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            <titleStmt>
                <title>LI LIVRES DE JOSTICE ET DE PLET</title>
                <principal xml:id="GP">Graziella Pastore</principal>
                <funder>École nationale des chartes</funder>
                <respStmt>
                    <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
                    <resp>2015 - édition électronique</resp>
                </respStmt>
            </titleStmt>
            <editionStmt n="1">
                <p>2015, première édition électronique</p>
            </editionStmt>
            <extent/>
            <publicationStmt>
                <publisher>École nationale des chartes</publisher>
                <address>
                    <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
                    <addrLine>75002 Paris</addrLine>
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                    <addrLine>http://enc.sorbonne.fr/</addrLine>
                    <addrLine>recherche@enc.sorbonne.fr</addrLine>
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                <idno>http://elec.enc.sorbonne.fr/josticeetplet/</idno>
                <date>2015</date>
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                </availability>
            </publicationStmt>
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                <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
                <idno type="URI">http://elec.enc.sorbonne.fr</idno>
                <idno type="vol"/>
            </seriesStmt>
            <sourceDesc>
                <bibl>
                    <abbr>Li livres de jostice et de plet</abbr>
                    <title>Li livres de jostice et de plet, publié pour la première fois d’après le
                        manuscrit unique de la Bibliothèque nationale par [P.N.] Rapetti, avec un
                        glossaire des mots hors d’usage par P. Chabaille</title>
                    <pubPlace>Paris</pubPlace>, <publisher>Firmin Didot Frères</publisher>, <date
                        when="1850">1850</date>
                </bibl>
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            <projectDesc>
                <p>L’édition numérique reproduit fidèlement la partie éditée par P.-N. Rapetti,
                    telle qu’elle apparaît dans l’édition imprimée de 1850, couplée aux sections
                    précédemment inédites, ici éditées par les soins de G. Pastore.</p>
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            <change when="2016-11" who="GP">Mise à jour du fichier</change>
            <change when="2015-07" who="MH">Création du fichier</change>
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    <text>
        <front>
            <head>LI NEUVIESME LIVRES</head>
        </front>
        <group>
            <head>LI NEUVIESME LIVRES</head>
            <text xml:id="art_01">
                <pb n="173"/>
                <front>
                    <head>I. De changier choses but à but et à torner, et quex choses l'en ne puet
                        vendre.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Premièrement, l'en dit ci<note>Decret. Greg. IX, lib. 3, tit. 19&#160;:
                                    <emph>de Rerum permutatione&#160;?</emph></note> que changes est
                            manière de vente &#160;; car chose baillie por la chose que l'en change,
                            et la chose receue, fet le change, por quoi ce soit fèt en bone foi.
                            L'en puet chengier blé por blé, et vin por blé, blé por héritage, dras
                            por vin, à tornés ou sanz tornés&#160;; et vendre por deniers.</p>
                        <p>Or demende l'en se l'en puet changier le doere à la feme à mobles&#160;?
                            L'an dit que oïl, por quoi la feme s'i consente sanz force et senz
                            paor&#160;; et s'ele ne s'i consent, non. Et le puet l'en chengier à
                            héritage&#160;? Oïl, se c'est ses preuz&#160;; mès la chose chengie sera
                            asint comme son doere&#160;; et mise en sauve main, qu'ele n'i puisse
                            avoir domage enprès la mort son seignor<note>Ibid., chap,
                                2&#160;?</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>L'en puet bien eschangier son serf à autre, ou sa serve à son sergent, le
                            terme que l'en l'aura, por qu'il soit à la volenté au sergent&#160;; et
                            se non, non. L'en ne puet changier sa feme à autre, ne son fil, ne sa
                            fille, ne l'en ne puet changier cors de franc home<note>Ibid., chap. 3,
                                4&#160;?</note>.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Le tutor ne puet changier les choses à l'orfelin, par quoi ses preuz n'i
                            soit&#160;; et se ses preuz n'i est, li changes ne vaut rien, tot
                            l'ostroit celui qui sera en garde.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 4.</head>
                        <p>L'en ne puet changier les choses sa feme, se n'est par son otroi. L'en ne
                            puet changer, ne vandre choses, à totes les foiz que mariage <pb n="174"
                            />est fez, et héritages est joinz au mariage, ou conquis en
                            mariage&#160;; l'en ne le puet changier, ne vendre, se n'est par l'acort
                            as deus parties, ne conquest, s'il i sont fet&#160;; car si tost comme
                            conquez est fez en mariage, il est tornez à héritage, issint que feme ne
                            puet aler encontre le fet son seignor, tant comme il vive, tôt
                            n'otroit-ele pas son fet&#160;; mes ele le puet rapeler emprès sa mort,
                            fors en mobles<note>Decret. Greg. IX, lib. 3, tit. 19, chap.
                                2&#160;?</note>. Mès hon puet fere, au vivant sa feme, de mobles
                            vandre et changier à sa volenté, sanz ce qu'ele le puisse rapeler.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 5.</head>
                        <p>Se aucun apèle autre, par soi et par garanz, de vente ou de change, et
                            ele soit niée, en tel chose n'a que sormise, se li autres fet encontre
                            tel ni et tel deffanse comme il doit&#160;; ci n'a que prove, et li
                            chois est à celi qui l'en demende.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_02">
                <front>
                    <head type="gp">II. [86vA] De gages et comment il sont fez <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 20, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Pignoribus et hypothecis, et qualiter ea contrabantur, et de
                                    pactis eorum</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.1} <hi rend="i">Conventio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Convenance generau fut establie en baller gage des biens que l’en a
                                ou que l’en avra. Et se convenent est fet en senblance d’autrui
                                chose, s’el ne fut deue à celi qui bailla le gage, l’en donra aucion
                                au detor plus tot que au creancier qui ne sot pas que la chose fut à
                                autrui&#160;; mes cil qui porsiet avra meillor retenue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.6} <hi rend="i">Ulpianus. Obligacione</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Les choses que aucun a ou n’a pas ne seront contenues en generau
                                obligacion&#160;; il est senblent que ce soit voir que aucun [86vB]
                                ne se oblige pas especiaument, ausi comme se vessiaus ou robe est
                                lessie au detor, et sers que cil avoit en son usage que l’en croet
                                que il no voloit pas engager por les besoignes que il li fesoient
                                qui mout li valoent, ou por ce que il les amoit moult por son
                                usage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.8} <hi rend="i">Gaius. Denique</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et l’en set bien que l’en ne pot engager ne ses enfanz ne ses norriz
                                en generau obligacion, et s’il i a aucuns de itex menestrés.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.9} <hi rend="i">Gaius. Sed et</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il convient garder et entendre que c’est en gagie que cil hot lors. ¶
                                {1} Ce que l’en pot acheter et vendre, ce meime pot estre en
                                gagie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.13} <hi rend="i">Marcianus. Lege</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se betes sont engagies, celes qui nessent enprés en sont. Et se le
                                premers chiés muerent et tot le noncel est renovelé, il sera
                                engagié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.14} <hi rend="i">Ulpianus. Quesitum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en demande se le jor de la pension n’est venuz se l’en puet
                                entretant demander les gages ? Je cuit que l’en doit otroier lo, car
                                il m’apartient&#160;; et issi dit Celsus. {1} Et il convient que le
                                gage durt de la où obligacion vient.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.15} <hi rend="i">Gaius. Et que</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce que n’est pas pot estre engagié ; si comme fruiz pendenz, li feon
                                qui sont à nestre des serves et des betes, et ce quil nest sont
                                obligié. Et issi le doit l’en tenir se li sires do champ s’acorde à
                                ce qui vient de usage et de fruit, ou cil qui a l’usage et le fruit,
                                si comme Julianus dit.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.16} <hi rend="i">Marcianus. Si fundus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se un champ est engagié et il croist por acroissement de eve, il sera
                                tot obligié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.19} <hi rend="i">Ulpianus. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui prent plusors choses en gage n’est pas tenuz de une baillier
                                se l’en ne rent tote la dete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.23} <hi rend="i">Idem. Creditor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le creancier pot loer totes les teneures qui sont obligies por cause
                                de gage. {1} Il a bien obligacion de gage entre cez qui ne sont pas
                                do païs par la reson do marchié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.24} <hi rend="i">Idem. In quorum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La où l’en deffent à acheter, l’en ne pot gage prendre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.33} <hi rend="i">Trophonius. Si qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui te promist à rendre ou à Ticio, se il rent Ticio, tu ne le
                                poz demander, s’il reçoit le gage avant la poie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.1.35} <hi rend="i">Labeo. Si insula</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se la meson que tu pois vendre par convenant est arse et enprés ton
                                detor la refet, tu as autant en la nove comme en la viez.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_03">
                <front>
                    <head type="gp">III. [87rA] En quel cas gages est fez sanz dire <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 20, tit. 2&#160;: <hi rend="i">In quibus
                                    causis pignus vel hypotheca tacite contrahitur</hi>, excepté
                                quelques mots à la fin.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {20.2.1} <hi rend="i">Papinianus. Senatus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le senat qui fust fet ou tens Marci li enpereor dit que gage qui est
                                dont ou creancier qui preste deners por refere la meson apartendra
                                au reanbeor qui les deners balla par le mandemant au seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.2.2} <hi rend="i">Marcianus. Ponponius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit que les choses que li oste avra aportees en la meson
                                seront engagies non pas solement por les loages mes por ce s’il
                                enpire la meson par sa colpe, et avra l’en contre lui aucion de
                                loage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.2.3} <hi rend="i">Ulpianus. Si orreum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se un grenier est aloez, ou un estage, ou une ere, Neracius dit que
                                ce que est aporté en la meson est obligié sanz dire ; et c’est
                                voir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.2.7} <hi rend="i">Ponponius. In prediis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Les fruiz qui nessent en teneures sanz dire sont en gagie au seignor
                                dou chemp tot n’en face l’en mencion. ¶ {1} L’en doit veoir que
                                totes celes choses qui sont aportees en la meson mes celes choses
                                qui sont leenz à toz jorz sont en gage&#160;; qui est plus grant
                                chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.2.8} <hi rend="i">Paulus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant le detor a deners pretez par amor, le creancier pot retenir des
                                fruiz de la chose engagie segont la dete. L’en puet engagier ce que
                                l’en a en gagie.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_04">
                <front>
                    <head>IV. De gage prandre sanz jostice.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Un home si a loée sa meson à un autre&#160;; li termes passe qu'il doit
                            avoir son loer&#160;; cil prent les choses qu'il trove en la meson. L'en
                            demende s'eles sont son gage&#160;? Et l'en dit que oïl.</p>
                        <p>Quant li venderres prist en gages un champ por dix livres, et l'en li
                            rent cent sols, l'en demande s'il pot tot vendre le champ qui vaut dix
                            livres&#160;? Et l'en dit que non, mès il puet vendre del champ cent
                            sols.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Cil qui autre deffant done plège de rendre la chose juigie, et li plèges
                            baille gage&#160;; la chose eschiet à celui por qu'il plévit&#160;: ne
                            il n'est plège, ne li gages n'est gages. Li créanciers demende le gage,
                            et cil qui <pb n="175"/>tient la chose velt tendre la chose por
                            gage&#160;: l'en dit que l'en ne puet le plège nanter por quoi la chose
                            vaille l'argent.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 3.</head>
                        <p>Une chose est vendue par si que se il trove meillor marchié dedanz un
                            jor, que la vente est nulle&#160;; il engage la chose dedanz celui jor,
                            et dedanz celi jor trove meillor marchié&#160;: l'en dit que li gages
                            est nus, se n'est par la volenté au vendeor.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_05">
                <front>
                    <head type="gp">V. [87rB] Quex choses ne puent estre engagies <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 20, tit. 3&#160;: <hi rend="i">Quœ res
                                    pignori vel hypothecœ datœ obligari non possunt</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {20.3.1} <hi rend="i">Marcellus. Pupillus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li orfelin ne pot rien engagier sanz l’autorité au tutor. {1} Se cil
                                qui en bau oblige chose qui est soe, ou li sers, l’en doit dire que
                                il n’est pas tenuz, tot eent il poer de lor choses ; ne il ne poent
                                rien doner, car il n’ont pas poer tel. Et c’est une demande combien
                                dire le poer que il ont et que il poent fere et que non. ¶ {2} Quant
                                aucun ne pot acheter aucunne chose por ce que ce n’est pas
                                marcheandie, l’en ne pot cele chose engagier, ausi comme le enpereor
                                manda à Claudio Saornin. Et que sera se aucun prent en gage un champ
                                qui est en contenz&#160;? L’en demande se l’en a barre contre
                                lui&#160;? Et Octaveus cuide que ce a leu en gages, c’est à dire
                                barre&#160;; et Scevola dit que barre a leu en moble.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.3.4} <hi rend="i">Idem. Ticius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant Ticius vot prendre deners à enprunt de moi, il dona plege et
                                envoia de ses choses por gages&#160;; ¶ et enprés, quant il ot vendu
                                une de cez choses, il prist la peccune&#160;; l’en demande se les
                                choses vendues avant estoent au creancier&#160;? Je di que quant il
                                fut en poer au detor que il ne prist pas la peccune enprés ce que la
                                caucion fut donee, le gage est liez en ce tens que la peccune fut
                                baille&#160;; et por ce doit l’en voer quex choses le detor avoit au
                                tens que li denier furent baillié.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_06">
                <front>
                    <head type="gp">VI. Qui sont segur en gage et de cex qui ont le gage en leu dou
                        creancier <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 20, tit. 3, frag. 5, et du tit. 4&#160;:
                                    <hi rend="i">Qui potiores in pignore vel hypotheca habeantur, et
                                    de his qui in priorum creditorum locum succedunt</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {20.3.5} <hi rend="i">Idem. Creditor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le creancier qui prist en gage le fiz qui est en bau le doit
                                comperer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.4.5} <hi rend="i">Ulpianus. Interdum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Aucunne foiz avient que le derenier creancier est mellor que le
                                premer&#160;; ausi comme se l’en a despendu en ceste chose garder
                                que le segont creancier despendi&#160;; ausi comme se la nef qui fut
                                en gage et je face creance à lui armer ou à raparellier.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.4.8} <hi rend="i">Idem. Si pignus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se commun prent especiaument gage, l’en doit dire que ele est avant
                                que le tresor l’enpereor se le detor i est enprés obligié ; car cil
                                qui ne sont pas do commun sont avant mis aucunne foiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.4.10} <hi rend="i">Si jure</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se cil qui pot juigier juiga par droit [87vA] que le gage fut pris,
                                il est plus fort por les privileges do tens ; li heir en cui persone
                                le gage fut baillé, i est tenuz <note>Passage qui pose problème, cf.
                                    lat. <emph>Si et iure iudicatum et pignus in causa iudicati ex
                                        auctoritate eius qui iubere potuit captum est, privilegiis
                                        temporis fore potiorem heredem eius, in cuius persona pignus
                                        constitutum est</emph></note>.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.4.14} <hi rend="i">Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun engage à .ii. seignors en divers tens, le premer en a le
                                meillor, ja soit ce que il teigne se nos recevons gages de divers
                                seignors.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.4.18} <hi rend="i">Scevola. Lucius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Lucius Tucius presta argent sor gages à usures et Menius balla argent
                                à celi detor sor ces gages&#160;; je demande se Ticius eust le
                                meillor, non pas solement dou chetel mes des usures qui vindrent
                                enprés avent<note>avent] <emph>alient</emph> dans le ms., faute de
                                    lecture du scribe, cf. lat. <emph>antequam</emph></note> que
                                Menius feist la creance&#160;? Je di que Lucius Ticius en a le
                                meillor de quanque l’en deut.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.4.20} <hi rend="i">Triphoninus. Querebatur</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en demandoit, se enprés le premer marchié que tu feis à
                                    toi<note>toi] <emph>troi</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>si
                                        post primum contractum tuum</emph></note>, avant que tu
                                ballasses à creance autre peccune, Seius fit creance au detor
                                dusqu’à .l. solz, et le detor engaga le gage de cele chose qui
                                restoit baillie en gage, et enpré tu creus par aventure .xl. ‹…› ou
                                Seius .l., posé que Seius t’offre la pecune qui est creue au
                                commoincement ? Je di que bien est que Seius soit le meillor en ce
                                que il a plus en gage, et que le premer creancer soit avant en la
                                peccune qui est oferte au commencement que il crut au premer
                                detor.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_07">
                <front>
                    <head type="gp">VII. De metre gage en autrui main por vente ou por autre chose
                            <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 20, tit. 5&#160;: <hi rend="i">de
                                    Distractione pignorum et hypothecarum</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {20.5.1} <hi rend="i">Papinianus. Creditor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le creancier qui prist teneures en gages, et enprés un autre
                                creancier, qui mist le convent des gages en biens au detor, il fit
                                autel convent de toz les biens por l’autre marchié ; le segont
                                creancier fut lessiez sanz droit et vendi ces autres biens et
                                engaja. Mes par ce n’a pas le creancer contre lui aucion qui demande
                                ses gages&#160;; mes ele n’est pas de larrecin, car il mena sa cause
                                nicement, comme li autre creancier n’et pas perdu sa chose par
                                larrecin que il n’avoit pas. Et il demandera por neant mostree, car
                                cil ne tint pas ne n’i fit barat por quoi il n’en ‹e›it&#160;; et
                                por ce, le segont creancier pot en pledier cez qui tienent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.5.4} <hi rend="i">Idem. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’en met jor à rendre argent, il est veü que il est convent que
                                [87vB] cil n’ait poer de vendre le gage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.5.9} <hi rend="i">Paulus. Quesitum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en demanda se le creancier ne pot avoir de l’acheteor le pris do
                                gage se le detor est quité&#160;? Je cuit se le creancier n’i ot
                                aucunne colpe que le detor est obligé ; car vençon fete à besoing ne
                                delivreroit pas le detor se le detor ne rent l’argent. ¶ {1}
                                Panponius dit que l’en selt metre en convent en choses engagier que,
                                se le gage estoit vendu mois, que le detor rendit la faute ; c’est à
                                dire neent, car l’en l’antant issi sanz dire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.5.12} <hi rend="i">Triphoninus. Rescriptum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li enpereor dit, quant Papinian fesoit la demande, que le creancer
                                poet acheter le gage do detor, por ce que il moint en la seignorie
                                au detor. ¶ {1} Se autrui chose est en gagie et le creancier le
                                vent, veon se le pris que le creancer a pris delivre le detor de la
                                peccune qui fut creue. Et à ce respont l’en voir, s’il vent par tel
                                convent que il ne fust obligié par non de delivrance&#160;; il est
                                senblant que de tel marchié comme de tel obligacion le pris qui est
                                pris par acheson de lui doit plus valoir au detor que au creancier.
                                Mes le detor est delivrez quant au creancier ; et quant au seignor
                                de la chose, se le gage n’est delivré, ou le acheteor enprés la
                                delivrance, le detor est de bone aucion tenu que il ne
                                    gaigne<note>gaigne] <emph>gaignent</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>ne ex aliena iactura sibi lucrum
                                    adquirat</emph></note> en autrui domage. ¶ Car se le creancier
                                demande plus des fruiz au detor ou au plege et il li toli toz, il
                                doit avoir toz les fruiz por tant come il i a de dete. Et se le
                                creancier tost a son detor la chose qui n’estoit pas soe par le
                                defent au juige et le creancier dit que il l’avoit en gage et il
                                demandast s’il la devoit rendre au detor quant il avroit son argent,
                                Scevola dit que il li devoit rendre. Ausi comme s’il ne le vendi
                                pas, issi que l’en est certain que le pris doit remanoir à lui, ainz
                                est il liez à rendre lo. Je juige que l’en ne puet autretant
                                demander rien au detor, ainz avra sa delivrance en dotence&#160;; et
                                se le creancier est en plet par aucion d’achat, il pot demander la
                                dete au detor, car il est aparissant que il n’est pas delivré.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.5.13} <hi rend="i">Paulus. Creditor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le creancier [88rA] qui vult le gage à son droit, doit son droit
                                lessier&#160;; et s’il tient son gage, il doit bailler la
                                possession.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {20.5.14} <hi rend="i">Scevola. Arbitri</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui fut arbitre de departir l’eritage entre les heirs quant il ot
                                les choses parties il assena à chescun les nons do detors par
                                soi&#160;; l’en demanda se chescun doit poier par sa partie&#160;?
                                Je di que il le pot bien fere.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_08">
                <front>
                    <head type="gp">VIII. De ban de meson et de aucion rendre arriere ce que est
                        vendu s’il i a meschief de combien ele vaut moins en celi tens <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 21, tit. 1&#160;: <hi rend="i">de
                                    Ædilitio edicto, et redhibitione, et quanti
                                minoris</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.1} <hi rend="i">Labeo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit que le ban des meson ne est pas solement de moble que de
                                teneures. {1} Cil qui vendent les sers devoent acertener les
                                acheteors quel maheign il a ou quel vice, ou s’il est fuitis, ou
                                s’il est fos, ou s’il est liez d’aucun forfet. ¶ Et totes ces choses
                                devent il dire quant il vendent les sers&#160;; et se le serf est
                                vendu contre ce, et se l’en ne dit ce quant il fu vendu à l’acheteor
                                et à toz cez à qui ce apartient, nos donron sentence contre aus et
                                sera le serf rendu arriere. ¶ Et se aucunne chose est enpiree enprés
                                la vençon et enprés le ban de la chose au domage à l’acheteor par le
                                fet à la mesnie ou au procurator, ou se aucunne chose est nee ou
                                aquise ou s’il i a aucunne chose apendant à la vençon, ou se le
                                acheteor a aucun preu par si que il rende tot ce et s’il fit aucuns
                                aventages por ravoir les, ¶ et se aucun des sers fet chose dont il
                                doie perdre la teste ou fet aucunne chose par soi tuer ou s’il se
                                met à estre champion, li vendeor devent tot ce metre et dire en lor
                                vençon ; et s’il ne le font, nos donrons juigement contre aus. Et
                                encor plus, se aucuns fet cez maheins et vent par barat, nos donron
                                juigement contre. ¶ {2} Comme ce ban soit contrové por corre contre
                                les conchiemanz à vendeors et que l’en secore à cez qui achetent,
                                quiconques sera deceu de vendeor. Se nos savon qui est le vendeor et
                                s’il ne le siet, l’en rendra quant que cil qui ont la garde des
                                mesons en diront. Ne ce n’est mie mal, car li acheteor n’a que fere
                                que le vendeor l’en conchit ou por ce que il no sot ou por son
                                conchiement. ¶ {3} L’en doit savoir que ce n’apartient pas à [88rB]
                                la vençon qui est fete à l’enpereor. {4} Et se aucunne commune fet
                                aucunne vençon, cest ban avra leu. {5} Et ausi en vençons que
                                orfelin font. {6} Se l’en entent maledie estre maheing que l’en pot
                                voer por dehors en gent, ce ban n’a pas leu&#160;; l’en doit tant
                                solement voier que le acheteor ne soit deceu. {7} L’en doit savoir
                                que Sabinus dit que maladie est issi apelee quant il a en cor
                                aucunne chose qui est contre nature, qui enpire le cors, donc nos
                                avon aucunne foiz santance por l’aide de nature. Et maladie selt
                                aucunne foiz sorprendre tot le cors, aucunne foiz une partie. Et la
                                maledie prent tot le cors, si comme fievre&#160;; ¶ ‹…› et quant
                                l’en ne voit<note>ne voit] <emph>levent</emph> dans le ms.; passage
                                    corrompu, d’après le latin, on attendrait l’idée d’une maladie
                                    qui n’affecte qu’une partie du corps, comme la perte de la vue,
                                    cf. lat. <emph>partis veluti caecitas</emph></note>, tot soit il
                                issi nez. Et il a moult grant difference entre maheing et maledie,
                                ausi comme se aucun est baube. Et je cuit que il i eit plus meheing
                                que maledie&#160;; et issi le distrent li mestre des mesons por
                                oster la dotance, mes il n’en i a point. {8} Car s’il i a tel
                                maheing ou maledie qui destorba home à fere son usage, il sera rendu
                                ariere au vendeor. Se nos apelon maledie ou maheingne por un po de
                                chose, ausi comme une petite fievre, ou por une vielle quartene qui
                                se pot tapir<note>tapir] <emph>rapir</emph> dans le ms., TL
                                        <emph>tapir</emph> «&#160;cacher, dissimuler&#160;», cf.
                                    lat. <emph>aut vetus quartana quae tamen iam sperni
                                        potest</emph></note>, ou une petite pleie, ci n’a point de
                                forfet por quoi il doie estre rendu, tot ne soit il dit por droit,
                                et si pot l’en bien lessier tel vençon. ¶ Or meton avant aucun
                                essemple de cez qui sont maheingnez ou malades. {9} L’en demanda à
                                Vivien, se le serf ala aucunne foiz entre cez qui estoent hors do
                                seu et fist senblant que il le fust s’il estoit sein. Vivien
                                dit que oïl, ne nos ne devon pas – ce dit il – entendre que aucun ne
                                soent pas sein por aucun maheing&#160;; si que non il avenit que nos
                                direon que plusors ne sereent pas seins por ceste reson, ausi come
                                celi qui est legier, glorios, irex et depisent et icex vices assez
                                que il sont en corage d’ome. Et l’en solt plus prometre de la santé
                                do cors que des vices dou corage quant l’en fesoit la vençon. Et il
                                dit : vice de cors poest aucunne foiz aucun corrumpre, ausi comme
                                frenesie qui avient de fievres ; [88vA] et que sera se le vice do
                                corage est tel que le vendeor ne die que il est tel, et il le sot ne
                                no dist&#160;? Il est tenuz de l’achat. ¶ {10} Et encor dit
                                Vivien&#160;: se aucun ala au temple et se contint ausi comme desvé
                                et done paroles ausi comme devineor, s’il ne le fet, il n’i a point
                                de maheign ; en tel non n’a point de aucion, ausi comme celui qui ot
                                aucunne foiz acune fievre. Et s’il demora en celi vice et fut ausi
                                comme desvé, s’il fit ce par soi deduire, ce n’est que vice de
                                corage non de cors, et por ce ne le doit l’en rendre, car ce ban
                                parle des vices do cors&#160;; mes il a auction d’achat. {11} Et
                                ausi est en cez qui sont hors de mesure poerous, covoitos et avers
                                ou irex. ¶</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {21.1.2} <hi rend="i">Paulus. Vel melancholici</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou melencoliex.</p>
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                    <div>
                        <head>§ {21.1.3} <hi rend="i">Paulus. Vel protervi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ou engres, ou beçuz, ou corbes, ou roignos, ou vieuz, ou soz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.4} <hi rend="i">Ulpianus. Ob que</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Des vices dont il dist que l’en ne rent pas l’achat, il done aucion
                                de achat. {1} Et se le vice do cors n’est dusque l’ame, s’il parle
                                foles paroles por l’anguoisse de la fievre, ou s’en cort par la vile
                                comme forsené, et se ce avient dou vice dou cors, il convient que il
                                soit rendu. {2} Et forsené aucunne foiz n’e pas contenu en cest ban,
                                ne glotons, ne mesesiez, ne menteor, ne tenceor. ¶ {3} Et Ponponius
                                dit&#160;: ja soit ce que le vendeor ne doive pas rendre serf qui
                                est bien sage, s’il le vent si fou ou si mauvles que il ne valle
                                rien à nului, il senble que il est maheigné. Et issi le tenon que
                                l’en n’apele pas ce apel de maledie ne de maheing, ne n’apartient
                                que au cors. ¶ Le vendeor amendera le mehaing do corage s’il le
                                promist&#160;; si non, non. Et por ce parle il nomeement de fou et
                                de fuitif&#160;; ¶ c’est vice de corage non pas de chetel dont aucun
                                distrent que jumenz poereses et repucenz ne devoient pas estre
                                juigies por malades. ¶ Et que ce vice estoit de corage non pas de
                                cors. ¶ {4} En la sume, ce que vient de vice de corage n’est pas
                                dotable se l’en ne dit que ce ne fut pas et il est. Mes l’en a
                                aucion d’achat s’il le solt et ne le dit&#160;; et s’el e vice dou
                                cors solement, ou il est meslé ensenble, ce ban avra leu. ¶ {5} Et
                                ce doit l’en noter, que l’en dit especiaument de la maledie, non pas
                                solement de maledie nuisent. Et Ponponius dit que ce n’est pas
                                mervelle, l’en n’entant [88vB] pas de cele chose à qui la maladie
                                vent encontre. {6} Et encor dit que tote maledie ne doit pas rendue,
                                si comme se aucuns est checieux un pou, ou il a pou de danz, ou il a
                                mal en l’orele, ou un pou de malains, ou un petit de fevres, ce
                                n’apartient pas à ce ban.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.5} <hi rend="i">Paulus. Et quantum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et autretant comme il a de difference entre meains, autretant en a en
                                maledies dont aucun pert son usage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.6} <hi rend="i">Ulpianus. Pomponius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ponponius dit et bien que cest ban n’apartient pas solement à
                                maladies pardurables, mes à celes qui ne durent pas que un po. ¶ {1}
                                Lentillos n’est pas maladis s’il fet bien ses aferes&#160;; et il
                                m’est avis que Trebacius dit voir. ¶ {2} Escoillé n’est pas maledis
                                ne maheigné, ainz m’est avis que il est sein, ausi comme cil qui a
                                un coillon qui pot engendrer.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.7} <hi rend="i">Paulus. Sin autem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se le escollé est tex que la partie devers les coille ne li vaut
                                rien, il n’est pas sein.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.8} <hi rend="i">Ulpianus. Si cui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en a aucun copé la lengue, l’en demande s’il est sain. Et
                                Offlilius dit que il n’est pas sain.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.9} <hi rend="i">Idem. Mutum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Sabinus dit que muz n’est mie sain. Et il n’est pas sein s’il n’a
                                voiz&#160;; mes cil qui parle à pene n’est mie malades&#160;; mes
                                cil qui ne dit pas pleniement ce que il dit n’est mie sein.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.10} <hi rend="i">Idem.</hi></head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ausi dit Offilius&#160;: se l’en cope<note>se l’en cope] <emph>se
                                        l’en cope se l’en cope</emph> dans le ms.</note> à un home
                                le doi ou aucun nembre, qui est gite, tot en garisse il et s’il ne
                                pot aider por ce, il n’est mie sein. {1} Caton<note>Caton]
                                        <emph>chascun</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Catonem
                                        quoque scribere lego</emph></note> meisme dit que cil qui a
                                le doi de la main ou do poin copé n’est mie sain ; et c’est voir
                                segont ce que est dit desus. {2} Et se aucun a plusors doez ou en
                                mains ou en pez, se ce ne le destorbe de rien ne doit pas estre
                                rendu. Et por ce ne doit l’en pas garder quant doiz il i a, ainz
                                doit l’en veoir s’il se pot aidier de plus doiz ou de mains. ¶ {3}
                                Ausi demande l’en de l’idropique s’il estoit sain. Et ge cuit
                                que non. {4} Et ausi est en home qui ne voit ne au soir ne au matin.
                                ¶ Aucun cuident que ce soit l'ois qui ne voit gote à la chendele
                                quant l’an l’a aportee devant lui. {5} L’en demande se baube, et cil
                                qui blesoie et qui parle à rebut, et cil qui est retis et cil qui
                                parole dou nef, ou cil qui parle tost que l’en ne pot entendre, se
                                itel sont sein. Et je [89rA] cuit que oïl. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.11} <hi rend="i">Idem. Cui dens</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil à cui denz faillent, au moins une, est sains<note>sains]
                                        <emph>saine</emph> dans le ms., distraction du scribe,
                                    «&#160;celui à qui manquent les dents (tout au moins une seule)
                                    est sains&#160;», cf. lat. <hi rend="i">Cui dens abest, non est
                                        morbosus</hi></note> ; car une grant partie des genz n’ont
                                pas totes lor denz, ne por ce ne sont il pas malade. Maesmement,
                                comme nos neson senz denz, por ce ne remaint pas que nos ne seon
                                sain dusque nos eon denz&#160;; si que non, nul veillaz ne seroit
                                ‹sein›.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.12} <hi rend="i">Ulpianus. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui a clou n’est pas sain&#160;; et cil qui a boce de char ou
                                nés, {1} ou l’une goe plus haute que l’autre, s’il fet bien son
                                afere, Pedius dit que il est sain. ¶ Et dit que il est sain tot eist
                                il l’unne espaule ou l’une joe ‹…› que l’autre, ou l’oil plus
                                haut&#160;; mes se le costé ou la cuisse est plus corte que l’autre,
                                c’est destorber&#160;; ¶ et sera itel rendu ariere. ¶ {2} Se aucun a
                                goitron por nature, ou eauz trop gros, est tenu por sain. ¶ {3} L’en
                                doit savoir que cil qui fet son afere de la senestre main est sain,
                                fors que itant s’il i a la destre plus foible que l’autre, et lors
                                il est maheignié. ¶ {4} L’en demande se cil est sain a qui la boche
                                put. Trebacius dit que oïl, ausi comme se il put comme boc et
                                ce li avient que il ne lieve pas sa boche&#160;; mes se ce li avient
                                dou vice dou cors, ausi comme s’il a mauvés le gesier, ou le pomon,
                                ou aucun autel, il n’est pas sein.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.15} <hi rend="i">Paulus. Que bis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La feme qui .ii. foiz s’espurge le mois n’est pas seine. ¶ Et cele
                                que ne s’espurge n’est pas saine s’il ne li avient por aage.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.16} <hi rend="i">Ponponius. Quod ita</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ce qu’est ausi sané, comme s’il ne fut onque malade, s’il retorne à
                                celui point, ausi est comme s’il fut toz jorz sain.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.17} <hi rend="i">Ulpianus. Quis sit</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Offilius mostre qui est fuitis ; fuitis est qui s’en voit hors de la
                                meson son seignor por soi celer. {1} Et Celius dit que cil est
                                fuitis qui se part de son seignor por tel volenté que il ne bee mie
                                à torner, tot mue il son consoill et retorne ; car penitence n’a pas
                                leu en tel pechié. ¶ {2} Cassius dit que cil est fuitis qui lesse
                                son seignor à certain proposement. ¶ {3} Et Vivien dit que cil est
                                fuitis par la volenté que il a, non pas de fuite&#160;; car qui fuit
                                por ennemis ou por larrons ou por fou ou por trebuchiez, ja soit ce
                                que il soit voir que il [89rB] fuie, por ce n’est il pas voir que il
                                fuie. ¶ Ne cil n’est pas fuitis qui s’enfuit de chiés son mestre, à
                                qui il estoit baillié à aprendre, s’il foïst por ce que il le
                                batoist trop malement. Et ausi est s’il s’enfoist des
                                    chiés<note>chiés] <emph>choses</emph> dans le ms.</note> celui à
                                qui il avoit esté presté s’il s’enfuit por autel cause, s’il le
                                menoit trop cruement, s’il s’en vint à son seignor. Et s’il ne vint
                                au seignor, il est fuitis sanz dote. {4} L’en demanda à Proculus de
                                celi qui s’atapi en la meson por s’enfoïr, et il dit que il est
                                fuitis. Et s’il s’atapi por eschiver l’ire son seignor, il n’est pas
                                fuitis. Ausi comme cil quant il aperçut que ses sires le voloit
                                batre corut à l’ami à celui por le prier. Ne il n’est pas por ce
                                fuitis s’il se avança&#160;; mes cil est fuitis qui s’en monta en un
                                aut leu por soi trebuchier et soi tuer, ausi comme aucun
                                dient&#160;; cil qui n’est pas fuitis qui s’en ala une nuit sanz la
                                volenté au seignor, mes ce n’est pas voir&#160;; mes nus n’est
                                fuitis se do corage ne li vient. {5} Et ausi dit Julien : se le
                                enfant se parti de son mestre et vint à sa mere, il n’est pas
                                fuitis&#160;; et s’il le fist por soi celer que il ne venist à son
                                mestre, il est fuitis&#160;; et s’il le fist que sa mere priast por
                                lui, il n’est pas fuitis. ¶ {6} Celsus dit&#160;: se tu achetes un
                                serf qui se lance en Leire, s’il fet ce solement por cause de morir
                                par consoill que il prist de departir de son seignor, il n’est pas
                                fuitis&#160;; et s’il prist avant consoil de foïr et enprés mua son
                                corage et se gita en l’eve, il est fuitis ; et ausi est il de celi
                                qui se geta dou pont en l’eve ; et c’est tot voir. {7} E ausi dit
                                il&#160;: se ton serf qui s’enfuet enmena o soi Sevin mon vicaire,
                                se le vicaire le fist contre sa volenté ou par sa folie, ne il ne
                                pot avoir acheson de retorner à toi, il n’est pas fuitis&#160;; s’il
                                entendoit quant il fuet, ou eu conut que il devoit fere, et quant il
                                ‹puet il ne› volt à toi retorner, autrement vet. Autrement doit l’en
                                dire de celui que larron enmena. ¶ {8} Ausi dit Celsus&#160;: se le
                                serf qui estoit en la teneure s’en issi por s’enfoïr et aucun le
                                prist avant que il issit [89vA] de la teneure, il ‹est› fuitis por
                                le corage que il en ot. ¶ {9} Aussi dit il : ne celi qui ala .i. pas
                                ou .ii. por foïr et conmença à corre que il ne poet eschaper son
                                seignor qui le siguet, il n’est pas fuitis. ¶ {10} Il dist que foïr
                                est une maniere de franchise, c’est à dire quant cil est delivré dou
                                poer au seignor. ¶ {11} Serf qui est en gage a son seignor
                                detor&#160;; et se il le tint comme suen et le creancier l’otrea, il
                                pot estre veü que il est fuitis. {12} Et se aucun s’enfuit à un
                                temple por soi vendre, l’en demande s’il est fuitis. Je cuit
                                que il n’est mie fuitis, car il fet ce que chescun puet fere. Ne cil
                                qui s’enfuit à l’image l’enpereror n’est pas fuitis, car il ne fit
                                pas ce por corage de foïr. Et s’il s’enfuit avant et enprés s’enfuit
                                en moster, por ce ne remoint pas que il ne soit fuitis. {13} Et dit
                                Celsus que cil est fuitis qui se met en tel leu don li sires ne le
                                pot avoir. ¶ {14} Labeo dist que erratique<note>erratique] <emph>en
                                        ratique</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Erronem ita
                                        definit Labeo Pusillum fugitivum esse</emph></note> est
                                petit fuitif. Encontre, il dit quil est grant fuitif ; mes l’en pot
                                dire que itel n’est pas fuitif, mes itel va et ça et la sanz preu,
                                et gaste le tens<note>tens] <emph>son</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>et temporibus in res nugatorias
                                    consumptis</emph></note> en trufles, et enprés retorne à son
                                seignor. ¶ {15} Celsus dit que un qui estoit ches le patron, et en
                                la meson qui ne fermet que à une clef, se rapi dedanz la meson au
                                patron et i fut tote la nuit ; il n’est pas fuitis s’il avoit corage
                                de retorner au seignor et se cele meson n’ot tel garde qu’i s’i
                                vosist sauver&#160;; et le serf fut lëauz ou il avoit assez de
                                reduiz, n’est pas fuitis. ¶ {16} Et encor dit Celius que li sires
                                qui envoia son serf en la province, et enprés quant il oï dire que
                                cil estoit mort et que il l’avoit franchi en son testamant, et il
                                fut remés en celui office et se menoit por franc, il n’est pas
                                fuitis quant il fit ce sanz consoil de foïr. ¶ {17} Ce que li
                                seignor qui firent ce ban dient «&#160;que cil ne soit pas pris
                                d’aucun forfet&#160;», l’en·entent issi que l’en doit dire que
                                n’eist fet aucun forfet, mes que il est quités dou forfet, ne que il
                                n’en est de rien tenuz&#160;; et donc, s’il fist aucun forfet ne il
                                n’i demore, il n’est pas encore delivré. ¶ {18} Nos devons entendre
                                forfez privez toz cez qui vienent de forfez, non pas de communs
                                crimes dont l’en [89vB] a aucions par juigemenz de forfez, et enprés
                                par le leu de boidies capitaus ; et de privez forfez nest domage de
                                deniers se aucuns ne velt amender le forfet mes velt sofrit l’esme
                                do plet. ¶ {19} Se aucun serf est cex qu’il ne pot estre franchi et
                                li sires l’oblige à une poine, ou est condempnez à estre soz aucun
                                poer ou envoié en essil, ‹…› . ¶ {20} Se aucun dit aucunne chose
                                estre o serf qu’i n’i est pas ou qu’i est, ausi comme s’il dist que
                                il n’est pas lerre et il l’est, et s’il dit que il est bon
                                menesterel et il ne l’est pas, et il ne rent pas ce que il
                                tesmoigne, il est aparessant que il fet contre son dit ou contre sa
                                promesse.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.20} <hi rend="i">Gaius. Si vero</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se c’est dist avant le tens de la vençon, et enprés fut fete la
                                promesse, Celius Sabinus dit de la premiere cause demander pot l’en
                                le manciple puis que il est vendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.21} <hi rend="i">Ulpianus. Redibere</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Rendre est à dire que le vendeor est arriere ce que le acheteor ot de
                                lui&#160;; et redebicion vaut autant comme rente. ¶ {1} Quant
                                l’acheteor rent le manciple au vendeor, Ponponius dist que il doit
                                garder que il n’i face barat. ¶ Et por ce convient il que il en dont
                                caucion que le acheteor n’achate le serf ou que le serf par son
                                commandemant ne face larrecin ne domage. ¶ {2} Et encor dit
                                Ponponius que il convient .ii. caucions mestre, l’une de preterit
                                l’autre de futur&#160;; ausi se le acheteor ou son procurator oit
                                juigement en non de celui serf qui est rendu, ou se l’en pleda o
                                lui, ou s’il pleda en non de li. ¶ Et il dist que l’en doit doner
                                caucion se le acheteor fut condempné sanz barat ou s’il dona ; et il
                                doit rendre de cez choses s’il en a rien receu, ou s’il fist barat
                                par quoi il ne receust rien ; {3} et il dist que, en cez jorz que il
                                fut renduz convient il avoir caucion en non do tens qui estoit à
                                venir à celui qui le vendit, ‹s’il› le selt, l’en issi fere. ¶ Se li
                                hom s’enfuit sanz la colpe l’acheteor, por ce ne remaint pas que li
                                vendeor ne soit condempné, et il doit doner caucion que le acheteor
                                demant son home&#160;; et s’il l’a, que il le rende à l’ome qui le
                                vendi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.23} <hi rend="i">Ulpianus. Cum autem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant rente est fete, se le acheteor a enpirié la chose vendue, il
                                l’amendera au vendeor&#160;; ausi comme [90rA] se c’est feme et il
                                li eist fet force, ou s’il s’enfoi por la cruauté à l’acheteor. Et
                                por ce dit Ponponius que se il enpire par queque maniere, ce sera
                                esmé por l’arbitre au juige, et sera rendu au vendeor. Et se li hom
                                est rendu sanz juige et le acheteor no velt rendre ce que nos avon
                                dit, il sofise au vendeor avoir aucion de vente. ¶ {1} Cil qui
                                firent ce ban commandent que l’en rende ce que apendoit à la
                                vençon&#160;; et s’il dona aucunes aucions que chescun n’eist plus
                                que ce, quant le marchié sera despecié, plus que il eust se la
                                vençon ne fut pas fete. ¶ {2} Et s’il est mis hors qui fist barat,
                                donc prendre teste ; et isi le diseent et feseent li encien que
                                metoient boidie de chief por poine. Nos dison fere tel chose quant
                                l’en a fet tel chose por barat et por lecherie&#160;; et se aucun
                                fet ce por error ou por aventure, ce ban n’a point de leu. Donc
                                Ponponius dit que cil qui n’a .xiiii. anz ne cil qui est forsené ne
                                pot fere tel boidie. {3} Et cil en est hors qui fet aucunne chose
                                por soi tuer. Et cil est mauvés serf qui fet aucunne chose par quoi
                                il prent mort, si comme il fist un laz por soi pandre ou s’il fist
                                aucun venin ou s’il se lessa cheer de haut ou s’il fist aucunne
                                chose por quoi il cuida que il morist&#160;; et moult ce feist
                                volentiers à autre que ce fist à soi. ¶ {4} Se cil est qui vendi son
                                fiz qui n’est aage, il ont aucion contre le pere ou contre le
                                seignor de ce ban&#160;; tot soit il veü que il eent aucions de
                                poine, qui vienent ausi comme do marchié, l’en doit dire que il
                                vienent en non de cez qui sont en autrui poer. Et par sa fille qui
                                est en bau ou en autrui poer, l’en doit dire que ceste aucion a leu.
                                ¶ {5} Cez aucions que vienent de ce ban avienent contre toz. ¶ {6}
                                Et se noz effanz qui nos servent en bone foi ou homes ou autrui serf
                                vendirent, l’en pot dire que il sont tenuz de ce ban. ¶ {7} Julians
                                dist&#160;: juigemenz de ceste aucion est que le vendeor et
                                l’acheteor sont tenu de rendre tot quant que il orent de la vençon.
                                {8} Par ce, se le serf fet larrecin au marchent ou à autre, et il en
                                rent por ce aucunne chose, l’acheteor n’est pas tenuz de rendre le
                                au vendeor dusque il eist amendé le domage. Et que sera – ce dit
                                Julien – se le vendeor ne velt prendre l’ome&#160;? Il ne en sera
                                pas forcié de rendre rien fors que le pris que il ot de la vençon ;
                                et le acheteor perdra ce par sa colpe qui volt miauz sostenir
                                l’es[90rB]mé do plet que doner l’ome por le forfet. Et m’est avis
                                que la sentence Julien est moult bone. ¶ {9} Quant manciple est
                                rendu, il convient que le acheteor, s’il en a rien eu ou s’il n’en a
                                eu, que il le rende&#160;; non pas solement s’il a pris les fruiz ou
                                les loiers do serf ou de celui qui l’aloa, ou se le vendeor les li
                                rendi por ce que il li rendi l’ome tardivement ; et s’il ot les
                                fruiz de queque autre que vos vodroiz, il convient que le acheteor
                                les rende. Et rendra se il a eu aucunne chose des fruiz et se lés ou
                                heritage avient au serf&#160;; ne il ne monte rien se le vendeor le
                                pot avoir ou non s’il ne vendi le serf, poson<note>poson] <emph>por
                                        son</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>ponamus enim talem
                                        esse, qui capere aliquid ex testamento non</emph></note> que
                                il fut tel que il ne pot rien avoir do testamant, ceste chose ne
                                nuira rien. Et Pedius cuide que cele chose ne doit pas estre
                                regardee, por qui amor le sires commanda que le serf fut heir ou que
                                il li fist lés&#160;; car se la vençon remainsist, ce ne profite
                                rien à l’acheteor. Et ausi est par contraire s’il est establi por
                                l’amor à vendeor, s’il ne le voloit rendre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.24} <hi rend="i">Gaius. Et generaliter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et l’en doit dire generaument que quant que li serf a conquis n’est
                                pas veü droit que il le rende.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.25} <hi rend="i">Ulpianus. Ediles</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li seignor qui firent ce ban volent que li acheteor rendent ce en
                                quoi li serf est enpirié, einsi s’il est enpirie enprés le ban et
                                enprés la vençon&#160;; et se ce avint avant, ne monte rien&#160;;
                                {1} ou s’il l’enpira ou sa mesnie ou son procurator, ceste aucion
                                avra leu. ¶ {2} Par ce non «&#160;mesnie&#160;» sont entendu tuit
                                cil qui sont en servage et frans homes qui servent en bone foi o
                                autrui serf et cil meismes qui sont au poer à celui. ¶ {3} Il a fete
                                mencion de procureor en ceste aucion. Mes Neracius dit que l’en
                                    doit<note>que l’en doit] <emph>que l’en doit que l’en
                                        doit</emph> dans le ms.</note> entendre ci procureor non pas
                                chescun à qui l’en a baillié toz les aferes ou ce por quoi le
                                mandemant est enpirié. {4} Et il dit que il fut droit que l’en mete
                                ce sor le acheteor&#160;; et bien si gart do fet au procurator ou à
                                sa mesnie que le serf ne eust pas soffert s’il ne li fut vendu et en
                                ce que il devoit soffrir s’il ne fut vendu&#160;; en ce doit avoir
                                le acheteor l’amende do forfet au serf&#160;; et en ce que le
                                procurator forfit, li doit il doner ses aucions. {5} Et que sera se
                                le serf est enpirié non pas por le barat à l’acheteor mes par sa
                                cope&#160;? {6} Ce doit estre entendu que ce vient de [90vA] corage
                                non pas de cors&#160;; ausi comme se il fut corrompu por la mauvese
                                compoignie as autres, ou que il i fut si comme joeor à tables,
                                jureor, musart, correor ça et la. {7} L’en doit garder que acheteor
                                ne pot son serf por cez causes doner por le forfet, ne il n’amende
                                pas le fet as sers ne au procurator. ¶ {8} Et l’en doit savoir que
                                totes les choses qui sont contenues en ce ban il est tenuz do rendre
                                se c’est fet avant que le plet soit entammé&#160;; et por ce,
                                convient il que il fussent nomees, que se il avint aucunne chose
                                avant que le plez soit entammez que il fut rendu. Et enprés que le
                                plet est entammé, tote la cause est à ce que l’ome soit rendu, et
                                les fruiz et tot ce dont il est enpirié. Et tot ce apartient à
                                l’ofice au juige, que manois que il est fet juige l’ofice de totes
                                les choses li apartient de quant que l’en fet au juigement. ¶ Les
                                choses qui sont avant plet ne li apartienent pas moult se l’en ne li
                                enjoint nomeement. ¶ {9} Et encor est il issi en ce ban mis
                                se&#160;: la peccune qui est rendue por celui home ou en son non ne
                                sera rendue, ou aucun qui est obligié en celi non est delivré. ¶
                                {10} Cil qui firent ce ban garderent bien l’ordre que l’achateor
                                rende au vendeor tot ce qui est nomé desus et enprés avra son
                                argent.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {21.1.30} <hi rend="i">Paulus. Idem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et se le acheteor prist sor soi le plet ou non dou serf rendre, ou
                                s’il oi sentence en non de lui, il convendra doner caucion de ça et
                                de la&#160;; que s’il est condempné sanz barat ou s’il a en aucunne
                                chose de celui plet ou s’il fit ce por barat que il n’en eut rien,
                                il le rendra. ¶ {1} Il contera les despens que il a fet en garir le
                                serf enprés ce que le plez fu entamé et les despens qui furent avant
                                fez&#160;; mes les mangiers que il done au serf ne seront pas conté.
                                Aristo le dit, car l’en ne doit demander li rien que il despendit
                                quant que il fit son mester.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {21.1.34} <hi rend="i">Africanus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant plusors choses d’une maniere sont vendues ensenble, si comme
                                jugleors et clers qui sont en coret, il dit que il i a difference
                                savoir se le pris est establi sor toz ou sor chescun&#160;; si que
                                l’en entende aucunne foiz une vençon fere, aucunne foiz plusors. Et
                                por ce apartient il a demander que se aucun d’aus est maladis ou
                                maheignez, que il seent tuit rendu ensenble. {1} Et se le pris est
                                mis aucunne foiz sor chescun chief, c’est achat, que por le vice
                                d’un porront il tuit estre rendu quant l’en [90vB] le savra&#160;;
                                que le acheteor ne achata pas s’il n’eust toz, ausi comme il avient
                                de juigleors et de charretes et de mules qui sont paroiz, qui ne
                                valent rien à nului s’il n’es a totes. ¶</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.37} <hi rend="i">Ulpianus. Precipiunt</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li seignor qui firent ces lois commandent que veillart ne soit vendu
                                por novice. Et c’est contre le conchiement à vendeors et que il ne
                                conchient les acheteors&#160;; si comme aucun solent vendre novices
                                qui ne sont pas novices por vendre les plus. Et l’en doit cuider que
                                les manciples qui sont rudes et simples sont plus meillors à
                                enseigner à toz mestiers&#160;; mes forte chose est enseigner cez
                                qui sont veillarz. Et por ce que le acheteor corrent tost à acheter
                                les jeunes, por ce entrameslent il les veillarz et les vendent por
                                juenes, et l’en le deffant ci&#160;; et se l’en vent ce, issi il
                                sera rendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.39} <hi rend="i">Ulpianus. Vel fratres</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Freres ne poent estre departiz. ¶ {1} Enprés deffent ce ban que nus
                                ne vende chien, ne sanglier, ors, lou, panthere, leon.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.42} <hi rend="i">Ulpianus. Qua vulgo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’il sont en ce leu par où genz passent, que il ne puissent nuire. Se
                                l’en fet contre ce, et se franc home perist par ce, cil qui le meine
                                sera condempné&#160; au blecié, tant comme le juige verra que bien
                                soit&#160;; et en cez autres choses, tant comme le domage sera fet
                                ou au doble.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.43} <hi rend="i">Paulus. Bovem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À buef qui fiert des cornes aucun dient que il est maheignié ; et les
                                mules qui fierent dou pié et autre jumenz qui senz cause se troblent
                                et enportent ça vau l’avau les genz, sont mahaigniés. ¶ {1} Cil qui
                                s’enfuit à l’ami au seignor por soi garir n’est pas fuitis&#160;;
                                s’il est encor en tel pensee que il ne retort pas en meson s’il n’a
                                eide, n’est pas fuitis, car ceste fuite n’est pas de consoil fete. ¶
                                {2} Cil qui se part de son seignor par amonetement d’autrui est
                                fuitis, tot ne fait il pas ce se ne fut cil qui le conseilla. ¶ {3}
                                Se mis sers qui te servoit en bone foi s’enfoit, ou il set que il
                                est mien ou il n’en siet rien, ‹il est fuitis›, s’il ne le fist por
                                corage de retorner à moi ; {4} et il le fet por soi tuer s’il est
                                lecherre, ou il a mauveses taches en soi, et il li baille aucun
                                torment sor lui ; s’il le fist sanz dolor que il se soffrist, il est
                                rendable. ¶ {5} Se aucun achete un serf et l’en li tolt, et il en a
                                le quart vaillant plus par aucions de biens toleiz, et il rent enpré
                                le serf, il doit rendre ce que il en ot. Et se il li fet injure et
                                il en plede, il no rendra pas au vendeor ; car autrement [91rA] pot
                                avenir se aucun le bati o corgies, o se l’en se pleint de lui et le
                                acheteor en mut plet. ¶ {6} Aucunne foiz devra l’en rendre manciple,
                                tot eon nos aucion de tant comme la chose valoit mains&#160;; car le
                                marchié est nul quant le serf ‹est› tel que il n’a mester, si comme
                                quant il est desvé ou lunagiers, tot soit il esmé ; il sera en
                                l’ofice au juigie que le pris soit rendu quant le manciple sera
                                rendu. ¶ {7} Se aucun fit consoil<note>fit consoil] <emph>fit
                                        consoil fist consoil</emph> dans le ms.</note> par
                                conchiement mestre sor le creancer, et le creancier por ce rendi la
                                chose qui autrement ne rendist pas s’il ne fust cil menesterex, le
                                vendeor est tenuz au creancier por ce conchiement. ¶ {8} Li gage
                                sera liez, tot soit le serf rendu ; ausi comme s’il eust mis hors de
                                sa main ou l’usage et le fruit de lui, il n’est pas rendu à droit
                                s’il n’est receu et delivré de gage et soit rendu. ¶ {9} Se home est
                                acheté soz condicion, il a por neant ceste aucion avant la
                                condicion ; car le achat qui n’est mie perfet ne pot estre fet, et
                                pot estre fet por l’arbitre au juige. Et por ce, se l’en a aucion de
                                vente ou de achat ou de ceste aucion avant que la condicion soit
                                acomplie, l’en porront encor avoir aucion. {10} Et aucun foiz, se la
                                vençon est pure por la condicion de droit qui est demoree, ausi
                                comme aucun serf en qui l’usage est à un et la seignorie est à un
                                autre, et en autre l’achete, et quant l’en ne set de quele chose il
                                rent le pris, l’en doit veoir à cui le droit est aquis&#160;; et por
                                ce n’avient pas ne à l’un ne à l’autre ceste aucion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.44} <hi rend="i">Idem. Iustissime</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li seignor qui firent ce ban ne vodrent pas que home fut prisez o
                                choses qui vaut meins, ne que l’en feist conchiement en cest ban, si
                                comme Pedius dit por la dignité des genz, et que il eust autre chose
                                en cez autres choses ; car ce fut moquois priser une coute à une
                                teneure et priser home à une teneure. Qui pot dire ce que il voit,
                                car aucunne foiz vaut plus le chetel que le serf et aucunne foiz
                                vaut plus le vicaire que achiet que le serf qui est vendu. ¶ {1}
                                L’en prent aucion de ce ban contre celi dont la plus grant partie
                                est vendue ; car aucunne foiz acompoignent li vendeor compoignie,
                                que quant que il ont soit en commun. Et il fut esgardé à bien que
                                l’en pledast contre un de cez dont la plus grant partie est vendue
                                ou la menor&#160;; et que ceste aucion avient à l’acheteor que il ne
                                fut forciez [91rB] de pledier devant divers juiges, tot est aucion
                                d’achat contre chescun por lor partie por ce que il furent
                                compoignon ; car tel maniere de gent est plus presté à gagnier en
                                quelque lede maniere que à autre cortoisie fere. ¶ {2} L’en pot
                                doter en aucion d’esme ou en rente<note>rente] <emph>ceste</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>In redhibitoria vel aestimatoria
                                        potest dubitari</emph></note>, ou por ce que cil vendi
                                autrui serf et il ne fut acheté, ou por ce que il ne fut delivré, ou
                                por ce que il fut malade, ou por ce que il estoit fuitis. Car l’en
                                puet dire que le acheteor n’a que fere s’il est sain, ou s’il n’est
                                fuitis ou que il soit delivré, mes il li apartient que il soit sein
                                por fere ses besoignes. Ne por ce ne destroit pas l’obligacion, car
                                manois que l’un est baillié est la promesse fete tant comme il
                                apartient à l’acheteor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.45} <hi rend="i">Gaius. Redibitoria</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cest aucion a doble condempnacion ; le vendeor est ores condempné en
                                une chose, autre foiz au doble. Car s’il ne rent le pris ne ce qui
                                apartient, ne il ne delivre celi en qui non il est obligiez, il doit
                                estre condempnez au doble. ¶ Et s’il rent le pris et l’apartenance
                                et il delivre celui por quoi il fut obligié, il ne doit estre
                                condempné que en une chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.46} <hi rend="i">Ponponius. Cum mihi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant tu me renz le serf, tu ne me doiz pas promestre que cil soit
                                delivré de larrecin ne de forfez, fors ce que il a fet ton
                                commandemant et le celi à cui tu baillas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.47} <hi rend="i">Ponponius. Si hominem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu franchis home acheté, Labeo dist que ceste aucion et de tant
                                comme la chose vaut meins ‹…› se l’aucion de doble faut, et que se
                                l’aucion faut contre le dit ou contre la promesse&#160;; {1} ceste
                                aucion dure enprés la mort à l’ome<note>Passage qui pose
                                    problème</note>.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.48} <hi rend="i">Ponponius. Si tamen</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>S’il est morz sanz la colpe à l’autor, ou sa mesnie ou à son
                                procurator. ¶ {1} Cil qui se pleint de la maledie ou de la maledie
                                au serf et il le velt retenir, {2} il ne nuira pas à l’acheteor s’il
                                est mis hors de barre de l’espace<note>l’espace] <emph>la
                                        pace</emph> dans le ms.</note> de .vi. mois et il velt
                                pledier dedanz l’an de aucion d’esme. ¶ {3} Droiz est par ceste
                                aucion que il soit lessié à celui qui vendi le serf liez ‹…› {4} ‹…›
                                que le vendeor soit assous. ¶ {5} Cez aucions avienent à l’eir et
                                contre l’eir&#160;; et les fez as hers qui avindrent et que cil
                                seent quis qui en poent pledier. ¶ {6} Et ce n’avient pas de
                                manciples mes de totes betes. Se je achete en home usage et fruit,
                                l’aucion [91vA] tient. ¶ {7} Quant l’en plede de senté par ceste
                                aucion, l’en doit soffrit à pledier d’un vice et doit dire se
                                aucunne chose avient enprés ne est pres, à part que l’en en plede de
                                chief o lui. ¶ {8} Redibicions de vençons simples est en usages.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.49} <hi rend="i">Ulpianus. Etiam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>N’est pas dote que ‹rente› ne doie estre fete en teneure vendue, se
                                teneure où il i a champ<note>champ] <emph>cheat</emph> dans le ms.,
                                    cf. lat. <emph>pestilens fundus</emph></note> pestilen est
                                vendue, et il doit estre renduz. Bien est à dire que la demande do
                                paage do tens qui est à venir doit cesser enprés la rente contre
                                l’acheteor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.50} <hi rend="i">Julianus. Varicosus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui cort ça et la comme fos n’est mie sain.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.51} <hi rend="i">Africanus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’en achete manciple maheignié et le sires plede d’achat, l’en
                                doit regarder le savoir à serf non pas au seignor. Lors ne monte
                                rien s’il fet l’achat en non do serf ou dou seignor&#160;; car c’est
                                de bone foi que le serf o qui l’en fist l’afere ne soit pas deceu.
                                Et encor, le forfet à celui que il fist au marchié ne doit pas nuire
                                au seignor. Et se le serf achete un home par le mandemant au
                                seignor, que li sires savoit bien que il estoit maheigniez, le
                                vendeor n’est pas tenuz au seignor. {1} Quant à la persone au
                                procurator, s’il sot que il fust maheignié, il<note>il]
                                        <emph>et</emph> dans le ms.</note> n’est pas tenuz à dote
                                que il ne soit tenuz au seignor de aucion de mandemant ou de afere
                                fet. ¶ Et por ce ne remaindra pas que il ne puisse pledier en celui
                                non&#160;; et comme il ne set pas que il ne soit maheignié por le
                                mandemant au seignor qui ce savoit et le achete et il plede de ceste
                                aucion, il ne cuida pas que tel barre soit mise par la persone au
                                seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.52} <hi rend="i">Marcianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se le serf fet larrecin au seignor n’est pas besoing que l’en die ce
                                en la vençon au sers, ne por ce ne doit il pas estre rendu. Et se il
                                ‹dit› que il n’est pas lerre, il sera de cele partie tenuz de ce que
                                il dist ou que il promist.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.54} <hi rend="i">Papinianus. Auctioni</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion n’a pas leu se le manciple est acheté por bones
                                condicions, qui avant ne s’en estoit pas foiz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.55} <hi rend="i">Idem. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Comme l’en eist doné .vi. bones mois<note>mois] <emph>mors</emph>
                                    dans le ms., cf. lat. <emph>Cum sex menses utiles</emph></note>
                                de demander ce que l’en vodra en ceste aucion, il n’est pas veü que
                                cil eist poer de pledier qui ne sot pas le vice do serf qui ne
                                estoit pas aparissant. Et il ne convendra pas a[91vB]voir à
                                l’acheteor grant excusement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.56} <hi rend="i">Paulus. Latinus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je mande se l’en pot rendre au plege de l’achat le manciple&#160;? Je
                                di que se le plege prist sor soi tot l’afere, Marcellus cuide que
                                l’en le rende au plege.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.57} <hi rend="i">Idem. Si servus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se le serf achete un manciple et li sires use de ceste aucion, le
                                vendeor ne li doit doner autrement dusque il eist tot rendu quanz
                                apartient à ceste aucion&#160;; et unes choses por tot, no pas por
                                tot le chetel. ¶ Et se li sires plede do chetel, s’il ne rent tot le
                                pris, il n’a rien. {1} Et se le serf ou le fiz vent, ceste auccion a
                                leu à avoir le chetel. ¶ Il sera contenu el chetel de ceste
                                aucion&#160;; ne ne nos chaut, car le serf n’est pas en chetel
                                dusque il soit rendu, quant il est encor à l’acheteor&#160;; s’il
                                est conté ou chetel par ceste aucion. Et donc, se le serf est acheté
                                .x.m mars et il soit de .v.m, nos diron que c’est do chetel. Se li
                                sires ne doit rien ou s’il ne tolit le chetel et s’il doit plus au
                                seignor, il avendra que il rende l’ome et n’en avra rien.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.58} <hi rend="i">Idem. Quero</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je demande se le serf s’enfuit à l’acheteor; et l’en dit que il
                                doit estre renduz&#160;; il ne sera pas avant rendu au vendeor
                                dusque il eist eu ce que le serf li osta. Paulus dit que l’en doit
                                forcer le vendeor à rendre non pas solement le pris do serf mes
                                l’esme des choses que le serf enporta s’il ne veaut lessier le serf
                                por le forfet. {1} Encor demande je, s’il ne velt rendre l’esme ne
                                le pris des choses, se le serf doit estre renduz et se l’en doit
                                doner aucion de chetel ou do pris do serf qui est rendu de la
                                promesse de doble. ¶ {2} Je achetoi un serf au doble qui
                                s’enfoit o mes choses&#160;; enprés il fut trovez de bones genz et
                                li demanderent s’il s’en estoit foi de la meson à celui qui le
                                vendi, il dist que oïl&#160;; je demande se l’en le doit de ce
                                croire. Paulus dit&#160;: s’il i a autres signes que il s’en
                                soit foiz autre foiz, l’en le doit lors croire.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.60} <hi rend="i">Paulus. Facta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant la rente est fete totes les choses sont rendues enterinement,
                                ausi comme s’il n’i eust vente n’achat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.62} <hi rend="i">Ulpianus. Ad res</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ceste aucion n’apartient pas as choses donees. Et por ce doit l’en
                                dire de celui que le doneor promist à rendre quant il n’i a nul
                                pris, et que se la chose amende de celui à cui il est donee, et le
                                doneor est de ce tret en plet, l’en doit dire que il ne doit pas
                                estre tret en plet de bien fet ne de franchise. Et por ce, se
                                aucunne chose est donee, ne sera pas mester que le doneor en soit
                                tenuz [92rA]&#160;; mes cil qui done doit obligier soi que il n’i
                                face barat&#160;; et issi le fet l’en que s’il a doné aucunne chose
                                debonerement, que il ne la toille par consoil de boidie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.63} <hi rend="i">Ulpianus. Sciendum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit savoir que ce ban apartient à ventes solement, non solement
                                de manciples mes de ces autres choses. Et l’en ne dit riens de
                                loages, et est mervelle&#160;; mes l’en i met i tant de resons que
                                vençons et loages ne sont pas senblables.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.64} <hi rend="i">Ponponius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Labeo dit&#160;: se tu achetas plusors sers à un pris et tu velz
                                pleder de l’un, l’en doit fere esme ou serf ausi comme l’en feroit
                                en la bonté do chanp, quant l’en plede por la delivrance d’une
                                partie d’un chemp. {1} Ausi dit il&#160;: se tu achetas plusors sers
                                ou vendis por un pris et tu promeis que il fut sein et une partie
                                d’aus n’est mie saine, il plede bien de toz contre le dit ou contre
                                la promesse. {2} Et il dit iqui que il li vendeent por foloer et por
                                foïr, et que ausi pot fere le serf et itel com le pot l’en
                                rendre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.1.65} <hi rend="i">Venuleius. Animi</hi><note>Animi] <hi
                                    rend="i">Inimi</hi> dans le ms., erreur du
                            rubricateur</note>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>C’est plus vice de corage que de cors d’esgarder jeus assiduement ou
                                platures, ou s’il est menteor, ou s’il est tenuz et sorpris de itex
                                riboderies. ¶ {1} Totes les foiz que l’en nomme maledies sontique,
                                itel maladie dist Cassius que c’est à entendre maladie qui nuist.
                                L’en entent que il nuist quant ele dure, quant ele ne fenist
                                mie&#160;; et itel maladie apele l’en qui chiet en home puis que il
                                est gariz, l’en apele sontes nuisanz. ¶ {2} L’en pot apeler serf et
                                vel et juene. Et vell non pas por l’espace de servier mes por
                                lignage et por cause, si comme dit Celi. Car se aucun vendeor vent
                                aucunne novice à quelque mestier que il soit, il est conté manois en
                                nombre de veillarz. Le vice est entendu non pas par legiereté de
                                corage mes por convence et par usage de servage. Ne ce ne se monte
                                s’il set parler latin ou non&#160;; il est tenu por veillart puis
                                que il a esté longuement à escole.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_09">
                <front>
                    <head>IX. Comment l'en puet prendre gage des détors.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>L'en dit que se aucuns est mi plège selon la costume, termes soit passez
                            de la dete, je puis prendre dou sien jusques à la value de la dete. Et
                            s'il nie la plévine, prandré-ge dou suen&#160;? Oïl. Et s'il s'en
                            pleint, ge recroiré jusque j'ae prove que il soit mis plège. Et quant ge
                            l'auré prové, je seré resésiz&#160;; et se ne la puis prover, ge
                            l'amenderai la jotice. Et s'il n'a quant il seit mi plège, il cherra en
                            l'amende.</p>
                        <p>Or demende l'en s'il puet prendre do détor sanz jotice&#160;? Et l'en dit
                            que non. Et se ge ai à aucun presté la moie chose, et le termes passe,
                                <pb n="176"/>je puis prandre la moie chose&#160;; et dedanz lo
                            terme, non&#160;; et se aucun en a porté le mien, sanz mon congié, ou le
                            m'a tolu, là où ge le sauré&#160;; et se aucuns m'a emblé la moe chose,
                            puis la ge prandre sanz congié&#160;? L'en dit que non. Et se g'é aucune
                            chose vendue à aucun, et il ne me rande les deners, et il en er seit
                                (<emph>est saisi&#160;?</emph>), puis-ge prandre la chose&#160;?
                            L'en dit que non, sanz jotice.</p>
                        <p>Je puis prandre à mon hoste, por le loier de meson, en la meson&#160;; et
                            hors non, sanz jotice.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Coment ataint l'en home que l'en dit qui a pris dou suen&#160;? Et l'en
                            dit que l'en le doit estaindre par soi et par garanz&#160;; en toz le
                            cas que il n'a larrecin, par soi tot seul&#160;; et deit dire
                            aissi&#160;: Tel home a pris dou mien tel chose, et en tel leu&#160;; et
                            s'il le viaut nier, jesui prez del prover et de l'amener avant, par moi
                            et par bons garanz qui sevent ce de voir et d'oïr. Et li autres doit
                            fere encontre tel deffense comme il doit, et l'en esgarde. Et li
                            copables est loissanz de prendre la prove de li et de ses garanz, et de
                            quenoistre que c'est voirs, ou d'escondire par gage de bataille.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_10">
                <front>
                    <head type="gp">X. [92rB] De chose vendue toloite et de promesse au doble <hi
                            rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 21, tit. 2 et 3&#160;: <hi rend="i">de
                                    Evictionibus et duplœ stipulatione, et de exceptione rei venditœ
                                    et traditœ</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.1} <hi rend="i">Sive</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se une partie ou tote est toleste à l’acheteor, il a son retor contre
                                le vendeor. Et quant l’en li tost une partie, s’ele n’estoit partie,
                                il a son retor contre le vendeor por tant comme la partie se monte.
                                Et se certain leu li est toloist, non pas ce qui n’estoit pas parti,
                                l’en avra son retor segont la bonté dou leu. Et que sera s’il a en
                                champ aucunne chose preciose et l’en la li tost ou s’il i ot aucunne
                                chose vil&#160;? L’en esmera la qualité do leu et issi l’en i avra
                                retor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.6} <hi rend="i">Gaius. Si fundus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se un champ est vendu, il convient segont la costume de la terre où
                                le afere est fet doner caucion que le afere ne soit recest&#160;; se
                                coutume est cele.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.7} <hi rend="i">Julianus. Qui a pupillo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui achete serf que orfelin à soz soi il pot avoir aucion contre
                                celui d’achat et de promesse de delivrance quant il ne pot avoir
                                l’une ne l’autre aucion contre l’orfelin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.10} <hi rend="i">Celsus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun vent la voie que il a par un champ commun o un autre comme
                                sols [92vA] seignor et il le me lesse, il me sera tenu par non de
                                delivrance, tot no me lessent ces autres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.12} <hi rend="i">Scevola. Quidam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Un qui fut heir establi vendi totes les teneures que il avoit et li
                                autre heir compoignon orent le pris&#160;; ces choses sont
                                establies. Je demande se li heir sont tenu de aucion d’achat.
                                Je di&#160;: se li heir sont present et il s’acordent, il est
                                aparessent que chescun eit vendu sa partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.13} <hi rend="i">Paulus. Bonitatis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit fere esme de bonté do champ quant une partie est tolue.
                                Proculus cuida à droit que l’en ne tolist pas ce que fut au tens de
                                la vençon.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.15} <hi rend="i">Paulus. Sed quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et ce que vient enprés por crois d’eve, l’en doit regarder le tens ou
                                ce avint. ¶ {1} Se usage et fruiz est toluz, l’esme doit estre faiz
                                por la bonté des fruiz. {2} Et se le serf est delivré, le plet doit
                                estre esmé de tant comme il avra mains en la chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.16} <hi rend="i">Ponponius. Evicta</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se la chose est tolete l’en avra aucion d’achat de ce que avint et
                                acheist. Ausi les choses qui avindrent, s’el est tolete, l’en ne
                                rent que une simple chose. ¶ {1} La promesse de doble est perdue
                                quant la chose est rendue au demandeor, ou il est dampné de l’esme
                                do plet, ou se le teneor est asseos de l’acheteor. ¶ {2} Se le serf
                                en qui non nos avon promis est retret por celui qu’i n’est pas
                                fuitis ou sein, l’en demade se nos poon pledier. Proculus dit
                                que l’en doit veoir que ce n’i soit, s’il fut ‹…› toloit quant il
                                fut mien<note>Passage qui pose problème</note>. Et en ce quas que il
                                est mien, manois il m’apartient de savoir combien il est enpirié por
                                ce ; et quele auction je puis avoir une foiz, ne je ne le puis
                                perdre por le tolement ne par mort, ne par franchise, ne par fuite
                                de serf, ne par autre cause. Ausi comme s’il ne fut pas en ma chose,
                                por ce que il est fuitis, il est plus povre quant il n’est o moi. Et
                                se je promis que il est sain et que il n’est pas fol, la chose est
                                moie tant comme ele apartient à mon usage ; et s’il fut en obscur
                                leu sanz nostre sen, tant comme je le dui avoir et il astoit à venir
                                que aucun l’eust de moi, ou j’é d’aucun, ou à aucun que je l’é
                                promis le me tolt. ¶ Et la summe de son cuider est tel que je e tant
                                de cele promesse comme je la prisse, et por tant comme je no vosisse
                                enprés la promesse que il ne fut fuitis [92vB].</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.36} <hi rend="i">Idem. Nave</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se nef ou meson est achetee, cez tables, cez paroiz ne sont pas
                                achetees et l’en ne l’entant pas ; et por ce n’est pas le vendeor
                                obligié en non de vençon por une partie se ele est retrete.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.42} <hi rend="i">Si pregnans</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se serve grosse est vendue et baillie, se le enffant est retret, le
                                vendeor ne pot estre tret en plet do retret, car le enffant n’est
                                pas vendu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.44} <hi rend="i">Alphenus. Scapham</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il n’est pas veü que scaphe seit partie de nef, car el n’i a point de
                                jointure&#160;; car scaphe est par soi une petite nef. Et ces autres
                                choses qui sont jointes à la nef, comme governel, mashe, la veile,
                                les hobens, sont ausi comme membres de nef.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.49} <hi rend="i">Gaius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Si l’en demande le fruit et l’usage à l’achateor, cil le doit fere
                                savoir au vendeor et quele partie ce est que le li demande.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.50} <hi rend="i">Ulpianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se le juige commande que l’en vende gages par mauvese sentence, nus
                                ne dira que l’en doie doner aucion contre aus se la chose est
                                retrete&#160;; mes s’il sovent la chose por moins que ele ne vaut,
                                lors done l’en contre aus avoir aucion de barat au seignor de la
                                chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.54} <hi rend="i">Gaius. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui vendi autrui chose enprés longue tenue, il n’est pas tenu de
                                retret. ¶ {1} Se li heir vendi celui qui deveit estre franchi par
                                condicion de peccune doner, et il dist que il i a plus en la peccune
                                que l’en ne dist et que l’en ne li commanda pas doner, il est tenuz
                                de l’achat se la condicion est tele que le acheteor l’eust. ¶ Ausi
                                est se l’en commande doner au serf, tot dist il voir de la peccune,
                                s’il ne le dist que il feist le mandemant, il sera tenu do
                                retret.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.58} <hi rend="i">Labeo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Et li heir bala un serf qui n’estoit pas lessié nomeemant, et promet
                                que il n’i feroit barat&#160;; enprés le serf fut retret. Cil à qui
                                l’en fist le lés porra avoir aucion contre l’oir de testemant, tot
                                ne seust le her que il fut autrui serf.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.61} <hi rend="i">Marcellus. Si quod</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se je achete de toi et je le vendi à Ticio, et tu le li ballas par ma
                                volenté, tu ne m’i es pas tenuz de retret, ausi comme se ge eusse
                                baillie la chose que j’é receue&#160;; et à ce s’acorde l’en.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.67} <hi rend="i">Idem. Emptori</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le vendeor est tenuz à l’acheteor enprés le retret do serf, que li
                                sires en mena, de rendre lui le serf enprés celi tens, et doit
                                offrir le li, il ne s’en pot deffendre&#160;; et ce apartient à
                                l’acheteor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.74} <hi rend="i">Hermogenianus. Si plus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>[93rA] Se l’en done plus ou mains que l’en a doné en non de pris et
                                il est en convent que l’en done se la chose est retrete, l’en doit
                                garder le convenant. ¶ {1} Se gage de chose juigie est pris par
                                l’ofice au juige et vendu, l’en a enprés celui qui est delivré
                                aucion d’achat non pas de domage mes do pris solement et des usures,
                                si que les fruiz seent contez, c’est à dire s’il n’a besoing de
                                rendre les à celi qui les retret. ¶ {2} Et se l’en muet entretant
                                plet, non pas de rendre le pris mes que cil deffende la chose, le
                                vendeor en porra estre tret en plet. ¶ Cil qui vendi la chose por
                                tele comme ele est, il n’est tenuz sanz plus que itele la rendra et
                                que il n’i fera barat.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.2.76} <hi rend="i">Idem. Si alienam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu me venz autrui chose et je l’é ausi comme por lessie, il est
                                acordé que je en per‹t› l’autorité por le retret.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.3.1} <hi rend="i">Ulpianus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Macellus dit&#160;: se tu venz autrui chenp et tu demandes enprés ton
                                fet, tu doiz estre botié ariere par cete excepcion. {1} Et se li
                                sires dou chenp est heir au vendeor, ausi en dira l’en. ¶ {2} Et se
                                aucun vent ma chose par mon mandemant, ceste barre me nuira se je
                                demande cele chose, se l’en ne prove que je mandasse que ele ne fut
                                baillie dusque le pris fust renduz. ¶ {3} Celsus dist&#160;: que se
                                aucuns vent ma chose meins que je ne li mandoi, il n’est pas veü
                                mestre la hors de ma mein ; et se je le demande, ceste barre ne me
                                nuira pas&#160;; et c’est voir. ¶ {4} Se le serf achete merceries
                                especiaument, enprés li sires commande que il fut franc en son
                                testemant avant que il eust la seignorie des choses, il avra barre
                                de fet por ce que il commanda que le chetel li fust lessié&#160;; et
                                le vendeor ne pot avoir les merceries por ce que cil fut serf ou que
                                il fist marchié. ¶ {5} Se aucun achete une chose ne elle n’i est mie
                                baillie et il en a la sesine enprés sanz vice, il a excepcion contre
                                le vendeor s’il n’i a mie droite cause por quoi il chalenge la
                                chose ; car s’il baille la possession et la cause est juste de
                                chalengier, il avra replicacion contre l’escepcion.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.3.2} <hi rend="i">Ponponius. Si a Titio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se tu achetes un champ de Ticio qui estoit Sempronii, et l’en le te
                                baille, et quant le pris est rendu Ticius est heir à Semproniy et
                                balle celui chemp à Mevio, et li vent, Julius dist que il est droit
                                que l’en te deffende avant ; car se Ticius te demandast [93rB]
                                    le<note>le] <emph>len</emph> dans le ms.</note> champ, il eust
                                barre contre lui&#160;; et se Ticius le remist, tu eusses contre lui
                                bone aucion de demander li.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {21.3.3} <hi rend="i">Hermogenianus. Exceptio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Barre de chose baillie et vendue n’a pas solement leu à celi à qui la
                                chose est baillie, qui à ses hers et au segont acheteor&#160;; et se
                                la chose ne li est baillie, el li vendra, il apartient au premer
                                acheteor que le segont ne la perde. {1} Et ausi nuira as hers au
                                vendeor se li acheteor perdent en la vençon que il firent.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_11">
                <front>
                    <head type="gp">XI. De proves et de presumpcions <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 22, tit. 3&#160;: <hi rend="i">de
                                    Probationibus et prœsumptionibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.1} <hi rend="i">Papinianus. Quotiens</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À totes<note>totes] <hi rend="i">tes</hi> dans le ms.</note> les foiz
                                que l’en demande se aucun est do linage à aucunne gent, il le li
                                convient prover.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.2} <hi rend="i">Paulus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ci la prove afiert à celi qui dist, non pas à celi qui nie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.3} <hi rend="i">Papinianus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant lés fez en privé est doné de celi qui est heir escrit ou
                                premier testamant, et en segont por une meisme partie ou enprés plus
                                grant, la prove de la volenté mue apartient à celi qui est tret en
                                plet&#160;; comme cil qui a le segré receu face aucunne foiz
                                entendre as seignors des choses escriere lor heirs issi, en qui il
                                se fierent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.4} <hi rend="i">Paulus. Emptorem</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le acheteor doit prover que cil serf dont est la plainte s’enfoi
                                avant que il l’achetast.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.5} <hi rend="i">Idem. Ab ea</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il convient que cele partie prove que il dist que son aversere est
                                deffendu por aucun droit, ou por loi, ou por constitucion à estre
                                oï. {1} Il meisme dit&#160;: se aucun nie que le pere mist
                                mauvesement son fiz hors de sa main, il le doit prover.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.6} <hi rend="i">Scevola. Patronum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le patron doit mostrer apertement que le franchi a doné aucunne chose
                                en barat de soi por rapeler cele partie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.7} <hi rend="i">Paulus. Cum probatio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’an prove de la premiere fuite, l’en en doit croire le
                                serf&#160;; l’en le doit demander contre lui, non pas por le seignor
                                ou contre le seignor.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.8} <hi rend="i">Idem. Si filius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li fiz dit que il n’est pas au poer au pere, le prevost dit que le
                                fiz le doit prover, car l’en doit ce establir por la partie por ce
                                que il dit que il est franc&#160;; por ce est il de prover tenu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.9} <hi rend="i">Celsus. Si pactum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se convent est fet où l’en ne fet mencion de l’eir, je demande se
                                c’est fet que son fet fut estrecié. Et tot soit il voir que
                                cil qui met barre la doit prover, se le convent fut fet de lui ou de
                                son avoir, cil qui demande doit prover [93vA], non pas cil qui met
                                la barre&#160;; car nos provon aucunne foiz à noz hers et à nos.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.14} <hi rend="i">Ulpianus. Circa</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit voer en droit celui qui dit que el est noble de lignage le
                                quel est demandeor. Et s’il fut de ce sesi, il convient que il le
                                prove&#160;; et s’il n’en fut sesi, et l’en dit que il est franchi
                                de celui qui muet le contenz, cil qui dist que il est seu franchi il
                                doit prover. Et que se aucun dit que il est son serf ou son franchi
                                et se aucun reçoit la prove sor soi que il dont sentence par la
                                franchise&#160;? L’en le doit soffrir et il doit prover que il est
                                noble.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.16} <hi rend="i">Terentius<note>Terentius] lettrine <hi
                                        rend="i">V</hi>- dans le ms., erreur du rubricateur</note>.
                                Etiam</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>La requenoissance à la mere as enfanz est receue&#160;; et de l’aiau
                                ausi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.17} <hi rend="i">Celsus. Cum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’en fet question de la loi falcidiane la prove est à
                                l’oir&#160;; et s’il ne le pot prover, il sera condempné.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.18} <hi rend="i">Ulpianus. Quotiens</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>À totes les foiz que l’en demande besoignes au franchi, les proves
                                sont requises de celi qui dist que il est patron. Et por ce dit
                                Julius que tot teinge le patron, il doit estre auctor non pas le
                                franchi, car il dit que il est patron. ¶ {1} Qui dist por barat
                                aucunne chose tot soit ce en barre, il doit prover le barat. ¶ {2}
                                L’en doit metre de la demande sor l’autor à qui l’en demande en
                                droit s’il est sol heir ou s’il se test quant l’en li demande&#160;;
                                autant sera à dire comme se la prove estoit sor lui, non pas à celui
                                qui mist la barre avant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.19} <hi rend="i">Idem. In excepcionibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en doit dire en barres que reus est auctor, et que il veüt et doit
                                prover la barre ausi comme l’entencion<note>l’entecion]
                                        <emph>sentencion</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>In
                                        exceptionibus dicendum est reum partibus actoris fungi
                                        oportere ipsumque exceptionem velut intentionem
                                        implere</emph></note>&#160;; ausi comme s’il use de barre de
                                convent acordé, il le doit prover. ¶ {1} Quant aucun promist que il
                                feroit ester à droit aucun, et il dist que il ne pot venir, que il
                                est hors por le commun et por ce n’i pot venir, ou se le aversere
                                fist barat que celui pot estre, ou por feblece ou por tempeste, il
                                convient que il le prove. {2} Et se aucun use de barre de procureor
                                por ce que il ne li lut pas doner au procureor, il convient que le
                                procureor prove ce que il n’i est avant la barre. {3} Ausi dira l’en
                                se cele peccune est demandee, qui est ja paiee. {4} Et se l’en met
                                sor lui le seremant de ce que l’en li demande, ou s’il dit que ce
                                fut fet en jeu de tables, il convient que il le prove.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.20} <hi rend="i">Julianus. Si quis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se aucun tient franc [93vB] home en liens, n’est pas droit que le
                                tienge&#160;; car il ne pot pas prover que le home, en ce tens que
                                le plet fut commoincé, que il fust franchi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.21} <hi rend="i">Marcianus. Verius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Je cuit que il est voir que li autor qui doit pledier doit prover que
                                il sot que le mort lessoit autrui chose ; le heir ne le doit pas
                                prover que le mort ne le seust que il fust autrui&#160;; car la
                                prove est toz jorz à celui qui plede.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.22} <hi rend="i">Ulpianus. Eum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui dist que cil mua sa volenté, il le doit prover.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.23} <hi rend="i">Marcus. Ante</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Avant totes choses, ce qu’est convent entre l’autor et le detor que
                                la chose soit en gage. Et se le auctor prove ce, il doit ce acomplir
                                que la chose apartienge au detor en celui tens que le convent fut do
                                gage ou par qui volenté il fut baillié.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.24} <hi rend="i">Modestinus. Si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se ton gage est si cancelé, tot soit le detor delivré par
                                presumpcion, le detor est à droit tret en plet de tant comme le
                                creancier velt prover que il le doit encore.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.25} <hi rend="i">Paulus. Cum de indebito</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quant l’en demande chose que l’en ne doit pas, quil doit prover que
                                ele ne fut pas deue&#160;? La chose est issi à atrenper&#160;; se
                                cil qui reçut la chose ou la peccune qui n’estoit pas deue le nie,
                                et cil qui le balla le preve sanz faille, cil qui nia que il n’avoit
                                pas eu la peccune, s’il velt estre oïz, il doit estre forciez à
                                prover, cil qui receust la peccune&#160;; car truflerie est cil qui
                                nia au commoincemant avoir pris l’argent, puis que il sera convenu à
                                avoir receu la prove de la dete, il ne la porra demander à
                                l’aversere. Et s’il reconoist au commoincem‹en›t que il l’a receu,
                                et il dist que n’estoent pas deues et furent rendues, nus ne dote
                                que l’en n’et pressumpcion por celi qui reçut&#160;; car cil qui
                                rendi n’est pas si nice que il gete ce que il a et que il rende ce
                                que il ne doit pas. Et mesmement, se cil qui rendi ce que il ne
                                devoit est hom diligent et prodome, que l’en ne cuide pas que il fut
                                deceu, tost et por ce est il forciez à prover lo, que il fut
                                deceu&#160;; et s’il ne le prove, il ne le pot redemander. {1} Et se
                                cil qui demande ce que il rendi ne no devoit pas est orfelin ou
                                menor ou feme, s’il est home parfet ou chevaler ou vilein que il ne
                                vet pas à plez ou ne pense pas à cex jeux et est parreceux, lors cil
                                qui reçut la peccune doit mostrer que il la reçut bien et que l’en
                                li devoit&#160;; si que non, il la doit rendre. {2} Il [94rA] est
                                voir se cil qui demande dit que ele n’estoit pas tote deue. Et se il
                                demande une partie, et dit que cele partie rendue n’estoit pas deue,
                                ou que ele fut deue aucunne foiz mes enprés fut rendue, et il n’en
                                savoit rien, ou s’il fu seguz ou par niceté rendi cele peccune, il
                                convient que il mostre ce que il a plus rendu par error ou que il
                                avoit barre<note>avoit barre] <emph>avoit avoit barre</emph> dans le
                                    ms.</note> por soi et comme fou geta son argent, segont la rigle
                                generau qui dit que cil doit prover qui metant barre avant et
                                afferment et dient que il ont rendu chose que il ne devoient pas. ¶
                                {3} En totes les devises que nos avons proposees doit l’en doner
                                congié à celui qui velt prover que il mete le seremant sor son
                                aversaire et que il jure avant de calumpnia, que le juige puisse
                                former sa sentence quant il avra oïz les seremanz. {4} La où est le
                                plet de ce que l’en demande chose que l’en ne doit pas. Et se
                                caucion de ce que l’en ne doit pas est mise avant, et ele ne parle
                                deviseement, lors cil qui dona la caucion est tenuz de mostrer le
                                dete et ce que il mist en la caucion&#160;; se cil qui mist la
                                caucion ne dit la cause por quoi il l’escrit, lors convient il que
                                l’en le croie de sa confession, s’il ne mostre por bones proves que
                                il est promis chose que il ne doie.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.26} <hi rend="i">Paulus. Procula</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Comme Procula vosist contrepeser le lés que sis freres li devoit
                                enprés sa mort o les choses que les heirs au frere avoient, et comme
                                l’en deist encontre que ce n’avoit onc le frere convenencé comme il
                                eust maintes foiz rendu plusors detes por la seror, divus Commodus,
                                qui tient le plet, ne volt pas que le contrepois fut fet, ausi comme
                                s’ele eust lessié le lés à son frere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.27} <hi rend="i">Scevola. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui fist testamant à celui qui poet prendre dusque à une certaine
                                mesure, il lessa une summe certaine. Et dist issi&#160;: «&#160;Je
                                done et lesse à Ticio ce que il me lessa, et je ne l’en ai pas doné
                                letres, car j’oi tote la chose sa mere en ma garde sanz nul plege.
                                Et oncor, vuel ge que Ticius eist de ma chose tant comme g’ei eu des
                                fruiz de sa teneure que j’é pris et vendi, et ce que Ticius ot de sa
                                mere que il a mis en mon preu&#160;». Je demande se Ticius les pot
                                demander. Je [94rB] di, se Ticius pot prover que cil eust ces
                                choses, il les pot demander&#160;; et por ce que il n’en poet plus
                                prendre, il mist ce au testamant.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.28} <hi rend="i">Labeo. Si arbiter</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se li arbitres doit penser se le memoire de l’ovre dure, il doit
                                demander se aucun s’en recorde, et en quel tens il fut fet, et
                                comment ce puisse estre prové quant ce fut fet. Et enprés cele
                                memoire n’est pas tenuz se c’est fez dedanz l’an, se nus d’aus ne
                                set ce fet, ne ne s’en remenbrent et en tens à quel conte il vit
                                ce&#160;; et, se chescun dit que il ne vit ne ne l’oit quant ce fut
                                fet ne que il ne virent cez qui ce virent ne n’oirent, ne il ne
                                l’oirent dire a cez qui descendent de parenté ou an montent.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.3.29} <hi rend="i">Scevola. Inperatores</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Severus et Antonens manderent à Claudio cex paroles&#160;: «&#160;Les
                                proves qui sont donees por les fiz, ne sont pas solement en ce que
                                li garant affirment&#160;; mes se l’en deist les letres que l’en
                                envoie à femes, se il sont creables, il n’en convient ja fere
                                letres&#160;». ¶ {1} Une feme qui fut refusee ot un fiz sanz son
                                mari, il dist que il estoit barat&#160;; l’en demande s’il est au
                                poer au pere; et, la mere mort sanz fere testamant, il pot
                                demander par son commandemant l’eritage, ne se ce que la mere dist
                                li nuist. Je di que verité a son leu.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_12">
                <front>
                    <head>XII. De prover despens et domages.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Quant il est gardé par droit que aucuns ara à sa prove domages ou
                            despens, li juiges doit avant, s'il voit que besoing soit, fere
                            taxation, et puis jurer&#160;; car enprès serement nulle taxacion ne
                            cort.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_13">
                <front>
                    <head type="gp">XIII. De creance d’instrumant <hi rend="i">[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 22, tit. 4&#160;: <hi rend="i">de Fide
                                    instrumentorum et amissione eorum</hi>, et des trois premiers
                                frag. du tit. 5, <hi rend="i">de testibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {22.4.1} <hi rend="i">Paulus. Instrumentor</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tot ce doit estre entendu et pris en non d’estrumant dont la cause
                                pot estre enseignie&#160;; et par cez garenz et persones sont en leu
                                d’estrumanz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.4.2} <hi rend="i">Idem. Quicumque</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Quicunqu’est tret en plet de la borse l’enpereor ne doit pas estre
                                tret en plet de juige, ne par essemple de aucunne escriture, mes par
                                autentique&#160;; issi se la foi do marchié pot estre mostree et
                                escriture mauvese ne doit pas avoir force en plet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.4.4} <hi rend="i">Gaius. In re</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En chose qui est obligee ne monte rien en quex paroles est ce fet,
                                ausi comme il est en cez choses qui sont fetes por acordement. Et
                                s’il est acordé sanz escriture que il soit en gage, et prové, le
                                gage tendra don le convent fut fet. L’en fet de ce letres que l’en
                                puisse plus [94vA] tost prover ce que a esté fet&#160;; et sanz ce,
                                vaut ce que a esté fet, s’il i a prove&#160;; et noces fet l’en,
                                tost n’i et il letres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.4.5} <hi rend="i">Calistratus. Si</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se une chose est fete sanz seel et sanz letres, il ne vaudra pas
                                moins por ce que il n’i ot fet nules letres.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.4.6} <hi rend="i">Ulpianus. Si de tabulis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Se l’en plede des tables do testamant et l’en ne set à cui eles deent
                                estre baillies, nos metron toz jorz le veau au jeunre, et les plus
                                haut au plus bas, le masle à la femele, le noble au franchi.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.1} <hi rend="i">Archadius. Testimoniorum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Usage de tesmoinz est moult necessere&#160;; et cex doit l’en apeler
                                à ce que il sont creable. {1} Tesmoinz poent estre amené non pas
                                solement en causes criminaus et encor en causes de peccune, si comme
                                mestier est&#160;; et il sont tel que il poent estre garant qui ne
                                sont deffendu por nule loi. {2} Et ja soit ce que aucunnes lois
                                devisent nombre de tesmoinz, les princes les ont emesurez&#160;; et
                                le juige que l’en enmene tant comme il cuiderent, si que moltitude
                                de garanz ne seent amené à genz travaillier por poeir defrené.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.2} <hi rend="i">Modestinus. In testibus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>En tesmoinz devent estre requis la foi, la dignité, les mors, la
                                hautece&#160;; et por cez, garenz que chancelent contre la foi de
                                lor garentie ne devent pas estre oïz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.3} <hi rend="i">Calistratus. Testium</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Foi de garenz doit estre examineee. E por ce, en lor persone en
                                cerchera l’en prisyer lor estat, s’il est de haut ou de bas, ou s’il
                                est prodome ou s’il est ribaut, ou s’il est blasmé ou repris, ou
                                riche ou povre qui meste tot por gaagnier, ou s’il est anemi à celi
                                contre qui il porte garentie, ou s’il est ami à celi por qui il le
                                porte. Car s’il n’a point de sopeçon en tesmoing por ce que il est
                                prodome, et ne het celui ne n’i gaigne, le tesmoing est recevable.
                                {1} Et por ce divus Adrianus ‹escrit à› Varo, legat en Sezile, itex
                                paroles&#160;: «&#160;Cil qui juige pot trop bien savoir combien
                                sont lëau li garent&#160;»&#160;; et dit issi&#160;: «&#160;Tu poz
                                savoir combien sont lëau li garent, et de quel digneté et de quel
                                esme et comment il ont apris à parler, et s’il aportent parole
                                devant por pensee, ou s’il respondent à tex demandes et do tens et
                                de autres deffides&#160;». ¶ {2} Et cil princes meinsme dit tex
                                paroles à Valerien des garanz&#160;: ¶ «&#160;L’en ne pot avoir
                                argument sofisent d’avoir esprové [94vB] des chascunnes choses, ne
                                certaine meniere ne pot estre dite&#160;; ausi comme il n’est pas
                                toz jorz, issi n’en a l’en pas toz jorz letres de chascunne chose ne
                                la verité. An aucun leu vent nombre de garenz, aillors dignité,
                                aillors autorité, aillors renomee qui s’acorde à la chose don l’en
                                quiert la foi. Et je te mande ce à une summe, ne l’en ne doit pas
                                amener toz jorz une maniere de prove, ne une maniere de sentence,
                                mes il te convient juiger segont que tu troveras en ton corage de ce
                                que tu croiz ou de ce que tu cuides&#160;». ¶ {3} Cil
                                    divus<note>divus] <emph>dimus</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>divus Hadrianus</emph></note> dist Julio visconte de
                                Grece que il devoit croire as tesmoinz non pas à lor diz&#160;; et
                                itex furent les paroles que il li manda&#160;: «&#160;Alexander
                                proposa devant moi mout de crimes&#160;; et por ce que il ne provet
                                ne n’amenoit garanz, ainz voloit user de tesmoinz qui n’ont pas leu
                                devant moi, car je les soil enquerre, et mander au seignor de la
                                province qui l’enqueist de la foi es garanz. Et s’il ne feist ce que
                                l’en li manda, il fut envoiez en essil&#160;». ¶ {4} Cil prince
                                meisme dist à Gaio Seio itex paroles&#160;: ¶ «&#160;Autre est
                                l’autorité des garanz qui sont presenz et autre de lor paroles qui
                                solent estre recordees&#160;; or te porpense dons, que, se tu veauz
                                ce retenir, done lor depens&#160;». ¶ {5} Il est contenu en la loi
                                Julius que l’en ne poist pas dire tesmoing contre le reus,
                                meesmement cil qui l’oste de sa meson et de son pere, ou cil qui
                                sont .xiiii. anz, ou qui sont dampné en commun juigement, ou cil qui
                                a sa feme lessie, ou cil qui est en prison ou qui se loe à combatre
                                as bestes, ou cele qui gaegne à son cors, ou qui dist tesmoinz por
                                loer. Et li un ne sont pas receu por lor reverence, li un por lor
                                legereté, li un por la note de lor ribauderie. ¶ {6} L’en pot bien
                                tesmoingz mener longue voie&#160;; mes chevaler n’i devent pas estre
                                apelé s’il sont en ost ou chevauchié, et ce dist divus. Et le
                                enpereor distrent que il apartient à garenz amener et il apartient
                                au juige de encerchier quel costume il i a en cele province où il
                                juige&#160;; car s’il est prové que garent augent de cité en cité
                                por porter tesmoing, n’est pas dote que le juige n’i puisse apeler
                                cez que il savra dont la cause a mestier.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_14">
                <pb n="177"/>
                <front>
                    <head type="gp">XIV. De tesmoinz amener et rapeler <hi rend="i"
                        >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 22, tit. 5, frag. 4 et suiv.&#160;: <hi
                                    rend="i">de Testibus</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.4} <hi rend="i">Paulus. ‹L›ege</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est contenu en la loi Julius que l’en ne face dire [95rA] son
                                tesmoing à nul à force contre soegie, gendre, parrastre, fillastre,
                                cousin, cosine&#160;; ne franchi contre ses effanz, ne contre les
                                parenz à l’ome ne à la femme&#160;; ne le patron contre le
                                franchi&#160;; ne le franchi contre le patron.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.5} <hi rend="i">Gaius</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est establi en lois que le socre ne le gendre ne seent forcié de
                                porter tesmoing&#160;; et en non de gendre est entendu li
                                    espose<note>espose] <emph>espose et le non</emph> dans le ms.,
                                    leçon sans doute fautive et conditionnée par la proximité de
                                        <emph>non de gendre</emph> et <emph>non de soegre</emph>,
                                    cf. lat. <emph>generi appellatione sponsum quoque filiae
                                        contineri placet</emph></note> de la fille&#160;; et en non
                                de soegre, le pere à l’esposee.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.6} <hi rend="i">Lucinus. Idonei</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Tesmoing ne sont pas tenable à qui l’en pot commander à porter
                                tesmoing.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.7} <hi rend="i">Modestinus. Servi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en croit tesmoing de serf quant il n’i a autre provance à avoir la
                                verité.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.8} <hi rend="i">Scevola. Inviti</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Veillart, feble gent, chevaliers ou cil qui sont hors por la cause de
                                la commune chose ne devent pas estre forcié&#160;; et itex persones
                                ne sont pas tenues d’i venir.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.9} <hi rend="i">‹P›aulus. Testis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Pere n’est pas bon tesmoing au fiz, ne le fiz au pere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.10} <hi rend="i">Ponponius. Nullus</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Nus n’est droit tesmoing en sa chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.12} <hi rend="i">Ulpianus. Ubi</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>.ii. garenz sofisent la où nombre n’est nommé, car plusier se tient
                                apaié de .ii.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.14} <hi rend="i">Papinianus. Scio</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est tretié et demande l’en se cil qui est dampné por avotire pot
                                estre receu à tesmoing. Et je cuit que non&#160;; donc ne vaut
                                rien son tesmoing en droit de cité, ne il ne pot demander heritage
                                ne sesine des biens.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.13} <hi rend="i">Papinianus. Quesitum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>L’en demande se cil qui sont dampné por communs juigemenz
                                ‹...›&#160;; et il n’en sont pas deffenduz par ceste loi ne par la
                                loi Julien. Et ce que les lois entrelesserent ne sera pas lessié por
                                l’office au juige, à qui ce apartient de enquerre de la foi que lëau
                                home dira.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.15} <hi rend="i">Paulus. Repetundarum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui est dampné de la loi Julius ne poet estre receu à tesmoing. ¶
                                {1} L’en demande se heirmafroditus – c’est à dire acoillié – doit
                                estre receu à tesmoing. Sa qualité le demostre.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.16} <hi rend="i">Idem. Qui</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui diront faus tesmoinz, ou vers, ou qui les descovrent à
                                parties, le juige les doit punir hautement.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.17} <hi rend="i">Ulpianus. Pater</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Li peres et le fiz qui est en son poer, et .ii. freres qui sont au
                                poer au pere<note>au pere] <emph>au pere poe panre</emph> dans le
                                    ms., <emph>pere poe</emph> supprimé&#160;; le scribe voulait
                                    plus probablement exponctuer <emph>poe panre</emph>, ce qui
                                    permet de rétablir le sens du texte, cf. lat. <emph>item duo
                                        fratres qui in eiusdem patris potestate sunt</emph></note>,
                                poent estre tesmoinz l’un à l’autre en un meisme testamant ou en
                                autre afere&#160;; car il ne nuist rien à prendre plusors garenz en
                                une meson en autrui afere.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.18} <hi rend="i">Paulus. Ex eo</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>De ce que la loi Julius deffent dire tesmoing de avotires femme qui
                                en est cond[95rB]empnee, entent l’en que feme pot estre
                                tesmoing.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.19} <hi rend="i">Ulpianus. Inviti</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Qui ne velt ne die pas son tesmoing, ne cil qui est hors do païs non
                                pas por son tesmoing celer, ne cil qui moine vitalle à l’ost, {1} ne
                                orfelin.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.20} <hi rend="i">Venuleius. In</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Le acuseor ne doit pas amener en tesmoing celui qui est condempné en
                                commun juigement ne cil qui n’a .xxv. anz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.21} <hi rend="i">Alphenus. Ob</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui est condempné por chançon mau renomee ne pot estre tesmoing.
                                {1} Et ce doit l’en bien savoir, se la chose le requiert, non pas
                                solement privee gent, mes grant prelat, s’il sont present, devent
                                porter tesmoing. ¶ Encor dit le senat que le prevost doit porter
                                tesmoing en juigement de cause de avotire. ¶ {2} Se nos somes forcié
                                à prendre champion à tesmoing ou tele persone, l’en ne doit pas
                                croire son tesmoing por lui batre. ¶ {3} Se tuit li tesmoing sont
                                d’une valor et d’un pris, et la qualité de l’afere et le movement do
                                corage au juige s’i acorde, l’en doit tenir ce que il dient. Et se
                                aucun de cez dient autre chose et il ne sont pas veü, l’en doit
                                croire à ce qui s’acorde à la nature de l’afere et à cez qui ne
                                dient lor tesmoing par haine ne par amor. Et confermera le juige par
                                son corage, par provances et par tesmoing ce que il verra plus
                                convenable et plus pres à verité. L’en ne doit pas regarder à la
                                moltitude des garenz mes de purté et à la lëauté de lor paroles, la
                                où la verité est aperceue.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.22} <hi rend="i">Venuleius. Curent</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Bien se gardent li prelat de chascun leu environ cez qui volent
                                porter tesmoinz, qui quierent receveors ou aus, par qui les aferes
                                seent depeciez et que la prove des choses soit sauve.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.23} <hi rend="i">Idem. Produci</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil ne pot estre garent qui avant le fut en cele chose.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.24} <hi rend="i">Paulus. Testes</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il ne fut pas acordé que les garenz que le acuseor ameine de sa meson
                                fussent garanz.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.5.25} <hi rend="i">Paulus. Mandatis</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il est deffendu que les justices se prengent garde que li avocat ne
                                dient tesmoing en la cause dont il furent avocat. Et ausi est
                                deffendu en cez qui font autrui aferes.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_15">
                <front>
                    <head>XV. Quex genz devent porter garentie et quex non.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>Bâtar ne puet porter garantie, ne desvé, ne sergent que se combat por
                            argent, ne enfant non aagé de moins de quinze anz, ne serf sanz le
                            congié son sergnor, ne feme sanz le congié son seignor, ne home, ne
                            feme, por quoi il soit prové an juigement que il ait pris le loier por
                            soi parjurer&#160;; et se il a pris por savoir la vérité, il n'est
                            convaincuz qu'en cele cause.</p>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ 2.</head>
                        <p>Vaincuz ne puet porter garentie&#160;; et de veincu la prove est seue par
                            les cors et par les gardes. Et comment puet l'en tel chose prover&#160;?
                            Par deus garanz. En tel chose n'a point de bataille.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_16">
                <front>
                    <head>XVI. De prove de séel.</head>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ 1.</head>
                        <p>En prove de séel n'a point de gage, mès la prove de autres letres, se
                            elles ont esté scelées, et savoir par la terre, s'il a coreu. Et se l'en
                            fet banie que l'en aporte avant ce que sera seelé de ce séel, et l'en le
                            cèle&#160;: cil qui le célera, ses letres ne vaudront puis riens.</p>
                    </div>
                </body>
            </text>
            <text xml:id="art_17">
                <front>
                    <head type="gp">XVII. [95vA] D’ignorance de fet et de droit <hi rend="i"
                            >[rubr.]</hi></head>
                    <div type="original">
                        <listWit>
                            <witness>Traduit du Dig., liv. 22, tit. 6&#160;: <hi rend="i">de Juris
                                    et facti ignorantia</hi>.</witness>
                        </listWit>
                    </div>
                </front>
                <body>
                    <div>
                        <head>§ {22.6.1} <hi rend="i">Paulus. Ignorancia</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ignorance de fet ou de droit est {1} que se aucun ne set que cil soit
                                mort de cui il tient les biens, li tens ne cort mie contre lui. Et
                                s’il set que li cosins soit morz, et il ne siet pas que il et ses
                                biens par non de ce, ou s’il se set heir escrit et il ne set que li
                                prevoz promete la possession des biens as heirs escriz, li tens cort
                                contre lui&#160;; car il meserre en droit. ¶ Ausi est se li frere
                                cosin au mort croit que la mere avent que ele fut en sesine des
                                biens. ¶ {2} Se aucuns ne set que il soit cosin, il<note>il]
                                        <emph>et</emph> dans le ms., cf. lat. <emph>Si quis nesciat
                                        se cognatum esse, interdum in iure, interdum in facto
                                        errat</emph></note> folie une foiz en fet, autre foiz en
                                droit&#160;; et s’il set que il soit franc et set de qui il est nez,
                                il folie en droit quant il ne set que il tient les biens do
                                cosignage. Ou se aucun est geté, et ne set de quex peranz il est, et
                                sert à aucun et cuide que il soit serf, il folaie plus en fet que en
                                droit. {3} Et se aucun fet que la sesine des biens soit portee à
                                autre, et il ne set pas que le tens de la sesine des biens est
                                passee, il folaie en fet. Ausi est s’il cuide que il eit eu la
                                sesine&#160;; et s’il set que il ne l’eit demandee et que le tens
                                est passé, et il ne set pas que la sesine li avient par heritage, li
                                tens cort contre lui&#160;; car il folaie en droit. {4} Ausi diron
                                nos se aucun est heir escrit et il ne cuide pas que il puisse
                                demander la sesine dusque le testamanz soit ouerz [95vB]&#160;; et
                                se il ne set que il i ait tables, il folie en fet.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.6.2} <hi rend="i">Neracius. In omni</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Cil qui folie en tot fet ou en partie et en droit n’est pas en leu en
                                qui ignorance de fet doit estre eue, quant le droit est feni ou pot
                                estre et doit&#160;; les parlement do fet deçoit aucunne foiz des
                                plus sages.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {22.6.3} <hi rend="i">Ponponius. Plurimum</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Il i a debat se aucun ne set rien de la cause d’autrui ne de son fet,
                                savoir s’il ne set rien de son droit. {1} Cassius dit que
                                l’ignorance Sabinus doit issi estre esmee, non pas de home aperdu
                                mes de home qui est trop segu.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.6.4} <hi rend="i">Idem. Iuris</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ignorance de droit est niee profiter en usage, mes ignorance de fet
                                vaut.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {22.6.6} <hi rend="i">Ulpianus. Non</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ne l’en ne doit pas soffrir trop grant ignorance ne le fet à celui
                                qui ne set, ne dure enqueste ne doit pas estre fete&#160;; car le
                                savoir en doit<note>doit] <emph>droit</emph> dans le ms., cf. lat.
                                        <emph>scientia enim hoc modo aestimanda est</emph></note>
                                estre esmé en ceste maniere que il ne soit trop negligenz, ne trop
                                segur, ne trop plein de demore.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.6.7} <hi rend="i">Papinianus. Iuris</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Ignorance de droit ne nuit pas à cez qui volent conquerre, ne ne nuit
                                à cez qui demandent lor droit.</p>
                        </div>
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                    <div>
                        <head>§ {22.6.8} <hi rend="i">Idem. Error</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Error de fet ne fet preu ne domage à homes&#160;; ne error de droit
                                ne fet nul preu à femes. Mes error de droit en domages de sa chose
                                perdre ne nuist pas.</p>
                        </div>
                    </div>
                    <div>
                        <head>§ {22.6.9} <hi rend="i">Paulus. Regula</hi>.</head>
                        <div type="gp">
                            <p>Relle de droit est que ignorance de droit nuist à chescun, mes
                                ignorance de fet ne nuit. Or veon en quex choses ce puet avoir leu.
                                L’en otroie bien que cil qui n’ont .xxv. anz ne sachent pas droit,
                                ne femmes&#160;; et por ce, la où il n’a forfet, il ne sont pas
                                tenuz por ceste reson. Se menor de .xxv. anz croit au fiz qui est en
                                bau au pere, l’en li secort que la creance ne vaut rien. ¶ {1} Se
                                fiz qui est au bau de chevaler, que li autre chevaler a fet heir, ne
                                set pas que il pot demander l’eritage sanz son pere, il pot bien
                                mesconoistre les establissemanz as princes, et por ce pot il
                                demander l’eritage. ¶ {2} Ignorance de fet ne nuit pas issi à checun
                                s’il n’est trop negligent&#160;; et que sera se toz cez de la cité
                                sevent ce que il ne set<note>set] <emph>fet</emph> dans le ms., cf.
                                    lat. <emph>quid enim si omnes in civitate sciant</emph></note>
                                pas&#160;? Et Labeo dit que l’en doit bien savoir de home qui n’est
                                pas trop curios ne trop negligent, mes de celui [96rA] qui enquiert
                                bien qui puisse savoir la chose. ¶ {3} Mes Labeo dit que ignorance
                                de droit ne vaut pas se cil se pot conseiller, ou, tot por soi que
                                il pot bien savoir, son domage ce seit issi ignorance de
                                droit&#160;; nos ne nos i acordons pas. ¶ {4} Cil qui ne sot que le
                                vendeor fut sires de la chose, foleia plus en<note>en]
                                        <emph>est</emph> dans le ms.</note> chose que en esme de
                                pensee. Et bien cuide que il n’achete pas do seignor, se seignor la
                                li baille, il en fet seignor. ¶ {5} Se aucun qui ne set droit ne use
                                de la loi falcidienne, ce li doit nuire. Mes li enpereor distrent se
                                l’en balla chose que l’en ne dut par cause de testamant, s’el est
                                rendue par error de fet, ele ne pot estre redemandee. Ausi comme li
                                heir Garielen, qui pristrent peccune do testamant au pere à fere un
                                conduit d’eve qui avoit esté lessé au commun de cez de Pise, il ne
                                demandent pas solement les caucions qui i soleent estre mises, que
                                ce que li gardein eussent pris outre il poissent demander par la loi
                                falcidiene, et rendissent maugré aus ce que il avoint promis que
                                cele somme ne fut mise en autre usage. Et cil sorent bien que cele
                                peccune estoit despendue en conduit, il la demandent por neent, ausi
                                comme s’il ont plus baillié que il ne devent pas&#160;; comme ce ne
                                soit pas droit de redemander la peccune ne qui fut baillié au
                                conduit et de demander le cors de patremoine qui est despendu en ce
                                leu donc c’est chose gloriose. Et s’il cuident par ce avoir cele
                                peccune que il firent que fol et que il n’ont pas usé de benefice de
                                la loi falcidiene, il devent savoir que l’en ne secort pas à fos mes
                                à cez qui meserrent. {6} Et tot face l’en de gardeins en ceste loi,
                                ausi doit l’en ce tenir en autre persone&#160;; et doit l’en dire
                                que la peccune qui fut lessee au conduit ne pot estre
                                redemandee&#160;; car le commoincemanz de la constitucion est
                                generau. Et dist que se le lés n’est rendu par error de fet, l’en ne
                                pot demander ce qui ne fut deu. Et encor, cil qui ne sont usez de la
                                loi falcidienne ne poent redemander que l’en puisse dire segont ce
                                que sa peccune est lessee et ele est rendue&#160;; et ‹s’›ele ne fut
                                pas lessee à fere aucunne chose, tot ne soit ele despendue [96rB]
                                ainz dure encore, l’en ne la pot demander à celui à qui ele fut
                                rendue.</p>
                        </div>
                    </div>
                </body>
            </text>
        </group>
    </text>
</TEI>
