BOBOEUF Pierre, Alexis, Francisse

Nom: 
BOBOEUF
Prénom: 
Pierre, Alexis, Francisse
Date de début d'activité: 
19/07/1835
Date de fin d'activité: 
03/02/1855
Adresses professionnelles: 

10, rue des Quatre-Fils (1854)
9, rue du Faubourg Montmartre
23, rue Cadet (1840)

Ville - Département: 
Paris
Adresse personnelle: 

27, rue des Martyrs (1835)
20, rue Saint-Fiacre (1842)
45, rue Lafitte (1851)
7, rue Rochechouart (1853)
354, rue Saint-Denis (1854)

Successeurs: 
Informations personnelles: 

Il est né à Chauny dans l'Aisne le 6 septembre 1807. Son père était marchand. Il doit subvenir aux besoins de ses deux jeunes sœurs orphelines. Il doit donc prendre un emploi, en 1834,  au ministère de l'Intéreur tout en prenant un brevet pour un procédé de stéréotypage applicable [...] à l'impression de la musique. auquel il apporte plusieurs perfectionnements dans les deux années qui suivent. En 1842, les brevets qu'il prend concernent des procédés pour colorer les fleurs artificielles dont il se dit fabricant. À partir de 1853, il se dit chimiste et ses nombreux brevets portent sur la mise au point de produits chimiques divers, notamment le phénol Boboeuf dont il défend les vertus antiseptiques par de nombreuses publications. Le prix Montyon récompense en 1861 ses travaux.
En 1844, le Château-Rouge et son parc au pied de la butte Montmartre sont vendus par les héritiers de leur propriétaire à une société civile de spéculateurs, puis lotis. Boboeuf achète trois parcelles, dont celle qui contient le "Château" et y fonde un bal, "au prix d'énormes sacrifices " soit 370 000 F (non compris le prix d'acquisition) largement empruntés. C'est dans ses jardins que se tient le 9 juillet 1847 le premier banquet des réformateurs, qui réunit 1 200 personnes, mais les événements politiques vident la salle, "la troupe s'empare de l'établissement  qu'elle occupe et dévaste pendant six semaines" et Boboeuf  essuie de graves pertes ; ne pouvant rembourser ses dettes, il est poursuivi en justice par ses vendeurs. Après une longue procédure, se terminant en cassation en 1850, le bal est revendu.
Il meurt le 26 novembre 1874.

Informations professionnelles: 

Il est avant tout chimiste et la lithographie n'est qu'une étape dans un parcours plein de rebondissements.
Il se dit aussi en 1834 marchand-papetier ; son dossier contient une recommandation du peintre Grévedon pour son habileté à reproduire sur le plomb les ouvrages de lithographie.
Imprimeur, il est d'abord spécialisé en musique, publiant, en 1838 , aussi bien Beethoven (Première symphonie) et Haydn (Création du monde) que des musiques plus faciles, parfois réunies en volumes, comme dans son Journal populaire de chant (1838) qui mêle Glück et Salieri à des compositeurs plus secondaires, ou la Lyre d'Alsace, sans oublier la musique religieuse (Sainte Cécile. Collection de musique religieuse : hymnes, motets...) Cette période de production est évidemment liée  à ses recherches sur le stéréotypage mais, sans doute trop abondante en un temps très bref, elle semble tourner court. Il se met ensuite à la chromolithographie qu'il met au service de jeux pour enfants (jeux de cartes éducatifs) et d'affichettes dessinés et lithographiés par Ferdinand Seré. Il est des premiers à utiliser un nombre réduit de couleurs dont la superposition permet les autres teintes  et son travail sur les couleurs le mène à la mise en couleurs des fleurs artificielles pour lesquelles il semble abandonner la fabrication de lithographies à partir de 1842. Il se dit  alors "fabricant de fleurs artificielles"..

Son brevet d'invention de 1834 et ses additions de 1835 et 1836, sont pris au nom de Boboeuf, Pierre Antoine Narcisse ;  à sa demande de brevet de 1842, il joint une lettre rectificative : après  vérification de son acte de naissance, ses prénoms sont Pierre Alexis Francisse...

 

Bibliographie Sources: 

Archives Nationales F18 1736
Almanach du commerce, 1839.
Mémoire pour le sieur Boboeuf, propriétaire et fondateur du Château-Rouge [Paris, XVIIIe], contre les sieurs Poulet et Levisse ses vendeurs

1BA  4954   Procédé de stéréotypage applicable à la typographie, à l'impression de la musique, etc., 1834-1836 
1BA  9869   Procédé de velouter et ombrer en couleurs, etc., toutes sortes de feuillages artificiels, 1842-1843
1BB 11331 Application et exploitation commerciale de la matière colorante jaune provenant de la réaction de l'acide azotique sur presque tous les corps organiques... 1851.    http://bases-brevets19e.inpi.fr

Twyman (Michael), A History of chromolithography, The British Library, 2013, p.350-352.

Remarques: 
E. P., 07/08/2018