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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
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                </availability>
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                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI SIXIESME LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI SIXIESME LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="152"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. [59vA] De aucion interrogatoire, qui parle quant aucuns est
                        morz, comment li hoir ou cil qui tienent les biens doivent respondre as
                        demandes que l’en leur fet <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 11, tit. 1, <hi rend="i">de
                                    Interrogationibus in jure faciendis et interrogatoriis
                                    actionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.1} <hi rend="i">Quotiens</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À totes les foiz que l’en demande à l’oir de quel part il est her
                                quant l’en i met plet contre lui, et cil qui demande ne set quel
                                part il i a cil o qui il vet pledier, lors convient il que l’en li
                                demant, quant la demande est personel&#160;; si que l’en demande
                                certaine chose, que li autres soit certains conbien li hers ait de
                                l’eritage au mort, que cil demande plus que il ne doit que il n’i
                                ait domage. ¶ {1} Nos n’uson pas hui de ces demandes, car nus n’est
                                forciez de respondre de sa droiture avant plet&#160;; et pour ce, ne
                                sont pas ces demandes usees et sont desacoustumees&#160;; mes il
                                sofisent solement à pledeors à provences<note>provences]
                                        <emph>provinces</emph> dans le ms., voir infra 11.1.3, cf.
                                    lat. <emph>Sed tantummodo ad probationes litigatoribus
                                        sufficiunt ea</emph></note> ce que l’autre partie respont
                                devant le juige, si comme de heritage et d’autres choses qui sont en
                                plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.2} <hi rend="i">Ulpianus. Edictum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz<note>prevoz] <hi rend="i">prevor</hi> dans le ms.</note>
                                amena avant ce ban de ces demandes fere, por ce que grieve chose est
                                à celui qui en pledoit savoir s’il estoit heir ou celui qui tenoit
                                les biens, à prover que aucuns fust heir ou teneor des biens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.3} <hi rend="i">Paulus. Quia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quar [59vB] aucunne foiz est forcé la provence de l’eritage
                                demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.4} <hi rend="i">Ulpianus. Voluit</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz dit que cil qui est trez en plet fust tenuz de sa response,
                                qu’i se datrosse en mantent ou en deconoissent, et que il soit
                                acertenez quel partie checuns tient par la demande que l’en li fera.
                                ¶ {1} Ce que li prevoz dit «&#160;cil qui est demandé en cort et
                                respondi&#160;», nos le devon issi entendre que cele response soit
                                fete par devant celui qui a juridiction, si comme prevoz ou seignors
                                de provinces ou autres juiges, et que la response soit fete la où li
                                juiges siet en cort por tenir les plez ou s’il est en meson ou en
                                voie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.5} <hi rend="i">Gaius. Qui interrogatus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil à qui l’en demande s’il est heir ou combien il tient, ou s’il a
                                en son poet celui en qui non il pledie dou forfet, doit demander jor
                                de conseil&#160;; car s’il reconoist folement, il i avra domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.6} <hi rend="i">Ulpianus. Et quia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et par ce qu’i apartient à morz que il eent hers, il apartient à cex
                                ausint qui vivent<note>vivent] <emph>iuienent</emph> dans le
                                    ms.</note> que il ne seent deceuz tant comme il se porpensent à
                                droit. ¶ {1} Aucunne foiz se l’en demande aucun s’il est heir, il
                                n’est pas tenuz de respondre se un a autre l’est tret en plet&#160;;
                                et issi l’establi Adrianus li anpereres&#160;; que s’il nie que il
                                ne soit heir, qu’i ne face tort à soi, ou s’il le dit, que il ne se
                                liet tot perde il l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.7} <hi rend="i">Idem. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en demande à aucun en cort se la beste est soe, qui fist le
                                domage, il est tenuz de respondre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.8} <hi rend="i">Paulus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en demande à aucun en droit se li sers est sien, qui fist le
                                domage, et il dit que oïl, il sera tenuz de la loi Aquiliene comme
                                sires. Et si l’en pledoie o celui qui en respondi, li sires est
                                delivrés de cele demande à rendant le serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.9} <hi rend="i">Ulpianus. Si sine</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun respont sanz demande que il ert heir, il en est ausi comme
                                si l’en li eust demandé. ¶ {1} Nos devon entendre non pas solement
                                se li prevoz fet la demande à l’aversaire&#160;; {2} mes se li sers
                                fet la demande, ele sera nule plus que s’il demandoit. ¶ {3} Li
                                [60rA] uns ne doit pas estre forciez de respondre par l’autre s’il
                                est heir, car l’en le doit demander en cort à celui qui est tret en
                                plet. {4} Celsus. Si defensor. Se li defendeors qui deffent l’oir
                                est demandez an cort se cil qu’i deffant est heir, et il dit
                                fausement que oïl, cil deffandeor ou combien il a en partie est
                                tenuz à l’aversaire&#160;; et il ne fet nul tort à celui qu’i
                                deffant. Et l’en ne dote pas que Celsus ne die voir&#160;; l’en doit
                                voir s’il le deffant s’il ne respont, et l’en puet dire que non, car
                                il ne lo deffant mie plenement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.10} <hi rend="i">Paulus. Non alienum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>N’est pas estrange chose se nos volon que cil responde en droit que
                                nos volon qu’i promeste en droit qu’i ne fera domage par sa meson ne
                                par le leu d’iqui enprés d’où l’en tient le domage et por quel part
                                &#160;; que s’il nie que la teneure ne soit pas soe, ne il ne done
                                caucion que il ne fera domage, et il cuide pledier ou lessier le
                                plet, il sera forciez de doner caucion, car il est aparissant que il
                                i bee à barat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.13} <hi rend="i">Idem. Confessionis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui respondent au fauses reconoissences sunt ausint obligé comme
                                s’il respondeent par aus, quant il respont por celui por qui l’autre
                                a aucion&#160;; quar par nostre confession prenons nos sor nos le
                                fes à celui qui demande. ¶ Et se je dis que cil qui estoit ou poer
                                au pere que il estoit en mon poer et que il estoit mon fiz, je sui
                                ausint obligiez com s’il estoit mes fiz se li ages le poet
                                sofrir&#160;; car fauses confessions se devent acorder à
                                naturex.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.14} <hi rend="i">Jabolenus. Si is</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil en qui non li plez de forfet est commoinciez, tant comme li
                                plez devant le juige en est juigé estre franc, reus doit estre assos
                                &#160;; ne la demande qui est fete en droit ne vaudroit rien, car
                                aucun puet metre obligacion sus autres en non de cele persone an qui
                                non aucunn a aucion contre lui&#160;; et moismes sor lui qui dit en
                                droit qui est sien, ou s’il li reconoist que li sers soit sien.
                                [60rB] Aucion ne puet estre misse sor autre an non de franc home ne
                                par demanderie, ‹ne› par reconoissance. Et par ce avendra que ceste
                                aucion n’ot pas leu droitement en non de franc home contre celui
                                qu’i l’a reconeue. ¶ {1} Reconoissances sont si fermes que ce que
                                l’en reconoist est tenu por droit, et par nature reson recevoir le
                                pot.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.15} <hi rend="i">Ponponius. Si ante</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je di que li serf est mien avant que je demande l’eritage, ‹...›
                                car li heritages est euz ou leu au seignor. {1} Se le serf est morz,
                                que aucun reconoist que il est sien en cort, cil qui respondi n’est
                                pas tenuz ausi comme s’il fust sien propre&#160;; il ne sera pas
                                tenuz enprés la mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.17} <hi rend="i">Idem. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li sers n’est pas à un, qu’i ‹est› a plusors, et tuit mentent que
                                il n’est pas en lor poer, ou s’il firent tant que il ni fust pas, ou
                                se aucun lo fist, chascun de aus est tenuz, ausi comme por le tot
                                s’i l’eussent en lor poer. Et se cil sol ne fist barat ne
                                conchiement por quoi il fust hors de son poer ou s’il nia que il n’i
                                fust, il n’est pas tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.1.19} <hi rend="i">Papinianus. Si filius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li filz plede o son pere, et il se test quant l’en l’apele, l’en
                                doit tenir tot ce ausi comme se l’en ne li eust rien demandé.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head>II. De rendre conte de choses communes et d'autres.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Li commun d'une vile font une assise sor chascun une porcion de deniers,
                            et fere le devoient. Uns borjois de la communie receit cele chose&#160;;
                            enprès, quant il a receu, si vient rendre conte de cele chose. L'en
                            demende comment il porra rendre conte à fin. Et l'en dit que il face le
                            ban crier&#160;; et quant li bans sera criez, et il doit conter à cez
                            qui i vandrant, por qu'il soient douze persones nécessaires&#160;; et
                            tex contes est à fin, et ne n'en puet-an rapeler, se l'en ne la rapele
                            dedanz l'an et dedanz le jor. Il convient i noncier que l'en n'ait pas
                            conté la chose que l'en demende.</p>
                        <p>Et se aucuns dit qu'il ait conté la chose que l'en dit qui n'est pas
                            contée, ou qu'il a bien contée la chose que l'en dit qui est mal contée,
                            et il offre à prover par soi et par garanz, et la commune face encontre
                            tel ni et tel deffense comme il deit&#160;: l'en demende se de tel chose
                            puet nestre bataille. Et l'en dit que nenil&#160;; ainz sera el recort
                            de cez qui auront esté au conte&#160;; car bien est avenant que communs
                            seit plus creuz <pb n="153"/>en la chose de la communauté, que un, ne
                            que deux qui seront de la communeté&#160;; et tel chose det estre fete
                            par serement.</p>
                        <p>Et se aucuns sergenz dit qu'il a conté à son seignor d'aucune chose que
                            ses sires li demende, que li sergenz quenoist qu'il a receues, que li
                            sergenz offre à jurer qu'il li a conté, et cil fet encontre tel ni et
                            tel deffense comme il doit&#160;: l'en demende liquex seremanz vet
                            avant. Et l'en dit que li chois vet au seignor, qui ne quenoïst pas le
                            conte. Et se li sergenz offre à jurer par soi et par garanz, que il li
                            ait paié et conté, et cil fet encontre tel ni et tel deffensse comme il
                            doit&#160;: l'en demende se de tel chose puet nestre bataille. Et l'en
                            dit que oïl. Et se li sires quenoist le conte, et il dit que l'en ait
                            mal conté, et die de quoi, et l'offre à prover par soi et par garanz, et
                            li autre fet encontre tel ni et tel deffense comme il doit&#160;; l'en
                            demende que dit droiz. Et l'en respont&#160;: quant contes queneuz est,
                            que en tel chose n'a que sormise, et qu'il n'i a que prove, et li chois
                            est à celui à qui l'en demende la mesprison. Et se li sires dit qu'il ne
                            l'ait pas conté vingt sol qu'il a receu d'un home et l'offre à prover
                            par soi et par garanz, qui furent au conte d'aus deus, et cil fet
                            encontre tel ni et tel deffense que si a&#160;: l'en demende se par ces
                            paroles nest bataille. Et l'en dit que cil est loisanz de prendre la
                            preuve de lui et de ses garanz, ou de contredire que c'est voirs, ou
                            d'escondire vers un des garanz par gaige de bataille.</p>
                        <p>De cetui droit don l'en use contre serganz, doit l'en user d'autel contre
                            compoignons.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. Qui doit partir.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit ci que qui a partie en aucun héritage, que cil qui veaut partir
                            a besoing de partir, doit partir, et li autres doit (<hi rend="i"
                            >é</hi>) lire. Et s'il ne veaut prendre de l'une des deus parties l'une,
                            la jostice le li doit fere fere, ou fere le par le conseil des prodes
                            homes.</p>
                        <p>Or est à savoir quex choses l'en doit partir&#160;: l'en doit partir toz
                            vilenaiges, vavasoreries, totes manières des mobles, fors en choses que
                            l'en ne puet partir, c'est à savoir chose que périst por partie fere,
                            comme molin, comme feur, comme pressoir, comme marchié, et tex choses
                            semblables.</p>
                        <p><pb n="154"/>Or demende l'en se l'en puet partir bête, qui vaut mains
                            morte que vive&#160;? Et l'en dit que non&#160;; mès l'en doit fere
                            contrepois de pécune contre la beste, et li chois est à celi qui n'a
                            mestier de partir. Et de cele qui vaut miaus morte que vive, cele puet
                            l'en partir, et li chois est à celui qui n'a mestier de partir.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Uns hons dit issi que quant partie est fete, que l'en ne puet redemender
                            partie&#160;; et qui alongue tenue d'un an et d'un jor, la tenue vaut.
                            Quant l'en a fenit la tenue, et qui enfraint la tenue, cil qui aloigne
                            la tenue la doit motrer par soi et par garanz&#160;; et en tel chose a
                            batalle. Et se la partie fut fete, et ele n'a pas un an, ele est
                            tenable, se ele est de bonne foi. Et s'il nie que ele ne fut onques
                            fête, et l'en alongue pas tenue, ce n'est que surmise&#160;; et li chois
                            de la prove est à celui à qui l'en demende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Se aucuns demende partie por cause de mariage, et aucuns amis li donast
                            héritages ou mobles por fere le mariage, tot vendra en partie, se li
                            dons n'est apertemant donez à la persone.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. [60vB] De quel chose l’en plede de devant un meisme juige et
                        de sers corrumpre et amonester le de maufere par tricherie <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 11, tit. 2, 3, 4&#160;: <hi rend="i">de
                                    Quibus rebus ad eumdem judicem eatur&#160;; de servo corrupto,
                                    et de fugitivis</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {11.2.1} <hi rend="i">Pomponius. Si inter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en pledoie entre plusors de departir les choses antre mesnies et
                                plez est entre cex moismes de departir communauté ou de bones, l’en
                                doit prendre celui juige par devant, cui [61rA] tuit li heir ou tuit
                                li compoingnon s’asenblent en un leu se l’en le puet fere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.2.2} <hi rend="i">Papinianus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant uns de plusors tutors est plediez et li autre ne sont pas
                                metable, il sunt tuit envoié à un moisme juige, se cil le
                                requiert&#160;; et issi est contenu en l’establissement as
                                prices.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.1} <hi rend="i">Ulpianus. Ait</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz dit&#160;: cil qui receptera autrui serf ou autrui serve,
                                ou qu’i li fera fere chose que il ne doie par son barat par quoi cil
                                sera enpiriez, je donroi juigement contre lui au doble de tant comme
                                la chose vaut. ¶ {1} Cil qui achate ser en bone foi n’est pas tenuz
                                de cest ban, car il ne porra mie pledier de ceste aucion quar il n’a
                                que fere se li serf est corrumpu&#160;; et il avandra que se aucun
                                fet cel forfet, l’en avra ceste aucion contre .ii., et c’est trufle.
                                Mes nos ne cuidon mie que franc home qui sert en bone foi ne puet
                                avoir ceste aucion. {2} Nos entendon issi ce que li prevoz dit :
                                celui qui recetera s’il recete autrui serf&#160;; et recetier
                                proprement est doner refui en sa meson au serf, de soi repondre, ou
                                en son champ ou en son edefice ou en autre leu. ¶ {3} Amonestier est
                                plus que forcier aucun de fere aucunne chose&#160;; et en amonester
                                puet à aucun doner bon conseil et aucunne foiz mauvés. Et por ce dit
                                li prevoz&#160;: celui qui le serf fera sordere par barat, et cil ne
                                forfet mie que tiel chose amonesté au serf s’il ne l’anpire. Et cil
                                qui escommuet le serf ou a pansé aucunne chose mauvese, est tenuz de
                                cest ban. {4} Se le serf fust de bone meniere, et s’il i a mosté mal
                                ou l’en li mostre à fere, et c’est voir s’il i mostra comment il le
                                feist, il en est tenuz. Et se li serf s’en devoit foïr ou il devoit
                                fere larrecin et cil le li loa, il en est tenuz ; il ne doivent pas
                                loer à croistre lo mal. Et s’il fist de bon serf mauvés ou s’il fist
                                le mal pejor, {5} s’i li amonesta que il feist tort ou qu’i
                                l’enblast ou que il s’en foïst ou que il corrumpist autrui serf ou
                                que il reponsist son chatel ou que il fust lecheor ou que il fust
                                fox ou que il aprist mauvés mester ou que il fust jugleor ou melif
                                ou s’il amonesta [61rB] à l’austor que il depeçast le conte au
                                seignor ou que il entrameslast, il en est tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.2} <hi rend="i">Paulus. Vel luxuriosum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou s’il le fist bordeler, ou s’il li amonesta que il feist bordeau de
                                soi et d’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.3} <hi rend="i">Ulpianus. Dolo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz note le conchiement de celui qui amoneste le serf par son
                                barat. ¶ Et se aucun enpire le serf sanz fere barat, il n’est pas
                                tenuz. {1} Dun l’en demande se aucun amoneste autrui serf à monter
                                sus une meson ou avaler en un puis, et il i monte ou descent et
                                chiet et issi se froisse cuisse ou autre membre ou il se tue, l’en
                                demande s’il en est tenuz. Et l’an dit que s’il le fist sanz barat,
                                il n’en est pas tenuz&#160;; s’il le fist par barat, il est
                                tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.4} <hi rend="i">Paulus. Sed Commodius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Mes meuz est que il soit tenuz de la loi Aquiliene.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.5} <hi rend="i">Ulpianus. Doli</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cest mot «&#160;barat&#160;» doit estre raporté à celui qui le serf
                                recete&#160;; que autre ne soit tenuz fors cil qui por son barat le
                                recete. Mes se aucun le recete por lui garder de tot ou por partie,
                                ou par misericorde ou par autre cause renable, il n’en sera pas
                                tenuz. ¶ {1} Se aucun amoneste par barat un serf, qu’i cuidoit que
                                il fust serf, il m’est avis que il est tenuz s’il est serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.9} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucuns corrump serf qui est mien et sien, l’en demande à Julien
                                s’il est tenuz de ceste aucion. Et il dit que oïl. Et s’il fist sa
                                clamor de compoingnie, ou de communauté ou de conpoignie, s’il sunt
                                compoignon il est tenuz, si comme dit Julien. Et porquoi enpire il
                                la condicion au compoignon s’il pledoie à son compoignon plus que un
                                estrange&#160;? S’il le recete ou s’il le corrunt ‹…› cil qui pledie
                                o son compoignon, sanz change de celui, ausi est s’i le
                                corront<note>Probablement un saut du même au même.</note>&#160;; se
                                Julie‹n› ne cuida par avainture que ce cheist sor le
                                compoignon&#160;; car nus ne recete sa chose. Mes s’il la recete par
                                volenté de celer la, l’en puet dire que il en est tenuz. ¶ {1} Se
                                j’é an un serf mon usage et tu la proprieté, s’il est pour moi
                                    enpirié<note>enpirié] <emph>enpirier</emph> dans le ms.</note>,
                                tu porras pledier contre moi&#160;; et se tu l’as fet, je avrai
                                contre toi bone aucion. Et ceste aucion apartient à toz
                                conchiemanz&#160;; et il apartient au fruitier que li sers soit de
                                bone meniere ou il a [61vA] son usage. Et se un autre le recete ou
                                le corrump, le fruitier a bone aucion. ¶ {2} Ceste aucion est donee
                                au doble de tant comme la chose vaut. {3} Mes l’en demande se l’esme
                                de la chose est fete de ce que li sers a senti<note>senti]
                                        <emph>sentu</emph> dans le ms.</note> en cors ou en corage,
                                de tout comme il en enpire ou de ces autres choses. Et Veratius dit
                                que cil qui corrumpi le serf doit estre condempnez de tant comme li
                                sers est enpiriez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.10} <hi rend="i">Paulus. In hoc</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En cest juigement vient l’esme des choses que li sers en porta o soi,
                                car tot le domage ‹...›&#160;; ne ce ne se monte rienz se les choses
                                sunt portees à lui ou à autre ou s’il sont gastees. Et c’est bien
                                droiz que cil soit tenuz qui est princhief dou forfet, plustost que
                                celui à qui il sunt aportees.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.15} <hi rend="i">Gaius. Corrumpitur animus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Corages de serf est corrumpu se l’en li amoneste que il despise son
                                seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.3.16} <hi rend="i">Alphenus. Dominus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li sires franchi son serf qui fesoit son despens&#160;; enprés il li
                                rendi conte, et comme il n’en rendist pas bien le conte, il aperçut
                                que il avoist gasté son avoir ches une feme. L’en demandoit s’il
                                porroit avoir aucion de serf corrumpu contre cele feme car ce serf
                                est ja frans. Je di que oïl&#160;; et moismement de larrecin por le
                                serf qui les deners i porta.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.4.1} <hi rend="i">Ulpianus. Is</hi><note>Is] <emph>Si</emph>
                                dans le ms., faute du rubricateur</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Qui cele fuitif est lierres. {1} Li senator juigerent que li fuitif
                                ne soient receu en chans ne en vile, ne de cex qui tienent les
                                choses, et i establi poine. Et cil qui dedanz brief jor ne rendroit
                                les fuités as metres ou as senators, s’il ne le fesoient dedanz
                                celui terme, s’il les trovoent et nes les arestoient, il juiga que
                                il fussent puni. ¶ {2} Et li senators ostroia à chevalier et à
                                vilain que il porroit encerchier<note>encerchier]
                                        <emph>encerchiez</emph> dans le ms.</note> et querre le
                                fuitif en ce teneures as senators ou au vileins. Et li senators, en
                                tens que Modestus fust conte, dit que il li seit à encerchier les
                                fuitis et que poine de .c. sols estoit acablé contre les metres s’il
                                ne aident à querre les quant il avroient les letres veües. Et celes
                                poines moismes est [61vB] establie contre celui qui deffendi que ne
                                le queist en sa meson. Et encores, letres generaus des enpereors qui
                                dient que li prevoz et li mestres et li chevaliers
                                    establiz<note>establiz] <emph>establir</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>milites stationarios</emph></note> aident à
                                    querir<note>a querir] <emph>aquent</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>adiuvare debere in inquirendis</emph></note> les serf
                                à lor seignors, qui sont fuitis, et qui les rendent quant il les
                                avront trovez&#160;; et que cil chiés qui il s’atapiront soient puni
                                s’il en sont trové copables. ¶ {3} Chascun qui porra prandre fuitif
                                le doit amener avant&#160;; {4} et li mestres sunt tenuz de garder
                                que il n’eschapent. ¶ {5} Nos devon entendre fuitif se aucun vet ça
                                vau l’avau&#160;; ou s’il est nez de feme fuitive, il n’est pas
                                tenuz por fuitif. ¶ {6} Cil sont entendu estre mené en commun qui
                                sont baillié as metres qui sont en garnison, {7} ou qui sont tenu
                                par lor office lier les biens et garder. {8} Et que il les gardent
                                tant que il soent mené au prevost, et que l’en sache commant il ont
                                non et de quel conoissance et qui sont, que l’en puisse savoir plus
                                tost s’il sunt fuitis. Et par ce mot conoissance porra l’en voir les
                                sainz de la chiere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.4.2} <hi rend="i">Calistratus. Fugitivi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li fuitif simple doivent estre livré à lor seignors&#160;; et s’i
                                sont meslif ne batailleor, il devent estre puni durement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.4.3} <hi rend="i">Ulpianus. Divus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li enpereor dit que cil qui veust son serf fuitif querir en autrui
                                chans, il doit aler au mestre de la province que li doint ses
                                letres&#160;; et se mestiers est, que l’en li envoist le bedel qu’i
                                i aut, et que l’en sofre que li sires entre en la teneure por querir
                                son fuitif, et que li prevoz punisse celui qui ne li lessera entrer.
                                    Met<note>Met] <emph>Mes</emph> dans le ms.</note> Marcus li
                                enpereres d’entrer la où li sers fuitis seroit segont
                                l’establissement que il fist en senat, que l’en poet entrer ausi
                                bien en la meson l’enpereor comme en mesons as autres genz toz ceus
                                qui vodroient querir les furtis, et que l’en cerchast et coches et
                                liz et tot le leu où il se porroit repondre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.4.4} <hi rend="i">Paulus. Limenarche</hi><note>Limenarche]
                                    <emph>luminarche</emph> dans le ms.</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li mestre et li estachier retienent à droit les fuitis en
                                garde&#160;; car li mestre qui sont en garnison envoient les fuitis
                                par droit à la volenté au prevost.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.4.5} <hi rend="i">Triphoninus. Si marchanz</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si ser fuitis se mest en une cort, ne [62rA] non fet por peril de soi
                                que il ne puisse bien eschever le peril del seignor. Li enpereors
                                commande que il fussent rendu ostreemant à lor seignors s’il voloent
                                fere de cex meschief&#160;; car aucunne foiz il vossissent bien que
                                il fussent mis en un mauvés leu por eschaper, mes il convient que il
                                seent rendu à lor seignors.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. De cex qui joent es tables <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 11, tit. 5&#160;: <hi rend="i">de
                                    Aleatoribus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {11.5.1} <hi rend="i">Ulpianus. Pretor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz dit que se aucun bati celui ches qui l’en joe as tables ou
                                se l’en li fet domage ou se aucunne chose en celui tens est
                                    ostee<note>ostee] <emph>ostee en celui</emph> tens dans le
                                    ms.</note> par son barat, je n’en feroi ja droit. ¶ Et ge
                                prandroi garde quel chose ce sera ou cil fist force qui joeent as
                                tables et qui i fist force por le jou. ¶ {1} Se li joeor
                                s’entretolent, il avront aucion des biens toluz&#160;; ne le
                                receteor n’i puet riens chalongier, ne li joeor, car il ne sont pas
                                digne. ¶ {2} Encor doit l’en noter que cil qui reçoit cex
                                menesterex, s’il est batuz et s’il i a domage, il<note>il] <emph>et
                                        il</emph> dans le ms.</note> ne le vange. Et s’il en fet
                                larrecin en sa meson endamentieres que l’en jue, tot ne le face le
                                juor, il en est hors de poine. ¶ Nos devon entendre la meson et por
                                leu et por habiter. ¶ {3} Ce que li prevoz nie que il ne donra pas
                                aucion de larrecin en cest ban veon que c’est à savoir s’il
                                apartient qu'i i est poine, ou se cil qui pert veust chalongier ou
                                s’il veust que l’en li monstre la chose perdue ou s’il en veust
                                pledier. Et Ponponius dit que en ceste aucion n’a point de poine. Et
                                je ne cuit pas que ce soit voir, car li prevoz dit rondement&#160;:
                                se l’en enble rien, je n’en donroi pas droit. {4} Et dit li
                                prevoz&#160;: « je donroi juigement et verré pour quoi il fist force
                                qu’i joet à tables ». ¶ Ceste cause apartient à celui qu’il a força
                                à juer, que il soit mis en prison ou que il soit puniz en autre
                                maniere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.5.2} <hi rend="i">Paulus. Solent</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucunne foiz solent les uns les autres forcier à joer co‹m› seent il
                                voincuz. {1} Li senator deffendirent joer por deniers, fors que se
                                aucuns a pris en atine à joer à la pelote, à corre et à saillir, à
                                luitier ou à combatre por esprover sa vertu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.5.3} <hi rend="i">Marcellus. Quibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si comme de cex choses où l’en puet fere promesses segont [62rB] la
                                loi&#160;; et as autres choses ne le puet l’en fere se ce n’est por
                                soi esloser.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.5.4} <hi rend="i">Paulus. Quod continuo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que l’en joe par mestre en mangier de maintenant est bien
                                sofrable. ¶ {1} Se serf ou fiz qui ne est pas encore hors de main
                                jue et il pert, li sires ou li peres le puet demander la perte. Et
                                se li serf prist l’argent, l’en donra contre le seignor aucion dou
                                chetel non pas dou forfet, car le plet est de la chose que l’en a
                                fete, mes l’en ne le doit plus mener à rendre que tant comme valoit
                                le chetel de cele chose. ¶ {2} L’en a contre les paranz et contre
                                les parçoners bone demande de ce que sont joie en jeu des
                                tables.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. ‹De mesureors›</head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La plus grande partie de ce titre est traduite du Dig., liv.
                                11, tit 6&#160;: <hi rend="i">Si mensor falsum modum dixerit.</hi>
                                Entre les fragments 1 et 2 est intercalé ce qui
                                suit&#160;:</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.1} <hi rend="i">Ulpianus. Adversus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz done aucion en fet contre le mesureor des chans, car il ne
                                convient pas que il nos deceue s’i est contenz par aucunes des bones
                                ou se le vendeor ou se l’achateor volent savoir combien le champ
                                tient. Et por ce mist il avant ceste aucion, car li encien ne
                                crurent mie que loange fust entre tex persones, mes san plus
                                entendre en leu de benefice, et ce que l’en li done sera por li
                                regar doner, et par ce l’apele l’en honore. Et se l’en a aucion de
                                loage, l’en puet dire que ce ne vaut rien. ¶ {1} Ceste aucion
                                requiert solement male tricherie. Car assez est que l’en contraigne
                                le mesureor s’il fet barat à celui home qui n’est pas vers lui
                                obligiez&#160;; et s’il en est travaillez par le barat au mesureor,
                                bien si gart que tel barateor i mist. Et se li sires le fist par
                                negligence, le mesureor n’a garde, bien i gart sa grant colpe&#160;;
                                car c’est ausint comme barat. Et s’il en prist loer, tote la cope
                                n’est pas soe por les paroles dou ban, car li prevoz set bien que il
                                i a loer. ¶ {2} Il sera tenuz de ceste aucion quil le renia&#160;;
                                et asez renie por soi qui par autre renie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.2} <hi rend="i">Paulus. Vel per literas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou par lestres. {1} Et se je mande qui es mesureor que tu mesurasses
                                ce champ, et tu le mandas à Tabert, et cil i fet aucun barat, tu en
                                seras tenuz, car tu feis barat qui à tel le mandas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.3} <hi rend="i">Ulpianus. Duobus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je le mande à .ii. et il font enbedos conchiement, je porrai
                                contre aus .ii. pledier por le tot&#160;; et se li uns fet gré, li
                                autres est delivrés. ¶ {1} Ceste demande avient à celui à qui il ne
                                convient pas que la fause mesure fust fete, ¶ c’est au vendeor ou à
                                l’acheteor à qui ce nuit. ¶ {2} Ponponius dit que se l’achateor done
                                plus à vendeor por le reniement<note>reniement]
                                        <emph>remeurement</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>renuntiatio</emph></note> par ce que il en pot
                                pledoier par ce que il en a plus doné, il n’en puet pledier ou le
                                mesureor&#160;; car il ne nuit rien à l’acheteor quant il en puet
                                pledier ¶ li pledeors quant il ne randi ce que il devoit ne fu pas
                                vendeor, et lors ne sera pas tenu le mesureor. {3} Et se le vendeor
                                li baille greignor mesure, et li mesureors le conchie, Poponius dit
                                anprés que l’en n’a pas aucion contre le mesureor&#160;; car l’en
                                n’a aucion de vençon contre l’achateor, se l’achateor n’est
                                rendables. ¶ {4} Ponponius dit que se le mesureor i est mis par
                                droit et il me triche, il m’est tenuz se je an perte plus par droit.
                                Et se li juiges li a mis et il me conchie, Ponponius dote s’il est
                                tenuz à moi de ce, car il i pert le plus. ¶ {5} Ponponius dit que
                                l’en doit doner ceste aucion à l’oir et à itex persones, mes ele ne
                                doit pas estre donee contre les heirs ne contre itex persones. {6}
                                Et en non de [62vB] serf convient que l’en ait aucion de forfet, ja
                                sé ce que l’en est aucion droite de chatel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.4} <hi rend="i">Paulus. Hec aucio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion dure toz jorz, car ele prant commoincement non pas de
                                conchiement mes de l’afere qui est commoinciez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.5} <hi rend="i">Ulpianus. Si mensor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se le mesureor ne dit pas fause mesure mes il la
                                    retarde<note>retarde] <emph>recorde</emph> dans le ms., lat.
                                        <emph>sed traxerit renunciationem</emph></note>, et por ce
                                avient que li vendeor est delivrés, car il promist que il
                                assigneroit mesure dedanz certain jor, ceste aucion n’a pas leu. Et
                                dit Ponponius que il ne doit pas avoir autre&#160;; donc convendra
                                il qu’i et recors à aucion de tricherie. ¶ {1} Com l’en eust recors
                                de fause mesure et li achateor eust pledié o le vendeor, il en porra
                                pledier o le mesureor&#160;; mes il n’en a de ce que fere, car il ne
                                convient pas condempner le mesureor. Et s’il plede o le vendeor de
                                ce qui estoit mien tot et anprés de mons, Ponponius dit que l’en
                                puet pledier de remenant o le mesureor. ¶ {2} Li prevoz entendi ce
                                droit plus largement, car s’il recorde fause mesure d’aucun ne autre
                                chose, ceste aucion li avient. Ausi comme s’il le detint en mesure
                                de edefice, ou de mesure de forment, ou de vin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.6} <hi rend="i">Paulus. Sive</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou de lesse de voie ou de servité mestre ou oster, ou s’il i mant en
                                mesure .i. ere ou un chevron ou une pierre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.6.7} <hi rend="i">Ulpianus. Vel cuius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou d’aucunne autre chose il sera tenu&#160;; {1} et se li mesureor
                                l’a deceu, l’en li donra ceste aucion contre lui. ¶ {2} Et encore,
                                dit Ponponius, ce moismes contre celui qui ne fu mie mesureor il le
                                deçut, l’en a contre celui ceste aucion. {3} Et ausint contre le
                                mestre qui fist la meson qui deçut le seignor, car li enpereor le
                                commanda. {4} Et ausi cuide je de l’osteler qui conchia son oste à
                                contier.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head type="gp">VII. De porter mort en autrui leu <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 11, tit 7&#160;: <hi rend="i">de
                                    Religiosis et sumptibus funerum, et ut funus ducere
                                liceat.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.1} <hi rend="i">Ulpianus. Qui propter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui despant aucunne chose por mort, li mor li est tenuz ausint
                                comme s’il eust fet marchié o li, non pas o son heir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.2} <hi rend="i">Idem. Locum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aristo dit que li leus est religios où li serf est morz et enterrez.
                                ¶ {1} Cil qui mist mort en autrui leu ou metre li fist, il est tenuz
                                de aucion de fet. Nos devon entendre «&#160;autrui leu&#160;» se
                                c’est autrui champ ou en [63rA] autrui edefice. Et ceste parole done
                                aucion au seignor, non pas à celui qui tient en bone foi, car quant
                                il dit «&#160;en autrui leu&#160;», il fet mencion do seignor à qui
                                le leu est. ¶ Et se le fruitier li porte, il sera tenuz au seignor
                                de la proprieté. ¶ L’en demande se le compoignon est tenuz s’i le
                                porte en la partie au compoignon&#160;; mes il est voir que il puet
                                estre trez de aucion de departir communauté en plet ou de choses à
                                mesnie. ¶ {2} Li prevoz dit&#160;: si home mort ou ses os sont
                                portiez en leu qui est autrui ou en sepulcre où il n’a droit, cil
                                qui a ce fet sera tenuz de aucion de fet et sera tenuz de poine de
                                deniers. {3} Et li prevoz entendi de celi qui est portez, que l’en
                                fet por enterier. ¶ {4} Li leus est dit pur qui n’est ne seinz, ne
                                sacrez, ne religios. ¶ {5} Sepulcre est où cors ou os d’ome sont
                                mis. ¶ Celsus dit que li leus qui est donez à sepulcre n’est pas tot
                                religiou, ne mes tant comme li cors en tient. ¶ {6} Monumanz est qui
                                est fet por remembrance. ¶ {7} Se aucuns i a son fruit ou son usage,
                                il ne fet pas le leu religios. Et se li uns i a l’usage, li autres
                                la seignorie, il ne feront pas le leu religios se cil qui lessa
                                l’usage ne porta par avainture le cors en celui leu quant il ne le
                                peust bien metre aillors&#160;; et issi le dit Julien. Autremant ne
                                sera pas le leu religios contre la volenté au fruitier, mes bien le
                                sera s’il consent. ¶ {8} Nus ne fet le leu religios qui doit servise
                                se cil ne s’i acorde à qui l’en doit le servise. Et s’il ne puet
                                user de servise moins bien par autre leu, il ne puet ce fere por
                                empechier le servise, et por ce ne sera pas le leu religios&#160;;
                                et c’est bien reson. ¶ {9} Cil qui a le champ engagié, s’il i mest
                                un serf mort, il le fet religios&#160;; et ausi est s’il i est
                                enterrez, mes il ne le puet pas ostroier à autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.3} <hi rend="i">Paulus. Ex consensu</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et par l’acort de toz puet l’en bien dire que li leus est
                                religios&#160;; et issint le dit Ponponius.</p>
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                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.7} <hi rend="i">Gaius. Is qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui mist mort en autrui leu est tenuz de oster le ou de rendre le
                                pris que il va[63rB]ut por aucion de fet qui avint à l’eir et contre
                                l’eir et est pardurable. ¶ {1} Li contes done aucion de fet contre
                                celui qui a porté mort en autrui here de pierrele<note>here de
                                    pierrele] <emph>here de quierre le</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>in alterius arcam lapideam, in qua adhuc mortuus non
                                        erit conditus, mortuum intulerit</emph></note>, que li morz
                                n’estoit pas oncore enterré, car il n’avoit pas bien fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.8} <hi rend="i">Ulpianus. Ossa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en demande se li sires puet oster les os ou le cors que un autre
                                met en sa chose sanz commandemant d’evesque ou de prince. Et Labeo
                                dit que il doit atandre le roi, l’evesque, ou le commandemant au
                                prince, si que non l’en avra aucion de injure contre celui qui le
                                cors feret desfoir. ¶ {1} Se l’en venst leu religios por peor, li
                                prevoz done contre lui aucion à celui qui la chose apartient&#160;;
                                et ceste aucion est contre l’oir ausi comme cele qui contient aucion
                                d’echat. ¶ {2} Se aucuns mest mort en leu establi à communs usages,
                                li prevoz done juigemenz contre lui s’il le fet por barat et en
                                devra bien estre puni par reson. Et s’il le fist sanz barat, il en
                                est quités. ¶ {3} Et en ceste aucion apel de leu pur est atandu à
                                edefice. ¶ {4} Ne ceste aucion n’avient pas solement au seignor, mes
                                à celui qui a l’usage de tel leu ou aucunne servitute, car il ont
                                poer de deffandre lo. ¶ {5} Aucion de fet avient à celui à qui l’en
                                a deffendu que il ne portast le mort en celui leu où il avoit droit
                                de porter lou&#160;; et deffanse li avient se l’en ne li a deffendu,
                                et son procurator a autele aucion car l’en antant que l’en li a ausi
                                deffendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.12} <hi rend="i">Paulus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun a sepulcre et il n’i a pas voie et li voisin li deffendent
                                que il n’i auge, li enpereor dit que il doit demander sa voie et que
                                il la doit avoir, et que il l’et de celui qui a son champ ajoint. Et
                                c’est commandemant qui ostroie que l’en demant la voie d’une aucion
                                de cité ; et li prevoz doit contendre par droit pris que il face la
                                voie, par si que li juiges voie la voie, que li voisin n’i soit
                                perdant. {1} Le senator establi que usages de sepulcres ne soit
                                conchiez par changes, c’est à dire que il ne soit mis en autre
                                usage. ¶ {2} Li prevoz dit que se despans est fet par acheson de
                                mort, je commanderoi que cil rende à qui la chose apartient. {3}
                                Cest ban est proposez por droite cause [63vA], que cil qui fist le
                                despans por le mort que il en ait ce que il i mist&#160;; car
                                autremant remainsissent les cors à enterer, et que aucun ne feist
                                despens d’autrui. ¶ {4} Il convient que cil face le despens que le
                                mort commanda et eslut. Et s’il ne le fet, il n’i a point de poine,
                                se aucun molumant ne li est por ce lessiez&#160;; et lors s’il ne
                                fet la volenté au mort, il le doit perdre. Et se le mort n’en parla,
                                cil qui fet le despens ne doit rien avoir et celui lessera as
                                hers&#160;; et s’il n’en i a nul, il sera à coisins et à plus
                                prucheins. ¶ {5} L’en juige despens à mort segont ce que il a et
                                segont la digneté. ¶ {6} Li prevoz ou li mestres doit juigier quex
                                despens l’en doit fere por mort&#160;; s’i i a deniers en l’eritage,
                                s’il soit fet de deniers. S’il n’en i a, s’i vende des choses qui ne
                                sont pas boens à tenir et qui chargent l’eritage. Et s’il i a or ou
                                argent, l’en commandera que il soit venduz ou angagié por fere le
                                despens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.13} <hi rend="i">Gaius. Vel</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou s’il i a detors, s’il pueent rendre maintenant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.14} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se aucuns empeche celui qui achata que les choses vendues ne li
                                fussent baillies, il convient que li prevoz i doit metre conseil et
                                que il deffende ce fet se nul vient encontre. ¶ {1} Se cil qui est
                                morz est coitiver<note>coitiver] <emph>coitivez</emph> dans le ms.,
                                    cf. lat. <emph>Si colonus</emph></note>, ne il n’i a dont l’en
                                li face les despens de sa mortaille, Ponponius dit que l’en li doit
                                fere son despens de ce que il a en sa meson&#160;; et s’il i a rien
                                de remanent, que il soit rendu por ce que il doit de son ostel. Et
                                se cil qui fist le testamant lesse choses et l’en pledoie des
                                despens de sa mortaille, ne il n’i a de quoi l’en les puisse fere,
                                il convient que l’en mete ses mains en ces choses lessies&#160;; car
                                plus vaut que li morz soit en voriement mis en terre do sien que
                                autres eussent les lés et il i fust à honte mis. Et se li heritages
                                est aprés demandez, l’en ne doit pas tolir à l’achateor la chose,
                                car il la tient en bone foi, et ait la seignorie cil qui l’achate
                                par l’autorité do juige [63vB]. Mes il convient que cil à qui l’en
                                fist le lés ne perde pas son los dou testemant se li her l’en puet
                                garder de domage&#160;; et s’il ne puet, miauz vient que cil à qui
                                l’en fist le lés perde que li achateor i ait domage. ¶ {2} Se cil
                                qui fet le testamant manda à aucun que il face les despens de sa
                                mortaille, et il prant l’argent ne n’en fet rien, l’en dit que l’en
                                doit doner contre lui aucion de tricherie&#160;; et je croi que li
                                prevoz le doit forcier à fere le despens. ¶ {3} L’en voit que li
                                despens est fez por mortaille sanz qui l’en ne puet le cors enterer,
                                ausi comme se l’en a rien despendu por le cors enterrer et por le
                                porter. Et se l’en a rien doné por lui la où il fu enterré, Labeo
                                dist que c’est despendu par acheson de la mortaille&#160;; car à
                                force convient que li leus soit aparelié où li cors est mis. ¶ {4}
                                Le despens que l’en fet d’estrange cors de home mort por son cors
                                portier doit estre rendue, tot ne soit encore le cors mis en terre.
                                Et ausint est s’il est baillié à garder ou an commande, ou se l’en
                                despent rien en sarcuez ne en taille. {5} Car ce convient metre ou
                                les cors, ne n’i convient metre plus que cil autre home povre i
                                metent. ¶ {6} Ceste aucion qui est de mortaille est de bien et de
                                lëauté, et si contient en soi despense. L’en regarde equité de la
                                digneté à celui qui est enterré et le tens et la cause et la bone
                                foi&#160;; que l’en ne conte plus que l’en a despendu, ne que tant
                                comme l’en a despendu, ne que tant comme l’en a fet. ¶ Se l’en a
                                plus despendu que l’en ne doit, l’en doit regarder le chatel au mort
                                et comment il est alez ¶ et la chose qui est despendue sanz reson.
                                Et que sera se l’en a despendu aucunne chose par la volenté au
                                mort&#160;? L’en doit savoir que l’en ne doit pas segre la volenté
                                au mort se l’en fet desreson de despandre, car l’en doit fere le
                                despens segont le chatel.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {11.7.22} <hi rend="i">Ulpianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Celsus dit que quant la feme muert l’en li doit fere sa mortaille dou
                                doere qui remoint [64rA] à l’ome et des cez autres biens que la feme
                                avoit.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {11.7.27} <hi rend="i">Ulpianus. Sic</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et issi convient il le mariz et l’eir despendre en la mortaille. {1}
                                Le mariz ne sera pas plediez de ceste aucion s’il rent à la feme son
                                doere, et ausit comme Marcellus dit&#160;; et c’est voir en cet
                                quas, où il lust ce fere par loi<note>loi] <emph>lor</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>in quibus hoc ei facere legibus permissum
                                        est</emph></note>. {2} Et encore cuide je que li mariz est
                                tenuz de ceste aucion de tant comme il en puet fere, car il est veü
                                tant gaagnier comme il à la feme rendit s’il en fust trez en
                                plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.28} <hi rend="i">Pomponius. Quod si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et s’il n’i ot point de doere, il convient que li pere à la fame i
                                fust tenuz de fere despans commun, si comme Ancillinus dit, ou metre
                                hors de ban les hers à la feme. Et s’ele n’a nul heir, ne li peres
                                n’a que poer, il convient que li mariz face tant comme il en porra
                                fere de despens que sa feme ne remoinge à este enterree.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {11.7.29} <hi rend="i">Gaius. Si mulier</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se feme enprés ce que ele est departie de son mari, et ele est a
                                autre marié, et s’il muert, Fulcinus cuide que le pretre et le doere
                                et que il face despens de mortailles.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.32} <hi rend="i">Paulus. Si possessor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui tient l’eritage fet le despens de la mortaille et il ne
                                demande pas ce que il a despendu, ceste aucion li est bone. ¶ {1} Se
                                li ons et la feme morent en un moismes tens, Labeo dit que l’en doit
                                doner ceste aucion en l’oir à l’onme segont sa partie par ce que il
                                a ce en non de doere.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {11.7.33} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun est heir et enprés li est l’eritage tot let comme à celui
                                qui n’est pas digne, droiz est que li droiz de l’eritage li remainge
                                quant a despans.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.35} <hi rend="i">Marcellus. Minime</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li ancien ne cuiderent pas que l’en deust plorer celui qui vet à
                                destruire et ses enfanz et son poïs&#160;; ausi comme se li fiz eust
                                ocis son pere, ou le peres le fiz, sanz felonnie, il establirent que
                                cel le comparast.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.36} <hi rend="i">Pomponius. Cum loca</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant guerrier ont pris leus, il ne sont plus sainz [64rB] ne
                                religios, ausi comme l’ome franc devienent serf&#160;; et s’il sont
                                delivré de ceste chestiveté, il revienent arieres en l’anciene
                                franchise.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.37} <hi rend="i">Marcellus. Funeris</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos entendons despens de mortaille quanque l’en despent por le cors,
                                si comme pour oignemanz, por le pris de la terre où il est enterré,
                                et de sarcuez et la voiture&#160;; et quanz l’en i metra de despens
                                avant que il soit enseveliz, je cuit que tot ce est despens. ¶ {1}
                                Divus Adrianus dit que c’estoit monument de sepulcre quanque l’en i
                                despant por fere le leu où li cors est mis&#160;; et se cil qui fist
                                le testamant commande fere aucunne chose, si comme un porche ou un
                                edefice, ce n’est pas dou despens de mortailles.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.44} <hi rend="i">Paulus. Cum in diversis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cum aucun est enterré en divers leus, l’un ne l’autre leu ne est pas
                                religiou, car d’une sepulture ne puet l’en mie fere plusors
                                sepulcres. Il m’est avis que cil leu est religios qui est fez
                                principaument par cors enterrer, dont l’image i est por qui nos
                                somes coneuz. {1} Quant l’en ostroie que reliques i soent portees,
                                li leus est religios.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.7.45} <hi rend="i">Marcellus. Inpensa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li despens de la mortaille doit estre fet toz jorz de l’eritage, et i
                                doit estre li despens avent que l’en rende rien quant li heritages
                                ne puet rendre les detes.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. De metre mort en terre et de fere sepulcre <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 11, tit. 8&#160;: <hi rend="i">de Mortuo
                                    inferendo et sepulchro œdificando.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {11.8.1} <hi rend="i">Ulpianus. Pretor ait</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz dit&#160;: je deffant que l’en ne face force à celui ne à
                                cele que il ne puisse porter son mort et enterrer maugré toz. {1} La
                                où cil avra droit de metre son mort, qu’i n’est pas deffendu que il
                                ne li mete&#160;; il est aparissant que il eist defandu à porter le
                                mort se li deffant la voie. ¶ {2} Li sires de la chose puet user de
                                ceste aucion que li avient de pur leu. ¶ {3} Se l’en me doit voie en
                                champ par qui je voil porter le mort et l’en me deffant la voie,
                                acordé est que j’é ceste aucion par ce que l’en me deffant la voie
                                et tot ce i sera se l’en a autre servise sor le champ [64vA]. {4}
                                Cest entredit est deffandables. {6} Cest entredit est entreposé par
                                ce quar il apartient à religion que les monumanz seent bien atorné
                                et aorné. ¶ {7} L’en ne deffant à nul que il<note>il] <emph>il
                                        e</emph> dans le ms.</note> ne face sepulcre ne monument la
                                où il a droit. {8} Aparissant est que cil deffent edifier qui
                                deffant que l’en n’i port ce qu’a mestier à fere le sepulcre ou le
                                monument&#160;; et s’il deffendi que li ovrer n’i venisssent qui i
                                avoient mestier, cest antredit a leu&#160;; et s’il deffant à un à
                                porter l’angin qui a mestier à celui ou leu qui doit servise. Et se
                                tu veauz metre ton angin en ma terre, je ne serai pas tenuz de
                                l’entredit se je ne le te soffre. ¶ {9} L’en entent que cil edefie
                                qui fet nove ovre et ausi cil qui veut refere aucunne chose. ¶ {10}
                                Cil qui fet chose par qui li sepulcres chiee est tenuz de cest
                                entredit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.8.2} <hi rend="i">Marcellus. Negat</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li rois deffant que feme grosse d’enfant ne soit enterree s’ele muert
                                dusque li enfes li soit trez ors dou cors&#160;; qui fera contre ce,
                                aparissant est que il avra tué l’enfant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.8.3} <hi rend="i">Ponponius. Si propius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si aucuns mesone prés de tes mesons en sepulcre fessant, tu ne porras
                                pas apoier c’ovre nove&#160;; et se l’ovre est fete, tu n’avras nule
                                aucion fors que de force et de injure. ¶ {1} Se aucun mort est porté
                                prés d’autrui edefice dedanz le an mesure, li sires de l’edefice ne
                                li porra pas deffandre que il ne mete un autre mort en celui leu, ou
                                que il ne face edefice se li sires le sot au commaincement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.8.4} <hi rend="i">Ulpianus. Longa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Longe teneure ne done pas droit de fere sepulcre à celui qui n’i a
                                droit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {11.8.5} <hi rend="i">Idem. Si in meo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en met os en mon sepulcre qui n’est pas fet, n’i a point de
                                destorber que il ne soit parfez. {1} Et se li leus i est ja fez
                                religios, li evesques doivent encerchier et voer commant l’en puisse
                                refere le leu, sauve la religion.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head type="gp">IX. Des choses creues <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv, 12, tit 1&#160;: <hi rend="i">de Rebus
                                    creditis&#160;; si certum petatur, et de
                                condicione.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[64vB] Bien est avenant que nos façoin entendre les paroles, que nos
                                dison aucunnes choses de la sennefiance de cest titre. Por ce que li
                                prevoz dist mout de choses qui apartienent à divers marchiez, par ce
                                mist avant li titres «&#160;des choses creu‹e›s&#160;»; tuit li
                                autre marchié don nos avons parlé desus sont acompli, si comme
                                Celsus dit ou premier livre des questions. ¶ {1} Cest mot
                                «&#160;croire&#160;» est generau, et por ce le mist li prevoz soz ce
                                titre et parla de prest et de gage&#160;; car de quelconques chose
                                nos acordon et acreon autrui chose, nos cuidon que il rende ce que
                                il nos doit dou marchié. Nos apelon ce «&#160;croire&#160;», si
                                comme li prevoz le dit generaument.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.2} <hi rend="i">Paulus. Mutuum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos preston non pas por avoir cele chose non mie que nos avon
                                prestee, car se l’en l’an nos rendoit autel ce seroit prest ou chose
                                baillie en garde&#160;; et se l’en rent autre chose que cele, ausint
                                comme mil por forment, ce ne sera mie prest. ¶ {1} Doere de prest
                                est en chose que l’en puet peser<note>peser] <emph>prester</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>rebus que pondere</emph></note> ou
                                numbrer ou mesurer&#160;; et nos poon croire itex choses de toutes
                                autres choses. Nos ne poon fere creance, car l’en ne puet rendre
                                autrui chose por autre contre sa volenté. {2} L’en apele «&#160;don
                                de prest&#160;» par ce que je faz de ma chose que ele est toe&#160;;
                                et s’ele n’est toe, il n’i a point d’obligacion. {3} Et il i a
                                difference entre croire et prester, car croire si est hors de celes
                                choses que l’en puet numbrer, peser, mesurer&#160;; ausi comme se
                                l’en nos rent cele chose que nos baillames, lors est ce prest. ¶
                                Oncor prest ne i puet estre s’il n’i a peccune antrelardee&#160;;
                                creance fere est autre meniere sanz peccune, ausi comme se l’en
                                promest doere enprés les noces. ¶ {4} En don de prest il convient
                                que li sires face le prest, et fiz et serf s’il prestent deniers de
                                lor chetel, il obligent cex qui les prenent. Et c’est tel chose
                                quant je preste par ma volenté deniers, l’aucion est moie tot ne
                                soent [65rA] mien li denier. ¶ {5} Nos feson creance por paroles,
                                por obligacion quant aucun promest à rendre la chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.3} <hi rend="i">Pomponius. Cum quid</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant nos preston aucune chose, se nos ne devison que l’en la nos
                                rende ausi bone, nos i perdon. Cil qui doit la chose la doit rendre
                                ausi bone comme i l’enprunte&#160;; car s’il rent nouveau vin por
                                viez n’est pas bon, car ce que l’en devise en marchié doit est tenu.
                                Et l’en i doit ce entendre que l’en ne rende la chose en autre
                                maniere, et ausi bone comme ele fust prestee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.4} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun ‹n’›ot cause ne porpensement de prester à ousure, et tu
                                vosis achatier un champ et vosis anprunter l’argent, ne ne le vosis
                                pas acroire dusque tu eusses acheté, et par ce le creancer qui avoit
                                par aventure besoing d’aler hors dou païs te bailla cel argent en
                                prest por acheter cel champ, tu pranz celi argent à ton peril&#160;;
                                car cil qui recevra la chose à vendre por user dou pris de la vençon
                                avra la chose à son peril. ¶ {1} Chose qui fut baillie en gages, se
                                li argenz est poiez, puet estre demandee ; et li fruiz que l’en a
                                pris à tort, car se le mesteer prent les fruiz anprés les .v. anz
                                cil les puet demander qui baille le gage s’il n’es à pris par la
                                volenté au seignor&#160;; si non, il ne les puet demander. {2} Ce
                                qu’est ravi par force de flueve puet estre demandé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.5} <hi rend="i">Ponponius. Quod te</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que il convient que tu me rendes, s’il perist enprés por toi, et
                                por toi faut que tu ne le me rendis, le domages en est tiens. Mes
                                l’en doit voir se l’en l’a fet por toi et se la chose estoit en ton
                                poer, ou se tu feis por barat qu’i n’i fust mie ou que ele i fust,
                                ou s’il i ot aucune droite cause par quoi tu deus savoir que il te
                                convenoit cele chose rendre moi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.6} <hi rend="i">Paulus. Certum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Certaine chose est que l’en doit savoir quele est la chose et conbien
                                grant qui est obligie, ou que l’en die le non de la chose, ou que
                                l’en die monstrance qui vaille non. ¶ Car Pedius dit que ne
                                mon[65rB]te rien se la chose est apelee par propre non ou s’ele est
                                monstree à doi ou par moz de injure&#160;; si que l’en die tex moz
                                par anviron que bien vaillent le non de la chose demandee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.12} <hi rend="i">Pomponius. Si a furioso</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu anpruntas de aucun hors dou seu deners et tu cuidoies que il
                                fust sages et tu les mez en ton preu, ¶ Julianus dit que le desvé a
                                la demande&#160;; car de celes causes moismes que l’en nos fet
                                gaignier senz nostre seu, par celes meismes gaaigne li desvez. ¶ Et
                                se cil qui fist creance au serf commaince à estre desvé, et le serf
                                met cele chose en preu au seignor, l’en la puet demander en non au
                                serf. Et se aucun cret autrui deniers et enprés est desvé et cele
                                pecune est perdue, l’en la puet demander por le desvé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.16} <hi rend="i">Paulus. Si socius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li compoinz presta sa propre pecune, il acroit, tot ne s’acordent
                                pas à ce li autre. Et s’il preste dou commun, il ne l’acroit mie se
                                li autre ne s’i acordent, car il ne fet prest que de sa partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.17} <hi rend="i">Ulpianus. Cum fili</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant fiz qui est en bau preste son jornel quant il estoit à Rome à
                                escole, Scevusla dit que l’en li doit aider.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.18} <hi rend="i">Idem. Si ego</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te baille deniers, ausi comme se je la te vosise doner, tu les
                                prenz, ¶ Julien dit que ce n’est mie don. L’en doit voir se c’est
                                prest&#160;; et je cuit que ce n’est mie prest et que li denier ne
                                sont pas à celui qui les reçoit, car il les prant en autre cuidance.
                                Et par ce, s’i les despent tot, les li puisse l’en demander, il se
                                porra deffandre de barre de tricherie ; car segont la volenté à
                                celui qui fist le don li denier sont despendu. ¶ {1} Car se je, ausi
                                comme se je te baille en garde de don, tu le pranz comme prest, ce
                                n’est ne garde ne prest. ¶ Ausi est se tu enpruntes deners et je les
                                pris en prest por ma besoigne fere. En l’un cas et en l’autre, je
                                les puis demander sanz mestre barre encontre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.23} <hi rend="i">Affricanus. Si eum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je porsie le serf qui t’est lessié, ausi comme s’il me fust
                                lessié, et je le vent, s’il est mort il n’en puet demander le pris,
                                ce dit Julien, se je i ai gagné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.26} <hi rend="i">Idem. Si pecuniam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li procurators au chevaler presta deniers et il en prent plege,
                                par col exemple se tutor d’orfelin ou cil qui a la cure [65vA] de
                                valet et il promet à rendre l’argent de l’un et de l’autre, acordé
                                fust que il l’en donast aucion au chevaler à qui furent li
                                denier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.27} <hi rend="i">Idem. Civitas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Citié puet estre engagie par prest se li denier sont torné an preu de
                                la cité&#160;; si que non cil qui reçut l’argent non pas par la cité
                                i seront tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.28} <hi rend="i">Gaius. Creditor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li creanciers à qui l’en ne baille pas sofisant gage puet demander
                                que l’en li baut gage qui vaille la dete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.29} <hi rend="i">Paulus. Si insti‹tu›torem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si li sires ot serf marcheant, Julien dit que l’en puet o le serf
                                ausi pledier comme o celui par qui il moine la marchandise, qui a
                                cel ofice<note>ofice] <emph>ancis</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Si institorem servum dominus habuerit, posse dici
                                        Iulianus ait etiam condici ei posse, quasi iussu eius
                                        contrahatur, a quo praepositus sit</emph></note>.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.33} <hi rend="i">Modestinus. Principalibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est establi ou commandemant à princes, que cil qui governe la
                                province ne que cil qui à aus vienent ne marchandet ne que il ne
                                prestent ne que il ne seent userier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.35} <hi rend="i">Modestinus. Periculum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le peril des choses apartient à celui par qui cope l’en puet prover
                                que la chose est enpiree.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.1.38} <hi rend="i">Scevola. Respiciendum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit regarder combien il a en la nature des homes savoir se la
                                chose puet estre deuee.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head type="gp">X. De seremant volunterif ou fet par droit ou par besoing <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 12, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de
                                    Jurejurando, sive voluntario, sive necessario, sive
                                    judiciali.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.1} <hi rend="i">Gaius. Maximum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tres grant remede de delivrer plez fu miste en usage quant religion
                                de serment fut controvee, par quel religion li contenz de seremant
                                sont otez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.2} <hi rend="i">Paulus. Jusjurandum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Seremant contient senblance de pez, et a greignor autorité que chose
                                juigiee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.3} <hi rend="i">Ulpianus. Ait pretor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz dit&#160;: se cil à qui l’en pledoie jure a la volenté à
                                son aversere. Et «&#160;cil qui jure&#160;» nos devon savoir que
                                c’est reus ; ne l’en n’i mest mie por noiant ce qui est dit desus
                                «&#160;à la volenté de son aversere&#160;», car se reus jure et nus
                                ne li commande, li prevoz ne li fera pas valoir celui
                                seremant&#160;; car lors ne jure reus que à soi. Car s’il estoit
                                issi, chascun jureroit à la volee et se delivreroit par ce de ce que
                                l’en li demanderoit. ¶ {1} Ce queconques aucion aucun est tret en
                                plet, s’il jure, li seremanz li vaudra se le plet est en persone ou
                                en chose, ou en fet, ou d’etrive, ou de defense, ou de qui tu vodras
                                aucion. {2} Et se l’en jure de l’estat d’au[65vB]cune persone, si
                                comme s’il est franc ou cuvert, li prevoz fera valoir le
                                seremant&#160;; ausi comme je lessoi le seremant sor toi et tu juras
                                que tu n’estoies mie en mon poer, li seremanz sera tenuz. ¶ {3}
                                Marcellus moismes dit que l’en puet jurer savoir se la feme est
                                grosse ou non, et l’en en trera le seremant. Et oncore dit il, se li
                                contez estoit de la possession, il convient garder le seremant se la
                                feme veust estre mise en sesine comme grosse, et se l’en li
                                contredit, ele jurra que ele estoit grosse, ou l’en fist seremant
                                contre lui&#160;; et se ele le jure, ele ira en la sesine sanz nule
                                peor&#160;; se l’en jure encontre lui, ele n’avra pas la sesine, tot
                                soit ele grosse. Et Marcellus dit que li seremanz vaudra à la feme
                                que el ne soit trete en plet, ausi comme se ele est mise en la
                                sesine en non de son ventre par cause de chalonge, que l’en ne li
                                face force en la possession. ¶ L’en doit voir se li seremant vaut
                                dusque la, se l’en fet enqueste enprés ce que li enfes est nez que
                                il est fiz ou s’il ne est pas fiz à celui à qui l’en dit. Marcellus
                                en parle et dit que l’en en doit enquerre la verité, car le seremant
                                de l’autre ne vaut ne ne nuit à l’autre. Et le seremant à la mere ne
                                vaudra rien à l’enfant, ne ne nuira se la mere lesse jurer que ele
                                n’est pas ençainte de celui que l’en dit. ¶ {4} Puis que l’en let
                                seremant sor autre, il convient que il jure&#160;; autremant vet se
                                je te lessoie sor toi à fere le seremant par si que tu jurasses par
                                Deu, et tu juras par ton chief <hi>{*12.2.4}</hi> ou par celui à tes
                                fiz, <hi>{*12.2.5}</hi> cest seremant ne vaut riens. Et se je requis
                                que tu jurasses par ton salu et tu juras issi, le seremanz sera
                                tenables&#160;; car tot seremant qui loit à fere par qui aucun i
                                    est<note>i est] <emph>niest</emph> dans le ms., cf. lat. <hi
                                        rend="i">per quod voluit quis sibi iurari, idoneum
                                    est</hi></note> que l’en jure est convenables. Et se l’en jure
                                issi, li prevoz li fera tenir. ¶ {1} Li enpereor dit que seremant
                                qui est fez par fauseté n’est pas tenables. {2} Quant li seremanz
                                est fez, l’en ne demande autre chose ne mes que la plainte remaigne,
                                car assez est prové quant l’en a juré. ¶ {3} Et se aucun commande à
                                jurer seremant qui n’est pas tenables ne bon à fere, veon se l’en le
                                doit tenir, ausi comme se l’en n’eust mie juré. Et je cuit que l’en
                                doit dire que il ne vaut rien [66rA]. {4} Et se l’en a juré, et li
                                seremanz n’est lessiez, autant vaut comme se l’en n’eust onques
                                parlé&#160;; et s’il enprés prest de jurer, le seremant ne li vaudra
                                rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.10} <hi rend="i">Paulus. Quia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quar ce que autres font ne doit pas nuire as autres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.14} <hi rend="i">Paulus. Quotiens</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À totes les foiz que l’en jure por chose, l’en ne perdone tel
                                seremant ne à pere ne à patron&#160;; et por la chose demande l’en
                                le seremant, ausi comme de creance de deniers que li autors dit que
                                l’en les li doit, ou reus jure que il ne les doit mie. Ausi est
                                quant l’en demande seremant de deners à termez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.15} <hi rend="i">Idem. As personas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il convient que l’en envoit à fere le seremant à nobles persones en
                                lor mesons et à cex qui sont foibles.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.17} <hi rend="i">Paulus. Jusjurandum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le seremant qui est lessiez par convent hors de jugement ne puet
                                l’autre partie renoier à l’autre. ¶ {1} Li orfelin par l’autorité au
                                tutor puet bailler le seremant à l’aversaire&#160;; et s’il le fet
                                sanz tutor, il avra barre por soi, mes l’en dira contre la barre que
                                li orfelins n’a pa poer de l’aministracion des choeses. ¶ {2} Se
                                tutor tant com il a le bau, ou curator qui garde un hors do sen,
                                envoie à l’aversere le seremant, il doit estre estable, car il
                                pueent la chose alienier et recevoir les detes et pledoier por cex
                                qui ont en garde et en cure. ¶ {3} Se li procurators lesse le
                                seremant, il doit estre tenuz s’il a ministracion de toz les biens,
                                ou se l’en li a mandé especiaument ou s’il est procurator en sa
                                chose moismes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.23} <hi rend="i">Gaius. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li sers jure que ses sires ne doie riens, li sires doit avoir
                                excepcion&#160;; et bien se gart li averseres qui lessa le seremant
                                sus le serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.26} <hi rend="i">Paulus. Qui iurasse</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun a juré ne monte rien s’il est male ou femele ou de quel age
                                il soit, car li seremanz doit estre gardez en totes menieres contre
                                celui qui se tint apoiez quant il le lessa fere&#160;; tot soit il
                                veü que li menor se parjuret, car il n’est pas aparissant que il
                                deceue son aversaire à son esciant. ¶ {1} Se li peres jure que li
                                filz ne doit pas ce que l’en li demande, Celsius dit que li peres et
                                li fiz doivent avoir excepcion dou seremant. ¶ Se li peres jure que
                                il n’i a point de chatel, li fiz porra estre trez en plet s’il a
                                enprés rien gaignié, et [66rB] li peres sera trez en plet que il
                                rende reson dou chetel qui est enprés conquis. ¶ {2} Convenance de
                                seremant puet estre por numbre comme de renouveler convenance, de
                                lessier et de joster de tot<note>tot] <emph>tort</emph> dans le
                                    ms.</note> à autre, car ce vient de la convenance, tot et il
                                senblant de plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.27} <hi rend="i">Gaius. Iusiurandum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Seremant vet en leu de poie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.32} <hi rend="i">Modestinus. Iusiurandi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Menor ne puet fere grace à autrui de seremant lessier sor lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.33} <hi rend="i">Ulpianus. Qui per salutem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui jure par son salu, tot soit il veü que il jure par Dé, au
                                regart de la divinité il jura issi. Mes se li seremanz est mis sor
                                lui si especiaument et jurast par son salu, n’est pas aparissant que
                                il et juré&#160;; et por ce convient il que il jure solempnelmant de
                                chief.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.37} <hi rend="i">Ulpianus. Si non fuerit</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui mist le seremant sor l’autre ne l’est quite, et l’en ne
                                jurra pas de calumpnia, l’en ne li doit pas doner aucion ; car bien
                                si gart cil qui choisi à avoir le seremant qu’i n’avra pas avant
                                « de calumpnia », qu’i fut senblant que cil li vosist pardoner.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.2.38} <hi rend="i">Paulus. Manifeste</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Grant vilenie est et en ausi comme chose coneue quant l’en ne veaut
                                jurer ne lessier le seremant à son aversere.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head type="gp">XI. De convenances fetes don la cause n’est pas segue <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 12, tit. 4&#160;: <hi rend="i">de
                                    Condictione causa data, causa non secuta.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {12.4.1} <hi rend="i">Ulpianus. Si ob rem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en done deniers por fere chose qui est honeste, que autre fust
                                mis hors de ban, ou que le serf fust franchi, ou se l’en lesse le
                                plet, se la chose est segue, l’en ne puet les deniers redemander. ¶
                                {1} Se je te done .x. solz por la convenance tenir, et de maintenant
                                je la lesse por l’eritage demander ou les lés, ‹…›.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.4.3} <hi rend="i">Ulpianus. Dedit tibi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je te done ma peccune que l’en ‹n’› alast en plet&#160;; je demant,
                                se je puis demander la se l’en ne me done caucion que l’en jauge, se
                                l’en ne me promest que l’en jauge. Et il est voir que il ja fiert
                                mult savoir se je donoi l’argent solement por ce que l’en ‹n’› i
                                alast, ou se l’en me doit prometre que l’en ‹n’› i irra<note>irra]
                                        <emph>urra</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>non
                                    iri</emph></note> pas, la condicion cesse tant comme l’en ‹n’› i
                                vet. ¶ {1} Ausi sera se je te done .x. solz por franchir Tebert, et
                                segont ceste devise l’en porra redemander ou deffendre le. ¶ {2} Et
                                se je te done .x. solz por franchir Tebert, se tu ne le fes je le
                                puis demander [66vA], et se je m’an repant, je le puis lessier. {3}
                                Et se je lesse doing ci issi que cil fust franchiez dedanz certain
                                tens, se li tens ne passe, je ne le puis demander se je ne m’en
                                repant ; et se li tens passe, je le puis demander. Et se Tebert se
                                muert, l’en demande se je le puis demander. Et Proculus dit que s’il
                                muert enprés celui tens que il puet estre franchiz, l’en puet
                                demander ce que l’en m’a doné, se non non. ¶ {4} Et se je ‹ne› te
                                donoi por franchir celui et tu voloies bien que je te donasse, tu
                                avras contre moi aucion&#160;; c’est que tu me poeras demander ton
                                loier, tot soit celui mort que tu franchis. ¶ {5} Se franc home qui
                                me servit en bone foi me done deniers que je le franchise, et je le
                                fet ou faz, et enprés est prové que il est franc, l’an demande s’il
                                me puet demander l’argent. Et Julianus dit que oïl. Neraces reconte
                                que Paris Pantomimus redemanda à Domicia fille Neron .x. besanz que
                                il avoit donez por soi franchir, et les li fist li juige avoir, ne
                                ne fust il pas demandé s’ele prist l’argent s’ele savoit que il fust
                                franchiz. ¶ {6} Se aucun comme franc me done .x. besans, comme l’en
                                ne li eust pas commandé, que il donnat .x., Celsus dit. {7} Se le
                                serf à qui l’en commanda que il rendist .x. besans à l’oir et que il
                                fust franc, et fust franchi puremant, et ce serf ne set rien et done
                                à l’oir .x. besans, l’en demande s’i les puet redemander. Et il dit
                                que Celsus ses peres cuide que il n’es poist pas redemander. Mes
                                Celsus, qui est sis filz, qui est ameuz par naturel equité, cuide
                                que il les puisse redemander. Et ceste sentence est la plus veroie,
                                ja sé ce que l’en sache bien, si comme il dit, que cil face le don
                                par tel esperance que il en cuida estre guerredoné de celui qui le
                                prist, ou qu’i l’en amast plus ; et par ce ne pot il redemander s’i
                                n’est deceu par fause opinion. {8} Et oncore an parle il plus
                                sotivement, savoir se cil qui fist le don cuida que il fust franc,
                                ne li denier ne sont pas à celui qui les reçut, por ce que il bailla
                                les deniers à celui qui estoit heir non pas ausi comme siens, qui
                                estoent plus siens que à celui qui les renda enprés la franchise qui
                                avenoit à celui par le testamant. Et je cuit, s’i le fist par tel
                                corage, li denier ne sont pas sien ; car quant je te baille mes
                                deniers au [66vB] si comme tiens, li denier ne sont pas tien. ¶ Et que
                                sera s’il ne done les deniers à l’oir mes à autres à cui il cuida
                                que il fust commandé&#160;? S’il i dona les choses propres, li
                                denier ne furent plus à celui qui les reçut&#160;; et se un autre
                                les bailla por lui, ou s’il les bailla et il est franchiz, li denier
                                sont à celui qui les prant. {9} Tot soit il ostroié à celi qui vee
                                estre franc doner deners por acomplir la condiction, se li hers
                                veust, il puet les deniers sauver&#160;; car il puet deffandre que
                                il ne les baille. Et issi sera fet que cil qui est serf sera franc,
                                ausi comme la condicion fust acomplie à qui l’en deffendi que il
                                n’obeist mie, et li denier ne seront mie perdu. Mes celui à qui fu
                                fez le testamanz qui vodra prandre, avra aucion de fet contre l’eir
                                por fere la volenté à celui qui fist le testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.4.6} <hi rend="i">Idem. Si extraneus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si un estrange dona doere por la feme, et fist convent que en quelque
                                meniere li mariages fust feniz li doeres li fust randuz, ne les
                                noces ne furent segues, por ce que tant solemant fut fet convenz de
                                cez cas qui sequent le mariage, eles ne furent pas fetes, l’en
                                demande à qui avient la condiction, ou à la feme ou à celui qui fist
                                le doere. Et il est senblant à voir, en cest quas se doit garder car
                                quant la cause n’est segue il puet demander son don que il fist por
                                le doere quant le mariage ne fust complez, se la feme ne mostre par
                                bones proves que il eust fet plus por la feme que por lui. {1} Et se
                                li peres done por la fille, et issi est en convent, se l’en ne motre
                                que autrement soit fet, Marcellus dit que li peres puet demander ce
                                que il a doné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.4.12} <hi rend="i">Julianus. Cum quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant aucun en sa maladie fet don et quant il garist le veaut
                                rapeler, il puet demander les fruiz des choses donees, et les anfanz
                                et quanque il apartient à la chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.4.14} <hi rend="i">Paulus. Si procuratori</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en rent à faus procurator chose qui n’est pas deue, l’en ne puet
                                demander rien au procurator se li sires tient à fet&#160;; mes li
                                sires en est tenuz, si comme Julien dit. Et se li sires n’eust à
                                fet, tot fust la peccune rendue, l’en la poist demander au
                                procurateor&#160;; et ce qu’est baillié n’est pas demandé comme
                                chose qui n’est pas deue, mes ausi comme ce qu’est doné por chose
                                qui n’est mie fete, por ce [67rA] que l’en a mie ferni ce que a esté
                                fet ou se le procurateor a fet larrecin de peccune qui n’ot mie,
                                l’en puet o lui pledier de larrecin et demander la li.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head type="gp">XII. De convenance qui est fete par lede cause et par tort <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 12,
                                tit. 5&#160;: <hi rend="i">de Condictione ob turpem vel injustam
                                    causam.</hi> — La seconde partie reproduit, mais avec des
                                variantes et des additions, plusieurs des lois traduites dans la
                                première.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.1} <hi rend="i">Paulus. Omne</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tost ce qu’est doné est doné ou por chose ou por cause, et por chose
                                ou bele ou lede. Je di lede quant il a ledure devers celui qui la
                                done non pas devers celui qui la reçoit, ou non pas devers celui qui
                                la reçoit ne devers celui qui la done, ou de l’un ou de l’autre. ¶
                                {1} Ce qu’est doné por chose honeste pot issi estre redemandé se la
                                chose n’est fete por qui li fez fu fez. {2} Et se cil qui reçoit la
                                chose la prant par lede cause, puet l’en demander le don.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.2} <hi rend="i">Ulpianus. Ut puta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi comme je te done aucune chose que tu ne faces sacrilege ne
                                larrecin, ne que tu ocies un home&#160;; et en ceste maniere, ce dit
                                Julien, se je te done que tu n’ocies home, l’en le puet demander.
                                {1} Et se je te done et se je te demande por rendre moi la chose qui
                                est ches toi mise à garder, ou que tu me rendisses unes letres. {2}
                                Et se je te donoi que tu donasses sentence por moi et que tu feisses
                                ma cause bone, l’en ne puet ce don rapeler. Cil est a crime, car il
                                corront le juige&#160;; et issi le doit l’enpereor et dit que il
                                doit perdre la querele.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.3} <hi rend="i">Paulus. Ubi autem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et la où il a ledure devers celui qui done et qui prent, nos dison
                                que il ne le puet rapeler&#160;; ausi comme se l’en done deners por
                                juiger malemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.4} <hi rend="i">Ulpianus. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et ausi est se l’en done deners por fotre, ou se aucun qui est pris
                                en avotire ‹se› soeet rent ; il n’en puet rien demander, si comme
                                Sabinus et Casius distrent. {1} Et s’il done loier que li lerres
                                ‹ne› fust en cause, por ce que il a honte de ça et de la, il ne puet
                                demander ce que il en a doné. ¶ {2} À totes les foiz que la honte
                                est à celui qui prent, Celsus dit que l’en li puet demander, ausit
                                comme se je te done que tu ne me faces tort. {3} Mes ce que l’en
                                done à putein ne puet estre demandé, si comme Labeon et Marcellus
                                dient&#160;; et c’est par bone reson, non pas por ce que anbedui i
                                aent honte, mes solement cil qui done. Cele i a honte en ce que ele
                                est putein, mes ele n’a pas honte de [67rB] prendre tot soit ele
                                putein. ¶ {4} Se je te done loier por juigier mon serf furtif, ou
                                celui qui m’a amblé ma chose, je ne puis mon don demander, car tu
                                n’eus pas honte ou recevoir le. Et se mon serf fuitif te done loier
                                que tu ne li vuasses, je te puis demander ce comme à larron. Et se
                                li lerres prant droit devant moi, ou li compoign au lerre, ou li
                                fuitif, et il done, je cuit que l’en le puet demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.5} <hi rend="i">Neracius. Si a servo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun prist loer de mon serf que il ne deit le larrecin que il
                                avoit fet, s’il le dit ou s’il non dit, Proculus dit que l’en puet
                                demander le don.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.6} <hi rend="i">Ulpianus. Perpetuo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Sabinus loie toz jorz les ancienes en ce qu’i cuiderent que se
                                aucunne chose est donee à aucun par mauvese cause l’en la puet
                                demander&#160;; et Celsus s’acorde à ce.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.7} <hi rend="i">Ponponius. Ex ea</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se peccune est eue de promesse qui est fete à force, l’en la puet
                                demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.8} <hi rend="i">Paulus. Si ob turpem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu as promis à Tebert por lede cause, s’i demande la promesse, tu
                                as contre lui barre de tricherie ou aucion de fet&#160;; et se tu li
                                renz, tu ne puez redemander lo, car la cause de la promesse est
                                ostee, qui estoit nule por la excepcion se l’anciene cause
                                remoinssist, c’est à dire la honte. Et s’il i ont honte cil qui
                                prent et qui done, cil qui tient et est sesiz en a le meillor&#160;;
                                ne li autres ne puet demander, tot soit le don rendu par la
                                promesse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.5.9} <hi rend="i">Idem. Si vestimenta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te preste robe à user et enprés la te bailloi que tu m’en
                                rendisses le pris, je le porroi bien demander&#160;; tot soi il doné
                                por la chose et la cause soit segue, le don est fet avant
                                vileinement. ¶ {1} Se tu reçoit chose loee ou vendue ou commandee
                                que tu en rendisses à moi l’argent, j’avré contre toi aucion de
                                loage ou de vente ou de mandemant. Et se tu me renz ce que tu me
                                devoies dou testemant ou de promesse et je te rant la peccune, l’en
                                puet solement demander la peccune qui fu donee en celui non&#160;;
                                et issi le dit Pomponius.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johans de
                                Beaumont</ref> dit&#160;: Tot ce qu'est doné (<emph>est
                            donné</emph>), por chose ou por cause&#160;: por chose ou bele ou
                            lède&#160;; ou por cause ou bele ou lède. <pb n="156"/>Je di lède, quant
                            il i a lédure devers celui qui la done, non pas devers celui qui la
                            reçoit, ne devers celui qui la done, ou de l'un ou de l'autre. Ce qu'est
                            doné por honeste chose puet issi estre redemendé, se la chose n'est fete
                            porquoi li dons est donez. Et se cil qui reçoit la chose la prent por
                            lède cause, tost soit fete la chose, puet l'en demander le don.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Ausi com se te done aucune chose que tu ne faces sacrilége, ne larrecin,
                            ne que tu n'ocies un home&#160;: et en ceste menière, ce dit J.&#160;:
                            Se je te done que tu n'ocies home, l'en te puet le don demander. Et se
                            je te done por moi rendre la chose qui est sor toi mise en garde, ou que
                            tu me rendes unes letres&#160;; et se je te donoi que tu donasses
                            sentence por moi et que tu me feisses ma cause bone&#160;: l'en ne puet
                            ce don rapeler&#160;; car cil a crime qui corromp le juige<note>Dig.,
                                lib. 12, tit. 5, frag. 1 et 2.</note>. Et là où e lédure (<emph>est
                                lédure</emph>) devers celui qui done et devers celui qui prent, nos
                            dison qu'il ne puet ce don rapeler&#160;; ausint com si l'en done deners
                            por juigier malement. Et aussi se l'en done deners por f..... une feme
                            et il la f..., et se aucun qui est pris en avotire se réimt, il ne puet
                            ce don redemender, ce dit J.&#160;; ou se il done deners por quoi uns
                            lerres ne fust encusez<note>Ibid., frag. 3, 4, pr., § 1.</note>. A totes
                            les foiz que la honte est à celui qui prant, l'en li puet le don
                            redemender&#160;: ausint com se je te done que tu ne faces tort. Mès ce
                            que l'en done à putein ne peut estre redemendé&#160;; et c'est par bone
                            réson, non pas por ce que endui i aient honte, mès solement cil qui
                            done&#160;; ceste i a honte, en ce qu'ele est putein, mès ele n'a pas
                            honte en prendre, tot soit-ele putain<note>Ibid., frag. 4, § 2,
                                3.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Se aucuns a promis por lède cause, et il n'ait randu, il a barre contre
                            celui qui demende&#160;; quar la chose de la promesse est ostée qui
                            estoit nule por l'escepcion<note>Ibid., frag. 8.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Uns demandoit vingt livres, et disoit qu'il les avoit donées por lède
                            cause, por ce que cil a qui il les avoit donées n'oceit un home, et
                            c'estoit à prover et à avérer par soi et par garanz, qu'il avet seu et
                            veu la promesse fere et les deniers poier. Li copables fet encontre lui
                            tel ni et tel deffense comme il doit. L'en demande qu'an dit droit. Et
                                <pb n="157"/>l'en dit qu'en tel chose n'a point de gage&#160;; car
                            en tel chose n'a que servise (<emph>sormise</emph>), et li chois de la
                            prave est à celui qui l'en demende.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head type="gp">XIII. [67vB] De aucion de chose que l’en ne doit mie <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 12,
                                tit. 6&#160;: <hi rend="i">de Condictione indebiti.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.1} <hi rend="i">Ulpianus. Nunc videndum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Or devon voir de chose qui n’est pas deue<note>deue] <hi rend="i"
                                        >desue</hi> dans le ms.</note> que l’en rent. {1} Et se
                                aucun rent chose que il ne doit mie, et rien n’an set, il la pot
                                demander par ceste aucion&#160;; s’il la rendi, et savoit, cil qui
                                reçut que il ne la devoit mie ‹...›.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.3} <hi rend="i">Papinianus. Idem est</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi est si novele cause est don l’en ne savoit rien de tot
                                l’eritage&#160;; ausint comme un enfant nest anprés la mort au pere
                                que li hers ne savoit pas que la mere fust enceinte, ou se li autres
                                enfant qui estoit en guerre revient que li peres disoit fausement
                                que il estoit morz. Il convient doner bones aucions au fiz qui nest
                                enprés la mort au pere, ou à l’autre qui gaaigne l’eritage contre
                                cex qui ont eu les lés. Ticius et Antoninus enpereors distrent que
                                cil qui tient l’eritage en bone foi est tenuz de tant comme il a
                                plus gaignié que le peril de ceste chose ne remoinge à celui qui
                                randi la chose sanz sa colpe.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.5} <hi rend="i">Ulpianus. Nec novum est</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>N’est pas nouvele chose se un autre demande ce que autres a
                                poié&#160;; car comme cil qui n’a .xxv. anz quant il a demandé
                                l’eritage et les lés renduz nicement est mis en point qui estoit
                                avant, il ne puet demander ce que il a rendu, mes cil à qui la chose
                                apartient les puet demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.7} <hi rend="i">Ponponius. Quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce qu’est rendu por niceté qui n’estoit pas deu, ce puet estre
                                demandé ou autretant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.8} <hi rend="i">Paulus. Quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que un autre rent à la feme en non do mari qui ne puet rendre, il
                                ne le puet demander, car la dete est à la feme.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.12} <hi rend="i">Paulus. Si fundi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te done l’usage et lo fruit de mon champ qui quidees fausement
                                que je le te deusse, et je muir avant que je le te demande, la
                                demande de cestui passe de cex en celui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.14} <hi rend="i">Ponponius. Nam hoc</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car c’est lëauté et nature que nus ne doit estre riches d’autrui
                                domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.15} <hi rend="i">Paulus. Indebiti</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La demande de solte qui n’est pas deue est naturel&#160;; et tot ce
                                que apartient à sote puet estre demandee, si comme li enfes qui nest
                                de la serve, ou ce que creue d’eve a amené en mon [68rA]
                                champ&#160;; et les fruiz, se cil à qui la sote est fete l’a pris en
                                bone foi, sont demandables. {1} Et se l’en rent autrui deniers, l’en
                                les puet demander si que l’est en et la sesine&#160;; ausi comme se
                                je cuide fausement que je te doie la sesine d’aucunne chose et je la
                                demandasse. ¶ Et se je fis la possession toe, si que ele ne puet
                                estre rapelee par lonc tens, tot puisse je pledier à toi par droit
                                par ce que je te rendi chose que je ne te devoie mie. {2} Et se li
                                fruiz et li usages qui estoit autrui est rendu o la chose, je la te
                                demanderoi hors l’usage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.16} <hi rend="i">Ponponius. Sub</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en rent par niceté chose qui estoit deue par condicion, ele puet
                                estre demandee tant comme la condicion pent&#160;; et quant ele est
                                avenue, l’en ne la puet demander. {1} Et ce que l’en doit à jor
                                nomé, ne puet estre demandé dusque le jorz soit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.23} <hi rend="i">Ulpianus. Eleganter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponpes demande trop bien, se aucuns cuide que pez soit fete de celui
                                qui est heir ou de celui qui est procureor, et il done por
                                cele pez qui n’est mie fete, l’en demande se l’en le puet
                                redemander. Et il dit que oïl, car il est donez por fause cause.
                                Ausi cuideré dire se la pez n’est fete por qui le don est fet&#160;;
                                et se la pez est depecee, ausi en doit l’en dire. ¶ {1} Se aucun fet
                                pez aprés chose juigie et il rent, il porra redemander par ce que
                                acordé est que la pez est nule&#160;; et ce dit li enpereor. Et ce
                                puet estre retenu en la cause dou juigement qui a esté rendu por
                                cele pez.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.24} <hi rend="i">Idem. Si his</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui se puet deffendre de pardurable barre, qui savoit bien que
                                la barre li avoit mester, promest aucunne chose por soi delivrer, il
                                ne la porra pas redemander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.31} <hi rend="i">Idem. Is qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui par niceté rent plus que l’eritage ne se monte an creancer,
                                puet demander ce que il a rendu comme ce que il ne devoit mie. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.32}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{2} Se la feme est en tele opinion que ele croit que ele est obligie
                                por le doere quanque le rendra por le doere, ele ne porra
                                redemander&#160;; quar quant la fause opinion est otee, ce qu’est
                                rendu ne puet estre redemandé, ainz remoint por cause de pitié. ¶
                                {3} Cil qui promist home generaument est ausi comme cil qui doit un
                                home ou .x. solz. Et par ce, s’il cuida que il eust promist Tibert
                                et le rent, il ne le demandera pas [68rB]&#160;; et s’il rent un
                                home que tu vodras, il sera delivrés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.44} <hi rend="i">Idem. Repeti‹ti›o</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La demande nest nule de celui qui reçoit la soe chose&#160;; et
                                totesvoies, se autres les rent que cil la devoit veroiment, cil la
                                puet redemander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.47} <hi rend="i">Celsus. Indebitam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tu promeis par mal<note>mal] <emph>mai</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <hi rend="i">per errorem</hi></note> deniers que tu ne
                                devois mie&#160;; cil qui plevi por toi la rendi. Je cuit que se li
                                plege rent en ton non tu en est tenuz à lui, ne il ne convient pas à
                                randre se tu l’as estable ou non&#160;; car tu li peus mander qu’i
                                les rendist en ton non. Et se li plege les rent en son non que il ne
                                devoit pas fere, il les puet demander par ce que il rendi ce que il
                                ne devoit mie&#160;; et il porra demander par ton commandemant à
                                celui à qui il rendi s’il ne mest barre contre celui qui demande par
                                non sachance.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.48} <hi rend="i">Idem. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui promist à doner .x. solz s’il fesoit aucunne chose, ou se
                                aucunne chose est fete, s’il rent ce que il promist avant que la
                                chose soit fete, ‹...› que il a promis, et par ce les puet il
                                redemander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.49} <hi rend="i">Modestius. Hiis solis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À cex puet l’en demader la peccune à qui ele est rendue en quelque
                                meniere, non pas à cex qui ele profite.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.6.50} <hi rend="i">Pomponius. Quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que aucun rent par si que il savoit que il ne devoit mie la chose
                                et par corage que il la redemandast, il ne la pot redemander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>De aucion de chose que l'en ne doit mie, et comment l'en la puet
                            demender, nos devon voier. Se aucun rent chose qui n'est pas deue, et
                            riens n'en siet, il la puet redemender.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Se aucuns enfes est au ventre sa mère et ne set l'en pas que il i soit,
                            l'en puet redemender le héritage, qu'il sera rendu à autre qui se fera
                            heir. Ausint est se aucuns est heirs (<emph>hors</emph>) dou païs, et
                            l'en cuide qu'il soit morz et revient. Et se aucuns rent por autrui, il
                            ne puet redemender ce qu'il a rendu, tot ne soit la chose à celui&#160;;
                            mès cil por quoi la chose a esté rendue la puet redemender.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Et se mi procurators rent chose que je ne devoi mie, il la puet
                            redemender&#160;; et tutor et curator ausi. Ce qui est rendu par niceté,
                            et n'ière pas deu, puet estre demendé ou autretant<note>Dig., lib. 12,
                                tit. 6, frag. 1, 3, 5, 6, 7.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Un home dit issint&#160;: Cel home me doit dix livres, que je li rendi,
                            que je net li devoie pas&#160;; si les démant, et s'il veust dire que ce
                            ne soit voirs, je suis prez dou prover et de l'avérer, et par moi et par
                            garanz qui en fera ce qu'il devra. Li copables fet encontre tel ni et
                            tel deffense comme il doit. L'en demende qu'an dit droit. Et l'en
                            respont que li demanderes est loisanz de prandre la prove de celui et de
                            son garant, et de conoistre que c'est voirs, ou d'escondire par la soe.
                            Car en tel chose n'a que sormise, comme il n'i oist cause dom il ait
                            bataille, ne chetel&#160;; et est aparissant que l'en ne poie pas
                            volentiers chose qui n'est deue.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <front>
                    <head type="gp">XIV. [68vA] De aucion de chose qui est rendue sanz cause <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 12, tit. 7&#160;: <hi rend="i">de
                                    Condictione sine causa.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {12.7.1} <hi rend="i">Ulpianus. Erit</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La meniere de ceste demande sera tele&#160;: que se aucuns promest
                                sanz cause ou rent chose que il ne doit pas. S’il promest sanz
                                cause, il ne puet pas demander tant comme la chose se monte que il
                                n’a mie rendue, mes il puet demander l’obligacion moismes. {1} Et
                                s’il promet por cause et la cause n’est pas segue, l’en doit dire
                                que l’en puet demander ce que l’en a doné. ¶ {2} Se l’en a promis au
                                commoincement sanz cause ou s’il i ot cause de prometre qu’i n’est
                                pas segue, l’en puet dire que l’en puet demander. ¶ {3} Se aucuns
                                puet demander à autre ce que il a eu sanz droite cause, ou s’i l’a
                                doné por torte cause.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.7.2} <hi rend="i">Idem. Si fullo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li felons baille ses vestemanz à laver et à polir et enprés que il
                                les a perduz il rent au seignor par plet le pris que il valoient, et
                                enprés li sires trove la robe, l’en demande par quele aucion cil
                                puet demander la peccune que il a perdue. Et Cassius dit que il ne
                                puet mie solement pledier ou le seignor de loage, ainz puet demander
                                au seignor ce que il a rendu&#160;; et je cuit que il a aucion de
                                loage. Et l’en demande s’il puet demander cel argent. Car il rendi
                                chose que il devoit, mes que tant i a qui rendi sanz cause&#160;;
                                por ce que la robe fut trovee, puet il demander ce que il i
                                bailla.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.7.3} <hi rend="i">Julianus. Qui sine</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[68vB] Cil qui sont obligié sanz cause ont aucion de chose qui n’est
                                mie certaine, et la puet demander por fere que il seent
                                delivrés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.7.4} <hi rend="i">Affricanus. Nichil</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne monte rien se aucunne chose est donee au commoincement sanz cause
                                ou se la cause por quil ce fust promist ne fu pas segue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {12.7.5} <hi rend="i">Papinianus. Avunculo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cele qui se devoit marier dona à l’ome peccune en doere, ne ne se
                                maria pas&#160;; l’en demande s’ele puet cel argent demander. Je dis
                                por la ribauderie de cele qui done et de celui qui reçoit, se li
                                denier sunt numbré l’en ne les pot demander&#160;; et en tel jeu en
                                a le meillor cil qui tient. Et segont ceste reson aucun dit que la
                                feme ne puet demander rien de cele chose&#160;; mes je cuit que la
                                chose n’est pas lede, car ele ne fu nule, car li doeres fu nul comme
                                cele peccune fu donee por mariage non pas por fotre. ¶ {1} La
                                marrastre au fillastre, la bruz au serorge, donerent peccune en non
                                de doere, ne il n’i ot point de noces&#160;; il est veü que il n’i a
                                point de demande, car entre tex persones lor assenblee est nule car
                                il i a avotire&#160;; et plus, et por ce que il n’i ot point de
                                cause de doere, l’en le puet redemander s’il est doné.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <pb n="158"/>
                <front>
                    <head type="gp">XV. De aucion de larrecin <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 13, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Condictione furtiva.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {13.1.1} <hi rend="i">In re furtiva</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En chose emblee avient la demande au seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.1.2} <hi rend="i">Ponponius. Condicione</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Hors dou seu et anfanz sont obligié de cause de larrecin quant il i a
                                hers, tot ne puisse l’en pledier ou aus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.1.3} <hi rend="i">Paulus. Si condicatur</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si serf est demandez par cause de larrecin, ce doit venir en la
                                demande por conbien cil ne vosist qu’i pledoie&#160;; ausi comme
                                s’il i a heir establi et li sire est apereliez de perdre l’eritage,
                                si comme Julien dit&#160;; et s’il demande un home mort, il le doit
                                avoir ou le pris de l’eritage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.1.4} <hi rend="i">Ulpianus. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se serf ou cil qui est en ba‹n› amble, l’en doit demander au seignor
                                ce que il en a eu&#160;; et por le remoignent, li sires puet doner
                                le serf por le forfet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.1.5} <hi rend="i">Paulus. Ex causa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[69rA] De cause de larrecin puet l’en demander au serf, et nus n’est
                                tenuz de cele demande fors cil qui embla ou li hers.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <front>
                    <head type="gp">XVI. De ce que l’en promet à rendre en leu devisié et en certain
                            <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 13,
                                tit. 4&#160;: <hi rend="i">de Eo quod certo loco dort
                                oportet.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {13.4.1} <hi rend="i">Gaius. Alio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est apparissant que aucun ne puet pas demander chose en autre leu
                                que la où ele fu promise. Et por ce que c’estoit iniquité se cil qui
                                promist ne venist en leu où il avoit promis, s’i le fet à escient ou
                                s’il le convenoit à force estre aillors et por ce ne poet venir en
                                leu, por ce que acordé fust que l’en donast bone aucion en ceste
                                chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.4.2} <hi rend="i">Ulpianus. Arbitraria</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucion arbitrere contient le preu de l’un et de l’autre, tant de
                                l’autor comme de reus. Et se li reus i a domage, la condempnacion
                                sera de moins que li plez ne fust&#160;; ou se c’est à l’autor, la
                                peccune sera creue. ¶ {1} Ceste aucion vient de ceste promesse, ausi
                                comme se tu promez à doner .x. solz à Orliens. ¶ {2} Se aucun
                                pledoie à Paris por .x. solz ou por un home que l’en li promist, il
                                n’an puet pledoier aillors&#160;; que reus ne prende<note>prende]
                                        <emph>perde</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ne auferat
                                        loci utilitatem reo</emph></note> le preu de ce leu. {3} <hi
                                    rend="b">Scevola. Non utique</hi><note>utique] <emph>utis</emph>
                                    dans le ms.</note>. Les choses qui ne sunt pas nomees en
                                promesses ne sunt pas toz jorz am poer au reus, mes ce qui doit
                                estre en la volenté ou n’i doit pas estre, et por ce doit l’en
                                esgarder le leu. ¶ Qui promest Tebert ou Gaubert, il puet choisir
                                qui il rendra ce que il vodra tant comme il vivent&#160;; et puis
                                que li uns est morz, li chois est passez, ne il n’est pas en son
                                chois quant il ne veust rendre le vif qui doit solement. Et por ce,
                                cil qui promist à Paris ou à Orliens, il fust en son chois que il
                                fust demandé la où il vosist, il n’i puet estre enpledié, ainz porra
                                toz jors eslire un autre leu&#160;; et issi avandra il que il sera à
                                son chois s’il doit ou non&#160;; par ce cuide l’en que l’en li puet
                                demander en autre leu sanz nomer le leu, et issi nous devons à
                                l’autor chois de demander. Et Scevola dit generaument que li
                                demandeor doit avoir le chois de la où il demandere ; et
                                    reus<note>reus] <emph>uns</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>reum ubi solvat</emph></note>, de la où il redra,
                                avant la demande. Par ce sera meslé<note>meslé] <emph>mes se</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>Proinde mixta… rerum alternatio
                                        locorum alternationi</emph></note> le change des choses
                                [69rB] au change des leus, et por le besoing fet il chois à l’autor,
                                et por la chose ‹et› por le leu ; si que non il veust tolir l’aucion
                                quant il veust garder au reus s’opinion. ¶ {4} Se aucuns promet à
                                rendre à Paris et à Orliens, il fet que cil en puet demander en ce
                                .ii. leus partie de la chose. {5} Se aucuns promet à fere une meson
                                ne ne dit pas le leu, la promesse ne vaut riens. ¶ {6} Se aucuns
                                promet à rendre .x. solz à Paris, s’il en plede avant le jor que il
                                puisse venir à Paris, il fet que fos, car Julianus cuide que li jorz
                                est entenduz en ceste promesse. Par ce cuide je que ce soit voir ce
                                que Julien dit, que celui qui promet à rendre à Rome et hui promet
                                rendre à Lion, il ne doit rien. {7} Oncor dit Julien&#160;: cil qui
                                promist à rendre à Tebert à Paris, s’il le rent aillors, por ce ne
                                remoint pas que cil ne puisse demander&#160;? Et Julien dit que il
                                n’est pas delivrés et par ce puet il demander son domage. Celsus dit
                                autrement que Julien, et que l’en puet dire, se l’en rent aillors,
                                cil est delivrés, comme il ne reçoive mie cele chose contre ma
                                volenté ne forcie&#160;; pleinement, se cil n’est delivrés, je puis
                                demander tote la dete&#160;; ausit comme se aucun eust fet une meson
                                aillors où il ne promist, il n’est en rien delivrés. Mes il m’est
                                avis que il a difference en rendre peccune et en fere meson, et por
                                ce ne puet demander fors le domage que l’en i a. ¶ {8} Or devon
                                parler de l’ofice au juige de ceste aucion, de la grandor dou
                                marchié, s’il doit monter ou bessier&#160;; que se reus fust à
                                Paris, il eust miauz rendu que la où il fust tret en plet, ci a
                                reson. Julianus segui l’opinion Labeonis et ot ausi la reson à
                                l’autor que il puet avoir aucunne foiz domage se l’en li rendi à
                                Paris. Et ausit doit l’en regarder le preu au demandeor. Et que sera
                                s’i baille peccune à porter et à recevoir la à Paris sor poine par
                                gages et li gages sont vendu et la poine est commise par ta
                                demore&#160;? Ou se aucunne chose est deue à la borse l’enpereor et
                                la chose à celui [69vA] qui fist la promesse est rendue&#160;? ¶ En
                                ce regardera l’en le domage que l’en i a, et outre lëau mesure de
                                usures. Que se cil soloit achetier marchandie, s’il doit demander le
                                gaing que il eust fet&#160;? Et je cuit que il doit avoir reson non
                                pas solement de domage mes dou gaing que il poet avoir eu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.4.5} <hi rend="i">Paulus. Si heres</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui fist le testamant commanda à son heir que il rendist
                                aucunne chose en certain leu, il i avint aucion à plesir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.4.6} <hi rend="i">Ponponius. Aut si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou s’il enprunte deniers por rendre les an certain leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.4.7} <hi rend="i">Paulus. In bone</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucion de achest ou de vente ou de chose baillie à garder est en
                                juigement de bone foi s’il est en convent en marchié que la peccune
                                soit rendue en certain leu, ne aucion à plesir n’i a leu. Et s’il
                                promist à rendre en certain leu, il usera de ceste aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Il est aparissant que l'en ne puet demender chose que là où ele fu
                            promese&#160;; et por ce que c'estoit iniquité que cil qui promist ne
                            venist en leu où il avoit promis, fu acordé que l'en donast bone aucion
                            contre lui.</p>
                        <p>Ceste aucion vint de tel promesse, aussi comme se tu me promeis dix soz à
                            rendre à Orliens, tu ne les me doiz pas rendre à Paris&#160;; car je
                            perdroie le profist dou leu où tu les me devoies<note>Dig., lib. 13,
                                tit. 4, frag, 1, 2, § 1.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Se aucuns promest à rendre à Paris et à Orliens, il fet que l'en li puet
                            demender la moitié à Paris et la moitié à Orliens.</p>
                        <p>Et se aucuns promest à fere une meson et ne dit pas le leu, la promesse
                            ne vaut riens.</p>
                        <p>Se aucuns rent à Paris et il doit à Orliens, l'en ne li puet riens
                            demender&#160;; car il n'i fist pas force ne peur.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Se cil qui fist le testament promist à rendre en certain leu, sis heirs
                            r'est tenuz. Aucion d'achat ou de vente ou de chose baillie, a juigement
                            de bonne foi<note>Ibid., frag. 2, § 4, 5, 7&#160;; frag. 5,
                            7.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Uns promist à rendre à Orliens&#160;; li créanciers dit qu'il promist à
                            rendre à Paris, et l'est prez de monstrer et de l'avérer par soi et par
                            garanz, qui en fere lo tierz plus. Et li detés fet encontre tel ni et
                            tel deffense comme il doit. Et l'en respont que l'en doit regarder où li
                            marchiez fu fez&#160;: s'il fu fez à Orliens, cil qui demende s'en
                            passera, contre le créancier et contre son garant, par sa prove&#160;;
                            s'il fu fez à Paris, li chois de la prove est au créancier&#160;; car en
                            tel chose n'a pas bataille.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head type="gp">XVII. [69vB] De peccune promise à rendre <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 13, tit. 5 et 6&#160;: <hi rend="i">de
                                    Pecunia constituta, et commodati vel contra.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.1} <hi rend="i">Ulpianus. Hec edicto</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz sostient cest ban car il garde les chose establies par
                                acort&#160;; car dure chose est aler contre sa foi. {1} Li prevoz
                                dit&#160;: «&#160;cil qui establi à rendre deniers que il
                                devoit&#160;»&#160;; l’en doit ce issi entendre celui ou cele, car
                                femes sont coneues de rendre ce que il en convenencent s’eles n’ont
                                seignors. ¶ {2} Et tot ne soit il rien dit en cest ban de menor,
                                [et] s’il establist soi à rendre sanz l’autorité au tutor, il n’est
                                pas tenu. {3} Et se cil qui est encor au bau promest à rendre, l’en
                                demande s’il est tenuz. Et je cuit que oïl&#160;; et ausi li peres
                                dou chetel ou fiz. ¶ {4} Cil qui promet vitement quant il veaut
                                prometre que l’en ne li demant rien, il n’en puet pledier&#160;; car
                                il ne le fist pas par corage de establir se il a rendu, mes solement
                                par corage de promestre. {5} Et l’en demande se l’en puet autre
                                chose rendre que cele qui est deue. Mes quant il est acordé que l’en
                                rendist chose por chose, ausi puet l’en rendre autre chose por ce
                                que l’en doit. Et se aucun doit .c. solz et il rent froment au
                                vaillant, ceste rente vaut. ¶ {6} Dete puet estre establie por tote
                                cause, et por chascun marchié certain ou non certain, et se aucun
                                doit argent por aucun achat ou de cause de doere ou de cause de ban
                                ou d’autre marchié. ¶ {7} Dete ou sa nature sofist. {8} Et cil qui
                                est obligiez de aucion non pas de droit de cité est tenu si
                                s’atablist à rendre, quar la dete est aparissant qui est deue. Et
                                por ce, si<note>si] <emph>ses</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>si
                                        constituerit</emph></note> peres ou sires sont obligié de
                                chatel, si s’atablissent à rendre il en seront tenuz jusque tant
                                comme il avoit en chetel quant il fut promis&#160;; et s’il promet
                                plus en son non, il ne sera pas tenuz fors en ce que sera plus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.2} <hi rend="i">Julianus. Quod si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se tu establis à rendre .x. soz ou non dou fiz tot eit en chatel
                                .v., il sera en diz par ce que il si establi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.10} <hi rend="i">Paulus. Idem est</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi est de .ii. qui ont promis quant l’en a enprés promis à l’un et
                                anprés randu à l’autre&#160;; car cil à qui l’en [70rA] a promis
                                doit estre en leu de celui à qui l’en a rendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.11} <hi rend="i">Ulpianus. Hactenus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et dusque itant veudra la promesse se l’en doit ce que l’en promest
                                s’il n’en i a nul qui dee&#160;; ausi comme s’il promest avant que
                                il demant l’eritage au detor ou s’il est pres de randre, Ponponius
                                dit que la promesse vaut par ce que l’argent estoit deuz. {1} Se
                                aucun devoit .c. deners et en promé .cc., il n’est tenuz que de
                                .c.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.13} <hi rend="i">Idem. Sed si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se aucuns devoit .xx., il est tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.16} <hi rend="i">Ulpianus. Si duo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se nos prometons .ii., l’en porra demander tot à l’un. ¶ {1} Et aucun
                                puet establir en certain leu et en certain tens, et il ne puet pas
                                solement demander la où l’en li promist mes aillors par tot. {2} Li
                                prevoz dit&#160;: « s’il est aparissant que cil qui promist n’et
                                rendu, ne qu’i n’et fet gré à celui à qui il doit comme cil fust
                                pret de prandre ». {3} Et s’il ne failli en creancier, li autres est
                                tenuz&#160;; mes l’en doit secorre au detor. ¶ {4} Et les paroles
                                que li prevoz dit «&#160;que se reus ne fist ce que il
                                promist&#160;», savoir se ces paroles apartienent au tens de la
                                promesse, ou se l’en doit regarder le tens que li plez fut entamez,
                                l’en en dote&#160;; et je cuit que les paroles doevent estre
                                raportees au tens de la promesse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.5.19} <hi rend="i">Paulus. Id quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce qu’est deu soz condicion, ou porement, s’il<note>s’il]
                                        <emph>sit</emph> dans le ms.</note> est promis en certain
                                jor, il ne puet estre demandé dusque lors&#160;; et cil est tenuz
                                tant comme la condicion dure&#160;; et s’ele faut, l’une et l’autre
                                aucion faut. {1} Et se cil qui doit porement s’il promet sor
                                condicion, Ponponius dit que l’en doit doner contre lui aucion. ¶
                                {2} Se li peres ou li sires prometent à rendre ce qu’estoit de
                                chatel, le chatel n’apeticera pas por ce que il est ja obligiéz de
                                cele cause&#160;; et soit gasté le chatel, cil n’est pas barré.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.1} <hi rend="i">Ulpianus. Ait pretor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz dit&#160;: je donroi juigement de ce que l’en dira que l’en
                                avra presté<note>presté] <emph>prestre</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>quod quis commodasse</emph></note>. {1} Et
                                l’espelement de cet ban n’est mie grief&#160;: une chose doit estre
                                notee, que qui preste doit fere mencion de prest, et Plaucianus fist
                                mencion de usage. Labeo dit que il a autel difference comme entre
                                generauté ‹…›&#160;; et issi le cuide Cassius et dit que l’en puet
                                prester [70rB] meson à estage. ¶ {2} Cil qui n’ont .xiiii. anz ne
                                sont pas tenuz de prest par ce que l’en ne puet prester à orfelin
                                sanz autorité de tutor. Et s’il a .xiiii. anz et il fet barast ou
                                tricherie en prest, il n’est pas tenuz de ceste aucion, car le prest
                                ne valu rien au commoincement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.2} <hi rend="i">Paulus. Hec in furiosum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne l’en ne doit pas doner aucion de prest en desvé, mes l’en fera la
                                chose monstrer por le chalungier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.3} <hi rend="i">Ulpianus. Sed mihi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et il m’est avis se li orfelins gaigne en la chose prestee, li
                                enpereor dit que l’en donra aucion contre li de prest. {1} Se la
                                chose prestee est rendue peor que ele ne fu prestee, ele n’est pas
                                rendue, puis que ele est enpiree, se l’en ne rent l’enpirement. ¶
                                L’an dit propremant que la chose est randue quant ele n’est enpiree.
                                ¶ {2} En ceste aucion jurra l’en ausi comme en autres causes&#160;;
                                et li tens la chose jugie tant comme la chose vaut sera tenuz, tot
                                soit gardé li tens que li plez fust entamez en plez de droit
                                estroit. ¶ {3} Li heirs à celui qui ot la chose prestee sera
                                enplediez por tant comme il tient, s’il n’a poer de rendre tote la
                                chose et il ne la rent mie&#160;; lors le condempne li juiges a tot
                                rendre. ¶ {4} Se l’en preste à serf ou à filz, l’en pledera solement
                                dou chetel&#160;; et porra aucun pledoier droitement o le fiz ou o
                                le serf. ¶ Et se l’en preste à serve ou à fille, l’en ne plediera
                                que lors chetel. {5} Et li peres ou li seignor ne sont pas condempné
                                solement de barat à ces persones&#160;; ainz dit Julien que li baraz
                                au pere ou au seignor vient environ aucion de gage. ¶ {6} Ce que
                                puet estre gasté par usage ne puet estre presté, se aucun ne le
                                prent por renier ou por mostrer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.4} <hi rend="i">Gaius. Sepe</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en preste deners aucunne foiz por l’amor de celui qui les
                                reçoit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.5} <hi rend="i">Ulpianus. Si ut</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’il est convent que li prez soit renduz en certain leu ou en certain
                                tens, li juiges amesurera l’afere dou leu et dou tens. ¶ {1} Se
                                aucun plede de ceste aucion et il reçoit l’esme que l’en [70vA] li
                                offre, la chose est à celui. ¶ {2} Or doit l’en voir que vient en
                                aucion de prest, savoir se barat ou colpe et se tot le peril&#160;;
                                et en marchiez solement le barat i vient, et aucunne foiz la cope.
                                Barat est ou chose baillie en gar, car cil n’i a nul preu qui l’a en
                                garde&#160;; et par ce i vient tricherie solement s’il n’i a loer et
                                lors i vient la cope&#160;; ou s’il est en marchié mis que s’il pert
                                la chose, que il eit le peril et la cope, cil qui a la chose en
                                garde. Mes la où li uns et li autres a preu, si comme en achat ou en
                                loange, comme en doere, comme en gage, comme en compoignie, et barat
                                et cope est baillié. ¶ Prest contient aucunne foiz le preu à celui
                                qui preste, et por ce est veroie la sentance Quincii qui cuida que
                                colpe et diligence i fust. ¶ {3} Et se la chose qui est preté est
                                esmee, cil doit avoir tot le peril qui reçut l’esme de la chose. ¶
                                {4} Et ce qui avient par vilece ou par maladie en ce que larrons
                                tolent ou aucunne autel chose avient, cil qui reçut le prest ne doit
                                pas avoir de ce riens sor soi se aucunne cope n’i avient. ¶ Et se
                                aucunne chose avient par trebucheiz ou par feu ou aucunne aventure,
                                il ne sera pas tenu s’il ne pensa plus de sauver les soes choses que
                                les prestees. ¶ {5} Et il doit garder diligement la chose prestee. ¶
                                {6} Li ancien doterens se l’en doit metre garde en home presté ; car
                                aucunne ‹fois› doit l’en metre garde en home, s’il est prestez liez
                                ou s’il est de tel aage que il ait besoing de garde. Et s’il est
                                issi que cil qui le prist le gart, l’en doit dire que il doit la
                                garde. {7} Et aucunne foiz le domage de la mort est sus cetui qui ot
                                le prest, car se je prestoi un cheval por mener à la vile et tu le
                                moines en bataille, tu seras tenuz dou prest&#160;; ausi sera d’un
                                home. Et se je te prestoi le cheval que tu le menasses à la
                                bataille, le peril en est mien. Et se je te preste un serf texier ou
                                covreor et il chiet de sus la meson, le peril est mien, ce dit
                                Julien&#160;; et je cuit que c’est voir se je le [70vB] te prestoi
                                que il montast sor la meson. Et s’il fust prez que il feist
                                besoingne à plainne terre sanz monter en haut et tu le mois en haut,
                                ou se l’ovre chei par ce que il ne l’avoit pas liee ou les perches
                                furent viez et porries par villece, je di que li perilz est à celui
                                qui enprunta la chose. Car Mela dit que se serf est presté à pereor
                                et il le tue en la perriere, li mestres en est tenuz, qui lia
                                mauvesement l’asteler. {8} Et cil moismes qui use de la chose
                                prestee autremant que il ne doit est tenuz non pas solemant de
                                aucion de prest mes de larrecin, si comme Julien dit. Ausit comme se
                                je te preste un livre et tu i fez escrire que ton detor te doit et
                                je l’efface<note>l’efface] <emph>leffare</emph> dans le ms.</note>.
                                Et se je t’avoie presté por escrire ta dete, j’en sui tenuz à toi,
                                et tu me feis savoir que ta dete i fust escrite&#160;; et se tu non
                                me feis savoir, tu es tenuz à moi de prest et ancor de larrecin, por
                                ce que tu as usé de la chose prestee autrement que je ne
                                voloie&#160;; ausi comme cil est tenuz de larrecin qui use autrement
                                de cheval ou de robe que li pret ne fut fez. {9} Et l’en doit metre
                                diligence en la chose prestee, dusque à tant que l’en doit garder la
                                ‹…› diligemant la chose prestee&#160;; ausi comme se je te prestoi
                                une ege que son polein seguet, li encien dient que il te convient
                                garder le polein. ¶ {10} Et aucunne foiz cil qui enprunta sera tenuz
                                de tricherie solement en la chose prestee s’il fet le prest por soi,
                                par aventure por la feme que l’en li amenast honestement et bien
                                vestue, ou se aucun presta au jeu ou li prevoz i joet, ou se aucun
                                presta au prevost moismes. ¶ {11} Or doit l’en voir en quex choses
                                aucion de prest a leu, et li encien doterent de ce. ¶ {12} Je te
                                baille aucunne chose que tu baillasses en gages à ton creancier, tu
                                les li baillas, tu ne la dagas mie por rendre la moi. Labeo dit que
                                aucion de prest a ci leu, et je cuit que c’est voir ; s’il ost le
                                loier en convent, lors avra l’en aucion de loage, ou [71rA] de fet.
                                ¶ Pleniement, se j’engage ma chose por toi par ta volenté, je avrai
                                aucion de commendement contre toi&#160;; et issi dit Labeo
                                droitemant. Se la cope est en moi dou degagier et le creancer ne
                                veaut rendre le gage, tu as aucion contre moi de prest que je te
                                donge aucion contre lui. Je n’i é point de colpe se j’é rendu
                                l’argent ou je sui prez de rendre le&#160;; il convient que cil qui
                                fist le prest sache le despens dou plet. ¶ {13} Se tu me prie que tu
                                me portes un serf et meine escuele et li serf pert l’escuele, le
                                peril en est tien, car l’acuele fust preste, por quoi je doi garder
                                que je n’i e colpe. Et se li serf s’enfuist o l’escuele, cil n’en
                                est pas tenuz qui enprunta s’il ne fut en colpe de la fuite. ¶ {14}
                                Se tu me prias que tu m’apareillasses ta chambre et que je baillasse
                                argent à ce, et je le faz, et enprés tu requiers que je face
                                autretel à l’autre jor, et comme je ne usese pas deniers à ma
                                volenté en ma meson, je lesse ce illoc, et enpire, l’en demande
                                quele aucion le puet avoir et à qui est li perilz. Labeo dit, de
                                peril que il a restoroit se je i lessoie<note>lessoie]
                                        <emph>leffoie</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>custodem
                                        posui an non</emph></note> garde ou non&#160;; se je
                                lessoie, le peril est à celui à qui je lessoi la chose en garde ; si
                                non, le peril est mien. Et cuit que l’en a aucion de prest, et que
                                cil doit amender la chose que il ot en garde se autre convenent n’i
                                ot. {15} Se charrete est prestee à .ii. ou loee ensenble, Celsus dit
                                l’en puet demander se chascun est tenu por tot ou por partie&#160;;
                                et il dit que la seignorie ou la possession ne puet pas estre à .ii.
                                de tot, ne l’un ne puet pas fere partie d’un cors, mes de tot le
                                cors sanz devise puet il avoir seignorie en partie. Mes il puet
                                avoir l’usage de boing, ou de galerie, ou d’un camp tot&#160;; ne
                                n’en i ei pas moins mon usage que li autres. Et en charrete loee ou
                                prestee, j’ai mon usage en partie, car je ne tiens pas<note>tiens
                                    pas] <emph>tienh past</emph> (?) dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>quia non omnia loca vehiculi teneam</emph></note> toz
                                les leus de la cherete. Mes il dit voir que je doi garder que il n’i
                                et barat ne colpe et que il i et bone garde, et par ce seront il
                                tenuz en dui&#160;; et se li uns est trez en plet et issi se
                                deli[71rB]vre, il delivre l’autre et en dui ont aucion de
                                larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.15} <hi rend="i">Paulus. Comodare</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nos poon prester autrui chose que nos porseon, tot sechein nos que
                                ele est autrui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.21} <hi rend="i">Affricanus. Rem mihi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tu me prestas une chose, tu la me emblas&#160;; enprés tu la me
                                demandas et je ne savoie pas que tu l’eusses sotresté, li juige me
                                condempne et je rendi la chose&#160;; anprés j’ai apris que tu
                                l’avoies sotresté, quele aucion ai je contre toi&#160;? Je di que je
                                n’avoie mie contre toi aucion de larrecin mes de prest contre toi. ¶
                                {1} Je prestoi en l’ost à compoignons vessiaus à user à commun
                                peril, et mi sers la sostret, et s’enfuit à noz guerriers, et anprés
                                revint sanz les vaisseaus. Il est voirs que j’é aucion de prest
                                contre les compoingnons chascun par sa partie&#160;; et il puent
                                contre moi avoir aucion de larrecin en non de mon serf, car le
                                forfet suit<note>suit] <emph>fuit</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>sequitur</emph></note> la teste au serf. ¶ Et se je te
                                preste aucunne chose au ser à ton peril et mon serf l’emble, tu puez
                                pledier à moi en non de serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.6.23} <hi rend="i">Pomponius. Si commodavero</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te preste un cheval à aler jusqu’à un certain leu, se li
                                chevaus enpire en la voie sanz ta cope, tu n’es pas tenuz dou
                                prest&#160;; me je seroi en cope, qu’i l’e presté à aler si longue
                                voie que il ne pot sostenir.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_18">
                <front>
                    <head type="gp">XVIII. De aucion de gage <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La plus grande partie de ce titre est traduite du Dig., liv.
                                18, tit. 7&#160;: <hi rend="i">de Pigneratitia
                                actione.</hi></witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.1} <hi rend="i">Ulpianus. Pignus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucion de gage est fet non pas solement par le baillier qui par
                                    nue<note>nue] <emph>une</emph> dans le ms., voir
                                        <emph>infra</emph>, cf. lat. <emph>sed etiam nuda
                                        conventione</emph></note> convenance, tot ne soit il
                                baillié. {1} Et se gages est fet par nue<note>nue] <emph>une</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>Si igitur contractum sit pignus nuda
                                        conventione</emph></note> convenance, veons se aucuns mostre
                                or comme s’il le vosist baillier en gages, et il baille arein por
                                or, droiz est que l’or soit obligiez non pas l’erein, car li
                                marchiez ne fu pas de ce. {2} Mes aucun, quant il fist l’engagement,
                                quant il engaga l’erein dit que c’estoit or et issi l’engaga&#160;;
                                l’en doit voir s’il engaiga l’erein, et comme il ne s’acorderent mie
                                en gage, savoir se li gages tient&#160;; et l’en dit que neni, et
                                que il est tenu de aucion de gage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.3} <hi rend="i">Idem. Si quasi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu rendis à ton detor son [71vA] gage et tu deus avoir mointenant
                                l’argent, et il l’envoia<note>l’envoia] <emph>c’envoia</emph> dans
                                    le ms., cf. lat. <emph>isque per fenestram id
                                    misit</emph></note> por une fenestre et fut perdu et por son
                                conchiemant, Labeo dit que tu as aucion de larrecin contre le detor
                                et aucion à monstrer la poie. Et se tu pledoes dou gage et le detor
                                dit que il l’a rendu, l’en dira contre lui aucion de barat et de
                                boisdie par ce que il ne rendi pas la dete ainz le toli par son
                                conchiemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.8} <hi rend="i">Ponponius. Si necessarias</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je fas despens necesseres en serf ou en teneure que j’é en gagie,
                                je n’é pas solement retenue mes aucion de gage : pose que je done
                                argent as fisiciens por le serf qui estoit malades et il est morz,
                                ou j’é fere une meson ou refere et enprés ele art, ne il n’i a que
                                je puisse retenir. ¶ {1} Se plusors sers sont en gagie, et li un
                                soient mis à certain pris se le creancier les vant, issi que il
                                donast caucion de lor delivrance et il a sa peccune, il pot retenir
                                les autres sers dusque il ait tot son argent et de ce que il promist
                                à delivrer cex qui estoient vendu l’en le doit garder de domage. ¶
                                {2} Se un des hers au detor eust rendu en deniers sa partie, tote la
                                chose mise en gage porra estre vendue, ausi comme se le detor eust
                                rendu tote sa partie. ¶ {3} Se je preste à .ii. anz .xxx. livres ou
                                à .iii. anz et il est mis en convenant que se li denier ne sont
                                rendu à chascun de ces termes que je puisse vendre les gages, dusque
                                li jorz des poies seit passé, ge ne puis vandre ; car par cez
                                paroles seroient montrees totes les poies, ne il n’est pas voir que
                                li denier ne soient mie poié en certain tens dusque tuit li jor
                                soient passé&#160;; mes se totes les poies soent passees, se une
                                partie n’est rendue, il puet vendre le gage. Et s’il est issi escrit
                                et escordé : «&#160;se aucun ou aucunne pecune ne fust rendue à son
                                jor&#160;», il la puet demander de mointenant. {4} La convenance
                                doit estre fete de vadre le gage et que li marchiez soit devisez. Et
                                se la persone [71vB] au creancier est comprise en marchié, li heirs
                                à celui vendra se l’en ne fet rien encontre. ¶ {5} Quant li convenz
                                est fez de gage, que il ne soit vendu se li sort n’est paez – c’est
                                à dire se le chatel n’est rendu – li gages sera venduz et ausi por
                                cez autres choses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.19} <hi rend="i">Marcellus. Eadem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et autresi entendon nos dou fiz qui est en bau.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.21} <hi rend="i">Idem. Domo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se meson est en gagie et ausi sera l’ere, car c’est une partie de la
                                meson&#160;; et la terre est de l’edefice.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.26} <hi rend="i">Idem. Non est</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>N’est pas merveille se l’en commande bailler gage se li prevoz
                                commande mestre aucun en possession par aucunne cause, car en
                                testamant moismes puet l’en commander bailler gage&#160;; et issi se
                                dit li enpereres. ¶ {1} L’en doit savoir que la où gage est baillié
                                par le commandemant au prevost, la commandise n’en vaut rien se l’en
                                n’en est sesi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Pere Bumat engaga sa meson à Raol Panée por neuf livres. Perre
                            mori&#160;; sez annez fiz vendi cele meson à Beni&#160;; li créancier
                            demanda son gage. Li frère de Bani ditrent que li gages n'ere de riens
                            de Roz, par ciez que la meson ere de premer mariage, et li dereniés
                            enfant devet aquiter les detes, car il ot conquez et mobles et achetées.
                            Et fu droiz donez sor ce, segont la costume d'Orliens, que li gages
                            n'ere de riens obligiez.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.30} <hi rend="i">Paulus. Qui ratiario</hi><note>ratiario] <hi
                                    rend="i">taratio</hi> dans le ms.</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui crut au notoner por ce que il ne rendi au jor, retint la nef
                                en l’eve par s’autorité&#160;; enprés l’eve crut et enporta la
                                nef&#160;: s’il retint la nef contre la volenté celui qui ele
                                estoit, le peril de la nef gist sus le creancier&#160;; mes se li
                                detor veust que cil retenist la nef, il doit emender la cope li
                                creanciers non pas le vimoire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.31} <hi rend="i">Affricanus. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se serf qui est en gagie fet larrecin au creancer, le detor le puet
                                lessier por le forfet&#160;; et s’il savoit que il fust lierres et
                                il le me baille en gages, et s’il est prez de lessier le moi por le
                                forfet, j’é aucion contre lui de gage que il m’en ement mon domage.
                                Et ausint doit l’en dire quant serf presté ou baillé en garde fet
                                larrecin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.37} <hi rend="i">Paulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[72rA] Se j’é aloié au seignor gaige qui m’a esté baillié, je retien
                                li la possession por le loage&#160;; car avant que li detor
                                l’aloast, la possession ne fust pas soe, comme je eusse coraige de
                                retenir la possession et comme cil qui a la chose loee n’et mie
                                corage de retenir la possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.38} <hi rend="i">Modestinus. Pupillo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il convient que autorité de tutor soit donee à l’orfelin qui prent
                                chose en gages.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {13.7.42} <hi rend="i">Papinianus. Creditor</hi><note>Creditor] <hi
                                    rend="i">Et editori</hi> dans le ms.</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li creancier soit forciez par droit de rendre ce que il a eu de gage
                                outre le gage&#160;; ne il ne sera pas oï s’il veust juster
                                l’acheteor à autrui, car li creancier fet son afere en la vençon
                                quant ele est bien fete.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
