<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:id="livre3">
	<teiHeader>
		<fileDesc>
			<titleStmt>
				<title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
				<principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
				<funder>École nationale des chartes</funder>
				<respStmt>
					<name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
					<resp>2015 - édition électronique</resp>
				</respStmt>
			</titleStmt>
			<editionStmt n="1">
				<p>2015, première édition électronique</p>
			</editionStmt>
			<extent/>
			<publicationStmt>
				<publisher>École nationale des chartes</publisher>
				<address>
					<addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
					<addrLine>75002 Paris</addrLine>
					<addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
					<addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
					<addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
				</address>
				<idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
				<date>2015</date>
				<availability status="restricted">
					<p>L'École nationale des chartes met à disposition cette ressource électronique
						structurée, protégée par le code de la propriété intellectuelle sur les
						bases de données (L341-1), selon les termes de la licence Creative
						Commons&#160;: «&#160; Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de
						Modification&#160;; 2.0 France&#160;». Cette licence est disponible en ligne
						http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/ ou par courrier postal
						à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, California
						94105, USA.</p>
					<p>Pas d'Utilisation Commerciale&#160;: L'École nationale des chartes souhaite
						encourager l'utilisation et l'amélioration de ses ressources électroniques,
						pour les intérêts de l'enseignement et de la recherche. Toute autorisation
						au-delà du champ de cette licence doit être obtenue auprès de l'École
						nationale des chartes.</p>
					<p>Pas de Modification&#160;: Afin de mieux servir la communauté scientifique,
						l'École nationale des chartes s'engage à conserver et à toujours offrir
						publiquement la version la plus à jour de ses ressources électroniques par
						une URI pérenne. Elle s'engage à les corriger et à les améliorer, à intégrer
						les contributions qui lui sont soumises (après validation par un comité
						scientifique), et à référencer l'origine de ces contributions. Toute
						modification de la ressource qui ne serait pas reversée à la version de
						référence sous l'autorité éditoriale de l'École nationale des chartes doit
						faire l'objet de l'accord de celle-ci, afin de ne pas disperser les
						contributions et de permettre les meilleures conditions possibles de
						collaboration scientifique.</p>
					<p>Paternité&#160;: l'École nationale des chartes demande à ce que toute
						publication dérivée de ses ressources électroniques comporte&#160;: 1) le
						nom de l'École nationale des chartes et, pour les publications
						électroniques, son logo 2) l'URI permettant d'accéder à la page citée sur
						notre site, ou à la page d'accueil de la ressource 3) la date du fichier
						source utilisé.</p>
					<p>Tout litige soulevé par le non respect des termes de cette licence sera
						soumis à la juridiction des tribunaux de Paris.</p>
				</availability>
			</publicationStmt>
			<seriesStmt>
				<title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
				<idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
				<idno type="vol"/>
			</seriesStmt>
			<sourceDesc>
				<bibl>
					<abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
					<title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
						manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
						glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
					<pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
						when="1850">1850</date>
				</bibl>
			</sourceDesc>
		</fileDesc>
		<encodingDesc>
			<projectDesc>
				<p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
					telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
					précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
			</projectDesc>
		</encodingDesc>
		<revisionDesc>
			<change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
			<change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
		</revisionDesc>
	</teiHeader>
	<text>
		<front>
			<head>LI TIERS LIVRES</head>
		</front>
		<group>
			<head>LI TIERS LIVRES</head>
			<text xml:id="art_01">
				<pb n="104"/>
				<front>
					<head>I. De mal renomez.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Les paroles Johan de Beaumont sunt teles&#160;: Cil est mau renomez, qui
							por aucune mauvestié s'en vint de l'ost le roi&#160;; et li bordeler, et
							li larron, et li toleor et li tricheor&#160;; et cil qui ovrent de
							bosdie&#160;; et cil qui ovrent mauvèsement de bal&#160;; et fame qui
							prent home que si sires het de mort, segont droit<note>Dig., lib. 3,
								tit. 2, frag. 1, <hi rend="i">de His qui notantur
								infamia.</hi></note>. Ballif qui fet tort apensèement, et qui prent
							loer por droit fere, et ballif qui est hors de ballie par son
							forfet&#160;; cil qui ovre de son privilége fausement&#160;; chevalers
							qui est désordenez, avostres et avotresse&#160;; truanz&#160;;
							travalleors de genz à tort&#160;; cil qui traït celui à cui il doit
							aider. Omecide, traïtor, murtrier, aforceor de femes&#160;; qui tout
							membre, qui fet sanc et chaable&#160;; procurator, curator, tutor,
							avoquaz, si ne font en la chose ce qu'il devent, sont mau renomé. Cil
							qui demende chose que il ne doit mie, parjur, foi-mentie, et cil qui
							prent feme marié par tricherie, ou fiz qui est ou poer son père, et se
							marie sanz son congié<note>Ibid., frag, 1, in fine.</note>&#160;; cil
							qui prent la feme à autre, arbitre qui prent loer. Cele est mau renomée,
							qui fet son mari de celi qui ne l'est pas. Qui decet guig
								(<emph>juige</emph>) est mau renomez&#160;; faus tesmoins est mau
							renomez.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_02">
				<pb n="105"/>
				<front>
					<head>II. De procurators<note>Dig., lib. 3, tit. 3&#160;: <hi rend="i">de
								Procuratoribus et defensoribus.</hi></note>.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Ce fut establi por bones mors, que li menor, que li muat, que li orp, que
							li desvé, les fames prestes de anfanter, cil qui sunt malade de maladie
							durable, cil qui sont en marcheandise et en pélerinage, et cil qui sunt
							por le commun, et cil qui sunt pris de gerre, et celx qui sunt en garde
							par hayne, puent metre procurator por aus, si com vos porret ci-près
							oïr.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>Se menor demande deniers, éritages, estre rétabliz en la sésine son père,
							injures de laidissemanz&#160;: en ce il puet metre procurator por soi,
							et demender. Et si l'en li demende chose don sis pères mori saisis, an
							ce il metra procurator en ce que la cause désire&#160;: c'est à savoir à
							alégier sanz plus que il ne respondra jusque li enfes soit d'aage. Et si
							li menors bat et fiert un home, ou tue, li juges le contraindra à metre
							procurator, et respondra, et amendra, s'il l'a forfet. Et li procurators
							sera mis par l'autorité au juge.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>Mais orp, sort, cil qui sunt malade de maladie durable, puent metre
							procurator en toutes causes.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>Feme qui est preste d'enfanter n'et pas contrainte à metre procurator,
							ains doit l'en atendre jusqu'el ait enfanté.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 5.</head>
						<p>Home ou feme qui sont en santé ne puent metre procurator en cause
							d'éritage, ne l'en ne li recevroit mie&#160;; mès l'ome por sa feme. Mès
							en cause de moeble puet l'en metre procurator.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 6.</head>
						<p>Evesques, arcevesques, contes, barons, toutes autres menières de genz,
							puent metre procurator en la forme devant dite, ne plus ne meius.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 7.</head>
						<p>Et se aucuns a perdue sa cause, et il nie que le procurator ne soit pas
							por li, recort de bones genz corra sor ce, et sera estable sor le
							recort, ne en ce n'afiert pas batalle.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 8.</head>
						<p>Procurator doit doner plége, qui feront atable ce que l'en fet por celi,
							si en viaut hon aver bones letres qui seil autenticié&#160;; et sera
							estable ce que l'en fera por celi à qui l'en demende.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 9.</head>
						<p><pb n="106"/>L'an ne puet metre procurator en cause de crime, qui toche à
							dampnement de cors.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_03">
				<front>
					<head>III. De besoignes fetes par autrui.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Ci bans profite mout à celx qui ne sont présens, qu'il ne perdent la
							sésine de lor choses par défaute d'aide.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>Se aucuns fet l'afere à aucun qui n'estoit pas présens, et qui n'an set
							riens, quanz l'en fet à son preu, et despent ou se oblige à autre, li
							doit estre randu. Et se l'en fet l'afere à un orfelin, ou à desvé, à son
							preu, l'en doit emplédier.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>Mès l'en doit regarder qués aferes l'en doit fere, et de quex aferes l'en
							est tenuz, et l'en entent, si l'en i gaagne&#160;; mès l'en n'est pas
							tenuz vers celui qui par sa volenté se mist à autrui besognes fere, dom
							il n'iere pas besoing<note>Dig., lib. 3, tit. 5, frag. 1, 2, frag. 3, §
								4, 5, 10&#160;: <hi rend="i">de Negotiis gestis.</hi></note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>Et se ge cuide que les aferes que je faissoe fussent Johan, et il
							estoient Pierre, en est Pierres tenus à moi&#160;? s'il i a gaagnié.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 5.</head>
						<p>Et se ge préte à son procurator deniers à rembre ton gage, vers cui ai-ge
							aucion&#160;? Et ge di que vers le segnor.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 6.</head>
						<p>Et se aucuns fet son afere et le mien en une meisme chose, l'en entent
							qu'il le fet plus por soi que por moi&#160;; et à ce doit l'en garder
							mesure, que chascuns en soit chargiez avenaument. Et se ge ne fas ces
							aferes por achoison de toi, et la faz por achoison de ton fiz, ou de ton
							serf, g'é (<emph>j'ai</emph>) auction contre toi<note>Ibid., frag. 5, §
								1, frag&#160;: 6, § 1, 4, 6.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 7.</head>
						<p>Se dui compagnon ont une meson qui vuelent fondre, et la puet bien
							retenir o point (<emph>per</emph>) de coût, et ge le vuelle fere, et li
							un des compagnons qui est hors dou païs n'an siet rien et li autre me
							deffent que je n'i face riens, et ge retien la meison à mes coz&#160;:
							G'é (<emph>j'ai</emph>) aucion contre les deus ou contre l'un&#160;?
							L'en dit que g'é aucion contre les deus. Car il apert bien qu'il vousist
							avoir domage por que se compeinz i eust domage&#160;: et bone foi ne
							suefre pas tex choses<note>Ibid., frag. 8, § 3.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 8.</head>
						<p>Ausit se aucun a aucion contre moi de mes aferes qu'il a fez, <pb n="107"
							/>ausit et ge ai aucion contre lui de mes aferes qu'il aura fez
							mauvèsement.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 9.</head>
						<p>Mès tot face-il mes aferes mauvèsement, et ge lo ce qu'il a fet, ge no
							puis rapeler, se ge ne faz ce par son déçoivement.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 10.</head>
						<p>J. dit&#160;: Icil ne fet mie aferes, qui emprent à fere choses don l'en
								(<emph>n'</emph>) a mestier, ou qui grève celui qui ele est. Et dit
							encores, que cil qui fet les aferes en bone foi, et si comme il doit,
							tout ne l'en chie-il pas bien, si a-il aucion de fere
								(<emph>d'afere</emph>) fez<note>Dig., lib. 3, tit. 5, frag. 9,
								10.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 11.</head>
						<p>Comme dui frères fussent l'un d'aage et l'autre non aagé, et avoient
							communes tenures à vilages, li plus granz adefiece sans reson et sanz
							besoing en la tenure. Quant il partirent lor teneure, il demenda les
							despens qu'il i avoit fez an amender cele chose. Et li frères menor
							estoit jà d'aage, et responoit, que por ce qu'il avoit ce fet sanz
							besoing, qu'il n'en voloit riens paer. L'en demande que dit droit&#160;?
							Et l'en respont, que por ce qu'il fist ces choses sanz besoing, qu'il
							n'i a nulle action contre lui<note>Ibid., frag. 27, pr.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 12.</head>
						<p>Se Felippe nourrist la fille sa seror par prière, il n'a nule action
							contre lui.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 13.</head>
						<p>Li sergenz qui me siert emprunte deners por feres mes aferes&#160;: l'en
							dit qu'il a action contre moi, et non pas contre moi com sires, mès
							comme sergens qui me sert en bone foi<note>Ibid., frag. 27, § 1, frag.
								36.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 14.</head>
						<p>Se aucuns rent por autre qui riens n'en set, et soit contre la volenté à
							celui por cui l'en a rendu, cil est quites por cui l'en a rendu. Mès
							débonaireté, ne naturel reison ne suefre pas que cil n'en ait action
							contre celui por que il a rendu. Et raison s'acorde que nos poons bien
							fere l'afere à celui qui riens n'en siet, tot ne le vuele-il. Mès nos ne
							le poons empirer<note>Ibid., frag. 39.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 15.</head>
						<p>Qui fet les aferes à aucuns à son preu, et il fet despens, il puet avoir
							contre lui action d'afere fez.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 16.</head>
						<p>Cil qui furent fet franc ou testament au mort qui estoit lor sires, ne
							sont pas tenu de rendre reson por les aferes qu'il a fez au vivant au
								segnor<note>Ibid., frag. 45.</note>.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_04">
				<pb n="108"/>
				<front>
					<head>IV. De tricherie.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Tricherie est une chose que l'en ne doit mie soutenir, ainz la doivent
							tuit prodomes estreper à lor pooir. Et action de tricherie dure dedens
							l'an&#160;: quar assez i a de tens à regarder se l'en li a fet tricherie
							ou non. Mès nos en metons hors menors, et desvez et autres genz qui
							n'ont point de demende par aucune droite cause&#160;: quar itex puent
							demender dedenz l'an que il vendront en lor bon estat.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>Li rois deffent ci que l'en ne donast deners as juges, ne loers&#160;:
							car moult est périlleuse chose à juge de prendre d'autrui&#160;: car
							covoitise esmuet le juge, quant cil est devant lui por fere sa cause
							bone&#160;; et por ce deffent li rois que ce ne fust pas fet, ne que ce
							ne fust pas pris<note>Dig., lib, 3, tit. 6, frag. 1, § 3&#160;: <hi
									rend="i">de Calumniatoribus.</hi></note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>Se aucuns a aucun marchié qui soit à unchérissement, et aucuns vigne à
							lui, si li dit qu'il li enchercira son marchié, ou il li donra dou sien
							; et s'il li done&#160;: l'en dit que tel don est fez par tricherie, et
							que tex deners sunt receuz par tricherie.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>Quar tex don si est fez por enpirer la condiction dou marchié&#160;; et
							bone foiz ne sufre pas que tex dons soit fez, ne que tex dons soit
							receuz. Et doit perdre ce qu'il a doné, et doit estre à celui por qui
							domage il fu fet&#160;; et li autres doit estre puniz, se que l'on voit
							que raisons sera.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 5.</head>
						<p>Se aucuns vent les choses à autrui, et il prent loer por la vente fere,
							l'en a action contre lui de trecherie&#160;: et tel trecherie vaut
							autant comme larrecins. Car aperte chose est, quant cil qui donne por la
							chose avoir, charge le marchié.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 6.</head>
						<p>Se aucuns a convenant aucun qu'il li fera son affere, et il ne li fet
							pas, et sa chose périst&#160;: en ce a-il action contre lui de domages
							et de trecherie. Et l'en doit bien ce noter.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 7.</head>
						<p>Qui done deners à aucun por fere aferes de vilenie, il ne le puet
							redemender por la vileine convenance qu'il est&#160;; ne li autres ne's
							aura pas, ainz les aura li rois&#160;: ains les porra li rois punir,
							segont ce qu'il verra qu'il devra fere.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 8.</head>
						<p><pb n="109"/>Se aucuns prent deners de moi por fere mes aferes contre
							toi, et prent deners de toi qu'il ne les face, l'en a action contre lui
							de aperte tricherie, et de traïson mellée ensemble<note>Dig., lib. 3,
								tit 5, frag. 3, § 1, 3.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 9.</head>
						<p>Ceste action est contre l'eir dedanz l'en (<emph>l'an</emph>) de tant que
							comme il en a eu&#160;: quar l'en establi que l'en ne puet demender à
							l'eir la chose que ses pères a eue par trecherie, tout soit li termes de
							la trecherie passez&#160;; ausit comme l'en done à juge loier por dire
							faus, ou por doner mauvèse sentence, ou s'il a pris loier por vendre la
							chose le roi&#160;: et tout ce que (<emph>l'en</emph>) a doné, li hers
								rendra<note>Ibid., frag. 5.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 10.</head>
						<p>Or demende l'en que (<emph>se</emph>) cil qui done est perçoners de la
							tricherie&#160;? Et l'en dit que oïl, puisque cil qui le reçoit que par
							lui est mené la trecherie. Et en tel chose prescripcion ne cort pas
							contre le roi.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 11.</head>
						<p>Or demende l'en dou tens qui passe, comment l'en le doit entendre, ou
							quant li deners sunt paez por la trecherie, ou quant la trecherie est
							fete&#160;? Et l'en dit que li anz commence quant l'en set que la
							tricherie est fete, et quant li deners sont baillié.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 12.</head>
						<p>Se uns procurators qui a plenier poer fet por moi aucune de ces choses,
							et ge l'estable, il vaut autant com se je l'avoie fet&#160;; et se non,
							non&#160;; ainz sera li procurators tenuz d'action de trecherie. Cil qui
							reçoit deners, et set que l'en ne les li doit pas, fet apertement
								tricherie<note>Ibid., frag. 6, 7.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 13.</head>
						<p>Se aucuns ballis prent deners d'aucuns non aagé por aucun crime que l'en
							li met sus, et n'est mie prové que il ait fet, et est aparissanz que li
							deners sont à tort pris&#160;: l'en a action contre le ballif de la
							chose r'avoir et de trecherie&#160;; et li rois le doit punir segont ce
							que droit le requiert<note>Ibid., frag. 8.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 14.</head>
						<p>Enprès demende l'en comment l'en puet home prover de tricherie&#160;? Et
							l'en respont que, en quas dont la chose est si petite que batalle n'en
							puet nestre, ce doit aler par sairement, (<emph>et le choix de la
								preuve</emph>) est à celi à qui l'en demende. Si comme est trecherie
							de cinq sols, la prove n'est pas garanz. Et qui prove tricherie, si doit
							dire les moz por quoi batalle i soit.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_05">
				<pb n="110"/>
				<front>
					<head>V. De restablissemenz.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Ci titres si est mout profitables à mout de genz&#160;: quar en mout de
							menières avoit l'en domage, en ce que l'en n'estoit restabliz des choses
							don aucuns s'estoit mis en seisine, sanz droit qu'il il eust. Et l'en
							secort en meintes menières à cels qui sont déceu, ou par peor, ou par
							conchiemant, ou por ce qu'il n'estoient pas présent, ou por ce que lor
							estat fust muez, ou par autre droite error<note>Dig., lib. 4, tit 1,
								frag. 1, 2&#160;: <hi rend="i">de in integrum
								Restitutionibus.</hi></note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>L'en doit sofrir toz ratablissement, quant l'en a oï por quoi et veu se
							c'est voirs&#160;; et doit l'en fere droit. L'en ne doit pas celui
							restablir qui demende une petite chose, se il fet tort de gregnor. Ne
							cil n'est pas hors de la chose, à cui ballis a dit qu'il la li
							rendra.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>Enfanz ne sunt pas restabli solement, (<emph>mès</emph>) desvé et muz et
							sorz, et cil meismes qui sunt hors dou païs por le roi ou por le commun,
							et cil qui est outre-mer, qui muert seisiz de la chose en veraie
								seisine<note>Ibid., frag. 3-6.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>Nos apelons veraie sésine, quant aucuns remaint sési an et jor comme
							sires, et par jostice, à le veue et à la seue de celui qui demender
							puet, et ne veaut demender, et se test.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 5.</head>
						<p>Et se aucuns est forbeniz dou païs, le nunbre dou tens, et quant il ce
							vient (<emph>revient</emph>), si se trove désésiz, sera-il restabliz
							arière en sa sésine&#160;? Et l'en dit que nenil, s'il a esté désésiz
							par jugement. Quar se il a esté désésiz par défaut, ç'a esté en ses
							copes, com il doie metre procurator an ses choses défendre&#160;; et se
							il a esté désésiz selon la deffense de son procurator, il ne doit pas
							estre resésiz, por quoi li procurators a menée la procuracion que
							prodome doit mener. Qui pert sésine an tel quas, anprès l'an et jor, il
							puet plèdier de la seignorie, et de la sésine non.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 6.</head>
						<p>Et se aucuns est en guerre de ses enemis, qu'il ne puisse venir son droit
							deffendre, ou sorpris de guerre, sera-il restabliz&#160;? Et l'en
							respont que, se il est en guerre que droiz doie sofrir, ou pris por son
							droit qu'il défant, il sera restabliz&#160;; se non, non.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 7.</head>
						<p><pb n="111"/>Se li pères muert, li enfes a tel droit ès choses, an estre
							restabliz, com li pères eust. Se cil qui n'est pas de âge est déceuz an
							son fet, ou à fet son tutor, l'en le doit restablir arières, aagé ou il
							non aagé&#160;: fors en ce s'il fet ce que prodome et sage doit fere, et
							son tutor ausit, il ne sera mie an ce restabliz.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 8.</head>
						<p>Johan de Beaumont manda à un provost qui estoit metres, de aidier à celui
							qui avoit perdue sa chose, qu'il n'estoit pas présanz, et li manda tex
							paroles&#160;: Totevoies se l'en ne doit riens muer de restablissemanz,
							l'an doit aidier là où l'en voit que mestiers en est à fere. Et se
							aucuns estoit semons et ne respondi pas, et por ce dona l'en contre lui
							sentence&#160;; enprès il vint à toi, quant tu tenoies tes plez, et
							requist à estre restabliz de la sentence à fesant droit, et com cil qui
							onques n'avoit esté semons&#160;: et quant il fust issint, il n'i ot
							point de copes, si commendons qu'il soit restabliz<note>Dig., lib. 4,
								tit. 1, frag. 7 pr.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 9.</head>
						<p>Ne cil secors n'est pas solement en tel menière, mès en autres&#160;: car
							l'en secort à tex qui sunt déceuz sanz lor copes. Maimemant se lor
							aversères lor fet boidie, il doivent estre en ce restabli que égauté lor
							querra&#160;: car l'en doit plus tost leissier plez max renomez, que
							tenir les.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 10.</head>
						<p>Tel différence est entre celx qui n'ont vingt-un an, et cels qui sont
							hors dou païs por aus, et entre celx qui sunt hors por le commun&#160;:
							li menor sunt deffendu par tutors ou procurators&#160;; cil qui sunt por
							aus hors, ou por lor cope, sunt deffendu par procurators&#160;; cil qui
							sunt hors por le commun profit doivent un poi plus estre
								déporté<note>Ibid., frag. 7, § 1, frag. 8.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 11.</head>
						<p>Mès se aucuns est forbeniz de son païz, et enprès vienge frans de la
							chose que l'en li met sus, l'en le doit restablir&#160;: car il n'i doit
							mie avoir domage en tort fet de juge. Et tex doivent estre
							restabliz.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_06">
				<front>
					<head>VI. De forbannissemanz<note>Ibid., tit. 5&#160;: <hi rend="i">de Capite
								minutis</hi>.</note>.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Ceste chose est por bien establie, et por punir celx qui meffont. Car se
							aucuns a fet aucuns meffet, et s'enfuie, por ce ne le doit l'en pas
							lessier en pez. Car qui les larroit en paiz ceste genz, les autres genz
							au <pb n="112"/>roient matière de forfere. Si doit l'en garder segont
							reson comment l'en an doit ovrer de cez qui s'enfuient por lor
							forfet&#160;: or doit l'en garder por quel quas l'en doit home
							forbanir.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>Se aucuns doit, et il ne puet, ou ait assez, et ne veaut paier, et
							s'anfuit, l'en demende se l'en le doit forbenir&#160;? Et l'en dit que
							non, segont droit. Et segont la costume d'Orliens, s'il n'a riens et
							s'il ne puet paier, il aura terme de quarante jorz à soi paier&#160;; et
							au terme, s'il ne se puet paier, il forjura la vile, jusque il se puisse
							paier. Et s'il a héritage, il aura licence de quarante jorz de vendre,
							et s'il n'a vendu dedanz ce, et ne se soit paiez, la jotice vendra, ou
							ele contraindra à vendre.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>La costume de l'ostel le roi n'est pas tele, ainçois est tele que qui n'a
							riens, riens ne li chiet&#160;: einsint que cil qui ne se puet paier
							jurra sor sainz que au plus tôt que il porra et aura poir de soi
							aquitier, qu'il s'aquitera.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>L'en demende por férir home, ou por laidir de paroles, ou fere li sanc ou
							en chaable, sanz mort et sanz mahaing, et il s'enfuit, se l'en le doit
							forbenir&#160;? Et l'en dit que non.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 5.</head>
						<p>Enprès demende l'en, si l'en li met sus murtre, ou larrecin, ou rat, ou
							omicide, ou membres tolu, ou roberie&#160;; ou s'il a pris de l'autrui à
							force, ou s'il ne vient avant por doner trives, et il s'enfuit&#160;:
							savoir, se l'en le doit forbenir&#160;? Et l'en dit oïl. Car tel chose
							apartient à dampnement de cors, et à perdre perdurable salu.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 6.</head>
						<p>Or demende l'en, se aucuns fet guerre que droit (<emph>ne doive</emph>),
							ne que droit ne puisse sofrir, et ne veaut venir avant por fere droit et
							por avoir droit, se l'en le doit forbenir&#160;? Et l'en dit que oïl,
							por le péril de la guerre, por le gastement des biens de sus terre, et
							por l'ocision de genz.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 7.</head>
						<p>Nus ne doit estre forbaniz por son don, ne guerpir son païs.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 8.</head>
						<p>Or est à savoir comment l'en doit forbenir, et en quel tens, et combien
							de tens l'en se doit sofrir enprès plainte, et enprès ce que l'en l'aura
							sopeceneus dou fet.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 9.</head>
						<p>Premièrement, l'en le doit fere semondre en son ostel, et s'il n'a ostel,
							là où l'en quidera qui repere plus. Et si ne veaut, l'en doit prendre le
							suen, et doit estre en la main au juge. Et se aucuns l'acuise <pb
								n="113"/>(<emph>l'excuse</emph>) de convenable asoine, recroira l'en
							la soe chose&#160;? Et l'en dit que oïl à son ami, por qu'il preigne en
							main qu'il ne mefface, et qu'il vendra à jor por soffrir droit,
							autrement non. Et se li corpables vient por droit avoir, aura-il ce que
							l'en a pris dou suen quite, sanz recréance&#160;? L'en dit que oïl,
							avant que il reponge.</p>
						<p>Ci dit l'en que avant que home soit forbeniz, que l'en le doit fere
							semondre par trois jorz&#160;: chascuns d'uit jorz&#160;; et si ne vient
							dedanz, l'en doit mander de ses amis prucheins et dire leur qu'il ait à
							un jor&#160;; et se l'en la aveut (<emph>l'aqueut</emph>) cortoisement
							d'assoine, l'en le doit oïr.</p>
						<p>L'en doit laissier passer qu'an aut anprès le tens de quarante jorz, et
							dedanz ce, s'il ne vient, l'en doit forbenir&#160;; et s'il est pris
							enprès en la suite dou forbenissement, il est dampnez dou fet.</p>
						<p>Ci dit l'en que se aucuns est forbeniz enprès quarante jorz, et il vient
							avant dedanz les trois pruchenes assisses, et fet des assoines ce qu'il
							doit et vuelle soffrir droit, l'en le recevra&#160;; et se ne vient
							dedanz les trois assisses, il sera dampnez dou fet que l'en li metra
							sus.</p>
						<p>Et se aucuns fet apertement fet devant le pueple, et se destorne, et par
							malice ne veaut venir avant, aura-il le terme de quarante jorz ne des
							trois assisses&#160;? L'en dit qu'il n'aura plus terme qu'il ne soit
							forbeniz ; mès il aura le terme de la dampnacion, c'est à savoir de
							trois assisses&#160;: que l'en doit mout soffrir et atendre, avant que
							home soit livrez à mort&#160;; car mout est granz chose à deffere ce que
							Dex a fet, et à fere ce qu'il ne veaut fere.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_07">
				<front>
					<head>VII. De ce que l'en fet par force ou par cautele de peor.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Li rois dit&#160;: Je n'aurai pas estable ce que l'en fera par force, ou
							par cause de poor&#160;: car issint dissoit l'an ancienement que force
							ere quant l'en fesoit contre la volenté à celi contre qui l'en la
							fesoit. Peor est cause de péril, qui est à venir et tranblement de
							priesse. Et por ce ne fet l'en pas mencion de force que toute n'at pas
							fete sanz force, ne force sanz peor. Force est efforz de genz don l'en
							ne puet deffendre<note>Dig. lib. 4, tit. 2, frag. 1, 2&#160;: <emph>quod
									metus causa gestum erit</emph>.</note>. Et tel cause contient
							paor et force&#160;; et se aucuns fet aucune <pb n="114"/>chose por
							force ou por paor, qu'il doie estre en hardi home, li rois commende
							qu'il soit restabliz en sa chose. Nos entendons force cruel, ce que l'en
							fet encontre bones mors&#160;; non pas tiel force comme li metre font,
							li ballif, li provoz, por lor droit ou por lor seignorie. Nos apelons
							force ce que autres fet ou que li metres fet sanz droit ou sanz
								seignorie<note>Dig. lib. 4, tit. 2, frag. 3.</note>. Nos apelons
							force paor de mort. Quant la force de mes braz vaint la peor de autrui,
							je cuit que ausint i puet l'en metre peor de cuvertage, issit com aucuns
							fet aucuns cuvert où il ostroiast ce que il daist.</p>
						<p>L'an ne doit mie entendre chascune chose por peor&#160;; mès peor est de
							greignor mal que l'en n'a.</p>
						<p>Nos dison que peor de coart home n'apartient pas à ce ban&#160;; mès peor
							de hardi home<note>Ibid., frag. 3, <emph>in fine</emph>&#160;; frag.
								4-6.</note>.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_08">
				<front>
					<head>VIII. De secorre cex qui ont esté déceu par male tricherie.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Li rois secort par ceste loi cex qui ont esté déceu par tricherie et par
							mellée, que li malicieux et li tricheor ne gaignent pas por lor malice,
							et que li simples n'i perdent. Les paroles le roi sunt teles&#160;: Ce
							que l'en fera par mal tricherie, quant nos auron oï la cause, sera
								rapelée<note>Ibid., tit. 3, frag. 1, pr., § 1&#160;: <hi rend="i">de
									Dolo malo</hi>.</note>.</p>
						<p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/2">Estiene de
								Sancerre</ref> dit que tricherie male est itele quant l'en fet à
							aucuns conchiement por autrui décevoir, et quant l'en sent une chose et
							l'an fet autre.</p>
						<p>J. B. dit que male tricherie est de fere conchiement, décevance, angin à
							autre décevoir&#160;; por ce, fut dite male tricherie. Bone tricherie
							puet estre fete, cum aucuns fet contre son enemi ou contre larrons. J.
							B. dit : Se dan (<emph>dom</emph>) Tybert déçoit aucuns orfelin de qui
							il est tutor&#160;; par son conchiement, il ne doit pas avoir aucion de
							tricherie contre Tybert&#160;; mès de ban qu'il li rende sa chose. Et se
							le tutor n'a que rendre, lors doit-il avoir aucion de tricherie. Ci n'a
							nule aucion contre son aversaire qu'il n'a que paier<note>Ibid., frag.
								1, § 2, 3&#160;; frag. 5, 6.</note>.</p>
						<p><pb n="115"/>En toles les choses où cil qui n'a vingt-un an est conchiez,
							la chose est rapelable.</p>
						<p>Se ta beste me fait domage par ta tricherie, je ai aucion contre toi de
							tant com le domage monte.</p>
						<p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johan de
								Biaumont</ref> dit que se aucuns deslie mon serf por l'en fere foïr,
							que je avoie lié, je ai aucion de tricherie contre toi, et J. dit que se
							tu le fes sanz miséricort, tu fais larrecin&#160;; se tu le fais par
							miséricorde, il a contre toi aucion de fet<note>Dig., lib. 4, tit. 3,
								frag. 7, pr., § 6, 7.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>Uns patrons franchi son serf por ce qu'il remaindroit à lui servir, et
							cil par sa male tricherie ne le vost servir. L'en demende qu'en dit
							droit&#160;? Et l'en dit que cil le puet remestre arière là où il le
							prist.</p>
						<p>Se uns procurators fet par tricherie que mis aversères gaigne la querele
							qu'il demende contre moi, j'ai contre lui aucion de tricherie et contre
							l'aversaire aucion de demender<note>Ibid., frag. 7, § 8, 9.</note>.</p>
						<p>Se aucuns aferme que aucuns soit bien rendables, et il le dit en bone
							foi, et il fust povres, je n'ai pas contre lui aucion de
							tricherie&#160;; mès s'il savoit que il fust povres et afermast qu'il
							fust riches et bien rendables, j'é (<emph>j'ai</emph>) aucion contre lui
							de tricherie, quant il loa fausement ce por moi décevoir.</p>
						<p>Se aucuns aferme que aucuns héritage soit ou grant ou petit, et il ne
							soit pas, et aucuns l'achate&#160;: se il l'a veu, il n'a pas contre lui
							aucion de tricherie&#160;; et s'il ne l'a veu, il se fie en celui&#160;;
							il a contre li auction de tricherie<note>Ibid., frag. 7, § ult.&#160;;
								frag. 8, 9, pr., § 1.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>Se plusors font trecherie, et li uns rent por toz, tuit li autre sont
							délivré. Ceste aucion est contre l'air de tant comme il en est plus
							riches.</p>
						<p>Cil a aucion de tricherie contre celui qui li presta poisqu'il savoit
							bien qu'il n'estoit pas bons.</p>
						<p>Cil qui nea (<emph>vend</emph>), se li pois est trop granz, cil n'a point
							de tricherie. Cil qui achate, se li pois est trop petiz, ci a tricherie
							à celui qui vant, s'il le sot.</p>
						<p>Se je me met au serement d'aucun, et il se parjure, ge n'ai pas action
							contre li de trecherie&#160;: la poine dou parjure sofist<note>Ibid.,
								frag. 17, 18, § 3&#160;; frag. 21, 22.</note>.</p>
						<p><pb n="116"/>Se mon légat fet entendre à l'ériter que la chose au mort
							vaille plus que li testement, et il ons croit par le tesmoing de celui
							sanz voir la chose, et la chose vaut meins, l'en a contre le loeur
							auction de tricherie.</p>
						<p>J. dit que li hers n'est pas tant tenuz por le forfet com por la
							cause&#160;; quar il n'est pas tenuz au forfet. Se aucuns efface le
							testament qui est escriz, li oir et cil sor qui il ont lessié, auront
							sor li aucion de tricherie<note>Dig. lib. 4, tit. 3, frag.
								23-29-35.</note>.</p>
						<p>Se li marcheanz qui vent sa chose aferme que ele soit bone et ele soit
							mauvèse, et l'en ne se fie pas an lui, l'en n'a pas contre lui aucion de
							tricherie.</p>
						<p>L'en n'a pas aucion de tricherie contre non aagé&#160;; mès il a auction
							contre autre.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>Uns hons si dit à un autre qu'il est déceuz par sa tricherie an ce qu'il
							se fioit en lui d'un arpent qu'il acheta qu'il n'avoit pas veu, et li
							fist entendant qu'il estoit de fromentes, et il estoit de roiges, don la
							chose vaut moins&#160;; et l'ofre à prover par soi et par garanz qui est
							prez à fere champ et batalle. Et li autres fet encontre tel ni et tel
							deffense com il doit, l'en demende qu'en dit droit&#160;? Et l'en
							respont que ci a gage.</p>
						<p>Entent que la tricherie solement ne fet pas le gage, mès le chatel&#160;;
							et si n'i a chatel, il n'i a point de gage fors serement.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_09">
				<front>
					<head>IX. De cex qui n'ont quinze anz.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Ciz establissement est por aider à celx qui n'ont quinze anz. Li rois vit
							nature et reson en ce ban, por quoi il prist le ban de celx qui n'ont
							pas san de lor biens governer&#160;: car comme li consauz de tel aage
							apartienent au roi, li rois le provet (<emph>promet aide</emph>) contre
							le conchiement que l'en lor fet.</p>
						<p>Li rois dit&#160;: Ce que en sera fet à menor de seize anz, je saie ce
							qui fera. Il apert que li rois promest aide à celx qui n'ont seize
							anz&#160;: quar enprès seize anz, il sont en aage de vigor, et ancor li
							valet sont guoverné en tel estat procurators, ne ne puent estre seignors
							de lor choses, tot <pb n="117"/>sache-il mener ses biens, et jusque il
							ait tel aage&#160;; et nos entendons ce de celx qui n'ont ne père ne
								mère<note>Dig., lib. 4, tit. 4, frag. 1&#160;: <hi rend="i">de
									Minoribus viginti quinque annis.</hi></note>.</p>
						<p>G. dit que se aucuns fet marchié ou enfant qui n'a que douze anz, et la
							dete i veigne au tens qu'il a seize anz, l'en demende se l'en doit
							regarder le commeincement ou la fin&#160;? Et l'an dit que nos devons
							avoir regart ou commencement.</p>
						<p>Se aucuns vient aagé et il tiegne à fet ce que il a fet quant il n'iert
							de aage, il ne puet apeler restablissement de rechief<note>Ibid., tit.
								4, frag. 3, § 1.</note>. L'en dit que l'en doit regarder la chose où
							il demende restablissement, se il i est conchiez, et (<emph>s'</emph>)
							il fet ce que sages hons fet, il ne doit pas estre restabliz.</p>
						<p>Je cuic que l'en doit secorre celx qui sont plédoiez et dedanz tel aage,
							et désessi de muebles et de héritages, et de marchiez ou d'autres
							obligacions an ce où il est déceuz.</p>
						<p>G. dit que l'en doit secore celx qui sont dedenz tel aage, non pas
							solement quant il perdent riens de lor éritages&#160;; mès an totes
							poines et en toz despans<note>Ibid., frag. 6.</note>. Ce qu'an l'an fera
							o celui qui est non aagé sera nul. Nos devons entendre, s'il fet en
							queque menière, s'il achète aucune chose, s'il vant, s'il entre en
							plévine, si prant plaige, se l'en li rent, s'il antre en compaignie et
							se cil qui desvoient son père li rendoit se il perdoit. An cel choses il
							sont restabli&#160;: car se il tient en plet nului por acheson d'aucune
							chose, il ne serient pas oï se n'ière por l'autorité de lor tutors ou
							por le commendement dou juge. Et se aucuns menor est déceuz sanz male
							tricherie, par l'autorité son tutor, toutevois li doit l'en
							secorre&#160;; et por ce défant l'en que nus n'achate riens de celui à
							l'orfelin, tot le face l'en en bone foi.</p>
						<p><emph>Item</emph>. Menor ne doit pas estre restabliz an gaaing qui vient
							d'aventure quant il est fez por le tutor en bone foi, et il n'i a apert
							barat, comme en gaaigner terres, ou en fere vignes à moitié, en achater
							vergiers, ou en loier ovriers<note>Ibid., frag. 7, pr., § 1, 2,
								8.</note>.</p>
						<p>J. dit que de ce ne dote l'en pas que se li menors ne rant ce que il doit
							de tele chose, où il ne puet demender restablissement, l'en a bone
							aucion contre lui&#160;; et se menor enpruente deniers et en achate
							tenemanz <pb n="118"/>plus que ele ne vaut, aura l'en demende contre
							lui&#160;? Et l'en dit que oïl, de tant quant il sera plus riches.</p>
						<p>Se cil qui est non croit deners à celui qui est moins de âge, cil a menor
							cause qui l'argent balle que celui qui le reçoit<note>Dig., lib. 4, tit.
								4, frag. 34.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>J. dit que menor ne doit pas estre quite de forfet, s'il le fet, se li
							juges n'a pitié de lui por son aage.</p>
						<p>Se li menors vit en avotire et il soit coneu, nul pardon ne li ait, ou
							s'il vit de larrecin ou s'il vit de ce que feme gaigne à f....., ou s'il
							prent loer por sofrir f....., ou por murtre, ou por traïson, ou por tex
							vilains fez&#160;: ne acusement (<emph>excuse</emph>) ne li a mestier,
							quar il fet contre les commendemanz de la loi, et por noiant apele l'en
							la loi en aide qui fet contre la loi<note>Ibid., frag. 9, § 2,
							3.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>Uns menor qui n'estoit pas de âge vendi un héritage, par si que se il le
							poet raimbre quant il seroit d'aage, il auroit dedenz le demi-an. Il fu
							de âge, enprès il mori, et achei la chose à celui à cui ele devoit
							escheer, à un qui n'estoit pas de âge, et ne rendi pas les deners au
							terme.</p>
						<p>Or demende l'en se il sera restabliz&#160;? Et l'an dit que non, com li
							ancessor se consenti au marchié que il avoit fet non de âge quant il fu
							de âge, ne li autre n'i avoit que le droit que cil i avoit.</p>
						<p>G. dit que tot ce que li menor font n'est pas quassé&#160;; mès ce
							solement que il font ou par lor folie ou par lor négligence, ou s'il
							perdirent ce qu'il avoient, en ce qu'il porrent gaagner, ou si le
							lièrent à celui fès qu'il ne porent porter<note>Ibid., frag.
							44.</note>.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>Se menor qui a esté non âgé et sera venuz à âge, s'il ne demende dedanz
							l'an et dedanz le jor restablissemanz, il ne sera pas oïz dès iqui en
							avant.</p>
						<p>En rétablissement de menor n'a point de gage&#160;; mès enqueste savoir
							s'il est droiz ou non.</p>
						<p>L'an ne doit pas respondre à menor an cause où il a gage de batalle
							devant qu'il ait vingt-un an, ne an chose de fié, ne à feme tant com ele
							soit en garde, s'ele n'est marié et ele le face por la volenté son
							seignor&#160;; et s'ele est hors de garde et ele n'ait point de seignor,
							l'an ne li doit respondre devant onze anz.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_10">
				<pb n="119"/>
				<front>
					<head>X. Por quele cause cil qui sont greignor sunt restabli a lor
						choses.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>Nus ne porra nier que cil bans ne soit droiturées&#160;: quar li droiz
							est recovrez au tans que li graignor estoit en l'afere de la commune, ou
							en autre afere don il ne se pot délivrer. Les paroles de ce ban sunt
							teles : Se l'en prant aucune chose des biens à celui qui n'est pas ou
							païs, sanz male tricherie, s'il est hors dou païs por commun, ou s'il
							est en prison don il ne se puisse issir, ou en servage, ou en gerre, ou
							s'il a apelé devant le roi, ou s'il estoit empêchiez qu'il ne poist
							riens demender, je le restablirai, se je voi que la cause soit
								droiturère<note>Dig. lib. 4, tit. 6, frag. 1&#160;: <hi rend="i">ex
									quibus causis majores</hi>
								<hi rend="sc">xxv</hi>
								<emph>annis in integrum restituantur</emph>.</note>. Cil est bien
							hors par peor, qui a peor de mort ou péril de son cors&#160;; et ce doit
							estre seu par le juge. Cil qui sunt hors por le commun de la vile, sanz
							male tricherie, doivent estre restabli.</p>
						<p>J'apele male tricherie quant cil ne vient pas et puet revenir, et remaint
							plus por son preu que por le preu dou commun&#160;; il ne sera pas
							secoruz de ce que l'en fera contre lui en icel tens<note>Ibid., frag. 3,
								4.</note>. Nos n'antendons pas que cil soient secoruz qui sont por
							la commune, comme ballis, provoz, servanz, et sunt ou païs où l'an lor
							demande&#160;; mès nos entendons cil qui sunt lointains. Ausit secort
							l'en à celui qui est en prison&#160;: l'en apele prison, prison de grant
							seignor, prisons de larrons, prison de anemis. Nos entendons que cil
							sont au liens qui sunt si liez qui ne puent venir avant sanz honte.
							Ausit secort l'en celx qui sont sers, et sert son seignor en bone foi
							qui venir ne li lesse<note>Ibid., frag. 5, § 1&#160;; fr. 6,
								9-11.</note>. L'en ne secort pas les pereceus&#160;; mès celx qui
							sont destorbez par besoignes de lor choses ou de lor cors, ou par autre
							destrece de tens. L'en ne doit mie entendre que l'en restablisse les
							gregnors por gaigner, ne por fere domage à autrui<note>Ibid., frag. 16,
								18.</note>. L'en demende commant l'en puet prover ces choses devant
							dites&#160;? Et l'en dit que li juges doit ce savoir par loiaus
							enquestes et par tesmoinz de bones gens.</p>
						<p>Gaius. <emph>Omnibus</emph>.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_11">
				<pb n="120"/>
				<front>
					<head>XI. Se aucuns met hors de sa main la chose dont est li plez, tant comme il
						dure, et la baille a plus fort qu'il n'est<note><hi rend="i">Nota</hi>. On
							lit en marge de ce titre&#160;: <hi rend="i">de Alienatione judicii
								mutandi causa facta</hi>, lib. 4, Digeste, ch. 4. (Écriture
							moderne.)</note>.</head>
					<head type="gp">XI. Se aucuns [35vA] met hors de sa main la chose dom li plez
						tant comme il dure et la baille à plus fort que il n’est <hi rend="i"
							>[rubr.]</hi></head>
					<div type="original">
						<listWit>
							<witness>Traduit du Dig., liv. 4, tit. 7, <hi rend="i">de Alienatione
									judicii mutandi causa facta</hi>.</witness>
						</listWit>
					</div>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ {4.7.1} <hi rend="i">Gaius. Omnibus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Li prevoz esgarde an totes menieres que la cause d’aucun ne pire par
								autrui fet quant il antant que la fin de la cause est plus dure por
								autre aversaire que l’en amoine contre nos. Et por ce fu esgardé que
								se aucuns met le plet sor autre aversaire, et le fet esciant por nos
								conchier, nos avons contre lui aucion de fet, d’autretant comme ne
								nos vosison que il eust amené autre aversere contre nos. {1} Et s’il
								amoine contre nos home d’autre terre ou plus poissant que lui, il
								sera tenuz à nos de l’aucion escrite desus.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.7.2} <hi rend="i">Gaius. Aut</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Ou s’il amene autre aversere por nos travaller.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.7.3} <hi rend="i">Gaius. Quia</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et se je pledoie contre lui qui est d’autre province, je doi pledier
								la où il est, en nos ne poons pas estre paronz à poissanz plus que
								nos. ¶ {1} Et se nos demandon un serf et il le franchit, et nostre
								afere en enpire por ce que li prevoz soutienent les franchises. ¶
								{2} Et s’il met en autrui mein le leu où tu fes ta besoinge, an qui
								tu avoies auction et deffense que nul n’i feist ne n’i amenast eau,
								nostre afere en enpire&#160;; car se la pledoiast à toi, tu otases
								cele ovre à tes despans. Et quant il me convient ore pledoier o
								autre que o celui qui cel evre avoit fete, je sui tenu et forcié
								d’oster à mes despens cele ovre&#160;; car qui tient fet d’autre est
								tenuz par ces demandes que il sofre cele ovre estre otee. ¶ {3} Et
								se je te nonce nove ovre que tu fes en ma chose que tu n’i faces
								plus et tu mez celui leu en autrui main et li heritier fet iqui
								l’oivre, tu es tenuz à moi de cest jugement&#160;; ausi comme je ne
								puisse pas pledier à toi de ce que tu n’en as riens fet, ne à celui
								ne puis je pledoier à qui tu l’as baillié por ce que ne li deffendi
								pas que il n’i feist rien. ¶ {4} Et de ce apert il que li prevost
								promet [35vB] que il retablira celui qui issi est atornez, que li
								autor a itel auction par l’ofice au juge por tant comme il ne vosist
								que cil eust quis contre lui autre aversere ‹...› il le li tendra. ¶
								{5} Et se cil contre qui l’en a tele aucion est prez de sofrir tel
								jugement ausit com s’il tenist la chose, l’en ne le doit pas oïr ne
								doner li auction.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.7.4} <hi rend="i"> Ulpianus. Idem</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Encore, se cil à qui la chose est balliee de mon aversere a tant tenu
								les que l’en ne la li puet demander, cest ban est contre lui. {1} Et
								il puet avenir que aucun lesse à tenir la chose que je demande sainz
								tricherie, mes il le fet por foïr le plet&#160;; et moulz autres
								choses puet aucun lessier à tenir sanz tricherie, ne no fet pas pour
								foïr le plet, ne n’est pas tenuz de foïr ce ban, car il ne met pas
								la chose hors de sa main que ne fet sanz plus que la chose lesser.
								Ne li prevost ne blasme pas celui quar il motre que il ne voloit pas
								avoir la chose, et il a bone pensee que il n’a cure de plet, ne l’en
								ne l’en doit pas blasmer. Mes cil doit estre blasmz que quant il
								vost avoir la chose la porte à autrui por deffendre, que il est plus
								animos et plus forz. ¶ {2} Pedius dit que ci ban n’apartien pas
								solement à müer la seignorie de la chose don est li plez, mes ausi
								se l’en mue la sesine&#160;; se que non, il ne sera pas tenuz contre
								celui à qui l’en demandoit s’i lesse la possession. ¶ {3} Et se
								aucun met son plet sor autre por febleté ou por aage ou por ce que
								il n’i puet entendre, il n’est pas tenuz de ce ban, car ce ban fet
								mencion de male tricherie&#160;; ne il ne porra pledoier par
								procurators por ce que il avront prise sor aus la seignorie aucunne
								foiz por droite cause. ¶ {4} Et cil ban apartient à droitures des
								teneures, que l’en ne la mete en autrui main par tricherie. ¶ {5}
								Cete aucion aviant à ce que cil vosit por tant que cil n’eust sa
								chose, ou se cil est morz à qui l’autre li balla, cest ban faut an
								ce, si li autor n’i a autre chose. [36rA] ¶ {6} Ceste aucion n’en
								porte point de poine, mes el commande que l’en n’enpeichast sa
								chose&#160;; et ele est donee à l’oir et contre l’oir.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.7.11} <hi rend="i"> Idem. Cum miles</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Uns chevalers demandoit possessions que il disoit que l’an li avoit
								donees&#160;; l’an respondi que se cil don fust fet por acheson de
								müer le jugement, il convient que le premier seignor an
								pledoit&#160;; que l’en ne croie que l’en ait baillié au chevaler
								plus la chose que le plet.</p>
						</div>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_12">
				<front>
					<head type="gp">XII. De arbitres <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
					<div type="original">
						<listWit>
							<witness>Traduit du Dig., liv. 4, tit. 8, <hi rend="i">de Receptis qui
									arbitrium receperunt ut sententiam dicant</hi>.</witness>
						</listWit>
					</div>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ {4.8.1} <hi rend="i"> Paulus. Cumpromissum</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Mise si ‹est› à la meniere de jugement et apartient à fenir plez.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.2} <hi rend="i"> Ulpianus. Et compromisso</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Acordé est que excepcion n’issent pas de mise, mes l’en puet demander
								la paine.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.3} <hi rend="i"> Idem. Libon</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Labes dit&#160;: se li arbitres ne dit sentence de la mise qui est
								sor lui que aucuns soit assoz de la demande que aucun menor fesoit
								sor lui, li prevost ne le doit pas avoir estable ne l’en ne porra
								demander la paine. ¶ {1} Et li prevoz ne puet nul forcer à prandre
								arbitre, ¶ car ceste chose est franche et delivre et sanz besoing de
								juridiction. Mes, puis que aucun a pris sor soi la mise, li prevoz
								cuide que il apartient à soi ou delivrer, non pas por ce que il
								s’estudie à plez fenir, mes que li miseor ne soient deceu, qui
								l’eslurent comme preudom. ¶ Or soit que li plez eit esté demenez et
								que li arbitres seit tout l’afere, et que il est corrumpu ou par
								amor ou par loer ou par autre cause, et ne vost dire droit, nus ne
								puet nier que il ne soit droit que li prevoz ne san autrement que il
								le forcera ce à dire que il prist sor soi. ¶ {2} Li prevoz
								dit&#160;: cil qui recevra arbitres de mise de pecune. ¶ {3} Veon
								des persones des arbitres. Li prevoz forcera arbitre de queque
								digneté que il soit de dire son dit, tot soit il conche, s’i n’est
								mestre ou an aucunne poeté, ou provot ou conte&#160;; car cex n’en
								puet il forcier.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.4} <hi rend="i"> Paulus. Nam magistratus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Car li haut mestre ne puent estre forcé en nule meniere&#160;; ne
								n’est [36rB] mie force s’il ont receu l’arbitre an cele
								digneté&#160;; car li plus bas i puent estre forcié.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.5} <hi rend="i"> Ulpianus. Sed et filius</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et li fiz i est forciez.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.6} <hi rend="i"> Gaius. Quin etiam</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>L’an dit que li filz doit estre arbitre de la cause au pere, car
								plusor s’acordent que il doit estre juge.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.7} <hi rend="i"> Ulpianus. Pedius</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Pedius et Pomponius dient que pou monte se li arbitre est franc ou
								franchi, ou de bone renommee ou de mauvese. Labeo dit que l’en ne
								puet fere mise au serf&#160;; et c’est voir. Don Julien dit que s’il
								a fet mise sor Robert et sor un serf, l’an ne doit pas forcier
								Robert à dire sentence por ce que il a compegnon, tot ne soit nul
								l’arbitre de serf. Et s’il dit sentence, la poine ne puet estre
								demandee&#160;; car il ne dit pas sentence si com il reçut la
								mise.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.8} <hi rend="i"> Paulus. Sed et si ita</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et si l’an fet issit la mise que la sentence d’un vaille, Julian dit
								que l’en doit Tebert forcer à dire son dit.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.9} <hi rend="i"> Ulpianus dit&#160;: Sed et si
							servum</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et si l’an fet mise au serf, et il dit franc sa sentence, je cuit que
								ele vaut se les parties s’i acordent s’il est fet franc. ¶ {1} Mes
								l’en ne puet fere mise an orfelin, ne an forsené, ne an sort, ne an
								muz, ausit com dit Ponponius. ¶ {2} Se aucun est juge et il reçoit
								en son arbitre de la chose don il est juge, ou s’il comande que l’en
								se mete sor lui, la loi le li deffent&#160;; et s’il an dit, l’en ne
								puet demander la poine. ¶ {3} Autres i a qui<note>qui] <hi rend="i"
										>quant</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i">sunt et alii
										qui non coguntur sententiam dicere</hi>, distraction du
									scribe dans la résolution des abréviations</note> ne puent estre
								forcié de dire lor dit, si comme s’il i a loer ou vilté en lor mise.
								¶ {4} Julian dit : se li pledeor diffement le pledeor, le prevot ne
								le doit pas acuser ne forcier&#160;; mes s’il est issi, il le doit
								savoir. ¶ {5} Et ausi est s’i le lessent et retornent ariere à lor
								juge.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.10} <hi rend="i"> Paulus. Vel aliud</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Ou à autre arbitre.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.11} <hi rend="i"> Ulpianus. Litigatores</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se li pledeors vont à la cort de l’ofice et enprés retornent, le
								prevost ne doit pas l’arbitre forcer de dire [36vA] son dit por ce
								que cil li ont fet despit por ce que il alerent à autre. ¶ {1} L’an
								ne doit pas forcer arbitre de dire son dit s’il n’i a mis poine. ¶
								{2} Ce que li prevost dit «&#160; deners don est fete mise &#160;»,
								nos devon entendre s’il i a poine de deners de ça et de la, ou autre
								chose en leu de poine se aucun ne tenoit le dit l’arbitre&#160;; et
								issit le dit Ponponius. ¶ Et se les choses sont misses allors, par
								si que cil les ait qui gaagnera, ou que il doint cele chose cil qui
								l’a en garde, s’il ne voudra tenir la sentence l’en demande se l’en
								doit forcer l’arbitre de dire sentence. Et je cuit que oïl,
								d’autretant com li a ballé. Et se li uns promist deners, li autre la
								chose, la mise est pleniere et sera forcie. {3} Aucunne foiz, si
								comme Ponponius dit, mise est fete aucunne foiz par un convenant, si
								comme s’il sont andui detor et il funt entre aus que li un ne
								l’autre ne demande la chose que l’en la lor doit s’il ne tienent la
								sentence l’arbitre. ¶ {4} Julien dit que l’en ne puet l’arbitre
								forcer à dire son dit se l’un se met en lui et li autres ne s’i met.
								¶ {5} Ausit dit il&#160;: se la poine i est mise par condiction,
								ausit comme l’en dit «&#160; se tu fes ce, je te donroi ce &#160;»,
								l’an ne puet forcer l’arbitre à dire son dit dusque la condicion
								soit avenue, que la sentence ne soit mauvese se la condiction
								est&#160;; et issit dit Ponponius. ¶</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.12} <hi rend="i"> Paulus. Quo casu</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et en ce quas apartient il au prevost que li arbitres puet dire son
								dit au jor que c’est mis qu’i le die.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.13} <hi rend="i"> Ulpianus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Puponius dit que se un autre prent la poine à gré, l’en ne doit pas
								l’arbitre forcer à dire son dit. ¶ {1} Ponponius dit&#160;: se mise
								est solement de mes contenz, et j’ai promise poine de la chose, l’an
								doit voer s’il i a mise&#160;; je ne voi pas que ele i soit, car
								s’il i a mise solement de mes contenz, il n’i a [36vB] nule reson.
								Et si puet l’en fere mise d’une chose, et s’i i a reson por quoi
								l’en puet dire que ce n’est pas mise por ce que la promesse vient
								d’une part et se cil qui promist fust demandé, or l’en puet dire que
								la mise est pleniere, car cil à qui l’en demande est segur, ausit
								comme de barre de convenant&#160;; et se l’autre ne vint tenir la
								mise, cil à qui l’en demande a la promesse. Mes je ne cuit pas que
								ce soit voirs&#160;; il ne sofist pas avoir barre qui l’arbitre soit
								tenuz de dire sentence. ¶ {2} Cil est veuz que il a receu l’arbitre
								qui reçoit ce que li juges fet et qui veaut terminer le plet par sa
								sentence&#160;; et s’il fet issi que l’an en pledoit, ou que li
								aferes soit menez par son consoil ou par s’autorité, il n’est pas
								aparissant que il ait receu l’arbitre. ¶ {3} Li arbitres ne puet
								estre forcez à tos jorz de dire sentence où li juges ne seroit
								forciez, se le jor de la mise ne doit passer ne il ne la puisse
								dire. {4} Et se le prevost le force à dire son dit, droiz est que
								s’il jure que il n’est pas certain de la cause que l’an li doint
								espace à dire son dit. ¶</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.14} <hi rend="i"> Ponponius. Sed et si</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et se la mise est fete sanz jor, il convient que li arbitres meste
								son jor au parties s’il s’i acordent por la cause determiner&#160;;
								et se l’é lessé que il n’i ait jor, il puet estre toz jorz forciez à
								dire son dit.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.15} <hi rend="i"> Ulpianus. Licet</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et tot die le prevost estroitement que il forcera l’arbitre de dire
								son dit, il doit oïr sa reson aucunne foiz et son acusement, si
								comme il avient se l’en dit que il soit mal renomez par celx qui se
								sont mis sor lui, ou s’il le heent, ou s’il aime l’un plus que
								l’autre, ou s’il a age, ou feblece l’enpeche, ou que il ait trop à
								fere de ses aferes, ou que il le convient aler hors dou païs, ou por
								le commun, il n’est pas tenu à dire son dit&#160;; et issit le dit
								Labeo.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.16} <hi rend="i"> Paulus. Et si qua</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et se aucunne autre male [37rA] aventure li avient enprés ce que il a
								l’arbitre receu, si comme de feblece ou de tex chose, il n’est pas
								droiz que il soit forciez. ¶ {1} Li arbitres doit estre racusez au
								non de son jugement, que il est privé au commun, si comme cil ne
								puet dire son dit dedanz le jor que il i a mis. Et s’il puet, por
								quoi ne le fera il quant il le puet dire&#160;? Et il li puet avenir
								aucune foiz sanz nule devise s’il si acordent andui que il puet dire
								son dit, tot n’et l’en parle de jor, ne autrement n’en fera rien. Il
								ne puet estre forciez s’il ne consent que il se mete an lui de chief
								se le jor doit passer.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.17} <hi rend="i"> Ulpianus. Item</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et se un des pledeors qui n’a rien et guerpit ce que il a, li
								arbitres ne doit pas estre forciez de dire son dit por ce que il n’a
								de quoi paer, ne ne puet estre trez en plet ne traire l’autrui. ¶
								{1} Labeo dit que si li pledeor, un poi enprés que il avront
								pledoié, retornent à l’arbitre, non poent forcier de dire son dit. ¶
								{2} Et s’il i a plusors arbitres, l’an ne puet forcier l’un de dire
								son dit o toz o nuil. {3} Et se l’an fet mise en tel meniere que li
								arbitres die ce que plera à Tebert mon aversere, Ponponius demande
								quil doit estre forciez&#160;; et je cuit que tel arbitres ne vaut
								riens quant li arbitres n’a poer de dire sa sentence à sa volenté.
								{4} Et s’il en fet issi misse que ce que Tybert et Gaubert en
								feront, tel mise vaut, et je le cuit, et puet l’en forcier l’arbitre
								de dire son dit. ¶ {5} Et si l’en fet mise sor dos, ainsint que s’il
								se descordent que il pregnent le tierz, tel mise ne vaut riens, car
								il se puet discorder en eslire le tierz. ¶ Et se l’an fet issi que
								dan Jefroi soit li tierz, tel mise vaut, car il ne se puent
								descorder an prendre le tierz. {6} Or demandun principaument, se
								l’en met mise sor .ii. arbitres, se li prevoz les doit forcier de
								dire sentence, por ce que la chose ne sera jamés fenie par avanture
								por ce que home sont de nature legiere à descorder. Et por ce reçoit
								la mise au numbre desiuel<note>desiuel] <hi rend="i">desimel</hi>
									dans le ms., distraction dans la notation des jambages, cf. lat.
										<hi rend="i">impari numero</hi></note>, por ce que toz ne
								s’acordent pas legierement&#160;; mes s’il se descordent [37rB],
								l’en tendra ce que li plus en dira. Et si tient l’en que l’an puet
								fere mise an .ii., et doit li prevolz fere eslire as arbitres le
								tierz à qui droit l’en se tiegne s’il se descordent. ¶ {7} Celsus
								dit que se l’en fet mise an .iii., que li consentement des .ii.
								sofist se li tierz est presanz. Et s’il n’est presanz, tot s’i
								acordent li dui, lor arbitre ne vaut riens, por ce que la mise fut
								fete sur aus trois&#160;; et s’il fut present, il puet trere les
								.ii. à sa sentence.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.18} <hi rend="i"> Ponponius. Sicuti</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et ausit comme s’il ne vaut riens ce que .ii. juges font quant li
								tierz n’i est, quar ce que la gregnor partie juige doit estre tenu,
								quar ausit est comme se toz eusent jugié.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.19} <hi rend="i"> Paulus. Qualem</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Labeo dit que li prevoz n’a que fere quel sentence li arbitres die,
								s’il dit toute voies ce que l’en est avis&#160;; et se l’an fist
								issi la mise que il doint certaine sentence, li arbitres est nul, ne
								l’an ne le doit pas forcier à dire son dit. {1} Julianus. Dicere.
								Nos cuidon que cil die «&#160; sentence &#160;» que il a dit en tel
								pensee que selon son dit que il voille fenir tot le contenz. Et se
								la mise est de plusors choses, s’il ne fenist toz les contanz, il ne
								dit rien, ainz le doit forcier li prevoz. {2} Donc l’en doit voir
								s’il puet müer sa sentence. Et autrement n’et li aferes se li
								arbitres dit par son dit que l’en doint aucunne chose à l’autre
								partie et aprés le deffant&#160;; l’en demande le quel l’en doit
								tenir, ce que il deffant ou ce que il commande. Et Sabinus cuide
								bien que oïl&#160;; et Casius acuse bien la sentence son metre, et
								dit que Sabinus n’antandi pas de cele sentence por qui li arbitres
								est determinz, mes de cele sentence qui est aparellement à delivrer
								la cause. Ausi comme s’il commande que cil qui se sont mis sor lui
								seent par devant lui an avrill, puis lor remande que il i soient an
								moy, il puet bien müer le jor. Et s’il condampne ou s’il asost par
								sentence, il ne puet rapeler sa sentence premiere.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.20} <hi rend="i"> Gaius. Quia</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et se li arbitres foloie à dire, il ne la puet remander.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.21} <hi rend="i"> Ulpianus. Quid tamen</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et s’il est [37vA] fet arbitre de plusors contenz divers, et il dit
								son dit de un et non pas de autres, il remaint encore arbitre&#160;?
								¶ Or veon s’il puet müer sa sentence do premier contanz dom il avoit
								dit sentence. Et moult i a à savoir se mise est ou non que il die
								son dit de tot&#160;; car s’ill i a mise de tot, il puet müer son
								jor, car il n’a pas dit son dit de tot&#160;; et s’il i a plusors
								mises deviseement, quant à ce, il n’est plus arbitres. ¶ {1} Se li
								arbitres dit isit par son dit&#160;: «&#160; je ne voi pas que il
								soit certeine chose ne segure à Tibert avoir contanz contre Gaubert
								&#160;», et s’il ne deffendi Aubert que il ne demandast rien, et
								s’il demande rien, il fist contre la sentence l’arbitre&#160;; et
								issint le cuident Offilius et Tribace. ¶ {2} Je cuit que li arbitres
								puet metre jor à fere poie, et issit le cuide Tribace. ¶ {3}
								Ponponius dit que se li arbitres dit mauvese sentence, ausit comme
								l’en dit&#160;: «&#160; de tant comme tu doiz à Robert, nos en feron
								à nostre devise, et tant com tu as rendu, autretant pren &#160;» ¶
								{4} et se li arbitres deffant que l’an ne demande la poine de la
								mise, Ponponius dit que il ne puet valoir&#160;; et ce est reson,
								car il n’i ot point mise fete de la poine. {5} Ponponius. Si cum.
								Quant li jor de la mise fu feniz, le jor fu alongiez, li pledeor se
								mistrent de chief en l’arbitrage, ne ne reçut pas sus soi l’arbitre
								de la secunde mise, ne l’an ne l’en puet forcier de prendre le sus
								soi, s’il n’a esté en demore de dire son dit&#160;; et s’il demora
								por lui, droiz est que il soit forciez por le prevost de prendre
								l’autre mise. Et c’est voir s’il n’ot mis point de jor en la
								premiere mise, et s’il i ot jor et il ne dit son dit, il fut et
								remest arbitre. ¶ {6} L’an apele «&#160; plene mise &#160;» quant
								l’en fet pez des choses ou de contenz, car il apartient à toz
								contez. Et s’il i à contenz d’une chose, tot i ait il plaine mise,
								aucunne chose i remaint des autres demandes, [37vB] car ce vient en
								la mise don parlé fut que il an fust mise&#160;; mes miauz vaut se
								l’an fet mise de chose certaine que l’en en die son dit. {7} Li
								contenteor ne doivent pas obeir à la mise s’il lor commande fere
								chose qui ne soit cortoise. ¶ {8} Et si<note>si] <hi rend="i"
										>li</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i">si intra
										diem...</hi></note> arbitres est requis dedanz le jor de la
								mise de aler avant en la mise, et enprés le jor mande les parties,
								il n’i a point de poine. ¶ {9} Et se aucuns de celx n’i vient pas ou
								par feblece, ou par le commun, ou de par les metres, ou por autre
								droite cause, la poine n’est pas commise, si com dient Proculus et
								Articilinus. Et s’il veaut fere mise sor lui, l’an li doit avoir
								barre&#160;; et c’est voir se li arbitres veaut recevoir la mise sor
								soi, car Julien dit qui l’en ne le doit pas forcier, et cil est
								quité de la poine. {10} Et se li arbitres commande que li miseor qui
								estoient en la province venissaint, et li arbitres estoit à
									Rome<note>Rome] <hi rend="i">jorne</hi> dans le ms., sans doute,
									une faute de lecture, cf. lat. <hi rend="i">cum Romae esset in
										eum compromissum</hi></note>, l’en demande se l’en n’i vet
								s’il i a point de poine. Et c’est voir que Julien dit que can doit
								estre mis en la mise, et qui jura le comprera s’il commande autre
								leu. Et que sera se l’en ne set le leu&#160;? Mieuz est que l’en
								entende le leu où est fete la mise. Et se li arbitres lor commande
								un leu qui soit dedanz la cité&#160;? Pegasus dit que il le puet
								bien fere&#160;; et je cuit bien que c’est voirs s’il est de tel
								autorité que il est à costume à fere ses aferes an privez leus et li
								pledeor i puent venir legierement. {11} Et s’i les commande venir en
								aucun autre leu qui n’est pas honeste, si comme en corsine ou en
								bordeau, Juliain dit que se l’en n’i vet, l’an ne le comprara pas.
								Celsus loe ceste sentence, don il dit trop bien&#160;: se ce leu est
								tel que l’un des pledeors n’i puet venir honestement, et li autres i
								puet venir et il n’i vient pas, que il puet venir sanz honte ne il
								n’i vient pas, et li autres i vient qui n’i puet venir sanz honte,
								l’en demande se la poine est commise, ausit comme s’il n’en chausit
								à celui d’i venir. Celsus [38rA] cuide que la poine ne doit pas
								estre commise, car ce seroit trufle entendre que la chose fust ferme
								an persone d’autrui et an autre non. ¶ {12} Or doit l’en voir an
								combien de tens sera commise la poine se l’en ne rant ce que li
								arbitres commande. Et s’il n’i met point de jor, s’il i a un pou de
								tens et s’il é passé, la poine puet estre demanois demandee. Et s’il
								le commande avant que il die son dit, l’en ne porra demander la
								poine.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.22} <hi rend="i"> Paulus. Utique</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et c’est voirs s’i ne vost lors que l’an rendist.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.23} <hi rend="i"> Ulpianus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Celsus dit&#160;: se li arbitres commande que l’en rande dedanz moi
								et l’an ne rant pas, tot l’ofre l’an aprés, la poine est commisse,
								por ce que l’an ne randi quant l’an dut. Et s’il prant ce que l’en
								li offre, il ne puet demander la poine&#160;; et s’il le fet, l’en a
								contre lui barre de tricherie. ¶ {1} Ausit dit il&#160;: s’i
								commande que tu me randes, et se je soi si feble ou par autre cause
								si enpechié que je ne le poi recevoir, je ne cuit pas que la poine
								soit commisse, et se tu es preuz enprés de prandre le jor et tu ne
								le fes pas. Il cuide que li arbitres ait .ii. commandemanz, l’un de
								randre l’argent, l’autre de tens&#160;; tot ne soit la poine
								commisse por ce que tu ne ranz pas au jor, et par toi ne faut pas,
								toute voies le doiz tu, an ce que tu ne le ranz pas. {2} Ausi est
								que il n’i a autre chose de fere son poer de tenir la mise que de
								fere son poer quant à lui apartient. {3} Ausi dit Celsus&#160;: se
								li arbitres commande que je te rande à certain jor, tu ne vosis
								prendre, je me poi deffendre par droit que la poine n’est pas
								commise.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.24} <hi rend="i"> Paulus. Sed et si postea</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et s’il est enprés prez de prandre, je li puis baller sanz poine, tot
								ne l’avoie je pas fet devant.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.25} <hi rend="i"> Paulus. Labeo</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Labeo dit&#160;: si li arbitres de la mise qui estoit sor lui, s’il
								fust issi acordé que il deist à celui jor son dit et il dit d’une
								chose son dit et d’autres ne le dit pas et alogna le jor, le dit
								vaut et puet sanz poine te[38rB]nir son dit. Et Ponponius loe la
								sentence Labeonis&#160;; et ausit m’est il avis, car il n’a pas
								achevé son afere à dire son dit. ¶ {1} Et ceste cause d’aloigner le
								jor ne done à arbitre nul autre poir que de jor alongier&#160;; et
								por ce ne puet il ne apeticer ne müer la condiction de la premiere
								mise, et por ce doit il dire son dit de totes choses. ¶ {2} Et se
								l’en done ploige de la premiere mise et de l’autre anprés, Labeo dit
								que il doit dire son dit&#160;; mes Ponponius dit se par ces plege
								ou par ausi bons, et que sera se cil ne vuelent plevir&#160;? Il
								convient que il quiere ausi bons.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.26} <hi rend="i"> Paulus. Ne in potestate</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Et c’est fet que li plege n’eent poer com la poine soit commisse
								quant il ne s’obligent enprés&#160;; et ausi est s’il se morent.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.27} <hi rend="i"> Paulus. Diem</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>L’an puet alongier jor par mesage ou par letres. ¶ {1} Se l’en ne fet
								mencion de la mise de loer ou de ces autres, la mise faut quant le
								miseor muert. Mes nos ne tenon pas la sentence Labeo, qui cuide que
								la poine soit perdue se li arbitres commande à aucun que il rande
								aucunne chose et il muert avant que il la randist&#160;; li hers à
								celui qui est morz est tenuz rendre por lui. ¶ {2} L’an doit estre
								en la sentence à l’arbitre, soit ele bone ou mauvese, bien si gart
								que il se mist sor lui&#160;; et li enpereor dit que il la convient
								tenir tot ne soit ele bone. ¶ {3} S’il sont plusors arbitres et il
								dient diverses sentences, l’en ne doit pas tenir la&#160;; mes l’an
								la doit tenir se la gregnor partie s’i consent, si que non la poine
								est commise. ¶ Et ancor demande l’en&#160;; s’il i a trois arbitres
								et li uns condampne an .xv. et li autres an .x. et li autres an .v.,
								l’en demande la quele sentence doit valoir. Et Julien dit que l’en
								doit rendre .v., car tuit s’acorderent an some de .v. {4} Se aucun
								des pledeors n’est pas presanz, et par li est que li arbitres ne die
								son dit, la pene est commise. Et ‹si› les parties n’i sont, s’il ne
								fust devisé en la mise que se .i. ou .ii. [38vA] en defallent que il
								puet dire son dit, cil qui defaut doit la poine, por ce que por lui
								falli que li arbitres ne fut dit. {5} Et cil dit son dit devant juge
								qui le dit devant sages, car devant desvé, forsené, orfelin, se le
								tutor n’est present, ne doit l’en pas dire son dit&#160;; issit le
								dit Julien. {6} Et se aucun present deffant à l’arbitre que il ne
								die sun dit, il doit la poine. {7} Et s’il n’a point de poine en la
								mise, me s’il promet simplement que il tendra la mise, li autres a
								contre lui auction de tote la chose.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.28} <hi rend="i"> Paulus. Non autem</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Ne nuit pas se dotose ou certaine somme est mise an la mise, ausint
								comme l’en dit tant comme la chose voudra.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.29} <hi rend="i"> Ulpianus. Adversus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>L’en vet contre la sentence l’arbitre se l’an demande à celui contre
								qui il deffendi que l’en ne demandast&#160;; et se l’en demande au
								plege, la poine est commise. Et issit le dit Sabin&#160;; et s’il
								fist mise ou le plege et l’an demande à l’autre, li plege n’i pert
								rien.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.30} <hi rend="i"> Paulus. Si quis</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se aucuns tret en plet la chose don a esté mise, aucun dient que li
								prevoz ne puet forcer l’arbitre à dire son dit, car il n’i a point
								de poine, ausi com se la mise fust depecee. Et s’il i gaagne ce, il
								avendra que il se met am poier à celui don il se repant et il
									volt<note>volt] <hi rend="i">vol’t</hi> dans le ms.</note> sa
								mise alungier&#160;; donc doit il la poine, et plet corra par devant
								le juge.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.31} <hi rend="i"> Ulpianus. Ita</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Issi sera commisse la poine quant l’an fet aucunne chose contre li
								sanz la tricherie à celui qui la promist&#160;; car en tel meniere
								est fete la mise que nul ne gaagne en son conchiement. ¶ Et se l’an
								met en la mise tel cause que se l’en fet rien par tricherie en tele
								chose, que l’en ait contre celui aucion de promesse. Et por ce, se
								aucun corrunt l’arbitre ou par loier ou por covoitise, ou l’avocat à
								l’autre partie, ou aucun de cels à qui il a si cause ballie, l’en
								avra contre lui action de tricherie&#160;; ou s’il conchie son
								aversere conjontement et s’il fet tricherie en cet plet, auction de
								promesse a leu&#160;; et se cil veaut avoir aucion de tricherie, il
								ne devra [38vB] pas avoir la, mes de promesse. Et se cet mot n’est
								mis en la mise, aucion ou barre de tricherie avra leu&#160;; et cele
								mise est plene qui a mencion de cete cause.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.32} <hi rend="i"> Paulus. Non distinguemus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Nos ne feron pas force s’il a petite poine ou grant an mises plus que
								la choses dom est li contenz ne vaut. {1} Et li arbitres n’est pas
								forcez de dire son dit s’il n’i a poine. ¶ {2} Se feme fet mise an
								autrui non, la poine n’et pas commise por lui. ¶ {3} La some de la
								chose est que li prevoz ne s’en entremete ja s’il i ot mise ou n’i
								ot, mes lesse pendre<note>pendre] <hi rend="i">prandre</hi> dans le
									ms.</note> savoir se la poine puet estre demandee ou se ele faut
								enprés. ¶ Mise est depecee par jor qui passe, par mort, par gié, par
								jugement, par convenant. {4} Et se aucun arbitre devient pretre,
								veon se l’en le puet forcer à dire son dit. Et cest é ostroié
								solement non pas à l’enor des arbitres, qui à l’annor de Deu, à cui
								servise il convient que li prestres entende. Et s’i le reçoit
								pretres, il convient que il die son dit. {5} Et l’an ne repuet
								forcer l’arbitre de dire son dit se l’en n’a fet pez, ou se cil est
								morz qui fist la mise, s’il n’i a remés aucunne chose por quoi. ¶
								{6} Julien dit sanz devise&#160;: se l’an fet mise de aucun forfet
								par error ou se l’en fet mise de la chose don commun jugement est
								establi, ausit comme de avotires, de murtres, li prevoz doit deveer
								que l’an an die droit ne que le dit ne vauge rien. ¶ {7} Ne arbitre
								ne doit pas dire son dit de cause de franchise, car c’est si aute
								chose que grant juges devent an conoistre. Et ausit doit l’en dire
								s’il est plet de franchise ou de franchir&#160;; et se l’en doit
								franchise de testamant ausi en doit l’en dire. ¶ {8} Et se li serf
								fet mise, l’an ne doit pas forcier l’arbitre de dire<note>de dire]
										<hi rend="i">de dedire</hi> dans le ms.</note> son dit, ne
								ne doit l’en rendre la poine. ¶ Veon se franc fet mise o li se l’an
								doit doner poine contre le franc&#160;; et miauz vaut que il n’i
								soit pas donee. ¶ {9} Et se aucun fet mise à Rome, [39rA] et enprés
								vient en mesage à Rome, li arbitres ne doit pas estre forciez de
								dire son dit, ne ne sera plus forciez que s’il eust avant entemné le
								plet&#160;; ne ne regarde l’en pas si fu lors en mesage ou non. Et
								s’il fet mise en mesagerie, je cuit que li arbitres doit estre
								forciez de dire son dit, car s’il eust un plet pris sor soi, il fust
								tenuz dou precheur. Et aucun sont qui de ce dotent, et non pas à
								droit, que ne devent pas doter s’il fist mise de la mesagerie de
								cele chose, que il fist lors por ce que il est forcez de prendre le
								plet an celui non. L’en doit ce voir avant, s’il fist la mise avant
								que il fust mesage li arbitres doit estre forciez de dire son dit se
								cil le requiert. Et ce sanble tort par la premiere reson, que cil
								ait tel poer&#160;; et autretel comme en plet que l’an auge en plet
								avant de la mise, ausint comme en<note>en] <hi rend="i">enn</hi>
									dans le ms., signe d’abréviation mal placé</note> un autre plet.
								{10} Se cil qui avoit fet mise o le mort fet contenz de l’eritage
								avoir, se li arbitres dit son dit, il puet fere tort à l’oir&#160;;
								don ne doit l’en deffendre l’arbitre que il ne die son dit. ¶ {11}
								Le jor de la mise puet estre longié, non pas por convenance, mes
								quant besoing est que il soit alongié par le comandement l’arbitre
								que la poine ne soit commise. ¶ {12} Se li arbitres se vout celer,
								li prevoz le doit cerchier et, s’il demore, il doit rendre la poine.
								{13} Quant mise est fete sor plusors par tel convent que se chascun
								ou un die son dit, que il soit tenu se li autre n’i sont presant,
								cil qui est presanz sera forciez de dire son dit. Et se l’en fet
								mise par tel condiction que tuit dient lor dit, ou que ce soit tenu
								que li plus dira, l’an ne forcera pas chescun, car la sentence de
								chascun ne fet pas rendre la poine. ¶ {14} Cum .i. arbitre fust
								aperceu à estre ennemi d’autre cause, l’en li deffendi que il ne
								deist son dit, et sanz force de nul il le dist, li enpereor dist que
								l’en avoit encontre lui barre de tricherie&#160;; et quant il
								demanda conseil au juge devant qui la poine [39rB] estoit demandee,
								il dist que se l’an ne poet apeler, que l’an poist avoir contre lui
								barre de tricherie ou demander la poine. Et itel barre est une
								meniere d’apeler que l’an puisse rapeler la sentence l’arbitre. ¶
								{15} Et por ce que nos parlon de office de arbitre, l’an doit savoir
								que tot doit estre preis de la mise, ne dehors l’en ne doit riens
								fere, ne li arbitres ne puet rien fere fors de la mise. {16} L’en
								demande de la sentence l’arbitre et de son dit, tot eent dit aucunne
								autre chose. Et je ne cuit pas que ce soit voir que la poine soit
								commise s’il dit que l’en auge à son juige, ou que l’en se mete ou
								sor lui ou sor un autre&#160;; car Julien dit que la poine doit
								estre randue se l’en ne tient son dit, s’i commande que l’auge à
								autre arbitre, et issi ne fineroit l’en jamés. Et s’il dit ainsi que
								la chose soit baillie par l’arbitre don Tebert ou que il dont
								caucion, Pedius dit que l’an ne doit pas tenir son dit. Et cil
								Pedius dit que les mises soient alongees, ou fetes mises sor autres
								mises por metre fin à contenz, car il ne fenist pas le contenz s’il
								delae l’afere ou s’il le met sus autre, et que c’est une partie de
								sentence se l’an done caucion ou plege, et que l’en ne puet l’afere
								à autre baller s’il n’i a mise ou se li arbitres n’atablist par cui
								volenté la caucion soit prise ou donee. ¶ {17} Et s’il commande que
								il ait o soi un compaignon an la mise, il ne dit rien, car son dit
								doit estre de la mise et la parole n’est pas de ce. ¶ {18} Se cil
								qui firent la mise volent venir devant l’arbitre par procurators, li
								arbitres puet commander s’il vint que il i viegnent ; {19} et se
								l’an fet en la mise mencion de l’oir, il puet commander que li ers i
								viegne. ¶ {20} Il est contenu en l’ofice à l’arbitre comment la
								teneure doit estre baillie voide&#160;; ou s’il doit doner caucion
								que li sires<note>sires] <hi rend="i">sues</hi> dans le ms., cf.
									lat. <hi rend="i">dominus</hi></note> avra son fet acablé, la
								poine est commise. ¶ {21} Li arbitres ne puet riens fere hors de la
								mise; et por ce doit l’en metre jor à la mise, si non il n’i a point
								de poine.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.33} <hi rend="i"> Papinianus. Arbiter</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se l’an dit en la mise que l’an poche le jor alongier, bien [39vA] le
								puet l’en fere&#160;; me il convient que les parties s’i
								acordent.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.34} <hi rend="i"> Paulus. Si duo</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Si dui qui doivent ou à cui l’en doit sont, et l’an fet mise, et l’en
								deffende à cetui qui ne demant ou que l’an ne demant, l’an doit
								trover s’il demande ou se l’an li demande. Se l’an li demande, la
								poine est commise. ¶ Et ausit puet l’en dire de .ii. changeors qui
								ont lor choses ensenble&#160;; et nos la porrons joindre issi ou les
								pleges, s’i sont compagnons&#160;; issi que l’an ne demant rien, ne
								je ne demant, ne an mon non ne demande l’en pas, tot demant l’en.
								{1} Se la poine est commise, je cuit que la mise est depecee&#160;;
								ne n’i puet plus avoir poine s’il n’est mis en convant que de tantes
								causes tantes poines.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.35} <hi rend="i"> Paulus. Si pupillus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se li orfelins fet mise sanz l’autorité au tutor, l’an ne doit pas
								forcier l’arbitre de dire son dit. Car se l’an dit contre lui, il
								n’est pas tenuz de la poine, mes le plege qui i est<note>i est] <hi
										rend="i">rest</hi> dans le ms.</note> mis en est
								tenuz&#160;; et issi dit Julien.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.36} <hi rend="i"> Ulpianus. Si feriatis</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se li prevoz force l’arbitre de dire son dit en jor de ferie et l’an
								demande la poine, barre n’a point de leu se ce jor ferié où l’en dit
								le dit n’est excepté par autre convenance.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.37} <hi rend="i"> Celsus. Quamvis</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se li arbitres deffant que l’en ne demant rien l’un à l’autre, et li
								hers demande à l’autre, la poine sera pardue&#160;; car l’en ne fet
								pas mise por plez alongier mes por acorcier.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.38} <hi rend="i"> Modestinus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Quant poine est demandee de mise, et cil qui si mist est condamnez,
								n’est pas force s’il apartient à l’aversere que l’an tenist dit à
								l’aversere ou non.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.39} <hi rend="i"> Sabolunus. Non ex omnibus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>L’an ne doit pas demander poine de mise et totes les causes dont l’en
								ne garde lo dit l’arbitre, mes li arbitres puet punir solement celui
								qui ne rant ce que il commande. Et an cest conte ne sont pas les
								nons des garanz s’il ne sont monstrez par la sentence de l’arbitre.
								{1} Quant li arbitres commande le jor alongier et l’en li otroie, li
								autres puet avoir la poine [39vB] par la demore à l’autre.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.40} <hi rend="i"> Ponponius. Arbiter</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Li arbitres commanda as parties que il fussent devant lui à mi moi,
								et antre tant il mori&#160;; li uns de cels n’i fu pas. Sanz dote la
								poine n’est pas commise, car Aristo dit que il oï<note>oï] <hi
										rend="i">or</hi> dans le ms.</note> que Casius disoit que la
								poine n’estoit pas commise por ce que li arbitres n’estoit pas
								venuz&#160;; ausit comme Servius dit&#160;: si remeint par le
								prometeor que il ne receue la procuracion, la poine n’est pas
								commisse.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.43} <hi rend="i"> Scevola. De rebus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Mise fut fete de par Tebert de toz contenz sor arbitre&#160;; mes
								l’en i oblia par folie à nonmer en la mise unes choses, ne li
								arbitres ne dit riens. L’an demande se ce qui fu lessié puet estre
								demandé. Je di que oïl, ne n’i a point de poine. Et s’il le fist
								malicieusement, il puet demander ce que fu lessié, mes il rendra la
								poine.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.44} <hi rend="i"> Idem. Inter</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Contez estoit antre Chatelein et Senefroi de bones ; mises en fut
								fete sor l’arbitre por terminer l’afere par son dit&#160;; il dit
								sentence par devant les parties et i eust bonnes. L’en demande se
								Chatelain ne tint le dit l’arbitre se la poine est commise. Je di
								que oïl, por ce que il dist son dit an la presence de celx.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.45} <hi rend="i"> Ulpianus. In compromissis</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Arbitre de persone ne passe pas la persone en mise.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.46} <hi rend="i"> Paulus. De hiis</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Li arbitres puet juigier de ces contanz et de celes choses qui
								estoient au commencement antre ceux qui se mistrent, non pas de ce
								qui vient enprés.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.47} <hi rend="i"> Paulus</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se la mise ‹est› issi fete que li arbitres die son dit devant aus ou
								devant lor hers et li uns d’aus muert et li orfelins remaint heir,
								la sentence, s’ele est dite, ne vaut riens se le tutor n’i est
								presant. {1} Et ausi est se li uns des miseors ist fors dou san.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.48} <hi rend="i"> Modestinus. Arbiter</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Arbitre n’est pas forcié à dire sentence.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.49} <hi rend="i"> Ulpianus. Sed et interpellatur</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Mes l’an le doit metre à reson que il die sa sentence, car l’an ne
								fet rien devant desvé&#160;; et se cil desvé a curator, li arbitres
								puet dire son [40rA] dit devant lui. ¶ {1} Li arbitres puet
								commander à parties que il soient devant soi ou par mesages ou par
								letres. {2} Et se l’autre partie solement fet mencion de l’oir, la
								mise sera depecee se l’un de cels muert, ausi com s’il moroent en
								dui se l’an ne fesoit mencion des hers à icels deus.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.50} <hi rend="i"> Sabinus. Arbiter</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Li arbitres qui ne puet dire son dit avant le jor qui en la mise
								estoit establiz, commanda que li jorz fust alongiez, li uns d’aus ne
								l’et pas&#160;; l’en demandoit se l’an li porroit demander la poine
								por la promesse. Je di que non, por ce que l’en n’avoit pas ostroié
								à l’arbitre que il aloignast le jor.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.51} <hi rend="i"> Marcellus. Si de re</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se aucun est fet arbitre de sa chose, il ne puet dire son dit, car il
								commande à soi meismes ou deffant à soi, et nus ne puet deffandre ne
								commander à soi.</p>
						</div>
					</div>
					<div>
						<head>§ {4.8.52} <hi rend="i"> Idem. Si quis</hi>.</head>
						<div type="gp">
							<p>Se aucuns demore à rendre ce que li arbitres dit, il doit la
								poine&#160;; et s’il rant anprés, il est delivré.</p>
						</div>
					</div>
				</body>
			</text>
			<text xml:id="art_13">
				<front>
					<head>XIII. De noteniers, de taverniers et hosteliers, commant il sunt tenu des
						choses qu'il reçoivent<note>Dig., lib. 4, tit. 9, <hi rend="i">Nautœ,
								caupones, stabularii, ut recepta restituant</hi>.</note>.</head>
				</front>
				<body>
					<div>
						<head>§ 1.</head>
						<p>U<hi rend="sc">lpianus.</hi>
							<emph>Ait pretor</emph>. Li prévoz dit&#160;: Tavernier, nautonier,
							ostelier, s'il ne rendent loiaument ce que l'en lor balle, ge donroi
							jugement contre aus.</p>
						<p>Ci a mout grant preu&#160;: car il convient aucune foiz croire soi à aus
							baller lor ses choses, ne ne cuit nus que ce soit establi durement
							contre aus&#160;: car il est en aus de recevoir autrui choses ou de
							lessier, et se ce n'estoit establi, il auroient matire d'estre compainz
							à larrons ; ne ancor ne s'en gardent-il pas de fere tricheries.</p>
						<p>Or doit l'en voir qui sunt cil qui sunt tenu&#160;; et li prévoz dit que
							li notenier. Nos devon entendre notenier, cil qui moine nef, jà sé ce
							qui l'an apele noteniers toz cels qui sunt en nés&#160;; mès li prévoz
							antant solement dou mestre de la nef&#160;: car il ne doit pas, ce dit
								<ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johanz
								de Beaumont</ref>, estre obligié par le guoverneor de la nef, ou par
							un des autres&#160;; mès por soi, ou por les metres, jà sé ce qu'il est
							commendé baller la chose à aucun des noteniers&#160;; et lors sanz dote
							doit-il estre obligié. Et si a uns qui sunt mis an nés por garder les,
							et se aucuns reçoit riens de tex, je cuit que l'en doit doner aucion
							contre le mestre, porce qu'il commendent, qu'il reçoivent la chose, tot
							face celi notoniers, ou li metres&#160;; et se l'en ne set li quex ot la
							chose, li notoners est tenuz de la recete. <pb n="121"/>Labeo dit qu'il
							doit issit estre establi des metres des nés, et nos tenons ce droit.</p>
						<p>Nos apelons taverners et osteliers qui moinent taverne ou otelerie, ou
							lor serjanz. Et se aucun use de mein métier, si comme pateor, triboleor
							et itel menestères, il ne sont pas de ce tenu.</p>
						<p>Et ce que li prévoz dit que ce qui recevront soit sauf, c'est à entendre
							de quanquez il recevront. Et Johan dit que ce apartient à cest ban, se
							l'en lor balle robes, unes et autres choses, don nos avon chescun jor
							besoing. Et Johens dit que poi se monte, se nos ballons à garder nos
							choses, ou au noteniers ou au mestre, que il nos convient qu'il soient
							sauves, ausi bien comme à cex à qui il sunt. Et se je praing merz ou
							gage por deners de notenerie, li noteners sera plus tenuz à moi que au
							deteur&#160;; s'il les a receuz avant il convient qu'il soient sauves,
							se les choses sont mises en la nef, ou seignées&#160;; ou s'el ne sont
							seignées, por ce solement qui sont mises an la nef, sont-il
							receues&#160;? Et je cuit qu'il doit de tot recevoir la garde. Le fet au
							noteniers ne li apartient solement que des avainturiers.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 2.</head>
						<p>G<hi rend="sc">aius.</hi>
							<emph>Sicut</emph>. Ausi comme li taverniers est tenuz de cex qui vunt
							lor chemin.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 3.</head>
						<p>U<hi rend="sc">lpianus.</hi>
							<emph>Et ita</emph>. Et issit escrit Johan de Beaumont dou fez
							aveinturiers, et ausi en dit com se les choses n'estoient encore en la
							nef receues, et issi sont perdues ou rivage, et il les ont prises en
							garde, le péril en est lor.</p>
						<p>Li prévoz dit&#160;: S'il ne les rendent, je donrai jugemant contre aus.
							De ce ban ist demende de fet&#160;; mès l'en doit voir s'il est
							nécessere&#160;; car de ceste cause puet l'en avoir aucion de cité, s'il
							i a loer de loage, et se tote la nef est loée, et cil qui la loa puet
							plédoier de loage et des choses qui li fallent&#160;; et se li noteniers
							les prist à porter, il est tenu de loage&#160;; s'il les prist en garde,
							Johan dit que l'en a contre lui auction de chose ballié à garder. Or
							s'émervoille Johan porquoi auction de prévost est otroïe comme ele soit
							de cité, se n'est por ce que li prévoz i met poine por chastier tel
							rebauderie, et por ce que cope est an loage et tricherie en chose
							ballie. Et en cest ban est tenuz cil qui reçut la chose, tot soit la
							chose perdue sanz sa cope, ou s'il i a domage ou par avanture ou <pb
								n="122"/>por nef froissie, ou par galies, Johan dit que c'est droit
							que li metres ait exception.</p>
						<p>Ausit doit l'en dire des hosteliers et de taverne, s'il i a juerie&#160;:
							ausit en sont-il tenu. Et s'il recevent autrui chose hors lor office, il
							ne sont pas tenu. Se fiz ou serf reçoit autrui chose par la volenté au
							père, au seignor, chascun d'aux puet estre trez en plet por le tot. Et
							se serf amble ou fet domage, aucion de forfet n'aura pas leu&#160;; mès
							il sera tret en plet par ice ban, parce qu'il a la chose reçue. Et s'il
							le fet sanz la volenté au seignor ou au père, l'en aura aucion contre
							lui de son chetel&#160;; et ceste aucion si est por la chose porchacier,
							comme dit Pomponius, et por ce est-ele donée à toz jorz contre lo
							er.</p>
						<p>Au derrenier, convient voir se l'an puet avoir aucion deus, une de
							prévost, autre de larrecin, an nom d'une meisme chose. Johanz en
							dote&#160;; mès miauz vaut que cil qui balle la chose, se l'an ne la li
							rent, s'an tiegne apoié de l'ofice dou juge, ou de barre de
							tricherie.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 4.</head>
						<p>G<hi rend="sc">aïus</hi> (P<hi rend="sc">aulus</hi>). <emph>Sed et
								ipsi</emph>. Au taverniers meismes aviant aucion de larrecin, aucun
							péril la chose est perdue, s'il meismes ne l'an emblée, et se l'an la li
							emble anprès&#160;; ou se l'an la li emble, cil noteniers n'a par
							avainture de quoi paier.</p>
						<p>Se noteniers, hosteliers, herbergeors, taverniers, reçoivent autrui
							choses, il en sont tenu inelement.</p>
						<p>Johan dit que ce ban apartient à celes choses qui sont mises an la nef,
							anprès les marchandies et anprès les aloés, tot n'en doie l'en rien de
							voiture, si comme de robe et de despanse de chascuns jor&#160;: car
							totes ces choses sunt de loage des autres choses.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 5.</head>
						<p>G<hi rend="sc">aïus</hi>, <emph>Noute</emph>. Notenier et tavernier et
							ostelier prenent loer, non pas por garder&#160;; mès por porter la
							voiture et li voituriers. Et li taverniers qui sofre les joeors, li
							establer qui sofre les jumanz estre establées en l'estable, et si est-il
							tenuz de garder les&#160;: car li folon et li chartrener n'ot pas
							solement por la garde que por le mester, et totevoies sont-il tenu de la
							garder por le nom de loage.</p>
						<p>Rien que nos avon dit de larecin, ausit doit l'en antendre de
							domage&#160;: quar l'en ne doit pas doter que cil qui prist en main à
							fere sauf, ne soit tenu de domage et de larrecin.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 6.</head>
						<p><pb n="123"/>P<hi rend="sc">aulus.</hi>
							<emph>Licet</emph>. Tot sois-tu passé par noiant ou an antrer en taverne
							por noiant, l'en ne t'aniera pas aucions en fet, se l'en t'a fet honte
							ou domage. Se tu as ton serf an taverne ou en nef, et il me fet domage
							ou larrecin, tot aie-je aucion de larrecin et de honte et de domage et
							d'injure, j'é (<emph>j'ai</emph>) ici contre aucion de fet, an nom de
							mon serf. Ausit est s'il est commun, et tu n'ies tenu an son nom ou de
							partir ou de compagnie, o (<emph>ou</emph>) se tu achatas sa partie o il
								(<emph>ou le</emph>) tot, je sui dou loage obligié à toi. Et se
							aucun fet à celui domage qui est en la nef ou à la taverne, qui fet li
							prévoz&#160;? Priser, s'il ne cuide pas en tel nom bone aucion.</p>
						<p>Le tavernier est tenu de aucion de fet por cels qui sont antré an taverne
							por i habiter&#160;; et cestes choses n'apartienent pas à celui qui i
							entre demanois, ausi comme cil qui vet sa voie.</p>
						<p>Nos poon user d'aucion de larrecin et de honte contre noteniers, se nos
							menon le plet dan Tibert&#160;; mès nos ne devon tenir amne. Et se nos
							plédeon contre le metre, nos li devon fere noz demendes, tot ait li
							metres aucion contre aus de loage. Et se le mestres est quites de cele
							aucion et emprès plédoie l'en contre le notenier, il aura barre qu'il ne
							soit tote jor travaillié por un forfet. Et se l'an plédoie dou forfet,
							ce fu home, et anprès plédiei l'en d'aucion de fet, il aura barre.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 7.</head>
						<p>U<hi rend="sc">lpianus.</hi>
							<emph>Debet</emph>. Li metres doit rendre reson de toz ses noteniers,
							soient-il franc ou serf, et par droit, com il lessa (<emph>les a</emph>)
							à soi pris à son péril, ou à son preu&#160;; mès il e rant (<emph>il le
								rant</emph>) ausi com se le domage eist esté fet an la nef&#160;:
							car s'il est fez dehors, il n'i est pas tenuz. Et s'il dit avant que
							chascun gart sa chose, ne s'il i ont domage qu'il n'en rendront rien, et
							il s'i acordent, il n'i est pas tenuz.</p>
						<p>Ceste aucion de fet est (<emph>du double</emph>), se li noteniers
							s'entre-font domage, li metres n'en a que fere. Mès se aucun est
							noteniers et marcheant, bien se gart&#160;: car l'aucion est contre lui,
							et li autre notenier sont tenu ausi, si sont notenier qui ne randront
							rien de portage.</p>
						<p>Se li sers et li notenier font domage, tot ne soit-il serf notenier, est
							que l'an ait aucion contre le mestre&#160;; et li mestres est tenuz de
							sa cope an ceste aucion, por ce qu'il li mist en sa nef tex menateres.
							Et s'il meurt, il n'en sera jà relevez&#160;; mès il est tenuz sanz plus
							de forfet de <pb n="124"/>ses sers&#160;: quar quant il met estranges en
							sa nef, il doit voier de quel foiz, de quel bunté il sont. Se li sien li
							forfont, pardoner li doit-on, s'il met tex et quex à sa nef garder. Se
							pluisors moinent la nef, chascun est amplédiez par sa partie. Ces
							juigemenz, tot soient-il de provosté, il durent&#160;; mès ce n'est pas
							contre le ier. Et por ce, se le serf fust en la nef et morit, l'en ne
							donra pas aucion de chetel au sers contre le segnor, ne dedanz l'an. Mès
							se li sers ou li fiz moine la nef ou la taverne ou la herbergeresse, je
							cuic que cete aucion est contre aus, chascun por le tot, por ce qu'il
							reçurent toutes les choses qu'il i avoient, chascun por le tot.</p>
					</div>
					<div>
						<head>§ 8.</head>
						<p>D'osteliers, de taverniers, de notonners, cil qui prandront en garde,
							s'il ne le rendent loïaument, B. dit&#160;: l'en donra jugement contre
							aus, et de ce ne puet nestre batalle&#160;; mès prove par léaus
							tesmoinz.</p>
					</div>
				</body>
			</text>
		</group>
	</text>
</TEI>
