<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:id="livre4">
    <teiHeader>
        <fileDesc>
            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
                </address>
                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
                    <p>L'École nationale des chartes met à disposition cette ressource électronique
                        structurée, protégée par le code de la propriété intellectuelle sur les
                        bases de données (L341-1), selon les termes de la licence Creative
                        Commons&#160;: «&#160; Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de
                        Modification&#160;; 2.0 France&#160;». Cette licence est disponible en ligne
                        http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/ ou par courrier postal
                        à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, California
                        94105, USA.</p>
                    <p>Pas d'Utilisation Commerciale&#160;: L'École nationale des chartes souhaite
                        encourager l'utilisation et l'amélioration de ses ressources électroniques,
                        pour les intérêts de l'enseignement et de la recherche. Toute autorisation
                        au-delà du champ de cette licence doit être obtenue auprès de l'École
                        nationale des chartes.</p>
                    <p>Pas de Modification&#160;: Afin de mieux servir la communauté scientifique,
                        l'École nationale des chartes s'engage à conserver et à toujours offrir
                        publiquement la version la plus à jour de ses ressources électroniques par
                        une URI pérenne. Elle s'engage à les corriger et à les améliorer, à intégrer
                        les contributions qui lui sont soumises (après validation par un comité
                        scientifique), et à référencer l'origine de ces contributions. Toute
                        modification de la ressource qui ne serait pas reversée à la version de
                        référence sous l'autorité éditoriale de l'École nationale des chartes doit
                        faire l'objet de l'accord de celle-ci, afin de ne pas disperser les
                        contributions et de permettre les meilleures conditions possibles de
                        collaboration scientifique.</p>
                    <p>Paternité&#160;: l'École nationale des chartes demande à ce que toute
                        publication dérivée de ses ressources électroniques comporte&#160;: 1) le
                        nom de l'École nationale des chartes et, pour les publications
                        électroniques, son logo 2) l'URI permettant d'accéder à la page citée sur
                        notre site, ou à la page d'accueil de la ressource 3) la date du fichier
                        source utilisé.</p>
                    <p>Tout litige soulevé par le non respect des termes de cette licence sera
                        soumis à la juridiction des tribunaux de Paris.</p>
                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
            </sourceDesc>
        </fileDesc>
        <encodingDesc>
            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
            </projectDesc>
        </encodingDesc>
        <revisionDesc>
            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
        </revisionDesc>
    </teiHeader>
    <text>
        <front>
            <head>LI QUARZ LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI QUARZ LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <front>
                    <head type="gp">I. [41rB] De juigemenz et qui puet juigier et qui doit estre au
                        juigement et plante convenable et de force de juigemenz et de semonses <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 5, tit. 1, <hi rend="i">de Judiciis, et
                                    ubi quisque agere vel conveniri debeat,</hi> et fragment premier
                                du titre suivant.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.1} <hi rend="i">Si se subiciant</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun se metent sor la juridiction d’aucun juge qui a juridicion
                                et que il soit en cort, se s’i acordent les parties, c’est
                                juridiction.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.2} <hi rend="i">Idem. Consensisse</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil sunt veü acorder soi qui se consentent en aucun, et bien sevent
                                que il ne sont pas sor lui&#160;; et s’il cuident que il et
                                juridicion et il n’an n’i a point, ¶ l’error à pledeors, ausit comme
                                Julian dit, ne fet pas consentement&#160;; ou s’il cuiderent un
                                officiau por autre, ceste error ne done pas juridiction&#160;; ou se
                                aucun des pledeors contrata à droiz de la provosté et fu forciez, il
                                n’i a nule juridiction. ¶ {1} Acort sofist antre privees persones ou
                                li consentement au prevost&#160;? Et Julien le dit, qui ne mut pas
                                l’acort des privez, et donc sofist l’acor des privez. ¶ Et s’il se
                                consentent et li prevoz n’en sache rien et cuide que ce soit sa
                                juridiction, l’an doit voer s’i fet asez à la loi&#160;; et je cuit
                                que l’en puet bien dire que il a juridiction. ¶ {2} Et se le juige
                                est doné en certain tens et tuit li pledeor s’i acordent à alongier
                                le tens, se prince ne le deffant, li tans puet estre alongié dedanz
                                cui il termine le plet. {3} Li legaz, de ce que il furent avant que
                                il fussent legat, et cil qui sont apelé por estre garanz et cil qui
                                sont apelé por juger ou sont envoié en la province, ont droit
                                d’estre semons à lor meson. Et cil qui apele por soi n’est pas tenuz
                                à respondre à ses averseres dedanz l’apel que il a fet à Rome ou en
                                autre leu, car cels dit que tel doit avoir congié de retorner à sa
                                meson por ce que il vint la por autre afere&#160;; [41vA] et ceste
                                sentence est verae et resonable. Et issit dit l’enpereor que cil qui
                                estoit semons à Rome por conter dou ban que il avoit eu, il ne
                                devoit pas respondre d’autre ban que de celi por quoi il avoit esté
                                citez. ¶ Et si dit il de celui qui n’avoit .xxv. anz qui voloit
                                estre restabliz contre Tybert, qui estoit<note>estoit] <hi rend="i"
                                        >restoit</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i"
                                    >venio</hi></note> venu por autre cause à Rome, que cil menor ne
                                doit pas estre oïz. {4} Et toz ceus ont droit d’estre semons en lor
                                meson, s’il ne font aucun marchié la où l’en les veaut citer. Et
                                ‹s’›il i ffont aucun marchié, il convient que il respondent, fors
                                que li legaz, que tot eent il fet aucunne chose ne mes que ce soit
                                avant que il fussent<note>avant que il fussent] <hi rend="i">avant
                                        que il fussent avant que il fussent</hi> dans le ms.</note>
                                legaz, l’en ne les puet forcer de deffendre soi à Rome, tant comme
                                il sont en la legacion; et ausit le dit Julien. Et se lor legacion
                                faut, divus Pius dit que l’en les puet trere en plet. {5} Et s’il
                                font marchié hors de la province et non pas en Lonbardie, l’an
                                demande s’il puent estre tret en plet à Rome. Et Marcellus dit que
                                il ont cel previlege d’estre semons en lor meson comme il ont en la
                                cité ou s’il font marchié en la province&#160;; et c’est voir. ¶ Et
                                s’il pledoient, il sont forcié de deffendre soi contre toz, non pas
                                s’i volent venger injure ou domage ou larrecin que l’an lor a
                                fet&#160;; si que non, si comme dit Julien, et bien, i avront domage
                                et despit sanz poine, et issi porra chascun travaller les et metre
                                les sor sa juridiction. {6} Et s’il an dote si aucun puet de droit
                                retorner à sa meson por i estre semons ou non, li prevoz doit
                                deffendre lou quant il avra oï la cause&#160;; et s’il set que il i
                                ait droit, ‹...› por le commandemant au prevost an cui il se met.
                                Mes Marcellus dote s’il doit doner nue caucion, ou autre plus grant.
                                Et il est aparissant que sole promesse i sofist, et issit le dit
                                Mola, se que non il est plus tenuz dou prandre le plet que de doner
                                caucion à cels qui font satisfacion por li {7}, et par tot la où
                                amonestement est alongié sanz que li creancer [41vB] i ait domage à
                                ja. ¶ {8} Et cil a poer de dire droit de poine qui s’entramet des
                                communs jugemanz, et nul autre n’i a poer se l’en ne li mande
                                especiaument.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.3} <hi rend="i">Idem. Non videtur</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil ne s’atapist pas por aucion deneent qui ne fust pas tenuz de
                                prandre sor soi le jugement s’il fust en present.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.4} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos ne poons avoir nul plet à cez qui sont en nostre poer se n’est de
                                lor chatel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.5} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucuns d’autrui juridiction es‹t› trez en plet, il i doit
                                venir&#160;; ausi comme Ponponius dit et Judius. Li prevoz doit voir
                                se la juridiction est soe, si que cil qui sont devant lui semons ne
                                se moquent de lui&#160;; et li legat et li autre qui ont poer et
                                droit d’estre semons à lor meson sont en tel cause que, s’il sont
                                semons, il devent venir à cort por aleguier lor privileges.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.6} <hi rend="i">Idem. Cecus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Orb puet estre jugiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.7} <hi rend="i">Idem. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucuns qui est semons commaince à estre d’autre juridiction, il ne
                                sera pas semons à sa meson, ne d’i retorner por estre semons, car il
                                est desavanciez de la semonse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.8} <hi rend="i">Gaius. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucuns fet en sa legacion ce que il dit avant, il ne puet pas
                                estre forciez de prandre plet sor soi la où il fist le fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.10} <hi rend="i">Idem. Destitisse</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil lesse le plet non pas de tot qui le plet porloigne mes qui de tot
                                le lesse, car de lessier c’est entendu que il lesse ce que il avoit
                                commencé par haine. Et se aucun set l’amende de son afere et lesse à
                                ja son afere, ne ne veaut pas mauvés plez maintenir, cil ne lesse
                                pas son plet de tot.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.12} <hi rend="i">Paulus. Cum pretor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant li prevoz defant à un de pluisors jugier, il est aparissent que
                                il voille que cil autre jugent. ¶ {1} Cil puent doner juge qui en
                                ont poer de par loi ou par constitucion ou par senator, si comme
                                conte. Et cil meismes à qui l’en a doné juridiction puent doner
                                juige, si comme legat et contes&#160;; ¶ et cil qui l’ont de costume
                                par la force de l’ampire, si comme li prevoz de la cité et li autres
                                metres de Rome. ¶ {2} Tuit ne puent estre doné juiges [42rA] de celx
                                qui ont poer de doner juiges. Li un sont deneé por loi que il ne
                                soient juge, ¶ li autre por nature, si comme sort et mu et desvez
                                toz tens, et cil qui n’a .xiiii. anz por ce que il n’a pas mout de
                                reson an soi, ne li desvé. Et cil n’i pet estre por deffanse de loi
                                qui est osté hors d’estre senator, ne femes par lor folie, et serf
                                por ce que il n’ont pas poer d’estre juiges ne d’autres offices de
                                citez. ¶ {3} Ne monte rien que il puent estre juges s’il sunt en lor
                                poer ou an autrui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.13} <hi rend="i">Gaius. In tribus</hi><note>In tribus] <hi
                                    rend="i">Omnibus(?)</hi> dans le ms., corrigé d’après le texte
                                latin</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>An cez .ii. plez, si comme<note>comme] <hi rend="i">comme vaet</hi>
                                    dans le ms., leçon incohérente, cf. lat. <hi rend="i">In tribus
                                        istis iudiciis familiae erciscundae, communi dividundo et
                                        finium regundorum quaeritur...</hi></note> ‹…› commune
                                departir et de mestre bonnes, l’an demande qui est autor. Et por ce
                                que la cause est à toz ivel, acordé est que cil soit autor qui par
                                    jugement<note>par jugement] <hi rend="i">primis</hi> dans le
                                    ms., confusion du scribe dans le développement des abréviations,
                                    cf. lat. <hi rend="i">qui ad iudicium provocasset</hi></note> se
                                plaint.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.14} <hi rend="i">Ulpianus. Sed cum ambo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et quant il se pleingnent dui, la chose doit estre departie par sort
                                cest jugement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.15}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{1} Lors dit l’en que li juiges fet la cause soe quant il dit par
                                boidie et par tricherie sentence contre la loi. Il apert que il face
                                ce par tricherie ‹s’›il est aparissant que il le fet par haine, ou
                                par amor ou par loer de aucunne des parties, et est lors tenuz de
                                randre la value dou plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.16} <hi rend="i">Idem. Julius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julien cuide que l’en ait aucion contre celui juige qui fist la cause
                                soie&#160;; ce n’est mie voir et plusors l’ont issi noté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.17} <hi rend="i">Idem. Julius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julien dit&#160;: se l’un de cex qui pledent fet le juige son heir de
                                tot ou de partie, à force convient prandre autre juge ; car
                                delaiauté seroit que aucun fust juge en sa cause moismes, aceté le
                                roi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.20} <hi rend="i">Paulus. Omnem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’an doit cuider que tote obligacion soit marchié, an queque leu que
                                aucun se oblige que il face le marchié, tout n’i et il rien de cause
                                de creance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.21} <hi rend="i">Ulpianus. Si debitori</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je vuel à mon detor dire ma demande, l’en doit voir s’il reconoit
                                que il die ; et que s’il dit que il soit prez de randre, l’an le
                                doit oïr et li doet l’en doner jor dedanz quant il rende ; car l’an
                                n’a pas grant domage en demore de pou de tens. Et l’en entent ci
                                «&#160; petit tens &#160;» celui que l’en done à detors aprés ce que
                                il [42rB] sont condempnez la nuit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.22} <hi rend="i">Ulpianus. Qui non cogitur</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui n’est pas forcez an aucun leu de prandre plet sor soi, s’il
                                le demande, il convient que il li responde par devant s’i li
                                plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.23} <hi rend="i">Idem. Non potest</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que avient anprés jugemant ne vient pas avant an jugemant, et
                                autre demande i convient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.25} <hi rend="i">Julianus. Si legacionis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun achete un serf ou autres choses au tens que il est legat ou
                                s’il les tient par autre cause, droiz est que il pregne le plet sor
                                soi par la reson de celui marchié. Autrement porroient li legat par
                                tel meniere autrui choses anporter en lor mesons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.29} <hi rend="i">Idem. Qui prior</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Qui premers se plaint, premier doit estre oïz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.30} <hi rend="i">Marcellus. Ubi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La où li plez est commenciez une foiz, la doit estre determinez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.33} <hi rend="i">Idem. Non videtur</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>N’est pas aparissant que, se l’en demande avoir la demande, que por
                                ce se mete l’en an la juridiction au juge.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.34} <hi rend="i">Sabinus. Si hiis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui prist sor soi à Rome plet muert, li ers à celui doit estre
                                deffandu à Rome tot eit il sa meson outremer, car li hers est remés
                                ou leu au mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.35} <hi rend="i">Idem. Non quemadmodum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Jugement ne doit pas pandeller ausi comme plevine, ne n’an puet l’en
                                joer de futur, ne des choses qui enprés sont à venir an
                                obligacion&#160;; car je ne cuit pas que l’en ne puisse prandre
                                pleige avant que li marchez soit fez ; mes nus ne puet prandre plet
                                de que il soit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.37} <hi rend="i">Idem. Si de vi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’an fet plainte que l’an tiegne aucunne chose por force et anprés
                                fet la plainte de sesine avoir, l’en doit avant conoistre de la
                                force que de la seignorie de la chose&#160;; et issi le dit li
                                enpereor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.40} <hi rend="i">Idem. Non quicquid</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Non est pas besoing en quanque li juges fet que soit ballé ne comis
                                an son poer. Se li juges lesse aucunne chose à fere de droit an son
                                jugement de ce que la loi commande, il fet contre la loi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.41} <hi rend="i">Idem. In omnibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun demande caucion, l’en doit fere condempnacion par droit en
                                toz loiaus [42vA] jugemanz se li jorz des deners rendre n’est
                                venuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.43} <hi rend="i">Idem. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui promist à fere une meson dedanz Paques et ne la fet pas an
                                queque leu que il soit, il est tenu de fere la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.47} <hi rend="i">Calistratus. Observandum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit garder que celui juge soit doné que l’autre partie demande
                                par non, que li enpereor dit que c’est mauvés exemple se li juiges
                                ne l’otrie, especiaument por oster la vergoigne au juige que l’an
                                requiert.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.56} <hi rend="i">Ulpianus. Licet verum</hi><note>verum] <hi
                                    rend="i">verai</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i">Licet
                                    verum procuratorem...</hi></note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Procurator doit estre et puet por son seignor mener<note>mener] <hi
                                        rend="i">et mener</hi> dans le ms., le texte se lit mieux
                                    sans <hi rend="i">et</hi></note> la chose an juigement&#160;; et
                                c’est voir. Et se aucun qui n’estoit pas procurator entaime le plet,
                                et li sires l’a enprés atable, li aferes vet bien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.59} <hi rend="i">Ulpianus. Si locus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’an ne nome le leu où l’en doit jugier, il est aparissant que
                                l’an doit juger là où l’en a a costume sanz le domage à cex qui
                                pledoient ensenble.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.60} <hi rend="i">Paulus. Mortuo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant le juge est mort il convient que cil que vient enprés li face
                                le jugement que cil devoit fere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.62} <hi rend="i">Idem. Inter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en ne puet antre les parties le plet autrement delivrer se l’un ne
                                demande et li autres ne tient, car il doit estre aucun qui gart et
                                sotiegne la partie au demandeor et autre qui sotiegne la partie à
                                celui qui porsiet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.64} {1} <hi rend="i">Idem. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucuns dit aucunne reson oustreement, l’an doit entendre et
                                prandre ce qu’est plus profitable.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.75} <hi rend="i">Idem. Si pretor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li prevoz commande à celui à qui l’en demande la dete venir à son
                                jor par une semonse et puis por autre et il condampne celui qui
                                n’est venuz à rendre la dete, li juiges qui conoit de cet marchié
                                doit conoitre de la sentence au pr‹ev›ost, si que non les jugemanz
                                au prevost seroient tenu à moqueis. ¶ Marcellus dit que se aucun
                                allegue aucunne chose fausement et par ce veust tenir la sentence au
                                prevost, je cuit li juges doit recevoir la complainte. Paulus dit
                                que se cil est destorbez de maladie ou por la commune, je ne cuit
                                pas que l’en doie doner contre lui aucion de chose jugie, ne que
                                l’en ne doit pas fere randre le jugemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.78} <hi rend="i">Paulus. Quippe</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>C’es‹t› commun donque [42vB] estre juiges.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.80} <hi rend="i">Ponponius. Si in iudicis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en faut aucunne foiz à mestre lo non ou le sornon au juige,
                                Servius dit que cil doit estre juige la où les parties s’acorderent,
                                et s’il fust an leu par convenance et por acort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.1.81} <hi rend="i">Ulpianus. Qui neque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui n’a juridiction de prince ne d’aucun poer, ne de celui qui a
                                poer de juige doner, ne n’est arbitre ne confermez d’aucunne loi, ne
                                puet estre juige.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.1} <hi rend="i">Ulpianus. Sciendum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit savoir que moult i a pleinté de testamant qui ne vaut rien,
                                et peranz et enfanz puent deputer de tel testemant. Et li pruchein
                                chosin, qui sont hors de numbre à freres, fereent mau s’il
                                travalleint l’un l’autre de despans quant il n’i puent rien
                                gaagnier.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. De testamant qui ne vaut rien <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 5, tit. 2, <hi rend="i">de inofficioso
                                    Testamento</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.2} <hi rend="i">Marcellus. Hoc colore</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en pledoie en ceste meniere de testamant qui rien ne vaut ausi com
                                se cil fussent forsené cil qui firent le testamant. Et l’an dit ce
                                non pas por ce que cil fust tex qui fist le testamant, mes por ce
                                dit l’en que tex testamant ne valut rien por ce que il fu fet sanz
                                pitié&#160;; car s’il fu por voir desvez ou forsenez, li testamant
                                ne valut rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.3} <hi rend="i">Marcellus. Inofficiosum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Testamant qui n’a mester vaut autretant à dire comme se aucun des
                                hers diseent qu’i ne porent estre par ce testamant obliez ne
                                desheritez&#160;; car aucunne foiz aviant que peres, par fauseté
                                d’aucun qui les aguillone à ce, deseritent<note>deseritent] <hi
                                        rend="i">deseritez</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i"
                                        >cum falso parentes instimulati liberos suos vel exheredant
                                        vel praetereunt</hi></note> lor enfanz ou oblient en lor
                                testemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.4} <hi rend="i">Gaius. Non est</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’a‹n› ne doit pas ostroier à peres que il facent injure à lor enfanz
                                en lor testamanz, car il le font aucunne foiz par malice que il vont
                                contre lor sanc ou par ataine ou par aticement de leur
                                marratres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.5} <hi rend="i">Marcellus. Nam ex</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car cil qui pledoient dou testemant lor mere, que il
                                    dessandent<note>dessandent] <hi rend="i">deffandent</hi> dans le
                                    ms., banalisation du scribe, cf. lat. <hi rend="i">qui non ex
                                        masculis descendunt</hi></note> lor fames, solent aucunne
                                foiz gaigner. ¶ La force de ceste parole de testamant qui n’a mester
                                est tele, comme j’é dit dessus, que l’an doit enseigner celui qui a
                                tel testemant fet que, s’il trespasse ou oblie son heir ou
                                desherite, que il soit mostrez au [43rA] juge, que l’an puisse dire
                                que cil fust de noz qui tel testamant fist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.7} <hi rend="i">Paulus. Quemadmodum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Veon comment l’en doit apareillier plet et envoier<note>envoier] <hi
                                        rend="i">enverez</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i">ut
                                        possit transmittere actionem</hi></note> à l’oir. Et poson
                                que aucun fust an son poer, il n’a mestier de sesine ne de demander
                                le heritage&#160;; et se cestui est somons et il vet avant en la
                                cause dusqu’à demander ou dusque à denoncier que la chose est soe ou
                                s’il balle sa demande, il anvoera à son heir la demande, et issi
                                l’escrit l’enpereor. Et que dira l’en s’il n’est en poer&#160;? L’an
                                demande se cause passe à son heir. Il est bien de droit et
                                aparissent que il a le plet aparellé s’il fet ce que nos avons dit
                                desus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.10} <hi rend="i">Marcellus. Si pars</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se une partie de cex qui juigent de mauvés testamenz donent sentence
                                contre le testamant, si comme l’en fet aucunne foiz, miauz sera de
                                tenir la sentence de cele partie qui est donee selon le testamant,
                                s’il n’aperet apertement que le juige ait doné desloiaument sentence
                                secont l’escrit heir. ¶ {1} Et c’est trop seu que celi qui a pris
                                les lés ne se doit plaindre dou testemant se un autre n’a par
                                avainture pris tot l’afere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.11} <hi rend="i">Idem. Et</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et s’il ne gaagne en cele querele, je ne cuit pas que ce que il dona
                                an sa vie doie estre rapelé ne ce que il avoit avant doné en
                                doaire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.26} <hi rend="i">Idem. Si sub hac</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’an establist heir par tel condiction «&#160; s’il franchist
                                Tebert &#160;» et il franchist, et enprés ce que il franchi dit l’en
                                que li testamanz est mauvés, l’an doit à cetui secorre que il et son
                                loer de celui que il a franchi, que il ne perde son serf por
                                noient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.27} <hi rend="i">Idem. Si instituta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en fet pez de plet qui estoit meü de testamant mauvés, et li
                                hers n’otroie pas ceste pez par foi, acordé est que li plez core. ¶
                                {1} Cause de mauvés testamant remaint à celui qui dit que il est fiz
                                au mort qui nia ce an testamant et le deserita.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.28} <hi rend="i">Paulus. Cum mater</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant la mere oï dire fausement que sis fiz chevalers estoit morz et
                                ot fet autres hers an son testamant, li enpereor dit que li eritages
                                aparte[43rB]noit au fiz si que les franchises soient rendues. Et
                                l’an doit noter ce que l’an dit ci de franchises et de lés, car
                                quant l’en apele testamant mauvés et c’est voir, rien qui soit an
                                celui testamant ne vaut rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.29} <hi rend="i">Ulpianus. Si suspecta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se ‹il› i ai aucun conchiement antre les gagiers, et la volenté au
                                mort at sene, il puent apeler se mestier est se l’an done sentence
                                contre le testamant. ¶ {1} Li fiz baptizez puent avoir aucion contre
                                le testamant lor mere mauvés; {2} ja sé ce que li contanz dou
                                testamant mauvés soit osté par pez, li testamanz remoint an son
                                droit, et por ce les franchises et les lés ont lor poer, tant comme
                                la loi falcidie ne l’ostroie. {3} Fame ne puet avoir fiz sanz la
                                volenté au prince, ne ne puet pledoier de mauvés testamant à cele
                                qui cudoit fausement estre sa mere. ¶ Il convient pledoier en cele
                                province de mauvés testamant où li ers escrit ont meson.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.30} <hi rend="i">Marcellus. Adversus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li peres naturel puet pledoier contre le testamant son fiz qui est
                                avoé si li testamant est mauvés. Li enpereor escritent que li tutor
                                puent pledier de mauvés ou de faus testamant an non de l’orfelin
                                sanz le peril de ce que lor est doné an testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.2.32} <hi rend="i">Idem. Si exhereditatus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui est desheritez ostroie que cil qui demande le lés dou
                                testamant le demant ou s’il prent procuracion, il ne doit pas estre
                                oïz quar il senble que il ert veü le testamant et loé tel
                                jugement.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head type="gp">III. De demande d’eritage <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 5, tit. 3, <hi rend="i">de Hereditatis
                                    petitions</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.1} <hi rend="i">Gaius. Hereditas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Heritage nos apartient ou par viel droit ou par noveau, ou par loi de
                                .xii. tables, ou par testamant qui est fez à droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.2} <hi rend="i">Ulpianus. Sive suo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tot seen nos fez hers an son non ou par soi ou par autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.3} <hi rend="i">Gaius. Veluti</hi><note>veluti] <hi rend="i"
                                    >vestires</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i">veluti si eam
                                    personam</hi></note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi comme nos commandon à cele persone qui est en nostre poer de
                                demander l’eritage. Et se nos somes hers dan Tebertt qui fut heir
                                dan Gaubert, nos poons dire que le heritages est nostres, ausi
                                [43vA] comme dan Tibert et ausi comme dan Gaubert, ou nos somes hers
                                au mort sanz testamant, ou cosin, ou nos franchimes celui qui est
                                mort, ou nostre pere le franchi. ¶ Cil sont tuit her par noveau
                                droit qui sont apelé à heritage par senator ou par constitucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.4} <hi rend="i">Paulus. Si hereditatem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je demande heritage à celui qui tint une chose dont estoit li
                                contenz, il me rendra ce que il a puis commencé à tenir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.6} <hi rend="i">Idem. Si testamentum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en dit que li testemanz soit faus et l’en demande lé de celui:
                                ou l’an le doit rendre, que l’en dont avant caucion, ou l’en<note>ou
                                    l'en] <hi rend="i">la ou l'en</hi> dans le ms.</note> doit
                                demander se l’an le doit. Et se l’an dit que li testamanz est faus,
                                l’en ne doit pas doner à celi qui acuse le lés, tot soit le plez est
                                entamnez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.8} <hi rend="i">Paulus. Legitimam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en ne deffent pas à cestui à chalonger lé an heritage qui sequi la
                                volenté au mort por ce que il ne savoit pas meniere dou
                                testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.9} <hi rend="i">Ulpianus. Regulariter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’e‹n› doit dire de usage que cil est tenuz de demande de heritage
                                qui tient la droiture à l’oir, ou à celui qui doit estre sesi, ou la
                                chose de l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.10} <hi rend="i">Paulus. Licet</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tot soit ele petite. {1} Et se aucun est heir d’un as ou de partie,
                                il entent que tot li heritages soit sien ou por une partie&#160;; et
                                cele li avient por l’ofice au juge ce que li averseres tient, ou tot
                                s’il est heir d’un as, ou por la partie que il tient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.11} <hi rend="i">Idem. Pro herede</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil tient por heir quil cuide qu’i soit heir. Et l’en demande se cil
                                tient por heir qui set qui n’est pas heir, et Adrianus cuide que il
                                est tenu, et nos le tenon issi&#160;; et cil qui tient les biens est
                                veü tenir por l’eir&#160;; et le toleor est tenuz por le
                                porseor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.12} <hi rend="i">Idem. Qui interrogatus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui l’en demande por quoi il porsiet, s’il respont por ce que il
                                tient, il n’atrive pas que il soit her ne mes que por ce que il
                                tient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.14} <hi rend="i">Paulus. Sed utrum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et ne puet [43vB] chaloir s’il est detor ou por forfet ou por
                                marchié. Cil est entendu detor heritier cil qui promist aucunne
                                chose au serf heritier, ou qui fist domage avant que l’en demandast
                                l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.15} <hi rend="i">Paulus. Vel aliquam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou s’il toli aucunne chose heritel.</p>
                            <p>{?} Se aucun demande heritage que aucun tient par garde d’aucun qui
                                est ostremer, et il an demande por la reson de mort et il ne veaut
                                prover la mort fors que par tens trespassé, l’en doit regarder
                                conbien de tens il a que il mut et conbien il a que l’en n’en n’oï
                                novele et comment il est anquis. Et doit regarder que li droiz aages
                                d’ome est de .c. anz, et quant il mut quel aage il avoit, et l’estat
                                de la persone. Et se li juiges voit que bien soit et .c. anz soent
                                passee que l’an n’oï noveles de lui, li juges doit baller la sesine
                                à l’eriter por la chose garder, adonant qu’à li mo‹i›n‹t› que se cil
                                viaut dehors de païs qui li fruiz et li heritages li sera ballié
                                sauf et delivré&#160;; et la cuaucion dure jusqu’à l’aage de .c. anz
                                et sera renovelee par mort ou par apeticement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.21} <hi rend="i">Gaius. Deperditam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>C’est perdu qui n’est pas trové&#160;; c’est apeticé que l’en a par
                                usage, et por ce ist ce de l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.25}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{19} Cest atablissement que le senator a fet à demande d’eritage a
                                leu an jugement des choses que l’en viaut partir, ausi comme l’en
                                demande les fruiz quant l’an l’a demandé l’eritage. Ausint au partir
                                que ce ne soit trufle à dire que ce que l’an demande que l’an ne pué
                                partir. {20} Feons et de bestes et de bos et de vaches croissent
                                l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.26} <hi rend="i">Paulus. Quod si oves</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et s’il nest<note>nest] <hi rend="i">mest</hi> dans le ms.</note>
                                oelles et de celes nessent autres, cestes doivent estre randues,
                                ausi comme crois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.27} <hi rend="i">Ulpianus. Ancillarum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et li enfanz aboesses et li enfanz qui en nessent, ja soit ce que
                                l’en ne cuide pas que ce soent fruiz, car ce n’est mie folie de
                                chastoer l'aboesses por avoir enfanz, il croissent l’eritage&#160;;
                                et tot est d’eritage, et n’est [44rA] pas dote que cil qui les tient
                                anprés ce que l’an li a demandé l’eritage ou que il a lessié à tenir
                                par tricherie, il doit tot randre. ¶ {1} Et ce que l’en a eu de
                                loage des teneures et ce que l’en a eu de bordeau doit estre randu,
                                car l’an a bordel aucunne foiz an teneures à prodomes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.28} <hi rend="i">Paulus. Post senatus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit, enprés l’atablissemant au senator, l’en doit tolir tot le
                                gaaing à celui qui tint en bone foi com à celi qui toli la chose à
                                force.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.29} <hi rend="i">Ulpianus. Mercedes</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li leer que li gagneor ont eu sont en leu de fruiz et ausi les ovres
                                que li serf font et voitures de nés et de jumenz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.32} <hi rend="i">Paulus. Per servum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Choses que serf aquierent doivent estre randues as hers qui vienent
                                en l’eritage quant l’en pledoie de mauvés testamant, car la chose
                                apartient à l’oir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.33} <hi rend="i">Ulpianus. Nisi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’il ne fet promesse de la chose à l’oir escrit, {1} Julien
                                dit&#160;: se cil qui tient le eritage vent les homes qui n’avoient
                                mester à l’eritage, il an doit rendre l’argent&#160;; l’en le
                                blasmeroit s’i n’ostreit ce qui ne vaut riens à l’eritage&#160;; il
                                le doit rendre s’il vit, et s’il muert il ne rendra pas le
                                pris&#160;; ne li juiges ne doit pas sofrir que cil qui tient la
                                chose est le pris de la vente, et c’est voir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.34} <hi rend="i">Paulus. Filii</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je cuit que nos poons demander l’eritage au fiz au pere qui est
                                chevaler, s’il nos aviant. ¶ {1} Se serf ou fiz qui est encore ou
                                poer au pere tient l’eritage, l’en puet demander l’eritage au pere
                                ou au segnor, s’il a poer de rendre les choses&#160;; et fiz a le
                                pris des choses de l’eritage vendue au chatel son serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.35}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julien cuide que l’en puet demander l’eritage au seignor ausi comme à
                                celui qui la chose tient à droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.39} <hi rend="i">Gaius. Utiles</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Despanses profitables et necessaires sont que l’an fet por refere les
                                mesons ou por noveaus gaignages, ou quant l’en rent ce que l’en a
                                despandu, au plet com il soent fetes à preu&#160;; et autres
                                despenses i a assez. {1} Or veon se barre de tricherie nos vaut rien
                                se nos despandun an fere pointures [44rB] et en fere beles
                                quareleures et autre choses por nostre delit. L’en dit que oïl se
                                nos tenon la chose an bone foi, car à celi qui tient à force dit
                                l’en que il ne dut pas fere despans de trufles an autrui choses que
                                il eust poer d’oster cex que l’en puet oster sanz apeticement de la
                                chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.46} <hi rend="i">Idem. Predonis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil est entendu en leu de dolor qui fet tant par sa desloiauté que
                                cil veust l’eritage qui avoir le covetoit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.47} <hi rend="i">Idem. Lucius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Lucius acusoit un autre de faus testamant et perdi la querele. Je
                                demant s’il pué avoir aucion de testamant qui fu fete à tort ne n’é
                                pas seelé. Je di que il doit estre oïz, tout est il perdu an
                                l’acusement dou faus testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.48} <hi rend="i">Sabinus. In estimacionibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En le fine de l’eritage vient le pris de l’eritage vendu, ausi que ce
                                moismes i viaut qui plus fust vendu de l’eritage, se l’en le vandi
                                par acheson de marcheandie&#160;; et s’il est vendu par cause de
                                lés, il n’i vient riens plus, fors ce que il prist en bone foi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.52} <hi rend="i">Herimogenes. Si possessor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui tient ot mauvés conquez de l’eritage, il est tenuz de
                                rendre les, que cil qui tient n’est gaing par tel conqueste.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.3.56} <hi rend="i">Affricanus. Cum hereditas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant li eritages est demandez, cil qui le tient est tenuz dou rendre
                                toz les fruiz que il en a euz, tos n’el deust avoir cil qui demande
                                l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <pb n="125"/>
                <front>
                    <head>IV. De péticions déritage<note>Dig., lib. 5, tit. 3, <hi rend="i">de
                                Hereditatis petitione</hi>.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en puet demander héritage par reson d'eschoete, par achat, et par don,
                            par engagement, par prest, par testament qui est fez d'aucun qui morz
                            est&#160;; et en totes ces choses puet avoir gage de batalle, se li
                            héritages vaut plus de cinq sols.</p>
                        <p>Ci parlerons premièremant de chartres (<emph>d'eschoete</emph>).</p>
                        <p>Uns hons dit issit&#160;: P. tient une meson qui fut mon père, don mis
                            pères mori seisiz et vestuz, n'a pas un an&#160;; don li héritages doit
                            estre <pb n="126"/>miens&#160;: car s'il est nié ne mesqueneu qu'il ne
                            soit issint com je di, je sui prez de monstrer et de avérer par moi et
                            par garanz qui set ce de voir et de savoir. Il tret son garant qui
                            l'offre à prover et avérer si comme il devra&#160;; et li autre fet
                            encontre tel ni et tel deffense comme il doit. L'en demende qu'an dit
                            droit. Et l'en dit que cil à qui l'en demende est loisanz de prendre la
                            prove de lui et de son garant, et de quenoître que c'est voirs ou
                            d'escondire par la soe&#160;: car en héritage n'a point de batalle, mès
                            prove de tesmoing.</p>
                        <p>Or parlons d'achat. P. dit que G. li a vendue une soe meson, par
                            convenances acordées entre aux por vingt livres&#160;; il est prez de
                            paier et demende l'éritage&#160;: car s'il est nié ne mesqueneu que il
                            tel convenance ne li eust, que il l'éritage auroit por vingt livres, il
                            est prez de monstrer et de l'avérer par soi et par garanz. G. le nie et
                            offre à fere contre lui et contre son garant tel ni et tel deffense
                            comme il doit. Et nos dison que cil est loisanz de prendre la prueve de
                            lui et de son garant, et dire que c'est voirs ou d'escondire par la soie
                            &#160;: car en tel chose n'a point de gage, car il n'i a point de chatel
                            por quoi il i ait gage de batalle. Mès il eust dit que il eust les
                            deners paez, il i eust gage, porce que li chatex i fust. Tot ausi est-il
                            de don comme d'achat, sans les deners avoir paiez.</p>
                        <p>L'en puet ausint apeler d'angagement, comme l'en puet de chatel, quant li
                            denier sunt paié ou quant li denier ne sont pas paié. L'en puet ausint
                            en tel meisme menière apeler de prest comme d'achat qui est fez sanz
                            deners paier.</p>
                        <p>Emprès diron de testamenz. Testamanz si est provez par le provoire et par
                            les preudes homes qui sont au testament fere&#160;: et par ce est
                            estainz testamenz&#160;; car il ne convient mie que en choses esperitex
                            ait batalle.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. Se l’en demande une partie de l’eritage <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 5, tit. 4, <hi rend="i">si pars
                                    hereditatis petatur</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {5.4.1} <hi rend="i">Ulpianus. Post accionem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Anprés l’an demande que li prevoz a mise avant de celui qui dit que
                                li heritages li avient tot&#160;; il convient aprés parler de celui
                                qui n’en demande que une partie. ¶ {1} Cil qui demande [44vB] ne
                                mesure pas son droit que autre a sesi mes il demande sa droiture,
                                c’est à dire tot si li avient, et por ce demandera il tot s’il est
                                heir establi d’un as, tot tienges tu une partie de la partie. {2} Et
                                s’il i a .ii. qui dient que la partie lor avient, l’en ne doit pas
                                demander à l’autre, il se doivent tenir apoé, comme li premer au
                                premier, le segont au segont, et .ii. au premier, deus au
                                segont&#160;; car li uns ne tient pas la partie au premer ne la
                                partie au segont, mes li dui tienent la partie à l’un et à l’autre.
                                ¶ Et por ce, se li porseor et li demandeor tienent l’eritage, por ce
                                que chascuns d’aus dit que une partie par la moité l’en avient, il
                                doivent regarder antre aus que il soit partiz&#160;; ou s’il n’i a
                                sor ce contenz, il convendra que il i ait plet de partir. ¶ {3} Se
                                je di que je soie heir d’une part et mis compainz tient l’eritage ou
                                estrange, con cil n’en ait pas sa part, l’en demande se je doi
                                demander le heritage à l’estrange solement ou à l’autre. Et l’en dit
                                que Pagasus cuida que je le doie demander à l’atrange solement, et
                                que cil me doit rendre quanque il en tint, et par aveinture l’en
                                doit ce fere par l’ofice au juige&#160;; mes droite reson fet et dit
                                que je le doi demander a .ii. et cil face sa demande contre
                                l’estrange teneor, mes la sentence Pegasus est meillor. ¶ {4} Et com
                                je deisse que je fuisse heir de la moitié de l’eritage et je tenisse
                                .iiii. unces de l’eritage, et enprés je voil demander .ii. unces,
                                veons comment je doi demander. Et Labeo dit que je doi demander à
                                chascun la moitié, et issi avendra que je avré .ii. unces de
                                chascun, et je cuit que c’est voir&#160;; mes je serai tenuz de
                                rendre .ii. unces de .iiii. que je tenoie. Et fera l’en contrepois
                                de ce que je tieng par la force au juige, se cil sont heir o moi à
                                qui je demant l’eritage. ¶ {5} Aucun ostroie li prevoz demande
                                d’eritage de partie que n’est pas certaine par causes [45rA]
                                convenables qui i avienent&#160;; ausi comme li fiz au frere qui est
                                mort, et les femes à frere qui sont morz qui sont grosses, l’an ne
                                siet quel partie li fiz doit demander de l’eritage, car l’en ne set
                                pas se li enfant nestroit des femes as freres morz qui sont grosses.
                                Droiz est donques que l’en li ostroit à demander partie qui n’est
                                pas certaine, ne il ne la demandera pas hardiement&#160;; et issi
                                dira l’en que l’en doit ostroier chaloinge de partie qui n’est pas
                                certaine la où aucun ne set quel partie il doit demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.4.2} <hi rend="i">Gaius. Si ex pluribus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se de plusors à qui un eritage apartient li un demandent l’eritage,
                                li autre ne le demandent mie, s’il demandent l’eritage, il ne devent
                                pas avoir plus grant partie que il eussent se tuit la demandeseint,
                                ni ne lor vaut rien si li autre ne l’en demandent&#160;; et se li
                                autre ne la demandent, il porront lors demander lor parties si lor
                                apartient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.4.7} <hi rend="i">Julianus. Non possumus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos ne poons pas avoir par demande d’eritage ce que nous avons par
                                juigement de partie quant nos departon ce qu’estoit communel, car il
                                n’apartient pas à l’ofice au juige, mes que il commandera que ce que
                                nos tenon communaument<note>communaument] <hi rend="i"
                                        >comminaument</hi> dans le ms.</note> que l’en m’an rande ma
                                partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.4.8} <hi rend="i">Idem. Promictendum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en sofferra à celui qui tient l’eritage que il deffende la partie
                                de l’eritage et l’autre lessier, ne il n’en deffant pas à aucun à
                                tenir tot l’eritage&#160;; et s’il siet que la moitié li apartienge,
                                ne de l’autre partie il ne doit pas fere contenz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {5.4.9} <hi rend="i">Paulus. Cum multi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant molz hers furent establi l’un d’aus estoit otremer, son
                                procurator vendi et prist l’argent de la partie celi&#160;; aprés
                                s’en fu que cil qui estoit ostremer mort avant la vençon, et li
                                procurator avoit vendu la moistié por celi heir, l’en demanda
                                comment l’en porra demander l’argent de cele vençon. L’en dit que le
                                puet demander à celui qui fu procurator tot l’eritage, por ce que
                                cil de[45rB]nier furent de l’eritage que cil procurator avoit receu
                                et que l’en la poet demander, et la moitié de l’eritage as autres
                                hers&#160;; se li procurator ot tot l’argent de la vençon que li
                                juiges li feist tot rendre, ou si cist rendi la moitié à son heir,
                                li juiges condampnast celui heir à rendre la moistié.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <pb n="127"/>
                <front>
                    <head>VI. De retret de chalonge.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Qui demende héritage un home dit issi&#160;: Tybaut tient vignes, trois
                            arpenz, qui sont en tel leu, et en tel censsive, qui moies sunt par la
                            reson de mon père, qui cele chose estoit quant il ala de vie à
                            mort&#160;; et s'il veaut dire que ce ne soit voirs, je sui prez de
                            monstrer par moi et par garanz, qui en jurront et feront loutie plus, si
                            comme il devront. A ce respont Tibaut qu'il a en pluseurs leus vignes,
                            et demende mostrée. L'en li done, et li met l'en jor. Enprès, le jor de
                            la motrée, à la mostrée il ont esté. A l'autre jor, l'en li fïst ceste
                            meisme demende. Et Tybaut nie que en cele chose n'a-il nul droit, ne que
                            il ne tient nule rien del suen. Il offre à prover, et li autres à
                            deffendre, si comme il doit. L'en demende qu'en dit droit. Et l'en
                            respont que par tex moz n'est batalle, et qui vaincra, si enportera la
                            querelle.</p>
                        <p>Se une feme a son héritage et a enfanz de son premier seignor, et li
                            sires muert et a doné à un de ses enfanz son héritage la propriété, et
                            s'en dessessist, li autre enfant poent demander en ce héritage lor léal
                            partie.</p>
                        <p>Nier contre la demende que l'en fet si est plez entamez&#160;; ne plez
                            n'est entamez jusque l'en ait nié ou queneu&#160;: car barre metre ne
                            replication ne fet pas plet entammer, et se reus ne demande mostrée et
                            enteme le plet, et est condempnez, por ce n'est pas qu'il ne perde ce
                            que sera trové par anqueste.</p>
                        <p>Entan&#160;: en queque menière aucun fera héritage por suen, et dira
                            titre por quoi li héritages est suens. Et l'en deffende par tex paroles
                            n'est pas batalle, et por ce est querele perdue ou gaagnié porquoi
                            mostré ait esté fete de la chose&#160;: car avant motrée querele n'est
                            pas perdue, se n'est par le grié as parties. Titre si at (<hi rend="i"
                                >est</hi>) tenir de senor.</p>
                        <p>En totes les choses qui ont cors que l'en demende en plet, se cil à qui
                            l'en demende veaut montrée, il la doit avoir, se n'est de choses si
                            comme de denier et d'autres choses qui sont desenavenciées par le vice
                            de ceus qui ont tenu, si comme vin, uille, blé et itex choses
                            semblables&#160;; et robes et itex choses, se eles sont en estat, puet
                            l'en demender montrée de fere les venir avant.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <pb n="128"/>
                        <p>Une autre monstrée est qui est au seignor de la terre, por commun
                            profist, que l'en apele motrée d'armes&#160;; et tele motrée ne porte
                            point d'amende, se ele n'est establie par le segnor de la terre et por
                            le commun. Et se il establi que aucuns ait armeures, se il ne's a tant
                            comme li establissemenz dure, il chiet en amende.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head type="gp">VII. [45vA] De demande de chascune chose <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 6, tit. 1, <hi rend="i">de Rei
                                    vindicatione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.1} <hi rend="i">Post acciones</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Enprés les aucions que li prevoz dist de tot, enprés il parle de
                                    demande<note>demande] <hi rend="i">demande demande</hi> dans le
                                    ms.</note> de chascunes choses&#160;; {1} la quel demande a
                                especiau leu en totes choses, en moeble, et en bestes et en autres
                                choses qui ne vivent pas, et en ces choses qui sont en terre
                                contenues. {2} Par ceste aucion ne puent estre demandé franche gent
                                qui sont en nostre poer, si comme noz enfanz, donques aucun puet
                                chalongier ou par especiaus demandes ou par devant le prevost&#160;;
                                et issit le dit Pomponius, «&#160; s’il n’i ajoint autre
                                cause &#160;». Se aucun demande issit son fiz por ce que il est
                                encore en son bail segont la costume de Rome, il m’est avis – et
                                Pomponius dit et s’i consant – que il demande bien, quar il dit que
                                il puet bien chalongier par droit s’il mest et dit la cause por quoi
                                il demande. ¶ {3} Par ceste demande non pas solement unes choses
                                puent estre chalongies, mes tot un monciau [45vB] de bestes&#160;;
                                et issit le dit Pomponius. Et ausi dit il des bues et des vaches et
                                de harmanz et de ces autres solaz de bestes. Et il nos sofira que li
                                moncel soit nostre, tot ne soient il pas nostre chasque chief, et
                                l’en chalongier tot et non pas par parties.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.2} <hi rend="i">Paulus. Sed et si par</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se li nombres est ivel, l’en ne demandera pas tot le moncel mes la
                                moitié de tot. Et se l’un en a plus, et se l’autrui en est ostié, il
                                ne laisse pas à chalongie‹r› le moncel&#160;; autrui chiés de bestes
                                n’avienent pas à estre randues.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.3} <hi rend="i">Ulpianus. Qui gregem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui avoit un moncel de bestes en perdi .iii. cent et en rachata
                                .c. et autretant chiés de celui qui en avoit la seignorie ou autres
                                de celi qui la tenoit en bone foi&#160;; et ces choses seront en la
                                demande dou moncel des bestes. Et se cil chief remainent sol qui
                                furent rachaté, il puet enchore chalongier le moncel. ¶ {1} Ausi
                                porra l’en chalongier les aparez de la nef, et la nef porra l’en
                                chalongier par soi. ¶ {2} Ponpeius dit&#160;: se aucunne chose qui
                                est d’une nature est si mellee que l’an ne la puisse departir, l’en
                                ne la demandera pas tote que une partie&#160;; ausit comme mon
                                argent et le tien<note>tien] <hi rend="i">don</hi> dans le
                                    ms.</note> est tot mis en une masse, il est commun à nos, et nos
                                porron demander tant comme li pois se monte qui est en la masse, tot
                                ne sache l’en conbien de pois il eit en cele masse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.4} <hi rend="i">Paulus. Quo quid</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et en cest quas pourra l’en avoir aucion de departir communauté. Mes
                                cil sera tenuz de larrecin et sera tenuz de monstrer la chose qui
                                par sa tricherie fundit tot l’argent ensenble&#160;; et à celui
                                argent monstrer il convandra que il voie que il vaut en chalonge ou
                                en aucion de partir la commune chose&#160;; et cil qui le plus
                                precios argent eü avra la plus grant part.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.5} <hi rend="i">Ulpianus. Idem Ponponius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi dit Ponponius que se li fromanz à .ii. homes est meslz ensenble,
                                chascun puet avoir de demander la chose en ce qu’est aparissant
                                combien chascunns i a au moncel. Et se cil fromant [46rA] est
                                ensenble por lor volenté, lors sera il commun et avront aucion de
                                partir la communauté. ¶ {1} Ausit dit il&#160;: si l’en fet de ton
                                miel et de mon vin un bruvage, aucuns cuderoint que ce fust à
                                communauté&#160;; mes je cuit que il soit voir qu’i soit à celi qui
                                le fist, pour ce que cele mellee n’a pas la force ne la senblance
                                que ele avoit avant. Et se l’en melle plon o argent, por ce qui l’en
                                puet departir l’un de l’autre, il ne sera pas à communauté ne n’avra
                                l’en pas aucion de departir la chose commune. Mes se l’en ne puet la
                                chose departir, ausi comme arein et or est mellee ensenble, l’en le
                                porra demander en partie, ne n’an dira l’en pas ce que l’an dit dou
                                bruvage, car l’une et l’autre matere, tot soit ele meslee, ele
                                remoint. ¶ {2} Ausit dit il&#160;: se ton cheval enproigne ma
                                jumant, ce polein qui nestra est mien. ¶ {3} Variis et Navra
                                    doient<note>doient] <hi rend="i">de rien</hi> dans le ms., cf.
                                    lat. <hi rend="i">Varus et Nerva utilem in rem actionem
                                        dabant</hi></note> aucion en choses demander por l’arbre qui
                                mena ses racines en autrui champ et s’i anorri&#160;; car se cel
                                arbre ne se norrist, il est encore mien. ¶ {4} Quant l’en demande
                                chose et l’an ne la set nomer et l’en s’acorde en cors de li, l’en
                                en pledoie à droit. ¶ {5} S’il i a sers plusors tot d’un non, ne il
                                n’est pas aparissant de quil at le plet fet, Ponponius dit que ce
                                n’est rien, ne que l’en ne puet doner certaine sentence.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.6} <hi rend="i">Paulus. Si in rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun demande aucunne chose il doit dire combien il demande, ou
                                tot, ou partie et combien&#160;; car apel de chose ne senefie pas
                                geunre mes espee. ¶ Octaveisus dit issit que de tel chose qui est
                                fete doit l’en dire le pois, de contable le numbre, de chose fete la
                                senblance&#160;; et se c’est chose mesurable, l’en doit dire la
                                mesure. ¶ {1} Et se nos demandon robe que nos dison que soit nostre,
                                en diron nos le nombre et la color&#160;? Et miauz est que nos dion
                                ou l’une ou l’autre, car ce n’est mie cortoisie que l’en nos force à
                                dire se sont viez ou nouveaus. ¶ {2} Et grieve chose a en verscex
                                [46rB] deviser, quant l’en les demande savoir s’il convient dire ou
                                escuele, ou quarree, ou reonde, ou tote sanz ovroigne ou
                                ovragne&#160;; et c’est grief chose de mestre ce en demandes&#160;;
                                et il ne sont pas si estroites. Tot conviegne il dire le non de home
                                quant l’en le demande et convient dire s’il est enfant ou vallet et
                                s’il en i a un ou plus. Et se je ne sai son non, je doi lui
                                monstrer, ausi comme se je di «&#160; cil qui fu nez de la &#160;»
                                ou «&#160; li fiz à cel feme &#160;». ¶ Et cil qui demande teneure,
                                il doit dire le non et le leu où il est.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.7} <hi rend="i">Idem. Si hiis qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui demande la teneure la perdi, por ce ne remandra pas que il
                                ne la puisse demander à celui qui la tient, ausint comme Pedius
                                dit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.8} <hi rend="i">Ponponius. Si ex equis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu et Lucius Tucius devoez une teneure commune à moi et à toi par
                                ives parties, ne ne doi pas à .ii. demander le quart, mes à Tybert,
                                que n’en est pas sires, tote la moistié. Et se nos tenon tote ceste
                                teneure à certaines devises et à certaines regions, et lors senz
                                dote et à toi et à Tybert doi je demander les parties de la teneure.
                                À totes les foiz que l’en tendra aucunne chose certainement, il
                                convindra que aucunne part en soit meie&#160;; et por ce doi je
                                demander à toi et à Tebert le quart. Ce n’a leu ne demande de moble
                                ne de teneure, quar l’en puet bien porseer chose
                                    devisement<note>devisement] <hi rend="i">deniement</hi> dans le
                                    ms., cf. lat. <hi rend="i">nunquam enim pro diviso possideri
                                        potest</hi></note>.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.9} <hi rend="i">Ulpianus. Officium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En ceste demande doit li juges voer se cil à cui l’en demande tient
                                la chose, que l’en n’a que fere de demander por quel cause il tient
                                la. Où je prove que la chose est moie, il convient que cil qui la
                                tient la me rande, qui n’i set mestre nulle barre, ausi si comme dit
                                Pagasus, qui cuideroint que à ce demander eust l’en aucion de
                                teneure. Anprés si dit que l’en puet demander à celui à qui l’en
                                avoit bailliee la chose an garde ou prestee ou aloee ou en garde
                                lessee, ou en feme [46vA] qui en estoit seissie par ce que ele
                                estoit grosse, ou cil qui ne puet doner caucion de domage que l’en
                                li metoit sus que il avoit fet, quar cez ne porsient<note>porsient]
                                        <hi rend="i">priseint</hi> dans le ms.</note> mie. Je cuit
                                que l’an puet demander à tot cex qui tienent et ont poer de
                                randre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.10} <hi rend="i">Paulus. Si res</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en demande chose movable la où ele doit estre rendue, s’ele
                                n’est presentee ce n’est mie mal se cil qui la tint en bone foi ou
                                qui l’an plede et se cil qui l’en demande requiert que ele li soit
                                rendue la où ele est ou la où li plez est, bien est que il la face
                                aporter à ses couz ou par terre ou par eve.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.11} <hi rend="i">Ulpianus. Nisi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui la demande ne viaut miauz à ses despans et à son domage
                                que la chose li soit rendue la où<note>où] <hi rend="i">o</hi> dans
                                    le ms., cf. lat. <hi rend="i">ubi iudicatur rem
                                    restitui</hi></note> il l’a demandé, lors cil qui la tient donra
                                caucion de rendre li la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.12} <hi rend="i">Ponponius. Si vero</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil tient en male foi la chose que il a eue et conquise en autre
                                leu, l’en doit establir ausi&#160;; et s’il la porte en autre leu
                                que la où li plez fust entammz, il la doit rendre à ses despenses de
                                la où il la porta.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.13} <hi rend="i">Ulpianus. Non solum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il n’est pas tenuz de la chose solement rendre, mes l’enpirement,
                                s’il i est, doit il amender de par le juige. Posé que li home que je
                                demandoie soit afebliz ou batuz ou plaiez, li juiges en doit fere
                                reson de l’enpirement&#160;; et cil qui tient la chose en doit estre
                                trez en plet par l’aucion de la loi Aquiliene. Don l’en demande se
                                l’en doit autrement prisier le domage se l’an lesse l’aucion de la
                                loie Aquiliene. Et Labeo cuide que cil qui demande doit doner
                                caucion que il ne usera de cele aucion&#160;; et cele sentence est
                                veroe.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.15} <hi rend="i">Ulpianus. Item</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et s’il l’erent batu, Labeo dit que cil a contre lui aucion et
                                demande de injures. ¶ {1} Se aucun mest par besoing aucunne chose en
                                autrui mein, li juiges par avainture le deffandra que il rendra sanz
                                plus que l’argent que il en a eu&#160;; et s’il a mis en autrui mein
                                les fruiz que il a euz, il n’an rendra que les fruiz s’i le fist por
                                ce que li fruit n’enpirassent. {2} Et se l’en demande un champ et il
                                est donz à chevaliers par grace d’onnor [46vB] à celui qui le tient,
                                l’en demande se cil le doit rendre. Et je croi que oïl. ¶ {3} Se
                                serf que l’an demande ou autre beste est morte sanz tricherie et
                                sanz cope de celui qui la tient, aucuns dient que il n’en doit pas
                                rendre le pris. Mes il est voir que si les devoit mestre en autre
                                mein se cil qui les demande n’en fust en cope, il dut amender à
                                celui qui demora on avoir les, car s’i li eust baillees et il les
                                eust rendues il eust l’argent gaingnié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.22} <hi rend="i">Ponponius. Quod si dolo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et s’el est fuit par le conchiement à celui qu’i tient, il doit estre
                                condempnz ausi comme s’il tenist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.23} <hi rend="i">Paulus. In rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucion avient à demander chose à celui qui a conquise la seignorie ou
                                par droit de genz ou par costume de citez. ¶ {1} Choses d’eglises ne
                                choses religioses nos ne les poon demander comme noz. ¶ {2} Se aucun
                                aconpaingne autrui chose à la soie por avoir en sa part, ausi comme
                                se aucun ajoint o un braz ou autrui pié à un ymage qui est mien, ou
                                une anse à mon hanap ou un fonz, à un chandelier une ymage, ou un
                                pié à une table, il doit estre sires de tote cele chose&#160;; et
                                que li ymages est siens et li bans, si comme aucunes genz dient. {3}
                                Et ce qu’est escrit en mon parchemin ou an ma table est mien de
                                maintenant, tot eent aucun cuidé encontre de la pointure par le
                                coust que ele costa à fere&#160;; mes il convient que l’en loet ce
                                sanz qui cele chose ne puet estre. {4} Et en tot ce où ma chose vaut
                                plus que autrui chose, et fete la moie, se ja la demande, mes il me
                                convendra rendre le pris de li par barre de tricherie que l’an
                                mestra avant. ¶ {5} Et quanque l’an joint à aucune chose, remaint à
                                cele chose à qui ele est ajointe&#160;; et tant comme cele chose se
                                tient, li sires ne la puet chalongier, mes il puet fere en sa
                                demande tant que l’en li monstre la chose por fere la chose fere, et
                                lors sera la chose chalongie&#160;; fors ce que Casius dit de
                                ferrumee, car il dit&#160;: se li braz est joinz à s’image par fer
                                et l’une des parties est gastee, ce qu’est mis en autrui mein une
                                foiz, tot [47rA] soit il de tot en un jor, ne puet retorner au
                                premier seignor. Ce n’est pas ausi en chose plommee, car ferrumee
                                confont par autel cause la chose ou ele toche, et plommeure ne fet
                                pas ce. Et la où aucion de chose monstrer ne à demander l’en a
                                    leu<note>leu] <hi rend="i">lei</hi> dans le ms., cf. lat. <hi
                                        rend="i">...in quibus neque ad exhibendum neque in rem locum
                                        habet</hi></note>, aucion de fet i est bone&#160;; et la où
                                chascun cors puet retenir sa propre senblance, ausi comme est home
                                et une berbiz. Se j’en demande aucun qui soit en une assenblee, ausi
                                comme de berbiz<note>berbiz] <hi rend="i">berbuz</hi> dans le
                                    ms.</note>, s’i sont ensenble je puis demander le moncel, ja
                                soit ce que tis motons s’i soit feruz, et lors puis je demande le
                                moton. Et ce n’avient pas en autres choses, car se tu mez à mon
                                ymage autrui braz, l’en puet dire que cil braz n’est pas tien, car
                                tote l’image se tient à un esperit. ¶ {6} Nus ne puet chalongier
                                chevron mis en autrui meson, ne ne puet l’en requerre aucion à
                                monstrier le, fors que contre lui qui li mist à escient en autrui
                                meson. ¶ {7} Et se aucun fet edefice an sa terre d’autrui ciment, il
                                porra chalongier la meson, et li premiers sires demandera son ciment
                                qui est depeciez, et se la meson est depecee enprés .iii. anz puis
                                que aucun achateor l’a tenu en bone foi&#160;; car li mortier ne li
                                cimanz ne sont pas mis en prescricion de .iii. anz, que l’en apele
                                usucapion, se la meson nos remaint par espace de tens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.24} <hi rend="i">Gaius. Hic qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui propose à demander la chose doit regarder s’il porra avoir sa
                                sesine par aucunne demande, car mout vaut sesine à l’aversaire
                                contraindre à ce que l’en li demande que demande fere sus celui qui
                                tient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.25} <hi rend="i">Ulpianus. Is qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui s’offri à deffandre la chose sanz cause comme il ne porseist
                                pas, ne ne feist pas chose par quoi il ne tenist, se li autors ne le
                                set, il ne doit pas estre quités, ausit comme dit Marcellus&#160;;
                                et ce voir, mes<note>mes] <hi rend="i">mest</hi> dans le ms., cf.
                                    lat. <hi rend="i">quae sententia vera est. Sed hoc post litem
                                        contestatam</hi></note> c’est quant le plet est entemmez.
                                Mes avant s’il ne deçoit, il ne deçoit pas celui qui demande qui nie
                                que il ne porsiet pas por voir ; ne cil ne s’ofre pas à deffandre le
                                plet qui se muert avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.26} <hi rend="i">Paulus. Nam. [47rB] si auctor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car se li autors le fet, il n’est pas deceuz par autre que por soi
                                moismes&#160;; et por ce doit estre asos cil à cui l’an demande.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.33} <hi rend="i">Paulus. Fructus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li fruiz qui sont pris, non pas solement ore mes autre foiz, doivent
                                estre prisez. Et se la chose que l’en demande perist par la
                                tricherie ou par la cope de celui qui la tient, Ponponius cuide que
                                la sentence Trebatius soit plus veroie, que il cuide que l’en rende
                                reson des fruiz ausi bien comme se la chose ne fust pas perie
                                jusqu’au tens de la sentence&#160;; et à ce s’acorde Julien par
                                ceste reson&#160;: se li sires de la proprieté demande nuemant, et
                                entre tant li usages est perduz, l’en puet les fruiz conter de si to
                                tens que li usages retorne à la proprieté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.34} <hi rend="i">Julianus. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi est se une partie acroit à cele teneure par croissence
                                d’eve.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.36} <hi rend="i">Gaius. Qui petitorio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Qui use de demande qui ne pledoit por noiant&#160;: il doit demander
                                se cil o qui il pledoie est porseor ou s’il a lessié à tenir por
                                barat. ¶ {1} Cil qui est tret en plet por chose est condampné en non
                                de cele chose. Li porseor doit estre en cope qui envoia le serf par
                                leus où il fu aguitié s’il i fut tuez, et s’il otroia son serf que
                                l’en li demanda estre en la greve à soi conbatre se il i est tuez,
                                et il ne garde pas le serf fuitif que l’en li demande s’il
                                s’enfuist, et cil qui la nef que l’en li demande mist en mer par
                                tempeste se ele i perist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.37} <hi rend="i">Ulpianus. Julianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Julien dit&#160;: se je faz edefice en autrui ere que j’é achetee en
                                bone foi, et se je fis l’edefice en celui tens que je savoie bien
                                que ele estoit autrui, veon se barre me vaut rien s’ele ne me vaut
                                par aventure por le domage que g’i é. Et je cuit que ele ne li vaut
                                rien, car puis que il estoit certains que la chose estoit autrui, il
                                n’i dut pas fere edefice, mes l’en li sofrera à oster son edefice
                                que il i a fet sanz fere domage au segnor qui la chose est.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.38} <hi rend="i">Celsus. In fundo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tu feis edefice en autrui teneure que tu avoies achetee comme [47vA]
                                fos om, plantas arbres, enprés l’en la te tost&#160;; li bons juiges
                                en fera droit diversement par les persones et par les causes. Posé
                                que li sires eust fet ce que tu i fais, il te rendra ton despans por
                                avoir sa teneure de tant comme il est enmandé celui leu&#160;; et se
                                la chose crieue, il rendra solemant ce que il i a despendu. Posé que
                                il soit povre, se l’en le force à rendre, ce que il a mis en mesons
                                en bone foi li sera il rendu&#160;; il soffist à toi que l’en te
                                soffre à oster ce que tu i as mis en tel meniere que la teneure ne
                                soit enpiree plus que estoit avant que l’en i feist edefice. ¶ Nos
                                establisons encore que se li sires est prez de doner autretant comme
                                cil qui la tient en doit avoir quant les choses seront ostees, bien
                                l’et s’il veaut, car l’en ne doit pas sostenir les malices es genz.
                                Quar se tu veaus rere les pointures que as mises, ne tu ne les puez
                                oster sanz enpirer la meson. Posé que li sires qui ara la meson la
                                vende de maintenant, s’il ne rant tant comme nos dison que il
                                convient rendre au commaincement, li plusor dient&#160;: quant ce
                                sera osté, il sera condempné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.39} <hi rend="i">Ulpianus. Redemptores</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui rachatent et font edefices dou lor, la mesieres sunt de
                                maintenant à celui en qui terre il sont fetes. ¶ {1} Julien dit à
                                droit que fame qui engage sa teneure, ja set ce que li creancier
                                l’et mis en autre mein, ele puet avoir aucion en la chose
                                demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.40} <hi rend="i">Gaius. Quia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quar il n’est pas apparissant que li creancier ait vendu nul
                                gage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.41} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis in hanc lege</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun achate par tel convenance meillor que il lesse celi marchié,
                                enprés la convenance ostee il ne puet user de aucion à demander la
                                chose. ¶ Se teneure est baillie à aucun dusqu’à .i. jor avant que il
                                soit issit baillie, il puet avoir aucion en la chose, mes enprés il
                                ne porra. ¶ {1} Se ser ou fiz qui n’est pas hors dou poer an pere
                                [47vB] me vent une teneure et m’an sesit comme cil qui poer en a,
                                j’é aucion à la chose demander&#160;; et s’il balle la chose par la
                                volenté au seignor, ausit en doit l’en dire&#160;: comme dou
                                procurator qui vent la chose par la volenté au seignor ou la baille,
                                il m’a pareille aucion à la chose demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.42} <hi rend="i">Paulus. Si in rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en demande aucune chose, ja set ce que li eir à celui qui tient
                                soit asos s’il ne tient, se li morz fist aucun conchiement, li hers
                                en sera condempné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.43} <hi rend="i">Idem. Que religiosis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que se tient à religion est lor&#160;; et por ce les pierres qui
                                sont oncore à mestre en ovre du quel soent ostees de leenz ne puent
                                estre chalongees. L’en secort au demandeor par aucion de fet que cil
                                que prist les pierres est tenuz de rendre les. Et se l’an met autrui
                                perres en autrui teneure sanz la volenté au seignor, s’il en oste
                                une partie sanz tot depecer por autres mestres, el porront estre
                                chalengies&#160;; et s’el sunt ostees por mestre arieres, li sires
                                les puet ausi demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.44} <hi rend="i">Gaius. Fructus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li fruit qui pendent sont une partie de la teneure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.48} <hi rend="i">Papinien. Sumptus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Despens que l’en voit que cil que tint en bone foi a fet en autrui
                                teneure ne puent estre demandé de celui qui dona la teneure, ne de
                                celui qui la demande&#160;; ainz les garde par la reson de equité et
                                de son office li juige, et par barre de tricherie que l’en met
                                encontre, se li despens montent plus que li fruit qui ont esté pris
                                avant que li plez fust entammz&#160;; et li sires à qui est la
                                teneure emendee est tenuz de randre le despens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.49} <hi rend="i">Celsus. Solum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je cuit que la terre est une partie des mesons&#160;; et ausit est
                                desoz comme la mer est soz les nés. {1} C’est mien qui remaint de ma
                                chose de qui j’é poer de chalongier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.50} <hi rend="i">Calistratus. Si ager</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se un champ apartient à aucun par cause d’achest, il ne por[48rA]ra
                                user droitement de ceste aucion dusque il soit sesi dou champ. {1}
                                Mes li hers puet droitement pledoier de ce qu’avint à l’eritage, tot
                                ne soit il pas sesi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.51} <hi rend="i">Ponponius. Si in rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en n’a chose demandee et sentence soit donee contre l’eir, la
                                cope et la tricherie à l’oir vient en cest juigement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.52} <hi rend="i">Julianus. Cum aut</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant cil qui tient la teneure la lesse à tenir par tricherie avent
                                que li plez soit entamnz, li heir à celui ne puent estre forciez de
                                recevoir sus aus le plet par aucion de plet&#160;; mes l’en puet
                                avoir contre aus aucion de fet par qui il seront forciez de randre
                                que il ont plus de celui plet et de cele chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.53} <hi rend="i">Pomponius. Si fundi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui tient malement la teneure la coutive et il seme et i ente,
                                se l’en tost, il ne puet oster ce que il a enté ne semé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.54} <hi rend="i">Ulpianus. Inter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il a moult grant difference entre office de demandeor et de celui à
                                qui l’en demande. Ne enprés ce, se aucuns set que cele chose li
                                apartienge, il pert sa seignorie s’il la lesse comme esbahi à celi
                                qui la demandoit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.55} <hi rend="i">Julianus. Si possessor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui tient la teneure muert avant que juigemant soit donez et
                                lesse .ii. hers, et se l’en le demande à l’un de cez qui tot tenoit,
                                l’en ne dote pas que il ne doie estre condampnez por le tot.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.56} <hi rend="i">Idem. Vendicacion</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en ne chaloinge pas bestes comme chatel, mes cil à qui l’en a fet
                                le lés demandera chascun chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.57} <hi rend="i">Alphenus. Is quo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil à qui l’en demandoit la teneure fu tret en plet d’une autre en
                                non de cele teneure&#160;; l’en demandoit s’il eust la teneure
                                rendue à l’un et à l’autre par le comandement au juige, et enprés fu
                                donee sentence segont ce que l’un demandoit, qui il n’i soffrist
                                .ii. domages&#160;; je di que il convient que il tenist le premier
                                juigement à celi qui l’en demandoit, et doit l’en commander que il
                                face gré au porseor ou dont caucion autel comme il eust fet s’il
                                [48rB] eust le fié gagné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.59} <hi rend="i">Julianus. Habitator</hi><note>Habitator] <hi
                                    rend="i">Habitor</hi> dans le ms.</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui habite en autrui meson i fist fenestres et autres choses
                                l’enz, li sires de la meson les osta. Je demande se cil qui les
                                avoit mises les poet demander. Je di que oïl, car ce qui est ajoint
                                à autrui edefice, tant comme il sont joint, at de l’edefice&#160;;
                                et puis que il en est osté ce qui est joint, il est ausint comme
                                devant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.61} <hi rend="i">Ponponius. Lucius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en demande à don Gaubert, se l’en li eust afetee sa nef d’autrui
                                matire, savoir s’ele est por ce soie&#160;; je di que ele li
                                remoint. Mes s’il eust ce fet en fere la, Julien dit que il ne puit,
                                quar la seignorie de tote la nef remoint au seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.62} <hi rend="i">Ponponius. Si navis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui demande la nef il doit ausi prisier et demander les fruiz
                                qui solent estre venduz por le loage. Et ce n’est mie contraire en
                                cest quas de celi qui ot la chose ou bail don li hers ne sot rien
                                qui n’est pas tenu de rendre les osures&#160;; car voiture moismes
                                sont comme usure, qui n’est pas rendue par nature, est prisee et
                                receue por droit. Totesvoes, puet l’en demander la voiture por ce
                                que cil qui tient ne doit pas rendre au demandeor le peril de la
                                nef ; car s’i le fet, il le fet à son peril. ¶ {1} Et generaument,
                                quant plet est de celi, de celi qui tient en male foi, por les fruiz
                                prisier, l’en ‹ne› doit garder s’il les tient en male foi, ou cil
                                qui les tient les puet avoir, si li leus avoir le pris&#160;; et
                                ceste sentence loie Julien se il tint en bone foi<note>Passage qui
                                    pose problème.</note>.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.64} <hi rend="i">Idem. Cum in rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’en demande chose certaine, chose est que l’en doit rendre les
                                fruiz en non de celes choses qui sont à usage<note>usage] <hi
                                        rend="i">ausage</hi> dans le ms., répetition de <hi rend="i"
                                        >a</hi></note> non pas à fruit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.66} <hi rend="i">Paulus. Non ideo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos ne dison pas que aucunne chose soit moins nostre s’ele se depart
                                de nos se la condicion dou lés ou de la franchise nos remaint.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.67} <hi rend="i">Scevola. A tutore</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je achate une meson dou tutor à l’orfelin, je an mene un menesterel
                                [48vA] à refere la&#160;; se li argent i est trovez, l’an demande à
                                qui ele apartient. Je di&#160;: s’il n’a tresor, ou li argenz est
                                perduz ou osté par error de cel à qui ele n’apartenoit pas, por ce
                                ne remanoit pas que ele ne soit à celi à qui ele avoit esté
                                devant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.68} <hi rend="i">Ulpianus. Qui restituere</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil à qui li juiges commande que il rende et ne rent pas, par ce que
                                il dit que il n’a de quoi, la chose que il a doit estre mise en main
                                de chevalerie par l’ofice ou juige&#160;; et est condenné à rendre
                                la cause et les fruiz. Et s’il fist par tricherie que il ne poet
                                rendre, il doit estre condempnez de tant com li averseres porra
                                jurer por fere traïson. Et s’il ne puet rendre, ne ne fist pas por
                                quoi il ne poist, il ne pot pas estre condampnz plus que la chose
                                vaut, c’est à dire par combien li averseres n’on vossist. Ceste
                                sentence est generau et a leu à totes choses en deffenses ou à
                                demandes de choses ou de persones par quoi li juiges commande que
                                l’en rende aucunne chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.69} <hi rend="i">Paulus. Is</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Qui fist par son barat que il ne tenist pas, il fust puniz en ce non,
                                et li autors ne doit pas doner la caucion et que il et les aucions
                                que il doit avoir en non de cele cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.70} <hi rend="i">Ponponius. Nec quasi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne il ne fu pas acordé que l’en li donast aucion. Ausi est cele que
                                l’en done à celi qui achate aucunne chose de celui qui n’est pas
                                seignor, que chascun met poer par sa rapine d’echeter chose de
                                seignor à qui il ne plest mie doner por meindre pris que il ne
                                vaut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.71} <hi rend="i">Paulus. Quod si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se cil qui tient fist ce par male tricherie et li autres ne veust
                                pas jurer, ainz requiert que sis aversaires li soit condempnz por
                                tant com il no vosist ou por tant comme la chose vaut, l’en doit
                                fere mesure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.72} <hi rend="i">Ulpianus. Si aucio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu achetas de Tebert la teneure Samfroni et l’en te balle l’argent
                                paié, et enprés Tebert est heirs Semfroni et il veust cele chose et
                                balle à autre, droiz est que tu soies posseor, car se le vendeor te
                                demandast cele chose tu [48vB] mestroies barre contre lui. Et s’i le
                                porset et tu le demandes, tu uses de replicacion contre l’escepcion
                                au seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.73} <hi rend="i">Idem. In speciali</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En aucion especiau n’est pas le porseor forciez dire quel part est
                                soe de la chose ; ce apartient à celui qui demande, non pas à celui
                                qui tient&#160;; et c’est tenu en chose qui est vendue de tel qui
                                vendre ne la puet. {1} Superficiario.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.74-75}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz promet à doner aucion en chose demander quant il savra por
                                quoi à celui de qui il est aparissant qui est en autrui chose qui
                                l’en rende certaine pension&#160;; et ce dit Ulpien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.76} <hi rend="i">Gaius. Que de tota</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce qu’est dit de tote la chose chalongier doit l’en entendre d’une
                                partie, et c’est contenu en l’office au juige segont la partie que
                                il a, segont ce doit il rendre. ¶ {1} L’en done certaine partie s’il
                                i a juste cause. Et il i puet avoir droite cause se la loi
                                falcidiene s’i acorde en testamant por aucion qui n’est pas certeine
                                de lés&#160;; et c’est à poine delivré par le juige. Et cil à qui
                                l’en lesse a droite ignorance qui part il doit demander, et itel
                                aucion li devra l’en&#160;; et issi doit l’en entendre des autres
                                choses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.77} <hi rend="i">Ulpianus. Quedam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Une feme dona sa teneure à son mari et le don li envoia par unes
                                letres, et anprés la teneure ele prist de lui&#160;; l’en disoit que
                                il se devoit deffendre per aucion de chose, si comme cil qui l’avoit
                                eue par la fame&#160;; et que tot ce qui estoit au champ devoit
                                estre sien au tens que les letres furent envoees, et ce soffisoit à
                                baller la possession, tot n’eust ele la teneure aloee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.78} <hi rend="i">Labeo. Si eius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu as tolluz les fruiz de la chose que tu tenoes, qui estoient à
                                autrui, il ne te convient rien doner en non des fruiz de cele
                                teneure. Ainz demande l’en, se cil fruiz est por ce fez, por ce que
                                il les a prisés en son non. ¶ Nos devon entendre «&#160; prise de
                                fruiz &#160;» s’il ne sont pas pris parfetemant mes conmoinciez à
                                prandre, que li fruit ne sont plus en la terre, ausi comme s’il i a
                                olives [49rA] ou grapes sont en la vigne ou en la terre et il n’i a
                                point d’oile ne de vin tret ne fet&#160;; s’il a ce, l’en atant que
                                il a les fruiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.79} <hi rend="i">Idem. Si hominem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu me demandes un home et il est morz enprés ce que li plez est
                                entamnz, il convient prisier les fruiz tant comme celui virra. ¶
                                Paulus dit&#160;: je cuit que c’est voir se cil hom ne chet en tel
                                feblece par quoi ces ovres ne soent enpirees ; car s’il fust en cele
                                feblece, il convenist que li fruiz fuissant prisiez en non de celui
                                tens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {6.1.80} <hi rend="i">Triphonius. In rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos ne somes pas forciez de user d’aucion en chose demander, car
                                chascun puet dire que il ne tient pas&#160;; issi que se li
                                averseres puet l’autre contraindre que il tiegne, il avra la
                                possession, ja sé ce que il ne prove pas que la chose soit soe.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head>VIII. De retret de chalonge.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Un home achate une meson&#160;; l'en dit que cil qui sont parant au
                            vendeor de lignage de cele partie don la chose muet, aura la chose par
                            tant comme ele coste, dedanz l'an et le jor&#160;; et se li acheterres
                            dit que li an et li jor soit passez, porquoi ne li en veaut respondre,
                            la chalongierres convindra qu'il enfraigne ce par guaranz, et qu'il fut
                            à la vante fere, et as deniers paier. Et se batalle est vaincue, par ce
                            ne perdra pas li acheterres son argent, et se il n'afraint la tenue, li
                            acheterres tiendra la sésine, et sera jugemanz donez contre le
                            chalengeor. Et s'il nie qui n'est pas del lignage, et s'il dit qu'il
                            n'est pas de cel paroi dont la chose muet, en tel chose n'a point de
                            batalle&#160;; mès par bons tesmoinz qui sachent qu'il soent del lignage
                            d'oïr et de savoir de cele partie don la chose muet.</p>
                        <p>A l'en motrée en chalonge&#160;? Oïl et jor de conseil&#160;; et doit
                            l'en offrir les deners en la place&#160;; et se aucuns empire la chose
                            por que ele ne soit chalongié dedanz l'an, le puet-il fere&#160;? L'en
                            dit que nenil, et s'il amende, aura-il son commencement&#160;? Et l'en
                            dit que oïl.</p>
                        <p>Et se aucuns est en pèlerinage, comme à Rome ou outremer, ou en
                            lontiengin païs, et li anz passe, puet-il chalongier quant il sera venuz
                            &#160;? L'en dit que non&#160;: quar il fet ce por son preu. Et se il en
                            est forspaïsiez por la force de jostice, il i puet chalongier, quant il
                            revandra&#160;? L'en dit que oïl, et se c'est sanz copes&#160;; ou se
                            c'est par ses copes, non. Et s'il n'ose venir avant por la force de ses
                            enemis, puet-il chalongier quant il vendra, et li anz passé&#160;? L'en
                            dit que oïl, se ce n'est par ses copes.</p>
                        <p><pb n="129"/>Et se l'en li ostroiast, ou qu'il le prist por tant comme un
                            autre vodroit doner et ne le vost fere, puet-il chalongier&#160;? Et
                            l'en dit que oïl, car plus est procheins que estranges, et porroit
                            avenir que la chose li porroist eschoer.</p>
                        <p>Se aucuns vant et il requiert à son parant que il autroit la vande&#160;;
                            il ne l'otroera pas s'il ne veaut, henz ara s'année à retrere.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Li sires des choses qui sont soz li, se eles sont vendues, il la doit
                            avoir s'il veaut, à l'argent paiant, avant que estranges.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head>IX. D'usaige.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Usages si a (<emph>est</emph>) un servise que aucun a sor aucune teneure.
                            Usages a droit d'user d'autrui choses, sauve la seignorie des choses.
                            Usages est en aucun cors, et quant il faut, li autres faut<note>Dig.,
                                lib. 7, tit. 1, frag. 1, 2&#160;: <hi rend="i">de Usufructu et
                                    quemadmodum quis utatur fruatur</hi>.</note>.</p>
                        <p>Usages doit estre establiz en totes teneures por droit de lès, et par
                            testament, et par don antre la vis, et puet estre achetez.</p>
                        <p>Usages au commencement puet estre establiz o devise o sanz devise, à tans
                            ou à toz jors.</p>
                        <p>Hobligemant d'usage doit tost estre départiz au parties de l'éritage.</p>
                        <p>Se aucuns fet édefice en la terre où il a son usage, il ne l'en puet
                            oster.</p>
                        <p>Se aucuns lesse issint toz les fruiz de la teneure, ceste parole est
                            entandue ausint comme se li usages fust lessiez<note>Dig., lib. 7, tit.
                                1, frag. 3, 5, 15, pr.&#160;; frag. 20.</note>.</p>
                        <p>Usagier n'use mie, s'il n'use ou un autre por lui, si comme cil qui
                            achate ou qui aloe ou à qui l'en le done, ou cil qui fist son
                            afere&#160;; et ce iest que se je van usage, tot ne usse li acheterres,
                            aparaissent est que je tieng l'usage&#160;; et se je le done, je ne
                            retieng pas la chose se cil n'en use<note>Ibid., frag. 38,
                            40.</note>.</p>
                        <p>Li usagiers ne puet fere noveau édefice sus les paroiz de la meson&#160;;
                            et s'il est commoinciez, il ne le puet achever, tot ne s'en puisse cil
                            soffrir. Ne li usages n'en est pas sien s'il ne li est lessié
                            espéciaument ou establi que l'en puiche fere.</p>
                        <p><pb n="130"/>Aucion de loi Aquiline n'avient pas solement à l'usagier,
                            mès aucion de serf corrumpu et de injures&#160;; et se l'en ampire le
                            serf, il le puet demender.</p>
                        <p>Celui à qui usages est lessiez, le puet vendre et à estrainge, maugré à
                            l'oir, par droit et non par costume<note>Dig., lib. 7, tit. 1, frag. 61,
                                66, 67.</note>.</p>
                        <p>Se usages d'ere m'est lesiez, je puis fere une borde por ardoir à la
                            chose qui est.</p>
                        <p>Se usages est lessiez à Tibert ton serf, et à Gaubert mon serf, autex est
                            li lés comme s'il fust lessiez à toi et à moi, et por ce n'est pas dote
                            qu'il ne soit nostres ynéement<note>Ibid., frag. 73, 74.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head>X. De jor de consoil et de jor de montrée.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>A totes les foiz que l'en demande à home cors qui ne puet remuer, ne qui
                            l'en ne puet remuer, l'en doit avoir jor de montrée à la requeste à celi
                            à qui l'en demende&#160;; et en choses que l'en puet remuer, non. Et
                            doit l'en avoir jor, l'en doit avoir jor en leu certain et à ore nommée.
                            Et se aucuns met sus défaut de montrée à celui à qui l'en demende, il
                            s'en passera par son serement.</p>
                        <p>Or demende l'en quantes foiz il s'en passera par son serement&#160;? Nos
                            dissons en deus&#160;; et s'il i a contenz, en la tierce foiz bones genz
                            en seront creuz. Et se li demanderres est si povres qu'il ne puisse arme
                            avoir, la jostice doit envoier sofisaument, et por le riche et por le
                            povre, à la requeste au demendeor.</p>
                        <p>Enten&#160;: l'en ne doit avoir que deus proves à acuser montrée, et la
                            tierce doit aler por enqueste et de montrée&#160;; et por montrée ne
                            nest point de batalle.</p>
                        <p>Se li sires requiert à son home que il li motre son fié, li hons doit
                            avoir trois quinzeines de motré lou, se mestiers est, et non plus&#160;;
                            et de vilenage autant.</p>
                        <p>Jor de conseil est à demender à celui à qui l'en demende&#160;; et il le
                            doit avoir tenable, segont le leu où l'en demende et segont ce que l'en
                            li demende, por encerchier la vérité de la chose et por venir <pb
                                n="131"/>garniz de garanz de soi deffendre et de demender. L'en doit
                            avoir jor de conseil de la demende que l'en n'a pas oïe devant
                            juige&#160;; cele que l'en a oïe, non.</p>
                        <p>L'en ne doit pas avoir jor de conseil en tel cas&#160;: de murtre, de
                            rat, de larrecin, d'omicide, de traïson, de membre tolu, de trêve
                            demender, ne de chose où il a péril de doner le jor, comme se l'en a une
                            feme ravie ou pris un home et mis en prison, ou se l'en tient aucune
                            chose qui puet périr en dementres, ne de nul fet de cors.</p>
                        <p>Se aucuns se passe par son serement deus foiz qu'il a eu jor de conseil,
                            et s'en vot passer la tierce, l'en ne li sofre pas, ainz sera atainz par
                            tesmoinz qui virent le jor metre&#160;; et tés airemanz sont en cort qui
                            n'a pas recort, et an cort qui a recort, recort passe.</p>
                        <p>Un home copable demende jor de conseil. Li demenderes dit qu'il l'a eu et
                            l'ofre à prover&#160;; et copable fet ni sanz deffense. L'en demende
                            qu'en dit droiz&#160;? Et l'en respont, quant il n'ofre contre la prove
                            deffense, qu'il pert sa querele, sanz avoir prove, ne autre chose.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head>XI. Quex genz devent respondre, quex non.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Enfes qui est en bail, qui a meins de quinze anz, ne doit respondre
                            d'éritage, ne de meubles, devant que il ait quinze anz passez, ne ne
                            puet fere serement&#160;; mes à quinze anz, il doit respondre par le
                            conseil de sa garde, et par le conseillier li juige, qui doit garder les
                            orfelins. Mès il ne se combat pas devant qu'il ait vingt anz passez. De
                            lédissement, s'il le fet, doit-il respondre&#160;? Et l'en dit que oïl,
                            segont ce que la jostice verra, et la jostice li doit aidier.</p>
                        <p>Serf ne doit pas respondre, ne l'en ne (<emph>li</emph>) doit pas
                            respondre sanz l'autorité au seignor.</p>
                        <p>Desvez ne respont pas, ne l'en ne li doit respondre&#160;; mès l'en doit
                            respondre à sa garde&#160;: car il n'est pas mestiers que ses drois
                            périsse.</p>
                        <p>L'en ne respont pas à feme qui a son seignor, se n'est par le
                            commendement son seignor, ou ses sires ne li en done poer de fere aucune
                            marcheandise. Et se ele fet lédissement à aucun, respondra-ele&#160;?
                            Oïl, de toz les lédissemanz qu'ele fet en cors. Et se ses sires est
                            outre mer ou hors dou païs en lontaing leu, respondra-ele&#160;? Oïl, de
                            lédissement <pb n="132"/>et de la chose de quoi sis sires li a doné
                            poer&#160;; et de héritages et de autre chose, non.</p>
                        <p>L'en respont à muet et muet respont par signe&#160;: car tot ne puisse-il
                            parler, se consant-il bien par signe en ce que l'en dit por lui. L'en
                            doit respondre à sort, et il doit respondre&#160;; et à orb.</p>
                        <p>L'en ne doit pas respondre à aucun por communeté, s'il ne monstre
                            privilége qu'il ait tel poir&#160;; ne à chapitre, ne à religios, ne à
                            évesque, ne à baron, ne à grant home qui a grant aministracion. Simple
                            chevaliers, ne simple clers, ne borjois, ne maine persone, ne puet metre
                            procurator por soi, se il ne sont empeschié de maledie reséente, et lors
                            l'en doit respondre à son procurator.</p>
                        <p>L'en ne doit mie respondre à fame por mari, ne à mari por fame, ne au fiz
                            por père, ne au père por filz, s'il n'est en son poir.</p>
                        <p>L'en doit respondre à toz procurators de roi et de chapitre et
                            d'université.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head>XII. De trives fere doner.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci que l'en doit trives fere doner en toz tens et en totes
                            hores, ne que ce ne doit estre alongié&#160;: car trive si est sauvement
                            de cors d'ome et sauvement de biens desus terre&#160;; et oste achoison
                            que nus ne forsface, et est alongement de vie, et est espérence de
                            pez&#160;; et garde home de péchier. Et por ce que toz biens en vienent
                            et toz maus en doivent remaindre, c'est si haute chose que nus ne la
                            doit alongier que ele ne soit donée.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head>XIII. D'usaiges lessiez.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>A totes les foiz que usages est lessiez à plusors, et je le dement, je
                            dement à droit que acroissement est lessiez&#160;; et s'il est lessiez
                            deviséement à chascun sa part de la chose, lors n'i a-il point de poer
                            d'acroistre.</p>
                        <p>L'en demende se li usages est lessiez à un serf commeun, si est conquis à
                            l'un seignor et à l'autre, et se li uns refuse sa part, se li autres
                            aura tôt&#160;? Et il set que li usages ne soit pas aquis par ynées
                            parties&#160;; <pb n="133"/>mès à seignors&#160;; totesvoes ne doit l'en
                            pas regarder à la persone des seignors&#160;; mès à la persone de celui
                            à qui li usages doit apartenir&#160;; et l'en dit que à l'un des
                            seignors usagiers nont pas la seignorie. Quar se usages est lessiez à
                            moi et à toi, se li uns le refuise, li autres aura tot<note>Dig., lib.
                                7, tit. 2, frag. 1, pr. § 1 &#160;: <hi rend="i">de Usufructu
                                    aderescendo</hi>.</note>.</p>
                        <p>Se seignorie de teneure t'est lessié, et li usages m'est lessiez, et à
                            toi et à men iers&#160;; ge et mon eir (<emph>men iers</emph>) i avons
                            les does parz en l'usage, et une partie dou tierz sera mellée à la
                            seignorie. Et se ge ou mon eirs muons nostre estat, li tierz sera
                            départiz antre toi et l'un des noz, ausint comme cil qui ne mua pas son
                            estat i eit la moistié, et la seignorie l'autre, ou moitié li
                                remaigne<note>Ibid., frag. 4.</note>.</p>
                        <p>Se porpriere (<emph>propriété</emph>) de teneure est lessié de deus, et
                            l'usage à un, li dui n'avront pas les deus parz, mès la moitié&#160;; et
                            li fruitier la moitié&#160;; et encontre se l'en lesse à un ou à deus la
                            teneure.</p>
                        <p>Quant chascun des hers lessent usages d'une moisme chose à cex à qui l'en
                            a lessié, aparissant est que li premier (<emph>fruitier</emph>) soient
                            sevré, ausi comme fruit d'une meisme chose fu lessiée à deus parties, et
                            por ce droiture d'acorostre ne part sanz à nos<note>Dig. lib. 7, tit. 2,
                                frag. 9, 11.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <front>
                    <head>XIV. Quant le jor d'usaige cesse.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Jà sé (<emph>soit</emph>) ce que usages de fruiz soit establiz por user,
                            par aucun servise que celi fet qui en use, tote voies avient le jor une
                            foiz&#160;; ausint comme se l'en lesse une chose à aucun, ou par mois,
                            ou par jorz, ou par anz, li jorz de lès avient, dom il avient que l'en
                            le puet demender. Et se usages est lessiez à chascun jor, l'en demende
                            s'il doit &#160;? Et je ne cuit pas qu'il doie avenir une foiz, mès par
                            le tens qui est establiz, s'il i a plusheirs lès en celi à qui usages
                            est lesiez à un jor et puis à autre. Et por ce, se usages est lessiez
                            que ne puet pas estre pris chascun jor, li lès sera bons, et cil aront
                            le lès qui porront user. Mès li usages ne puet avenir, dusques li
                            héritages soit demendez. Lors est establiz usages, quant aucuns en puet
                            user&#160;; par ceste reson, se usage est lessiez à serf héritier, Adan
                            dit que jà sé ce que ces autres lès soent <pb n="134"/>coneuz à
                            l'éritage, l'en i doit entendre la persone au seignor, que l'en ait
                            l'usage et le fruit. Et dit l'en que cil qui demende avant le jor de
                            l'usage, que li fet mal<note>Dig., lib. 7, tit. 3, frag. 1&#160;: <hi
                                    rend="i">Quando dies ususfructus legati cedat</hi>.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Commun de pais se plaint de Gaubert qui a clos son pré à fossez, com li
                            usages dou païs soit tex que les bêtes dou païs doivent aler partot, en
                            tens qui n'est deffensables. A ce respont Gaubert que la chose est soe,
                            et li communs riens n'i tient de lui. Les choses devant queneues, dit
                            droiz que il puet clore son pré&#160;; et quant bestes corront
                            communémant par toz les prez, voie sera fete à corre ou pré clos&#160;;
                            et quant deffense vandra, cil cui est li prez porra atoper la voie
                            dusque deffense soit passée.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <front>
                    <head>XV. De us sési ou perdu.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Certaine chose est que l'en ne pert pas usage par muement d'estat,
                            solemant en pert l'en la demende. Et poi i a de regart se li usages est
                            establiz en choses ou par la garde au prévost&#160;; et issi qui vent
                            ausi comme baillié&#160;; et unsaages (<emph>usages</emph>) establi en
                            teneure qui doit paage, est perdu par apeticement d'atat. Et issint est
                            perdu se l'en i a (<emph>est</emph>) establi&#160;; et se aucuns mue son
                            estat avant qu'il ait demendé le éritage, ou avant que li jorz soit
                            venuz, voirs est qu'il ne le pert pas<note>Ibid., tit. 4, frag. 1,
                                pr.&#160;; § 2&#160;: <hi rend="i">Quibus modis ususfructus vel usus
                                    amittatur.</hi></note>.</p>
                        <p>Acordé est que usages faut par une meson dechastée, ausint comme se
                            usages de meson i m'est lessié, et ele déchiet ou art&#160;; sanz dote
                            lors et certaine chose est, se la meson ardet, l'en ne doit pas loage ne
                            de l'aire ne des pareiz.</p>
                        <p>Se usages d'eue (<emph>d'ere</emph>) est lessiez, et atant, certaine
                            chose est que la chose est muée. Et se li sires fet ce par tricherie, il
                            i sera tenuz<note>Ibid., frag. 5, § 2, 3.</note>.</p>
                        <p>Ne aler ne venir par une terre n'et perdu par muement de seignorie.
                            Acordé est que usages de certaine partie ou qui n'est pas certaine, est
                            perdu, quant l'en n'use.</p>
                        <p>La char et le cuir de la beste morte n'est pas conté au fruit&#160;; li
                            us faut menois que la beste est morte.</p>
                        <p><pb n="135"/>Se usages de deniers sont lessiez, l'en doit doner caucion
                            et de mobles ausint<note>Dig., lib. 7, tit. 4, frag. 19, 25, 30 et tit.
                                5&#160;: <hi rend="i">de Usufructu earum rerum quae usu consumantur
                                    vel minuuntur.</hi></note>.</p>
                        <p>Usages ne (<emph>nu)</emph>) est establiz sanz fruiz, et est establiz en
                            autre menière ou home, comme usage et fruiz est establiz.</p>
                        <p>Cil à qui usages est lessiez puet user&#160;; mès il n'a point de
                            fruit.</p>
                        <p>Il convient voer de chescun usage de meson&#160;: se ele est lessié au
                            mari ou à la feme&#160;; se ele est lessié au mari, il puet abiter
                            solement et lui et sa mesnie et si serjanz, et il puet recevoir genz et
                            habergier&#160;; et sa fame puet recevoir ce que sis sires puet
                            recevoir, ne il ne Ii loit pas à recevoir ôtes à qui il ne li loit pas à
                            abiter honestemant<note>Ibid., tit. 8, frag. 1, 2, 6, 7&#160;: <hi
                                    rend="i">de Usu et habitatione.</hi></note>.</p>
                        <p>Se usage de teneure est lessiée, ce est men que de fruiz, et nus n'an
                            dote&#160;; et l'en doit voer qu'il a en celi plet, et l'en dit qu'il
                            puet estre an la teneure, et en puet user trampéement, sanz
                            déreson&#160;; mès il ne puet vendre, ne doner, ne engagier, ne prêter
                            son usage&#160;; mès il le puet quiter au seignor.</p>
                        <p>Il doit avoir son plain usage, tot soit-il lessié à sa vie. Li sires doit
                            venir à prandre les fruiz, et il doit demorer tant qu'il soit coilli. Et
                            estre (<emph>outre</emph>) son mesage, il aura poer de esbargier iqui
                            aucunes genz, et de qui puet avoir son usage iqui de chascun jor au
                            cortiz, an pomes, an chos et en estrain, et autres menues choses, si
                            qu'il n'en face desloi&#160;; ne il ne usera pas ne au pur fust, n'à
                            choses qui sont laborées por vendre, ne des fromenz&#160;; et doit avoir
                            son usages à choses qu'il set de la teneure, de ce qui apartient à son
                            vivre, et lui et li sien. L'en doit avant une chose fere à l'usagier
                            plus largemant comme por la désireté à celi à qui li usages est
                            lessiez&#160;; et puet porter l'usage an sa meson<note>Ibid., frag. 10,
                                § 4&#160;; frag. 11, 12, § 1.</note>.</p>
                        <p>Et se usages de bestes est lessiez, ausi comme de berbis ou de mostons,
                            il aura les fiens por fumer le champ&#160;; mès il n'aura pas l'usage de
                            la laine, ne des aigneaus, ne do let&#160;; car je cuit que ce est en
                            fruit&#160;; mès il doit avoir un poi dou let, car li don ne doivent pas
                            estre si estréciez.</p>
                        <p>Se usages et (<emph>ès</emph>) bos est lessiez, il aura tot l'usage, à
                            arer et à fere totes choses que bos devent fere.</p>
                        <p><pb n="136"/>Se usages de haraz est lessiez, l'en doit veer s'il le puet
                            et doit danter (<emph>dompter</emph>) et metre le à fere bone. Et se cil
                            est charetiers à qui l'usage de haraz est lessiez, je ne cuit pas qu'il
                            en puisse user&#160;: car il est aparissant qu'il a loé. Mès se cil qui
                            fist le testament set qu'il soit de tele vie, et tex menestères, il
                            apert que il fist le testament qu'il pensa de tel usage<note>Dig., lib.
                                7, tit. 8, frag. 12, § 2-4.</note>.</p>
                        <p>Se usage de meson est lessiez sanz fruiz, li refez de la meson est
                            commune.</p>
                        <p>An meson amender ausint a l'er com l'usagier. Or veons se li ers prant
                            solemant le fruit, si la doit refere&#160;? Se la chose est tele, don li
                            usages est lessiez, que li heirs n'en puisse pas avoir les fruiz, cil à
                            qui li lès est, doit refere la meson.</p>
                        <p>Cil qui a la propriété de la chose ne puet muer la chose don l'an use, an
                            autre forme, que il ne puet empirer la cause à l'usajuer&#160;; il
                            l'ampire quant il la mest en autre estat que ele n'estoit<note>Ibid.,
                                frag. 18, 23.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <front>
                    <head>XVI. De us et des fruiz avoir.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Se usage d'aucune chose de fruiz est lessié, il fust avis à plusors que
                            ce fust droiz que cil à qui l'en a fet lès, doigne caucion por lui qu'il
                            en usera à l'agart de bones genz, et quant il ne tandra plus ne l'us, ne
                            l'usage, ne les fruiz, il randra ce que remoindra. Ceste promesse doit
                            estre fete, se la chose est muble, segunt costume&#160;; de l'autre,
                            non&#160;; mès segont droit, il doit<note>Ibid., tit. 9, frag. 9, § 1,
                                pr. § 1. <emph>Usufructuarius quemadmodum caveat.</emph></note>.</p>
                        <p>Il doit donc doner caucion par agart de prodome, de garder ce qu'il
                            prandra au fruiz, c'est-à-dire qu'il n'empire la chose et qu'il la face
                            ausit bien comme il feroit la soe. Et doit l'en mestre en escrit qu'il
                            ait (<emph>quelle est</emph>) la chose, et se péris dou mal est, si que
                            l'en puisse apercevoir si l'ont empirié ou non. Il m'est avis et meuz
                            estoit de doner caucion par promesse, que se aucuns n'en use à l'agart
                            de prodome, que la promesse soit perdue menois&#160;; ne nos n'entendun
                                (<emph>n'attendons</emph>) pas que li usaiges soit
                                perduz<note>Ibid., frag, 1, § 3-5.</note>.</p>
                        <p><pb n="137"/>Ceste promesse a deus causes&#160;: l'une est se aucuns a
                            uusé autrement qu'il ne doit et prodome l'esgarde&#160;; l'autre est de
                            rendre l'usage et le fruit. Et la première set aperdue menois que cil
                            usera autrement qu'il ne doit&#160;; et l'autre, (<emph>quand l'</emph>)
                            usage et li fruiz sera finez. Tuit li quas seront contenu en ceste
                            promesse, par qui usages et fruiz est perduz.</p>
                        <p>Nos entendon que usages et fruiz, si n'est tenuz par droit, tot soit-il
                            lessiez, et la promesse sera perdue, ausi comme s'il lessoit à tenir ce
                            qu'il n'avoit pas comoincié. Se le fruitier a la propriété, li usages
                                faudra<note>Dig., lib. 7, tit 9, frag. 1, § 6&#160;; frag. 3, pr. §
                                1&#160;; frag. 4.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head>XVII. De usaiges de fruiz et de sésine de cité.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Servises sont de gens, si comme usages et fruiz&#160;; ou servises sont
                            de choses, si comme de teneures de viles et de citez.</p>
                        <p>Li seignors des mesons communes n'i puet par soi sol metre servise. Li un
                            sont en terre, li autre dehors.</p>
                        <p>Certaine chose est que l'en puet mestre mesure en servise. Ausit com l'en
                            devise que chascun le ira por la teneure, ou ausi com l'en aille por un
                            senter, et n'i portera l'en que certaine laece<note>Dig., lib. 8, tit.
                                1, frag. 1-3&#160;: <hi rend="i">de Servitutibus</hi>.</note>.</p>
                        <p>Voie à aler puiser eue, et porquoi sont establies en ces menières et en
                            autretex comme nos avons dit que usages est establiz.</p>
                        <p>Usage de servise puet estre establiz en tens, si comme aucuns a son usage
                            en aucune chose de tierce jusque à none, ou de hui à por demain. Servise
                            puet estre ou lessié ou establi sor certaine partie de la teneure. Se
                            l'en ostroie à avoir aucun usage par autrui teneure, il ne doit mie aler
                            parmi la costure, parmi les blez, ne par la meson, quant il puet aler
                            alors sanz fere domage&#160;: quar tex choses sont acestés, tot non die
                            l'en pas.</p>
                        <p>Se je lesse voie où l'en ne puet aler, l'an dit que l'en puet bien fere
                            tant que l'en i puisse aler, et que l'en i et (<emph>ait</emph>)
                                voie<note>Ibid., frag. 5, 6, 9.</note>.</p>
                        <p>Servise de voie à cemetire est de droit privé, et por ce le puet l'en
                            chalongier au segnor cui la teneure est&#160;; et cest servise puet
                            estre aquis <pb n="138"/>por la religion de l'enteremant. Se c'est
                            commun leu ou commune voie, commun service d'aler où il puet estre
                            mis&#160;; mès l'en n'i puet fere droit, et l'en siaut demender au
                            prince que l'en puisse mener eue par commune voie, sanz fere domage à la
                            communauté.</p>
                        <p>Religios leu ne pot servise de voe avoir&#160;: quar nus ne doie aler par
                            celi leu<note>Dig., lib. 8, tit. 1, frag. 14, § 1, 2.</note>.</p>
                        <p>Partie de voie, d'aler et de venir, et de mener eue, ne puet estre
                            engagie&#160;: car lor usages n'est pas départiz&#160;; et por ce, se li
                            prometeor muert et lesse plusors heirs, chascun demende la voie toute,
                            et s'il lesse un heir. L'en demende se l'en puet mestre servise à la
                            teneure que aucun vant&#160;? Et l'en dit que oïl<note>Ibid., frag. 17,
                                19.</note>.</p>
                        <p>Se terre est commune ou voie commune, il n'enpeeche pas servise d'aler et
                            de venir, et d'élever sa meson plus haut, ne de chevroner, ne de covrir,
                            ne d'abatre&#160;; et ele empêche servise de plue et d'agoz, et le ciel
                            qui est desus doit estre délivre<note>Dig., tit. 2, frag. 1&#160;: <hi
                                    rend="i">de Servitutibus prœdiorum urbanorum.</hi></note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head>XVIII. De servises de citez.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Li droiz des teneures de citez est tel&#160;: d'élever sa meson plus
                            haut, et de peticier la voiue (<emph>vue</emph>) son voisin ou non, ou
                            de metre gotère en la meson son vesin ou non, ou de metre chevrons ou
                            non an la mesière, ou de oster ou de recovrir, et de fere itex choses
                            assez. Et cest servise est que l'en ne renuise la vée&#160;: là où
                            servise de veue est establie, c'est establi que li voisin ne nos tole
                            nostre veue&#160;; et quant cil servises est mis en autre meson, que
                            l'en ne nuise à la veue, nos avon ce que nostre voisins ne puitche,
                            contre nostre volenté, sa meson plus haute lever, et qu'il ne puisse par
                            ce apeticier la clarté de noz mesons<note>Ibid., frag. 2-4.</note>.</p>
                        <p>Nos devon entendre au servise celui à qui l'en fet contre sa volenté, non
                            pas solemant celui qui contredit&#160;; mès celi qui ne s'i
                            consant&#160;; et por ce dit l'en que li enfant et li desvé sont
                            ausint&#160;; et ces paroles ne sunt pas raportées an fet qui à
                            droit.</p>
                        <p>La chose qui sont par natureles communes, li uns ou li autres des <pb
                                n="139"/>voisins ne a poer de la dépecier, ne de refere la&#160;:
                            car li uns ne li autres n'en est sires. Mès se li juiges voit qu'il i
                            ait reson en amender les, bien le puet commender par droit<note>Dig.,
                                lib. 8, tit. 2, frag. 5, 8.</note>.</p>
                        <p>L'en n'a nulle aucion contre celi qui tost la clarté de mesons son vesin,
                            an fesant la soe plus haut, quant servise n'i est deuz. J'é
                                (<emph>j'ai</emph>) deus mesons, je t'an lesse les unes, tu lièves
                            l'autre&#160;: l'an demende se le puet fere, quant il tost la clarté à
                            l'autre&#160;? Et l'en dit que non, por quoi la clarté vienge de costé,
                            qui post (<emph>vost</emph>) nuire à la clarté des mesons son et vesin.
                            Por fere un édefice, il doit savoir qu'il doit garder et la forme
                            l'estat des ancienes mesons. Se tu et tis voisins ne poez acorder an
                            fere voz mesons, li juiges vos donra arbitres. Une chose et autre est
                            gardée, que l'an ne nuise à clartez des mesons, et que l'uns n'et plus
                            voie que l'autres&#160;; et qui tole la clarté son voisin et quanquez a
                            fet an nuissement de tolir la clarté, pot estre deffandu<note>Ibid.,
                                frag. 9, 10, 11, 15.</note>.</p>
                        <p>Se l'an doit servise, l'en puet deffendre à cetui qui tost la clarté,
                            qu'il face si son afere qu'il ne tole à l'autre la clarté, si qu'il voie
                            sa lumère, c'est le ciel. Et il a defference entre veue et lumère&#160;:
                            car veue est d'en bas et lumère d'an haut. Et se aucuns plante d'en bas
                            por tolir la lumère, l'en dit qu'il fet tort&#160;: quar li umbres nuist
                            que l'en ne puet voir le ciel&#160;; me (<emph>mès</emph>) si tost le
                            soloil sanz plus, et l'en voie le ciel, il ne tost mie la
                                clarté<note>Dig., frag. 15, 16.</note>.</p>
                        <p>Usères d'esgoz est nécesseires, là où il est sanz meffet&#160;; il ne
                            porte pas tenue s'il n'est apertement seuz.</p>
                        <p>Se li conduiz par qui il viegne eue à ma meson, me sont estopé, g'é
                            aucion contre toi de fet et de domage que tu m'as fet.</p>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/6">Gefroi de la
                                Chapele</ref> dit que l'en ne puet avoir conduit joint à la meson
                            commune qui reçoit l'aau, ou de ciel, ou de marois&#160;; et l'en ne
                            puet deffendre son voisin qu'il i ait son agot gote (<emph>joste</emph>)
                            la paroi commune&#160;; mès s'il voloit mener l'eau par conduit, et ele
                            néust à la paroi, l'en la porroit deffendre<note>Ibid., frag. 17, § 3,
                                frag. 18, 19.</note>.</p>
                        <p>Se j'é mon chevron en ta paroi, et je jeuse, par ce doit l'en avoir
                            commune au tré, ou se mon fust est en ta mesière. An quequez manière <pb
                                n=" 140"/>que agos soit conquis, l'en le puet haucier, et de ce
                            amende li agoz&#160;; et quant il sera plus haut, il cherra plus
                            légièrement et plus droit. Nos poon fere l'agot plus légier péant&#160;;
                            non ausint est de fluve qui chiet par agot<note>Dig., lib. 8, tit. 2,
                                frag. 20, pr.&#160;; § 5.</note>.</p>
                        <p>Nus de deus seignors, en chose de servise commune, ne puet rien fere
                            contre la volenté à l'autre, ne deffandre que la chose ne soit à l'un ne
                            à l'autre&#160;; et por les granz contenz, fet l'en aucune foiz la chose
                            partir&#160;; et par aucion de ce aconsit aucune foiz le compaignon que
                            l'ovre ne se face, ou que l'en oste l'ovre qui est fete, s'il est pro à
                            la compaignie<note>Ibid., frag. 26.</note>.</p>
                        <p>Se ge et tu avons mesons communes, et aucune chose de ces mesons est mise
                            à tort en ma meson, j'é contre toi aucion, et ausi sera se tu mez à tort
                            aucune chose en ma meson.</p>
                        <p>Se tu veaus édefier en ere commune, li compainz le te pot deffendre, tot
                            t'ait ton voisin doné congié de édefier&#160;; mès tu n'as poer de
                            édefier contre la volenté ton compaignon à chose commune. Qui a usé
                            d'agot mestre, doit estre naturés et perdurable<note>Dig., frag. 27, 28,
                                    <emph>in fine.</emph></note>.</p>
                        <p>Se aucuns a meson, por achat, qui servoit à soes mesons, li servises est
                            mellez et ostez&#160;; et s'il le veaut vendre de chief, li servise il
                            doit estre mis noméement.</p>
                        <p>Se je aquier une partie de la teneure qui me servoit ou à qui je serf, li
                            servises n'est pas meslez&#160;: car il est retenuz an partie. Et issint
                            se mes teneures servent à tes teneures, et tu me balles une partie des
                            tenues, et ge ausint des mois, li servises remaint. Et usages qui est
                            aquis ou tenu, ou de çà ou de là, n'antre-ront
                                (<emph>n'interrompt</emph>) pas l'usage. Nus ne pot emporter servise
                            en propres édefices, fors cex qui sont&#160;; et se aucuns à qui li
                            édefice son sien a neveu, que l'un ne puisse nuire à l'autre, li doivent
                            remenoir à l'ancien achat<note>Ibid., frag. 30-39.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_19">
                <pb n="141"/>
                <front>
                    <head>XIX. De servises de ville<note>Dans le manuscrit, ce titre est réuni au
                            précédent, et la rubrique transportée au titre suivant.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Servise de teneures de vile sont itex&#160;: aler, mener charroi, voie,
                            conduit d'eue. Il i a droiture d'aler et de venir à genz, et de mener
                            sagement, et de mener sa charrete&#160;; et qui a son aler, n'i a pas à
                            mener ce qu'il veaut&#160;; et qui puet mener ce qu'il veaut, il i pot
                            aler et en puet user sanz véement. Voie est droiture d'aler et de venir,
                            et contient en fiez (<emph>soi</emph>) aler et mener sa chose. Mènement
                            de eue est droiture de mener eue par autrui chose.</p>
                        <p>L'en doit conter à droiture d'une teneure, puiser et abruver ses bêtes,
                            et droiture de pestre là, si et de fere i la chous, et de sablon foïr.
                            Et il le convient tot ce soffrir, et l'ofice au juige le commande
                                issint<note>Dig., lib. 8, tit. 3, frag. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Servitutibus prœdiorum rusticorum</hi>.</note>.</p>
                        <p>Les servises des teneures de vile sunt que l'en puet plus haut lever sa
                            meson en son siége, ou sa couverture&#160;; et conduit d'eue, ou puiser
                            la par un meismes leu puet l'en, ou plusors, que l'en les i puisse mener
                            an un meismes jor.</p>
                        <p>Et servise puet issint estre mis que li buef qui gaaigent les teneures
                            pessent ou champ au veisin, et issit le dit l'en.</p>
                        <p>L'en dit que li fruiz doit estre asemblez en la moison son voisin, et que
                            l'en pregne cherniers ou bois son voisin, et espoes ses vignes. Qui a
                            droit de puisier, aparissant est qu'il i a sa voie à puisier&#160;; et
                            ausint dou commun droit. Et qui ne i a puisier, n'i est
                                (<emph>ait</emph>) pas l'alier, et qui n'i a l'alier, n'i a pas le
                                puissier<note>Ibid., frag. 2, 3.</note>.</p>
                        <p>Servise de pestre bêtes et de mener les à l'eue, apartient plus à la
                            servitute de la teneure que à la persone au seignor, se la servitut
                            n'est donée plus por la persone que por la teneure<note>Ibid., frag.
                                4.</note>.</p>
                        <p>Qui a son erre, a son mènement solement, et puet mener char et jumanz, ne
                            il ne puet ne l'un ne l'autre trere per erre, ne l'an n'i puet aler
                            parmi&#160;: car s'il fesoit ce, il ne lo feroit pas par grâce d'aler
                            parmi, et por ce meismes porroit le fruit ampirier. Et cil qui ont voie
                            i ont <pb n="142"/>droit d'aler et de venir parmi, et de mener lor
                            choses, et d'aler lance levée, por qu'il n'ampire les fruiz<note>Dig.,
                                lib. 8, tit. 3, frag. 7.</note>.</p>
                        <p>Lesse de charrière donée tient an atandu onze piez&#160;; et de chemin
                            fere, vingt-deus piez, et de santer, quatre piez. L'en puet establir
                            servise, si comme eue corre et mener sagement, s'il i eust servitute à
                            quérir eue à édefice qui n'est pas fet. J'é droit d'aler et de charrete
                            mener par teneure qui est à plusors, et par le reson de toi puet-il
                            estre desevréemant lessé<note>Ibid., frag. 8, 10.</note>.</p>
                        <p>Antre aler et mener sa chose a aucune différence&#160;: aler est là où
                            aucun ne puet aler à pié, c'est mainement&#160;; et là ou aucun puet
                            mener sa charrete, c'est meners et alers.</p>
                        <p>Champ ou vigne qui est enserrée en autres, doit avoir sa voe au plus près
                            dou chemin, sanz le domage à voisin. S'il est contenz de voie, li
                            arbitres le doit establir&#160;; et s'ele est nomez sanz dire la lesse,
                            ausint va par ma terre, la voie i est par tot au moins domage que l'en
                                porra<note>Ibid., frag. 12-13</note>.</p>
                        <p>Emprès l'en dit que n'est pas reson que l'en aille en ma terre contre ma
                            volenté, ne sor mon deffens.</p>
                        <p>Servitute est perduz par <hi rend="sc">x</hi><note>Le chiffre est douteux
                                dans le manuscrit.</note> anz d'espace, se l'en n'en use an nule
                            chose&#160;; autrement, non.</p>
                        <p>Se je puis mener hiau par atrée, tu n'i puez édifier sanz ma volenté.</p>
                        <p>Servise ne puet estre naturelmant, quant il ne viant de nature.</p>
                        <p>Une fontene nest en mon champ&#160;; je la met par mon champ et li done à
                            boivre. Mi voisin desoz en grondent. Et l'en dit que je le puis
                            fere&#160;: quar maus seroet se li chans où la fontoine croît muert de
                            soi (<emph>soif</emph>), et li autre eusent à boivre<note>Dig., frag.
                                16, 18, 20.</note>.</p>
                        <p>Je ne puis acompoigner autre en servise que j'é an la teneure.</p>
                        <p>Se ge te vant certaine partie de ma teneure ou li droiz de iau at
                                (<emph>est</emph>), li don doit estre ausint en la vente&#160;: quar
                            je ne puis pas vendre ce qui est autrui que autrui n'i et
                                (<emph>ait</emph>) son usage<note>Ibid., frag. 24. 25.</note>.</p>
                        <p><pb n="143"/>L'en ne puet usager oster, tot li face l'en autant de bonté
                            &#160;: quar se chose puet valoir miauz&#160;; quar il est sires de
                            l'usage, tout li donge l'en la value de l'usage.</p>
                        <p>Uns de deus compainz communs de champ, se il sofre à aucun qu'il aille et
                            viegne parmi, il ne fet riens&#160;; et por ce, se dui chams qui servent
                            l'un et l'autre sont à communauté entre aus, por ce que acordable chose
                            est que servise est tenuz en partie, li uns ne puet lessier à l'autre.
                            Tot soit ou da conpenon (<emph>un des compagnons</emph>) sol à qui li
                            servises est donez, por ce qui n'est pas deu à la persone qui a la
                            teneure, ne franchise par un d'aus, ne servise n'i porra estre
                                lessiez<note>Dig., lib. 8, tit. 3, frag. 34, pr.</note>.</p>
                        <p>Se fontaine sèche don li ruissiaus vient, et cil ruissiaus retornent
                            après à sa fontaine, l'an demende se cil doiz estre perduz&#160;? Et
                            l'en respont que li rois avoit mandé itex paroles&#160;: Cil qui solent
                            amener le ruisiau de la teneure de Flori, l'an dit qu'il ont oi
                                (<emph>eu</emph>) aucun tens usage de la fontaine, et qu'il ne le
                            puet ore avoir, par là qui la fontoine est séchie, et anprès sera
                            comoincée à avoir son cors&#160;; l'en requiéra droit contre qui n'ont
                            pas perdu par lor négligence, ne par lor cope, lor soit randu. Et je
                            cuit, por ce que lor requeste est droite, que l'en la secorre en ceste
                            partie&#160;: ainsint que li droiz, que il lor eit avant, quant la
                            fontene ne puet tenir à aus, si voil qui lor soit randuz<note>Ibid.,
                                frag. 34, § 1&#160;; frag. 35.</note>.</p>
                        <p>Se cil qui est sires de deus teneures, en baille une, par tel convant que
                            cil qui ele est, la serve à celui qui la tient, ou li autres à celui qui
                            est baillié, li servises est mis à droit. Se je sui heir à celi, laquel
                            teneure me servoit, et je te vant l'éritage, le servise doit estre
                            atabliz à l'aucion qui est&#160;: car cest fet que tu es hers est veue
                            chose. Qui ostroie à aler ou à mener par certains leu, l'an le puet
                            ostroier par celui leu à pluisors. Ausit comme se aucuns fit sa mesons
                            serves à son voisin, por ce ne remoint pas qui ne puisse fere serves à
                            qui il vodra<note>Dig., tit. 4, frag 3, 9, 15&#160;: <hi rend="i"
                                    >Communia prœdiorum tam urbanorum quam
                            rusticorum</hi>.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_20">
                <pb n="144"/>
                <front>
                    <head>XX. De servise de vile<note>Cet intitulé inexact ne se trouve nulle part
                            rectifié dans le manuscrit.</note>.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Les aucions des servises de vile et de citez sunt à cex qui les teneures
                            sont. Li cemetire ne sont mie de nostre seignorie&#160;; mès nos i poon
                            chalongier la voie à aler an cementire.</p>
                        <p>Aucion de servise de vile aviant à nos, à l'esemple de celes qui
                            apartienent à husage et à fruiz, que de reconnoissance, que de
                            niance.</p>
                        <p>La reconnoissance avient au seignor qui le nie<note>Dig., lib. 8, tit. 5,
                                frag. 1, 2, pr.&#160;: <hi rend="i">Si servitus vindicetur vel ad
                                    alium pertinere negetur</hi>.</note>.</p>
                        <p>Ceste aucion reconnoissance ne viant à nuli que au seignor de la teneure
                            &#160;; ne nus ne puet chalongier servise, fors cil qui a sa voie en la
                            teneure voisine, o qui il dit qu'il a servise.</p>
                        <p>L'en dit que servise de lo méen et fruiz est lessié, doit siure i tos los
                            de la teneure&#160;: par on (<emph>par où</emph>) cil l'establi que i
                            ostroièret l'usage et le fruit&#160;; quar l'en ne doit pas voier qui
                            est ostroié au fruitier par grâce de prandre les fruiz, ce n'est pas
                            servise &#160;; quar servise ne peust estre deu au fruitier
                            solement&#160;; mès s'il est deu à la teneure, li fruitiers an
                                usera<note>Dig., frag. 2,§ 1, 2.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Anprès l'en dit que li fruitiers doit user de deffendre voie, se l'an an
                            a usé ceste année&#160;: allors de droit, si comme en aucion de
                            reconnoissance&#160;; allors de fet, si come en ceste deffense&#160;; et
                            issit le dient li sage. Car se cil qui fist le testamant en hussa, l'en
                            doit au fruitier doner bone deffense, ausint comme ces deffenses
                            avienent à l'oir, ou à l'achateor. Et s'il achate une partie, ausint en
                            doit l'en dire<note>Ibid., frag. 2, § 3, frag. 3.</note>.</p>
                        <p>Li cors dou leu n'est pas au seignor à qui est donez le servise&#160;;
                            mès il i a son droit d'i alier. Cil qui (<emph>a</emph>) aler sanz
                            mener, ou mener sanz aler, aura aucion de servise<note>Ibid., frag. 4,
                                pr. § 1.</note>.</p>
                        <p>Se aucun a usé d'aucun usage, il retient sa droiture comme sésine, comme
                            si l'avoit gaignée por voir mestre. Il n'est pas mestier qu'il die par
                            quel droit li an establie, ou par lès ou par autre menière&#160;; mès il
                                <pb n="145"/>a bone aucion qu'il monstre par aans que il a heu celui
                            usage, ne qu'il ne l'a eu ne por force, ne an respost, ne par prière.
                            L'en porra avoir ceste aucion, non pas solement contre celui en qui
                            champ l'eue sort, ou par qui teneure el est menée, qui à toz porra
                            plédier de ce, si destorbe le cors de l'eue, à l'esemplère de autres
                            servises. Et généremant, quiconques empêchera le cors de l'eue, l'en
                            porra avoir contre lui ceste aucion<note>Dig., lib. 8, tit. 5, frag.
                                10.</note>.</p>
                        <p>Le conduit par qui je moine eue est commune voie, et ce conduiz rumpent
                            et lèvent ta paroi, je cuit que tu puez bien plédoier à moi, que l'eue
                            ne puet pas, ne ne doit venir de la moe chose en ta paroi. Se aucune iau
                            n'apert pas, l'en n'i puet fere doiz&#160;; et je cuit que c'est faus,
                            car l'en puet ostroier à quérir eue&#160;; et se l'en l'ostroie, l'en li
                            puet mener et fere doiz<note>Ibid., frag. 13, 21.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_21">
                <front>
                    <head>XXI. De mesures avoir.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci<note>Voy. Établissements de saint Louis, liv. 1, ch. 38, 50,
                                144 et 146. — Le texte avec lequel cette partie du manuscrit offre
                                le plus d'analogie, se trouve dans le <hi rend="i">Livre des métiers
                                    d'Étienne Boileau,</hi> première partie, titre quatrième&#160;:
                                    <hi rend="i">des mesureurs de blé et de toute autre manière de
                                    grains.</hi> Voy. aussi le titre sixième&#160;: <hi rend="i">des
                                    jaugeurs.</hi> Dans la C<hi rend="sc">ollection des documents
                                    inédits sur l</hi>'H<hi rend="sc">istoire de</hi> F<hi rend="sc"
                                    >rance</hi>&#160;; <hi rend="i">Règlement sur les arts et
                                    métiers de Paris, rédiges au</hi>
                                <hi rend="sc">xiii</hi><hi rend="sup">e</hi>
                                <hi rend="i">siècle&#160;;</hi> par M. Depping, 1837.</note> que nus
                            ne doit avoir mesure en sa meson, où il vande ou achate, s'il ne la
                            prant là ou il la doit prandre, selonc l'establissement de la
                            ville&#160;: c'est à savoir chiés celui qui est establiz à ce
                            fere&#160;; ce doit estre fait par le juige. Et ce fut par mout grant
                            léauté establi, et por le commun à cels qui achatent les choses que
                            convient mesurer.</p>
                        <p>Anprès l'en deffant que nus ne mesure en celé, ne que nus ne face plus
                            mesures, que le numbre tel comme il sera establiz&#160;; et qui barat i
                            fera et qui encontre ce ira, il sera en la merci le Roi.</p>
                        <p>Et se aucuns dit aissint&#160;: Cel home m'a ballié ce por tant et por ce
                            numbre&#160;; li numbre n'i est pas&#160;; si voil avoir mon numbre. A
                            ce respont li copables&#160;: Comme il emportast cele chose sanz
                            contanz, je ne li en vuel respondre, se droiz n'est. L'e
                                (<emph>l'en</emph>) demende ce qu'en dit droit&#160;? <pb n="146"
                            />Et l'en respont que, segont ce mot, l'en ne li doit pas respondre. Et
                            s'il dit issint&#160;: Il m'a mesuré à fause mesure, comme
                            fausoniers&#160;; et s'il le veaut jurer, prez sui de motrier et de
                            l'avérer par moi et par garanz, come cil qui siet ce de voir et de
                            savoir&#160;; et vez la mesure qui est ci. Et li autres fet encontre tel
                            ni et tel deffanse comme il doit, et nie la mesure. L'en demende que dit
                            droiz&#160;? Et l'en respont que li copables est loisans de prandre la
                            prove au demendeor et de son garant, et de quenoistre que ce est voir,
                            ou d'escondire par gage de batalle.</p>
                        <p>Tel juigement comme il i a cil (<emph>ci</emph>), doivent à droit estre
                            tenuz en totes les choses que l'en puet porter, départir, sanz
                            apersever, si comme moble et vin, huile, vin et en tex choses
                            semblables, et en dras entammez. Et en mesures de terre, en dras entiers
                            et en tailes entières, cort autre juigement, c'est à savoir&#160;: vos
                            me vendîtes terre por tel numbre, et ceste teille ou cel drap&#160;; la
                            vente est queneue, et li numbres&#160;; s'il ne puet avoir champ ne
                            bataille por mot que l'en i puisse metre&#160;; ainz sera li numbres
                            establiz. Et se la jotice veaut, cil qui la mesura, jurra sor sainz
                            qu'il la mesura léalement et bien à son esciant&#160;; et partant s'en
                            passera. Mès se vos mesurez à fause mesure apenséement, l'en le devroit
                            pandre comme faussoner.</p>
                        <p>Après l'en dit que un mesuror de terre ne deit estre, s'il ne siet
                            mesurer, et s'il n'est assoiez, et s'il n'est jurez, et toz mesureors
                            qui mesurent en commun.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_22">
                <front>
                    <head>XXII. D'aler et de venir en leu qui n'est pas commun.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Servises de teneures sont perdues se un moismes sires deviant sires de
                            l'une et de l'autre teneure. Ou il i a son aler et son venir
                                (<emph>mener</emph>), s'il veust (<emph>va</emph>) solement au tans
                            establiz, li servises dure&#160;; car cil qui puet mener i puet aler.
                            Voie à aler cors entarrer, qui est deue, se l'en n'an use, l'en ne la
                            pert pas.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Nos avon et retenon nostre servise par les persones des sers et par le
                            fruitier et par celui qui tient la chose en bone foi<note>Dig., lib. 8,
                                tit. 6, frag. 1-5&#160;: <hi rend="i">Quemadmodum servitutes
                                    amittantur</hi>.</note>.</p>
                        <p>Se ge et li orfelin avon commune teneure, tot n'en usons-nos, je retien
                            la voie por l'orfelin.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><pb n="147"/>Se cil qui a eu de nuiz servise, et n'an use aucune foiz por
                            tans establi, il pert son servise de nuiz, por ce qu'il n'en a pas usé.
                            Ausit est de celi qui avoit son usage à certaines hores, et an usa en
                                autres<note>Dig., lib. 8, tit. 6, frag. 10</note>.</p>
                        <p>Se aucun vendi l'ostel pruchein de la teneure, qui estoit près dou champ
                            qui devoit servises, à qui li voisins devet voie, et il n'ot point de
                            servise mis sor celui champ, dedanz le tens que servises falloit, et il
                            conquiert arières cel leu, il doit avoir le servise que li voisins
                            devoit.</p>
                        <p>Se li leus par où l'en avoit son aler et son venir, est sorpris de cors
                            d'eue li tens qu'il sofist à perdre servise, en rétablir, le servise
                            retorne ausint comme davant&#160;; et se cil tens passe, que li servises
                            soit perduz, il doit estre forciet de renoveler lou.</p>
                        <p>Quant voie commune est perdue par force d'eue ou par fonture, li voisins
                            prucheins doivent fere voie. Se cil qui a son aler à puisser eue, et en
                            tans que li servise est perduz, il ne vet pas à la fonteine, ne n'i
                            puisse aler, il i puet aler<note>Ibid., frag. 13, 14, 17.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Servise est retenu par usage quant cil en use à qui l'en le doit&#160;;
                            ou cil qui en est en sésine an nom de li, ou mercier ou oste ou ami ou
                            mire, ou cil qui est venuz veoir le seignor, ou gaagneor, ou fruitier
                            quant li fruitier en use an son nom, et quanques an hue
                                (<emph>use</emph>) de une que l'an li doit, s'il apartient de nostre
                            teneure ou s'il vient de nostre teneure. Le servises sera retenuz, tot
                            tiegne cil la chose mauvèsement.</p>
                        <p>Cil n'usera pas dou servise s'il ne croit qu'il en doie user par
                            droit&#160;; et par cause, se aucuns use de voie ou d'autre servise, ne
                            deffanse, ne aucion ne li a mestier<note>Ibid., frag. 20-25.</note>.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_23">
                <front>
                    <head>XXIII. De danrées taillies que l'en ne puet véer.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en ne puet véer vin, quant il est mis en taverne, que l'an n'en aist,
                            por de l'argent, painblié que l'en vent à mesure&#160;; comme avoine et
                            blez autres qui sont à taverniez, as fenestres ouvertes&#160;; comme
                            pois, fèves.</p>
                        <p>Et se aucuns a vendu ou martroi dix muis de sègle et il en ait vingt <pb
                                n="148"/>en son grainier, puet-il véer que l'en ne pregne
                            plus&#160;? Oïl, s'il ne veaut plus vendre&#160;; mès s'il en veaut plus
                            vendre, il ne le puet dévéer au poure por doner au riche, ne au riche
                            por doner au poure.</p>
                        <p>E (<emph>et</emph>) qui vée danrées tallies com pain, vin en tavernes,
                            fet contre le ban commun.</p>
                        <p>Et se bochier a sa char tallie ou porc, la puet-il véer&#160;? Oïl, qui
                            ne la vodra achatier ce qu'il dira, se'l veust vendre à pois.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Totes les choses qui sont vendues à pois et à mesure, à feur nomé, l'en
                            ne les puet véer, se l'en n'atanche sa taverne. Mès l'en peut bien ses
                            choses estanchier por enchérissement, s'il veaut&#160;; et les puet l'en
                            bien vandre plus que achatier les vodra. Mès l'en ne puet pas danrées
                            encharcir qui sont tallées, por metre fain en la terre et o païs. Et ne
                            doit l'en pas sofrir que communeté face Herbaut de ce que l'en doit
                            avoir convenable en lieu et en tens.</p>
                        <p>Et se aucuns se plaint que il aut vées ses danrées, et l'ofre à prover
                            par soi et par garanz, et li autre face encontre tel ni et tel deffense
                            comme il doit, en tel chose n'ot pas bataille, ainz vet par prove&#160;;
                            et li chois de la prove est à celui à qui l'en de mende.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
