Numéro
Esprit des livres
Catalogues de vente de bibliothèques
conservés dans les bibliothèques parisiennes
Sous la direction d'Annie Charon
Fiche détaillée du catalogue de vente Imprimer

Catalogue des livres de feu M. Astruc, professeur Royal de médecine et médecin consultant du roi

Informations sur le possesseur de la bibliothèque

Astruc, Jean

Profession du possesseur : Médecin

Type de profession du possesseur : Médecin -

Date de naissance du possesseur : 19/03/1684

Date de mort du possesseur : 05/05/1766

Notes biographiques : Le patronyme Astruc (« né sous un bon astre ») indique très probablement une famille à l’origine juive avant de se convertir au catholicisme à une date indéterminée. C’est particulièrement intéressant de le savoir lorsqu’on verra quel est le contenu de sa bibliothèque.(A. Dauzat, Traité d’anthroponymie française. Les noms de famille de France, Payot, 1949.) Son père Pierre Astruc est pasteur à Aigremont avant de se convertir au catholicisme après l’édit de Fontainebleau. Bien que baptisé au temple, Jean Astruc ne se reconnaîtra lui-même que catholique romain. Son frère Louis est professeur de droit français à Toulouse. Quant à Jean Astruc, né en 1684 (1683 est parfois avancé), il est surtout connu comme médecin, il a aussi écrit des ouvrages d’exégèse.Il fait ses études à Montpellier, il est maître es arts en 1700, bachelier en 1702 puis suit des cours de médecine et devient docteur en 1703. Son maître, Pierre Chirac, devant suivre le duc d’Orléans, propose à Astruc d’assurer à sa place son cours de 1707 à 1710.Il obtient la chaire d’anatomie à Toulouse en 1710. En 1720 à l’occasion de la résurgence de peste à Marseille il soutient la contagion de la maladie contrairement à Chirac. A Paris en 1728, en Pologne en 1729 auprès du roi Auguste II, médecin consultant du roi de France en 1730, il entre comme professeur au collège de France en 1731.La même année il écrit son dernier ouvrage en latin De morbis vénéris, sur les maladies vénériennes qui sera vite traduit en anglais puis en français (1740). En 1743 l’académie de médecine l’accueille en son sein (il prend parti pour les médecins dans la querelle face aux chirurgiens), il publie en 1756 un ouvrage à propos de la méthode vaccinatoire (Doutes sur l’inoculation de la petite vérole). Il meurt en 1766. Il a été l’intime de Mme de Tencin, fut souvent discuté en tant que praticien. Il a écrit en particulier sur les maladies vénériennes, les maladies des femmes, et l’art d’accoucher (comme ses confrères, ex. le médecin Antoine Petit). Moins connus sont ses travaux d’exégèse. Il publie à Bruxelles sans nom d’auteur Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moïse s’est servi pour composer le livre de la Genèse. Il y prétend avoir reconnu 12 documents utilisés par Moïse ; son ouvrage sera cité pour attaquer Le Pentateuque. Là encore et comme cela a été précisé plus haut à propos de l’origine juive d’Astruc, ces informations sont précieuses pour analyser la présence dans sa bibliothèque de livres en rapport avec le judaïsme. Bibliographie : A.B.F. ; Cioranescu, t. II, p. 252-253 ; D.B.F., t. III, 1391-1394 ; D.L.F., 18 e siècle, tome I, p. 116 ; Hazon, p. 256-261 ; .Michaud, t. II, p. 343-345 ; Quérard, t. I, p. 105-107 ; Ritter, « Jean Astruc » dans Bulletin de la société de l’histoire du protestantisme français, 1916, p. 274-287.

Informations sur la vente

Conditions de vente : Aux enchères - Au détail -

Date de la vente telle que le texte la donne : 21/11/1766

Lieu de la vente : Paris

Description du catalogue

Titre du catalogue : Catalogue des livres de feu M. Astruc, professeur Royal de médecine et médecin consultant du roi

Genre du catalogue : Catalogue de vente -

Lieu d'édition : Paris -

Editeur : Le Clerc, Laurent-François - Cavelier -

Année d'édition : 1766

Format : 8

Collation : VIII-271-1 bl

Nombre de pages : 278

Pièces liminaires : Table des divisions -

Classement : Méthodique "des librairies de Paris" (5 classes) -

Informations complémentaires sur le catalogue

Références bibliographiques : Péligry.

Remarques : Bien que dans la table des divisions on ait les cinq divisions des libraires de Paris plus celle de la médecine, dans le catalogue lui-même la médecine est intégrée à la division « Science et arts ».Dans la table des divisions, et à l’intérieur de chacune d’elles, on trouve un classement par sujets précis renvoyant aux pages du catalogue et non aux articles (en général un sujet précis par page).Concernant la date d’impression du catalogue, on sait qu’elle est postérieure à la date d’autorisation d’imprimer qui est le 21/11/1766, signée par Pissot (voir à la fin du catalogue).Le lieu de vente est peut-être la rue Saint Jean de Beauvais qui est « habituellement » celui de Cavelier et de Le Clerc selon un autre catalogue de vente de livres édité en 1767 par les deux sus-cités.La bibliothèque d’Astruc est constituée de 6 % d’ouvrages de théologie, 7 % d’ouvrage de jurisprudence, 62% de science et art, 10% de belles-lettres, 15% d’histoire. La médecine (classée en sciences et arts) représente à elle seule 40 % des ouvrages d’Astruc.On a dit que le nom d’Astruc indiquait une ancienne famille juive convertie. Sur 7 bibles, 3 sont des « Biblia Sacra Hébraïca », sans date ; il y a 2 traductions de psaumes à partir de l’hébreu. Ses ouvrages montrent une ouverture d’esprit qu’on comprend donc mieux (traités sur la tolérance des religions, traités de contestation en nombre assez important, traités sur les protestants.) quand on connaît les multiples conversions de sa famille…En jurisprudence, de la même façon on explique la présence de 2 livres de droit hébraïque (droit et succession hébraïque). Il est intéressant de constater la présence de « L’esprit des lois » de Montesquieu édité à Genève.En science, on est étonné de trouver des ouvrages sur toutes les découvertes scientifiques assez récentes et surtout diverses (Newton, le microscope) à côté d’ouvrages d’astrologie, de prédiction.Astruc possède des journaux et des thèses de médecine, précieux pour connaître la production périodique de l’époque. L’analyse de ses propres ouvrages dont certains sont en anglais nous incite à penser qu’il parlait anglais (cf 1209, 1210). Les dictionnaires d’anglais, italien et les nombreux ouvrages en ces deux langues soit confirment qu’il parlait bien anglais mais aussi italien, soit indique qu’il lisait des ouvrages dans ces deux langues en s’aidant (en tout cas au début)des dictionnaires précités. Il est sûr qu’il écrivait en latin. Son origine juive explique la présence de dictionnaires hébraïque, arabe et chaldéen comme celle d’ouvrages sur l’histoire des juifs (11 articles).Les traités sur les médailles (10 articles) nous rappelle l’importance de cette science naissante grâce à l’action de savants comme Pellerin et représentée à la bibliothèque royale dont, d’ailleurs, Astruc possède le catalogue (tout comme celui de la Bodléenne et de la bibliothèque de Belgique). C’est là un indice de sa profession de chercheur en médecine : il possède certains outils de travail.

Notes sur l'exemplaire du catalogue conservé à la bibliothèque BSG sous la cote 8° Qb 401 INV 1092

Note sur cet exemplaire : La reliure de veau marbré, p. de g. papier marbré, est postérieure à 1767 (elle abrite un autre catalogue datant de 1767). Elle porte au dos un décor doré représentant les armes de la bibliothèque Sainte Geneviève et le titre de l’ouvrage en lettres dorées : « Catalogue de Geoffroy ». Ce catalogue de vente qui fait effectivement partie du volume fut imprimé en 1731.

Type de notes : Rel. contemporaine de l'édition -