DURAND Félix

Nom: 
DURAND
Prénom: 
Félix
Date de début d'activité: 
23/06/1829
Date de fin d'activité: 
27/10/1864
Adresses professionnelles: 

8, rue Serpente

Ville - Département: 
Chartres (Eure-et-Loir)
Successeurs: 
Parrains: 
Informations personnelles: 

Il est né le 30 novembre 1798 à Chartres où son père était établi imprimeur, après avoir succédé à son propre beau-père. Il a suivi les classes de rhétorique et de mathématiques du collège de Chartres, puis il a travaillé chez un libraire parisien pendant un an et dans l'entreprise familiale pendant trois ans, avant de prendre la succession de son père.
Il se marie le 22 octobre 1838 avec Adélaïde Périer de Mondonville, fille du notaire de Breteuil (Eure) ; ils ont quatre enfants, dont leur deux fils Georges (1840) qui lui succède en 1865 et Roger (1848).
Il meurt le 10 février 1885.
Juge suppléant au Tribunal de commerce (1830), puis juge titulaire (1833, 1839, 1843), il refuse son renouvellement en 1850. Il est administrateur de la Caisse d’épargne de Chartres entre 1844 et 1882, conseiller municipal de Chartres de 1843 à 1852, puis de 1865 à 1874.

 

 

Informations professionnelles: 

Le 6 septembre 1821, il reprend les brevets de libraire et d'imprimeur en lettres de son père, Jean François Innocent Durand-Letellier, ainsi que son entreprise, la plus ancienne de la ville. L'ensemble est évalué 28 000 F, dont moitié pour les stocks. Comme son père, il est l'imprimeur attitré de la Préfecture (pour moitié avec son confrère Labalte), de la mairie et du Tribunal d'instance qui constituent l'essentiel de sa clientèle pour les imprimés typographiques. La prospérité de l'imprimerie fluctue au fil du temps. Après des débuts difficiles avec un chiffre d’affaires annuel constamment inférieur à 15 000 F entre 1822 et 1826, elle bénéficie du réveil libéral des années1827-1830, son chiffre d'affaires devenant supérieur à 20 000 F. Cependant, entre 1830 et 1851, l’impression du Glaneur, Journal d’Eure-et-Loir, feuille radicale et anticléricale, lui vaut de perdre les impressions de la Préfecture. Après les belles années 1848-1850 pendant lesquelles l’imprimerie a retrouvé les commandes des administrations (le chiffre d'affaires finit par culminer à plus de 26 000 F), Félix Durand paie son engagement républicain par l'interdiction du Glaneur et des années de vaches maigres entre 1852 et 1861 : son chiffre d'affaires qui avait dépassé les 26 000 F dans la période précédente, tombe en dessous de 10 000 F  jusqu’en 1857. Pour tirer plus rapidement Le Glaneur qui avait augmenté de format et changé de périodicité, Félix Durand avait acquis en 1848 une presse Stanhope. Dix ans plus tard, malgré une situation difficile, il équipe son atelier d’une presse mécanique « Universelle » Marinoni, avec laquelle il imprime une feuille d'annonces, Le Messager de la Beauce et du Perche (mai 1858- juillet 1859), puis, à partir du 3 avril 1862, L’Union agricole, journal d’opposition modérée hebdomadaire (devenu bihebdomadaire en avril 1867), et, à dater du 27 février 1863,  La Vie des champs , un bimensuel agricole édité à Paris, régulièrement imprimé jusqu’en décembre 1875. Parallèlement  à ces impressions de journaux, l’imprimerie retrouve les faveurs de l’évêché en octobre 1863, ce qui lui assure une source régulière de commandes non négligeables jusqu'en 1914, et une remontée de son chiffre d'affaires (près de 26 000 F en 1863). Les effectifs de l’imprimerie suivent ces variations de l'activité : entre 3 et 5 ouvriers (1825-1827), 7 et 10 (1828-1830), plus ou moins 8 (1835-1839), 6 à 7 (1840-1847), 9 à 10 (1848-1849), 2 ou 3 seulement (1852-1857), plus ou moins 5 (1858-1861), enfin 8 à 10 (1862-1864).
L'activité lithographique se limite à des travaux de ville : cartes de visite, lettres de voiture, étiquettes, lettres à en-tête, circulaires, bordereaux et reçus commerciaux, imprimés juridiques et administratifs (avis de faillite, lettres de débet et de recouvrement, affiches judiciaires...) pour lesquels, dès 1829, particuliers, commerçants, administrations et professions juridiques ont recours à la lithographie et à l'autographie. Un rapport de juillet 1830 sur les imprimeries et librairies de Chartres indique que Félix Durand dispose "d’une presse et de quarante pierres de différentes dimensions, qui n’ont servi qu’à l’impression de têtes d’état et autres petits ouvrages pour l’utilité du commerce". Lors de l'enquête statistique d'août 1854, il est soupçonné de ne plus exploiter sa lithographie, et il est mis en demeure d'exercer dans les deux mois ; sinon son brevet sera annulé. Il obtempère et le commissaire de police indique le 2 novembre qu’il lui "a déclaré que son intention était d’exploiter son brevet de lithographe et à cet effet il nous a conduit dans son atelier où effectivement nous avons vu des presses lithographiques montées et en exploitation". Quelques rares factures ou circulaires sont alors lithographiées, alors que l’imprimerie typographique a elle aussi peu d’activité.
 

Bibliographie Sources: 

Archives Nationales F18 1912

Archives départementales d’Eure-et-Loir, 2 T 2, enquête d’août-novembre 1854 ; 2 T 4, rapport de juillet 1830.

Feyel (Gilles), L'imprimerie à Chartres, Chartres, Société archéologique d'Eure-et-Loir, 2007, 2 vol., t. I, Des origines aux premiers temps de la Restauration (1482-1821).
Feyel (Gilles), « Un journal départemental et son budget : Le Glaneur, Journal d’Eure-et-Loir (1830-1851) », Actes du 113e Congrès national des sociétés savantes, Strasbourg, 1988, Section d’histoire moderne et contemporaine, tome I, Presse, radio et histoire, éd. CTHS, Paris, 1989, p. 59-84.
Feyel (Gilles), « De l’artisanat à l’industrie : l’imprimerie Durand, à Chartres, entre 1822 et 1914 », Cahiers de la Société archéologique d'Eure-et-Loir , Chartres, Société archéologique d'Eure-et-Loir, n°3, 2017, p. 235-265.