<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:id="livre8">
    <teiHeader>
        <fileDesc>
            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
                    <addrLine>tél.&#160;: +33 (0)1 55 42 75 00</addrLine>
                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
                </address>
                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
                <availability status="restricted">
                    <p>L'École nationale des chartes met à disposition cette ressource électronique
                        structurée, protégée par le code de la propriété intellectuelle sur les
                        bases de données (L341-1), selon les termes de la licence Creative
                        Commons&#160;: « Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de
                        Modification&#160;; 2.0 France&#160;». Cette licence est disponible en ligne
                        http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/ ou par courrier postal
                        à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, California
                        94105, USA.</p>
                    <p>Pas d'Utilisation Commerciale&#160;: L'École nationale des chartes souhaite
                        encourager l'utilisation et l'amélioration de ses ressources électroniques,
                        pour les intérêts de l'enseignement et de la recherche. Toute autorisation
                        au-delà du champ de cette licence doit être obtenue auprès de l'École
                        nationale des chartes.</p>
                    <p>Pas de Modification&#160;: Afin de mieux servir la communauté scientifique,
                        l'École nationale des chartes s'engage à conserver et à toujours offrir
                        publiquement la version la plus à jour de ses ressources électroniques par
                        une URI pérenne. Elle s'engage à les corriger et à les améliorer, à intégrer
                        les contributions qui lui sont soumises (après validation par un comité
                        scientifique), et à référencer l'origine de ces contributions. Toute
                        modification de la ressource qui ne serait pas reversée à la version de
                        référence sous l'autorité éditoriale de l'École nationale des chartes doit
                        faire l'objet de l'accord de celle-ci, afin de ne pas disperser les
                        contributions et de permettre les meilleures conditions possibles de
                        collaboration scientifique.</p>
                    <p>Paternité&#160;: l'École nationale des chartes demande à ce que toute
                        publication dérivée de ses ressources électroniques comporte&#160;: 1) le
                        nom de l'École nationale des chartes et, pour les publications
                        électroniques, son logo 2) l'URI permettant d'accéder à la page citée sur
                        notre site, ou à la page d'accueil de la ressource 3) la date du fichier
                        source utilisé.</p>
                    <p>Tout litige soulevé par le non respect des termes de cette licence sera
                        soumis à la juridiction des tribunaux de Paris.</p>
                </availability>
            </publicationStmt>
            <seriesStmt>
                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
            </sourceDesc>
        </fileDesc>
        <encodingDesc>
            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
            </projectDesc>
        </encodingDesc>
        <revisionDesc>
            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
        </revisionDesc>
    </teiHeader>
    <text>
        <front>
            <head>[80vB] CI COMMANCE LI HUITIESME LIVRES <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
        </front>
        <group>
            <head>CI COMMANCE LI HUITIESME LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="169"/>
                <front>
                    <head type="gp">I. D’achat et de convenant entre acheteor et vendeor et quex
                        choses ne puent estre vendues <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 18, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Contrahenda emptione, et de pactis inter emptorem et venditorem
                                    compositis, et quœ res venire non possint</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.1} <hi rend="i">Origo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Commoincemenz de vendre et d’acheter vint d’eschanges. Encienement
                                n’estoit pas deniers, et merz estoit apelé une chose et pris
                                autre&#160;; et chescun, segont le besoing que il avoent, chengoent
                                mauvés por bon&#160;; car tote jor avient que l’un a assez dont
                                l’autre a pou. Et por ce que il n’avenoit pas souvent de legier que
                                tu eusses ce que ‹je voloie, et que› je avoie et qui te plesoit,
                                matere fut esleue qui eust commun esme et durable qui secoroist à
                                changes par iviauté. Et cele matiere fut serne en commun coign, qui
                                dont usage et seignorie de tant comme ele vaut&#160;; et perdi merz
                                son non et apela l’en «&#160;l’autre pris&#160;». ¶ {1} L’en dote
                                que vençon puet hui estre fete sanz deniers, ausi comme se ge te
                                donoi une cote por une cote. Sabinius et Cassius cuident que ce soit
                                vençon. Nerva et Proculus distrent que c’est change. Sabinus apele
                                Homer à tesmoing, qui dist que li ost de Grece achetoit arein de
                                fer&#160;; mes les vers que Homer dist senefient plus change que
                                achat. Mes la sentence que Nerve et Proculus dient est plus
                                veroie&#160;; car autre chose est vendre et autre chose est achat,
                                un est vendeor autre est achateor, autre chose est merz autre chose
                                est pris, et l’en ne pot pas deviser en chenge le quel est achateor
                                ne le quel est vendeor. ¶ {2} Achat fut contrové de droit de
                                gent&#160;; et il est fet por acort et pot estre fez entre cez qui
                                ne sont presenz et par mesage et par letres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.2} <hi rend="i">Ulpianus. Inter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Achat ne pot estre fez entre [81rA] pere et fiz, fors que de ce que
                                li fiz a hors gaignié. {1} Nule vençon n’est sanz pris ; et le pris
                                nombre, et la chose baillie fet l’achat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.4} <hi rend="i">Ponponius. Et liberi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en entant que eschet est de franc home et de seint leu se cil n’en
                                siet rien qui l’achate.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.5} <hi rend="i">Paulus. Quia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car l’en conoist à poine fran home de serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.6} <hi rend="i">Ponponius. Sed Celsus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Mes Celsus dit que tu ne puet acheter franc home se tu le siez, ne
                                autre chose se tu sez que ele soit autrui et que el soit deffendue,
                                si comme seinz leus et religios que l’en ne pot vendre, ne choses
                                qui sont communes.¶ {2} La convenance qui est dite au commoincement
                                do marchié pot estre muee enprés par autre convenance&#160;; ausi
                                comme l’en pot lessier tot l’achat se il n’est acompli quanque l’en
                                devoit fere ça et la.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.8} <hi rend="i">Ponponius. Nec</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’an n’entent pas que ce soit vençon ne eschet s’i n’i a chose qui
                                soit vendue. Et si pot l’en bien acheter feons et fruiz qui sont
                                encore à venir&#160;; si comme l’en dist, quant cil sera nez, lors
                                est fez li aferes et la vençon. Et se le vendeor fet tant que il ne
                                nesse, l’en a aucion d’achat. {1} Et aucunne foiz est vençon sanz
                                chose aucunne, comme quant l’en achete jui de table, prise de
                                poison&#160;; lors est li achaz, tot n’i aviegne rien, car li achaz
                                est fez en esperance. Et ce qu’est pris en tel non par les engins,
                                enprés ce n’a point de demande en non d’achat, car il fut ensi
                                entendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.9} <hi rend="i">Ulpianus. In empcionibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aperte chose est que il convient que acort soit en achat et en
                                vençon&#160;; et s’il i a descort en achet, ou en pris, ou en autre
                                chose, li achaz ne vaut rien. Et se je cuide acheter la vigne de
                                Leure d’or (?) et tu me vendis cele d’Orgemont et por ce que nos nos
                                descordames en la chose, la vençon ne vaut rien. {1} Et se nos
                                descordon ou non et l’en est certains do cors, n’est pas dote que la
                                vençon et l’achat ne valle, l’error dou non ne fet rien quant l’en
                                est certain do cors. {2} Ausi demande l’en s’il n’a error do cors
                                mes l’en ne set quel il est, ausi comme se l’en vent vinegre por vin
                                plein, arain por or, plun por argent ou aucunne autre chose qui
                                senble argent&#160;? Marcellus dit que c’est vençon, car l’acort fut
                                acordé de la chose, [81rB] tot soit il meserré en la matiere. ¶ Je
                                me consant bien au vin, car c’est pris d’une chose se le vin est
                                egre&#160;; mes s’il n’est egre, ou il fut egre au commoincement
                                quant je l’achetoi, aparissant est que il vent autre chose por
                                autre. Es autres choses, je ne cuit pas que il i eist vençon à totes
                                les foiz que l’e‹n› meserre en la matire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.11} <hi rend="i">Ulpianus. Quid</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Que diron nos se un orb fut marcheant ou l’en meserre en la matiere,
                                si comme tel qui n’est pas mout sage de marcheandie acheter&#160;?
                                Nos dison que la vençon vaut s’i s’acorde ou cors, ausi comme l’orb
                                s’i consenti. ¶ {1} Et se je cuide acheter une pucele qu’estoit ja
                                feme, li achaz vaut&#160;; car s’el ne fu pucele se fut ele femele.
                                Et se ge vendi une feme et tu cuidas acheter un enfant, car il est
                                error en genre, l’achat ne vaut rien et est nul.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.14} <hi rend="i">Ulpianus. Quid</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Que diron nos si foloient en dui en savoir que la chose est&#160;?
                                Ausi comme se je cuidoi vendre or et tu le cuidas acheter et ce fut
                                arain. Et se li heir vendirent à un heir une pierre preciose grant
                                argent et l’en i trova grant partie de herain, la vençon vaut por ce
                                que il i ot partie d’or ; car se aucunne chose est doree tot cuide
                                je que ce soit or, la vençon vaut. Et se je vent arain por or, la
                                vençon ne vaut pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.16} <hi rend="i">Ponponius. Sue</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Achat de sa chose ne vaut rien se je l’achate au seu ou sanz seu. Et
                                se ge l’achate sanz sen quel soit moie, je la porroit redemander,
                                car il n’i ot point de obligacion&#160;; {1} ne il ne nuist rien à
                                l’achateor s’il use un poi de ma chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.19} <hi rend="i">Idem. Quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que je veng n’est à celi qui l’achate dusque le pris soit rendu ou
                                que il en ait fet gre, ou se nos nos tenon à l’acheteor saz nul
                                plege.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.21} <hi rend="i">Paulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dist que ocurité de convenant doit plus nuire au vendeor qui
                                menti que à l’acheteor, car il pot dire sa verité avant que le
                                marchié fut fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.38} <hi rend="i">Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun vent par cause de don mois do pris la chose, la vençon vaut.
                                Nos dison tantes foiz que la vençon ne vaut rien quantes foiz com
                                tote la [81vA] vençon est fete par cause de don&#160;; quant la
                                chose est vendue por mois por cause de don, n’est pas dote que la
                                vençon ne valle antre cez autres genz&#160;; mes vençon qui est fete
                                entre home et sa feme por mois que ele ne vaut n’est pas
                                tenable.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.40} <hi rend="i">Paulus. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui vendi le champ dist issi en convenant que le acheteor mesurat
                                le champ dedanz .xxx. jorz procheins, et quant il avroit mesuré que
                                il le seut à dire&#160;; et s’il ne l’eust mesuré avant le jor, que
                                la foi au vendeor fut delivré. Li achateor li dist dedanz le jor que
                                il i avoit meins que il ne cuidoit, et pris l’argent por tant comme
                                il dist, et quant il le mesura il trova mout mois de mesure que il
                                ne cuida. L’en demande se le vendeor li devoit rendre ce que i
                                estoit moins. Je di que il i a difference comment li marchiez fut
                                fet&#160;; car s’il fu issi dit que li achateor mesurast le champ
                                dedanz .xxx. jorz procheins et que il le venist dire au seignor
                                combien il troverent moins, s’il i dit enprés le terme il ne li
                                profete rien. Mes s’il fut issi mis en convenant qu’i li feist
                                savoir dedanz les .xxx. jorz se il i avoit meins ou champ, il porra
                                demander lonc tens enprés ce que i faudra de la mesure. ¶ {1} Il
                                dist, quant il vendi le champ, qu’i li apendoit eve&#160;; l’en
                                demandoit se la voie à l’eve i apendoit. Je di que oïl, por ce
                                convient il que le vendeor i soit tenuz. ¶ {2} Cil qui vendi le
                                champ dist que il i avit .xviii. jornees et fut mis en convent que
                                chescun prés<note>prés] <emph>pris</emph> dans le ms., confusion du
                                    scribe, cf. lat. <emph>iugerum</emph> «&#160;unité
                                    agraire&#160;»</note> fust mesuré et que certain pris fust por
                                chescun doné&#160;; l’en i trouva .xx. jornez, je di que l’en doi
                                rendre le pris de .xx.<note>xx] <emph>xii</emph> dans le ms., erreur
                                    de lecture, cf. lat. <emph>pro viginti</emph></note></p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.43} <hi rend="i">Affricanus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ea. Les choses qui sunt dites en vençons por eles loier, s’il apert
                                que i soit veroies, il n’obligent pas le vendeor&#160;; ausi comme
                                il dist que li serf est bel ou que il a meson bien atornee&#160;;
                                mes s’il dist que li hom est letrez ou engignos, il est tenuz de ce,
                                car por ce vent il plusors choses. ¶ {1} Aucunnes promes[81vB]ses
                                n’obligent pas le vendeor se la chose est si aperte que li acheteor
                                la siet bien&#160;; ausi comme se aucun achate home qui a les euz
                                trez et promet le vendeor que il est seins&#160;; issi est il veü
                                qu’i promet de l’autre partie dou cors que de cele dont il est
                                maegnié. ¶ {2} Li vendeor doit garder qu’i n’i est barat&#160;; et
                                bien i apert que ele i est quant il parle ocurement por conchier son
                                compaignon, et encore est cil tenuz qui feint oscuremant et
                                aguite.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.55} <hi rend="i">Idem. Nuda</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nue vençon est tenue por non fete&#160;; et par ce n’est pas entendu
                                que la chose soit mise en autrui main.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.59} <hi rend="i">Celsus. Cum vendentes</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant tu vendis le champ tu ne deïs pas que il fust trop bon ne trop
                                grant. Il est voir que Quintus Mucius à ce s’acordeit, que il
                                convient que la teneure soit baillie tele comme ele est&#160;; ausi
                                doit l’en dire en teneures citaenes.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.60} <hi rend="i">Macellus. Conprehensum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il estoit contenu en la loi de la vençon que le acheteor avroit .lx.
                                toniaus, comme il en i eust .c.&#160;; il fut o chois dou vendeor de
                                bailler la quel que il volt.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.61} <hi rend="i">Idem. Existimo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je cuit que je puis acheter soz condicion la chose qui est
                                moie&#160;; car par aveinture i pot avenir que el ne seroit pas
                                moie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.67} <hi rend="i">Idem. Alienacio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant nos meton nostre chose hors de nostre main, la seignorie passe
                                à un autre o la cause que nos avion se la chose nos remainsist. Et
                                issi est en toz droiz, se aucunne chose n’est mise hors de marchié
                                nomeement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.1.71} <hi rend="i">Papianus. Imperator</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li enpereor Severus et Antonius escritrent tex paroles Sexto
                                Severo&#160;: il est en la volenté et o poer à cez qui font marchié
                                ensenble à quex mesures et à quex pris il achetent lors vins&#160;;
                                car uns n’est forciez de vendre se le pris ou la mesure li desplet,
                                mesment se la chose n’est fete contre la coutume de la region.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. De peril et de preu de chose vendue <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 18, tit. 6&#160;: <hi rend="i">de
                                    Periculo et commodo rei venditœ</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.1} <hi rend="i">Ulpianus. Si vinum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se vin qui est vendu egrist ou prent aucun tunve, le domage est a
                                l’acheteor&#160;; ausi comme s’il [82rA] fust espandu ou s’il fust
                                mis en vesseaus depeciez ou par aucunne autre cause. Mes se le
                                vendeor prist le peril sor soi, il avra le peril en ce tans que il
                                le prist. Et s’il n’i mist terme, le peril est son dusque aist tasté
                                dou vin&#160;; ausi comme se l’en fet lors la vençon quant l’en a
                                tasté dou vin, ou s’il s’acorde que il eist le peril dou vin itant
                                de terme, ou s’il ne fet de ce convent, il avra lors le peril dusque
                                l’en aist do vin tasté. ¶ Et se l’en ne taste, et li tonel ne sont
                                bien vercee par la main l’acheteor, encore est le peril au vendeor
                                se autre convent n’i a. {1} Et le vendeor doit garder combien il en
                                i a, car avant que il soit mesuré la vençon n’est mie fete&#160;;
                                puis que la mesure n’est fete, le vendeor n’i a point de
                                peril&#160;; et il est delivré dou peril avant la mesure s’il ne
                                vent à mesure, ‹mes› par buies, ou par poz, ou par toniaus. ¶ {2} Se
                                le acheteor a seignié le tonel, Trebacius dit que il en est ja comme
                                sesi&#160;; Labeo dist que ce n’est pas voirs, car l’en le seigne
                                que l’en n’i mete rien. ¶ {3} Le vendeor pot despendre le vin s’i
                                dut estre mesuré dedanz un jor ne il ne le fet pas&#160;; il ne
                                porra pas avant dusque il eit fet savoir à l’acheteor que il oste
                                son vin ou que il sache que il le dapendra. Et s’il le pot despendre
                                ne no fist pas, il en doit estre mout loez. Et por ce, pot il d’iqui
                                en avant demander le loier des toneaus s’il i ot domage, se les
                                toneaus ne furent vuidiez où li vin estoit, ausi comme s’il les eust
                                loez ou il li convient querre d’autres toneaus. Miauz est que li
                                vaissiau soient loiez, ne que vin ne soit pas rendu dusque il eist
                                rendu le loage, ou que il puisse vendre son vin à bone foi se l’en
                                le pot fere sanz domage à ce que li achateor n’i eist domage. ¶ {4}
                                Se tu achetas vin en tonel, ne n’i a point de convent quant il soit
                                baillié, il est entendu en convent que il fuissent voidié ant il
                                fussent bon à recevoir ou en la vendenge. Et s’il ne sont voidié, il
                                convient que l’en en face ce que li ancien cuiderent, que le vendeor
                                face mesure et jeter hors. Issi le distrent li ancian por la mesure,
                                se l’en ne set quel est me[82rB]sure, s’il n’est aparissant combien
                                le acheteor i a eu de domage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.2} <hi rend="i">Gaius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se celi venst, qui n’a point de nove vendenge, et sanz cele n’a ce
                                mestier&#160;; et se cil est marcheant qui seaut acheter vins et
                                revendre, celi jor doit l’en atandre que l’en pot oster au preu au
                                vendeor. ¶ {1} Il convient que l’en voie quel garde le vendeor face
                                avant que il soit mesuré, savoir s’il i metra pleine diligence ou
                                solemant que il n’i eist barat&#160;; et je cuit que le vendeor doit
                                metre cele diligence que prodom doit metre en ses choses, et vimaira
                                seent hors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.3} <hi rend="i">Paulus. Custodia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le vendeor doit baillier tel diligence comme cil à cui la chose est
                                prestee, que il i meste plus grant cure que il ne selt mestre en ses
                                choses.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.4} <hi rend="i">Papianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun vent vins et dit que dedanz un jor en tastera l’en, et
                                enprés faut par le vendeor que l’en en tastast, l’en demande s’el e
                                peril qui est passe et de egror et de muide se le vendeor le doit
                                rendre; ou, s’il est tenu dou peril qu’i est passe que s’i
                                    s’est<note>s’est] <hi rend="i">sont</hi> dans le ms.</note> par
                                aventure corrumpu puis le jor que taster passa, se le peril
                                apartient à celui qui le vendi; ou si li achaz est depeciez, ausi
                                comme s’ele est fete soz condicion, c’est à dire s’il fussent tasté
                                avant celi jor. Et l’en ne fiet quel convent il i ot. Je cuit que ce
                                ne fut pas fet en repostan, et que l’en doit dire que c’est achet.
                                Et bien si gart le vendeor outre le jor qui fust mis a en taster et
                                par li failli ; la cope est soe. ¶ {1} Se vin est venduz en contenz,
                                l’en le doit garder&#160;; et de ce avient il que se le vins fut
                                issi vendu que le n’en tastast, le vendeor n’est tenuz de egror ne
                                de muide, ainz apartient tot le peril à l’acheteor. Et grieve chose
                                est que aucun achete issi par si que le n’en taste pas&#160;; et por
                                ce, se le jor de taster en n’i est i mis, li acheteor en porra
                                taster aucunne foiz&#160;; et quant il en avra tasté, le peril
                                apartendra au vendeor, car por ce que le jor est mis à l’acheteor à
                                taster dou vin se marchiez est amendé. {2} Et se vin est vanduz en
                                contanz, s’il i a garde ou tens de aporter&#160;; et l’en doit
                                [82vA] issi ce entendre se le tans i est mis. Et s’il n’i est mis,
                                l’en doit voier que le vendeor ne soit tenuz de metre i trop longue
                                garde. Et est voir segont ce que nos avons dist desus, il demandera
                                son domage de ce que le vin n’a esté osté ou que il li face savoir
                                qui l’ost. Et certes, avent que li tonel seent necessere à
                                vendenges, le vin doist estre avant anporté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.5} <hi rend="i">Paulus. Si per hemptorem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se il faut par l’achateor que le vin ne fust pas osté à jor, enprés
                                se le vendeor n’i fet barat et il perit, il ne le doit pas rendre.
                                S’i ne li a fet ausi comme se l’en a osté .c. poz de tonel qui
                                estoit en son celier, s’il a esté mesuré, dusque il soit mesuré tot
                                le peril avient au vendeor, se ce n’est fet par l’acheteor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.6} <hi rend="i">Ponponius. Si vina</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je achete vins, hors les egres et les muides, et il me convient
                                prendre les egres, Proculus dit que ja soit ce que soint mis hors
                                par la cause de l’acheteor, li egre et li muide ne sont pas vendu ;
                                car li acheteors ne les prendra pas outre sa volenté et ce seroit
                                iniquité se l’en ne soffroit au vendeor ou à autres vendre les.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.7} <hi rend="i">Paulus. Id quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ice que acheist à la teneure, enprés l’achat, par eau, si ‹est› comme
                                ce apartient au preu ou au damage de l’acheteor ; car se tot le
                                champ est coviart de fluve enprés l’achat, le peril est à
                                l’acheteor, ausi sera le preu son, s’il i aviant. ¶ {1} Ce qu’est
                                vendu est en la mesure do champ s’il n’en fust mis hors&#160;; et ce
                                que i vient doit estre en la mesure, s’i fust mis en convent, ausi
                                comme voies communes, sentes, bois qui toihet à la teneure. Tot ce i
                                doit venir quant l’en en dit mot ; et por ce doit l’en doner
                                nomeement caucion que les voies communes qui sont en la teneure
                                seent en la vençon et en la mesure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.8} <hi rend="i">Idem. Necessario</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À force convient savoir quant achat est perfet ; et lors savrons nos
                                qui est le peril. Car se le achat est perfet, le peril apartendra à
                                l’acheteor&#160;; et se ce apert qui est vendu et quoi et quel chose
                                et combien et le pris et se c’est fet soz condicion, l’achat est
                                perfet. Et se la chose est [82vB] vendue soz condicion, se la
                                condicion faut, l’achat est nul, ausi comme ne la promesse. Et se la
                                condicion dure, Proculus et Octavenus dient que le peril est à
                                l’achateor ; et ce dit Ponponius. Et se le acheteor ou li vendeor
                                muert tant comme la condicion pent, la vençon estoit. ¶ Et se la
                                condicion est, li heir sont obligié, ausi comme se le achat fut fet
                                piece à. Et se la chose est baillie tant comme la condicion pent,
                                l’acheteor n’en avra pas l’usage por achat, et ce que il a eu en non
                                dou pris sera rendu, et li fruit d’autretant sunt au vendeor si
                                comme promesses, et les fez en condicion sont nul se la chose est
                                esmee tant comme la condicion pent. Et se la chose dure, tot soit
                                ele enpiree, l’an pot dire que le domage est à l’acheteor. {1} Et se
                                l’en vent issi une chose, ou serf soit acheté, se une nef vient
                                d’otre mer ou ne vient, Julien cuide que la vençon est fete
                                mointenant, car le marchié est fet. ¶ {2} Quant tu me venz le fruit
                                et l’usage de quoi li heir sont tenu, il a difference se tu venz le
                                fruit de l’usage qui est tuen solement ou cele chose qui est toe
                                dont tu me venz le fruit et l’usage ; car an premer cas, tot meures
                                tu mointenant, ton heir ne me devra rien et l’en devra à mon heir se
                                tu viz&#160;; et ou cas desranier, ne doit l’en rien à mon heir, ton
                                heir me devra.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.9} <hi rend="i">Gaius. Si post</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li arbre sont tunbé à terre par force de vent avant ce que la
                                teneure a esté monstree, l’en demande s’il doivent estre à
                                l’acheteor. Et ce demande l’en, et l’en dit que non, car le acheteor
                                nes acheta mie, car il n’estoient de la teneure quant li achat fut
                                fet. Et se li acheteor ne sot pas que li arbre fussoint jus, et le
                                vendeor le sot ne n’en dit rien, il amendra à l’acheteor por tant
                                comme il n’on vossit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.10} <hi rend="i">Ulpianus. Si in</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’i fust mis en la convenance qui fust fete en condicion que la chose
                                fust gardee au peril à l’acheteor, je cuit que li marchiez doit
                                valoir. {1} Par la sentence Julien, Scevola note que l’acheteor ne
                                po rien demander de la teneure comme une partie de la teneure soit
                                niee par sorondemant de eve ou par deluige ou par aucunne autre
                                aventure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.11} <hi rend="i">Alphenus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se une meson qui estoit arse fust [83rA] rendue, comme tel chose ne
                                soit pas fete sanz colpe, l’en demande qu’an dit droiz. Je di que ce
                                pot estre fet sanz colpe, car se ce avient par la negligence au serf
                                mavois, li sires est en colpe. Et por ce, se le seignor eust mis
                                diligence en la meson garder, autel comme bon home doit doner, se
                                aucunne chose avint, il n’est pas tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.12} <hi rend="i">Paulus. Lectos</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li sires des maisons depeça liz achatez qui estoient mis en la voie
                                commune&#160;; s’il furent baillié à l’achateor, ou par li failli
                                que il ne furent baillié, acordé est que le peril en soit sun.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.13} <hi rend="i">Julianus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et il a auction contre le metre des mesons por la loi Aquiliene s’il
                                n’ot droit de fere le domage que il fist encontre le vendeor
                                d’achat ; que cil li doint ses auctions que il eust contre le
                                seignor des mesons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.14} <hi rend="i">Paulus. Quod si neque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et s’il ne furent baillie à l’acheteor ne en lui ne failli que il ne
                                le receust, le peril sera au vendeor. ¶ {1} Se ma terre qui estoit
                                achetee est enblee, se ele fust baillie, le peril est à
                                l’acheteor&#160;; si non, il est au vendeor. Et ausi le trés que li
                                acheteor avoit seeloés avant et seigniés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.16} <hi rend="i">Labeo. Servi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui acheta le serf, s’il ne rendi l’argent mointenant, il ne
                                porra rien conquerere par celi serf ; car l’achat n’est mie fet puis
                                que il est retenu por le loage de par le vendeor. Le peril dou serf
                                apartient à l’acheteor ensint que le vendeor n’i eist fet barat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.17} <hi rend="i">Ponponius. Cum mora</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit savoir que quant l’en demore à avoir sa chose, il doit
                                garder que il n’i eist ne colpe ne barat cil qui vent. Et se li un
                                et li autre demorent, Labeo dit que ce puet plus nuire à l’acheteor
                                que au vendeor&#160;; mes l’en doit veoir que la demore desreniere
                                ne li face domage. Et que sera se je demande au vendeor et il vent
                                ce que je avoie acheté et enprés il offre le pris et je ne voil
                                recevoir&#160;? Certes, ce me doit nuire. Et se la demore vint por
                                l’acheteor, et enprés comme il n’i eust encore rien osté le vendeor
                                demora quant il pot la chose bail[83rB]ler, droiz est que cele
                                demore doit nuire au vendeor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.18} <hi rend="i">Papinianus. Habitacionum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant les redevances des mesons sont fenies par mort de hers, li
                                acheteor de la meson ne sera pas tenuz au vendeor por cele cause
                                s’il n’i a autre convenance, fors que l’en baillast les mesons sor
                                le pris de la franchise segont la volenté au mort.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {18.6.19} <hi rend="i">Hermogenes. Venditori</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’acheteor demore à rendre le pris au vendeor, il en rendra
                                l’usure et non pas tot ce que le vendeor pot avoir por la
                                demore&#160;; ausi comme s’il fust marcheant, et il pot gaigner plus
                                en sa mercerie plus que en usure.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head>III. Comment l'en puet vendre teneures.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Home puet vendre son héritage por son besoing, non por son preu&#160;; et
                            se il n'a besoing, ou se l'en siet apertement qu'il le face por son
                            lignage désériter, non. Et se il a feme, si poent-il vandre ensemble. Et
                            puet li sires vendre sanz la feme&#160;? Nenil, que la chose dure que sa
                            vie, et enprès sa mort non.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Li doeres ne puet estre encombriez, ne l'éritages à la feme, ne sa part
                            des conquez, s'ele ne l'otroie. Et s'ele le otroie, li hons puet vendre
                            et se conquez, se il a enfanz de li, et por son besoing.</p>
                        <p>Et fame ne puet vendre son héritage enprès la mort son seignor, s'ele a
                            anfanz del seignor, sanz besoing nécessère&#160;; et s'ele n'a enfanz,
                            ele puet vendre.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Home puet vendre son héritage por son besoing emprès la mort sa feme,
                            s'il a anfanz, sauf doere. Et se il doit, puet-il vandre son
                            héritage&#160;? <pb n="170"/>Oïl, se li héritages n'est sésiz avant. Nus
                            ne puet vendre chose porquoi ele soit liée.</p>
                        <p>Home et sa feme puent vendre ce qu'il ont ensemble, aient enfanz ou non,
                            por besoing. Nus héritages n'est encombrez de fet, se l'en n'est dampnez
                            avant par juigement.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Home garantira sa vie ce que il vendra de l'éritage sa feme, sanz l'otroi
                            sa feme&#160;; et se il muert ou se la feme muert, la vente ne vaut
                            riens.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>En l'an de l'incarnacion mille et deux cents et cinquante et neuf, ou
                            mois de septembre, juja li rois Loïs et son consoil, por estoper l'usure
                            as mauvès créanciers, que la dame de Chevri, ne ses sires ne vandroient
                            point de lor héritage por lor dete&#160;; ainz seroit la terre laborée
                            et gaagnie en sauve main, et totes les issues seroient baillies as
                            détors en esquit.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head type="gp">IV. [83vA] Ci commence de aucion d’achat et de vente <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 19, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Actionibus empti et venditi</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.1} <hi rend="i">Si res</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se la chose qui est vendue n’est baillie, l’en avra auction de domage
                                que l’en i a&#160;; et ce domage monte plus aucunne foiz que la
                                vençon. ¶ {1} Et se le vendeor cela le servage qui estoit deu, l’en
                                avra contre lui aucion d’achat se le acheteor n’en sot rien ; car
                                tot ce que l’en fet contre bone fois vient en aucion d’achat. Et nos
                                entendon que le acheteor dest au vendeor dire tot, et s’i cele, non
                                pas solement s’il ne amonesta, mes encor s’il nia que celui servise
                                ne fust deu quant l’en li demanda. ¶ Et se il li est tenuz, nos
                                dison que il dit issi&#160;: que il n’i a point de servise et se
                                aucun servise vient avant, je ne sui pas tenu. Je cuit que cil a
                                aucion d’achat, car le servise estoit deu s’il le savoit. Et s’il
                                nie et le acheteor no sot pas que l’en deust aucun servise, je cuit
                                que il est tenuz d’achat. Et que je die en generau s’il se moine en
                                mauvese maniere de celer le servise&#160;: il en est tenuz s’il ne
                                se vost garder. Et ce est voir se le acheteor n’en sot rien ; car ce
                                ne est pas celé ce<note>celé ce] <emph>celui</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>quia non videtur esse celatus qui scit</emph></note>
                                qui est seu, ne cil ne dut pas estre acertené qui bien le
                                savoit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.2} <hi rend="i">Paulus. Si in empcionem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se mesure est dite en l’achat et ele n’est baillie, l’en a aucion
                                d’achat. {1} L’en ne entent pas que possession soit baillie voide à
                                l’achateor se un autre est mis leanz por cause de garder lés et les
                                autres choses, et que le creacier porsient les biens. Et ausi doit
                                l’en dire se li un ne li autre n’est en possession ; car issi entant
                                [83vB] l’en que la possession est voide.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.4} <hi rend="i">Paulus. Si servum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu me venz un serf qui est lierre ou mauvés et je n’en soi rien,
                                tot le me amendes tu au doble, tu m’es tenuz de l’achat por tant
                                comme je no vosisse que il ne fust seu ; car je ne puis pledier o
                                toi de la promesse en celui non que il i eist aucunne faute de la
                                poie. ¶ {1} Se l’en trove greignor mesure en champ, ¶ li auctor est
                                obligié segont le numbre des jornex, car la où l’en trove greignor
                                numbre l’en ne puet esmer la bonté dou leu qui ne apert mie&#160;;
                                et non pas solement se tote la mesure est plus grant mes de parties,
                                ausi comme se l’en dit que il i a cent jornex de vigne ou de alviei
                                et l’en i trove mois. ¶ Et en ce quas fera l’en l’esme dou leu por
                                sa bonté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.8} <hi rend="i">Paulus. Si tibi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se ge te baille un champ franc et je le te devoie baillier a
                                servitute, l’en a ci aucion de chose qui n’est pas certoine que tu
                                soffres metre la servitute qui dust estre mise. ¶ {1} Et se ge
                                baille un champ serf que je te dui baillier franc, tu avras aucion
                                d’achat por la grace de relachier l’achat que tu ne devoies pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.9} <hi rend="i">Ponponius. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun achete pierres de un champ et il ne les veaut oster, l’en a
                                contre lui aucion que il les oste.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.12} <hi rend="i">Celsus. Si iactum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je achete le giez de la roiz et le pecheor ne veaut giter, l’en
                                doit ce esmer non pas certoinement. Et s’il tret aucun poisson et il
                                ne le veaut rendre, il convient que ce soit prisé que il a tret en
                                la teneure.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.17} <hi rend="i">Ulpianus. Fundi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Rien n’est de la teneure fors ce qui s’entretant. Et maintes choses
                                sunt de maisons qui ne sont pas de mesons, et l’en le doit bien
                                savoir, si comme serreures, clos et cles. ¶ Et les caves qui sont
                                fetes ne sunt pas de la teneure ne de la meson, comme vaissiaus à
                                vin pressors, car ce sont estrumenz, tot soint joint à l’edefice.
                                {1} Et li vin et li fruiz ne sont pas de la meson. ¶ {2} Se la
                                teneure est lessie ou vendue, le fumer ou l’estrein sont à
                                l’acheteor ou à celui à cui l’en fet le lés. Et les fuz sont au
                                vendeor ou à son heir, car il ne sont pas de la teneure, tot eient
                                il ce vendu. Et il a difference en femier, car s’il fust acheté por
                                [84rA] femer le champ, l’acheteor l’avra&#160;; se non, il est au
                                vendeor, s’il n’i a autre convenance. Ne n’i a point de difference
                                se li fiens est en l’estable ou en la cort en un moncel. {3} Et s’il
                                i a point de chamberil et pierres de marbre, il sont de la meson.
                                {4} Et ce qui se tient à soliviaus et ce qui se tient à mesieres et
                                les cortines ne sont pas de la meson. {5} Et ce qu’est apareillié
                                por la meson s’il n’est perfet tot soit il mis en l’edefice, il
                                n’est pas de mesons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.18} <hi rend="i">Labeo. Granaria</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li granier qui solent estre fez des tables sont des mesons se
                                l’estape d’aus est foie en terre&#160;; et s’il sont hors de la
                                terre, il n’en sont pas. {1} Et les tueles qui ne sont pas mises en
                                l’edefice, tot soent eles aportees por covrir la mesons, ne sont pas
                                des mesons. Autre chose est des choses qui sont ostees por remetre
                                ariere, car celes sont des mesons.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.19} <hi rend="i">Gaius. Veteres</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li encien useent de non de ventes et de achaz pelle melle.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.20} <hi rend="i">Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi est en loage et en aloage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.26} <hi rend="i">Alphenus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun vendi une teneure et dist que cent toneaus apartienent à
                                cele teneure, il devra les toneaus à l’acheteor tot n’en i eust il
                                nul.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.27} <hi rend="i">Paulus. Quidquid</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quanque le vendeor dit que apartient à la vençon, ce convient que il
                                rende et sein et entier&#160;; ausi comme s’il dist que toneaus
                                apartienent à la vençon, il est tenuz de baillier les seins et
                                enteres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.29} <hi rend="i">Idem. Cui res</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil à cui la chose fut lessee soz condicion, l’acheta de l’eir comme
                                fos&#160;; il porra avoir par bone auction ce que il a rendu, car il
                                n’a pas la chose par cause de lés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.37} <hi rend="i">Idem. Sicut</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi comme il est droiz que ausi comme l’acheor achete en bone foi
                                que autrui barat ne li nuise, ausi n’est ce pas droiz que li barat
                                au vendeor li nuise.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.39} <hi rend="i">Modestinus. Quero</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je demande, se aucun vent issi un champ, que ce soit veü vendu que il
                                i a dedanz les bones, et set bien que il n’en tient pas aucunne
                                partie, ne il ne le fist savoir l’acheteor, l’en demande s’il est
                                tenuz d’auction d’achat. Comme ceste decision<note>decision]
                                        <emph>decciinon</emph> (?) dans le ms., cf. lat. <emph>cum
                                        haec generalis adiectio ad ea</emph></note> generau ne doie
                                pas apartenir à ce que cil sot especiaument qui vendi, ne ne la mist
                                hors, que l’acheteor ne soit issi deceu [84rB]&#160;; car s’i l’eust
                                seu par aventure il n’eust pas acheté, ou par avainture il l’eut eu
                                por moins s’il fust certain dou leu. ¶ Et issi le distrent li encien
                                en cele persone qui issi avoit mis hors : ¶ se il i a servage deu,
                                il sera deu. Issi distrent cil qui establirent droit&#160;: ¶ se le
                                vendeor fut certain que l’en deust certain servage à aucunne gent,
                                ne il ne le dist à l’acheteor, il est tenuz de l’achat ; quant ceste
                                barre generau ne doit pas apartenir as choses que le vendeor sot,
                                que il pot mestre hors espaciaument et dut, mes à ce que il ne sot
                                mie et dont il ne pot acertener l’acheteor. Modestinus dit que se le
                                vendeor fist ce par conchier l’acheteor en la meniere dont est le
                                plet, il puet estre trez en plet par auction d’achat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.1.46} <hi rend="i">Idem. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun veut autrui chose et est certain que il est heir au seignor
                                de la chose, il sera forcié d’acomplir la vençon.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. De loage et de aloemanz <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>La première partie de ce titre est traduite du Dig., liv. 19,
                                tit. 2&#160;: <hi rend="i">Locati conducti</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.1} <hi rend="i">Paulus. Locacio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Loage et aloemant, tot soit naturel et entres totes genz, est fet non
                                pas par paroles mes par consentement, ausi comme achat et
                                vençon.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.2} <hi rend="i">Gaius. Locacio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Loage et aloemant est prochein à achat et à vençon et c’est en relles
                                de droit&#160;; car ausi comme achat et vençon est fet se l’en siet
                                le pris, ausi loage<note>aussi loage] <emph>aussi a loage</emph>
                                    dans le ms.</note> et aloage sont entendu se le loier i est
                                entendu. {1} Et est ausi comme une chose jointe à achat et à vente,
                                loage et aloage est ausi, comme l’en selt demander en aucunnes
                                choses savoir se c’est achat ou vençon ou loage ou aloemant. Ausi
                                comme se je fis marchié o l’orfevre que il me feist aniaux de son or
                                à certain pois et de certoine forme, si comme .ccc., l’en demande se
                                c’est achat ou vençon ou loage ou aloage. Mes acordé est que c’est
                                un afere, et que c’est acordé que c’est achat et vençon. Et se je e
                                doné or et le loier est apareillié, n’est pas dotance que ce ne soit
                                loage et aloemant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.3} <hi rend="i">Ponponius. Cum fundus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se une teneure est aloee et le gaegneor [84vA] prent l’antrumant
                                esmé, Proculus dist que le gaenigneor doit avoir l’estrumant por
                                achat, ausi comme il avendroit se aucunne chose esmee est donee en
                                doerre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.13} <hi rend="i">Ulpianus. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ansi demande l’en se le charetier, quant il ne lesse passer la gent,
                                vers sa cherrete et ocit un serf. Je cuit que l’en a contre lui
                                aucion de loage, car il doit atrenper son hernois ; et avra l’en
                                contre lui aucion de la loi Aquiliene. ¶ {2} Se li mestres de la nef
                                mest la nef sanz governeor en l’eve et tempeste lieve et il ne la
                                pot atrenper et il pert la nief, li seignor avront contre lui aucion
                                de loage. ¶ {3} Se aucun prent un enfant à aprendre et il le moine
                                hors do païs et il est pris de guerre ou il perist, l’en a contre
                                lui aucion de loage s’il ne fut mis en convent que il fust mené hors
                                do païs. ¶ {4} Si le suor fiert si belement à la forme do soler le
                                garçon que il aprent que il li tret l’oil, le pere a contre lui
                                aucion de loage tot eit l’en ostroié à metre legier chastiement,
                                totesvoies ne dut pas cil avoir ce fet. Et le pere n’a pas contre
                                aucion de la loi Aquiliene, car il ne fist pas ce por nuire que por
                                commander au garçon. ¶ {5} Se une pierre preciose est baillie à
                                mestre en or ou a entaillier et el e froisse, se aucunne chose de ce
                                est fete par le vice de la matiere, l’en n’avra pas auction de
                                loage. Et se c’est por la niceté au menestrel, l’en doit ce garder
                                se le mestre prist le peril sor soi&#160;; ¶ et lors, se ce avient
                                par le vice de la matire, l’en avra aucion de loage. ¶ {6} Se le
                                folon prent dras à polir et soriz le pertuisent, il est tenuz de
                                loage, car il se dut bien garder. Et se le folon change la robe et
                                il la baille à un autre, il est tenuz de auction de loage, tot ne
                                l’oit il fest à escient. ¶ {7} Cil qui avoit aloé la meson s’en issi
                                quant li ost<note>ost] <emph>oste</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>Exercitu veniente migravit conductor</emph></note>
                                vint&#160;; cil enporterent de celi ostel fenestres et autres
                                choses&#160;; s’il ne fist savoir au seignor son issir, il est tenuz
                                de loage. Labeo dit&#160;: s’i la pot defendre et ne la deffant, il
                                est tenuz, et c’est veroie sentence&#160;; et s’il ne le pot fere
                                savoir, je cuit [84vB] que il n’en est pas tenuz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.24} <hi rend="i">Paulus. Si in lege</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’il est mis en convent do loage que l’ovre soit prisee à la volenté
                                au seigneor, ausi est comme se ce fust mis en la gart de
                                prodome.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.30} <hi rend="i">Idem. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui avoit aloé une meson .xxx. solz il aloa chescunne chambre
                                issi que l’en eust .xl. solz de tot ; li sires de la meson, por ce
                                que il disoit que il i avoit maumeteure, la depeça. L’en demanda
                                combien ce plet devoit estre esmé se cil qui tote l’aloa pleda de
                                loage. Je di, si com vint à besoing que il abatist l’edefice, qui
                                estoit mauvés, l’en en dut metre hors do loage de tant de tens comme
                                li arbitreor n’i porent demorer ne habiter, et itant esmer le plet.
                                Et s’i ne fut nul besoing d’abatre la meson, por ce que il voloit
                                fere meillor edefice, il convient que il rende à l’oste por tant
                                comme il ne vosist estre issu de la meson.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.32} <hi rend="i">Julianus. Qui fundum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui avoit loé la teneure à lonc tens morit et lessa cele
                                teneure ; Cassius dist que l’en ne puet forcier le coitiveor que il
                                foist cele teneure, car il n’avoit que fere de l’eir. Et se le
                                gagneor velt fere la teneure, et cil à cui l’en lessa la teneure li
                                deffendi que il ne la feit, li gagneor a aucion contre l’eir et le
                                perill apartient à l’eir&#160;; ausi comme se aucun vendi la chose
                                ne n’en sesi l’acheteor et le eust lessié, sis heirs est obligié à
                                l’acheteor et à celui à qui l’en fist le lés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.38} <hi rend="i">Paulus. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui loa ses besoignes doit avoir le loer de tot le tens s’il ne
                                failli en lui que les ovres ne fusent fetes. {1} Li avocat, s’il
                                faut par aus que il ne deffendent la cause, il n’avront pas lor
                                loer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.45} <hi rend="i">Paulus. Si tibi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te loe une meson et mi serf t’i font domage et larrecin, je ne
                                te sui pas tenuz de loage mes de aucion de forfet. ¶ {1} Se je loe
                                un home por avoir l’en en ta taverne, et il te fet larrecin, l’en
                                porra de tot savoir se aucion de loage sofist, comme ce soit hors de
                                bone foi que tu soffres domage en ce que tu as loé, ou se l’en doit
                                dire que cause de crime de larrecin est hors de larrecin et que ce
                                soit une cause por soi&#160;; et l’en dist que ce ‹est› qui plus
                                vaut. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.55}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>{2} Cil qui lessent avant que il fust tens sanz droite cause contre
                                la conveneue sont tenu de rendre tot le loage et tot le domage que
                                li sires ne vosist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.2.59} <hi rend="i">Labeo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Lucianus aloa une meson à don Julien qui avoit [85rA] non Flacus, et
                                quant l’ovre fut fete en partie, trelle de terre abati l’edefice.
                                Massius dist que le peril doit estre Flacus se la trelle avint par
                                nature.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>De loages et de aloemanz&#160;: loages et aloement, tot soit-il naturel
                            antre totes genz, est fet non pas par paroles, mès par consentement,
                            aussi comme achat et vençon est fez, et se l'en fet le pris&#160;; aussi
                            est loages et aloemanz.</p>
                        <p>Loages est entenduz, se li loages est entenduz&#160;; et est ausi comme
                            une chose jointe à achat et à vente. Loage et aloemenz est aussi comme
                            l'en siot demender en aucunes choses, savoir se c'est achat ou vençon,
                            ou loage ou aloemenz&#160;; ausi comme se je fis marchié à l'orfèvre
                            qu'il me feist aniaux de son or à certoin pois et à certoine forme, si
                            comme de vingt esterlins pésent&#160;: l'en demende se c'est achat ou
                            vençon ou loage ou aloemanz. Acordé est que c'est vençon. Mès se je
                            baille or apareilliez, n'est pas dotence que ce ne soit loages et
                            aloement. Loage ou <pb n="171"/>chose qui est baillie par prière est
                            issi fete, tant comme oil qui l'a baillé vit, et ele faut quant cil est
                            morz qui l'aloa<note>Dig., lib. 19, tit. 2, frag. 1, 2, 4.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Se je te loe demain mon champ vingt sous et tu les loe à un prodome
                            vingt-cinq., et je défens au prodome qu'il n'i entre, tu as aucion de
                            loage contre moi.</p>
                        <p>Se aucun loe une meson qu'il a achetée en bone foi, ou une teneure, et
                            ele est retraite sanz le barat et la colpe à celui<note>Ibid., frag. 8,
                                9 pr. Pour la suite, voy. § 3.</note>...</p>
                        <p>Se aucuns a loé bues chascun an por six mines de mestive, et il en
                            preigne plège, et les bos soent pris por la dete de celui qui les a
                            aloez, et cil qui la chose est la dénit, il ne l'aura pas&#160;; mès se
                            il les a bailliez sanz gage et sanz plège, il les aura.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>... <ref target="http://josticeetplet.huma-num.fr/items/show/3">Johan de
                                Beaumont</ref> dit que cil qui loa la chose est tenuz à celui qui
                            l'aloa dou loage, si que l'en eist l'usage. Et se li sires qui l'a
                            retrete no viaut pas, et li aloeor est prez de bailler li une autre
                            meson aussi bone, le loer est délivres segont droit. Et s'il n'a meson,
                            et il voile emender le domage qui en nestra, il est délivres<note>Ibid.,
                                frag. 9 pr.</note>.</p>
                        <p>Se aucun loe son usage à cinq anz, qu'il a à un an loé, et il mort, son
                            heir n'i est pas tenuz. Mès de la meson, s'ele ere arse, ausi dit cil,
                            que (<emph>si</emph>) sa meson ardoit, l'en en doit rendre le loer de
                            tant comme l'en i aura esté&#160;; et se li feus fust par la cope de
                            l'ôte, il est do loage et do domage tenuz<note>Ibid., frag. 9, §
                                1</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>Se je baille mes chièvres à loage en garde, et larrons les emblent sanz
                            la colpe à celi qui les garde, il n'i est pas tenuz, et aura son loage
                            de tant comme il les aura gardées.</p>
                        <p>Se aucuns aloa veaus à pêtre, ou à une robe apareillier, il doit garder
                            qu'il n'i eist copes&#160;; et s'il i meffet, il en est tenuz, car il la
                            prist à fere comme metres.</p>
                        <p>Se tu me loes autrui meson et ele m'est donée ou lessie, je ne sui pas à
                            toi tenuz de rendre le loage&#160;; mès je cuit que je sui tenuz de ce
                            tens qui fust devant le lès<note>Ibid., frag. 9, § 4-6.</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Un homme se pleint issit, et dit que un home loua un champ vingt livres
                            jusqu'à cinq anz la dablée&#160;; lesquex vingt livres l'en a
                            paiés&#160;; <pb n="172"/>il ne veaut baller le champ&#160;: si requéron
                            que vos li facez tenir les convenances&#160;; et s'il veut nier que ce
                            ne soit voirs, nos somes prez de prover par nos et par garanz qui vit
                            les deners baillier et les convenances fere. Li copables fet encontre
                            tel ni et tel deffense comme il doit. L'en demende qu'en dit droiz. Et
                            l'en respont que li copables est loisanz de prendre la prove de lui et
                            de son garant et de quenoistre que c'est voirs, ou d'escondire par gage
                            de bataille. Mès se li denier ne fussent poiez, il n'i eust que
                            proves&#160;; et le chois fust au copable.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. [85rB] De aucion de esme <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 19, tit 3&#160;: <hi rend="i">de
                                    Æstimatoria</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {19.3.1} <hi rend="i">Ulpianus. Uccio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucion de esme est aportee por oster dotance ; car l’en dota moult
                                quant chose esmee est baillie à vendre savoir se l’en a aucion de
                                vente por l’esme, ou se ele est do loage ausi comme il soit veü que
                                je l’oie loé à vendre, ou s’il i a aucion de loage ausi comme se ge
                                eusse aloé les besoignes, ou se c’est aucion de mandemant. Et il est
                                miauz veü que ceste aucion auge avant ; car totes les foiz que l’en
                                dote dou non de aucunne chose, il convient que l’en dont à ce
                                aucunne auction, ou aucion d’esme ou aucion de paroles escrites. ¶
                                Cest afere est de cité et fet en bone foi, por quoi totes ont ci leu
                                que nos avon dit en juigement de bone foi. {1} Esme qui est fete
                                receist le peril à celi qui le reçoit, car il devra baillier la
                                chose entiere ou la value.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head type="gp">VII. De change de choses <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 19, tit. 3, frag. 2&#160;: <hi rend="i"
                                    >de Æstimatoria</hi>&#160;; et tit. 4, frag. 1&#160;: <hi
                                    rend="i">de Rerum permutation</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {19.3.2} <hi rend="i">Paulus. Hec aucio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion est profitable, tot i eit il loer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.4.1}</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car un est vendeor autre acheteor, ¶ et ausi est pris<note>pris]
                                        <emph>prise</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ita pretium
                                        aliud</emph></note> [85vA] une chose et merz autre chose. Et
                                quant la chose est changie, l’en ne set le quel est acheteor ne le
                                quel est vendeor. Et moult i a grant difference. ¶ Car l’acheteor
                                s’il ne baille le pris au vendeor est tenuz de la vente ; et le
                                vendeor est tenuz de la chose delivrer et de baller la possession et
                                que il n’i face tricherie, et se la chose est tolue il ne doit rien.
                                Et s’il a pris ou change de ça et de la, la chose doit estre à l’un
                                et à l’autre&#160;; s’il i a merz, n’a l’un n’a l’autre. ¶ Mes quant
                                il doit avoir et merz et pris, l’en ne pot savoir le quel est merz
                                ne le quel est pris, ne reson ne s’ofre mie que une moine chose soit
                                rendue et soit pris d’achat. {1} Donc se cele chose que j’é prise,
                                piece à m’est tolue, je avroi aucion de fet. ¶ {2} Achat et vençon
                                est fet por la volenté<note>volenté] <emph>vencon</emph> dans le
                                    ms., distraction du scribe, cf. lat. <emph>Item emptio ac
                                        venditio nuda consentientium voluntate
                                    contrahitur</emph></note> à cez qui s’i acordent&#160;; et
                                change done commandemant à obligacion quant la chose est baillie par
                                dehors. ¶ Et se la chose n’est baillie, nos dison que l’obligacion
                                sera fete par nu consentement&#160;; et c’est issi establi que
                                chescunne aucion eist son non, si comme en achat, en vençon, en
                                aloage, en mandemant. ¶ {3} Pedius dist que cil qui baille autrui
                                chose ne fet nul change. {4} Et d’autre part, se la chose est
                                baillie, se l’un ne velt baller les choses, nos ne plederon pas do
                                domage de ce que nos ne poon avoir la chose dont est la convenance,
                                mes nos poon demander la chose que el nos soit rendue, ausi comme se
                                la besoigne ne fut mie.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. De paroles porparlies et de aucion de fet <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 19, tit. 5&#160;: <hi rend="i">de
                                    Prœscriptis verbis et in factum actionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.1} <hi rend="i">Papinianus. Nonnunquam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucunne foiz avient que quant jugemenz et aucions communes fallent et
                                quant nos ne poon trover propre non à l’aucion, nos descendons à
                                celes aucions que l’en apele « aucion de fet »&#160;; et ge en
                                mostreroi à cortes paroles exemple. ¶ {1} L’en donra aucion de cité
                                contre le metre de la nef au seignor de la mercerie se l’en ne set
                                s’il a aloé la nef ou sa mercerie porter. ¶ {2} Et se aucun balle
                                aucunne chose por fere savoir que ele vaut, ce ne sera ne prest ne
                                chose baillie a garder, ainz avra l’en aucion de [85vB] fet se l’en
                                i fet desloiauté.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.2} <hi rend="i">Celsus. Nam cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car quant us<note>us] <hi rend="i">usez es</hi> dans le ms., leçon
                                    inchoèrente, cf. lat. <hi rend="i">nam cum deficiant vulgaria
                                        atque usitata actionum nomina</hi></note> et usages
                                faillent, l’en avra ceste auction.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.3} <hi rend="i">Julianus. In quam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il convient quant l’en trove nos que l’en i puisse mestre par droit
                                de cité.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.4} <hi rend="i">Ulpianus. Natura</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Car nature s’acorde à ce que plus sont besoignes que noz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.5} <hi rend="i">Paulus. Naturalis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Mis fiz de une meschine te servoit et le tuen moi&#160;; nos nos
                                acordames que tu franchisses le mien et je le tien&#160;; je fis tu,
                                ne feis pas. ¶ L’en demande quele aucion g’e contre toi. L’en
                                resgarde en cete question por la chose don l’en parle, ce que
                                apartient à cez apeces en tel forme&#160;: je done que tu me donges,
                                ou ge done que tu faces, ou ge faz que tu donges, ou ge faz que tu
                                faces. ¶ Et en ce demande l’en quele aucion en pot venir. {1} Car se
                                ge done peccune por avoir une chose, c’est achat et vençon. ¶ Et se
                                ge done une chose por autre avoir, ce n’est mie change ne achat, ¶
                                ainz est aucion de cité. Et ce avient en ceste aucion, que tu ne
                                rendes pas ce que tu as receu, ainz seras condempnez à moi por tant
                                comme je no vossisse que je n’eusse la chose&#160;; ou se ge voil,
                                ge avré ce que j’é baillé, ausi comme se la chose ne fut fete. ¶ Et
                                se ge te donoi hennas por avoir Tebert, il sera à mon peril, et tu
                                doiz garder que n’i ees colpes. ¶ Or est debatre cest article
                                «&#160;je done que tu me donges&#160;». ¶ {2} Et quant « je done que
                                tu me faces », se le fet est tel que l’en selt à loer, ausi comme tu
                                talces por poindre une table, se ge te baille l’argent, ce sera
                                loage, ausi comme achat est en cas desus. ¶ S’il n’i a rien baillié,
                                ne ce n’est mie loage, mes ce sera aucion de cité por tant comme je
                                no vossisse et la puis demander. ¶ Et se le fet est tel que l’en ne
                                puisse aloer, ausi comme se tu fez marchié que tu franchisesses un
                                serf, s’il i a certain tens dedenz quant il soit franchi et li tens
                                passe au vivent au serf, ou se le tens n’est passé et tot li tens
                                passe où il pot et dut estre franchi, l’en li pot demander ou avoir
                                contre lui ceste aucion&#160;; et ce avient à ce que nos dison
                                desus. ¶ Se je te donoi un serf por franchir le tuen [86rA] et tu le
                                franchis, et celui que je te donoi est toluz, se je le donoi par
                                barat, por barat tu as aucion contre moi de fet, comme Julien dit.
                                Se tu n’en seus rien, aucion de cité t’avient. ¶ {3} Et se ge faz
                                que tu me doignes et tu ne fez rien enprés ce que j’é fet, l’en
                                n’avra pas aucion de cité mes de barat. ¶ {4} Et se ge te faz que tu
                                faces, ceste maniere de parole regarde plusors marchiez&#160;; car
                                se nos avon mis en convent que tu demandes ma dete à Maroc et g’é la
                                toe à Rome, ou ge face edefice en ta terre et tu en la moie et tu
                                n’en fez rien, li aferes remaint si comme devant, sanz que la
                                peccune ne pot estre demandee en autrui non. Et ge soit ce que il
                                eit despens, nostre office est et de ça et de la, et pot nature
                                passer le mandemant de convenir. Je te puis mander que tu me faces
                                garde et que tu ne despens au demander que .x. sous&#160;; et se tu
                                despens autant, n’est nule dotance que tu n’eies auction. Et s’il le
                                fet autrement, que l’en voie que ciert mandemant, ausi comme se nos
                                rendon despens de ça et de la, je ne te mande pas de ta chose. Mes
                                ce sera plus segure chose que l’en ait ceste aucion en fere mesons
                                et en demander detes&#160;; et ceste aucion est senblable à aucion
                                de mandemant, ausi en quas qui sont desus en loage et en achat. ¶
                                {5} Et s’il est issi acordé que li un et li autre face, ausi pot
                                l’en dire en cete question, et à force convient que cil soit
                                condempné à moi por tant comme je no vossisse avoir le serf que j’é
                                franchi. Et l’en dote se l’en metra hors ce que g’ei un franchi ?
                                Mes l’en ne pot ce esmer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.6} <hi rend="i">Neracius. Insula</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ge vendi une meson par si que tu en feisses une autre&#160;; je di
                                que c’est nule vençon, mes l’en a aucion de chose qui n’est mie
                                certaine.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.13} <hi rend="i">Ulpianus. Si tibi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si ge te baille la chose à vendre por certain pris, et ce que en
                                peusses plus avoir tuen fut, acordé est que il n’i a auction ne de
                                mandemant ne de compoignie mes de fet, ausi comme de autrui afere
                                fet&#160;; car mandemanz devent estre fez por neient, et il est veü
                                que compoignie n’est pas fete o celi qui ne te reçut pas en
                                compoignie de vendre la chose s’il mest hors cer[86rB]tain pris.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.15} <hi rend="i">Ponponius. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui sorent les fuitis sers estre en aucun leu celez, les solent
                                descovrir au seignors, et ce n’est pas larrecin, ainz en solent
                                avoir loer por dire lo ; ¶ et bien l’en poent prendre, car il i a
                                bone cause, et bien l’en pot demander. Et s’il n’i a rendu rien, mes
                                la convenance fut fete por le serf enseigner et que le serf fut
                                pris, veon s’il pot demander le loer. Et ce convent n’est pas nuz,
                                que aucun ne die pas que ceste aucion ne nesse pas dou convenant,
                                ainz en soi a aucunne afere&#160;; et donc en pot estre ceste
                                aucion, s’il n’i a aucion de barat quant aucun en est repris.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.22} <hi rend="i">Gaius. Si tibi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te baille robe à polir ou à costre, se tu prenz cele besoingne
                                por neant il i a obligacion de mandemant&#160;; et s’il i a loer, il
                                i a aucion de loage&#160;; et se tu n’as cele besoigne por neient et
                                le loer n’est pas mis demanois mes en tel pensé le prist à fere que
                                il eust son loer enprés tant comme il seroit à nos .ii., il plest
                                que ceste aucion eist leu. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.23} <hi rend="i">Alpheis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>.ii. bachelers aloient sor Loire, l’un d’aus qui aloit o l’autre pria
                                l’autre que il li monstrat un anel por voier, li anel li cheist en
                                l’eve&#160;; je di que l’en a aucion contre li de fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {19.5.26} <hi rend="i">Si tibi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je te baille hennas por si que tu les me redesses, j’é aucion de
                                prest. Et se ge te prestoi issi un pois d’argent que tu m’en
                                rendisses autretant, j’ei ceste aucion d’avoir ausi bon argent comme
                                cil hennas furent. Et s’il fut en convent que tu me donasses cez
                                henas ou autretant de pois d’argent, ausi en pot l’en dire.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
