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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
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            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
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                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
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                </availability>
            </publicationStmt>
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                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu'elle apparaît dans l'édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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    <text>
        <front>
            <head>LI DIX-NEUVIESMES LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI DIX-NEUVIESMES LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="287"/>
                <front>
                    <head>I. Comment l'en doit apeler home de larrecin.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns hons dit que un autre li a enblé un cheval, et l'en a veu sési, qui
                            bien valoit cent sols, et l'anmena&#160;; et s'il viaut dire que ce ne
                            soit voirs, il est prez de mostrer et de l'avérer que ce est voirs, si
                            comme la cort agardera que il fere le doie. A ce l'on li respont&#160;:
                            comme il ne die pas qu'il sache ce de voir ne de savoir, l'en ne li
                            viaut respondre à tel demende, se droit n'est. Et droiz dit qu'il i doit
                            respondre, com, se la chose fust prise apertement, ce ne fut pas
                            larrecin, mès manière de larrecin, ansint comme ravissement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Autre qui apèle autre de larrecin, n'i doit pas metre le voir ne le
                            savoir. Car qui apèle autre de larrecin, assez i mest que de son cors.
                            Et quiconques apèlera autre de larrecin, et dira de quoi, et est sa
                            persone nécessere&#160;: ou cil conoistra le larrecin, ou il s'en
                            deffendra vers l'autre par gage de bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Uns si apela un autre, et dist que il estoit lierres, et estoit prez de
                            mostrer, s'il le voloit nier. Cil fist encontre tel ni comme il dut. Et
                            l'an dit que an tel chose n'a point de gage, comme l'en n'i voie pas
                            chose de quoi.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head>II. D'omecide, et comment l'en en doit apeler.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns si dist issint&#160;: Gautier féri mon frère d'un baston, dun il
                            prist mort, et ce je vi&#160;; et s'il viaut dire que il ne soit issi,
                            je sui prez dou montrer et de l'avérer. Li autres respont que de ce ne
                            fist-il riens, <pb n="288"/>et fet tel ni com il doit. Et l'en dit, que
                            selonc la parole et selon la responsse, qu'il i a bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Et se aucuns apèle aucun de la mort d'un home, qui ne soit pas trovez,
                            l'en demende qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont que ce n'est pas
                            demende, cum nus n'est pas veuz morz, s'il n'est veuz morz, ou s'il
                            n'est veuz morir.</p>
                        <p>Cil est bien veuz morir qui est getez en Loire, et n'est pas trovez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Totes les foiz que hons est morz, et a cos et a colées, dom il a pris
                            mort, cil qui ont ce fet sont homecide. Et l'en puet apeler de larrecin,
                            de murtre, sanz i metre ne voir ne savoir&#160;; de t raïson,
                            ausit&#160;; d'omecide, non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johen de
                                Beaumont</ref> dit que chanpions loiez, prové de tel chose, ne puet
                            home apelier à gage de bataille an nul quas, si n'est por chanpion loeiz
                            por sa deffansse&#160;; car la poine de sa mauvese vie le doit bien en
                            ce punir.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. Comment l'en doit apeler home d'omecide.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <p>Cist titres dit issit comment l'en doit apeler d'omicide.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns si dit issi&#160;: Cel home ocist Robert, son frère, et dona cos et
                            colées, don il prist mort&#160;; et an tel tens, n'a pas quatre
                            mois&#160;; et ce je vi&#160;; s'il le conoist, biau m'en est&#160;;
                            s'il le nie, je sui prez dou mostrer et de l'avérer en chanp et par
                            bataille, si comme je devrai, et cil qui vit ce.</p>
                        <p>Et li autres respont&#160;: Je faz encontre tel ni et tel deffanse comme
                            je doi. Droit dit que li copables est loisanz de prendre la prueve de
                            lui, et de quenoistre que c'est voirs, ou d'escondire par gage de
                            bataille. Et fera se li corpables, si comme juigement le aporte, comm
                            home qui a son essoine.</p>
                        <p>Or dit li demenderres qu'il ne veaut pas qu'il se change, por ce qu'il ne
                            mist au commoincement l'esoine, tote soit-ele paranz. Et li copables dit
                            que tot ne le meist-il au commoincement, et il le mist en l'ore que
                            juigemenz la aporte, que ce fust assez. L'en demende qu'en dit
                            droiz&#160;? Et l'en dit que bien puet mestre s'esoine avant et
                            enprès&#160;; et s'il est paranz, il se puet changier.</p>
                        <p><pb n="289"/>Enten que nus ne se puet changier d'essoine, se ele n'est
                            paranz, des quas don li cors sont dampnable, c'est à savoir de murtre,
                            d'omecide, de traïson, de larrecin, de rat. Et nus ne puet autre apeler
                            d'omecide, s'il n'i met le voier&#160;; ne nus n'en est oïz, s'il ne
                            taint au mort de lignage, ou s'ele n'est sa fame esposée.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head>IV. Comment l'en doit apeler home de traïson et d'omecide.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns dit issint&#160;: Pierres assailli mon frère, et nuitantre, si comme
                            il aloit sa voie comme prodom en sa besoigne, à tel jor, et l'ocist en
                            traïson&#160;; et s'il viaut dire que ce ne soit voirs, je sui prez dou
                            mostrer et de l'avérer contre son cors, qu'il est issi&#160;; et je le
                            di comme hom qui a son essoine. Li autres respont&#160;: Et je sui prez
                            de fere encontre tel ni et tel deffansse comme je doi, comme home qui a
                            son essoine. Droiz dit qu'il se conbatront ensenble, s'il ne puent
                            mostrer asoine parant. Et s'il puent mostrer essoine parant, chescuns se
                            changera, et aura avoé.</p>
                        <p>Antant que en apiau de murtre n'a point de consoil. Et qui apèle de
                            murtre, si doit dire la parole par quoi li murtre i soit. Et murtre si
                            est, quant home est ocis nuitantrée, por quoi il ne viegne apenséement à
                            la meslée, ou en trives, ou an agait de chemin, ou eu menière que il ne
                            voie le cop venir, ou quant il est si sorpris que il n'a poer de soi
                            deffendre. Et si sofist que l'on n'i meste le voer ne le savoir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Or demende l'en se l'en puet apeler autre de murtre, s'il n'est paranz
                            au mort&#160;? Et l'en dit que nenil, hom (<emph>ou</emph>) s'il n'a sa
                            feme esposée.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head>V. De traïson, et comment l'en en doit apeler.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns hons apèle un autre de traïson, et dit issit&#160;: P. m'a féru et
                            batu, et dedanz trives que je avoie à lui, dont je di qu'il est
                            traïtres&#160;; et s'il veaut dire que ce ne soit voirs, je sui prez de
                            mostrer et de l'avérier, si comme je devroi. Li autres fet encontre tel
                            ni et tel deffansse comme il doit. Et droit dit que en ceste chose a
                            gage de bataille, s'il i a sanc ou chable.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="290"/>Or demende l'en se l'en apèle de traïson, et l'an ne monstre
                            cause de forfet, se l'an i doit respondre&#160;? Et l'an dit que
                            non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Nuitantre fere forfet est traïson, trive anfrete est traïson&#160;;
                            férir, et l'en ne voie pas le venir&#160;; férir, sanz deffier, et de si
                            près que l'en ne se puisse destorner.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head>VI. Comment l'en doit apeler de murtre.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns hons si dit que uns autres a ocis un sien coisin an murtre, issint
                            qu'il le féri par derière dou costel, si que ne vit pas le venir&#160;;
                            et de ce cop il mori&#160;: don il l'apèle murtrier, et l'offre à prover
                            et à avérer. Li autres fet encontre ce qu'il doit. Et l'en dit que en
                            tex paroles a bataille de murtre&#160;: car home qui est féruz de cop
                            que il ne voit venir, tel cop i met traïson, s'il n'est en
                            deffiance&#160;; et traïson et homecide mellé ensenble fet murtre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns apèle un autre de murtre, et dit qu'il ocist, et li dona le cop don
                            il prist mort. Li autres dit encontre qu'à ce ne viaut-il pas respondre,
                            comme, par la conoissance de la parole meismes, n'i a point de murtre.
                            L'en demende qu'en dit droit&#160;? Et l'en respont qu'il ne respondra
                            pas comme à murtre, mès il respondra comme à homecide.</p>
                        <p>(<emph>Homicide</emph>) fet nuitantre fet murtre. Et totes traïsons
                            mellées à homecide fet le murtre. Ne murtre n'est pas s'il n'est
                            fez.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head>VII. Comment l'en doit apeler de rat.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De rat. — Rat est gésir à feme à force&#160;; ne nus ne puet apeler
                            home, se la feme, (<emph>de</emph>) son cors, ne l'an apèle.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Une feme dit issi&#160;: Renaut a géu à moi à force, à tel jor, en tel
                            leu&#160;; et s'il viaut dire que ce ne soit voirs, je sui prez de
                            monstrer et de l'avérer comme feme. Et cil fet encontre tel ni et tel
                            deffansse comme il doit, que il ne le fist pas. Et l'en dit que en tex
                            paroles a bataille, et que la feme puet doner s'avoerie à aucun, qui ce
                            prove par lui porquoi il ne soit loiz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Et totes les foiz que l'en voint le poer de la feme par le sien poer, et
                            en cele foibleté gist l'en à li, c'est force. Et de tex choses nessent
                            batailles, se cil qui fet le fet ne le viaut conoistre.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <pb n="291"/>
                <front>
                    <head>VIII. Comment l'en doit apeler home de rat</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Comment l'en doit apeler home de rat. — Marie dit issi devant le
                            juige&#160;: Je me plain de G..., qui vint à moi en une meson où je
                            estoie, et just à force à moi charnelment, et fist tel force que sis
                            poers venqui le mien, à tel jor. Et s'il viaut dire que ne m'oit ce fet,
                            et à force, je sui prez do mostrer et de l'avérer comme je doi. Et cil
                            fet encontre tel ni et tel deffansse comme il doit. Et droiz dit qu'il
                            est loisanz de prendre la prove à la feme, et dire que c'est voirs, ou
                            d'escondire par gage de bataille. Cil l'esconduit, si comme juigement le
                            aporte, comme home qui a essoine.</p>
                        <p>Or dit l'en que la feme se puet changier, et mestre avoié por soi&#160;:
                            car costume est que fame ne se doit pas conbatre. Et cil se puet
                            changier, s'il mostre essoine parant.</p>
                        <p>Antant que nus ne puet apeler autre de rat, se n'est li cors de la feme à
                            qui le mesfet aura esté fet. Et qu'il (<emph>ne</emph>) mostre s'essoine
                            an leu ou en tens, il ne se puet changier, tot l'ait-il.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Qui apèle de rat doit metre en sa demende le leu et le tens, ou il n'i a
                            pas gage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Cil qui apèle de mahing, si doit metre le jor et le leu que il fut
                            fez.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head>IX. Comment l'en doit apeler de membre tolu</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De membre tolu. — Un home dit issint&#160;: Johen m'a copé le poing
                            d'une espée, don je sui mahignez à tort&#160;; s'il le me conoist, biau
                            m'en est&#160;; s'il le nie, prez sui do mostrer et de l'avérer&#160;;
                            et vez-ci li mahaing apertement. Johan respont, et dit qu'il no fist
                            pas, et en offre à fere tel ni et tel deffansse comme il doit. Et droiz
                            dit qu'il a bataille. Or demende l'en, por ce qu'il n'a pas dit, si com
                            il doit&#160;; et juigement est fez, s'il se puet changier&#160;? Et
                            l'en dit que non, segont les moz. Et s'il eust mis «&#160;si com je
                            doz&#160;» il se puet changier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Mahing si est poing copé, doi copé, pié copé, manbre brisié qui ne pot
                            renoier, ouil crievé, oreille copée, nés copé.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><pb n="292"/>Et totes bleceures dont l'en pert la force de son cors et de
                            ses membres, et de totes ces choses devant dites, donc sanc ist, et
                            mahen, nessent batailles, parquoi cil voille qui demande, se cil à qui
                            l'en demende ne conoist le fet, ou s'il ne se deffant. Et de ces choses
                            puet l'en apeler sanz garanz&#160;: car li forfez, qui apert, est
                            garanz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head>X. Comment l'en doit apeler de roberie</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De roberie. — Roberie si est quant aucuns agarde por tolir les choses à
                            aucun marcheant, ou antrer en aucune meson de nuiz, à force et sanz
                            force, por porter en les choses de l'ostel.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns dit issit&#160;: Je aloie mon chemin&#160;; Phelipes m'asailli en mi
                            le chemin, et me toli mes deniers que je portoie, à tel jor, comme
                            roberres. S'il le conoist, biau m'en est&#160;; s'il le nie, prez sui de
                            mostrer et de l'avérer contre son cors. Phelippes nie&#160;; et fet
                            encontre tel ni et tel deffansse comme il doit. L'en demende qu'en dit
                            droit&#160;? Et l'en dit que tex moz font bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Or demende l'en se il disoit que il eust assailli, sanz plus, et ne eust
                            riens dou sien, et autre chose ne li eust fet, se de tex moz nestroit
                            bataille, tot n'i eit il roberie&#160;? Et l'en dit que non&#160;: car
                            il n'i a pas chose porquoi il i eust bataille.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head>XI. Comment l'en doit apeler de roberie</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Comment l'en doit apeler home de roberie. — Roberie si est quant l'en
                            antre en la meson à un prodome par sostif engin, de nuiz ou de jorz, et
                            l'en enporte le sien ostre son grié, et l'en cèle ce que l'en enporte.
                            Aguet de chemin est roberie, soit aperte, soit repote.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns dit issit&#160;: Gautier vint en ma meson, à tel jor, et l'ovri par
                            sotif engin, et enporta la moie chose, une chape, en roberie, et à
                            force, et de nuiz. Et s'il viust dire que ce ne soit voirs, je le sui
                            prez de mostrer et d'avérer contre son cors, si com je doi, comme cil
                            qui le vit. Li copables fet encontre tel ni et tel deffense com il doit.
                            L'en demende qu'en dit droiz. Et l'en respont que li copables est
                            laisanz <pb n="293"/>de prandre la prove, et de conoistre que c'est
                            voirs, ou d'escondire par gage de bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Uns autres bons si dit issit&#160;: Cil hom vint am ma meson, et prist
                            la moie chose, sanz mon seu, tel chose, et o roberie, à tort. Et s'il
                            nie que ce ne soit voirs, je sui prez de mostrer et de l'avérer. Et li
                            copables respont&#160;: Com cil ne die mie de savoir ne de voer, et la
                            demende atoche à dampnement de cors, ne ne die mie qu'il m'ait veu sési
                            de la chose qu'il me met sus que j'é robée, par quoi je ne li voil
                            respondre, se droiz n'est&#160;; partant, m'en voil passer&#160;; et se
                            partant ne m'en past, plus en dirai, tant que tort ne m'en prendra. L'en
                            demende qu'an dit droiz&#160;? Et l'en dit que il n'est pas tenuz à
                            respondre à sa demende, comme cele qui ne fet mie qu'il soit certains en
                            nule chose de la demende qu'il fet.</p>
                        <p>Enten que deux manières de roberie sont&#160;: aperte et repote. Qui velt
                            prover, si doit dire le voir et le savoir. De la reposte ne conviant pas
                            dire le voir ne le savoir, fors en une menière, que il est veu sési de
                            la roberie&#160;: de tant est assez.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head>XII. Comment l'en doit apeler de sanc et de chable</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De sanc et de chable puet home apeler sanz garanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Tierri, uns hons, si dit&#160;: Gaubert m'a fet lédure, et m'a fet
                            sanc&#160;; et s'il velt nier que ce ne soit voirs, prez sui de mostrer
                            et de l'avérer vers lui, que c'est voirs, et à tel jor. Et li autres fet
                            encontre tel ni comme il doit et tel deffansse. Et l'en dit que li
                            juigeor doivent regarder le sanc, et dun il est&#160;: car s'il est de
                            plaie don cuer soit crevez, et sanc issuz, l'en puet juigier
                            bataille&#160;; et s'il est de boche ou de nés, il n'i a point de
                            bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Tot ausi doit l'en user de chable. Et chable n'est pas s'il ne part. Et
                            de tel quas nul ne doit juigier, fors à la vue de l'oil. Chables si est
                            cop blef qui part, don cuir n'est pas crevez&#160;; boce de cop que l'an
                            donne.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <pb n="294"/>
                <front>
                    <head>XIII. Comment l'en puet home apeler de servage.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>De serf, et comment l'en puet home apeler de servage. — Comment cil qui
                            sont home à aucun, à rendre serf servise, et qui les cors sont et
                            lavoirs, sanz fere au cors désavenant. — Uns hons apèle un autre de
                            servage, et dit aissint&#160;: Gaubert est mis sers, par la reson de son
                            père et de sa mère, qui fut ma serve et mis sers, et m'ont rendu li serf
                            servise&#160;; et s'il velt dire que ce ne soit voirs, je sui près del
                            prover et de l'avérer par moi et par home del lignage, qui le mostrera
                            si comme il devra. Gaubert fet encontre tel ni et tel deffensse comme il
                            doit. L'en demende qu'an dit droit&#160;? Et droiz dit que Gaubert est
                            loisanz de prandre la prove de lui et de son guarant, et de mostrer que
                            c'est voirs ou d'escondire par gage de bataille. Car nus ne puet apeler
                            home de servage, s'i ne l'apèle par son cors, ou par home del lignage.
                            Car servage est si granz crimes, que quant hons est sers, il pert le
                            poer de soi et de ses choses, et est donez à autrui.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <front>
                    <head>XIV. Comment l'en puet apeler de larrecin.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Comment l'en puet apeler home de larrecin — Premièrement, l'en doit
                            apeler home de larrecin sanz voier et sanz savoir, que c'est une chose
                            que l'en fet plus en celé que à veu de genz&#160;; et por ce ne remoint
                            pas que l'en ne sueffre forfet vengier&#160;; et l'en ne puet vengier se
                            ce n'est fet en ceste forme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons si dit issi&#160;: Gaubert m'a enblié un mien cheval an
                            larrecin, et l'enmena sanz mon seu et sanz mon veu, à tel jor&#160;; et
                            l'an vit sési, et ert ce cheval pomelez. Et s'il velt dire que ce ne
                            soit voirs, prez sui de mostrer et de l'avérer comme je devrai. Et li
                            autres fet encontre tel ni et tel deffensse comme il doit. Et droiz si
                            dit qu'il est en chois au copable de prandre la prove, ou d'escondire
                            par gage de bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Li demenderres l'offre à prover, si comme juigement l'aporte, comme home
                            qui a son essoine&#160;; et li corpables l'offre à deffandre, si comme
                            juigement l'aporte.</p>
                        <p><pb n="295"/>L'en demende qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont que c'il
                            se puet changier, qui mist son essoine avant, s'il a essoine parant, tot
                            die li corpables qui ne se puet changier, por ce qu'il ne mist son
                            essoine ou commoincement. Car li copables poist user de cesti droit
                            moismes, s'il eust nomé son essoine, est-il droiz que sis averseres en
                            use contre lui.</p>
                        <p>Entant que l'en puet apeler home de larrecin par garant. Et dou larrecin
                            apert puet l'en ausit apeler home&#160;: si comme aucuns m'enbloit ma
                            chose, et je le veisse, si tel larrecins est larrecins apert.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Or demende l'en se je demende à aucun ma chose qui m'aura esté
                            enblée&#160;? Et l'en dit que je l'aurai, par prove de bons tesmoinz que
                            la chose fust moie, se cil ne dit qui tient la chose de par moi par
                            droite cause, et ce offre à prover contre moi, et die issit&#160;: Ceste
                            chose je tieng de vos, et par vostre grié, par tel reson&#160;; et ni
                            moult bien le larrecin, et sui prez de mostrer que c'est voirs, ou
                            deffandre de larrecin. Et droiz dit que an tel chose si a gage, ausit
                            comme de larrecin&#160;: car quant aucuns dit que la chose est enblée,
                            et cil dit qui la tient de lui par droite cause, an tel chose a gage de
                            larrecin.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <front>
                    <head>XV. De la division de sanc et de chable, et comment l'en en puet
                        apeler.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Sanc si est quant cuers est crevez, et sanc en ist. Sanc n'est pas dit
                            de boche ne de nés, se il n'i a dant brisé ou nez brisié.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Un home dit issint&#160;: Tel home m'a fet tel lédissement, com vos
                            poiez voir, don cuers est crevez et sanc issu. Et s'il viaut dire que ce
                            ne soit voirs, je sui prez de mostrer et de l'avérer si comme je
                            devré&#160;; et à tel jor. Cil fet encontre tel ni et tel deffansse
                            comme il doit. L'en demende qu'an dit droit&#160;? Et l'en respont que
                            li copables est loisanz de prandre la prove de celui qui demende, ou
                            d'escondire par gage de bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> L'en puet apeler home de sanc, sanz garanz&#160;: car li sans est garanz
                            à celui à cui l'en le fet. De ce est tele manière que l'en puet apeler
                            de sanc, en tele manière puet l'en apeler de chable.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Chables est cos qui part antre cuir et char, quant cos est abletiz, don
                            sanc n'est pas issuz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <pb n="296"/>
                <front>
                    <head>XVI. De la division de férir sanz fere sanc, et comment l'en en puet
                        apeler.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Coment l'en puet home apeler de férir sanz sanc et sanz chaable. — Férir
                            si est une manière de chose où il n'a sanc ne dépéceure&#160;: comme
                            férir de paume, de poing, de pié, d'aucun des mambres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hom apèle un autre, qu'il l'a féru, et l'offre à prover par soi et
                            par garanz. Et li copables fet encontre tel ni et tel deffanse comme il
                            doit. L'en demende qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont que ce doit
                            aler à prove, que en tel chose n'a point de gage&#160;; et li chois de
                            la prove est à celui à qui l'en demande de fere la ou de prandre la
                            celui qui l'en demende. Car si poi de forfet ne convient pas que
                            bataille nesse.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Comment l'en doit ataindre home de coicier<note>Voy. tit. 21
                                ci-dessous.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head>XVII. De espandre ordure.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Vilaine ordure si est mesfez, quant l'en l'espant outre reson. Vileine
                            ordure si est chose si puant par coi li airs est corronpuz&#160;; et qui
                            autrement ne le puet fere, se l'en le doit oster d'ui à demain.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Qui giète ordure sor home, s'il le doit amender.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> L'en demende se l'en a gitié ordure sor un home, s'il i a point de gage
                            &#160;? Et l'en respont&#160;: se un pou d'ordure est getée, et ne face
                            sanc, ne plaie, ne mahing, ne domage que de cinq sols, ci n'a point de
                            gage&#160;; ains est li chois de la prove à celui à qui l'en demende.
                            Mès se ordure est gitée grant, qui face domage grant, ou plaie, ou boce,
                            qui face domage grant, en tel chose a gage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> L'en a aucion contre celui qui estoit en la meson, et ne puet l'en
                            ausint apeler home.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Pierre a gitié sor moi tele ordure, don il m'a fet tel lédissement, et
                            tel domage de dix sols&#160;; et ce vi. Et s'il viot dire que ce ne soit
                            voirs, je sui prez de motrer et de l'avérer com [<emph>je devrai. Et
                                Pierre</emph>] fet encontre tel ni et tel deffansse comme il doit.
                            Et l'en dit que Pierre est <pb n="297"/>loisanz de prendre la prove de
                            lui, et de quenoistre que c'est voirs, ou d'escondire par bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> De domage l'en ne puet apeler sanz garanz, et par garanz, si.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head>XVIII. Comment l'en apèle de larrecin et de traïson.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Larrecin et traïson puent estre apelé ensenble, si comme serjant enble
                            les choses son seignor, qu'il doit garder. Et an queconz manière aucun
                            s'otroit les choses qu'il doit garder, ce est larrecin et traïson.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons si dit&#160;: J'evoie mis berbiz que Robert devoit garder, et
                            les vendi à tel jor&#160;: si requier qu'il me rende la value de mes
                            choses, ou mes choses. Robert dit qu'il ne's a pas vendues, ainz sont
                            perdues sanz sa colpe. A ce lui demendierre dit&#160;: Comme il set
                            qu'il a ce fet, et il le cèle, il est lerres et traïtres&#160;: lierres
                            de sa chose qu'il li sostret&#160;; traïtres de ce qu'il li devoit
                            garder. Et ce il offre à prover et à motrer contre son cors, ou par
                            garant, comme de voer et de savoir&#160;; et vit la vente fere, et les
                            deniers recevoir. Et li autres fet encontre tel ni et tel deffanse comme
                            il doit. Et l'en respont que (<emph>de</emph>) tex moz (<emph>ne</emph>)
                            nest pas bataille de larrecin et de traïson&#160;; contre lou savoir, ou
                            contre son garant, s'il ne se velt tenir à lor prove.....</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> A totes les foiz que aucuns qui garde la chose, et la sotret, et anprès
                            la cèle, c'est larrecin et traïson.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_19">
                <front>
                    <head>XIX. Comment l'en apèle home de traïson purement.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Comment l'en puet et doit apeler home de traïson. — Traïson si est quant
                            l'en asaut home dedanz trive, et li cos pert&#160;; quant l'en fiert
                            home, et l'en ne voit mie le cop venir. Traïson si est nuit entrée.
                            Traïson si est quant l'en sorprant home, et l'en le fiert, si qu'il ne
                            se puet deffendre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons dit issi&#160;: Cil homes m'a féru à tort do costel, en
                            traïson, et m'a fet tiel plaie&#160;; et ne vi pas le cop venir&#160;;
                            et sui prez de mostrer et de l'avérer contre son cors, si comme je doi.
                            Cil fet encontre tel ni et tel deffense comme il doit. Et droit dit que
                            ci a bataille, qu'il ne velt croire le demendeor par son serement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><pb n="298"/>En totes les manières que l'en apèle home de traïson, si
                            doit l'en dire comment la traïson i est&#160;: car por dire traïson,
                            s'il ne dit comment elle i est, tel demende ne vaut riens. Et se uns
                            apèle autre qu'il ait féru en traïson, et il dient qu'il puet bien férir
                            au cop qui n'a point de traïson.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Traïson n'est pas, s'ele n'est si sotive que ce soit que l'en ne se
                            puisse garder dou cop, ne ne puet.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_20">
                <front>
                    <head>XX. Comment l'en apèle home de maïng.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Comment l'en puet home apeler de mailing. — Mahing si est quant home a
                            perdu pié, poing, oil, nés, auroilles, ou aucun de ses membres dou pié
                            ou de la main. Et de ce puet autre apeler sanz garanz, et dire
                            issit&#160;: Pierre m'a copié le poing d'une espié, et sui prez de
                            l'ataindre si comme je doi, comme home maheignié.</p>
                        <p>Li autres dit encontre tel ni et tel deffensse comme il doit. Et droiz
                            dit que li copables est loisanz de prandre la prove, de reconoistre, ou
                            d'escondire par gage de bataille.</p>
                        <p>Enten que maheng n'est pas, s'il ne pert. Car qui apèle de mahing, et il
                            ne mostre le mahing, ses apiaus ne vaut rien.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_21">
                <front>
                    <head>XXI. De la division de coicier, et comment le en puet apeler<note>Voy. le
                            titre XVI ci-dessus, § 2.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Coicier si est dit de boche et de parole. Quant aucuns cuice un autre,
                            et dit tex paroles hors jostice&#160;: Tu es ribauz et larron, ou
                            tricherres &#160;; ou que une feme est putain&#160;; et l'en s'en
                            plaint, et l'offre l'en à prover si com l'en doit, et par soi ou par
                            garanz. Et li copables fet encontre tel ni et tel deffansse comme il
                            doit, droit dit que la prove au copable vet avant&#160;; car en tel
                            chose, qui n'a parit, ne où n'a chetel, n'a que sormise&#160;: si est li
                            copables loisanz de prandre la prove au demandeor et do garant, et de
                            quenoistre que c'est voirs, ou d'escondire par la soe.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_22">
                <pb n="299"/>
                <front>
                    <head>XXII. D'apeler home de péceure.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Comment l'en doit apeler de dépéceure. — Péceure n'est pas, s'ele ne
                            pert. Péceure est désirer robe, brisier uis, brisier paroiz, brisier
                            autres choses an hostel. Et de ce puet apeler autres à gage, se li
                            domages est si granz que gages en doie issir. Mès l'en ne puet home
                            apeler sanz garanz, par la reson de ce que li ostés remaint à celui à
                            qui l'en a fete la péceure.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons dit issi&#160;: Tex hons vint à ma meson, et brisa ma porte, et
                            antra léanz, où je eu de domage en la péceure jusque à vingt sols. Et
                            s'il veut dire que ce ne soit voirs, je sui prez de mostrer et de
                            l'avérer par moi et par garanz&#160;; et par moi qui soi ce de voir et
                            de savoir.</p>
                        <p>Li autres requiert que la péceure, qu'il dit que l'en li a fete, soit
                            veue. Et quant ele est veue, cil fet encontre tel ni et tel deffansse
                            com il doit. Et droit dit, que se li domages de la péceure est tex que
                            gages en doie nestre, qu'il i ait bataille&#160;: issit que li copables
                            est loisanz de prandre la prove dou demendeor ou de son garant, ou de
                            conoistre que c'est voirs, ou d'escondire par gage de bataille. Et se la
                            querele est si petite que gages n'en doie mie nestre, ce n'est que
                            seurmise.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Uns dit au prévost&#160;: Tel home m'a batu et féru, et desciré ma robe,
                            et vez-là ci aparessant, don mes domages i gist jusqu'à dix sols. Et
                            s'il viaut dire que ce ne soit voirs, je sui prez de mostrer et de
                            l'avérer. Et li autres fet encontre tel ni et tel deffansse comme il
                            doit. Et l'en dit que de tex moz nessent batailles.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> A totes les foiz que aucun lédit autre, tot n'i ait-il sanc ne chaable,
                            et il i ait domage de plus de cinq sols, l'en i puet gugier gage. Et an
                            tex choses ne convient pas garanz traire, fors mostrer l'enpirement.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_23">
                <front>
                    <head>XXIII. De demender mobles, et de la division.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> L'en a aucion de demander mobles en pluseurs manières.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Nos apelons totes choses movables, fors serf&#160;; car serf est
                            héritages.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><pb n="300"/>L'en puet demender moble par la reson d'eschoete, et par
                            autretel manière com l'en puet demander héritage. Et en cele manière le
                            puet le (<emph>l'en</emph>) mostrer à avérer, et deffandre, com l'en
                            puet d'éritage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Se deners sont queneu deu par devant jostice, et gages sont baillié,
                            l'en les puet tantost vendre&#160;; mès cil qui les gages sont, les ara
                            por tant comme il seront vendu. Et s'il ne velt, la vente tendra, et ara
                            les nuiz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_24">
                <front>
                    <head>XXIV. Comment l'en apèle home de force</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Comment l'en puet apeler home de force<note>Le § 1, à partir des
                                mots&#160;: <emph>force si est</emph>... et le § 2, avec les
                                variantes ci-dessous indiquées, sont répétés plus bas sous cette
                                rubrique&#160;: <emph>De la division de force, et comment l'en en
                                    puet apeler.</emph> Voy. le titre <hi rend="sc">xxvii</hi>
                                suivant, vers la fin.</note>. — Force si est quant aucuns prant
                            aucune chose d'aucun par force, sanz la volenté à celui qui ele est, et
                            si que li poiers<note>Poers.</note> à celui qui prant la chose
                                voinque<note>Vainque.</note> le poer à celui qui la chose est<note>A
                                celi qui est la chose.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons si dit issit<note>Issint.</note>&#160;:
                                Gaubert<note>Ajoutez&#160;: si.</note> a pris un mien sorcot en ma
                            meson, et l'en a porté à force<note>Ajoutez&#160;: et ce je sé.</note>.
                            Et s'il viaut dire que ce ne soit voirs, je sui prez de
                                mostrer<note>Prover.</note> et de l'avérier<note>L'avérer.</note>
                            contre son cors, si comme je devrai<note>Com je devré.</note>, comme
                                home<note>Com hom.</note> qui a son essoine.</p>
                        <p>Li autres fet encontre tel ni et tel deffensse<note>Deffanse.</note>
                            comme il doit. L'en demende qu'an dit droit<note>Droiz.</note>&#160;? Et
                            l'en dit que cil est loissanz de prandre la prove, et dire que c'est
                            voirs, ou d'escondire par gage de bataille. Car en prover force reposte
                            ne conviant pas garant<note>Convient point de garant.</note>, fors qu'il
                            i ait chetel par quoi li gages i<note>I manque.</note> doie estre. Car
                            force reposte ne seroit jamès provée, s'il i<note>Si.</note> convenoit
                                traire<note>Trere garanz.</note> garant, dès qu'il die qu'il ait veu
                            et seu<note>Les mots&#160;: <emph>dès qu'il</emph> et suivants,
                                manquent.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><pb n="301"/>De force fere. — A (<emph>to</emph>) tes les foiz que l'en
                            tost à home la soe chose, sanz son grié et sanz sa volenté, c'est
                            force.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Hou dit issi&#160;: Gefroi vint en ma meson, et enporta ma chose, un
                            sorcot qui estoit miens&#160;; je li vos recorre, il le me toli. S'il le
                            me quenoist, biau m'en est&#160;; et s'il le nie, je sui prez de mostrer
                            et de l'avérer qu'il enporta le mien, et me fist tele force comme je
                            dit.</p>
                        <p>Gefroi fet encontre tel ni et tel deffansse comme il doit. Et l'en
                            demende qu'en dit droit&#160;? Et l'en dit que de tex moz nessent
                            batailles, tot ne trove (<emph>traie</emph>)-il garant avant. Car totes
                            les foiz que aucuns tost à autre sa chose, ou en chemin,
                                ou(<emph>en</emph>) adéfice, de tel chose nest bataille, tot n'en
                            trée l'en pas garant avant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Force n'est pas, se le poer à celui qui ravist ne sormonte le poer à
                            celui qui la chose est.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> De petit lédissement. — Se aucuns lédist aucun apertement, et il ne li
                            face sanc ne chaable, ne péceure, fors de férir, et de boter, et de
                            coicier&#160;: en tex choses n'a point de gage, et tel chose n'est que
                            sormise. Et quant il aviant prove an sormise, la prove est au chois à
                            celui à qui l'en demende.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_25">
                <front>
                    <head>XXV. De demende qui est fete devant la mort à la feme, et enprès.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns hons si a feme&#160;; et au vivant cele feme, si li demende l'en
                            cent sols, et dit l'en de quoi, et que termes est passez&#160;; et li
                            hons le nie. Ou demènement dou plet, sa feme se mort. Enprès la mort sa
                            feme, il quenoist cele dete. Or demende l'en se les choses sa feme i
                            sont tenues, ou si héritier, par la reson des choses&#160;? Et l'en dit
                            que oïl, s'il ne provent le contraire. Mès il jurra seur sainz, de sa
                            main nue, as héritiers, que il ne le fet pas por malice, ne il ne le fet
                            por soi légier, ne por apeticier lor droit.</p>
                        <p>Et se li plez n'est pas commoinciez, enprès la mort à l'un, demande l'en
                            cele chose, et soit queneu et prové qu'ele soit deue&#160;: les choses
                            au mort i sont-eles tenues&#160;? Oïl, s'el fu fete en son tens&#160;;
                            ou se ce non, non.</p>
                        <p>En aura l'en serement de celui qui remaint&#160;? Nenil, se la chose est
                                <pb n="302"/>provée, selonc la forme de droit. Et se est queneu sanz
                            recevoir prove, l'en aura le serement, ausint comme en la cause devant
                            dite. Et se li héritiers est non aagé ou desvé, en recevra les proves.
                            Ne deffant jusque il soit d'aage ou jusque il soit revenuz en son
                            seu&#160;? L'en dit que oïl, mès l'en li baillera tutor ou curator.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Enprès l'en dit, quant li hons muert, ou la feme, et il ont fet dete en
                            lor mariage, cil qui se font heirs chescuns est tenuz par la dete,
                            chascuns por la moitié&#160;; et s'il n'i a nul hoirs, les choses au
                            mort i sont tenues.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Or véons se aucuns se muert, et il n'a pas de quoi il puisse paier sa
                            part de la dete, se cil qui remaint est tenuz à la sodre&#160;? L'en dit
                            que oïl&#160;; por ce que la dete fut fete commune, chascun i est tenuz
                            por le tot. Et se li uns ne li autres n'a nule chose, cil qui remaint
                            vis est toz jorz tenuz, ne ne puet riens aquerre ne gaagnier, que lui et
                            ses choses ne soient tenuz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Et se la feme que je prendrai doit, et n'a riens, et je aie assez,
                            sui-je tenuz à sa dete, ou ele en ceste forme&#160;? Oïl, car je la
                            praing atot son fès. et ele moi atot le mien.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Et se li enfes qui est del premier mariage, a ses biens aconpaigniez
                            aveques les noz, sera-il tenuz de la dete ausi comme nos de nos&#160;?
                            Oïl, tant com li moble porront soffire&#160;; et l'éritage non, se l'en
                            ne voit que la chose qui a esté enpruntée soit mise el profit de son
                            héritage&#160;; car l'en doit toz jorz aidier as menors.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_26">
                <front>
                    <head>XXVI. De rendre et de recréance.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Quant home est en prison, ou quant aucune chose est retenue, comment
                            l'en la doit rendre ou recroire. — Cist bans si est fez por estranper la
                            cruauté as seignors et les félonies à cez qui prenent autrui choses.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Premièrement l'en dit que sires puet prandre les choses à celui qui sera
                            de sa juridiction, et ne les doit pas prandre s'il n'i a reson, tot le
                            face-il autrement. Et se je ne sui de sa juridiction, fors de la
                            propriété del foiz, de la chose puet-il prandre por le fet de mon
                            cors&#160;? Nenil.</p>
                        <p><pb n="303"/>Et se mis sires prant les moies choses, del fet don ge ne
                            soie estainz ne dépenz, quel qui soit, et je soie apareilliez de fere
                            droit par devant lui de ce que je devré&#160;: rendra-il, ou il les
                            recroira &#160;? Il les me recraira, avant que je respoigne devant
                            lui.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> A totes les foiz que sires prant les choses à celui qui est de sa
                            juridiction, sanz défaut qu'il ait fet, il les doit rendre, avant qu'il
                            respoingne de nule chose par devant lui.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Et s'il s'avoie à autre jostice, et il prange son cors ou les soes
                            choses, rendra-les-il, ou recroira&#160;? Il ne rendra pas, mès
                            recroira, jusque la chose soit déterminée par droit. Alongera toz jorz
                            la (<emph>re</emph>)créance tant comme il sera ou demainnement de
                            plet.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Et se la jostice me met sus que je aie esté au fet fere, don li cors
                            doie prandre mort, et nus ne me demande riens fors lui&#160;: par droit
                            il ne doit pas prandre les moies choses, mès mon cors&#160;; mès il le
                            recroira, cors por cors, à fere droit.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Mès si me's prant por chose don mes cors doie estre dampnez, afert-il
                            iqui rendre ou recroire, tot se plange aucun de moi&#160;? Il n'i afert
                            point de recréance ne de randre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Et se sires, par défaut de sa rente qui ne li a mie esté rendue, et ge
                            sui à respondre apareilliez et de fere droit.....</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> Li rois puet prandre, por sa dete, cors et avoir, et por son
                            forfet&#160;; mès plus beau seroit qu'il prist les choses à celui. Mès
                            l'en doit entendre que l'en le fet por sa volenté acomplir. Autre sires
                            ne le puet pas fere, fors del forfet queneu don l'en deist perdre le
                            cors, ou se l'en li viaut atendre apertement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p> Or demende l'en, se deus sont pris por tel forfet, dont li uns aprange
                            l'autre, s'il i afert rendre ou recréance&#160;? L'en dit que ce est en
                            la volenté au juige.</p>
                        <p>Or demende l'en s'il puet l'un recroire, et l'autre retenir&#160;? Et
                            l'en dit que non&#160;; ne ne puet l'en fere avantages à l'un plus qu'à
                            l'autre, n'alégier l'un plus que l'autre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p> Après l'en demande se hons qui n'a point de juridiction puet prandre
                            nules choses qui soes ne sont, de s'autorité&#160;? Et l'en dit que non,
                            fors en quas de son plége il puet prandre&#160;; et tel chose porte
                            recréance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p><pb n="304"/>Larron, murtrier, homecide, home qui a forcé feme, traïtor,
                            home qui a tolu membre, présant robeor, forbani, et en tel cas
                                sem-(<emph>bla</emph>)bles...... et tantost cil le doit mener à la
                            justice, ou mender à la justice que l'en iroit querre G.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p> Nus ne doit estre pris de cinq fez don li cors est dampnables por cause
                            de sopeçon, se la cause dou sopeçon n'est aperte ou resonable. Et se
                            aucuns est pris por cause de sopeçon, l'en le puet tenir quarante jorz.
                            Et se dedanz quarante jorz nus ne vient avant por lui acusier, l'en le
                            doit recroire à plége, cors por cors. Et cele recréance durra trois
                            quarantoines. Se nus ne vient por lui acusier, si plége seront délivré,
                            jà soit ce que se aucuns vient avant por lui acusier dedanz l'an et
                            dedanz le jor, il sera oïz&#160;; et enprès l'an, non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p> Li sires d'Ambeze apela le conte de Blois de défaut, sus la demende d'un
                            bois, en l'ôtel le Roi, en l'an mil deux cent cinquante-neuf, à
                            Pantecoste. Et dit que li hus do païs où li bois siet est tex, qui se
                            défaut anprès montrée&#160;; par quel règle il voloit avoir l'us do
                            païs. Et droiz l'ordonna.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_27">
                <front>
                    <head>XXVII. Comment l'en puet gaagner par défaut, et perdre.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> L'en dit, qui se défaut enprès mostrée, qu'il pert sa querele, quant as
                            héritages&#160;; et quant as mobles, anprès la demende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons dit que un autre tient une soe meson de lui, et dit cause por
                            quoi ele est soe. Et jor a eu de consoil, et jor de mostré. Au jor de la
                            responsse ne viant pas. Nos disons qu'il est défaillanz, et qu'il a sa
                            querele perdue, s'il n'a essoine.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Or demendon-nos se aucuns puet estre deffaillanz, qu'il mete avant barre
                            nécessere, et viaut oïr juigement, se par tant se puet passer, et sis
                            averseres le viaut&#160;? Et nos dison que non, tot pant li jorz en cest
                            point. Mès cil est despisanz et défaillanz, qui en porte le droit de la
                            cort, sanz respondre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Aucune foiz aviant, quant l'en a mis sa barre avant, que ses averseres
                            lest le jor passer, par ce qu'il ne viaut oïr droit sor la barre, et fet
                            semondre son aversere selon ce qui alé est, et fet issit sa
                            demende&#160;: Com je fuisse plaintis d'Estiene, qui un mien prié tient,
                            qu'il <pb n="305"/>a siet, et en cele censive&#160;: jor de consoil ot,
                            jor de mostrée, jor de respondre&#160;; à celui jor, je li fis ma
                            demende&#160;; il ne vost respondre&#160;; don je voil avoir ma querele
                            gaagnie, ou ce que j'en devroi avoir. Et s'il viaut dire qu'il ne soit
                            défaillanz de cele jornée, je sui prez de mostrer et de l'avérer par moi
                            et par garanz, qui sevent ces erremenz, et viaut (<emph>virent</emph>)
                            le jor metre, et le défaut fere.</p>
                        <p>A ce respont Estine&#160;: Comme je traississe avant barre nécessere à
                            moi délivrer de sa demende, il ne la vost oïr&#160;; et requis
                            juigement, à savoir, se par tant m'an devoie passer, segont ce qu'il
                            disoit, et segont ce que je disoie&#160;; ne le vost fere. Et sui prez
                            d'atandre le regart de la cort, et le recort, savoir se issit fut.</p>
                        <p>Cil respont que au recort ne se velt-il pas mestre, mès au défaut
                            respoigne. L'en demende qu'en dit droiz&#160;? Et droiz dit qu'il doit
                            respondre au défaut. Et de tel parole n'est bataille&#160;; ne nus ne
                            puet apeler de défaut sanz garant, et sanz nomer le jor.</p>
                        <p>Antant que qui apèle de défaut par soi et par garanz doit estre oïz, ne
                            barre que l'en mete encontre ne doit valoir. Et miauz est droiz que cil
                            prove qui demende, que cil à qui l'en demende&#160;: car l'en ne doit
                            pas négative prover, se l'en afirmative amplée<note>Le manuscrit
                                présente ici une rubrique&#160;: <emph>De la division de force et
                                    comment l'en en puet apeler</emph>. Cette rubrique se compose de
                                la répétition des § 1-2 du titre <hi rend="sc">xxiv</hi>, avec de
                                légères variantes déjà indiquées ci-dessus&#160;; nous avons cru
                                devoir l'omettre. A la fin de ce titre se trouvent quelques mots qui
                                paraissent se rapporter au présent titre <hi rend="sc"
                                >xxvii</hi>&#160;; nous les avons conservés ici pour les ajouter à
                                la matière qu'ils concernent dans le § 5.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Tot requer-ge aucun droit, s'il a mauvese barre, et sis aversères non
                            viant prandre, et let le jor passer&#160;: cil qui met la barre se
                            défaut.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_28">
                <front>
                    <head>XXVIII. De ardeors.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> L'en dit que qui art meson, qu'il doit estre livrez à mort&#160;; car li
                            cas d'ardoir est si griés que nus n'en doit estre esparniez, ne an vile
                            ne hors vile.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> An ville nus ne doit ardoir por nule guerre, se la guerre n'est tele que
                            droiz la doie soffrir&#160;; ne hors ville ausit.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Or demende l'en, se aucuns dit que l'en li aist arse sa meson, <pb
                                n="306"/>comment l'en ataindra celui qui l'en enpêchera&#160;? Et
                            l'en dit qu'il ne l'en puet ataindre fors par gage de bataille. Et l'en
                            puet aprover par soi sol, sanz garanz&#160;; ou autrement non, se li
                            deffenderres ne se consant an autres choses.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_29">
                <front>
                    <head>XXIX. Dedanz quel tens l'en doit respondre de forfet où a péril de
                        cors.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Uns hom se plaint et dit issint&#160;: Gaubert féri mon cosin dou costel
                            parmi le cors, dont il prist mort&#160;; et s'il viaut dire que ce ne
                            soit voirs si comme je di, je sui prez de mostrer et de l'avérer, si
                            comme je devrai, comme cil qui le sot de voir et de savoir. Gaubert
                            demende en quel tens ce fet fu fet. Et il dit qu'il a deus anz et plus.
                            Et Gaubert respont&#160;: Comme il soit teuz tant longuement de ceste
                            demende qu'il me fet, et demender puet, plus apert qu'il soit copables
                            de la mort celui que autres&#160;; par quoi je ne li en voil respondre,
                            se droiz n'est.</p>
                        <p>L'en demende qu'en dit droiz&#160;? Et l'en dit que l'en ne l'en
                            respondra pas, quant li anz et li jors est passez et l'en ne li a
                            demendé riens. Enprès tel tens, l'en ne li doit pas respondre&#160;;
                            quar il apert qu'il se consente plus au fet qui fu fez que cil à qui
                            l'en demende.</p>
                        <p>Enten que se aucuns demende à autre de murtre, de rat, de larrecin, de
                            traïson, d'omecide, de membre tolu, et li anz et li jorz passe avant
                            qu'il face sa demende, l'en ne doit pas estre oïz. Mès dedanz l'an et
                            dedanz le jor, l'en li en doit respondre.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_30">
                <front>
                    <head>XXX. De tens passé enprès petiz forfez<note><hi rend="sc">xxx</hi> Dans le
                            manuscrit, la première partie du titre <hi rend="sc">xxx</hi> forme le
                            dernier § du titre précédent. La rubrique <emph>de tens passé</emph>.
                            ... se trouve intercalée entre cette première partie et les mots
                                <emph>d'autres petiz forfez</emph>.... Les lignes qui suivent
                            présentent aussi une certaine confusion de la rubrique dans le texte.
                            Nous avons rétabli, dans les titres <hi rend="sc">xxx</hi> et <hi
                                rend="sc">XXXI</hi>, la disposition que semblait réclamer la nature
                            des matières.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De sanc, de chable, l'en ne respont pas puis que la plaie est guarie, et
                            de mahing, et de ceste loi qui est apelée bataille. D'autres petiz
                            forfez, puis que li anz passe.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_31">
                <pb n="307"/>
                <front>
                    <head>XXXI. De voer mesfere sanz plus fere.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Et se aucun voit aucun ocirre, et cil qui le voit ne liève le cri, et ne
                            fet son poer de prandre, ou murtrir, ou enblier, ou traïr aucun, ou fere
                            rat, ou membre tolir&#160;: qu'en sera&#160;? Et l'on dit qu'il sera en
                            la merci le roi. Car il apert, quant il ne fet son poer de prandre, ou
                            lever le cri, qu'il se consente ou ce que li fez soit fez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Or demende l'en en autres forfez, se je sui tenuz dou prandre, ou de
                            lever le cri&#160;? Et l'en dit que oïl, an roberie de chemin, ou
                            péçoiement de meson, et en tex quas pesanz, au quas don l'en puet perdre
                            vie ou membre. En autres quas l'en n'i est mie tenuz, fors en
                            lédissement dou roi ou de ses serjanz&#160;; car à cex je doi aidier en
                            bone foi.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_32">
                <front>
                    <head>XXXII. De quel cause l'en puet apeler home sanz voer et san savoir, fors
                        de dire, par bones proves&#160;; et à quex causes, non.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De quel cause l'en puet apeler home sanz voer et sanz savoir, fors d'oïr
                            dire, par bones proves&#160;; et en quex causes, non&#160;? En totes les
                            causes que l'en apelera home, autres que jostice, cil qui apèle doit
                            metre le voir et le savoir, fors an quas que nos an ostons, c'est à
                            savoir, murtres, traïson. L'en doit savoir larrecin trover sési&#160;;
                            et en autre cas non, fors aucun qui demende mobles ou héritages par la
                            reson d'eschaete&#160;: cil puet demender sanz voer&#160;; et s'il tret
                            garanz, la guarentie ne vaut riens, s'il n'i met le voir et le
                            savoir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A totes les foiz que aucun puet demender por la reson d'autrui, il n'i
                            metra mie voir ne savoir.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_33">
                <front>
                    <head>XXXIII. Quel serement l'en doit fere de bataille, ainz que l'en
                        fière.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> L'en doit fere en bataille trois seremenz, quant li garanz se
                            conbat&#160;; et quant li sires principaux se conbat, l'en n'en doit
                            fere que deus, ou quant sergant sont pris à gré.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="308"/>Le serement de trois s'il est tex, qu'il doit prandre son
                            conpoignon par la main senestre, et tendre la destre vers les sainz, et
                            dire issint&#160;: Ce oïz-tu, home que je par la main tieng, de ceste
                            querele, et de ceste loi que je ai vers toi, et tu vers moi, que je n'en
                            ai loier ne promesse, ne n'ataing à avoir, ne autre por moi, à mon
                            esciant, se Deux m'aïst et ses sainz.</p>
                        <p>Et li autres doit jurer en ceste forme meismes. C'est li premiers
                            seremenz que jurent cil qui ne sont pas par grié des parties.</p>
                        <p>Et cil qui se conbatent proprement por lor fet ne jurent pas cest premier
                            serement, mès il jurent les autre deus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Enprès, li segonz seremenz si est devisez en tel manière&#160;: Oïz-tu,
                            hom que je par la main tieng, de ceste querele, et de ceste loi que j'oi
                            vers toi, et tu vers moi, que je ne fet charoi ne sorcerie, ne autre por
                            moi, à mon esciant, que à toi nuise, ne à moi puisse aidier, se Dex
                            m'aïst et cil saint.</p>
                        <p>Et li autres doit jurer en ceste forme meismes.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Li derreniers seremenz si est en autre forme, qui n'i a point de
                            non-savoir, ne de non-esciant. En toz les seremenz, cil qui demende doit
                            jurer avant, et en ceste forme deviser&#160;: Oïz-tu, hom que je par la
                            main tieng, de ceste querele que je ai vers toi, et tu vers moi, que je
                            droit ai, et tu as or tort, si m'aïst Dex et cil saint.</p>
                        <p>Et li deffenderres si doit dire&#160;: Ce oïz-tu, home que je par la main
                            tieng, de ce serement que tu as ci juré, que tu parjures en ies, se Dex
                            m'aïst et cist saint.</p>
                        <p>Enten que cil qui est garanz ou avoez doit bien jurer qu'il riens n'a à
                            que l'en porte faus tesmoing por loier. Et si doit l'en miauz jurer
                            certains que non certains. Et dès iqui en avant, nus ne lor doit amender
                            ne enpirier lor armes, ne ansignemenz fere, ne parler à aus, fors de la
                            pez&#160;; ne ne doit l'en pas parler à aus, s'il n'i a bones genz, et
                            plusors.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_34">
                <front>
                    <head>XXXIV. De pez qui ne pot estre fete sanz jostice.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De fere pez de chose don plainte a esté à jostice, ou n'a esté jostice,
                            et ou a esté. — De murtre, de rat, de larrecin, d'omecide, de <pb
                                n="309"/>traïson, de membre tolu, nus n'en puet fere pez, puis que
                            la plainte a esté fete à jostice, se n'est par la volenté à la jostice,
                            qu'il ne remaigne en la merci le roi, et li demenderres et li
                            deffenderres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Et se aucuns, de ces six cas, fet amendes, ou petit ou grant, à celui
                            qui l'en a anpêchié, et il n'en fut plainte à jostice, puet-il amende
                            recevoir sanz la jostice&#160;? L'en dit que non. Car il ne convient pas
                            que si grant forfet soit celéement amendez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> En d'autres menuz forfez, comme de sanc, ou de chaable, ou de bufe, ou
                            de domages, se plainte en est fet, puisse (<emph>puis-je</emph>) prandre
                            l'amende sanz jotice&#160;? L'an dit que non. Et se plainte n'en est
                            fete, je puis prandre l'amende&#160;? L'en dit que oïl. Mès por ce ne
                            remaindra pas que la jotice ne l'en punisse.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> A totes les foiz que plainte est fete à jotice, l'en ne puet recevoir
                            satiffacion fors par la jostice, que par la satiffacion est coneu la
                            poine&#160;; ne nus ne puet fere amende de lédissement d'ome, comme de
                            combatre et de férir, de tote, de ravine, tot soi-il amendé sanz
                            jostice, que la jostice n'i ait s'amende.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_35">
                <front>
                    <head>XXXV. De chose que l'en entrace por emblée.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Se aucuns baille aucune chose en gages, et ele soit emblée&#160;; et cil
                            qui la chose est l'antierce por emblée, et meste quatre deners
                            d'entierz&#160;: il (<emph>l'</emph>) aura à proves de prodes homes, que
                            la chose fust soe.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Et se li autres dit que la chose li fust vendue, et que cil qui
                            l'antierce por emblée la li vendist, qu'an sera&#160;? En tex choses a
                            gage de larrecin.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Et se aucuns engage choses que l'en li ait prestées, li gages vaut. Et
                            s'il engage choses qu'il a toloistes, et ce soit seu, li gages ne vaut
                            riens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> A totes les foiz que chose est emblée ou toloiste, et ele est engagée,
                            li gages ne vaut riens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> A totes les foiz que chose est baillie en gages, qui est donée, ou
                            prestée, ou achetée, et la baille en gages&#160;: li gages tient.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Cil qui prant la chose qui est emblée en gages, perdra le gage, et jurra
                            sur sainz qu'il l'avoit prise en gages de léal home à son esciant. <pb
                                n="310"/>Et de tex choses puet nestre bataille, par celui qui
                            demende, et par garant&#160;; et autrement, non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Se université, qui n'a chief, vet forfere, chescuns l'amendera par
                            soi&#160;; car de ce il ne puent trere avoié ne garant. Mès s'il ont
                            chief, comme seignor, ou baillif, ou prévost, qui les conduist et
                            moine&#160;: il les guarentira toz, se il ne passent mesure de
                            commandement.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_36">
                <front>
                    <head>XXXVI. De traire avoié, et de garanz.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Un home dit issit&#160;: Par moi et par garanz, vez-le-ci&#160;; et s'il
                            ne dit issit&#160;: Et se jor n'i a de cestui, par autre qui fere le
                            porra et devra &#160;; et il trée son garant, et il li soit refusez,
                            porra-il recovrer à amener garanz&#160;? L'en dit que oïl. Et toz jorz
                            die cest most, toz jorz porra recouvoir à amener garanz, jà tant ne li
                            en refusera l'en.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> L'en doit avoir garanz tantost comme l'en l'offre. Mès d'Orliens, non,
                            par la chartre le Roi, qui dit que, se aucuns n'a son garant au premer
                            jor qu'il li sera nomez, por ce ne perde pas sa cause.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> En cause don home doit estre dampnez, li moz ne vaut riens&#160;:
                            «&#160;si jor n'i a de cestui,&#160;» ne ne doit avoir jor dou traire,
                            ançois l'en doit traire tantost et sanz jor. Et s'il est refusez par
                            droite cause, il pert sa querele.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> L'en ne puet bataille tenir ou tens que l'en ne fet noces (et cist tens
                            est apelez <emph>les lois</emph>), se n'est de murtre, de rat, de
                            larrecin, de traïsson, d'omecide&#160;; et de toz ces cinq cas puet l'en
                            tenir bataille en toz tens.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_37">
                <front>
                    <head>XXXVII. De forbannissemenz, et comment l'en doit forbannir<note>Voy. plus
                            haut, liv. III, tit.<hi rend="sc">vi</hi>, le même texte avec quelques
                            variantes.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Ceste cause est pour bien establie, et pour punir cex qui meffont&#160;;
                            car se aucuns a meffet, et il s'enfuie, por ce ne le doit l'en pas
                            lessier en pez&#160;; car qui lerroit en pez icestes genz, les autres
                            genz auroient matire de forfere. Si doit l'en regarder segont reson,
                            comment <pb n="311"/>l'en en doit ovrer de cex qui s'enfuient por le
                            forfet. Or doit l'en regarder por quel cas l'en doit home forbenir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Se aucuns doit, et il ne puet paier, ou ait assez et ne viaut paier, et
                            s'anfuit, l'en demande se l'en le doit forbenir&#160;? Et l'en dit que
                            non, segont droit. Et segont la costume d'Orliens, s'il n'a riens et
                            s'il ne puet paier, il aura terme jusque quarante jorz de soi
                            poier&#160;; et au terme, s'il ne se puet poier, il forjurra la ville
                            jusqu'il se puisse poier. Et s'il a héritages, il aura licence de
                            quarante jorz de vendre&#160;; et s'il n'a vendu dedanz ce, et ne se
                            soit poiez, la jostice vendra ou ele contraindra à vendre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> La costume de l'Ostel le Roi n'est pas tele, ainçois est itele que qui
                            n'a riens, riens ne li chiet&#160;; eisint que cil qui ne se puet paier,
                            jurra sur seinz que au plus tost que il porra et aura poer de soi
                            aquitier, qu'il s'aquitera.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> L'en demende, por férir home, ou por lédir de paroles, ou fere sanc ou
                            chaable, sanz mort et sanz mehaing, et il s'enfuit, se l'en doit
                            forbenir&#160;? Et l'en dit que non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Anprès demande l'en, se l'en li met sus murtre, ou larrecin, ou rat, ou
                            homecide, ou membre tolu, ou roberie, ou s'il a pris de l'autrui à
                            force, ou s'il ne vient avant por doner trives, et il s'enfuit, savoir
                            se l'en le doit forbenir&#160;? Et l'en dit que oïl&#160;; car tel chose
                            apartient à dampnement de cors, et péril de perdurable salu.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Or demande l'en, se aucuns fet guerre que droit ne puisse sofrir, et ne
                            viaut venir avant por fere droit, se l'en le doit forbenir&#160;? Et
                            l'en dit que oïl, por le péril de la guerre, por le gastement des biens
                            desus terre, et por l'ocision des genz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Nus ne doit estre forbeniz par son don, ne guerpir son païs.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> Or est à savoir comment l'en doit forbennir, et en quel tens, et combien
                            de tens l'en se doit soffrir enprès plainte, et enprès ce que l'en
                            l'aura sopecenos dou fet.</p>
                        <p>Prumièrement, l'en le doit fere semondre en son ostel, et s'il n'a ostel,
                            là où l'en cuidera qu'il repère plus&#160;; et s'il ne viant, l'en doit
                            prandre le sien, et doit estre en la main au juige. Et se aucuns
                            l'aqueut de resonable essoine, recroira l'en la soe chose&#160;? Et l'en
                            dit que oïl, à son ami, por qu'il praigne en main qu'il ne mesfce, et
                            qu'il <pb n="312"/>vendra à jor por soffrir droit&#160;; autrement non.
                            Et si li copables vient por droit soffrir, est ce que l'en a pris dou
                            sien quite sanz recréance&#160;? L'en dit que oïl, ançois qu'il
                            repoingne.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p> Ce dit l'en, que avant que homme soit forbeniz, que l'en le doit fere
                            semondre par trois jorz, chascuns de huit jorz&#160;; et s'il ne vient
                            dedanz, l'en doit mander de ses amis procheins, et dire lor qui ait à un
                            jor. Et se l'en l'aqueut cortoisement d'asoine, l'en le doit oïr&#160;;
                            se non, l'en doit lessier passer, qu'avant qu'après le tens de quarante
                            jorz, et dedanz ce, s'il ne vient, l'en doit forbenir. Et s'il est pris
                            enprès, en la fuite dou forbenissement, il est dampnez dou fet.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p> Ce dit l'en que se aucuns est forbeniz, enprès quarante jorz est
                            forbeniz&#160;; et il vient avant dedanz les trois procheines asises, et
                            fet de ses essoines ce qu'il doit, et voille soffrir droit&#160;: l'en
                            le recevra. Et s'il ne vient dedanz les trois assisses, il sera dampnez
                            dou fet que l'en li mestra sus.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p> Et se aucuns fet apertement fet devant le pueple, et se destorne, et par
                            malice ne viaut venir avant, aura-il le terme de quarante jorz, ne de
                            trois assisses&#160;? L'en dit qu'il n'aura pas terme qu'il ne soit
                            forbenniz &#160;; mès il aura le terme de la dampnacion, c'est assavoir
                            de trois assisses, que l'en doit molt soffrir et atandre, avant que home
                            soit livrez à mort&#160;; car molt a grant chose à desfere ce que Dex a
                            fet, et à fere ce qu'il ne velt fere.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p>
                            <ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/6">Gefroi de la
                                Chapele</ref> (<emph>dist</emph>) que li baillis de Orliens fist un
                            home forbannir por cri et por renomée, que il disoit que il avoit ocis
                            un home. Et fut semons en sa meson de par le commandement le roi, par
                            l'espace de quarante jorz&#160;; ne vint, ne n'envoia, ne ne
                            contremanda, et por ce fust forbenniz, et soffri le forbennissement,
                            sanz venir avant cinquante anz, ne sanz ce que jostice l'en requist.
                            Enprès il vient à l'évesque d'Orliens, et dit qu'il estoit de sa
                            jostice, et cochanz et levanz en sa terre, et voirs ere. Li évesques
                            fist son poer de rapeler le forbannissement. Et dona droiz qu'il ne sera
                            pas rapelez por ceu que il n'estoit pas venuz avant por allégier son
                            priviliége, ne jostice ne l'avoit pas requis&#160;; et fut renduz à
                            l'évesque ou point où il ere. Li évesques le fist juigier&#160;; et dona
                            droit qu'il fust panduz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_38">
                <pb n="313"/>
                <front>
                    <head>XXXVIII. Comment l'en puet home apeler de plévine.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Plévine si est quant aucuns dit tex paroles&#160;: Je doi à P. vingt
                            livres, à paier à tel jor&#160;; si vos pri, G., que vos me plévissiez.
                            P. dit&#160;: G., plévissiez-vos ceste home de vingt livres qu'il me
                            doit&#160;? Et G. dit&#160;: Oïl, s'il m'i met. — Et je vos i met. — Et
                            ge i antre. — Et ge reçoif.</p>
                        <p>Enprès, l'en dit&#160;: quant li termes est passez, P. doit vanter
                                (<emph>nanter</emph>) son plége et prandre dou suen. Et se l'en
                            demande le suen à recroire, l'en le doit avoir jusqu'à ès nuiz, et as
                            nuiz l'en doit fere valoir le gage la dete. Et celui gage il doit
                            garder, s'il velt&#160;; et s'il ne le rant, il le puet vendre et offrir
                            à celui qui il est, por tant comme il en puet avoir. Et s'il ne le velt
                            prandre, la vente est ferme.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hons dit issi&#160;: G. est mis pléges por vingt livres de parisis
                            que Estiennre me devoit de deus dras verz. Je li ai requis qu'il me
                            ballast ses nanz, car termes est passez&#160;; ne le vost fere&#160;; si
                            m'en plaing&#160;: car s'il viout dire que ce ne soit voirs, je sui prez
                            de mostrer et de l'avérer par moi et par garanz, qui en fera ce qu'il
                            devra.</p>
                        <p>Li guaranz vet avant, et tant son gage. G. fet encontre tel ni et tel
                            deffansse comme il doit, et met ce en ni.</p>
                        <p>L'en demande qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont que G. est loisanz de
                            prendre la prove de lui et de son garant, et de quenoistre que c'est
                            voir, ou d'escondire par gage de bataille.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> En plévine a bataille quant a passé cinq sols&#160;; ne l'en ne puet
                            apeler sanz garanz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_39">
                <front>
                    <head>XXXIX. De lédissemenz fez à sergenz et de forfez de celui qui est atornez
                        au sergent le roi.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> L'en dit ci, que se aucuns équeut à sergant le roi, savoir comment il en
                            sera provez, et il preigne par prise de sergenterie&#160;?</p>
                        <p>Et l'en respont qu'il en fera enquerre de la chose, et sera amendé par
                            l'enqueste. Et s'il prant por soi, il ne puet fere, s'il n'a propre
                            juridiction de seignorie. Et s'il n'a poer ne de semonses ne de prises,
                            il ne puet prendre fors en la chose où costume le sueffre, comme en son
                            plége, et an aucunes autres choses.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p><pb n="314"/>Et se l'en le fiert et bat, comme en prison, por acheson dou
                            servise, ce ira par enqueste. Et se l'en li fet désavenant sanz acheson
                            dou servise, ce doit aler par la loi de la terre&#160;; fors en cex,
                            c'est à savoir murtre, larrecin, traïson, homecide, membre tolu,
                            rat.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Et en toz les quas où home pert vie et membre, en tel quas n'a point
                            d'enqueste, fors la loi dou païs.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_40">
                <front>
                    <head>XL. Quex choses sont essoines, et comment l'en se doit essoiner.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> D'essoines, et quex choses sont essoines. — L'en demande&#160;: se
                            aucuns vient à son jor, et an ce li ponz rompe, et il ne puet trover
                            navie, savoir se c'est esoines&#160;? Et l'en dit que oïl.</p>
                        <p>Et se li ponz rompi ainçois que il poist trover passaige aillors, l'en
                            demende se c'est essoines&#160;? Et l'en dit que non.</p>
                        <p>Et se tempeste le prant antre voies, qui le tormente si qu'il ne puisse
                            aler à son jor&#160;: c'est essoines.</p>
                        <p>Et se sa fame est morte, et de son fiz, et de sa fille, et de son
                            frère&#160;; et se fex art sa meson&#160;: c'est essoines&#160;; se li
                            forfez dure ou tens de l'alie&#160;; car il doit sa meson escorre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> S'il est pris de guerre, s'il est de contanz hors de trives, et il n'i
                            ose aler por le péril de ses ennemis&#160;: cex choses sont essoines
                            d'aler en commune besoigne por le commun profit prise de seignor.</p>
                        <p>Unes autres essoines sunt por quoi hom ne se doit pas combatre, mès il
                            doit metre deffendeor por soi&#160;: comme se aucuns n'a que un pié et
                            une main, ou ait aucun membre perdu, par quoi hons ait perdu de sa
                            vertu&#160;: maladie aparissant et non aparissant&#160;; et cele qui
                            n'est pas aparissant doit estre provée par trois tesmoinz, et par
                            serement, de voir et de savoir. Et totes ces choses sunt essoines en
                            aucuns quas&#160;; et en aucuns cas nule essoine n'est receue, s'ele
                            n'est aparissant.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_41">
                <front>
                    <head>XLI. D'apeler home de fet que autrui conoist qu'il a fet.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Pierres apèle Johen de la mort son frère. Au demoinement dou plet, uns
                            est pris et conoist qu'il a mort son frère, et en est penduz. <pb
                                n="315"/>L'en demande se Johanz est délivres de la demande que
                            Pierres li fet&#160;? Et l'en dit que oïl.</p>
                        <p>Et s'il eust issit dit, qu'il eust esté en la force et en l'aide, que ses
                            frères prist mort, et li autres eust queneu le fet, en fust-il délivres
                            &#160;? Et l'en dit que non.</p>
                        <p>Et eust-il en tel chose bataille&#160;? L'en dit que non&#160;; et
                            encontre totes proves, et contre toz garanz, n'i eust que le serement
                            Johen.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> A totes les foiz que hons conoist chose don ses cors soit livrez à mort,
                            il délivre totes autres genz de celui fet, fors en ce&#160;: qui en sera
                            sopeceneus, bien se doit escuser de tel fet que il n'en soit
                            copables.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> A totes les foiz que home conoist qu'il a fet fet don ses cors soit
                            dampnez, et l'en demande à autre celui fet, il est délivres. Mès se l'en
                            li mest sus qu'il fust en force et an l'aide consentierres, il n'en est
                            pas délivres, ainz s'en doit espurgier.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Et se ge di que aucuns tiegne la moe chose, et aucuns viegne avant qui
                            conoisse qui la tiegne, et il n'ait le vaillant de la chose, sera-il
                            délivres par tel garant&#160;? L'en dit que non. Et s'il a le vaillant
                            et plus, l'en dit que oïl, par coi il conoisse qu'il la prist en la
                            forme que je la demant à celui.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Et se celui qui connoît qui tient ma chose, est de la jostice à autre
                            que de cele à cui je demanderé celui, por ce n'est-il pas qu'il ne soit
                            de la jostice à celui en quel cort il conoistra le fet.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Et se aucuns est sesiz de la moie chose, et je li demant comme à celui
                            qui la prist, et il amoine garanz qu'il prist cele chose, et qu'il la li
                            bailla&#160;: cil qui amoine le garant est délivres, se li garanz est
                            soffissanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Et se aucuns m'a vendu aucune chose, et aucuns la m'empeeche, tréré-je
                            garanz celui qui la m'a vendue, ou se je me deffendré&#160;? L'en dit
                            que je puis fere lequel que je vodrai.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_42">
                <front>
                    <head>XLII. De contremander son jor.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> L'an dit que home puet contremander son jor por essoine, issint qu'il le
                            doit fere, à savoir avant le jor à la jostice, et le doit fere savoir
                            avant le jor à son aversaire, si que li juiges et li averseres ne <pb
                                n="316"/>perdent lor besoignes à fere. Et cest contremant doit fere
                            à un jor, qu'il nommera, segont ce qu'il aura essoine. À celui jor, il
                            jure sor sainz qu'il avoit essoine droite et loiaus, por quoi il ne puet
                            aler à ce jor, ne à autre, et nonmera quel essoine. Et se sis essoines
                            dure plus qu'à celui jor qu'il aura mandé, il puet contremander trois
                            foiz. Et se s'essoines dure plus que ses trois contremanz montent, il
                            contremandera son jor, et durera cil contremanz quarante jorz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Et dedanz les quarante jorz, s'il ne viant ou n'anvoie por fere ce qu'il
                            devra, l'en metra son aversere en sesine, non mie en vroie, mès por la
                            chose garder. Et s'il ne vient dedanz les trois assisses et dedanz le
                            quarenteine jor, il sera en veroie sesine. Et dedanz ce, s'il repère por
                            fere ce qu'il devra, il jurra le serement que nos avons devant
                            dit&#160;; et enprès les trois essoines, s'il poet mostrer léal essoine
                            qu'il n'i poet venir, ne envoier, ce l'acuseroit
                                (<emph>l'excuseroit</emph>).</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_43">
                <front>
                    <head>XLIII. Quant sires demande à son sogiet qu'il n'est pas venuz à son
                        jor.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Quant sires demande à son home, qui a esté semons, de venir à jor devant
                            lui, et il li a nié qu'il ne fu pas semons&#160;: ci n'a que enqueste,
                            prove, isint qu'il jurra sor sainz, qu'il n'i fust pas semons, non pas
                            qu'il ne sot pas la semonse&#160;; et par tant s'en passera.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Se ban est criée, ci n'a que serement, qu'il ne le sot, ne ne li fut
                            dit.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Se li sires met sus que l'en s'en soit alé sanz congié, ci n'a que
                            serement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> En ban d'ost a plus que serement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Se sires met sus à home, qu'il ait fet en l'éritage sur son
                            défans&#160;: ci n'a que serement. Et se l'en met sus à aucun, qu'il ait
                            fet sus deffensse, et trois foiz le jurt, en sera-il à l'autre foiz
                            quites à son serement&#160;? L'en dit que non, ançois ira par enqueste,
                            car issint ne seroit jamès deffensse gardée.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> A totes les foiz que jostice met sus mise à home de tex quas et d'autres
                            cas senblables, il s'en passe trois foiz par son serement, et la quarte
                            non, ainz ira par enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p><pb n="317"/>A totes les foiz que sires metra sus à son sogiet, li sogiez
                            doit offrir ou deffandre qu'il ne l'a pas fet, ou amender.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_44">
                <front>
                    <head>XLIV. De quex choses l'en se doit metre en enqueste, et quele cort a
                        recors.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> De quex choses l'en se doit mestre en anqueste, et quel cort a recors. —
                                <ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johanz
                                de Beaumont</ref> dit&#160;: Chamberiers de France si esgarda que
                            l'en doit molt eschiver batailles, et que l'en doit mestre fin ès
                            plez&#160;; si esgarda un droit qui est communs à toz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Se li rois demande riens à aucun, muebles ne héritages, que l'en ait
                            pris sor lui, ou que l'en li doie, il gaagne par enqueste ou pert.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Se aucuns bat ou fiert sergent le roi, par acheson dou servise, ce n'est
                            pas par (<emph>ce vet par&#160;?</emph>) l'enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Nus ne se doit metre en enqueste de ses membres.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Esqeuse de sergant vet par enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Se aucuns se plaint que l'en l'ait désesi, ou demande la sesine son
                            père, et li tens que tenue vaut ne soit passez, ce rest
                                (<emph>vet</emph>) par enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Se aucuns estranges prent un prison le roi, qu'il aura pris, avoques
                            autres choses qui sunt le roi, et l'en la li tost&#160;: s'est seu par
                            enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> Se l'en fet injure à une poure persone, qui ne puet son droit
                            porchacier, ne par soi, ne par son avoir, ne par ses amis&#160;: tel
                            chose doit aler par enqueste&#160;; car l'en ne sueffre pas que les
                            choses à tel périssent qui n'a poer. Et s'il demande forfet don cors
                            doie périr, ci n'a point d'enqueste, fors issit que li rois doit mestre
                            an poinne de pénitence et d'avoir, à sa volenté.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p> De totes les choses qui sunt déterminées par juigement, et li juigemenz
                            est niez, ce vet par enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p> Se mise est fete, et partie en soit niée, ce vet par enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p> Qui fet chevauchées par armes, et prant, et péçae, ce vet par
                            enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p> Li rois puet fere par inquisicion de mauvese renomée, issint de cex qui
                            tiennent les bordeaus, de robeors, de péceors. de mellis, <pb n="318"
                            />et de cex qui sunt costumiers de fere autres injures&#160;; et de
                            mestre en poines à sa volenté, sanz dampnement de cors&#160;; car bone
                            foi ne suefre pas&#160;: se aucuns est cremuz par sa cruauté ou par son
                            ostrage, por ce ne doit pas remanoir que l'en ne preigne vengance&#160;;
                            par deus resons doit l'en ce fere...</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 13.</head>
                        <p> Cil doit fere enqueste qui la siet fere&#160;; et doit l'en demander sor
                            toz les articles de la querele, et ne puet l'en riens dire contre les
                            tesmoinz là présens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 14.</head>
                        <p> Genz qui sont pris à présan forfet, et amené présantement à jotice, vet
                            par enqueste, s'il le nie... Por ce que malice ne croisse, et por ce que
                            l'en doit vengier les torfez que l'en fet à esciant<note>Les mots
                                    <emph>Por ce que..... à esciant</emph>, semblent devoir être
                                rapportés à la fin du § 12 ci-dessus.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 15.</head>
                        <p> Or demande l'en, se de tel chose puet nestre bataille&#160;? Et l'en dit
                            que non&#160;; car quant li principaus vet par anqueste, ce qui en sit
                            et qui est joint, doit aler par enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 16.</head>
                        <p> L'an dit ci&#160;: Bone cort doit avoir recort. Recort si est à savoir
                            les paroles qui sunt dites devant le juige, quant eles sunt niées.
                            Recort n'est mie solemant sur la jostice, mès sor cex qui sunt au
                            juigement, en l'ore où la parole est dite don est li contenz. Et recort
                            doit estre en bones gens, tex qui soient créables de la querele.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_45">
                <front>
                    <head>XLV. Des forfez que li rois met sus ses sogiez.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Li rois met sus à un home que il a ocis un autre&#160;; si vuelt qu'il
                            soit puniz. A ce il respont&#160;: Comme nus riens ne me demande, fors
                            vos qui estes jostice, je ne vos en respondré, se droiz n'est, comme
                            l'en ne doie pas respondre à tel fet, quant nus ne s'en plaint fors
                            vos.</p>
                        <p>L'en demande qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont&#160;: Comme tex hom
                            com li morz ait enfanz, ou nevoz ou paranz prucheins, et aient poer de
                            vengier leur ami, la demande est leur, non pas au seigneur&#160;; mès se
                            li hons, ou la feme qui ocise sera, n'a paranz ne ami qui l'en puisse
                            vengier, li rois puet demander et metre en poine, c'est, segont ce qu'il
                            aprandra, son dampnement dou cors.</p>
                        <p><pb n="319"/>Enten que nus n'est dampnez par enqueste, se il ne s'i met.
                            Et li rois doit fere amender toz les torzfez de sa terre, por ce que
                            l'en n'ait matière de fere torzfez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Li rois demande à Pierre qui a batu G., s'il viaut qu'il li
                            amende&#160;; ou qui li a tolu le sien, ou décirié sa robe, ou fet
                            domage de ses biens, ou batu dedanz jor, ou batu en la voie de la cort.
                            L'en demande se l'en li respondra, quant cil ne se plaint&#160;? L'en
                            dit que non, puisque cil est en vie, à qui l'en dit que li forfez fu
                            fez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Li rois met sus à un home que il ne fu pas à son jor&#160;; si velt
                            qu'il l'ament&#160;; ou qui ne fu pas au larron pandre où il devoit
                            aler&#160;; ou qu'il ne fut mie au guet où il fut semons&#160;: et l'en
                            respont que li rois aura sa prove, qu'il ne fu pas semons&#160;; ou il
                            sera défaillanz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Li rois met sus à un home que il ne ala pas en l'ost où il devoit
                            aler&#160;; il dit que il fut&#160;; (<emph>ou</emph>) qui s'en vint
                            sanz congié. Et l'en dit que tex chose doit aler en enqueste.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Li rois dit à un home qu'il emporte le droit de sa cort. Et tel chose
                            doit aler par le recort de sa cort.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Quant sires praut de son sogiet par aucun cas, et il i afiert recréance,
                            li sires doit recroire, et li sogiez doit paier les despans, se despans
                            i a por la prise, juque la querele soit déterminée. Et se li sires a
                            tort, il doit paier les despans et les domages.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_46">
                <front>
                    <head>XLVI. Quex choses portent recréance, et quex non.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Quex choses portent recréance et quel non. — Recréance si fut por molt
                            grant bien establie, por ce que cil qui prennent les choses as genz sanz
                            jotice, n'an fusent en sesine, jusque l'en seust la vérité de la
                            chose.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns hom me doit deniers&#160;; je praing dou sien, porce que li termes
                            est passés&#160;; il requiert au prévost que il li face sa chose rendre
                            ou recroire&#160;: et l'en dit que tel chose porte rendre, non
                            recroire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Je praing de mon pleige&#160;; il requiert estre establiz en sa
                            chose&#160;: l'en dit que l'en li doit recroire.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Qui prant an son forfet, tel chose porte recréance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p><pb n="320"/>A totes les foiz que aucuns prendra sanz ce qu'il soit
                            coneuz de la chose, et qu'ele soit déterminée........</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Ausit est del juige, s'il prant la moie chose, fors en la chose
                            juigée.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Issint, se aucune chose est ajuigie moie, tel chose ne porte pas
                            recréance.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_47">
                <front>
                    <head>XLVII. Quex choses l'en puet prandre sans jostice, et quel non.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Quel chose l'en puet prandre sanz jostice, et quel non. — Je puis
                            prandre de mon plége sanz jotice, segont le droit que l'en use en mainz
                            poïs.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Se beste à quatre piez me domage, ou oisel privé, et je le trueve
                            présentement, je puis prandre la beste et l'oissel por mon domage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> La chose que li ons aura sor soi, puis-je prandre por mon domage, ou
                            l'ome prandre ou amener à la jostice. Et s'il n'en sont pris en présant,
                            non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Et se aucuns te doit deniers, puez-tu prandre le sien&#160;? Non, tot
                            soit li termes passez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Et se aucuns a acheté de mes danrées, et eles soient mesurées en la
                            place, comme vin, uille ou tel marcheandie que l'en ne puet reprandre
                            arrières sanz grant empirement, puis-je prandre le sien, s'il ne viaut
                            paier&#160;? L'en dit que oïl, et celes choses qui sont iqui présentes
                            por acheson de la marcheandisse&#160;; autrement non.</p>
                        <p>Et se la marcheandisse s'en est alée sanz mon congié, et il ne me voille
                            poïer, puis-je la siure et prandre&#160;? L'en dit que non sanz
                            jostice.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Ne l'en ne puet cors d'ome prandre por forfet, tant com sa chose vaut le
                            forfet.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Je puis prandre larron, omecide, murtrier, robeor, raviseor de fames,
                            péceor de chemins, forbenniz&#160;; mès quant les aurai pris, je les doi
                            mener à lor jostice.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_48">
                <pb n="321"/>
                <front>
                    <head>XLVIII. Se home ou beste a quatre piez fet domage.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Se home ou beste à quatre piez fet domage, premièrement l'en doit savoir
                            la manière comment l'en fet domage&#160;; se l'en le fet à esciant, ou
                            sanz esciant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Uns fet sa meson lez la moie, et fet un célier, et ne me semont pas que
                            j'apoie ma meson, et par le croiz, ma meson font&#160;: amendera-il ma
                            meson &#160;? Et l'en dit qu'il a devision en tel chose&#160;; car se il
                            fist sa meson si comme il la dut fere, et li autres le sot, et il ne
                            vost apoier sa meson &#160;: s'il i ot domage, siens set, et se issit
                            foloie, que sis voisins riens n'en sot, et fist ce celéement&#160;: il
                            est aparissant qu'il vost le domage, et il est tenuz, quant il garder
                            l'an pot por fere li savoir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p> Et se il a sa pile en sa meson à batre tan, et mis vins en torne, et mis
                            murs en dépièce, et mes autres choses en périssent&#160;: amendera-le
                            m'il&#160;? Se ta chose qui ne puet estre remuée en périst, comme meson
                            et adefice, il amendera. Et la chose qui puet estre remuée, comme vin et
                            blé, et oille, en tel chose il n'est pas tenuz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p> Et s'il prant mon vin à mener, et mis vins s'en vet,
                            amendera-le-il&#160;? Se la cherrete versse, ou se li fonz do tonel
                            s'envole par trop aler d'aïr, il le m'amendera&#160;; mès s'il vet si
                            comme prodome doit alier, et fet ce que prodome doit fere, il n'i est
                            mie tenuz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p> Et se aucuns se fet mestres d'afetier ma chose, et no (<emph>sache
                                &#160;?</emph>) sa chose fere, et je i aie domage, il m'amendera le
                            domage que je i auré.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 6.</head>
                        <p> Et se aucuns me fet domage non à esciant, il le m'amendera en la forme
                            davant dite&#160;; car tel chose pas por oster acheson que l'en ne face
                            domage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 7.</head>
                        <p> Et se tu fés une fosse en ta place, qui n'est pas close, et ma beste i
                            chiée, i es-tu tenuz&#160;? Et l'en respont&#160;: Se la place est huée
                            à aler, tu i es tenuz&#160;; et se non, non&#160;; jà soit ce que l'en
                            demende que l'en doit clorre tel chose.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 8.</head>
                        <p> Et se ma cherrete est à une part de la voie, et tu la brises à ta <pb
                                n="322"/>cherrete, cil i est tenuz, se il le puet achever
                                (<emph>esquiver</emph>)&#160;; car tot ai-ge enpétrée la voie, tu
                            n'en dois pas prendre vengance.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 9.</head>
                        <p> Et se mis chevaus vet la voie, et je sui desus, et nos aillem si com
                            l'en doit aler, et li chevaus tut ou mehaingt un home, i sui-je
                            tenuz&#160;? non, mès li chevaus&#160;; mès se tu aloies désordenéement,
                            et an ce fust fet, tu seroies tenuz&#160;; car il seroit aparissant
                            qu'il seroit fet par ton ostrage.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 10.</head>
                        <p> Et se ton cheval ou ta beste, ton buef, ta vaiche, tes truies, me font
                            domage, i es-tu tenuz&#160;? Nenil, s'a ne l'a fet par ma négligence ou
                            par mauvèse garde&#160;; mès la beste i est tenue&#160;; car l'en doit
                            bien garder tex bestes, qui sont truies, et metre i grant diligence.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 11.</head>
                        <p> A totes les foiz que beste en quatre piez fet dommage, ou oissel privé,
                            an issant hors, de ce, qu'an doit fere sanz la cope son seignor&#160;?
                            La beste ou li oisiaus privez i sont tenuz&#160;; et se la colpe au
                            seignor passe le quas, li sires i est tenuz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 12.</head>
                        <p> Et se ge me plaing de mon domage, et il me soit niez, et veue en soit,
                            et je l'ofre à prover par moi et par garanz, en seré-je oïz&#160;? Et
                            l'en dit que oïl, en tex choses jà, et en tex, non&#160;: non à forfez
                            que ne sont pas movables, comme adefices, et quant l'en fet rafos par
                            quoi ele chiée &#160;; et en tel chose n'a que la prove à l'oil&#160;;
                            an autres choses, comme à prandre et ravir choses, en tex choses puet
                            avoir batailles, quant tel mot i sont mis par quoi bataille i soit.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_49">
                <front>
                    <head>XLIX. De maus renomez<note>Voy. Dig. lib. 3, tit. 2, § 1, frag. 1&#160;;
                                <emph>De his qui notantur infamia.</emph></note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p> Les paroles <ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3"
                                >Johan de Beaumont</ref> sont teles&#160;:</p>
                        <p>Cil est mal renomez, qui pour aucune mauvesté s'en vint de l'ost le roi
                            &#160;;</p>
                        <p>Et li bordelier, et li larron, et li toleor, et li tricheor&#160;;</p>
                        <p>Et cil qui ovrent de boisdie&#160;;</p>
                        <p>Et cex qui ovrent mauvèsement de bail&#160;;</p>
                        <p>Et feme qui prant home que ses sires het de mort, segont droit&#160;;</p>
                        <p><pb n="323"/>Baillif qui fet tot (<emph>tort</emph>) apenséement, et qui
                            prant loer por droit fere, et baillif qui est hors de baillie par son
                            forfet&#160;;</p>
                        <p>Cil qui ovre de son privilége fausement&#160;;</p>
                        <p>Chevaliers qui est désordrenz&#160;;</p>
                        <p>Avotres et avotresse&#160;;</p>
                        <p>Truanz, travailleors de genz à cort&#160;;</p>
                        <p>Cil qui traïst celui à cui il doit aidier&#160;;</p>
                        <p>Omecide, traïtor, murtrier, aforceors de femes&#160;;</p>
                        <p>Qui tost membre, qui fet sanc et chaable&#160;;</p>
                        <p>Procurator, curator, tutor, avoquat, s'il ne font en la chose ce que il
                            doivent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p> Sont mau renommé&#160;:</p>
                        <p>Cil qui demende chose que l'en ne li doit mie, parjur,
                            foi-mentie&#160;;</p>
                        <p>Et cil qui prant feme mariée par tricherie&#160;;</p>
                        <p>Fille ou filz qui est ou poer son père, et se marie sanz son
                            congié&#160;;</p>
                        <p>Cil qui prant la feme à autre&#160;;</p>
                        <p>Arbitre qui prant loer&#160;;</p>
                        <p>Cele est mau renomée qui fet son mari de celui qui ne l'est
                            pas&#160;;</p>
                        <p>Qui decet l'éguiée en (est) maux renomez&#160;;</p>
                        <p>Faus témoinz maux renomez.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
