KAEPPELIN *Eugène, Florent

Nom: 
KAEPPELIN
Prénom: 
*Eugène, Florent
Date de début d'activité: 
21/02/1832
Date de fin d'activité: 
04/08/1862
Adresses professionnelles: 

15 et 17, quai Voltaire (1841)
20, rue du Croissant (1837)

Ville - Département: 
Paris
Adresse personnelle: 

16, rue de la Jussienne (1832)
17, quai Voltaire (1852)

Informations personnelles: 

Il est né le 18 mai 1805 à Portoferraio, sur l'îIe d'Elbe où son père, lieutenant au 20e régiment de ligne, était en poste. Il est célibataire. En janvier 1862, il quitte Paris pour s'installer à Bonny (Loiret) au château des Sainsjoncs.

Informations professionnelles: 

Avant d'être breveté imprimeur lithographe, il se présente comme artiste-dessinateur et marchand de pierres lithographiques. Il crée une société en commandite pour l'exploitation d'une imprimerie lithographique et zincographique et pour la vente de pierres ; son capital est de 150 000 F, divisé en 300 actions de 500 F. La durée de cette société est de 20 ans à compter du 1er octobre 1837. Sa soeur cadette travaille dans l'imprimerie avec lui.  En 1840, il forme avec Jean-Antoine Letronne une société en commandite pour l'exploitation de l'imprimerie du  15, quai Voltaire qu'il vient d'acquérir et demande à y installer une succursale ; il va donc quitter la rue du Croissant. Le 19 juin 1845, dix de ses presses qu'il ne veut pas réinstaller dans son nouvel atelier sont mises aux enchères ; faute d'une offre financière suffisante, il renonce à cette vente. Outre des presses lithographiques, il possède aussi des presses d'impression en taille-douce (4 en 1852) pour lesquelles, dès que la réglementation l'exige, il obtient le 3 juillet 1852, un brevet. Elles lui servent pour les cartes géographiques. Il obtient aussi, le 20 juillet,un brevet de libraire. En 1851, il vend ses presses typographiques.
La prospérité et le dynamisme de la société de Kaeppelin n'est pas sans lien avec la charge qui lui a été confiée en 1840 par le Dépôt de la Guerre : l'impression de divers dessins et tout particulièrement de cartes topographiques pour lesquelles il obtient, le 17 septembre 1841, l'autorisation de posséder une petite presse et des caractères mobiles afin d'imprimer les légendes et toutes les notes portées sur les cartes. Il travaille aussi pour des publications historiques du ministère de l'Instruction publique, pour les Archives du royaume et la Bibliothèque royale. Ce travail va orienter définitivement la production de Kaeppelin. S'il imprime des portraits, des vues pittoresques (il a participé à la réalisation des illustrations du Voyage en Orient de Laborde), des scènes de genre pour partitions musicales etc., sa spécialité devient très vite l'impression cartographique. Aux cartes d'état-major, établies à partir des relevés militaires, s'ajoute une production de cartes destinées aux scientifiques (géologiques, hydrographiques...), mais aussi au grand public avec des cartes et plans des transports (omnibus, chemins de fer, bateaux à vapeur...). Pour cette importante production, il cherche à mettre au point de nouveaux procédés d'impression moins coûteux et plus pratiques que la lithographie et la taille-douce. Il a d'abord pratiqué la zincographie, dont il a acheté, en 1838, le brevet aux héritiers de Carcenac qui l'avait lui-même acquis de Breugnot ; utilisant des feuilles de zinc, plus légères et moins chères ; permettant en outre de tirer de grands formats,elle a toutefois le défaut de ne pas permettre une très grande finesse du trait. Pour le Dépôt du ministère de la Guerre, il recourt à la gravure sur pierre et surtout au transfert sur pierre de gravures sur cuivre : "Les planches en cuivre sur lesquelles on avait opéré la gravure ne servaient plus qu'une fois pour ainsi dire, car au moyen du transport sur pierre, cet habile lithographe reproduisait les planches avec une pureté si grande qu'on ne pouvait presque pas distinguer un tirage sur pierre d'un tirage direct sur la planche primitive." (D. Kaeppelin) Il connaît moins de réussite quand il s'essaie au transport sur pierre d'anciennes gravures, l'opération de décalque restant délicate. En 1843, il a aussi appliqué la chromolithographie à une Carte géognostique du plateau parisien, établie par Raulin, imprimée en 4 passages obtenant 7 couleurs différentes.
La qualité de sa production et sa recherche constante de perfectionnements lui valent d'obtenir à l'exposition de 1839 des produits de l'industrie française une médaille de bronze pour ses impressions zincographiques, à celle de 1844 une médaille d'argent, et en 1849 une médaille d'or pour ses reports sur pierre ; une autre médaille d'or récompense en 1855, lors de l'Exposition universelle, l'invention d'un procédé : la lithochaléotypie ayant pour objet de réimprimer par des procédés chimiques la lithographie et les anciennes impressions sur la planche.
Il est élu vice-président  de la première Chambre des lithographes imprimeurs de Paris le 19 décembre 1844.
Il cesse d'exercer en 1860. Ses brevets de lithographe et de taille-doucier sont annulés, celui de libraire a été cédé en novembre 1861.

Bibliographie Sources: 

Archives Nationales F/ 18/1783 ; F/70/48

Le Lithographe, 2e année, 1839, p.63 ; 1845, p. 276-281.

L'art de peindre la parole. Études sur l'imprimerie, la librairie... par MM. Gobin (H.), Jeunesse (A.), Kaeppelin (D.), Paris, Eugène Lacroix, 1874, p. 90-92.   http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5711971f

Remarques: 
E. P., 22/06/2018