PHILIPON, veuve AUBERT Marie, Françoise

Nom: 
PHILIPON, veuve AUBERT
Prénom: 
Marie, Françoise
Date de début d'activité: 
20/09/1847
Date de fin d'activité: 
12/12/1853
Adresses professionnelles: 

5, rue de l'Abbaye (1850)
23, rue Croix des Petits Champs (1847)

Ville - Département: 
Paris
Adresse personnelle: 

29, Place de la Bourse (1847)

Prédécesseurs: 
Informations personnelles: 

Elle est née le 27 août 1794 à Lyon du premier mariage de son père, marchand de papier peint. Son père s'étant remarié, elle a pour demi-frère Charles Philipon. Elle épouse le 3 juin 1818 à Lyon, Gabriel Aubert avec qui elle aura deux filles. Après les déboires financiers de son mari, le couple décide de venir à Paris, répondant à la proposition de Philipon de fonder une maison d'édition d'estampes. Préalablement, les époux ont signé une séparation "quant-aux-biens" par laquelle Marie dont les biens sont estimés à un peu plus de  11 000 F, en reconnaît 3 000 à son époux et lui donne un pouvoir de signature ; elle continuera néanmoins à signer beaucoup de papiers. Le 14 décembre 1829, c'est elle qui signe l'acte d'association avec son demi-frère Charles Philipon pour la création de la maison Aubert. Le rapport de 1847 constate : "Elle est connue pour avoir constamment pris une part active dans le susdit établissement, concurrement avec mon mari, dit-elle". Elle possède en 1847 "un capital important"
.

Informations professionnelles: 

La mort de Gabriel Aubert ne marque pas une rupture dans la production de sa Maison. Elle reste une imprimerie éditrice d'estampes qu'elle commercialise elle-même et c'est à son administration que l'on doit la moisson d'estampes politiques suscitée par les événements des années 1848-1851. La veine satirique est toujours son domaine de prédilection, que dirige Charles Philipon. Le Charivari (qui a changé de commanditaire) et le Journal pour rire, journal d'images, journal comique, critique, satirique, lithographique, lancé le 5 février 1848, rassemblent, aux côtés de Daumier et Cham, de nouveaux dessinateurs satiriques parmi lesquels le tout jeune Gustave Doré. La révolution de 1848 suscite des séries de vues des événements (Paris en 1848, Souvenirs des journées de juin 1848), mais aussi beaucoup de caricatures politiques. Toutefois, si ces lithographies applaudissent (on ne s'en étonnera pas) à la chute de Louis-Philippe, elles n'épargnent ni Lamartine, ni Ledru-Rollin, ni Proudhon, ridiculisé par Cham avec les autres socialistes utopistes, et font surtout une satire générale des moeurs politiques. Elle se poursuit jusqu'en 1851 avec les séries de Croquades politiques, Représentants représentés, Actualités dues aux crayons de Daumier, Vernier, Cham...  Le recyclage, sous d'autres habillages, des estampes parues dans journaux et livres est une ressource supplémentaire ; ainsi la Bibliothèque pour rire reprend, avec une nouvelle présentation, les physiologies publiées dix ans plus tôt. Marie Aubert imprime aussi diverses lithographies pour des publications illustrées de confrères ( comme les abécédaires de Bédelet) et édite pour son propre compte des journaux illustrés tels le Journal des couturières et des modistes (1848-1850) et, toujours, plus chic, Les Modes parisiennes, et leurs albums de modèles. Le coup d'État et le renforcement de la censure préludent à la fin d'une entreprise qui semble s'essouffler.

 

Bibliographie Sources: 

Archives nationales F18 1728

BnF Dépt des Est, SNF Aubert Veuve

Remarques: 
Mise à jour 05/05/2018. E. P.