JAVEL Philippe, Auguste

Nom: 
JAVEL
Prénom: 
Philippe, Auguste
Date de début d'activité: 
10/10/1832
Ville - Département: 
Arbois (Jura)
Informations personnelles: 

Il est né à Arbois le 17 mars 1807. Son père y était déjà, depuis 1798, imprimeur libraire tout en remplissant aussi les fonctions d'avoué ; si sa femme, son fils et un ouvrier travaillaient dans l'établissement, lui-même, si nécessaire, se faisait pressier, compositeur ou correcteur. Il épouse en 1831 Marie Hémire Perrard.
Il est membre de la Société d'émulation du Jura de 1844 à 1854.
Il meurt à Paris le 23 septembre 1875.

Informations professionnelles: 

Il reprend le 10 octobre 1829 le brevet d'imprimeur en lettres de son père, démissionnaire. Il obtient à la même date un brevet de libraire par création car son père n'a jamais réussi à en obtenir un : il avait fait une demande de brevet en 1816, au nom de sa première épouse, qui n'avait jamais été transmis sans qu'on sache clairement s'il avait jamais été accordé ; elle exerça donc sans brevet jusqu'en 1822 où elle fut mise en demeure de régulariser sa situation, mais n'obtint rien avant sa mort en 1824 ; en 1828, Javel, remarié,  fait une demande pour sa seconde épouse ; cela lui est refusé car cela reviendrait à breveter le mari qui vient  de sortir d'un procès pour complicité de faux en écriture. C'est donc son fils qui obtient un brevet et reprend vraisemblablement le fonds de librairie et de papeterie que conservait son père qui prétendait ne pas trouver à s'en défaire.
Pour soutenir sa demande de brevet de lithographe par création, Javel fils souligne la présence d'un tribunal, d'une inspection des forêts et de nombre d'établissements d'enseignement et pensionnats installés à Arbois.
Il est condamné le 29 mars 1849 par le tribunal de Lons-le-Saunier à une amende de 3 000 F pour défaut d'adresse sur trois lettres rédigées par un percepteur, forcé ensuite à la démission, qui attaquaient le secrétaire général de la Préfecture. Le Préfet considère que Javel ne pouvait ignorer le caractère diffamatoire de ces textes, mais il a des reproches plus graves à son encontre : " Les presses de M. Javel sont à la disposition du parti hostile à l'ordre et sa conduite dans tous les événements qui se sont produits à Arbois depuis 18 mois a été à l'unisson des écrits qu'il a concourru à répandre dans le public. Lui-même est l'auteur d'une brochure publiée dans le mois d'avril dernier sous ce titre La guerre au Socialisme, c'est la guerre à la Fraternité. Cette brochure a été déférée par moi au procureur de la République pour défaut d'accomplissement des formalités légales. Dans les derniers troubles qui viennent de se manifester à Arbois à l'occasion du passage du 9e léger, le fils du sieur Javel, qui demeure avec lui, a été signalé comme l'un des perturbateurs les plus exaltés." Contre l'avis du Préfet, l'amende sera néanmoins ramenée à 1 000 F le 31 juillet 1852. Cet esprit frondeur est affaire de famille puisque son père, en 1823, avait été jugé "d'opinion politique très libérale, poussant même ses principes jusqu'au républicanisme le plus indépendant." Si on ne pouvait lui reprocher de vendre surtout des livres de piété, quelques ouvrages de droit et de littérature et "de tenir son commerce étranger à la politique", le Préfet se plaignait  "d'être obligé trop fréquemment de lui rappeler ses obligations " en matière de déclaration et de dépôt de ses ouvrages. Le fils, lui, est sensible aux idées de Fourier et de Proudhon qui a travaillé dans son imprimerie et avec qui il entretient une correspondance au contenu politique. En 1848, il a contribué à donner à L'Écho du Jura une coloration proudhonienne et, en 1849, il diffuse un appel à voter pour Ledru-Rollin.
En janvier 1848, il avait repris le matériel cédé 5 ans plus tôt par Pointurier à Achille Mouchot qui n'avait pas fait usage de son brevet. Quand il quitte la France pour Genève en 1851, à l'arrivée au pouvoir de Napoléon III, il  laisse ses affaires à sa femme qui reprend le brevet inutilisé de Pointurier. En 1862, ils ont regagné l'un et  l'autre Paris.

Bibliographie Sources: 

Archives Nationales  F18 1950
Trois lettres inédites de Proudhon, Pierre-Joseph (1809-1865) [adressées à Auguste Javel, imprimeur à Arbois, et datées des 8 février 1842, 12 octobre 1848 et 14 janvier 1850]

Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier...    http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article32763