MOTTE *Charles, Étienne, Pierre

Nom: 
MOTTE
Prénom: 
*Charles, Étienne, Pierre
Date de début d'activité: 
31/10/1817
Date de fin d'activité: 
14/12/1837
Adresses professionnelles: 

11-13, rue des Marais Saint-Germain (1818)
290, rue Saint-Honoré (1830)

29, Bedford street, Covent Garden, Londres (1829)
23, Leicester square, Londres (1830)

Ville - Département: 
Paris
Informations personnelles: 

Il est né en 1785 et mort en 1836. Il est très critique envers le régime des Bourbon et, devenu lithographe de Monseigneur le duc d'Orléans en 1824, il soutient l'instauration de la monarchie de Juillet.
Il expose aux Salons entre 1827 et 1831.

Informations professionnelles: 

Il a été l'un des lithographes les plus inventifs de la Restauration, explorant les possibilités de la lithographie pour coller aux goûts de son époque. Il a immédiatement compris que la lithographie, grâce à sa facilité et sa rapidité d'exécution, à son coût modéré aussi, allait donner au dessin satirique un grand développement. Dès 1818, il imprime les 12 planches de Caricatures, les premières lithographies de Jean-Baptiste Isabey. Il imprime donc, souvent pour les journaux qui, à la fin de l'Empire, ont retrouvé une marge de liberté, des estampes d'actualité brocardant  le régime de Louis XVIII. Ainsi,pour le Miroir des spectacles, des lettres et des arts, journal de tendance libérale qui paraît entre 1821 et 1823, il imprime quelques dessins de Delacroix comme "Le Déménagement de Dame censure"  (1822) ; toutefois, ce registre n'est pas sans danger et c'est un atelier à Londres et ses liens avec Hullmandel qui lui permettront d'imprimer des estampes qui lui vaudraient des ennuis avec la censure française. La satire des moeurs est une veine moins dangereuse, développée dans ses Pièces facétieuses (1819) par exemple, qui est aussi très prisée des journaux. Toutefois, c'est l'augmentation du nombre et de la fréquentation des spectacles qui lui fournit la source de revenus la plus sûre et la plus durable avec l'engouement du public pour les portraits d'artistes, les reproductions de décors ou de scènes dramatiques. L'actualité politique fournit aussi régulièrement des sujets intéressant un vaste public (assassinat du duc de Berry, voyages officiels du Roi...) En 1823, Motte s'attaque au domaine du livre illlustré et participe à la neuvième édition des Méditations de Lamartine que publie Gosselin, mais les illustrations de Mendoze n'ont pas la force de celles de Delacroix pour le Faust de Goethe, publié en 1828. Fort de cettte réussite, Delacroix entreprend quelques dessins pour une illustration de Hamlet mais Motte mourra avant qu'ils ne forment un ensemble suffisant, et, rassemblés en un  Recueil, ils ne paraîtront même qu'en 1864, après la mort de l'artiste. Parallèlement, il s'illustre dans l'illustration documentaire avec un genre éditorial, très en vogue sous la Restauration et la monarchie de Juillet : les recueils de planches, généralement accompagnées de notices, vendus par livraisons. Il est ainsi avec Engelmann l'un des principaux artisans de la Galerie des oiseaux (1825), magnifique et luxueuse suite de planches mises en couleurs. Dans un domaine différent, Les contemporains étrangers devait exploiter le goût du public pour les portraits de célébrités mais le recueil ne connut que 8 livraisons sur les 25 prévues, bien qu'il ait cédé à la mode pour les reproductions en fac-similé de l'écriture du personnage portraituré. Les rives de la Seine (1828)  sacrifiait au goût du paysage, l'Histoire du Palais-Royal (1834), d'après les dessins d'Horace Vernet, à celui de l'histoire immédiate, mais, si le Voyage de la Grèce est modestement illustré,ce sont  surtout les 50 planches du magnifique Voyage pittoresque dans la régence d'Alger (1835) qui font rêver avant que Delacroix n'en fasse découvrir les couleurs. Pionnier encore dans l'utilisation de la lithographie, Motte la met au service de l'érudition. En 1826, avec les Tournois du roi René, d'après le manuscrit et les dessins originaux de la Bibliothèque royale, il donne aux études médiévales en plein essor l'un des premiers fac-similés de manuscrit. En 1827, il prend avec Firmin-Didot un brevet pour permettre d'imprimer caractères typographiques et dessins lithographiques simultanément, en haussant la pierre au niveau de la surface des caractères. Ce n'est toutefois pas ainsi qu'est imprimée la Grammaire égyptienne de Champollion en 1836 : le texte imprimé typographiquement par Firmin-Didot a été reporté sur la pierre lithographique où a été ajoutée la reproduction des hiéroglyphes, réalisant ainsi "la nouvelle et féconde alliance de la typographie et de la lithographie", selon les mots de Champollion-Figeac.
Il a été récompensé d'une mention Honorable en 1819, et de médailles d'argent en 1823, 1827 et 1834.

Outre les artistes déjà cités, Deroy, Adam, Pierre-Roch Vigneron, Rulman, Henri Grévedon, Henry Monnier, Nicolas-Eustache Maurin..., ainsi que Achille Devéria, son gendre, ont travaillé avec Charles Motte.

Remarques: 
E. P., 22/06/2018