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                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
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                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
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            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
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            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
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                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
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                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
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                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <head>LI SEPTIESME LIVRES</head>
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            <head>LI SEPTIESME LIVRES</head>
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                    <head type="gp">I. De aucion de marchandie menee en nés <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 14, tit. 1, <hi rend="i">de Exercitoria
                                    actione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
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                        <head>§ {14.1.1} <hi rend="i">Utilitatem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nus n’est qui ne sache que en cest ban n’ait moult de preu&#160;; car
                                come nos ne savon mie aucunne foiz quex hon de quel meniere sont cex
                                à qui nos feson marchié por estre porté en la nef, droiz fiz que cil
                                fust tenuz qui mist mestre en la nef&#160;; ausi comme cil est tenuz
                                qui met marcheant à tavernerie mener ou à autre afere, comme il soit
                                plus grant mester de fere marchié o le metre de la nef que o le
                                marcheant. Et par ce, convient il que l’en voie au marcheant s’il
                                fet marchié en la nef, au metre aucunne foiz&#160;; que li leus ou
                                li tens ne sofere mie que l’en soit sanz bon conseil. ¶ {1} Nos
                                devon entendre «&#160;metre de nef&#160;» cil à qui la cure de tote
                                la nef est commandee. {2} Et se l’en fet marchié en aucun des
                                notoniers, l’en n’a pas aucion contre le metre, tot soit il tenuz de
                                forfet que chascun met en la nef&#160;; car il i a une cause de fere
                                marchié et une autre de fere folie. Et cil qui mest le mestre en la
                                nef sofre bien que l’en face marchié à noteniers et il doit garder
                                que il ne facent barat ne tricherie. ¶ {3} Li mestre sont mis à loer
                                les [72rB] nés, ou à merceries porter ou à aloier, ou armes vendre
                                ou achatier&#160;; et se cil est mis por acheter et por vendre, il
                                oblige le seignor par ce. {4} Et l’en n’a que fere de quel meniere
                                est cil metres, ou serf ou franc ou privé ou estrange, ne de quel
                                aage, bien si gart cil qui li mist. ¶ {5} Nos apelon celui metre non
                                pas solement que li sires mist, mes celui moismes que li metres i a
                                mis&#160;; et issi le dit Julien. Et se li sires le fet, et il li
                                sofre user de mestrie en la nef, il senble que il i et mis&#160;; et
                                il m’est avis que c’est droiz. Et li metres que il mist doit
                                regarder tot ce que il fet, si que non cil qui font marchié o lui
                                seront deceu. Et l’en doit ce miauz entendre en mestre<note>mestre]
                                        <emph>mestir</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>et facilius
                                        hoc in magistro quam institore admittendum propter
                                        utilitatem</emph></note> que en marcheant por le preu qu’i i
                                est. Que sera s’il i mist metre par si que il n’i poist metre
                                autre&#160;? Recevron nos à la sentence&#160;? Julien dit que l’en i
                                doit voir, posé que il et deffendu nicement que Ticius ne fust
                                mestre de la nef&#160;; l’en doit dire que l’en doit regarder le
                                preu à cex qui sont en la nef. ¶ {6} Nos devon entendre
                                «&#160;nef&#160;» se ele est sor mer, ou en fluve, ou en estant. ¶
                                {7} Li prevoz ne done mie aucion de tote cause en seignor de la nef,
                                mes de cele chose en qui non il fut iqui mis&#160;; ausi comme s’il
                                fust mis por porter fuerre ou aucunne chose, ou s’il achate aucunnes
                                marchandies bones<note>bones] <emph>pones(?)</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>ad onera inhabiles</emph></note> à porter en nef, ou
                                s’il a despendu aucunne chose por rafetier la nef, ou si li notenier
                                demandent aucunne chose de lor ovres. {8} Et s’il enprunte deners,
                                savoir se c’est en non de cele chose&#160;? Et Pagasus le cuide,
                                s’il fist l’enprunt à l’usage de cele chose don il est mestre, il
                                avra aucion&#160;; et je cuit que il est voirs. Que sera s’il fist
                                l’enprunt por aparellier la nef, ou por fere, ou por metre i
                                notoniers&#160;? {9} Donc Offilius demande&#160;: se cil fet enprunt
                                por refere la nef et il met les deniers en son usage, l’en demande
                                se l’en doit doner aucion contre le seignor de la nef. Et il dit que
                                s’il les prist par tel convent que il les despendist en la nef et
                                enprés mua son corage, il en est tenuz [72vA]&#160;; et bien si gart
                                li sires qui tel mestre mist en sa nef. Et s’il prist consoil au
                                commoincement de co‹n›chier le creencier, et il ne li dist mie que
                                il prenoit ces deniers por la nef amender, autre chose est&#160;; et
                                Pedius dit que ce est bien. {10} Et se li metres deçut son
                                compoignon en pris des chose achatees, li domages sera son, non pas
                                au creancier. {11} Et s’il enprunta d’autre, il delivra celui qui
                                fist la creance à refere la nef&#160;; et je croi que il a aucion.
                                {12} Et dunc la mestrie done certoine convenance à cez qui font
                                marchié. Por quoi, se il sires l’es mist en la nef por demander le
                                pris de voitures, non pas que il les aloe qui l’avoit ja aloé, li
                                sires n’en sera pas tenuz si li mestres a loé, ou s’il est establi
                                solement à aloer non pas à demander. Ausint en dira l’en, ou s’il
                                est posé que il aloe le portage, non pas que il preste la nef à
                                mercerie&#160;; ou s’il fet plus que il ne doit, il n’oblige pas le
                                seignor. Et s’il l’aloe à porter certaines merceries, si comme à
                                porter chenvre, leum, et cil l’aloe à porter pierre ou fuz, il ne
                                sera pas tenuz. ¶ Car aucunnes nés sont porteresses et autres sont à
                                autre mester. Li uns mande as autres noteniers que il recevent les
                                porteors, et que il augent en certein leu et en certone mer&#160;;
                                ausint comme nés qui sont à Brandiz ou à Jafés, que li notenier
                                moinent, qu’i ne sont pas bones à porter ; et les autres nés ne sunt
                                preuz à aler par mer. ¶ {13} S’il i a plusors metres et lor ofices
                                ne sont pas devisé, quanque l’an fera o l’un obligera le
                                seignor&#160;; et se li office sont devisé, que le un aloe l’autre,
                                li sires sera obligé por l’ofice à chescun. {14} Et se li sires les
                                i met, isint que li un ne face rien sanz l’autre, ausint comme l’en
                                fet aucunne foiz, bien si gart cil qui fet marchié o l’un. ¶ {15}
                                Nos apelon celui «&#160;seignor de la nef&#160;» qui a totes les
                                issues et les rentes de la nef, se il est sires de la nef ou se il
                                l’a aloee ou à ja ou à toz jorz. ¶ {16} Petit motre se cil qui est
                                sires est male ou fumule, perre, ou fez, ou serf&#160;; et se [72vB]
                                menor est sires de la nef, il i convient l’autorité de tutor. ¶ {17}
                                Il est ou nostre chois de trere en plet le seignor ou le mestre de
                                la nef. {18} Et cil qui est sires de la nef n’a pas aucion contre
                                ceaus qui firent marchié o le mestre, car il ne li afiet pas&#160;;
                                mes si pot avoir aucion de commandemant contre le mestre, ou de
                                loage s’il ne li rent le loer. Et ce solent fere li provost por le
                                mestre de l’annone&#160;; ¶ et ausi solent fere li seignor des
                                provinces es marchiez que li metres de nés funt ou autres. ¶ {19} Se
                                cil qui est sires de la nef est en autrui poer, et cil en est sires
                                par la volenté celui, l’en avra aucion de ce que l’en fera o le
                                mestre de la nef contre celi en qui poer li sires de la nef est.
                                {20} Se cil est sires de la nef par la volenté à celi en qui poer il
                                est, et il est tenuz de tot, puis que cil est metres de la nef par
                                sa volenté&#160;; car usage de nef apartient au commun profit. Mes
                                n’est pas issi de marcheanz&#160;; ¶ et por ce, cil qui font marchié
                                o lui sont tenuz sanz plus de trëu&#160;; cil qui moinent marchandie
                                de lor chetel au seu lor seignor, et s’il font marchié o le mestre
                                au seu au seignor et il ne le veust mie, donron nos action de tot
                                contre li, ausi com s’i le vosist, ou aucion de trëu&#160;? ¶ Puis
                                que la chose est dotose, miauz est que l’en segue les paroles de
                                loi, et que l’en ne meste pas sus au pere ou au seignor qui sache le
                                fet au mestre de la nef&#160;; que il ne soient obligié par tel
                                volenté se cil moinent le miauz de lor propre chetel. Et issi le dit
                                Ponpinius&#160;: se li sires de la nef est en autrui poer et por la
                                volenté à celui est cil sires de la nef, il est obligié de
                                tot&#160;; se ce n’est par sa volenté, il n’est tenuz que do chatel.
                                ¶ {21} Nos entendon «&#160;estre en poer&#160;» filz, filles, serf,
                                serves. ¶ {22} Se serf est sires de nef par la volenté au fiz cu’il
                                estoit, li peres ou li filz qui ne le vost mie contredire sera
                                obligié de tost. ¶ {23} Ja soit ce que li prevoz doigne aucion
                                solement de ce que l’en fet o le mestre, Julien dit&#160;: se l’en
                                fet marchié ou le seignor de la nef, li peres au fiz ou li sires au
                                serf seront tenuz de tost. ¶ {24} Ceste aucion sera donee contre le
                                seignor par la persone [73rA] au mestre&#160;; et se l’en plede o
                                l’un d’aus ou à l’autre, l’en ne plediera pas à l’autre&#160;; et se
                                l’en rent aucunne chose, l’obligacion au mestre apetice. ¶ Et se
                                l’en rent en non dou seignor ou en non do mestre aucunne chose,
                                l’obligacion sera apeticee, por ce que se aucuns rent por moi, je
                                sui quité. ¶ {25} Se plusors sont mestre de la nef, l’en porra
                                pledier o le quel que il vodra de tot.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {14.1.2} <hi rend="i">Gaius. Ne in plure</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quar cil qui fist marchié ne soit forcé de avoir tant aversaires
                                ensenble.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.1.3} <hi rend="i">Paulus. Nec quicquam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne aucuns d’aus ne pot pas mostrer combien que il a en la nef de
                                partie, et cil qui avra mené le plet avra ses despens des autres par
                                juigement de compoignie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.1.6} <hi rend="i">Paulus. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li sers est sires de la nef sanz la volenté au seignor, s’il le
                                sot, il avra contre lui aucion de trëu&#160;; s’il ne le set, il
                                avra aucion de chetel. ¶ {1} Se serf commun moine neff por la
                                volenté au seignor, l’en dira contre toz aucion de chetel por
                                tot.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. De la loi Rodiane de geter marcheandise en mer <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 14, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de Lege
                                    Rhodia de jactu</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {14.2.1} <hi rend="i">Papianus. Lege</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’an garde en la loi Rodienne de giet&#160;: quant l’en veaut geter
                                en la mer por alegier la nef, ce qu’est geté por le salu de toz doit
                                estre restoré de toz ces qui sont en la nef.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.2.3} <hi rend="i">Papinianus. Cum arbor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant arbre ou estrumant de nef est geté por achever le peril,
                                chascun doit metre do son.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.2.4} <hi rend="i">Calistratus. Navis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucunne merz sont tregetees en chalan por legier la nef chargie,
                                qu’i ne poent venir à port que elle ne perillat, et ce chalain tumbe
                                à l’entree dou port, cil qui sont en la nef et ont lor marchandies
                                sauves doivent doner do lor à emender le domage qui est avenu en
                                chelein, autresi comme s’il en eust fet giet&#160;; et Sabinus dit
                                que c’est voir. Encontre, se la hoe est sauvee ou une partie des
                                marchendies et la nef perist, cil qui perdirent en la nef ne doivent
                                rien emender&#160;; car se la nef est sauvee le giet vient en
                                commun. ¶ {1} Et se la nef, qui est tempestee, est alegie de giet de
                                merz à un marcheant, est [73rB] noee en autre leu, et notoners
                                treent les merz à aucuns marcheanz, se li loer est rendu, cil doit
                                avoir reson de ses choses qui furent getees por la nef legier par
                                ceus qui orent lor choses sauves par les notoniers. Sabinus dist que
                                cil qui orent lor choses sauves ne doivent rien rendre à celi qui
                                fist le giet se aucunnes choses de lor merz furent tretes por les
                                noteniers&#160;; quar il n’est pas veu que la merz fust getee por la
                                nef garder, qui perist. ¶ {2} Quant getoiz de merz est fez, et
                                    les<note>les] <emph>la</emph> dans le ms.</note> choses à aucun,
                                qui remetret en la nef sunt enpirees, l’en doit veoir s’i doit metre
                                en la communauté, comme il ne doivet pas avoir doble domage. Mes
                                l’en doit dire que cesti doit communauter por le pris des choses
                                presentes&#160;; ausi com se la merz à .ii. i sont, et les choses à
                                l’un sont arosees de eau, cil qui a ses choses sauves metra en la
                                communauté dusqu’à .xx. et cestui dusque à .x. Et nos poon deviser
                                de quoi ces choses sont enpirees&#160;; ou por la giez ou por ce que
                                les choses furent descouvertes vint li domages&#160;; ou por autre
                                cause, por ce que la merz gesoet allors en un autre angle et l’eau
                                entra&#160;; lors devroit il acommunauter. Ou il n’acommunautera mie
                                por la premiere cause por ce que il perdi ou giet&#160;? Et se les
                                choses sont enpirees de l’eau por le giet&#160;? Et s’il i a plus
                                sotive divise, que sera s’il a plus de domage en communauter que un
                                giet&#160;? Ausi com s’il i avoit .xx. fardiaus et la communauté .x.
                                et li domages vaut .ii.&#160;; hors ce que il i a eu do domage, il
                                doit acommunauter le remanant. Que sera s’e plus de domage qu’en la
                                communauté, ausi comme les choses sont enpirees vaillant .x. mars et
                                la communauté .ii.&#160;? En ceste dotance il ne doit pas porter lou
                                fes et<note>et] <emph>a</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>utrumque
                                        onus pati non debet</emph></note> l’autre. Or veon si li
                                convient acommunauter. Que sera se je perz mes choses qui sont
                                gitees ou s’i sont enpirees par ce que furent descouertes&#160;? Car
                                ausi comme l’en aide à celi qui a perdu, ausi doit l’en aidier à
                                celi qui a ses choses en[73vA]pirees por le giet&#160;; et issit le
                                dit Papinian.</p>
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                    <div>
                        <head>§ {14.2.5} <hi rend="i">Hermogenes. Amisse</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Domage de nef perdue n’est pas recovré par compoignie de communauté
                                par ceus qui delivrent lor choses quant la nef froissa&#160;; car
                                l’en s’acorde à ce quant la nef est sauvee au commun peril par le
                                remede do giet. {1} Se li arbres de la nef est tranchiez por
                                delivrer la nef et la marchandie, il convendra que chascun mete sa
                                serve.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.2.7} <hi rend="i">Paulus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cum la nef fust getee par tempeste, ce que chascun puet sauver à son
                                os, comme de feu, il fut son.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.2.8} <hi rend="i">Julianus. Qui levande</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui gitet aucunnes choses por la nef legier ne les gitet mie par
                                tel corage que il lasoient guerpies&#160;; et s’i la trovent, i les
                                    anporterunt<note>i les anporterunt] <emph>ilasanportemut</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>quippe si invenerint eas,
                                        ablaturos</emph></note>&#160;; et si sevent où i·ssunt
                                getees, et la requerrunt. Et seront autresi comme celi qui est trop
                                chargiez qui lesse la chose en mi la voie et puis retorne por
                                aporter la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.2.10}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Voluistius manda à Paulus tex paroles&#160;: por ce que tu aloas
                                sers, l’en ne te doit pas voiture por celui qui est morz en la nef.
                                Paulus demande se l’en doit doner loier por ceus qui sont mis en la
                                nef ou por ceus qui sont envoié en essil&#160;; et se ce n’est
                                aparissant, il sofira au notoner s’il pot prover que li serf fust
                                mis en la nef. ¶ {1} Se tu as la nef aloe por tel condicion que tes
                                merz i fussent portees, et li noteniers mist ces merz sanz besoing
                                en une mauvese nef, comme il seust bien que tu no voloies pas, et
                                l’aver perist, et por cele nef où ele fust mise darrenierement, tu
                                as aucion contre le notonier do loage. Paulus dit&#160;: plus que se
                                l’une nef et l’autre perist en cele voie, et ce fust fet sanz la
                                trechierie à notonier. Autel droit avra cil se li noteniers fust
                                retenuz et l’en li deffendi que il ne portast cele marchandie. Et
                                autel droit avra cil s’il fist tel convenant à toi que il te rendist
                                une poine&#160;; si ne t’avoit portees tes marchandies ou leu où tu
                                li dois au terme [73vB] que tu li metoies, il doit la poine. Et ausi
                                diron nos se li notonniers est destorbez de maladie que il ne puisse
                                nagier. Et ausi diron nos se la nef est mauvese sanz son barat et
                                sanz sa cope. ¶ {2} Se tu aloas une nef à mestre .ii. mil de bues et
                                tu les i portas, tu doiz le pris des .ii. mil. Paulus. Si in
                                adversionem. Et se la nef est aloie en tempeste, li loers est deu
                                por .ii. mil. Se le marchié est issi fet, encontre tu doiz le loier
                                por tant des bues comme tu i portas.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. De giter marcheandise en eau por péril eschever.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>De marchandie menée par iau gitée por charge, l'en doit avoir reson de
                            giter marchandise en eau&#160;; car se li metres de la nef charge trop
                            la nef, et por ce convient la marchandie giter, et la cope en est soe et
                            li domages&#160;; ou se li marinier ne sont sofisant, et por ce périsse
                            li avoirs.</p>
                        <p>Mès se torment sort por quoi il conviegne l'avoir giter en la mer, ou la
                            nef peçoie d'avointure que l'en ne put eschiver, li marcheanz est
                            tenuz.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Or gardon comment li metres de la nef sera tenuz&#160;: et s'il dit que
                            sa chose soit périe, se c'est par peceure, la peceure sera veue par
                            prodes omes, ou presanz qu'il sera peceaie, et por ces prodes omes. Et
                            por les compoignons de la nef, por ce qu'il jurront, ne seront creu. Et
                            s'ele est effundée do tot, iloc ne convient point de prove, fors le
                            parent. Et se l'en a geté l'avoir en l'eau por le péril de tempeste,
                            l'en en sera creuz par les seremanz au compoignons de la nef, et par le
                            tesmoing <pb n="161"/>dou païs, qu'à celi jor ot tempeste en cele
                            contrée&#160;; quar en tel chose n'a point de gage.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. De aucion que l’en apele institutore qui parle que aucuns
                        sont tenuz <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 14,
                                tit. 3&#160;: <hi rend="i">de Institoria actione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.3} <hi rend="i">Ulpianus. Institor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est apelé «&#160;institor&#160;» li marcheanz por ce que il est
                                curios de sa besoigne fere&#160;; ne il ne fet pas moult se il est
                                metre de taverne ou d’autre marchandie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.4} <hi rend="i">Paulus. Cum interdum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car il enporte aucunne foiz marchandies à prodes homes et la lor
                                vendoit&#160;; ne le leu où vient ou l’en eschate ne mue pas la
                                cause de l’au[74rA]cion, comme avient en l’une meniere et en l’autre
                                que li marcheanz vent et achete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.5} <hi rend="i">Ulpianus. Quocque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Donques, quiconques est mis à fere la besoigne est apelé institor à
                                droit, et c’est à dire marcheant&#160;; {1} car Servius et Labeo
                                distrent à Brutus&#160;: se aucuns fet marchié o charpenter, ou o
                                celi que aucun mist et fist sire de la meson ou l’establi à achetier
                                froment, cil est tenuz de tot. ¶ {2} Labeo dit&#160;: se aucun a mis
                                aucun à prester à usure ou à terre coitiver ou à marchandise mener,
                                il est tenuz de tot. {3} Et se aucun a mis aucun serf metre à sa
                                table, il sera tenuz de celi serf. ¶ {4} Et nos apelons cez
                                «&#160;institors&#160;», qui portent teles et autres choses à
                                vendre. ¶ {5} Et itex puet l’en apeler proprement chacerranz. ¶ {6}
                                Et cil qui sont mestres des folons, de sartriniers, et qui sont
                                herbergeor sont institors. ¶ {7} Et se aucun taverner envoie son
                                serf en leu estrange à acheter marcheandie et que il la li envoiat,
                                Labeo dit que il est en leu de marcheant. ¶ {9} Ausi dist il : se
                                aucun talemeler a à costume envoier son serf en aucun leu certain à
                                vendre son pain, enprés cil reçut l’argent dou pain, il fausa sa
                                foi, l’en ne doit pas doter que s’il li otroia issi à doner la
                                marchandie il est tenuz, et non pas li sers. ¶ {10} Et se li felon
                                qui aloit hors dou païs pria son serf que il fust mestres sor ses
                                menesteres à qui il avoit lessé sa taverne à garder, et quant ce
                                felon s’en fust alez cil sers prist le dras et s’enfoit, li felon
                                n’est pas tenuz se cil fust lessié comme procurators ; et s’il fust
                                lessié comme marcheant, il est tenuz&#160;; et s’il le establi à
                                estre mestre sor les ovriers, il ne sera pas tenuz de ceste aucion
                                mes do loage. ¶ {11} Et tot ce a l’en fest o le marcheant n’oblige
                                pas celi qui li mist&#160;; et si li marchiez fut fez o li par celui
                                marchié, et par cele cause dont il est mis à la mestrie, {12} et
                                s’il le mist à vendre marchandie, il sera tenuz de aucion
                                d’achat&#160;; et se je l’e mis à achetier, je serai tenuz de la
                                vente. ¶ Et se je ne l’ai pas mis à achetier et il vent, ne à vendre
                                [74rB] et il achate, il en sera tenuz&#160;; et Casius à ce
                                s’acorde. ¶ {13} Et se aucun tret peccune au marcheant à achetier
                                marcheandies, le creancier avra leu à ceste aucion&#160;; et ausint
                                est s’il establist à estre mestre de la taverne&#160;; c’est verité
                                se l’en ne li deffendi que il n’empruntat. {14} Se l’en a presté
                                oile à celui que li mestre establi à achetier ou à vendre oile,
                                ceste aucion avra leu. ¶ {15} Et se le marcheanz quant il ot l’oille
                                vendue prist un agnel en erres et il ne le reçut mie por gage, li
                                sires n’est pas tenuz de ceste aucion s’il le vandi&#160;; car il ne
                                fet pas ce que l’en li comanda se l’en ne li manda par avainture que
                                il le vendist. Et por ce, se li marcheanz prist gage por le pris et
                                il le vandi, ceste aucion avra leu. ¶ {16} Ausi avra li plege qui
                                plevist por le marcheant&#160;; il est tenuz de la plevine. ¶ {17}
                                Se un autre establist le marcheant, et cil se muert, qui li mist, et
                                s’il a hers qui aent l’usage de ce marcheant, sanz dote il convient
                                que l’en soit tenu. Et se l’en fist marchié avant que il eussent
                                demandé l’eritage, bien est que cil qui rien n’en savoient aient
                                aucion de marchendie. ¶ {18} Et se mis procurator, mis tutor, mis
                                curator establist un marcheant, l’an dorra contre moi aucion, ausi
                                comme se je li eusse mis.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.6} <hi rend="i">Paulus. Sed et</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et contre le procurator sera donee ceste aucion se il est
                                generaus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.7} <hi rend="i">Ulpianus. Sed et si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se aucun qui fest ma besoigne establist aucun à estre mestre et je
                                l’oi establie, ausi en dira l’en comme de l’autre devant. ¶ {1} N’en
                                a point de differance quex soit li marcheanz ou male ou femele,
                                franc ou serf propre ou autrui, ne quil est cil qui l’establi. Car
                                se feme l’establi, ceste aucion li avient à le guise de aucion des
                                choses mises en nés&#160;; ceste aucion est contre li se ele forfet.
                                ¶ {2} Et se orfelin qui est fet marcheant et fet chose que il ne
                                doet, il oblige celi qui li met de ceste aucion, car bien se gart
                                cil qui li mist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.8} <hi rend="i">Gaius. Nam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car aucunne foiz [74vA] aviant que aucun metent effanz et puceles
                                garder taverne.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.9} <hi rend="i">Ulpianus. Verum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se li orfelin les i mest, se c’est por l’autorité au tutot, il
                                sera obligié&#160;; si que non, non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.14} <hi rend="i">Paulus. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi sera se autrui serf est aloé et mis à commune marcheandie, l’en
                                doit doner contre l’un et l’autre aucion de tot&#160;; et ce que
                                l’un rendra, li autre le li rendrunt por juigement de compoignie. Et
                                la où action de compoignie ou de departir communauté cesse, chascun
                                doit estre condempné por sa partie&#160;; ausi comme se ceus, à qui
                                serf l’en fist creance, estrabli .ii. heirs et franchi celi serf. Et
                                heir doivent estre trest en plet por la partie, car auction de
                                communauté cesse antre aus.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.15} <hi rend="i">Ulpianus. Novissime</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit savoir au derrenier que cez aucions doivent estre donees à
                                toz jorz contre l’eir et contre les hoirs. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.3.19}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{3} Serf establi à prester à usure, s’il enprunte, il n’oblige pas
                                son seignor de tot comme s’il fust marcheant&#160;; et s’il a promis
                                à une autre à rendre de tele marcerie, l’en le porra demander au
                                seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p><ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/6">Geffroi de la
                                Chapele</ref> dit&#160;: Nus n'est qui ne sache bien qu'ant cest ban
                            a mout de preu. Car com nos ne savon mie aucune foiz qués est, ne à qués
                            nos fesons marchiez, por estre porté nos et noz choses en la nef, droiz
                            est que cil qu'i met le metre i soit tenuz. Por ce est bien avenant que
                            l'en face marchié o le metre de la nef, ou à celui à cui ele est baillie
                            à marcheander. Ausi dison-nos de celui qui moine marcheandise par terre.
                            Cil qui moine marcheandise par terre ou par eve n'est pas tenuz des
                            aventures que l'en ne puet eschiver, se la colpe ne passe le quas, comme
                            il set plus por la cope au seignor de la nef que por autre chose.
                            Aventure si est tormente, roberie, feu, pecéement de nef, et plusors
                            autres choses.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Emprès demende l'en se li sires de la nef nie que il n'oit mie receu la
                            marchandie, comment l'en porra l'en atendre. Et l'en respont par tex
                            paroles&#160;: Ge me plein de Gui, metre de cele nef, à qui j'é baillié
                            mon avoir, une charge de poivre, et la me dut amener à Orliens, en ceste
                            vile, ne je ne ai puis avoier&#160;; et s'il veaut dire que il n'ait ma
                            chose eue, et en ceste forme, je le sui prez de mostrer et de l'avérer,
                            et par moi et par garanz, que si est ceste chose, si com ge le di. Il
                            vet avant à la jostice, lui et son garant, et offre ce à mostrer&#160;;
                            et li mestre de la nef fet encontre tel ni et tel deffense comme il
                            doit. L'en demende qu'en dit droiz. Et l'en respont que l'en doit
                            demender la personne de celui qui demende et de son garant, et s'il est
                            preudom et honeste, l'en le doit oïr, issint que li deffenderres est
                            loissanz de prandre la prove de li et de son garant, et de quenoistre
                            que c'est voirs, ou d'escondire par gage de bataille&#160;; car en tel
                            chose doit bien avoir bataille&#160;: car il i a traïson et mambre de
                            larrecin. Tot outresint pot l'en apeler de marcheandise à mener par
                            terre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p><pb n="162"/> Et se l'en savet généraument, si come d'èse et de vins et
                            de grosses choses que chascun vet, ci n'a point de gage qu'anqueste.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. [74vB] De aucion tributoire, c’est ce aucion par quoi l’en
                        rent <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 14, tit. 4&#160;: <hi rend="i">de
                                    Tributoria actione</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {14.4.1} <hi rend="i">Ulpianus. Huius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li preu de ce ban est moult grant por le seignor qui aucunne foiz a
                                preu en marchiez son serf, qui n’est tenuz solement que do chetel
                                qui est hesmé hors ce que il doit au seignor. Mes se il set que li
                                serf soit marcheanz de son chetel, ausi comme estrange marcheant, il
                                est tenuz de ceste aucion à rendre au seignor le gaing. {1} Tot soit
                                « marchandie » estroite, qui ne s’estant pas à serf, à folons, à
                                coturiés, à toissiers, à serpiers, mes Pedius dit que totes
                                marcheandises apartienent à ce ban. ¶ {2} Mes marcheandise de ce que
                                li serf a n’est ansi comme nos apelons son chetel, hors ce que il
                                doit au seignor&#160;; et se ce serf n’a rien, li sires est tenuz se
                                cil moine marcheandie par son sen. ¶ {3} Nos entendon savoir quant
                                il é viot&#160;; et je n’entent pas volenté, mes soffrance. Et li
                                sires ne le doit pas voloir&#160;; et s’il le set et il ne le
                                contredit, il sera tenuz de ceste aucion [75rA]. ¶ {4} Parole de
                                poier est entendue à homes et à femes ¶ et à toz cex qui ne sont en
                                autrui poer. ¶ {5} Et ceste auccion n’apartient pas solement à sers,
                                qui à cez qui nos servent en bone foi, soient franc, soient sers à
                                autrui ou à cex en qui nos avon nostre usage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.4.3} <hi rend="i">Ulpianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se le serf est commun et li .ii. seignor le sevent, l’en avra
                                contre l’un et l’autre aucion. Et se l’un le set et l’autre non,
                                l’en avra auction contre celi qui le set&#160;; mes ce sera oté que
                                l’en doit à celi que rien n’en set. Et se aucun tret en plet celi
                                qui rien n’en siet por ce que il est trez en plet dou chetel au
                                serf, ce que l’en doit à celi qui ne le sot sera osté et sera tenuz
                                de tot&#160;; car se cil qui le sot est trez en plet il metra hors
                                ce que l’en li doit, et issi le dit Julien. ¶ {1} Se serf à orfelin
                                ou à forsené est marcheanz de marcheandise de son chetel, li barat
                                au tutor ou au curator ne nuira pas à l’orfelin ne à forsené, ne il
                                ne i doivent rien gaigner&#160;; et neporquant, se li orfelin a rien
                                eu par le barat au tutor, il est tenuz de ceste aucion. Et ausi di
                                ge de celui qui est forsené, ja soit ce que Ponponius dit que li
                                orfelin est tenuz do barat au tutot s’il a de quoi paier&#160;; et
                                il sera tenuz de tant que il donge l’aucion que il a contre le
                                tutor. {2} Et se c’est fet par le barat au tutor, s’il est de tel
                                aage que il sache que est barat, il est tenuz, tot ne soufise son
                                savoer à mener la marcheandise. Et que sera donques par foi ? Le
                                savoir au tutor ou au curator fera leu à ceste auction&#160;; et
                                g’ei desus monstré comment nuira le barat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.4.12} <hi rend="i">Paulus. Alius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucun plede encontre le seignor ou non de serf solement do chetel, un
                                autre de ceste aucion&#160;; l’en demande se li sires doit metre
                                hors de chetel ce que il doit rendre à celi qui plede de ceste
                                auction. Il dit que lors pot l’en pledier de ceste auction quant li
                                sires ne veaut fere gré par le ban au prevost de departir le pris de
                                la marchendie, c’est à dire quant il met hors la greignor partie de
                                sa dete que il rendi à ses creanciers&#160;; ausi comme se la
                                marcerie se monta .xxx. livres dont il en avoit creu [75rB] .xv. et
                                .ii. estranges .xxx., il mist hors toz les .xv. et rendi aus
                                creanciers les autres .xv. quant n’en dut metre hors que .x. et
                                rendre .x. es astranges. Quant il fist ce, l’en entant ce que il ne
                                se delivra pas do serf, par ce<note>par ce] <emph>por ce par
                                        ce</emph> dans le ms.</note> que il en doit encor .xv. en
                                non de celi par ceste aucion&#160;; par quoi, s’il commande pledier
                                do chetel que il estoit par aventure hors de la mercerie, il metra
                                hors .xv. comme cil qui est creancier au serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. Do consoil do senator macedonien <hi rend="i">[rubr.]</hi>,
                        qui parole ainz que li peres ait obligé le fet au fiz.</head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 14, tit. 6&#160;: <hi rend="i">de
                                    Senatusconsulto macedoniano</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.1} <hi rend="i">Ulpianus. Verba</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Les paroles do senator Macedoniain sont teles&#160;: « come Macedo
                                eust pris autrui avoir entre cez autres felonies, que nature
                                l’aministre, et comme il donast à mauvés homes matiere de pechier,
                                cil qui devoit l’argent que l’en doit plus, et cuidoit que ce fust
                                bien fet que l’en ne donast aucion ne demande au fiz enprés la mort
                                au pere, li quel fiz avoit l’argent enprunté, et cil usurer fesoient
                                ce que li fiz n’eussent nul non en atandre la mort lor
                                        pere »<note><emph>Come Macedo… pere</emph>&#160;: passage
                                    qui pose problème</note>. ¶ {1} Se le fiz est en branle ou il
                                n’est pas o soi, si comme il avient que le pere est en guerre, l’en
                                dote se le senator s’en doit entremetre&#160;; car se il rechiet en
                                poer au pere, ceste aucion a leu&#160;; si non, ele n’a pas leu, et
                                entretant ne doit l’en avoir contre le fiz point de auccion. ¶ {2}
                                Et se cil qui est avoez enprunte, et il est restabbi et nus hors de
                                bau, ceste aucion avra leu car il fut ou bau. ¶ {3} Dignité ne fet
                                rien en fiz qui est ou bau que ceste aucion n’oit leu&#160;; car
                                s’il est conte ou il a autre dignité, se il a chetel por soi, lors
                                n’a point de leu ceste aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.3} <hi rend="i">Idem. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun cuide que cil fust sires, et le cuida certainement, et por
                                ce que aucun le cuidoient, car en tel non fesoit il quanque il
                                fesoit et marchiez et autres choses, ceste aucion n’avra point de
                                leu contre lui&#160;; {1} et [75vA] ausi dit Julien de celui qui
                                avoit paage aloé, que establi fut que ceste ‹aucion› n’avoit point
                                de leu contre lui. ¶ {2} Et ausi en celui qui ne pot pas savoir se
                                cil estoit en bau, Paulus dit que ceste aucion cesse, comme en
                                orfelin, comme en menor de .xx. anz. Et a ice dit le prevost : que
                                l’en doit secorre quant il i a cause por quoi&#160;; et ausi a
                                orfelin, par autre reson cesse ceste auction, por ce que le prest
                                est nul que li orfelin a fet sanz l’autorité au tutor. Paulus. Se
                                fiz qui est en bau croit, ceste auction n’a leu por ce que la
                                creance est nule, tot soit il sires de son chatel&#160;; car li
                                peres ne li ostroie mie à perdre son chetel quant il li ostroie que
                                il euse ; et por ce puet li piere demander l’argent. ¶ {3} Celi
                                solement mostre ceste auction&#160;: qui presta l’argent à celi qui
                                estoit en bau et ne fist pas autre marchié, si comme loer, si comme
                                vendre, ou qui fist marchié en autre maniere, car li pere virent que
                                li marchiez estoit mauvés. Et por ce, se je fis creance au fiz qui
                                estoit en bau ou d’achat ou de autre marchié où il ne conta pas
                                l’argent, et je le fis promesse, tantot commeince il à fere lor
                                tort, par ce que l’a‹r›gent ne fut pa conté ceste aucion cesse. Et
                                ce doit estre issi entendu&#160;: s’il n’i a boidie que cil qui ne
                                pot croire ne pot vendre, que cil eust le pris en maniere de prest.
                                ¶ {4} Se je enprunte do fiz qui est en bau, et quant il ert pere je
                                li faz creance, ou s’il est en mauvés estat, ou se si peres est
                                morz, ou s’il est sires de les choses, ceste aucion doit cesser, car
                                il a receu l’argent comme pere et comme seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.4} <hi rend="i">Scevola. Quia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et ce que l’en dit communaument que l’en ne pot fere creance à fiz
                                qui est en bau ne doit pas estre entendu à paroles mes au numbre de
                                la peccune.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.5} <hi rend="i">Paulus. Ergo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et donc sera cil do tot ‹condamné›, non pas de tant comme il pot
                                fere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.6} <hi rend="i">Scevola. Contra</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et encor dira l’en droitement encontre&#160;: « se tu enpruntes do
                                pere et enprés fez creance au fiz [75vB], ceste aucion avra leu, car
                                la sustence de l’obligacion est esconplie ».</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.7} <hi rend="i">Ulpianus. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se fiz qui est en bau plevist, Neracius dit que ceste aucion n’a
                                point de leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.14} <hi rend="i">Julianus. Filium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>J’é un fiz et de lui un neveu ; l’en fest creance à mon neveu par le
                                commandemant son pere ; l’en demanda se l’en fist ce contre ceste
                                aucion. Je di, se li fiz furent non aagé et au bau dou pere, hou il
                                et contre les paroles au senator, ¶ ausi devra l’en dire dou neveu
                                comme dou fiz ; et que le commandemant au pere nuise – ou ne nuise –
                                que la creance fust esmee contre ceste aucion, comme ceste cause
                                fust de li meismes comme cil qui ne pot enprunter contre la volenté
                                son pere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.15} <hi rend="i">Marcellus. Nichil</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne monte rien qui fet creance à fiz qui est en bau, ou privé, ou
                                commun, si comme une cité; car Severus et Antoninus distrent que
                                ceste aucion a leu en cité se l’en fet prest à fiz qui est en
                                bau.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.16} <hi rend="i">Paulus. Si filius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li fiz, quant li peres n’est pas au païs, ausi comme por son
                                commandemant enprunte et en fist letres et les envoia à son pere que
                                il rendist cele pecune, li peres, se ne li plest, doit demanoies
                                mander que li enprent est fez contre sa volenté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.17} <hi rend="i">Idem. Filius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li fiz enprunte deniers por doner les à sa seror en doere, li
                                peres est tenuz de cele peccune s’ele est mise en son preu&#160;;
                                car se la fille muert<note>muert] <emph>avet</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>ipsi enim mortua in matrimonio puella repetitio dotis
                                        datur</emph></note> en mariage, il pot demander le
                                doere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {14.6.20} <hi rend="i">Idem. Si is</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil deviant pere à cui tant comme il estoi en poer furent li
                                denier baillié, et il qui n’estoit pas sage balla un rendeor por
                                soi, se l’en li demande cel argent, il avra por soi barre de
                                fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head type="gp">VII. Do conseil au fil ou au serf <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 15, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Peculio</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.1} <hi rend="i">Ordinarium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li prevoz cuida que ce fut ordre et bien de mestre avant les marchiez
                                à cez qui sont en autrui poer, qui donent aucion de tot&#160;; vient
                                l’en à ce que l’en done aucion de chetel. ¶ {1} Ce ban est [76rA]
                                tres bon, car aucion vient ‹ou› de chetel, ou de ce que est au preu
                                au seignor, ou de commandemant. ¶ {2} Les paroles dou ban sont
                                teles&#160;: ce que l’en fera o celui qui est en autrui poer. ¶ {3}
                                Il parle de masculin non pas de feme&#160;; et si donra l’en aucion
                                por la feme. ¶ {4} Se l’en fet marchié o celi qui n’a .xiiii. anz ou
                                qui est serf, l’en donra ausi aucion contre le pere ou contre le
                                seignor dou chetel se lor chetel en est creuz. ¶ {5} La parole
                                «&#160;do poer&#160;» doit estre prise communaument ausi ou fiz
                                comme ou serf. {6} Ne l’en ne doit plus regarder le seignor à serf
                                que le poer de avoir les&#160;; ne nos ne seron pas solement tret en
                                plet por noz sers propres ne de ceus qui sunt communs, mes encores
                                de cex qui nos servent en bone foi, soient fiz soient autrui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.2} <hi rend="i">Ponponius. Ex ea causa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en done aucion de chetel solement de cele cause don li serf frutier
                                ou usagier requierent contre celui à cui est li usages ou le
                                fruit&#160;; des autres choses, l’en done auction contre le seignor
                                de la proprieté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.14} <hi rend="i">Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en commanda en testamant en present jor que li serf franc
                                fust&#160;: l’en doit pledier en toz les heirs do chetel, ne nus
                                d’aus ne ostera plus do chetel que ce que l’en li doit. {1} Et quant
                                li sers est morz au vivent au seignor, et enprés li sire lesse
                                plusors heirs dedanz l’en, ceste aucion faut, et poier de metre rien
                                hors do chetel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.24} <hi rend="i">Ulpianus. Curator</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui a la cure de forcené pot tolir et doner l’aministracion do
                                chetel ausi au serf au forsené comme au fiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.29} <hi rend="i">Si quis. Paulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun commande en son testemant que le siers soit franc et lesse
                                hers cil qui font marchié ou le serf, ‹il› poent pledier o les heirs
                                do chetel, car chescun est tenuz do chetel qui li remaint à
                                quiconques plede do chatel. {1} Et si li sires deffant que l’en ne
                                face marchié o le serf, l’en avra contre lui aucion de chetel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.39} <hi rend="i">Florentinus. Peculium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Chetel est ce que aucun a par s’aparne ou que il a gaignié par son
                                servise que l’en [76rB] li done ou se il veut que sis sers soit son
                                propre patrimoine.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.44} <hi rend="i">Ulpianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun fet marchié ou celi qui est en bau, il a .ii. detorz&#160;;
                                le fiz por tot et le pere solement do chetel.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.1.45} <hi rend="i">Paulus. Et ideoque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et por ce, se li peres tolist le chatel au fiz, por ce ne remoint pas
                                que li creancier ne puissent pledier o le fiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. Quant aucion de peccune est finee en un an <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 15, tit. 2&#160;: <hi rend="i">Quando de
                                    peculio actio annalis est</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {15.2.1} <hi rend="i">Pretor. Ulpianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le prevoz dit cex paroles&#160;: « je donroi sentence enprés la mort
                                à celi qui a esté en autrui poer, ou enprés ce que il a esté mis
                                hors d’autrui bau, ou que il est franchi ou mis en autrui main por
                                le chetel. Et se l’en l’a fet por conchiemant que le chatel soit
                                apeticiez en cel an, cil qui ot l’autre en son poer premierement
                                doit pledier ». ¶ {1} Tant comme fiz ou serf est en poer à autrui,
                                aucion de chetel est durable. Et enprés la mort à celi, puis que cil
                                sera mis hors de bau ou mis en autrui main ou franchi, ceste aucion
                                n’est que d’un an. ¶ {2} Et l’en contera bon an&#160;; et par ce, se
                                obligacion est fete par condicion, Julien dist que de lors conte
                                l’an, non pas des quant l’en pot le plet monoier, tant comme la
                                condicion dura. ¶ {3} Li prevoz fist à droit en ce cas auction
                                treporele&#160;; car comme chetel estoint par mort ou por ce que il
                                est mis en autrui main, il soffist que l’obligacion fust menee
                                dusqu’am l’an. ¶ {4} Alienacion et manumission, ceste franchise
                                apartient à sers non pas à fiz&#160;; mort apartient et à fiz et à
                                sers&#160;; et metre hors de bau apartient au fiz. Et s’il est hors
                                de la main au pere par autre meniere que par metre hors de sa main,
                                l’aucion sera d’un an – c’est à dire que ele ne durra que un an et
                                outre l’an ne durra pas. Et se il est hors d’autrui poer ou par mort
                                de pere ou par essil, li heir au pere sera tenuz dedenz l’an. {5} En
                                «&#160;metre en autrui main&#160;» est entendu vendeor et il est
                                tenuz de ceste aucion dedenz l’an&#160;; {6} et s’il a doné ou
                                cheingié le serf ou doné en doere, ausi en est. ¶ {7} Encor demande
                                l’en se li heir à celi qui le serf lessa s’il est tenuz dou [76vA]
                                chetel ou s’i commanda que il fust frans. Et il m’et avis que l’en
                                ne doit pas aucion de chatel n’an celui qui fu franchi ne en celi à
                                qui fu fet le lés. Or demande l’en, li heir est tenuz&#160;? ¶ Et
                                Cecilius dit que il estoit tenuz – et en est tenuz – , car le chatel
                                est ches celui que le rendi et se delivra de celi à cui il estoit
                                lessié. Et Pegasus dit que il le devoit et que il en devoit doner
                                segurté à l’oir par celui à qui le lés fut lessié, car li creancier
                                vienent à lui&#160;; par quoi se il rent senz segurté, il sera trez
                                en plet. ¶ {8} Se quant li sers est pris et le chatel li heir est
                                prez de rendre l’eritage, s’il est trez en plet do chetel, il n’avra
                                pas barre, si comme Marcellus dit. Et cil à cui l’en a rendu
                                l’eritage ne doit pas estre receu, comme Scevala dist, comme il n’a
                                pas le chatel ne ne fist pas por quoi il ne l’eust. ¶ {9} Et se le
                                usage est passé, l’en avra aucion dedenz l’an contre le
                                fruitier.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head type="gp">IX. De mandemant <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 15, tit. 4&#160;: <hi rend="i">Quod
                                    jussu</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {15.4.1} <hi rend="i">Ulpianus. Merito</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en dona par droit aucion de tot demandemant au seignor contre celi
                                o qui l’en fet marchié par son commandemant. {1} Nos entendon
                                «&#160;commandemant&#160;» se aucun commande en son testamant ou par
                                letres ou par paroles ou par message ou especiaument en un marchié.
                                Et par ce, se il dit issi&#160;: ce que tu voidras foi à Tibert mon
                                serjant&#160;; bien mi gart à ce commander se je ne prove que li
                                marchié est coruz en autre meniere. {2} Et je demande se je puis
                                rapeler cet commandemant avant que cil soit creu. Et je cuit que cil
                                ausi, comme je eusse mandé et puis enprés rapelé mon
                                commandemant&#160;; et je fis celi de certain. ¶ {3} Et se li peres
                                ou li sires mande, il est veü que il commande. {4} Et se li sires
                                seele au serf cez letres, il est tenuz dou commandemant. {5} Et que
                                sera s’il plevist le serf&#160;? Marcellus dit que il n’est pas
                                tenuz de ceste aucion, car iloc parlent si comme estrange&#160;; ne
                                par ce n’est il pas tenuz de la cause de la plevine, mes par ce
                                qu’autre chose est commander et autre choses est plevir. Et encor
                                dit il que se il nicemant plevist, cil n’est pas obligié comme s’il
                                eust commandé&#160;; et ceste sentence est veraie. ¶ {6} Se aucun a
                                establi ce que son sers a establi o le fiz, ceste [76vB] aucion est
                                contre aus. ¶ {7} Se li orfelins est sires, il n’est pas tenuz se le
                                tutor no commanda ausi. ¶ {8} Se le serf fist le marchié par le
                                commadement au frutuer ¶ et ausi de celi à cui il sert en bone foi,
                                Marcellus cuide que ceste aucion soit contre aus&#160;; et je cuit
                                que c’est bien. ¶ {9} Se l’en fet marchié au curator de vallet ou de
                                desvé ou de gaste blé, Labeo cuide que l’en doit ceste aucion contre
                                aus à cui a esté le serf. Et ausi est en veroi procurator&#160;; et
                                s’il n’est verai procurator, Labeo dit que l’en donra aucion contre
                                lui.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.4.2} <hi rend="i">Paulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en fet creance au serf de l’orfelin por le commandemant au
                                tutor, je cuit que, se l’en fet la creance par le preu à l’orfelin,
                                l’en avra contre lui auction de ce que le tutor commada. ¶ {1} Se
                                l’en fet creance par le commandemant au seignor à la serve, ou à la
                                fille por le commandemant au pere, ceste aucion doit estre donee
                                contre. ¶ {2} Se l’en fet marchié ou autrui serf par mon
                                commandemant et enprés je l’achate, je ne seroi pas tenuz de ceste
                                aucion, que ce que premerement ne valut rien soit fet bon por
                                avainture.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.4.3} <hi rend="i">Ulpianus. Dominum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li sires qui commanda que l’en creut à usure à son serf deniers à
                                prest, est tenuz de tant comme il commanda&#160;; ne obligacion de
                                gage n’a point de leu en teneures que li sers a obligiés se n’est
                                par la volenté au seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.4.4} <hi rend="i">Idem. Si iussu</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en fet marchié o le serf de la cité por le commandemant de celi
                                qui estoit sire, Ponponius dit que l’en a contre lui ceste
                                aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {15.4.5} <hi rend="i">Paulus. Si dominus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li peres ou li sires qui voloiet deners enprunter, et les
                                commaderent conter à lor serf ou à lor fiz, ce n’est nule demande
                                que il ne lor puissent demander&#160;; et en cest cas, n’a point
                                ceste aucion de leu. ¶ {1} Se un des seignors au serf commanda fere
                                marchié o celi, cil sol en sera tenuz&#160;; et se .ii. le
                                commandent, l’en a aucion contre les .ii., car il sont .ii.
                                commandeors.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head>X. Comment l'en est tenuz de mandemenz.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Obligement de mendement est fez par consentement de corage de cez qui
                            font marchié ensemble&#160;; et tex mendement puet estre receuz par
                            mesage ou par letres&#160;; et encor se ge vos pri, ou se ge voill, ou
                            se ge mende, l'en a auction de mendement contre moi. Mandement puet
                            estre porloignez jusqu'à jor, et puet estre fez par condicion<note>Dig.,
                                lib. 17, tit. 1, frag. 1&#160;: <hi rend="i">Mandati vel
                                    contra.</hi></note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Mandement, s'il n'et à gré de l'un et de l'autre, ne vaut riens.
                            Mandement si est commoincement de servir et amitié, et s'en en prent
                            loer, ce regarde plus loage que amitié. Mandement si viant entre nos, si
                            comme ge te mande que tu faces aucune chose por l'amor de moi ou
                            d'autrui, ou por autrui amor ou por la moie, ou por autrui <pb n="163"
                            />solement&#160;; ou se ge te mende por amor de te <emph>(toi)</emph>
                            solement, le mandemenz est nus. Mandemanz viant avant por l'amor de moi,
                            ausint com se ge te mandasse que tu feisses mes aferes, ou que tu
                            m'achetasses une teneure, ou que tu me plévisses<note>Dig., lib. 17,
                                tit. 1, frag. 1, § 4&#160;; frag. 2 pr. § 1.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Mandement d'autrui amor viant avant, ausint com se ge te mandasse que tu
                            feisses les aferes Gaubert, que tu li achètes une teneure, ou que tu li
                            plévisses. Por autrui amor et por la moie est ausint fet mandement,
                            ausint comme se je te mande que tu faces mes aferes et les Gobert, ou
                            que tu plévisses por moi ou por Gaubert, ou que tu achates une teneure
                            por moi. Por la toe amor, ausint com se ge te mandoie que tu feisses
                            créance à celui qui me prestoit sor ma chose<note>Ibid., frag. 2, §
                                2-4.</note>.</p>
                        <p>Mandemenz por autre <emph>(toi)</emph> et por autrui est ausint com se ge
                            te mande que tu feisses créance à Gaubert par autrui amor, et par tel
                            chose vient mandemant avant.</p>
                        <p>Por l'amor est mandemant, ausint com se ge te mende que tu changasses ta
                            teneure à un autre, ou que tu feisses ta meson abattre&#160;; et tex
                            parole est plus conseil que mandement&#160;; et por ce n'est-il pas
                            obligiez de consoil, tot n'ait-il mestier à celui cui l'en done&#160;;
                            car chascun doit panser en son corage que conseil li est bons ou
                                mauvès<note>Ibid., frag. 2, § 5, 6.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Nus ne doit fere commendement, fors purement le mandement&#160;: car s'il
                            fet plus que l'en ne li mende, s'il fet moins, il fet moins que l'en ne
                            li mende. Mès la cause de celui qui mende puet estre fete meillor, ausi
                            com se ge te mandasse que tu achatasses un cheval vingt sols et tu
                            l'eusses por quinze sols.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Mandement de lède chose est nul<note>Ibid., frag. 5 pr., § 5&#160;; frag.
                                6, § 3.</note>.</p>
                        <p>Un home dit que Gaubert me manda que je li achetasse un cheval cent sols,
                            ge li achate&#160;; je requiers les deniers qu'il les me rande et
                            praigne le cheval. Gaubert nie qu'il ne se panssa onques&#160;; cil
                            l'offre à prover par soi et par garanz, qui vit le commendement fere à
                            celui qui aporta le mendement, et oï le mandement&#160;; et li copables
                            fet encontre tel ni et tel deffanse comme il doit. L'en respont que li
                            copables est loissanz de prendre la prove de celui qui demende et de son
                            garant, <pb n="164"/>ou d'escondire par la soe. Mès s'il eust chetel en
                            sa chose qu'il manda, et l'en l'eust dit en la demende, et offert à
                            prover, il i eust gage.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head type="gp">XI. [77rB] De contrepois <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 16, tit. 2&#160;: <hi rend="i">de
                                    Compensationibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.1} <hi rend="i">Modestinus. Compensacion</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Contrepoies est solte de dete et de creance l’un encontre
                                l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.2} <hi rend="i">Julianus. Unus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Chescun oste son creancier et son detor qui demande s’il veut fere
                                contrepois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.3} <hi rend="i">Ponponius. Ideo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et por ce est contrepois necessere, car c’est plus nostre preu de
                                requenoistre la dete que de demander ce que l’en a rendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.4} <hi rend="i">Paulus. Verum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que plesoit à Neracius est voier. Et Ponponius dit que li pleige
                                doit moins par droit de tot marchié de tant comme li detor pot
                                retenir de contrepois&#160;; ausi comme se je demande tot au detor
                                je demande malement, ausi le plege n’est pas tenuz en plus que cil
                                por qui il plevist pot estre condempné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.5} <hi rend="i">Gaius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en demande rien au plege, droiz est que il choissise le quel que
                                il vodra miauz que l’en face contrepois à lui ou au detor de ce que
                                l’en doit&#160;; et s’il veaut l’un et l’autre trespasser, il doit
                                estre oïz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.6} <hi rend="i">Paulus. Etiam</hi><note>Etiam]
                                    <emph>etien</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Etiam quod natura
                                    debetur</emph></note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et ce que l’en doit por nature vient en contrepois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.7} <hi rend="i">Idem. Quod in diem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que l’en doit à jorné sera pas contrepesé jusque li jor viegne.
                                {1} Se le juige ne velt pas fere contrepois, la demande remoint
                                sauve, ne l’en ne li pot metre encontre barre de chose juigie. Je
                                diroi autre chose se il ne velt fere contrepois, ausi comme s’il
                                n’eust point de dete, lors avroi ge contre moi barre de chose
                                juigie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.10} <hi rend="i">Ulpianus. Si ambo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se nos somes .ii. compoingnons et nos somes [77vA] ausi l’un comme
                                l’autre negligenz en noz aferes, l’en doit dire que nos leson à
                                estre obligié et que l’en doit garder le contrepois de la
                                negligence. Et ausi prove l’en se l’un prent rien de la chose
                                commune et li autre fust tant negligent que bien valut sa niceté par
                                la proece à l’autre, l’en porra ci fere contrepois et delivrer l’un
                                et l’autre. ¶ {1} Se aucun doit fere contrepois et rende<note>rende]
                                        <emph>rendre</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>solverit</emph></note>, il porra demander ausi comme
                                s’il eust rendu chose que il ne devoit. ¶ {2} À totes les foiz que
                                aucion nest de male foi, si comme de larecin et de tex malefices, se
                                l’en plede de tel chose por avoir deniers contrepois a leu&#160;;
                                ausi est se l’en plede de cause de larrecin. ¶ Et cil qui est tret
                                en plet de cause de forfet pot metre avant contrepois. ¶ {3} Et en
                                promesse a ceste aucion leu&#160;; et segont ce que Julien dit, en
                                la promesse ou aucion de promesse porra l’en metre contrepois
                                avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.11} <hi rend="i">Idem. Cum alter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’un doit deners à l’autre sanz usure et li autre doit usure,
                                Severus li enpereor establi que de tant comme chescun a il ne doit
                                pas rendre l’usure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.12} <hi rend="i">Idem. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi est non pas solemant en privez aferes que en communs&#160;; et
                                s’il a usure ça et la, et il i a diverses<note>diverses]
                                        <emph>diversses</emph> dans le ms., distraction du copiste,
                                    qui a inseré un –<hi rend="i">s</hi> supplementaire après
                                    l’abréviation</note> usures, contrepois a leu de que l’un doit à
                                l’autre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.13} <hi rend="i">Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que Labeo dit n’est pas sanz reson, que se l’en fet especiaument
                                contrepois à aucunne demande, ele ne sera pas misse contre cez
                                autres choses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.15} <hi rend="i">Idem. Pecuniam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>J’é promis à baillier deners à Tebert en certain leu, cil les me
                                demande&#160;; je demande se l’en doit ce contrepeser de tant comme
                                je ne vossisse que el ne fust rendue en certain leu. Je di, se
                                Tebert demande cel argent que il promist en certain leu, il convient
                                ce contrepeser ou sa cause, c’est à dire por combien il ne vosist
                                que la peccune ne fust rendue, la où ele fust promisse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.16} <hi rend="i">Papinianus. Si cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se un<note> un] <hi rend="i">une</hi> dans le ms.</note> autre est
                                heir à chevaler et un autre heir est, et le detor qui est obligié à
                                l’un des heirs veault contrepeser ce que li autres li doit, il ne
                                sera pas oïz. ¶ {1} Quant cil qui est condempné à Tebert plede de la
                                chose jugie dedanz le jor que la chose fu jugie [77vB], l’en n’avra
                                pas contrepois, car autre chose que le jor de l’obligacion n’est pas
                                venu&#160;; autre chose est s’il done terme de rendre por sa
                                debonereté. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.17}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et cil qui est condempné por ce que il ne fist largece de blé quant
                                le herbaut fu, n’est pas senblant que il done l’argent do froment,
                                et por ce avra il contrepois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.20} <hi rend="i">Idem. Ob negacionem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se curator est condempné de ce que l’en li commanda que il foist
                                avoir en l’ost quant il i fut, ne fust pas escordé que il receust
                                l’argent par contrepois, car il n’est pas contrepoissé.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.21} <hi rend="i">Paulus. Postea</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Puis que il fut acordé entre tot<note>entre tot]
                                        <emph>entretor</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>interomnes</emph></note> que ce que l’en dut ça et la
                                fust contrepoissé - Paulus -, se le procurator à celi qui estoit
                                hors do païs est tret en plet, il ne devra pas doner caucion de
                                fermeté&#160;; car il n’i a point de contrepois et au commoincement
                                li doit l’en moins demander.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.22} <hi rend="i">Scevola. Si debeas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu doiz .x. solz et tis averseres ne veust fere contrepois, li
                                contrepois de ceste dete est issi fet se li averseres dist en apert
                                que il le vosist ou non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.23} <hi rend="i">Paulus. Idem quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se le tutor demande ce qu’est deu en non de orfelins, l’en ne porra
                                metre avant le contrepois de cel argent que li tutor doit à
                                l’aversere en son non.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.2.24} <hi rend="i">Paulus. Iussit</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li enpereor commanda que cil fust oïz qui voloit prover que il li
                                devoit et que il l’en fut tret en plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head type="gp">XII. De chose que l’en baille à garder que l’en apele depos <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 16, tit. 3&#160;: <hi rend="i">Depositi
                                    vel contra</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {16.3.1} <hi rend="i">Ulpianus. Depositum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Deposee chose est qui est baillie à garder à aucun&#160;; et l’en
                                apele «&#160;deposee&#160;» por ce que ele i est posee&#160;; car
                                ceste preposicion croit le depos por senefier que il met tot sor la
                                loiauté quanque apartient à la garde de la chose. ¶ {1} Le prevost
                                dit&#160;: je donroi juigement de ce qu’est baillié à garder, non
                                pas por acheson de guerre, ne de feu, ne de froissiez de nef, ne de
                                trebucheiz, ¶ d’une chose contre celi qui avra la chose esgardé. Et
                                des choses qui sont desus nomees, contre lui à doble&#160;; et
                                contre l’oier à celui don l’en dira que li mort i fist barat, d’une
                                chose. ¶ {2} Le prevoz departit par droit ces causes de baillier
                                choses en garde, que contienenent cause de aventure de bau, qui
                                descent de besoing qui ne vient pas de volenté. ¶ {3} Et l’en entant
                                que cil baille en garde par cause de feu, [78rA] de guerre, qui n’a
                                nule autre cause de baillier en garde fors que le peril aparissant.
                                ¶ {4} Ceste defenrance de causes n’est pas sanz reson&#160;; car
                                comme cil qui baille sa chose en garde par sa volenté à aucun en qui
                                il se fie, il se doit tenir apaié de simple rente. Et quant il
                                baille en garde par besoing, le crime au trecheor il le croist, et
                                le doit comperer par le commun profist&#160;; car c’est moult grant
                                mauveté de froissier sa loiauté quant l’en reçoit chose en garde. ¶
                                {5} Ce qui s’esjont<note>s’esjont] <emph>se fiont</emph> dans le
                                    ms., cf. lat. <emph>Quae depositis rebus accedunt</emph></note>
                                à choses baillies en garde ne sont mie desposees&#160;; ausi comme
                                se l’en met en garde un home vestu, la robe n’est pas por ce
                                baillie&#160;; ne se un chevau est baillié ou le chevoitre, car le
                                cheval solement est desposé. ¶ {6} S’il est en convant que barat et
                                colpe soent hors de bau, la convenance est bone, car li marchié
                                prenent loi de la convenance. {7} L’en ne doit pas desloier ce que
                                trecherie soit hors&#160;; car, s’il i a trecherie et barat, ce est
                                contre bones mors et contre bone foi, et por ce ne la doit l’en pas
                                tenir. ¶ {8} Se robe que l’en a baillie à garder à celi qui garde
                                les bainz est perrie et cil n’a eu nul loier de la robe garder, il
                                est tenuz de bau, et cuit que il doit fere foi que il ne fist
                                barat&#160;; et s’il en ot loier, il est tenuz do loage. ¶ {9} Se
                                aucun gete son serf qui estoit baillié à garder au pestrin, et se li
                                petriseor et loer por garder le serf, je cuit que l’en a aucion
                                contre celi do loage. Et se j’é pris loer por le serf que cil tient
                                en son mestier, je puis avoier aucion de loage&#160;; et se les
                                ovres à celui serf furent baillies o le serf, c’est ausi comme
                                loage. ¶ Et par ce que il n’i ot point de loier, ceste aucion est de
                                paroles&#160;; et s’il ne rent rien que le manger et tu n’eus rien
                                de la besoigne au serf, ceste aucion est contre toi. ¶ {10} L’en
                                ostera barat et tricherie de loage et d’autres convenances don nos
                                avons desus parlé. Et se aucun reçoit un serf et il li done à
                                mangier solement, l’en ne metra hors de ce que tricherie&#160;; et
                                ausi comme Ponponius dist, s’il i ot rien en convenance ne escrit,
                                il n’i a [78rB] ura nus hors que tricherie vers cez qui le serf
                                receurent&#160;; et ceste tricherie doit estre ostee folement do
                                depos. ¶ {11} Se ge te prie que tu portes mes choses à Tibert que il
                                les me gart, l’en demande à Ponponius quele aucion je puis avoir
                                contre toi. Et il cuide que de aucion de commandemant&#160;; et se
                                cil reçoit celes choses, il i a aucion de depos&#160;; et s’il la
                                reçoit en ton non et tu le mandas, tu es tenuz de commandemant et il
                                t’est tenuz de depos&#160;; et se tu es tret en plet de mandemant,
                                tu me bailleras ceste auction. ¶ {12} Et se te baille la chose que
                                se Tebert ne prist la chose tu la me gardasses, et il ne la prent
                                pas, l’en doit voer se tu es tenuz solement de bau ou do
                                commandemant&#160;; et Ponponius en dote. Et je cuit que tant
                                solement de aucion de commandemant, car plus fust à voier le
                                mandemant que la garde. ¶ {13} Ausi dist Ponponius&#160;: se je te
                                mande que tu me gardes ma chose que tu as receu en mon non de aucun
                                et tu le fes, issi l’en demande se tu es tenuz de mandemant ou de
                                depos. Et il dit que plus vaut de aucion de mandemant, car c’est
                                celi premer marchié. ¶ {14} Ausi demande Ponponius&#160;: se quant
                                je vol deposer ma chose ches toi, tu commandas la metre chiés ton
                                serf, l’en demande se j’é contre toi ceste aucion. Et il dist&#160;:
                                se ge li mis en ton non, ausi comme se tu le gardasses, j’é contre
                                toi ceste aucion. Et se tu me diz que je mete ma chose ches toi, je
                                n’é nule aucion contre toi, et ceste aucion est o celi, ne tu n’es
                                pas tenuz do commendement, car tu fois mes choses. Mes se tu
                                commandas que je le moisse ches celi en ton peril, je ne voi pas por
                                quoi il n’i eist aucion de mandemant. Et se tu fus son plege, Labeo
                                dist sanz faille que tu es tenuz non pas solement se cil fist barat
                                me·s’il a la chose. Et que sera se cil fu forsené qui ot la chose ou
                                s’il est orfelin ou il n’est heir, ne ne tient les biens ne cil n’ot
                                nul heir&#160;? Il sera tenuz et convient que il rende le bau. ¶
                                {15} L’en demande se l’en doit doner [78vA] aucion contre l’orfelin
                                à cui l’en a baillé à garder sanz l’autorité au tutor. L’en doit
                                voer se il set point de barat&#160;; l’en i a aucion s’il fet barat
                                de tant comme il i a gaignié&#160;; et s’il n’i fet barat, ausi est
                                il tenuz. ¶ {16} Se l’en rent la chose enpiree que l’en a en garde
                                baillie, l’en pot avoir aucion ausi comme se ele ne fut pas
                                rendue&#160;; quar quant ele est rendue peor, l’en pot dire, por le
                                barat qui est, que el n’est pas rendue. ¶ {17} Se mon serf baille
                                aucunne chose en garde, je avroi aucion de bau. ¶ {18} Se ge baille
                                à sers ma chose en garde et ge plede o franchi, Macellus dit que il
                                n’i a point de aucion, ja soit ce que nos solons dire que chescun
                                est tenuz de barat qui est fet ou tens que aucun est serf&#160;; car
                                li forfez doivent estre puniz or convendra aler à autres aucions
                                convenables. ¶ {19} Ceste aucion est rendue à cez qui tienent les
                                biens et lor heirs. ¶ {20} Et l’en n’avra pas aucion solement de
                                barat qui est passé mes de celi qui est à venir, c’est à dire enprés
                                ce que plet est entammé. {21} Et d’iqui dit Neracius&#160;: se chose
                                baillie en garde est perdue sanz barat et ele est trovee enprés ce
                                que le plet en fu terminé, por ce ne ravient pas que cil qui l’ot ne
                                soit tenuz à rendre la, ne ne doit pas estre delivré s’il ne la
                                rent. ¶ Oncor dit li enpereor&#160;: ja soit ce que l’en n’et pledié
                                o toi de bau, et tu n’as poer de rendre moi la chose, car li grenier
                                por avointure sont clos, se tu as poer de rendre la avant ce que tu
                                es condempnez à rendre la, tu doit estre condempnez se tu ne la
                                ranz, car tu l’as&#160;; lors doit l’en demander se tu i ferés barat
                                quant tu n’as pas la chose. ¶ {22} Julien dit que cil qui deposa la
                                chose pot demanois avoir aucion de demander la&#160;; car il apert
                                que cil qui la chose reçut i face barat quant il ne la vost rendre à
                                celi qui la demandoit. Et Marcellus dit que cil ne fest pas barat
                                toz jorz s’il ne rent la chose à celi que ele est ; car par aventure
                                la chose sera loing de celi [78vB], ou il ne porra pas ovrir les
                                graniers au jor que il fut condempné de rendre la, et la condicion
                                de rendre<note>rendre] <emph>rendra</emph> dans le ms.</note> la
                                n’est pas echevé. {23} Il ne convient pas doter que ceste aucion ne
                                soit de bien et de lëauté. {24} Et por ce doit l’en dire que l’en
                                pot demander par ceste aucion les fruiz de la chose baillie et les
                                feons et toute la cause, que la chose ne soit rendue mie si comme
                                ele fut baillie. ¶ {25} Se tu vendis la chose qui ce fut baillie et
                                enprés la rachetas, se ele perist puis, tot n’i ert il point de
                                barat, tu en es tenuz, car tu fois barat une foiz quant tu la
                                vendis&#160;; {26} et en ceste auction jure l’en en plet. ¶ {27} Non
                                pas mes se cili qui me sert en bone foi balle chose en garde droit
                                esgarde et sera que je en ee aucion s’il balla chose qui
                                m’apartenoit. {28} Et ausi se g’e usage et fruit en serf, se ce que
                                il bailla en garde fut do chetel qui n’i apartenoit ou se la chose
                                fut moie, je porrai avoir ceste aucion. ¶ {29} Se serf heriter
                                baille chose à garder, li heir qui avra l’eritage avra ceste aucion.
                                ¶ {30} Se serf baille chose en garde s’i mort ou s’il vit, li sires
                                avra ceste aucion à droit&#160;; et se le serf est franchi, il ne la
                                porra avoier. ¶ Et s’il est mis en autrui main, il avra ceste aucion
                                cis cui est le serf quant il fist le bau, car l’en doit regarder le
                                commencement do marchié. ¶ {31} Se le sers qui bailla la chose en
                                garde est à .ii. seignors, chescun avra à ceste aucion par sa
                                partie. ¶ {32} Se tu rendis à Tebert la chose que li serf avoit
                                baillie en garde et tu cuidas que il en fust sires et ne l’estoit
                                pas, tu n’es pas tenuz de ceste aucion&#160;; ce dit Celsus, car il
                                n’i à point de barat et li sires pledera o Tebert ou o celi qui la
                                chose a, et la mostree en demandera à avoier. ¶ Et s’ele li est
                                monstree, il la chalongera. Et s’il despandi la chose qui savoit que
                                ele estoit à autrui, il sera condempné, car il fist par son barat
                                que il ne l’ot pas. ¶ {33} L’en fet une demande trop bele à
                                Julien&#160;: se le serf me bailla deners en garde par si que ge les
                                donasses à son seignor por lui franchir et ge les li done, l’en
                                demande se ge sui [79rA] tenuz dou bau. Et Neracius dist&#160;: se
                                je les baille issi que el fut à moi baillé por ce et je le te faz
                                savoir, tu n’as pas ceste aucion contre moi&#160;; car tu seus bien
                                l’afere quant je t’e baillé l’argent et issi n’i faz ge point de
                                barat. Et se je baille les deniers comme miens por lui franchir,
                                g’en seroi tenuz, et m’est avis que c’est voir&#160;; et cist ne
                                randi pas la chose sanz barat, et si ne la rendi pas&#160;; car
                                autre chose est rendre et autre chose est doner do sien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.3.16} <hi rend="i">Affricanus. Si his</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil à cui tu as baillié la chose à garder la baille à un autre, et
                                cil pert aucunne chose por le barat à celi à cui il le bailla
                                enprés, cil est tenuz à cui tu la baillas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.3.31} <hi rend="i">Trophonius. Bona</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Bone foi que l’en demande en marchié deserre que l’en face lëauté.
                                Mes l’en demande se l’en le doit esmer segont le droit à genz ou
                                segont le droit à prevoz. Ausi comme se cil qui estoit condempné à
                                perdre la teste te bailla .c. solz en garde et il fust envoié en
                                essil et ses chose sont totes sesies, l’en demande se l’en li doit
                                ce rendre o metre o les choses sesies. Se nos regardon droit naturel
                                et de gent, le doit rendre la chose à celi qui la bailla&#160;; mes
                                segont droit de cité et segont loi, il doit rendre les choses o
                                celes qui sont sesies, car li maufesor doit avoir soffroite por
                                espoenter les autres. {1} Et oncor devons nos regarder se nos devon
                                voier solement bone foi entre cex qui ont fet lor marchié sanz autre
                                jointure ne sanz autres persones à cui apartient ce que l’en fet. Et
                                vez l’esample&#160;: ¶ un lierres mist en garde ches Gaubert la robe
                                que il me tolit, cil Gaubert n’en savit rien de larrecin, l’en
                                demande à cui je Gaubert vendrai la chose, ou au larron ou à celi
                                que eles sont. Se nos regardon celi qui baille et celi qui reçoit,
                                c’est la bone foi que cil ait la chose qui la bailla&#160;; et se
                                l’en regarde equité de totes les persones qui avienent à cest afere,
                                l’en me doit rendre la chose, et par ce les doit perdre li lerres.
                                Et por ce, di ge que c’est droiz qui rent à chescun ce qu’est droiz.
                                Et se je ne demande la chose, el doit estre rendue à celi qui li
                                mist, tot i eit il mis chose que n’estoit mie soe. Et [79rB] ausi
                                dit Macellus en toleor et en robeor. Et se li lierres n’en sot rien
                                que la chose fust au fiz ou au serf à qui il la tolit, et il la met
                                en garde chiés le pere ou ches le seignor, par droit de genz ne vaut
                                rien ce bau, qui a tel poer que la chose doit estre baillee au
                                seignor à l’autre non pas qui est baillie comme estrange à garder.
                                Et se li lerres me baille à garder la chose que il m’a emblee et
                                rien n’en soi, l’en dira par droit que li bau est nul, car il n’i a
                                point de bone foi et il est tenuz de rendre ses choses au seignor.
                                Et s’ele estoit baillie do seignor qui rien n’en sot, il la pot
                                redemander ausi comme de cause de bau.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {16.3.32} <hi rend="i">Celsus. Quod Nerva</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que Nerva dist que grant colpe estoit tricherie ne plesoit pas à
                                Proculus&#160;; car se aucun n’est pas si diligent comme nature
                                desierre, s’il ne fu si diligent à sa maniere en la chose garder, il
                                n’a point de barat. Et, sauve la foi, il ne metra menor diligence en
                                cele chose garder qu’an la soie.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head>XIII. De chose baillie en garde, d'establissemanz de roi, et de choses qui
                        sont baillies en yglise en garde.<note>Les trois premiers paragraphes de ce
                            titre sont tirés du chap. 1, et les trois derniers du chap. 2 des
                            Décrétales de Grégoire IX, au liv. 3, tit. 16.</note></head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Li rois dit en son conseil&#160;: Nos avons sovent plez de quoi une
                            question est née qui nos avient sovant&#160;; et por ce que nos savons
                            que plusors tex choses avienent sovent, il en semblent qui estoit bien
                            mester que nos feissiens une loi propre à savoir le droit des choses qui
                            sont baillies en garde.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Comme un ons meist ses deners en un moster, en une uiche qu'il aporta,
                            uns clers embla ces deniers, et s'enfoï. Cil hom demande ses deners à
                            l'abé et au convent de ce moter. A ce respondi li abés et li convenz
                            qu'il n'en voloit nus rendre, comme li dener n'avoient pas esté baillié
                            espéciaument, mès en l'iglise avoit mise cele chose, et aus avoient mis
                            diligence de prodome en garder l'iglise. Don l'en demende qu'en dit
                            droiz. Et l'en dit que l'iglise n'i est pas tenue, et que l'en doit
                            querre le clerc, et s'il est trovez, qu'il soit forciez de rendre les
                            deniers.</p>
                        <p>Ci a bone devise, comme chose est mise ou chiés clerc ou en yglise, l'en
                            doit demender la chose à la personne, non pas à l'iglise, se ce n'est
                            torné en preu de l'iglise&#160;: lors est tenue l'iglise de ce qu'el en
                            a eu, tot ne soit la chose mise en l'iglyse. Et quant la chose est mise
                            en <pb n="165"/>l'iglyse, pardevant les prélaz de l'iglyse, lors la doit
                            l'en demender à l'yglise. Et l'en doit maumener celi chés qui l'en a
                            mise la chose en garde qu'il la rende.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Aucun mist sa chose en ma meson, ge la perdi&#160;; mès la moie fust bien
                            gardée&#160;; et l'en dist que, tot doie l'en cuider que j'eie la chose
                            bien gardée que l'en me bailla à garder, en ce quas a présumpcion qu'il
                            ne l'et pas bien gardée.</p>
                        <p>Mès posé que je te baille une chose à garder por estre sauve, ou tu eus
                            loer por la chose garder, se la garde n'empire par tes copes, tu n'i es
                            pas tenuz, fors en tres quas&#160;: que se tu as convent que s'ele est
                            perdue que tu la li rendras&#160;; ou quant ta cope ala avant le
                            quas&#160;; ou quant la chose demora à rendre.</p>
                        <p>Posé soit que aucun eist mise sa chose chés toi jusque à la Saint-Guérin,
                            la porra-il demender avant le terme&#160;? et l'en dit que oïl, posé
                            encore que cil qui te baille sa chose à garder estoit tenuz à toi de
                            rendre aucuns deniers por la chose garder, tu ne veauz pas la chose
                            rendre jusque tu eis ta promesse&#160;: l'en dit que tu puez bien ce
                            fere, que bone foi ne soit tornée à tricherie, que l'en ne te toille ce
                            que tu as déservi.</p>
                        <p>Et se aucuns reçoit or ou autres choses en garde par aucune condicion,
                            cil qui a la chose en garde doit la chose rendre, quant la condition est
                            acomplie, ne nus n'oit congié de deffendre contre ce, que la chose que
                            fu baillie en garde ne soit rendue&#160;; car plusors priviléges en sont
                            donées par le feseor de lois, et par nos-meismes ès choses baillies en
                            garde.</p>
                        <p>Et s'il avient que la chose que estoit baillie en garde soit perdue, ou
                            périe par quas d'aventure que l'en ne pot eschever, la perte soit sor
                            celi qui la chose est, se la chose ne demora à rendre par celi qui la
                            gardoit. L'en commende que plus soit estroitement commendé la chose
                            rendre à celi qui la garde, qu'ele ne soit juigée à perdue à celi qui la
                            bailla à garder, por ce que li gardeor des choses n'aient acheson de
                            fere tricherie, ne desloïauté&#160;; car o tot ce ne se gardent-il
                            pas.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <pb n="166"/>
                <front>
                    <head>XIV. De choses prestées qui sunt fetes par prière.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Chose qui est fete par prière si puet estre rapelée, issit comme vos
                            porrez ci-emprès oïr.</p>
                        <p>L'en dit ci<note>Au chap. 2, liv. 3, tit. 14, des Décrét, de Grég.
                                IX&#160;: <emph>de Precariis.</emph></note> que ce que li ancessors a
                            estrangé malement, cil qui viant emprès lui le puet rapeler, en tens que
                            successor puet rapeler. Ce que ancessor mist mauvèsement, il n'est pas
                            tenus en ce que si ancessors en fist.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Se ge otroi à aucun la moie chose par prière, l'en demende combien doit
                            durer ce prest&#160;? Et l'en dit tant comme ge vodroi. Et tel otroi est
                            dépéciez, quant cil est morz qui presta o celui à qui l'en
                                presta<note>Ce paragraphe et les deux suivants sont extraits du
                                chapitre 3, ibid.</note>.</p>
                        <p>Posé que je t'otroi ma chose par prest&#160;; tu la mez aillors&#160;; je
                            la voil rapeler, puis le je fere&#160;? L'en dit que oïl&#160;; car il
                            ne lest pas à autrui tenir ma chose sanz ma volenté. Posé que je te
                            preste ma chose por ton besoing, la puis-ge demender d'avant que ton
                            besoin fauge&#160;? Nenil, se tu ne lessoies ton besoing à estanchier
                            par malice, por tenir ma chose&#160;; et lors la te porroie-ge
                            demander.</p>
                        <p>Et se ge te preste ma chose jusque à un jor, la te puis-ge demender avant
                            le jor por mon besoing&#160;? Non, que male foi n'i soit entendue. Et
                            s'il n'a que fere de la choze et ge en aie besoing, puis la ge
                            demender&#160;? Et l'en respont que cortoisie sera se ele est rendue por
                            le besoing, quant cil n'en a afere, come l'en doie estre recorz des
                            biens que li a fez.</p>
                        <p>Or demende l'en se chose est prestée et ele soit perdue, se l'en i est
                            tenuz&#160;? Et l'en respont que la division est tele&#160;: se la chose
                            est prestée par si que l'en la rende, la convenance vaut. Et se la chose
                            est prestée simplement, sanz division, li emprunterres ait mis ausi
                            grant diligence en la chose garder, comme prodom doit fere, et la chose
                            périsse, il n'en est pas tenuz. Et se la chose demuere à rendre enprès
                            le terme qu'ele dut estre rendue, et ele périst, comment que ce soit,
                            ele doit estre rendable<note>Decret Greg. IX, lib. 3, tit. 15, cap.
                                unic.&#160;: <emph>de Commodato.</emph></note>.</p>
                        <p><pb n="167"/>Et se li chevaus est menez plus grant jornée qu'il ne doit
                            et plus tost que reson ne done, et il périst, est-il rendables&#160;?
                            Oïl&#160;; car il apert plus que la chose soit desavancie par l'otrage
                            que non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Emprès l'en dit que quant l'en preste la chose à certain usage, que l'en
                            ne la puet redemender ainz que la chose soit fete, por quoi l'en i mete
                            diligence de prodome&#160;; car l'en ne doit pas estre déceuz de
                            bienfet, einz en doit l'en estre aidiez<note>Decret. Greg. IX, lib. 3,
                                tit. 15&#160;: <emph>de Commodato.</emph></note>.</p>
                        <p>Et se aucuns dit que la chose est prestée à certain usage, et li
                            prestierres li nit&#160;; ou s'il dit que l'en a presté simplement, et
                            li presterres li nist&#160;: en tel chose n'a pas bataille, mès
                            prove&#160;; et li chois de la prove est au presteor.</p>
                        <p>Se li emprunterres nia la chose qui li a esté prestée, qu'ele ne li fu
                            onques prestée, en tel chose a bataille, et se la chose est tele que
                            bataille en doie nestre&#160;; car se li presterres dit qu'il est prest
                            de prover par soi et par garanz, qu'il li presta la chose, et die quele,
                            et li autre die encontre qu'il fet tel ni et tel deffense comme il
                            doit&#160;: droiz dit qui sera loisanz de prendre la prove de celui et
                            de son garant, et de quenoistre que c'est voir, ou d'escondire par gage
                            de bataille vers un des garanz.</p>
                        <p>Et en autre forme doit l'en dire de celui qui quenoist qu'il a emprunté,
                            et dit qui li a rendu, et l'offre à prover par soi et par garanz.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <front>
                    <head type="gp">XV. [80rA] De compoignie <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 17,
                                tit. 2&#160;: <hi rend="i">Pro socio</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.1} <hi rend="i">Societas</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Compoignie pot estre fete à toz jorz, c’est à dire tant comme il
                                vivent, ou à ja ou par condicion. ¶ {1} En compoignie, totes les
                                choses de toz les biens que cil ont, qui s’entracompoignent, sont en
                                communauté manois.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.3} <hi rend="i">Paulus. Ea vero</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et les choses qui sont en chetel remainent en lor estat, et les
                                aucions doivent estre rendues aucunne foiz. {1} Quant compoignie de
                                toz biens est especiaument assenblie, lors et l’eritage et les lés
                                ou ce qu’est conquis par aucunne reson vient en communauté. ¶ {2}
                                L’en demande de celi se compoignie est issi assenblee que se aucun
                                droit heritage avient à l’un et à l’autre qui soit commun [80rB],
                                qui est droit heritage. À l’un et à l’autre li avient par lëau
                                droit, et ce qu’est en testamant et qu’est apartenant à lëau
                                heritage. ¶ {3} Se compoignie est assenblie par barat ou par
                                conchiement, il est nule par droit&#160;; car bone foi est contraire
                                à barat et à tricherie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.4} <hi rend="i">Modestinus. Societatem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>N’est pas dote que l’en ne puisse bien fere compoignie et par chose
                                et par parole et par message. {1} Nos somes desavanci de la
                                compoignie, par mort, par apeticement de chief, par reniement et par
                                besoing.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.5} <hi rend="i">Ulpianus. Societates</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Compoignies sont fetes de toz cez que l’en a eu, d’aucunne
                                marchandie, ou de trevage, ou d’une chose. ¶ {1} Compoignie puet
                                estre fete et vaut entre tez qui n’ont pas li un tant comme li
                                autre&#160;; comme aucunne foiz avient que la povreté<note>que la
                                    povreté] <emph>que la porveance</emph> dans le ms., incohérence
                                    determinée par la mauvaise lecture d’une abréviation, cf. lat.
                                        <emph>cum plerumque pauperior opera suppleat, quantum ei per
                                        comparationem patrimonii deest</emph></note> d’auqun face
                                autretant par sa porveance et par son seu comme l’autre a mis de son
                                patremoine. ¶ {2} Compoignie n’est mie bien fete par cause de
                                doner.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.6} <hi rend="i">Pomponius. Si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu fez compoignie o moi par tel condicion que tu feisses parties
                                de la compoignie, cele chose doit estre menee avant à l’arbitre do
                                prodome. Et est bien par l’arbitre de prodome que nos ne seons pas
                                compoingnons de ivés parties&#160;; ausi comme se le un mest plus
                                que l’autre en la compoignie que il n’i meste de peccune.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.7} <hi rend="i">Ulpianus. Cohiri</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en pot assenbler compoignie simplement. Et s’il n’est devise,
                                aparissant est que la compoignie est de tot ce que l’en pot
                                conquerre, c’est à dire se aucun gaignent d’achast, de vendicion, de
                                loange.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.20} <hi rend="i">Idem. Nam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car le compoignon mon compoignon n’est mie mon compoignon.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.35} <hi rend="i">Ulpianus. Nemo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nus ne pot apareillier compoignie à son heir que li heir soit
                                compoignon&#160;; et l’en a aucion contre l’eir au compoignon que il
                                soit leal.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.39} <hi rend="i">Ponponius. Si fundus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se ge et tu avons un champ et tu enterres un mort, je avrai aucion
                                contre toi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.40} <hi rend="i">Idem. Heres</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li heir au compoignon, tot ne soit il compoignon, totevoies, ce que
                                li mort commoinça, li heir doit eschiver.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.68} <hi rend="i">Gaius. Nemo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nul [80vA] de compoignons ne pot metre hors de sa main que sa part
                                s’il sont compoignons de toz biens. ¶ {1} Encor demande l’en se cil
                                qui porchace que il ne puisse rendre par barat. Il est voir que l’en
                                entant de celi qui balle sa chose par barat en tel main que il ne
                                puisse rendre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.69} <hi rend="i">Ulpianus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant compoignie est fete por acheter si que l’un aparillat à manger
                                as autres et il fet la besoigne, se il ne fet ce, l’en avra contre
                                lui aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {17.2.70} <hi rend="i">Paulus. Nulla</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nule compoignie puet estre assenblee à toz jorz</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
