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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
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            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
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                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
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                </availability>
            </publicationStmt>
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                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu'elle apparaît dans l'édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI DIX-HUITIESMES LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI DIX-HUITIESMES LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="273"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. Ci commence la segonde partie et li septimes livres de
                        Digeste nove. Cis titres est d’obligemenz de paroles <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 45, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    l’erborum obligationibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: convenance ne puet estre fete se li uns et li
                                autres i e parole&#160;; et por ce, ne muz, ne sorz, ne cil qui ne
                                puet parler ne puent fere convenance, ne cil qui est hors do
                                païs&#160;; car li uns doit oïr l’autre. Se aucuns de cez velt donc
                                fere convenance, si la face par un de ses serf qui soit
                                presanz&#160;; et issi li sera aquisse la convenance et aucion par
                                la convence. ¶ Et se aucuns velt estre obligiez, si commant à son
                                serf que il s’oblige [160rB] por lui et il sera obligiez par son
                                commandemant. {1} Et cil qui demanda une chose et s’en parti ainz
                                que l’en li respondist, n’a pas aquis la convenance. Mes se il s’en
                                parti tantost comme il ot demandé et puis s’en vint arriere et l’en
                                li respondi, lors il i a obligement&#160;; car l’espace do tens que
                                il s’en ala ne ne corront pas la convenance. ¶ {2} Se aucuns demande
                                issi à un autre&#160;: donras me tu ce&#160;? Et il respont oïll, il est
                                obligiez. Mes il est autrement se il l’ostroia sanz paroles&#160;;
                                car il n’est obligiez ne citoiennement, ne naturelement&#160;; et
                                por ce, dit l’en que plege n’est pas obligiez par lui. ¶ {3} Se l’en
                                demande à aucun simplement et il respont soz condicion, il est
                                certaine chose que il n’est pas obligiez. Et se l’en li demande
                                issi&#160;: «&#160;donras me tu ce as kalandes ?&#160;», et il
                                respont&#160;: «&#160;je le te donroi es ydes&#160;», il n’est pas
                                obligiez&#160;; car il n’est pas respont à ce que l’en li demande.
                                Et encontre, se l’en li demande par condicion et il respont
                                purement, l’en doit dire que il n’est pas obligiez. ¶ Quant l’an
                                ajoint aucunne chose ou sostret à obligement, l’en doit dire que li
                                obligemenz est corrumpuz se il n’i a diverses responses&#160;; car
                                lors senble il que ce soit autre convenance. ¶ {4} Se je te demandoi
                                se tu me donroies .x. livre, et tu respondis que oïl .xx., il est
                                certaine chose que tu n’i es obligiez que à .x. Et encontre ce, se
                                je te demandoi .xx., et tu respondis que tu me donroies .x., li
                                obligemenz ne vaut fors les .x.&#160;; car ja soit ce que il
                                conveigne que il se consantant à la some, neporquant il est aperte
                                chose que .x. sont contenu en .xx. ¶ {5} Et se ge te demandoi se tu
                                me donrois un serf, et tu respondis que tu me dorrois celui et un
                                autre, tu n’i est obligiez à donner moi fors celui que je te
                                demandoi. Car s’il i a autretant de convenances comme de cors, il ac
                                deus convenances de quoi l’une vaut et l’autre ne vaut rien&#160;;
                                ne cele qui vaut n’est pas perdue por cele qui ne vaut rien. {6} Il
                                n’a point de difference se l’en respont ou lengage moismes ou l’en
                                demande ou en autre. Et por ce, se aucuns demande en latin et l’en
                                li respont en grec, por tant que la responsse s’acorde à la demande,
                                il i a droit obligement. ¶ Nos entendons ce de grec et de latin tant
                                solement, mes l’en dote des autres lengages. Et Sabins escrit, et ge
                                croi que ce est voirs, que toz lengages contient obligemenz par quoi
                                li uns entende l’autre ou par lui ou par verai latinier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se unes des convenances sont fetes par
                                juigement, les autres par le prevost, les autres par acort, et les
                                autres sont communes à celes qui sont [160vA] fetes par juigement et
                                à celes qui sont fetes par le prevost. ¶ Celes qui sont fetes par
                                juigement sont celes qui vienent de pur office au juige, si comme
                                caucion qui est donee por poor de tricherie. ¶ Celes qui sont fetes
                                par prevost sont cez qui vienent de pur office au prevost, si comme
                                caucions que aucuns donne que domages ne vindra par lui à son
                                voisin. Il convient entendre les convenances qui sont fetes par le
                                prevost si que celes i soient comprises, qui sont fetes par les
                                voers, car celes vienent par la juiridiction au prevost. ¶ Celes qui
                                sont fetes par acort sont celes qui li pledeur font per commun
                                assentement. Et de celes i a il pres d’autretant de manieres comme
                                il est de marchiez&#160;; car eles sunt fetes par obligement de
                                paroles et vienent de marchié qui a esté fez. ¶ Les communes
                                convenances sont si comme quant<note>quant] <emph>que</emph> dans le
                                    ms. confusion dans l’usage des abréviations, cf. lat.
                                        <emph>Communes sunt stipulationes veluti rem salvam fore
                                        pupilli</emph></note> la chose à l’orfelin soit sauve&#160;;
                                car prevoz commande que caucion soit donnee que la chose à l’orfelin
                                sera sauve, et li juige li commandent aucunne foiz se la chose ne
                                puet estre depecee en autre maniere. Convenance de rendre chose à
                                dobles vient dou juige ou de bennissement as voeirs. ¶ {1}
                                Convenance est une concepcion de paroles par quoi cil à qui l’en
                                demande se il fera ou dorra aucunne chose, respont que oïll. {2}
                                Caucion est une convenance qui s’i oblige celui qui promet que autre
                                s’i obligent o lui et prometent ce meisme. ¶ {4} Se tu promez deners
                                et tu i mez paine se il ne sont paié, et un de tes hoirs en paie sa
                                partie et li autres n’en paie pas la soe, la paine est deue tant que
                                li autres ait paié sa part. Autresi est il de paine qui est establie
                                en mise, se li uns obeist à la sentence à l’arbitre et li autres n’i
                                obeist pas&#160;; mes cil qui n’i obeist pas doit restorer le domage
                                à celi qui obeist, car l’en ne puet en tels convenances establir
                                nule autre chose sanz fere tort à cez à qui eles sont fetes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil à qui il est deffendu que il ne mete main en
                                ses biens aquiert ce qu’i li est convenencié&#160;; mes il ne puet
                                riens rendre ne estre obligiez par promesse que il face. Et por ce,
                                ne puet il donner pleige ne plus que li forsenez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant condicion qui ne puet avenir est mise en
                                fere aucunne chose, ele nuist à la convenance. Mes il est autrement
                                se tel condicion est mise en convenance «&#160;ge te donroi ce se ge
                                ne monte o ciel&#160;»&#160;; car ceste condicion est presente et
                                profitable, et la promesse doit estre rendue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se Tyces et Sey firent chescuns par soi tel
                                convenance ou un home&#160;: «&#160;tu me [160vB] promz à donner tel
                                champ se tu ne le donnes à celui&#160;», il est tenuz à doner le ne
                                à l’un ne à l’autre devant que il en soit trez en cause. Et por ce,
                                cil qui tret premierement en cause a la meillor condicion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: nos usons de tel droit que se tel convence est
                                fete, que se Tyces ne vient en Lonbardie dedanz les kalendes de moi
                                tu me promez à doner .x. livres, l’en ne puet rien demander devant
                                que l’en sache certeinement que Tyces ne vindra pas en Lonbardie
                                dedanz ce jor, ou que il n’i est pas venuz quant que ce soit, ou à
                                sa mort, ou à sa vie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se je te faz tel convenance&#160;: «&#160;tu me
                                promez à donner .x. sols ou .v.&#160;», tu ne me doiz que .v. Et se
                                tu me promz à doner deners dedanz les kalendes de genver ou dedanz
                                celes de fevrier, autretant vaut comme se ge eusse mis en convenant
                                que tu les me rendisses dedanz les kalendes de fevrier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se tu me dois Stic ou Panphile par convenance
                                d’els, l’autre est fez miens par autre cause, tu me doiz l’autre.
                                {1} Promesse qui est fete à rendre toz les anz est certaine et
                                profitable et est finee par la mort à celui qui ele est
                                promesse&#160;; autressi comme li lés qui est paiez chescun an faut
                                par la mort à celui qui il fut lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: cil qui promet .ii. foiz une meisme chose n’est
                                tenuz par droit à rendre la que une foiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se une chose m’et promesse qui me estoit deue
                                par autre promesse, cil qui la me promist sera obligiez par la
                                derreniere promesse&#160;; car la premiere est ausi comme nule.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: nos savons generaument que vilaines convenances
                                ne sont de nule valeur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se promesse m’et fete d’une chose par condicion,
                                la convenance vaut se la chosse n’est pas moie el tens que la
                                condicion avient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.32}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se il ot erreur el non do serf de coi nos
                                feismes convenance et nos nos assentissmes el cors, la convenance
                                vaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.33}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se uns sers fut promis à certein terme et il
                                muert ainz le terme, cil qui le promist n’i est pas tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li sires met en convenant que une chose soit
                                donnee à son serf, ou li peres à son fil, il aquiert à lui
                                meisme.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se mes fiz met en convenant que aucunne chose
                                soit donnee à mon serf, il aquiert à moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.42}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: cil à qui une chose est promise à paier en cest
                                an ou en ce mois, l’en ne la demandera pas par droit devant que li
                                anz ou li mois soit passez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.46}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: nos fesons par droit convenance que une chose nos
                                soit donnee [161rA] d’ore en .c. anz&#160;; car li obligemenz est
                                presanz et li paiemenz est deloiez juques au terme. ¶ {1} Ce qui est
                                en fet ne puet estre delaié jusqu’au jor de la mort à celui qui le
                                promet, si comme tu promez à venir en Alixandre quant tu morras. ¶
                                {2} Se je faz tel convenance&#160;: «&#160;tu me rendras ce quant tu
                                vodras&#160;», la convenance ne vaut rien. Et li autre dient que ele
                                ne vaut rien se tu muerz ainz que tu t’obliges à paier&#160;; et ce
                                est voirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.47}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se convenance est issi fete&#160;: «&#160;tu me
                                promez que tu me rendras ce que tu me doiz as kalendes de
                                moi&#160;», la chose ne doit pas estre rendue orendroit mes au
                                terme, c’est as kalendes de moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.55}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant aucuns met en convenant que une chose
                                soit donnee à lui ou à Tyce, ele n’est pas deue as hoirs Tyce. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.56}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{4} Se uns hons fet tel convenance&#160;: «&#160;tu me promz à doner
                                .x. livres en ma vie&#160;», il les puet maintenant demander par
                                droit. Et se ses hoirs la demande, il doit estre mis arriere par
                                excepcion de convenant, car il est aperte chose que cil qui fist la
                                convenance ne volt que ses hoirs les demandast.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.59}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: totes les foiz que aucuns met en convenant que
                                oiles li soit renduz à terme ou soz condicion, il convient regarder
                                à proisier l’uile conbien il valoit quant il dut estre randuz, car
                                lors puet il estre demandez par droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.60}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: autresi est il se une mesure d’uile fu promise
                                à rendre à Capes&#160;; car l’en puet demander le peis que il valut
                                el tens que l’en pot premerement venir à Capes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.74}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: les unes convenances sont certaines et les autres
                                ne sont pas certaines. La chose est certaine de quoi il apert quant
                                ele est promise quele ele est, et comment ele est granz&#160;; si
                                comme quant l’en promet .x. livres, ou le<note>le] <emph>len</emph>
                                    dans le ms., signe d’abréviation excédent</note> champ qui fut
                                Tyce, o .c. muis de bon fromant, ou .c. sestiers de trop bon vin
                                champenois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.78}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li fiz qui estoit en baill fist une
                                convence soz condicion et fu mis hors do baill et la condicion avint
                                aprés, la convenace est aquise à son pere&#160;; car nos gardons as
                                convenances au tens où eles sont fetes. ¶ {1} Se je fis convenance
                                d’un champ, li fruit qui furent lors ne vienent pas en la
                                convenance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.80}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: totes les foiz que il a aucunne parole doteuse
                                en convenances, il est droiz que ele soit entendue, si que la chose
                                de quoi la convence est fete soit asseur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.84}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se tu me promeis à fere meson et li tens est
                                passz que tu la peusses fere, tu puez estre deli[161rB]vrez se tu la
                                fez, ainz que je en aie commoincie à pledier. Ce ne te vaudra rien
                                se tu la fez aprés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.86}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: ce que l’en dit, que il i a autretant de
                                convenances comme de choses, a lieu la où les choses sont
                                nonmees&#160;; car se eles ne sont nonmees, il n’i a que une
                                convenance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.88}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: la demeure au detor nuist à son plege. Mes se
                                li plege offre le serf, donc il est plege, et li deteurs ne velt pas
                                que il soit paiez et li sers muert, l’en doit secorre au pleige. Et
                                se li plege occist le serf, li deteurs est delivrés, et li plege
                                puet estre trez en cause por la convenance.¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.97}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{2} Se convenance est issi fete&#160;: «&#160;tu me promz à donner
                                .x. livres se je te praing à mari&#160;», je croi que aucion n’est
                                pas donnee por tel convenance. Autresi est il se la feme promet à
                                l’ome autrement que par doaire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.109}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se je te faz tel convenance&#160;: «&#160;tu me
                                donras .x. livres ou .xv.&#160;», les .x. me sont deues. Et se je di
                                issi&#160;: «&#160;tu les me donras aprés un an ou aprés .ii.
                                anz&#160;», eles me sont deues aprés .ii. anz&#160;; car l’en garde
                                ce es convenances&#160;: la meneur some et ce qui est deu à plus
                                lonc terme vient en l’obligemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.114}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se je ai mis en convenant que uns chans me soit
                                bailliez à un certain jor, et il est remé por celui qui le me dut
                                baillier que il n’a esté baillié au jor, je conquerrai seur lui tant
                                comme je eusse de preu se li chans m’eust esté bailliez au
                                terme.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.123}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinians dit&#160;: se promesse est fete por fere un mesfet, ele ne
                                vaut riens des le commencement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.125}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant tu me promez que tu feras ce que il te
                                convient fere, nule chose n’est contenue en la convenance fors ce
                                que tu doiz el jor que ele est à fere&#160;; et ce mostrent les
                                paroles de la convenance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.130}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se l’en dit que la convenance que li peres fet au
                                non son fil vaut au fill autresi comme se il meismes la feist, est
                                voirs es choses que puent estre aquises au pere. Mes se la promesse
                                est en fet, ele ne vaudra rien en la persone au fill&#160;; si comme
                                se la convenance est que il li loisse à avoir voie ou charriere
                                parmi un champ, et se li filz fet convenance que il loisse à son
                                pere à avoir la, il li aquerra cele droiture&#160;; car il puet bien
                                aquerre à son pere ce qui ne puet valoir à sa persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.134}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{3} Cil meismes dit&#160;: quant une promesse est fete de pluseurs
                                convenances, ja soit ce que il i a pluseurs demandes et pluseurs
                                responsses, neporquant il doit estre autresi comme s’il eust une
                                promesse en chascun convenant [161vA].</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.136}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se la chose de quoi la convenance est<note>est]
                                        <emph>est est</emph> dans le ms.</note> fete est apelee par
                                divers nons, ce que li uns l’apele par un non et li autres par autre
                                ne depiece pas l’obligement. ¶ {1} Se aucuns a fet obligement que
                                voie li soit donnee à aler parmi son champ et il vent aprés le
                                champ, ou tot, ou en partie, ou ce que il i a, la convenance
                                faut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.1.140}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant plusors choses orent esté proposees, une
                                convenance fut issi fete&#160;: «&#160;tu me promez à donner totes
                                ces choses qui ont avant esté escrites&#160;»&#160;; il est propre
                                chose que il i ait autretant de convenances comme il i a des choses.
                                ¶ {1} Li ancien doterent de ceste convenance&#160;: «&#160;tu me
                                promez à doner .x. livres en cest an, et .x. livres en l’autre, et
                                .x. en tierz&#160;»&#160;; ele<note>ele] <emph>ale</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>sed verius</emph></note> vaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head>II. Quex femes ne soient obligies.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en a en ce ban conpris et contenu plainement, que fame ne soit alienée
                            par nul lian, plainement que feme ne s'entremete por nul home. Car
                            ausint comme l'en oste as femes office de juridiction, et por lor mors
                            comme por la feblece de lor sen.</p>
                        <p>Enprès l'en deffant que fames ne soient plèges por lor mariz<note>Dig.,
                                lib. 16, tit. 1, frag. 1&#160;: <emph>Ad senatus-consultum
                                    Velleianum.</emph></note></p>
                        <p>Enprès l'en deffant que à mari ne soit plège, ne n'achat, ne n'enprunt
                            héritages, ne vande, ne marcheandisses, ne ne praingne, ne ne vande,
                            sanz le congié son seignor&#160;; et s'ele le fet, ne vaut riens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Or convient que nos déclarons les paroles, et que nos les loen, en ce
                            qu'eles aident as femes por lor feblece, et por maintes resons les
                            secort l'en. Mès nos ôtons qu'eles ne facent conchiement&#160;; car li
                            rois dit que l'en doit aider as femes, non pas à lor décevance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Tote obligacion est conprise en ceste aucion, ou par parole, ou par
                            chose, ou par marchié.</p>
                        <p>Feme ne puet deffendre nului en plet<note>Ibid., frag. 2, § 2-5.</note>.
                            Mès se ele est sanz seignor, ele puet bien deffandre son pleige, et
                            soi-meisme. Feme qui n'a seignor puet plévir, et puet avoir juridiction,
                            et procuracion, et avocacion.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p><pb n="274"/>L'en deffant que fame ne soit tavernère, ne bordelière. Et
                            s'ele est, ele n'est obligée de riens. A totes les foiz que fame fet
                            honeste chose que prodom doit fere, ele est obligée.</p>
                        <p>L'en demende se en cause de feme a point de bataille&#160;: L'en dit que
                            oïl&#160;; ausint comme il a en cause d'ome, an ce quas i a.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head type="gp">III. De deus qui prometent ou à qui l’en promet une meisme chose
                            <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 45, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de Duobus
                                    reis constituendis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestius dit&#160;: cil à qui aucunne chose est promisse est autresi
                                comme demanderres, et cil qui la promet est autresi comme deteurs
                                [161vB].</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: quant dui ont promis uns meismes deners, ou il
                                sont promis à .ii., il sont par droit tuit deu à chascun de cez à
                                qui il furent promis, et chascun de cez qui les promist les doit
                                toz. Et por ce, se li uns les demande et reçoit, li obligemenz
                                faut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se dui prometent une chose et l’en lor
                                demande&#160;: «&#160;prometez vos ce ?&#160;», et chescun
                                respont&#160;: «&#160;je le promet – ou nos le prometons&#160;», il
                                sont par droit obligié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: nus n’est qui ne sache que autrui besoigne puet
                                etre promisse et pleige donc en cel obligement. Et por ce, rien ne
                                deffant que une meisme chose ne puisse estre promisse à deus, ou que
                                deus ne puissent prometre une meisme chose&#160;; si comme se dui
                                home metent en convenant que uns fevres lor face une meisme
                                besoigne, ou dui fievre d’un meisme san prometent à fere à un home
                                une meisme chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: quant dui prometent une meisme chose l’en crient
                                por nient que il n’i ait renovelement. Car, ja soit ce que li uns
                                respont avant et li autres aprés, l’en doit dire que il sont anbedui
                                obligié, et li derreniers obligemenz ne tost pas le premier&#160;;
                                car il a po de difference se il prometent ensenble ou chascuns par
                                soi desque il ont corage que il soient anbedui obligié, ne il n’i a
                                point de renovelemant. ¶ {1} Quant dui ont promis une meisme chose,
                                ele puet estre demandee à chescun&#160;; car ce est la droiture de
                                deus qui prometent une meisme chose que chascuns soit obligiez par
                                tot et l’en la puisse demander à l’un et à l’autre. Neporquant, l’en
                                en puet demander à chescun sa partie, autresi comme nos poons
                                demander au detor et au plege tote la dete poons nos fere en cest
                                quas&#160;; et se li uns paie, li autres est quités. Et autresi, se
                                une meisme chose est promise à deus ensenble, se ele est paie à
                                l’un, li autres ne la puet puis demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se je voill que dui prometent une moisme chose et
                                je la demant à chescun et li uns seus me respont, je croi que cil
                                seus est obligiez à moi&#160;; car ce qui est demandé en tel maniere
                                n’oblige pas les deus se li uns respont seus. ¶ {1} Et se dui ont
                                promis une meisme chose, je ne dot pas que il ne loisse à celui à
                                qui il ont promis à prendre plege de l’un et de l’autre, ou de l’un
                                tant solement. {2} Mes se dui demanderent à un seul aucunne chose et
                                il la [162rA] promist à l’un, il n’est tenuz fors à lui. ¶ {3} Dui
                                poent estre obligié à une meisme chose, ja soit ce que il ne
                                respoingnent pas ensenble à la demande que leur est fete&#160;; car
                                l’espace do po de tens, qui n’est pas contraire à l’obligement, ne
                                tout pas que il ne soient anbedui obligié. {3} Et se l’en demande à
                                aucun se il sera pleige ainz que li dui aient respondu et il dit que
                                oïll, il ne senble pas que li obligemenz soit enpeechiez, car il n’i
                                a pas longue espace&#160;; ne chose n’i est pas fete qui soit
                                contraire à l’obligement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florencius dit&#160;: se dui prometent une meisme chose, li uns puet
                                estre obligz porement et li autres soz condicion&#160;; ne la
                                condicion ne tost pas que la chose ne soit demandee à celui qui est
                                obligiez porement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se je baille une meisme chose à garder à .ii.
                                homes por ce que je me fioie en l’un et en l’autre, ou je prestoi à
                                .ii. une meisme chose, il sont anbedui obligié à moi. Et autresi est
                                il en autres marchiez, si comme en achat et en loage et en vente et
                                en testamant et en chose prestee&#160;; en testamant, si comme se
                                pluseur sont fet hoir et cil qui a fet le testamant dit&#160;:
                                «&#160;Tyces et Menes doigent à Seprone .x. livres&#160;». {1} Mes
                                se aucuns baille sa chose à garder à deus, et il met en convenant
                                que li uns soffre le peril de totes les aventures, il n’i sont
                                anbedui tenu desque li obligemenz n’est o aus&#160;; mes il n’est
                                pas issi quant li perilz est sus anbedeus&#160;; mes se convenanz
                                est puis fez par quoi li uns soit quitez des periliz, la darreniere
                                convenance ne puet pas müer l’estat et nature do premier obligement
                                par quoi li dui furent obligié au commoincement. Et por ce, se il
                                sunt compoignon et aucuns domages est avenuz en la chose par les
                                colpes à anbedeus, li convenanz qui est fez à un vaudra à
                                l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li dui qui ont promis uns meismes deners ne
                                sont pas compoignon, ce que cil à qui il les promistrent doit à l’un
                                deners ne vaudra rien à l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant dui ont promis une meisme chose, li uns
                                puet bien estre pleige por l’autre. Et cil à qui i l’ont promise
                                porra bien depecier s’aucion se il velt, mes il ne doit pas estre
                                contrainz de departir la. Et cil qui est plege por l’autre puet
                                estre trez en cause por lui ou les puet trere en cause anbedeus. ¶
                                {1} Por ce que il a esté compris es tables do testamant que .c.
                                dener ont esté promis à celui ou à cel autre, ne il n’i a pas esté
                                [162rB] ajoint que il soient tuit promis à chascun, il senble que la
                                moistié en soit promise à chascun. {2} Et encontre ce, quant l’en
                                trove issi escrit&#160;: «&#160;je Antoines et je Archelaies et je
                                Corniell avons promis à celui .c. livres&#160;» et n’i est pas
                                ajoint que chascuns soit tenuz par tot, la promesse doit estre
                                departie entre els par iveies parties.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Genulcius dit&#160;: se l’en demande à deus une meisme chose et li
                                uns la promet maintenant et li autres la promet le jor enprés, l’en
                                ne doit pas entendre que cil soit obligiez qui la promist
                                darrenierement&#160;; car li demanderres fist assez autres
                                besoingnes entre les deus responses. ¶ {1} Se aucuns fet convenance
                                à Tyce et à un orfelin sanz l’autorité à celui qui l’a en garde que
                                il doignent une meisme chose, Julians escrit que Tyces est obligiez
                                toz seus&#160;; ja soit ce que se uns sers promist à Tyce, l’en doit
                                garder à li par l’aucion de son chetel, autresi comme se il fut
                                frans.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se uns de cez qui ont promis une meisme chose
                                est hoirs à l’autre, l’en doit dire que il reçoit seur lui deus
                                obligemenz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: qui se poent obligier ensenble as choses qui sont
                                promisses par le prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se l’en entant que ce qui est promis à moi et à Tyce
                                soit propre en la persone à chescun de nos, il ne pot estre rendu à
                                chascun de nos, si comme quant usaires nos est promis ou aucunne
                                chose par non de doere&#160;; et issi escrit Julians.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se une meisme chose a esté promise à deus et
                                li uns en a pledié et cil qui la promist l’offre à l’autre, il ne
                                fet rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se il a esté commandé par non que certaines
                                persones à aucuns des heirs paient un lés, ou que tuit le paient
                                fors uns qui en est exceptiez, Accelicinus et Sabins et Cassius
                                dient que il doivent les lés selonc les parties que il ont en
                                l’eritage, car li heritages les oblige à paier le tot&#160;; autresi
                                est il quant tuit li heir sont nommé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se dui ont promis un moisme serf, li fez à l’un
                                nuist à l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.2.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: quant dui doivent uns moismes deners, se li
                                uns est envoiez en essil li autres n’est pas delivrés de
                                l’obligement&#160;; car il a moult grant difference se li denier
                                sont paié ou se la persone à un deteur est delivré par aucun cas.
                                Car se la persone est delivree tant [162vA] comme li obligemenz
                                dure, li autres remaint obligiez&#160;; et por ce, se la commune de
                                feu et d’eve est defendue à aucun, li pleges qui estoit obligiez
                                n’est pas delivrés.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. De la convenance as sers <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 45, tit. 3&#160;: <hi rend="i">de
                                    Stipulatione servorum</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: quant sers fet convenance il n’a point de
                                difference se il la fet en son non ou el non son seignor, ou à l’un
                                et à l’autre ensenble. ¶ {1} Se tes sers qui me servoit par bone foi
                                avoit chetel qui apartenoit à toi et je preste à Tyce de cez deners,
                                il seront tuen. Et se li sers fet convenance que cil me soient
                                rendu, il ne fet rien&#160;; mes tu le porras bien avoir se tu les
                                chalonges. ¶ {2} Se li sers qui est comuns à moi et à toi preste
                                deners do chetel qui n’apartient fors à toi, il n’aquiert pas à moi
                                l’obligement. Et se il met en convenant que il soient rendu à moi
                                par non, il ne delivre pas le deteur de toi&#160;; mes li uns et li
                                autres de nos avra auction, je por la convenance et tu por ce que ti
                                denier furent presté. Neporquant, li deteurs me porra mestre arriere
                                par excepcion de tricherie. ¶ {3} Se mes sers fet convenant que une
                                chose soit donee à<note>à] <emph>a a</emph> dans le ms.</note> mon
                                autre serf, autretant vaut comme se il feist convenant à moi
                                moismes. ¶ {4} Li communs sers sostient la persone as ses deus
                                seignors. Et por ce, se mes propre sers fet convenance que une chose
                                soit bailliie au serf qui est communs à moi et à toi, il sera
                                autresi comme se deus convenances i fussent fetes, l’une en ma
                                persone et l’autre en la toe. Ne nos ne devons pas cuider que la
                                moitié en soit aquise à moi et l’autre ne soit de nule valeur&#160;;
                                car la persone au serf commun est de tel condicion que en ce que li
                                uns de ses seignors puent aquerre et li autres ne puet pas aquerre,
                                tot est à celui seul qui puet aquerre. ¶ {5} Se li sers en coi
                                aucuns a l’usaire a fet convenance que une chose soit rendue à celi
                                qui en a la proprieté, se ce est de la chose à celui qui en a
                                l’usaire, la convenance ne vaut rien&#160;; car cil qui a la
                                proprieté ne puet pas aquerre auction par la chose à celui qui a
                                l’usaire. Mes se uns autres eust le convenant fet, il peust demander
                                proprement. Et se celui qui promist paie à celui qui a l’usaire do
                                serf, il est quités. ¶ {6} Se li sers qui estoit commun à Tyce et à
                                Meve fet convenance en ceste maniere : «&#160;tu promez à donner à
                                Tyce .x. livres as kalandes de marz&#160;; et se tu n’i li donnes,
                                lors tu promz [162vB] à doner à Meve .xx. livres&#160;»&#160;; il
                                senble que ce sont .ii. convenances. Me se les .x. livres ne sont
                                donnees à Tyce as kalendes de marz, li uns et li autres des seignors
                                porra pledier par la convenance&#160;; mes por ce que li segonz
                                obligemenz est fez à Meuve, Tyce sera mis arriere par excepcion de
                                tricherie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li sers qui est communs à deus seignors ne puet
                                pas fere convenant à l’un que il soit toz à l’autre&#160;; car il ne
                                puet pas aquerre à son seignor lui meismes, mes l’obligement de
                                lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li sers à la chose commune ou cil au
                                université fet convenace, je croi que la convenance vaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se li sers comuns à .ii. seignors velt que une
                                chose soit donnee à lui et à .i. de ses seignors, autretant vaut
                                comme se il feist convenant que ele fut donnee à ses deus
                                seignors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li sers qui est communs est si à toz ses
                                seignors que il n’est pas toz à chescun, mes chascun i a sa
                                partie&#160;; si que eles ne sont pas devisees, ainz i sont plus par
                                entendement que par cors. Et por ce, se il aquiert aucunne chose, il
                                aquiert à chescun selonc la partie que il a en lui. Et li loit à
                                fere convenance ou aquerre el non à un d’els ‹...› se il li
                                commande, et nos usons de ce droit, que il aquiere à celui par seul
                                par cui amendement il aquiert.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: Offilius disoit par droit que se li sers comuns
                                preste ou baille en garde aucunne chose par le commadement à un de
                                ses seignors, il aquiert auction à celui seul par qui commandemant
                                il le fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: et por ce, se uns sers à .iiii. seignors et il fet
                                une convenance par le commandemant à deus, il n’aquiert auction fors
                                à deus qui li commanderent&#160;; et non pas ivelment mes selonc les
                                parties que il ont en lui. Autresi croi je se il a fet convenance el
                                non à deus&#160;; car se il a fet convenance par le commandemant à
                                toz, ou en leurs nons, nos ne dotons pas que il n’aquiere à aus toz,
                                non pas ivelment mes selonc les parties que il i ont en lui. ¶ {1}
                                Se li sers comuns a fet convenance à un de ses seignors, se il la
                                fet en non d’un des autres, ce qui est promis est deu à celi seul en
                                quel non il la fist. Mes se il fist porement sanz nommer nul de ses
                                seignors, il en aquiert à toz ses seignors leur parties, fors à
                                celui qui li promet la chose, et non pas ivelment mes selonc les
                                parties que il ont en lui. ¶ Et fit convenant par le commandemant à
                                .i. de ses seignors, il est autresi comme nos avons dit quant il l’a
                                fet en son non. ¶ Il plet à Julians que il aquiere aucunne foiz à un
                                seul de ses seignors, ja soit ce que il n’a fet la convenance ne par
                                son commandemant ne en son non&#160;; si comme quant l’en li promet
                                aucunne chose qui ne puet pas estre a[163rA]quise à toz seignors. Et
                                ce avient quant l’en li otroie voie à aller au champ qui est à un de
                                ses seignors, car lors aquiert il le servise à celui seul.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se li uns de ses seignors velt prendre fame et li
                                doaires est promis à ce serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se li sers qui est amené et à Tyce fet tel
                                convenant que un sers li soit donnz, qui est toz à Tyce, il aquiert
                                tot à celui à qui il n’estoit pas&#160;; car ce que il ne puet
                                aquerre à l’un de ses seignors apartient tot à celui à qui il puet
                                aquerre. {1} Et se uns sers qui avoit .ii. seignors fet tel
                                convenance : «&#160;tu promez à donner à celui ou à celui qui sont
                                anbedui mi seignor&#160;», Cassius dit que la convenance ne vaut
                                rien&#160;; et Julians s’i acorde, et de ce droit usons nos.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: et se il dit issi&#160;: «&#160;tu promz à donner
                                à Tyce .x. livres ou à Meue un champ&#160;»&#160;; por ce que il
                                n’est pas certaine chose auquel il aquiert l’auction, la convenance
                                ne vaut rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se li sers qui est communs à moi et à toi fet
                                convenence que l’en li otroit voie ou charriere par un champ, et il
                                ne nomme ne moi ne toi et je ai un champ d’elz, il aquiert à moi
                                seul la voie ou la charriere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se li sers qui est communs à moi et au
                                chastel, que li fiz qui estoit en bail aquist par chevalerie, qui
                                est morz, fet convenance ainz que cil de qui il a fet son hoir
                                reçoive l’eritage, tote la convenance est aquise à moi que ai dedanz
                                ce tote la seignorie de lui&#160;; et cil qui n’est encore pas hoirs
                                n’i a point de part. ¶ {1} Se li sers qui est communs à Tyce et à
                                Meue met en convenant que la partie qui est Meue li soit donnee, la
                                convenance n’est nule&#160;; mes se il eust fet tel convenant que
                                ele fust donnee à Tyce, ele fust aquise à Tyce. Et se il eust dit
                                tant solement que la partie Meue fust donnee et il n’eust nommé ne
                                soi ne autre, la partie Meue fut à cestui à qui ele peust estre
                                aquise. ¶ {2} Uns sers fist convenance que une chose fust donnee à
                                son seignor, qui estoit en chetivoisons&#160;; et ja soit ce que ce
                                qui li est promis simplement ou ce que il reçoit d’autre apartient à
                                l’oir à celui qui est en chetivoison&#160;; et il est autrement en
                                la persone au fill qui n’aquiert pas à son pere qui est en
                                chetivoison ce que l’en li promet, ne tant comme il est en la poesté
                                son pere et aprés. Neporquant, l’en puet demander en ce cas savoir
                                mon se il senble que nule chose li soit aquise à l’oir par ceste
                                convenance, ne plus que se li sers d’un heritage eust fet convenant
                                que une chose fust donnee au mort ou à celui qui devoit estre hers.
                                Mes en ce cas li sers est oelmz au [163rB] fill&#160;; car se li
                                filz à celui qui est en prison fet convenance que une chose soit
                                donnee à son pere, la chose sera en croele. Et se li peres muert en
                                la chetivoison, la convenance ne sera de nule valor, car il n’a pas
                                fet convenance por soi mes par autre. ¶ {3} Se li sers en coi aucuns
                                a l’usaire s’est aloez jusqu’à un terme et l’en li a promis chescun
                                an à poier un certain pris, l’aucion apartendra à celui qui a
                                l’usaire, tant comme li usaires durra. Et quant il sera failliz, il
                                apartendra à celui qui en a la proprieté. Et issi l’escrit Julians,
                                et ceste sentence me senble veraie et tenable, car chescuns
                                n’aquiert fors ce que reson li otroie. Et se cil meisme serf fet tel
                                convenance : «&#160;tu me promz à doner tant comme je te donroi
                                dedanz tel terme&#160;», il est en dote qui avra auction por cele
                                convenance. Car se il baille ses deners à celui qui en a l’usaire ou
                                de son gaing, l’aucion sera aquise à celui qui en a l’usaire&#160;;
                                et se il baille de cez à celui qui en a la proprieté, l’aucion sera
                                à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Senulcius dit&#160;: se uns sers communs fet tel convenance&#160;:
                                «&#160;tu promez à donner es kalendes de genvier .x. livres à Tyce
                                ou à Meue mes seignors, ou à celui qui lors vivra&#160;», Julians
                                escrit que la convenance ne vaut rien&#160;; car la chose est en
                                crole, ne il n’apert pas au quel li obligemenz est aquis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Heraces dit&#160;: li sers ou aucuns a l’usaire ne puet fere
                                convenance o celui qui en a l’usaire de la chose son seignor&#160;;
                                mes il la puet bien fere à son seignor de la chose à celui qui a
                                l’usaire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: ce moisme doit l’en dire de celui à qui li usages
                                est lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Heraces dit&#160;: se li usaires est à .ii., ce que il aquiert est à
                                celui de qui chose il aquiert.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se li sers d’un heritage fet une convenance et
                                il en prant pleige et li heritages est receuz aprés ce, l’en dotoit
                                se li termes doit estre contez des le jor que la convenance fut
                                fete, ou des ce que li heritages fut receuz&#160;; autresi demande
                                l’en se li sers à celui qui est en chestivoisons a pris pleige. Et
                                Cassius dit que li tens doit estre contez des lors que l’en pot
                                pledier, ou en ce est desque li heritages fut receuz, ou desque cil
                                est venuz de cheitivoisons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li sers qui est communs à .ii. seignors fet tel
                                convenant&#160;: «&#160;tu promz à donner .x. livres à Tyce mon
                                seignor, et cez meismes .x. à Meue mon autre seignor&#160;», nos
                                dirons que il sont dui à qui une meisme chose [163vA] est
                                promisse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li sers qui fet convenance en non d’autre que
                                de son seignor, n’aquiert pas à son seignor l’obligement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se li sers de coi aucuns a l’usaire, ou que il
                                porsiet par bone foi, fet convenance es causes par coi obligemenz ne
                                selt pas estre aquis à eles, il aquiert à son seignor. Mes nos ne
                                dirons pas ce se leur non fut mis en la convenance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.34}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: se uns sers fut franchiz en testamant et il ne
                                savoit pas que il fut frans, et il se tenoit en l’eritage, et il
                                mist en convenant que dener fussent paié à jor, il n’aquiert rien à
                                l’oir se li hers sot que il fut franchiz el testamant&#160;; car il
                                ne puet pas dire que il soit par droit sis sers desque il savoit
                                bien que il estoit frans. ¶ Il n’est pas issi do franc home qui a
                                esté achetez et sert par bone foi&#160;; car en celui cuident il et
                                li acheterres une meisme chose. Mes l’en ne puet pas dire que cil
                                qui siet bien que il est frans le tiegne par droit, ja soit ce que
                                il moismes ne set pas sa condicion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.35}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestinus dit&#160;: sers d’eritage fera par droit convenance el non
                                de l’eritage et de celui qui doit estre heirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant li sers en coi aucuns à l’usaire fet
                                convenance el non au seignor de la proprieté do chetel à celui qui a
                                l’usaire ou par sa poine, il aquiert au seignor de la
                                proprieté&#160;; mes il convient enquerre comment cil qui a l’usaire
                                puet recovrer le suen de celui qui a la proprieté. Et se autrui serf
                                nos sert par bone foi, et il aquiert el non son seignor ce que il
                                puet aquerre à nos, il aquiert à lui sanz nule dote. Mes voions
                                comment nos le porrons recovrer&#160;; et ce que Gaius dit n’est pas
                                sanz reson, car l’en puet demander arriere au seignor en l’un et en
                                l’autre cas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {45.3.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: tuit li marchié que sers fet tant comme il nos
                                sert, ou totes les convenances que il fet, sont aquises à nos&#160;;
                                car il estoit en nostre poeté quant il les fist. Autresi est il se
                                li filz qui est en baill fet marchié&#160;; et ce moismes dont il a
                                donné respit tant que il soit mis hors do baill, se il l’a fet par
                                tricherie.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. Ci commence li livres de Digeste nove. Ci titres est de plege
                        et de commendeors <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 46, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Fidejussoribus et mandatoribus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: plege peut estre donz por toz obligemanz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: plege puet estre pris de chose prestee et de
                                chose ba[163vB]llie en garde&#160;; et il est tenuz neïs se la chose
                                est prestee ou baillie en garde à un serf ou à un orfelin, se cil
                                por qui li plege est donnz i ont fet aucunne chose par tricherie ou
                                en lor corpes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: plege puet estre pris de l’auction que je puis
                                avoir contre celui por qui ge sui plege ou de l’auction de
                                commandemant ou de besoignes fetes. ¶ {1} Li plege est obligiez et
                                lesse son plege obligié por ce que il est en leu de deteur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: Julians dit generalment que cil qui est heirs
                                à celui por qui il estoit plege est delivrez de la plevine por
                                l’eritage qui li est escheez et est tenuz comme hoirs au deteur. Et
                                il escrit que se li plege heirs est à celui por qui il est plege, il
                                est tenuz comme deteur. ¶ Mes quant uns deteurs est heirs à un
                                autre, il est obligiez por deus causes&#160;; car l’en ne puet pas
                                voer li quex obligemenz destroit l’autre, mes l’en le voit bien au
                                detor et au plege, car li obligemenz de la chose est plus pleniers
                                que cil de parole. Et la où il i a aucunne difference d’obligemant,
                                l’en puet dire que li uns est destroiz por l’autre&#160;; mes quant
                                il n’i a point de difference, l’en ne puet pas voer li quex destroit
                                l’autre. Ce n’est donc pas novele chose de dire que une meisme
                                persone puet estre obligee par deus obligemanz&#160;; se li uns des
                                deteurs est donc heirs à l’autre il sostient deus obligemanz. Cil
                                moismes dit&#160;: se cil à qui une chose est promise est heirs à un
                                autre à qui une autre chose est promise, il sostient deus manieres
                                d’obligemanz&#160;; mes se il plede par un d’els, il pert l’autre,
                                car la nature des deus obligemanz est tele que se li uns en est
                                amenz en juigement, li autres faut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: une chose me fut promise, quant je l’oi
                                demandee ne je ne l’oi pas, je en voill avoir plege. Se je en ai
                                plege, li plege est obligiez. {1} Et il a pou de difference se li
                                plege est obligiez porement ou soz condicion. {2} Et plege puet
                                estre pris por l’obligemant qui est passz ou qui est à venir, por
                                quoi cil qui est à venir soit naturels.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se aucunne chose est paie qui puisse estre
                                demandee arriere, plege puet estre pris de cest naturel
                                obligement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: cil qui preste contre le consoil au senat au fil
                                qui est en baill ne puet pas prendre pleige de son pere aprés la
                                mort au fill&#160;; car il n’a nule maniere d’auction contre le
                                pere, ne il n’i avroit point d’eritage en qui non li plege peussent
                                estre obligié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil mo[164rA]ismes dit&#160;: plege est par droit pris el non de
                                l’auction qui apartient por son chetel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se tu as presté à Tyce .x. livres par mon
                                commandemant et tu en pledas à moi par auction de commandemant,
                                Tyces sera pas delivrez. Mes je ne doit pas estre condampnz à toi se
                                tu ne me donnes l’auccion que tu as contre Tyce&#160;; et se tu
                                pledes à Tyce, je ne seroi pas delivrez, mes je ne seroi obligiez à
                                toi fors en ce que tu ne porras pas avoir de Tyce.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant cil qui a promis une chose est hoirs à
                                son pleige, li obligemenz de la plevine faut. Se l’en li demande la
                                dete comme à deteur, et il use d’excepcion qui apartient au pleige,
                                replicacion seur le fet ou de tricherie vendra contre lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se je ai promis une chose sanz cause et je en
                                ai donné pleige, ne je ne vell pas que il euse d’excepcion mes que
                                il la paiet, et il plet à moi par aucion de commandemant, excepcion
                                doit estre donné à mon plege malgré mien&#160;; car ce est plus ses
                                preuz que il retiegne ses deners que ce n’est que il la paiet et
                                puis le demant arriere. ¶ {1} Se tu as .ii. pleige de .xx. livres et
                                li uns n’en paie que .v., li autres n’est pas delivrés. Et se tu
                                velz demander à l’autre les .xv., tu ne seras mis arriere par nule
                                excepcion&#160;; mes se tu demades .v. au premer puis que tu en
                                avras eu .v. et de l’autre .xv., tu seras mis arriere par excepcion
                                de tricherie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li plege ne puent estre obligié à celui à qui
                                li deteurs n’est pas obligiez. Et por ce, se li sers qui est communs
                                à Tyce et à Sanprone fet convenance que une chose soit donnee à
                                Tyce, et il prant plege en ceste maniere&#160;: «&#160;tu es plege
                                que ceste chose sera donnee à Tyce ou à Sanprone ?&#160;», Tyces la
                                porra demander au plege. Et la persone de Senprone n’i est mise fors
                                por tant que l’en li puet paier ainz que li plez soit entammz sanz
                                la sentence ou malgré suen. {1} Cil qui a promis à paier une chose
                                en certain leu est aucun pou de plus dure condicion que cil qui l’a
                                promise simplement&#160;; car il ne puet paier en nul autre leu que
                                en celui où il promist malgré à celui à qui il doit paier. ¶ Se une
                                chose m’est deue porement et je pren plege à qui je di que il le me
                                rendra en certain leu, li plege ne sera pas obligz. {2} Mes se cil
                                qui estoit à Rome promist que il paie[164rB]roit aucunne chose à
                                Capes et li plege dit à Ephese, li plege n’est pas obligiez, ne plus
                                que se li deteurs eust promis soz condicion et li plege au terme ou
                                porement. ¶ {3} Plege puet estre pris par tot la où il a aucun
                                obligement, ou citein ou naturel, por coi il est donnz. {4} L’en
                                n’apele pas obligement ce sanz plus por coi aucunne aucion
                                apartient, mes quant li dener qui sont paié ne puent estre demandé
                                arriere&#160;; car ja soit ce que l’en ne die pas proprement que li
                                naturel deteur doient, neporquant l’en puet entendre que il sont
                                deteur. Et cil qui reçoivent deners d’aus reçoivent autresi comme
                                leur detes. ¶ {5} Se nule chose est promise à terme et plege en est
                                donz soz condicion, la droiture de la plevine est en crole, que se
                                la condicion est acomplie devant le terme li plege ne soit pas
                                obligiez&#160;; ¶ et se ele avient au terme ou aprés, il soit
                                obligiez. {6} Quant plege est pris en ceste maniere&#160;: «&#160;se
                                Tyces ne paie les .x. livres que j’é li presté, tu es pleges que tu
                                les pieras ?&#160;»&#160;; il senble que ce a esté mis en convenant
                                que se l’en les demande au deteurs et il ne les paie, li plege soit
                                tenuz à paier les. Et se li deteurs muert ainz que l’en li demant,
                                li plege est tenuz à paier&#160;; car en cest cas<note>cas]
                                        <emph>car</emph> dans le ms.</note> est il voirs que li
                                deteurs ne paiera pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: l’en doit secorre as plege se que cil vers qui
                                il sont plege soient contraint de doner à cez qui sont appareillié
                                de paier la dete tote les aucions que il a vers les autres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: l’en entant que cil qui atorne son detor done
                                tant de deners comme il li doit. Et por se, li plege atorne son
                                deteur vers celui, vers qui il est plege, ja soit ce que li deteurs
                                que il li a donné n’a de quoi paier la dete, neporquant il puet
                                mointenant pledier par aucion de commandemant à celui por qui il fut
                                pleige.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moisme dit&#160;: un sers fut plege por un home sanz le seu son
                                seignor et paia deners par cele plevine&#160;; l’en demande se li
                                sires puet demander les deniers à qui il furent paié. Et la
                                response est que il convient voier de coi il les paia&#160;; car se
                                il les poia do chetel qui estoit suens, li sires ne les puet pas
                                demander arriere, et se il les paia des deners son seignor, il
                                seront demandé arriere. Et se il plevi por cause qui apartenist à
                                son chetel, ce que il paia des deners son seignor sera demandé
                                arriere [164vA], mes ce que il paia de son chetel ne sera pas
                                demandé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: mes se li sers paie les deniers, il les porra
                                demander arriere non pas à celui por qui li sers fut plege, mes à
                                celui à qui il les paia&#160;; car li sers ne puet estre obligiez
                                par non de pleige. Donc ne puent il pas estre demandé à celui à qui
                                il fut pleges, car il est encore obligiez, ne ne puet pas estre
                                delivrez por le paiement de cez deners de coi li obligemanz
                                n’apartient pas au serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florentius dit&#160;: quant cil qui promist une chose est morz, plege
                                puet estre pris de sa dete ainz que li heritages soit receuz, car li
                                heritages est en leu de la persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: se je ai fet convenant que .x. livres soient
                                paiés à moi ou à Tyce, Tyces ne puet pas prendre plege&#160;; car il
                                n’i est acompoigniez fors por tant que li denier puent estre paié à
                                lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: quant Tyces volt estre plege envers Senprone por
                                Sei son frere, il li envoia tex letres&#160;: «&#160;se Sey mes
                                freres te requiert, je te pri que tu li bailles deners et je en sui
                                pleges&#160;». Quant Senprones ot receu les letres, il bailla à Sey
                                les deners&#160;; aprés ce, Tyces fist Sey son frere son heir de la
                                tierce partie de son heritage. Por ce que l’aucion de la plevine est
                                donc faillie par deners, la tierce partie de l’eritage que Sey a, je
                                demant se Senprones puet pledier as autres oirs por tote la dete.
                                Et Marciaus respont que il puet pledier à chescun fors por tel
                                partie comme il a de l’eritage. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes Marciaus escrit que se aucuns est plege por l’orfelin qui
                                est obligiez sanz l’autorité à celui qui l’a en garde, ou por le fol
                                despendeur ou por le forsené, il est melz que l’en ne li secorre
                                pas&#160;; car aucion de commandemant n’apartient pas à cez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: li obligemenz n’est pas departiz par droit entre les
                                plege selonc les letres à l’enpereor Adrian. ¶ Et por ce, se aucuns
                                des plege muert sanz oir ainz que sa part de la dete li ait esté
                                demandee, ou il torne à povreté, sa partie est sus les autres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.28}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li uns des pleges dit que li autres ont assez de
                                coi paier, cele excepcion li doit estre donnee, ja soit ce que il
                                n’ont de coi paier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se une chose m’est promisse soz condicion qui
                                ne puet avenir, plege n’en puet pas estre pris. [164vB]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: chescuns puet estre pleges por autre, ja soit ce que
                                li deteurs n’en sache rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li plege ou li autres qui a paié au creancier ainz
                                le terme doit atendre que li termes soit venuz ainz que il demant
                                rien au deteur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.33}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se je avoie demandé à Tyce un serf et il avoit
                                doné plege de tot le plet et il le franchi et il fist de lui son
                                hoir, se il estoit veroiement suens, l’en doit dire que li plez est
                                seur lui&#160;; et se il ne sofre que ce ne soit fet, il a brisié la
                                convenance. Mes se il estoit miens et il reçut l’eritage sanz mon
                                commandemant, li plege seront tenuz por le plet qui n’est pas
                                deffenduz&#160;; mes se il a reçu par mon commandemant, la
                                convenance faut. Et se il fut miens, et le porloignai à fere le
                                recevoir l’eritage, tant que je eusse veincu le plet, et je vell
                                dedanz ce pledier por la cause qui n’est pas deffendue, la
                                convenance n’est pas brisee&#160;; car nus bons hons ne le
                                juigeroit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.39}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestius dit&#160;: se il plede contre le pleige, nule aucion ne li
                                doit estre donee. Autresi est se dui sont plege d’une meismes
                                quantité, et li creanciers plede à l’un d’els tant que il paie tote
                                sa dete, ne il ne li donne pas les aucions que il a contre
                                l’autre&#160;; car li autres ne sera trez en cause ne par le
                                creancier ne par celui qui a paié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.41}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se plege sont pris por ce que cil qui a esté
                                en garde ne porra avoir de son procurator, et quant li enfes ot
                                acompli leal aage, il peust avoir en tote sa dete ou do procureor ou
                                de ses oirs&#160;; me s’il la lessa à demander tant que li oir
                                n’orent de coi paier, aucion li apartient par droit contre les
                                pleges. {1} Cil meismes dit&#160;: que se uns des pleges est
                                condempnz à paier tote la dete, quant l’en commoincera à pledier à
                                lui par aucion de chose juigee, il porra requerre que les auctions
                                li soient donnees contre les autres pleges.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant dui sont deteur, se plege est donnz par
                                anbedeus ou par un seul, il est par droit pris.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.42}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: se je praigne eissi pleges, que je avrai mil
                                muis de froment por .x. livres que je prestai, li plege n’i est pas
                                tenuz&#160;; car plege ne puet estre obligiez por autre chose ne por
                                cele qui est prestee&#160;; car l’en ne doit pas proisier
                                    deners<note>deners] <emph>deners ses</emph> dans le ms.</note> à
                                danrees autresi comme danrees à deniers. [165rA]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.43}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se je fis à Tyce une convenance et je en pris un
                                plege, et je fis aprés convenance à un autre de cele meisme chose et
                                je en pris un autre plege, il ne seront pas compoignon de la
                                plevine&#160;; car il sont plege de diverses convenances.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.45}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: uns hons fu pleges por un autre qui avoit deus
                                chans venduz&#160;; et por ce que li uns en fu chalongiez, li
                                acheterres tret le plege en cause et fut condempnz en une certaine
                                quantité. L’en demande se il puet pledier à l’oir au vendeor devant
                                que il soit contrainz de fere la chose juigee. Et la response est
                                que il en puet bien pledier&#160;; car il apartient por droite cause
                                à l’ofice au juige que li pleges soit deffenduz ou que il soit
                                delivrez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.47}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li deteurs a deservi à estre envoiez en essil,
                                plege ne puet pas estre pris por lui, ce dit Julians, autresi se li
                                obligemanz fut failliz contre lui. ¶ {1} Se li filz qui est en bail
                                prant eissi plege por cause de son chetel&#160;: «&#160;tu pleviz
                                toz les deners que je prestai à cestui&#160;», et il les preste
                                aprés ce que il est hors do bail, li plege n’est pas obligiez à son
                                pere, mes il est obligiez au fil por humanité.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.50}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se uns creanciers est hoirs à son deteur d’une
                                partie de son heritage et cil qui est sis plege est oirs de l’autre
                                partie, li obligemanz de la plevine faut por tel partie comme li
                                creanciers a de l’eritage, et li obligemanz est saus por l’autre
                                partie. Mes ce n’est pas par la reson de la plevine mes de
                                l’eritage, car li greigneurs obligemanz est ‹...› le meneur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.54}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se li creanciers qui avoit pris plege por ce que il
                                avoit presté est deceuz à prendre gage, il puet pledier par aucion
                                de gage. Et en cele aucion vendra tot ce qui apartient au creancier,
                                mes il n’en porra pas chargier le plege&#160;; car il n’est pas
                                obligiez por le gage mes por les deners qui sont presté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.55}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se je faz tel convenant à Sey&#160;: «&#160;tu
                                me promez à rendre toz les deners que je prestai à Tyce quant que ce
                                soit&#160;», et je en praing pleges, et je preste aprés à Tyce
                                deners par pluseurs foiz, Sey est obligiez por quant que je li
                                preste, et li pleges autresi&#160;; et ce qui puet estre eu de ses
                                biens doit valoir à toz ivelmant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.57}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: li plege ne puet estre trez en cause devant que li
                                deteurs doie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.58}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se cil qui a baillié son champ a un coitiveor et en
                                a pris plege, il i a une conve[165rB]nance de pluseurs
                                penssions&#160;; et por ce est il plege obligiez en totes les
                                penssions. ¶ {1} Quant li principaus deteurs aloigne l’obligemant
                                par son fet, li obligemenz au plege dure si comme se li deteurs
                                demore à rendre un serf et li sers muert.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.60}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: quant li deteurs est delivrez de son creancier si
                                que la dete remaint en sa nature, li plege remaint obligiez&#160;;
                                mes quant li obligemenz se remue par droiture de renovelement, li
                                plege doit estre delivrez ou par droit ou par excepcion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.61}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se il fut mis en convenant si comme l’en propose
                                que li denier qui furent presté seroient rendu en Lonbardie, l’en
                                doit entendre que li plege se obliga à ce.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.62}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: se li plege amoneste au creancier que il
                                contraigne le deteur d’aquiter soi, ou que il vende les gages, et li
                                creanciers ne le volt fere, l’en demande se li pleges le puet
                                deffendre do creancier par excepcion de tricherie. Et l’en respont
                                que nenil.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.63}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: tex convenanz fu fez entre une creanciere et
                                son deteur, que se .c. solz que ele li prestoit ne li estoient rendu
                                la où ele les demanderoit premerement, il li liroit à vendre dedanz
                                certain tens les aornemenz que il li bailloit en garde. Et se il
                                estoient moins vendu que l’en ne li devoit do chetel et d’usures, il
                                li rendroit<note>rendroit] <emph>rendroir</emph> dans le ms.</note>
                                le seurplus&#160;; et de ce li dona il plege. L’en demande se li
                                pleges puet estre obligiez por tote la dete. Et la response est que
                                selonc les choses qui sont proposees, li pleges n’est tenuz fors en
                                tant comme li gage seront vendu mains que la dete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.64}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: li plege qui offri à celui qui avoit mains de
                                .xxv. anz lés dont il estoit plege, et les seela et les mist en
                                garde en un commun leu por poor d’anterine restitucion, puet
                                maintenant pledier par aucion de commandemant contre celui qui li
                                mist en plege.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.65}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: autresi comme li principaus deteurs n’est pas
                                obligiez se il ne promet par sa persone, n’est pas li plege obligiez
                                se il ne promet à paier ou à fere aucunne chose. Il ne doit prometre
                                que li principaus deteurs paiera ou fera aucunne chose, car l’en ne
                                doit pas fere promesse d’autrui fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.66}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se autrui sers a esté plege por Tyce et il l’a
                                paié, Tyces est delivrez se li sires au serf velt pledier à Tyce por
                                aucion de commandemant&#160;; car desque [165vA] il en plede à lui,
                                il otroie le paiement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.67}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: que tu as usé de l’excepcion que te devoit
                                valoir et tu as esté condempnz par le tort au juige, cil por qui tu
                                estoies plege ne te rendra rien par aucion de commandemant&#160;;
                                car il est melz que li torz qui t’a esté fez remaigne sus toi que
                                sus autre se tu donas en ta corpes cause d’estre condempnz à
                                tort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.72}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: li plege qui est obligz soz ceste condicion&#160;:
                                «&#160;se ma nef ne revient d’Ase&#160;», est senblable à celui que
                                je ai pris en plege tant comme il vivra et je li quitai ainz que la
                                condicion avenist. Se il muert donc ainz que la condicion aveigne,
                                je puis maintenant demander au deteur&#160;; car quant la condicion
                                avindra, ele ne porra pas fere l’obligemant en la persone à celui
                                qui i a esté morz ne confermer la quitance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.1.73}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant uns procurators pledoit por une chose, il
                                donna caucion que ses sires avoit la chose estable. Et quant il ot
                                esté vaincuz, ses sires vint aprés, si commoinça à pledier de cele
                                meisme chose&#160;; et li deffenderres avoit la possession de la
                                chose, si ne la volt rendre, et por ce il fut condempnz à grant
                                chose&#160;; li plege ne seront pas puis tenu à lui, car ce que il
                                paie por sa paine ne doit pas estre sus les pleges.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. De renovelemanz et destornemanz de detes <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 46, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de
                                    Novationibus et delegationibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: renovelemanz est translacion ou remuemanz de la
                                premere dete en autre obligemant ou citeian ou naturel&#160;; ce est
                                quant la premere cause est ostee et la novele est establie.
                                Renovelemanz est apelz de noveauté, c’est de novel obligemant. ¶ {1}
                                Il ne convient pas garder quex li premers obligemanz fu ou citeians
                                ou naturex ou par le prevost, ne se il est fez par chose ou par lés
                                ou par consentemant. Quelsque li premers obligemanz soit, donc il
                                puet estre renovelez par paroles por que cil qui vient enprés soit
                                tenables ou citeinemant ou naturelemant&#160;; si comme se l’en
                                promet à l’orfelin aucune chose sanz l’autorité à celui qui l’a en
                                garde.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: totes choses puent venir en
                                renovelemant&#160;; car toz marchiez qui est fez ou par paroles, ou
                                sanz paroles, puet estre renovelz et venir en obligemant de paroles.
                                Mes nos devons savoir que renovelemanz est fez quant nos fesons
                                aucunne chose par corage [165vB] de renoveler l’obligement&#160;; et
                                se nos le fesons por ce, ce seront deus manieres d’obligemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: cil à qui il est deffendu que il ne toche ses
                                biens ne puet renoveler l’obligemant se il n’amende sa
                                condicion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: obligemanz qui est fez à terme puet bien estre
                                renovelez, neïs puis que li termes est venuz. Et il est certaine
                                chose que convenance puet estre si renovelee que termes i soit
                                mis&#160;; et lors n’en puet l’en pas pledier maintenant mes quant
                                li termes sera venuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil à qui l’en puet paier par droit puet renoveler
                                l’obligemant, fors en cest cas, se je met en convenant ce<note>ce]
                                        <emph>que ce</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Cui recte
                                        solvitur, is etiam novare potest, excepto eo, si mihi aut
                                        Titio stipulatus sim</emph></note> que l’en me doit paier à
                                moi ou à Tyce&#160;; car Tyces ne puet pas renoveler l’obligemant,
                                ja soit ce que l’en li puet bien paier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: atorner est baillier à son creancier un autre
                                deteur ou leu de soi, ou à celui à qui li creanciers commadera. {1}
                                Atornemanz est fez ou par convenance ou par commencemant de
                                plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns atorne à son creancier son deteur et li
                                deteurs le soffre, qui set bien que il se peust deffendre par
                                excepcion de tricherie, il resenble à celui qui done. Mes se li
                                deteurs promet au creancier par ignorance que il paiera sa dete, il
                                ne porra user de nule excepcion contre lui, car li creanciers ne
                                reçut que le suen. Mes cil qui li atorna est tenuz à lui et il li
                                puet demander que il la delivre de tel obligemant se il n’a paié, ou
                                que il rende ses deners se il la paie&#160;; ou, se il a paié, il
                                porra pleder par aucion de commandemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se je ai atorné à mon creancier celui qui rien ne
                                me doit, comme se il me deust, excepcion ne li vaudra rien&#160;;
                                mes il me porra demander arriere ce que il paiera por moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: totes les foiz que ce qui est deu porement est
                                promis soz condicion por cause de renoveler l’obligemant, li
                                renovelemanz n’est pas maintenant fez, mes quant la condicion sera
                                avenue. Et por ce, se uns sers est par aventure en l’obligemant et
                                il muert ainz que la condicion aveigne, il n’i a point de
                                renovelemant&#160;; car la chose n’est mes au tens que la condicion
                                avient. Et por ce dit Marciaus que se l’en a demore à rendre le
                                serf, [166rA] et il est puis mis en l’obligemant qui est fez soz
                                condicion, la demore est purgee, et l’en ne doit fere nule mencion
                                el darrener obligemant. {1} Mes se une chose est deue à aucun soz
                                condicion, et il met en convenant por renoveler l’obligemant que ele
                                li soit deue puremant, li renovelemanz n’est pas maintenant fez, ja
                                soit ce que il senble que la pure convenance i face aucunne chose.
                                Mes li renovelemanz sera fez quant la condicion avindra&#160;; car,
                                quant la condicion avendra, ele ostera la premere convenance et
                                s’atornara à la segonde. Et por ce, se cil qui promist est envoiez
                                en essil tant comme la condicion est en crole, Marciaus escrit que
                                se la condicion avient si n’i avra il point de renovelemant&#160;;
                                car la persone qui fut obligee n’est pas quant la condicion
                                avient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil qui ne puet parler puet atorner son deteur à
                                son creancier par letres ou par signes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant renovelemanz est lealmanz fez, li gage
                                sont delivré et les usures ne corant pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: nos poonz renoveler obligemanz par nos, se nos
                                somes de notre droiture, ou par autres qui font convenance par
                                nostre volenté. {1} Orfelins ne puet renoveler obligemant sanz
                                l’autorité à celui qui l’a en garde&#160;; mes cil qui l’a en garde
                                le puet fere se ce est li preuz à l’orfelin&#160;; et cil qui est
                                procurators de toz les biens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit&#160;: aucuns ne puet pas renoveler l’ancien obligemant
                                por ce que l’en li puet paier por droit. Quant l’en paie par droit
                                aucunne foiz à cez qui sont en nostre poesté ce que il ont presté,
                                mes uns d’aus ne puet par droit renoveler le premer obligemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.27}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinianus dit&#160;: quant li venderres atorne l’acheteur à paier à
                                aucun ce que il li doit, et li acheterres promet issi&#160;:
                                «&#160;je pairai quanque je doi de cest marchié&#160;», ce est
                                renovelemanz de l’obligemant, et il ne doit paier usures ne à l’un
                                ne à l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se uns creanciers fet convenance à Senprone
                                por cause de renoveler l’obligemant que il li pait ce que uns autres
                                li devoit, en tel maniere que il se parte de tot do premer
                                obligemant, li darreniers detors ne puet pas obligier les gages au
                                premer se li premer ne s’i assant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.2.33}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Triphonius dit&#160;: se uns hons me voloit doner aucunne chose, et
                                je la tor[166rB]noi que il la paast à mon creancier et il la
                                promist, il n’avra pas excepcion contre lui que il ne soit
                                condempnez fors en tant comme il puet fere, autresi comme il la
                                peust avoir contre moi&#160;; car tu li demandasses chose donnee et
                                li creanciers li demande sa dete.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head>VII. De pleiges.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci que hons, quant il est plège à autres segont la costume, et
                            li termes est passez de la dete, et cil qui la dete est demende ses
                            gages, il la doit baillier, et la li doit fere baillier, et la li doit
                            fere valoir as nuiz&#160;: et puis les puet vendre en bone foi, par si
                            que li autres les ait dedanz les nuiz, s'il les puet renbre. Et s'il ne
                            li viaut baillier ses gages, cil cui la dete est puet prendre ses gages
                            sanz jotice&#160;; et se cil li esqueut, il amendera à la jostice.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>L'en puet bien plévir par condicion et par convenances autres que la
                            costume ne done.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Uns hons dit issi&#160;: Gautier est mes plège por Robert de vingt livres
                            que Robert me devoit, do terme qui est passez&#160;; ge demende ses
                            gages, il ne me les vot baillier&#160;; ge les pris&#160;; il les me
                            queneust&#160;: si requier <pb n="275"/>que vos me façoiz ses gages
                            baillier, et amender la vilenie que il m'a fete. A ce Robert respont, et
                            dit que il ne fut onques ses plèges&#160;; et cil l'offre à prover par
                            soi et par garanz, qui sont prez do motrer et de l'avérer, qui li virent
                            la plévine fere. Et cil fist encontre tel ni et tel deffensse comme il
                            doit. Et l'en respont qu'en tel chose a bataille selonc ces moz.</p>
                        <p>Or demende l'en se li plège est vaincuz, qui a nié que il n'iert pas
                            plège en juigement, se li detes est tenuz à lui sodre&#160;: Et l'en dit
                            que oïl&#160;; car s'il n'en estoit tenuz, il seroit riches d'autrui
                            avoir. Mès la jotice doit punir le plège, segont ce que droit le done,
                            si que autre ne s'amorde pas à fere tel tricherie.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. De paemenz et de delivrances <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 46, tit. 3&#160;: <hi rend="i">de
                                    Solutionibus et liberationibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: quant uns deteurs doit par plusors causes et il paie
                                une dete, il est en sa volenté de dire por quel cause il a paié, et
                                ce que il dit sera tenu&#160;; car nos poons fere certain convenant
                                à celui à qui nos paions. Et se nos ne disons pas quant nos paions
                                por quel cause nos paions, il est en la volenté à celui qui reçoit
                                [166vA] por la quel dete il velt que ce soit, por que il acont en
                                chose que nos doions certainement et de coi nos ne pledons pas, et
                                ne mie en dete ou aucuns soit plege, ne en dete de coi li termes
                                n’est encore venuz&#160;; car il senble droit que li creanciers face
                                la besoingne au deteur, autresi comme il feroit la soe. Il est donc
                                ostroié au creancier aconter ce que l’en li paie en quel dete que il
                                vodra, por quoi il face autresi comme il feroit de la soe chose, mes
                                il li doit conter desque l’en li paia.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florentins dit&#160;: car li creanciers puet refuser à recevoir les
                                deners se l’en li velt paier por autre chose que il ne velt&#160;;
                                et li deteurs puet refuser à paier les se l’en li velt conter en
                                autre chose que il ne velt.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: car se ce ne lor estoit ostroié, il avendroit que
                                il convendroit toz jorz otroier ce que mains lor vodroit. {1} Et se
                                li uns ou li autres ne dit pas en quel dete il velt conter ce qui
                                est paié, se les detes estoient deues au terme ou soz condicion, il
                                convient que ce qui est paié soit conté en la dete de quoi li termes
                                est passez ou la condicion acomplie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: il est melz que ce que j'ai paié me soit conté
                                en aquit de ce que je doi en mon non que de ce que je doi par
                                plevine, et en ce que je doi sus paine que en ce que je doi sanz
                                paine, et en ce donc je ai doné caucion que en ce que je doi sanz
                                caucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: es choses qui sont deues à paier maintenant est il
                                certaine chose que ce qui est paié sanz nule distinction soit conté
                                en la plus grief cause&#160;; et se il n’en i a nule qui soit plus
                                grief que les autres, il soit conté en la plus vielle. La dete
                                senble plus dure qui est deue par caucion que cele qui est deue
                                porement. ¶ {1} Se aucuns a donné deus plege, il pot paier si que il
                                en delivre l’un.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se aucunne chose est deue por vilaine cause, et
                                aucunne chose por cause qui n’est vilaine, ce qui est paié est conté
                                en ce qui est deu par vilaine cause. Et se aucunne chose est deue
                                por cause de chose juigie et aucunne chose por autre cause, je croi
                                que ce qui est paié doit estre conté en ce qui est deu par cause de
                                chose juigie&#160;; et issi le prove Ponponius. Et se aucunne chose
                                est deue por cause ou paine est ajointe, ce qui est paié doit estre
                                conté en ce qui delivre de la paine.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se je ai fet convenance que une chose soit paié à
                                moi [166vB] ou à Tyce, Tyces ne la puet demander ne quiter ne
                                renoveler – la convenance – ja soit ce que l’en li puet paier par
                                droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se je ai fet convenance que une chose soit paié
                                à moi ou à un orfelin, se cil qui la doit la paie à l’orfelin sanz
                                l’autorité à celui qui l’a en garde, il est delivrés envers moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: li sires le doit otroier quant il le set
                                premerement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: quant uns plege plevist por deus por chascun .x.
                                livres, il est obligiez en .xx. livres&#160;; et se il paie les .xx.
                                livres ensenble ou par chescun .x., il delivre l’un et l’autre
                                deteur. Mes se il n’en paie que .v., voions le quel il alige. Et
                                sanz dote il aliege celui por qui il dit que il paie&#160;; et se il
                                vendoit rien, il convient regarder à la plus vielle dete. Autresi
                                est il se il a paié .xv. livres et il dit que les .x. sont por l’un
                                et les .v. por l’autre&#160;; et se il n’en dit rien, les .x. seront
                                par la plus vielle dete et les .v. por l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: cil qui fut fez oirs d’une partie d’un heritage
                                paia .x. livres que li morz avoit promises&#160;; il est quités de
                                tant comme il apartient à la partie que il a de l’eritage, mes il
                                demandera as autres tant comme il en afiert à leur parties. Mes se
                                une partie de l’eritage li eschiet ainz que il la demant, il sera
                                obligiez par cele partie. Et por ce croi je que excepcion de
                                tricherie li nuira se il demande arriere ce qui en afiert à cele
                                partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.43}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: en totes manieres de delivrances, tuit li
                                atachemant sont delivré, si comme li plege et li gage et les choses
                                obligees&#160;; fors quant les choses au creanciers et celes au
                                plege sont assenblees ensenble, car por ce n’est pas li deteurs
                                delivrez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.44}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: il avient aucunne foiz quant l’en paie deners que
                                dui obligemant sont osté en une ovre par un meisme paiemant&#160;;
                                si comme quant aucuns a vendu à son creancier son gage por sa dete,
                                se il li paie puis ce que il li doit, il oste l’obligemant de la
                                vente et celui de la dete. Et se uns orfelins a enprunté deners sanz
                                l’autorité à celui qui l’avoit en garde, et li creanciers li lesse
                                un lés en son testamant soz tel condicion «&#160;se il rent les
                                deners que il li presta&#160;», il senble que il li presta par .ii.
                                causes&#160;: por aquiter soi de sa dete, si que il soient conté à
                                l’oir que il ne puisse user us de la loi que retaille les lés, et
                                por acomplir la condicion que li lés soit renduz. Et se li usaires
                                des [167rA] deners est lessiez à aucun, il avient que quant li oirs
                                li baille il s’aquite de ce qui li fut commandé ou testamant et
                                oblige celui à qui il les baillé à rendre les quant li usaires
                                faudra. Autresi est il se il est commandé à l’oir que il vende
                                aucunne chose ou la baut à loage&#160;; car quant il le fet, il
                                s’aquite do testamant et oblige à lui celui à qui il vent la chose
                                ou baille à loage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.52}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: satisfacion est contee por paiement.</p>
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                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.53}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: il loist à chescun à paier por aucun sanz son seu ou
                                malgré suen&#160;; car il est establi au droit citeian que la
                                condicion à chescun puet estre amendee sanz son seu ou malgré
                                suen.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.54}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: la parole do paiement apartient à tote delivrance
                                comment que ele soit fete, et ele est plus raportee à la sustance de
                                l’obligemant que à la paie des deners.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.70}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: ce qui est promis à terme puet maintenant estre
                                paié&#160;; car l’en entant que toz li tens qui est jusque au terme
                                est donz au deteur por aquiter soi.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {46.3.75}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestins dit&#160;: autresi comme quitance destroit totes les
                                auctions qui apartenoient devant, fet li assenblemanz des
                                biens&#160;; car se li deteurs est oirs au creancier, ce que li bien
                                sont melé tot totes les aucions.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.76}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se cil qui a eu un orfelin en garde li a rendu
                                quanque il li devoit por cause de la garde, et li orfelins donne à
                                aucun aprés un po de tens les auctions que il a contre celui qui
                                eissi s’est aquitez, cist dons est nus, car les aucions sont nules.
                                Mes se ce fut fet ainz que il paiast, ou puis que il ot promis que
                                il dorroit ses auctions, et cil paia dedanz ce, et aprés li orfelins
                                donna les auctions, eles sont totes sauves à celui à qui il les
                                avoit donees&#160;; car senble melz el darrener cas que li pris des
                                auctions qui sunt donnees ait esté paiez, que il ne fet que les
                                auctions qui apartenoient avant soient destroites.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.80}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: selonc ce que chescuns marchiez est doit estre
                                paiez&#160;; si comme se nos avons fet marchié d’aucunne chose, ele
                                doit estre paie. Et quant nos fesons aucunne convenance par paroles,
                                li obligemanz doit estre depeciez ou par chose ou par paroles&#160;;
                                par paroles si comme par quittance&#160;; par chose si comme quant
                                chescuns paie ce que il promist. Et quant achaz ou vente ou aloemanz
                                est fez por ce que puet estre fet par un consentement, il puet estre
                                depecié par un consentement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.94}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinians dit&#160;: se cil [167rB] à qui ses deteurs paie autrui
                                deners a les deniers toz sans, et il demande ce que l’en li doit, et
                                ne rant pas ce que il a receu, il sera mis arriere par
                                    excepcion<note>par excepcion] <emph>par excepcion par
                                        excepcion</emph> dans le ms.</note> de tricherie. ¶ {1} Se
                                je preste ou paie deners qui sunt comun à mo‹i› et à autre, auction
                                ou delivrance n’est maintenant par ma partie, comment que la
                                compoignie soit ou chascun des deners ou en tote la somme. ¶ {2} Et
                                se plege paie autrui deners por cause de plevine, se il sont
                                despendu il puet pledier par auction de commandemant à celui por qui
                                il estoi plege. Et por ce, se il paie les deniers que il avoit
                                toluz, il pledera par auction de commandemant quant il en avra
                                satisfacion fet à celui à qui il les avoit toluz. ¶ {3} Favians
                                mande saluz à Pampanian. Quant Tyces devoit à Sey une quantité
                                certaine por cause de lés, et il li devoit autretant por autre cause
                                que il ne poest demander, li sers Tyce qui s’entremetoit de ses
                                besoignes paia à Sey sanz son seignor une some qui bien peust
                                soffire à la quantité d’une des detes, et li dit que il li paioit en
                                aquit de tot ce que ses sires li devoit. Je demant por quel cause il
                                senble que ce qui est paié soit receu. Et la responsse est que se
                                Sey eust dit à Tyce que il li paiast en aquit de sa dete, l’en
                                entendist par non de la dete le lés, et ne mie les deners qui ne
                                poient estre demandé&#160;; mes puis que il eust paié icele dete, il
                                ne la peust pas demander arriere. Mes quant li sers Tyce fu establiz
                                à procurer ses choses, il ne senbla pas que il li commandast à paier
                                ses deners qui ne devoient pas estre paiez et de coi il se poest
                                defendre par excepcion&#160;; ne plus que li sers puet paier les
                                deners de son chetel por cause de plevine où il n’entra pas por
                                chose qui apartenist à son chastel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.97}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quant uns hons doit por plusors causes et il
                                paie deners, si que il ne dit pas por la quel cause ce est, l’en les
                                contera premerement en cez qui sont deu soz male renomee, et puis en
                                cez qui sont deu soz paine, et puis en cez qui sont deu seur gage.
                                Et si les doit l’en premerement conter en cez que il doit conter por
                                lui que por autre, et li ancian juigerent ce por ce que il senble
                                que sages deteurs le feroit issi. Et s’il n’i a nules de cez choses,
                                la plus vielle dete sera avant paie. Se li deteurs paie plus deners
                                [167vA] que une des detes ne monte, la plus vielle dete sera quite
                                et ce qui remaindra de la paie sera conté en aquit de l’autre
                                enprés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.99}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li creanciers ne doit pas estre contrainz de
                                prendre danrees por deners, se il i puet avoir domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.103}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Mecians dit&#160;: se cil qui doit deners por plusoz causes paie
                                deners sanz dire por la quel il a paié, Julians dit que l’en doit
                                croire que il paie por cele de quoi il poit estre contrainz el tens
                                que il paia.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.105}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: ce que nos disons de l’oir, qui doit rendre au
                                plege au mort ce que il li a paié, ainz que il ait receu l’eritage,
                                doit estre entendu o aucun atenprement de tens&#160;; car il ne doit
                                pas recevoir l’eritage si comme il vient d’anterrer le cors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.106}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: autre chose est que l’en puisse paier à Tyce par la
                                droiture de la convenance, et autre chose que je l’otroi
                                après&#160;; car quant l’en li puet paier par la droiture de la
                                convenance, je ne puis pas deffendre que l’en ne li paiet. Mes se je
                                otroi puis que la convenance fut fete que l’en li paiast, l’en ne li
                                paiera pas par droit. Se je deffant ainz que l’en li pait, que l’en
                                ne li pait pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.3.107}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: obligemenz de paroles est depeciez ou
                                naturelment ou citeinement. Naturelment si comme quant l’en paie la
                                chose qui fut promisse, ou quant ele lesse à estre sanz les corpes à
                                celui qui les promist&#160;; citaienement si comme li uns clame
                                l’autre quite, ou les choses à l’un et à l’autre vienent en une
                                meisme persone.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head type="gp">IX. De quitances <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 46, tit. 4&#160;: <hi rend="i">de
                                    Acceptilatione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestins dit&#160;: quitance est delivrance par coi li uns et
                                l’autres de cez qui sont obligié ensenble est assos de tot
                                l’obligement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il nos plest que orfelins puisse estre delivrez
                                par quitance sanz l’autorité à son deffendeor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: nus ne puet quiter ne estre quitez par procurator
                                sanz commandemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: quitance ne puet estre fete soz ‹condicion›.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: quitance qui est fete à terme n’est de nule
                                valeur&#160;; car quitance selt delivrer autresi comme paiemenz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: quitance puet estre fete se li uns demande
                                issi&#160;: «&#160;me quites tu de ceste convenance ?&#160;», et li
                                autres respont&#160;: «&#160;oïl&#160;».</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: l’en demande se cil a point de force de
                                con[167vB]venant en quitance qui rien ne vaut ? Et sanz dote se il
                                n’i a consentement, il n’i a point de force de convenant. Aucuns
                                demande donc se il puet estre que il n’i ait consentement ? Et je ne
                                voi pas por quoi il ne puisse estre&#160;; car se cil qui fesoit la
                                quitance savoit bien que ele ne valoit rien, tuit sievet que il n’i
                                a point de force de convenant desque il ne se consenti au convenant
                                fere. ¶ {1} Autressi comme li sers communs puet aquerre convenance à
                                un de ses seigneurs, li puet il aquerre quitance et delivrer del
                                tot&#160;; et Octavenus le cuide eissi. {2} Li sers communs puet
                                aquerre quitance à un de ses seigneurs malgré à l’autre&#160;; et
                                issi plet il à Labeo. Aprés escrit Labeo que se li sers qui a deus
                                seignors a tant fet que li uns a promis une chose à l’autre, il
                                priet l’autre que il le quit, et il le puet delivrer par quitance
                                autresi comme il l’avoit obligié. Et issi sera li obligemenz aquis
                                et ostez par un meisme serf. ¶ {3} L’en ne puet quiter par paroles
                                fors obligemant qui est fez par paroles, car ce qui n’est pas fet
                                par paroles ne puet pas estre depeciez par paroles. ¶ {4} Se li filz
                                qui est en baill promet aucunne chose, il n’oblige pas son pere mes
                                soi meismes&#160;; et por ce puet li filz demander delivrance por
                                quiter soi, car il est obligiez. Et se li peres demande quitance, il
                                ne fet rien, car il n’est pas obligiez mes ses filz. Ce moisme doit
                                l’en dire do serf, car il puet estre delivrez par quitance. Et li
                                obligemanz de coi li sires estoit obligiez par lui sont osté&#160;;
                                et nos usons de cest droit, quar quitance soit do droit as genz. Et
                                por ce croi ge que quitance puet estre fete en grec, por coi por qui
                                ele soit fete en autretel forme comme ele estoit fete en latin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quitance puet estre fete d’une partie de ce qui a
                                convenencié, non pas tant solement se l’en dit eissi&#160;:
                                «&#160;quites me tu les .v. des .x. deners que je te promis
                                ?&#160;», mes se l’en dit eissi&#160;: «&#160;quites me tu la moitié
                                de ce que je te promis ?&#160;», et li autres respont&#160;:
                                «&#160;oïl&#160;».</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: mes se denier n’ont pas esté mis en la
                                convenance, mes uns certains cors, si comme un serf, quitance ne
                                puet estre fete d’une partie. ¶ Quitance puet estre fet à un des
                                oirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: une maniere d’aquerre est delivrer son seignor
                                d’obligemant&#160;; et por ce, se li sers de coi avo‹n›s a l’usaire
                                [168rA] puet delivrer celui qui en a l’usaire por porchacier la
                                quittance, car il senble que il aquiert de ses choses meisme.
                                Autresi dirons nos do serf en coi nos n’avons que l’usage set en
                                celui qui nos sert en bone foi et as autres qui sont sozmis à nostre
                                droiture. Et se je quit à un serf ce que je li promis, je n’avrai
                                nule auction contre son seignor, ne de son chetel ne de ce qui est
                                mis en son preu. ¶ {2} Se li sers d’un heritage demande ainz que
                                l’eritages soit receuz quitance de ce que li morz me promist, et je
                                li octroi, je croi que li heritages est delivrés par ce. {3} Et se
                                ses sires estoit en chetivoison, l’en doit dire que la quitance sera
                                confermee quant il sera revenuz&#160;; car sers puet bien fere
                                convenance el non à son seignor qui est en chetivoison.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: ce qui est deu à terme ou soz condicion puet
                                estre osté par quitance se la condicion avient ou li termes
                                vient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: la convenance de servises qui a esté fete par le
                                seremant à celui qui a esté franchiz puet estre ostee par quitance.
                                ¶ {1} Se ce qui a esté convenencié ne puet estre parti, la quitance
                                qui est fete d’une partie n’est de nule valeur, si comme se il a
                                esté mis en convenant que uns chans doie servise. ¶ Se usaires est
                                mis en convenance, si comme li usaires d’un champ, quitance en puet
                                estre fete d’une partie si que cil qui l’avoit de tot le champ ne
                                l’ait que d’une partie. ¶ Se voie est promise à aucun parmi un champ
                                et il cuide que il n’i ait mie voie ne charriere, ceste quitance
                                n’est de nule valeur. Autresi doit l’en dire se la charriere est
                                quitee, mes se li santier et les charrieres sunt quités, l’en doit
                                dire que cil qui promist la voie est delivrés. ¶ {2} Il est aperte
                                chose et certaine que se cil à qui uns chans a esté promis en quite
                                l’usaire ou la voie, la quitance ne vaut rien&#160;; car cil qui
                                quite doit quiter ce qui li a esté promis ou tot ou en partie. Mes
                                cez choses ne sont par parties del champ, ne plus que se une meson a
                                esté promise à aucun et il en quite les pierres ou les fenestres ou
                                les chevrons. ¶ {3} Se usaires a esté promis à aucun, et il en quite
                                l’usage, si li usages puet estre establiz sanz le fruit, la quitance
                                vaut. ¶ {4} Se cil à qui uns sers a esté promis quite Stic, Julians
                                dit que la quitance vaut, et que ele oste tot l’obligemant. Se cil
                                qui a promis puet paier une chose à celui à qui il a promis, et cil
                                ne puet refuser que il ne [168rB] la preigne se il la quite, il
                                donne delivrance. ¶ {5} Il est certaine chose que cil à qui uns
                                chans a esté promis ne puet pas quiter la cause de tricherie qui fu
                                mise en la convenance&#160;; car ce n’est pas partie de la dete,
                                ainz est autre chose que ce qui est deu. ¶ {6} Se cil à qui l’en
                                promist un serf ou .x. solz soz condicion quite le serf, et li sers
                                muert ainz que la condicion aviegne, li .x. solz remaindront en
                                l’obligemant, autresi comme se la quitance n’eust onques esté fete.
                                ¶ {7} Se quitance est fete ou plege quant li deteurs est obligiez
                                par chose et ne mie par paroles, l’en demande se li deteurs est
                                delivrés. Et nos usons de cest droit&#160;; que ja sé ce que li
                                deteurs n’est pas obligiez à paroles, neporquant il soit delivrés
                                par la quitance qui est fete au plege. ¶ {8} Se quitance est fete au
                                ploige de lés qui sont lessiez soz condicion, li lés seront aprés
                                deu se la condicion avient. ¶ {9} Se pleige fut pris en ceste
                                maniere : «&#160;tu es ploing de quancque je pretoi à Tyce&#160;»,
                                et li creanciers li quite la plevine ainz que il prest rien à Tyce,
                                Tyces n’est pas obligiez&#160;; mes quanque la prant, sera obligiez
                                à lui&#160;; car se nos disons que li pleges ne puet estre delivrez
                                devant que une chose fu prestee au deteur por ce que il n’estoit
                                obligiez à rien, neporquant li deteurs ne puet pas estre delivrez
                                par quitance qui fu fete ainz que il fust obligiez. ¶ {10} Li
                                deffenderres à l’orfelin et li procureors au forsené ne puent pas
                                quiter lor detes, ne procurators ne puet fere quitance, mes tuit cil
                                qui puent renoveler obligement. Et en tele maniere puet il quiter,
                                et autresi ne luer puet l’en fere quitance, mes il puet estre
                                delivré par renoveler obligement, que nos solons user de cest remede
                                au la persone à cex qui ne sont pas presant&#160;; car nos feson por
                                renoveler l’obligemant que uns autres nos promet à rendre ce que cil
                                nos doit qui n’est pas presanz, et issi le quiton nos. Et cil qui
                                est hors do païs est issi presanz par le renovelement et est
                                delivrez par quitance. ¶ {11} Tuit oir puent quiter et estre quité.
                                {12} Se une meisme chose à esté promise à plusors ensenble et li uns
                                la quite, cil qui la promist est toz delivrés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se la quitance ne s’acorde [168vA] à l’obligemant,
                                et se ce n’est voirs qui est dit à fere la quittance, ele n’est pas
                                perfete&#160;; car il convient que les paroles s’acordent
                                ensenble.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se cil qui promist Stic demande issi&#160;:
                                «&#160;je te promis Stic, me quites tu Stic et Panfile ?&#160;», et
                                cil respont&#160;: «&#160;oïl&#160;»&#160;; je croi que la quitance
                                vaut, et mancion est por noiant fete por Panfile. Autresi comme cil
                                qui promist .x. solz demande issi&#160;: «&#160;je te promis .x.
                                solz, me quites tu .xx. solz ?&#160;», et cil respont&#160;:
                                «&#160;oïl&#160;», il sera delivréz de .x. solz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se plusor sont obligié à une moisme chose et
                                quitance est fete à l’un, il seus n’est pas delivrez, mes tuit cil
                                qui estoient obligié à lui&#160;; ce n’est pas par la reson de la
                                quitance, mes por ce que il senble que il aist paié. ¶ {1} Se plege
                                est pris de la chose juigie et quitance li est fete, cil qui fut
                                condempnez est delivrés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se cil à qui .x. solz ou uns sers furent promis
                                quite les .v. solz, il oste une partie de la convenance et puet
                                demander les autres .v. solz, ou la moitié do serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Florentins dit&#160;: quitance et delivrance puet estre fete d’un
                                marchié ou de plusors qui sont certain ou qui ne sont pas certain et
                                de totes causes. {1} Gaius Aquillius mostre issi la convenance de
                                quoi quitance doit estre fete&#160;: ¶ «&#160;tu me promz quant que
                                il convient que tu me faces ou donges par aucunne cause, ou
                                orendroit ou à terme, de quoi je puis avoir aucion contre toi et que
                                je te puis demander, et quant que tu as do mien et que tu en porsiz,
                                et tant comme ces choses valent&#160;», et cil doivent
                                respondre&#160;: «&#160;je le te promet&#160;». Et la quitance doit
                                estre fete en cest maniere&#160;: «&#160;quites me tu tos les choses
                                que je t’oi promises ?&#160;», et cil doit respondre&#160;:
                                «&#160;je les te quist&#160;».</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se quitance est fete à celui qui est obligiez par
                                chose et ne mie par paroles, il ne sera pas delivrés, mes il se
                                porra deffendre par excepcion de tricherie ou de convenant. ¶ {1} Il
                                a tel difference entre quitance et letres de poiemant&#160;: que cil
                                à qui quitance est fete est delivrés, ja sé ce que il n’ait pas paié
                                les deners, mes cil qui a letres de poiement n’est pas delivres se
                                il n’a poié les deners.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se la cause de chose juigee est quitee, tote
                                la convenance faut, si comme Marciaus dit, car ele i est mise que la
                                [168vB] chose puisse estre juigee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se uns m’a esté lessiez soz condicion, et je faz
                                convenance por cause de renoveler obligemant que il me soit donnz,
                                et je le quit enprés ce, avant ce que la condicion avigne, Nerva dit
                                que se la condicion avient, aucion ne m’apartient pas&#160;; par le
                                testamant, por ce que li obligemanz est renovelz&#160;; par la
                                convenance, por ce que quitance en a esté fete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: sers ne puet pas fere quitance neïs par le
                                commandemant son seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.4.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: se je t’ai quité, por ce ne sui je pas quités à toi.
                                Et Paulus dit&#160;: mes por ce que loages et achaz et vantes sont
                                fez par assentemant, ja soit ce que nule chose n’est encore baillie,
                                l’une et l’autre partie puet estre quitee de tot obligemant. Ja soit
                                ce que l’une sole partie face la quitance.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head type="gp">X. De convenance qui est fete par le prevost <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 46, tit. 5&#160;: <hi rend="i">de
                                    Stipulationibus prœtoriis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: il senble que trois especiaus manieres sont de
                                convenances qui sont fetes par le prevost&#160;: les unes sunt fetes
                                en juigement, les autres par caucion, les autres sont communes. {1}
                                    Celes<note>Celes] <emph>A celes</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Iudiciales eas dicimus</emph></note> qui sont fetes en
                                juigement, qui sont fetes d’avoir estable ce qui sera juigié, si
                                comme de poier ce qui sera juigié et denoncement de novele ovre. ¶
                                {2} Celes qui sont fetes par caucion sont celes qui ont maniere de
                                auction, neïs de renovelement en est fez&#160;; si comme de lés et
                                de garde, et d’avoir la chose estable, et que domages ne sera pas
                                fez. ¶ {3} Les communes sont celes qui sont fetes de estre au
                                juigement. {4} Et l’en doit savoir que totes convenances contienent
                                caucion par leur nature, car les convenances sont fetes por aseurer
                                cex à qui eles sont fetes. ¶ {5} De cez convenances qui sont fetes
                                par le prevost, et les unes qui sont fetes par caucion et les autres
                                par une promesse. Mes il en i a por qui soient fetes par une
                                promesse&#160;; et quant eles seront nonbrees, l’en savra
                                apertenement que les autres ne sont pas par promesse, mes par
                                caucion. {6} La convenance de denoncement de novele ovre est aucunne
                                foiz fete par caucion et aucunne foiz par une promesse. Et il
                                convient voir comment caucion en est donnee&#160;; car il convient
                                doner caucion de l’ovre qui est fete en privé leu et fere une
                                promesse de cele qui est fete en commun leu. Et cil qui commencent
                                en lor non ne font fors prometre, et cil qui commencent por autres
                                doivent [139rA] donner caucion. ¶ {7} L’en promest aucunne foiz que
                                domages ne sera pas fez, et aucunne foiz en done l’en caucion. Car
                                quant aucunne chose de quoi domages puet venir est fete en commun
                                flueve, l’en en donne caucion&#160;; et quant ele est fete en
                                mesons, l’en n’en fet fors prometre. {8} Convence qui est fete de
                                randre une chose à dobles n’est fors une promesse. {9} Se il n’est
                                mis au convenant que caucion ne soit donnee, et s’il i a aucun
                                contredit, si comme l’en dit que l’en demande par malice que tel
                                convenance soit fete, li prevoz doit conoistre de la chose à une
                                sonme et commander que caucion soit donnee ou deffendre le. {10} Et
                                se il i convient à joindre ou amenuissier ou müer, aucunne chose de
                                la convenance est par la juridicion au prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: les convenances qui sont fetes par le prevost
                                contienent ou restitucion de chose ou quantité qui n’est pas
                                certaine. {1} Si comme la convenance de denoncement de novele ovre,
                                en coi il est contenu que ele soit restablie&#160;; et por ce, se li
                                deffenderres et li demanderres muert et il lesse plusors oirs, et li
                                uns voint ou est vencuz, tote l’ovre devra estre restablie&#160;; et
                                tant comme il faut aucunne chose, ne puet l’en pas dire que l’ovre
                                soit restablie. ¶ {2} La convenance de poier ce qui sera juigié, et
                                celes qui li sires avra establi ce que li procurators fera, et cele
                                que domages ne sera pas fez, et celes qui sont senblables à cestes,
                                contienent quantité qui n’est pas certaine. Et de celes dit l’en que
                                eles doivent estre departies à persones aus hoirs, ja sé ce que l’en
                                puet dire que la persone as hoirs à celui qui fet la convenance ne
                                puet pas müer la condicion à aucun par convenance qui descende do
                                mort. Et encontre ce, il est fet par bone reson que se uns des hoirs
                                à celui à qui la promesse fut fete voint, la convenance a
                                    lieu<note>a lieu] <emph>a lun</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>At in contrarium summa ratione fit, ut uno ex
                                        heredibus stipulatoris vincente in partem eius committatur
                                        stipulatio: hoc enim facere verba stipulationis “quanti ea
                                        res est"</emph></note> por sa partie por tant comme la chose
                                vaut. {3} Mes se li uns des hoirs à celui qui promist porsiet tote
                                la chose, Julians escrit que il doit estre condempnz por tot&#160;;
                                et se cil qui porsiet muert puis que li plez est entammz, uns de ses
                                oirs ne doit pas estre condampnz am plus que li autre, ja soit ce
                                que il porsit tot le champ.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: l’en donne caucion [169rB] generaument en totes
                                les convenances qui sont fetes par le prevost et as
                                procurations.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: les convenances qui sont fetes par le prevost sont
                                sovent demandees quant caucion lesse à estre fete sanz la colpe à
                                celui qui promet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: ce doit estre gardé en totes les convenances
                                qui sont fetes par le prevost, que se mis procurators fet convenance
                                en mon non, aucion li apartiegne quant la cause sera corrue. Autresi
                                est il que se uns marcheanz commence à estre en tele cause que il
                                baille à autres ses marcheadises et en retient la seignorie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: en totes les convenances en coi une chose est
                                promise à fere et poine i est mise, se ele n’est fete est la caucion
                                donnee par non de la poine.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il convient as caucions qui sont fetes par le
                                prevost que plege soient donz, ne nus ne s’en puet aquiter par
                                baillier gages ne deners, ne or ne argant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Papinians dit&#160;: Paulus dit que quant cil qui est fez hoirs soz
                                condicion a receu la possession des biens, il est contrainz de doner
                                à celui qui est establiz à estre hoirs aprés lui caucion à plus lonc
                                terme que la condicion n’est. Car li prevoz ne velt que ses
                                benefices tort à nuli à decevance&#160;; et l’en puet bien voir que
                                cil qui prant avant, demande à tort caucion. ¶ {1} Quant uns lés est
                                lessiez à Tyce et amené soz contraires condicions, l’en doit donner
                                caucion à l’un et l’autre quant li uns et li autres a esperance
                                d’avoir le lés par la volenté au mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: se doteuse parole avient as convenances qui sont
                                fetes par le prevost, l’excepcion sera au prevost, car l’en doit
                                garder à sa pensee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: Valerians escrit que se li prevoz qui commanda
                                premerement que caucions fust donnee jusques à trois anz commanda
                                aprés que ele fut donnee à plus lonc tens, por ce que il vost que
                                l’an usast la premere convenance, il senble que il aperne à cez qui
                                estoient obligiez par l’excepcion de la premere convenance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {46.5.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: la convenance d’une moisme maniere, où l’en
                                promet arrendre tant comme la chose vaut, il est miauz que l’en
                                compraingne certainne somme&#160;; car sovant avient que il est
                                grief chose de prover la valor des choses, si que ele est ramenee à
                                petite somme.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head type="gp">XI. Ci commoince li livres de Digeste nove. [169vA] Cis titres
                        est de punir<note>punir] <hi rend="i">puniz</hi> dans le ms.</note> mesfez <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Privatis delictis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li establissemanz de la loi que Julians dit est
                                que li oirs ne sont pas tenu par les aucions de coi poines corperes
                                viennent. Et por ce ne puet il estre trez en cause por le larrecin
                                lor ancessors. Mes ja soit ce que il ne soient pas tenu par aucion
                                de larrecin, neporquant il convient que il soient tenu de fere venir
                                la chose avant, ele porra estre chalongie contre els&#160;; et chose
                                qui a esté poié qui n’estoit pas deue leur puet estre demandee. ¶
                                {1} Il est certaine chose que oirs puet pledier par aucion de
                                larrecin&#160;; car l’excepcion d’aucuns mesfz est donnee as oirs.
                                Oirs puet bien pledier par la loi qui fet restorer les domages et
                                par aucion de torz fez. ¶ {2} Il nos plest que la poine anseigne le
                                maufetor, non pas tant solement en larrecins, mes an totes les
                                autres auccions qui nessent des mesfez de quelque maniere qui eles
                                soient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.1.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: il n’avient nule foiz que plusors mesfez qui
                                sont assenblé ensenble facent que quitance de l’un soit
                                donnee&#160;; car la poine dou mesfet n’est pas amenuisie por un
                                autre mesfet. {1} Cil qui a donc enblié un serf ou l’a ocis est
                                tenuz par aucion de larrecin por ce que il a emblé, et par la loi
                                qui fet restorer les domages por ce que il l’a ocis&#160;; et l’une
                                de cez aucions ne destraint pas l’autre. {2} Autresi doit l’en dire
                                se il le tolit par force et l’ocist&#160;; car il est tenuz par
                                l’entredit des biens raviz par force et par la loi qui fet restorer
                                les domages. {4} Et se i l’a enblé ou batu, il est tenuz par .ii.
                                auctions, ce est de larrecin et de tort fet&#160;; et se il l’ocist,
                                il est tenuz par la tierce. {3} L’en demande donc, se il a esté
                                demandé arrieres por ce que il avoit esté anblez, se il remeint por
                                ce que l’en ne puis[169vB]se pledier par la loi qui fet restorer les
                                dommages. Et Ponponius dit que l’en en puet bien pledier. Car l’an
                                prise autre loi qui fet restorer les dommages que quant l’en demande
                                arrieres par cause de larrecin&#160;; car ele est presiee en la loi
                                qui fet restorer les domages à tant comme ele vaut plus en cel an.
                                Mes quant l’en a prisié en cause de larrecin, l’en ne garde pas à la
                                valor dou tens passé. Mes se cil qui ce a fet est sers, il soffre
                                poine por la quel cause que ce soit, l’autre aucion n’est pas
                                perrie. ¶ {5} Se aucuns enble aucun serf et il le bat, il sera tenuz
                                par aucion de serf corrumpu et de larrecin. ¶ {6} Et se aucuns a
                                navré le serf que il avoit enblié, les deus aucions li avront leu,
                                ce est cele de larrecin et cele de la loi qui fet restorer les
                                domages.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.1.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: se aucuns viust porsuire les aucions qui
                                nessent des mesfez, se il en vieust pledier par deners il les
                                convindra revenir au droit ordinaire, ne il ne sera pas contrainz de
                                fere suscepcion au terme&#160;; mes se il en vieust pledier por
                                poine, il convient que il face subscrition.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head type="gp">XII. ‹De larrecins›</head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de
                                    Furtis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Labeo dit que larrecin est apelez de nerté, por ce
                                que il est fez en repost et en ocurté et plus par nuit que por
                                jor&#160;; ou de tolir, selunc les paroles dou latin. {1} Sole
                                pensee de fere larrecin ne fet pas larron. {2} Et cil qui a pris une
                                chose à garder, et la nie, ne est pas tenuz mointenant par aucion de
                                larrecin, se il ne l’é fet par achoison de tolir les. ¶ {3}
                                Larrecins est atochemanz d’autrui chose par barat por avoir la de
                                gaing.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: deus manieres de larrecin sont&#160;: cil qui est
                                aperz et cil qui n’est pas aperz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil est lerres aperz qui est pris o tot le
                                larrecin&#160;; {1} et il ne puet chaloir qui le praingne ou cil qui
                                la chose fu ou un autre. ¶ {2} Mes l’en demande se il est aperz
                                lierres lors sanz plus que il est pris fesant le larrecin ou aprés.
                                Et Julians dit que, ja soit ce que il n’est pas pris an fesant le
                                larrecin, por ce ne remoint pas que il ne soit aperz lierres se il
                                est pris à tot la chose que il avoit enblee, ainz que il l’ait
                                portee la où il l’avoit pansee à porter la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’an doit entendre «&#160;la où [170rA] il avoit
                                pansé à porter la&#160;» ce est la où il avoit pansé à gesir cele
                                nuit o tot.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se il est don‹c› pris au leu commun ou privé ainz
                                que il ait porté la chose la où il avoit en pensé, l’an doit dire
                                que li larrecins est aperz se il est pris ou la chose que il avoit
                                enblee, et issi escrit Cassius. {1} Mes s’il la porta la<note>la]
                                        <emph>lo</emph> dans le ms.</note> où il avoit en pensé, et
                                il est pris o tot, il n’est pas aperz lierres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: je soit ce que larrecins est sovant fez par
                                atochier, neporquant il an garde selonc le commoincement se il est
                                aperz lierres ou non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: se aucuns a fet un larrecin tant comme il estoit
                                sers et il est pris puis que il est franchiz, voions se il est aperz
                                lerres. Et Ponponius dit que il puet estre trez en cause d’apert
                                larrecin, car la nessance de larrecin qui fu fez ou servage ne fu
                                pas aperte. {1} Iqui escrit Ponponius que par la prise est li lerres
                                aperz. ¶ Se je t’ambloi les choses de ta meson et tu te reponsis que
                                je ne t’oceisse, ja sé ce que tu veoies fere larrecin, neporquant il
                                ne est pas aperz. {2} Mes Celsus ajoint à la prise, que tu le veoies
                                enblant et tu le sivis par prandre, et il geta ce que il avoit anblé
                                et s’en foi, il est aperz lerres. {3} Et il en dit un pou de
                                difference se cil à qui il avoit fet le larrecin, ou<note>ou]
                                        <emph>en</emph> dans le ms.</note> un de ses voisins, ou uns
                                trespassanz, le prist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: par le larrecin qui est aperz voit l’en le quel
                                n’est pas aperz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se aucuns a aucion de larrecin, por ce se li
                                lerres a tochié sovant la chose que il a enblee, ne croit pas
                                l’aucion&#160;; ne por ce, se la chose croit puis que ele est
                                anblee. {1} Mes je puis chalongier ma chose aprés, autresi comme
                                devant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpianus dit&#160;: cil a aucion de larrecin qui eust preu se la
                                chose ne fust pas enblee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil à qui la chose apartient a aucion de larrecin
                                se ele li apartient par honeste cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li folons qui prant dras à teindre et à parer puet
                                toz jorz pledier de larrecin se il li sont enblé, que il sont en sa
                                garde. Et s’il n’a de quoi rendre les, l’aucion revient à celui cui
                                il estoient&#160;; quar il n’a de quoi rendre, le pris n’est pas
                                seur lui. {1} Aucion de larrecin n’est pas donnee à celui qui porsit
                                par male foi, ja sé ce que ce fust li preuz [170rB] que la chose ne
                                fust pas enblee, por ce que ele est à son peril. ¶ Mes nus n’a
                                auction de sa desloiauté&#160;; et por ce est donnee auction de
                                larrecin à celui soul qui porsiet par bone foi. {2} Se la chose
                                estoit baillie an gage et ele est enblee, nos donons au creancier
                                aucion de larrecin, ja soit ce que la chose n’estoit pas seue&#160;;
                                et nos ne donnons pas aucion à lui contre les estranges tant
                                solement, mes contre le seignor moismes de la chose&#160;; et issit
                                escrit Julians. Et il nos plest que aucion en soit donnee au
                                seignor, et issi avendra il que l’aucion sera donne à deus por ce
                                que l’aucion apartient à deus. Et l’en demande se ele est toz jorz
                                donnee au creancier ou lors sanz plus quant li deteurs n’a de quoi
                                paier. Et Ponponius dit que ce fut toz jorz ses preuz que il eust
                                le gage&#160;; et issi le dit Papinians et Julians, et il est
                                voirs.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.13}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil à qui une chose est deue par convenance n’a pas
                                aucion de larrecin se ele est anblee quant il est demoré an celui
                                qui la promist que il ne l’a rendue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil qui achete la chose n’a pas aucion de larrecin
                                se ele ne li fust livree&#160;; mes Celsus dit que cele aucion
                                apartient encore au vendeor, et il convient que il doint à
                                l’acheteor l’aucion de larrecin et le poer de chalengier la. Et se
                                nule chose l’en est rendue par cez aucions, il convendra que il la
                                baut à l’acheteor&#160;; et ceste sentence est veroie, et issit le
                                dit Julians. Et sanz dote li perilz apartient à l’acheteor se li
                                venderres la garda au mieux que il pot. {1} Et se li acheterres
                                moismes a anblé la chose que li venderres devoit garder puis que il
                                en ot poié le pris, il n’est pas tenuz par aucion de larrecin. ¶ Mes
                                se il l’enbla ainz que il l’eust poié, le pris il i est tenuz,
                                autresi comme s’il eust anblé son gage quant il l’eust engagié. ¶
                                {2} Li coitiveor ont aucion de larrecin, ja soit ce que il ne seront
                                pas seign‹o›r. {3} Voions se cil à qui la chose est baillie en garde
                                a aucion de larrecin. Et por ce que il est tenuz à rendre fors ce
                                qui aviant por sa tricherie, il nos plest que il n’aist pas aucion
                                de larrecin&#160;; car se il n’i a fet tricherie, il en est quités.
                                Se il i a fet [170vA] tricherie, li perilz est sor lui, mes il ne
                                doit aquerre auccion de larrecin par sa tricherie. {4} Julians
                                escrit que il a esté establi en la persone à toz les larrons que il
                                ne puissent pledier par aucion de larrecin ou non de la chose dont
                                il sunt larron. ¶ {5} Papinians demande&#160;: «&#160;se je pris
                                deus sers en gages por .x. solz et li uns m’en est enblez, et cil
                                qui m’est remés vaut bien les .x. solz, savoir mon se j’ai aucion de
                                larrecin jusqu’à .v. solz tant solement por ce que j’ai les autres
                                .v. solz saus en l’autre serf ? Ou por ce que cil qui m’est remés
                                puet morir se j’é auction de toz les .x. solz, ja soit ce que cil
                                qui m’es remés vaut assez plus ? Et il cuide que je le puisse avoir
                                por toz les .x. solz&#160;; car l’en ne doit pas regarder au gage
                                qui est remés, mes à celui qui est amblez. ¶ {6} Il moismes escrit
                                que se l’en me devoit .x. livres, et li sers que j’avoie m’est
                                embliez et je avoie pledié par aucion de larrecin et conquis les .x.
                                livres, aucion de larrecin ne m’apartendra pas se il m’est amblez
                                autre foiz&#160;; car il a lessié apartenir à moi desque je ai eu ce
                                que l’an me devoit. Issi est il se il m’est anblez sanz ma colpe, je
                                sui tenuz par auction de gage&#160;; se ce est par ma colpe, je
                                porroi pledier par aucion de larrecin. ¶ Et se ce n’est en ma copes,
                                l’aucion apartient au seignor de la chose et non pas à moi&#160;; et
                                Ponponius loe ceste sentence. {7} Cil moismes dit que se dui serf
                                sont anblé en un leu ensenble, aucion de larrecin apartient el non
                                de l’un et de l’autre au creancier&#160;; mes ce n’est pas por tot
                                ce que il valent, mes por tant comme l’en li doit seur chescun. Mes
                                se il me sont enblié chescun par soi, et ge ai eu el non de l’un
                                tote ma dete, je n’avrai rien el non de l’autre. ¶ {8} Se cil à qui
                                je prestai ma chose i a fet tricherie, il n’en puet pas pledier par
                                aucion de larrecin. {9} Et ce moisme dit Ponponius de celui qui
                                prent une chose à porter par le commandemant à aucun. ¶ {10}
                                    L’en<note>l’en] <emph>C len</emph> dans le ms.</note> demande se
                                li peres a aucion de larrecin por la chose qui fu prestee à son fill. 
                                Et Julians dit que nenil, car il ne la devoit pas garder. Autresi
                                [170vB] comme cil qui est plege por celui à qui la chose est prestee
                                n’a pas aucion de larrecin&#160;; car tuit cil qui n’ont aucion de
                                larrecin, qui eussent preu se la chose n’eust pas esté enblee, mes
                                cil qui est tenuz à rendre la por ce que ele est perie en ses
                                corpes&#160;; et Celsus loe ceste sentence. {11} Se aucuns avoit un
                                serf par enprunt et il li est enblez, l’en puet demander se il a
                                aucion de larrecin. Por ce que nule citeiane auction n’a leu contre
                                lui, car tex enprunz est senblables à don, et por ce est li entrediz
                                convenables et necesseres contre lui, et n’a<note>n’a]
                                        <emph>ne</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>non habebit
                                        furti actionem</emph></note> mie aucion de larrecin. Et
                                quant l’en avra pledié à lui par l’entredit, je croi que il doit
                                rendre ce qui est avenu en sa colpe&#160;; et por ce, puet il
                                pledier par aucion de larrecin. {12} Et se aucuns a pris une chose à
                                loage et ele li est enblee, il avra aucion de larrecin se ele est
                                perdue en ses corpes. ¶ {13} Se li filz qui est en bail li est
                                enblez, il est aperte chose que ses peres a aucion de larrecin. ¶
                                {14} Se une chose est prestee, et cil à qui ele est prestee muert,
                                ja soit ce que larrecins ne puet estre fez à l’eritage, neporquant,
                                se ele est enblee, li hoirs à celui à qui ele fut prestee porra
                                pledier par aucion de larrecin&#160;; et cil qui la presta en porra
                                pledier. Autresi est il en la chose qui est engagie ou baillie à
                                loage. Et ja soit ce que aucion de larrecin n’est pas acquise à
                                l’eritage, neporquant ele est acquise à autre à qui la chose
                                apartient. ¶ {15} Aucion de larrecin apartient à celui à qui la
                                chose est prestee, non pas tant solement por la chose prestee mes
                                por la chose qui est nee de cele&#160;; car la garde en apartient à
                                celui à qui la chose fut prestee. Car se je t’ai presté un serf et
                                sa robe est enblee, tu en plederas par aucion de larrecin, ja soit
                                ce que je ne te prestai pas sa robe. ¶ Et se je t’ai prestee une
                                jumant qui a un polin et li polins est enblez, Aquilius dit que
                                aucion de larrecin apartient à moi et à toi, ja soit ce que il ne ce
                                fust pas prestez. ¶ {16} L’en demande donc quele aucion de larrecin
                                est donnee à celui à qui la chose fut prestee. Et je croi que
                                aucion de larrencin apartient à toz cex qui ont autrui chose à leur
                                perill, si comme par prest ou par loage [171rA] ou en gage&#160;; et
                                cil qui a la seignorie de la chose la puet demander arriere tant
                                solement. ¶ {17} Se les letres que je te envoie sont enblees à celui
                                qui les portoit, l’en demande à qui aucion de larrecin apartient.
                                Il convient donc premerement enquerre au quel les letres estoient,
                                ou à celui qui les envoia, ou à celui à qui eles furent envoies. ¶
                                Et se je les baille au serf à celui à qui je les envoie, l’aucion
                                est aquise à lui. Autresi est se je les bailli à son
                                procurator&#160;; car por ce que possession est aquise à aucun par
                                franche persone, les letres sont maintenant seues. Meismement se ce
                                fu ses preuz que il les eust, mes se je envoai les letres si que
                                eles me fusent renvoies, la seignorie en est moie. Et cil porra donc
                                pledier par auction de larrecin à qui preu les choses qui sont
                                escrites apartenoient&#160;; car li preuz fut suens que eles ne
                                fussant pas enblees. Et por ce, puet l’en demander se cil à qui eles
                                furent ballies à porter puet pledier par aucion de larrecin. Et
                                sanz dote se la garde en apartenoit à celui, il en puet pledier. Et
                                se ce fust ses preuz que il rendist les letres, il avra aucion de
                                larrecin. Et se il estoit contenu es letres que aucunne chose li
                                fust rendue ou fete, il puet avoir aucion de larrecin, ou se il les
                                prist en garde ou il ot loier por porter les&#160;; en ce cas est sa
                                cause senblable à cele au taverner ou au metre de la nef&#160;; car
                                à ce donnons nos auction de larrencin, se il ont de coi rendre les
                                choses qui ont esté enblees en la nef ou en la taverne, car li
                                perilz en apartient à els.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.16}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: establissement de droit ne deffent pas que li
                                peres ne puisse pledier par auction de larrecin à son fil qui est en
                                son bail, mes nature le deffant&#160;; car nos ne poons pas plus
                                pledier à cez qui sont en nostre poeté qu’à nos moismes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se nostre serf ou nostre fil nos font larrecin, il
                                ne sont pas tenuz à nos par aucion de larrecin, car cil qui puet
                                establir contre le larron ce que il velt n’a pas besoign de pledier
                                par aucion de larrecin. Et por ce, ne establissent pas li ancian que
                                il plede à els. {1} Et por ce, demande l’en se li [171rB] sers est
                                venduz ou franchiz se il est tenuz par aucion de larrecin. Et il
                                nos plet que nenil, car l’aucion qui fut nule au commencement ne
                                puet pas nestre contre lui. Mes se il la toche puis que il fut
                                franchiz à la chose que il enbla, l’en doit dire que il est tenuz
                                par auction de larrecin, car lors fet il larrecin. ¶ {2} Quant li
                                sers que je ai acheté et qui m’a esté livrez est rentrez, il n’est
                                pas autresi comme s’il n’eust unques esté miens, mes l’en doit dire
                                que il a esté miens, et l’a lessé à estre. Et por ce, dit Sabins,
                                que se il fet larrecin, il est en tel point que cil qui le retret ne
                                puet pas pledier por le larrecin que li sers a fet. Mes se il ne
                                puet pledier, si doit l’en metre reson en ce que quant il commença à
                                estre retrez&#160;; et ce est contenu en l’aucion de retre chose qui
                                est vendue. ¶ {3} Se sers est fuitis et il fet un larrecin à son
                                seignor, l’en demande se il puet avoir aucion de larrecin contre lui
                                qui a commoincié à porsoer le par bone foi por ce que il ne velt
                                revenir à son seignor. Ce muet la dote, que ja soit ce que il
                                senble que je porsie mon serf qui s’en est foiz, neporquant je ne
                                sui pas tenuz por le larrecin que il fet por ce que il n’est pas en
                                ma poesté. Et Julians escrit que ce que il senble que je le porsie
                                me vaut à longue tenue tant seulement. Ponponius dit donc que
                                auccion de larrecin apartient au seignor au serf qui est fuitis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: Julians escrit que cil qui a moins de .xiiii. anz
                                puet bien fere larrecin se il est tex que il sache que tricherie
                                est. Et l’en puet pledier à lui par aucion de tort ou de domage
                                quant il a fet larrecin. Mes Modestinus dit que l’en i puet bien
                                ajoindre que ce ne doit pas estre tenu contre les enfanz, et l’en
                                puet bien pledier par la loi qui fet restorer les domages à celui
                                qui a mains de .xiiii. anz qui set entendre que mals est. Et ce est
                                voirs que Labeo dit que cil qui a moins de .xiiii. anz n’est pas
                                tenuz por le larrecin qui est fez par son porchaz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: Julians dit que por ce ne remoint pas que la chose
                                ne li puisse estre demandee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: ce est voirs que pluseurs dient que l’en ne puet
                                pas pledier por champ par aucion de larrecin. {1} Et por ce, demande
                                l’en se aucuns est mis hors d’un champ [171vA] à force, savoir mon
                                se il doit demander comme chose enblee. Et Labeo dit que
                                nenil&#160;; mes Celsus dit que la possession en puet estre
                                demandee, autresi comme de chose movable qui est enblee. {2} Il
                                n’est nule dote que l’en ne puisse pledier par aucion de larrecin
                                por les choses qui sont ostees dou champ, si comme por les arbres ou
                                por les pierres ou por les fruiz que aucuns en a ostez par corage
                                d’enblier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se moches sauvages ont fet mel en ton arbre, et
                                aucuns enble ou les moches ou le mel, il n’est pas tenuz à toi par
                                aucion de larrecin, car eles ne furent pas toes&#160;; et il est
                                certaine chose que eles sont en nonbre des choses qui sont prises ou
                                ciel et en terre et en la mer. ¶ {1} Il est certaine chose que li
                                coitiverres qui coitive un champ par deners puet pledier par aucion
                                de larrecin à celui qui enble les fruiz qui sont en estant&#160;;
                                car desque il fussent cuillié, il commençassent à estre suen.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.14}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{13} Ulpians dit&#160;: se li filz qui est en baill est enblez, il
                                est aperte chose que ses peres a aucion de larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: qui moine la beste qui li est prestee plus loing
                                que il ne doit, ou euse d’autrui beste malgré suen seignor, il fet
                                larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.44}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se li faus procurateurs à un creancier a receu
                                deners d’un deteur par le commandemant à un autre deteur, il est
                                tenuz par aucion de larrecin, et li deners sont à celui qui les
                                paia. ¶ {1} Se je te baille ma chose comme la toe, et tu savoies
                                bien que ele estoit moie, tu fes larrecin se tu l’es fes par corage
                                d’avoir la de gaagn. ¶ {2} Se li sers d’un heritage fist larrecin à
                                l’oir ainz que il eust receu l’eritage, et ses sires li lessa
                                franchise en son testamant, aucion de larrecin apartient contre lui,
                                car li oirs ne fut onques ses sires.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.45}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se uns des compoignons a fet larrecin de la chose
                                commune, si comme il avient aucunne foiz, l’en doit dire sanz nule
                                dote que aucion de larrecin apartient contre lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.47}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se la chose de la seignorie qui a esté enblee est
                                muee par aucunne reson, aucion de larrecin aparti[171vB]ent au novel
                                seignor si comme à l’oir et à celui qui porsiet les biens, et au
                                pere adoptif, et à celui à qui li lés est lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.54}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui a brisié un huis por cause de tort fet
                                n’est pas tenuz par aucion de larrecin, ja soit ce que les choses en
                                ont esté portees par autres&#160;; car la volenté et li proposemanz
                                de mesfere distincte les mesfez. ¶ {1} Se uns sers a enblé ce que
                                ses sires presta et cil à qui il les presta a bien de coi rendre
                                les, Sabins dit que l’en puet pledier à lui par aucion de chose
                                prestee, et il puet pledier contre le seignor por le larrecin au
                                serf. Et se il rent la chose que li deteurs li a paié, l’aucion de
                                larrecin faut, ou se il quite l’aucion de chose prestee. ¶ {2} Mes
                                se tes sers t’a enblé la chose qui te fut prestee, il n’i a point
                                d’aucion de larrecin, car li perilz de la chose est toz seur
                                lui&#160;; mes l’en puet pledier à lui par aucion de prest. ¶ {3}
                                Cil qui s’offre à fere à autrui besoignes n’a pas auction de
                                larrecin, ne il n’i est pas tenuz, ja soit ce que la chose est perie
                                par sa colpe, mes il doit estre condempnz par aucion de besoignes
                                fetes. Autresi est il en celui qui fet les besoignes comme
                                deffenderres, ou el deffendeur qui doit metre diligence en la chose,
                                ou en celi qui a donné caucion à pluseurs deffendeurs qui furent
                                donné en testamant et a receu toz seus l’aministracion. ¶ {4} Se tu
                                tiens ma chose par autrui don et je la t’enble, Julians dit que tu
                                en puez pledier à moi par aucion de larrecin, se il apartenoit à toi
                                à retenir en la possession&#160;; si comme se tu deffendis mon serf
                                qui te fut donnz en juigement, ou il fut trez par son mesfet, ou se
                                tu le garissis de la maladie par coi tu le peusses retenir se je le
                                chalongasse contre toi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.56}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quant uns creanciers enporte la chose qui est
                                engagie, il n’apert pas que il toche à autrui chose mes à son
                                gage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.58}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Alpheus dit&#160;: se aucuns a fet fosse en autrui terre por foir
                                croie et il en a foie et portee, il est lerres non pas por ce que il
                                la foi mes por ce que il en porta.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.59}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se uns larrecins est fez au fil qui est en baill,
                                il en pledera par droit quant il sera hors do bail&#160;; et se la
                                chose que il avoit aloee li est enblee [172rA], ou il est mis hors
                                do baill, il en porra pledier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.60}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se cil qui avoit presté sa chose l’enbla à
                                celui à qui il l’avoit prestee, l’en n’en puet pledier par aucion de
                                larrecin&#160;; car il ne prist fors sa chose, et cil à qui il la
                                presta est delivrez dou prest. Et l’en doit issi entendre, se cil à
                                qui la chose fut prestee i avoit nule droite cause de retenir la.
                                Car se il avoit fet necessoires despenses en la chose qui li estoit
                                prestee, ce fut plus ses preuz à retenir la chose tant que les
                                despenses li fussent rendues que à pledier en aprés&#160;; et por ce
                                avra il aucion de larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.61}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Affricans dit&#160;: autresi comme l’en entant que serve fuitive puet
                                fere larrecin de soi, moismes fet ele larrecin quant ele trestorne
                                son enfant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.63}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestius dit&#160;: cil ne fet pas larrecin qui mostre la voie au
                                serf fuitif.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.64}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: li prevoz de la contree ne porra pas fere que cil
                                qui est condempnz de larrecin ne soit mal renomz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.66}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se aucuns a toché la chose por avoir la de gaagn,
                                ja soit ce que il mue puis sa volenté et que il la rende à celui qui
                                ele fut, neporquant il est lerres&#160;; car sa repentance ne le
                                delivre pas de ce mesfet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.72}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil à qui la chose fut prestee – ce dit Sabins – en fet larrecin,
                                l’en en puet pledier<note>pledier] <emph>perledier</emph> dans le
                                    ms.</note> à lui par aucion de larrecin et de chose prestee. Et
                                se l’en a pledié par aucion de larrecin, l’aucion de chose prestee
                                est esteinte. Et se l’en a pledié par aucion de prest, excepcion en
                                est opposee à l’aucion de larrecin. ¶ {1} Quant aucuns porsiet une
                                chose comme oirs, l’aucion de larrecin qui est fez n’apartient pas à
                                lui, ja soit ce que la puet gaagnier par longue tenue&#160;; car cil
                                puet pledier par aucion de larrecin qui eust preu se la chose ne
                                fust pas enblee et si senble que li preuz en fut à celui qui i a le
                                domage et ne mie à celui qui la peust avoir de gaagn.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.76}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit&#160;: se cil qui feignoit que il estoit procurators à
                                mon creancier fist tant que je promis à poier à lui ou à celui que
                                il m’atorna, je ne puis pas pledier à lui par aucion de
                                larrecin&#160;; car il n’i a eu nule chose qui ait esté athochie par
                                corage d’enbler.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.78}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: cil qui ravist un [172rB] sac plein de deners
                                est tenuz par aucion de larrecin el non de sac et des deners, ja
                                soit ce que il n’eust corage d’enbler les sac.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.82}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: cil qui a enblé les deners à une cité est
                                tenuz par aucion de larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.84}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Neraces dit&#160;: se aucuns a pris comme oirs les biens à celui que
                                il cuidoit que il fut morz et il est vis, il ne fet pas larrecin. ¶
                                {1} Se l’en a pledié à aucun par aucion de larrecin en son non et
                                l’en en plé puis por autre chose en non de son serf, excepcion ne li
                                doit pas estre donnee de ce que l’en en a ja pledié à lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.85}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: ja soit ce que la chose qui a esté enblee ne puet
                                estre gaagne par longue tenue se ele ne revient à son seignor,
                                neporquant se il en a eu le pris en juigement ou il l’a vendue au
                                larron, l’en doit dire que la longue tenue i puet valoir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.86}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cil qui eust preu se la chose ne fut pas
                                enblee a aucion de larrecin se il tint la chose par la volenté à
                                celui qui ele estoit, si comme se il l’avoit par loage. Mes cil qui
                                la tient par sa propre volenté, et cil qui fet les besoingnes à
                                l’orfelin comme deffenderres, et cil qui est deffenderres ou
                                procureres n’ont pas aucion de larrecin por la chose qui est emblee.
                                Et cil à qui est uns sers deuz par convence ou par testamant n’avra
                                pas aucion de larrecin se il est enblez, ja soit ce que il ait
                                domage, ne cil qui est plege por un coitiveor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.87}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Triphonius dit&#160;: se la chose qui a esté enblee ou porsise par
                                force revient à son seignor qui n’en set rien, il senble que ele
                                remaigne en la poesté son seignor. Et por ce, se aucuns l’achate par
                                bone foi aprés ce que ele est revenue, ele porra estre gaagnie par
                                longue tenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.91}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: se li folons à qui li drap ont esté loé est
                                delivréz de celi cui il estoient qui pledoit à l’un par aucion de
                                loage, Labeo dit que il ne puet pas pledier contre celui qui les
                                enbla par aucion de larrecin. Et se il avoit pledié par aucion de
                                larrecin ainz que li sires pledast à lui par aucion de loage et ainz
                                que sentance fust donnee del larecin, il fut delivrez de l’aucion de
                                loage, li lerres doit estre quités de lui. Et s’il n’i a eu rien de
                                ce, li lerres doit [172vA] estre condempnz à lui&#160;; et ce est
                                por ce que il a aucion de larrecin por tant que il en apartient à
                                lui. {1} Nus ne puet donner autre aide ne consoil de fere larrecin
                                se il ne le puet prendre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.2.92}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: se aucuns savoit que l’en li enbloit une chose et il
                                ne le deffendi pas, il ne puet pas pledier par aucion de
                                larrecin&#160;; mes Paulus dit encontre. Car se aucuns fet que une
                                chose li soit enblee et il le soffre por ce que il set bien que il
                                ne le puet deffendre, il puet pledier par aucion de larrecin&#160;;
                                et se il le pot deffendre et il ne le deffendi pas, por ce ne
                                remaint pas que il ne le puisse pledier par aucion de larrecin. Et
                                en ceste maniere selt li patrons enbler à celui que il a franchi qui
                                a honte de contrester li presentement.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head type="gp">XIII. De aucion de larrecin que est donee contre les mestres des
                        niés et des taverners et des osteliers <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 5&#160;: <hi rend="i">Furti
                                    adversus nautas, caupones, stabularios</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.5.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: juigemenz est donz contre cez qui gardent les nés
                                ou les tavernes ou les ostiex se larrecin est fez par aucun de cez
                                que il ont en lor servise comment que il soit, ou se li larrecins
                                est fez par l’aide ou par le consoill au mestre de la nef ou de la
                                taverne ou de l’ostel ou sanz lui, ou par aucun de cez que il a en
                                sa nef par conduire la. {2} Et l’aucion est de rendre le domage à
                                doubles. {3} Quant aucunne chose est perdue en la taverne ou en la
                                nef, li taverners ou li metres de la nef est obligz par le
                                bannissement au prevost&#160;; si que il est en la volenté à celui à
                                qui la chose est enblee de pledier contre le taverner ou contre le
                                mestre de la nef par le bannissemnt au prevost, ou contre le larron
                                par citaiene aucion. {4} Et se li taverners ou li metres de la nef
                                reçoit l’aucion, il puet pledier au larron par aucion de larrecin,
                                et non pas cil à qui la chose fut enblee, car li perilz de la chose
                                fut seur celui. ¶ {5} Se li mestres de la nef ou li taverniers
                                abandone son serf à soffrir paine de son mesfet il se delivre. Par
                                coi n’est donc li metres de la nef condempnz, qui i mist si mauvés ?
                                Ou por coi est il obligiez por tot le mesfet el non au franc home et
                                il n’i est pas obligiez el non au serf ? Fors por ce que cil qui i
                                met franc home doit bien savoir quex il est, et l’en li doit
                                pardoner le fet à son serf qui est à son ostel, se il est
                                apareilliez d’abandonner le à soffrir [172vB] poine de son mesfet.
                                Et se il i met autrui serf, il est tenuz por lui, autresi comme por
                                franc home. {6} Et li taverners restore les domages que cil font qui
                                sont en sa taverne por garder la, et que cil font qui i sont por
                                habiter&#160;; mes il ne restore pas cez que li trespassant font,
                                car li taverners ne li ostelers ne pot pas conoistre les trespassanz
                                ne il ne les puet pas refuser&#160;; mes il senble que il ait esleuz
                                cez qui habitent, autresi comme toz jorz que il ne met pas hors, et
                                por ce doit il restorer les domages que il font. ¶ Li metres de la
                                nef ne respont pas del fet as governeors.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <front>
                    <head type="gp">XIV. D’arbres copez en laracin <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 7&#160;: <hi rend="i">Arborum
                                    furtim cœsarum</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se arbre sont copez en larrecin, Labeo dit que
                                aucion en puet estre donnee par la loi qui fet restorer les domages
                                et par la loi des .xii. tables&#160;; mes Trebaces dit que l’une et
                                l’autre doit estre donnee, si que li juiges face paier par la
                                darreniere tant comme il faut, que tot n’est paié par la
                                premere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: l’en doit savoir que cil qui copent les arbres en
                                larrecin, et meismement cil qui copent les vignes, doivent estre
                                puni comme larron.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: pluseurs des anciens cuident que vigne soit
                                contenue par non d’arbre. {1} Et l’en puet bien apeler arbres ierres
                                et roseaus, {2} et ce moisme doit l’en ‹dire› des sauz. {3} Mes se
                                aucuns a fichié verges de sauz por fere sauceie, et aucuns les cope
                                ou arache ainz que eles soient racinees, ¶ Ponponius escrit par
                                droit que l’en ne puet pas pledier comme d’arbres copez. ¶ {4} Car
                                l’en dit pas proprement que ce soit arbres desque il n’est
                                racinz&#160;; autresi dit il de la semence qui est semee por fere
                                nestre arbres ainz que il soient né. {5} Et por ce, senble il que
                                ‹si› les racines sont mortes, et eles sont encore fichees en terre,
                                que ce est arbres&#160;; et Labeo loe ceste sentence&#160;; {6} et
                                dit que ce est arbres qui est esrachiez si que il puet estre plancez
                                arriere. {8} L’en puet donc pledier el non de toz ces arbres que nos
                                avons nommz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: l’en ne dote pas que se une chose est encor si
                                tandre que ele doie estre tenue por herbe, ele n’est pas el conte
                                des arbres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: coper est non pas tant solement tranchier mes
                                acorchier entor ou sier&#160;; car l’en ne doit pas dire que cil qui
                                sie tranche. ¶ {1} La cause de ceste aucion est autretele comme cele
                                de la loi qui fet restorer les domages. {2} Cil qui [173rA] a
                                l’usaire en un champ n’a pas ceste aucion&#160;; ne cil qui le tient
                                à ferme, autresi comme il n’ont pas aucion de retenir eve de pluie
                                ne de boner chans.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se pluseurs ont copé en larrecin une meisme arbre,
                                l’en pledera à chescun por tot. {1} Et se li arbres estoit à
                                pluseurs, la paine sera paié à toz els. ¶ {2} Se mes arbres estant
                                ses racines el champ à mon voisin, il ne les porra pas coper, mes il
                                porra pledier à moi que mes arbres ne soit pas issi&#160;; autresi
                                comme il ne me loist pas à metre mes solives seur son mur.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il senble que li arbre sont copé en larrecin que
                                sont copé sanz le seu à leur seigneur et par corage de celer li. ¶
                                {2} Se aucuns estache tot un arbre et estrepe, il est tenuz par
                                ceste aucion&#160;; car il ne le tranche ne ne sie, mes il est tenuz
                                par la loi qui fet restorer les domages, ja soit ce que toz li
                                arbres n’est pas copez. {3} Neporquant, l’en en plede par droit,
                                autresi comme se il fut copz. ¶ {4} Se aucuns tranche ou sie arbres
                                o sa main, ou il le fet fere à ses serganz, il est tenuz par ceste
                                aucion. Autresi est il se il le commande à un franc home. {5} Et se
                                il ne commande pas à son serf, mes li serf le fet par la volenté son
                                seignor, Sabins dit que aucion apartient contre lui por les mesfez.
                                Et ceste sentance est veraie, {6} ja soit ce que ceste aucion est
                                por soffrir poine, neporquant ele est pardurable. Mes ele n’est pas
                                donnee contre l’oir à celui qui fet le mesfet&#160;; et si est
                                donnee as hoirs à celui qui fet le mesfet. {7} Et li condempnemenz
                                contient le doble de la chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’en doit esmer combien li sires i a de perz et
                                combien li arbre valent et ce qu’i i remaint. ¶ {1} Cil qui cope
                                arbre en repot il le cope en larrecin. {2} Se il le cope donc, et il
                                l’atoiche por avoir le de gaagn, il est tenuz por les<note>por les]
                                        <emph>porler</emph> dans le ms.</note> arbres par aucion de
                                larrecin et par aucion de fere les venir avant. {3} Cil qui les
                                    coupe<note>coupe] <emph>coure</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Qui per vim sciente domino caedit</emph></note> par
                                force par le seu à celui qui i sont n’en chiet pas en ceste
                                aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se cil qui a copé les arbres tenoit le champ à
                                loage, l’en puet pledier à lui par aucion de loage&#160;; et li
                                demanderres se puet tenir apaié d’une aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se li arbres est doubles et la jointure part par
                                desus terre, ce n’est que uns arbres. Mes se la jointure est par
                                dedanz terre, il i a autretant d’arbres comme il en ist braches de
                                terre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: mes [173rB] se l’en a pledié par la loi qui fet
                                restorer les domages por arbres copez quant li antrediz de ce qui
                                est fet par force ou en repost sera contre celui renduz, contre
                                celui qui les aporta, il sera assous se il est assz grevez par le
                                premer condempnement&#160;; mes por ce ne faut pas l’aucion de la
                                loi des .xii. tables.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.7.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: cil qui a vendu un champ puet pledier par aucion
                                d’arbres copez en larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <pb n="276"/>
                <front>
                    <head type="gp">XV. Des biens raviz par force <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 8&#160;: <hi rend="i">de Vi
                                    bonorum ruptorum</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.8.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui ravist une chose est tenuz à rendre la à
                                dobles par aucion de larrecin qui n’est pas aperz, et à quatre
                                dobles par aucion des bien raviz par force. Mes se l’en a avant
                                pledié par cele des biens raviz par force, cele de larrecin li doit
                                estre vee&#160;; mes se l’en a pledié par aucion de larrecin, cele
                                ne doit pas estre vee, que l’en ne plede por tant comme l’en en
                                porra plus avoir que par cele de larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.8.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;se domages est fez à
                                aucun par homes qui sont ensenble par tricherie, ou se li bien à
                                aucun sont ravi par force, je li donrai contre celi qui ce a fet
                                juigement des biens raviz par force à quatre dobles dedanz l’an, et
                                aprés l’an por tant comme la chose vaut. Et se<note>se]
                                        <emph>ses</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Item si servus
                                        fecisse dicetur</emph></note> sers a ce fet, je en donroi
                                juigement contre son seignor&#160;». ¶ {1} Li prevoz met consoil par
                                cest banissement contre les choses qui sont fetes par force&#160;;
                                car se aucuns puet mostrer que force li ait esté fete, il en puet
                                pledier par le commun juigement de force. Et aucun dient que torz ne
                                doit pas estre fez à commun juigement par privee aucion. Mes il me
                                senble melz que li communs juigemenz soit veez à cez qui eslisent la
                                privee aucion. ¶ {2} L’en puet pledier de tricherie par cest
                                banissement et non pas tant solement contre celui que il ravit, mes
                                contre celui qui asenble homes armz por fere domage ou por ravir. ¶
                                {3} Se aucuns assenble donc homes ou il use de tez que autres a
                                assenblés por ravir aucunne chose, il senble que il l’est fet par
                                tricherie. ¶ {4} Nos entendons homes assenblez qui sont assenblé por
                                fere domage. {5} Ne li prevoz ne fet pas force quex homes ce soient,
                                ou franc ou serf. {6} Et se il ne prant que un home en lui, dirons
                                nos que ce sunt homes assenblé. {7} Et se tu proposes que cil sens
                                ait fet domage, je ne croi pas que cez paroles faillent. [173vA] Et
                                ce que il dit «&#160;par homes qui sont assenblé&#160;», doit estre
                                issi entendu&#160;: se il ravist ou fet domage ou par lui seul ou
                                par homes que il ait assenblez ou armés ou sanz armes. ¶ {8} Mancion
                                de tricherie i est fete, car qui fet force il fet tricherie&#160;;
                                por quant cil qui fet tricherie ne fet pas toz jorz force. Et se
                                aucunne chose est fete par tricherie sanz force, ele est contenue en
                                cest banissement. ¶ {9} Cist banissemenz comprent totes manieres de
                                dommages. Me je ne croi pas que li domage qui sont fet en repost i
                                soient compris, mes cil qui sont fet par force&#160;; et se aucuns
                                seuls hom fet aucun domage sanz force, il n’est pas contenuz en cest
                                banissement. Et se il i a assenblé homes, ja soit ce que il n’i a
                                fet nule force, neporquant, desque il l’a fet par tricherie, il
                                apartient à cest bannissement. {10} Mes aucion de larrecin ne de la
                                loi qui fet restorer les domages ne sont pas donnees en cest
                                banissement&#160;; car Julians dit que cil qui ravist par force est
                                plus engrés lerres que autres. Et se aucuns fet domage par homes que
                                il ait assenblez, il puet estre tenuz par la loi qui fet restorer
                                les domages à celui à qui il a tolu ses biens. ¶ {11} Ce que li
                                prevoz dit «&#160;des biens raviz&#160;» doit estre entendu&#160;:
                                se une sole chose est ravie. ¶ {12} Se aucuns n’a pas assenblé les
                                homes, mes il meismes a esté entre cez qui sont assenblez et il a
                                ravi aucunne chose ou fet domage, ceste aucion a leu. Mes l’en
                                demande se cist bannissement comprent ce sanz plus qui a esté ravi,
                                ou le domage qui a esté fez par tricherie par les homes que aucuns a
                                assenblés, ou ce qui a esté ravi ou fet par sa tricherie, ja soit ce
                                que uns autres ait assenblé les homes. Et il est melz que l’en die
                                que tuit li domage i soient contenu, et cil qui a assenblé les
                                homes, et cil qui i sont assenblé. ¶ {13} Li verais pris de la chose
                                qui est raviz est doublez en quatre dobles par ceste aucion quant
                                ele est meüe dedanz l’an que l’en en puet pledier, et non pas li
                                preuz que cil a qui la chose est ravie i eust se ele ne fut pas
                                ravie. ¶ {14} Ceste aucion apartient contre aucun el non de sa
                                mesnie, ne cil qui la muet n’a pas besoign de mostrer li quel de la
                                mesnie [173vB] ont ravi ses biens ou fet domage. Li nons de la
                                mesnie contient les sers et toz cez qui servent, quique il soient ou
                                franc home ou autrui serf qui servent par bone foi. ¶ {15} Je ne
                                croi pas que cil qui demande par ceste aucion puisse pledier contre
                                le seignor el non à chescun de ses sers&#160;; car il soffist bien
                                que li sires offre une foiz à rendre la chose à quatre dobles. ¶
                                {16} Par ceste aucion ne doivent tuit li serf estre abandoné à
                                soffrir poine, mes cil sanz plus qui ont fet le mesfet ou par qui
                                tricherie il a esté fez. ¶ {17} Ceste aucion est apelee comunement
                                «&#160;des biens raviz par force&#160;». ¶ {18} Cil est tenuz par
                                ceste aucion qui i fet tricherie. Se aucuns a donques ravi par force
                                la chose qui estoi soe propre, il n’est pas tenuz par ceste aucion,
                                car la chose sera muee autrement. Et se aucuns ravist par force son
                                serf fuitif que uns autres porsivet par bone foi, il n’est pas tenuz
                                par ceste aucion, car il prant sa chose meisme. Mes se ele estoit
                                obligee à aucun et cil qui qui ele estoit la ravist par force, il
                                sera tenuz par ceste aucion. ¶ {19} Ceste aucion ne sera pas donee
                                contre celui qui a mains de .xiiii. anz, qui ne set encore que
                                tricherie est, se uns de ses sers ou de sa mesnie ne l’a fet&#160;;
                                mes lors pledera l’en à lui par ceste aucion por le mesfet à son
                                serf ou à sa mesnie. ¶ {20} Se uns serganz enmoine mes betes por ce
                                que il cuide que je aie mesfet aucunne chose, ja soit ce que il est
                                deceuz en ce, neporquant Labeo cuide que je ne puis pas pledier o
                                lui par aucion des biens raviz par force, car il le fet sanz
                                tricherie. Mes se il les enclot que eles ne pessent et por les fere
                                morir de fain, Labeo dit que il est tenuz par la loi qui fet
                                restorer les domages. ¶ {21} Se aucuns enclot mes bestes que il a
                                mises hors par force, il est tenuz par aucion des biens raviz par
                                force. ¶ {22} Nos ne regardons pas en ceste aucion se la chose est
                                es biens au demandeur&#160;; car se ele i est, ou ele n’i est pas,
                                desque ele est ‹…› de ses biens, ceste aucion avra leu. ¶ Et por ce,
                                se il a prestee sa chose ou baillie à loage ou engagie, ou il l’a
                                mal baillie à garder, si que ce soit mes preuz que ele ne soit pas
                                perdue, ou je la porsiee par bone foi, ou je i a l’usaire [174rA] ou
                                aucunne autre droiture, si que ce soit mis preuz que ele ne soit pas
                                perdue, l’en doit dire que ceste aucion m’apartient&#160;; si que
                                l’en tiegne par seignor en cest cas non pas tant solement celui à
                                qui la proprieté de la chose est, mes celui qui en avoit la
                                possession. {23} Et l’en doit dire generaument que por les causes
                                par coi aucion de larrecin m’apartient, por cele meisme m’apartient
                                ceste aucion por chose qui est fete en repost. Mes nos n’avons pas
                                aucion de larrecin por chose baillie en garde. Et por ce, ajoste
                                l’en ci, se ce est nostre preu que la chose ne soit pas ravie. {24}
                                Car se une chose m’a esté baillie en garde et je ai promis que ele
                                ne sera pas perdue en mes corpes, se ele m’est enblee, je ai aucion
                                de larrecin, ou se j’é pris loer de garder la. Et l’en puet dire
                                plus profitablement que, ja soit ce que aucion de larrecin cesse por
                                la chose baillie en garde, neporquant l’en en puet pledier par
                                aucion des biens raviz par force. Car il n’a pas pou<note>pou]
                                        <emph>por</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>quia non minima
                                        differentia est</emph></note> de difference entre celui qui
                                enble en repost et celui qui ravist&#160;; car li uns celle son
                                mesfet et li autres non celle pas, ainz fet commun crime. ¶ Se
                                aucuns motre donc que il ait eu un pou de domage, il doit avoir
                                aucion des biens raviz par force. ¶ {25} Se mes sers fuitis achete
                                aucunnes choses por garnir soi et eles li sont tolues por ce que
                                eles sont de mes biens, il a esté respondu que je en puis pledier
                                par aucion des biens raviz par force. ¶ {26} L’en puet pledier el
                                non des choses qui sont ravies par aucion de larrecin et de domage
                                et de tort fet&#160;; et chascune des choses puet estre demandee
                                arriere. ¶ {27} Ceste aucion est donee à toz les oirs à celui à qui
                                la chose est ravie, mes ele n’est pas donnee contre les hoirs à
                                celui qui la ravi&#160;; car aucion qui est meüe por paine, n’est
                                pas donnee contre les oirs. Neporquant, voions se ele doit estre
                                donee contre les hoirs por tant comme il en sont fet plus riche. Et
                                je croi que li prevoz ne la donna pas contre les oirs por tant comme
                                il en vint à els&#160;; car ce est assez que ce que il en ont leur
                                puisse estre demandé arriere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.8.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz dit&#160;: «&#160;se aucuns domages est
                                fez en une torbe de genz par la tri[174rB]cherie à aucun, je en
                                donroi contre lui juigement dedanz l’an que l’en en porra pledier
                                par le doble de la chose&#160;; et aprés l’an, por tant comme ele
                                valoit&#160;». ¶ {1} Cist bannissemenz est proposez do domage que
                                aucun fet en torbe de gent. {2} Et Labeo dit que torbe est dite de
                                tumulte&#160;; {3} car tumulte n’est pas fez se il n’i a pluseurs
                                genz. Se dui home donc font un poi de noise, ce n’est pas fet en
                                torbe, car dui home ne sont pas torbe. Mes se il en i a pluseurs, si
                                comme .x. ou .xv., ce est torbe&#160;; et se il en i a trois ou
                                quatre, ce n’est pas torbe. Et Labeo dit par droit que il a molt
                                grant difference entre torbe et noise, car torbe est troblement de
                                moltitude d’omes et noise est de deus. ¶ {4} Par cest bannissement
                                est tenuz non pas tant solement cil qui a fet domage en la torbe,
                                mes cil par qui tricherie il i a esté fez, comment que il soit ou
                                s’il fu presanz ou non&#160;; car cil qui n’est pas presanz i puet
                                bien avoir neu par tricherie. ¶ {5} L’en doit dire que par ce
                                bannissement est cil tenuz qui vint en la torbe et fu achoison del
                                domage qui i a esté fez. Se il fu en la torbe quant li domages i fut
                                fez, il i fu par tricherie, car lors ne puet l’en pas voer que li
                                domages n’ait esté fez par sa tricherie. {6} Se aucuns a torbe, la
                                torbe, par sa venue, ou escommeue par aucun cri ou par aucun fet, ou
                                por ce que il blasme aucuns ou que il le corroce se domages a esté
                                fez par sa tricherie, ja soit ce que il n’en avoiz nule
                                pensee&#160;; neporquant, il i est tenuz, car il est voirs que li
                                domages a esté fez en la torbe par sa tricherie&#160;; ne il ne
                                convient pas que il ait esmeüe la torbe, mes que li domage ait esté
                                fez par sa tricherie. Et ce est la difference qui est fete en cest
                                banissement et cez desus, que li prevoz parole en cel devant del
                                domage qui est fez ou de la chose qui est ravie par homes qui sont
                                assenblé&#160;; et en cest, domage qui est fez en une torbe de gent
                                par tricherie à aucun, ja soit ce que il ne l’a pas fet mes il a
                                escommeu la torbe par son cri ou par ses paroles, ou aucuns autres a
                                escommeue la torbe et il en estoit, si a fet le domage. {7} Et por
                                ce le banissement devant promet paine de quatre dobles et cist de
                                doble, {8} dedinz l’an que cil à qui le domages est fez a poir de
                                pledier en, et aprés ce que li anz est [174vA] passz por tant sanz
                                plus comme la chose vaut. ¶¶ {9} Cist bannissemenz parole de domages
                                qui ont esté fez et ne mie de chose ravie, mes par cel devant puet
                                l’en pledier des biens qui sont raviz par force. ¶ {11} Ceste aucion
                                est por le fet et est donnee por le doble de tant comme la chose
                                vaut&#160;; et cist condempnemenz est raportez à verai pris de la
                                chose et au tens presant, et est toz jorz por le double dedanz l’an.
                                {12} Et li demanderres doit prover que li domages a esté fez en la
                                torbe&#160;; car, se il est allors que en la torbe, ceste aucion
                                cessera. ¶ {13} Se une grant torbe s’asenbla quant Tyces batoit mon
                                serf et li sers perdi aucunne chose en cele torbe, je puis pledier
                                de ceste aucion contre celui qui le batoit&#160;; car li domages fut
                                fez en la torbe par sa tricherie se il le commença à batre por fere
                                li domage. Mes se il ot autre cause de batre le, ceste aucion cesse.
                                {14} Mes se il apela la torbe por batre le serf par devant li por
                                fere li tort et ne mie par corage de fere li domage, cist
                                bannissemenz a leu&#160;; car il est voirs que cil qui le bat por
                                fere le tort fet tricherie, et cil qui donne cause de domage fet le
                                domage. {15} Li prevoz donne ceste aucion contre le serf et contre
                                la mesnie. {16} Ce que nos avons dit des oirs en l’aucion devant des
                                biens raviz par force doit estre gardee en ceste.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.8.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: ce ne vaut rien à celui qui ravist à eschever poine
                                se il rent, ainz que li juigemenz en soit receuz, la chose que il a
                                ravi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.8.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Renulcius dit&#160;: la loi deffant que ce qui est porsis à force ou
                                ravi ne soit pas gaagnie par longue tenue devant que ele reviegne en
                                la poesté son seignor, ou en cele à son hoir.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <front>
                    <head type="gp">XVI. De chose qui est ravie de feu ou de meson chaete ou de
                        peril d’eve ou de meson pecee <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 9&#160;: <hi rend="i">de
                                    Incendio, ruina, naufragio, rate, nave expugnata</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se aucuns ravist aucunne chose de feu, ou de meson
                                cheete, ou de peril d’eve, ou de nef depecee, ou il en reçoit
                                aucunne chose par tricherie, ou il i fet aucun domage, je donrai
                                juigement contre lui por les quatre dobles dedanz l’an que l’en en
                                porra pledier premerement&#160;; et anprés l’an, por tant comme la
                                chose vaut&#160;; et si en [174vB] donroi juigement contre le serf
                                et contre la mesnie. ¶ {1} Li profiz de cest bannissement est toz
                                aperz et la jostice tres droiturel&#160;; car il apartient au commun
                                preu que nule chose ne soit ravie de tels aveintures. {2} Il
                                convient voer comment nos devons entendre ce qui est ravi dou feu,
                                ou dou feu meisme ou de la où li feus fu. Et il est melz que l’en
                                die que cil ravist dou feu qui ravist la choses qui sont getees por
                                la poor dou feu. Autresi comme nos solons dire que la chose est fete
                                en bataille qui est fete por cause de bataille&#160;; et por ce, se
                                aucunne chose est ravie des leus qui estoient pres de feu, l’en doit
                                dire que le bannissemenz a leu, car ele est ravie dou feu. ¶ {4} Se
                                l’en a poor de feu ou que meson ne chie, et neporquant li feus ne
                                fet nul mal ne la meson ne chiet pas, voions se cist bannissement a
                                leu. Et il est melz que il n’ait pas leu, car nule chose n’est ravie
                                de feu ne de peril d’eve. ¶ {5} Li prevoz dit aprés ou «&#160;de
                                peril d’eve&#160;»&#160;; et l’en demande savoir mon se ce est el
                                tens que le perill avient ou aprés. Et je croi que ce est des
                                choses qui gisent en la rive de l’eve aprés le perill. Et il est
                                melz que l’en entende en ce meisme tens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: en ce moisme leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’en puet melz dire que cist ravist de la tormente,
                                qui ravist tant comme la tormente dure. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{1} Li sainz enpereres Antonius escrit eissi de cez qui ravissent
                                aucunne chose de peril de mer&#160;: «&#160;vos avez demandé quel
                                paine je cuide que cil doivent soffrir qui ravissent aucunne chose
                                des nés qui sont depecees par tormente. Et il me senble que l’en
                                puet savoir legierement&#160;; car il i a moult grant differance se
                                il prist les choses qui perissoient, ou il ravi cez qui poeent estre
                                sauvees. Se grant proie est donc prise par force, se frans homes
                                l’ont prise, tu les<note>les] <emph>la</emph> dans le ms., cf.
                                        <emph>Ideoque si gravior praeda vi adpetita videbitur,
                                        liberos quidem fustibus caesos in triennium
                                    relegabis</emph></note> batras de batons et les envoeras en
                                eissil jusqu’à trois anz, ou tu les metras en commune garde. Et se
                                ce sont serf, tu les feras batre de corgies et puis les condempneras
                                en paine de mestal. Et se granz choses n’ont esté ravies, tu porras
                                lessier alier les frans homes quant il seront batu de bastons, et
                                les sers quant il seront batu de corgies. Issi doivent les poines
                                estre juigies selonc la condicion des persones et selonc la qualité
                                do mesfet, si que nule chose ne soit establie [175rA] plus cruelment
                                ne plus molement que si comme la cause le requerra. ¶ {2} Cez
                                aucions sont donees as hoirs et si doivent estre donnees contre les
                                oirs por tant comme il en est venu à els.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se aucuns a sostret ou ravi sa chose, qui a esté
                                sauvee de perill d’eve ou de feu ou de meson chaesté et mise en
                                autre leu, il est tenuz par aucion de larrecin ou des biens raviz
                                par force&#160;; mesmement se il ne savoit pas dont la chose estoit
                                meüe. Et se aucuns oste la chose de la rive que l’eve a getee hors,
                                pluseur cuident ce meisme&#160;; et ce est voirs se aucun po de tens
                                est passz aprés le torment&#160;; car se ce avient el point meismes
                                que li tormenz est, il n’a point de difference se aucuns ravist la
                                chose en la mer ou seur la rive. Autresi devons nos dire de ce qui
                                est ravi de la nef qui est prise à force ou depecie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Calistratus dit&#160;: nef est depecee ou brisee à force quant ele
                                est robee ou pluingee ou desjointe ou parcee, ou quant chable sont
                                rompu ou les ancres remeses en la mer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: il a esté porveü en pluseurs manieres que rien
                                ne soit ravi de peril de mer, ou que nus estranges ne viegne à
                                cullier ce qui est gité hors. Quant li enpereres Adrians commanda en
                                un bannissement que se cil qui ont les possessions delz la rive de
                                la mer ravissent aucunne chose des nés qui sont alegies ou depecies
                                delz leur possessions, il les rendent par le juigement au prevost à
                                cez qui s’en pleindroint&#160;; et leur rendent quanque il proveront
                                que leur a esté sostret par els, et de cez de quoi il sera prové que
                                il en avront ravi aucunne chose, donra li prevoz grief sentence,
                                autresi comme de larrons. Et ‹por› que la prove de tel mesfet soit
                                plus legiere, il est otroié à cez qui se pleignent de tel chose que
                                il requierent le prevost et dient par devant lui ce que il ont perdu
                                et noment cez qui en sont corpables, si que il soient envoié au
                                juige selon la maniere de lor mesfet ou lié ou par plege. Et il est
                                commandé que caucion soit prise dou seigneur de la possession en coi
                                ce est fet que il sera au juigement. Et li senaz dit que il li
                                plesoit que chevaliers, ne bas hom, ne franc, ne sers ou prince ne
                                viegne cuillir ce qui est mis hors de la nef.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Heraces dit&#160;: se ta nef est aportee en mon champ par force de
                                flueve, tu n’as poer d’oster l’en devant que tu m’ois doné caucion
                                de rendre le domage que ele m’a fet. [175rB]</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns art une meson ou un moncel de froment qui
                                est delz une meson, il est commandé que il soit liez et batuz et
                                puis ars es feu se il le fist à escient. Mes se il le fist par
                                avainture ou par negligence, il est commandé que il restore le
                                domage&#160;; et se il n’a de coi restorer, il soit chastiez plus
                                legierement. ¶ Par non de meson est estendu tote maniere
                                d’edefiement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: li prevoz de chascunne contree face que li pecheur
                                ne deçoivent pas cez qui vont par la mer por mostrer lor lumiere de
                                nuiz, si que il cuident que il i ait port, et que il viegnent la por
                                arrivier et depecent leur nés et perdent ce qui est dedanz et li
                                pecheor l’aient de gaiegn.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.11}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: se li feus prent en la meson à aucun par
                                aventure, l’en li doit pardoner se ce n’a esté par si grant corpe
                                qui soit procheine à ostage ou à tricherie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.9.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il est certaine chose que il loist à chescun à
                                cuillir ce que la tormente li a tolu&#160;; et issi escrit li
                                enpereres Antonius. ¶ {1} Se cil qui à escient a mis le feu en
                                aucunne cité est bas hom, il selt estre bailliez as bestes sauveges
                                à devorer&#160;; et se il est en aucunne digneté, il doit soffrir
                                paine capital ou estre envoiez en pardurable essil.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head type="gp">XVII. De tort fez et de libelle qui est fez por doner mauvese
                        renomee <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 10&#160;: <hi rend="i">de
                                    Injurüs et famosis libellis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: l’en apele generaument tort ce qui n’est pas fet à
                                droit&#160;; et especialment est apelz tort fez ledengement. Aucunne
                                foiz entent l’en par non de tort fet le domage que aucuns fet en sa
                                corpe, si comme nos solons dire en la loi qui fet restorer les
                                domages. Aucunne foiz apelons nos tor desloiauté, car quant aucuns
                                done desloial sentence, il fet tort. Et ce que il fet est sanz droit
                                et sanz jostice. ¶ Ledengemenz est autresi comme despiz. ¶ {1} Labeo
                                dit que tort est fez ou par chose ou par paroles&#160;; ‹…› par
                                paroles quant l’en ne met main sus nul home ne sus sa chose, si
                                comme quant aucuns est lesdangiez. {2} Et tote maniere de tort est
                                sus cors ou seur digneté ou seur male renomee&#160;; seur cors si
                                comme quant l’en fiert ou bote aucun&#160;; seur digneté si comme
                                quant l’en tost à une feme son mari qui est en aucunne
                                digneté&#160;; seur male renomee quant l’en velt despuceler une feme
                                par force.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: mes se torz est fez à l’ome, sa feme n’en puet pas
                                pledier&#160;; car li home doi[175vA]vent deffendre les femes et ne
                                mie les femes les homes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il a esté raconté que tuit cil qui puent soffrir
                                tort fet le puent fere. {1} Neporquant, aucun sont qui ne le puent
                                fere, si comme li forsenz et cil qui a moins de .xiiii. anz qui ne
                                set encore que tricherie est&#160;; car torz puent estre fez à cez
                                mes il ne le puent fere. Por ce que torz est fez par corage de tort
                                fere, l’en doit dire que se cist botent aucun ou il le ledeingent,
                                il ne senble pas que il facent tort. {2} Et issi puet estre fez torz
                                à celui qui n’a point de sens, mes il ne le puet pas fere se il ne
                                set que il fet tort et à qui il le fet. {3} Et por ce, se aucuns
                                fiert un autre par geu ou il le bote, il n’est pas tenuz par aucion
                                de tort fet. ¶ {4} Se aucuns bat un franc home por ce que il cuide
                                que il soit ses sers, il n’est pas tenuz par aucion de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se ge voloie ferir mon serf, et ge te feri malgrié
                                mien, qui estoies delz moi, je ne sui pas tenuz par aucion de tort
                                fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>‹…› por ce que il dit que il a esté batuz ou botez, ou que l’en a
                                entré en sa meson. Cele loi done aucion por trois causes, ce est
                                quant aucuns est botez ou batuz ou l’en a entré en sa meson. ¶ Il
                                apert donc que toz li torz qui est fez à la main est compris en
                                ceste loi. {1} Il a tel difference entre boter et batre, si comme
                                Offilius dit, que batre est o dolor et boter est sanz dolor. ¶ {2}
                                Nos devons entendre meson non pas tant solement la proprieté de la
                                meson mes le hergergement. Et por ce, se aucuns habite en sa propre
                                meson ou en cele que il a aloee ou qui li est prestee, ceste loi
                                avra leu. {3} Et se aucuns habite en granche ou en loge qui soit en
                                cortiz, l’en doit dire ce moisme. {4} Et se li sires avoit baillié à
                                loage le champ où li torz fu fez, il n’en pledera pas mes li
                                coitiverres. {5} Et se l’en entre ou champ à son seignor qui est
                                coitivez, Labeo dit que li sires dou champ n’a pas aucion par ceste
                                loi&#160;; car il ne puet pas avoir son herbergement en totes ses
                                mesons. Et je croi que ceste loi apartient en totes les habitacions
                                en coi li sires puet habiter, ja soit ce que il n’ait pas por tot
                                son manoir. ¶ Et se<note>se] <emph>sa</emph> dans le ms.</note>
                                aucuns demore à Rome por apprendre, sanz dote il n’i a pas
                                her[175vB]bergement&#160;; et neporquant, l’en puet dire que se l’en
                                entre en sa meson, ceste loi a leu, mes ele n’apartient pas as ostex
                                où l’en ne demore que une nuit, mes à cez où l’en est à plus lonc
                                terme. ¶ {6} L’en demande se li peres puet pledier par ceste loi por
                                le tort qui a esté fez à son fil qui est en baill. Et il plest à
                                toz que il n’en puisse pas pledier, mes l’aucion de tort fet qui est
                                donnee par le prevost apartient au pere, et cele qui est donnee par
                                ceste loi apartient au fil. ¶ {7} Li filz qui est en bail puet
                                pledier par ceste loi por totes causes, ne il ne doit pas doner
                                caucion que ses peres avra estable ce que il fera&#160;; car Julius
                                escrit que li filz qui plede par aucion de tort fet ne doit pas
                                estre contrainz de doner caucion. ¶ {8} N’est ostroié par ceste loi
                                que li demanderres se meste seur le seremant au deffendeor, si que
                                li deffenderres vut que il n’a pas fet le tort. ¶ {9} Se aucuns
                                escrit ou ordene ou mis avant libelle qui apartiegne à la male
                                renomee à aucun, ou il la porchacie par tricherie que aucunne de cez
                                choses soit fete, ja soit ce que il l’oit fete en autre non, il est
                                commandé en la loi que il ne puisse porter testemoine ne fere
                                testamant. ¶ {10} Par cele meisme paine est tenuz selonc le consoill
                                au senat cil qui met avant – en grieu – ou sanz escriture aucunne
                                chose qui apartient à diffamer aucuns, et cil qui porchace que
                                aucuns soit achetez ou venduz. {11} Et se la persone qui est acusee
                                est franche ou serve, cil qui l’acussa par cel libelle doit estre
                                condempz selonc la maniere de la sustance à la persone qui est
                                acusee, si comme li juiges juigera.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.8}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: la grandeur de la plaie fet la cruelté dou tort
                                fet&#160;; et aucunne foiz croit il por le leu où la plaie est, si
                                comme quant ele est en l’oil.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: mes por ce que nos disons que torz fez est plus
                                cruel par chose, l’e‹n› demande savoir mon se ce est quant li torz
                                est fez au cors tant solement, ou quant il est fez en autres choses,
                                si comme en robe desciree ou en compoignon tolu ou en ledenge dire.
                                Et Ponponius dit que, sanz atochier à la persone, puet l’en dire que
                                li tors fez est cruelx. {1} Car se aucuns fiert ou navre aucun
                                legierement en place ou en marchié, il fet cruel tort. ¶ {2} Il a po
                                de difference se tex torz est fez à celui qui est en baill ou à
                                celui qui en est hors, car il est juigiez à cruel forfet. ¶ {3} Se
                                aucuns sers a fet [176rA] un tort cruel, se ses sires est presanz,
                                l’en en puet pledier à lui&#160;; et se il n’est presanz, li sires
                                doit estre bailliez au prevost qui le sozmete à torment. ¶ {4} Se
                                aucuns assoie à oster à feme chastoe ou à home ou à naturelement
                                franc ou à celui qui a esté franchiz, il sera tenuz par aucion de
                                tort fet. Et se il est sers, ceste aucion avra leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: l’en assaie à tolir chastee quant l’en velt fere
                                que cil qui est chastes ne soit pas chastes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.12}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se aucuns velt ramener aucun en servage qui soit en
                                franchise, et il set bien que il est frans, ne il ne le fet pas por
                                garder la droiture que il a de chalongier le, il est tenuz par
                                aucion de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: Labeo demande se aucuns met home hors do sans par
                                medecinement ou par autre maniere, savoir mon se aucion de tort fet
                                i a leu. Et il dit que oïl bien. ¶ {1} Se aucuns n’a pas esté
                                toichiez mes la main a estee levee seur lui et il a esté espoentez
                                autresi comme se l’en le vosist batre, aucion de tort fet li
                                apartient. ¶ {2} Li prevoz dit&#160;: «&#160;je donroi juigement
                                contre celui qui a dit ledanges à aucun contre bones mors, ou qui a
                                fet par sa tricherie que autres li ait dit&#160;». {3} Labeo dit que
                                ledengemenz est tort fez. {4} Ledengemenz est fez quant pluseurs
                                vilaines paroles sont dites à aucun. ¶ {5} Mes li prevoz dit contre
                                bones mors, et por ce mostre il que toz ledengemenz n’est torz fez,
                                mes cil qui est contre bones mors, ce est qui apartient à diffamer
                                aucun. ¶ {6} Il moismes dit contre les bones mors, et ce doit estre
                                entendu non pas tant solement contre les bones mors à celui qui dit
                                les lesdanges, mes generalment contre les bones mors à tote la cité.
                                {7} Labeo escrit que ledengement puet estre fez non pas tant
                                solement à celui qui est presanz mes à celui qui est hors do
                                païs&#160;; et por ce, se aucuns vient à ta meson quant tu n’i est
                                pas et il te ledenge, il te fet tort. Et ce moismes doit l’en dire
                                se il dit vilenie de toi en une assenblee ou en une taverne. ¶ {8}
                                Cil qui mesdit tant solement ne fet pas le ledangement, mes cil qui
                                semont autre de mesdire. ¶ {9} Ceste parole à aucun n’i est pas mise
                                sanz reson&#160;; car se aucuns ledenge, et l’en ne set qui, il n’i
                                a point d’aucion. ¶ {10} Se aucuns a esté en porchaz que uns autres
                                fust ledengiez et il n’a pas esté ledan[176rB]giez, il n’i est pas
                                tenuz. {11} Et de ce apert il que toz mesdiz n’est pas ledengemenz,
                                mes cil sanz plus qui est diz o noise&#160;; {12} qui que le die, ou
                                uns ou plusors, ou qui est entre genz&#160;; ne o noise n’est pas
                                proprement lesdengemenz, ainz est dit por diffamer. ¶ {13} Se l’en
                                demande consoil à aucun, à estrelogien ou à aucun devineur, et il
                                dit que telx est lerres qui n’est pas lerres, l’en porra pledier à
                                lui par aucion de tort fer. {14} L’aucion qui nest de ledengement ne
                                doit pas estre donee as oirs ne contre les hoirs. ¶ {15} Se aucuns
                                ledange femes se eles sont vestues de robes à foles femes, il ne
                                mesfet pas tant assz comme se eles fussent vestues de robes à prode
                                femes. Se feme n’est donc pas vestue de robe à prode feme, et aucuns
                                la claime fole feme de son cors, ou il tost son compaignon, il n’est
                                pas tenuz par aucion de tort fet. {16} Nos apelons compaignon celui
                                qui va en sa compoignie ou qui la suit, qui que il soit, ou franc ou
                                serf, ou home ou feme. {17} Il ne senble pas, ce dit Labeo, que cil
                                qui li toille son compoignon qui commence à mener l’en, mes cil qui
                                parfet ce que il a commoincié, si que il n’a point de compoignon.
                                {18} Et cil n’i est pas tenuz tant solent que l’en moine par force,
                                mes cil qui a amonesté son compoignon tant que il l’a lessé. ¶ {19}
                                Cil qui li tost son compoignon n’est pas tant solement tenuz par ce
                                bannissement, mes cil qui l’apele de folie ou qui l’en suit. ¶ {20}
                                Apeler est asseoir par bele proiere à fere li brisier sa
                                chastee&#160;; mes il est tenuz par aucion de tort. ¶ {22} Autre est
                                apeler que suivre. Cil apele qui par paroles assoie à fere li
                                brisier sa chastee&#160;; cil en suit qui va sovant entor li sanz
                                mot dire. ¶ {23} Il convient que nos sachons que tuit cil qui la
                                suivent et tuit cil qui l’apelent ne puent pas estre tret en cause
                                par cest bannisment&#160;; car se aucuns le fet par geu, ou par
                                servir honestement, il n’en chiest pas en ce bannissement, mes cil
                                qui le fet contre bones muerz. ¶ {24} Je<note>je] <emph>se</emph>
                                    dans le ms.</note> croi que li espossiez puet estre receuz à
                                pledier par aucion de tort fet&#160;; car li torz qui est fez à
                                s’apousee li torne à depit. ¶ {25} Li prevoz dit&#160;: «&#160;nule
                                chose ne soit fete por diffamer&#160;; et se aucuns fet contre ce
                                vengence, en soit prinse selonc ce que la chose [176vA] sera&#160;».
                                ¶ {26} Labeo dit que cist bannissemenz est por nient proposez, por
                                ce que nos en poons pledier par la general cause de tort fet. Mes il
                                senble à Labeo, et voirs est, que li prevoz vost parler especiaument
                                de cele chose&#160;; car ce sont choses notables et se eles ne sont
                                notees especiuament, il senble que eles soient despités. {27} Li
                                prevoz deffendi generalment que nule chose ne fust fete por diffamer
                                autrui. Et por ce, se aucuns fet ou dit chose par coi autres soit
                                diffamz, aucion de tort fet avra leu contre lui. Ce sont les choses
                                que sont fetes de coi male renomee vient&#160;: se aucuns se vest de
                                vesteure lede ou ordre, ou lesse croistre sa barbe ou ses chevous
                                por gaber autrui, ou il escrit ou dit ou chente aucunne chose contre
                                la renomee à aucun. ¶ {28} Ce que li prevoz dit&#160;: «&#160;et se
                                aucuns fet contre ce vengance, en sera prise selonc ce que la chose
                                sera&#160;», doit estre issi entendu que la vengence au prevost soit
                                plus pleniere. Et se aucunne chose le muet, ou par celui qui plede
                                par aucion de tort fet, au par devers celui à qui il plede, ou par
                                devers la chose, ou par devers la qualité dou tort fet, il n’oie pas
                                celui qui demande. ¶ {29} Se aucuns a baillié libelle au prince, ou
                                à aucun de sa mesnie por acuser aucun, et il ne porsiet pas le plet,
                                Papinians dit que l’en puet pledier à lui par aucion de tort fet. ¶
                                {30} Il meismes dit que cil qui vendi la venture de la sentence,
                                autressi comme se il deust paier deniers, doit por ce estre castiez
                                par le prevost o bastons, autresi comme se il fust condempnz par
                                aucion de tort fet&#160;; car il senble que il a fet tort à celui
                                qui dona la sentence. ¶ {31} Se aucuns a porpris les biens à un
                                autre, ou<note>ou] <emph>en</emph> dans le ms.</note> une sole de
                                ses choses, il est tenuz par aucion de tort fet. ¶ {32} Et se aucuns
                                velt vendre autrui chose, et il dit por moi diffamer que je li ai
                                baillié en gage, Servius dit que je puis pledier à lui par aucion de
                                tort fet. ¶ {33} Se l’en apele celui qui rien ne li doit son deteur
                                por fere li tort, il est tenuz par aucion de tort fet. ¶ {34} Li
                                prevoz dit&#160;: «&#160;se aucuns bat autrui serf contre bones
                                mors, et il dit que il l’a fet par le commadement son seigneur por
                                fere enqueste, je donroi juigement contre lui. Et se l’en dit que
                                aucunne [176vB] autre chose i ait esté fete, je en donroi juigement
                                quant la cause sera coneue&#160;». ¶ {35} Se aucuns fet tort à serf
                                por fere le à son seignor, il me senble que li sires puet pledier en
                                son non par aucion de tort fet. ¶ Se il ne le fist pas par l'otroi(?)
                                son seignor, li prevoz ne doit pas lessier sanz vengence le tort fet
                                qui a esté fez au se‹r›f&#160;; meesment se ce fu por fere enqueste.
                                ¶ {36} Se aucuns a batu le serf qui estoit communs à lui et à un
                                autre, il n’est pas tenuz par aucion de tort fet&#160;; car il l’a
                                fet comme ses sire. {37} Et se cil qui en avoit l’usaire l’a fet, li
                                sires n’en pledera pas à lui&#160;; et se li sires l’a fet, cil qui
                                a l’usaire n’en pledera pas. ¶ {38} Il dit contre bones mors, car
                                tuit cil qui les batent n’i sont pas tenu, mes cil qui les batent
                                contre bones mors&#160;; et se aucuns les bat por chastier le ou por
                                amender, il n’i est pas tenuz. {39} Et por ce demande Labeo&#160;:
                                se uns mestres d’aucunne baillie bat mon serf, savoir mon se je en
                                puis pledier contre lui, autresi comme se il l’eust batu contre
                                bones mors. Et il dit que li juiges doit enquerre que li
                                    sers<note>sers] <emph>sires</emph> dans le ms.</note> fesoit
                                quant il le bati&#160;; car se il le bati por ce que il essioit à
                                avoir ennor et biaus aornemenz et que s’esgaioit, il doit estre
                                assous. ¶ {40} L’en dit que cil bat qui fiert des poinz. ¶ {41} Nos
                                apelons «&#160;enqueste&#160;» torment et doleur de cors por fere
                                reconoistre verité. Nue demande et legier espoentement n’apartient
                                donc pas à cest bannissement. {42} Se aucuns fet donc enqueste par
                                le commandemant au seigneur, et il passe mesure, Labeo dit que il
                                est tenuz par aucion de tort fet. ¶ {43} Li prevoz dit : «&#160;se
                                l’en dit que aucunne chose ait esté fete, je en donroi juigement
                                quant la chose sera coneue&#160;». Et por ce, se uns sers est batuz
                                ou tormentez por fere enqueste, aucion de tort fet apartient contre
                                lui qui ce fist sanz connoistre la cause. Mes se autres torz li a
                                esté fez, ele n’apartient pas devant que la cause soit conneue. {44}
                                Car li prevoz ne promet pas juigement el non do serf por totes
                                manieres de tort fet&#160;; car se il est legierement feruz, ou uns
                                legiers mesdiz li est diz, li prevoz n’en done pas aucion. ¶ Mes se
                                il est diffamz par aucun mesfet ou par aucunne chose qui soit
                                escrite, je croi que la conoissance de la cause [177rA] doit estre
                                offerte au prevost et la qualité dou serf&#160;; car il a moult à
                                gart quex li sires est ou bons ou mauvés, ou fos ou sages. Li prevoz
                                prendra donc garde au tort qui est fez et à la persone à qui il est
                                fez&#160;; et issi otroiera il que aucion en soit meue ou il le
                                deffendra. ¶ {45} Li torz qui est fez au serf retorne aucunne foiz à
                                son seigneur et aucunne foiz n’i retorne pas. Car se li sers le tint
                                por franc, et cil qui li fet le tort ne savoit pas que il fut mis
                                sers, et se il le seust il n’en eust point fet, Mela escrit que je
                                ne puis pas pledier à celui qui li fist le tort. ¶ {46} Se aucuns a
                                pledié par aucion de tort fet por son serf qui a esté batuz et il
                                plede aprés por le domage, Labeo escrit que ce n’est pas une meisme
                                chose, car l’une aucion apartient au domage que aucuns fet en ses
                                corpes et l’autre au despit. ¶ {47} Se je ai l’usaire d’un serf et
                                tu en as la proprieté et il est batuz ou enqueste fut feste par lui,
                                aucion de tor fet apartient plus à toi que à moi. ¶ {48} Autresi est
                                il se l’en bat ton serf que je porsoie par bone foi, car l’aucion en
                                apartient plus à toi que à moi. ¶ Et se aucuns bat le franc home qui
                                me servoit par bone foi, il convient destinter, car se il le fist en
                                despit de moi, aucion de tort fet m’apartient&#160;; autresi est en
                                autrui serf qui me sert en bone foi, si que totes les foiz
                                m’apartiegne aucion de tors fet que li tortz li est fez en despit de
                                moi. Et se li torz est fez por le serf, l’aucion en sera donnee à
                                son seigneur&#160;; autresi puet l’en distincter en celui qui en a
                                l’usaire. ¶ {49} Se je bat le serf à pluseurs, il est certaine chose
                                que aucion de tort fet apartient à toz els contre moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.18}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il n’est pas biens ne droiz que cil qui a acusé
                                malfeteur soit condempnz por cele chose&#160;; car il est bone chose
                                que li pechiez as malfeteurs soient puni et seu. ¶ {1} Se uns sers a
                                fet tort à un autre serf, l’en en doit pledier autresi comme se il
                                l’eust fet à son seigneur. ¶ {2} Se torz a esté fez à la fille
                                mariee qui est en la poeté son pere et ses peres et ses mariz en
                                pledent, Ponponius dit par droit que cil qui fit le tort doit estre
                                condampnz au pere en autretant comme il fut condempnz se ele fust
                                veve, et au mari en autant comme il fust condempnz se ele ne fust à
                                nul ho[177rB]me. Et se feme mariee n’est en la poesté à nul home,
                                por ce se sis mariz plede en son non de tort qui li a esté fez, ne
                                remaint pas que ele n’en puisse pledier en son non. ¶ {3} Se cil qui
                                ne me conoist pas me fet tort, ou il cuide que je soie Tyce et je
                                suis Sey, il est certaine chose que il me vost fere le tort&#160;;
                                car je sui bien certains qui je sui, ja soit ce que il cuide que je
                                soie uns autres&#160;; et por ce ai ge aucion de tort fet. ¶ {4} Se
                                aucuns cuide que cil qui est en bail en soit hors et il li fet tort,
                                il ne senble pas que il le face au pere, ne plus que cil le fet au
                                mari qui le fet à sa feme et cuide que ele soit veve&#160;; car li
                                torz n’est pas fez en leur persone ne cil qui le fist n’ot regart
                                fors à celui à qui il le fist, autresi comme se il fust hors do
                                baill. {5} Et se il savoit bien que il estoit en baill, mes il ne
                                savoit à qui, sis peres en porra pledier en son non&#160;; et
                                autresi en puet li mariz pledier se cil qui fist le tort à sa feme
                                savoit bien que ele estoit mariee mes il ne savoit à qui&#160;; car
                                desque il savoit ce, il est certaine chose que il voloit fere tort
                                au pere ou au mari qui que il fussent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se mes creanciers à qui ge fui apareilliez de paier
                                semont mes pledes en despit de moi, il est tenu à moi par aucion de
                                tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.20}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Modestius dit&#160;: se uns creanciers seigne la meson à son deteur
                                por cause de fere li tort sanz l’autorité à celui qui avoit poer
                                d’ostroier le, li deteurs porra pledier à lui par aucion de tort
                                fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.21}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Sabins dit&#160;: li pris de tort fet ne doit pas estre fez selonc le
                                tens en coi la sentence est donnee, mes selonc celui en coi li torz
                                fu fez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.22}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se frans home est pris comme fuitif, il puet
                                pledier par aucion de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.23}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns entre en autrui meson malgré à celui qui
                                ele est, l’en en puet pledier o lui par aucion de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.24}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: se aucuns deffant un autre que il ne vende son
                                propre serf, cil en puet pledier par aucion de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se l’en a geu à serve par force, aucion de
                                tort fet en sera donee à son seigneur&#160;; ou se ele a esté celee,
                                ou aucunne chose li a esté fete par corage d’embler, aucion de
                                larrecin li apartient. Et se aucuns a despucelé feme [177vA] ainz
                                que ele soit en aage, aucun cuident que l’aucion de la loi qui fet
                                restorer les domages li apartiegne.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.26}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucuns siet que uns enfes soit mes fiz ou mes
                                sers et il le fet joier, ja soit ce que li enfes s’i consente,
                                neporquant il senble que torz me soit fez, si comme se il le fet
                                joier as tables o à autre geu. Mes ce puet avoir leu totes les foiz
                                que cil qui li amoneste a corage de tort fere&#160;; se cil qui ne
                                set qui est sires à celui que il a amonesté puet doner mauvés
                                conseil, et por ce est necessere l’aucion de serf corrumpu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.27}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: se l’image ton pere qui estoit seur son
                                monument est depecee à pierres, Labeo escrit que tu n’en puez pas
                                pledier par aucion de sepulcre brisé mes de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.28}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: aucion de tort n’est pas contee en noz biens
                                devant que li plez soit entamnz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.29}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se tu franchis ou estranges le serf par quoi aucion
                                de tort fet t’apartient, l’aucion te remaint.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.30}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: l’en set bien que aucion n’apartient pas au serf
                                qui est franchiz por le tort qui li fu fez tant comme il fu en
                                servage, ja soit ce que li filz qui est hors do baill ait aucion por
                                le tort qui li fu fez tant comme il fu en baill. {1} Neporquant, li
                                torz fez ne doit pas estre proisiez par un meisme pris en la persone
                                au pere et en cele au fill.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.31}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: quar il puet avenir por la digneté au fil que
                                graindres torz est fez à lui que au pere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.32}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il ne loist pas as metres à fere aucunne chose à
                                tort. Se uns metres fet donc aucunne chose à tort ou comme bas hom,
                                ou por fiance de sa digneté, il puet estre trez en cause par aucion
                                de tort fet. Mes l’en dote se ce est tant solement comme il est en
                                la metrise ou quant il l’avra lessie. Mes il est voirs que, se la
                                metrise est tele que il ne puisse estre apelz en droit, il convient
                                entendre tant que il en soit hors. Et se ce est de meneurs metrises,
                                ce est de celes qui sont sanz juridiction, il puet estre trez en
                                cause tant comme il sunt en la metrise.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.33}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se aucunne chose est fete selonc bones mors por
                                anorer la chose commune, ja soit ce que ele tort au despit à aucun,
                                neporquant, desque li metres ne li fist pas por tel penssé, il n’ost
                                pas tenuz par au[177vB]cion de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.34}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: se pluseur serf ont batu ensenble aucun ou il l’ont
                                ledengé ensenble, li mesfez est propres à chescun&#160;; et de tant
                                comme il furent plus à fere, le mesfet est il graindres. Et encor
                                puet l’en melz dire que il i a autretant de mesfez comme il i a de
                                malfetors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.36}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julians dit&#160;: se je voill pledier au pere el non dou fil par
                                aucion de tort fet et il done procurator, il ne senble pas que li
                                filz soit deffenduz se caucion n’est donee de paier ce qui sera
                                paié. Et por ce sera donnee l’aucion contre le fil autresi comme se
                                li peres ne le deffendist pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.37}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: il est contenu as establissemenz as princes que
                                les choses qui sont mises en commune remembrance por diffamer aucun
                                soient esfacies.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.38}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Scevola dit&#160;: il est establi el consoil au senat que nus ne port
                                l’image l’enpereor por fere tort à autre&#160;; et qui fera contre
                                ce soit mis en communs leus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.40}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marciaus dit&#160;: li sainz enpereres Sevoirs escrit eissi à
                                Diogene&#160;: «&#160;cil qui est dampnz de cruel tort fet ne puet
                                pas estre en l’ordre de curials&#160;; ne l’error au prevost ne te
                                doit rien valoir, ne cele à celui qui prononça de toi aucunne chose,
                                ou à cez qui contre la forme de droit cuident que tu remainsisses en
                                l’ordre des curials&#160;».</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.41}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Neraces dit&#160;: se toz a esté fez au fil, l’en ne doit pas
                                deffendre au pere que il n’en plede en deus juigemenz en son non et
                                el non au fil.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.42}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il ne convient pas que cil qui apelent lesdengent
                                les juiges, et se il le font il sont diffamé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.43}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Gaius dit&#160;: cil qui muet à tort aucion de tort fet soit envoiez
                                en essil ou mis hors de s’ordre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.44}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jabolenus dit&#160;: se cil qui esta en la meson de soz fet fumee qui
                                grieve celi qui est en cele desus, ou cil qui est en cele desus
                                giete ou espant aucunne chose en cele de soz, Labeo dit que l’en
                                n’en puet pas pledier par aucion de tort fet. Mes ge croi que ce
                                soit faus se ce fu par corage de tort fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.10.45}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hermogenes dit&#160;: l’en selt establir por tort fet paine hors
                                d’ordre, selonc la cause et selonc la persone&#160;; si que li serf
                                sont batu et puis rendu à leur seigneurs, et cil qui ont esté
                                franchi sont chastié par batement ou par eissil temporel, ou par
                                deffensse d’aucunne certaine chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head type="gp">XVIII. De crimes qui doivent [178rA] estre puniz hors d’ordre
                            <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 11&#160;: <hi rend="i">de
                                    Extraordinariis criminibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.11.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: cil qui commovent autrui femes de pechier et cil
                                qui volent brisier les mariages sont puni hors d’ordre por la
                                volenté de lor desloial tricherie, ja soit ce que il n’aient pas
                                acompli ce que il voloient. ¶ {1} Torz est fez contre bones mors, si
                                comme quant l’en aboivre aucun de fumee corrumpue, ou quant l’en le
                                conchie de boe, ou quant l’en ordoie les eves ou les conduiz ou les
                                las, ou aucunne autre chose por fere tort à aucun&#160;; et de cez
                                selt l’en prendre grief vengance. {2} Se aucuns amoneste à un enfant
                                à abandoner soi à pechier contre nature et il li tout son compoignon
                                ou il le corrump, ou il requiert pucele de folie ou il porchace en
                                aucunne maniere que ele perde sa chastee, ou il prent loer por
                                amonestier li, se li pechiez est parfez, il est puniz par paine
                                capital&#160;; et se il n’est perfez, il soit envoiez en essil par
                                tant comme il en fist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.11.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: il ne convient pas que desloial compoingie soit
                                assenblee por couverture de religion ou de rendre veu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.11.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: li saint enpereor Sevoirs et Antoines escritrent
                                que la feme qui a porchacie que ele n’ait enfant soit envoie en
                                temporel essil&#160;; car il n’est pas droiz que ele soit sanz poine
                                de ce que ele fet son mari sanz enfanz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.11.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>envoié en essill</p>
                            <p>Cil moismes dit&#160;: cil qui entrent en autrui meson par corage
                                d’enbler doivent estre puni plus que larron. Et por ce, sont il doné
                                à fere comme ovre à tens, ou il sont batuz de bastons et puis
                                lessier aller, ou envoié<note>ou envoié] <emph>euoie</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>aut ad tempus relegantur</emph></note> en
                                essill à tens. {*47.11.8} Il i a un crimes qui apartient à
                                l’execucion au prevost, si comme se aucun dient que leur instrumant
                                sont perdu&#160;; car li saint frere donerent au prevost de la cité
                                l’execucion de ceste chose. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.11.9}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il i a uns crimes qui solent estre puni selonc les costumes des
                                contrees&#160;; {*47.11.10} si comme en Egypte, cil qui depecent ou
                                rompent le terral qui tient l’eve en son cors, il sont puni hors
                                d’ordre. Mes ce es selonc la condicion et selonc la quantité do
                                mesfet&#160;; car li un sont puni par commune ovre et li autre par
                                mestal selonc lor digneté.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_19">
                <front>
                    <head type="gp">XIX. De cez qui prenent loier por lessier à acussier <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 13&#160;: <hi rend="i">de
                                    Concussione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.13.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: se loiers a esté pris por lessier à acuser aucun de
                                crime, et l’en faint que ce a esté par commandemant au prevost, li
                                prevoz de la contree do[178rB]it commander que li loiers soit renduz
                                et prendre vengence do mesfet.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_20">
                <front>
                    <head type="gp">XX. De cex qui enblent bestes et les emmoinent <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 14&#160;: <hi rend="i">de
                                    Abigeis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.14.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit : li enpereres Adrians escrit eissi quant l’en li demanda
                                consoil de cez qui enblent les bestes comment il doivent estre
                                puni&#160;: «&#160;quant cil qui enblent les bestes sont puni par
                                tres dure poine, il sont dampné ou glaive&#160;». Mes il ne sont pas
                                si cruelment puni par tot, mes la où cist mesfez est plus sovent
                                fez&#160;; et aillors i sont aucunne foiz doné à servir à tens. {1}
                                Cil qui enblent les betes sont proprement cil qui les sostreent des
                                pestiz et des fous et les emmoinent. Et ce est leur estuide et
                                autresi comme uns arz par coi il ostent les chevaus et les bues
                                d’avoc les autres&#160;; mes se aucuns enmoine une berbiz que il
                                trove seule, ou un cheval qui est remés aprés les autres, il est
                                lerres, mes ce n’est pas de tel maniere. {2} Et cil qui enble un
                                porc ou une chievre ou un moston ne doit pas estre puniz si
                                grievement comme cil qui enblent greigneurs bestes. {3} Et ja soit
                                ce que li enpereres Adrians establi poine de mestal ou de servise ou
                                de glaive, neporquant ne en plus honeste leu n’apartient pas à ceste
                                poine, ainz doivent estre envoié en essil ou osté de lor ordre. Et
                                cil qui les emmoient o armes ne soient pas sozmis as bestes. {4} Cil
                                qui en amoine les bestes de coi il pledoit por avoir en la proprieté
                                doit estre renvoiez au citein examinement, si comme Saturnius
                                escrit&#160;; et ce est voirs se il ne le fist pas por enbler les,
                                mes por ce que il li senbloit que il i avoit droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.14.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil moismes dit&#160;: li crimes de mener en bestes n’est pas des
                                communs juigemenz, ainz est melz larrecins. Mes por ce que cil qui
                                les emmoinent joint sovent armes, se il sont pris, leur mesfez selt
                                estre puniz griefment.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.14.3}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Calistratus dit&#160;: li nombres des oielles fet ou simple larron ou
                                meneur de bestes&#160;; car aucun cuident que .x. berbiz facent ou
                                fou, et .v. porcel ou .iiii., mes uns chevaus ou uns bos soffist au
                                crime de mener en bestes. {1} Et cil doit estre puniz plus griement
                                qui emmoine une beste de l’estable son seigneur que se il l’en
                                menast des chans. {2} Et cil qui sovent le font que cil qui ne le
                                fet [178vA] que une foiz. ¶ {3} Il est contenu es letres l’enpereor
                                Adrian par quel poine cil doivent estre puni qui recestent cez qui
                                emmoinent les bestes, ce est que il soient envoié par .x. anz en
                                essill hors de la terre de Lonbardie.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_21">
                <front>
                    <head type="gp">XXI. De cex qui traïssent la cause que il doivent sostenir <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 15&#160;: <hi rend="i">de
                                    Prœvaricatoribus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.15.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: cil qui traïst la partie que il doit sostenir et
                                aide à l’autre est apelz prevaricatoires. Et Labeo dit que il est
                                issi nomez por ce que il se varie en diverses parties. ¶ {1} Cil est
                                proprement prevaricateurs qui a acusé de commun crime et puis lesse
                                le plet&#160;; car avocaz n’est pas proprement apelez
                                procurateur&#160;; mes’il traïst la cause que il doit sostenir ou en
                                commun juigement ou en privé, il doit estre puniz hors d’ordre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.15.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil meismes dit&#160;: l’en doit savoir que paine hors d’ordre est
                                orendroit enjointe à cez qui traïssent la partie que il doivent
                                sostenir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.15.4}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: se il est pronuncié en cause de commun juigement
                                que cil soit prevaricateurs de qui il est deffendu que l’en ne plede
                                de ce que il a acusé à tort à son esciant, il sera mal renomez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.15.5}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Henulcius dit&#160;: li accuserres qui a esté condempnz que il atraie
                                la cause que il devoit sostenir ne puisse pas puis acuser selonc la
                                loi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.15.6}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: il a esté escrit par nostre enpereor et par son
                                pere que, quant crime sont opposé hors d’ordre, li prevariteur sont
                                tenu par cele meisme paine par coi il fussent tenu se il eussent
                                mesfet contre la loi&#160;; car li deffenderres est assous se li
                                acuserres est convoincuz que il ait traï la cause que il devoit
                                sostenir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.15.7}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ulpians dit&#160;: en totes causes, fors en cele de sanc, cil qui
                                corrump son aversere qui l’acuse est tenuz por convoincuz par le
                                consoil au senat.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_22">
                <front>
                    <head type="gp">XXII. De receteors <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 16&#160;: <hi rend="i">de
                                    Receptatoribus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.16.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Marcians dit&#160;: ce est tres mauvese maniere de genz que receteur,
                                sanz coi l’en ne se puet tapir longuement&#160;; et il est commandé
                                que il soient puni autresi comme li larron. ¶ Et en cele moisme
                                cause sont cil qui peussent bien prendre les larrons et prenent
                                deners ou une partie de ce que il ont enblé por lessier les
                                aler.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {47.16.2}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Paulus dit&#160;: li parent et li coisin as larrons qui les recetent
                                ne doivent pas estre assous ne puni si comme li autre&#160;; car lor
                                mesfez n’est pas ivels à cez qui reçoivent les larrons qui ne leur
                                apartienent.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_23">
                <front>
                    <head type="gp">XXIII. De cex qui brisent les chartres et les mesons <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 47, tit. 18&#160;: <hi rend="i">de
                                    Effractoribus et expilatoribus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {47.18.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[178vB] Ulpians dit&#160;: li saint frere escritrent de cez qui sont
                                eschapez de chartre brisee que se il en sunt issu par les portes que
                                il ont brisees ou par conspiracion que il aint fete<note>fete]
                                        <emph>fere</emph> dans le ms.</note> o les autres qui
                                estoient o els en la preson, il soient puni par poine capital. Mes
                                se il sont eschapé par la negligence as gardes, il doivent estre
                                puni plus legierement. {1} Et li plus povre seulent estre mis à fere
                                le commun servise ou pardurablement ou temporelment. ¶ Et li plus
                                honeste seulent estre de leur ordre ostez à tens ou essir dou
                                païs&#160;; car nule especial poine ne lor est enjointe es
                                establissemenz as princes. Et por ce, quant la cause sera coneue, li
                                juiges les punira à sa volenté. {2} Autresi doivent estre puni cil
                                qui brisent les mesons. Mes li enpereres Marc commanda que uns
                                chevalers de Rome, qui avoit brisé une meson et en avoit porté
                                deners, se tenist par .v. anz d’entre‹r› en la contree d’Aufrique et
                                en Rome et en Lonbardie. ¶ Il convindra donc establir contre les
                                briseors et contre les autres, quant la cause sera conneue, comment
                                il doivent estre puni selonc le mesfet&#160;; por tant que l’en ne
                                past pas el bas home la poine de fere leur fere communs servises, ne
                                es plus honestes cele d’envoier les en essil.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_24">
                <pb n="277"/>
                <front>
                    <head>XXIV. De paines<note>Ce titre n'est pas complètement inédit. Il a été
                            publié, en grande partie, par La Thaumassière, à la suite des
                                <emph>Coutumes</emph> de Beaumanoir, p. 467-470. Toutefois, nous
                            croyons devoir le reproduire, à cause de son importance particulière, et
                            de quelques variantes considérables.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Cil juige qui martirent aucun à tort, li martyres de celui qui est livrez
                            à martyre est tost passez&#160;; mès li martyres de celui qui le martyre
                            dure tozjorz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Li sages escrit que l'en ne doit condempner nul home por sopeçon&#160;;
                            car melz est que l'en lest à punir les mesfeteurs, que il n'est que l'en
                            condenpne ceus qui n'ont riens mesfet<note>Dig., lib. 48, tit. 19, frag.
                                5, pr.&#160;: <emph>de Pœnis.</emph></note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Cil qui juige det regarder que il n'establisse nule chose plus âprement
                            ne plus molement, si comme la cause requiert&#160;; car il ne doit pas
                            coivoitier la gloire d'estre trop roides, ne trop débonaires&#160;; ainz
                            doit fere droit juigement, et establir segont ce que chascune cause
                                requiert<note>Ibid., frag. 11, pr.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Li crimes dou père ne puet de rien grever le fil&#160;; car chescuns est
                            corpables de son crime, ne nus n'a aide de son mesfet&#160;: et issi
                            l'escritrent li saint frère<note>Ibid., frag. 26.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Cil qui sont dampné à aucune paine, et il sont pris contre
                            l'establissement de la paine, et il soient alé encontre, et il sont
                            pris, en ce la poine doit doblier<note>Ibid., frag. 8, § 7
                            (?).</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Nus hom ne doit soffrir painne de sa pensée<note>Ibid., frag. 18.</note>.
                            Li encien furent mov, et cil qui sostenoient les droiz orent grant cure
                            que li home ne s'esmeussent pas ligièrement à plédier&#160;; et
                            nos-meismes en avons grant penssée, por ce meismement que le fol
                            hintement à ceus qui plèdent, et à ceus à qui l'en plède, est aucune
                            foiz refrénez par paine. Et por ce est-il resons que paines soient
                            establies par sept manières&#160;: la premère, par cause&#160;; la
                            segonde, par persone&#160;; la tierce, par lieu&#160;; la quarte, par
                            tens&#160;; la quinte, par quantité&#160;; la siste, par qualité&#160;;
                            la septime, par aveinture.</p>
                        <p><pb n="278"/>Par cause si est, quant aucuns fiert aucun. Par persone, si
                            comme une persone est plus dine que autre, et mains maufesanz. Par lieu,
                            si comme l'en mesfet devant juige, ou en yglise, on en saint leu, ou en
                            marchié, ou foire. Par tens, si comme l'en meffet de jorz et de nuiz, ou
                            as sainz jorz ou as saintes nuiz. Par la qualité est li fez plus griex
                            ou plus légiers&#160;; et por ce regarde l'en se li larrecins est fez
                            aperz ou repoz. Par quantité, si comme se aucuns fet un petit forfet ou
                            un grant. Par avainture, si comme aucun gite un glaive ou une pierre, et
                            il blece aucun&#160;; s'il le fist por cause de forfere, ou por cause
                                d'avainture<note>Dig., lib. 48, tit. 19, frag. 16&#160;: <emph>de
                                    Pœnis.</emph></note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p>Tiés sont les paines en la duchie d'Orliens&#160;: qui fet contre
                            establissement de prince, il doit soixante sols de paine. Et se il est
                            prévoz ne justice, ou baillif, la poine est à la volenté le roi.</p>
                        <p>Qui tret autre en plet devant autrui juige que le sien, est en soixante
                            sols de paine.</p>
                        <p>Se aucuns a gagie à jor aucune chose devant jostice à aucun, et il ne la
                            rant, il doit cinq sols d'amende.</p>
                        <p>Se aucuns ne vient qui est semons, il doit cinq sols d'amende&#160;; et
                            trois foiz despisanz, se il se deffaut, l'en prendra le sien, et plèdera
                            le sien tenant.</p>
                        <p>Qui fera force, ne destorbera aucun que il ne vienge à son jor, il
                            l'amendera de soixante sols.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>Li procurator et li deffendeor qui seront repris qu'il auront
                            tricherressement fet ce qu'il auront à fere, seront en la merci le roi
                            de leur meubles.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Se aucuns demende aucun héritage ou meubles, sanz ce que bataille soit
                            juigée, cil qui enchiet doit vingt deners de la clamor&#160;; et se
                            bataille est jugée, cil qui enchiet doit neuf (livres) por le chanp, et
                            pert loi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p>Qui a usage et en use tricherressement, il le pert. Se beste à quatre
                            piez fet domage, ele est perdue par le forfet, ou li sires qui ele est,
                            se il la veut avoir, il amendera le domage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p>Se d'aucune meson est gitié ou espandu aucune chose, cil qui <pb n="279"
                            />aret en la meson est tenuz d'amender le domage, ausi comme de forfet.
                            Qui arache bonnes, tuit si bien sont en la merci le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p>Se aucuns jue ès diz, ou ès tables, et il se plaint del jeu, il doit
                            vingt deners de la clamor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p>Se mesurerres des chans fet fause mesure apenséement, li cors et tuit si
                            bien est en la merci le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p>Qui enterre cors en autrui leu, et seurprant terre qui n'est pas soue,
                            rent et amende soixante sols à la jostice.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p>Qui enchiet de lesdanges et de férir autre sanz sanc et sanz chable, est
                            en cinq sols d'emende. Et se il i a sanc ou chable, soixante sols
                            d'amende. Et se il i a bataille juigée, neuf livres por le chanp vaincu,
                            et quinze sols par membre blecié, et soi gari.</p>
                        <p>Là où il a amende juigée n'a point de clameur.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 16.</head>
                        <p>Se clameur est rendue présentement ou depriée, il i a cinq sols d'amende,
                            et det quatre deners de preuve pardonnée autant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 17.</head>
                        <p>Se aucuns est pris d'aucun petit larrecin, qui est fez par senblance de
                            povreté, et il n'est seignez, ne forbeniz, il forjure la vile. Et se il
                            est forbeniz d'aucun leu, l'en li fet sein&#160;; et se il a sain, il
                            est pendables. Et se il fet larrecin, comme de chevaus, de granz robes,
                            et de granz choses, il est pendables.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 18.</head>
                        <p>Cil qui est herbergiez chiés l'oste, ou li serganz, se il enblent là inz,
                            sont pendables&#160;; soit petit, soit grant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 19.</head>
                        <p>De murtre, de traïson, d'omecide et de rat, qui en est atainz, est
                            pendables. De toz les fez dom hom prent mort par juigement, toz les
                            meubles que il a en sa possession el jor del juigement, sont le roi, et
                            tuit si héritage&#160;; sauf le doere à la feme. Et quant la feme sera
                            morte, li doeres remaint au roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 20.</head>
                        <p>D'arsure l'en prant mort, et d'encis. De membre tolu l'en pert membre, et
                            tuit si bien sont le roi. De mahaigne pert toz ses biens, sauve la
                            porvéance dou maignié. Et se aucuns n'a nus biens, en tel forfet il
                            sueffre eissill perdurable. Ou se il a pou de biens, et se il a biens
                            quex que il soient, si suefre-il eissill.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 21.</head>
                        <p>Nus ne doit estre puniz sanz cope.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 22.</head>
                        <p>Cil qui sont sodomite prové doivent perdre les c....... Et se il le fet
                            segonde foiz, il doit perdre menbre. Et se il le fet la tierce foiz, il
                            doit eslre ars.</p>
                        <p><pb n="280"/>Feme qui le fet doit à chescune foiz perdre menbre, et la
                            tierce doit estre arsse. Et toz leur biens sont le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 23.</head>
                        <p>Li avotre sont en la merci le roi, deux foiz. La tierce, il doivent aler
                            en essil, el leur biens sont le roi, s'il en sont condempné.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 24.</head>
                        <p>Li fornicateur doivent estre chastié atrampéement de poine de cors.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 25.</head>
                        <p>Li avocaz qui par lor gloriose voiz relièvent les causes qui sunt
                            abessies, se il font tricherie ès causes que il ont à mener, il
                            soffreront poine de traïson.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 26.</head>
                        <p>Li notenier, li taverner, li ostelier, se il ne gardent ce que il
                            recevront en cez trois lieus, et il facent tricherie, il recevront paine
                            de traïtor.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 27.</head>
                        <p>Li mesureor des chans, se il font fauses mesures apenséement, et il en
                            soient repris, il soffreront poine de traïteur.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 28.</head>
                        <p>Se aucuns trove aucune chose en terre ou en eue, il la doit porter à la
                            jostice&#160;; et se il ne la porte en tens convenable, il doit soixante
                            sols d'amende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 29.</head>
                        <p>Qui fet tort en conpoignie, et en chose baillie en garde, et en achat, et
                            en loage, et en change des choses, sont puni en la poine que cil sont
                            qui font tricherie en demende d'éritage, qui est devant diz en cest
                            titre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 30.</head>
                        <p>Qui esqueust son gage à celui à qui il est plège, doit soixante sols à la
                            jostice.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 31.</head>
                        <p>Qui deffant euvre à fere justice, et l'en la fet sanz défanse ôtée, est
                            en cinq sols d'amende, et est l'euvre ausint comme pas non fete.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 32.</head>
                        <p>Qui apèle home de servage, et ne l'en puet ataindre, est en paine de
                            soixante livres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 33.</head>
                        <p>Qui prant à force autrui chose, est en soixante sols d'emande.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 34.</head>
                        <p>Se aucuns brise à aucun la teste, et il guarist sainement, la grant
                            jostice n'i a que soixante sols.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 35.</head>
                        <p>Se aucuns fet chevauchie à armes, à pluseurs genz, se il est chevaliers,
                            il doit soixante livres d'amende, et garentist toz ceus que il li maine.
                            Et se il n'est chevaliers, chascuns de ceus que il i maine est en
                            soixante livres d'emende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 36.</head>
                        <p>Qui estope chemins, ou s'emprant, ou cours d'eue, ou fontaine <pb n="281"
                            />commune, ou chemin de flueve, est en paine de soixante sols, et oute
                            l'euvre au sien, et amende domage, se il en nest.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 37.</head>
                        <p>Cil qui fet desloiaus assenblée de bordelerie, doivent perdre la vile, et
                            leur biens sont le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 38.</head>
                        <p>Qui fet contre le roi en fesant contre la pès dou pueple, doit estre
                            ars.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 39.</head>
                        <p>Li fausoner de fauses monoies doivent estre pandu, et leur biens sont le
                            roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 40.</head>
                        <p>Li baillis qui prant à tort, doit rendre ce que il prant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 41.</head>
                        <p>Cil qui robe les yglises, doivent estre pandu, et leur biens sont le
                            roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 42.</head>
                        <p>Qui apèle de juige autre deus foiz, et la tierce vient devant le chief
                            seigneur, et est condempnez, par tot il remaint en merciz as seignors,
                            segont ce que chescuns i a.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 43.</head>
                        <p>Li serganz qui emble au roi, ou au seigneur de la terre, ou au commun à
                            qui il est serganz, il est pendables, et si bien sont au seigneur de la
                            terre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 44.</head>
                        <p>Qui ne rent son cens à jor, il doit cinq sols d'amende. Qui ne rant
                            ventes dedans les nuiz, il doit soixante sols.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 45.</head>
                        <p>Qui esqueust à jostice, ou à sergant estable, doit soixante sols.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 46.</head>
                        <p>Li receteur sont puni comme li seignor, et li aideur, et li
                            consenteur.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 47.</head>
                        <p>Cil qui brise seisine de seigneur, est en soixante sols d'emende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 48.</head>
                        <p>Qui dit lesdanges devant jostice, rant quinze sols à la jostice, et cinq
                            sols au lédengé. Et qui li fet sanc ou chable devant jostice, il i coste
                            soixante livres, et quinze sols au lédi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 49.</head>
                        <p>Qui fiert baillif ou prévost, por cause de sa baillie, est en soixante
                            livres d'amande. Et se il i fet sanc ou chable, il est en la merci le
                            roi. Et dou sergant de son ostel, ausint.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 50.</head>
                        <p>Qui prant com paagier, et il ne l'est, l'amande est de soixante sois à la
                            jostice, et le domage au marcheant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 51.</head>
                        <p>Cil qui s'en vient de l'ost avant son terme, sanz congié, sont en la
                            merci le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 52.</head>
                        <p>Hom ne puet avoir contre sa feme aucion de larrecin.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 53.</head>
                        <p>Li hons qui porchace la mort sa feme, et la feme qui porchace <pb n="282"
                            />la mort son mari, cil qui en est provez, la partie de ses biens est le
                            roi, et li autres à cause de refus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 54.</head>
                        <p>Li serf qui se sunt aforcié de destruire lor seigneurs doivent estre
                            ars.</p>
                        <p>Li sers qui renie son seigneur doit estre mis en perdurable paine.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 55.</head>
                        <p>Li maquerel de femes doivent estre fusté et geté hors de la vile, et leur
                            biens sont le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 56.</head>
                        <p>Qui cèles trovailles et choses esdirées, doit soffrir poine de larrecin,
                            quant il fet la chose por soe.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 57.</head>
                        <p>Se aucuns fet chose par quoi le ligier corage as homes soient espoenté,
                            li rois escrit que il soient envoié en essil.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 58.</head>
                        <p>Qui dit mal do roi, ou de la reine, ou de son consoil, vileinement, il
                            doit estre envoié en essil, et si bien sont le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 59.</head>
                        <p>Li baillif, li prévost, cil qui gardent les prisons qui doivent recevoir
                            paine de leur fet, se il les lessent aler à leur copes, doivent recevoir
                            la paine que cil receussent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 60.</head>
                        <p>Cil qui portent secrié escrit à aucun, clos, et l'euvrent por savoir que
                            il i a, doivent recevoir paine d'essill, et leur bien sont le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 61.</head>
                        <p>Qui nafre beste, et garist, et plante an nat (<emph>et plainte en naît
                                &#160;:</emph>), est en cinq soz d'emende, et rent le domage souz
                            loer.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 62.</head>
                        <p>Cil qui s'enfuent as annemis le roi, ou as anemis de ses conseliers, sont
                            ars, ou pandu as forches.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 63.</head>
                        <p>Cil qui corrumpent les virges qui ne puent soffrir conpaignie d'ome,
                            seront pandu, et leur bien sunt le roi.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 64.</head>
                        <p>Feme, se ele forfet de mahins forfez, si comme de lédanges, de férir, et
                            de sanc et de chable, et d'amendrer (<emph>de moindres</emph>) forfez,
                            l'amande n'est que la moitié mendre d'ome. Et des autres forfez, si
                            comme de larrecin, de murtre, de rat, de traïson, d'omecide, menbre
                            tolu, mahin, d'iceus forfez ele est ausint tenue comme homme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 65.</head>
                        <p>Qui n'ira au ban crié, c'est à savoir à bannie d'ville, et ele ne soit
                            nommée quele, comme de larron pandre, d'eschauguite de foire, ou sanz
                            foire, quant à prévosté, se aucuns n'i vient, il doit cinq sols
                            d'amende, et le domage qui est avenuz par son défaut.</p>
                        <p>Mès se granz persécucion avient, et ele est fete à savoir au pueple par
                            bannie, et domages en avient, chascuns i est tenuz à la volenté le roi
                            en emende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 66.</head>
                        <p><pb n="283"/>Li degrié des paines sont tex&#160;: la première paine si
                            est en vint deniers de clamor. La segonde si est, se li vint deners ne
                            sont randuz, ou depliez en la place, la paine est de cinq sols. La
                            segonde paine si est de quinze à celui à qui l'en a fet sanc et chaable,
                            et de soixante sols à la justice. La terce poine si est d'ome envoïer en
                            eissill. La quarte si est perdre membre. La quinte si est d'ome livrer à
                            mort.</p>
                        <p>D'ome envoier en eissil, de perdre membre, d'ome dampné à mort, tuit si
                            bien sunt le roi.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_25">
                <front>
                    <head>XXV. De communs juigemenz<note>Institut. justin., lib. 4, tit. 18&#160;:
                                <emph>de Publicis judiciis.</emph> Voyez aussi, à la suite du titre
                            précédent, dans les anciennes coutumes d'Orléans, publiées par La
                            Thaumassière.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Il convient que juigemenz communs ne soient pas governé par
                            actions&#160;; ne il n'ont rien senblable as autres juigemenz, de quoi
                            nos avons parlé&#160;; il est greigneur diversité en movoir les, et en
                            maintenir les. Il sont apelé commun, porce que il est ostroié à chescun
                            dou pueple que il la mantaigne<note>Inst. just., lib. 4, tit. 18, pr., §
                                1</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Li uns des communs juigemenz sont capital, et li autre ne sunt pas
                            capital.</p>
                        <p>Nos apelons cex capital qui tormentent de trop grief torment&#160;: si
                            comme quant l'en deffant à aucun la commune de feu et d'eue, ou se il
                            est envoiez en essil, ou condempnez à paine de métaill.</p>
                        <p>Li autre qui donnent mauvese renomée, ou domage de deners ne sont pas
                            capital&#160;; jà soit ce que il soient commun<note>Ibid., §
                            2.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Li commun juigement sunt cil&#160;:</p>
                        <p>La loi que li enpereres fist de crime qui est fez contre le mestre
                            l'enpereor ou contre la chose commune&#160;: la poine de cest crime est
                            que cil qui en est copables en pert l'âme, et sa mémoire est dampnée
                            après sa mort<note>Ibid., § 3.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>La loi que li enpereres fist des avotires, est des communs juigemenz, par
                            coi non pas tant solement cil qui bannissent aucun mariage sont puni par
                            glaive&#160;; mès cil qui font lor desléal tricherie o <pb n="284"
                            />homes &#160;; et par cele meisme loi est puniz li vices, quant aucuns
                            conpoigne charnelment o virge ou à veve.</p>
                        <p>La loi que li enpereres fist de homescides, est des communs juigemenz,
                            qui prant vengance, ou glaive do homecide&#160;; et de cex qui portent
                            darz por ocirre homes. Darz est communémant tout ce qui est tret d'arc,
                            si comme Gaïus escrit, ès l'excepcion de loi des douze tables&#160;; mès
                            darz est généraument tot ce que aucuns gite o sa main. Il s'ensiet donc
                            que pierre, et bâtons, et fers soit contenuz par cest non&#160;; et il
                            est apelez darz, selonc le grieu, por ce que il est envoiez en loig. Et
                            ceste significacion poons-nos trover ou non de grieu<note>Inst. just.,
                                lib. 4, tit. 18, pr., § 4, 5.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Par ceste meisme loi sont li envénimeur condempné, qui ocient homes par
                            venins ou par enchantemenz&#160;; ou qui vendent communément mauveses
                                médecines<note>Ibid., § 5.</note>.</p>
                        <p>Une autre loi porsiet par novele paine un très aspre crime, qui est
                            apelée la loi que Ponpeius fist de cex qui ocient leur pères&#160;; en
                            quoi il est contenu que se aucun apareille la mort à son père, ou à sa
                            mère, ou à son fill, ou à aucun de ses autres, ou en apert ou en
                            repost&#160;; cil par qui tricherie ce est fet ou qui est consantanz de
                            cel crime, jà soit ce que il soit estranges, soient puniz par la paine à
                            cex qui ocient leur pères. Ne ne soit pas sozmiz à olme, ne à feu, ne à
                            autre painne solempne, ainz soit liez en un sac o un chien, et o un coc,
                            et o une serpant, et o une singesse&#160;; soit gitez o elx en la mer,
                            et en une eue, selonc ce que la région le requiert, si que il perde
                            s'âme, l'usage de toz les élémenz, et li ceaux li soit devez en sa vie,
                            et la terre à sa mort.</p>
                        <p>Et se aucuns ocist les autres persones, cil qui sunt jointes à lui par
                            lignage ou par affinité, il soffrera paine qui est establie des
                                homecides<note>Ibid., § 6.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p>Et la loi que Cornelius fist des faus hoirs, enjoint painne à celui qui
                            escrit faus instrument, ou faus testament, à celui qui le saèle, et à
                            celui qui le recète, et à celui qui i met faus séel, et à celui qui le
                            fet, et qui l'entaille, qui le prant à son esciant par tricherie. Et la
                            poine d'icele loi est li derreniers tormanz, et contre les sers (autresi
                            est-il des homicides et des envénimeurs), se il sont franc, il doivent
                            estre envoié en essill<note>Ibid., § 7.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p><pb n="285"/>Et la loi que Julius fist por force commune ou privée, est
                            contre ceus qui font force ou armes ou sanz armes. Cil qui la fet doit
                            estre envoiez en essil, par la loi que Julius fist de force commune. Et
                            se ele est fete sanz armes, la tierce part des biens à celui qui le fet,
                            est puploïe.</p>
                        <p>Mès se aucuns a jéu par force o virge, ou o veve, ou o nonains, cil qui
                            ce font, et qui eust en consoil, et en aide, soient puni par capital,
                            selonc nostre establissement, par quoi l'en puet ce savoir plus
                                apertement<note>Inst. just., lib. 4, tit. 18, pr., § 8.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p>La loi que Julius fist de larrecin, punist ceus qui enblent deners, ou
                            chose commune, ou sainte, ou religiose. Et se li juige enblent les
                            communs deniers el tens que sont en baillie, il doivent soffrir poine
                            capital&#160;; et ne mie tant seulement, mès cil qui les ont serviz et
                            aidiez à ce fere, et ceux qui à lor esciant les ont receuz, quant il les
                            orent enblez. Et li autre qui encharront en ceste loi, seront envoiez en
                                essil<note>Ibid., § 9.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p>Et la loi que Flavius fist de ceux qui navrent les homes, est entre les
                            communs juigemenz&#160;: qui donne aucune foiz paine capital par les
                            sainz establissemenz, et aucune foiz plus ligière.</p>
                        <p>Pardesus ce, sunt communs juigemenz les lois que Julius fist, de pluseurs
                            articles, qui parolent des certains chapitres, por coi cil qui sont
                            corpables ne sont pas tretié à mort&#160;; ainz sozmetent à autres
                            painnes ceux qui les despisent.</p>
                        <p>Et nos avons ce dit des communs juigemenz, que vos les puisiez estachier,
                            autresi comme au bout del doi, ce est que vos en puissiez avoir aucun
                            peu de la quenoissence. Mès plus diligenz enseignemenz vos sera donez el
                            livre de Digestes, se Deu plest<note>Ibid., § 10.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_26">
                <front>
                    <head>XXVI. Désavoer son seignor.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Se aucuns tient d'aucun aucun héritage, fei ou vilenage, et est tenu par
                            droit titre et par longue tenue qui vaille, se il désaveue de son
                            seigneur, la paine est que il doit perdre l'éritage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="286"/>Et se aucuns li demende que il doit tenir de lui l'éritage
                            davant dit, la quenoissance apartient au premier seigneur. Et se il ne
                            vest deffandre ou guarentir ce que l'en aura tant longuement tenu de lui
                            ou de ses encesseurs, cil qui est li doumainnes ne fera que sigre le
                            segont seigneur, et prandre de lui.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_27">
                <front>
                    <head>XXVII. De longue tenue et de défaut de droit.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Longue tenue est paine as pereçus&#160;: icele longue tenue, qui est
                            tenue apertement, au seu des seigneurs. Car quant communs siet aucune
                            chose qui contient très grant négligence, n'acuse
                            (<emph>n'excuse</emph>) pas le seigneur.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Se aucuns dit que ses sires li fet tort, et s'en plaint à plus grant
                            jostice, se c'est d'éritage, et li sires en set condampnez, il pert la
                            justice. Et se li plaintis est condempnez, il pert l'éritage. Et se
                            c'est de fet de cors, cil à qui l'en met sus le fet, se il est dampnez,
                            ses biens remainnent en l'avarice del seigneur. Et se il s'en pert à son
                            droit, li sires en pert la jostice, segont la costume de la terre, et
                            segont les establissemenz le roi, ou titre d'<emph>apeler son seignor de
                                défaut de droit</emph>, et segont l'usage de baronie.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
