Il n'est pas besoing que li propres heirs reçoive maintenant l'éritage au
                            père ou à la mère&#160;; car, quant il eschiet, il sont mointenant heir
                            par droit<note>Ibid., frag. 14.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>Quant doeres eschiet, li heirs à la morte qui fut le doere, ne puet pas
                            demender les fruiz pendenz. Mès il puet demender ce que l'en aura mis ou
                            labor de la chose, si comme les deners des façons des vignes, si comme
                            les semences des terres.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_21">
                <pb n="250"/>
                <front>
                    <head>XXI. Ci titres est do consoil guillerme, évesque de la cité
                            d'orliens<note>Dig., lib. 38, tit. 17&#160;: <emph>Ad senatus-consultum
                                Tertullianum et Orphitianum.</emph>.</note></head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Aucune foiz est li héritages donez à celui qui est conquis en servage, si
                            comme se il est nez puis que l'en a demoré à doner à la feme franchise
                            qui li fut lessié, et se il fut nez puis que sa mère fut franchie, jà
                            soit ce que il fut conceuz en servage, il sera receuz en son héritage,
                            segont les lois<note>Ibid., frag. 1, § 3.</note>.</p>
                        <p>Se li fiz fut conceuz en chetivesons, et il (<emph>i</emph>) fut nez, et
                            il en revient ou sa mère, il sera receuz à l'éritage par ce consoill. Et
                            se li fiz estoit frans quant sa mère fut morte, et il fut ramenez en
                            servage ainz que il receust l'éritage, li héritages ne vient pas à lui
                            par ce consoill, neis se il fut puis franchiz, se il n'a restrinction
                                (<emph>restitution</emph>) par le bénéfice le roi<note>Ibid., frag.
                                1, § 3, 4.</note>.</p>
                        <p>Et se li fiz est trez dou ventre sa mère puis qu'ele est morte, l'en doit
                            dire qu'ele (<emph>qu'il</emph>) aura son héritage, et pot demender la
                            possession des biens<note>Ibid., frag. 1, § 5.</note>.</p>
                        <p>Cil qui est dampnez de crime capital, si comme des cinq granz meffez, si
                            comme de murtre, de rat, d'omicide, de traïson, ne pot demender
                            l'éritage sa mère ne son père<note>Ibid., frag. 1, § 6.</note>.</p>
                        <p>Amenuissement de chief qui vient sauf son chetel, sauf la cité, ne nuit
                            rien à avoir l'éritage<note>Ibid., frag. 1, § 8.</note>.</p>
                        <p>Se cele qui est moite avet un prochein parent et un fiz, et tandis com li
                            fiz se consoloit de recevoir l'éritage, li procheins parenz morut, et
                            après le fiz refusa l'éritage&#160;: l'en demende se li fiz ou coisin
                            aura l'éritage&#160;? Et l'en respont que li plus près paranz le doit
                                avoir<note>Ibid., frag. 1, § 11.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Cil meismes dit&#160;: Se la mère a esté franchie, o ele est naturelment
                            franche, ele aura le prou de ce consoill, qui donne au père ou à la mère
                            l'éritage à ses fiz. Nos apelons fiz ou filles cez qui sont nez de léal
                                mariage<note>Ibid., frag. 2, pr., § 1.</note>.</p>
                        <p><pb n="251"/>Mè se li fiz et la fille avoit plus de vingt-cinq anz, et le
                                (<emph>se</emph>) s'offrirent à vandre por estre parçoner do pris,
                            et il sont puis franchi, la mère ne pot pas chalongier l'éritage, selonc
                            droit &#160;; car elle lesse à estre lor mère, et issint le dit li
                            évesque Guillerme<note>Dig., lib. 38, tit. 17, frag. 2, § 2.</note>.</p>
                        <p>Et se ele conçut un fil en servage, et ele enfante puis qu'ele est
                            franchie, ele sera receue à l'éritage à son héritage
                            (<emph>fils</emph>), segont le droit. Autresint est-il, s'ele conçut
                            quant ele estoit serve, et enprès fut franche<note>Ibid., frag. 2, §
                                3.</note>.</p>
                        <p>Et s'ele estoit franche quant ele conçut, e après fut amenée en servage
                            ele enfanta, et puis fut franchie, ele sera receue à son héritage,
                            segont droit<note>Ibid.</note>.</p>
                        <p>Et se ele estoit grosse quant ele fut franchie, l'en doit dire que ce li
                            doit valoir&#160;; et ele sera receue à l'éritage son fil qui fut nez en
                            servage, si comme si franchise li fut lessie, et l'en demora à doner li,
                            et ele enfanta dedanz ce&#160;; ou s'ele estoit en chestivoisons, et li
                            enfes s'en revint avoc (<emph>avec</emph>) li, hons (<emph>ou</emph>)
                            s'ele enfanta puis qu'ele fut rachetée<note>Ibid.</note>.</p>
                        <p>Se la possession des biens est donée à un forsené, et il muert ainz que
                            il reviengne en son sen, et il let la possession des biens, ce ne nuira
                            riens à la mère ne au père au mort<note>Ibid., frag. 2, § 11, <emph>in
                                    fine</emph>.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Cil meismes dit&#160;: Se la mère muert, il (<emph>est</emph>) droiz que
                            li enfant aient son héritage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Cil do premier mariage (<emph>auront</emph>) quanquez ele avoit au jor
                            qu'à li assembla, et qu'ele conquist, et qui li avint, et qui li eschet,
                            dom (<emph>dont</emph>) ele ert sésie au jor<note>Ibid., frag.
                            4.</note>. Cil do segont mariage auront les escheetes et les conquez, et
                            cez qui seront ou segont mariage avenuz&#160;; et issit en consiuance,
                            par toz les mariages. Et vet ausi de vilenages. Et li droiz de l'ostel
                            le roi i apela toz les enfanz iuiement à l'éritage lor mère. Do père vet
                            autrement des fiz, en la cité d'Orliens&#160;; mès de vilenages vet
                            ausint comme nos avons devant dit.</p>
                        <p><emph>De fiez</emph><note>L'intercalation de ce mot dans le texte n'est
                                point justifiée par un changement de matière, au moins depuis le §
                                4.</note>. — Li premers enfant de celui auront la moistié de
                            quanquez il a au jor qu'il se marie, par la reson do doere lor mère. De
                            la moistié <pb n="252"/>il doera sa feme segonde, et des conquez fez en
                            sa vie, et des eschoetes, et des avenues, et de sa part des conquez fez
                            ou premier mariage. Et ce auront li enfant do segont mariage, et les
                            escheetes en celui tens, et les conquez&#160;; et issint par toz les
                            heirs en consiuance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Se aucuns a vilenage, et il et sa feme marie ses enfanz à aucuns, et
                            aucuns remeigne avec le père ou avoc la mère, et il i eist part
                            d'éritage&#160;: cil qui remaint en la sele (<emph>cele</emph>) aura tot
                            ce que père et mère aura, par queque manière léial il li viegne. Et ce
                            est ausint en fiez et en vilenages&#160;; car quantque père et mère fet,
                            si est estable.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Conquez que aucuns fet, soit en mobles ou en héritages, si vient au plus
                            près.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>En fiez li ainznez a la mestié toz sos, si sont plus de deus&#160;; et
                            s'il sont dui, il a les deus parz, et le mellor herbargage, et a un
                            arpent de porpris. Filles sont totes iues en escheetes et en avenues,
                            fors tant que li ainznez a le meillor herbergage. Et les autres si
                            prennent enprès tuit ensemble un herbergage, et chescun en doit avoir la
                            soe partie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>De baronie vet autrement&#160;: car baronie ne puet estre
                            desmembrée&#160;; mès li sires de la baronie doit fere avenant au frères
                            et as sors des terres de la baronie, et autres choses, s'il les a. Et
                            s'il i a dui baronies ou trois, ce sera parti segont la nature des fiez,
                            sanz baronie desmembrer. Jà soit ce que li ainznez n'aura pas totes les
                            baronies, ne n'est pas à son chois&#160;; car qui la vodra avoir fera
                            avenant as autres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Il convient voer se li fiz qui disoit qu'il ne voloit pas recevoir
                            l'éritage la mère, puet muer sa volenté à recevoir le, ainz que uns des
                            paranz l'ait receu. Car les paroles qui sont dites, se un des fiz ne
                            reçoit l'éritage, ces paroles s'étendent molt&#160;; et por ce qu'eles
                            s'atendent, il se puet repentir jusque un an&#160;; car la possession au
                            fiz pot estre demendée jusques à un an<note>Dig., lib. 38, tit. 17,
                                frag. 6, § 1.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>Il est contenu en l'establissemant au prévoz, que li héritage à la mère,
                            qui mort sanz testament, apartient as enfanz<note>Ibid., frag.
                            9.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>Cil muert sanz testament qui ne fet point de testament, ou qui ne le fet
                            pas par droit&#160;; ou quant cil que il avoit fet par droit est roz ou
                            vains&#160;; ou se nus n'est heirs par ce testament<note>Instit., lib.
                                3, tit. 1, pr.&#160;: <emph>de Hereditatibus quœ ab intestato
                                    deferuntur.</emph></note>.</p>
                        <p><pb n="253"/>Li héritages à cez qui morent sanz testament apartienent à
                            lor fiz et à lor filles, et à lor coisinance<note>Instit., lib. 3, tit.
                                1, pr., § 1.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p>Et avon commendé que se aucuns a pris feme en sa compoignie, eu au
                            comoincement corage de fere mariage, neporquant ele estoit tele que il
                            la poet bien avoir par mariage, et il en a puis fiz ou filles&#160;: cil
                            qui sont nez après ce que li mariages est parfez ne soit pas tant
                            solement léal, mès qui furent devant nez, qui donèrent le commoincement
                            do léal nom à cez qui vindrent après. Et nos avons juigié que ce soit
                            tenable, se li enfant sont en garde (<emph>engendré</emph>) ou nez après
                                ce<note>Ibid., § 2.</note>&#160;; et soient apelez à l'éritage do
                            père et de la mère, et ait quant as choses espérités, et non as
                            temporés.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p>Li paranz au père soent apelez à l'éritage au père, li plus près&#160;;
                            et cil à la mère, à l'éritage à la mère.</p>
                        <p>Et doit li héritages aler par le couté (<emph>côté</emph>) don ele muet.
                            La mère et li pères sont heirs au fiz an mobles et en conquez, et en ce
                            qui muet d'aus&#160;; et li prochein enprès.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>Se aucuns marie, et sa feme ensemble, deus de lor enfanz, et un en
                            remaigne, et li pères muere&#160;; et en sa vie la mère marie le tierz,
                            et face retenue de ses biens, et enprès muere&#160;: la retenue sera as
                            enfanz derrenier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p>Nos ne fesons pas ce contre le veil droit, mès por confermer le&#160;:
                            car li uns des heirs sont fet par testament, et li autre sanz testament.
                            Car en cez qui sont procheins apartient l'éritage sanz testament, et as
                            autres par testament.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 16.</head>
                        <p>Nul ne pot trespasser ses heirs, en son lit mortel, en son héritage qu'il
                            a d'avenue ou de eschoete. Mès nus ne doit ne ne pot recevoir héritage,
                            s'il ne fet gré as créanciers, et doit garder le testament qui est à
                            droit fez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 17.</head>
                        <p>Il n'est pas dote que l'en ne puisse bien demender la possession des
                            biens à l'enfant qui fut morz ainz qu'il poist parler.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 18.</head>
                        <p>Menor de quatorze anz (<emph>qui</emph>) ne pot demender la possession
                            des biens dedanz le tanz qui est establiz, n'i pert riens.</p>
                        <p>Ausi comme nos ôtons conchiemenz et voines paroles, ausi commendons-nos
                                <pb n="254"/>que ce soit tenu que s'il velt demender l'éritage, auge
                            l'en au juige, ou as autres, s'il i ont baillie, selonc ce que l'en a
                            usé en l'ancien tens, par si que se oste plus la chose que l'en ne doit
                            en metre en sésine, por ce ne remoigne pas que ne soit parfete en son
                            leu.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 19.</head>
                        <p>A totes les foiz que plusors ont la possession des biens, quant il n'i a
                            point d'escheeste, n'est pas dote que sa partie ne croisse à cez qui
                            demendent, quant li autre riens n'i demandent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 20.</head>
                        <p>Nus n'est forciez de demender les choses au mort par lignage.</p>
                        <p>Se ta mère est desvée, et ne demende pas, por sa deverie, la possession
                            des biens son oncle, tu, qui es ses fiz, doiz estre receu à la
                            possession des biens, selonc la forme de ce consoil.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 21.</head>
                        <p>Après ce nos atablisson que cil qui sont fet heir à aucuns, ou est heir
                            par lignage, soif contrainz en totes manières d'acomplir ce que li morz
                            commenda, se ce que il commenda s'acorde à droit, ou se aucune loi de
                            terre ne vet encontre. Jà soit ce que heirs qui est chargiez de ce
                            commendement ne le face pas, ainz a receu ce que fut lessi
                                (<emph>é</emph>) à aucun, et est amonesté par le juige, et il atant
                            jusque à un an qui no fet pas&#160;: il ait tant sanz plus comme droit
                            li done, et li remananz soit toluz, et soit bailliez à autres.</p>
                        <p>Et se li morz n'a point de lignage, et il ait fet heir aucun, et li ait
                            enjoint que il face aucune chose, et il ne le fet dedariz le tans
                            establi, ce est dedanz un an&#160;: la chose li soit toloiste, qui li a
                            esté donée, et viegne à la borse le roi&#160;; et s'il a lignage, il i
                            soit apelez li plus près.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_22">
                <front>
                    <head>XXII. Comment l'en doit prendre home de fié.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Qui prent homenage, le doit prendre issint&#160;: Cil qui requiert doit
                            joindre les mains et dire&#160;: Sire, ge deviens vostre home de bal, se
                            c'est bal, ou de héritage, se c'est héritage&#160;; que ge foi et léauté
                            vos porterai, comme à mon seignor&#160;; et devien vostre homme à teles
                            redevances comme le fiez aporte. Et li sires doit respondre&#160;: Et ge
                            vos recef à home&#160;; que ge foi vos porterai, comme à mon home&#160;;
                            et vos en bese en nom de foi&#160;; et doit dire de bal ou
                            d'éritage.</p>
                        <p>Se aucuns a son droit par avenue, par escheete ou par bail, par don ou
                            par achat, ou par autre droite cause, l'en le doit recevoir porquoi <pb
                                n="255"/>il ait passé vingt anz. Et si puet li sires prendre à home
                            celui qui n'a que quatorze anz, et fere li indulgence, porquoi ce ne
                            soit fet en grevance d'autrui.</p>
                        <p>Nus ne doit prendre à home home, tant comme cil vive qui est en sa foi,
                            si n'est par son congié, ou se droiz ne l'i amoine.</p>
                        <p>L'en doit prandre feme à feme&#160;: car a (<emph>elle</emph>) pot fere
                            par autre ce que ele ne puet fere de soi.</p>
                        <p>Quant aucuns demende escheete o aucune, et requiert que l'en le preigne à
                            home, et dit que cil est morz qui tenoit&#160;: il qui requiert doit
                            prover la mort par devant le seignor do fié, et qu'il est li plus près.
                            Et il doivent estre mandé li rière vavassor qui tenoient do mort, por
                            voier les proves&#160;; et s'il est vis, il doit venir avant, et se doit
                            désesir. Et se aucuns revient (<emph>ne vient</emph>) avant, enprès mort
                            et enprès désesine, dedanz quarante jorz, l'en sésira celui qui vendra
                            avant, aprovant le lignage, s'il n'i a renable contredit.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_23">
                <front>
                    <head>XXIII. De genz aubanes.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Se aucuns est en la terre le roi, et il morge sans heirs de sa feme
                            esposée, sanz ce que l'en sache point de son lignage&#160;: li rois
                            tendra ses choses en sa main et en sa garde, jusque aucuns do lignage
                            veigne, qui la doie avoir por la reson do lignage. Or demende l'en se
                            aucun sires qui a jotice en sa terre doit ceu avoir&#160;? Et l'en dit
                            que cil qui a la grant joutice de sa terre doit ceu avoir&#160;; senon,
                            cil qui ara la grant jotice, ara ceu.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_24">
                <front>
                    <head>XXIV. Combien des hoirs doit avoir en la sustance dou père et de la mère
                        et autres.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Uns hons et sa feme ont trois enfanz, et en marièrent les deus&#160;;
                            enprès li pères et la mère morirent. Totes les remenances des choses
                            mobles, et escheetes, et conquez, et patremoine, seront as derreniers
                            enfanz, qui remaindrent sanz partie.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Une feme si ot trois enfanz de son seignor, deus fiz et une fille&#160;;
                            ses sires morit&#160;; antre lui et sa fille, pristrent deus frères o
                            tot ce que il avoent&#160;; et furent tuit li enfant, et la mère et la
                            fille, commun assemble <pb n="256"/>douze anz, et conquistrent&#160;;
                            enprès se vodrent départir&#160;: l'en demende comment li conquest
                            seront départi&#160;? Et l'en dit que il en sera fet trois parz, car ce
                            sont trois avoir&#160;; dont la mère aura une des parties, et li troi
                            enfant l'autre, et li dui frère l'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Toz l'éritages à la mère qui a eu deus seignors, sont au premiers enfanz,
                            que li fut doné au premier mari.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Et si n'i a parenz, fors de si loing que puichet fere mariage, ce ne tost
                            pas escheete&#160;; car qui fet dispensacion au mariage, il ne le fet
                            pas en héritage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Et se home conquiert, lui et sa feme, et muere, sa feme sera heir en la
                            moitié, par la reson de la compoignie&#160;; et des mobles ausint.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>De héritage, il vendront au procheins parenz, sauf le doere. Et s'il i a
                            enfanz de sa feme, li enfant prendront par le père&#160;; et ausint vet
                            de la partie à la mère.</p>
                        <p>Et se li enfant morent enprès, quant la chose lor sera escheete, sanz
                            hoir de feme esposée&#160;: ce qui sera de par le père, sera as parenz
                            procheins de par le père&#160;; et ce qui sera de par la mère, sera au
                            procheins de par la mère.</p>
                        <p>Et se la chose de par la mère mot de par la soe mère, et de par son père,
                            et la chose eschée do fiz, qu'en fera l'en&#160;? Et l'en dit que
                            chascune porroiz prandre (<emph>prendra</emph>) por tant comme a
                                (<emph>elle</emph>) devra, segont le nombre qui movra de la paroi,
                            et issint en consigance. Et se un home a enfanz de sa première
                                (<emph>feme</emph>) et a enfanz de la segonde, et de la tierce r'oit
                            enfanz, et il ait héritage et conquez avant qu'il se mariast, et conquez
                            en chescun mariage, et conquez an l'anez&#160;: vée, comment sera do
                            départir&#160;? Et l'en respont que l'éritage au père et à la mère, qui
                            fut joinz ou premier mariage, et li conquez fez au premier mariage, sauf
                            le testament au père et à la mère, tot sera as enfanz de celui
                            mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>Et s'il i a mobles, li enfant auront le tierz, et le père le tierz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>Les conquez, les mobles do père et de la mère, et les eschoetes an la
                            segonde nanée dou segont mariage, seront as segonz enfanz&#160;; et
                            issint en consinance à toz les mariages qui vendront enprès. Et ceste
                            costume se cort dedanz la banliue d'Orliens, et en la cité.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Segont la costume de hors la banliue, la feme emportera première do
                            patremoine à l'ome la moitié por son doere&#160;; et ce sera patremoine
                                <pb n="257"/>as enfanz. La segonde feme aura en l'autre moitié le
                            quart por son doere&#160;; et celi quart sera patremoine as enfans do
                            segont mariage. Le quart qui remoint sera communs à toz les enfanz,
                            premers et dereniers.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>Et conquez et escheete que li pères fet au segont mariage, et mobles,
                            sont as enfanz do segont mariage, et les detes.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>Et s'il i a conquez fez en la nanée, la segonde feme aura la moitié por
                            son doere&#160;; et sera patremoine as enfanz de celui mariage. Et ceste
                            costume est hors de la banliue. Et l'autre moitié sera commune à
                            premiers et darreners&#160;; et issint en consiguance, as mariages qui
                            en près vienent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p>Toz li conquez et l'escheete que fame reçoit en son mariage, soit
                            premiers, soit tierz, tot est as enfanz de celui mariage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p>Et segont la costume de l'ostel le roi, quanquez la mère a en patremoine,
                            en conquez, en escheetes, est commun à toz ses enfanz. </p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>Escheete et avenue est contée, tantost com ele vient, par héritage
                            &#160;; conquez, non&#160;; mès ausint comme mobles.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p>Nus ne pot prendre escheeste de père ne de mère, tant com li fiz i soit,
                            nevoz, segonz nevoz&#160;; ne tant comme en cele linie ait nus
                            heirs.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_25">
                <front>
                    <head>XXV. D'escheete.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Achaete est dite de chaer, et vient de costé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Riens ne pot escheer à bastart. A serf puet escheer de serf, et non de
                            franc&#160;; et convient qui soit sers à celui seignor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Et d'estre condempnez par juigement&#160;? Nus hom condempnez par
                            juigement, tot soit-il fuitis, et ait feme, ne pot avoir heirs, ne
                            fere.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Moilleré puet hériter, et desvé, et sort, et muz, et orp, et feme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Deus devisons a en héritage&#160;: l'une est de fié, l'autre est de
                            vilenage&#160;; premièrement nos diron de vilenage, et puis enprès do
                            fié.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>L'en dit que li plus près prent l'escheete qui mot de la soie paroi. Or
                            demende l'en se aucuns a parenz de deus paroiz, et il conquiert mobles
                            et teneures, qu'en sera&#160;? Et l'en dit que li plus près aura
                            tot&#160;; et s'il sont iuel de deus paroiz, iuéement prendront.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>Femes et homes prenent iuéement en acheeste en vilenage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p><pb n="258"/>Eschaeste vient à enfant conceu en ventre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Se un home est apelez de un de granz crimes, et escheete li avient avent
                            qu'il en soit condempnez, bien la pot recevoir&#160;; et s'il est
                            condempnez par juigement, il la pert par la costume aprovée de
                            l'éritage.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_26">
                <front>
                    <head>XXVI. De demende d'éritage, et d'avenue.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Je me plaign de Guillerme qui est entrez en une meson assisse en
                            l'ostelerie, en la censive le roi, et s'en est mis en sésine contre ma
                            volenté&#160;; dun Pierres de Chilli, mon père, mori sésiz et vestuz, et
                            tenanz de seignor&#160;: si deviens la sésine avoir, comme cil qui est
                            sis heirs, et bien si apèle, et de la partie don la chose muet&#160;; et
                            bien me alignagerai, se mestiers est, se m'a nié&#160;; et se il m'a
                            queneu, je demans la sésine, ou droit, se ge la doi avoir ou non&#160;;
                            et ce sui prez de prover, si com je devrai, par moi et par garanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Qui velt demender propriété, la puet demender en tel manière&#160;; mès
                            que il die en son commoincement que ele fut son père, et que il en morut
                            en seignorie, et tenent de seignor, et d'ofice de baron et de
                            vavasor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>En ces meismes manières puet l'en demender les choses de son eal ou de
                            s'aole, ou de son fil, ou de sa fille, ou de son frère, ou de sa sor, ou
                            de son prochein parant. Et doit l'en fere retenue, que se l'en dit poi,
                            l'en dira plus en leu et en tans, tant que tort ne l'en prendra. Et melz
                            vaut tozjorz à demender possession que propriété&#160;; car l'en a plus
                            tost prové la possession que la propriété. Et qui est en sésine, a
                            l'avantage à deffendre la propriété.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Se le vavasor mon vavasor, ou le baron mon baron, m'a fet tort, qui sui
                            chies sires&#160;: mon baron, ou mon vavasor le doit avoir, à ma
                            requeste, pardevant moi, à moi respondre dou tort que il m'aura
                            fet&#160;; et le jurra par droit, par la costume de la chastelerie.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
