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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
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                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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        </fileDesc>
        <encodingDesc>
            <projectDesc>
                <p>L'édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu'elle apparaît dans l'édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
            </projectDesc>
        </encodingDesc>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-09" who="MH">Création du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI TREIZIESMES LIVRES<note>Ici commence le <hi rend="i">Digestum novum,</hi> dont
                    le 1<hi rend="sup">er</hi> livre est le 39<hi rend="sup">e</hi> du Digeste
                    complet. Il n'en est pas fait mention ici, parce que le 1<hi rend="sup">er</hi>
                    titre de ce 39<hi rend="sup">e</hi> livre ayant été omis, la rubrique du livre
                    placée en avant de ce titre n'aura pas été transcrite.</note></head>
        </front>
        <group>
            <head>LI TREIZIESMES LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="259"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. [118vA] De doner caucion de domage qui n’est fez <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 39, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de Damno
                                    infecto et de suggrundiis et protectionibus&#160;;</hi> et du
                                titre 3&#160;: <hi rend="i">de Aqua et aquœ pluviœ
                                arcendœ</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant il est besoinz que aucuns doint seurté que
                                domage ne vendra pas par devers lui et li deloimenz est perillos, se
                                li prevoz ne velt par ceste cause retenir la juridiction, il la puet
                                baillier à mestres des garnisons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: quant l’en velt estre asseurez que domages ne sera
                                pas fez, l’en entent de domage qui n’est pas encore fez mes don l’en
                                se dote.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit : domages est nomez de sotreement ou d’amenuissement de
                                patremoine. [118vB]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus&#160;: se li termes qui est establiz à doner seurté de
                                domages ne sera pas fez passe‹r›, li offices au prevost sera à
                                renouveler le terme por droite cause ou aloigner le. Et se il est
                                besoing que enqueste en soit fete en aucun leu, il porra anvoier les
                                choses as metres des<note>des] <emph>des des</emph> dans le
                                    ms.</note> garnisons. ¶ {1} Se caucion n’est donee dedanz le jor
                                que li prevoz<note>prevoz] <emph>preoz</emph> dans le ms.</note>
                                asserra, cil à que ele doit estre donnee doit estre mis en
                                possession de la chose don il crient que domages li viegne, ou de
                                toste ou de partie. {2} Et se cil à qui l’en demande la caucion ne
                                la vest doner, l’en dote se li metre l’en doivent contraindre par
                                prandre ses gages. Et ge croi que nenil ; mes aucion puet
                                estre donee contre lui por son fet. Et se cil qui est envoiez de par
                                le prevost n’est pas receuz, l’en doit de cele meismes aucion. {3}
                                Li prevoz enjoient<note>enjoient] <emph>enjoiemt</emph> dans le
                                    ms.&#160;; TL <emph>enjoindre</emph> «&#160;imposer&#160;», cf.
                                    lat. <emph>Duas ergo res magistratibus municipalibus praetor vel
                                        praeses iniunxit</emph></note> deus choses as metres des
                                garnisons, ce sont aucions et possessions, et retient les autres
                                choses à sa juiridiction. ¶ {5} Li prevoz dit : je commanderoi avant
                                que il soient nonciez à l’ostel à celui qui ne sera pas presenz. ¶
                                Il apert que cil n’est pas presenz qui n’est pas en la cort, si
                                comme Ponponius prove. Ce que li prevoz doit commander, que cil qui
                                doit doner la caucion ne soit pas trez hors de so ostel mes il i
                                soit denonciez en sa meson, doit issi estre entendu&#160;: que se
                                aucuns habite en autrui meson, il soit illoc denoncié&#160;; et s’il
                                n’a point d’abitacion, li denoncemenz devra estre fez à la
                                possession don l’en dote que li domages vienge ou à celui qui en est
                                procureres ou à cotiveors. {6} L’en doit entendre que li prevoz doit
                                denoncier la chose quant il i a à qui ele puet estre
                                denonciee&#160;; mes s’il n’i a à qui ele puisse estre denonciee, si
                                comme se c’est une meson don heritage qui n’est pas encore receuz ou
                                s’il n’i a nul heir ne nus n’abite dedanz, ceste partie de
                                banissement cesse. Et li plus seurs est que l’en mete un libelle en
                                la meson, quar il porra avenir que par ce vendra avant qui la
                                deffendra. ¶ {7} Se aucuns ne s’entremet de fere les choses qui ont
                                esté dites devant, juigement est donez contre lui de tant comme la
                                chose vaut de coi caucion n’est pas donee que domages ne vandra pas
                                de cele part&#160;; et ce n’est pas reporté à la quantité de la
                                chose mes à deparz&#160;; et ce apartient à profit et non mie à
                                poine. ¶ {8} Cis juigemanz a certaine condicion, c’est à savoir se
                                la caucion est demandee ; car cil qui ne la demandera pas n’en porra
                                pas pledier. Nos [119rA] entendons que ele doit estre demandee en
                                cort et ne mie aillors. ¶ {9} Se la garnison est si pres de la cité
                                que, se li metres ne s’en puet entremetre, cil qui doit estre mis en
                                possession puet legerement aler au prevost, l’en puet dire que cete
                                aucion cesse contre le mestre, por ce que il n’i a nul domage ; car
                                il puet legierement requerre le prevost que il le mete en
                                possession&#160;; {10} por ce que cete aucion contient chalongement
                                à l’oier et contre l’oier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li offices de prevost est que cil qui est mis en
                                possesion de la cho‹se› en puisse gaagner la seignorie par longue
                                teneure. ¶ {1} Se plusors sont qui doivent doner caucion et li uns
                                ne la veust doner, sera mis en possession de sa partie. Et se aucuns
                                sont qui volent que caucion soit doné, et li uns est plus riches de
                                mesons et li autres plus povres, ou il ont mesons senblanbles
                                plusors parties qui ne sont pas oeles, il seront mis en possession
                                non pas selonc lor parties mes yveement. {2} Et se li uns de
                                proprieté, et cil qui a l’usere<note>l’usere ] <emph>le vere</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>Si et dominus proprietatis et
                                        fructuarius desideret sibi caveri damni
                                    infecti</emph></note>, il volent que caucion lor soit donee que
                                domages ne sera pas fez à lor choses, li uns et li autres doit estre
                                oïz&#160;; ne cil qui la doit doner n’en sera pas grevuez, car il ne
                                donra pas à chescun caucion fors de tant comme il en apartient à
                                lui. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: il avient aucunne foiz quant domages a esté fez que
                                nule aucion n’en apartient por ce que caucion ne fust pas donee
                                avant&#160;; si comme se les mesons mon voisin chient sor les
                                moies&#160;; ne il ne puet pas estre contrainz de fere nueves ne
                                d’oster ce qui est cheeté sus les moies s’il le me veus lessier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: je commanderai que aucuns
                                promeste en son non que domages ne vindra pas par desus lui, et
                                doint caucion en autrui non à celui qui jurra que il ne le demande
                                pas par malice, ou que cil en qui non il demande la demandast, au
                                terme que je establirai que i avroi coneu la cause. Et se plez est,
                                savoir mon se cil qui done caucion est sires de la chose ou non, je
                                commaderai que caucion soit donee jusque .x. anz de l’uevre qui est
                                fete en commun flueve ou en rive&#160;; et que cil à qui caucion ne
                                sera eissi donee soit mis en possession de la chose por quoi la
                                caucion sera donee, et que cil la porsee que il me senblera qui avra
                                droiturel cau[119rB]se. ¶ Je donroi jugement contre celi qui ne
                                donra pas caucion, ne ne soffrera pas que sis aversoires soit en
                                possession de la chose por quoi il demandoit la caucion&#160;; si
                                que il poist autremant comme il convenist poier se caucion fust
                                donee en non de la chose de quoi ele deust estre donee par mon
                                juigement ou par celui à celi de qui juiridicion ele est. ¶ Cil qui
                                est mis en possession d’une chose que domages ne li viegne de cele
                                partie ne done caucion à un’autre s’il la demande en non de cele
                                chose, je commaderoi que il soit en possession o lui. ¶ {1} Le
                                prevoz&#160;: est par ce bannissement en domage qui n’est pas encor
                                fez, car les autres aucions apartienent à restoré les domages qui
                                sont ja avenuz, si comme la loi que Aquilius fit et les autres. Ne
                                ce bannissement ne parle point de domage qui a ja esté fez&#160;;
                                car autresi comme les bestes qui ont mesfet, ne nos solent pas plus
                                chergier fors que nos les abandonons à cez à qui eles ont mesfet,
                                par moult plus fort reson les choses qui sont sanz esme ne nos
                                doivent pas plus chergier&#160;; moismement, quant les choses qui
                                ont esme qui ont fet le domage durent encores&#160;; et les mesons
                                qui ont fet le domage, par ce que eles sont cheestes, sont faillies
                                et ne durent. {2} Mes por ce demade l’en, se mesons cheent ainz que
                                caucion soit donee, que domages ne vendra pas par devers els et li
                                sires ne les veust pas refere, ainz lesse ce que en est cheet,
                                savoir mon se aucunne aucion puet estre meüe contre lui par ce
                                domage. Et Juliens, à qui l’en demanda consoil de tel chose,
                                respondi que se li sires des mesons qui sont cheetes vest oster le
                                marrien et les autres choses, l’en ne li doit pas ostroier s’il
                                n’oste totes les choses – ce sont cex qui valent et celes qui ne
                                valent rien – et s’il ne done caucion, non pas tant solement dou
                                domage do tens avenir mes de celui qui est ja avenuz&#160;; et se li
                                sires de la meson qui est cheeste ne fet riens de celi, entrediz
                                doit estre renduz à celi sor qui ele est choeste, por quoi sis
                                vessins sera contrainz ou d’oster tot ou de lessier tot.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: ce sera lors dit par droit, quant il ne lessa pas
                                par negligence mes par aucun ampeechement à porvoir soz quel caucion
                                li fut donnee. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{5} Il moismes dit que cil qui a l’usere<note>l’usere] <emph>le
                                        fuere</emph> dans le ms., cf. lat.
                                    <emph>fructuarius</emph></note> de la meson ne la refet, cil qui
                                est [119vA] sires de la proprieté li puet deffendre que il n’en use
                                pas s’il n’a doné caucion à son voisin que domages ne li vendra pas
                                de cele part. Et se li sires est contrainz de doner la, il li doit
                                deffendre que il n’en use.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: ja soit ce que li useres<note>useres]
                                        <emph>usures</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Quamvis
                                        alienus usus fructus sit</emph></note> soit à un et la
                                proprieté à un autre, nonporquant Celsus dit que il convient que li
                                sires de la proprieté promete à son voisins que il n’avra pas domage
                                par devers lui&#160;; et s’il ne le promet, ou cil qui n’avra
                                l’useire ne done caucion, il convient que li voisins en soit mis en
                                possession. Mes se cil qui en a la proprieté li promet, et se cil
                                qui en a l’usure ne done pas caucion, Juliens escrit que l’en li
                                doit veer l’usaire. Et se cil qui a l’userie done caucion tot por
                                ‹…›, il convient que la proprieté li soit baillie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: or diron nos de creancier qui a pris gage, doit
                                il promestre tant solement por ce que il deffent sa droiture&#160;?
                                Ou il doit doner caucion por ce que il n’est pas sires de la
                                chose&#160;? Et encontre ce est fete question es livres Marcellus,
                                savoir mon se caucion doit estre donee au creancier qui tient une
                                chose en gages. Autresi puet l’en dire de celi qui n’en est pas
                                sires, car convenance n’est pas fete en sa persone&#160;;
                                neporquant, je croi que il est droiz que l’en porvoie au creancier
                                par convenance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil à qui caucion n’est pas donee que il n’avra
                                point de domage par devers une chose est plus pres d’avoir la que
                                cil à qui ele est engagie, car il la puet porsoier et gaagner par
                                longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{10} Marcians dit&#160;: se aucuns denonce novele uevre, Julianus
                                demande s’il doit demander caucion que domages ne li sera pas fez de
                                cele part&#160;; et il dit que il convient que ele soit donnee à
                                celui, car caucion doit estre donnee à celi qui dit qui ses
                                averseres n’a pas poer de fere son edefiemant plus haut. ¶ {11} Se
                                aucuns est mis en possession de mesons por ce que caucion ne li fu
                                pas donee, et cil qui les mesons furent a autres mesons par delez
                                por quoi il veust que caucion li soit donee que domages ne li sera
                                pas fez par devers les mesons don cil est mis en possession, veons
                                s’il doit estre oïz. Et Juliens escrit que, dusque il lessa les
                                mauvés mesons et reçut les bones, il ne doit pas demander caucion ou
                                non des mesons de quoi il ne la vost doner&#160;; et ceste sentence
                                est veroie. [119vB] ¶ {12} Se cil qui voloit demander caucion jura
                                que il ne le fesoit pas por malice et il ne la demanda pas lors, mes
                                il la veust demander aprés ce, veon s’il doit jurer de
                                rechief&#160;; et je croi que il doit jurer, car il puet avenir que
                                il i ot malice ou à l’une foiz ou à l’autre. ¶ {15} En ceste
                                convenance doit termes estre mis. Et se aucuns domages avient dedanz
                                ce terme, la caucion a leu ; car cil qui la done ne doit pas estre
                                obligiez à toz jorz. Li prevoz aserra donc le terme quant il avra
                                regardé la cause et la qualité do domage dont l’en a poer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li fez à celui qui n’a pas doné caucion ne n’a pas
                                receu celui qui est mis en possession est sanz poine tant que
                                domaiges ait esté fez, que il doint la caucion ou que il reçoive
                                celui qui est mis en possession ainz que li domages soit avenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se<note>ce] <emph>que ce</emph> dans le ms., la
                                    phrase se comprend mieux sans <emph>que</emph></note> aucuns qui
                                soit en autrui poeté ne reçoit pas celui qui est en possession de sa
                                chose, plusors cuident que aucion apartiegne contre celui en qui
                                poeté il est por abandoner le à sofrir la poine de son mesfet. {1}
                                Et se li procurators ne le veust recevoir, contre qui la donron
                                nos&#160;? Contre lui ou contre son seignor&#160;? Il est meuz que
                                ele soit donee contre lui meismes. {2} Et ce moismes doit estre dit
                                es metres des garnisons, en ceux qui ont cure d’autres. ¶ {3} Ceste
                                aucion qui est por le fet sera donee pardurablement à l’oier et as
                                autres persones. ¶ {4} Li juiges qui conoist entre les persones le
                                domage qui n’a pas esté fez seust esmer tot le domage qui est
                                avenuz, ja soit ce que cil o qui l’en a pledié a estrangee la
                                cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit<note>dit] <emph>me dit</emph> dans le
                                ms.</note>&#160;: caucion de domage qui puet avenir avra leu entre
                                celui qui a l’useire d’une chose et cil qui en a la proprieté, se
                                cil qui a l’usaire veust que caucion li soit donee do vice de la
                                terre et li sires de la proprieté veust que elle li soit donnee dou
                                vice de l’uevre : se cil qui en a l’usaire i fet aucunne chose que
                                li uns ne puet demander à l’autre caucion de domage qui avendroit se
                                la meson cheet – car cil qui a l’useire ne la puet demander por ce
                                que il est tenuz à referre la –, ne cil qui en a la proprieté por ce
                                que tel convence est usee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se cil qui avoit la proprieté d’une meson
                                promist que domages ne vendroit pas par chose qui apartenist celui
                                ou [120rA] il en dona caucion, ou cil qui en a l’usaire en dona
                                caucion por la soe partie, il ne seroit pas droiz que li uns eust
                                tote la meson sanz partir au domage. Et se cil qui en a la proprieté
                                i mest aucunne chose, l’en ne doit pas ostroier à celui qui en a
                                l’useire que il en use s’il i met autresi&#160;; et por ce, doit
                                l’en otroier à celui qui est l’usaire que cil qui en a la proprieté
                                soit contrainz de mestre i son avenant. Se les mesons cheent, donc
                                cil qui en<note>en] <emph>est</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>ergo et solum retinebit fructuarius, si aedes
                                        ceciderint, donec praestetur ei damnum, ut, quod haberet
                                        vicinus missus in possessionem, id fructuarius habeat, qui
                                        damnum vicino sarciit</emph></note> a l’usaire ait autretant
                                comme ses voisins eust, qui fust mis en possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: Proculus dit que quant aucuns fet por droit
                                aucunne uevre en sa terre, ja soit ce que il ait doné caucion à son
                                vosin que domages n’en vendra pas par devers lui, nonporquant il
                                n’est pas tenuz à cele convenance ; si comme se tu as meson lez la
                                moie et tu la veuz aucier par ta droiture, ou tu amoines l’eve dou
                                champ ton voisin ou tien. Car ja soit ce que tu amoines en ta terre
                                l’eve qui venoit en la moie ou que tu nuisses à ma lumere,
                                neporquant aucion ne m’apartient pas por cele convenance&#160;; car
                                il n’apartient pas que cil face domage qui use de son droit&#160;;
                                et il me senble que la sentence que Proculus dit soit veroie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.27}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant plusors sont seignors d’une moisme meson
                                chascun doit demander caucion que domages ne vendra pas de cele part
                                sanz fere mencion de sa partie&#160;; car chescun ne demande caucion
                                fors que de son domage. Et encontre ce, se pluisors sont seignor de
                                mauveses mesons, chescuns doit doner caucion par sa partie&#160;; ne
                                il ne sont pas obligié chescun por tot.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.35}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant murs chiet qui estoit communs à .ii., il
                                convient enquerre s’il estoit asez convenables à porter les fuisiaus
                                ou non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.36}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: plusors dient que li murs communs est
                                convenables s’il puet porter les fuisiaus de l’une et de l’autre
                                meson.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.37}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: car s’il n’estoit convenables, il deust avoir
                                esté abatuz. Et se aucuns domages en avient, cil qui l’a depecié n’i
                                doit pas estre tenuz se li murs que il a refet n’est mauvés. Et se
                                li murs qui est depeciez est convenables, cil qui depeça est tenuz à
                                restorer le domage qui en est avenuz ; car s’il n’avoit mester
                                d’estre depeciez, il le doit refere à son propre despens. Et se
                                aucunne rente est perdue por ce que il est depeciez, Sabins veust
                                que cil qui le depeça le rende&#160;; si comme [120rB] se li oste
                                s’en partirent por ce que il n’i poent habiter.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.2.42}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julianus dit&#160;: se li sers qui est communs à .ii. seignors a pris
                                caucion que domages ne sera fez à ses seignors, autretant vaut comme
                                s’il moismes l’ussent prise.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julianus dit&#160;: s’eve de pluie a fet domage à aucun, il en puet
                                pledier por aucion de retenir l’eve de pluie. Nos apelon «&#160;eve
                                de pluie&#160;» cele qui chiet do ciel et qui croit par cretine ;
                                comment que il soit, ou se cele eve qui chiet do ciel nuist par lui,
                                si comme Labeo dit, ou s’elle est meslee à autre. {1} Ceste aucion a
                                leu ou domage qui n’est pas encor fez, mes l’uevre est fete, de coi
                                li domages puet venir. Cele a leu totes les foiz que cele eve puet
                                nuire par uevre qui est fete à la main ; c’est quant aucuns a fet
                                que l’eve core autrement que ele ne set pas sa nature, si comme s’i
                                l’a atrené ou il l’a fete plus inele, ou s’il l’a retenue por fere
                                la soronder. Mes se l’eve nuist par sa nature, ele n’est pas
                                contenue en cele aucion. ¶ {2} Neraces escrit que, se aucuns<note>se
                                    aucuns] <emph>se aucunne</emph> dans le ms.</note> torne de son
                                cors l’eve qui s’eust core par son champ, et fere palu, se cele palu
                                est creue par eve de pluie et ele torne de son champ et nuist à son
                                vosin, il sera contrainz d’oster la par aucion d’eve de pluie. ¶ {3}
                                Quintus Mutius dit que ceste aucion n’apartient pas à l’uevre qui
                                est fete à la charrue por coitiver les chans&#160;; et Trebacius
                                n’en acete pas ce qui est fet por coitiver les chans, mes por
                                aquerre froment. ¶ {4} Se une fosse est fete por sechier les chans,
                                Noncius dit que c’est fet por coitiver le champ&#160;; neporquant,
                                il ne le convient pas fere si que autres i ait domage, car chescuns
                                doit si amender son champ que il n’enpire celi à son voisin. {5} Et
                                se aucuns puet arer et semer sanz fere roies por quoi l’eve s’en
                                core et il les i fet, il est tenuz par ceste aucion, ja set ce que
                                il ait fet por coitiver les chans&#160;; et s’il n’i puet autrement
                                semer que il ne le feist, il n’est pas tenuz. ¶ Offilius dit que
                                chescuns a poer por coitiver ses chans de fere rois por quoi l’eve
                                s’en core por tant que ele core tot à une part. ¶ {6} Servius dit
                                que se aucuns plante et il fet que l’eve lest sa terre et s’en cort
                                autre part, l’en puet pledier à lui par ceste aucion [120vA] se cele
                                eve nuist à son voisin. {7} Et issi escrit Labeo, que totes les
                                choses qui sont fetes por avoir blez et fruiz sont dehors ceste
                                cause&#160;; ne il ne puet cheloir por quex blez ne por quex fruiz
                                cele uvre est fete. ¶ {8} Sabinus et Cassius dient que l’uevre qui
                                est fete à la main vient en ceste aucion, fors ce qui est fet por
                                cause de coitiver les chans. {9} Neporquant, se aucuns fet en son
                                champ roies por quoi l’eve s’en core, il est tenuz par l’aucion de
                                retenir l’eve de pluie. ¶ {10} Il moismes dit que, se l’eve cort
                                naturemant, ceste aucion cesse&#160;; mes se uevre est fete por quoi
                                l’eve soit botee ou plus haut ou plus bas, ceste aucion i a leu. ¶
                                {11} Il moismes dit que chascuns a poeté de retenir en sa terre
                                l’eve de pluie et deffendre soi de cele qui vient d’autrui chier au
                                sien, por quoi il ne face en autrui terre uvre&#160;; car il n’est
                                desvee à nului que il ne face son preu si que il ne face à autrui
                                domage&#160;; ne nus n’est por ce tenuz à nule aucion. {12} M.
                                Marcex dit que l’en ne puet pas pledier contre celi qui fuet en sa
                                terre et retorne la fontoine son voisin fors par aucion de
                                tricherie&#160;; et sanz dote, il n’i est pas tenuz dusque il ne le
                                fist por corage de nuire<note>de nuire] <emph>dimure</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>si non animo vicino nocendi</emph></note> à
                                son voisin mes d’amender son champ. {13} L’en doit savoir que ceste
                                aucion apartient à celui qui est plus hauz<note>hauz]
                                        <emph>bauz</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Item sciendum
                                        est hanc actionem vel superiori adversus inferiorem
                                        competere</emph></note> contre celui qui est plus bas quant
                                ovre por quoi il contrete à l’eve que ele ne core si comme ele seust
                                parmi son champ&#160;; et celui qui est plus bas contre celui qui
                                est plus haut, que il ne li envoit l’eve autrement que ele seust
                                core. ¶ {14} À ce doit l’en ajoindre que ceste aucion n’apartient
                                nule foiz quant la nature dou leu nuist<note>leu nuist] <emph>leue
                                        quist</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>cum ipsius loci
                                        natura nocet</emph></note>, car – qui vodroit voir dire –
                                sovant avient que l’eve ne nuist pas mes la nature. ¶ {15} Je croi
                                tot à une some que aucion de retenir eve de pluie a lieu quant eve
                                de pluie, ou cele qui croit par pluie, ne nuist pas de sa nature,
                                mes por ovre qui est en fete por autre chose que por coitiver chans.
                                ¶ {16} Nos dison que eve croit por pluie qui mue sa color et
                                soronde. ¶ {17} L’en doit savoir que ceste aucion n’a pas leu se
                                l’eve de pluie ne nuist à aucun champ&#160;; car s’ele nuist à
                                edefiement ou à chestel, ceste aucion cesse. Mes l’en poet bien
                                pledier que aucuns n’a pas droiture de mestre ses gotieres la où
                                eles sont&#160;; et issi le dient Labeo et Cassius. ¶ Aucion de
                                retenir pluie est especiau [120vB] ; et cele de flueves et des
                                gotieres est generau et il en loit à pledier par tot. L’eve qui
                                nuist es chans sera refrenee por l’aucion de retenir l’eve de pluie.
                                {18} Ne nos n’enquerron pas dont ele nest. ¶ {19} Cassius escrit que
                                se eve nuit à edifiement de cité ou de ville, l’en en doit pledier
                                par aucion de flueves et de gotieres. ¶ {20} Je trovois escrit es
                                livres Labeo que, se l’eve qui cort de mon champ nuist à leu qui est
                                dedanz aucuns edefiemanz, je n’en puis pas estre enplediez par
                                aucion de retenir eve de pluie. Et s’ele decort des mesons en mon
                                champ et ele i nuist, aucion de retenir eve de pluie i a leu. ¶ {21}
                                Autresi comme l’euevre qui est fete que l’eve de pluie me nuisse
                                vient en ceste aucion, demande l’en se l’en puet pledier por aucion
                                de retenir eve de pluie se mis voisins fet une ovre que l’eve qui
                                puet valoir en mon champ ne li vaille. Offilius et Labeo
                                cuident que je ne puisse pas pledier por ceste aucion, ja soit ce
                                que ce fust mes preuz que ele ne revenist jusqu’à mon champ&#160;;
                                car ceste aucion a leu quant l’eve de la pluie nuist et ne mie quant
                                ele ne profite pas. ¶ {22} Se mis voisins oste l’ovre que il avoit
                                fete et l’eve vient par sa nature en mon champ, qui est plus bas, et
                                ele li nuist, Labeo dit que je n’en puis pas pledier par aucion de
                                retenir eve de pluie&#160;; car c’est toz jorz le servise as chans
                                qui sont bas que il reçoivent l’eve qui acort de cez qui sont plus
                                haut. Neporquant, se l’eve vient plus forment et ele se derive por
                                cele ovre qui est ostee, Labeo dit que l’en en puet pledier par
                                aucion de retenir eve de pluie. {23} Il dit aprés que unes loies ont
                                esté dites de la condicion des chans&#160;; si comme s’il i vient
                                trop eve en mon champ, il me loise à fere fosses o tien par retenir
                                la. ¶ Et se certoine loi n’a esté donee à chans, il convient que la
                                nature en soit donee, que li plus bas serve au plus haut et ait
                                naturement ce grief por ce que il en a autre preu&#160;; quant
                                autresint comme tote la cresse acort dou plus haut champ ou plus
                                bas, convient il que l’eve i acore, qui i fet grant domage, se l’en
                                ne trove que il ait ou champ vielle costume qui vaille loi. ¶ Nos
                                dison autresi de servises que, la où l’en ne trove pas que certains
                                servises soit establiz, longue costume qui n’a pas estee amenee
                                avant por force, ne en repuet, ne par priest, soit en leu de
                                servise. ¶ Nos ne contraindron donques pas nostre voisin de fere
                                ruisel parmi sa terre, mes nos moismes le ferons&#160;; et ce
                                [121rA] sera autresi comme servises, et nos avons sus cele chose
                                profitable aucion ou entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: trois choses sont<note>Trois choses] <emph>trins
                                        chans</emph> (?) leçon douteuse dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>In summa tria sunt, per quae inferior locus superiori
                                        servit</emph></note> par quoi li plus bas leu sert au plus
                                haut ; ce sont loi et la nature dou leu et longue costume qui est
                                tenue par loi. ¶ {1} L’en trove es livres Labeo que une fosse estoit
                                en un champ por sechier les chans qui estoient environ, et nus
                                n’estoit à qui il sovenist quant ele fut fete ; cil en qui champ ele
                                estoit ne la cura pas, et de ce avint que l’eve soronda et fist mal
                                en mon champ, Labeo dit donc que je puis pledier o lui par aucion de
                                retenir eve de pluie, ou que il cure la fosse, ou que il soffre que
                                je moinge en l’ancien estat. {2} Et se la fosse est en la devise de
                                .ii. chans et tes voisins ne s’offre pas que tu en cures la partie
                                qui est par devers toi, Lobeo dit que tu en puez pledier o lui par
                                aucion de retenir eve de pluie. ¶ {3} Celsus dit que se aucunes
                                ovres sont fetes par commune autorité por fere corre aval l’eve de
                                la pluie, eles ne vienent pas en ceste aucion. En cele moisme cause
                                sont les choses qui sont si vielles que il n’en sovient à nului. ¶
                                {4} Alphenus dit que, s’il a en un champ une fosse qui est si plaine
                                que l’eve encort as chans qui sont plus bas, cil en qui champ ele
                                est doit estre contrainz de curer la, de quel tens que ele
                                soit&#160;; et je croi que c’est voirs. {5} Varus dit&#160;: la
                                force de l’eve abati un travail qui estoit ou champ mon voisin, por
                                ce avint il que l’eve de la pluie me nuist. Il dit donc que, se li
                                travau estoit naturex, je ne puis pas por ce pledier à mon voisin
                                por aucion de retenir eve de pluie que il le meste arrieres ou
                                soffre que il i soit mis. Et ce moismes dit il se li travauz fut fez
                                à la main, ne nus n’est qui en soviegne&#160;; mes s’il en sovient à
                                aucun, li sires do champ est tenuz par ceste aucion à mestre la
                                arrieres. Et Labeo dit que, se il fut fez à la moin, ja sé ce que
                                nus n’est à qui il en soviegne, nonporquant l’en en puet pledier par
                                ceste aucion. ¶ Por ceste aucion ne puet nus estre contrainz de fere
                                le preu à son voisin, mes que il ne li nuise pas, ne ne le destorbe
                                de fere ce que il puet fere par droit. Et ja soit ce que aucion de
                                retenir eve de pluie faille, neporquant je croi que preferable
                                aucion au antredit m’apartiegne contre mon voisin, se voil restablir
                                le travail en son champ&#160;; car loiauté ostroie que je i face ce
                                que me puet valoir et qui ne li puet riens nuire, ja [121rB] soit ce
                                que il ne soit pas ostroié par estroit droit. {6} Namusa dit&#160;:
                                se eve corant estope son conduit d’ordure et ele regorge arriés, si
                                que ele fet mal au champ qui est desus, l’en puet pledier o celui
                                qui est sires do champ de soz que il lest curer le conduit. Et Labeo
                                prove contre lui que ceste aucion est bone non pas tant solement des
                                ovres qui sont fetes contre volenté. ¶ La nature do champ puet estre
                                muee par lui moismes&#160;; et por ce, quant ele se mue par lui,
                                chascuns le doit soffrir en pez, comment que il soit, ou se la
                                condicion do champ amende, ou s’ele enpire. Et por ce, se la cause
                                de la terre est muee por terremote ou par force de tempeste, nus ne
                                puet estre contrains de soffrir que ele soit ramenee en sa premiere
                                condicion&#160;; mes nos retenons loiauté en ce cas. ¶ {7} Labeo
                                dit&#160;: se granz cors d’eve est venuz en ton champ qui achieve le
                                leu, tu n’en puez pas pledier o tes voisins par aucion de retenir
                                eve de pluie. Mes s’il avoint ou champ ton voisin une fosse qui
                                soloit recevoir l’eve de quoi il ne sovint a nul quant ele fut fete,
                                et ele est estopee, tu puez pledier o lui que il te lest curer. ¶
                                {8} Labeo dit que quant il est requiert se il sovient à aucun de
                                l’ovre qui fut fete, l’en n’en puet pas demander ostroiment le jor
                                et le tens, ainz doit sofire se aucuns set que ele fut fete ; ne il
                                ne convient pas que cil vivent<note>vivent] <emph>iurent</emph> dans
                                    le ms., cf. lat. <emph>nec utique necesse esse superesse qui
                                        meminerint, verum etiam si qui audierint eos, qui memoria
                                        tenuerint</emph></note> – qui la virent fere – desque cil
                                vivent qui lor oirent dire, que il lor en sovenoit bien. ¶ {9} Labeo
                                dit que, se aucuns trestorne un flueve que l’eve ne viegne en son
                                champ, et il nuist par ce à son voisin, il n’en puet pas pledier o
                                lui por aucion de retenir eve de pluie. ¶ Retenir eve est garder que
                                ele no core&#160;; et ceste sentence est veroie s’il ne le fist par
                                corage de nuire toi, mes por garder que ele ne li neust.¶ {10} Je
                                croi que c’est voirs que Offilus escrit, que se ton champ sert à ton
                                voisin et il reçoit l’eve que decort do sien champ, aucion de
                                retenir eve de pluie cesse se ele ne li nuist à desmesure. À ce
                                s’ensit ce que Labeo dit, que se aucuns ostroie à son voisin que il
                                puisse amener eve parmi son champ, il ne puet pas pledier o lui par
                                aucion de retenir eve de pluie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: Trebaces reconte que cil en qui champ une
                                fontoine sordoit fist delez la fontoine fossé à folons de quoi il
                                envoiet evoec eve chaude [121vA] ou champ à son voisin. Il dist donc
                                que il n’est pas tenuz por aucion de retenir eve de plue&#160;; et
                                s’il fet l’eve chaude corre par son ruissel ou il i met ordure, il
                                plet à plusors que il en soit enpechiez. {1} Cil moismes Trebaces
                                cuide que cil à qui<note>à qui] <emph>amai</emph> dans le ms.</note>
                                les eves chaudes coranz nuisent puisse pledier à son voisin por
                                aucion de retenir eve de pluie&#160;; mes ce n’est pas voirs que eve
                                chaude n’est pas eve de pluie. ¶ {2} Se aucuns qui soloit aroser son
                                cortil en un tens de l’an i a fet pre, ou l’eve vient toz jorz par
                                quoi il nuist à son voisin, Offilius dit que il n’en est pas tenuz
                                par aucion de domage ne de retenir eve de pluie s’il n’a fet chose
                                por quoi l’eve viengne plus roidement ou champ son voisin. ¶ {3} Il
                                a esté receuz que nus n’est tenuz por aucion de retenir eve de pluie
                                fors cil qui fet ovre ou suen&#160;; et de ce droit uson nos. Et por
                                ce, se aucuns fet ovre en commun leu, ceste aucion cesse. Et cil qui
                                ne se porvist de demander caucion que domages ne li vendroit pas par
                                cele ovre n’en doit blasmer se lui non&#160;; neporquant, s’il fet
                                ovre en son propre leu, et il i asenble dou commun, Labeo dit que
                                l’en puet pledier à lui por tote l’uevre por aucion de retenir eve
                                de pluie. ¶ {4} Cil qui a l’usaire dou champ ne puet pas pledier par
                                aucion de retenir eve de pluie, ne l’en ne puet pas pledier o lui.
                                ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il moismes dit&#160;: ja soit ce que aucion de retenir eve de pluie
                                est loie contre le seignor de l’ovre tant solement, neporquant Labeo
                                escrit que se aucuns edefice un sepucre de quoi l’eve nuise, ja sé
                                ce que il lesse à estre sires de l’ovre por ce que li leus est fez
                                religios, l’en puet dire que il est tenuz por ceste aucion, quar il
                                fu sires de l’uevre quant il la fist. Et s’il est contrainz por le
                                commandemant au juige de restablir l’ovre, aucion de sepulcre brisee
                                n’a pas leu contre lui. ¶ {1} Juliens escrit que se aucuns estrange
                                son champ aprés ce que il a receu le juigement de retenir eve de
                                pluie, li juiges doit juigier do domage qui a esté fez et de
                                restablir l’ovre, ce moismes que il enjujast<note>enjujast]
                                        <emph>enuiast</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>de
                                        praeterito damno et de opere restituendo id statuere iudicem
                                        debere, quod iudicaret, si nulla alienatio facta
                                        esset</emph></note> se nus estrangemanz n’en fust fez&#160;;
                                car por ce, se li chanz est estrangiez, ne faut pas li juigemanz ;
                                et se doit l’en prendre garde au doma[121vB]ge qui est avenuz por
                                cel estrangement. ¶ {2} Cil moismes Julien dit que aucion de retenir
                                eve de pluie n’a leu fors contre le seignor de l’uevre. Et por ce,
                                se li coitiverres fet aucunne ovre sanz le seu au seignor do champ,
                                li sires n’en est à rien tenuz, fors que il soffre que ele soit
                                depecee&#160;; et li coitiverres doit este por l’entredit de ce qui
                                est fez por force ou en repost de poier les despens que il convient
                                à fere por depecier l’ovre et le domage qui en est avenuz. ¶ Et se
                                li sires veust que cil à qui l’uevre nuit li doint caucion que il ne
                                fera chose don domages li aviegne, il est droiz que il li doint. ¶
                                {3} Se mis procurators a fet sanz moi tel ovre por quoi l’eve de la
                                pluie nuise à mon voisin, l’aucion en sera contre moi, ausi comme
                                contre le coitiveor&#160;; et li procurators en porra estre trez en
                                cause par l’entredit de ce qui est fet por force ou en repost, selon
                                la sentence Julien, neïs puis que la sentence sera depecie. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se le coitiviers fet sanz le seu son seignor un
                                uevre por quoi eve nuise à son voisin, Labeo dit que li coitiverres
                                est tenuz par l’entredit de ce qui est fet por force ou en
                                repost&#160;; et li sires est tenuz par l’aucion de retenir eve de
                                pluie, car il seus puet depecier l’ovre. Mes il doit soffrir tant
                                solement que ele soit depecie se l’en li done caucion que ele ne li
                                face pas domage&#160;; et s’il fet aucuns despens por depecier la,
                                il le recovrera sus le coitiveor par aucion de loage, se l’en ne dit
                                le contre por ce que il n’estoit pas besoing au seignor de depecier
                                la. Mes se l’ovre fut fete por le commandemant au seignor, il est
                                tenuz par l’entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se mes tierz voisins a fete une ovre dont eve
                                core par le champ à mon prochein voisin jusqu’au mien, si que ele me
                                nuisse, Sabins dit que je puis pledier o le plus prochein voisin ou
                                lessier le en pez et pledier o l’autre qui a fet l’ovre&#160;; et
                                ceste sentence est veroie. ¶ {1} Se l’eve qui decort dou champ à
                                plusors me nuist, ou s’eve nuist au champ qui est à plusors, il plet
                                as metres que nos uson de cest droit que, se li chans est à plusors,
                                chascuns en puisse pledier et li condempnemenz soit fez selon les
                                parties&#160;; et se l’en en plede à plusors, chescuns en soit
                                enplediez por sa partie, et li condempnemenz soit fez par parties. ¶
                                {2} L’en demande, se l’eve qui vient de ton propre champ nuist au
                                champ qui est communs à moi et as autres, savoir mon se l’en en puet
                                pledier por aucion de retenir eve de pluie. Et je croi [122rA]
                                que oïl, en tel maniere neporquant que la partie do domage soit
                                restoree. {3} Et encontre ce, se chans est communs, qui nuist au
                                mien propre, l’en puet pledier por aucion de retenir eve de pluie,
                                si que chescuns poit sa partie do domage. ¶ {4} Se aucuns mest hors
                                de sa main la seignorie de son champ ainz que il plede por aucion de
                                retenir eve de pluie, l’aucion lesse à apartenir lui et vient à
                                celui à qui li chans est&#160;; car por ce que ele contient leu
                                domage qui est à venir, ele commoincera à apartenir à celui qui sera
                                sires dou champ, ja sé ce que uns autres en estoit sires quant li
                                voisins fist l’ovre. ¶ {5} L’en doit savoir que aucion de retenir
                                eve de pluie n’est pas sor la chose mes sor la persone. ¶ {6} Li
                                offices au juige est que se li voisins a fet tele ovre, il convient
                                que il la depiest, et restore le domage qui en est avenuz aprés ce
                                que li plez fut entamez. Mes se li domages avint ainz que li plez
                                fut entamez, il devra depecier l’ovre tant solement, et ne restorera
                                pas le domage. ¶ {7} Celsus dit que, se j’é fet aucunne chose por
                                quoi l’eve de la pluie te nuisse, je doi estre contrainz de depecier
                                la à mes despens&#160;; et se aucuns autres la fist, qui n’apartient
                                de rien ou moi, c’est assez que je soffre que ele soit depecie. Mes
                                se mis sers la fist, ou cil qui je suis heirs, je doi abandoner le
                                serf à sofrir poine&#160;; et ce que cil fist, à qui je sui heirs,
                                est autresi comme se je moismes le use fet. {8} Et li juiges doit
                                proisier veroiment le domage qui a esté fez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil à qui l’en plede par aucion de retenir eve de
                                pluie por l’ovre que il a fete est contrainz de recevoir juigement,
                                ja sé ce que il est apareilliez de lessier le leu ; car il est
                                    trez<note>trez] <emph>creuz</emph> dans le ms.</note> en cause
                                en son non por depecier l’ovre. {1} Mes il est autrement en celui
                                qui achate por bone foi, car il n’est tenuz fors à sofrir que l’ovre
                                soit depecie&#160;; s’il veust donc quiter le champ, il doit estre
                                oïz, car il fet plus que il ne doit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant li chans où l’eve sort est venduz por
                                condicion, il convient enquerre la volenté au vendeor et cele à
                                l’acheteor, si que s’il remoint à l’acheteor ou s’il ne li remoint
                                pas, il soit certoine chose que la droiture de l’eve a esté ostroie
                                par la volenté au seignor. {1} Por ce, demande l’en la volenté au
                                seignor que torz ne li soit fez senz son sen&#160;; et il n’apert
                                pas que torz li soit fez desque il le veust. {2} La volenté à celi à
                                qui la droiture de l’eve apartient n’est pas demandé tant solement,
                                mes cele au seignor dou leu&#160;; que, ja soit ce [122rB] que il ne
                                puisse pas user de l’eve, neporquant ele ne se pert pas de sa
                                terre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se plusor sont segur dou leu don l’eve est menee,
                                l’en ne dote pas que il ne conviegne pas sivre la volunté à toz ;
                                car il ne sera pas droiz que la volenté à l’un, qui n’est sires que
                                d’une partie, fet tort à ses compoingnos. ¶ {1} Or veons se la
                                volenté i puet venir aprés&#160;; et il nos plet que l’en ne face
                                pas force s’ele i vient avant ou aprés, car li prevoz doit garentir
                                la derreine volenté. ¶ {2} Se fluves est tex que il port navie,
                                Labeo dit que li prevoz ne doit pas ostroier que l’eve en soit menee
                                hors tant que il ne puisse porter navie&#160;; et autresi est il se
                                uns autres fluves croit par ce tant que il porte navie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’en ne fet pas por droit sus autrui voie arche por
                                mener eve, ne cil à qui voie et charriere est deue, mes il i fera
                                par droit un pont par quoi il porra aler et mener ce que il vodra. ¶
                                {1} Cassius dit que se domages vient à plusors par l’eve ou par le
                                champ qui est à plusors seignors, li uns de celx qui ont eu le
                                domage puet pledier à un de celx par quoi li domages est venuz, ou
                                uns puet pledier à toz, ou tuit puent pledier à un, ou tuit puent
                                pledier à toz. ¶ Se li uns en plede et l’ovre est depecie et li
                                domages restorez, l’aucion as autres faut. ¶ Et se l’en plede à l’un
                                et il rent le domage, li autre sont delivré ; et il puet recovrer
                                sus ses compoignons par juigement de partir choses communes ce que
                                il avra mis por aux. Ne l’en ne doit pas pledier à celui qui fist
                                l’ovre que cil qui la fist fere doit restorer le domage. ¶ {2}
                                Proculus dit que se l’en plede à un des seignors, qui ne fit pas
                                l’ovre, il doit depecier l’ovre à son despens, car il a contre ses
                                compoignons aucion de partir choses communes. Mes il dit que il li
                                plet meuz que il ne face fors sofrir que l’ovre soit depecie&#160;;
                                et cil en doit estre blasmz, qui ne plede pas à celui qui fist
                                l’ovre, car il seroit torz que l’en la feist depecier à celui qui ne
                                la fist pas por ce que il n’en puet pas pledier por aucion de partir
                                choses communes ; car il porroit avenir que ses compoingz n’avroit
                                de coi poier. ¶ {3} Juliens dit que il dote queli offices au juige
                                qui est receuz entre dos doit estre se li chans [122vA] à qui l’eve
                                nuit est à un ; et ‹se› cil en quoi l’ovre est fete est à plusors et
                                l’en en plede à l’un d’aus, savoir mon se li condempnemenz doit
                                estre fez dou domage qui est avenuz puis que li plez fu entammz et
                                de depecier l’ovre&#160;; autresi comme quant l’en plede por
                                sepulcre, ou por serf commun por abandoner le à soffrir poine. Cil o
                                qui l’en plede por sepulcre ou por serf commun est condempnez por
                                tot, por ce que il puet recovrier sus ses compoignons ce que il i
                                met ; ou se cil o qui l’en plede doit estre condempnz à restorer sa
                                partie do domage que il i a esté fez et à depecier sa part de
                                l’ovre&#160;; autresi comme l’en fet en aucion de demander caucion
                                do domage qui puet avenir quant plusors sont seignors dou champ don
                                l’en crient que li domages viegne et en plede à un d’aus, ja soit ce
                                que l’ovre de quoi li domages puet venir ne puet estre departie, et
                                les mesons et la terre où eles sont ne puent pas fere domage en
                                partie. Por ce ne remoint pas o qui l’en plede ne puisse estre
                                condempnz por sa partie ; doit l’en garder en aucion de retenir eve
                                de pluie, car ‹n’› est aucion de domage qui est avenuz mes de celui
                                qui est à venir. {4} Et se li chans à qui l’eve nuist est à plusors,
                                chascuns en peut, mes il n’avra fors sa part do domage qui avendra
                                puis que li plez sera entammz.¶ Et se l’ovre doit estre depecee, cil
                                qui la fist ne doit estre condempnz à chascun fors quan tant comme
                                il eust de preu se l’ovre fust depecie. {5} Se eve est envoie dou
                                champ qui est en propres à aucun en un champ commun, Offilius dit
                                que uns des compoingnons puet pledier à celui qui le champ est don
                                l’eve vient. {6} Et se ce vient par ovre qui ait esté fete à la
                                main, cil à qui l’en plede la doit depecier&#160;; mes, se ce avient
                                por force d’eve ou por ce que la fosse où l’eve coroit est enplie de
                                limon, il doit estre quites por soffrir que l’ovre<note>ovre]
                                        <emph>eue</emph> dans le ms.</note> soit depecie. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cil qui achete une chose et cil qui en sont
                                heir doivent depecier l’ovre qui nuist à lor voisins ou soffrir que
                                il la depiecent ; car il est aperte chose que la demore nuit à celui
                                qui a le domage. En cele moisme cause est li compoignz à celui qui
                                fist l’ovre, s’il en la fist par lui&#160;; autresi est il ou champ
                                qui est donz ou lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Maius dit&#160;: [122vB] mes li venderres ou li donierres sera tenuz
                                por l’entredit de ce qui est fet par force ou en repost à restorer
                                le domage et les despens qui ont esté fetes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Ateus dit que se cil qui a fete l’ovre a vendu le
                                champ à plus poissent de lui por lessier à estre en sires, l’en
                                pledera à lui por l’entredit de ce qui a esté fet par force ou en
                                repost&#160;; et se li anz passé, juigemenz de tricherie doit estre
                                donz contre lui. ¶ {1} Quant l’en plede par aucion de retenir eve de
                                pluie l’en enquiert do fet qui nuist&#160;; et se une partie de la
                                terre soit abessie por le vice dou leu, ja soit ce que par ce nuise
                                l’eve de pluie au champ qui est plus bas, neporquant nule aucion n’i
                                apartient&#160;; ce moismes dit l’en se aucunne chose qui est fete à
                                la main s’abesse. ¶ {2} En cest juigement vient li domages dou tens
                                qui est à venir, - autresit comme en celui de demander caucion de
                                domage don l’en a peor - ja soit ce que prés que tuit li autre
                                juigement sont des domages qui sont avenuz. {3} Et do domage qui fu
                                avant fez puet l’en pledier par l’entredit de ce qui est fet à force
                                ou en repost. Et de qui puet avenir<note>avenir] <emph>aucun</emph>
                                    dans le ms.</note> aprés la sentence au juige, doit l’en doner
                                caucion ; ou l’ovre doit estre issi depecie que nus domages n’en
                                puisse puis venir. {4} Et de l’ovre qui est fete aprés ce que li
                                plez est entammz doit l’en pledier de novel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: aucunne foiz avindra que l’ovre qui sera fete
                                aprés l’entannement dou plet sera depecie, se cele qui fu avant fete
                                ne puet estre ostee sanz cele.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se li chans de quoi l’en plede par aucion de
                                retenir eve de pluie a esté venduz, et l’en li a nié aprés la vente,
                                li venderres porra recovrer por cele moisme aucion le domage qui li
                                a esté fez, non pas por ce que il a esté fez au vendeor mes à la
                                chose, et que li venderres le doit restorer à l’acheteor. Mes se cil
                                à qui l’en a pledié le vent ainz que il li nuise, l’en devra pledier
                                à l’acheteor ou o le vendeor dedanz l’an s’il le vendi por eschever
                                le juigement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: s’il me fu ostroié premerement que ge eusse servise
                                d’eve por nuit et il me fu puis ostroié que je l’eusse por jor, et
                                j’avais lonc tens usé dou servise de nuit tant solement, je pert le
                                servise dou jor ; car en ce quas sont ces divers servises qui me
                                sont donz por diverses causes. {1} Il plot à cex qui furent
                                ça arrieres que eve ne puisse pas estre menee [123rA] par conduit de
                                pierre, s’il ne fu issi devisié quant li servises fut
                                establiz&#160;; car ce n’est pas costume que cil à qui servises
                                d’eve est deuz l’amoint par conduit de pierre. ¶ Les choses qui
                                solent estre à autre, si comme an costume que eve soit menee par
                                tuiaus, ja soit ce que il n’ait pas esté devisé à establir le
                                servise, puent estre fetes si que nus domages n’en soit fez au
                                seignor de la terre. ¶ {2} Nos plet que servises de puisier eve
                                puisse estre establiz par commune voie&#160;; et c’est voirs. Ce
                                n’est pas tant solement por commune voie, mes par commun flueue. ¶
                                Servises de voie ne de charriere ne puet pas estre establiz en
                                commun flueue. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: se ovre est fete en leu commun que l’eve de la
                                pluie nuise à aucun, il n’en puet pas pledier&#160;; et la reson de
                                ce est que nus n’est tenuz por ceste aucion fors cil en qui terre
                                l’ovre est fete. {1} Eve ne puet estre menee par commune voie sanz
                                l’otroi au prince.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: Labeo dit que se ge faz por l’asentement mon
                                voisin ovre par quoi eve de pluie li nuise, je ne sui pas tenuz à
                                lui par aucion de retenir eve de pluie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il moismes dit&#160;: s’il n’est pas deceuz por error mes par faute
                                de sen, car en error ne puet avoir point de volenté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se eve sort en mon champ et les voines en sont
                                ou tien, se tu copes les voines, et l’eve lesse por ce à venir à
                                moi, il n’apert pas que tu n’oies fet force se tu ne me donoies
                                aucun servise de ce&#160;; ne tu n’i es pas tenuz à moi por
                                l’entredit qui est fez par force ou en repost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li usaires do champ est lessiez à aucun,
                                l’aucion de tenir eve de pluie apartient à l’oier et contre l’oir
                                por ce que la proprieté dou champ est seue. Et se cil qui en a
                                l’usaire a aucun domage por ovre qui est fete, il porra pledier por
                                l’entredit de ce qui est fet por force ou en repost. Et se li
                                antredit ne li apartient, l’en puet demander se aucion de retenir
                                eve de pluie li doit estre donee comme au seignor, ou s’il doit
                                pledier por avoir la droiture d’user en&#160;; mes il est mieuz que
                                aucion de retenir eve de pluie li soit donnee. ¶ {1} Il n’apert pas
                                que cil qui fist l’ovre l’aist depecie s’il n’areste l’eve. {2} Et
                                se cil qui a l’usaire do champ i fet ovre par quoi l’eve de la pluie
                                nuise à autrui, aucion en porra estre meüe contre le seignor de la
                                proprieté. L’en demande se cele aucion puet estre donee à celui qui
                                a l’usaire do champ. [123rB] Et il me senble que il est bien
                                que ele li soit donee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’uevre qui fut fete par le commandemant au prince
                                ou au senat ou par cex que premerement establirent les chans, ne
                                vient pas en ce juigement. ¶ {1} Ceste aucion a leu à chans qui sont
                                tenu à ferme. ¶ {2} Le monciau de terre que aucun fet an son propre
                                leu lez .i. flueve viennent en juigement de retenir eve de pluie
                                s’il sovient à aucun que il i furent fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Alphenus dit&#160;: uns hons aroit son champ, qui estoit plus hauz
                                que le son voisin, que l’eve ne venoit par les roies et par les
                                orneres ou champ de soz&#160;; l’en demade s’il puet estre contrainz
                                par le juigement de retenir eve de pluie d’arer son champ en tel
                                maniere que les roes ne s’esgotent pas à cex de soz. Et la
                                response est que l’en ne li puet pas veer que il n’are son champ si
                                comme il vodra. {1} Mes s’il fesoit de travers aucunnes roies par
                                quoi l’eve corrust au champ de soz, ce li porroit l’en bien
                                deffendre par le juigement de retenir eve de pluie. {2} Et s’il
                                fesoit fosse par quoi l’eve de pluie poist nuire, il porroit estre
                                contrainz d’enplir les fosses. Et s’il ne les enploit, il devroit
                                estre condemnz de tant comme ses averseres eust de preu se l’eve ne
                                fust onques alee por les fosses. ¶ {3} Eve de lac ne croit nule foiz
                                ne ne descroit, ne il ne loist pas à voisins à mestre .i. n’a oster
                                an.¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil, qui a un champ à qui voie est deue, puet pledier ou non de ce
                                champ por aucion de retenir eve de pluie si la voie est enpiree et
                                l’en nuist à son champ.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.3.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: cil qui ont juridicion solement doivent garentir
                                les voies<note>voies] <emph>doiz</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>tueri ductus aquae</emph></note> d’eve, à qui
                                l’ancieneté done autorité, ja soit ce que la droiture ne soit pas
                                provee.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. De dons <note>D'après le numéro placé au haut de la page,
                            dans le corps du manuscrit, le 14<hi rend="sup">e</hi> livre devrait
                            commencer ici. Nous l'avons réuni, ainsi que le suivant, au 13<hi
                                rend="sup">e</hi> livre, qui n'aurait sans cela qu'un seul titre,
                            parce que ces deux titres font aussi partie du 39<hi rend="sup">e</hi>
                            livre du Digeste. Dans la table des rubriques, ce titre manque, et le
                            suivant se trouve confondu avec le 1<hi rend="sup">er</hi> du livre
                                14<hi rend="sup">e</hi>.</note>
                        <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 39, tit. 5&#160;: <hi rend="i">de
                                    Donationibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: plusors manieres de dons sont. Aucuns done par
                                tel corage que il veust<note>veust] <emph>neust</emph> dans le ms.,
                                    cf. lat. <emph>ut statim velit accipientis fieri</emph></note>
                                que ce que il done soit maintenant à celui qui le reçoit, ne il ne
                                le fet por nule cause fors por sa largece&#160;; ce apele l’en
                                propremant don. ¶ Aucuns done en tel maniere que ce que il done soit
                                à celui qui le reçoit quant aucunne chose sera avenue&#160;; et ce
                                n’est pas apelé proprement dons, ainz dons soz condicion. ¶ Et se
                                aucuns done par tel corage que ce que il done soit maintenant à celi
                                qui le reçoit, neporquant il vieust que il retort à lui se aucunne
                                chose avient ou s’ele n’avient pas, ce [123vA] n’est pas proprement
                                dons, mes dons qui puet estre depeciez par condicion&#160;; et tex
                                est dons qui est fez par cause de mort. ¶ {1} Quant nos dison donc
                                que don vaut entre esposé et esposee, nos uson de propre non de don
                                et mostrons la volenté et le fet qui de celui vient, qui done
                                aucunne chose par sa largecie et si que ele soit maintenant à celui
                                qui la reçoit et ne reviegne à lui en nul cas. Et quant li espossez
                                done à l’esposee par tel corage que il ait arrieres ce que il li
                                done se lor mariages n’est assenblez, nos dison que c’est dons qui
                                puet estre depeciez soz condicion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: l’en doit generaument distinter en cex dons, que
                                il a moult grant difference s’il i ot cause de doner ou
                                condicion&#160;; car s’il ot cause de doner, ce qui fu doné ne puet
                                estre demandé arrieres&#160;; et s’il i ot condicion, il puet estre
                                demandé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: dons puet estre perfez par moine persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus&#160;: dons qui sont fez por amor ne sont pas deffenduz,
                                quex que il soient ou honeste si comme cil qui sont fez à foles
                                femes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: quant l’en otroie à aucun que il abit por noiant
                                en autrui mesons, ce senble dons qui est fez à celui qui abite sanz
                                doner en loier. Et dons qui est fez de tens puet valoir, si comme se
                                i ostroie à mon detor que je ne li demanderoi rien devant un certein
                                terme. ¶ {1} Li fruit qui sont receu des choses donnees ne sont pas
                                contees ou don. Mes se ge ne te donoie pas mon champ, mes poer de
                                coillir en les fruiz, li fruit seroent conté ou don. {2} Ce qui li
                                fiz qui est en bail a doné por le commandemant son pere ou por sa
                                volonté vaut autretant comme se li peres moismes l’eust doné. Et se
                                tu dones en ton non ma chose par ma volenté, li dons ne vaut rien ;
                                car la chose ne puet estre donee s’ele n’est à celui qui la
                                done.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus&#160;: l’en puet bien doner à celui qui n’est pas presanz, ou
                                par envoier li, ou par ostroier li que ce que il a ja soit sien. Mes
                                s’il ne siet pas que la chose que il i a li soit donnee, ou il ne
                                reçoit pas cele qui li est envoie, il n’en est pas sires, ja soit ce
                                que ele li est esté envoié por son serf moismes s’ele fust tote
                                soe.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: quant l’en enquiert de don il n’apert pas que li
                                fruiz ne les pen[123vB]sions ne li loage soient doné. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui est obligiez à doner aucune chose est
                                trez en cause, si comme li enpereres Pius dit, por tant comme il
                                puet fere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moimes dit&#160;: cil qui me voloit doner une chose la bailla au
                                serf qui estoit communs à moi et à Tice. Et li sers le reçust por
                                aquerre la ‹à› Tice et à moi ensenble. L’en demande que l’en en doit
                                fere. Et il nos plest que, ja soit ce que li sers la reçut por
                                carage d’aquerre la à moi compoignon sol, ou à moi et à lui
                                ensenble, neporquant ele est aquise à moi sol&#160;; car, se tu
                                bailles à mon procurator une chose por corage d’aquerre la à moi, et
                                il la reçoit por corage d’aquerre la à lui, il ne fet rien à lui
                                ainz l’aquiert à moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julianus dit&#160;: qui coitive autrui champ par cause de don n’en
                                peut riens retenir por les despens ; car la chose que il i met est
                                maintenant au seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcianus dit&#160;: dons que aucuns fet puis que il a fet capital
                                crime vaut selonc l’establissement as enpereors Sevoir et Antonius
                                s’il n’a esté condempnez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se li peres fet cele escriture&#160;: « je donne
                                à celui et à cel autre qui je franchi totes les robes et tot le vin
                                que je avroi à moi quant je morroi », li heir sachent que totes les
                                devant dites choses apartienent par beragne exposicion à cex qui
                                furent franchiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se chose juigee est amenee an convenance por
                                cause de renovelement, et la convenance est aprés quitee por cause
                                de don, l’en dit que de ce vient delivrance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: il est droiz que cil qui a promis por cause de
                                don deniers ou aucunne autre chose ne poit pas avoir usures por la
                                demore de la poie ; por ce moismement que dons n’est pas contenz es
                                marchiez de bone foi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.5.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li creanciers puet quiter et amenuiser por
                                convenant les usures dou tens qui est à venir&#160;; ne nus vices ne
                                vient en ce don por la some de la quantité. {1} Cil moismes dit que
                                cil qui est forsenez ne puet rien doner.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head type="gp">III. Dons qui sunt fez par cause de mort <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 39, tit. 6&#160;: <hi rend="i">de Damno
                                    infecto et de suggrundiis et protectionibus&#160;;</hi> et du
                                titre 3&#160;: <hi rend="i">de mortis causa Donationibus et
                                    capionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: dons por cause de mort est quant cil qui dona la
                                chose l’eime mieuz à lui tant comme il vivra que à celi à qui il la
                                dona. ¶ Et veust meuz que cil à qui il la done l’ait, aprés s’il
                                mort, que ses heirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: Juliens dit que il est .iii. manieres de dons
                                por cause de mort. L’une est quant aucun done sanz peor de peril qui
                                soit presenz, [124rA] mes por ce sanz plus que il pense à la mort. ¶
                                L’autre est quant aucuns est apontez par present peril et il donne
                                si que il veust que la chose que il done soit maintenant à celui qui
                                la reçoit. ¶ La tierce est quant il a peor de mort et il done si que
                                la chose ne soit pas maintenant à celui qui la reçoit mes quant sera
                                morz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il loit à doner par cause de mort non pas tant
                                solement por la maladie, mes por peor de mort prochene, ou par peor
                                d’anemis, ou de larrons, ou de poissanz homes, ou par haine, ou
                                quant l’en doit aler par mer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: quant l’en doit aler par leus perillos.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: ou par vuillece.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: car totes ces choses demostrent apert peril.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit que se aucuns done aucunne chose par cause de mort et il
                                soffre aprés poine capital, li dons faut comme cil qui n’est pas
                                perfez ; ja soit ce que li autre don, qui sont fet sanz sopeçon de
                                poine, vaillent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il est ostroié à cex qui puent recevoir lés que il
                                recevent don par cause de mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus&#160;: il est certaine chose que l’en puet establir que
                                aucuns ait la chose aprés celi à qui ele fu donnee por cause de
                                mort ; si que cil qui la done ostroit que uns autres l’oit, se cil à
                                qui i l’a doné ne la puet avoir, ou soz autre condicion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li peres puet par droit doner por la cause de
                                la mort son fiz, ja soit ce que li fiz ait feme.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il est establi que li don qui sont donné por cause
                                de mort puent estre rapelé à la maniere de lés. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Don qui est fez por cause de mort puet estre rapelez, tant comme il
                                est en dote, se li donnerres guerra ou non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: ja sé ce que li detors n’ait pas corage de
                                barater ses creanciers, neporquant la chose que il a donee por cause
                                de mort doit estre rapelee. Car, autresi comme li lés ne valent rien
                                que cil qui n’a dont aquiter ses detes font en son testamant, apert
                                il que le don que il fet por cause de mort doivent estre depeciez,
                                car il ont senblance de lés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: plusors sages homes escritrent, et Priscus s’i
                                acorde, que cil qui reçut deners, que il ne demandast heritage, les
                                reçut por cause de mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Affricanus dit&#160;: es dons qui sont fet por cause de mort l’en ne
                                doit pas regarder au tens dou don, mes au tens de la mort à ce que
                                aucuns les puisse avoir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes&#160;: se cil qui donnent li uns à l’autre por cause de
                                mort [124rB] muerent ense‹n›ble, li heir à l’un ne à l’autre ne
                                demandent pas arriere les dons ; car li uns ne sorvoin pas
                                    l’autre<note>pas] <emph>que</emph>(?) <emph>pas</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>quia neuter alteri supervixit</emph></note>.
                                Cil moismes&#160;: droit est se li mariz et la feme donent l’uns à
                                l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.27}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant l’en done par cause de mort si que li
                                dons ne puisse estre rapelez en nul cas, c’est meuz dons perfez que
                                dons por cause de mort&#160;; et por ce doit l’en dire que cil dons
                                est autresi comme cil qui est fez entre les vis. Et la loi qui fet
                                retaillier les lés n’i a pas leu, autresi comme au don qui est fez
                                por cause de mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cil qui dona une chose por cause de mort la
                                puet demander arriere, ou avoir aucion sus la chose s’il se
                                repent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.34}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcellus dit&#160;: dons por cause de mort puet issi estre establiz
                                que une certoine quantité soit rendue chescun an<note>an]
                                        <emph>qui</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Mortis causa
                                        donatio etiam sic constitui potest, ut quid stipuletur in
                                        annos singulos quoad viveret</emph></note> à aucun tant
                                comme il vivra&#160;; mes il n’en puet rien demander tant comme li
                                doneres vive.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se cil à qui uns sers fu donz por cause de mort le
                                franchi, le pris do serf li doit estre demandz se li donerrers
                                garist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {39.6.41}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: ce que cil qui à franchise a esté
                                    lessié<note>lessié] <emph>lessiee</emph> dans le ms.,
                                    l’antecedent est <emph>cil</emph> («&#160;qui doit etre
                                    affranchi par testament&#160;»), cf. lat. <emph>Quod statuliber
                                        uni ex heredibus de peculio dedit</emph></note> done de son
                                chetel à un des heirs doit estre conté à celui qui le reçoit en sa
                                partie de l’eritage. Il senble que il doint de son chetel quant il
                                done ce que il i a esté doné ; et ce que uns autres done en son non,
                                quant il est presanz, est autresi comme s’il moismes le donast.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
