LACOUR François

Nom: 
LACOUR
Prénom: 
François
Date de début d'activité: 
22/10/1842
Date de fin d'activité: 
05/07/1858
Adresses professionnelles: 

16, rue Soufflot (avril 1851)
11, rue Soufflot (1848)
33, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel (1842)

Ville - Département: 
Paris
Adresse personnelle: 

38, rue des Boucheries Saint-Germain (1841)

Successeurs: 
Informations personnelles: 

Il est né le 30 mai 1808 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Son père était propriétaire. Il a fait son apprentissage comme ouvrier lithographe dès l'âge de 12 ans chez Pelisson, puis il a travaillé chez Pierre Philibert Baudouin, devenu son beau-père, comme prote.
Il meurt en 1858.

Informations professionnelles: 

Breveté libraire depuis le 17 septembre 1841, il reprend,  le 18 octobre 1842, le brevet d'imprimeur en lettres d'Hippolyte Tilliard moyennant la somme de 19 000 F. Il a demandé en même temps un brevet de lithographe par création, qu'il obtient quelques jours plus tard, suite à un oubli de l'administration. Il est d'abord associé à Auguste Maistrasse, qui est breveté typographe en 1845. "Lacour et Maistrasse" devient, entre 1844 et 1846, "Lacour et cie", et "Lacour" seul à partir de 1847.
Toutes ses presses mécaniques ont été brisées le 25 février 1848. Le préjudice est estimé à 6 800 F de réparation et 4 500 F de dépréciation du matériel, sans compter deux mois de travail perdu que "la Commission centrale se propose aussi de faire figurer" dans le calcul d'indemnité. Dès le 31 mars, il a touché une provision de 6 800 F et il déploie une activité importante ; "son imprimerie n'a pas cessé d'être hantée  par le club de la rue des Grès et de servir aux publications de placards révolutionnaires et de journaux anarchiques",  lui reprochera   plus tard l'inspecteur Gaillar. Il est vrai que sa production d'affiches est très importante, que son beau-père, quoique retiré, fait tourner pour lui deux presses dans l'atelier de Maistrasse qui est en faillite, et que, si L'Aurore républicaine, feuille quotidienne politique et commerciale, ne sera qu'un projet abandonné en mai 1848, La Langue de vipère, chronique mensuelle des petitesses de nos grands hommes,  feuille d'inspiration socialiste, connaîtra 8 numéros (novembre 1848-juin 1849).
L'année 1848 est donc une année agitée, mais, le 8 décembre 1848, est signé l'acte de naissance de la Société typographique Lacour et cie qui regroupe autour de Lacour, directeur et gérant, dix compositeurs et imprimeurs, avec un capital social de 70 000 F. Il achète un terrain rue Soufflot en février 1849 pour 41 580 F et ne s'y installe définitivement qu'à l'automme 1849. Il avait demandé en octobre 1849 à pouvoir ouvrir un autre atelier près de la Banque de France, ce qui lui fut refusé, mais, en avril 1851, il sollicite l'autorisation de travailler dans son ancien atelier de la rue Saint-Hyacinthe et dans le nouveau (rue Soufflot), pendant un  mois, le temps d'opérer son déménagement et l'adaptation  d'une machine à vapeur à ses presses mécaniques. À cette époque, il emploie une vingtaine d'ouvriers. Il obtient, le 8 novembre 1851, la levée de scellés sur les presses qui étaient restées dans l'atelier de Maistrasse et qu'il avait reprises à son beau-père.  Il fait faillite en 1855 avec un actif de 319 856 F et un passif de 304 643 F. Comme à l'été 1848, l'imprimerie prend la raison sociale A. (Aglaé ?) Lacour, avant de revenir au seul nom de Lacour.
Il a surtout utilisé son brevet d'imprimeur en lettres, les illustrations des ouvrages qu'il imprime étant des gravures sur bois. Sa production d'abord très diversifiée, prend, à partir de 1847 et jusqu'en 1850, une coloration plus nettement politique. L'évolution politique de 1849 marque pour lui le début de poursuitesadministratives  (pour absence  de dépôt d'un numéro de la Langue de vipère, en avril 1849 ; absence de nom et adresse sur un écrit politique, avril 1850) et de saisies (saisie des clichés de l'Évangile du peuple, 28 juin 1850 ; saisie du 24 Février de Ledru-Rollin). L'administration de la Librairie dit l'avoir surveillé dès avant 1848, le soupçonnant  "d'impression clandestine d'ouvrages immoraux", mais elle ne semble pas s'être inquiétée de ses liens avec Maistrasse et l'impression de l'Union ouvrière de Flora Tristan en 1843. En 1848-1849, l'inspecteur Gaillard explique par "sa négligence habituelle" ses oublis de la réglementation et ne sait encore s'il faut attribuer ses publications de 1848 à  son opportunisme ou à ses convictions politiques. En avril 1850, il le relie nettement "au parti rouge" et recommande que l'amende de 3 000 F contre laquelle il avait fait appel  (circonstance aggravante !),  ne soit réduite que d'un tiers. Sa production se réoriente donc vers les  éditions romanesques populaires et des revues de lectures avec Les Veillées littéraires illustrées (1849-1856), Le Magasin des romans, inédits et illustrés, édités par Gabriel de Gonet  (1853),  Le Panthéon populaire (1856) et ses textes classiques. Grâce à sa situation géographique (la rue Saint-Hyacinthe  disparaîtra lors du prolongement de la rue Soufflot), il a aussi la clientèle de l'École de droit pour l'impression des thèses.
Il semble n'avoir que très peu utilisé son brevet de lithographe puisque l'inspecteur Gaillard, en avril 1856, ne trouve aucune presse dans son atelier et le met en demeure d'exploiter son brevet ; l'administration constate en août qu'il l'a fait et il sauve ainsi son brevet de l'annulation.
Il est remplacé  par sa veuve Lise Aglaé, née Baudouin qui conserve son brevet de libraire, mais cède son brevet de lithographe à Joseph Mottet.

 

Bibliographie Sources: 

Archives Nationales F18 1784
Archives de Paris D10 U3 30 n°12407 et D11 U3 200