Édits de pacification » VII. Paix de Monsieur. Édit de Paris dit de Beaulieu » VII, 58

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Articles : VII, 58 ; VIII, Préambule.

VII, 58

Et d’aultant que l’aigreur et continuation des troubles qui ont dès si longtemps eu courts en cestuy nostre royaume a tellement alteré l’ordre de toutes choses que sans le restablissement d’icelluy il seroit impossible contenir noz subjectz en la bonne union et intelligence qui doibt estre entre eux pour les faire vivre en tranquillité et repos, qui auroit esté tousjours nostre principal soing et estude, considerant que pour y prendre une bonne resolution nous ne sçaurions mieulx faire que d’ouÿr sur ce les remonstrances de nosd. subjectz de toutes les provinces de nostred. royaume, nous aurions à cest effect dès nostre advenement à ceste couronne deliberé faire une convocation et assemblée generale des estatz, ce que n’aurions peu effectuer encores à nostre grand regrect au moyen desd. troubles. Ausquelz ayant pleu à Dieu donner fin, continuans nostre bonne et saincte intention au bien de nosd. subjectz, nous disons et declarons, voulons et nous plaist que lesd. estats generaulx seront par nous mandez et convocquez en nostre ville de Blois pour y estre tenuz, selon les bonnes, antiennes et louables coustumes de ce royaume, dans six mois prochains à compter du jour de lad. publication de nostre present eedict en nostre court de parlement de Paris13. Et à ces fins seront par nous expediées les commissions pour ce necessaires pour, les remonstrances, plainctes et doleances qui nous seront faictes et presentées de leur part oÿes, estre par nous ordonné ce que verrons estre requis et convenable pour le bien de nostred. royaume.


13 Les états généraux de Blois siégèrent du 6 décembre 1576 au 5 mars 1577.

VIII, Préambule

Henry, par la grace de Dieu roy de France et de Pologne, à tous presens et à venira avenir B a, salut. Dieu, qui est scrutateur des cueurs des hommes et void le fond de toutes leurs pensées, nous sera tousjours vray juge que nostre intention n'a jamais esté autre que de regner selon ses sainctz commandemens et gouverner noz subjectz en toute droicture et justice, nous rendant à tous pere commun qui n'a autre fin que leur salut et repos. Pour à quoy parvenir nous nous sommes incessamment efforcez de faire tout ce que avons estimé plus convenable selon les occasions et le temps, mesmement avec ceste intention d'establir ung asseuré repoz en cestuy notre royaume et pourveoir aux desordres et abbus qui y sont entrez par la licence de si longs troubles et le remectre en sa premiere dignité et splendeur. A ceste fin nous aurions convocqué en nostre ville de Blois noz estatz generaulx2, où furent traictées plusieurs choses, speciallement sur le faict de la religion, ayant esté proposé par aucuns que l’un des meilleurs remedes estoit d’interdire tout exercice d’autre religion que de la catholicque. Toutesfois Dieu n'a permis qu'en ayons recueilly le fruict que desirions, ains comme il luy plaist quelquefois visiter les royaumes et pottentatz avec sa verge de rigueur pour les offenses et pechez des hommes3, les troubles se seroient rallumez en nostre royaume plus que jamais, à nostre tres grand regrect et desplaisir. Et ce que sur toutb sur tout plus E nous estoit grief, c'estoit que l'innocent, c'est assavoir nostre paouvre peuple, portoit le plus de mal, d'oppression et d'injures. Lesquelles choses ayant jour et nuict considerées, et nous ayant l'experience en nostre majorité de vingt cinq ans faict congnoistre que de la continuation des armes et de la guerre ne peult provenir le bien que nous avons tant desiré et procuré, et croyant fermement qu'il plaira à Dieu par sa benignité convertir en fin sa rigueur en misericorde, et que ses visitations soient salutaires admonestemens pour le recongnoistre et retourner au droict chemin de nostre devoir, aprés avoir imploré son ayde et supplié de nous inspirer à trouver les remeddes plus propres et convenables pour le bien de nostre Estat, et pris sur ce l'advis de la royne nostre tres honnorée dame et mere, de nostre tres cher et tres amé frere le duc d'Anjou, des princes de nostre sang et autres, des officiers de nostre couronne et autres seigneurs et noapps personnaiges de nostre Conseil privé, avons, en attendant qu'il ait pleu à Dieu nous faire la grace, par le moien d'un bon, libre et legitime concile general, de reunir tous noz subjectz à nostre Eglise catholicque, par cestuy nostre present eedict perpetuel et irrevocable dict, declaré, statué et ordonné, disons, declarons, statuons et ordonnons ce qui s'ensuict :


a avenir B. b sur tout plus E.

3 Cf. Psaume 88 (89), v. 33 : « Visitabo in virga iniquitates eorum et in verberibus peccata eorum  ».