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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
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                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d'après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L'édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu'elle apparaît dans l'édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI CINQUIESME LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI CINQUIESME LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <front>
                    <head type="gp">I. [54rA] Se beste à .iiii. piez fet domage. Et d’omecide, et de
                        geter eve sor genz <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 9, tit. 1, <hi rend="i">Si quadrupes
                                    pauperiem fecisse dicatur</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {9.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se beste à .iiii. piez fet domage, la loi en done aucion que vost que
                                la beste que fist le domage soit donee por le forfet, ou que il en
                                rendra la value de la chose&#160;; {2} et ceste aucion s’estant à
                                totes betes qui ont .iiii. piez. ¶ {3} Li prevoz dit&#160;: se l’an
                                dit que beste eit fet domage&#160;; pué estre domage fet sanz le
                                domage et sanz le tort à celui qui le fet, car l’en ne puet pas dire
                                que beste face tort, car ele n’a point de san. {4} Et issint comme
                                Servius dit, ceste aucion a leu quant la bes[54rB]te fet domage par
                                sa cruauté&#160;; ausint comme li chevaus repuce et fiert do pié, et
                                se buef hurte de ses cornes par costume, ou se mule par sa cruauté
                                ou por ce que ele n’est pas en bon leu ou par la cope à celui qui
                                l’amoine, ou si la beste est chargie plus que ele ne doit lesse
                                choer son fes sor aucun, ceste aucion ne<note>ne] <hi rend="i"
                                        >te</hi> dans le ms., la cohérence du texte exige une
                                    negative, cf. lat. <emph>haec actio cessabit</emph></note> sera
                                donee, et plediera l’en do domage et de injure. ¶ {5} Et se chien
                                que aucun menoit eschape par s’apereté et fet domage, se l’en le
                                puet retenir ou s’il ne dut pas estre menez par ce lieu qui, cete
                                aucion cessera et avra aucion contre celui qui tenoit le chien. ¶
                                {6} Et se la beste fet domage par l’aticement d’autre, cete aucion
                                cesse. ¶ {7} Et generaument ceste aucion ne cesse mie quant la beste
                                sauvage est moue contre nature et fet domage. Et par ce, se li
                                chevaus se deslie et il anchuce et fier, ceste aucion cesse. Et cil
                                qui ferra le cheval ou li fera plee, l’en avra contre lui aucion de
                                fet por ce que il ne fist pas le domage en son cors&#160;; mes s’il
                                eust le cheval apleignié et il repuçat, l’en avra contre lui aucion
                                tele. ¶ {8} Et se une autre beste esmuet une autre por fere domage,
                                l’en plediera en non de la beste que l’autre fist amovoir. ¶ {9} Et
                                se la beste fet domage par soi ou par autre à qui il a hurté, ceste
                                aucion a leu &#160;; ausint comme se un buef areste un char ou s’il
                                abat aucunne chose qui est dedanz&#160;; {10} ceste aucion n’a pas
                                leu en bestes por la naturel cruauté. Et por ce, se uns hors
                                s’enfuit et fet domage, cil qui il estoit n’en porra mie estre tret
                                en plet, car il en pert la seignorie puis que il li est eschapez. Et
                                por ce, se je l’ocis, li cors est miens. ¶ {11} Mostons ou buef funt
                                mellees&#160;; se l’un ocist l’autre, Quintus Mucius dit que se cil
                                qui comoinça, qui fist la mellee, est tuez, l’aucion faut, et se li
                                autres fust ocis ceste aucion a leu. Et par ce, il convient [54vA]
                                que il soet sien, ou que il amant le domage. ¶ {12} Et ceste aucion
                                est donee contre le seignor, por ce que li forfez des betes sit la
                                beste&#160;; ne ceste aucion n’est pas donee à celui qui est la
                                beste, car ele n’estoit pas soe, mes à celui à qui ele n’est pas. ¶
                                {13} Et se la beste muert avant que li plez soit entamnez, la
                                demande ne vaudra rien. ¶ {14} Baillier por le forfet est ballier la
                                beste vive. ¶ Se la beste est commune, l’aucions sera contre toz por
                                le to‹r›t, ausint comme d’ome. ¶ {15} Li sires ne sera pas aucunne
                                foiz plediez de ce mes de to‹r›t, ausint comme se li juiges li
                                demande en droit se la beste estoit soe, et il dit que non&#160;;
                                quar se l’en seust que ele fut soe, il fust condampnez dou tot. ¶
                                {16} Se la beste est ocises anprés ce que la cause est entamnee por
                                ce que li sires a aucion de la loi Aquiliene, reson de ce i sera
                                treté en plet, por ce que li sires pert le poer de amender le
                                forfet. Et por ce convient il que il rende la value, s’i ne veust
                                pledoier contre celui qui ocist la beste. ¶ {17} Nus ne dota onques
                                que ceste barre ne fust donee à l’oir et à ses hers, et contre l’oir
                                et contre celx qui ne sont pas hers par ce droit qu’i sont
                                seignors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.1.2} <hi rend="i">Paulus. Hec auctio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion ne vient pas en bestes au seignor solement, mes à celui
                                à qui il apartient, ausint comme à celui à qui la chose est prestee,
                                et ausint apartient ele à feulon qui ont domage<note>domage] <hi
                                        rend="i">domage an ce qui ont domage</hi> dans le ms.</note>
                                an ce que il sont tenu de rendre. ¶ {1} Se aucun por ce qu’i
                                    eschive<note>eschive] <emph>achieve</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Si quis aliquem evitans</emph></note> son mestre sanz
                                foi en une taverne, et un chien le mort leanz, aucun cuident que
                                l’en ne poit fere plainte de chien par ce que il fust deslié, et
                                aucun cuident encontre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.1.3} <hi rend="i">Gaius. Ex hanc</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en ne dot pas de cete loi que l’en ne puisse pledier en non de
                                franches persones&#160;; ausint comme la beste a fet ploie au pere
                                ou au fiz, en tel leu qu’i n’est pas enledi, nus ne puet franc cors
                                esmer. Il est tenu, cil qui est la beste, de randre les despens que
                                l’an fera au garir les, et les domages de lor besoignes que il
                                perdent à fere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.1.4} <hi rend="i">Paulus. Hec auctio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion [54vB] a leu tot n’ait la beste .iiii. piez qui fist le
                                domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.1.5} <hi rend="i">Alphenus. Agaso</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Un asner entra en une taverne ou son chevau, il ouia une muile, la
                                mule repuça et fruissa la cuisse à l’asner&#160;; l’en demande
                                consoil se l’en porroit pledier o le seignor de mule qui avoit fet
                                le domage. Et je di que oïl.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. De la loi Aquiliene qui parole d’omecide <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., tit. 2, 3 et 4&#160;: <hi rend="i">ad legem
                                    Aquiliam&#160;; de his qui effuderunt vel dejecerunt</hi>, et
                                    <hi rend="i">de noxalibus actionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.1} <hi rend="i">Ulpianus. Lex Aquilia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La loi Aquiline abati totes les lois qui avant le parlerent de domage
                                et d’injure. {1} Et ceste loi est au pueple et Aquilinus, uns
                                metres, la fist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.2} <hi rend="i">Gaiuz. Lege</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en garde en la loi Aquiliene au premer chief que qui ocira à tort
                                serf ou serve estrange, beste à .iiii. piez ou à .ii., il sera tenuz
                                de randre autant comme ele valoit ou valut en cel an. {1} Et por le
                                barat done l’en caucion au doble contre celui qui nie. ¶ {2} Et
                                ausint comme il est aparissant que nos sers vait ivé à bestes, les
                                betes à .iiii. piez qui ne sont pas en numbre des autres, ausint
                                comme oilles, chievres, bues, chevaux, mulez, anes. Et l’en demande
                                se crines sont contenues en non de bestes. Et Labeo dit que
                                oïl. Mes chien n’i est pas contenu, ne autres bestes assez, si comme
                                hors, lions, penteres, olifanz, chameaux&#160;; et sont ausint comme
                                mellez, car il servent ausint comme jumanz, et lor nature est
                                cruelex, et por ce sont il au prim chief.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.3} <hi rend="i">Ulpianus. Si Servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se serf ou serve est ocis à tort, ceste loi a leu. Et ce mot i est
                                bien mis à droit, qui a non injure, quar il ne sofist pas estre
                                ocis, mes il convient que il soit fet à tort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.4} <hi rend="i">Gaius. Itaque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se je ocis ton serf qui me gaite, ceste loi a son leu et je sui
                                segur, car naturel reson ostroie bien que l’en se deffende contre
                                peril. ¶ {1} La loi ostroie que l’en ocie larron qui est pris de
                                nuiz, mes que l’en lieve le cri&#160;; et s’il est pris aucunne
                                foiz, bien le puet l’en ocirre s’il se deffant de loing, ne mes que
                                il crit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.5} <hi rend="i">Ulpianus. Sed et si quemcunque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se tu ocis aucun qui t’asaut o arme amolue, il est aparissant que
                                ce n’est pas injure&#160;; ne n’est pas aparissant que il l’eit ocis
                                par injure. ¶ Et se aucun ocist larron par peor de mort [55rA], l’an
                                ne dote pas que il ne soit tenuz de la loi Aquilieene. Et s’il
                                l’ocist comme il poist aesement prendre, il li fet injure et il est
                                tenuz de la loi Cornehene. ¶ {1} Il nos convient entendre injure en
                                cest leu, ce que n’est mie fet por droit, c’est contre droit, c’est
                                à dire se aucun aucist par sa cope un autre. Et par ce i avra l’en
                                acune foiz .ii. aucions, l’une de la loi Aquiliene et l’autre de
                                injures, et .ii. presentes, l’une de domage et l’autre de despit. ¶
                                Donques nos entendon injures domage qui est fet par cope de celui
                                meismes qui ne bahet pas à fere domage. {2} Et por ce demandon nos,
                                se desvé fet domage se l’en a contre lui auction de la loi
                                Aquiliene. Et Pagasus dit que nenil. Quel cope – fet il – dut
                                il avoir quant il estoit hors do sens&#160;? Et c’est voir. Donques
                                n’avra l’en contre lui point d’aucion&#160;; ausi comme se beste fet
                                domage, la loi Aquiliene n’a point de leu, ou se une tiel chiet d’en
                                haut. ¶ Et ausit dit l’en se enfant fet domage. Et se cil qui n’a
                                .xiiii. anz le fet, Labeo dit que il est tenuz de larrecin et de la
                                loi Aquiliene&#160;; et c’est voir, s’il siet ja que il ce fet. ¶
                                {3} Et se li mestres fet ploie à son deciple en aprenant, ou le tue,
                                l’an demande s’il est tenuz de la loi Aquiliene comme cil qui a fet
                                à tort domage. Julianus dit que oïl, mouvesmant qui crieve
                                l’oil à son aprantiz en aprenant lou&#160;; et molt est plus grief
                                quant il l’ocist. Et met l’en ci avant un tiel essemple&#160;: ¶ un
                                surré feri un garçon que il aprenoit par ce que il ne fesoit pas
                                bien ce que il li avoit monstré, si belement que il li tret l’oil. ¶
                                Julien dit que il n’i aviant pas aucion de injures, car il ne le
                                fist pas par acheson de injure, mes por lui enseigner et por lui
                                amonestier&#160;; ou se l’e‹n› a aucion de loange, il an dote, car
                                l’en a ostroié à celui qui anseigne legier chastiement&#160;; mes je
                                ne dote pas que il ne soit tenuz de la loi Aquiliene.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.6} <hi rend="i">Paulus. Preceptoris</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant li mestres est trop cruex, il est copables.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.7} <hi rend="i">Ulpianus. Qua</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quel aucion avra li peres au garçon contre lui par que il pert la
                                besoigne son fiz por l’uil que il a perdu et les despens que il a
                                fet en lui garir&#160;? ¶ {1} Nos de[55rB]von entendre ocis o glaive
                                ou o fust ou à lance ou o mains, s’il l’estrangle par avainture, ou
                                s’il le feri ou le pié an la teste ou en queque meniere. ¶ {2} Se
                                aucuns est plus chergiez que il ne dut et gite son fes et tue le
                                serf, la loi Aquiliene a leu, car il fust en sa volenté que il ne se
                                chargast pas issint. ¶ Et se aucun tue aucun por son fes, Pegasus
                                dit que ceste loi est contre lui en tel meniere s’il se trossa plus
                                que il ne dut ou s’il chei par sa negligence qui ala par tel leu
                                folement. {3} Et por ce, se aucun fet domage par la pointe d’autre,
                                Proculus dit que qui l’enpoint n’en n’est pas tenuz car il ne
                                l’ocist mie, ne cil qui fut botez car il ne fist pas domage par
                                injure&#160;; mes l’en avra aucion de fet contre celui qui le bota.
                                ¶ {4} Se aucun ocist un autre en loistant ou an combatant an commun
                                estrif, ceste aucion n’a point de leu, car il le fet por achoison de
                                gloire et de vertu, non pas por injure. N’est pas autel an serf, car
                                il n’est pas champion&#160;; se l’en fiert le fiz au seignor an
                                fuiant, ceste aucion avra leu&#160;; ou s’il tue mon serf en estrif,
                                ceste aucion n’a point de leu se li sires le commande. {5} Et aucuns
                                fiert belement un serf malade et il an muert, Labeo dit que il est
                                tenuz de la loi Aquiliene, car l’une chose seust fere mal à l’autre.
                                ¶ {6} Celsus dit que il a mout grant difference s’i l’ocist ou s’il
                                fust cause par quoi il morist, car cil qui en fu escheson n’est pas
                                tenuz de la loi Aquiliene, mes l’en a contre lui aucion en fet, don
                                il met essample de celui qui dona venin por medecine – cil fu
                                acheson de mort –, ausint comme cil qui baille costel à celi qui est
                                hors dou seu – et l’en a contre tel aucion en fet. ¶ {7} Et se aucun
                                geta un autre dou pont en l’eau, Celsus dit&#160;: s’il perist par
                                cet giet ou de maintenant est neez ou est vaincu par la force de
                                l’eau, il est tenuz de ceste loi, ausint comme se aucuns eust feru
                                un enfant contre une chose. ¶ {8} Proculus dit&#160;: se li mire
                                trenche lo serf nicement, l’en a contre lui aucion de loage et de la
                                loi Aquiliene.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.10} <hi rend="i">Paulus. Nam ludus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car jeu qui nuit est copables.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.11} <hi rend="i">Ulpianus. Si cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cumme aucun [55vA] joassent à la pelote, aucun geta d’ahir an la mein
                                au barbeor et por ce copa la gole à celi que il raet et chei le
                                rasoir&#160;; l’en demande qui en est copable. Proculus dit
                                que il est tenuz de cete loi et que<note>que] <emph>que se</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>Proculus in tonsore esse
                                        culpam</emph></note> le barber en a cope. Et s’il raet la où
                                l’en joet par costume, la où il passoit moult de gent, bien si gart
                                le barbier&#160;; ne ce n’est mie mau dit, se cil s’asist an leu
                                perilos sor la sele au berbier, il ne se doit
                                    pleindre<note>pleindre] <emph>plenindre</emph> dans le ms.,
                                    tilde d’abréviation sur le –<emph>e</emph>- en fin de
                                    ligne</note> de nul que de soi. {1} Se l’un le tint et li autres
                                l’ocist, il fust acheson de sa mort, et a l’en contre lui aucion en
                                fet. {2} Et se plusors fierent le serf, l’en demande se toz sont
                                tenuz ausi comme s’il l’ocesseissent. Or agardon, s’il est
                                aparissant par qui cop il muert, cil en est tenuz, ausi comme s’il
                                eust ocis&#160;; et s’il n’est aparissant le quel l’a fet, tuit en
                                sont tenu, ausint comme s’il tuit le ussent ocis&#160;; ou se l’est
                                enpledié ou un, li autre ne sont pas delivré, car en ceste loi
                                Aquiliene le fet à l’un n’alege pas l’autre. ¶ {3} Celsus dit : se
                                li uns fet ploe mortel et li autres l’ocist anprés, li premers n’est
                                pas tenuz fors de la ploie, mes li darreniers est tenuz por ce que
                                il l’a ocis ; et à ce s’acorde Marcellus. ¶ {4} Se plusors abatent
                                un tref et tuent un home, li ancien s’acordent que tuit sont tenu de
                                cete loi ; {5} et encor de celui qui ataina le chien et fist tant
                                que il mordi aucun, tot ne tenist il lo chien, si comme dit
                                Proculus, il est tenuz de ceste loi s’il tint le chien. Et s’il fist
                                que il morde aucun et s’il le tint, l’en a contre lui aucion de fet.
                                {6} Et l’aucion de ceste loi avient au seignor. {7} Se l’en fet
                                h‹o›nte et domage an celui home que je te devoie randre, Julien dit
                                que je doi avoir aucion de ceste loi&#160;; ne quant je comoincerai
                                à rendre le toi, je n’on te retabliré pas. ¶ {8} Et se li sires
                                siert à aucun en bone foi, l’en demande se l’aucion de ceste loi li
                                avient. L’en dit que il li avient plus aucion de fet. ¶ {9}
                                Julien dit que cil à qui l’en presta robes, s’il sont depeciez, il
                                n’avra aucion de ceste loi, mes ele avient au seignor. ¶ {10} Julien
                                trete savo[55vB]ir se fruitier et usagier ont aucion de ceste
                                loi&#160;; et je cuit plus que l’en lor doit doner profitable
                                jugement par cete cause.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {9.2.12} <hi rend="i">Paulus. Sed et si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et si li sires de la proprieté fet ploie ou serf et l’ocist et j’é an
                                celui usage, j’é contre lui aucion de ceste loi por la partie de mon
                                usage ; et sera prisiez li tens que il n’avoit pas acompli.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.24} <hi rend="i">Paulus. Hoc</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Est plus aperte chose en home qui est plaié&#160;; car s’il reconoit
                                qu’i li ait fet la ploie ‹...›&#160;; et regarderon le tens où ele
                                fu fete.</p>
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                    <div>
                        <head>§ {9.2.25} <hi rend="i">Ulpianus. Proinde</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et par ce, se cil n’est ocis et est morz, il ne doit pas estre tenuz
                                au mort, tot l’eit il reconeu. ¶ {1} Se procurator ou tutor ou un
                                autre reconoit avoir fet plaie à un autre, l’an doit doner contre
                                aus bone aucion. ¶ {2} L’en doit noter que en ceste aucion qui est
                                donee contre celui quil recoli, juiges i est donez non pas por
                                juigier que por amer ; car l’en n’a que fere de juige quant la chose
                                est reconeue.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {9.2.26} <hi rend="i">Paulus. Puta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausint comme cil qui est tret en plet reconoist que il a ocis et il
                                est prez de randre l’esme et li averseres le prise trop.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.28} <hi rend="i">Paulus. Qui foveis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui font fosses par prendre cers ou s’il les font en voies et
                                aucunne chose i chiet par ce, et est par ce fet sordere, il sont
                                tenu de ceste loi&#160;; et s’i les font en autres leus où l’en les
                                a acostumees à fere, il n’en sont pas tenuz. {1} Et ceste aucion
                                doit estre donee par cause, c’est à savoir se cil qui chei en la
                                fosse ne le sot, ne l’en ne li fist savoir, ne il ne si pot
                                porvoier&#160;; car il i a mote choses par quoi demande est ostee se
                                cil puet achever le peril.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.31} <hi rend="i">Idem. Si putator</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Un copeor quant il abati un rain de l’arbre si ocist un home&#160;;
                                il est tenuz s’i le gite en leu commun, ne il ne cria pas avant que
                                il se gardast. Nuncius dit que se ce avint en leu privé, l’en a
                                aucion de cope&#160;; et c’est bien cope que ce qui home qui bien se
                                prant garde pot avant voer et il ne le fist pas, ou s’il cria lors
                                quant l’en ne puet achever le peril. Et segont ceste [56rA] reson
                                n’i a point de difference s’il chiet en leu privé ou en commun, car
                                l’en vet sovent par privé leu. Et s’il n’i avoit point de voie, il
                                doit solement jurer que il n’i fist tricherie, ne que il ne fist le
                                rain cheïr sor celi qui vint passer, car il n’i a point de cope
                                quant il ne pot deviner s’il i passeroit nule gent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.42} <hi rend="i">Julianus. Qui tabulas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui fera l’escrit dou testamant ou autres qui ne puent estre
                                leues, il est tenuz de aucion de chose baillie à garder, et à
                                mostrer l’escrit, car il a rendue la chose corrumpue. Et ceste loi
                                moismes est contre lui s’il a corrumpu ou effacé l’escrit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.50} <hi rend="i">Ulpianus. Qui domum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui depiece autrui meson contre la volenté au seignor, et il fet
                                bagn, encores<note>bagn encores] <emph>bangicores</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>Qui domum alienam invito domino demolit et
                                        eo loco balneas exstruxit, praeter naturale ius, quod
                                        superficies ad dominum soli pertinet</emph></note> estre le
                                droit qui apartient au seignor de la terre, l’en a contre lui aucion
                                de domage fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.54} <hi rend="i">Papinianus. Legis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucion de cete loi avient au detor quant le detor fist ploie à la
                                beste que il avoit promise avant le tens que il la dut randre&#160;;
                                et ausint est s’i l’ocist. Et se cil qui l’avoit promise la tue
                                enprés la demore au prometeor, le dotor est delivrés, mes il n’avra
                                pas en cest quas aucion de ceste loi, car li creancier fet plus tort
                                à soi qu’autrui.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {9.2.56} <hi rend="i">Idem. Mulier</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se la feme fet domage en la chose, son mari l’en avra contre lui
                                aucion de ceste loi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.2.57} <hi rend="i">Labeo. Equum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je te preste un cheval et quant tu et autres chevauchiez ensenble un
                                de aus corust sor ton cheval et t’abati, et par ce quas le cheval ot
                                les cuisses quassees. Labeo dit que l’en a contre toi nule
                                aucion&#160;; et se c’est avenu par la cope à celui qui estoit
                                desus, je cuit, et c’est voir, que l’en doit avoir o le chevaucheor,
                                non pas contre le seignor au chevau.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.3.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{1} Il n’est nul qui vit que li prevoz n’et ce establi moult à grant
                                preu&#160;; il apartient au commun, et à tot le mande, que l’en
                                aille sanz peor et sanz peril par les voies. {2} Ne ne se monte rien
                                se li leus par où l’en passe est privez ou commun, ne mes que l’en
                                n’i et voie&#160;; car l’en doit prendre [56rB] garde de cex qui
                                vont la voie, non pas à cex qui vont les voies communes. Et cet leu
                                par où li pueples vet devent estre segur. Et se li pueples n’alait
                                pas aucune foiz par cele voie et lors geta l’en ou espandi l’en
                                acune chose comme li leu fussent privé, lors i vet l’en, il ne doit
                                pas estre tenuz de l’aucion de ceste loi. ¶ {3} Et se la chose
                                estoit pandue en aut et ele cheist, chose est veüe que cele chose
                                qui chaï est gitee&#160;; car ce qu’est pandu s’i chiet est tenu por
                                geté. Et s’il pent et il chiet, tot ne l’espande nului, l’en dit que
                                cest ban doit avoir leu. {4} Et ceste aucion en fet est donee contre
                                celui qui maint en la meson quant l’en gite ou quant l’en apant
                                aucune chose, non pas contre le seignor de la meson, et la colpe en
                                remaint à celui&#160;; ne n’i a mester aucion au doble, ja soit ce
                                que il soit tenuz de domage et de l’injure. ¶ {9} Nos dison que
                                aucun habite en sa meson ou en aloee ou en prestee, li otes n’est
                                pas tenuz, car il n’abite iqui il n’i demore que un poi&#160;; mes
                                cil i est tenuz qui habite l’ostel. Et il a autent de difference
                                entre habiteor et hoste comme il a an antre celui qui a meson et
                                celui qui point n’en a. ¶ {10} Se plusors habitent en une meson don
                                l’en a gité aucunne chose orde, l’en avra aucion contre chascun.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.3.2} <hi rend="i">Gaius. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car l’en ne puet pas bien savoir qui a gité ou espandu l’ordure sor
                                le trespassement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.3.3} <hi rend="i">Ulpianus. Et quidem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et chascun est tenuz por le tot&#160;; mes se un l’a fet, li autre
                                sont delivré.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.3.4} <hi rend="i">Ulpianus. Precepcione</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et il poient partie dou domage por la compoignie par ce que il le
                                commanderent par juigement de compaignie ou par droite aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.3.7} <hi rend="i">Gaius. Cum liberi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’en fet honte au cors de franc home par aucunne chose que l’en
                                a getee ou espandue sor lui, s’il est bleciez, li juige aconte le
                                costement que il met as mires et ces autres despans que il fait por
                                soi guarir ; et ausint les desparez [56vA] que il a fet por ses
                                besoignes et qu’i li demorrunt por ce que li hons est meheiguiez. Et
                                l’en ne fet nul esme de sor son cors, car l’en ne puet esmer franc
                                home.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.1} <hi rend="i">Gaius. Noxales</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en apele aucions de forfet qui sont fetes contre nos, non pas
                                marchié, qui de forfet et malefice de noz sers. Et li droiz et li
                                poers de cex aucions si est tex que se nos somes par ce condempnz,
                                il nos loist à baillier le cors à celui qui fist le domage<note>f.
                                    le domage] <emph>f. le domage par le domage</emph> dans le ms.,
                                    cf. lat. <emph>ut, si damnati fuerimus, liceat nobis deditione
                                        ipsius corporis quod deliquerit evitare litis
                                        aestimationem</emph></note> ou rendre la value de la
                                chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.2} <hi rend="i">Ulpianus. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li sers oucist aucun par le seu au seignor, il oblige le seignor
                                por le tot. Il est aparissant que li sires ait ocis celui, et se li
                                sires ne le sot, l’aucion est de forfet. Mes il ne puet en plus
                                estre tenuz dou maufet au serf que li doner por le forfet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.3} <hi rend="i">Idem. In omnibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En totes aucions de forfet, la où l’en requiert que li sires le
                                sache, doit l’en issi atendre se li sires puet deffendre au serf que
                                il ne feist la folie et ne deffandi mie&#160;; car autre chose est
                                de doner autorité au serf de fere folie et autre chose est de sofrir
                                li à fere la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.20} <hi rend="i">Idem. Qui ex pluribus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Qui pledie de plusors forfez en divers tens, il a sentence d’un des
                                forfez contre le seignor, il n’a plus nule aucion contre le seignor,
                                car tele aucion suit<note>suit] <emph>fuit</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>cum actio noxalis caput sequatur</emph></note> le
                                chief&#160;; ou se li sires vost plus en premier plet sofrir l’ame
                                dou plet<note>plet] <emph>plet sofrir</emph> dans le ms.</note>, il
                                est tenuz à l’un ou à l’autre s’il pledoie dou malefice.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.21} <hi rend="i">Ulpianus. Quotiens</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À totes les foiz que li sires est trez en plet de cause de forfet, il
                                ne veaust oïr droit, li aferes est en tel quas qui doit doner celui
                                qui fist le forfet por quel forfet en quel non il prist le plet sus
                                soi ; ou s’il ne le fet, il doit prandre toz les faiz sor soi. Mes
                                il ne sera pas condempnez s’il n’a le serf en son poer ou s’il fet
                                por quoi il ne li ost pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.33} <hi rend="i">Pomponius. Noxali</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nus ne est forciez de dire de deffandre autre en plet de
                                forfet&#160;; mes il ne doit pas avoir celui qui le deffant si l’est
                                [56vB] seirs. Et se cil qui est am poer est franc, il moismes se
                                doit deffandre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.35} <hi rend="i">Ulpianus. Si condempnatus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se filz qui n’est pas en bail est condempnz de chose qui n’est pas
                                juigie, la condempnacion tient. Et encores doit l’en dire que li
                                peres puet estre trez en plet solement enprés la condempnacion ou
                                filz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {9.4.43} <hi rend="i">Pomponius. Servi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li serf devent estre deffendu la où il firent le forfet&#160;; et li
                                sires doit trere avant le sers la où il font force&#160;; et je doi
                                perdre la seignorie de toz se je ne les deffant.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. De bonnes et de bonner.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Bonnes si sont unes choses qui sont fichées en la devise d'une chose,
                            comme pierres ou pex, et fet chascun certain par où son héritage
                            vet.</p>
                        <p>Et bones sunt par acort mises des parties&#160;; et si seront misses par
                            jostice, segont ce que chascuns a prové sa chose par où ele vet.</p>
                        <p>Gaubert se plaint de Tybert, et dit qu'il avoit un champ lez le Tybert,
                            où il avoit bones, qui toz jorz i avoient esté, de pierres, et chascun
                            gaignoit sa terre jusque celes bones. Et dit Gaubert que Tybert a ces
                            bones arachies, et a trespassé son gaaignage outre&#160;; et s'il veaut
                            dire que ce ne soit voirs, il est prez de monstrer et de l'avérer par
                            soi et par garanz, qui set ces choses, qui vist les bones oster et vit
                            l'usage que chascuns usoit, par iqui qui le montrera et l'avérera, si
                            comme la cort esgardera <pb n="150"/>que il fere le doie. Li autres fet
                            encontre tel ni et tel deffanse comme il doit&#160;: l'en demende qu'en
                            dit droiz. Et l'en respont que cil est loisanz de prendre la prove
                            de lui ou de son garant, et de quenoistre que c'est voirs ou d'escondire
                            par gage de batalle&#160;; car li forfez est si granz de bones oster,
                            que c'est uns membres de larecin.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Ne l'en ne puet apeler sanz garanz&#160;; et del cas l'en ne puet apeler
                            fors dedanz l'an et dedanz le jor que les bones furent ostées.</p>
                        <p>Tot en ceste menière puet l'en home apeler de bones, quant eles sont
                            mises par acort de parties&#160;; car bones oster est ausi comme ravir
                            autrui choses, sanz le cogié à celui qui ele est.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>En bonnes qui sunt mises par juigement au juige, en tel demende n'a point
                            de gage&#160;; car il convient rendre le recort del juige et des jujors
                            et de toz cex qui mitrent les bones. Et se li juigemenz est mez, si
                            convient croire le recort de la cort et des prodes homes&#160;; car
                            autrement querele ne seroit jamès juigie.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. [57rA] De metre bonnes en chans communs et de juigemenz qui
                        en issent. Li .vii. livres <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 10, tit. 1&#160;: <hi rend="i">finium
                                    regundorum</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {10.1.1} <hi rend="i">Finium</hi><note>Finium] <emph>Filium</emph>
                                dans le ms.</note><hi rend="i"> regondorum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucions de bones metre apartient à persone, tot soit ele por la chose
                                chalongier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.1.2} <hi rend="i">Ulpianus. Hec accio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion apartient à teneures de vile, tot n’i et il nule
                                meson&#160;; mes il n’en n’i a pas moult de difference se aucuns
                                pose arbres ou edefice en la bone. ¶ {1} L’en ostroie à celui qui
                                est juiges de bones metre que, la où il ne porra departir les bones,
                                qu’i depiece le contenz par juigement. Et s’i vest par avanture
                                depecier por autrui terre les bones por ostier l’ancien contenz, il
                                puet ce fere par juigement et par condempnemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.1.3} <hi rend="i">Gaius. Quo casu</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et mestier est en ce quas que l’en ajuige à l’autre de la teneure à
                                l’un et à l’autre&#160;; par ce, cil à qui l’en ajuige est condemné
                                an rendre aucun dener por la chose ajuigie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.1.8} <hi rend="i">Ulpianus. Si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Sorundemant de fluive cue les bones dou champ, par quoi aucun prenent
                                achoison de sorprendre leus où il n’ont point de droit. Li sires de
                                la province commande que il ne praingnent pas autrui chose et que
                                l’en rendre au seignor la soe chose, et que el mesureor jauge et
                                desclere les bones. ¶ {1} Il apartient à l’ofice à celui qui conoist
                                des bones que il i envoit mesureor et qu’i determine le plet par
                                aus, si comme il est droit&#160;; et se la chose le requiert, il
                                moismes voie les leus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.1.10} <hi rend="i">Idem. Judicium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Plet de departir communauté de bones, de mesnie departir, est tel que
                                chascun de cex a doble droit, c’est à savoir que chascun d’aus est
                                autor et reus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.1.11} <hi rend="i">Papinianus. In finalibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit sivre les ancienes voies em plez de bones sanz diversité
                                d’eritage et sanz arbitre de porseor&#160;; doit l’en prover que les
                                bo[57rB]nes soent changies por ajoster ou por oster des chans.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. De partir heritages et comment l’en les doit departir <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 10, tit. 2&#160;: <hi rend="i">familiœ
                                    herciscundœ</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.1} <hi rend="i">Hec actio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion vient de la loi de .xii. tables, car mestier estoit as
                                hers qui voleent departir ce que il avoient que il eussent aucunne
                                aucion par qui les choses de l’eritage fussent departies entre aus.
                                {1} Et ceste aucion avient ausint bien à celui qui n’a mie sa
                                partie. Et se cis qui tient nie sa partie apartenir à celui qui dit
                                qui est eir, il le puet metre hors de ceste excepcion en tel meniere
                                que l’en ne face tort à l’eritage de la chose don l’en pledoie. Et
                                s’il tient cele partie, tot nie l’en que il ne soit heir, tel
                                excepcion ne li nuit pas. Et issi en fet que an ce quas li juiges
                                devant qui cest juigement est moiné conoist an ce<note>conoist an
                                    ce] <emph>conoissance</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ut eo
                                        casu ipse iudex, apud quem hoc iudicium agitur, cognoscat,
                                        an coheres sit</emph></note> quil est heir&#160;; et s’il
                                n’est heir, l’en ne li doit riens ajuigier, ne son aversere ne doit
                                estre condampnez que il li rende rien s’il n’est heir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.5} <hi rend="i">Gaius. Si que</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’il i a nules lestres de l’eritage, li juiges doit fere tant que il
                                les ait en garde&#160;; et cil qui a la greignor partie en doit fere
                                le transcrit et la reconoissance as autres, et doit l’en doner
                                caucion que les letres seent monstres quant mesters sera. Et se tuit
                                sont heirs d’unes parties moismes, mes il ne s’acordent mie li quex
                                gardera les letres, il convient que il treent allors qui les
                                gardera, ou que il i lessent un de lor amis qui les gart, ou que il
                                seent mises en un moustier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.9} <hi rend="i">Paulus. Veniunt</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Les choses que li heir ont en usage venent en partie qui avoient esté
                                baillies au mort et celes qui furent baillies as hers se li morz les
                                avoit achetees.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.10} <hi rend="i">Ulpianus. Item</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et les teneures qui sont de nostre patremoine, et celes qui deivent
                                paages et qui non, et celes choses meismes que li morz tenoit en
                                bone foi qui estoit à autrui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.17} <hi rend="i">Gaius. Dampno</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se un heir domage l’eritage, bien est que l’en en moisne l’esme dou
                                domage en cest plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.19} <hi rend="i">Gaius. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausint doit li juiges encontre regarder que ce que li uns des herrs
                                prist de l’eritage, en ce que il a promis que il n’est pas sol le
                                gaing. Et li juiges atendra bien ce [57vA] s’il fet conte entr’eus,
                                ou s’il fet fere letres par quoi il face an communaument entr’eus et
                                les gainz et les pertes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.27} <hi rend="i">Paulus. In hoc</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Condannacions et absolucions devent estre fetes en la persone de toz.
                                Et por ce, se condempnacions est lessie au persone d’aucun, ce que
                                li juiges fera en la persone des autres ne vaudra rien&#160;; car
                                chose jugie d’une chose ne puet valoir en partie et en partie non
                                valoir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.34} <hi rend="i">Idem. Servos</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Acordé fu que li sers qui estoit esmez entre les hers au tens que il
                                firent les parties non pas por achater que por partir qu’i soent
                                prisiez&#160;; et s’il morent, issi il faillent à l’oir et à celui à
                                qui il furent lessiez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.38} <hi rend="i">Paulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Lucius et Tucia freres furent mis hors dou bau lor pere, il orent
                                curators, il mistrent ensenble lor deniers communs, enprés il
                                partirent lor patremoine, et enprés la partie Ticia mut plet à son
                                frere et disoit que il avoit plus que ele, comme il n’eust pas plus
                                de sa partie, ainz moins de la moitié. Je demande se ele a aucion
                                contre son frere. Paulus dit que non&#160;; s’il n’a eu plus
                                de la rente que lui des communs chans et por la partie de l’eritage,
                                n’avient à la suer contre le frere nule aucion. Ausi dit il se l’en
                                dist que li freres prist plus que la sor des norritures que li
                                prevoz avoit juigiees, s’il n’en ot esté la moitié de la partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.45} <hi rend="i">Pomponius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si ‹qu›id. Se ce que tu doiz qu’est commun à moi et à toi en
                                l’eritage et je di par autre reson que il est mien, quite il ne
                                vient en partie. ¶ {1} La tricherie que li sers à l’oir fist ne vint
                                pas en cest jugement s’il i a copes de ce que il ne dit pas
                                convenable serf en lor aferes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.48} <hi rend="i">Paulus. Si famulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en pledoie de partie de mesnie ou de communauté de partir et de
                                mestre bones et un muert de cex qui pledoie et lesse plusors heirs,
                                l’en ne puet le plet depecier par pieces, ainz deivent tuit li heir
                                prandre le plet ou le baillier à un portor ou prandre un procurator
                                qu’i i soit por toz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.50} <hi rend="i">Idem. Que [57vB] pater</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Resons ne sofre mie que ce vigne en partie que li peres a doné à son
                                fiz qui est à l’escole s’il i done par sa pitié, se l’en ne prove
                                que li peres li eust presté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.53} <hi rend="i">Ulpianus. Peccuniam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La pecune que li fiz qui est hors dou bau crut por estre randue au
                                pere, doit estre contee en l’eritage au pere se aucion avient au
                                pere contre le fiz de tant comme la chose se monte.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.2.57} <hi rend="i">Papinianus. Arbitro</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant arbitres est receuz et li frere departent commun heritage par
                                bien et por lëauté, il ne convient pas que celui qui font soit
                                rapelé&#160;; li arbitres ne dit pas son dit quant le plet fust
                                failli se li ages ne li amoine.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. De partir chose commune <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 10, tit. 3 et 4&#160;: <hi rend="i"
                                    >communi dividundo</hi> et <hi rend="i">communi
                                dividundo</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.1} <hi rend="i">Paulus. Communi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Juigement de departir communauté est por ce necessere, par ce que
                                aucion de compaignon apartient plus aucune foiz à pres‹t›ories de
                                genz que à parties des communes choses. Cest juigement ne tient pas
                                se la chose n’est commune.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.2} <hi rend="i">Gaius. Nichil</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne nuit rien se chose est commune ou à compoignie, car en l’un cas et
                                en l’autre a leu cestui juigement quant la chose est commune par
                                compoignie. Ausi entre aus que achaterent la chose ensenble, la
                                chose est commune, si comme à cex à qui la chose est lessie en
                                testamant. ¶ {1} L’en demande qui est autor en ces trois juigemanz
                                qui font departir choses entre mesnie, et de communauté, et de metre
                                bones; car la cause est yvel de toz, mes acordé est que cil
                                soit autor qui primes mut le plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.3} <hi rend="i">Ulpianus. In communi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En departir chose de commune ne vient rien entre la devise des choses
                                qui sunt communes, et se l’en fet domage et se aucuns des
                                compaignons i a domage ou il i a gaignié de la chose commune. ¶ {1}
                                S’il font entre aus aucunne chose par tricherie, li juiges doit
                                regarder premieremant en fere partie entre mesnies et en departir
                                communauté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.4} <hi rend="i">Idem. Per hoc</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Par ces juigemanz fet l’en grandes choses corporex don nos avons la
                                seignorie non pas de l’eritage. ¶ {1} L’en demande depuis se [58rA]
                                l’en puet departir la communauté. Et l’en me dit que oïl se la
                                terre est commune. ¶ {2} Cest juigement est de bone foi par quoi se
                                une chose qui n’est pas devisee est lessie, ele vendra en la partie
                                de ces autres choses et porra l’en pledoier de cest juigement et de
                                la chose qui ne fu mie partie. ¶ {3} Autresi comme la devise de la
                                chose vient en cest juigement, ausi i vienent ce que l’en
                                rant&#160;; et par ce, se aucuns fet despens, il les avra, et s’il
                                ne plede à son compoignon mes à son heir. Labeo dit que les despans
                                et li fruit i deivent venir, et moismement li fruit qui furent avant
                                pris que la chose fust commune, ou les despans qui avant furent fet
                                ne vienent pas en partie. {4} Et par ce dit Julien&#160;: se nos
                                somes mis en possession et nos i avon domage, et je i faz une borde
                                avant que l’en nos ait commandé à avoir la possession, je ne puis
                                pas demander ces despens par ce juigement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.11} <hi rend="i">Gaius. In summa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos devons estre receuz que se cil qui convient rendre aucunne chose
                                de commun anprés ce que la commune chose est gastee en vieust
                                pledoier, il avra droite cause par ce juigement&#160;; ausi comme se
                                li autor a fet aucuns despens en la commune chose, ou se li
                                compoignz a gaagnié aucunne chose de cele chose, ausint comme s’il
                                en a eu les besoignes au serf ou le loier, reson de tot sera iue par
                                ce juigement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.12} <hi rend="i">Ulpianus. Si edes</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se ‹est› mesons communes, ou parroi commune, et mestier est que l’en
                                la reface, ou que l’en l’abate, ou que l’en i mete aucunne chose,
                                l’en pledera par ceste cause par juigement de porsement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.13} <hi rend="i">Idem. Judicium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En cest juigement vienent totes les choses, se aucunne chose n’en est
                                novicement mise hors par commun acort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.18} <hi rend="i">Jabolenus. Ut fundus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Arbitres ne puet establir que champ heritier ne serve à champ qui
                                n’est pas heritier&#160;; car outre ce qui demene en plet ne puet li
                                juiges fere plus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.19} <hi rend="i">Paulus. Arbor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li arbres qui est nez [58rB] en la bone et la pierre qui est nee et
                                s’estant à l’un champ et à l’autre, sont commun à .ii. seignors de
                                .ii. chans, ne ne vienent pas en partie de juigement. Mes quant la
                                pierre est ostee ou li arbres arachiez qui est commun, il sera ausi
                                comme sanz partie, et vendra en cet plet&#160;; car ce qui estoit en
                                la fin des parties est mellé en celes. Et par ce, se tote une masse
                                d’argent qui est commune à .ii. seignors est mise ensenble à la
                                forge et ou feu, se aucunne chose se remaint sevree de la premiere
                                masse, ele a la seignorie, come l’arbre et les pierres qui sont
                                tretes hors dou champ meslent le droit de la seignorie. ¶ {1} De
                                galerie de .ii. mesons qui est commune dont l’en veust estre
                                arbitres de departir la communauté, cil arbitre n’en puet estre pris
                                se les parties ne s’i acordent&#160;; car cil qui convient
                                bargignier de la galerie, convient que il face marchié de totes les
                                mesons, s’il n’i puet avoir s’antree en autre meniere. ¶ {2} Se une
                                voie nos est donee par un moismes leu et nos avon fet aucun despens
                                en cele voie, Pomponius dit que droite chose seroit de avoir de
                                celui aucion de ce juigement ou de compoignie, car quel communauté
                                puet l’en entendre deviseement par soi ainz doit de ce avoir aucion
                                des aferes fez. ¶ {3} Li juiges en cest juigement et en celui de
                                mesnie qui voloit departir doit demander de serf qui est furtif qui
                                bargigne entre aus qui l'avra et que il remoinge à celui qui l’avra
                                bargignié; n’en n’i avra lors point de peril ne de senator ne
                                d’autre loi. ¶ {4} Voie desvee ne vient pas en cest juigemant, et ce
                                dit Labeo, car il est dou champ moismes&#160;; et por ce ne vient
                                ele pas en cest jugement, ou il est devisé de la teneure ou par
                                mesure ou par autre chose. Et se puet l’en aucunne foiz deviser les
                                droitures, et puent estre hors dou champ, ne n’est devisee ne par
                                mesures ne par autres choses [58vA], ausi comme cil à qui li chans
                                estoit, il lessa plusors hers&#160;; et quant ce avient, acordee
                                chose est que ce viegne en partie entre mesnie, ne ne puet l’en voer
                                ce dit Pomponius, por quoi ce viegne plus que en partie. Donques en
                                cest juigement vient ice et autres choses que li droit soient
                                departiz ou par mesure ou par termines.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.22} <hi rend="i">Ulpianus. Si meo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je edefice une paroi en mon non et en non de mon voisin et je li
                                demant les despens por sa partie, bien le puis fere se je ne li done
                                ma part des despens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.21} <hi rend="i">Ulpianus. Judicem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il convient à juge fere ce qu’est preu à parties et ce que cil qui
                                pledoient volent en chans departir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.3.28} <hi rend="i">Paulus. In re communi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En chose commune nul des seignors ne puent riens fere contre la
                                volenté à l’autre&#160;; donc il est aperte chose que deffendre est
                                seignorie, et en chose communel est meillor la cause à celui qui
                                deffent. Et sis compoignon deffent à son compaignon que il ne face
                                rien en la chose commune, il ne le puet pas forcier à oster l’ovre
                                que il a fete s’il lesse à defandre li quant il le doit deffendre,
                                et par ce juigemant porra il avoir son domage. Et s’il consant quant
                                il fet la besoigne, il ne puet avoir aucion por le domage. Et s’il
                                fist aucunne chose sanz le sen son compaingnon, en son domage, il
                                est tenuz de oster le.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.1} <hi rend="i">Paulus. Hec auctio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion est moult necessere, et est en usage chescun jor, et fut
                                amenee avant mesmement por chalonges.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.2} <hi rend="i">Paulus. Exibere</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Mostrer est baller à son aversere, qu’i est autor de transcrit de ses
                                letres, que il en puisse pledier s’il veust.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.3} <hi rend="i">Ulpianus. In hac</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En ceste aucion doit li autors connaitre<note>connaitre] <hi rend="i"
                                        >communs</hi> dans le ms., corrigé d’après le texte latin,
                                    cf. lat. <hi rend="i">In hac actione actor omnia nosse
                                        debet</hi></note> ses estrumanz et dire les monstrances de
                                la chose dom est li plez. ¶ {1} Cil qui pledoie de ceste aucion ne
                                se apele pas seignor, ne le doit mie monstrer, car il i a mout
                                causes de fere monstree. ¶ {2} Encore doit l’en noter en ceste
                                aucion que reus qui ne veust venir à jor pot<note>pot] <hi rend="i"
                                        >por</hi> dans le ms., cf. lat. <hi rend="i"
                                    >possit</hi></note> estre condemné en plet par [58vB] le
                                seremant au demandeor, et taxera li juiges la chose. ¶ {3} Ceste
                                aucion est personel et avient à celui qui en veust pledier de cele
                                aucion comme il vodra ou de gage ou de prest, ou de usage et de
                                fruit. {4} Ce dit Papinien. {5} Et se aucun veust fere deffense et
                                que l’en li mostre estrumant, il sera oïz. ¶ {6} Et se je demande
                                serf ou aucunne autre chose donc li chois m’est lessiez, je puis
                                demander la montree et puis chalongier le. ¶ {7} Se aucuns veust
                                pledoier d’aucion de forfet, ceste aucion li est necessere. Et
                                    se<note>se] <hi rend="i">ses</hi> dans le ms., cf. lat. <hi
                                        rend="i">si dominus quidem paratus sit defendere</hi></note>
                                sires est prez de demander le serf, et cil qui demande ne puet
                                deviser la chose s’il ne l’avoit que il ne conoist pas le serf ne
                                n’an set le non, donc n’est il droit que l’en li mostre la mesure
                                por conoistre le serf qui fist le forfet&#160;? Et ce convient il
                                que l’en face à demostrer celui en qui non de forfet aucun pledoie
                                et que li serf seent retenuz. ¶ {8} Se aucun veaust monstrer contre
                                l’oir tables ou escriz ou aucunne chose autre qui apartient au
                                testamant, l’en doit dire qu’i n’est pas mestier que il pledoit par
                                cete aucion comme les deffanses que il fet de la chose li sofisent,
                                si comme dit Ponponius. ¶ {9} L’en doit savoir que ceste aucion
                                n’aviant pas solement à cex que nos avon dit desus mes à celui
                                encores à qui il apartient que la chose soit monstree. Li juiges
                                doit quenoistre tot de plain s’il apartient à celui, non pas se la
                                chose est soe, et issi doit commander que l’en mostre les letres ou
                                non. ¶ {10} Oncor dit plus Julien que, se je ne chaloinge de la
                                chose, je puis demander qu’i soit monstree quar il m’apartient. Ausi
                                comme se un serf m’est lessié que Tybert demandoit, je plederoi que
                                il soit monsté, car il m’apartient que Tybert choississe, et issi le
                                porroi chalengier, ja soit ce que je ne le puisse pas choisir quant
                                il me sera monstré. ¶ {11} Se l’e‹n› pledoie o moi de ceste aucion,
                                je n’en puis pas pledoier, tot soit il veu [59rA] que il ne li
                                apartiegne, par ce que je sui tenuz à restablir la chose&#160;; mes
                                ce ne sofist mie, car cil qui fist par tricherie que il ne porsoit
                                la chose porra pledoier de ceste aucion, tot ne chaloinge il, tot ne
                                deffende il&#160;; et larron et raviseor en porra pledoier, mes ce
                                n’est pas voir. ¶ Neratius dit moult bien que li juges doit
                                conoistre de la monstree, et doit voir s’il ont droite cause de ces
                                de demande avoir. ¶ {12} Ponponius dit que plusors puent avoir
                                aucion en non d’un home ou de une chose; se li hons ostroia que l’en
                                eust en lui husage et li tierz dit que il i a sa possession et li
                                quarz dit que il l’a en gages, donques puent tuit avoir ceste
                                aucion, car à toz apartient que li hons soit mostré.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.8} <hi rend="i">Julianus. Si ut</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en pledoie à fere monstree o celui qui pas ne tenoit ne ne fist
                                pas barat par quoi il ne tenist, enprés ce que cil est mort sis
                                heirs tient cele chose, l’en le doit forcer à monstrer la&#160;; car
                                il s’il tient un champ ou un home et je le demande et li hers le
                                demande par cele cause moismes, il est tenuz de monstrer le.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.11} <hi rend="i">Ulpianus. Sed si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se li heritages est parduz por ce que li sers n’est monstré, droiz
                                est que li domages de l’eritage soit esmé por l’ofice au juige. ¶
                                {1} Or devon voer en quel leu l’en doit fere la monstree et à qui
                                despens. Labeo dit que l’en doit fere la monstree où li plez fut
                                entamnez, au peril et au despens à celui qui demande. Et dit que il
                                le doit pestre ¶ la où li plez est comoinciez, et vestir et garder
                                s’il est malades. Et je di que il convient que cil qui demande sache
                                ce, se li serf li soloent monstrer ses besoignes et son aingin, or
                                est mené à ce que il ne fet rien. Et se cil qui devoit estre monstré
                                i est amené au mestier, il i convient qu’i l’en li prove dou
                                despens, meismes cil qui li demande s’il ne li avoit apris à doner à
                                mangier&#160;; et s’il avoit apris, ausi [59rB] comme il le pest
                                comment que il le pesse. Et aucunne foiz convient que il mostre le
                                serf en ice leu ou ses despens&#160;; se tu diz, par avanture, se
                                cil par son barat l’a repost en tel leu qu’i n’est pas bons à avoir
                                ne profitables à celui qui demande&#160;; car en cest cas doit il
                                mostrer le au peril et à despens à celui en celi leu où est le plet,
                                que son conchiemant ne li est mestier. ¶ {2} Se aucun est tret en
                                plet de plusors choses et il tient totes ces choses au tens que li
                                plez fu comoinciez, tot en lesse il à tenir aucunnes amprés ce sanz
                                barat, il doit estre condempnez s’il ne mostre celes que il pot
                                mostrer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.18} <hi rend="i">Idem. Sollucione</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucunne paie est fete et li gage sont delivré, le creancier est
                                tenuz que il mostre l’estrumant que li detor li baille et qui
                                apartienent au marchié, et de ce avra contre lui ceste aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.19} <hi rend="i">Paulus. Ad exibendum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tuit cil puent demander avoir la mostree à qui il apartient. Et aucun
                                demande s’i porra tant fere que les<note>que les] <emph>quela</emph>
                                    dans le ms.</note> resons que sis averseres a fussent mostrees,
                                que il li convenoit moult qu’i fussent mostrees. Je di que ne
                                convenoit pas fere tort au droit de cité de antreprandre les paroles
                                de droit, mes il convenoit esgarder quele aucion l’en avroit contre
                                lui&#160;; car la reson si est tele que aucuns sages d’aucunne
                                escience porroit dire je demant à mostrer celui livre&#160;; et s’i
                                li estoient monstrez, il en seroit plus acerteniez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {10.4.20} <hi rend="i">Ulpianus. Questionis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en plede de avoir la mostree por demander comment li serf ont fet
                                por fere juigement contre lor sers compoignons.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head>VII. De partir chose comme sires.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Li prévoz donra sentence contre celui qui ne vodra soffrir que mobles
                            soient départi, issi que li mobles soient à point, que la partie <pb
                                n="151"/>ne puisse empirer le cors de mobles, comme quant vins n'est
                            pas bons à raechier devant qu'il soit en sa séson.</p>
                        <p>Siége de miolin (<emph>molin</emph>), marchié, ne puet estre départiz. En
                            toutes autres choses dont li cors périst par la partie, ainz doit l'en
                            ceste chose fere durer communément.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Et se aucuns veaut fere partir héritage commun, cil qui requiert partie
                            doit partir, et li autres doit (<emph>é</emph>) lire&#160;; et cil droit
                            de cité, tout assint doit l'en ovrer de choses movables.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Chetiex est chose que l'en ne puet partir.</p>
                        <p>Totes bestes qui nessent en ciel et en mer et en terre, qui ne valent
                            mains mortes que vives, l'en puet metre numbre d'argent contre beste,
                            por partie.</p>
                        <p>Cors d'ome ne puet estre partiz.</p>
                        <p>Totes les choses que l'en puet partir, qui sont movables, et en séson de
                            partir, deivent estre départies.</p>
                        <p>En partir chose n'a point de gaige, fors l'agart de bones genz. L'en puet
                            totes choses partir par pris de deniers.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
