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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
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                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
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                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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        <encodingDesc>
            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu'elle apparaît dans l'édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-09" who="MH">Création du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI SEIZIESMES LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI SEIZIESMES LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="264"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. Ci commence li livres de Digeste nove. Cist titres est de
                            chose<note>chose] <hi rend="i">force</hi> dans le ms.; cf. lat. <emph>De
                                re iudicata</emph>.</note> juigie et de la force des sentences et
                        des interlocutoires au juiges <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La plus grande partie de ce titre est traduite du Dig., liv.
                                42, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de Re judicata, et de effectu
                                    sententiarum, et de interlocutionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[136rB] Modestinus dit&#160;: l’en apele «&#160;chose juigie&#160;»
                                par quoi li plet son‹t› finé par le prononcement au juige&#160;; et
                                ce avient quant aucun est condempnez ou asoz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: cil qui juige ne garde pas toz jorz le tens de la
                                chose juigie&#160;; ainz l’acorce aucunne foiz et l’alongue aucunne
                                foiz selonc la qualité et selonc la quantité de la cause ou des
                                persones, ou par lor obedience, ou par lor cotumance. Mes
                                    poe<note>Confusion possible avec <hi rend="i">poc</hi>.</note>
                                avient que sentence soient mandees à execucion devant le tens qui
                                est establiz. Mes se est quant il convient doner norreture à aucun,
                                ou quant l’en secort à celui qui a moins de .xv. anz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui puet condempner a poer de sodre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se li procurators n’a esté à oïr sentence, aucion
                                de chose juigie n’avra pas leu contre lui, ainz sera doné contre son
                                seignor&#160;; et se il i fu, ele sera donee contre lui. Nos ne
                                parlons pas tant solement qui est fez procurators en sa chose, car
                                il a autre reson par quoi il ne puet pas refuser aucion de chose
                                juigie&#160;; car il n’est pas fez procurators en autrui chose, mes
                                en la soe. ¶ {1} Li deffenderres et li procurators sont en tel
                                condicion que il ne senble pas que il soffrent à recevoir
                                juigement&#160;; et por ce doit aucion de chose juigie estre nee
                                contre aus. ¶ {2} Li metres d’aucunne garnison puet refuser aucion
                                de chose juigie, mes ele sera donee contre cex qui sont en la
                                garnison. ¶ {3} Li prevoz dit&#160;: cil qui est condempnez à poier
                                deners por cause de chose juigee. Et que dirons nos donc s’il ne
                                puet poier les deners et il est apareilliez de fere en
                                satisfacion&#160;? L’en dit donc que li prevoz ajote<note>ajote]
                                        <emph>ajojer</emph> dans le ms.</note> «&#160;ou il ‹n’›
                                en face satisfacion&#160;»&#160;; car il puet bien avenir que il ait
                                avenant plege qui poera por lui. Mes la reson de demander deners fut
                                que li prevoz ne vost pas que nus obligemenz venist d’autre&#160;;
                                et por ce dit li prevoz que li denier soient poiez. ¶ Neporquant,
                                por grant cause ou por convenable, porra l’en venir à la sentence
                                Labeo&#160;; {4} si comme se les parties en ont fet convenant aprés
                                la sentence. ¶ Et c’est por renoveler la dete que aucuns soit atornz
                                à poier la&#160;; et autrement non, et si gages<note>si gages] <hi
                                        rend="i">sagages</hi> dans le ms.</note> ou plege en ont
                                esté pris por la cause juigie. Por ce ne remoint pas le execucion de
                                la sentence&#160;; car por ce, se aucunne chose est ajointe à chose
                                juigiee, ne se pert l’en pas de la sentence. ¶ Et ce moismes doit
                                estre gardé [136vA] quant li procurators à aucun est condempnz. ¶
                                {5} Se aucuns est condempnez à poier deniers dedanz .i. certein
                                terme, il convient voier des quant nos commoincerons à conter le
                                terme&#160;; ou desque la sentence est donee, ou quant li tens est
                                passez qui est establiz es lois. Se li juiges done menor terme que
                                celui qui est establi es lois, ce qui faut à la sentence au juige
                                est acompli par la loi&#160;; et s’il a donné plus dou terme, il
                                sera gardez. ¶ {6} Nos devon tenir celui par condempné qui est
                                condempnz à droit&#160;; et se la sentence est malement donee, li
                                condempnemenz ne vaut rien. {7} Nos entendon «&#160;que cil
                                poie&#160;» non pas tant solement que il poie deners, mes que il se
                                delivre en aucunne meniere de l’obligement qui descent de la chose
                                juigie. {8} Celsus dit que se tu es condempnz abandoner un serf à
                                sofrir poine, et tu abandones<note>abandones]
                                        <emph>labandones</emph> dans le ms.</note> celui de qui uns
                                autres a l’usaire, tu es encore tenuz par aucion de chose
                                juigie&#160;; mes se li usaires faut, tu es delivrez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: ja sé ce que l’en ne puisse pas pledier de chose
                                juigie dedanz le terme qui est establiz, neporquant cil qui est puet
                                estre delivrez en plusors manieres&#160;; car li termes qui est mis
                                par la loi est establiz par celui qui est condempnz et ne mie contre
                                lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: uns sers qui estoit demandez par convenance morut
                                puis que li plez fu entamez&#160;; il nos plet que cil à qui l’en
                                demandoit soit asoz et que il rende les fruiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: juiges ne arbitres ne puet doner sentence contre
                                forsené.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{1} Celsus dit&#160;: se mis hom promet à un autre que il gardera que
                                domages ne li soit fez, se il l’en garde, il<note>il] <emph>et
                                        il</emph> dans le ms.</note> fet ce que il promist&#160;; et
                                se il ne le fet, il doit estre condempnz ou deners<note>deners]
                                        <emph>deners ses</emph> dans le ms.</note>, si comme il
                                avient en toz obligemanz de fere aucunne chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: aucun sont qui sont tret en cause por tant
                                comme il puent fere, ce est sanz aquerre lor detes. ¶ Et aucun sont
                                qui sont tret en cause por cex qui sont compoignons de toz lor
                                biens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se li pledeor s’acordent que une cause soit
                                juigie entre ous, ce ne sera pas sanz reson, li juiges donne tel
                                sentence.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.28}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: si dui juige delegat donerent diverses
                                sentences, Modestinus dit que l’une et l’autre doit estre en crole
                                tant que plus haut juiges en ait une confermee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li termes qui est donz à celui qui est
                                condempnz est donnez à ses heirs et as autres qui sont en son leu
                                ci&#160;; car tel termes est plus donz à la cause qu’à la
                                persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.38}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li juige donnent [136vB] diverses sentences, et il
                                en a autretant d’une part comme d’autre. Se ce est en cause de
                                franchise, la sentence qui est donee por franchise est tenable, si
                                comme li enpereres Pius establi&#160;; mes en autres causes est
                                tenable la sentence qui est donee por le deffendeor, et il convient
                                que ce soit tenu à communs juigemenz. Et se li juiges condempnent en
                                diverses somnes, l’en se doit tenir à la menor, si comme Julians
                                dit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: se .iii. sont juige, li dui ne puent pas juigier
                                sanz le tierz&#160;; car il est commandé à trois que il juigent. Mes
                                se il sont tuit presant, et li uns va contre la sentence as autres,
                                li juigemanz as .ii. sera tenables&#160;; car il est voirs que li
                                .iii. ont juigié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.43}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: Paulus escrit que cil qui sont condempné à une
                                quantité de deners doivent estre en cause por aucion de chose
                                juigie, li uns por autretant comme li autres. Et se la sentence fu
                                donee contre trois et li uns en poie son avenant, il ne puet pas
                                estre trez en cause por les autres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.45}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li juiges puet condempner s’il veust, et les
                                parties s’i consentent, que li errement que eles sont soent aporté
                                avant, se li plez n’est finez. ¶ {1} Puis que sentence est donnee,
                                l’en ne doit rien establir sanz l’autorité au prince d’acroitre ou
                                d’apeticier la poine à cex qui sont condempnez. ¶ {2} Nule sentence
                                ne doit estre donee contre cex dedanz aage qui n’ont ne deffendeor
                                ne procurator.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.46}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: il n’est pas deveé à amender les paroles des
                                erremenz sanz müer la forme de la sentence.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.47}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il convient donner sentence de chescunne besoigne
                                par devant toz cex à qui la chose apartient. Et se l’en fet
                                autrement, ce qui est juigié n’est tenable fors contre cex qui sont
                                presanz. ¶ {1} Se aucuns sont semons plusors foiz et il despisent à
                                deffendre lor cause par devant la borse l’enpereror, il doivent
                                estre sormis as choses juigies.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.53}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: la contumance à celui qui n’obeist pas à juiges
                                est punie par perdre tote la cause. ¶ {1} Cil est contumaux qui
                                despit à venir avant quant il a eu trois somonses, ou une en leu des
                                .iii., que l’en apele communaument perentoires. ¶ {2} Cil qui est
                                escusez par maladie ou por greignor cause ne soffre pas poine de
                                contumace. {3} Il n’apert que nus soit contumaus fors cil qui ne
                                volent obeir où il doivent, et cil qui nient<note>nient]
                                        <hi>nienent</hi> dans le ms.</note> que il n’apartienent mie
                                à la juridicion à lor juiges.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.55}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: desque li juiges a doné une foiz sentence, il
                                lesse à estre juiges&#160;; et de ce droit usons nos, que puis que
                                li juiges a condempné aucun à plus ou à moins que il ne deust, il ne
                                puet puis amender sa sentence [137rA] car il use de son office ou
                                bien ou malemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.56}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: l’en ne doit riens enquerre puis que sentence
                                est donee, ou que la cause est terminee par seremant, ou que la
                                chose de quoi l’en pledoit a esté reconeue en droit&#160;; car ce
                                qui est reconeu en droit vaut autretant comme ce qui est juigié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.1.58}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: ¶ Se gage sont pris et venduz sanz juigement,
                                il puent estre recouvré.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Uns des pers de France s’otroie à juigier pardevant le roi, par ceus qui
                            juigier le doivent, et dit que li rois, ne si conseuz, ne le doivent pas
                            juigier&#160;: mès il ne dit pas bien. Mès li rois, ne son consoil, sanz
                            autres, ne le puet pas juigier, c’est-à-dire que si per i doivent
                            estre.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head>II. De longue tenue.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Un homme demende une meson, et dit qu’ele iert son père, quant il ala de
                            vie à mort&#160;; s'il la viaut avoir par la reson de son père. A ce
                            respont li corpables&#160;: Com je aie tenu cele chose dix anz et pluz,
                            et de seignor, et ai usé de cele chose com de la moie, si n'en voil
                            respondre, et m’en voil partant passer, jusque droiz m'en part&#160;; et
                            se droiz dit que partant ne m’en doie passer, plus dirai que tort ne
                            m'en prendra. Et li demenderres dit qu'il ne veaut pas que cete barre li
                            vaille, ainz viaut que il l'en respoigne. Selonc ces paroles s'otroient
                            à juigier&#160;: et l'en respont que li corpables ne li en respondra
                            pas. A totes les foiz que aucuns demende héritages, et cil a eu longue
                            tenue de un an, et par seignor, et cil qui demende ne fraint la tenue,
                            juigemenz est faiz contre lui.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="265"/>Qui tient chose non movable, et sanz redevances, et sanz
                            titre, tenue ne vaut rien.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Quant aucuns demende aucune chose de patremoine, si comme chose qui ne
                            move pas&#160;; et l'en li met devant longue possession et longue tenue
                            pesible de sept anz ou de dix&#160;; et l'en la nie et enfraint, et l’en
                            offre à prover l’enfreinture par gage&#160;: en tel chose ne doit pas
                            avoir bataille&#160;; mès li juiges doit voer par l’enquest de bones
                            genz, se l'enfrainture a esté resonablement&#160;; et se a esté
                            resonable, auge l'en avant en la querele&#160;; et s'ele n'a esté
                            resonable, vauge la tenue, segont la loi de la terre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Se aucuns demende à estre en la sésine de son eol ou de son père, de
                            aucun héritage don li pères ou l’eols se en morut sésiz et vestuz, et
                            tenant de seignors, et aucuns estranges vengne avant, qui dement la
                            chose par reson d’achat ou de don, ou de aucune resonable cause, et le
                            voille prover par bons tesraoinz&#160;: li heirs queneuz sera avant mis
                            en sésine, et quant il sera en sésine, se il volent demender la
                            propriété par la reson de vante ou de don, se cil qui morz est a tenue
                            la chose plusors anz, et de seignor, puis la vente ou puis le don, et
                            ses heirs voille aloigner cele tenue, ele li vaudra à gaigner la
                            propriété.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head type="gp">III. [137rB] De cez qui reconnoissent <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 42 tit 2&#160;: <hi rend="i">de
                                    Confessis</hi>&#160;; tit. 3&#160;: <hi rend="i">de Cessione
                                    bonorum</hi>&#160;; tit. 4&#160;: <hi rend="i">Quibus ex causis
                                    in possessionem eatur</hi>&#160;; et tit. 5&#160;: <hi rend="i"
                                    >de Rebus auctoritate judicis possidendis seu
                                vendundis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui reconoist estre autresi comme cil qui est
                                convoincuz, car il est condempnz par sa sentence.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil qui dit aucunne chose par error ne reconoist
                                pas se il s’est ignoranz de droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Juliens dit que cil qui reconoist un certein lés
                                doit estre condempnz à poier le, s’il dure mes&#160;; et s’il ne
                                dure, il soit condempnez en tant comme il valoit&#160;; car cil qui
                                reconoist est autresi comme cil qui est convoincuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se cil à qui l’en plede par loi qui fet
                                restorer les domages reconoist que il ocist un serf, ja sé ce que il
                                ne l’ocist pas, ne pour quant se li sers fu ocis, il est tenuz par
                                sa reconoissence.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui reconoit que il doit un serf doit estre
                                condempnz à rendre le<note>le] <emph>la</emph> dans le ms.</note>
                                comment que il soit, ou s’il estoit ja morz quant li plez commoinça,
                                ‹ou› se il morut puis que plez li fu entamnz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cil qui reconoist certeine chose est autresi
                                comme s’il en fust convoincuz. {1} Mes s’il reconoist chose qui
                                n’est pas certeine, si comme se il dit que il doit doner .i. serf ou
                                .i. champ, il doit estre condempnz de reconoistre le quel il doit.
                                Et cil qui reconoist que il doit une partie d’une chose doit estre
                                contrainz de reconoistre certeine quantité. {2} Et se je di que uns
                                chans soit miens et tu le reconoiz, il sera autresi comme la
                                sentence fust donnee que li chans est de ma
                                    seignorie<note>seignorie] <emph>seignorien</emph> dans le
                                    ms.</note>. ¶ Par quel aucion que aucuns soit trez en cause se
                                il requenoist ce que l’en li demande, l’en doit dire que li prevoz
                                doit sivre la volenté à l’enpereor Marc et tenir celi qui reconoist
                                par convoincu. ¶ As aucions par quoi l’en done à celui qui est
                                convoincuz terme de rendre la chose, sera il donnz à celui qui
                                reconoist&#160;; et se il ne rant la chose au terme, il convoindra
                                que il en rendre le pris. ¶ {3} Se aucuns reconoist quant ses
                                averseres n’est pas presenz, il convint voir se il doit estre
                                autresi comme s’il fust condempnez&#160;; car nus ne sost estre
                                obligiez à celui qui n’est pas presenz, et sanz dote ce est assez se
                                li deffenderres ou li procureres est presanz. {4} Veons donc se
                                c’est assez se li deffendeor ou li procurator reconoissent&#160;; et
                                je croi que ce n’est pas assez. ¶ {5} Nos demandons en l’orfelin
                                l’autorité à celui qui l’a en [137vA] garde. {6} Et se cil qui est
                                dedanz aage, nos li donnons enterine restitucion. ¶ {7} Cil qui
                                reconoissent avront terme autre, si comme cil qui sont
                                convoincu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Affriquens dit&#160;: quant uns lés est demandez, et li heirs
                                reconoist que il le devoit, li arbitres qui fu donz por fere le
                                rendre aprent que il n’estoit pas deuz&#160;; l’en demande se il
                                puet asodre l’oir. Et la response est que oïl bien, se nule
                                chose ne fu lessie au demandeor, car se ce fu por ce que li lés ne
                                fu mis par droit, il ne le deust pas assodre&#160;; et se ce fu por
                                ce que cil qui fist le testamant n’avoit de quoi poier ses detes, ou
                                por ce que li heirs dit par devant le prevost que il avoit tot
                                aquité, li arbitres le pot assodre par son office se il trove que li
                                heritages soit si chargiez de detes qui ne sofisent pas à poier le
                                lés. Car en cas il le puet assodre, mes en cel devant il le doit
                                envier au prevost por assodre le.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.2.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui reconois ne doit pas estre toz jorz
                                condempnez ou non de la chose de quoi l’en ne set pas que ele
                                dure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Mes Ulpianus dit&#160;: previleges de demander est donz au creancier
                                qui a presté ses deniers por establir les edefiemenz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li denier as dereners creanciers ont esté
                                poié as premers, il sont en lor leu à persone‹l›s aucions.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes&#160;: cil qui abandonet ses biens ne les pert pas devant
                                que il soient vendu&#160;; et por ce, se il est apareilliez de
                                deffendre soi, il ne seront pas venduz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui se repent que il abandone ses biens puet
                                fere que il ne seront pas venduz, se il se deffont.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se cil qui abandone ses biens aquis aucunne chose
                                puis que il furent vendu, si bien ne seront pas vendu de rechief.
                                Car se aucunne chose li est lessie ou donnee por vivre soi, il ne
                                convient pas qui ele soit vendue, car l’en ne li doit pas tolir son
                                vivre de chescun jor. Autresi est il se li usaires d’une chose li
                                est donnz ou lessiez, de quoi il ne puet avoir fort tant comme il li
                                convient à son vivre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: se li bien à un detor sont vendu par la
                                requeste as creanciers, il est que li bien au detor soient vendu de
                                rechief, tant que li creancier aient tot le lor se li detors a puis
                                aquis tel chetel par quoi li prevoz puisse estre meüz à ostroier
                                le.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.3.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil qui abandone ses biens ainz que il reconoisse
                                la dete ne doit pas estre oïz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: trois causes sont par quoi l’en seust mestre aucun
                                en possession&#160;: por carder la chose [137vB], por garder le lés,
                                et ou non à l’anfant qui est encore ou ventre sa mere. Car quant
                                aucuns ne veust doner caucion que domages ne vendra pas par devers
                                lui, ses averseres n’est pas mis en possession de toz ses biens, mes
                                de cex sanz plus don il crient que domages li viegne.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li prevoz dit&#160;: je commanderoi que l’en
                                aille en possession des biens à celui qui dona plege de estre à
                                droit se il ne done à son aversere poeté d’acuser le, ou s’il ne se
                                fet deffendre. ¶ {1} Cil ne donne pas à son aversere poeté d’acuser
                                le qui fet que ses averseres ne set où il est. Li prevoz commande
                                donc que li bien à celui qui se cele soient porsis.{2} Et se il ne
                                se cele pas, ainz se deffant et n’est pas deffenduz, donc apert il
                                que il fet que ses averseires n’a pas poer d’acuser le. ¶ {3} Il
                                apert que cil sont deffenduz qui par sa deffaute n’enpire de rien la
                                cause à son aversere. {4} Cez paroles «&#160;se il ne se fet
                                deffendre&#160;» sont issi entendues que il ne sofist pas que il
                                soit deffanduz aucunne foiz se la deffense ne dure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li creancier solent estre mis en possession se li
                                dener lor sont promis soz condicion. ¶ {1} Quant l’en dit «&#160;li
                                bien qui sont porsis des creanciers seront vendu fors cil à
                                l’orfelin et à celui qui est hors do poïs sanz tricherie par la
                                cause la chose commune&#160;», nos entendons que li bien à cex qui
                                sont hors do païs por tricherie puent estre vendu. {2} Et se il est
                                pris de ses enemis, si creancier doivent estre mis en possession en
                                tel meniere&#160;; neporquant, il ne lor soit pas ostroié à vendre
                                mointenant ses biens, mes uns procureres i soit mis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se l’en est longuement en dote se il avra en
                                un heritage heir ou non, quant la cause sera conneue il convoindra à
                                ostroier que li bien soient porsis por cause de garder la chose. Et
                                se l’en voit que mestiers en soit, il sera bone chose que l’en
                                ostroit que uns procurators i soit establiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se uns des heirs se conseille de recevoir l’eritage
                                dedanz le terme qui li est donnz, et li autres ne le reçoit pas, il
                                convient ‹voir› que l’en dit fere as creanciers. Et il nos plest que
                                il soient dedanz ce mis en possession por cause de garder l’eritage,
                                tant que l’en sache se cil qui se consoille le recevra ou non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se uns lés est lessiez soz condicion à un fiz qui
                                est soz la poeté son pere, l’en doit dire que li peres et li fiz
                                doivent enbedui estre mis en possession, car le gaign est à
                                anbedeus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.4.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui a pris chose par eschange est senblables
                                à acheteor, et cil qui prent une chose en solte<note>solte]
                                        <emph>soste</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>item is, qui
                                        rem in solutum accepit</emph></note>, et cil qui l’a por le
                                pris d’un plet, et cil qui l’a par aucunne autre convenance [138rA]
                                fors que par don.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il convient que li bien soient vendu la où li sires
                                doit estre deffenduz, {*42.5.2} ou la où il a sa meson {*42.5.3}, ou
                                la où il a fet le marchié&#160;; je n’entant pas la où li marchiez a
                                esté convenenciez, mes la où li denier doivent estre poié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se aucuns qui a moins de .xxv. anz a procureors
                                et il ne le deffendent pas, ne il ne trove nul autre qui le
                                deffende, si bien sont vendue, ja sé ce que il ne se repont
                                pas&#160;; car cil qui n’a pas convenable deffendeor est autresi
                                comme cil qui se repont por barater ses creanciers.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se il ne plet pas à l’orfelin à retenir l’eritage
                                son pere, li prevoz ostroie que li bien au mort soient vendu&#160;;
                                et ce que remoindra quant ses detes seront aquitez soit rendu à
                                l’orfelin. ¶ {1} Se li orfelins fet aucunne chose en l’eritage ainz
                                que il s’en atiegne, ele doit estre teneble se il la fist par bone
                                foi. {2} S’il poia donc aucun des creanciers de l’eritage lor detes
                                et li bien au mort en sont aprés vendu, se l’en demande se il puet
                                demander arrieres ce que il poia. Juliens dit que il convient
                                garder que la negligence ou la covoitise à aucun ne nuise<note>ne
                                    nuise] <emph>n’en use</emph> dans le ms.</note> au vendant lor
                                detes. Et cil qui avoit l’orfelin en garde lor poia&#160;; il est
                                droiz que ce que il poia soit avant rendu à l’orfelin, et issi le
                                dit Juliens. ¶ Il apert que il a parole de ce qui est poié des biens
                                au pere. ¶ Si li orfelins poie d’autre part, veon se l’en li rendra
                                ou non&#160;; et se l’en li rent, qui li rendra, ou li creanciers ou
                                le eritages. Et Scevola dit que tot li doit estre rendu de l’eritage
                                se il i a de quoi, à la meniere de celui qui a fet autrui besoignes.
                                Et se il n’a rien en l’eritage, ce n’est pas torz se il demande au
                                creancier ce que il i a poié que il ne li devoit pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: l’en apele «&#160;dete de l’eritage&#160;» neïs cele
                                de quoi l’en ne poet pledier o le mort&#160;; si comme se il promist
                                à doner aucunne chose quant il moroit, ou quant cil qui estoit plege
                                por lui poia aprés sa mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant uns des creanciers requiert que il soit mis
                                en possession des biens au detor, l’en demande se cil seus qui les
                                requiert les puet porsoer. Ou quant li uns le requiert et li prevoz
                                li ostroie, se tuit puent entrer en la possession. Et il est mieuz
                                que, quant li prevoz l’otroie à l’un, il ne l’otroie pas à lui seul
                                mes à toz les autres. Et Labeo cuide que franche persone ne puisse
                                bien aquerre à autre que à lui&#160;; ne ele n’aquiert rien à autre
                                que à celui à qui li prevoz l’otroia, mes il fet aucunne chose par
                                ordre, et par ce vant il as autres [138rB]. Et se cil requiert la
                                possession qui n’est pas creanciers, l’e‹n› ne puet pas dire que li
                                creanciers puisse porseer por ce que cil qui issi le demande ne fet
                                rien. Mes il est autrement se li creanciers à qui la possession est
                                baillie est poiez de sa dete, car li autre puent vendre de ses
                                biens. ¶ {1} Cil à qui il est commandé que il porsie est mis en leu
                                de quoi la cure apartient à celui qui le commande. ¶ {2} Se une
                                chose ne puet estre porsisse por sa nature, si comme se .i. champ
                                est coverz d’eve, ou por peor de larrons, l’en dira par droit que
                                por ce ne lesse il pas à estre porsis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: ja sé ce que li bien au detor ne soient pas porsis
                                sanz contredit, neporquant li creanciers qui fu mis en possession
                                est autresi comme s’il fusent porsis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcus dit&#160;: quant li bien au detor sont vendu por ses detes, li
                                creanciers qui est de son lignage doit estre poiez ainz que li
                                estranges&#160;; et de toz les creanciers doit estre poiez celui
                                premerement à qui la greignor some des deners est deue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li prevoz dit&#160;: se aucuns marchiez fu fez
                                puis que cil qui li bien estoient, qui sont vendu, ot pris consoil
                                de barat, aucion n’en soit pas donee en ce non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinians dit&#160;: Infidius reconte que quant une ymage est
                                    droicee<note>est droicee] <emph>endroicee</emph> dans le ms.,
                                    confusion du scribe dans le developpement des
                                    abréviations</note> en commun leu en l’ennor à aucun, et li bien
                                à celui par qui ele i est dreicie sont vendu, ele n’est pas à celui
                                qui l’achete&#160;; ainz est commune se ele fu drecie por aorner le
                                leu, ou ele est à celui en qui ennor ele fu mise, ne ne peut en nule
                                meniere estre vendue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papirius dit&#160;: li enpereors Sevoirs et Antonius escritrent que
                                cil qui nient que lor biens ne sont pas venduz par droit en doivent
                                pledier, et il requierent por neant au prince que la vente soit
                                depecie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.34}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: se aucuns demande ce que il presta por fere une
                                nef ou por armer la, il a previlege aprés la borse l’e‹n›pereor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.5.35}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li orfelins n’est deffenduz et si creancier
                                soient mis en possession de ses biens, il li en doivent trover
                                norreture tant que il ait acompli l’age de .xiiii. anz. ¶ Li bien à
                                celui qui est pris de ses enemis ne puet estre vendu devant que il
                                reviegne.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. De partir les biens au detor <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 42, tit. 6&#160;: <hi rend="i">de
                                    Separationibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {42.6.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: l’en doit savoir que departemenz de biens seust
                                estre enpetrez par le juigement au prevost. {1} Et il seust estre
                                ostroié as creanciers&#160;; si comme se Sey devoit à aucun et il
                                morut, et Tyces fu sis heirs, ne Tyces n’a de quoi paier la dete, il
                                convient que si bien soient vendu. [138vA] ¶ Li creancier Sey dient
                                que li bien Sey lor sofisent bien, et li creancier Tyce que il se
                                tienent apoié des biens Tyce. Et issi dient il que il convient fere
                                .ii. ventes de .ii. manieres de biens&#160;; car il poit bien avenir
                                que Say avoit assez de quoi fere satisfacion à ses creanciers. Mes
                                quant li creancier Tyce sont asenblié à els, il ne puet pas poier à
                                toz, car Tyces n’a pas tant comme il doit. Il est donc droiz que li
                                creancier Sey, qui requierent que li bien soient departi, soient oï,
                                et enpetrent do prevost que chascuns des creanciers aient le chetel
                                à lor detor. {2} Mes li creancier Tyce n’enpetreront pas le
                                departement, car il loist bien à chescun à ampoirier sa condicion.
                                Mes cil qui reçoit l’eritage à mon detor ne porra pas enpoirier ma
                                condicion, car il me loist à demander departement des biens&#160;;
                                mes il charge ses creanciers quant il reçoit l’eritage qui n’a de
                                quoi aquiter soi, car si creancier ne porront pas demander
                                departement des biens. {3} L’en doit savoir que se li heirs oblige
                                les choses de l’eritage par non de gage, cil qui enpetre le
                                departement des choses à meillor cause que cil à qui eles sont
                                obligees&#160;; et issi l’escritrent Scevola et Antonius. {4}
                                Departemenz des biens est empetrz encontre la borse et contre cex
                                qui sont es garnisons. ¶ {5} L’en demande se li creancier à l’oir
                                puent aucunne foiz enpetrer departement des biens, s’il a receu
                                l’eritage por guer les. Mes en ce n’a nul remede<note>remede]
                                        <emph>rememede</emph> dans le ms.</note>&#160;; ne il ne
                                puent blasmer se ou non de cex qui firent marchié o cele ovre, se li
                                prevoz ne le secort hors d’ordre contre la male bodie à l’oir&#160;;
                                mes ce n’est pas receu legierement. {7} Se aucuns est heirs son pere
                                et il muert ainz que il ait .xiiii. anz, et li bien à celi qui fu
                                establiz à estre heirs aprés lui sont vendu por ce que il reçut
                                l’eritage au pere, et cele au fiz, veons se li creancier au pere
                                puent enpetrer departement des biens&#160;; et je croie que oïl
                                bien. Et si croi que li creancier au fiz puent demander departement
                                contre les creanciers à l’oir. ¶ {8} Veons selonc ce&#160;: se li
                                primes ‹hoirs fet li segonz›, se li segonz hoirs fet li tieerz, et
                                li bien au tiers sont vendu, li quel creancier puent enpetrer
                                departement des biens&#160;? Et je croi que li creancier, se li
                                prime demandent, il doivent estre oïz contre toz les autres. ¶ Et se
                                li creancier segont demandent contre les creancies tierz, i le puent
                                enpetrer contre les creanciers premers&#160;; et li premers les
                                puent enpetrer contre toz les autres&#160;; et li creancier segont
                                ne les puent pas enpetrer contre les creanciers premers, mes il
                                puent enpetrer contre les creanciers tierz. [138vB] {9} Se l’en vent
                                les biens au fiz qui est en bail, que il a chetel et que i l’a
                                conquis par chevalerie, ¶ veons se departemenz doit estre fez entre
                                les creanciers à qui il doit por cele cause et les autres. ¶ Se
                                aucuns firent marchié à lui ainz que il fust en chevalerie, li
                                departemenz doit estre fez&#160;; se li bien qui sont conquis par
                                chevalerie sont donc vendu, li creancier que il ot avant ne puent
                                pas partir o les autres. ¶ Se aucunne chose en fu mise ou besoing ou
                                pere, l’en porra contredire le creancier qui bailla cele chose que
                                il ne dement rien sor le chetel qui a esté conquis par chevalerie,
                                car il en puet pledier au pere. {10} L’en doit savoir que li
                                creancier puent demander departement qui firent convenance à l’oir,
                                non par corage de renoveler la dete&#160;; mes se il se sont tenu à
                                lui par corage de renoveler la dete, il ont perdu le preu dou
                                departement&#160;; car il sont tenu à l’oir se il ne se puent puis
                                partir de lui. ¶ {11} Et s’il ont pris caucion de lui, l’en demande
                                se il puent puis enpetrer des biens. Et je croi que nenil, se
                                il n’ont donc pris convenable plege, ne blasment se el non de ceu
                                que il ne le pristrent convenable. ¶ {12} L’en doit savoir que quant
                                li bien de l’eritage sont mellé es biens à l’oir, li departemenz des
                                biens ne puent pas estre enpetrez&#160;; car, puis que li biens sont
                                assenblez, il ne puent pas estre departiz. Mes s’il i a possessions
                                ou sers, ou bestes, ou autres choses qui puissent estre departies,
                                illoc puet estre departement enpetrez, ne l’en ne doit pas oïr celui
                                qui dit que eles sont mellees à autres choses&#160;; car ce ne sont
                                pas choses qui puissent si estre mellies que l’en ne les puisse
                                departir. ¶ {13} Ce que a esté dit, que departemenz ne puet estre
                                enpetrez aprés moult pres lonc tens, doit estre issi entendu que
                                l’en ne demant pas departement puis .v. anz aprés ce que li
                                heritages sera receuz. ¶ {14} Il convindra que li prevoz conoisse de
                                totes ces choses, savoir mon se li departemenz doit estre fez, et
                                nus autres ne le puet ostroier que li prevoz. ¶ {15} Se aucuns a
                                pris gage de l'oier, l’en ne li doit pas puis ostroier departement
                                des biens&#160;; quar, desque il s’est tenuz à l’oir par aucunne
                                meniere, il ne doit pas puis estre oïz s’il demande departement des
                                biens. ¶ {16} Se il a plusors creanciers et li .i. se tiegnent à
                                l’oir et li autre ne se i tienent pas, et cil qui ne s’i tienent pas
                                enpetrent departement des biens, l’en demande se il doivent recevoir
                                o eus cex qui se tindrent à l’oir. Et je croi que nenil, car
                                cil doivent estre conté entre les creanciers à l’oir. {17} Et l’en
                                doit savoir [139rA] que se il i remoint aucunne chose des biens au
                                mort quant ses detes seront poies, li creancier à l’oir en doivent
                                estre poié&#160;; mes li creancier au mort n’avront rien des biens à
                                    l’oir<note>à l’oir] <emph>au mort l’oir</emph> dans le ms.
                                        (<emph>mort</emph> supprimé par le scribe)</note>. Et la
                                resons est que li creancier au mort qui enpetrerent le departement
                                des biens ne doivent blasmer se eus non de lor legiereté quant li
                                heirs avoit asez de quoi paier les et li eslurent que li bien au
                                mort fusent departi. Et se il requierent que il soient atachie à
                                biens à l’oir, il ne doivent pas estre oï, quar li departemenz des
                                biens que il requistrent folement<note>folement] <emph>folement le
                                        departement</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>separatio
                                        enim, quam ipsi petierunt, eos ab istis bonis
                                        separavit</emph></note> les depart des biens à l’oir. Se il
                                requistrent folement le departement, il puent enpetrer par don se il
                                mostrent droite cause de ignorance. ¶ {18} L’en doit savoir que li
                                sers qui fu fez hers necesseres o franchisé puet enpetrer
                                departement des biens, si que se il n’atache as biens son patron, il
                                soent en tel cause que quanque il aquerra puis soit departi des
                                autres biens, et ce que li morz li devoit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.6.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: puis que li heirs avra vendu l’eritage, l’en
                                demandera por noient le departement des biens se il n’i a aucunne
                                sopeçon de barat&#160;; quar les choses que li hers a fetes par bone
                                foi doivent estre fermes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.6.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Totes les foiz que li bien à l’oir ne sofisent pas à poier totes ses
                                detes, non pas tant solement li creancier au mort mes cil à qui li
                                lés furent lessié puent enpetrer departement des biens, si que li
                                creancier soit avant poié&#160;; et ce qui remoindra soit departi à
                                cex à qui li lés sont fet et lessié. ¶ {1} Se cele qui fu franchie
                                fu fete heir en un testamant, et ele requist segont les tables la
                                possession des biens à celui qui n’avoit de quoi poier ce que il
                                devoit, l’en demande se ses choses doivent estre departies de celes
                                de l’eritage. Et le response est que il n’est pas droiz que
                                l’en secore au patron, que il ne soit pas chargiez de detes desque
                                ele s’obliga quant ele demande selonc les tables la possession des
                                biens à celui qui devoit plus que il n’avoit.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. Des choses qui sont fetes por grever ses creanciers soient
                        rapelees <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 42, tit. 7&#160;: <hi rend="i">Quœ in
                                    fraudem creditorum facta sunt, ut restituantur</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;se aucunne chose est
                                fete por cause de barat, je en donroi au procurator, dedanz l’en,
                                que l’en en porra pledier et aver en aucion contre celui qui sot le
                                barat, ou à celui à qui ele convendra doner&#160;; et je garderoi ce
                                meismes contre celui qui fist le barat&#160;». ¶ {1} Li prevoz
                                proposa par besoing cest bannissement, par quoi il porvit as
                                creanciers par rapeler les choses qui sont estrangees par barat.
                                [139rB] ¶ {2} Il dit donc «&#160;se aucunne chose est fete par
                                barat&#160;»&#160;; ces paroles sont generaux et contienent en eus
                                totes choses en quoi barat puet estre fez, ou estrangemenz ou autre
                                marchié. Tot ce qui est donc fet par cause de barat est rapelé par
                                cex paroles. Se aucunne chose a donc esté estrangee, ou se aucuns de
                                cex a esté aquitez par aucun convenant, tot doit estre rapelez.
                                ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce moismes doit l’en prover se il rent les gages ou se il fet aucunne
                                autre chose por barater ses creanciers&#160;; {*42.8.3} ou se il
                                done aucun de cex excepcion de quoi il se puisse deffendre, ou se il
                                s’est obligiz por grever ses creanciers, ou s’il poia deners, ou
                                fist aucunne autre chose por grever les, il est aperte chose que cil
                                bennissemenz a leu. ¶ {1} Nos devon entendre ce qui est fet par
                                cause de barat non pas tant solement quant li detors fet aucun
                                marchié, mes se il a lessié aucunne foiz à son esciant à venir à
                                juigement, ou il a sofert que sa cause est perie, ou il ne demande
                                pas à son detor ce que il li doit, si que li detors est delivrez par
                                longue atante, ou s’il sofre que il perde userre ou servise. {2} Et
                                quiconques fet chose par quoi il lest à avoir ce que il a, il
                                apartient à ce banissement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’en doit entendre que cil qui ne fet pas ce que il
                                dut fere, le fet par barat&#160;; autresi est il mise des servises
                                qui li sont deu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: et se il guerpist les choses, si que eles soient à
                                celui qui les<note>les] <emph>la</emph> dans le ms.</note>
                                prendra.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui peust aquerre aucunne chose et ne
                                s’entremet d’aquerre la, apartient à ce benissement. Cist
                                benissement apartient à cex qui amenuissent lor patremoine et ne mie
                                à cex qui n’entendent pas acroire le. {1} Et por ce, se aucuns
                                n’obeist pas à aucunne condicion que il ne li conviegne poier poine,
                                il ne fet pas leu à ce benissement. {2} Et por ce, se il refuse
                                heritages que il peust avoir par les lois ou par testamant, il ne
                                fet pas leu à ce benissement, quar il ne veust acroire, neporquant
                                il n’amenuisse pas son propre patremoine. {3} Autresi doit l’en dire
                                se il met son filz hors de son bail, si que il puisse recevoir
                                l’eritage à sa volenté. {4} Et s’il refuse un lés, cist benissement
                                cesse&#160;; et iscrit Juliens. ¶ {5} Se il ve‹n›di son sers qui
                                estoit fez heirs, si qui il reçut l’eritage par le commandemant à
                                l’acheteor, se il n’a nul barat en la vente, li benissemenz
                                cesse&#160;; quar se il ne l’eust vendu, si puet il bien refuser
                                l’eritage. Mes se il ot barat en la vente, ele sera rapelee, autresi
                                comme se il eust franchi par barat. ¶ {6} Labeo escrit que cil qui
                                reçoit le [139vA] suen ne fet nul barat&#160;; ce est cil qui reçoit
                                ce que li est deu. Toz ce benissement apartient as marchiez de quoi
                                li prevoz ne s’entremet pas, si comme à gages et à ventes. ¶ {7}
                                L’en doit savoir que Juliens escrit, et nos usons de ce droit, que
                                cil qui a receu les deners qui li estoient deu ainz que li bien au
                                detor fusent porsis, je sé<note>ja sé] <emph>rase</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>quamvis sciens prudensque solvendo non esse
                                        recipiat</emph></note> ce que il savoit bien quant il les
                                reçut que li detors n’avoit pas dont aquiter soi à ses autres
                                creanciers, il ne crient de rien ce banissement, quar il se porvit
                                d’avoir sa dete ainz que li bien en fusent porsis. {9} L’en doit
                                savoir que cil qui par le consentement as creanciers achete aucunne
                                chose de celui qui tant à barater les, ou qui fet aucun marchié à
                                lui, ne le fet pas en grevance des creancier&#160;; car il ne
                                baratent pas desque il sevent et consentent. ¶ {10} Se aucuns
                                marchiez est fez o orfelin par barater les creanciers à celui qui
                                l’é fet, il doit estre rapelez se li creancier en sont grevé&#160;;
                                car li ignorance à l’orfelin, qui<note>qui] <emph>par qui</emph>
                                    dans le ms.</note> i vient par aage ne doit pas grever les
                                creanciers, ne fere les orfelins gaagnier. Et de ce droit usons nos.
                                {11} Et autresi dirons nos se aucunne chose est donnee&#160;; car
                                l’en ne doit pas enquerre se ce est fet par le seu à celui qui la
                                chose est donee, mes sanz plus se li creancier en sont grevé. ¶
                                Aucion devra estre donee contre ceux qui sanz lor porchaz ont receu
                                franchise de celui qui n’avoit dont aquiter ses detes por tant comme
                                il sont plus riches, et ne mie por plus. ¶ {12} Se uns sers a receu
                                une chose sanz le seu son seignor, l’en demande se li sires est
                                tenuz à rendre la. Et Labeo dit que il est tenuz à rendre tant
                                comme il en est venu à lui, et ce qui en a esté mis en son besoing.
                                Ce moismes doit l’en dire ou fiz qui est en bail. Mes se li sires le
                                sot, il en sera trez en cause en son non. ¶ {13} Se li heirs
                                necesseres a poié les lés, et si bien sont aprés venduz, Paulus dit
                                que, ja soit ce que cil à qui li lés furent lessié, n’en sorent rien
                                que ce fust fet par grever les creanciers&#160;; neporquant
                                profitable aucion sera donnee contre eus&#160;; et ce n’est pas
                                dote. ¶ {14} Ceste aucion dure un an, en quoi l’en puet pledier
                                aprés ce que li marchiez est fez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit «&#160;tu rendes les choses que
                                Tices fit par ton seu por cause de barater à celui à qui aucion puet
                                apartenir de cele chose, se uns anz n’est passez puis que il i ot
                                poer de pledier en&#160;; et j'en devroi aucunne foiz, quant la
                                cause sera coneue, aucion par le fet&#160;». ¶ {1} Ce qui est fet
                                por barater les creanciers est lors rapelez, quar li baraz est venuz
                                et à escient, c’est à savoir se li creancier ont vendu les biens au
                                deteur. Mes se li detes est aquitez à icex creanciers que il vost
                                barater et il a [139vB] fet autres, ce qui fu vendu ne sera pas
                                repelé&#160;; et s’il poia la dete à cex que il ne vost pas barater
                                des deners as autres que il vost barater, ce qui fu vendu sera
                                rapelé. Selonc ceste distincion escrit li enpereres Sevoirs, et de
                                ce droit usons nos. ¶ {2} Ce que li prevoz dit «&#160;par ton
                                seu&#160;» doit estre issi entendu&#160;: se tu fus consachanz ou
                                parçoniers dou barat&#160;; quar se il savoit que il eust
                                creanciers, ce ne sofist pas à fere que il soit tenuz par ceste
                                aucion, mes se il fu parçoners do barat. ¶ {3} Se aucuns ne fu pas
                                parçoners dou barat, mes li creancier à celui qui vendent ses choses
                                li distrent bien que il ne les achetast pas, l’en demande, s’il les
                                achete puis, savoir mon se il est tenuz par ceste aucion. Et
                                il est mieuz que il i soit tenuz, car il n’est pas quités do barat
                                desque il les acheta puis que li creancier li orent deffendu. {4}
                                Mes s’il eust fet simplement marchié, ja sé ce que il seust bien que
                                il avoit creanciers, neporquant, desque il n’en cedoit au barat, il
                                n’est pas tenuz par ceste aucion. ¶ {5} Quant li prevoz dit donc
                                «&#160;à ton seu&#160;», ce est au seu à celui qui est trez en cause
                                par ceste aucion. Se cil qui a eu<note>eu] <emph>vu</emph> dans le
                                    ms.</note> orfelin en garde fet marchié à celi detor et il set
                                le barat, mes li orfelins ne le set pas, veons se ceste aucion a
                                leu, si que la concience au deffendeor nuise à l’orfelin&#160;; et
                                autresi puet l’en demander ou procurator au forsené ou à celui qui a
                                plus de .xiiii. anz. Et je croi que la concience as
                                deffendeors et as procurators lor nuit en tant comme il en vint à
                                ex. ¶ {6} Et por ce que l’en dit que ce qui est fet par barater les
                                creanciers puet estre rapelé, l’en puet demander se il n’i a que un
                                creancier, ou il en i a plusors, mes satisfacion est fete à toz fors
                                à un, savoir mon se ceste aucion a leu. Et sanz dote ce est
                                assez que ce soit fet par barater un des creanciers. ¶ {9} Se cil
                                qui fist le barat a .i. heir et li bien à cel hoir sont vendu, ce
                                n’est pas des biens don l’en plede&#160;; et por ce n’a pas ceste
                                aucion leu. ¶ {10} Se li fiz qui se poet atenir de l’eritage fist
                                aucunne chose por barater les creanciers et il a enterine
                                restitucion de ce que il s’est entremist, l’en doit dire que ceste
                                aucion cesse. Autresi est il el serf qui est heirs necesseres. Mes
                                Labeo dit que ce doit estre receu o tel distinction que se li
                                creancier ont mointenant vendu les biens ou il en ont fet convenant
                                et li heirs necesseres si est mellez, le barat à l’un et à l’autre
                                soit rapelez, ce est cil au mort et cil à l’oir, se li creancier ne
                                se sont tenu à l’oir necessere ou por useres ou por aucunne autre
                                chose&#160;; car lors ne doit l’en rapeler nules des choses que li
                                morz estranga. ¶ {11} Se cil qui a moins de .xiiii. anz [140rA] est
                                heirs son pere et li bien au mort sont vendu et departement des
                                biens est enpetrez, li baraz à l’un et à l’autre est rapelez&#160;;
                                et autresi est il de celui au deffendeor ou au procureor. ¶ {12} Se
                                mes detors me devoit poier une chose à un certein terme et il la
                                poie orendroit à autre, l’en doit dire que ceste aucion a leu por le
                                domage que je ai&#160;; quar li prevoz entent que baraz puet estre
                                fez ou terme. ¶ {14} Se une feme prist consoil de barater ses
                                creanciers et ele quita à son mari por cause d’establir doere ce que
                                il devoit, ceste aucion a leu&#160;; et l’en puet demander toz les
                                deners que sis mariz li devoit, ne la feme n’a pas aucion de doere,
                                car doere ne doit pas estre establiz por grever les creanciers. Et
                                ce est bien certeine chose et a sovent est establi. ¶ La fin de
                                ceste aucion sera que la convenance qui estoit entre eus ainz que li
                                baraz fut fez soit gardee tot enterinement&#160;; {15} usaires puet
                                estre demandez par ceste aucion. ¶ {16} Se je sui celui qui devoit à
                                moi et à plusors autres qui s’enfuient et enportoit ses deners, et
                                je li toli ce que il me devoit, la sentence Julien nos plest qui dit
                                que il a moult grant difference se ce fu fet ainz que li creancier
                                fussent mis en possession de ses biens ou aprés&#160;; car se ce fu
                                avant, ceste aucion cesse&#160;; et se ce fu aprés, ele a leu se li
                                bien sont baillié à aucun por cause de garder les franchises. {17}
                                Selonc l’establissement au seint enpereor Marc, l’en doit dire que
                                ceste aucion cesse. ¶ {18} Li anz qui est ostroiez à ceste aucion
                                commoincera au jor de la vente. ¶ {19} Par ceste aucion doit estre
                                vendue la chose o sa cause&#160;; {20} et non pas tant solement li
                                fruit que en ont esté receu, mes cil qui en peussent estre receu
                                vienent en ceste aucion en tel meniere que li despens en sont avant
                                pris&#160;; car cil qui a la chose n’est pas contrainz par le juige
                                de rendre la devant que il ait les necesseres despens que il i a
                                fet. Autresi doit l’en dire se uns autres i a fet despens par la
                                volenté à plege ou as creanciers. {21} Je croi que li enfant à
                                serves vienent en ceste aucion&#160;; et ce est voirs. ¶ {22} L’en
                                doit savoir generaument que il convient fere par ceste aucion
                                restitucion en l’encien estat, queque ce soit ou chose ou
                                obligemenz, si que tot soit rapelé, autresi comme se une delivrance
                                n’eust onques esté fete. Et por ce doit estre renduz li preuz que
                                aucuns eust pas eté fete por tant que usures n’en soient pas poies,
                                se eles ne furent mises en convenant, ou se li marchiez ne fu tex de
                                quoi usures deussent estre donees. ¶ {23} Se obligemenz fu fez par
                                condicion, il doit estre renduz o sa condicion se il fu fez au
                                terme. ¶ {24} Ceste [140rB] aucion apartient aprés l’en de ce qui
                                est venu aprés a leu à celui contre qui ele est meue&#160;; car li
                                prevoz dit que ce n’est pas droiz que cil mort en gaing qui reçoit
                                gaing par barat&#160;; et por ce li doit estre toluz li gainz. Se
                                cil est donc baratierres à qui la chose est venue ou aucuns autres,
                                ceste aucion apartient contre lui de ce qu'i est venuz à lui, ou
                                qu'i a fet por sa tricherie que il n’est venuz à lui. ¶ {25} Ceste
                                aucion apartient à toz les heirs, mes ele n’est pas donee contre les
                                heirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Neporquant, Venulius et Cassius dient que ele doit estre donnee
                                contre lui por tant comme il en vint à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: se li peres ostroie à son fiz qui est en son bail
                                franche aministracion de son chetel, il n’apert pas que il li
                                ostroit que il puisse estrangier ses choses por barater ses
                                creanciers&#160;; car il n’a pas poer de fere tel estrangement. Et
                                s’il li ostroie que il face tel estrangement, il apert que il
                                moismes le face, et les avenanz aucions soffirant contre lui&#160;;
                                car li creancier au fiz sont creancier au pere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui tient gage n’est pas tenuz de ceste aucion,
                                car il tient le gage par sa propre droiture et ne le porsiet pas por
                                cause de garder la chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: par ceste aucion sont rapelees non pas tant
                                solement les seignories mes les aucions. Et por ce apartient ceste
                                aucion contre cex à qui aucion apartient por quiter les aucions. Et
                                por ce, se aucuns commanda à Tyce que il receust ce que li
                                baraterres li vendoit, il doit doner l’aucion de commandemant. Se li
                                baraterres donna donc doere por sa fille qui bien le savoit, la
                                fille est tenue à doner l’aucion de doere que ele a contre son
                                mari.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns doit à Tyce et il set bien que il n’a de
                                quoi poier, et puis done en son testamant franchise à ses sers, et
                                il s’aquite à Tyce et commoince à devoir à Senprorne, et il muert
                                sanz müer le testamant, les franchises que il dona doivent estre
                                fermes, ja sé ce que il n’eist en l’eritage de quoi paier les detes.
                                ¶ Et se li creanciers que l’en voloit bareter ne fu pas baretez, le
                                consoil ne fu pas pris contre celui qui fu baretez&#160;; les
                                franchises seront donc fermes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se li premiers creancier ne furent poié des deners
                                as derreners.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li mariz quite à sa feme son gage, ou la feme à
                                son mari, la sentence à cex est veroie, qui dient que cil dons n’est
                                mis&#160;; et se ce est fet por barater les creanciers, il sera
                                rapelé par ceste aucion. Autresi est il se aucuns quite à son detor
                                son gage por grever ses creanciers.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li peres qui n’atandi pas [140vA] jusque à sa
                                mort, ainz rendi à son fiz qui estoit heirs de sa poeté l’eritage sa
                                mere sanz retenir en la quarte part, fist plene loiance et ne
                                baratera pas ses creanciers.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: le detor qui rendi l’eritage par le consoil au
                                senat, n’estraja pas por grever ses creanciers la partie que il en
                                peust avoir retenue, ainz le fist loiaument.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {42.8.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: uns detors qui voloit barater ses creanciers fist
                                marchié à son voisin des bonnes do champ que il avoit baillié en
                                gages. L’en demande donc se cil qui acheta le champ dou creancier
                                puet pledier des bonnes. Et la response est que selonc les
                                choses qui sont proposees que por ce ne remoint il pas que il n’en
                                puisse pledier que li detors en fist marchié sanz le seu à son
                                creancier.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. Ci commoince li livres de Digeste nove. Cis titres est des
                        entrediz et per quex causes il apartient <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Interdictis sive extraordinariis actionibus quœ pro his
                                    competunt</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: voions<note>voions] <emph>hoions</emph> dans le
                                    ms., distraction du scribe, cf. lat.
                                    <emph>videamus</emph></note> de quex choses antredit
                                apartienent, des choses devines et de umoines&#160;; des divines si
                                comme de sanz leus et des religios. Li entredit sont rendu des
                                choses as homes, ou de celes qui sont à aucun, ou de celes qui ne
                                sont à nul. Celes qui ne sont à nul sont franches persones et
                                entredit apartient contre els por fere les venir avant. Celes qui
                                sont à aucun sont ou communes ou privees&#160;; les communes sont
                                comme li flueve&#160;; les choses qui sont privees apartienent ou à
                                université ou à certaines persones. ¶ {1} Il est .iii. manieres
                                d’antrediz&#160;: ¶ ou de faire venir la chose avant, ou de
                                deffendre, ou de restitucion. ¶ Neporquant, il i a aucuns entredit
                                mellez, qui sont de deffense ou de restitucion et de fere venir la
                                chose avant. {2} Li uns des entrediz sont raporté en tens presant et
                                li autre au tens trespassé. Cil qui apartienent au tens present sont
                                ausi comme li entrediz de possession. Cil qui apartienent au tens
                                trespassé sont si comme de voie et de chariere et d’eve d’eté. ¶ {3}
                                Li entredit sont tuit personel, ja sé ce que il soient conceu par
                                aucunnes choses. ¶ {4} Li un des antrediz ne durent que .i. an, li
                                autre sont pardurable.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <pb n="266"/>
                <front>
                    <head type="gp">VII. D’aporter avant les tables dou testamant <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 5&#160;: <hi rend="i">de Tabulis
                                    exhibendis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.5.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[140vB] Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit : se les tables que Tices
                                fist qui apartiennent à son testamant sont en ta meson, ou tu as fet
                                par tricherie que eles n’i sont pas, aporte les avant. Et s’il i a
                                par aventure li baillie ou autre escrit, il est conquis par ce
                                banissement. ¶ {1} Se aucuns reconoit que li testamanz soit en sa
                                garde, l’en li doit commander que il l’aport‹e› avant, se il ne le
                                puet tantost mostrer. Et se il dit que il ne le convient pas à
                                porter avant, cil entredit apartient contre lui. ¶ {2} Cist entredit
                                apartient non pas tant solement à tables dou testamant mes à totes
                                les choses qui apertienent à la cause dou testamant, si comme es lés
                                comment que i sont. {3} Ou se li testamanz vaut ou se il ne vaut
                                rien dés le commoincement, ou se il est roz ou s’il i a aucun autre
                                vice, ou se l’en dit que il est faus, ou se cil le fist qui n’avoit
                                pas poer de fere testamant, l’en doit dire que li entrediz a leu. ¶
                                {5} L’en doit donc dire que li entrediz apartient à cete escriture
                                de testamant qui est perfete ou qui n’est pas perfete. {6} Et por
                                ce, se il i a plusors tables à celui qui fist sovant testamant, l’en
                                doit dire que cist entredit a leu. ¶ Se l’en dit que cil qui fist le
                                testamant estoit ou bail son pere ou que il estoit sers, li
                                testamanz sera aportez avant. ¶ {7} Se li fiz qui est au bail fist
                                testamant de chetel qui fu conquis par chevalerie, li entrediz a
                                leu. {9} Autresi est il se cil qui fist le testamant morut entre ses
                                enemis. ¶ {10} Cist entrediz n’apartient pas à tables à celui qui
                                est encore vis, quar les paroles au prevost firent mencion dou mort.
                                ¶ {11} Et se testamanz est effaciez par tricherie {*43.5.2}, ou toz
                                ou en partie, {*43.5.3} cist entrediz a leu. ¶ {1} Se li testamanz
                                ‹est› escriz en plusors escroes, eles sont contenues en cest
                                entredit&#160;; car ce n’est que uns testamanz. ¶ {2} Se Tices
                                bailla à aucun en garde les tables d’un testamant, l’en en doit
                                pledier par cest entredit et o celui qui les tient et o celui qui
                                les bailla en garde. ¶ {3} Et por ce, se uns notoires reçut la garde
                                des tables, il est tenuz par cest entredit. ¶ {4} Se les tables sont
                                en la garde à un serf, ses sires est tenuz par cest entredit. ¶ {5}
                                Se cil moismes qui fist le testamant dit que aucuns a ses tables et
                                il vieust que eles soient apertees avant, cist entrediz n’avra pas
                                leu&#160;; mes il porra pledier por fere les venir avant et de
                                chalongier les. Autresi dit l’en en toz cex qui dient que instromenz
                                sont leur. ¶ {6} Se [141rA] aucuns a fet par tricherie que il n’a
                                pas les tables, por ce ne remoint pas que il ne soit tenuz par cest
                                entredit&#160;; quar por ce que il a fet greignor desloiauté ne puet
                                il pas retenir les tables quitement&#160;; quar, quant il les avra
                                aportees avant, sa desloiauté sera descoverte, et il se puet bien
                                garder de choer en cet mesfet par tricherie se il ne cele pas les
                                tables ne il ne les bailla pas à autre. Mes s’il ne les bailla pas à
                                autre par pensee de celer les, mes que il ne les mostrat pas à celui
                                qui les demandoit, cist entredit a leu. ¶ {7} Cist entrediz est de
                                fere aporter les tables avant. Veons donc que est aporter avant. ¶
                                {8} «&#160;Aporter avant&#160;» si est que l’en puisse savoir que il
                                a dedanz. {9} Il les convient mostrer par devant le prevost, si que
                                cil qui les seeleront soient semons par s’autorité, et li juigemenz
                                et li tesmoinz reconoist lor soiaus. Et se il n’i volent venir par
                                aventure, Labeo escrit que li prevoz les en doit contraindre. ¶ {10}
                                Tuit cil à qui aucunne chose est deue par le testamant solent
                                requerre que les tables soient aportees avant. ¶ {11} Le
                                condempnemenz de ce juigement doit estre proisiez à tant comme il i
                                a de depart. {12} Et por ce, se cil qui est fez hores plede par cest
                                entredit, li condempnemenz doit estre raportez à l’eritage. {13} Et
                                se lés li est deuz, li condempnemenz doit estre de tant comme li lés
                                vaut. {14} Et se li lés fut lessiez soz condicion, l’en doit
                                proisier autresi comme se la condicion fust acomplie. Et cil à qui
                                li condempnemenz est poiez ne doit pas estre contrainz de doner
                                caucion de rendre se la condicion n’avint&#160;; car c’est la poine
                                de costumance<note>de costumance] <emph>de lo costumance</emph> dans
                                    le ms.</note> que cil poie qui n’aporte pas les tables avant.
                                {15} Et por ce demande l’en se cil à qui li lés fu lessiez a eu le
                                commadement et il demande puis le lés, savoir mon se il doit estre
                                oïz. Et je croi se li hoirs li a poié, il doit estre mis arriere par
                                excepcion de tricherie. Et se uns autres l’a poié, il ne doit pas
                                estre mis arriere. Et por ce, se li heirs a pledié par l’entredit et
                                il a eu le condempnement, l’en doit tenir cete distinction. ¶ {16}
                                Il est certeine chose que cist entrediz apartient aprés un an&#160;;
                                {17} et si apartient à toz les heirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.5.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: les tables do testamant estoient en la garde de un
                                orfelin et eles i ont lessié à estre par la tricherie à son
                                deffendeor, li entredit apartient contre le deffendeor, car il est
                                droiz que il soit tenuz par son mesfet, et ne mie li orfelins.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.5.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: il ne convient pas de l’entredit d’aporter les
                                tables avant se l’en plede [141rB] de l’eritage&#160;; mes se il
                                convient fere commune enqueste, eles doivent estre mises en garde en
                                une sainte meson ou baillies à un prodomme.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. Que rien ne soit fet en saint leu <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 6&#160;: <hi rend="i">Ne quid in
                                    loco sacro fiat</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.6.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: je deffant que nule chose ne soit fete ne mise en
                                nul saint leu. {1} Cist bennissemenz apartient as seinz leus. {2} Ce
                                que li prevoz dit, que nule chose ne soit fete en sainz leus, il
                                    ne<note>ne] <hi rend="i">ni</hi> dans le ms.</note> apartient
                                pas à ce qui est fet por cause de ornement, mes à ce qui est fet par
                                cause d’anledissement ou de domage. {3} Mes la cure des mesons ou
                                des seinz leus est commandee à cex qui gardent les seintes
                                mesons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.6.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: il n’est pas ostroié à fere à murs ne à portes
                                ne as autres sainz leus aucunnes choses de quoi domages ou ledece
                                viegne.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head type="gp">IX. De leus communs et de voies <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 7&#160;: <hi rend="i">de Locis
                                    et itineribus publics</hi>, et du frag. 1 du titre
                                suivant.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.6.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li mur de les portes ne puent estre habité sanz
                                l’ostroi au prince por peor de feue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.7.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: il ne loise à nul à fere monument en commune
                                voie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.7.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: les voies qui vont d’uns chans en autres, qui sont
                                si vielles que l’en ne vit onques que eles ne fussant, sont ou
                                nombre des communes voies. {1} Mes il a tel difference entre eux et
                                les autres voies communes que les autres ont lor issues en la mer,
                                ou en aucunne cité, ou en commun flueve, ou en une autre voie
                                commune. Mes cestes sont d’autre condicion, quar l’une issue est en
                                la commune voie et l’autre n’est en nul commun leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Juliens dit&#160;: li prevoz deffent que l’en ne face edefiement en
                                leu commun et propose un autre dit.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head type="gp">X. Que nule chose ne soit en voie ne en leu commun <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 8&#160;: <hi rend="i">Ne quid in
                                    loco publico vel in itinere fiat</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit : «&#160;tu ne faces riens en leu
                                commun, ne n’i metes nule chose de quoi domages viegne au leu, fors
                                ce qui t’est ostroié par loi, ou par le consoil au senat, ou par
                                benissement, ou par le juigement au prince. Je donroi entredit de ce
                                qui sera fet&#160;». ¶ {1} Cist benissemenz est de deffensse. {2} Et
                                par lui porvoit l’en à communs profiz et à privez, car li leu commun
                                servent au preu à chescun non pas comme propre à chescun. Et
                                autretel droiture avons nos d’user en comme chescuns a de deffendre
                                nos que nos n’en usons. Et por ce, se ovre est fete en leu commun,
                                qui empeeche le privé profit, cil qui li fet puet estre trez en
                                cause par entredit de deffense&#160;; et por ce fut proposez cist
                                entredit. {3} Labeo dit&#160;: comment li nons des communs leus doit
                                estre pris, car il apartient [141vA] as places et as illes et as
                                chans et as voies communes. {4} Je ne croi pas que cist autre dit
                                apartienent as leus communs qui sont au patremoine l’enpereor, car
                                nus bas hom n’i puet rien fere ne rien deffendre, car tex choses
                                sont propres au princes. Se aucuns i fet donc aucunne chose, cist
                                entrediz n’avra pas leu&#160;; mes se aucuns plez en est meüz par
                                aventure, li prevoz en sont juige. {5} Cist entrediz apartient donc
                                à leus qui sont establi au commun usage&#160;; si que se aucunne
                                chose i est fete qui nuise à aucun bas home, li prevoz i mete
                                consoil par son entredit. ¶ {6} Quant uns hom lieve une
                                    toile<note>toile] <emph>loisle</emph> dans le ms., distraction
                                    du scribe&#160;? Cf. lat. <emph>Cum quidam velum in maeniano
                                        immissum haberet</emph></note> en haut qui nuit à la lumere
                                son voisin, cist entrediz i a leu&#160;: «&#160;ne mest rien en leu
                                commun par quoi tu nuisses à la lumere ton voisin&#160;». {7} Se
                                aucuns ne veust depecier ce que il a en commun leu, Aristo dit que
                                cist entredit i a leu à fere li depecier. ¶ {8} Se aucuns gete une
                                mole en la mer, cist entredit apartient à celui qui cele chose puet
                                nuire&#160;; et se nus n’i a domage, l’en garentist celui qui edefie
                                ou rivage ou qui gite la mole en la mer. ¶ {9} L’en deffent à aucun
                                que il ne peeche ou que il ne nage en la mer. Il n’avra pas cest
                                entredit, autresi comme cil ne l’a pas à qui il est deffendu à joier
                                en commun champ, ou à boigner soi en commun boign, ou à esgarder en
                                commun tertre&#160;; mes en toz cez quas puet l’en user d’aucion de
                                torfet. ¶ {10} Li prevoz dit par droit de quoi domages viegne, car
                                totes les foiz que l’en ostroie à fere aucunne chose en commun leu,
                                ce est si que ele soit fete, sanz fere nul tort à nului. Et issi
                                solent li prince ostroier quant l’en lor demande congié de fere
                                aucunne novele ovre. {11} Il apert que l’en fet domage à celui à qui
                                l’en tost son preu que il avoit dou leu commun. {12} Et por ce, se
                                aucuns a moins de veüe ou plus estroite issue, cist entrediz a leu.
                                {13} Se j’edefice en leu commun, que les choses qui de ma terre
                                venoient en la toe sanz droiture que tu i eusses il lessent à venir,
                                Labeo dit que je ne sui pas tenuz par cest entredit. {14} Mes se cil
                                edefiemenz fet que ta meson n’eit moins de lumere, li entrediz a
                                leu. {15} Cil moismes dit&#160;: se je edefie en commun leu et cil
                                edefiemenz nuit à celui que tu avoies fet en commun leu, li entrediz
                                cesse&#160;; car tu avoies edefié contre droit, se ce n’estoit en
                                droiture qu’i te fust ostroié. ¶ {16} Se aucuns a eu dou prince que
                                il puisse edefier en commun leu, l’en ne do[141vB]it pas croire que
                                il puisse edefier si que il face domage à autre. ¶ {17} Se aucuns a
                                edefié en leu commun et nus ne li a deffendu, il ne doit pas estre
                                contrainz d’oster l’edefiement que la cité n’en soit enledie&#160;;
                                et por ce que cist entrediz est de deffensse et ne mie de
                                restitucion&#160;; neporquant, se cist edefiemenz nuist au commun
                                usage, cil qui s’entremet des communes ovres les devra oster&#160;;
                                et s’il ne nuist, il devra establir rente desus&#160;; {18} et totes
                                ces choses doivent estre gardees as hoirs. ¶ {19} Il est autrement
                                des seinz leus&#160;; car il ne nos est pas deveé tant solement que
                                nos n’i façons ovre, ainz nos est commandé que nos depeçons cele que
                                nos i avons fete et ce est por la religion dou leu. ¶ {20} Li prevoz
                                dit&#160;: «&#160;je deffent que nule chose ne soit fete ne mise en
                                commune voie par quoi ele soit pire&#160;». {21} Nos apelon
                                «&#160;voie commune&#160;» cele qui est en commune terre. Il n’est
                                pas autresi en commune voie comme en privee, car la terre où la
                                privee voie est autrui, et nos avon tant solement la droiture d’aler
                                et de venir parmi&#160;; mes la terre de la voie commune est commune
                                et est bonnee à certeines bonnes de lese par celui qui ot poer
                                d’acoutumer la quant ele fut mesuree. ¶ {22} Les unes des voies sont
                                communes et les autres privees et les autres champetres. Nos apelons
                                communes voies les chemins roiaus&#160;; les voies privees sont
                                celes que nos avons par autrui chans&#160;; les champetres sont par
                                quoi nos alons en noz chans. ¶ {23} Voies privees puent estre prises
                                en .ii. manieres&#160;; car ce sont celes que nos savons parmi le
                                champ à nostre voisin à aler en un autre, ou celes par quoi tuit
                                puent aler, qui s’asenblent à la voie commune ou qui vont as viles.
                                Je croi donc que icestes puissent estre apelees voies communes.
                                {24-25} Cist entrediz apartienent as voies des chans tant solement
                                et ne mie à cex de citez&#160;; les cures de cez voies apartienent
                                as metres, que eles ne soient encombrees ne estrecies. ¶ {26} Se
                                aucuns fet en voie commune chambre coie, par quoi la voie ne soit
                                pas si honeste à aler comme ele estoit devant, Labeo escrit que il
                                est tenuz par cest benissement. {27} Et se aucuns fet en un champ
                                fosse, où l’eve s’asenble, qui core en la voie commune, il sera
                                tenuz de cest benissement&#160;; car il a<note><emph>il a] il
                                        la</emph> dans le ms.</note> mis en la voie commune tel
                                chose qui nuist. ¶ {28} Labeo dit&#160;: se aucuns edefice en sa
                                terre si que l’eve s’asenble et soronde en la voie commune, il n’est
                                pas tenuz par ce benissement&#160;; car il n’i a envoié pas [142rA]
                                l’eve, mes il ne la reçoit pas&#160;; mes Nerva escrit mieuz que li
                                uns et li autres i est tenuz. Se uns chans est joignanz à une voie
                                commune et l’eve qui en cort enpire la voie, et cele eve vient en
                                ton champ de celui à ton voisin et il te convient à force recevoir
                                la, li entredit avra leu contre ton voisin&#160;; mes s’il ne
                                convenoit pas que tu les receusses, tis voisins n’i est pas tenuz,
                                mes tu i es tenuz, car il apert que cil a fet le fet qui a l’usage
                                de l’eve. ¶ Nerva escrit que se l’en plede à toi par antredit, tu ne
                                doiz estre contrainz fors que tu pledes à ton voisin par le
                                juigement à lui moismes qui plede à toi. ¶ {29} Il moismes dit que
                                se li leus est mauvés par odor tant solement, l’en ne puet par cele
                                chose user de cel entredit. ¶ {30} Cist entredit a leu as choses qui
                                sont peues en voies communes et enpirent la voie. ¶ {31} Li prevoz
                                dit&#160;: «&#160;de que la voie soit pire&#160;», c’est se ele en
                                enpire mointenant ou enprés&#160;; car aucunnes choses sont qui
                                nuisent mointenant comme eles sont fetes, et aucunnes qui ne
                                nuissent point quant eles sont fetes mes eles nuisent aprés. {32}
                                L’en entent que voie est enpoirie se li usages de passer i est
                                corrumpuz. Si comme s’ele estoit avant pleine et ele est or
                                bone&#160;; ou ele estoit soeve, ore est apres&#160;; ou ele estoit
                                lee, or est aprés estroite. {33} L’en demande s’il loist à fere en
                                voie commune une fosse et un pont par dessus&#160;. Et plusors dient
                                que cil qui ce fet en est tenuz par cest entredit, car il ne
                                convient pas que il enpiert la voie. {34} Cist entrediz est
                                pardurables et communs, et condempnemnz en doit estre fez de tant
                                comme li demanderres i a de deperz. {35} Li prevoz dit&#160;: oste
                                ce que as fet ou mis en commune voie ou en commun chemin par quoi la
                                voie ou li chemins est enpoiriez. {36} Cist benissement
                                    use<note>use] <emph>usent</emph> dans le ms.</note> de cele
                                moisme cause de quoi cil devant, ‹il› vient de restitucion et li
                                autres est de deffense. {37} Par cest entredit est tenuz non pas cil
                                qui a fet aucunne chose en voie commune, mes cil qui li a. Et por
                                ce, se uns fist la chose et li autres l’a, cil qui l’a est tenuz par
                                cest entredit&#160;; et c'est droiz, car cil qui li a la puet oster.
                                {38} Nos dison que cil l’a qui en est en possession comment que il
                                soit, et s’il fist l’ovre, ou s’il l’aquist par cause d’achast ou de
                                loage, ou par lés ou par heritage ou par autre maniere. {39} Et por
                                ce quide Offilius que cil qui a guerpi la chose que il fist en la
                                voie commune par quoi li usages en est corrumpuz, n’est pas tenuz
                                par cest entredit, car il n’a pas ce que il fist. Mes voions se
                                aucion doit estre [142rB] donnee contre lui&#160;; et je croi que li
                                entrediz a leu contre por fere li oster ce que il fist en la voie
                                commune. ¶ {40} Se uns arbres chiet de ton champ en la voie commune
                                et si anconbre la voie, et tu le lesses autresi comme s’il ne fust
                                pas tiens, Labeo escrit que tu n’es pas tenuz par cest entredit.
                                Neporquant, se cil qui se pleint est apareilliez d’oster l’arbre à
                                ses despens, et tu li deffenz, il puet pledier à toi par l’entredit
                                de voie commune. Et se tu n’avoies pas guerpi l’arbre, tu es tenuz
                                par cest entredit. {41} Labeo escrit que se mis voisins enpoire la
                                voie commune par son vice, ja sé ce que l’ovre que il a fete soit
                                profitable à moi et à lui, neporquant s’il ne la fist fors por eise
                                de son champ, je ne puis pas estre trez en cause par cest
                                entredit&#160;; et se nos feimes fere l’ovre communement, nos i
                                somes tenu ambedui. ¶ {42} Cist entrediz a leu contre celui qui a
                                fet par tricherie que il ne porsiet pas l’ovre que il fist&#160;;
                                car cil qui porsiet et cil qui a fet par ticherie que il porsiet pas
                                sont d’une moisme condicion&#160;; et il me senble que la sentence
                                Labeo est veroie. ¶ {43} Li prevoz dit&#160;: «&#160;oste
                                la&#160;»&#160;; il apert que cil oste la chose qui ramoine le leu
                                en celui moisme estat, c’est à savoir en son encien estat, et ce est
                                fet quant aucuns oste à son despens. Car se cil qui l’en plede par
                                cest entredit fist l’ovre, ou uns autres la fist par son
                                commandemant ou la conferma quant ele fut fete, il la doit oster à
                                ses despens. Et s’il n’i ot nules de cex choses mes il porsiet la
                                chose, il ne convient fors que il sofre que ele soit ostee. {44}
                                L’en doit savoir que cist entrediz n’est pas temporés, car il
                                apartient au commun profit&#160;; li condempnemenz qui en est fez,
                                de tant comme cil qui se pleint eust de preu se l’ovre fust ostee. ¶
                                {45} Li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force ne soit fete
                                que il ne loise à aler par commune voie et par commun
                                chemin&#160;».</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: se juiges que li rivages en quoi li pueples de Rome
                                a commandemant sont au puple. {1} Li usages de la mer est communs à
                                toz homes, autresi comme cil de l’air, et li pilier que aucuns i
                                giete sont à celui qui les i giete&#160;; mes ce ne doit pas
                                ostroier se li usages de la rive de la mer en puet estre
                                enpiriez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: il leust bien par le droit as genz à edefier en la
                                rive de la mer, se li communs usages n’en fust enpechiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li ruisiaus d’eve est meuz par commun leu et il
                                nuit à un des voisins, li voisins avra aucion par la loi de .xii.
                                tables.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Juliens dit&#160;: cil qui plede par entredit que nule chose [142vA]
                                ne soit fete en leu commun par quoi domages li viegne, puet establir
                                procurator, ja sé ce que il plede de leu commun.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.8.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: autresi comme cil qui edefie en commun leu, à
                                qui nus ne le deffent, ne doit pas estre contrainz de depecier
                                l’ovre que la citez n’en soit enledie&#160;; autresi doit il oster
                                l’edefiement que il a fet contre le banissement au prevost,
                                autrement ne vaudroit il rien le commandemanz au prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head type="gp">XI. De user de commun leu <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 9, frag. 1&#160;: <hi rend="i"
                                    >de Loco publico fruendo</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.9.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160; se cil qui a
                                droiture d’aloer le commun baille à un autre à loage la droiture à
                                user en, je deffent que force n’en soit fete à celui qui la prant à
                                loage, ou à son compoignon que il n’en puisse user par la loi de
                                loage&#160;». {1} Il est aperte chose que cist entredit est proposez
                                par la cause dou commun profit&#160;; car il deffent les communes
                                    rentes<note>rentes] <emph>fermes</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>tuetur enim vectigalia publica</emph></note> quant il
                                deffent que force n’en soit fete à cex qui les prenent. {2} Et se
                                cil qui a pris<note>a pris] <hi rend="i">apres</hi> dans le ms.,
                                    confusion dans l’emploi des abréviations</note> le commun aloage
                                et ses compoinz vienent à pledier en par entredit, il est droiz que
                                cil qui le prist soit mis par devant son compoingnon. {3} Li prevoz
                                dit : «&#160;que il ne puisse user par la loi do loage&#160;», car
                                cil n’en doit pas estre oïz qui en vieust user sanz loi ou contre la
                                loi.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head type="gp">XII. De voie commune et que rien n’i soit fet<note>Rubrique du
                            Dig., liv. 43, tit. 10&#160;: <hi rend="i">de Via publica, et si quid in
                                ea factum esse dicatur.</hi></note>
                        <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., frag. 2 du titre précédent, et du titre
                                2&#160;: <hi rend="i">de Via publica et itinere publico
                                    reficiendo</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.9.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il seust estre ostroié que ymages et senblances qui
                                puent valoir à aornement soient mises en leu commun.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.11.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete à celui qui veust ovrir et fere commune voie et commun
                                chemin, par quoi la voie ou li chemins n’en soit pirés&#160;». ¶ {1}
                                «&#160;Ovrir voie&#160;» est ramener la à la lese et à la hautece
                                que ele ot ancienement&#160;; et «&#160;purgiers&#160;» est une
                                partie de refere la, car l’en apele proprement «&#160;purgier&#160;»
                                delivrer la si comme ele fu encienement et oster en ce qu’i i nuist.
                                Cil qui l’ovre donc et cil qui la porge la refet, et tuit cil qui la
                                remoinent en l’ancien estat. ¶ {2} Se aucuns enpire la voie por
                                coverture de refere la, force li puet estre fete quitement&#160;; et
                                por ce, la voie ne puet pas estre fete plus lee<note>plus lee]
                                        <emph>plus lee ne plus lee</emph> dans le ms.</note> ne plus
                                longue, ‹ne plus haute› ou plus basse par non de refere la, ne paver
                                la se ele ‹ne› fu pavee. ¶ {3} Cist entredit sera donz pardurablement
                                à toz et contre toz&#160;; et li condemnement est de tant comme cil
                                qui se pleint i a de domages.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.11.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>‹I›abolenus dit&#160;: la voie qui est commune à toz ne puet pas
                                estre perdue por ce se l’en lesse au seren.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.11.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns bote la voie commune au champ à son
                                voisin, aucion en sera donnee contre lui por tant comme cil i a de
                                domage sus qui champ la voie est botee. {1} Cil qui ere commune voie
                                est contrainz de remaner la en son estat.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head type="gp">XIII. Que nule [142vB] chose ne soit fete en commun flueve par
                        quoi l’eve corre autrement que ele corroit en l’esté d’avant <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 13&#160;: <hi rend="i">Ne quid
                                    in flumine publico fiat quo aliter aqua fluat atque uti priore
                                    œstate fluxit</hi>&#160;; et du tit. 14&#160;: <hi rend="i">Ut
                                    in flumine publico navigare liceat</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.13.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: je deffant que nule chose ne soit fete, ne que ne
                                nuise en commun flueve ne en sa rive par quoi l’eve core autrement
                                que en l’estat d’avant. ¶ Tot est dou flueve par la où il s’estent
                                ou tens que il est plus granz an l’an sanz issir de chenel. {1} Li
                                prevoz porvit par cest entredit que li fluves ne soient pas desrivé
                                qui ne sont pas ostroié, ou que li chenex ne soit muez en maniere
                                que il face à voisin aucun tort. ¶ {2} Il apartient donc as fluves
                                communs qui portent navie, ou qui n’en portent point. {3} Li prevoz
                                dit&#160;: «&#160;por quoi l’eve core autrement que ele ne fist en
                                l’esté devant&#160;». Tuit cil qui i sont donc, ou metent aucunne
                                chose, n’i sont pas tenu, mes cil qui fet que l’eve core autrement.
                                Ce qui dit que ele core autrement n’apartient pas à la quantité de
                                l’eve corant, ainz doit estre raporté à la meniere
                                        et<note>et]<emph>a</emph> dans le ms.</note> à la roideur do
                                cors. ¶ Et l’en doit dire generaument que aucuns est tenuz par cest
                                entredit se li cors de l’eve est muez par ce que il a fet, si comme
                                se l’eve est abessie ou estrecie par quoi ele est fete plus roide,
                                et fet domage as coitiveors qui sont environ. Et se li voisin ont
                                aucun domage par son fet, cist entrediz avra leu. {4} Se aucuns
                                veust movoir eve à descovert dou ruissel qui est coverz, ou par
                                covert de celui qui est descoverz, il est tenuz par cest entredit,
                                se li fez fet domage au coitiveors qui sont environ&#160;; {5} et
                                autresi s’il mue le chenel, il seré tenuz par cest entredit. {6}
                                Aucuns sont qui cuident que cist entrediz n’aist pas leu quant
                                aucunne chose est fete por garnir la rive&#160;; si que se aucuns
                                fet chose par quoi l’eve core autrement, s’il le fet por garnir la
                                rive, cest entredit n’ait pas leu. Mes aucuns sont à qui ce ne plet
                                pas, quar les rives ne doivent pas estre garnies o le domage as
                                coitiveors. Neporquant, nos usons de ce droit que li juiges doit
                                juigier se il doit doner ceste excepcion&#160;; car profiz amoneste
                                aucunne foiz que ele soit donnee s’il a aucun profit en ce que
                                aucuns a fet ou commun flueve. Quar se li flueves li fet grant
                                domage et li gaste ses chans, et il amoncele la terre ou fet aucunne
                                autre garnison por garentir ses chans, et cele chose mue le cors de
                                l’eve por quoi ne li donroit l’en consoil, je soit ce que plusors
                                ont deu tot torné les flueves et mué les chenex de ses chans, il
                                convient donc que l’en regart au profit à cex qui ce font sanz le
                                domage as coitiveors [143rA]. ¶ {8} Cist est tenuz par cest entredit
                                qui fet eve core autrement que ele ne corut en l’estat devant. Il
                                dient que por ce prist li prevoz l’estre devant, car l’en voit plus
                                certeinement le naturel cors de l’eve en esté que en iver&#160;; et
                                si parla de l’esté devant<note>devant] <emph>devant tu le la
                                        res</emph> dans le ms., confusion du scribe par rapport à la
                                    partie qui suit</note>, et ne mie de celui d’aprés, car l’en est
                                plus certein dou tens qui est passez que de celui est à venir. {9}
                                Cest entrediz apartient à chescun, mes il n’apartient pas contre
                                toz, mes contre celui qui fist que l’eve corust autrement que ele ne
                                devoit et n’avoit pas droiture de fere la. ¶ {10} Cist entrediz
                                apartient contre les hoirs. ¶ {11} Li prevoz dit aprés&#160;:
                                «&#160;se tu as aucunne chose fete ou mise en commun flueve ou an sa
                                rive, se l’eve cort par ce autrement que ele ne corut en l’esté
                                devant, tu les restablisses&#160;». {12} Cist entrediz est de
                                restitucion et cil devant est de defense et apartient as choses qui
                                ne sont encore pas fetes. Se aucunne chose a esté fete, ele sera
                                restablie par cest entredit&#160;; mes se l’en veust proier que
                                aucunne chose ne soit fete, il convindra user de l’entredit devant.
                                Et se aucunne chose est fete puis que li entrediz devant sera
                                renduz, ele sera depecie par cest entredit de restitucion. {13} En
                                cest entredit vient, si comme Labeo dit, ce que aucuns a lessié par
                                tricherie à porsoer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.14.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete que chescun ne puisse mener parmi le flueve sa nef,
                                grant ou petite, et charger la, ou deschergier en la rive. Et je
                                commanderoi que il loise à nagier par lac et fossé et par estanc
                                commun&#160;». ¶ {1} Il est porveu par ce bannissement que l’en ne
                                deffende pas à nagier par commun flueve&#160;; autresi comme uns
                                entrediz est proposez devant que l’en ne deffende à nul à user de
                                voie commune. {2} Mes se li estans ou li lac est privez, li entrediz
                                cesse. {3} L’en apele lac où il a toz jorz eve, {4} et estanc où il
                                en a aucunne foiz et aucunne foiz n’en i a point, et l’eve s’i
                                assenble en iver&#160;; {5} fossé est aperz recetemenz d’eve&#160;;
                                {6} et ces choses puent bien estre communes. ¶ {7} Se l’en deffant à
                                celui qui a aloé lac ou estanc que il n’i peeche, Sabins et Labeo
                                dient que cist entrediz li vaut. Se il a donc aloé d’aucunne
                                commune, il est droiz que il ait cest entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <front>
                    <head type="gp">XIV. Que il loisse à ovrer en commun flueve <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 15&#160;: <hi rend="i">de Ripa
                                    munienda</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.15.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete à aucun que il ne li loie à fere ouvre en commun flueve
                                ou en sa rive por garentir son champ qui est lez la rive, por quoi
                                la voie as nés ne soit enpoirie se il done caucion au juigement de
                                bons homes que domages n’en vendra pas dedanz .x. anz, ou il [143rB]
                                ne remoint pas en lui que il ne le donne&#160;». ¶ {1} Il est
                                profitable chose que les rives des fleuves soient refetes et
                                garnies&#160;; autresi, comme uns entrediz en est donc proposez de
                                garnir ‹…› rive de flueve. {2} Il dit donc «&#160;por que la voie à
                                nés ne soit enpoirie&#160;»&#160;; l’en doit soffrir itel refesement
                                qui n’enpeeche pas la voie as nés. {3} Cil qui vieust garnir la rive
                                par devers lui doit doner caucion que domages ne vindra par ce ou
                                plege selonc la qualité de la persone. Il est contenu en cest
                                entredit que caucion soit donee en cest juigement des bons homes que
                                domages n’en vendra pas dedanz .x. anz. {4} Ceste caucion sera donee
                                as voisins et à cex qui ont lor possessions desus le flueve. ¶ {5}
                                Car il convint prendre garde que caucion lor fust donee ainz que
                                l’ovre fust fete&#160;; car puis que l’ovre fust fete, l’en ne puet
                                pas recevoir le domage par cest entredit, ainz en convenist pledier
                                par la loi qui fet restorer les domages. ¶ {6} L’en doit savoir que
                                li prevoz n’establist ci nule chose de garnir rive de lac ou
                                d’estanc ou de fossé, mes l’en i doit garder ce moisme qui est
                                establi en la rive dou flueve.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <front>
                    <head type="gp">XV. De force et de force armee <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 16&#160;: <hi rend="i">de Vi et
                                    de vi armata</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;se tu ou ta mesnie
                                avez mis aucun hors par force, j’en donroi dedanz l’an juigement
                                comme il i ot quant il fu mis hors&#160;». ¶ {1} Cist entrediz est
                                proposez à celui qui est mis hors à force&#160;; et por ce est cist
                                bennissement proporsez à recovrer la possession. {2} Et que rien ne
                                soit perdu par force, l’en porvoit par les lois des communs
                                juigemenz et des privez et par les establissemenz as princes. ¶ {3}
                                Cist entrediz n’apartient pas à tote force, mes à cex tant solement
                                qui sont mis hors de possession par force&#160;; il apartient à
                                cruel force tant solement et à cex tant solement qui sont mis hors
                                de terre, si comme d’un champ et d’une meson. Et se aucuns est mis
                                hors d’une place, cist entrediz li apartient. {4} A toz cex qui sont
                                mis hors des choses qui tienent à terre&#160;; de que‹l› leus que ce
                                soit de quoi aucuns est mis hors por force, cist entrediz i a leu.
                                {5} Et por ce, se la meson de quoi aucuns est mis hors par force
                                estoit tote sus terre, cist entrediz i a leu. ¶ {6} Il est certeine
                                chose que cist entrediz n’apartient pas as choses movables&#160;;
                                car aucion de larrecin ou des biens raviz par force li puet valoir.
                                Mes s’il avoit aucunne chose au champ ou en la meson de quoi aucuns
                                fu mis hors par force, l’en ne doit pas doter que cist entrediz
                                n’aist leu por cez choses. ¶ {7} Se aucuns est getez hors de [143vA]
                                une nef par force, cist bannissemenz n’i a pas leu. Autresi est de
                                celui qui est mis hors par force d’une cherrete, que nus ne dit que
                                il puisse user de cest entredit. {8} Mes se aucuns est par force mis
                                hors des mesons de fust, nus ne dote que cist entredit ne ait
                                leu&#160;; car ce est chose qui tient à terre. ¶ {9} Cil qui porsiet
                                est mis hors comment que il porsie, ou citement ou naturement&#160;;
                                car possession naturel, et ce que aucuns porsiet comme la soie
                                chose, apartient à cest antredit. {10} Et se li mariz dona une chose
                                à sa feme et ele en est mise hors par force, ele porra user de cest
                                entredit.¶ {11} Li prevoz dit&#160;: «&#160;se tu ou ta
                                mesnie&#160;»&#160;; i fist par droite mencion de la mesnie, car por
                                ce que il n’apert pas que je face ce que ma mesnie fet, il convient
                                fere mencion de la mesnie. ¶ {12} Il apert que cil meste hors qui
                                commande que autres i meste&#160;; quar il a pou de difference se
                                aucuns mest hors à ses meins ou par autre persone. Et por ce, se ma
                                mesnie mest aucun hors par ma volenté, il apert que je le meste
                                hors. ¶ {13} Totes les foiz que uns verois procurators mest aucun
                                hors par force, cil qui est mis hors puet pledier o le quel que il
                                vieust, ou o le procurator ou o son seignor, si comme Sabins dit. Et
                                s’il plede à l’un, li autre est delivres, se cil à qui il plede poie
                                la valor dou plet&#160;; car cil ne se puet acuser qui par force met
                                hors aucun par le commandemant d’aucun, plus que cil qui ocist un
                                home par commandemant d’aucun. Mes s’il est faus procureres, cil qui
                                il met hors par force ne puet user de cest entredit fors contre
                                lui&#160;; et la sentence Sabin est veroie. {14} Et se aucuns autres
                                mest aucun hors par force, et je estable ce qui est fet, aucun
                                quident que je l’aie mis hors selonc Sabin et Cassi, qui dient que
                                cil qui a la chose estable est pers à celui qui la commande, et que
                                je sui tenuz par cest entredit. Et ce est voirs, quar l’en dit par
                                droit en mafet que tex otroiz est acompoigniez à commandemant. ¶
                                {15} Ce que li prevoz dit&#160;: «&#160;durt ou ta mesnie&#160;» est
                                escrit par droit ou quas en quoi la mesnie mest aucun hors par
                                force&#160;; mes se li sires le commanda, il le fist&#160;; et s’il
                                ne le commanda pas, il n’en doit pas estre grevez, mes cil qui le
                                firent sanz son commandemant. Mes se aucunne chose en vient à lui,
                                il la doit rendre&#160;; et se rien i vint, il sera quites par
                                abandoner les sers à estre acusez de lor mesfet, et c’est toz li
                                domages que il doit avoir por ce que li sers puet en ce enpoirier la
                                condicion son seignor. {16} Li sers [143vB] est par droit contenuz
                                ou non de mesnie. {17} Mes l’en demande quel nombre de sers cil nons
                                contient, ou de .ii. ou de .iii. ou de plusors. Et il est verité
                                que se uns seus sers a mis aucun hors par force, il apert que la
                                mesnie l’a mis hors. ¶ {18} L’en doit dire que cil qui fet en leu de
                                serf sont tenu en leu de mesnie. ¶ {19} Se aucuns nie que il n’est
                                pas sers, li sires doit estre contrainz de deffendre sa mesnie ou de
                                recevoir ceste aucion que il rende ce qui en est venuz à lui. ¶ {20}
                                Se li fiz qui est au bail, ou servianz qui est loez, met aucuns hors
                                par force, il apartient à cest entredit. {21} Se je voil user de
                                cest entredit contre celui qui plede por estre frans, et il est
                                juigiez à franc, et il apert que li sers m’oient mis hors par force
                                sanz son seu, je seré restabliz en la possession. ¶ {22} Il apert
                                que li sires tiegne ce que ses sers, ou ses coitiveres, ou ses
                                procureors tient&#160;; et por ce, se il sont mis hors, ja sé ce que
                                il ne sache pas que il soient mis hors, se cil por quoi je porsoie
                                est par force mis hors de la possession, il n’est mie dote que cist
                                entredit ne m’apartiegne. ¶ {23} Cist entrediz apartient à nului
                                fors à celui qui porsiet quant il fu mis hors&#160;; ne il n’apert
                                pas que autres soit mis hors que cil qui porsiet. {24} Se cil qui
                                est mis hors porsiet donc ou par cors ou par corage, il apert que il
                                est mis hors par force. Et por ce, se aucuns estoit issuz hors de sa
                                meson ou de son champ, et il n’i avoit lessié nus de ses sers ne nul
                                home de par lui, et aprés quant il revint l’en li deffendi que il
                                n’entrast dedanz ou aucuns le detint en la voie, il seuble que il
                                soit mis hors par force&#160;; car la possession li est tolue que il
                                tenoit en son corage, ja sé ce que il ne l’en tenoit pas par cors.
                                {26} Se aucuns ne<note>ne] <emph>me</emph> dans le ms.</note>
                                porsiet ne par cors ne par corage, et il veust entrer ou le
                                commoincer à porsoer le, se l’en li deffant, il n’apert pas que il
                                en soit mis hors&#160;; car cilz est mis hors qui pert la possession
                                et ne mie cil qui ne la reçoit pas. ¶ {27} Cassius dit&#160;: que il
                                loit à deffendre soi de force par force, et cist droiz vient de
                                nature. ¶ Il apert donc par force que il lise à deffendre soi
                                d’armes par armes. ¶ {28} L’en dit que cil porsiet par force qui a
                                mis hors l’encien porseor et tient la possession que il a conquise
                                par force, ou qui vient apereilliez par deffendre que aide ne soit
                                fete à celui qui est mis hors de sa possession. ¶ Se aucuns retient
                                par force sa possession, Labeo dit que il n’apert pas que il porsiee
                                par force. ¶ {29} Cil moismes Labeo dit que cil qui por peor de la
                                grant torbe [144rA] de gent qui venoit est issuz de sa possession
                                est mis hors par force. Mes Pomponius dit que force n’est pas fete
                                sanz aucun cors&#160;; et je croi que cil qui est chaciez par genz
                                qui sont venuz et ont porpris sa possession est mis hors par force.
                                ¶ {30-31} Se cil qui porsiet par force ma chose est mis hors par
                                force par un autre, il a cest entredit par quoi il doit recovrer tot
                                le domage que il a en ce que il en a esté mis hors, quar la premiere
                                cause li doit estre rendue que il eust s’il ne fust mis hors par
                                force. ¶ {32} Se li chans de quoi je sui mis hors par force m’est
                                renduz et les choses qui autresi me furent tolues par force ne me
                                sont pas rendues, l’en doit dire que por ce ne remoint pas que je ne
                                puisse user de cest entredit&#160;; car il est verité que je fui mis
                                hors par force. ¶ Se aucuns vieust pledier par cest entredit de la
                                possession de la terre, et il veust pledier des moebles par aucion
                                de fere chose venir avant, i le puet fere&#160;; et issi le dit
                                Juliens. {33} Il moismes escrit que se aucuns veust pledier par
                                aucion des biens raviz par force, il le puet fere. Ce que li prevoz
                                dit «&#160;et les choses que il ot&#160;», doit estre issi entendu
                                que totes choses i soient contenues, et non pas tant solement celes
                                qui sont soes propres, mes celes qui li ont esté baillies et celes
                                de quoi il a l’usaire ou la garde&#160;; car quant li prevoz dit que
                                il ot, totes menieres d’avoir<note>d’avoir] <emph>de voir</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>cum enim dicat praetor "habuit",
                                        omnia haec habendi verbo continentur</emph></note> sont
                                contenues par ceste parole. {34} Li prevoz i ajoint par droit ce que
                                il ot lors, car par ce entendons nos ce que il ot quant il fu mis
                                hors. Et por ce, se aucunnes des choses que il ot lors sont peries,
                                si vienent eles en cest entredit. Et issi avient il que se li serf
                                ou les betes muerent aprés ce que il a esté mis hors par force, eles
                                puent estre demandees par cest entredit. Juliens escrit aprés que
                                quant aucuns est mis hors par force de la possession ou il a sers et
                                li serf muerent sanz les corpes à celui qui les mist hors, si
                                convient il que il les rende par cest entredit&#160;; autresi comme
                                cil qui a enblé un serf est tenuz à rendre en le pris aprés ce que
                                il est morz. {35} Et de ce s’ensit il que il est contrainz de rendre
                                le pris des mesons qui sont arses. ¶ {36} Li prevoz vieust que cil
                                qui a mis par force aucun hors de sa possession et a fet par sa
                                tricherie que il ne le porsiet pas, est tenuz par cest entredit. ¶
                                {38} Comment entendons nos ce que li prevoz dit «&#160;ce que il ot
                                illoc&#160;», ou en leu don il fu mis hors par force ou en tote sa
                                possession&#160;? Il est [144rB] mieuz que la possession soit
                                raportee en leu don il fu mis hors&#160;; et sanz dote cist entrediz
                                vaut à tote la possession que il perdi quant il fu mis hors. ¶ {40}
                                L’en contera les fruiz despuis que aucuns fu mis hors de sa
                                possession, ja sé ce que l’en ne les conte es autres entrediz, fors
                                depuis que l’en en commoinça à pledier. Autresi est il des choses
                                movables qui estoient illoc&#160;; car li fruit en doivent estre
                                conté depuis que cil fu mis hors de la possession. ¶ {41} L’en rent
                                par cest entredit non pas tant solement les fruiz mes les autres
                                profiz&#160;; car Vivians reconte que totes les choses que cil qui
                                est mis hors par force de sa possession puet avoir s’il n’en fu mis
                                hors, li doivent estre rendues par cest entredit. ¶ {42} Cil qui ne
                                porsiet pas ce que il a tolu à force, est contrainz de rendre le par
                                l’entredit de force. ¶ {43} L’en demande, se cist entredit, qui a en
                                celui cruelté de fet, à celui qui apartient, à celui qui a esté
                                franchiz contre son patron, ou as enfanz contre lor peres. Et
                                il est verité que il ne puet pas estre donez contre tex
                                persones&#160;; et il est mieuz que aucion por le fet apartiegne
                                contre eus. Mes il est autrement se li patrons usa de force armee
                                contre celui que il avoit franchi, ou li peres contre ses enfanz,
                                quar en ce quas li entrediz a leu. {44} Cist entrediz apartient à
                                toz les hoirs. {45} Li argumenz que l’en trove es livres Juliens dit
                                que cist entrediz n’apartient pas as autres que à celui qui ne
                                porsiet pas. ¶ Se aucuns me met par force hors de ma possession et
                                il n’en mest pas ma mesnie hors, je ne puis pas pledier par cest
                                entredit&#160;; car je retien la possession par cex qui ne sont pas
                                mis hors, je ne puis pas pledier par cest entredit. {46} Ce moismes
                                dit Vivians&#160;: se cil qui fist la force mist les uns des sers
                                hors et retint les autres et les lia, neporquant l’en entent par
                                droit que il est mis hors desque autres a commoincié à porsoer les
                                sers, ce que a esté dit en une partie des sers doit estre en toz.
                                {47} Et que dirons nos, se nus n’en est mis hors mes cil qui est
                                entrez en possession les porsiet toz et se fet servir à ex et a
                                lié le seignor moismes. Je croi que qui est liez en la
                                possession est autresi comme cil qui en est mis hors par force. {48}
                                Aucion apartient par cause de cest entredit contre toz les hoirs por
                                tant comme il en est venuz à eus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: ou il ont fet par tricherie que il n’i est
                                venuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: autresi est il se aucuns [144vA] est mis hors o
                                armes, car aucion est donnee por les mesfez au mort por tant comme
                                il en est venu as hoirs&#160;; car il ne convient pas que li heirs
                                ait domage ou mesfet à son encessor, ainz est assez que il n’i ait
                                point de gaing. {1} Ceste aucion qui apartient contre les hoirs
                                apartient pardurablement, car ele contient chalongement de chose o
                                armes. ¶ {2} Armes sont totes menieres de darz, non pas tant
                                solement espees et glaives mes batons et pierres. {3} Et por ce se
                                li uns prent .i. gleve, mes batons et pierres, il apert que cil qui
                                estoit en la possession en soit mis hors o armes. {4} Et encor dit
                                l’en plus que, s’il vindrent tuit desarmé, et il pristrent en la
                                possession batons et pierres, la force est armee. {5} Et s’il
                                vindrent armé, mes il n’userent pas des armes, encore est ce force
                                armee&#160;; quar ce est assez que cil qui fu mis hors ot poer des
                                armes. ¶ {6} Se aucuns ot poer d’omes armz qui aloient aillors et il
                                s’en foï, il n’apert pas que il soit mis hors par force&#160;; car
                                cil qui estoient armé n’avoient pas ce en corage, ainz aloient
                                aillors. {7} ‹…› Et por ce, l’en ne doit pas dire que il soit mis
                                hors par force s’il ne midrent hoirs premerement de sa possession. ¶
                                {8} Se li sires venoit en sa possession et cil qui estoient dedanz
                                li deffendirent o armes que il n’i entrast, il senble que il en soit
                                mis hors o armes. ¶ {9} Nos nos poons deffendre o armes de celui qui
                                vient sus nos o armes mes que ce soit mointenant et sanz
                                entente&#160;; et nos devons savoir que il ne nos est pas ostroié
                                tant solement à deffendre nos que nos ne soient mis hors, mes à
                                mestre hors cex qui nos ont mis par force, par quoi nos le façons
                                mointenant et sanz atandre. ¶ {10} Quant uns procurators vient o
                                armes por metre aucun hors de sa possession, il senble que ses sires
                                le meste hors o armes se il le commanda ou s’il ot estable. {11} Mes
                                se ma mesnie i vient o armes, il n’apert pas que je i viegne o
                                armes, mes ma mesnie, se je ne le commandoi ou oi estable. ¶ {12}
                                Cist entredit apartient à celui qui fist par tricherie que aucuns
                                fust mis hors de sa possession o armes&#160;; et l’en pledera aprés
                                l’an por tant comme il en est venu à celui qui le fist mestre hors.
                                ¶ {13} Il apert que li entrediz de force est necesseres à celui qui
                                a l’usaire d’une chose se l’en li deffant user<note>user] <emph>en
                                        sor</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Si prohibeatur uti
                                        frui usu fructu fundi</emph></note> an. {14} Il senble que
                                cil li deffant user<note>user] <emph>en sor</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>Uti frui autem prohibuisse is videtur</emph></note>
                                an, qui l’en a mis hors par force, ou il ne pot [144vB] soffrir que
                                il entrast ou champ quant il en fu issuz ne mie par corage de
                                laissier l’usaire&#160;; mes se aucuns deffendi au commoincement que
                                cil n’entrast pas en la possesion par commoincier à user de
                                l’usaire, cist entrediz n’a pas leu, mes il doit chalongier son
                                usoire. {15} Cist entrediz apartient à celui qui l’en deffent que il
                                n’use d’un champ et à celui que il est deffendu à user
                                d’edeffiement&#160;; mes il n’apartient pas as choses movables se
                                eles ne tienent à terre. ¶ {16} Por quel cause que useres ou usages
                                soit establiz cist entrediz a leu. ¶ {17} Cil qui est en possession
                                par quelque maniere par non d’usaire, usera de cest entredit. Mes
                                s’il muert aprés ce que il li a esté deffendu à user d’usaire, l’en
                                dira par droit que cist entredit apartient à ses hoirs, non pas por
                                establir l’usaire au tens que est avenir, mes por avoir les deparz
                                dou tens passé. {18} Et aucion en puet estre meüe contre l’oir, por
                                tant comme il en vint à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se aucuns m’a par force mis hors de ma
                                possession ou non à une université, Ponponius dit que cist entrediz
                                m’apartient ou non à l’université se aucunne chose en est venue à
                                lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se l’en te baille la possession de mes choses,
                                Pomponius dit que cist entrediz cesse&#160;; car cil n’est pas mis
                                hors par force qui est contrainz par force de mestre un autre en
                                possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: son departemenz est fez par l’entredit de force
                                tant comme aucuns eust de preu s’il porsoist. Et de ce droit dit
                                Pomponius que nos usons&#160;; et ce vaut aucunne foiz plus que la
                                chose et aucunne foiz moins, quar aucunne foiz avient que se cil qui
                                demande porsit un serf, il i eust plus de preu que li sers ne vaut
                                ou par fere enqueste par lui ou par aquierre heritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se tu m’as par force mis hors de ma chose, ja
                                sé ce que uns autres ait commoincié à porsoer la, neporquant je ne
                                puis pas user de cest entredit contre autre que contre toi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: uns hons disoit que chose est porsise par
                                force totes les foiz que cil qui la porsiet en est mis hors par
                                force, ja sé ce que il n’en soit pas sires.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se plusors sont hoir à celui qui par force
                                mist hors aucun de sa possession, chescun ne sera tenuz fors en tant
                                comme il en vint à lui&#160;; et por ce avandra il aucunne foiz que
                                cil à qui tot est venu sera tenuz à tot, ja sé ce que il n’en soit
                                hoirs [145rA] que d’une partie de l’eritage. ¶ {1} Li prevoz doit
                                restablir en cele moisme cause celui qui est par force mis hors de
                                son usaire, ce est ou point où il fust s’il n’en fust mis
                                hors&#160;; si que ce li usaires est finez par tens puis que il fu
                                mis hors&#160;; por ce ne remoint pas que cil que l’en mist hors ne
                                doie estre contrainz de restablir le.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se uns hom a par force mis hors d’une possession
                                celui qui en avoit l’usaire, o celui qui en avoit la proprieté, et
                                li sires de la proprieté plede à lui par cest entredit et il
                                recouvre sa proprieté, il en retendra<note>retendra]
                                        <emph>rentendra</emph> dans le ms., tilde d’abréviation mal
                                    placée, cf. lat. <emph>retinere debeat reversum ad se usum
                                        fructum</emph></note> l’usaire. Et ce que cist a perdu, qui
                                avoit l’usaire, sera sus celui par qui fet il le perdi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: cil fet force qui ne soffre pas que cil qui
                                porsiet porsie à sa volenté, si comme s’il seme en ce que il porsiet
                                ou il ere, ou il edefie, ou il i fet aucunne autres chose qui
                                enpeeche la possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: quant uns hom ot vendu son champ et commandé que
                                li acheterres le porseist, li coutiveres qui tenoit à loage ne
                                soffri pas que li acheterres i antrast. Aprés avint que li
                                coitiverres en fu mis hors par force, l’en demandoit li quex a
                                l’entredit de force. Et je dist que il n’a nule difference se
                                li coitiverres deffendi au seignor dou champ que il n’i entrast, ou
                                à celui qui l’avoit acheté. Li entrediz de force apartendra donc au
                                coitiveor contre celui qui le mist hors&#160;; et il sera tenuz par
                                cel moismes entredit au seignor dou champ quar il senble que il le
                                mist hors quant il ne<note>ne] <emph>ne le</emph> dans le ms.</note>
                                bailla à l’acheteor la possession, s’il ne le fist par droite
                                cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: entrediz de force ne autres n’é tant bone
                                renomee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se tu fus mis hors d’un champ à force armee et
                                la possession t’en est rendue, ja sé ce que tu le porsoes par force
                                ou en repost, ou à loage, tu avras arrieres les moebles que tu
                                avoies.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se li fiz qui estoit en bail a mis aucun hors de
                                sa possession par force, l’en doit dire que ses peres est tenuz par
                                tant comme il en vint à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se l’en toloit à aucun sa possession par force, et
                                il la gaigna arrieres par cel asaut moismes, l’en entant mieuz que
                                il est remés en son encien estat que l’en ne fet que il porsie à
                                force. Et por ce, se je te met hors par force, et tu moi, et je toi
                                arrieres, li entrediz de force t’apartendra.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinians dit&#160;: cil qui t’avoit baillié un champ à loage le
                                vendi aprés et commanda qu'il entrast en vuide possesion&#160;; mes
                                li coitiverres le fist forcie que il n’i entrast, et li acheterres
                                en mist hors le coitiveor par force&#160;; l’en [145rB]
                                    demanda<note>demanda] <emph>commanda</emph> dans le ms.,
                                    probablement une distraction du scribe entrainée par
                                    l’abréviation (<emph>com</emph>-) et le changement de
                                    colonne</note> li quel devent user des entrediz. ¶ Il nos plest
                                que li coitiverres fust tenuz par cest entredit à celui qui avoit le
                                champ&#160;; quar il n’a point de difference s’il deffendi à lui, ou
                                celui que il a i anvoia que il n’i entrast&#160;; mes il n’apert pas
                                que il en ait perdi la possession devant que ele fust livree à
                                l’acheteor. Et por ce, li acheterres qui fist force au coitiveor est
                                tenuz à lui par ceste entredit&#160;; car il ne devoit pas porsoer
                                le champ par force. Et l’en demande se l’en doit secorre à
                                l’acheteor s’il a mis le coitiveor hors par force. Et je dis
                                que nenil, car il reçut commandemant que il ne li soit pas à
                                fere&#160;; ne il ne devoit pas tenir le champ à celui o qui il poet
                                pledier par l’entredit de force.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Triphonius dit&#160;: Julians rendit par force que se tu mez par
                                force hors de mon champ en quoi j’é choses movables, tu me doiz
                                rendre par l’entredit de force, non pas tant solement les choses qui
                                tienent à terre mes les mobles, ja sé ce que je demore à pledier à
                                toi par cest entredit tant que les betes ou li serf sont mort, ou
                                que les autres choses sont peries par aucun quas. Mes por ce ne
                                remoint pas que tu ne soies tenuz à rendre les moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.16.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: se tes coitiverres est mis hors de ta possession par
                                force tu en puez pledier par l’entredit de force. Autresi est il se
                                tes hostes est mis hors de ta meson par force. Et Paulus dit que ce
                                moismes puet l’en dire de coitiveor au coitiveor, et de l’oste à
                                l’oste.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <pb n="267"/>
                <front>
                    <head type="gp">XVI. De voie et de charriere privee <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 19&#160;: <hi rend="i">de
                                    Itinere actuque privato</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne te soit fete que tu n’uses de la voie ou de la cherriere commune
                                de quoi l’en plede et de quoi tu as usé sanz prendre le d’autre, ne
                                par force, ne en repost, ne par prest&#160;». ¶ {1} Cist entrediz
                                est de deffense et apartient à garentir les servises des chans tant
                                solement. {2} Li prevoz ne quiert pas en cest entredit se li
                                servises fut establiz par droit ou non, mes sanz plus se l’en a usé
                                en cel an, ne par force, ne en repost, ne par prest. Et il garentist
                                celui qui en usa, ja sé ce que il n’en usa pas ou tens que li
                                entrediz furent duz. S’il ont donc droit en la voie, ou il n’en i ont
                                point, il est en tel condicion que il apartient à la garentie au
                                prevost, se il n’en a usé en l’an au moins par .xxx. jorz. Ne li
                                usages n’est pas raportez au tens presant&#160;; car nos n’usons pas
                                toz jorz des voies, mes quant mestiers nos en est&#160;; et por ce
                                que il fist mencion d’un an. {3} Nos devon si conter que li anz
                                faille au jor que li entrediz est venuz. ¶ {4} Se aucuns plede par
                                cest entredit, il i sofist que il prove [145vA] que il a usé de la
                                voie, ou à pié ou à cheval. {5} Et Julians dit que c’est assez
                                desque il i est entrez&#160;; et ce est voirs. {6} Julians dit que
                                cil qui a fet voie par le champ son voisin par eschever un ruisel,
                                ou par ce que la commune voie est mauvese, ja sé ce que il i ait alé
                                sovant, neporquant il n’i a pas usaire&#160;; et por ce n’i a pas
                                cist entrediz leu. Et autresi doit l’en dire se la voie qui estoit
                                mauvese ne fu pas commune mes privee. ¶ {7} Se li coitiverres ou li
                                ostes à aucun a fet voie à aler à son champ, il senble que il en a
                                usé, et por ce avra il cest entredit. Et issi escrit Pedius, et si
                                dit encore que se il ne savoit pas que li chans estoit par quoi il
                                aloit, si retient il servise. ¶ {8} Se aucuns a lessié par pluie à
                                user en cest an d’une voie que il avoit, et il en usa l’an devant,
                                il puet user de cest entredit par estrange restitucion. {9} Et
                                autresi dit Marciaus que s’il a lessié par force à user en, il doit
                                avoir enterine restitucion. Et en toz les quas en quoi il doit avoir
                                enterine restitucion, li doit l’en ostroier que il use de cest
                                entredit. ¶ {11} Se je te preste mon champ, à qui voie estoit deue
                                par le champ mon voisin, et tu pries mon voisin que il te lest aler
                                à ton champ à celui que je te preste, l’e‹n› demande se excepcion de
                                ce que tu li as prié te doit nuire se tu ves user contre lui de
                                l’entredit de voie privee et s’il est droiz que ele te nuise.
                                Et ce puet estre conquilli par ce que Juliens escrit en tel quas.
                                Quar l’en demande, se je te prest mon champ à qui une voie est deue
                                parmi un autre champ, et tu prises le seignor de ce champ que il te
                                lest aler par cele voie, savoir mon se li entrediz me vaut. Et
                                je croi que oïl, car cex enpruz ne me puent pas obligier&#160;; ne
                                l’en n’entant pas que je porsie par enprunst. Et totes les foiz que
                                mes coitiverres ou cil à qui je baillai mon champ use de la voie,
                                l’en entant que je i aille&#160;; et por ce, di je par droit que je
                                en use. Et ceste reson fet que se je ai la voie par prest, ja sé ce
                                que tu i ailles par pensee que ele soit deue à ton champ, li
                                entrediz ne me vaut rien, car je use de la voie par enprunt. Et
                                c’est droiz que l’en ne regarde pas l’entencion toue mes à la
                                moie&#160;; neporquant, je croi que tu porras user de l’entredit, ja
                                sé ce que Juliens n’en dit rien de ce. ¶ {12} Se aucuns n’a pas usé
                                de sa voie en l’an devant, mes autres en a usé en son non, mes ce a
                                esté en repost ou par enprunt, il convient voir se celi nuist&#160;;
                                et il est mieuz que ce ne li nuise pas, [145vB] en tant comme il
                                apartient a l’entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quar ce qui est passé par droit ne puet pas estre
                                corrumpu par mesfet qui sorviegne.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: por ce escrit Labeo que se tu as par droit une
                                voie par mon champ et tu en uses, et je vant le champ, et cil qui
                                l’achete te deffent que n’en uses, ja sé ce que il senble que tu en
                                uses puis en repost (por ce que cil qui use sus deffens use en
                                repost), neporquant cist entrediz t’apartient&#160;; car tu en uses
                                en l’an, et ne mie por force, ne en repost, ne par enprunt. {1} Et
                                l’en doit sovent savoir que cil seus n’use pas en repost qui use sus
                                deffans, mes cil qui par un autre retenoit la droiture d’user se cil
                                par qui il la retenoit use sus deffans. Neporquant, se je ne soi pas
                                que il fust deffendu à celui par qui je usoie de la chose que il
                                n’en usast, et je me tiegn en l’usage, ce ne me nuist rien. ¶ {2} Se
                                aucuns a usé de la chose que mis procurators tenoist par force ou en
                                repost, ou par enprunt, je le puis par droit deffendre que il n’en
                                use&#160;; et li entrediz ne li en vaut rien, car il porsiet de moi
                                comme de mon procurator. Et Pedius dit que se je ai tenu par force
                                ou en repost ou par enprunt de celui en qui leu je sui venuz ou par
                                li heritage ou par autre droiture, l’en doit dire ce moismes&#160;;
                                quar desque je sui venuz en son leu, il n’est pas droiz que ce nuise
                                contre moi, qui ne nuist pas contre lui. ¶ {3} L’en prise par cest
                                entredit tant comme cil qui se plaint eust de preu se l’en ne
                                deffendist pas au ser de la voie ou de la cherriere. ¶ {4} Il senble
                                que nos usons de servises par noz sers et par noz coitiveors, et par
                                noz amis et par noz hostes, et presque par toz cex qui nos retienent
                                servises, et neïs par celi qui à l’usaire de nostre chose&#160;;
                                Julians dit que cist entrediz n’apartient pas au seignor de la chose
                                par celui qui en a l’usaire. {5} Et si dit Julians que se j’é
                                l’usaire do champ et tu en as la proprieté, et nos devons aler
                                embedui par le champ à nostre voisin, et il nos est deffendu ou par
                                lui ou par autre, nos poons ambedui user de cest entredit. ¶ {6}
                                Cist entrediz apartient celui qui a receu par cause de don la nue
                                possession d’un champ. ¶ {7} Se aucuns achete un champ par mon
                                commandemant, il est droiz que cist entrediz me soit donez, autresi
                                comme cil en usa qui acheta le champ par mon commandemant. ¶ {8} Cil
                                qui achete usaire, ou cil à qui il est lessiez et [146rA] livrez,
                                puet user de cest entredit. {9} Et cil à qui uns est bailliez par
                                cause de doere porra user de cest entredit. {10} Et l’en puet dire
                                generaument que cist entrediz a leu par totes les causes qui ont
                                senblance de vente ou d’autre marchié. ¶ {11} Li prevoz dit&#160;:
                                «&#160;je deffant que force ne te soit fete que tu ne faces, si
                                comme droiz sera, la voie ou la cherriere dont tu as usé cel an, ne
                                mie par force, en repost, ne en amprunt. Qui vodra user de cest
                                entredit si doint à son aversaire caucion que domages ne sera pas
                                fez de par lui. {12} Et il est ses preuz que il propose cest
                                entredit&#160;; quar il convient que cil qui use de la voie meste
                                avant cest entredit, que il li lise à refere la voie&#160;; quar il
                                n’en porra en nule maniere user à son preu s’il ne la refesoit. ¶
                                {13} Cist entrediz se devise de celui devant, car tuit cil qui en
                                l’an ont usé de la voie puent user de cel devant&#160;; et de ce
                                puet user cil qui a en l’an usé de la voie et a droiture de refere
                                la. ¶ Il senble que cil à qui la voie est deue par droiture de
                                refere la, cist qui veust user de cest entredit, doit porvoer .ii.
                                choses&#160;: ce que il a usé en l’an de la voie et que ele li est
                                deue. Et se une de ces choses li faut, li entrediz ne li apartient
                                pas. Et c’est droiz, car qui veust avoir voie par autrui champ, par
                                mostrer sanz plus que cil servises est deuz, ne doit pas prover que
                                il i ait droiture&#160;; et cil qui celi sofre à fere n’i pert rien.
                                Mes cil qui veust refere la voie i fet aucunne novele chose&#160;;
                                ne ce ne li doit pas estre ostroié en autrui terre, se ele ne li
                                doit le servise. {14} Il puet avenir que aucuns ait droiture d’aler
                                par une voie et n’ert pas droiture de referre la&#160;; por ce que
                                il fu mis en convenant quant li servises fu establiz que il n’avroit
                                pas droiture de refere la voie, ou s’il la veust refere, il i aist
                                droiture de refere la jusque une certeine meniere. Li prevoz se
                                retornera donc par droit à refere la voie, et dit «&#160;que tu ne
                                la refaces si comme tu en avras la droiture&#160;»&#160;; c’est à
                                dire, que tu ne le refaces si comme il fu mis en convenant quant li
                                servises fu establiz. ¶ {15} Nos entendons que refere est ramener la
                                voie à sa premere forme, si que nus ne la lesse ne l’aloigne ne
                                auce ne abesse&#160;; quar fere est une chose et
                                    defere<note>Confusion possible avec <hi rend="i">refere</hi>,
                                    cf. lat. <emph>aliud est enim reficere, longe aliud
                                        facere</emph></note> une autre. ¶ {16} L’en demande se
                                aucuns veust fere une novele chose por amender la voie,
                                sa[146rB]voir mon se cele li doit estre ostroie. ¶ Et Labeo
                                dit que il li doit estre ostroie se cil amendemenz apartient à
                                refere la voie&#160;; et je croi que la sentence Labeo est veroie se
                                l’en ne puet aler par la voie sanz cel amendement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: li encien i ajoignent que force ne fut pas fete
                                de porter les choses qui seroient profitables à refere la
                                voie&#160;; mes ce i estoit mis por noient, car il senble que cil
                                qui ne sofre pas les choses soient aportees, sanz coi la voie ne
                                puet estre refete, ‹…›. ¶ {1} Se aucuns poet aporter par une corte
                                voie les choses qui estoient necesseres et il les aporta par plus
                                longue voe par anpoirier le champ, force li porra estre fete
                                quitement, quar il moismes enpeche que il ne reface la voie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: il apert donc que cil qui ne sofre pas que les
                                choses necessoires i soient aportees fet force que la voie ne soit
                                pas refete. ¶ {1} Et se aucuns poet aporter par une autre part dou
                                champ les choses qui estoient necesseres à refere la voie sanz fere
                                domage au seignor dou champ, et il les aporta par la où il li fesoit
                                plus de domage, force li puet estre fete quitement.¶ {2} Cist
                                entrediz doit estre donnz non pas tant solement à celui à qui la
                                force est fete mes à ses hoirs&#160;; et si est donnz à l’acheteor
                                et contre l’acheteor. ¶ {3} Se aucuns n’a pas servise qui soit
                                establiz par droit, mes il i a autresi comme prescripcion de lonc
                                tens por ce que il a longuement usé dou servise, il puet user de
                                cest entredit. {4} Cil qui veust user de cest entredit doit doner à
                                son aversere caucion dou vice de l’ovre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: autresi comme ce ne nuist pas à celui qui usa de un
                                servise sanz vice, qui en a usé ou darrener an o vice, ne nuira pas
                                à l’acheteor ou à l’oir ce que il en ont usé o vice, se li venderres
                                ou li morz en userent par droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.19.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: se aucuns a alé par ton champ, ne par force, ne en
                                repost, ne par enprunt, neporquant il n’ovoit pas droiture d’aler i,
                                et s’il li deffandi que il n’i alast pas, cist entrediz ne li vaut
                                rien&#160;; quar, à ce que li entrediz vaille, il convient que l’en
                                ait esté en possession do servise.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head type="gp">XVII. D’eve de chescun jor et de cele d’esté <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 20&#160;: <hi rend="i">de Aqua
                                    cottidiana et œstiva</hi>&#160;; et du tit. 21&#160;: <hi
                                    rend="i">de Rivis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne te soit fete que tu ne moines l’eve<note>l’eve] <emph>la
                                        voie</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Ait praetor: "Uti
                                        hoc anno aquam, qua de agitur, non vi non clam non precario
                                        ab illo duxisti, quo minus ita ducas, vim fieri
                                    veto"</emph></note> si comme tu la menas en cest an, ne par
                                force, ne en repost, ne par enprunt&#160;». ¶ {1} Cist entrediz est
                                de deffense, et si est aucune [146vA] foiz de restitucion et
                                apartient à l’eve de chescun jor. {2} Eve de chascun jor n’est pas
                                cele qui est remenee chescun jor, mes cele dont chescuns porroit
                                user chescun jor s’il voloit. ¶ {3} Deus menieres d’eve sont : cele
                                de chescun jor et cele d’esté. Cele de chescun jor se devise de cele
                                d’esté par usage et ne mie par droiture&#160;; cele de chescun jor
                                est cele qui est amenee en toz tens, en iver et en esté, qui sert
                                sanz nul entrelessement. Cele d’esté est cele de quoi l’en mise fors
                                en esté, si comme nos avons dit des robes d’esté, des landes d’esté
                                de quoi nos n’usons guieres en iver mes nos en usons toz jorz en
                                esté. Et je croi que l’eve d’esté doit estre devisee de cele de
                                chescun jor par le proposement à celui qui en use et par la nature
                                des leus&#160;; car se l’eve est tele que ele puisse estre menee
                                pardurablement et je en use en esté tant solement, l’en doit dire
                                que ce est eve d’esté&#160;; et se ele est tele que ele ne puet
                                estre amenee fors en esté, l’en dira que ele est d’esté. Et se li
                                leus est de tel maniere que il ne rent eve fors qu’en esté, l’en
                                doit dire par droit que c’est eve d’esté. {4} Ce qui est donc escrit
                                en l’entredit «&#160;si comme tu l’as amenee en l’an&#160;» doit
                                estre entendu si que il ne conviegne pas que ele ait esté am‹en›nee
                                chescun jor, mes .i. jor en l’an ou une nuit. L’eve est donc de
                                chescun jor que chescun jor puet estre amenee. Cele est d’eté qui
                                puet estre am‹en›nee chescun jor, ou en iver ou en esté&#160;; mes
                                ele n’est amenee fors en esté tant solement, non pas por ce que ele
                                ne puisse estre amenee en iver mes por ce que ele ne
                                    voille<note>voille] <emph>puisse</emph> dans le ms., confusion
                                    du scribe conditionnée par la phrase précédente, cf. lat.
                                        <emph>non quia non possit et hieme, sed quia non
                                        solet</emph></note> estre amenee. ¶ {5} Li prevoz parole en
                                cest entredit de cele eve sole qui est pardurable, car nule autre
                                eve ne puet estre amenee fors de cele qui est pardurable. ¶ {6} Ja
                                sé ce que nos avons dit desus que cist entrediz apartient as eves
                                pardurables tant solement, neporquant il apartient à iceles eves
                                pardurables qui puent estre amenees&#160;; car il en i a aucunnes
                                pardurables et neporquant eles ne puent pas estre amenees, si comme
                                eves de puis et celes qui sont si en parfont que eles ne puent pas
                                corre hors de lor chenex. Mes lor, servises de puissier puent bien
                                estre establiz en tex eves qui ne puent pas estre amenees. {7} Cist
                                entrediz de eve et de fontaine apartient si comme il senble à l’eve
                                qui est amenee dou chief et ne mie d’aillors. Li servises de cez
                                eves puet estre establiz par le droit citein. {8} Li chiés [146vB]
                                de l’eve est de quoi l’eve nest&#160;; s’ele nest de fontaine, la
                                fontaine est li chiés&#160;; et ele nest de fontaine ou de lac, li
                                fossé dont la premiere eve vient sont li chiés. Et se eve depure de
                                terre et ele assenble en un leu, li chiés de cele eve est la où ele
                                apert premerement. {10} Et conviant que la droiture de mener eve
                                n’est pas deue à aucun&#160;; ¶ et il quide que il la puisse mener
                                par droit, il puet user de cest antredit, car c’est assz que il
                                cuida avoir droiture de mene‹r› la, ne il ne la mena ne par force,
                                n’en en repost, ne par anprunt. ¶ {11} L’en demande se icele eve
                                tant solement est commune à toz antrediz qui apartienent à aroser
                                chascun, ou totes celes de quoi nos poons user. Et nos usons
                                de tel droit que totes eves i sont contenues&#160;; et par ce, se
                                aucuns veust mener eve à ses possessions que il a aprés de citez,
                                cist entrediz puet avoir leu. ¶ {13} Labeo escrit que, ja soit ce
                                que li prevoz entant en cest entredit des eves froides, neporquant
                                il ne doit pas estre veez des chaudes&#160;; car li usaiges des eves
                                chaudes est aucunne foiz necesseres, si comme il avient en une
                                contree d’Ase que li champ sont arosez d’eve chaude. Et ja soit ce
                                que ce soit eve chaude qui n’est pas necessere à aroser chans,
                                neporquant nus ne dote que cest entrediz n’ait leu. {14} Se l’eve
                                est donc ou dedanz la cité, ou dehors, cist entrediz avra leu. {15}
                                L’en doit entendre que li prevoz commande que l’eve soit menee, si
                                comme ele a esté menee en l’an. Et par ce, senble il que il
                                n’ostroit pas à mener en plus ne par autre leu. Et por ce, se l’eve
                                que aucuns veust amener est autre que cele que il amena en l’an, ou
                                il vieust amener cele moismes par autre voie, force li porra estre
                                fete quitement. {16} Et Labeo dit que totes les parties dou leu en
                                quoi l’eve est amenee sont totes d’une meniere et l’en i puet mener
                                l’eve quel part que l’en vieust. ¶ {17} L’en demande se aucuns a
                                assenblé autre eve en cele que il amena en cest an, savoir mon si
                                l’en li puet deffendre sanz poine. Et Offilius dit que l’en li
                                puet deffendre par droit. ¶ {18} Trebace dit que se l’en amoine à
                                l’eve par autrui champ plus de bestes que l’en n’i doit amener, l’en
                                li doit deffendre por celes qui i sont plus de droit que l’en n’en i
                                moint nules. Mes Marciaus dit que l’en ne li puet deffendre à amener
                                i fors celes que il a amené plus que droit&#160;; et c'est voirs,
                                quar les bestes puent bien estre departies. ¶ {19} Aristo dit que
                                cil a cest entredit qui quide que il use de sa droiture, et ne mie
                                cil qui siet bien que il a droiture et en use. ¶ {20} Cil moismes
                                dit que cil qui en l’an amene eve, ne par force, ne en repost
                                [147rA], ne par enprunt, et en a usé en cel an moismes par aucun
                                vice, avra cest entredit par le tens par quoi il en usa par droit. ¶
                                {21} Se aucuns amena en son champ eve, passé a .ii. anz, et ele i
                                est venue tot par lui en l’an aprés, l’en demande se cist e‹n›trediz
                                a leu. Et Savoirs et Valoirs dient que cist entrediz li
                                apartient, autresi comme s’il li avoit amenee&#160;; ja sé ce que il
                                senble à cex qui à droit i agardent que il ne li a pas amenee. ¶
                                {23} Se tu amenoies eve en ton champ, et tes averseres le te
                                deffendi, et tu pardis dedanz ce la droiture d’amener eve, ce que tu
                                as perdu te sera rendu par cest antredit. ¶ {24} Se tu avoies un
                                champ à quoi tu amenoies eve et tu le m’as vendu et livré, por ce ne
                                remoint pas que cist entrediz ne t’apartiegne {25} contre celui qui
                                me deffant à amener l’eve&#160;; ne il n’a pas force se cil qui en
                                use a la seignorie dou champ ou non&#160;; quar desque li servises
                                est commoinciez, il puet estre chalongiez contre toz cex qui le
                                deffendent. ¶ {26} Se cil qui par un moisme ruisel amoinent eve
                                estoent de l’usage et chescun dit que il est suens, li entrediz
                                apartient à l’un et à l’un et à l’autre. ¶ {27} Labeo cuide que l’en
                                puet deffendre par cest entredit que ne folie, ne colpe, ne seme, ne
                                ne face autre chose ou champ, par quoi tu menas en l’an devant eve
                                en ton champ sanz vice, par quoi l’eve soit soillie ou corrumpue ou
                                enpiree&#160;; et autresi dit il que l’en doit dire de l’eve d’esté.
                                ¶ {28} Se aucuns a quité son voisin que il ne li loise pas à querre
                                eve en son champ, cele quitence vaut. ¶ {29} Li prevoz dit
                                aprés&#160;: «&#160;je deffant que force ne soit fete que tu
                                n’amoinnes eve si comme tu l’amenas au darrener esté, ne par force,
                                ne en repost, ne par enprunt&#160;». ¶ {30} Cist entrediz est
                                proposez de l’eve d’esté. {31} Autresi comme nos deismes que il a
                                aucunne difference entre l’eve de chescun jor et l’eve d’esté, a il
                                difference entre les entrediz&#160;; car cil de l’eve de chescun jor
                                parole de l’eve qui fut amenee au darrener an, et cil de l’eve
                                d’esté parole de cele qui fut amenee ou darrenier esté. Et por ce
                                que l’en n’use pas en iver de cele eve, il parole do darrener esté
                                et ne mie de celui où l’en est. ¶ {32} Li sage home distrent que
                                esté commence en mi marz et faut en mis septembre&#160;; et issi a
                                esté .vi. mois et iver .vi. ¶ {37} Li prevoz dit&#160;: «&#160;cist
                                entrediz est proposez entre les hoirs et les acheteors et les
                                porseors des biens&#160;». L’en doit savoir que ces paroles doivent
                                estre raportees non pas tant solement à l’eve d’esté mes à cele de
                                chescun jor&#160;; car autresi comme li entrediz de voie et de
                                charriere sont donz as hoirs et as acheteors, lors veust li prevoz
                                doner cestui [147rB]. ¶ {38} Li prevoz dit&#160;: «&#160;se il a
                                esté ostroié à aucun que il amoint eve do chestel par celui qui ot
                                le poer d’otroier li, je deffant que force ne li soit fete que il
                                n’en use si comme il li a esté ostroié. Et se ce est par fere
                                    euvre<note>euvre] <emph>veue</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Quandoque de opere faciendo interdictum
                                    erit</emph></note>, je commanderai que cil qui la fera doint
                                caucion que domages ne sera fez&#160;». ¶ {39} Cist entrediz a esté
                                donz par droit, car cil devant apartient à cez qui amoinent eve de
                                son chief ou par servise qui est establiz, ou que il cuident que
                                soit establiz. Et il senbla droit au prevost que antrediz fust donz
                                à celui qui amoine eve do chastel ou do recoist en quoi l’eve
                                commune est receue. ¶ {41} Il est ostroié à amener eve de chastel,
                                ou de ruisel ou de aucun autre leu par commune terre&#160;; {42} mes
                                nus n’a poer d’ostroier le, fors li enpereres. {43} Et il est
                                ostroié aucunnes foiz as possessions, ne faut pas quant les persones
                                faillent. Mes ce qui est ostroié à persones faut ou les persones, et
                                ne vient pas à autre seigneur des possessions, ne as heirs, ne à
                                aucunnes autres persones. {44} Mes cil à cui la possession et la
                                seignorie avient l’en puet bien enpetrer&#160;; car se il prove que
                                l’eve soit deue as ses chans, ja soit ce que cil de quoi il ot la
                                seignorie en usoit en son non, il enpetra la droiture de mener
                                l’eve. Ne ce n’est nus avantages, mes ce seroit torz se l’en ne li
                                ostroiet. Nos devon savoir que cist entrediz fine tot le plet, ne
                                n’aparoille pas plet autre comme li autre entredit, ne il
                                n’apartient pas à temporel possesion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se je ai droiture d’amener eve par nuit ou par
                                jor, je ne la puis pas amener par autre eure que à cele où il
                                m’estroie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: nos usons de cest droit que il loist amener
                                eve non pas tant solement par aroser mes por abuvrer bestes et por
                                delit. {1} Plusors puent eve de flueve amener si que l’en ne face
                                pas mal à voisins ou à celui qui est en l’autre rive, si l’eve est
                                astroite. ¶ {2} Se tu meines eve de commun flueve et li flueves
                                lesse son chenel, tu ne le puez pas suivre&#160;; car li leus par
                                quoi il la te convendroit amener ne te doit point de servise. Mes se
                                il s’aloigne petit à petit tu le puez suivre, car toz li leus dou
                                flueve te doit servise. ¶ {3} Li servise d’eve qui nest des
                                provenement en un champ est de gaing à celui qui a parti le champ à
                                loage. {4} Chose de quoi il ne sovient pas que ele fust droiz d’eve,
                                de quoi il ne sovient pas que il fust fez, sont autresi comme s’il
                                avoient esté establi par droit. {5} Cil qui a usage d’eve de chescun
                                jor puet fere ou [147vA] ruissel rivaus, ou autres choses par quoi
                                l’eve viegne à son champ, por tant que il ne face mal à autre. ¶ {6}
                                Se eve est menee par un leu, et une autre eve est menee par un pont
                                qui est fez sus cele eve, ele est menee par droit por quoi ele ne
                                nuise au ruisel de soz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julianus dit&#160;: j’é otroié à Tyce que il menat eve de mon champ
                                ou de ma fonteine&#160;; l’en demande se je puis ostroier à
                                    Meve<note>à Meve] <emph>a mener</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>quaesitum est, an et Maevio cedere
                                    possim</emph></note> ce meisme. Et se li puis ostroier,
                                comment li<note>li] <emph>il</emph> dans le ms.</note> dui en
                                doivent user&#160;? Et la response est que, autresi comme voie, ou
                                cherriere, ou sentiers puet estre ostroiez à plusors ou ensenble ou
                                à chescun, par soi sera par droit ostroié la droiture de mener eve.
                                Et se cil à qui la droiture de mener eve est ne s’acordent pas
                                comment il en doivent user, il convendra que cist entrediz soit
                                renduz entre eaus&#160;; autresi comme il plet à plusors que li
                                juigemenz de partir choses communes soit renduz entre cez à qui
                                usaires apartient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: por ce que il est certeine chose que eve puet
                                estre devisee non pas tant solement par tens mes par mesures, dui
                                home puent mener eve ensemble&#160;; si que li uns la maint comme
                                eve de chascun jor et li autres comme eve d’esté, et que ele soit en
                                esté departie entre aus et en iver cil l’ait tote qui en use come
                                d’eve de chascun jor. ¶ {1} Dui home menoie eve d’un moisme ruissel
                                en certeinnes ueures, chescuns par lui&#160;; il convient entre aus
                                que li uns en usast ou tens en quoi li autres en seaut user. Por ce
                                que il menerent donc l’eve en tel maniere que li uns ne li autres ne
                                la mena ou tens que il fut establiz, je demant se il ont perdu la
                                droiture d’user en. Et la response est que non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Herace dit&#160;: l’en demande se eve d’esté est apelee por ce que
                                aucuns n’a pas droiture de mener la fors en esté. Ou por le
                                proposement à celui qui la moine, qui n’a consoil de mener fors en
                                esté. Ou par la nature de l’eve qui ne puet estre menee fors
                                en esté. Ou por le preu des leus en quoi ele est menee.
                                Il nos plet donc que ele soit apelee eve d’esté por cez .ii.
                                choses&#160;: por sa nature et par le preu des leus en quoi ele est
                                menee&#160;; si que s’ele est de cele maniere que ele ne puisse
                                estre menee fors en esté, ja soit ce que ele fust necessere en
                                iver&#160;; se ele fust de tele nature que ele peust estre amenee en
                                toz tens, et se li leus en quoi ele est amenee n’en a besoing fors
                                en esté, ele soit par droit apelee eve d’esté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.20.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se l’en plede de voie, ou de [147vB] sentier, ou de
                                charriere, ou de doiz d’eve, tele caucion en doit estre donnee que
                                cil qui defant que ses aversaires n’est ses droitures ne li
                                empechera pas à user an devant que il ait prové sa droiture. Et se
                                il nie que ses averseres n’a pas droiture d’aler ne de mener, li
                                aversoires doit doner caucion san peril de perdre le servise que il
                                ne usera pas devant que li plez soit finez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.21.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete à toi que tu ne refaces les ruissiaus et les fossés et
                                les cloisons, et que tu ne les purges por cause de mener eve, par
                                quoi tu ne les moines autrement que tu la menas au derrener esté,
                                quant tu ne la menas ne par force, ne en repost, ne par enprunt. ¶
                                {1} Cist entrediz est moult profitables, car se l’en ostroiet à
                                aucun à refere sa voie, li usaiges en seroit perduz. ¶ {2-3} Li
                                prevoz parole donc do ruissel et do fossé. Ruissiaus est uns leus
                                lons et bas par quoi eve cort&#160;; fossé est uns leus en quoi eve
                                gist. {4} Cloisons sont ce qui est fet por retenir eve, de fut, ou
                                de pierre, ou d’aucunne autre matere. {5} Fossés et puis sont
                                contenu en cest entredit. ¶ {6} Li prevoz dit aprés que tu ne
                                refaces ou espurges. Refere est remanoir en l’ancien estat qui est
                                corrumpu. {7} Purgier est apareillier le ruissel qui est
                                entiers&#160;; et il est aperte chose que apartient au ruissel qui
                                n’a pas besoing d’estre refez. Et il en i a aucuns qui ont besoing
                                d’estre refez et purgié. ¶ {8} Li prevoz dit&#160;: «&#160;par cause
                                de mener eve&#160;»&#160;; ce i est par droit ajoint, que l’en
                                ostroit à celui à refere et à purgier le ruissel, qu’i le fet par
                                cause de mener eve. {9} Cist entrediz apartient à celui qui n’a pas
                                droiture de mener eve, por quoi il amenast en l’an devant ou ou
                                derrener esté&#160;; car ce li soffist bien que il ne li amena pas
                                ne par force, ne en repost, ne par enprunt. ¶ {10} Se aucuns velt
                                fere de pierre le ruissel qui estoit de terre, il senble que il ne
                                puet pas par droit user de cest entredit, car cil qui ce fet ne
                                refet pas le ruissel&#160;; et issint le dit Offilius. {11} Et por
                                ce, se il veust mener l’eve par autre leu, l’en li puet bien
                                deffendre. Et s’il abesse le ruissel ou il le hauce, ou il lesse, ou
                                il le cuevre ou que il le descuevre, l’en li puet bien deffendre.
                                Neporquant, je ne croi pas que l’en le doie deffendre à celui qui le
                                cuevre ou qui le descuevre se ses averseres ne mostre que il li face
                                domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.21.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Labeo dit que l’en ne puet pas fere coverture à
                                ruissel descovert, car l’en tost au seignor de la terre la droiture
                                d’abuvrer ses bestes ou de puis[148rA]ser eve. Mes Ponponius dit que
                                ceste sentence ne li plet pas, car ce ne vient pas au seignor de la
                                terre par droiture que il ait se il ne fu mis en convenant quant li
                                servises fut premierement establiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.21.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: Herveus escrit que la droiture de l’eve qui est
                                menee par soz terre est autre que cele qui est menee par ruissel
                                descovert&#160;; car se aucuns fet ou ruisel decovert veine par quoi
                                il face corre plus de l’eve ou il la restreigne, l’en li puet
                                deffendre. Mes il n’et pas autresi en cele qui cort par de soz terre
                                se li averseres ne mostre que il i ait domage. {1} Mes Servius et
                                Labeo dient que se uns ruissiaus est de terre et qu'i ne puet tenir
                                eve, et cil qui moine l’eve le velt fere de ciment, il doit estre
                                oïz. Et s’il estoit devant de pierre, et il le veust fere de terre
                                ou tot ou une partie, l’en ne li doit pas deffendre. Et il me senble
                                que il convient soffrir que l’e‹n› reface ce de quoi l’en ne se pot
                                soffrir en nule maniere. {2} Se aucuns velt mestre en un ruissel
                                novel chenel, ou noviaus ruiaus, que il n’i ot onques, Labeo dit que
                                cist entrediz li apartient. Et nos creons que l’en doit regarder au
                                preu à celui qui moine l’eve sanz le domage à celui par qui terre il
                                l’amoine. ¶ {3} Se eve est amenee en un leu et ele est menee d’iloc
                                en plusors doiz, cist entrediz sera profitables à celui qui vodra
                                refere ce leu. ¶ {4} Cist entrediz apartient à toz ruissiaus en quel
                                terre que il soent, ou en commune ou en privee. {5} Et se li
                                ruissiaus est d’eve chaude, cist entrediz apartient de refere la.
                                {6} Et Aristo dit que profitable aucion apartient à refere les
                                conduiz par quoi l’eve chaude vient as beinz. Et l’en doit dire que
                                cis entrediz apartient por ceste cause. {7} Cist entrediz est donz à
                                totes les persones à qui li entrediz d’eve apartient et contre aus
                                qui ont esté nomees avant. {8} Se aucuns denonce novele ovre à celui
                                qui refet un ruissel, l’en dit par droit que li denoncemenz de la
                                novele ovre puet estre despiz&#160;; car desque li prevoz deffent
                                que force ne li soit fete, il est male chose que il soit empechiez
                                par denoncement de novele ovre. Mes l’en puet dire que l’en puet
                                chalongier vers lui aucion seur la chose que il n’a pas droiture de
                                refere le ruisel. {9} Il n’est pas dote que il ne doie doner caucion
                                que domages ne sera pas fez par lui. {10} Et se aucuns li deffent à
                                aporter les choses qui sont necessoires à refere le ruissel,
                                Offilius dit que cist entrediz li apartient&#160;; et ce est
                                voirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.21.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: cist entrediz de refere les ruissiaus est renduz
                                sanz enquerre savoir mon se il loist au demandeor à mener [148rB]
                                eve. Il n’est pas si granz besoinz de refere les voies comme les
                                ruissiaus&#160;; car se li ruissel n’estoient refet, li usages de
                                l’eve faudroit et li home morroient de soif, et l’eve ne porroit pas
                                venir se li ruissiaus n’estoit refez. Mes se les voies n’estoient
                                refetes, l’en iroit à poine et manroit aucunne chose&#160;;
                                neporquant, l’en iroit plus legierement en esté.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head type="gp">XVIII. D’eve de fontaine <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 43,
                                tit. 22&#160;: <hi rend="i">de Fonte</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.22.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je defant que force ne
                                te soit fete que tu n’uses de l’eve de la fonteine de quoi l’en
                                plede si comme tu en as usé en cest an, ne par force, ne en repost
                                ,ne par enprunt. Autresi deffendons nos de lac, et de puis, et de
                                piscine&#160;». ¶ {1} Cist entrediz est proposez à celui à qui il
                                est deffendu que il n’use d’eve de fonteine&#160;; car servises ne
                                sont pas de mener eve tant solement mes de puissier la. Et autresi
                                comme ce sont divers servises de mener eve et de puissier la, en
                                sont proposé dui entredit. ¶ {2} Cist entredit a leu quant il est
                                deffendu à aucun que il n’use d’eve&#160;; ce est quant l’en li
                                deffant à puissier an, ou à mener i ses betes. {3} Et l’en doit dire
                                ce moismes en tant comme il apartient à la persone que nos avons dit
                                es entrediz qui sont avant cez. {4} Cist entrediz n’apartient pas de
                                cisterne&#160;; car cisterne n’est pardurable cause, ne eve vive. Et
                                por ce, apert il que il convient en toz les cas que eve soit
                                vive&#160;; et les cisternes viennent de pluie. Et sanz dote li
                                entrediz cesse se il n’a eve vive ou lac, ou ou puis, ou en la
                                piscine. {5} Et se l’en deffant à aucun que il n’aille puissier eve,
                                cist entrediz li soffist. ¶ {6} Li prevoz dit aprés&#160;: «&#160;je
                                deffant que force ne te soit fete que tu ne purges ou refaces la
                                fontoine de quoi l’en plede, que tu en puisses avoir de l’eve par
                                quoi tu ne uses autrement que tu en as usé en cest an, ne par force,
                                ne en repost, ne par enprunt&#160;». ¶ {7} Cist entrediz a ce
                                moismes profit que cil iqui<note>iqui] <emph>a qui</emph> dans le
                                    ms.</note> proposez por refere les ruissiaus&#160;; car se il
                                voloit apurgier et are(?) la fonteine, li usages n’en sera nus. {8}
                                Fontoine doit estre purgié et refete por retenir eve, si que aucuns
                                en puisse user, por quoi il ne use autrement que il en a usé en l’an
                                devant. {9} Retenir eve est fere que ele ne s’en core pas&#160;; mes
                                il ne soit ostroié à nul à querre noveles voies ne à ovrir les. ¶
                                Cil n’a nule [148vA] chose renovelee, fors ce si comme il en a usé
                                en l’an devant. {10} Li entrediz apartient de purgier et de refere
                                lac, et puis, et piscine. {11} Et il sera donz à totes les persones
                                à qui li entrediz de l’eve d’esté apartient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Une fontaine sordoit an un chanp et coroit sa voie contreval par plusors
                            chans. Li prodom qui estoit cele fontaine, P., la fit aler par tot son
                            chanp por lou abuvrer. Cil qui avoent les chans desoz en alèrent
                            encontre, et disoent que il ne le poet fere. Et droit dit que il le pot
                            bien fere&#160;; car male chose seroit se li chans où la fontene sort
                            moroit de soif, et li autre eussent à boivre. Et quant il en aura assez
                            beu, si tenge la fonteine sa voie.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_19">
                <front>
                    <head type="gp">XIX. De chambres coies <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 23&#160;: <hi rend="i">de
                                    Cloacis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.23.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete à celui qui a chembre coie joignant à ta meson que il
                                ne la purge et reface. Et je commanderoi que il doit caucion que
                                domages ne te vendra de cele ouvre&#160;». ¶ {1} Li prevoz i mist
                                .ii. entrediz en ce tytre&#160;: l’un de deffensse et l’autre de
                                restitucion. {2} Li prevoz vost par le premier entredit, qui est de
                                defensse, que les chambres coies fussent purgies et refetes. Et
                                l’une chose et l’autre apartient au preu et à la garde des
                                citez&#160;; car se les chambres coies n’estoient purgees et
                                refetes, li airs seroit corrompuz et les mesons cherroient. ¶ {3}
                                Cist entrediz fut proposez des chambres coies qui sont propres à
                                aucun et ne mie des communes, car les communes apartienent à la
                                commune cure. {4} Chambre coie est uns leus chevez où l’en va as
                                requestes de nature, par quoi il cort aucun po d’eve par de soz
                                terre.&#160;¶ {5} Cist entrediz qui est premierement proposez est de
                                deffense, par quoi est deffendu as voisins que il ne facent force
                                que les chambres coies ne soient purgies et refetes. {6} Par non de
                                chambre coie est contenu et la fosse et li conduiz. {7} Et por ce
                                que li raparoillemenz et li purgemenz des chambres coies apartient
                                au commun profit, ne fist pas li prevoz an cest entredit mencion de
                                ce de quoi l’en use par force ou en repost, ou par enprunt&#160;;
                                car se aucuns en usa en une de cez manieres, por ce ne li defende
                                pas à purgier ou à refere les chambres coies. ¶ {8} Li prevoz
                                dit&#160;: «&#160;joignant à ta meson&#160;»&#160;; l’en doit ci
                                entendre par le non de meson tot l’edefiement. Et Labeo cuide que
                                cist antrediz ait leu se il i a pla[148vB]ce vuide d’une part et
                                d’autre de sa meson, ou se chambre ‹c›oie est menee d’edefiement de
                                cité ou champ qui est delez. {11} Cist entrediz apartient non mie
                                tant solement contre le prochein voisin, mes contre toz cez par qui
                                terre li conduz de sa chambre coie est. {12} Et por ce dit Mela que
                                cist entrediz fet que il puet venir en la meson son voisin et
                                depecer le pavement por curer le conduit de sa chambre coie. Et l’en
                                ne li puet deffendre se il est apareilliez de refere ce que il
                                depecie par ceste cause. {13} Se je purge ma chambre coie ou ge la
                                faz, et aucuns me denonce novele ovre, l’en dit par droit que ge
                                puis despire le denoncement et parfere ce que je avoie commoincié.
                                {14} Mes que ge li doigne caucion que domages ne li vendra par cele
                                ovre&#160;; car il est ostroié à porgier chembres coies et refere
                                les, si que l’en ne face pas domages as mesons son voisin. ¶ {15} Li
                                prevoz dit aprés&#160;: «&#160;se tu as fet ou mis aucunne chose en
                                la chembre coie qui est en commun leu par quoi li usages en soit
                                enpiriez, ele soit restablie&#160;; et ge deffende que nule chose
                                n’i soit fete ne mise&#160;». ¶ {16} Cist entrediz apartient as
                                chambres coies qui sont en commun, que rien n'i soit mise ne fete par
                                quoi li usages en soit enpiriez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.23.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Henulcius dit&#160;: ja soit ce que cist entrediz parole de refere
                                chambre coie et ne mie de fere la nove, neporquant Labeo dit que
                                l’en doit deffendre que force ne soit fete à celui qui la fet nove,
                                car c’est cil moismes profiz. Li prevoz volt que il fust deffendu
                                que force ne fust fete à celui qui vodroit fere chambre coie en leu
                                commun. Et Offilius et Trebaces distrent que l’en doit ostroier à
                                chescun que il purge et reface chembre coie&#160;; mes nus ne la
                                face nove sanz l’otroi à celui qui a la cure des communes voies.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_20">
                <front>
                    <head type="gp">XX. De ce qui est fet par force ou en repost <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 24&#160;: <hi rend="i">Quod vi
                                    aut clam</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;tu restablisses ce
                                qui a esté fet par force ou en repost de quoi l’en puet
                                pledier&#160;». {1} Cist entrediz est de restitucion par quoi l’en
                                vet contre la male voisdie à cez qui font aucunne chose par force ou
                                en repost&#160;; car il leur est commandé que il les restablissent.
                                {2} Et il a po de difference quant à ce, se cil qui la fit ot
                                droiture de fere la ou non&#160;; car il deust deffendre sa droiture
                                et ne mie fere tort. ¶ {3} L’en demande se cil contre qui l’en use
                                de cest entredit se puet deffendre par excepcion de ce que il a fet
                                l’ovre que il poet fere par droit. Et il est melz que il ne
                                s’en puisse pas deffendre&#160;; car contre force et contre ce qui
                                est fet en repost ne puet nus avoir droite excepcion. ¶ {4} Cist
                                entrediz apartient à iceles ovres tant solement qui sont fetes en
                                terres par force ou en [149rA] repost. {5} Veons quel chose est fete
                                par force ou en repost. Quintus Mutius escrit que il apert que c’est
                                fet par force que aucuns fet sur deffense&#160;; et il senble que
                                ceste diffinicion est veroie. {6} Se aucuns avoit une petite pierre
                                mis en commoincier un mur, et il li fut deffendu que il ne le feist,
                                et il ne lessa pas por ce à fere, Pedius et Pomponius dient que il
                                senble que il fet à force&#160;; et de ce droit usons nos. {7} Et se
                                aucuns fet venir otre le denoncement qui li a esté fet, Cassius et
                                Trebaces dient ce meisme&#160;; et ce est voirs. {8} Et Aristo dit
                                que cil fet par force qui savoit bien que l’en li poet deffendre la
                                chose et engigna par force que ele ne li puet estre deffendue. {9}
                                Et Labeo dit que se ge deffant à celui qui fet une chose que il ne
                                la face, et il la lesse tant tost, et aprés recommoince à fere la,
                                il senble que il face force se il ne fet par mon commendement ou par
                                aucunne autre cause. ¶ {10} Se aucuns est enpeechiez par maladie, ou
                                il ne velt pas contreiter son aversere, et il ne vient pas deffendre
                                li ce que il fet, il n’apert pas que ses averseres face force&#160;;
                                et issi escrit Labeo. {11} Cil moismes dit que se tu voloies venir
                                deffendre moi ce que ge fesoie, et aucuns te destient o armes sanz
                                ma tricherie et sanz mon pechié, il n’apert pas que je face
                                force.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: que il ne soit en autrui poeté à empoirier ma
                                condicion sanz ma colpe.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il convient pas que aucuns deffende par lui
                                meismes. Mes se aucuns deffant par son serf ou par son procurator,
                                il senble que il deffende par droit&#160;; autresi est il se cil que
                                ge ai aloé le deffant de par moi. Ne nus ne soit meüz par force por
                                ce que aucion ne puet pas estre aquise par franche persone&#160;;
                                car ceste deffense mostre que tu fes force, et ce n’est pas
                                mervoille, car se tu feisses force en repost si eusse ge aucion
                                contre toi. L’aucion donc m’est aquise par ton mesfet que par
                                le fet à autre. {1} Et l’en doit savoir que il ne convient pas toz
                                jorz deffendre l’ovre mes une foiz. {2} Et se cil qui use de
                                l’entredit otroie à fere l’ovre, cil qui la fist se porra bien
                                deffendre par excepcion. {3} Et l’en doit dire quele excepcion a
                                leu, non pas tant solement se il l’ostroia, mes ses procurators ou
                                cil qui l’a en garde qui amenistre ses choses. {4} Et se li prevoz
                                ou li procurators à la chose commune otroie que aucunne chose soit
                                fete en leu commun, Nerva escrit que la excepcion n’a pas leu&#160;;
                                car se la garde des communs leus li est ostroié, il ne li est pas
                                por ce otroié à doner congié de ce fere. Mes se li princes [149rB]
                                la ostroie, ou cil à qui il a doné poer de otroier le, le excepcion
                                avra leu. ¶ {5} Se aucuns est apareilliez de deffendre soi en
                                juigement contre cez qui li deffent que il ne face l’ovre, l’en
                                demande se il senble que il li est à fere l’ovre. Et ge croi
                                que oïl, que se il offre caucion et il est apareilliez de deffendre
                                soi se aucuns velt pledier à lui&#160;; et issint escrit Sabins. {6}
                                Se aucuns velt doner caucion que domages ne vendra pas de l’ovre que
                                l’en li deffant que il ne face por ce que il ne voloit soi deffendre
                                ou que il ne donoit pas caucion, l’en doit dire que il lesse à fere
                                par force. ¶ {7} Cassius dit que il senble que cil fet en repost qui
                                lesse à son aversere ce que il fet et ne li denonce pas por ce que
                                il dote ou doit doter que il ne move plet contre lui. {8} Et Aristo
                                dit que cil fet par force qui a corage de celer soi vers celui que
                                il cuide qu’i li defendist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius&#160;: Hermus dist que cil fet en repost qui doit savoir
                                que ses aversere li movroist plet se il le savoit&#160;; car il ne
                                doit pas suivre s’opinion que li fol ne soient de meillor condicion
                                que li sage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: il fet par force qui fet autrement que il ne
                                denonce, ou qui deçoit celui qui li poeist veer, ou qui li denonce
                                en tel point que il siet bien que il ne le pot deffendre, ou qui li
                                denonce si à tort que il ne li puet pas deffendre devant que la
                                chose soit parfete. ¶ {1} Se aucuns denonce que il velt fere aucunne
                                ovre, se il la fet aprés ce que il la denonce à son aversere, l’en
                                ne puet pas toz jorz dire que il ne la fet pas en repost&#160;; car
                                il doit comprendre ou denoncement le jor et l’ovre, et où il velt
                                fere l’ovre et quele ele sera, ne il ne doit pas denoncier le
                                oscurement, ne atendre tant que ses averseires ne li puisse
                                deffendre. {2} Et se li averseires n’est pas ou païs, ne il n’a pas
                                atendu par tricherie tant que il en soit hors, se cil n’a nul ami à
                                qui il le puisse noncier, il le doit denoncier ou à son procurator
                                ou à sa meson. {3} Et Servius dist que il sofist à la feme que ele
                                le denonce à son mari que ele velt fere ovre ou que ele le face par
                                son sen, ja soit ce que c’est assez que ele n’a pas corage de celer
                                li. {4} Et se aucuns velt fere ovre en commun leu, il li soffist que
                                il le denonce au procurator de la chose commune. {5} Et se aucuns
                                cuide que li leus soit tuens, qui est miens, et il li fet ovre par
                                corage de celer le à toi, et ne mie à moi, je puis user de cest
                                entredit. {6} Et se il le fet par cause de celer le à mon serf ou à
                                mon procurator, je [149vA] puis user de cest entredit. ¶ {7} Se
                                aucuns denonça que il voloit fere une uvre et il li fut deffendu que
                                il ne la feist et il la fet, je croi que l’en puet prover que il la
                                fet par force. {8} Cez paroles «&#160;ce qui est fet par force ou en
                                repost&#160;» sont issi entendues si comme Mucius dit&#160;: se tu
                                ou aucuns des tuens la fist, ou ele est fete par ton commandemant.
                                {9} Et Labeo dit que plusors persones sunt contenues par cez
                                paroles&#160;; car il cuide que li heir à cez que Nucius nome i
                                soient contenuz. {10} Il moismes dit que l’en puet user de cest
                                entredit contre totes manieres de procurators&#160;; convient que il
                                facent l’ovre ou en lor non ou en l’autrui. ¶ {11} Se mes sers a fet
                                aucunne chose, l’en ne pledera pas o moi se il ne l’a fete en mon
                                non ou ou sien. Et se ge ai ton serf par loage et il fet aucunne
                                chose en mon non, l’en n’en pledera pas à toi mes à moi par qui
                                commandemant ou en qui non il fit ce que il fit. {12} Et autresi, se
                                aucunne chose est fete par le commandemant à aucun, l’en en pledera
                                pas à celui qui la fist, mes à celui par qui commandemant ele fut
                                fete. Et se aucuns procurators commande que une chose soit fete ou
                                non son seignor, l’en n’en pledera pas à celui qui le commanda que
                                ele fust fete mes à celui en qui non ele fut fete. Et se je te
                                commandoi que tu feisses fere une ovre et tu la feist fere, l’aucion
                                sera contre moi et non pas contre toi. {13} Mes por ce que li
                                prevost dist issi&#160;: «&#160;ce qui est fet par force ou en
                                repost&#160;», et ne dit pas ce que tu fois mes ce que il fist, ¶
                                Labeo dit que il s’estant à plusors persones que à celes que nos
                                avons nomees. {14} Et de ce droit usons nos, que ge fis la chose ou
                                ge commandoi que ele fust fete, je sui tenuz par l’entredit de ce
                                qui est fet par force ou en repost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se ge te commant à fere une novele ovre et tu
                                commandes à un autre que il la face en ton ‹non›, l’en ne puet pas
                                dire que ele soit fete par mon commandemant. Tu es donc tenuz par
                                cest entredit et cil qui la fist. Voions donc se ge sui tenuz&#160;;
                                et il est droiz que ge, qui sui la premiere cause de fere la chose,
                                i soie tenuz. Mes se li uns de nos fet satisfacion, li autre sont
                                delivre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se uns de mes sers fet malgré mie novele ovre ou
                                en repost, ge ne sui tenuz fors à tant que ge soffre que l’ovre soit
                                depecee. {1} Et Neraces escrit [149vB] que se uns sers a fet une
                                ovre par force ou en repost, ses sires doit par cest entredit
                                depecier l’ovre à ses despens ou soffrir que ele soit depecee. Et
                                cil qui a acheté puet estre trez en cause par cest entredit por
                                poier les despenses que l’ovre te costera à depecier ou por
                                abandoner le serf à soffrir poine. Et se cil qui vendi le serf
                                depiece l’ovre à ses despenses, ou il est condempnz por ce que il ne
                                la depiece pas, li acheteres est delivrés. Et encontre ce, se cil
                                qui a acheté le serf depiece l’ovre ou il est condempnz à la valor
                                dou plet, li entrediz n’a pas leu contre le seignor de l’ovre&#160;;
                                mes il est delivrés autresi bien comme se ill eust abandoné le serf
                                à sofrir poine. ¶ {2} Julians dit que cil qui fet ovre ainz que la
                                deffensse que li fut fete li soit quitee, il est tenuz par dos
                                entrediz&#160;: li uns est denoncemenz de novele ovre, et li autres
                                de ce qui est fet par force ou en repost. Mes se la deffense est
                                quitee, l’en ne puet pas entendre que il face par force ou en
                                repost, ja soit ce que il li fust deffendu&#160;; il loet à celui
                                qui done caucion d’estre à droit que il edefit, car par ce est il en
                                possession. Et jé soit ce que il li fut deffendu que il ne feist pas
                                l’ovre, neporquant l’en ne doit pas dire que il loit fete en repost,
                                ne avant que la deffensse soit quitee, ne aprés&#160;; car l’en ne
                                puet pas dire que l’ovre fust celee à celui qui denonça que ele ne
                                fust fete, ne il ne fut pas devenenciez que il n’en peust bien
                                movoir plet. ¶ {3} Juliens fet une demande, savoir mon se
                                l’excepcion de ce qui n’est pas fet par force ne en repost puet
                                valoir contre cest entredit&#160;; si comme se ge use contre toi de
                                l’entredit de ce que tu feis par force ou en repost, savoir mon se
                                tu me poz opposier cete excepcion que tu ne feis pas par force ne en
                                repost. Et Julians dit que il est droiz que ele te soit
                                donnee, car se tu edefies par force ou en repost et tu ne uses
                                contre moi de cest entredit, je me porroi deffendre par ceste
                                excepcion. Et ce ne doit pas estre fors par cause et
                                necessaire&#160;; et totes cez choses doivent estre fetes par
                                l’office au juge. {4} Il i a encore une autre excepcion de que
                                Celsus dote se ele doit estre opposee, si comme se ge ai abatu la
                                moison mon voisin par deffendre le feu et il en plede à moi par
                                l’entredit de ce qui est fet par force ou en repost ou par aucion de
                                domage ou de tort fet. Et Gaius dote se il convient [150rA] opposer
                                que ce fut fet par destroindre le feu. Et Servius dit que se uns
                                baillis l’eust fet, l’excepcion li doit estre donee, mes ele ne doit
                                pas estre donnee à un bas home. Neporquant, se il le fist par force
                                ou en repost et li feus ne vint pas jusque la, il doit rendre tant
                                comme la chose valoit. Et se li feus vint jusque la, il doit estre
                                assos. Autresi dit il se l’en en plede par aucion de domage ou de
                                tort fet, car il ne senble pas que il ait fet nul domage ne nul tort
                                desque la meson fut arse s’ele ne fut abatue. Mes se tu abatis la
                                meson ton voisin quant il n’avoit encor point de feu en la vile et
                                li feus i prist aprés, l’en ne doit pas dire ce moismes&#160;; car
                                l’en ne doit pas regarder ce qui puis est avenu mes en quoi la chose
                                fut fete. ¶ {5} Nos avons dit avant que, ja soit ce que les paroles
                                de l’entredit<note>entredit] <emph>entre</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>Notavimus supra, quod, quamvis verba interdicti late
                                        pateant</emph></note> sont moult larges, neporquant il
                                apartient à iceles ovres tant solement qui sont fetes en terre. ¶ Et
                                cil qui toiche à aucun fruit n’est pas tenut par cest entredit, car
                                il ne fet nule ovre en terre&#160;; mes cil qui copent les arbres i
                                sont tenuz, et cil qui sient les roissiaus et qui copent les landes,
                                car il metent les mains à enpoirier la terre. Autresi est il à
                                vignes qui sont taillies&#160;; mes qui en porte les fruiz par force
                                ou en repost doit estre trez en cause par aucion de larrecin. Se
                                aucunne ovre est donc fete en terre, cist entrediz a leu. Nos
                                entendon que ce est fet en terre qui est fet as arbres et ne mie ce
                                qui est fet ou fruit. ¶ {6} Se aucuns gete hors le mont de fiens qui
                                est mis en un champ por engresier le, l’en puet pledier o lui por
                                entredit de ce qui est fet par force ou en repost&#160;; et ce est
                                voirs, car il enpire la terre. {7} Mes se aucunne chose i est fete
                                par coitiver le champ, cist entrediz n’a pas leu se li chans en est
                                amendez, ja soit ce que il la fet par force ou en repost. {8} Se
                                aucuns a fet une fosse ou bois commun et mes boes chient dedanz, je
                                puis pledier par cest entredit por ce qui est fet en commun. {9} Se
                                aucuns depiece une meson, ja soit ce que il ne la depiece pas jusque
                                terre, il n’est pas dote que il ne soit tenuz par cest entredit.
                                {10} Et por ce, se il oste une tuile de ta meson, il est tenuz par
                                cest en[150rB]tredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: car la nessance de ceste chose vient de terre,
                                ne les tueles ne sont pas porsises par els mes à tot
                                l’edefiement&#160;; ne l’en ne fet pas force se eles i sont atachies
                                ou mises tant solement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se aucuns oste les branches d’un arbre, nos
                                otroions que l’en use contre lui de cest entredit. Autresi est il se
                                il oste une tuile d’une meson&#160;; mes se ele n’estoit pas sus la
                                meson, mes allors cist entrediz cesse. {2} Se aucuns arrache aucunne
                                chose qui estoit atachie à la meson, si comme une ymage ou aucunne
                                chose, il sera tenuz par cest entredit. ¶ {3} Se aucuns here un
                                champ ou il i fet une fosse par force ou en repost, il sera tenuz
                                par cest entredit&#160;; mes se il art le blié ou il le gaste et il
                                ne le met pas ou besoing dou champ, cist entrediz n’a pas leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: car le blié qui est hors de l’espic ne tient pas
                                à la terre, mes la terre le sostient, et les mesons tiennent à la
                                terre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil qui met aucunne chose ou puis son voisin por
                                corrompre l’eve, Labeo dit que il est tenuz par l’entredit de ce qui
                                est fet par force ou en repost&#160;; car l’eve est vive en une
                                partie do champ&#160;; et autresi est il se aucuns ovre en eve. {2}
                                Se aucuns oste une ymage do sepulcre, l’en demande se cil à qui la
                                droiture do sepulcre apartient pot<note>pot] <emph>por</emph> dans
                                    le ms.</note> pledier par cest entredit. Et il nos plet
                                que cis entrediz ait leu. Et l’en doit dire que les choses qui sont
                                mises ou sepulcre por aorner le sont do sepulcre. Autresi est il se
                                aucuns brise uis ou ostel. {3} Se aucuns vient en mes vignes et les
                                estrepe, il est tenuz par cest entredit. ¶ {4} Voions en quel tens
                                ce doit estre raporté que li prevoz dit «&#160;ce qui est fet par
                                force ou en repost&#160;», ou au tens qui est trespassz, ou en
                                present. Et Julianus espont ceste dote, qui dit que l’en doit
                                esgarder au tens present&#160;; neporquant, se domages a esté fez au
                                seignor do servise à sers, ou il a esté à ses despens l’ovre qui fut
                                fete en son champ, il diroit<note>diroit] <emph>droiz</emph> (?)
                                    dans le ms.</note> que li domages li soit restorez et que li
                                despens li soient renduz. ¶ {5} Cist entrediz comprant tot ce qui
                                est fet par force ou en repost. Mes il avient aucunne foiz que une
                                chose est fete partie en repost et partie par force&#160;; si comme
                                se tu feis le fondement de ta meson [150vA] sur mon defens&#160;; et
                                quant tu m’eus convenencié que tu ne feroies pas le seurplus d’une
                                ovre, tu le feis sanz mon sen, ou tu feis le fondement sanz mon sen
                                et l’autre edefiement par force. Et nos usons par tel droit que se
                                ce fut fet par force ou en repost cist entrediz soffisse. {6} Se
                                ovre est fete par le commandemant à celui qui a en garde orfelin ou
                                forsené por ce que il ne doivent pas estre obligié por le mesfet à
                                celui qui les a en garde, il avendra que profitable aucion
                                apartendra contre celui qui les a en garde ou cist entrediz. Et li
                                orfelins et li forsenez seront tenuz par cest entredit à soffrir que
                                l’ovre soit. ¶ {8} Se uns chans est venduz puis que une ovre i a
                                esté fete par force ou en repost, veions se cil qui le vendi puet
                                pledier par cest entredit. Et plusors sont qui dient que il en puet
                                pledier, et que il ne doit rendre riens à l’acheteor par l’aucion
                                d’achat de ce qui fut fet devant la vente&#160;; car ce est assez
                                que li chans fust meins venduz por cele ovre. {9} Mes se l’ovre fut
                                fete puis que li chans fut venduz, et li venderres en puet pledier
                                por ce que il ne l’avoit encor livré, il rendra à l’acheteor par
                                aucion d’achat quant que il querra&#160;; car toz li preuz et toz li
                                domages qui avient aprés la vente doit estre à l’acheteor. ¶ {11}
                                Aristo dit que il ne convient pas toz jorz denoncier à celui qui
                                porsiet le champ l’ovre que l’en velt fere&#160;; car se aucuns m’a
                                vendu un champ et il ne le m’a pas encor livré, et mes voisins veut
                                fere une ovre et il siet bien que je ai acheté le champ et il me dit
                                que il velt fere l’ovre, il est seurs en tant comme il apartient à
                                la sopeçon de l’ovre qui est fete en repost. {13} Se chans est
                                venduz par tel convenant que se il desplet à l’acheteor la vente ne
                                soit nule, nos otroions legierement que li acheterres puisse user de
                                cest entredit se aucunne chose i est fete par force ou en repost, se
                                il en est en possession. Et se il est en la volenté au vendeor de
                                depecier le marchié, l’en doit dire ce meisme. Et se li chans est si
                                venduz que la vente puisse estre defeste se une condicion avient,
                                l’en doit dire ce meisme. {14} Et Julians escrit que cist entrediz
                                n’apartient pas au seignor do champ tant solement, mes à toz cez qui
                                eussont pris se l’ovre ne fut pas fete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: ja soit ce que li coitiverres et cil qui a
                                l’useire do champ est receuz à user de cest entredit, neporquant il
                                apartient à celui qui est sires de la proprieté se il i a domage.
                                [150vB]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se il avoit arbres ou champ de quoi Tyces a
                                l’usaire et uns estranges ou cil qui avoit la proprieté do champ les
                                cope, Tyces en puet pledier o l’un et o l’autre par la loi qui fet
                                restorer les domages. {1} Et par cest entredit Labeo escrit que se
                                un ovre est fete seur les deffens son fil qui est en ton baill, tu
                                puez user de cest entredit&#160;; et se l’ovre est fete seur ton
                                deffens, tes fiz puet user de l’antredit. ¶ {3} Se uns des
                                compoignons cope les arbres do champ qui est communs, ses compoinz
                                puet pledier à lui par cest entredit, car il apartient à celui à qui
                                li domages est fez. {4} Et por ce dit Servius que se tu m’otroies à
                                coper arbres en ton champ et uns autres la cope par force ou en
                                repost, je puis user contre lui de cest entredit, car li domages est
                                miens. Et encor le doit l’en otroier plus legierement se ge ai
                                achaté de toi les arbres ou ai fet vers toi par autre marchié que tu
                                m’as otroié à coper les. ¶ {5} L’en demande se aucunne chose est
                                fete par force ou en repost en un champ qui n’a point de seignor,
                                savoir mon se cist entrediz apartient à celui qui puis en aquiert la
                                seignorie, si comme se uns heritages est escheez et Tyces le reçoit
                                aprés ce que l’ovre est fete, savoir mon se cist entrediz li
                                apartient. Et Juliens dit que cist entrediz apartient à l’oir
                                por ce que il fut fez ainz que il receust l’eritage. Ne il ne
                                remaint pas, ce dit Labeo, por ce que cil qui fist l’ovre ne savoit
                                pas qui en devoit estre hoirs, ne por ce que nus n’en estoit
                                sires&#160;; car autresi n’est nus sires do sepulcre&#160;; et
                                neporquant, se aucunne chose i est fete, je an puis pledier par
                                l’entredit de ce qui est fet par force ou en repost. Et por ce dit
                                l’en que cist entrediz apartient à toz les heirs quant que l’ovre
                                fut fete, ou puis que l’eritages fut receuz ou devant. ¶ {6} Se mes
                                coitiverres fet une ovre par ma volenté ou par mon otroi, il est
                                autresi comme se mis procurators l’eust fete&#160;; et por ce suis
                                ge tenuz à ce que il fist, ansi comme à ce que mes procurators fet.
                                {7} Juliens dit que se mes coitiverres a copé l’arbre de quoi li
                                plez est ou il a fet aucunne autre chose, se il le fist par mon
                                commandemant, nos somes anbedui tenuz par cest entredit, non pas
                                tant solement por soffrir que l’ovre soit ostee, mes por poier les
                                despens que il convindra fere por oster les. Et se li coitiverres le
                                fist sanz mon sen, il sera tenuz à soffrir que ele soit ostee et
                                paier les despens&#160;; et ge ne sui tenuz fors à ce que ele soit
                                ostee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se mes sers fet une ovre sanz mon [151rA] seu et
                                ge la vant aprés ou ge le franchis, l’en en porra pledier o moi por
                                tant sanz plus que ge soffre que l’ovre soit ostee. Mes l’en en
                                porra pledier à celui qui la acheste por abandoner le sers à soffrir
                                poine ou por paier les despenses qui seront fetes por depecier
                                l’ovre. Et se il est franchiz, l’en porra pledier à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cist entrediz apartient toz jorz contre celui
                                qui a fet l’ovre. Et por ce, se aucuns fet ovre en mon champ malgré
                                mien ou sanz mon seu, cist entrediz avra leu. {1} Cil qui avoit aloé
                                un champ à torner à gaagnage en osta les pierres et les geta ou
                                champ à son voisin&#160;; Labeo dit que tu n’i es pas tenuz par cest
                                entredit se il ne le fist par ton commandemant. Et se cil qui a pris
                                un champ à loage i fet aucunne chose par force ou en repost, je croi
                                que il est tenuz par cest entredit. Mes cil qu’i li baille n’est
                                tenuz fors à sofrir que cele ovre soist ostee et à doner l’aucion
                                que il porroit avoir vers celui qui fist l’ovre. ¶ {2} Se terre est
                                amoncelee par mon commandemant en autrui sepulcre, Labeo dit que
                                l’en en puet pledier à moi par cest entredit. Et se ce est fet par
                                le commun consoil à plusors, l’en en puet pledier à chescun par
                                soi&#160;; car l’ovre que plusor font communenement est chescun
                                obligiez par tot. Et se chescuns d’aus le fet par son propre
                                consoil, l’en en doit pledier à toz aus. Li uns n’est donc pas
                                delivrez por ce se li autres est trez en cause&#160;; mes s’il en i
                                ot un qui fut par desus toz les autres, qui lor commanda, il puet
                                estre trez en cause por toz les autres. Et par dessus ce, l’en en
                                puet pledier par aucion de sepulcre brisé. ¶ {3} Cist entrediz a leu
                                contre les hoirs toz por tant comme il est venuz à aus&#160;; {4}
                                mes il n’apartient pas aprés l’an. Li anz commoince des le jor que
                                l’ovre fut fete, ou desque l’en lessa à fere la, ja soit ce que ele
                                ne fut pas parfete. Car se l’en contoit l’an desque l’ovre fut
                                commencee, il avendroit sovant que li anz passeroit ainz que cil à
                                qui li entrediz apartient en seust rien. {5} Et se li leus est tels
                                que n’en n’i vet pas sovent, si comme ou sepulcre, ou soz terre, ou
                                en chambre coie, l’en peut pledier aprés l’an par cest entredit que
                                la cause sera conneue. Et l’excepcion d’un an est lessie s’il i a
                                droite cause par quoi cil à qui li entrediz apartient ne savoit pas
                                que l’ovre fut fete. {6} Se aucuns estoit hors de païs por la cause
                                de la chose commune et quant il fut revenuz il vost pledier par cest
                                entredit, l’excepcion de un an ne li doit pas nuire&#160;; ainz avra
                                [151rB] un an de terme aprés sa revenue. Et se il avoit meins de
                                .xx. anz tant comme il estoit hors do païs, il convient que uns anz
                                li soit contez aprés ce que il est revenuz et non pas de que il ot
                                acompliz les .xx. anz&#160;; et issi l’escrit li enpereres Pius et
                                tuit li prince. ¶ {7} Li plez est proisiez par cest entredit à tant
                                comme li demanderres a eu de domage en ce que l’ovre a esté fete. Il
                                convient que l’ovre soit depecee si par l’office au juige que la
                                condicion au demandeor soit en totes manieres antre cele comme ele
                                fut se l’ovre de quoi l’en plede n’eust onques esté fete. {8} Il i
                                convient donc aucunne foiz prendre garde à la seignorie, si comme li
                                servise sont perdu por cele ovre qui est fete ou se usaires en est
                                failliz. Et ce avient non pas tant solement quant aucuns fet une
                                ovre, mes quant il la depiece et ill enpire la condicion des
                                servises, ou de l’usaires, ou de la proprieté meisme. {9} Et li
                                domages doit estre proisiez par le seremant que li demanderres fet,
                                ou par l’ofice au juige se il ne puet jurer. {10} Et cil qui a fet
                                par tricherie que il ne puet establir les choses en lor estat doit
                                estre autresi comme se il le puet bien fere. {11} Ce qui est fet en
                                corpe à aucun doit estre restoré par cest entredit et proisié par le
                                juigement au juige. {12} Et por ce que cist entrediz fet restorer ce
                                que l’en a eu de despens<note>de despens] <emph>de desperez</emph>
                                    (?) dans le ms., confusion dans l’emploi des abréviations, cf.
                                    lat. <emph>Quia autem hoc interdictum id quod interest continet,
                                        si quis alia actione fuerit consecutus id quod interfuit
                                        opus non esse factum, consequens erit dicere ex interdicto
                                        nihil eum</emph></note>, se aucuns a recovré par autre
                                aucion le domage que il a eu en ce que l’ovre fut fete, il n’en doit
                                recovrer nule chose par cest entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cist entrediz apartient à cez qui ne porsient pas,
                                se la chose apartient à als. {1} Se aucuns cope par force ou en
                                repost arbres qui ne portent pas fruit, si comme cyprés, cist
                                entrediz apartient au seignor tant solement. Mes se cil arbre
                                estoient en tel leu que aucuns en eust le delit, l’en puet dire que
                                cil qui avoit l’usaire et s’i soloit deporter i a domage et puet
                                user de cest entredit. {2} Se cil qui a fet une chose par force ou
                                en repost la porsiet, il doit soffrir que ele soit ostee et paier
                                les despens&#160;; se il la fist et il ne la porsiet pas, il doit
                                paier les despens&#160;; se il ne la fist pas et il la porsiet, il
                                doit soffrir que ele soit ostee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cist entrediz est aquis au seignor par totes
                                persones, naïs par son oste.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{1} Celsus dit&#160;: se tu prias le bailli que il commandast que tes
                                averseres venist au juigement que il ne te denonças pas novele ovre,
                                il senble que tu aies fet en repost l’ovre que tu as fete dedanz
                                ce.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil fet par [151vA] force qui fet ce en defans, et
                                cil qui fet tant que l’en ne li puet deffendre. ¶ {1} L’en entant
                                que ovre ne soit fete par parole ou par fet&#160;; si comme quant
                                l’en met la main devant, ou quant l’en giete une pierre por cause de
                                defendre la. {2} Cil qui fet seur deffens fet force tant comme la
                                chose est en un estat&#160;; car se s’acorde plus à son averseres,
                                il lesse à fere par force. ¶ {3} Se li heirs à celui qui fesoit une
                                chose seur defens, ou cil qui l’achate de lui, ne set riens do
                                deffens et il parfet l’ovre, Pomponius dit que il n’en chiet pas en
                                cest entredit. ¶ {4} Ce qui est fet en nef ou en autres chose
                                movable, combien que ele soit grant, est contenu en cest
                                entredit&#160;; {5} ou que l’ovre soit fete ou en privé leu ou en
                                commun, ou en seint ou en religios, cist entrediz a leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Pomponius dit&#160;: se li juiges a commandé à aucun que il oste à
                                ses despens l’ovre que il fist par force ou en repost, et uns autres
                                l’oste à force, por ce ne remoint pas que cil à qui il fut commandé
                                ne doie paier les despens. ¶ {1} Se ge commant que mes sers face une
                                ovre, et ge n’ai pas pensé que ele soit fete ne par force ne en
                                repost, mes li sers siet bien que mis averseres la deffendroit se il
                                le savoit, l’e‹n› demande se ge sui tenuz par cest entredit.
                                Et je croi que nanil, car l’en ne doit regar fors à ma persone. ¶
                                {3} Se aucuns a perdu aucunne droiture par l’ovre qui est fete, ele
                                li doit estre rendue par cest entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.24.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se tu trez ma vigne de ma terre en la toe et ele
                                se racine en la toe, li entrediz de ce qui est fet par force ou en
                                repost m’apartient dedanz l’an. Mes se li anz passé, nule aucion ne
                                me remaint et les racines qui sont en ta terre sont toes. ¶ {1} Se
                                aucuns are un champ par force ou en repost, je croi que il est tenuz
                                par cest entredit. Autresi comme se il eust fet une fossé&#160;; car
                                cist entrediz n’a pas leu por la qualité de l’ovre mes por ce que
                                ele est fete en terre. ¶ {3} Se tu maines ton fiens parmi mon champ
                                et je ne le te deffens pas, ja soit ce que ne fois point de domage
                                ne tu ne mues point la maniere de mon champ, neporquant Trebaces dit
                                que tu es tenuz par l’entredit de ce qui est fet par force ou en
                                repost. Mes Labeo dit le contraire, car cil qui est alez parmi mon
                                champ et i a aucunne chose sanz fere ovre nule n’est pas tenuz par
                                cest entredit. ¶ {4} Se aucuns fet sus un sepulcre la getee de sa
                                meson ou sa go[151vB]tiere, ja soit ce que il ne toche pas au
                                sepulcre, neporquant l’en porra pledier contre celui par cest
                                entredit&#160;; car li sepulcres ne contient pas tant solement la
                                terre où li mort sont enterré, mes l’aer qui est desus. Et si puet
                                l’en pledier o lui par aucion de sepulcre brisé. ¶ {5} Se cil qui
                                denonça que il voloit fere une ovre la fist maintenant, l’en entant
                                que il la fist en repost ou par force. Et se il la fist enprés lonc
                                tens, il la fist en repost.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_21">
                <front>
                    <head type="gp">XXI. De quiter denoncement d’ovre <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 25&#160;: <hi rend="i">de
                                    Remissionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.25.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: se il est denoncié à aucun
                                que il ne face une ovre, li denoncemenz vaut&#160;; mes se il est
                                quitez, cil puet fere l’ovre. {1} Les quitences sont proposees soz
                                cest tytre. {2} Et les paroles au prevost mostrent que quitence puet
                                estre fete la où li denoncemenz valut&#160;; et s’il velt que li
                                denoncemenz vaille la où cil qui denonça que l’ovre ne fust fete ot
                                droiture de defendre la, que ele ne fust fete malgrié suen. Et se
                                caucion est donee, ou ele n’est pas donee, la quitence qui est fete
                                abat ce tant solement en quoi li denoncemenz ne fut pas tenables. ¶
                                Mes se caucion est donee, il n’est pas besoinz de quitence. ¶ {3}
                                Cil a droiture de denoncier que l’ovre ne soit pas fete qui a la
                                seignorie dou leu, ou cil à qui il doit servise. {4} Il plet à
                                Julian que cil qui a l’usaire d’un champ puisse chalongier les
                                servises qui sont deu au champ&#160;; et selonc ce, puet il
                                denoncier à son voisin que il ne face ovre par quoi il perde les
                                servises&#160;; et lors, i porra quitence valoir. Mes se il le
                                denonce au seignor, autresi comme maire(?) do champ, quitence n’i
                                vaudra rien, car il ne puet pas pledier contre le seignor. Autresi
                                comme un de ses voisins que il ne puisse edifier plus haut malgré
                                suen&#160;; mes se li usaires en enpiret, il le devra demander.
                                Juliens dit ce maisme des autres à qui lor voisin doivent aucun
                                servise. {5} Et il n’est pas torz que cil qui a pris un champ en
                                gages puisse denoncier que ovre n’i soit fete.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_22">
                <front>
                    <head type="gp">XXII. D’enprunt <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 26&#160;: <hi rend="i">de
                                    Precario</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: enprunz est quant l’en otroie à aucun user de ce
                                que il demande tant comme cil velt qui li otroie. {1} Et ceste
                                cortoisie descent do droit as genz. {2} Et se devise de don, en tant
                                que cil qui done velt que ce que il done soit à celui qui le
                                reçoist«&#160; mes cil qui baille en ceste maniere avra sa chose
                                arriere quant il vodra. {3} Et ce est autresi comme choses prestee,
                                car [152rA] cil qui preste baille issi sa chose que ele n’est pas à
                                celui qui la reçoit, mes il la puet tenir tant comme cil vodra.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;ren ce que tu as
                                par enprunt de celui qui plede o toi, ou que tu as lessié par
                                tricherie à avoir&#160;». {1} Cist entrediz est de restitucion et a
                                en lui naturel lëauté, car il apartient à celui qui velt rapeler ce
                                que il a presté. {2} Et il est droiz que cil à qui ge baillie ma
                                chose n’en use fors tant comme ge vodroi, et que ge la puisse
                                rapeler quant ge avrai muee ma volenté. ¶ {3} Il senble que cil a
                                par enprunt qui a receu la possession d’aucunne droiture ou de chose
                                corporel par ce sanz plus que il proia et enpetra que il li leust à
                                user en.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: si comme se tu me pries que je te lesse aler ou
                                mener ce que tu vodras par un mon champ, ou que ta gotiere soit sus
                                ma meson, ou ta solive sus mon mur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: enprunz est aucunne foiz de choses movables. {1}
                                Il convient que nos sachons que cil qui a aucunne chose par enprunt
                                est tenuz par cest entredit«&#160; {2} et non pas cil qui enprunte
                                la chose, mes cil qui la tient par enprunt. Car il puet bien avenir
                                que aucuns ne enprunta pas la chose, et s’il la tient par
                                enprunt«&#160; si comme se mes sers enprunta une chose, il m’en
                                aquist l’usage, ou aucuns autres qui est sozmis à ma droiture. {3}
                                Et se ge enprunte ma chose moisme, je l’enpruntai, et si ne la tien
                                ge pas par enprunt, car qui reçoit sa chose moisme ne la tient mie
                                par enprunt. {4} Et se aucuns enprunta une chose jusques à un terme,
                                se il la tient aprés le terme, il la tient par enprunt, ja soit ce
                                que il ne l’enprunta pas por tenir la en ce tens«&#160; car desque
                                cil qui li presta s’ofre que il en use aprés le terme, l’en entant
                                que il li preste de rechief.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se li terme à quoi tu enpruntas une chose n’est
                                pas encor venuz et tu pries dedanz ce que il te loise à user an
                                aprés le terme, li enprunz est aloigniez, car la cause de la
                                possession n’est pas muee. Mes se tu enpruntes la chose puis que li
                                termes est passez, li enprunz n’est pas aloigniez, mes uns autres
                                est fez toz noviaus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se li sires muert dedanz ce, il ne puet avenir que
                                li enprunz soit renovelez«&#160; et ce est voirs. ¶ {1} Se mes
                                procurators a enprunté une chose par mon commandemant ou je l’é
                                otroié aprés, l’en puet dire que ge la tieng par enprunt. ¶ {2} Cil
                                qui a proié que l’en lest demorer en un champ ne le porsiet pas,
                                ainz est soz celui qui li otroia à demorer i«&#160; car cil qui a
                                l’usaire do champ, et li coitiverres, et li ostes sont ou champ, mes
                                [152rB] il ne porseant pas. {3} Juliens dit que cil qui mist par
                                force un autre hors de son champ, et puis li proia que il sofrist
                                que il en usast, lessa à porsoer la chose par force et le commoinça
                                à tenir par enprunt. Ne l’en ne doit pas dire que il ait mué la
                                cause de sa possession desque il l’a commoincié à porsoer par
                                enprunt par la volenté à celui que il en mist hors par force&#160;;
                                car se il eust achetié de lui le champ, il eust commoincié à avoir
                                en la seignorie comme acheterres. ¶ {4} Se aucuns me baille sa chose
                                en gage et il me proia que ge li otroiasse à user an, l’en demande
                                se cist entrediz a leu. Et la demande est de ce que nus ne
                                puet user de sa chose par enprunt. Aucuns dient que il n’a point
                                d’enprunt en gage, car li enprunz est de la possesion et ne mie de
                                la proprieté. Mes ceste sentence ne me senble pas bonne, car il
                                avient chescun jor que li deteur prient lor creanciers que il
                                lessent user de lor gages«&#160; et por ce ne faut pas la droiture
                                des gages.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se ge te preste la chose de quoi ge puis retenir
                                la possession par l’entredit de possession, ja soit ce que il poet
                                avenir que ge soie tenuz à rendre en la proprieté, neporquant tu
                                seras tenuz à moi par entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se Tyces me prie que il aist l’usage de la chose
                                Senprone, et ge pri Senprone que il le m’otroit, et il le m’otroie,
                                et je l’otroie à Tyce, Tyces l’a de moi par enprunt, et ge plederai
                                à lui par cest entredit. Et Senprones ne pledera pas à lui&#160;;
                                car les paroles au prevost mostrent que cist entrediz apartiet à
                                celui de qui la chose fut enpruntee et ne mie à celui qui ele est.
                                L’en demande donc se Semprones puet pledier o moi par cest entredit
                                por ce que ge li pria de baillier la chose. Et il est melz que il
                                n’en puisse pas pledier à moi, car ge n’ai pas sa chose, ne je ne
                                l’enpruntoi pas par moi mes por autre«&#160; neporquant, il puet
                                avoir contre moi aucion de mandemant, car il la balla par mon
                                commandemant. ¶ {1} Se aucuns enprunta mes choses de Tyce, il senble
                                que il la tient de son heir por enprunt«&#160; et issi escrivent
                                Sabins et Celsus, et nos usons de cest droit. Il le tendra donc par
                                enprunt de toz les autres heirs. Labeo preuve ce meisme«&#160; et si
                                i ajoint que se cil qui tient la chose ne set que li hers soit,
                                neporquant il tient de l’oir par enprunt. {2} Et se tu me proias que
                                ge te lessasse user de ma chose, et je estrange cele [152vA] chose,
                                veions se li enprunz dure puis que la chose est mise en autrui
                                main«&#160; et il est melz que, se cil à qui la chose est baillie ne
                                rapele le prest, il puisse user de cest entredit autresi comme se il
                                meismes eust presté la chose. {3} Li prevoz volt que cist fust tenuz
                                par cest entredit qui fist par tricherie que il n’a pas la chose que
                                il enprunta. ¶ Cil qui prie que l’en li let user d’une chose ne rent
                                pas par cest entredit ce qui avient en sa corpe mes ce sanz plus qui
                                avient par sa tricherie&#160;; ja soit ce que cil à qui une chose
                                est prestee ne rent pas tant solement ce qui avient par sa
                                tricherie, mes ce qui avient en sa colpe. Et ce est par droit que
                                cil qui prie que l’en li let user d’une chose ne rende fors ce qui
                                avient par sa tricherie, car tot ce descent de la cortoisie à celui
                                qui li ostroia à user an. Et ce est assz se il rent ce qui avient
                                par sa tricherie «&#160; neporquant, l’en dira par droit que colpe
                                procheine à tricherie est contenue en cest entredit, si que la chose
                                soit rendue en son encien estat. Et se ce n’est fet, li
                                condempnemenz sera fez de tant comme li demanderres eust de preu.
                                {4} Se la chose fust restablie des le tens en quoi l’en commença à
                                user de l’entredit, li fruit seront donc rendu do tens qui est passz
                                puis que li entrediz fut proposez. ¶ {5} Se aucuns proia que l’en
                                lessast user do servise qui estoit deuz à aucun et il n’en use pas,
                                si que li servises est perduz, par ce veions se il est tenuz par
                                cest entredit. Et je croi que il n’i est pas tenuz se il ne le fist
                                par tricherie. {6} Et l’en dit<note>dit] <emph>doit</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>Et generaliter erit dicendum…</emph></note>
                                generaument que nus n’est tenuz à restorer par cest entredit, fors
                                ce qui est fet par tricherie ou en sa colpe«&#160; mes puis que li
                                entrediz sera proposz, il convient rendre tote la cause. ¶ {7} Labeo
                                escrit que cist entrediz apartient aprés un an, et nos usons de cest
                                droit&#160;; car por ce que la chose est baillie à user enprés l’an,
                                ce ne seroit pas bien à dire que li entrediz n’eust leu aprés l’an.
                                {8} Li heirs à celui qui enprunt la chose est tenuz par cest
                                entredit comment que il soit, ou se il a la chose, ou se il a fet
                                par tricherie que il ne l’a pas, ou que ele n’est pas venue à
                                lui«&#160; et il est tenuz par la tricherie au mort por tant comme
                                il est venu à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaiuz dit&#160;: Enpru‹n›z puet estre establiz entre cez qui sont
                                presenz et cez qui ne sont pas presenz, si comme par letres ou par
                                mesage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: ja soit ce que aucun proia que il peust user
                                d’une serve [152vB], neporquant ce qui nest de celui est en cele
                                moisme cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: se li detors prie son creancier que il li let user
                                de la chose que il li bailla en gage, li enprunz faut desque li
                                denier sont rendu«&#160; car il ne le poet tenir par enprunt fors
                                jusque lors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meisme dit&#160;: quant il est mis en convenant que cil qui
                                enprunte une chose en use jusque les kalendes de aost, l’en demande
                                se l’excepcion de ceste convenance li puet aidier se l’en li velt
                                oster la chose devant le terme. Et sanz dote la force de ceste
                                convenance n’est nule à ce que il puisse tenir autrui chose malgré à
                                celui qui ele est. {1} Ostroiz de chose enpruntee s’estant jusque
                                l’oir ‹…› à celui qui la reçut&#160;; car li usages en fut ostroiez
                                à lui et ne mie à l’oir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Pomponius dit&#160;: se tes sers enprunta une chose par ton
                                commandemant, ou tu otroias ce que il enprunta en ton non, tu es
                                tenuz par cest entredit, autresi comme se tu meismes l’eusses
                                enpruntee. Mes se tes sers ou tes fiz l’enprunte en son non sanz ton
                                sen, il n’apert pas que tu le aies par enprunt«&#160; mes cil qui la
                                bailla en porra pledier o toi por le chetel ou por ce qui a esté mis
                                en ton preu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li entrediz d’anprunt a esté establiz par droit,
                                car nule citeine aucion n’i puet avoir leu«&#160; car condicion
                                d’enprunt apartient plus à don et à cause de benefice que à autre
                                marchié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: c’est soveroine droiture que aucuns use de noz
                                chose tant comme nos volons. {1} L’e‹n› n’entant pas que li ostes et cil
                                qui ont l’abitacion de noz mesons i habitent par enprunt. {2} Nos
                                poons user par enprunt des droitures, si comme d’avoir noz gogoteres
                                sus autrui terre, ou de metre nos solives sus autrui mur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se je faz mon fil adoptif de celui qui tient
                                une chose par enprunt, je la tendroi autresi par enprunt.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil qui tient un champ par enprunt puet user de
                                l’entredit de possession contre toz, fors contre celui qui li
                                presta.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit que il ne puent pas user d’une chose par enprunt, si
                                que chescun use de tote.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne plus que dui la puent tenir par force ou en repost&#160;; car .ii.
                                possessions ne puent estre ensenble, que eles soient ou loiaus ou
                                deloiaus. {1} Il senble que cil qui enprunte de mon serf enprunte de
                                moi, se ge estable ce que mes sers fet«&#160; et por ce est tenuz à
                                moi par l’entredit d’enprunt [153rA].</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li venderres puet demander les choses que il a
                                vendues par tel convenant que li acheterres les ait par prest, tant
                                que toz li pris soit paiez, se il est remés en l’acheteor que il
                                n’est paiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.26.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se cil qui porsiet autrui chose prie le seignor
                                que il li otroit à retenir en la possession, ou cil qui a enprunté
                                autrui chose en prie le vendeor, il apert que il porsiet par enprunt
                                «&#160; ne l’en ne doit pas dire que il moisme movent la cause de la
                                possession quant li seignor lor otroiet à porsoer lor choses. {1} Se
                                uns orfelins prie sanz auctorité à celui qui l’a en garde que il
                                puisse user d’une chose, il l’a par enprunt, et est tenuz par cest
                                entredit«&#160; car il n’a nul besoing de l’autorité à celi qui l’a
                                en garde por tenir la chose plus naturelement. Et l’en dit que il
                                tient la chose par enprunt, car il la tient por ce que il li pria
                                que il li leust à tenir la. Ne li prevoz ne est establi ci nule
                                novele chose«&#160; car se il a la chose, il i est tenuz«&#160; et
                                se il ne l’a, il n’i est pas tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_23">
                <front>
                    <head type="gp">XXIII. De coper arbres <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 27&#160;: <hi rend="i">de
                                    Arboribus cœdendis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.27.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;se uns arbres pent en
                                son champ sus la meson ton voisin et tu ne le velz oster, je deffant
                                que force ne li soit fete que il ne li loise à oster le et
                                avoir&#160;». ¶ {1} Cist entrediz est de deffensse. {2} Mes se uns
                                arbres pent sus autrui meson, l’en dote se li prevoz commande à
                                coper tot l’arbre, ou tant sanz plus comme il en pent sus la
                                meson. Et Ruptilius dit que il doit estre copez pres de terre,
                                et issi plest il à plusors. Et Labeo dit que se li sires ne velt
                                coper l’arbre, il est otroié à celui à qui il nuist que il le cope
                                et l’enport. {3} Les vignes sont contenues par non d’arbre. ¶ {4}
                                Cist entrediz apartient non pas tant solement à celui qui en a
                                l’usaire&#160;; car ce est ses preuz que li arbres ne pende pas sus
                                la meson. {5} Et se il pent sus meson qui est commune, chescuns des
                                seignors a cest entredit«&#160; et chescuns l’a tot, autresi comme
                                chescuns puet chalongier toz les servises. ¶ {6} Li prevoz
                                dit&#160;: «&#160;se tu ne le velz oster, je defant que force ne li
                                soit fete que il ne li loise à oster le&#160;». L’en te donne
                                premierement poer d’oster le«&#160; et se tu ne l’ostes, il defant
                                que force ne soit fete à ton voisin qui le velt oster. ¶ {7} Li
                                prevoz dit aprés&#160;: «&#160;se li arbres qui est en ton champ
                                pent sus le champ ton voisin, se tu ne le velz trere ariere .xv.
                                piez loing de sa terre, je deffant que force ne li soit fete que il
                                ne li loisse à trere le arriere et avoir en les branches&#160;»
                                [153rB]. {8} La loi des .xii. tables commande ce moisme, que li
                                prevoz dit que li arbres à un des voisins soient .xv. piez loing dou
                                champ à l’autre&#160;; et ce fut fet que l’umbre des arbres ne neust
                                as voisins chans. {9} La difference des .ii. mambres de cest
                                entredit est tele que se li arbre pendent sus la meson, l’en
                                commande que il soient osté&#160;; et se il pendent seur champ, l’en
                                commande que il soient trez .xv. piez arriere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.27.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se uns arbres s’encline do champ son voisin seur
                                le tuen par force de vent, tu puez par droit pledier o lui par la
                                loi des .xii. tables que il l’ost et que il ne li let pas issi.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_24">
                <pb n="268"/>
                <front>
                    <head type="gp">XXIV. De cuillir glant <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 28&#160;: <hi rend="i">de Glande
                                    legenda</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.28.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete à ton voisin que il ne li loisse à cuillir et à oster
                                dedanz tierz jor la glant qui est cheeste de son champ el
                                tuen&#160;». {1} Par non de glant sont tuit fruit contenu.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_25">
                <front>
                    <head type="gp">XXV. D’amener avant franc home <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 29&#160;: <hi rend="i">de Homine
                                    libero exhibendo</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.29.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;tu amoignes avent le
                                franc home que tu retienz par tricherie&#160;». {1} Cist entrediz
                                est proposez por cause de garentir franchise que franc home ne
                                soient retenu par nul.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.29.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: car cil qui n’ont pas poer d’aler la où il
                                volent ne se devisent pas molt de servage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.29.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: la loi que Favius fist porvit ce meismes«&#160;
                                ne cist entrediz ne tost pas que l’en ne puisse user de cele loi,
                                car l’en puet pledier par cest entredit, et puis par la loi que
                                Favius fist. Et encontre ce, cil qui a pledié par cele loi ne pert
                                pas por ce que il ne puisse user de cest entredit. ¶ {1} Ce que li
                                prevoz dit, «&#160;le franc home&#160;», apartient à toz frans homes
                                de quel aage et de quele nature que il soient&#160;; et combien que
                                il an i ait, ou un ou pluseurs&#160;; et comment que il soient, ou
                                en bail ou ors de bail. {2} Nos ne regardons fors sanz plus savoir
                                mon se il est frans«&#160; neporquant, cil qui l’a en sa poeté ne
                                sera pas tenuz par cest entredit, car il ne senble pas que cil face
                                tricherie qui use de sa droiture. ¶ {3} Se aucuns retient celui que
                                il a racheté de ses ennemis, il n’est pas tenuz de cest entredit,
                                car il ne le fet pas par tricherie«&#160; mes se l’en li offre le
                                pris, li entrediz avra leu. Et se il l’en lessa aler sanz le pris et
                                il le velt puis tenir, li entrediz avra leu. {4} Et se aucuns
                                retient son fiz qui n’est pas en sa poeté, il senble que il le
                                retient sanz tricherie, car la doble pitié li fet retenir sanz
                                tricherie, se l’en n’i voit aperte tricherie. Et se aucuns retient
                                celi que il franchi ou celui que il a norri [153vA], l’en dira ce
                                moismes. Et generaument quiconques a droite cause de retenir franc
                                home o lui, il n’apert pas que il le tiegne par tricherie. {5} Et se
                                aucuns le retient par sa volenté meisme, neporquant i l’a deceu tant
                                que il s’i acorde, ne il ne le tient pas par probable reson, l’en
                                dira par droit que il le tient par tricherie. ¶ {6} Cil qui retient
                                un franc home por ce que il cuide que il soit sers, ne le tient pas
                                par tricherie. Mes se il le tient puis que il le set que il est
                                frans, ce n’est pas sanz tricherie. {7} Et se il dote se il est
                                frans ou serf, ou il plede o lui por son estat, il convient lessier
                                cest entredit et tretier la cause de la franchise«&#160; car li
                                entrediz n’a leu fors quant l’en set certoinement que aucuns est
                                frans. Et se l’en enquiert de son estat, il ne convient pas
                                enpeechier la connoissence. ¶ {8} Li prevoz dit&#160;: «&#160;tu
                                amoignes avant&#160;». Amener avant est fere que l’en les puisse
                                voier et atochier&#160;; et ce est, proprement, «&#160;voier hors
                                d’enfermeture&#160;». ¶ {9} Cist entrediz apartient à toz, car l’en
                                ne doit deffendre à nul que il ne plede por franchise. {10}
                                Neporquant, les persones soupecenoses en doivent estre mises arriere
                                par droite cause, se ce est par aventure tel persone de quoi il
                                senble verité que ele acuse à tort à son escient. {11} Et se feme ou
                                orfelins velt user de cest entredit por son coisin ou par son
                                parent, l’en li doit otrier&#160;; car il puent acuser en commun
                                juigement quant il porsivent le tort qui est fet à aus ou à lor.
                                {12} Et se il sont plusor qui en voillent pledier, li prevoz doit
                                eslire au quel la chose apartient plus, et celui qui est plus
                                convenables. Et il doit estre esleuz par lignage, ou par sa volenté,
                                ou par sa dignité. {13} Et se uns a pledié par cest entredit et uns
                                autres en velt pledier aprés, l’en doit dire que ce ne li doit pas
                                estre ostroié legierement se il ne puet prover que cil qui en pledia
                                avant i fist tricherie. ¶ Cist entrediz porra dons estre meulz donz
                                plus d’une foiz quant la cause sera coneue. Et se cil qui tient le
                                franc home est condempnz, et il velt melz paier le pris do plet que
                                amener le avant, l’en porra à lui pledier de rechief par cest
                                entredit. {14} Et Labeo dit que, se il se deffent, l’en sesira ses
                                biens. ¶ {15} Cist entrediz est pardurables.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.29.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: «&#160;se aucuns retient un franc home qui ne
                                set pas son estat, se il le fet par tricherie, il sera contrainz de
                                le amener avant&#160;». ¶ {1} Trebacius dit que cil n’est pas tenuz
                                par cest entredit qui a acheté [153vB] par bone foi franc home en
                                leu de serf, si que il ne tient pas en nul tens par tricherie. ¶ {3}
                                Cist entrediz n’apartient pas au creancier que ses detors soit amenz
                                avant«&#160; car nus n’est contrainz d’amener avant le detor qui se
                                repont, mes l’en sesist ses biens par le commandemant au
                                prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_26">
                <front>
                    <head type="gp">XXVI. D’amener avant enfant <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 30&#160;: <hi rend="i">de
                                    Liberis exhibendis, item ducendis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.30.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: «&#160;se tu as fet par tricherie ou cil ou cele
                                qui estoit en la poeté Tyce n’i est mes, amoine le avant&#160;». ¶
                                {1} Cist entrediz est proposez contre celui de quoi aucuns velt que
                                il amoint avant celui que il dit qui est en sa poesté. Et par ce
                                apert il que il apartient à celui en qui poesté aucuns est. ¶ {2} Li
                                prevoz ne contient pas en cest entredit la cause por quoi cil tient
                                l’enfant, qui le doit amener avant, ainz velt en totes manieres que
                                il soit renduz. ¶ {3} Mes se aucuns le tient, qui le doit melz tenir
                                que ses peres par droite cause, li enpereres Pius escrit que l’en li
                                doit secorre par excepcion. {4} Et autresi est juigié que il n’est
                                pas en la poesté à celui qui le demande, se li juigemenz a esté fez
                                à tort&#160;; si porra l’excepcion de chose juigie estre opposee à
                                cez qui plederent par cest entredit. ¶ {5} Se aucuns ne velt tolir
                                sa fille que je ai prise à feme, et velt que ele soit amenee avant,
                                voions se excepcion me doit estre donee contre cest entredit se li
                                peres velt departir le leal mariage, qui est ja par aventure confemz
                                par enfanz. Et nos usons de certoin droit que li leal mariage ne
                                soient pas troblé par la droiture de la poesté au pere«&#160; et li
                                peres doit estre amonestez que il ne s’en aforce pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.30.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: se li mariz<note>mariz] <hi rend="i">marir</hi>
                                    dans le ms.</note> puet trere en cause le pere sa feme por amener
                                le avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.30.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit aprés&#160;: «&#160;se Seyn est en
                                la poesté Tyce, je deffant que force ne soit fete à Tyce que il ne
                                li loise amener l’en&#160;». ¶ {1} Li entredit devant apartient de
                                mener avant les enfanz et les autres de quoi nos avons parlé
                                avant«&#160; et cist apartient de mener les, en que cil les en
                                puissent mener en qui poesté il sont. ¶ Li entrediz devant, qui est
                                de mener avant les enfanz, est appareillemenz à cestui par coi cil
                                qui en puet estre menz fu amenez avant. {2} Et cist entrediz puet
                                estre donz por iceles moismes causes par coi cil devant est donz.
                                Quanque nos deismes donc en celui doit avoir leu en cestui. {3} Cist
                                entrediz n’apartient non pas contre le fil moismes que [154rA]
                                aucuns en velt mener, mes contre celui qui le deffant. Mes se il dit
                                que il n’est pas en sa poesté, li entrediz cesse tant que l’en ait
                                enquis par devant le prevost se il est en sa poesté ou non. ¶ {4}
                                Julians dit que quant l’en plede par l’entredit de mener en avant
                                enfanz, et cil por qui l’en plede a moins de .xiiii. anz, il
                                convient aucunne foiz entendre que il ait les .xiiii. anz et aucunne
                                foiz amener le mointenant avant. Et ce doit estre establi selonc les
                                persones à cez qui pledent ensenble et selonc la maniere de la
                                cause. Car se cil qui dit que il est peres à l’enfant est plains de
                                sens et de lealté, il rendra l’enfant que il ait passé .xiiii.
                                anz«&#160; mes se il est bas home et desloiaus, il doit estre
                                mointenant amenez avant. Mes se li uns et li autres est sopecenés
                                comme desloiaus et d’aperte malice, il convendra ordener au quel li
                                enfes remoindra tant que il soit en aage. ¶ {5} Se li peres prove
                                que ses filz est en sa poesté, la mere sera plus fort à retenir le.
                                Et issi est contenu en establissement, en quoi la mere gaagna por la
                                felonie au pere que li filz li demorat, sanz amenuisier la droiture
                                au pere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.30.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Affricans dit&#160;: se aucuns dit que il est hors d’autrui poesté et
                                ge di que il est en ma poesté et que il a receu heritage par mon
                                commandemant, il convient pledier de l’eritage et de la droiture de
                                mener en le fil.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.30.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se li filz est ou aucun de son gré, cist
                                entrediz n’i avra leu, cal il est à lui et ne mie à autre&#160;; car
                                il avra franche poeté d’aler s’en ou de remaindre, se li plez n’est
                                entredeus, de quoi chescuns dit que il est ses peres, et li uns velt
                                que li autres le maint avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_27">
                <front>
                    <head type="gp">XXVII. De l’entredit de possession de chose movable <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 31, 32&#160;: <hi rend="i">de
                                    Utrubi, et de migrando</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.31.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;je deffant que force
                                ne soit fete que cil n’en maint cest home o qui il a esté de
                                greignor partie de l’an&#160;». ¶ {1} Cist entrediz apartient à la
                                possession des choses movables. Et sa force est oele à l’entredit de
                                possession des choses movables, qui apartient as choses qui ne sont
                                pas movables«&#160; et en cest entrevainc cil qui a la possession de
                                la chose que ses averseires demande, et ne l’a ne par force, ne en
                                repost, ne par enprunt.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.32.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;se li hom de qui l’en
                                plede n’est pas de chose de quoi convenanz fut fez entre toi et ton
                                aversere, et se les choses qui furent aportees ou amenees, ou fetes
                                ou nees, en l’abitacion de quoi l’en [154rB] plede ne te furent pas
                                obligié et por le loer de l’abitacion, ou eles furent obligees mes
                                li loiers t’en a esté paiez, ou satisfacion t’en a esté fete, ou il
                                est remés en toi que il ne t’a esté paiez, je deffant que force ne
                                soit fete à celui qui les i amena que il ne les en puisse
                                mener&#160;». ¶ {1-2} Cist entrediz est proposez à l’oste qui s’en
                                velt aler quant a poié le loier de sa meson, et il apartient au
                                coitiveor à qui l’en puet secorre hors d’ordre. {3} Et se habitacion
                                a esté baillie à aucun sanz loer, cist entrediz li apartient desque
                                il n’en doit loier. {4} Et Labeo dit que cist entrediz n’a pas leu
                                se cil qui en velt user n’est apareilliez<note>apareillez]
                                        <emph>apareiller</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>nisi
                                        paratus sit eam pensionem solvere</emph></note> de poier le
                                loier que il doit. Et por ce, se tu as poié le loier de .vi. mois et
                                tu doiz encor celui d’autres .vi., tu ne puez pas user de cest
                                entredit devant que tu aies tot poié de .vi. mois qui sont à venir.
                                Se il fut mis especiaument en convenient que il ne liroit pas à
                                    l’oste<note>oste] <emph>ostel</emph> dans le ms.</note> de
                                partir de la meson devant un an, ou devant un certein terme.
                                Autressi est il se aucuns l’a loié à deus anz ou à trois et il ne
                                sont pas encor passé«&#160; car por ce que li gage sont obligié par
                                tot le loage, li entrediz n’avra pas leu se il ne sont aquité. ¶ {5}
                                L’en doit savoir que li prevoz ne demande pas que les choses soient
                                à celui qui a pris la chose à loage, mes que il les i ait aportees
                                par non de gage. Et por ce, se eles sont estranges, et eles sont
                                teles que eles ne puet pas estre tenues en gage, neporquant eles i
                                sont amenees par non de gage, cist entrediz avra leu. Mes se eles ne
                                furent pas amenees par non de gage, eles ne porront pas estre
                                retenues. {6} Cist entrediz est pardurables et est donz as heirs et
                                encontre les heirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.32.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’en ne dote pas que cist entrediz n’apartiegne à
                                l’oste, naïs par les choses qui ne sont pas seues, ainz i sont par
                                aventure prestees, ou loees, ou baillies en garde.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_28">
                <front>
                    <head>XVIII. Quel chose est mobles.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Quel chose est moebles&#160;? Quel chose est conquez&#160;? Quel chose
                            est héritages&#160;?</p>
                        <p>Héritages est édefices, doiz d'eue, chans, prez, vignes, jardins, bois,
                            estans, bêtes sauvages, sers, et plusors autres choses. Et tex choses
                            ont cors. Estres (<emph>en outre</emph>) uns autres héritages qui n'ont
                            point de cors&#160;: comme cens, marchiez, foires, paages, reliés,
                            rachat, servise, usage, com an vois, comme en aler et à venir par autrui
                            champ, et plusors autres choses semblables. Et tex héritages n’ont pas
                            cors.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Mobles si est toz blez qui sont cuiliz, et toz vins et toz autres fruiz
                            cuilliz. Et si blez n’est cuilliz, et il soit en terre qui soit gaagnée
                            à seson, c'est mobles«&#160; et vigne fere à seson«&#160; et fein de
                            pré, dès marz. en amont«&#160; fruit des jardinz, de mars en amont.
                            Dras, linge et lange, tote garnison d'ostel, or, argent, pierre qui
                            n'est mise en ovre, pressoirs, bois copez, totes bêtes privées&#160;:
                            tex choses sont mobles, et ont cors. Uns autres mobles sont comme
                            oignon.</p>
                        <p>Se ge achète les fruiz d'un héritage, et les issues d'une terre, et un
                            doere, et un usage à un tens&#160;: tex mobles n'ont pas cors.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Conquez si sont en trois manières&#160;: li uns si sont en héritages <pb
                                n="269"/>qui ont cors, et en héritages qui n'ont pas cors«&#160; et
                            en mobles qui ont cors, et en mobles qui n'ont pas cors.</p>
                        <p>A totes les foiz que ge achète héritage, quel qu'il soit, de ma gaagne,
                            ou des fruiz et de ma tere, c'est conquez.</p>
                        <p>Feme conquiert ausi bien comme home.</p>
                        <p>A totes les foiz que ge aquier mobles par ma marcheandise, ou par mon
                            labor, c'est conquez de mobles.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_29">
                <front>
                    <head type="gp">XXIX. [154vA] ‹De l’entredit de gage›<note>Cet intitulé ne se
                            trouve pas dans le corps du manuscrit. Nous l’avons rétabli à sa place à
                            l’aide de la table des rubriques.</note></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 43, tit. 33&#160;: <hi rend="i">de
                                    Salviano interdicto</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {43.33.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se uns coitiverres a amené une serve ou champ par
                                non de gage et il la vant, il convient que li enfes qui nest de lui
                                en la meson à l’acheteor soit renduz par l’entredit de gage. {1} Se
                                uns coitiverres a amenees ses choses el champ à .ii. homes par non
                                de gage, si que eles soient totes obligies à chescun, chescun d’eus
                                porra pledier par cest entredit contre un estrange. Et se il pledent
                                li uns à l’autre por ce que lor cause est oel, la condicion à celui
                                qui porsiet sera la meillor. Mes se les choses furent obligees par
                                parties, profitable aucion lor apartendra contre les estranges et à
                                l’un contre l’autre, par quoi chescuns prendra sa part de la
                                possession. {2} Il convient garder ce moisme se li coitiverres
                                obliga par non de gage la chose qui estoit commune à lui et à un
                                autre coitiveor, car la moitié en sera retenue par non de gage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {43.33.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se aucuns a porté gages ou champ qui est commun à
                                deus, cil qui le porsevra veincra par cest entredit, et il en
                                convendra descendre en aucion de gage.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
