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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
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            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
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                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI QUINZIESMES LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI QUINZIESMES LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="262"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. Ci commence li .iii. livres de Digeste nove. Cis titres est
                        d’aquerre seignorie de choses <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Adquirendo rerum dominio</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: la seignorie d’unes choses est aquise par le droit
                                as genz, qui est gardee iveement entre toz homes por reson
                                naturel&#160;; et la seignorie des autres est aquise par le droit
                                citein, c’est par le droit qui est propres à noz citez. Et por ce
                                que li droiz à genz vint avant desque li humains lignages fu fez, il
                                convient que nos en dien premierement. ¶ {1} Totes les betes qui
                                sont donc prises en terre et en mer et en ciel, ce sont les bestes
                                et li poisson et li oissel, sont à cex qui les prenent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florencius dit&#160;: celes qui nessent, venir encor nos.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: ce qui n’est à nul est ostroié par reson naturel à
                                celui qui le prant. {1} Ne il n’a point de difference se aucuns
                                prant bestes sauvages ou oisiaus en sa terre, ou en l’autrui champ
                                por chacier, ou por oiselier&#160;; se li sires dou champ le vost,
                                il puent deffendre que il n’i entre. ¶ {2} L’en entant que, quanque
                                nos prenon de cex choses, est nostre tant comme il est nostre
                                garde&#160;; et desque il est eschapez de nostre garde, est venuz en
                                sa naturel franchise, il lesse à estre nostres et est à celi qui
                                aprés la prent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florentinus dit&#160;: se ce ne sont choses adomachies, qui aint a
                                costume à aller et à venir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: l’en entant que la chose est revenue à sa naturel
                                franchise quant ele est alee<note>est alee] <emph>est alee est
                                        alee</emph> dans le ms.</note> en tel leu que nos ne la
                                poons mes voir ; ou se nos la poons voer, si ne la poons nos pas
                                prendre legierement. {1} L’en demande donc se une beste sauvage qui
                                est si navree que ele est legiere à prendre est mointenant
                                nostre&#160;? Et il plest à Trebace que ele soit nostre tant comme
                                nos la sivons ; et se nos la lessons à sivre, ele lesse à estre
                                nostre et est à celui qui la puet prandre. Se un autre la prent des
                                le tens que nos la sivon, et le fet par corage que ele soit seue, il
                                apert que il face larrecin, et plusors quident que ele ne soit pas
                                nostre se nos ne la prenons&#160;; car plusors choses puent avenir
                                qui n’ostodront à prendre la, et c’est voirs. {2} La nature des
                                moches qui font le miel [127rB] est sauvage. Et por ce, celes qui
                                s’assient en nostre arbre ne sont pas noz devant que nos les aiens
                                coillies en un veisel, puis que li oissel sont nostre qui font lor
                                nit en nostre arbre&#160;; et se uns les enclot, il en est sires.
                                {3} Et s’il i ont fet rees, li sires les puet porsoer sanz larrecin.
                                Mes, si comme nos avons dit devant, se aucuns entre en un champ por
                                prandre les, se li sires do champ le siet, il puet prandre que il
                                n’i entre. ¶ {4} Li gitons qui s’en est volez de nostre vessel est
                                nostres tant comme nos le poons voier et prandre legierement. Et
                                s’il est autrement, il est à celui qui le puet prandre. ¶ {5}
                                    La<note>La] <emph>a</emph> dans le ms.</note> nature au pesons
                                et à colons est sauvage&#160;; ne il ne remoint pas ce que il ont en
                                costume à voler et à ravoler, quar autresi font les moches, de quoi
                                il est certaine chose que lor nature est sauvage. ¶ Aucuns ont cers
                                si domesches qui vont au bois et revienent, et si ne n’i a nus que
                                lor nature ne soit sauvage. Et en cez menieres de bestes qui par
                                costume solent aler et revenir est tele regle donee que l’en entende
                                que eles soient nostres tant comme eles ont corage de revenir. Et
                                s’eles lessent à avoir en corage, eles lessent à estre noz et sont à
                                celes qui les prenent. L’en entant que eles lessent à avoir corage
                                de revenir quant eles ne revienent, si comme eles ont à costume. ¶
                                {6} La nature as gelines et as oies n’est pas sauvage ; et si est il
                                aperte chose que il i a gelines sauvages et oies sauvages. Se mes
                                gelines ou mes oies sont donc espoentees en aucunne maniere et eles
                                s’en volent si loing que nos ne savon où eles vont, por ce ne
                                remoint pas que eles ne soient en nostre seignorie. Et por ce, se
                                aucuns les prent por avoir les de gaign, il sera tenuz à nos par
                                aucion de larrecin. {7} Les choses que li anemi prenent sont por le
                                droit à genz à cex qui les prenent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florencius dit&#160;: les choses qui nessent de celes qui sont
                                sormises à nostre seignorie sont noz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li franc home qui sont pris de guerre sont mené en
                                servage, mes s’il eschapent de la main à lor enemis, il reçoivent
                                lor enciene franchise. ¶ {1} Ce que uns fluves a aporté en nostre
                                champ par cretine est aquis à nos por le droit as genz. Il senble
                                que ce i est aporté par cretine, qui i eist aporté si petit à petit
                                que nus ne poons pas entendre conbien il est ja aporté en chescun
                                moment. {2} Mes se la force do [127vA] flueve prent une partie dou
                                champ et ele la porte au mien, il est aperte chose que ele est deue.
                                Mes se tu la lesses longuement en mon champ et li arbres que ele
                                aporta o li fichant lor racines en mon champ, il apert que il soient
                                mien de ce tens. ¶ {3} L’ile qui nest en la mer – qui n’avient pas
                                sovent – est à celui qui la porprant. Et cele qui nest en fluve –
                                qui sovent avient – n’est à nul. Et s’ele nest au mileu do flueve et
                                ele en tient la moitié, ele est commune à cex qui d’une part et
                                d’autre porsient les chans prés de la rive, segont ce que chascuns
                                chans est lez pres de la rive. Et s’ele est plus pres de l’une rive
                                que de l’autre, ele est à cex tant solemement qui porseent les chans
                                qui sont joingnant à cele rive, qui ont la grant jotice. {4} Et se
                                li flueves se desrive d’une part et il commoince à corre par un
                                moisme ruisel et il aclot un champ, et puis il revient à son premer
                                cors, cil chans qui est enclos en maniere d’ile est à celui que il
                                fu avant. ¶ {5} Et se li flueves lesse tot son naturel conduit, il
                                commoince à corre par autre leu, li premers conduiz est à celui qui
                                porsiet le champ lez la rive, selon ce que chescuns est lez&#160;;
                                et li noviaus conduiz commoince à estre de la commune droiture,
                                autresi comme li fluves. Et s’il revient aprés le tens à son premer
                                conduit, li noviaus commoince à estre à cex qui porsient les chans
                                de lez la rive. Mes se li noviaus conduiz porprant tot le champ à
                                aucun, ja sé ce que li fluives s’en reviengne au premer chenel,
                                neporquant cil à qui il avoit tolu tot son champ n'i puet puis riens
                                avoir por estroite reson, car cil chans a lessié à estre ce que il
                                estoit et a perdu sa propre forme&#160;; et por ce que cil à qui il
                                fu n’a point de champ por delz, il ne puet demander nule partie par
                                reson de voisine. {6} Mes il est à poine ostroié que ce soit tenu se
                                toz li chans à aucuns est coverz por serondement ; car li
                                sorondemenz ne mue pas la meniere do champ. Et por ce, quant l’eve
                                se retrera, il est aperte chose que le chans sera à celui à qui il
                                fu. ¶ {7} Quant aucuns fet aucunne chose d’autrui matire en son non,
                                Nerva et Proculus cuident que cil qui la fet en soit sires ; car ce
                                qui est fet n’est avant à nul. Mes Sabinus et Cassius cuident que
                                reson naturel face que cil qui fu sires de la matire soit sires de
                                ce que en est fet, car l’en [127vB] ne puet rien fere san la
                                matire&#160;; si comme se je faz aucun vessel de ton or ou de ton
                                argent ou de ton erein, ou je faz de tes tables une nef ou une
                                aumoire, ou se ge faz un drap de loine, ou se ge faz un buvrage de
                                ton miel et de ton vin, ou un enplastre de tes espices, ou vin de
                                tes grapes ou oil de tes olives. Cil qui se tienent entre ces .ii.
                                opinions ont la meillor sentece, qui dient que, se l’ovre puet estre
                                depecie sanz enpirier la matire, c’est voirs que Sabinus et Cassius
                                distrent&#160;; mes s’ele ne puet estre depecie sauf la matire, ce
                                que Nerva et Proculus dient est voirs. Si comme uns veissiaus d’or
                                et d’argent puet estre ramenez à sa premere matire, mes vins ne
                                oilles ne fromanz ne puent revenir as grapes, ne as olives as espis,
                                ne li enplastres as espices. Neporquant, il me senble par droit que
                                l’en doit pas doter que li fromanz qui est trez des espis ne doie
                                estre à celui à qui li espic furent&#160;; car li grain qui sont
                                dedanz les espis ont lor forme tote perfete, et cil qui depart le
                                grain de l’espic ne li done pas novele forme, ainz descuevre cele
                                que il a. ¶ {8} La volenté à .ii. seignors qui assenblent lor
                                mestives fet que l’ovre qui en est fete soit commune comment que il
                                soit&#160;; ou se les matires sont d’une meniere, si comme s’il
                                assenblent lor grapes ou il fundent ensenble lor argent ou diverses,
                                si comme li uns done le vin, et li autres done le miel à fere un
                                bevrage, ou li uns done l’or et li autres l’argent à fere un vessel.
                                {9} Mes se les matires à .ii. sont assenblies par avainture sanz la
                                volenté as seignors, cist moismes droiz sera gardez. ¶ {10} Quant
                                aucuns edefice en sa terre d’autrui matire, l’en entant que il est
                                sires de l’edefiement, car tot ce qui est edifié est à celui à qui
                                la terre est. Neporquant, cil qui fu sires de la matire ne lesse pas
                                por ce à estre en sires, fors en tant que il ne la puet pas
                                chalongier ne pledier que ele soit aprestee avant par la loi de
                                .xii. tables, en coi il est contenu que nus ne soit contrainz
                                d’oster autrui chevron qui soit mis en sa meson, ainz en rende le
                                pris à dobles. Par non de «&#160;chevron&#160;» sont senefiees totes
                                les matires de quoi li edifiement sont fet. Se li edefiemanz est
                                donc depeciez par aucunne maniere, cil qui fu sires de la matire la
                                porra chalengier et pledier en por fere la aporter avant. {11} Et
                                l’en demande par droit se cil qui fist le edefiement le [128rA] vant
                                et li acheteres le porsiet par lonc tens et il est aprés depeciez,
                                savoir mon se cil qui fu sires de la matire les puet
                                chalongier&#160;? Et la cause de la dote est por ce que li
                                edefiemenz toz entiers a tant esté porsis que il est gaignz par
                                longue tenue, savoir mon se les matires don il fu fez i sont autresi
                                gaignies. Et ce ne nos plet pas. ¶ {12} Encontre ce, se aucuns
                                edefice de sa matire en autrui terre, li edefiemenz soit à celui à
                                qui la terre est&#160;; et s’il savoit que la terre fust autrui,
                                l’en entant que il a perdue sa matire de son gré. Quant li
                                edefiement sera donc depeciez, il ne porra pas demander sa matire.
                                Mes se li sires de la terre demande l’ovre, et il ne poie pas le
                                pris de la matire ne le loier as ovriers, il porra estre mis ariere
                                por excepcion de tricherie&#160;; mes se cil qui fist l’edefiement
                                ne savoit pas que la terre fust autrui, il idefia par bone foi comme
                                en la soe. Et s’il savoit que la terre fust autrui, la cope en puet
                                estre sus lui, car il edefia folement en la terre que il savoit bien
                                qui estoit à autrui. ¶ {13} Se je met autrui plante en ma terre, ele
                                sera moie. Et encontre ce, se je met ma plante en autrui terre, ele
                                sera au seignor de la terre s’ele se racine en l’un cas et en
                                l’autre ; que, ainz que ele soit racinee, ele est à celui qui ele fu
                                devant. Il est convenable chose que se li arbres à mon voisin
                                apresse si ma terre que il i giete ses racines, il sera miens&#160;;
                                car reson n’ostroie pas que li arbres soit à autre que à celui en
                                qui terre est racinez. Et por ce, li arbres qui est mis en devises
                                est communs, ja sé ce que il soit racinz en .i. des chans.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcianus dit&#160;: selonc ce que il siet en chescun champ. {1} Mes
                                se une pierre nest en marche et li champ sont commun, si que il ne
                                sont pas parti, la pierra sera commune sanz partir se ele a esté
                                trete de terre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hemiloins dit&#160;: por cele moisme reson que les plantes qui sont
                                mises en autrui terre sont à celui qui la terre est, entent l’en que
                                cil froment qui sont semé en autrui terre sont à celui qui la terre
                                est. Et tot autresi comme cil qui edefice en autrui terre puet estre
                                deffenduz par excepcion de tricherie se li sires de la terre demande
                                l’edefiement, puet estre deffenduz par l’eide de cele moisme
                                excepcion cil qui a semé en autrui terre à ses despens. {1} Ja soit
                                ce que letres soient fetes d’or, neporquant eles sont à celui qui li
                                parchemins est, autresi comme les choses qui sont edefiees ou semé
                                es solent estre à celui qui la terre est. Et por ce, se j’escri en
                                ton parchemin un dictié ou une hystoire, je [128rB] ne sui pas sires
                                de cel escrit, mes tu. Mes se tu me demandes et ne me velz poier le
                                pris de l’escriture, je me porroi deffendre por excepcion de
                                tricherie, se je en sui entrez en possession par bone foi. {2} Il
                                n’est pas ausi des pointures qui sont fetes as tables comme de
                                l’escriture qui est fete au parchemin. Mes il nos plest que les
                                tables soient à celui qui i fet les pointures. Neporquant il est
                                convenable chose que profitable aucion soit donee à celui qui la
                                table estoit contre celui qui la point&#160;; por quoi il porra
                                pledier à celui s’il poie le pris de la pointure, car autrement li
                                nuiroit excepcion de tricherie. Se cil qui point la table la porsoit
                                par bone foi, nos dison que droiz chalongemenz est donz à celui qui
                                point contre le chalongement des tables se il i poie le chalongement
                                des tables, car autrement li nuiroit excepcion de tricherie. ¶ {3}
                                Les choses qui deviennent noz quant eles nos sont livrees sont
                                aquises à nos par le droit as genz ; car rien ne s’acorde à naturel
                                droiture comme la volenté au seignor qui vieust que la chose soit à
                                un autre soit gardee. {4} Mes il n’i a point de difference se li
                                sires moismes baille sa chose à un autre, ou se uns autres la baille
                                par sa volenté&#160;; et por ceste reson, se cil qui n’est hors do
                                poïs baille à aucun l’aministracion de totes ses besoignes, et cil
                                vent une de ses choses et il la livre, ele est à celui qui la
                                reçoit. {5} Aucunne foiz avient que la sole volenté au seignor
                                sofist à doner la seignorie de la chose sanz livrer la&#160;; si
                                comme se je te vant la chose que je te prestoi ou que je te loie, ou
                                que je te bailloi à garder ; car ja soit ce que je la t’oie baillie
                                por vente, neporquant je te soffre que tu la tienz por cause
                                d’achat, ele est toee. {6} Et se aucuns soffre les marchandises qui
                                sont en son celier, et il baille à l’acheteor les cles dou celier,
                                la proprieté des marcheandises vienent mointenant à l’acheteor. ¶
                                {7} Aucunne foiz avient que la volenté au seignor done la seignorie
                                de sa chose à persone qui n’est pas certaine, si comme quant aucuns
                                gite gleves en une grant torbe de gent et il ne set le quel chascuns
                                prandra, et s’il veust que cil que chascuns<note>chascuns]
                                        <emph>clascuns</emph> dans le ms.</note> prandra soit siens.
                                ¶ {8} Il est autrement des choses qui en tempeste de mer sont getees
                                hors de la nef por aligier la, car eles sont à lor seignors, car il
                                ne les gitent pas hors par corage que il voillent que autres les
                                aint, mes por sauver le peril de aus et les nés [128vA]. Et por ce,
                                se aucuns les prent par corage d’avoir les de gaign ou en la mer
                                moismes, ou quant l’eve les a getees hors, il fet larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: seignorie nos est aquisse non pas tant
                                solement por nos moismes, mes por cels que nos avons en nostre
                                poeté, et por les sers en quoi nous avons usaire, et por les frans
                                homes, et por les autrui sers que nos porseon par bone foi. {1} Si
                                nos convient voir plus diligement de chasque chose qui est donc
                                livré à noz sers et ce que lor est convenente ; et ce qu’i aquierent
                                par aucunne autre chose est aquis à nos, car li sers qui est en
                                autrui poeté ne puet rien avoir qui sien soit. Et por ce, se nostre
                                sers est fet heirs, il ne puet pas recevoir l’eritage sanz nostre
                                commandemant. Li heritages est aquis à nos, autresi comme si nos
                                moismes fuseint fet heir, et autresi nos est aquis par els. ¶ {2}
                                Nos ne querons pas por cex qui sont en nostre poeté la proprieté de
                                la chose tant solement mes la possession, car de quel chose que il
                                aquierent la possession, il apert que nos la porseons, et por ce nos
                                est aquise seignorie par longue possession. ¶ {3} Il nos plest de
                                sers en qui nos n’avons fors l’usaire quoi que il aquierent de
                                nostre chose et de lor poine soit aquis à nos&#160;; et s’il
                                aquierent autre chose à autre part, eles apartient à cex qui ont la
                                proprieté d’aus. Se cil sers est fez donc heirs, ou aucun lés li
                                eist lessié, il n’est pas aquis à nos mes au seignor de la
                                proprieté. {4} Autresi nos plest il de celui qui nos porseons par
                                bone foi que que il soit, ou frans ou autrui sers ; car ce qui est
                                establi de celui qui a l’usaire est gardé de celui qui porsiet par
                                bone foi. Ce que il aquiert donc, autrement que par ces .ii. causes,
                                apartient à lui s’il est frans, ou au seignor s’il est sers. {5} Se
                                cil qui porsiet autrui serf par bone foi l’a tant porsis que il
                                l’ert gaagnié par longue teneure, por ce que il en est fez sires en
                                cele maniere, il puet aquerre par lui de totes causes. Cil qui a
                                l’usaire do serf ne le puet gaagnier par longue tenue&#160;;
                                premerement por ce que il ne le porsiet pas, ainz a poer d’user en,
                                et aprés por ce que il siet bien que il est autrui sers.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcianus dit&#160;: cil qui est dedanz aage n’a pas besoing de
                                l’autorité à son deffendeor quant en aquerre, mes il ne puet
                                estrangier nule chose se ses deffenderres n’est presanz et s’il ne
                                l’en done autorité, ne la possession qui est naturel, si comme
                                Sabinus et Cassius dient&#160;; et ceste sentence est voire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Palistratus dit&#160;: ja sé ce que li lac et li estanc croissent
                                [128vB] aucunne foiz, et sechent aucunne foiz, neporquant il ne
                                retienent lor bones&#160;; et por ce, droiture de crestine n’i a pas
                                leu, que il soit lor ce où il s’espandi. {1} Que se uns vessiaus est
                                fez de mon herain et de ton argent, il ne sera pas communs à moi et
                                à toi&#160;; car por ce que arains et argenz ont diverses matires,
                                il puent bien estre desevré et ramené en lor ancienne matire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Neraces dit&#160;: se mis procurators achete une chose par mon
                                commandemant et ele li est livree en mon non, la proprieté et la
                                seignorie en est aquise à moi, ja sé ce que je n’en sache rien. {1}
                                Et autresi se li deffenderres à l’orfelin ou à l’orfeline achete une
                                chose et ele li est livree en lor non, et la proprieté et la
                                seignorie lor est aquise, ja sé ce que il n’en sache rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cil qui edefice en la rive dou flueve n’est
                                pas sires de l’edefiement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florencius dit&#160;: droiture de creitine n’a pas leu en chans qui
                                ont esté pris en guerre, qui sont devisié à bonnes entre ceux qui
                                les ont conquis&#160;; et issi l’establi li enpereres Pius. Mes
                                Trebaces dit que li chans que li enemi qui sont voincu ont doné par
                                tel condicion que il soit au commun de la cité, a droiture de
                                cretine, ne ne doit pas estre partiz. Mes li chans qui est pris à la
                                main doit estre partiz, que l’en sache combien chescun en a et
                                combien il en demore au commun.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se dui seignor à un serf baillent aucunne chose
                                ce que li uns l’en baille sera aquis à l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li heirs ne puet pas aquerre par le serf de
                                l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Pomponius dit&#160;: Aristo dit que ce que un franc home qui me siert
                                par bone foi aquiert ou par son labor ou par mon chetel, apartient à
                                moi ; ce<note>ce] <emph>a ce</emph> dans le ms.</note> que aucuns li
                                done, ou que il aquiert en autre maniere, apartient à lui. Et
                                heritages ou lés n’est aquis à moi par lui, car ce ne vient de mon
                                chetel ni de sa poine, quar ce n’est pas por sa poine que il aquiert
                                quant il le reçoit. Neïs se cil qui fist le testamant voloit que il
                                apartenist à moi, mes ja sé ce que il ne l’aquiere pas à moi, en ce
                                cas neporquant se la volenté à celui qui fist le testamant est
                                aporté, li heritages me doit estre reduz. Se uns frans hom qui
                                servoit por bone foi eust receu heritage par le commadement à celui
                                à qui il servoit, il fu heirs&#160;; et Labeo dit que il ne puet
                                chaloir quele entencion li morz eust.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil à qui la chose est livree n’i gaigne fors
                                tant comme cil i avoit qui li livra. Se aucuns avoit donc la
                                seignore d’un champ, se il le livre à un autre, il en baille la
                                seignorie&#160;; et se il ne l’avoit, cil qui la reçoit n’i gaigne
                                rien. {1} Toste les foiz que aucuns baille la seignorie de sa chose,
                                il la baille cele comme [129rA] il i a. Et se li chans de frans est
                                frans et se servises estoient deu au champ qui est bailliez, autresi
                                li sont il deuz. Se aucuns dit donc quant il bailla le champ qui
                                devoit servises que il estoit frans, il ne sostret rien des sevises,
                                neporquant cil qui le baille oblige à fere le, tel comme il dit que
                                il estoit. ¶ {2} Se je et Tices achetons une chose et ele est
                                baillie à Tice comme à mon procurator, je croi que la seignorie en
                                est aquise à moi, car i nos plest que la possession de totes choses
                                puisse estre aquise par franche persone, et par la possession la
                                seignorie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Pomponius dit&#160;: se mes sers achera une chose tant comme il te
                                servoit par bone foi, et ele li fu livree, Proculus dit que ele
                                n’est pas moie por ce que je n’avoie pas la possession dou
                                serf&#160;; ne ele n’est pas teue s’ele ne fu achetee de ton
                                chetel&#160;; mes se li frans home qui servoit par bone foi
                                l’acheta, ele sera soee. ¶ {1} Se tu porsiez ma chose et je voil que
                                ele soit toe, ele sera toe ja sé ce que je n’en ai pas la
                                possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui porsiet serf por force ne en repost ne
                                par loage ne peut rien aquerre par lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quique serve à aucun par bone foi au frans hom
                                ou autrui sers, quanque il aquiert do chetel à celui que il siert
                                par bone foi, est aquis à celui que il sert. Et ce que il aquiert
                                par son labor est autresi aquis à lui, car li labors est en une
                                maniere do chetel à celui que il sert ; car il doit par droit
                                laborer à celui que il siert par bone foi. {1} Il aquiert à lui
                                tandis comme il le serve par bone foi. Et s’il commoince à savoir
                                que il est frans hom ou autrui sers, veons se il aquiert à lui ; et
                                la question est en ce, savoir mon se nos gardon au commoincement de
                                la possession ou à totes les autres&#160;; et meuz est que nos
                                gardons à totes les ovres. ¶ {2} L’en doit dire generaument que cil
                                qui sert par bone foi n’aquiert rien par son chetel à celui que il
                                siert&#160;; mes que il n’aquiert pas par son chetel n’est pas sien
                                mes à celui que il siert par bone foi. {3} Se aucuns sers à dos
                                aquiert par bone foi à quel aquerra il&#160;? Il aquerra à chescun
                                ce que il aquerra par son chetel. Et s’il aquiert que la chose à
                                l’un, veons s’il aquiert tot à celui, ou la moitié à celui et la
                                moitié à son seignor se il est sers, ou à lui moismes s’il est
                                frans. Et Scevola moismes fet cete question, et dit issi&#160;: se
                                autrui sers sert à .ii. homes par bone foi, et il aquiert aucunne
                                chose par le chetel à un d’els, reson fet que il l’aquiere tote à
                                celui par quoi chetel il l’aquiert. S’il nome le non de celui de
                                quel chetel il mar[129rB]cheande, ne l’en ne doit pas doter que il
                                n’aquiere à celui sol de qui chetel il ovre. Et puis si dit aprés
                                que, ja sé ce que il ne nomme pas, ne ne le face pas par son
                                commandemant ; neporquant, desque il ovre de mon chetel, il aquiert
                                à moi sol, ja sé ce que il serve à plusors par bone foi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: en totes les choses qui puent retorner à une moisme
                                chose doit l’en dire que se la matire remoint et la forme est muee,
                                si comme se cil fet de mon arein une ymage ou de mon argent un enap,
                                la seignorie en est moie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Calistratus dit&#160;: se ce n’a esté fet en non d’autre par la
                                volenté au seignor, car por l’asentement au seignor sera tote la
                                chose à celui en qui non ele fut fete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se tu fes une nef de mes tables, la nef est
                                toe&#160;; autresi comme li dras est tiens que tu as fet de ma
                                laine. ¶ Proculus dit que nos usons de droit que<note>que]
                                        <emph>due</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Proculus
                                        indicat hoc iure nos uti, quod servio et Labeoni
                                        placuisset</emph></note> Servius et Labeo establissent, que
                                des choses en coi la propre qualité remoint se aucunne chose est
                                ajointe à autre, la partie est à celui à qui li toz estoit&#160;; si
                                comme s’ele met en une ymage .i. pié ou une main, ou en un henap une
                                hanse, ou en une nef une table, ou en un mur une pierre ; car la
                                chose tote parfete est à celui qui la fet. ¶ {1} Li arbres qui est
                                arachiez et mis en autrui terre est à son premer seignor tant que il
                                soit racinz en terre&#160;; mes puis que il est racinez, il est à
                                celui qui la terre est. Se il est puis arachiez, il ne remoint pas
                                au premer seignor ; car l’en doit croire que il est mien por la
                                novele norreture de la terre. ¶ {2} Se tu tainz ma laine en porpre,
                                Labeo dit que por ce ne remoint pas que ele ne soit mie ; car il n’a
                                point de difference entre la loine qui est tointe et la loine qui
                                est cheete en la boe et a por ce perdu sa premere color.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.27}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se uns vessiaus d’argent est toz fez, et tu i
                                mez puis ton argent, l’en doit dire que il n’est pas por ce tiens.
                                Mes se tu plomes ton henap d’autrui plon, l’en ne dote pas que li
                                hennas ne soit tiens, et que tu ne le puisses chalongier par droit.
                                ¶ {1} Quant plusors espices sont triblees ensenbles por fere aucunne
                                medecine, li sires as espices ne puet pas chalengier la
                                medecine&#160;; et por ce, croi je que ele soit à celui en quel non
                                ele fut fete. ¶ {2} Quant les parties à .ii. seignors sont jointes o
                                fer, l’en demande au quel eles doivent estre&#160;? Et Cassius
                                respont que l’en doit prendre garde à la valor à chescunne des
                                [129vA] parties ; et s’eles sont més, porveu est que eles doivent
                                estre à l’un et à l’autre, autresi comme la masse qui est fondue
                                ensenble est à celui en qui non eles furent assenblees ; mes
                                Proculus et Pagasus dient que ele doit estre à anbedos.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.28}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se tis voisins edefie sor ton mur, Labeo et
                                Sabins dient que li edefiemenz est siens propres. Mes Proculus dit
                                que il est tiens, autresi comme li edefiemanz seroit tiens que uns
                                autres feroit en ta terre&#160;; et ceste sentece est veroie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant .ii. home ont lor chans lez la rive dou
                                flueve et une islle i nest par la force dou flueve, ele n’est pas
                                commune à eus sanz partir, ainz la doivent partir si que cheschun en
                                oit tant comme il en a en droit sa terre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se l’ille qui est nee apartient donc à moi por
                                ce que ele est endroit mon champ, et se je vent de mon champ la
                                partie qui n’est pas par devers le flueve, cil qui l’achete n’avra
                                rien en l’ille ; car se ce que il a acheté fu sien jusque l’ille
                                commoinça a nestre, si n’i eust il rien. ¶ {1} Se .i. arbre nest en
                                la rive do fluve qui est selonc mon champ, Celsus dit que il est
                                mien ; car la rive qui est selonc mon champ est moie propre et li
                                usages en est communs. Et por ce, quant li chans est sechiez, il est
                                à cex qui ont les chans de lez, car li pueples n’en use. {2} Mes
                                    ille<note>ille] <hi rend="i">il</hi> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Tribus modis insula in flumine fit</emph>.</note> est
                                fet en flueve par .iii. manieres&#160;: la premere est quant l’eve
                                enclot une partie do champ ‹...› sec et comoince à corre por les
                                chans ; la tierce est quant la terre s’asenble petit à petit ou
                                flueve, tant que l’en l’avoit par desus l’eve. Et des deus
                                derrenieres menieres est l’isle à celui à qui li champ sont qui sont
                                joignant à la rive ; car la nature do flueve est tele que quant il
                                change son cors il mue la cause do chenel. Mes en la premere n’est
                                pas muee la cause de la proprieté. ¶ {3} Li descroissement de l’eve
                                rent le champ que la crestine avoit tolu. Se li chans qui estoit
                                entre le flueve et la voie commune est donc porpris par le
                                sorondement dou flueve, ou petit et petit ou tot ensenble, se li
                                flueves se retret, li chans apartient à son premer seignor ; car
                                autresi comme il est communs tant comme li flueves i est, apartient
                                il, quant li flueves en est hors, à celui à qui il apartenoit avant.
                                ¶ {4} Se je met piliers en la mer et je faz une meson desus, la
                                meson est moie ; et se je faz une isle en la mer, ele est moie, car
                                ce qui n’est à nulz est à celui qui le porprant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: suele livree ne [129vB] remue pas la seignorie de
                                la chose, s’il n’i a vente ou autre droite cause par quoi doie estre
                                livree. ¶ {1} Tresors est anciene mourie de deniers de quoi il ne
                                sovient mes à nul si que nus n’en a la seignorie. Et il est à celui
                                qui la trove si que nus autres n’i a riens&#160;; quar se aucuns
                                repont ses deniers en terre, por poor ou por garder les, ce n’est
                                pas tresors, et cil qui les prent fet larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.32}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit : nostre sers aquierent à nos pris que en totes choses, ja
                                sé ce que nos no volon pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.33}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit : l’en demande, de ce qui est lessié au serf, qui a esté
                                conquis par chevalerie ainz que li heritages au chevalier qui le
                                conquist et estoit en la poesté son pere soit receuz, ou de ce qui
                                li est convenancié, savoir mon por qui persone li lés ou la
                                convenance a force. Et je croi que ce que Scevola dit est voirs,
                                que se li heritages est receuz tot est autresi comme au serf de
                                l’eritage&#160;; et se li heritages est receuz, l’en doit dire
                                autresi de cetui comme de propre serf au pere. Et se mis usaires est
                                lessiez à tel serf, l’en doit dire selonc cele distinction qui est,
                                ou au pere ou à l’oir ; ne il ne vient pas d’une persone à autre.
                                {1} Ceste moisme distinction vaudra se aucunne chose est enblee ;
                                car se cil qui l’enble reçoit l’eritage au chevalier qui est au bail
                                son pere par son testamant, aucion de larrecin cessera. Car li heirs
                                ne fet pas larecin quant il prant des choses de son heritage ; et
                                s’il ne le reçoit, aucion de larrecin apartient au pere contre lui.
                                ¶ {3} Totes les foiz que sers d’eritage fet aucunne convenance ou
                                reçoit chose qui li est baillie, ce que il fet reçoit force par la
                                persone au mort, si comme il plest à Julien. Et itel sentence est la
                                meillor, qui dit que il convient regarder à la persone à celui qui
                                fet son testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.34}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: heritages ne sostient pas la persone à l’oir,
                                mes cele au mort, si comme il est provez en plusors argumenz de
                                droit citain.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.35}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: de mes procurators ou cil qui à un orfelin en
                                garde baillie à un autre sa chose autresi comme moie ou comme à
                                l’orfelin, il n’en pert pas la seignorie&#160;; et li estrangemenz
                                n’est mis, car nus ne pert sa chose par error.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.36}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se nos nos consentons en livrer une chose, mes
                                nos nos consentons pas en la cause de livrer la, je ne voi pas por
                                quoi la livree ne vaille. Si comme je croi que je soi obligiez à toi
                                par testamant à baillier toi mon champ et tu [130rA] cuides que il
                                te soit donez par aucunne convenance ; et se ge te baille deniers
                                par cause de don et tu les reçoiz comme dete, il est certaine chose
                                que la proprieté en vient à toi&#160;; ne ce ne le toust pas que nos
                                ne nos asanton pas en la cause de doner les et de recevoir les.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.37}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: possesion n’est pas aquise au creancier por le
                                serf qui li a esté baillié en gage, ne par convenance, ne par
                                livrer, ne par aucunne autre meniere, ja soit ce que il ait la
                                possession do serf. ¶ {1} Se uns des seignors done deners au serf
                                commun, il convient garder par quel pensee il i donne ; car s’il
                                done sanz plus par departir les de son autre chetel et por ce que il
                                n’i eust qui soient o chetel au serf, la proprieté l’en remoint. Mes
                                s’il done les deners autresi comme nos solons doner à autrui sers,
                                il seront commun à toz les compoignons selonc la partie que chescun
                                a ou serf. {2} Mes que une autre question eit leu. Posons que uns
                                des compoignons doint deners au serf commun par corage que la
                                proprieté l’en temoigne&#160;; se li sers achete un champ de ces
                                deners, li chans sera commus à compoignons, selonc les parties que
                                chescun i a&#160;; car se li sers communs achatoit chans de deners
                                que il eust enblez, li champ seroient commun as compoignons selonc
                                les parties que il ont au serf. Car li serf de quoi aucuns a usaire
                                n’aquiert pas à celui qui en a la proprieté aucunne chose par le
                                chetel à celui qui en à l’usaire. Et autresi, se li sers communs
                                aquiert aucunne chose à un de ses seignors par le chetel à l’autre,
                                et tot autresi comme a choses qui sont aquises d’autres part, la
                                condicion à celui de qui aucuns a l’usaire n’aquiert pas à celui qui
                                a de lui l’usaire, et li sers communs aquiert autresi à ses
                                seignors. Ce qui est aquis do chetel à celui qui a l’usaire do serf
                                apartendra à lui sol&#160;; mes ce que li sers communs aquerra do
                                chetel à un de ses seignors apartendra à l’un et à l’autre. ¶ {3}
                                Autresi comme sers communs aquiert à .i. de ses seignors, ce que
                                l’en li convenance en son non aquiert il à lui sol ce qui li est
                                baillié en son non. ¶ {4} Quant une chose est baillie à un serf et
                                il la reçoit ou non son seignor et ou non Tice, il en aquiest à son
                                seignor une partie, mes il ne fet rien par l’autre partie. ¶ {5} Se
                                li sers de cui aucun a l’usaire dit que il reçoit ou non à celui qui
                                a la proprieté de<note>de] <emph>a de</emph> dans le ms., la phrase
                                    se comprend mieux sans <emph>a</emph></note> lui la [130rB]
                                chose qui li est baillie por le chatel à celui qui en a l’usaire, il
                                aquiert tot à son seignor&#160;; car s’il fesoit un marchié do
                                chetel à celui qui en a l’usaire, si aquerroit il son seignor. ¶ {6}
                                Se je te voloie donner une chose et, je te commandoie que tu la
                                baillasses au serf qui estoit communs à moi et a Tice, et li sers a
                                receu la chose par corage que ele soit soe, ce ne li vaut riens. Et
                                se li sers communs reçoit la chose par tel corage que ele soit à ses
                                .ii. seignors, il ne fet rien por celui qui li commanda que ele li
                                fust baillie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.38}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: Marcus avoit un champ selonc la voie commune, et
                                de l’autre part de la voie avoit .i. flueve&#160;; et Tices avoit un
                                champ encontre la voie et le flueve. Li flueves manja le champ petit
                                à petit, le champ qui estoit encontre lui et la voie&#160;; aprés
                                ce, li flueves descrut petit à petit et revint en son encien chenel.
                                ¶ Je respondi que, por ce que li flueves toli le champ et la voie
                                commune, li chans qui remest est à celui qui l’avoit. Et quant li
                                flueves fu retrez petit à petit chescuns ot son champ, autresi comme
                                il avoit devant&#160;; et ce qui fu commun n’est à nul. Et la voie
                                qui est o champ ne tost pas que la voie qui est d’elz ne soit Marc ;
                                car la voie est dou champ moismes et l’anciene voie remoint en
                                l’ancien estat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: sers qui a esté emblez aquiert à celui qui
                                l’achete par bone foi ce que il marcheande de son chetel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Affricanus dit&#160;: l’en demande se cil à qui uns frans hom sert
                                par bone foi muert et cil est sis heirs qui siet bien que cil est
                                frans, savoir mon s’il aquiert par lui aucunne choses. Qar
                                l’en ne puet pas dire que il le porsie par bone foi, desque il sot
                                que il estoit frans quant il le commoinça à porseer&#160;; car se
                                aucuns lesse son champ, li hers qui set bien que il est obligiez
                                n’en puet pas fere les fruiz siens&#160;; et moimement, s’il estoit
                                autresi et cil qui fist le testamant le porsiet por ce que il avoit
                                acheté par bone foi. Cele moisme reson doit estre tenue des servises
                                as sers, si que l’en le cuide que il soient serf et il sont franc,
                                ou s’il sont autrui serf ou il sont lessié ou franchi en testamant,
                                li heir qui le sevent bien ne puissent rien aquerre par els ; car
                                autresi comme cil qui porsiet les chans par bone foi n’est pas
                                [130vA] tenuz<note>tenuz] <emph>n’est pas tenuz</emph> dans le ms.,
                                    reprise des derniers mots du recto</note> à rendre en les fruiz
                                qui sont deffenduz, n’en est pas tenuz cil que porsiet sers par bone
                                foi à rendre ce que il i oint aquis par lor labor et par son
                                chetel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.41}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: Trebaces et Pegasus dient que les ymages qui sont
                                aquises en la cité ne sont pas as citeins. Neporquant, il convient
                                que li prevoz mete entente que celes qui sont mises en commun leu
                                par tel corage que il ne lise à nul bas home à hoster les, ne n’en
                                soient pas ostees par celui moismes qui les i mist. Se aucuns les
                                demande donc, li citein devront estre garenti par excepcion&#160;;
                                et se aucuns les porsiet, il avront aucion de demander les.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.43}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: sers qui est porsis par bone foi n’aquiert pas à
                                celui qui les porsiet ce qui est deu d’autrui chetel. {1} Il est
                                aperte chose que choses qui ne sont pas corpores ne puent estre
                                livrees ne gaignies par longue sesine. ¶ {2} Quant .i. serf en quoi
                                aucuns a l’usaire achete un serf et il li est livrez ainz que il li
                                aist paié pris, il est en dote en qui il a aquise la proprieté. Et
                                s’il poie le pris do chetel qui apartient à celui qui à l’usaire de
                                lui, l’en entant que li sers est à celui. Et s’il le poie do chetel
                                qui apartient à celi qui en a la proprieté, il est à celi qui est
                                sires de la proprieté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.44}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: Ponponius fet une demande&#160;: se li leu tolent
                                à mon pastor mes porciaus, et uns hons d’une autre vile qui a bons
                                chiens et forz, que il tient por garder les bestes, s'il<note>s’il]
                                        <emph>sit</emph> dans le ms.</note> les ecot et il lor tost
                                mest porciaus, ou li chien lor tolent, et quant mes pators demande
                                mes porciaus, l’en demande savoir mon se il sont à celui qui les
                                toli as leus ou mien. Car il les escot ausi comme par une
                                maniere de vener. Et cil qui font ceste demande se porpensent que,
                                autresi comme les choses qui sont prises en la terre et en la mer
                                lessent à estre à cex qui les pristrent desque eles revienent en lor
                                naturel franchise, lessent les choses que les betes de la mer et de
                                la terre ont pris do nostre à estre noz quant les betes sont si
                                aloignies que nos ne les sivon mes. Car qui diroit que ce est nostre
                                que uns osiaux volanz prent devant nos, ou que uns escofle nos
                                tost&#160;? Se la chose lesse donc à estre nostre et aucuns la tost
                                puis à la beste, ele sera à celui qui la delivre ; autresi si comme
                                .i. poissons ou .i. sangliers ou aucunne autre chose eschape de
                                nostre poeté. Se uns autres [130vB] la prent, ele est soie&#160;;
                                mes ge croi miaus que ele soit nostre tant comme ele est en tel
                                point que nos ne la poons recovrer, ja sé ce que c’est voir qui est
                                dit des oisiaux et des poissons et des betes sauvages. Cil moismes
                                dit que se aucunne chose est perdue par peril de mer, ele ne lesse
                                pas mointenant à estre nostre&#160;; mes cil qui la ravist est tenuz
                                à rendre la à .iiii. dobles. Il est donc mieuz que l’en die que ce
                                qui est tolu à leus est nostre tant comme il est en tel point que
                                nos le poons ravoir. S’il est donc nostre, je croi que aucion de
                                larrecin apartient contre celui qui le nos veust tolir&#160;; et se
                                    li<note>li ne] <emph>li ons ne</emph> dans le ms.</note> ne le
                                toli pas au leu par corage de retenir le, neporquant s’il ne les nos
                                rent quant nos les demandons, il apert que il les voille celer et
                                tolir&#160;; et por ce, est il tenuz por aucion de larrecin ou de
                                porter avant la chose, si que le li soit chalengee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.45}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se sers qui est communs aquiert aucunne chose par
                                le chetel à un des seignors, por ce ne remoint pas que ele ne soit
                                commune. Mes cil par quoi chetel ele fu aquise puet demander cele
                                chose par juigement de partir choses communes ; car il s’acorde en
                                bone foi que chascuns est suen que ce que li serf qui ert par son
                                chetel. Mes se li sers communs aquiert d’autre part aucunne chose,
                                ele sera aquise à toz les seignors selonc les parties qui l’ont ou
                                serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.46}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: ce n’est pas novele chose que cil qui n’a pas la
                                seignorie d’une chose la donne à un autre&#160;; car quant uns
                                creancers vent .i. gage, il en baille la seignorie que il n’avoit
                                pas avant que il le vendist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.47}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: heritages ne puet pas estre aquis par le serf à
                                celui qui en à l’usaire, quar il ne puet avoir l’eritage ou
                                serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.48}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se cil qui achete aucunne chose par bone foi
                                en reçoit les fruiz, il sont sien&#160;; et non pas tant solement ce
                                que il en reçoit par sa diligence et par sa poine, mes tuit li
                                autre, car il est en droit de seignor en tant comme il apartient as
                                fruiz. Et ainz que il les reçoive, desque il sont departi de la
                                terre, il sont à celui qui acheta la chose par bone foi&#160;; ne il
                                n’a point de difference se la chose que il acheta puet estre gaignie
                                par longue tenue ou non. ¶ {1} Encontre ce, demande l’en se je
                                cuidoie ou tens que une chose me fu livree que ele fu à celui qui la
                                me vendoit et je soi aprés que ele estoit à autre, savoir mon se je
                                la puis gaagner por longue tenue ou se je faz que li fruit soient
                                mien. Et je croi [131rA] que l’en doit doter que je ne porsee
                                pas par bone foi&#160;; et por ce ne la puis je pas gaigner par
                                longue tenue, mes li fruit puent estre mien. ¶ {2} Li fehon as
                                bestes sont conté as fruiz et por ce apartienent il à celui qui
                                acheta la chose par bone foi. Et autresi est il se femes grosses
                                ‹s›ont vendues, ou bestes qui ont let ; et autresi est il de la
                                loine.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.49}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se cil qui a l’usaire dou serf li done aucunne
                                chose do sien, ele est soe&#160;; mes s’il li dona par corage que
                                ele apartenist à celui qui a la proprieté dou serf, l’en doit dire
                                que ele est aquise à lui. Et se uns estranges li done sanz nule
                                distinction, ele est à celui qui a la proprieté dou serf. Ce moismes
                                diron nos ou franc home qui me siert par bone foi, que se je li
                                doing aucunne chose, ele soit moie. Et por ce dit Ponponius, que ja
                                sé ce que je li aie doné son servise, neporquant quanque il aquerra
                                par son servise sera mien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.50}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: ja soit ce que ce que nos fesons est en la rive
                                de la mer ou en autre leu commun soit nostre, neporquant li prevoz
                                doit deffendre par parole et par force que nos n’i facons nule chose
                                en coi autre aient domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.51}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: nos recevons celx qui s’enfuient par bataille. {1}
                                Et les choses à noz enemis qui sont entre nos, n’est pas communes,
                                mes à cex qui les prenent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.52}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: l’en entant que les choses sont en noz biens
                                que nos poons garentir par excepcion ou demander par aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.53}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismens dit&#160;: nos aquerons par cex qui sont en nostre poeté
                                les choses qui sont aquises citai‹ne›ment, si comme par convenance,
                                et les choses qui sont aquises naturement, si comme possession,
                                aquirons nos par qui que nos volons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.54}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: frans hons ne nos puet pas aquerre heritage.
                                Mes cil qui nos siert par bone foi aquiert à nos heritage ; s’il
                                savoit sa condicion et il reçut de son gré, il l’aquist à lui. Car
                                s’il reçut par nostre commandemant, il ne l’aquist ne à lui ne à
                                nos, s’il n’ot corage de querre le à lui&#160;; et s’il ot tel
                                corage, il l’aquist à lui. ¶ {1} Se cil qui est franc hom, qui nos
                                sert en bone foi, nos promet aucunne chose, ou il l’achete en nostre
                                non, ou il la baille à loage, ou il la prent, il porra par droit
                                estre obligiez à nos. {2} Et s’il nos fet domage, il sera tenuz à
                                nos par aucion de domage, s’il est fez en ses copes&#160;; mes nos
                                ne le devons pas acuser por si legiere corpe comme un estrange. {3}
                                Mes s’il s’entromet de noz choses par nostre commandemant, ou il fet
                                aucunne chose sanz nos comme procurators quant nos ne somes pas
                                presant, aucion doit estre [131rB] donnee contre lui non pas tant
                                solement se nos l’avons<note>l’avons] <emph>la volons </emph>(?)
                                    dans le ms.</note> acheté, mes s’il nos a esté donnz, ou s’il a
                                comoincié à apartenir à nos par non de doere, ou par lés ou par
                                heritage&#160;; ou non pas tant solement se nos quidons que il soit
                                toz nostres, mes se nos quidons que il soit communs à nos ou à
                                autre, ou se nos avons l’usaire. {4} Ne il ne quaist pas ce que il
                                aquiert, se ce ne fu quanque frans hom ou autrui serf qui nos siert
                                par bone foi aquiert, que il n’apartient pas à nos ; aquiert il à
                                lui s’il est frans, ou à son seignor se il est autrui serf. Mes
                                frans hom qui sert par bone foi ne puet rien gaigner par longue
                                sesine ; car l’en n’entant pas que cil porsie qui est porsis il
                                moismes. Et par autrui serf que nos porseon par bone foi ne puet pas
                                ses sires gaigner par longue sesine, ne plus que par le serf fuitif
                                que il ne porsiet pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.55}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Proculus dit&#160;: uns sangliers chei ou laz que tu avoies
                                tenduz&#160;; je le trovoi, si l’enportoi o tot les laz. Il apert
                                que je toli ton sanglier&#160;; mes se je cuidoi que il fust tiens
                                et je le deslia et lessé aler ou bois, l’en demande<note>l’en
                                    demande] <emph>l’en demande l’en demande</emph> dans le
                                    ms.</note> se il lessa por ce estre tiens ou s’il est encore
                                tiens. Et par quele aucion tu en puez pledier à moi&#160;? Et
                                la response est que il convient veoir en quel leu li laz fu tenduz,
                                ou en commun ou en privé. Et s’il fu tenduz en privé leu, savoir mon
                                se ce fu ou tiens ou en l’autrui&#160;; et se ce fu en l’autrui,
                                savoir mon se ce fu par l’otroi à celui à qui li lieus estoit, et
                                savoir mon se li sanglier i estoit si enlaciez que il ne se poist
                                delivrier, ou s’il estoit si que il peust eschaper, s’il i estet
                                longuement. Et je croi que ce estoit la soveroine sentence que s’il
                                vint en ta poeté il fu tiens. Et puis que il fu tiens, se je le
                                lessoi aler en sa naturel franchise, et il lessa par ce fet à estre
                                tiens, il convient que aucion te soit donnee sor le fet&#160;; si
                                comme il fu escrit quant uns hom ot gité d’une nef la chose à .i.
                                autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.57}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Juliains dit&#160;: nule chose ne puet estre aquise à feme par le
                                serf que sis mariz li a doné, neïs par le chetel à la feme ; car
                                c’est otroié en la persone à cex qui servent par bone foi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.58}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: chose qui soit trete de la mer n’est pas à celui
                                qui l’entret devant que ses sires l’et lessie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.59}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Calistratus dit&#160;: chose qui soit achetee en mon non ne sera moie
                                devant que cil qui l’acheta la m’oit livree.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.60}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: Tices fit ou champ Sey un grenier de [131vA]
                                tables à metre blié que l’en poet mener la où l’en voloit. L’en
                                demande se il en est sires. Et la response est que, selonc les
                                choses qui sont proposees, li greniers n’est pas Sey.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.61}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: heritages est en plusors parties de droit en
                                leu de seignor. Et por ce, ce que li sers de l’eritage aquiert est
                                en l’eritage. Mes es choses en quoi l’en demande le fet à la persone
                                ou la meniere de servise, ne puet rien estre aquis à l’eritage par
                                le serf. Et por ce, ja soit ce que li sers de l’eritage puisse estre
                                fez à aucuns, ne pour quant, por ce que sers ne puet recevoir
                                heritage sanz le commandemant son seignor, il convient
                                    atendre<note>atendre] <emph>arendre</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>heres exspectandus est</emph></note> que li heirs eist
                                receu l’eritage à qui il est sers. ¶ {1} Usaires qui ne puet estre
                                establiz sanz persone n’est pas aquis par serf d’eritage qui ne est
                                pas encore receuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.62}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: unes choses sont qui ne puent pas estre estrangies
                                seules, ne vienent à l’oir o tot l’eritage, si comme chans de doere
                                et choses de quoi marchiez ne puet estre fez&#160;; car ja sé ce que
                                ele ne puisse estre lessie, neporquant li hoirrs en est fez
                                sires.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.63}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Trophinus dit&#160;: se cil qui est en autrui poere trove .i.
                                tresor&#160;; l’en demande s’il est aquis à sa persone. Et
                                l’en dit, s’il le trove en autrui champ, une partie en est au
                                seignor&#160;; et s’il le trove en leu que il soit à son pere ou à
                                son seignor, il soit toz leur&#160;; et s’il le trove en autre, il
                                n’en eit que une partie. ¶ {1} Se .i. communs sers trove tresor en
                                autri terre, je demant savoir mon s’il a‹n› aquiere à ses seignors
                                selonc la partie que il ont à lui yvement. Et ce est senblable
                                à ce qui est doné ou serf ou par heritage ou par lés ; car li
                                tresors ou li dons d’aventure est au seignor, si que la partie qui
                                doit estre à celui qui trove le tresor soit à ses seignors par tel
                                partie comme chescuns a au serf. ¶ {2} Se uns sers communs trove .i.
                                tresor ou champ à .i. de ses seignors, il n’est pas dote que la
                                partie qui est toz jorz au seignors dou champ, que ele ne soit tote
                                soie. Mes il convient voir s’il avra rien de l’autre partie, et
                                savoir mon s’il est autresi comme quant li sers fet aucun convenant
                                par le commandemant à .i. de ses seignors, ou quant aucunne chose li
                                est baillie en son non. Et ce puet l’en miauz dire. {3} Et se li
                                sers en qui aucuns à l’usaire trove le tresor ou leu à celui qui en
                                a la proprieté, veons s’il est [131vB] toz à celui qui en a la
                                proprieté ou une partie, et l’autre à celui qui a l’usaire dou serf.
                                A ceste demande sodre, il convient regarder au labor que li sers
                                fesoit, si comme s’il foet terre quant il trova le tresor ; car en
                                ce quas sera il à celui qui a en lui proprieté. Et je croi que il
                                n’en apartient rien à celui qui à l’usaire dou serf ; car nus ne fet
                                    ovrer<note>ovrer] <emph>ovres</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>nemo enim servorum opera Thensaurum
                                    quaerit</emph></note> ses sers por querre tresor. Ne por ce ne
                                foist il pas lors la terre, ainz entendoit à autre chose, et fortune
                                li fist trover autre chose que il ne queroit. S’il le trova dont ou
                                champ à celi qui a l’usaire de lui, je croi que il n’en doit avoir
                                fors la partie qui apartient au champ et l’autre apartient à celui
                                qui est sires de la proprieté. ¶ {4} Et se uns creanciers trove
                                tresor ou champ à son detor que il a en gage, il avra une partie, et
                                li detors une autre. Il convindra donc que li princes mete une terme
                                dedanz quoi li detors poiast au creancier ce que il li doit et puis
                                ait sa partie dou tresor, et li creanciers en reteigne la partie qui
                                est deue ou troveor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.64}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quintus Nencius dit&#160;: les autrui choses que chascuns asamble en
                                son chetel ne sont pas por ce soies.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.65}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: se ge t’envoi une epistre, ele ne sera pas toe
                                devant que ele te soit rendue. Mes Paulus dit le contraire ; car se
                                tu m’envoies ton notoire qui me die aucunne chose de par toi, et je
                                li baille mes letres por respondre toi, desque je li ai baillie mes
                                letres, eles seront toes. Autresi avient il des letres que je
                                t’envoi par toi tant solement, si comme se tu m’as requis que je te
                                commant à aucun et je t’envoie les letres par quoi je t’i commant. ¶
                                {1} Se aucunne isle qui soit en fluve est toe propre, il n’i a rien
                                qui soit en la commune droiture. Et Paulus dit encontre&#160;; ainz
                                en autretel point comme sont les rives des flueves et de la mer qui
                                sont communes, cil moismes droiz est ou champ qui est joignanz. ¶
                                {2} Se .i. isle est en commun flueve et ele est plus pres de ton
                                champ que d’autre, el e toe. ¶ Paulus dit&#160;: donc veons se c’est
                                faus de l’isle qui est joignanz ou chenel, ainz est sostenue ou
                                flueve par arbres ou par aucunne autre menere, si que ele ne toiche
                                pas à terre et ele est movable. Et sanz dote tel meniere d’isle est
                                commune, autresi comme li flueves. {3} Paulus dit&#160;: se une isle
                                qui nest en .i. flueve est toe, et puis nest .i. autre isle entre
                                cele et la rive qui est [132rA] de l’autre par, se l’en velt savoir
                                à qui cele novele isle doit estre, donc doit l’en mesurer de l’autre
                                isle et ne mie de ton champ, quar il ne puet chaloir quel meniere de
                                champ ce soit de quoi ele est plus pres. ¶ {4} Se ce qui est né ou
                                edeficé en commun flueve est commun, l’isle qui est nee ne doit pas
                                estre commune.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.1.66}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Senulius dit&#160;: quant feme grosse est lessee à aucun, ou aucuns
                                l’a tant porsise que i l’a gaagnie par longue tenue, ou ele est
                                estrangee en aucunne maniere, et ele enfante, l’enfes sera à celui à
                                qui ele estoit quant li enfes fu nez et ne mie quant il fu
                                conceuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. D’aquerre possession et de perdre la <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de
                                    Adquirenda vel amittenda possessione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: possession est nommee, si comme Labeo dit, dou
                                siege des piez ; car cil est naturelment en possession qui est sus
                                la chose. {1} Et la seignorie en est aquise par naturel
                                possession&#160;; c’est es choses qui sont en la terre et ou ciel et
                                en la mer ; car ces choses sont à cex qui en ont premerement la
                                possession. Et les choses qui sont prises par bataille, et l’isle
                                qui est nee en mer, et les perres precioses qui sont trovees en la
                                rive de la mer, sont à celui qui en a premerement la possession. {2}
                                Nos recevon possession par nos moismes. {3} Li forsenz ou cil qui
                                est dedanz aage ne puet pas commoincier à porsoer sanz l’autorité à
                                celui qui l’a en garde ; car il ne puet pas avoir corage de tenir la
                                chose, ja soit ce que il soient desus, autresi comme l’en met
                                aucunne chose en la main à celui qui se dort. Mes Orfilius et Nerva
                                dient que cil qui est dedanz aage puet bien commoincier à porsoer
                                sanz l’autorité à celui qui l’a en garde ; car ce est chose qui
                                apartient plus à fet que à droit. Et cete sentence puet estre receue
                                se li enfes est de tel aage que il ait entendement. ¶ {4} Se uns
                                hons lesse à sa feme possession por cause de don, plusors cuident
                                que ele doie porsoer la chose ; car chose de fet ne puet pas estre
                                quassee par droit citein&#160;; mes desque li mariz vodra avoir la
                                possession, la feme perdra. ¶ {5} Nos aquiron possession par nostre
                                serf ou par nostre fiz qui est en nostre poeté des choses que il
                                tienent par non de lor chetel, si comme il plet à Sabin et à
                                Quassi ; car l’en entent que il porsient par nostre volenté desque
                                nos lor avons ostroié lor chetel. Cil qui ne puet encor parler et li
                                forsenz aquierent donc possession par cause de lor chetel as choses
                                que il gaignent par longue tenue. ¶ {6} Nos aqueron possession par
                                celui que nos porseon par bone foi, ja sé ce que il soit frans hom
                                ou autrui sers [132rB]. Et se nos le porseon par bone foi, je ne
                                croi pas que nos porseons possession par lui&#160;; et cil que
                                autres porsiet ne querra ne à seignor ne à lui. ¶ {7} Nos aquerons
                                par serf commun autresi comme par celui qui est nostres porpres, si
                                que nus des compoignons puet avoir tote la possession que li sers
                                aquiert se li sires la reçoit ou non à celui. ¶ {8} Nos poons
                                aquerre possession por celi en qui nos avons usaire, autresi comme
                                il seust aquerre à nos par son labor&#160;; ne ce ne le tost pas que
                                nos ne le porseons pas. {9} Cil par qui nos volons porseer doit
                                estre cex que il ait entendement de porseer. {10} Et por ce, se tu
                                envoies .i. serf forsené por recevoir possession, il n’apert pas que
                                tu la reçoives. {11} Mes se tu envoies à celui qui a moins de
                                .xiiii. anz por recevoir possession, tu commoinceras à porsoer
                                autresi comme il aquiert possession à lui moismes par l’autorité à
                                celui qui l’a en garde. {12} Et l’en ne dote pas que tu ne puisses
                                aquerre possession par ta serve. ¶ {13} Cil qui est dedanz aage
                                aquiert possession par son serf, de quel aage que il soit, s’il
                                commande par l’autorité à celui que il a en garde que il auge en la
                                possession. ¶ {14} Nerva dit que nos ne poons rien porseer por le
                                serf qui est furtis, ja sé ce que l’en die que nos le porseons, tant
                                comme autres ne le porsiet pas&#160;; et por ce, poons gaigner par
                                lui par longue tenue. Mes il a esté receuz por cause de profit que
                                la longue tenue soit acomplie tant comme nus n’a la possession de
                                lui. Et la sentence Cassi et Julien en est que possession nos est
                                aquise par eux, autresi comme par cex que nos avon en aucunne
                                contree. ¶ {15} Juliens dit que nos n’aquerons pas possession par
                                serf que nos est bailliez en gages corporement. Neporquant, il apert
                                que li detors le porsiee a .i. sole cause, ce est à gaigner par
                                longue tenue&#160;; ne il n’aquiert pas au creancier ; car il ne
                                puet aquerre par lui ne par convenance ne par aucunne autre maniere,
                                ja sé ce que il le porsie. ¶ {16} Li encien quident que nos ne poons
                                pas aquerre par serf d’eritage chose qui soit d’eritage. ¶ L’en
                                demande donc se cete regle doit estre entendue plus loing. Si
                                comme se plusors serf me sont lessié, savoir mon se je puis aquerre
                                par l’un la possession des autres. Autresi puet l’en demander se
                                plusors sont acheté ensenble ou donné ou lessié. Et il est
                                mieuz que je puisse aquerre par l’un la possession as autres. ¶ {17}
                                Se uns sers est lessiez à celui qui est fez heirs d’une partie de
                                [132vA] l’eritage il aquerra la possession dou champ de l’eritage
                                por la partie que il a por la partie do lés. {18} Ce moismes doit
                                l’en dire se je commans au serf qui est communs à moi et autres ;
                                car je aquier l’eritage por tel partie comme j’ai ou serf. ¶ {19}
                                Les choses que nos avont dites des sers sont voires s’il volent
                                aquerre à nos la possession&#160;; car se tu commandes à ton serf
                                que il entre en possession, et il n’a pas corage de querre la à toi,
                                mes à Tice<note>mes à Tice] <emph>mes ance</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>ut nolit tibi, sed potius Titio
                                    adquirere</emph></note>, la possession n’est pas aquise à toi. ¶
                                {20} Possession nos est aquise par nostre deffendeor, ou par nostre
                                predicator. Et quant il r‹e›çoivent possession en lor non, il ne la
                                puent pas aquerre à nos. Et se nos disions que possession ne nos est
                                pas aquisse par cex qui la reçoivent en lor, il avendroit que cil à
                                qui ele est livree ne l’avroit pas, car il n’a pas corage de
                                porsoer ; ne cil qui la livre, por ce que il la baille à autre. ¶
                                {21} Se je commanz que cil qui m’a vendu une chose, qui est presant,
                                la baut à mon procurator, Priscus dit que il apert que la possession
                                m’en est baillie. Autresi est il se je comment à mon detor que il
                                baut à .i. autre les deners que il me doit ; car il ne convient pas
                                à force prendre possession par cors, mes par fet, et par
                                    euz<note>par euz] <emph>parenz</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>sed etiam oculis et affectu argumento esse eas
                                        res</emph></note>, et par volenté. Et ce puet l’en prover
                                par les choses qui sont de si grant pois que eles ne puent estre
                                meües, si comme li pilier ; car ce vaut autretant comme s’eles
                                estoient baillies, desque les choses sont presentes en quoi les
                                parties se ‹con›santent. Et autresi comme il apert que li vin sont
                                livré quant les cles do celier sont baillies à l’acheteor. ¶ {22}
                                Cil qui sont en garnison ne puent rien aquerre ne porsoer, car il ne
                                se puent pas asantir tuit ensenble&#160;; ne il ne porsient pas
                                marchié ne yglises ne les autres choses senblables, ainz en usent
                                communement. Et Nerva dit que il puent aquerre par sers, mes aucuns
                                quident le contraire, car il ne porsient pas les sers moismes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: mes nos usons de ce droit, que cil qui sont es
                                garnisons puent porsoer et gaigner par longue tenue ce que lor est
                                aquis par serf et par franche persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: les choses qui sont corporex puent estre porsisses.
                                {1} Et nos aquerons possession par cors et par corage, et ne mie par
                                sol cors ne par sol corage. Ce que nos dison, que possession doit
                                estre aquisse par cors et par corage, ne doit pas issi estre
                                entendu, que cil qui veust porsoer un champ a il sa part
                                partout ; nenil, ainz li sofise que il entre en une [132vB] partie
                                do champ par tant que ce soit sa pensee que il voille porsoir tot le
                                champ. ¶ {2} Nus ne puet porseir partie qui n’est pas certaine, si
                                comme se tu es en tel pensee que tu voilles porsoir quanque Tices
                                porsiet. ¶ {3} Neraces et Proculus dient que nos ne poons pas
                                aquierre possession par sol corage s’il n’i avient naturel
                                possession. Et por ce, se j’é en mon champ un tresor, je le porsei
                                mointenant desque j’é volenté de porseer le ; car la volenté
                                acomplist ce qui faut à la naturel possesion. Mes Brutus et Manilius
                                cuident que cil qui a gaignié champ par longue tenue ait autresi
                                gaignié le tresor qui i est, ‹...› ja soit ce que il porsiet le
                                champ. Et s’il li siet, si ne le gaignera il pas par longue
                                possession, car il siet bien que il est autrui. Aucuns<note>Aucuns]
                                        <emph>ainz</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Quidam
                                        putant</emph></note> cuident que la sentence Sabin soit plus
                                veroi, et cil qui siet que tresors est ou champ ne le porsiet pas
                                s’il n’est meuz dou leu, car il n’est pas sor sa garde&#160;; et à
                                cez m’asant je. ¶ {4} Nos poons porsoer une moisme chose por plusors
                                causes, si comme aucui cuident ; car cil qui a longuement porsise la
                                chose que il a achetee, la puet porsoir et por l’achest et por la
                                longue tenue. Et autresi, se cil qui achete une chose est heirs à
                                celui de qui il l’a achetee, il la porsiet comme acheterres et comme
                                heirs. Mes ce n’est pas voirs, autresi comme nos ne poons avoir la
                                seignorie fors par une chose, ne poons nos porsoeir fors por une
                                cause. ¶ {5} Encontre ce, plusors ne puent porsoier tote une moisme
                                chose&#160;; car ce est contre nature quant je tient une moisme
                                chose que tu la tiegnes autresi. Sabinus dit que cil qui a baillie
                                une chose par prest, li porsiet, et cil à qui il l’a baillie. Et
                                Trebaces dit que uns hons doit tenir une chose par droit et uns
                                autres à tort&#160;; mes li dui ne la puent pas tenir à droit, ne li
                                dui à tort. Mes Labeo le reprent, quar en la some de possession il
                                n’a pas moult grant difference se aucuns porsiet à droit ou à tort.
                                Et ce est voirs, car dui ne puent pas plus avoir une moisme
                                possession que tu ne puez ester en leu moismes où je m’estois, ou
                                soier la où je me sies. {6} En<note>en] <emph>et</emph> dans le ms.,
                                    cf. lat. <emph>In amittenda quoque possessione
                                    affectio</emph></note> recevoir possession doit l’en regarder la
                                volenté à celui qui porsiet. Et por ce, se tu es en .i. champ, et tu
                                ne le viuz porsoier, tu en perz mointenant la possession. Ele puet
                                donc estre perdue par sole volenté, ja sé ce que ele n’i puet donc
                                estre aquise. {7} Et se tu porsiez par tel corage, ja sé ce que uns
                                autres est ou champ, neporquant tu porsiez oncore. [133rA] ¶ {8} Se
                                aucuns anonce que larron ont porprise une meson, et li sires a peor
                                si que il n’i ose aler, il nos plest que il ait perdu la possession.
                                Mes se li sers ou li coitiverres par qui il porset corporement s’en
                                sont parti, oncore retient il la possession por corage. {9} Et se
                                autres baillent la possession, je la pert&#160;; quar il est
                                certeine chose que nos porseons la chose tant que nos la lessons par
                                nostre volenté, ou que nos en sons mis hors par force. {10} Se li
                                sers que je porsoie se tient por franc, si comme fist Spartalius, et
                                il est apereilliez de recevoir en juigement, il n’apert pas que il
                                le porsee desque il s’apareille à estre ses averseres. Et c’est
                                voirs s’il a esté longement en franchise&#160;; mes s’il est en
                                servage et il demande franchise, por ce ne pert pas li sires la
                                possession, ainz la porsiet tant que il soit prononciez à franc.
                                {11} Nos porseons par corage les landes où l’en ne puet habiter fors
                                en iver, et celes où l’en ne puet habiter fors en esté ; ja sé ce
                                que il les convient lessier par certein tens. ¶ {12} Nos porseons
                                aucunne foiz par nostre corage par autrui cors, si comme nos avons
                                dit dou coitiveor et do serf. Ne ce ne nos doit pas movoir que nos
                                porseons aucunnes choses sanz nostre seu, si comme celes que nostre
                                serf ont achetees de lor chetel ; car il apert que nos les porseon
                                par lor coraige et par lor cors. ¶ {13} Nerva dit que totes choses
                                movables fors home sont en nostre possession tant comme eles sont en
                                nostre garde&#160;; ce est tant comme nos en poon avoir naturel
                                possession se nos volons. Car desque une beste est agaree et
                                eschapee, se que nos ne la poons trover, ele lesse mointenat à estre
                                nostre, ja sé ce que nus ne la porsive. Mes il est autrement se ele
                                est soz ma garde et neporquant ele n’est pas trovee por ce que ele
                                n’est pas quise diligement. {14} Les betes sauvages que nos avons
                                encloses en parc et li poisson que nos avons mis en servoers sont en
                                nostre possession. Mes nos ne porseons pas les poissons que sont en
                                nostre estanc, ne les bestes sauvages qui sont es forez, car eles
                                sont lessies en lor naturel franchise. Car s’il estoit autrement, se
                                aucuns achetoit .i. bois, il senbleroit que il porsoist totes les
                                betes sauvages qui sont dedanz. ¶ {15} Nos porsions les oisiaus que
                                nos avons enclos et cex que nos avons adomachiez qui sont en nostre
                                garde. {16} Aucun quident par droit que nos porseons les colons qui
                                ont à costume à voler de noz mesons et à ravoler. {17} Labeo et
                                Nerva dient que je les à proisier le leu que flueves ou mer a
                                porpris. [133rB] ¶ {18} Se je te baille .i. chose à garder et tu i
                                thoiches por fere larrecin, je les<note>les] <emph>les les</emph>
                                    dans le ms.</note> à porsoer la. Mes se tu la muez dou leu, ja
                                soit ce que tu ais corage de fere i larrecin, plusors des anciens et
                                Sabinus et Cassius escritrent par droit que encore la porsie
                                je&#160;; car larrecins ne puet pas estre fez par corage sanz
                                atocher à la chose. ¶ {19} Li ancien commandent que nus ne muast
                                moismes cause de possession. {20} Et se cil qui me presta sa chose,
                                ou qui li bailla à garder la, me vent ou donne, il n’apert pas que
                                je mue la cause de la possession que je ne la porsee pas avant. ¶
                                {21} Il est autretant meneres de possession comme causes d’aquerre
                                ce qui n’est pas nostre&#160;; si comme achaz, dons, lés, heritages,
                                si comme es choses qui sont en la terre et en la mer, ou celes que
                                nos prenons sus nos ennemis, ou celes que nos avons fetes estre en
                                la nature des choses. Mes au droit aler, possession est li
                                    genres<note>genres] <emph>gennes</emph> dans le ms., distraction
                                    dans l’usage des abréviations</note>, si a plusors espices sor
                                lui. {22} Ou l’en puet deviser possession en .ii. especes&#160;: en
                                celes qui est par bonne foi et cele qui est par male foi. {23} Mes
                                ce que Quintus Nencius dit, que ce est une maniere de possession
                                quant nos porseons aucunne chose par commandemant de jotice por
                                garder la chose, ou por ce que caucion ne nos est pas donee que
                                domages ne nos vendra pas de cele part&#160;; car la jostice ne nos
                                ostroia pas la possession mes la garde. Et por ce, quant nos somes
                                mis en possession de la chose nostre voisin por ce que il ne nos
                                done pas caucion, se nos i somes longuement, li prevoz ostroie quant
                                il a coneu la cause que nos estien en la possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se li fiz reçoit une chose par non chetel, ses
                                peres le porsiet maintenant, ja sé ce que il ne sache pas que li fiz
                                soit en sa poeté&#160;; et se uns autres porsiet le fiz en leu de
                                serf, ce moismes sera dit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit : quiconques soit en possession en nostre non, si comme
                                nostre procurators ou nostre oste ou nostre amis, il apert que nos
                                porseons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Pa‹u›lus dit&#160;: cil porsiet par droit qui porsiet par l’autorité
                                au prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: il apert que cil qui a l’usaire de la chose la
                                porsiet naturelment. {1} La proprieté n’a nule communauté o la
                                possession. Et por ce, li entrediz de possession n’est pas deneez à
                                celui qui a commoincié à chalongier la, car il n’apert pas que cil
                                quite la possession qui a chalongié aucunne chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: se uns achete autrui champ par bone foi et il le
                                prant aprés à loage de celui qui li vandi, je demande s’il lesse à
                                porsoer ou non. Et la response est que il est bien aperte
                                chose qu’i l’a lessié à porsoer. ¶ {1} Ce que [133vA] li encien
                                escritrent, que nus ne puet müer la cause de la possession, doit
                                estre entenduz de celui qui porsiet par cuer et par cors, qui
                                    meust<note>qui meust] <emph>qui meust por oir</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>qui et corpore et animo possessioni
                                        incumbens hoc solum statuit, ut alia ex causa id
                                        possideret</emph></note> por autre cause que il ne fesoit
                                avant, et ne mie de celui qui lesse la possession que il a, et puis
                                veust porsoier cele moismes chose por autre cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: il n’apert pas que cil ait gaignié la
                                possession qui la reçoive si que il ne la puet recevoir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se uns coitiverres ist d’un champ et ce n’est
                                pas por cause de lessier en la possession et il i revient puis, il
                                le porsiet encore.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: il convient regarder por quel pensee les
                                choses sont baillies en sauvegarde&#160;; car se ce est par cause de
                                perdre la possession et c’est prové apertement, la possession est à
                                l’autre partie. Mes s’il n’i furent mis fors por garder tant
                                solement, la possession vaut au voinqueor à longue tenue se il
                                l’a.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.41}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui entre ou champ son ami par amors ne le
                                porsiet pas, car il n’i entre pas par corage<note>par corage]
                                        <emph>par corage par corage</emph> dans le ms.</note> de
                                porsoer le, ja soit ce que il soit ou chemp corporement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.42}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se uns des seignors porsiet le serf commun ou non
                                as autres, l’en entent que tuit li autre le porsient. ¶ {1} Se uns
                                procurators achete une chose par le commandemant au seignors, il li
                                aquiert mointenant la possesion. Et s’il achete de son gré, li sires
                                n’avra pas la possession s’il n’ostroie l’achat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.49}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: possession est aquise à moi par le serf de
                                quoi j’é l’usaire, ou par mon chetel, ou par son labor ; car je le
                                puis tenir naturelement par lui. ¶ {1} Cil qui sont en autrui poeté
                                puent tenir les choses qui sont de lor chetel, mes il ne les pue‹n›t
                                pas avoir et porsoer ; car possession n’est pas de cors tant
                                solement mes de droiture. ¶ {2} Se possession est par procurator à
                                celi qui rien n’en siet, et longue sesine li apartient quant il set,
                                neporquant aucion d’eschange n’est pas donnee au seignor contre le
                                vendeor maugré au procurator&#160;; ainz est contrainz de lessier la
                                par aucion de commandemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.50}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: possession ne seignorie ne nule autre chose
                                n’est aquise à moi par celui que je quidoie qui fust mis fiz et en
                                ma poesté qui ne l’estoit pas. ¶ {1} Possession est aquise à nos par
                                nostre serf fuitif que autres ne porsiet pas, ne qui ne quide pas
                                estre frans. [133vB]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.51}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: Labeo escrit que nos poons aquerre par corage
                                les possessions d’unes choses&#160;; si comme se je achat un mont de
                                buches et li venderres commant que je l’oste, desque je i avré mis
                                garde, il senblera que la possession m’en eist esté baillié. Cist
                                moismes droiz est ou vin qui est venduz, qui est toz par toniaus.
                                Mes or veons, fet il, se ce est corporel livree, car il n’a point de
                                difference se la garde est baillie à moi ou à toi par mon
                                commandemant. Et je croi que la demande est en ce, se les buches ou
                                li tonel ne sont pas prisés par cors, savoir mon s’il remoint por ce
                                que la possession n’en soit baillie. Et je ne voi que il i ait
                                point de difference se je gart les choses ou autres par mon
                                commandemant, car en l’un et en l’autre qas doit l’en dire que il i
                                a possession par corage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.2.52}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Senulius dit&#160;: il ne convient pas entremesler les causes de
                                possession et d’usaire ; autresi comme possesion de proprieté ne
                                doivent pas estre entremeslies. Ne la possession n’est pas enpechie
                                por ce se uns autres a l’usaire ; ne li usaires n’est pas enpechiez
                                por ce se .i. autre a la possession. ¶ {1} Il est aperte chose que
                                cil à qui il est deffendu que il ne face edefiement en mon leu n’en
                                puet pas avoir la possession. ¶ {2} Une meniere de metre en
                                possesion aucunne chose est deffendre que force ne soit fete à celui
                                qui i antre&#160;; car cil qui ce fet mointenant que li averseres
                                lest la possession vuide, et c’est assez plus que rendre
                                possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head type="gp">III. De longue tenue et d’entrerumpre la <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 3&#160;: <hi rend="i">de
                                    Usurpationibus et usucapionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: longue tenue fu establie por commun bien, car les
                                seignoriers d’aucunes choses fussent toz jorz en dote&#160;; et
                                l’espace dou tens qui est establiz soffist bien as seignors à
                                aquerre lor choses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: usages est entrerupcion de longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: longue tenue est conquez de seignorie par la
                                costumance dou tens qui est establiz es lois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il convient que nos dison de longue tenue. Et il
                                convient aler par ceste ordre que nos veons qui puet gaigner par
                                longue tenue, et quex choses, et en conbien de tens. ¶ {1} Li peres
                                qui a ses enfanz en la poeté puet gaigner par longue tenue, et li
                                fiz qui est en bail, et moismement li chevaler qui est en la poeté
                                son pere gaigne par longue tenue ce que il aquiert par chevalerie. ¶
                                {2} Se cil [134rA] qui dedanz aage commoince à porsoir par
                                l’autorité à celui qui l’a en garde, il puet gaigner par longue
                                tenue&#160;; et s’il porsiet sanz l’autorité à celui qui l’a en
                                garde et il a corage dou porsoier, si dirons nos que il puet porsoer
                                par longue tenue. ¶ {3} Li forsenz gaignera par longue tenue ce que
                                il reçut devant la forsenerie. ¶ Mes cete persone puet gaigner par
                                longue tenue se il porsiet por la cause de quoi la longue tenue
                                vient. ¶ {4} Sers ne puet pas porseir por l’eir. {5} Li fruit, et li
                                enfant as sers, et li feon as bestes ne puent pas estre gaignié par
                                longue tenue s’il ne sont ‹au› mort. ¶ {6} Ce que la loi dit, que
                                chose enblee n’est pas estre gaignie par longue tenue se ele ne
                                revient à celui à qui ele fu enblee, est issi entendue que il
                                convient que la chose reviegne à son seignor et ne mie à celui à qui
                                ele fu enblee. La chose qui est donc enblee au creancier ou à celui
                                à qui ele fu prestee doit revenir en la poeté son seignor. ¶ {7}
                                Labeo dit que se la chose do chetel mon serf li est anblee sanz mon
                                seu et il en reçoit puis la possession, il apert que ele soit
                                revenue en ma poeté. Encore dit l’en melz que se je le soi<note>le
                                    soi] <emph>lessoi</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>si
                                        sciero</emph></note>, ele revient en ma poeté&#160;; car ce
                                ne soffist pas que uns sers reçoive la chose que je perdi sanz mon
                                seu se je ne voil que ele ne fust pas en son chetel. Car se je le
                                voil, lors convient il que je en aie la possession. {8} Et por ce,
                                se mis sers m’enble aucunne chose et il la remest en son leu, ele
                                porra estre gaignie par longue tenue por ce que ele est revenue en
                                ma poeté se je ne sai que ele me soit enblee. Car se je le soi, il
                                convient que je sache que ele est revenue en ma poeté. {9} Et se mis
                                sers tient en non de chetel la chose que il m’enbla, Ponponius dit
                                que il n’apert pas que ele soit revenue en ma poeté ; se nos ne
                                commoincons à avoir la, autresi comme nos l’eusmes ainz que ele nos
                                fust enblee ; ou se nos<note>nos] <emph>nos ne</emph> dans le ms.,
                                    cf. lat. <emph>cum rescissemus</emph></note> seumes la chose et
                                lor ostroiames que il la tenist en son chetel. ¶ {10} Labeo dit que
                                se tu vanz por gaigner la chose que je te baille en garde, et tu te
                                repanz aprés et la rachetes et la tiens en l’estat où ele estoit
                                avant, comment que ce ait esté fet, ou à mon seu ou sanz mon seu, il
                                apert que ele soit revenue en ma poeté selon la sentence que
                                Proculus dit qui est veroie. ¶ {11} Se la chose à un orfelin à esté
                                enblee, l’en doit dire que c’est assez se cil qui l’a en garde siet
                                que ele soit revenue en la poss[134rB]ession à l’orfelin ; autresi
                                est il se la chose est au forsené, a esté enblee, et ses procurators
                                set que ele soit revenue en sa poeté. ¶ {12} L’en doit dire que la
                                chose est revenüe en la poeté son seignor quant il en a la
                                possession autresi comme de sa chose. Car se je ne savoie pas que ma
                                chose me fust enblee et je l’achat, il n’apert pas que ele soit
                                revenue en ma poeté. {13} Mes se je la chalonge, la chose qui m’a
                                esté enblee, et j’en reçois le pris, ja sé ce que je n’en aie pas
                                receu corporel possession, ele sera gaignie par longue tenue. {14}
                                Ce moismes doit l’en dire s’ele est baillie à l’autre par ma
                                volenté. ¶ {15} Se une serve a esté enblee et ele conçoit et enfante
                                en la meson à l’oir à celui qui l’enbla, il ne la gaignera pas par
                                longue tenue, je sé ce que il ne set pas que ele fust enblee. ¶ {16}
                                Se mis sers a enblee une serve et il la me done por franchir la,
                                l’en demande se je puis gaigner par longue tenue l’enfant que ele a
                                eu en ma meson. Fabius et Cassius dient que il ne le quident
                                pas, car la possession que li sers a eu mauvesement nuit au
                                seignor&#160;; et ce est voirs. {17} Mes se .i. autres me dona .i.
                                serve que il avoit enblee por franchir mon serf et ele a conceu et
                                anfanté en ma meson, je ne la puis pas gaigner par longue tenue.
                                Autresi est il se aucuns echange cele serve par peor, ou il la
                                baille en santé, et se cil qui l’embla la vant. {18} Et se cil qui
                                l’achate siet, ainz que ele ait enfant, que ele est autrui, nos
                                disons que il ne la puet gaigner par longue tenue&#160;; et s’il ne
                                le savoit pas, il i puet gaigner. Et s’il sot que ele estoit autrui
                                puis que i l’ot gaignié par longue tenue, il convient regarder au
                                commoincement de la tenue, autresi comme as choses achetees.¶ {19}
                                Se la loine des berbiz qui furent enblees est tondue en la meson à
                                celui qui les enbla, il ne la puet pas gaigner par longue
                                tenue&#160;; et se aucuns la achetee par bone foi, il ne la puet pas
                                gaigner par longue tenue. Et autresi devons nos dire des aigniaus se
                                il ne sont gasté. ¶ {20} Se tu fes .i. drap de laine qui ait esté
                                enblee, il convient regarder à la sustance<note>sustance]
                                        <emph>sentence</emph> dans le ms., confusion dans la
                                    résolution des abréviations, cf. lat. <emph>ut substantiam
                                        spectemus</emph></note>&#160;; et por ce est li dras enblez.
                                ¶ {21} Se li detors anble la chose que il baille en gages et la
                                vant, Cassius escrit que ele puet estre gaignie par longue tenue,
                                car il apert que ele soit revenue en la poeté son seignor qui li
                                bailla en gages, ja sé ce que l’en puet pledier à lui par aucion de
                                larrecin&#160;; et je croi que ce soit par droit dit. ¶ {22} Se tu
                                me mez par force hors de la possession do champ et tu ne [134vA] le
                                porsiez pas, mes Tices la prent, li chans puet estre gaignez par
                                longue tenue, ja sé ce que li entrediz de force i a lieu&#160;; car
                                il est voirs que je en ai esté mis hors à force, neporquant il ne
                                est pas voirs que li chans ait esté porsis par force. {23} Et se tu
                                me mez à force hors do champ que je porsiee par male foi et tu le
                                vanz, il ne puet pas estre gaigniez par longue tenue&#160;; car il
                                est voirs que il a esté porsis à force, ja sé ce que li sires ne
                                l’oit pas porsis. ¶ {24} L’en doit dire ce moismes de celui qui mist
                                hors par force celui qui porsiet comme heirs. ¶ {25} Se aucuns met
                                hors à son escient celui qui porsiet autrui champ par bone foi, il
                                ne le puet pas gaigner par longue tenue, car il le porsiet par
                                force. ¶ {26} Se li sires dou champ en met hors celui par force qui
                                le porsiet, Cassius dit que il n’apert pas que li chans soit revenuz
                                en sa poeté ; car il convient que il en rende la possession par
                                l’entredit de force. ¶ {27} Se j’é ma voie par ton champ, et tu m’en
                                mez hors par force se je en lés à usier par lonc tens<note>Passage
                                    qui pose problème.</note>, ge perdi la voie&#160;; car l’en
                                n’entant pas que droiture qui n’est pas corporel soit porsise, ne
                                nus n’est dessessit de voie par pur droit. ¶ {28} Se tu porprenz une
                                vuide possession et li sires vient et tu li deffanz que il n’i
                                antre, il n’apert pas que tu porsies par force.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se tu achetes une chose de celi à qui li prevoz
                                deffendi que il ne la vendist, et tu le siez, tu ne la puez gaigner
                                par longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: nos ne gaignon pas par longue tenue chose que
                                nos avon prise en gages ; car nos la tenons comme autrui et ne mie
                                comme nostre. ¶ {1} Il a esté respondu que cil qui achete de forsené
                                par bone foi puet gaigner par longue tenue&#160;; {2} ja sé ce que
                                il apert que tu ne le porsiez pas comme tien, ne il ne remoint pas
                                por ce que tu es tenuz à moi par aucion de commandemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: la possession à celui qui fist le testamant
                                est contee à l’oir, se nus ne porsit la chose dedanz ce.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: ja sé ce que heirs et heritages aient divers
                                nons, neporquant il sont conté par une persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: la où la loi deffent que choses ne soient
                                gaignies par longue tenue, bone foi ne vaut rien à celui qui les
                                porsiet. ¶ {1} Longue tenue vaut aucunne foiz à l’oir, ja sé
                                    ce<note>ja sé ce] <emph>ja sé ce ja sé ce</emph> dans le
                                    ms.</note> que li morz ne le commoince pas&#160;; si comme se li
                                vices qui estoit non pas par devers la persone mes par devers la
                                chose est porgiez ; si comme la chose lesse à estre à la borse
                                l’enpereor ou porsise par force.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Rufins dit&#160;: longue tenue ne puet estre sanz possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: ce qui tient à la terre ne puet estre gaignié par
                                longue tenue sanz la terre. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.32}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{2} Nus ne puet porsoer partie qui n’est pas certaine. Et por ce, se
                                plu[134vB]sor sont en un champ qui ne sevent combien chescun en
                                porsiet, Labeo escrit par pure soutillece que nus d’ex ne le
                                porsiet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: se la terre ne puet estre gaignie par longue
                                tenue, ne ce qui est par desus, la terre ne puet estre gaignie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Neraces dit&#160;: il a esté establi que longue tenue&#160; que li
                                morz a commoincié puet estre acomplie, ainz que ses heritages soit
                                receuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.41}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se uns procurators prent une chose qui m’a
                                esté enblee, ja sé ce que la possession nos puisse estre aquise par
                                noz procurators, por ce n’est ele pas revenue en ma poeté, ne ne
                                puet estre gaignie par longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.43}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li heirs à celui qui acheta une chose par bone
                                foi ne la gaignera pas par longue tenue s’il set que ele estoit
                                autrui. ¶ {1} Il est certeine chose que li peres ne gaignera pas par
                                longue tenue la chose que ses fiz acheta se il et li fiz set que ele
                                est autrui.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. De gaagnier par longue tenue chose qui est ballie en sote
                            <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 3, frag. 46, 48 et 49&#160;: <hi
                                    rend="i">de Usurpationibus et usucapionibus</hi>&#160;; et du
                                tit. 4&#160;: <hi rend="i">Pro emptore</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.46}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: cil prant en sote qui reçoit une chose por
                                cause de dete. Et non pas tant solement ce qui est deu mes ce qui
                                est poié por aucunne dete puet estre gaignié par longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.48}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se je quidoie que je te deusse aucunne chose et je
                                la te bailloi, tu la gaigneras par longue tenue se tu quides autresi
                                que je la te deusse. Mes il est autrement se je cuit estre tenuz à
                                toi par cause de vente et je le te baille por ce&#160;; et en ce
                                quas puet estre la chose gaignie par longue tenue se l’en ne plede
                                par aucion d’achat. La cause de diversité est en ce que il convient
                                as autres causes regarder ou tens de poiement&#160;; et ce me
                                soffist assez, quant tu me poias, que je cuit que ce que tu me poias
                                soit dou tien ; mes en achet, regarde l’en au tens que li marchiez
                                fu fez e en quoi l’an poie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.3.49}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: se aucunne chose est anblee, ele ne puet pas estre
                                gaignie par longue tenue devant que ele reviegne en la poeté à son
                                seignor. Mes Paulus dit encontre que se tu m’enbles ce que tu me
                                baillas en gages, la chose est enblee&#160;; mes desque ele revendra
                                en ma poeté, il porra estre gaigniez par longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.4.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui porsiet une chose, et en vest poier le
                                pris, commence à porsoer la comme acheterres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.4.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui rent la valor de la chose que l’en li
                                demande resenble à celui qui l’achete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.4.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: uns hom acheta par bone foi une place qui estoit à
                                un autre que à celi qui la vendi&#160;; et ainz que il eust gaignié
                                par longue tenue, il commoinça à edifier&#160;; et li sires li
                                denonça mointenant que il n'i edifiat pas, mes [135rA] il ne le vost
                                pas lessier por lui. Je demans se la possession est
                                entrerompue. Et la response est que, selonc les choses qui
                                sont proposees, ele n’est pas entrerompue.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. De gaagnier par longue tenue chose que l’en tient comme hers
                            <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 5&#160;: <hi rend="i">Pro herede
                                    vel pro possessore</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.5.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Nus ne puet gaignier par longue tenue comme heirs
                                nul des biens à celui qui est encore vis, neïs se cil qui les tient
                                quide que il soit morz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.5.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Juliens dit&#160;: cil qui est mis en possession por cause de garder
                                les lés n’e‹n›treront pas la possession à celui qui tient comme
                                heirs, car il tient la chose por garder la&#160;; ne<note>ne]
                                        <hi>nele</hi> dans le ms.</note> ne se doit partir devant
                                que li lés li soit poiez, ou que satisfacion l’en soit fete. ¶ {1}
                                Ce que nos dit communaument que nus ne puet müer la cause de la
                                possession doit estre issi entendu, que l’en n’entende pas tant
                                solement de possession citeene, mes de naturel. Et por ce a il esté
                                respondu que li coitiverres, ne cil à qui la chose est baillie en
                                garde ou prestee, ne la puet pas gaigner comme hoirs<note>hoirs]
                                        <emph>hons</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ucri faciendi
                                        causa pro herede usucapere posse</emph></note> por gaigner
                                la. ¶ {2} Servius dit que li fiz ne puet pas tenir comme heirs la
                                chose que ses peres li dona ; car il entent que li fiz en ait
                                naturel possession ele viant au pere. Et de ce s’ensit il que li fiz
                                de quoi li peres fet savoir ou autres n’en puet pas tenir les choses
                                que ses peres li dona en sa vie que li autre hoir n’en aient lor
                                partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.5.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: plusors quident que se je sui heirs et je cuit
                                que une chose soit de l’eritage qui n’en est pas, je la puis gaigner
                                par longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.5.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il est certoine chose que cil qui<note>cil qui]
                                        <emph>cil qui cil qui</emph> dans le ms.</note> a poer de
                                fere testamant puet porsoir comme heirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. De longue tenue de chose donee <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 6&#160;: <hi rend="i">Pro
                                    donato</hi>&#160;; et tit. 7&#160;: <hi rend="i">Pro
                                    derelicto</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.6.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il ne sofist pas que l’en quit que une chose soit
                                donee à gaigner par longue tenue, ainz convient que ele soit donee
                                en verité. ¶ {1} Se li peres donne à son fiz que il a en sa poeté
                                une chose, il muert aprés, li fiz ne tandra pas cele chose comme don
                                quar li dons ne fu nul<note>nul] <emph>mis</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>quoniam nulla donatio fuit</emph></note>. ¶ {2} Se
                                dons est fez entre home et sa feme, il ne puet estre gaigniez par
                                longue tenue. ¶ Se li mariz done une chose à sa feme, ou la feme à
                                son mari, et li mariages est depeciez, Cassius respont que longue
                                tenue n’i a nul leu, car nus ne puet müer la cause de sa possession.
                                Mes se li mariz li ostroie aprés le departement, la longue tenue
                                vaudra autresi comme s’il li donast lors à primes. Et Juliens quide
                                que feme puisse porsoer la chose que sis mariz li done.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.6.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se li mariz donne à sa feme ou la feme [135rB] à
                                son mari, c’est voirs que Trebaces cuide que se cil qui dona la
                                chose non est plus povres, la longue tenue puet valoir à celui qui
                                la reçut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.6.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li peres donna une chose à sa fille qui
                                estoit en son baill et il la deserita aprés ; se li eirs ostroia ce
                                qui fu fez, la longue tenue vaudra à la fille por cele cause, et
                                doit estre contre le jor que li hers ostroia ce qui fu fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.6.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Sevola dit&#160;: se cil qui a commoincié à porsoer .i. serf por
                                cause de franchir, ainz qui l’ait, acompli la longue tenue, ne fet
                                rien, car il n’en a pas encore gaignié la seignorie. L’en demande
                                donc s’il entreront la possession. Et la response est que il
                                apert que il ait entrelessié la possession, et por ce est la longue
                                tenue entrerompue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.6.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: quant verité est dite por cause de don, la
                                chose n’est pas porsise por cause mes por don.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se chose est guerpie, ele lesse maintenant à
                                estre à celui qui la guerpist et est à celui qui la prant ; car les
                                choses lessent à estre noz par celes moismes menieres par quoi eles
                                sont aquises.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se nos savons que une chose soit guerpie dou tot,
                                nos la poons aquerre. {1} Mes Proculus dit que la chose ne lesse pas
                                à estre à son seignor devant que autres la porsie. Et Julians dit
                                que ele lesse à estre soe, mes ele n’est pas à autre devant que il
                                la porsie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: l’en puet demander se une chose puet estre
                                guerpie en partie. Et sanz dote, se une chose est commune et uns des
                                compoignons en guerpist sa partie, ele lesse à estre soe. Mes cil
                                qui est sires de tote la chose ne puet pas fere que il en retiegne
                                une partie et guerpisse l’autre partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: nos poons gaigner par longue tenue ce qui est
                                guerpi que nos avons, ja soit ce que nos ne savons quil l’a
                                guerpi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se tu porsiez une chose qui a esté guerpie et je
                                l’achate à toi à mon escient, il est certeine chose que je la puis
                                gaigner par longue tenue&#160;; ne ce ne me nuist pas que ele
                                n’estoit pas en tes biens. ¶ Il est autresi se je achete à mon
                                escient de toi une chose que ta femme te donna. ¶ {1} Desque aucuns
                                guerpist sa chose ou il la gete, l’en entent « que il la gete » que
                                ele soit à autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: nus ne puet gaigner par longue tenue la chose que
                                il quide qui soit guerpie quant ele ne l’est pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se aucuns trove marchandies qui ont esté
                                getees d’une nef, il ne puet<note>ne puet] <hi rend="i"
                                        >n'epert(?)</hi> dans le ms., cf. lat. <emph>ideo usucapere
                                        non possit</emph></note> pas gaigner les par longue tenue,
                                por ce que il n’apere que eles soent guerpies [135vA]&#160;; mes il
                                est mieuz que il ne les puisse pas tenir comme guerpies.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.7.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Semprones pledoit à Thetis por son estat et disoit
                                que ele estoit fille de sa serve. Mes quant Procule, la norrice
                                Thetis, demanda à Saprone le loier de norrir la, il li respondi que
                                il n’avoit de quoi poier li, et que ele le demandast à Tice son
                                pere, et li rendist sa fille&#160;; et ele si fist. Et quant Tices
                                li ot baillié le loier de norrir la, il la franchi. Je demant se la
                                franchise Thetis puet estre apelee. Et Paulus respont que, por
                                ce que li sires à la serve de quoi Thetis fu nee le guerpi, il apert
                                que Tices la puet bien franchir.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <pb n="263"/>
                <front>
                    <head type="gp">VII. De longue tenue de chose guerpie<note>Cette rubrique est
                            transposée&#160;; elle se rapporte au titre&#160;: <hi rend="i">Pro
                                derelicto.</hi></note>
                        <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 8&#160;: <hi rend="i">Pro
                                    legato</hi>&#160;; et tit. 9&#160;: <hi rend="i">Pro
                                dote</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: il apert que cil porsie par non de lés à qui la
                                chose est lessie&#160;; car possession par non de lés n’apartient
                                pas à nul autre que à celui à qui il est lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se je porsie aucunne chose, je quidoie que me fust
                                lessie et ele ne l’estoit pas, je ne l’atandré pas comme lés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinianus dit&#160;: plus queroie qui doie avoir acheté une chose et
                                je ne l’avoie pas achetee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se une chose est à un home, et il ne set pas que
                                ele li soit sotrete, cil à qui il la lesse la puet tenir comme
                                lés&#160;; autresi est il s’il a dote ou non, si comme se une chose
                                est lessie à Tice et il i a .ii. Tices, et chescuns quide que ele
                                soit lessie à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: la chose qui a esté baillie por non de lés puet
                                estre porsise comme lés, ja sé ce que cil qui la lessa vive.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se cil à qui ele est baillie quide que il soit
                                vis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: nus ne puet tenir par non de lés fors cil en qui
                                l’en puet donner en testamant&#160;; car cele possession vient de
                                droiture de testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinianus dit&#160;: se cil à qui une chose est lessie est
                                    entré<note>est entré] <emph>en entrer</emph> dans le ms.,
                                    confusion du scribe dans le dévéloppement des abréviations, cf.
                                    lat. <emph>Si non traditam possessionem ingrediatur sine vitio
                                        legatarius</emph></note> en possession sanz vice, la longue
                                tenue li puet valoir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.8.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: cil à qui uns lés est lessiez par droit le puet
                                tenir par non de lés. Mes s’il ne li est lessiez par droit ou li lés
                                li est sostrez, il a esté ostroié aprés plusors diverses sentences
                                que il porsie comme lés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.9.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: il i a un titre de longue tenue que est apelz por
                                doere, que cil qui prant une chose en doere la puisse gaigner par
                                longue tenue quant li tens sera passez, qui est establiz à gaigner
                                par longue tenue ce que l’en achete. {1} Ne il n’a point de
                                difference se chascunne des choses est donee par soi en doere ou se
                                eles i sont donees totes ensenble. {2} Mes or veon premierement dou
                                tens quant l’en doit commoincer à conter la longue tenue, ou quant
                                li mariages est [135vB] assenblez, ou quant les esposailles sont
                                fetes. Et Juliens dit que se l’espossee donna sa chose à l’espose
                                par corage que ele ne fust pas soe devant que li mariages fust
                                asenblez, li tens qui fu devant le mariage ne sera pas contez en la
                                longue tenue. Et se l’en ne siet quel corage ele ot, l’en doit
                                croire que ele vost que la chose fuit à l’ome deque ele li bailla ;
                                et s’ele fu seue, il ne la tint pas comme doere mes comme soe. {3}
                                Et se li mariages n’est assenblez, il ne la puet tenir comme doere,
                                car li doeres n’est nus. ¶ {4} Il moismes escrit que, se li mariz
                                quida que il i eust droit mariage, et il n’en i avoit point, il ne
                                puet pas tenir par non de doere, car li doeres n’est nus ; et cete
                                sentence est resnable.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.9.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se une chose proisiee est baillie au mari par non
                                de doere ainz que li mariages soit assenblez, il ne la tendra pas
                                devant le mariage ne comme seue ne comme par achat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.9.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: deus filles furent hers à lor pere qui fu morz
                                sanz fere testamant et chescunne dona en doere à son mari sers qui
                                estoient communs à aus .ii. ; et aprés, ne soi quanz anz aprés la
                                mort au pere, eles partirent lor heritages. Et por ce que luer mariz
                                recuerent lor sers en doere par bone foi, l’en demande s’il les ont
                                gaignez par longue tenue. Et la response est que il quiderent
                                que les choses que il reçurent fussent à celes qui lor
                                donnerent&#160;; nule chose n’est pas proposee por quoi il ne les
                                aient gaignies par longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. De gaagner par longue tenue ce que aucun tient par soe <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 41, tit. 10&#160;: <hi rend="i">Pro
                                    suo</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {41.10.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant aucuns quide que la seignorie li soit
                                aquise et il la porsiet par cele cause, il la tient comme soe. Et se
                                aucuns porsiet une chose que il a achetee, il la porsiet comme soe
                                et par son achat. Et se une chose est donee ou lessie à aucun, il la
                                porsiet comme soe ou comme chose lessie. Et se une chose m’est
                                baillie par droite cause, si comme por achat, je commoinz à porsoer
                                la comme la moie chose, ainz que je l’aie gaignie por longue
                                tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.10.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il i a une maniere de possession quant aucuns
                                porsiert comme la soe chose&#160;; en<note>en] <emph>et</emph> dans
                                    le ms.</note> ceste maniere porseons nos totes les choses que
                                nos prenons ou ciel, ou en la terre, ou en la mer, ou celes qui
                                demenent noz par sorondemanz de flueves, et celes que nos porseons
                                qui sont nees des choses qui sont porsises en autrui non, si comme
                                li serf qui sont né de la serve d’un heritage, et li fruiz de la
                                chose qui est achetee ou trovee en l’eritage [136rA].</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.10.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius&#160;: tu me bailles .i. serf que tu quidoies devoir moi,
                                ja sé ce que tu ne m’an devoies point. Se je savoie bien que tu ne
                                me devoies rien, je ne le gaigneré pas par longue tenue&#160;; mes
                                se je n’en le savoie rien, je le puis porsoer comme le mien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.10.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se tu achetas par bone foi une serve qui avoit
                                esté enblee et tu porsies l’enfant que ele conçut et enfanta en ta
                                meson, si que dedanz le terme qui est establiz à avoir longue tenue
                                tu seus que sa mere avoit esté enblee, Trebaces quide que ce que a
                                issi esté porsis soit gaigniez par longue tenue. Et je croi que l’en
                                doit distinter que se tu ne<note>ne] <emph>me</emph> dans le
                                    ms.</note> seus dedanz le tens qui est establiz cui li sers
                                estoit, ou se tu le seus et tu ne li peus fere savoir<note>fere
                                    savoir] <emph>fere avoir</emph> dans le ms., cf. <emph>aut si
                                        scieris neque potueris certiorem dominum facere, aut si
                                        potueris quoque et feceris certiorem,
                                    usucaperes</emph></note>, ou se tu li feis savoir, tu la
                                gaigneras par longue tenue. Et se tu le seus et tu li peus fere
                                savoir et tu ne li feist pas, il est autrement&#160;; car il apert
                                que tu aies porsis en repost, et nus ne puet porsoer une moisme
                                chose comme seu en repost. ¶ {1} Se li peres a parti à ses enfanz
                                ses biens que il avoit, et il les tienent issi aprés la mort lor
                                pere, et il se tienent apoié de cele partie, [et] chescuns tient
                                comme le sien ce que il a en sa partie. ¶ {2} Se une chose n’est pas
                                lessie, et li heirs la baille à aucun à qui il quide que ele soit
                                lessie, il nos plet que il la gaint par longue tenue, car il la
                                porsiet comme la soe.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {41.10.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Neraces dit&#160;: il a esté establi por foïr les plez que nos
                                gaignon par longue tenue les choses que nos quidons qui soient noz.
                                {1} Et aucuns gaigne par longue tenue ce que il quide qui soit sien,
                                ja sé ce que il n’est pas suen. Et ce doit estre issi entendu que
                                cil qui porsiet ait provable cause por coi il cuit que la chose soit
                                soe. Si comme se je porsie aucunne chose por ce que je cuit que mis
                                sers ou cil à qui je fui heirs l’ait achetee, ja soit ce que ce
                                n’est pas voirs ; car ignorance d’autrui fet puet estre
                                sofferte.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
