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1910
1909
1911
28 janvier 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Capitan, Gonse, Grandjean, Léon, Magne, Marcou, Michel, Pascal, Perrault-Dabot, Selmersheim.
Domaine de Saint-Cloud (Seine)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Moyaux relatif à la répartition du crédit de 40 000 Francs accordé en 1910 pour les travaux de réparations à effectuer dans le domaine de Saint-Cloud.

Approbation de travaux sur le rapport de M. Selmersheim

La Commission, adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 12 876 Francs 84 relatif à la continuation de la restauration de l'église Saint-Nizier à Troyes (Aube).

La Commission demande que la totalité de la dépense afférente à cette entreprise soit imputée sur les crédits des Monuments historiques.

2° devis de 47 866F 64 concernant la réparation de la Tour Talbot, au château de Falaise (Calvados) 80/15/020/227

3° devis de 15 000 Francs dressé en vue de la réfection des toitures de l'église de La Celle-Bruère (Cher)

4° devis de 57 476 Francs 28 relatif à la restauration des couvertures de l'église du Monastier (Haute-Loire)

5° devis de 10 325 Francs 20 concernant la restauration de la chapelle de Tillard à Silly (Oise)

6° devis de 28 668 Francs 89 ayant pour objet l'achèvement de la remise en état de l'église d'Aubervilliers (Seine)

7° devis de 354 Francs 75 relatif à la réparation d'un bandeau au donjon du château de Vincennes (Seine).

8° devis de 19 812 Francs 34 ayant pour objet la restauration de la façade ouest de la chapelle du château de Vincennes (Seine)

9° devis de 65 395 Francs 89 concernant la restauration du clocher à l'ouest de la cathédrale d'Albi (Tarn)

Mont-Saint-Michel (Manche)

La Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim et conformément aux conclusions de ses rapports, approuve l'exécution en 1910 des devis suivants au Mont-Saint-Michel : 80/15/020/228

a) devis de 13 908 Francs 01 relatif à l'achèvement de la restauration de la nef de l'église abbatiale :

b) devis de 19 165 Francs 23 concernant l'exécution de divers travaux réconfortatifs

c) devis de 14 751 Francs 90 relatif à l'achèvement de l'aménagement du chemin de ronde de la Merveille

d) devis de 31 635 Francs 07 dressé en vue de la restauration de la chapelle Saint-Étienne et de la galerie des cachots

e) devis de 11 591 Francs 51 ayant pour objet la remise en état du logement du jardin de l'abbaye

f) devis de 37 880 Francs 72 relatif à la consolidation du bâtiment du XIe siècle au nord de la nef de l'église. En ce qui concerne toutefois ce devis, la Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, demande expressément que soient respectées dans la mesure du possible les végétations qui croissent à la base des murs et dont l'aspect pittoresque donne à ce bâtiment un charme tout particulier

g) devis de 5 143 Francs 87 établi en vue de l'exécution de travaux généraux d'entretien.

Approbation de travaux sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission émet un avis favorable à l'exécution des devis suivants : 80/15/020/229

1° devis de 18 277 Francs 19 relatif à la réfection de la couverture de la collégiale de Saint-Quentin (Aisne)

2° devis de 14 963 Francs 40 ayant pour objet la restauration de l'abside de l'église d'Essommes (Aisne)

3° devis de 12 804 Francs 70 dressé en vue de la restauration de l'église Saint-Vincent à Carcassonne (Aude)

4° devis de 21 946 Francs 84 relatif à l'achèvement de la restauration de l'ancienne Major à Marseille (Bouches-du-Rhône)

5° devis de 41 678 Francs 18 ayant pour objet la restauration de la cathédrale de Toulouse (Haute-Garonne)

6° devis de 3 388 Francs 13 dressé en vue de la remise en état du Palais ducal à Nancy (Meurthe-et-Moselle)

7° devis de 19 455 Francs 14 relatif à la continuation de la restauration de la Tour de l'ancienne abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer (Pas-de-Calais)

8° devis de 17 701 Francs 13 concernant la restauration du pignon de la façade principale de l'église de Lillers (Pas-de-Calais)

9° devis de 9 024 Francs 25 dressé en vue de la restauration de l'ancien prieuré de Saint-Dier-d'Auvergne (Puy-de-Dôme) 80/15/020/230

10° devis de 12 731 Francs 75 (deux premiers chapitres d'un devis général de 24 970, 65 Francs) ayant pour objet l'exécution de divers travaux de restauration à l'église Saint-Jean à Ambert (Puy-de-Dôme)

11° devis de 36 013 Francs 65 concernant la remise en état de l'église de Manglieu (Puy-de-Dôme)

12° devis de 10 156 Francs 97 relatif à la conservation de la cathédrale de Perpignan (Pyrénées-Orientales)

13° devis de 47 250 Francs 30 ayant pour objet la restauration générale de l'église d'Elne (Pyrénées-Orientales)

Approbation de travaux sur le rapport de M. Magne

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'exécution des devis suivants :

1° devis de 18 470 Francs 01 ayant pour objet l'achèvement de la restauration de la Tour de la Lanterne à La Rochelle (Charente-Inférieure)

2° devis de 8 651 Francs 10 relatif à la réparation de l'église de Fléac (Charente-Inférieure)

3° devis de 8 373 Francs 69 (premier chapitre d'un devis total de 13 136, 14 Francs) dressé en vue de la réfection de la charpente et de la couverture de l'église de Meursac (Charente-Inférieure) 80/15/020/231

4° devis de 7 580 Francs 16 concernant la restauration de l'église de Bourbriac (Côtes-du-Nord)

5° devis de 7 441 Francs 77 ayant pour objet la réfection des couvertures de l'église de Redon (Ille-et-Vilaine)

6° devis de 10 728 Francs, 90 relatif à la réparation de la couverture de l'église de Châteauneuf-sur-Loire (Loiret)

7° devis de 8 238 Francs 30 dressé en vue d'un complément de restauration à effectuer à l'église des Jacobins à Agen (Lot-et-Garonne)

8° devis de 7 543 Francs 82 établi en vue du dégagement de la façade d'entrée de l'église abbatiale de Fontevraud (Maine-et-Loire)

9° devis de 15 053 Francs 37 (premier chapitre d'un devis de 24 343, 45 Francs) relatif à l'exécution d'un travail complémentaire de restauration à l'église de Saint-Jouin-de-Marnes (Deux-Sèvres)

10° devis de 17 376 Francs 19 (deux premiers chapitres d'un devis général de 24 176, 15 Francs) ayant pour objet la réfection des toitures de l'église Notre-Dame-de-Bon-Secours à Guingamp (Côtes-du-Nord) 80/15/020/232

Église de Collonges (Corrèze)

Après examen d'un devis de 14 303 Francs 88 dressé par M. Chaine en vue de la remise en état des toitures de l'église de Collonges, la Commission, sur la proposition de M. Magne, estime qu'il y a lieu d'écarter les propositions de l'architecte et de lui réclamer un nouveau devis, en spécifiant bien que ce projet devra être un devis de réparation et non de réfection totale de la couverture de l'édifice.

Château de Nantes (Loire-inférieure)

Conformément aux conclusions du rapport de M. Magne, la Commission émet l'avis qu'il y a lieu d'inviter l'architecte du château de Nantes à remanier dans le sens d'une diminution de la dépense, le devis de 17 726, 17 Francs qu'il a établi en vue de la continuation de la restauration du château de Nantes.

Église de Dugny (Meuse)

M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald informe la Commission que le Conseil municipal de Dugny a demandé le déclassement de la vieille église de la commune, classée au nombre des Monuments historiques.

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, émet l'avis que cet édifice, qui présente un intérêt incontestable, soit maintenu sur la liste des monuments classés. Elle estime toutefois qu'il y aurait lieu de mettre à la charge du budget des Beaux-arts la dépense que pourrait nécessiter, le cas échéant, la réparation des couvertures et l'exécution des autres travaux essentiels à la conservation de l'édifice. 80/15/020/233

La Rochelle (Charente-Inférieure)

1° Front Maritime.

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Grandjean, la Commission propose le déclassement de la partie des remparts du Front Maritime qui se trouve située à l'ouest de la tour de la Lanterne.

3° Chantier de construction.

M. l'Inspecteur général Grandjean appelle l'attention de la Commission sur l'intérêt qu'il y aurait à empêcher la construction d'immeubles sur le derrière de la tour de la Lanterne.

Après avoir entendu les explications détaillées que donne sur cette affaire M. Grandjean, la Commission le charge de régler au mieux la question avec les administrations intéressées.

Église de Fontaine-en-Sologne (Loir-et-Cher)

La Commission émet un avis favorable au classement de l'église de Fontaine-en-Sologne.

Échauguette de la rue Vannerie à Dijon (Côte-d'Or)

M. l'Inspecteur général Selmersheim rappelle que la Commission, dans sa dernière séance, avant de fixer un chiffre pour la subvention à accorder à la Ville de Dijon en vue de l'acquisition de l'immeuble portant l'échauguette de la rue Vannerie, a exprimé le désir que des renseignements fussent demandés sur la valeur vénale dudit immeuble. Ces renseignements sont parvenus à l'administration. Ils font connaître que cette maison, bien construite et récemment remise en état, donne un revenu brut de 2 100 Francs réduit net à 1 800 Francs, déduction faîte des impôts et des frais accessoires. 80/15/020/234

Dans ces conditions, la Commission estime qu'il y a lieu pour l'État de ne prendre à sa charge que la dépense que nécessite l'achat de l'échauguette, c'est-à-dire 20 000 Francs, et de laisser à la Ville de Dijon le soin d'acquérir, avec ses propres ressources, l'immeuble proprement dit qui est évalué à 33 000 Francs.

Toutefois, si la municipalité était dans l'impossibilité absolue de s'imposer la totalité de ce sacrifice, la Commission estime que l'État pourra augmenter sa subvention jusqu'à concurrence de la moitié de la dépense totale prévue pour l'acquisition projetée.

Église de Courtenay (Loiret)

M. l'Inspecteur général Magne, après avoir rappelé que la Commission émit, dans sa séance du 11 décembre 1908, un avis favorable au classement de l'église de Courtenay, fait connaître que le Conseil municipal de Courtenay, par une délibération du 28 novembre 1909, a refusé de consentir au classement de cet édifice, sous prétexte que les dépenses des travaux de restauration ou d'entretien à exécuter au monument n'incomberaient pas nécessairement dans leur totalité à l'État, mais qu'en vertu de la législation en vigueur, la municipalité pourrait être appelée à y contribuer. M. Magne ajoute qu'un certain nombre d'habitants de Courtenay, protestant contre cette délibération firent circuler dans la Commune une pétition demandant le classement de l'église et ouvrirent une souscription avec l'intention 80/15/020/235 de mettre, au cas où le classement serait prononcé, les fonds recueillis à la disposition de l'État pour l'aider à assurer la conservation de l'édifice ; à la date du 25 janvier, ces listes avaient été recouvertes de 924 signatures, et une somme de 4 781, 65 Francs avait été réunis.

Aussi, sur la proposition de M. Magne, la Commission, considérant d'une part, que l'église de Courtenay présente un intérêt certain tant au point de vue artistique qu'au point de vue historique, considérant d'autre part, qu'on ne saurait admettre qu'une Municipalité, propriétaire d'un édifice de valeur se désintéresse de sa conservation au point de refuser son classement par crainte d'avoir à participer dans la suite à son entretien ou à sa restauration, considérant enfin que l'avis de la Municipalité n'est pas partagé par une fraction importante de la population de la commune, émet le voeu que le classement de l'église de Courtenay soit prononcé par un décret rendu en la forme des règlements d'administration publique, conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 30 mars 1887.

Église de Saint-Phal (Aube)

M. l'Inspecteur général Selmersheim rappelle que la Commission, dans sa séance du 22 mai dernier, renonçant à poursuivre le classement intégral de l'église de Saint-Phal en raison des difficultés multiples que cette mesure soulevait, insista toutefois vivement pour le classement parmi les Monu- 80/15/020/236 ments historiques des deux portails décorant les bras nord et sud du transept.

M. Selmersheim fait connaître que le Conseil municipal de Saint-Phal, appelé à donner son adhésion à ce classement limité, réserva, par délibération du 22 août 1909, sa réponse jusqu'à ce que l'administration des Beaux-arts lui ait fait connaître "à qui incombera la totalité des dépenses faites pour la conservation des portes et à l'occasion de leur conservation".

M. le sous-secrétaire d'État pria le préfet de l'Aube d'informer la Municipalité que le classement des deux portes "ne saurait imposer aucune charge spéciale à la commune, qui restera libre de refuser son concours à l'exécution des travaux de restauration". Néanmoins, par une délibération du 5 décembre 1909, dont M. Selmersheim donne lecture, le Conseil municipal, par 4 voix contre 4, celle du maire étant prépondérante, émet un avis défavorable au classement.

La Commission, considérant que les deux portails de l'église de Saint-Phal sont des oeuvres d'art de premier ordre et décorées de sculptures du plus haut intérêt artistique, considérant d'autre part que le refus de la Commune ne repose sur aucune préoccupation financière et qu'il est inadmissible qu'un Conseil municipal mette, sans motifs appréciables, obstacle à la conservation des richesses qui font partie du patrimoine artistique de la France, émet à l'unanimité le voeu que la question soit portée devant 80/15/020/237 le Conseil d'État afin que le classement des deux portails soit prononcé par un décret rendu en la forme des règlements d'administration publique, conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 30 mars 1887.

Maison de la Barre à Poitiers (Vienne)

Informée qu'une intéressante maison du XVe siècle, située à Poitiers rue de l'Arceau, et appelée "Maison de la Barre ou ancienne Mairie", se trouvait menacée de disparition par suite de sa mise en vente, la Commission, afin d'en assurer la conservation, prie l'administration de faire toutes démarches utiles pour obtenir, si possible, son inscription sur la liste des Monuments historiques. 80/15/020/238

24 février 1910 [Jeudi]
Délégation à Chartres (Eure-et-Loir)
La Commission des Monuments historiques dans sa séance du 26 mars 1909 ayant, conformément aux conclusions d'un rapport de M. l'Inspecteur général de Baudot, accepté le principe de l'envoi à Chartres d'une délégation de la Commission en vue d'examiner les travaux à exécuter à la cathédrale, il fut décidé que cette délégation serait composée, sous la présidence de M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'État des Beaux-arts, de MM. Paul Léon, de Baudot, Lisch, Selmersheim, [Paul] Boeswillwald, Magne, Grandjean, Marcou, André Michel, Gonse, Haraucourt, Berr de Turique, Enlart et Parfu, secrétaire, et qu'en outre seraient priés de vouloir bien se joindre à la dite délégation, MM. Fessard, sénateur-maire de la ville de Chartres ; Labiche, sénateur, Lhopiteau, député ; le préfet d'Eure-et-Loir et Roger Durand, ancien président de la Société archéologique d'Eure-et-Loir.
La date de réunion ayant été fixée au jeudi 24 février 1910, se trouvaient le dit jour à onze heures, présentes sur les lieux, les personnes ci-dessus désignées, à l'exception de M. Labiche, Sénateur et de MM. de Baudot et Lisch ces deux derniers s'étant fait excuser.

La délégation avait à examiner quatre questions principales :

1° la mise en état de conservation du transept et du porche nord de la cathédrale,

2° le dégagement du choeur de la cathédrale,

3° la réfection des verrières

4° la transformation de l'ancien évêché en musée municipal. 80/15/020/239

1ère question : Restauration du transept et du porche nord

La délégation constate le mauvais état dans lequel se trouvent le portail et le transept nord.

M. Michel considère que l'on se trouve en présence d'un véritable désastre.

MM. [Paul] Boeswillwald et Gonse sont d'avis que l'on ne peut restaurer qu'en opérant la dépose.

M. Magne eût désiré qu'il pût en être autrement, mais il est amené cependant à convenir qu'il lui paraît impossible de faire d'une autre manière.

M. Selmersheim fait observer que ce même genre de travail a été déjà effectué avec succès pour la restauration du transept méridional.

M. Michel expose que le travail fait à celui-ci l'a rendu d'un aspect plus froid et qu'il craint que cette même impression se reproduise pour le transept nord après sa restauration.

M. Selmersheim explique que l'impression qu'éprouve M. André Michel au sujet du transept méridional n'est pas fondée et ne s'explique que par la vue des parties restaurées qui n'ont pas encore reçues la patine du temps. Cette impression, si elle peut subsister aussi chez d'autres personnes, disparaîtra à la longue, puis il expose qu'il ne lui paraît que deux solutions possibles ; il faut, ou déposer les quadruples voussures qui ne tiennent plus ou laisser les échafaudages et mettre un auvent pour protéger le porche comme un bibelot d'étagère, en laissant à la génération future le soin de rechercher la solution convenable.

Sur l'interrogation d'un membre de la délégation qui demande s'il ne serait pas possible d'étayer les linteaux avec des fers, M. Selmersheim fait observer que si l'on opérait ainsi, on serait dans la nécessité de sacrifier des parties intéressantes, d'aller chercher fort loin les scellements des linteaux et que cette opération risquerait fort 80/15/020/240 de provoquer un éboulement. Les membres de la délégation paraissent se rallier à la manière de voir de M. Selmersheim qui explique que, si la dépose du porche nord est opérée, les pièces seront sérieusement étiquetées et numérotées et placées sous la surveillance d'un très bon chef de chantier ayant fait ses preuves, et il se demande pourquoi on hésiterait à effectuer un travail qui a réussi parfaitement pour la restauration du porche méridional, et alors que les difficultés étaient encore plus grandes en raison des statues enfermées dans leurs niches.

M. Gonse ayant exprimé des craintes au sujet de la sécurité des vitraux au cas où les travaux seraient exécutés au porche nord, M. Selmersheim le rassure. Ces vitraux, dit-il, ne seraient pas déposés pendant la restauration, et tout le nécessaire serait fait au point de vue de leur conservation.

2° question : Dégagement du choeur de la cathédrale

La délégation porte son attention sur les travaux en cours pour le dégagement du choeur de la cathédrale.

M. Roger Durand demande que le terrain soit nivelé uniformément de chaque côté de l'abside, et que les arceaux de l'ancien cloître disparaissent ainsi que le mur entourant le fossé, ce en quoi M. Selmersheim est d'un avis absolument contraire ; il ne manque pas de faire remarquer à M. Roger Durand que, bien qu'architecte, il est également archéologue et qu'il considère que son devoir est de conserver, autant que possible, les choses comme il les trouve. En ce qui concerne le nivellement du terrain, il ne reconnaît nullement la nécessité de l'uniformité des deux côtés ; il y a lieu, au contraire, de conserver la hauteur du sol primitif. En outre, si on comblait le fossé d'assainissement, 80/15/020/241 l'écoulement des eaux ne pourrait plus se produire. Une discussion s'engage au sujet du maintien ou de la suppression du mur contournant le dit fossé.

M. le sous-secrétaire d'État fait remarquer que ce mur a tout au moins un mérite, celui d'empêcher les curieux de tomber dans un trou.

M. Roger Durand insiste pour sa disparition ; finalement il est décidé, sur la proposition de M. Lhopiteau, que le dit mur sera dérasé sur une hauteur de 90 centimètres environ, et qu'il sera surmonté d'une grille.

On passe à l'examen des arcades.

M. le sous-secrétaire d'État est d'avis que du fait de la disparition des bâtiments de l'ancienne maîtrise, ces arcades font un très bel effet et augmente le charme du décor qu'il trouve incomparable, et que M. le sénateur-maire Fessard, qui partage cette impression, compare "au décor du cimetière de Robert le Diable".

La discussion s'engage sur la question de savoir si l'on doit compléter les anciennes arcades de deux nouvelles destinées à remplacer celles disparues et dont une partie des matériaux subsiste encore, et en y ajoutant une troisième.

MM. Gonse et Michel sont de cet avis.

M. [Paul] Boeswillwald désirerait voir subsister les arcades actuelles avec reconstruction des deux anciennes, mais sans adjonction d'une arcade neuve ; il en est ainsi décidé : on conservera donc les arcades actuelles en les complétant par la repose des deux anciennes et on ne bouchera pas le coin ; il est également entendu que l'on diminuera aussi autant que possible la hauteur du mur existant soutenant ces arcades sur le côté droit, et que celles-ci seront garnies de lierre rampant, de façon à les harmoniser avec la verdure des arbres et les tons flous de l'abside.

La délégation exprime le désir de voir maintenir, autant que possible, le jardin dans son état rustique actuel, 80/15/020/242 sa transformation en square serait d'un déplorable effet et supprimerait beaucoup du charme qu'il possède actuellement.

3° question : Réfection des verrières de la cathédrale

La question de la restauration des verrières de la cathédrale intéresse tout particulièrement, non seulement la délégation de la Commission des Monuments historiques, mais aussi les autorités locales. Les verrières sont donc, de la part de toutes les personnes présentes, l'objet d'un examen très attentif.

La délégation constate d'abord avec regret que deux verrières du XVIIIe siècle (côté droit du transept) n'existent plus ; elles ont été retirées à une certaine époque en vue de donner du jour afin paraît-il de mieux lire au lutrin.

Il est décidé que les verres blancs qui ont été substitués à ces verrières seront remplacés par des vitraux de couleur.

La délégation se transporte à la chapelle Saint-Piat et approuve l'enlèvement des vitraux formant les baies de l'escalier.

M. Roger Durand signale que des parties de petits vitraux garnissent la première fenêtre de la chapelle ont disparu et qu'il attribue cette disparition à une mauvaise surveillance du service d'entretien.

M. Roger Durand, n'étayant d'aucune preuve cette déclaration, la délégation, tout en constatant que divers morceaux manquent à certaines verrières, ne pense pas qu'il y ait lieu de faire fond des dires de M. Roger Durand, qui saisit cet incident pour demander qu'à l'avenir la restauration des vitraux s'effectue à Chartres même. (Voir à la suite la discussion qui s'est engagée au sujet de la restauration des vitraux) 80/15/020/243 La délégation, poursuivant son inspection, se rend sur le plancher élevé au-dessus du transept nord, où elle admire la rose et les cinq magnifiques vitraux situés au-dessous de celle-ci. Ce plancher servira à poser à plat les verrières pour en effectuer la restauration. La délégation approuve cette façon de procéder ; elle remarque aussi que plusieurs verrières sont tellement encrassées qu'il devient presque impossible d'en déterminer les sujets ni d'y lire la moindre inscription ; il est en conséquence entendu que ces verrières seront l'objet d'un sérieux lavage.

4° question : Transformation de l'ancien évêché en Musée municipal

A deux heures de relevée, la délégation se transporte dans les bâtiments de l'ancien évêché, où se trouvait réunie la Commission locale dite "du Musée", ayant à sa tête MM. Fessard, sénateur-maire et ses adjoints.

Il est procédé à la visite des locaux, puis M. le sous-secrétaire d'État prend la parole dans l'ancien grand salon de l'évêché.

Il a voulu, dit-il, avoir sur place l'avis de la Commission des Monuments historiques et causer aussi des intérêts de la Ville de Chartres ; il dit qu'il considère que l'art français doit faire, autour de cette incomparable merveille qu'est la cathédrale de Chartres, un ensemble d'idéal et de beauté. Le dégagement de l'abside, auquel M. Selmersheim a procédé avec grande conscience et dont il tient à le féliciter, a déjà puissamment contribué à sa beauté extérieure.

M. le sous-secrétaire d'État fait aussi remarquer que l'évêché, d'une forme charmante, se prête admirablement à ce que l'on peut appeler "le Musée de demain". Il rappelle cependant que le maire lui a fait part de certaines préoccupations manifestées par le Conseil municipal 80/15/020/244 notamment en ce qui concerne le jour que celui-ci voudrait voir venir du haut ; il ne conteste pas que souvent cet éclairage est préférable, mais il assure que cette disposition ne doit pas être absolue car, quelque-fois aussi il faut et l'éclairage du haut et l'éclairage du bas.

M. le sous-secrétaire d'État déclare que l'on pourra faire de l'évêché une reconstitution d'une demeure seigneuriale du temps passé et que, dans un cadre tel, il faut placer des toiles de dimensions restreintes en se rapprochant le plus possible de la décoration intérieure des pièces, ce qui donnera au musée un caractère tout spécial d'intimité ; il observe que toutes les grandes salles vénitiennes reçoivent leur jour de côté et que notamment l'éclairage du Palais de Venise n'est pas un jour d'en haut et pourtant on y éclaire des toiles comme "Les noces de Cana".

M. le sous-secrétaire d'État demande donc, en conséquence, à M. le maire de Chartres, de faire tous ses efforts en vue de l'installation du musée et, de son côté, il a l'intention de demander au ministre un effort pour permettre cette installation. "Je n'aurais peut-être pas", dit-il, "droit de donner en son nom plus d'une quinzaine de mille francs, mais j'espère bien, cependant, que j'aurai le plaisir de faire attribuer à la Ville de Chartres une somme de 70 000 Francs", et il fait remarquer que la dépense totale étant de 150 000 Francs couverte pour une partie par un généreux donateur, l'effort se trouve sensiblement réduit ; il est donc convaincu que les chartrains sont trop fiers de leur ville de beauté pour refuser d'accroître encore cette beauté et qu'ils tiendront à donner à la cathédrale le cadre dont il est digne.

M. Fessard, sénateur-maire, remercie M. le sous-secrétaire d'État pour ses bonnes dispositions et aussi pour ses bons conseils, mais il demande qu'il soit fait appel, au point de vue de la question de l'éclairage du futur musée, aux personnes compétentes en matière d'art.

M. le sous-secrétaire d'État, déférant à ce désir, demande à M. Haraucourt, membre de la délégation et directeur du Musée de Cluny, de vouloir bien faire connaître son avis. Celui-ci exprime cette conviction qui est plus qu'une conviction, mais une espèce d'enthousiasme, que le cadre est admirable et l'éclairage superbe. A son sens, il disposerait les choses ainsi : A gauche, il mettrait la sculpture, la droite étant réservée aux tableaux et le premier étage aux oeuvres d'art, vitrines, archéologie, tapisseries, etc. Une objection est soulevée, celle de l'installation dans le futur musée du tableau de Marceau, étant donnée la grande dimension de celui-ci. Il resterait à l'Hôtel de ville, attendu que ce tableau est probablement moins une oeuvre d'art qu'un souvenir national.

Au sujet du sacrifice financier pour l'exécution du projet, M. le sous-secrétaire d'État croit pouvoir affirmer que, grâce aux touristes attirés en grand nombre par l'intérêt artistique que présentera ce musée, l'argent employé sera grandement compensé par celui qui rentrera sous forme d'impôts indirects.

M. Lhopiteau demande à M. le sous-secrétaire d'État si l'État sera disposé au lendemain de la création du musée à contribuer à l'accroissement de ses collections.

M. le sous-secrétaire d'État ne croit pas devoir répondre par une promesse formelle, il rappelle qu'en faisant, ainsi qu'il a dit, allouer à la Ville de Chartres 70 000 Francs, il a dépassé de 55 000 Francs la somme primitivement prévue comme contribution de l'État, et que donner 70 000 Francs pour la création d'un musée, cela équivaut à la promesse de le remplir ; il se réserve, d'ailleurs, d'attribuer au nouveau musée un certain nombre de toiles et une statue. 80/15/020/246

Il se propose, en outre, de contribuer à l'installation dans une salle, d'un musée spécial d'objets d'art de Sèvres. Enfin il enverra du prochain salon un marbre ou un bronze qui pourra être avantageusement placé dans les jardins de l'évêché, la figure en sera choisie de façon qu'elle puisse s'harmoniser avec la cathédrale.

M. Fessard, maire, remercie le sous-secrétaire d'État, et dit qu'il espère pouvoir lui porter prochainement la délibération du Conseil municipal dont quelques membres restent à convaincre de l'utilité du transfert du musée chartrain dans les bâtiments de l'Evêché ; il espère aussi qu'il aura le plaisir de lui apporter les remerciements de la Ville de Chartres pour ce qu'il est disposé à faire pour celle-ci. M. Fessard dit que la Ville de Chartres, ayant fait un sacrifice en vue de sa beauté, encouragera tous ceux qui y passent à devenir ses hôtes les plus assidus.

M. le sous-secrétaire d'État approuve les paroles de M. le maire et, en terminant, il cite en exemple Carcassonne, qui n'était guère connue.

A la suite d'une représentation des Cadets de Gascogne, on fut pris à son endroit de la frénésie de la réclame, et cette ville, dont la population s'est fortement augmentée, est une des plus florissantes. En conséquence, il ne doute pas qu'à Chartres les résultats soient plus sensibles encore car cette ville possède une des plus pures merveilles de la France, la cathédrale et son cadre. 80/15/020/247

Questions connexes.
Restauration des vitraux de la cathédrale.
Choix du peintre verrier.

M. le député Lhopiteau porte à la connaissance de la délégation de la Commission des Monuments historiques que le Conseil général d'Eure-et-Loir a été fortement ému de constater que les vitraux de la cathédrale de Chartres devaient être envoyés à Paris pour être restaurés ; il prétend que certains vitraux ainsi transportés ne seraient revenus à Chartres que sous forme de copies et que les originaux auraient été livrés à des amateurs.

M. [Paul] Boeswillwald fait remarquer qu'une telle insinuation, si elle était véritablement soutenue, ne pourrait que jeter de la déconsidération sur le service d'architecture des Monuments historiques ; il ne saurait donc admettre une telle allégation qu'autant qu'elle serait appuyée de preuves irréfutables.

M. Lhopiteau est d'avis qu'il y aurait beaucoup moins à craindre au point de vue des dégradations, et beaucoup plus d'avantages matériels, à ne pas faire voyager les vitraux à réparer, étant donné qu'il existe à Chartres un peintre verrier tout aussi capable de faire des réparations que ceux résidant à Paris et ayant déjà effectué des restaurations de vitraux à l'église Saint-Pierre, restaurations considérées comme très bien faîtes.

M. Selmersheim croit devoir faire remarquer que le peintre verrier, M. Lorrain, auquel il est fait allusion, n'a effectué que la moitié de la réparation dont parle M. Lhopiteau et que si ce praticien n'avait pas eu l'émulation d'un confrère il n'aurait peut-être pas si bien réussi. 80/15/020/248

M. Selmersheim ajoute que la question de risques est aussi grande à Chartres qu'à Paris. Quand on dépose un vitrail, dit-il, il faut d'abord poser du papier ; il y a toujours un transport, un chargement, un déchargement aussi bien à Chartres qu'à Paris, et dans cette dernière ville il est, à son avis plus facile de surveiller une restauration de cette nature.

M. Roger Durand est convaincu que les réparations de vitraux qui s'effectueraient à Chartres ne sauraient être inférieures à celles qui seraient effectuées à Paris. Il insiste donc pour que les vitraux susceptibles de restauration ne quittent pas la ville de Chartres.

M. Selmersheim fait remarquer que M. Gaudens, peintre verrier, ayant consenti un rabais pour la restauration des vitraux, M. Lorrain devrait forcément être mis en concurrence avec lui.

M. le sous-secrétaire d'État émet l'avis qu'il serait peut-être possible de partager entre les deux peintres verriers sus-nommés les travaux de restauration des verrières.

M. Lhopiteau fait remarquer que, si la facilité pour M. Selmersheim de surveiller la restauration à Paris des vitraux doit être prise en considération, il ne doit pas s'en suivre l'exclusion systématique du peintre verrier local.

M. Selmersheim est d'avis que l'on ne peut diviser le travail de restauration de la rose, mais qu'il serait sans doute possible de donner satisfaction à M. Lhopiteau pour la restauration d'autres vitraux.

M. le sous-secrétaire d'État promet qu'il examinera avec tout l'intérêt qu'elle comporte, la question des travaux à confier aux peintres verriers de la Ville de Chartres. 80/15/020/249

Visite à l'église Saint-Pierre de Chartres (Eure-et-Loire)

La délégation, ayant achevé la mission qui lui incombait à la cathédrale et à l'ancien archevêché, s'est transportée à l'église Saint-Pierre, où elle a eu lieu de constater le mauvais effet que présentait l'assemblage de morceaux de verrières dans le choeur, tous dépareillés et ne constituant plus aucun sujet ; par contre, elle a examiné avec un réel intérêt les autres vitraux ainsi que les émaux de Léonard Limosin, provenant du château d'Anet, dont elle a constaté le parfait état de conservation.

La délégation, après avoir jeté un regard rapide sur divers édifices intéressants de la ville de Chartres, quitte la dite ville à 4 heures 50. 80/15/020/250
18 mars 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dreyfus, Gonse, Laloux, Lameire, Léon, Magne, Marcou, Michel, Nénot, Pascal, Perrault-Dabot, Selmersheim, Vaudremer.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Palais du Louvre et des Tuileries à Paris (Seine)

M. l'Inspecteur général Nénot donne connaissance à la Commission du programme de travaux présenté par M. l'architecte en chef Redon en vue de l'emploi du crédit de 200 000 Francs inscrit au budget de 1910 pour l'exécution de travaux de réfection aux Palais du Louvre et des Tuileries.

Les propositions de l'architecte se répartissent ainsi :

1° chaufferie centrale 100 000 Francs,

2° balustrade du square Gambetta 50 000 Francs,

3° escalier Mollien 38 400 Francs, plus frais d'agence, de direction, de vérification.

I - En ce qui concerne le chauffage central du Palais du Louvre, M. l'Inspecteur général Nénot, après examen attentif des lieux avec le nouvel architecte du monument, estime que les prévisions du projet dressé par M. l'ingénieur Barbet sont, en raison des difficultés multiples qu'entraînera inévitablement cette installation, absolument insuffisantes et qu'elles seront sensiblement dépassées lors de l'exécution des travaux. M. Nénot n'estime pas à moins de 1 500 000 Francs la dépense que nécessitera la réalisation totale de cette entreprise. M. Nénot ajoute que cette dépense, que l'administration a l'intention d'imputer intégralement sur les crédits alloués annuellement pour la réfection du Palais, ne pourra donc être, en raison de son importance, répartie sur moins de 15 exercices, ce qui présentera deux très graves inconvénients : 1° de conserver pendant encore de nombreuses années les vieux calorifères actuellement en usage au Louvre et qui constituent un danger permanent d'incendie ; 2° de réduire de moitié au moins, pendant la longue durée des travaux, le crédit annuel des travaux de réfection du Palais, alors que la conservation en bon état d'un aussi vaste ensemble nécessite chaque année d'importantes réparations, dont l'exécution ne peut jamais être différée longtemps sans danger.

Aussi, M. Nénot estime-t-il qu'au lieu d'échelonner la dépense relative à l'installation de la chaufferie centrale sur un grand nombre d'exercices, il serait préférable de demander au Parlement un crédit spécial, ce qui permettrait d'effectuer la totalité des travaux en deux années.

MM. Gonse et Pascal appuient les observations présentées par M. Nénot.

M. le chef de la division des services d'architecture met la Commission au courant de la question, il fait connaître que la dépense que nécessiterait l'établissement de la chaufferie centrale a fait l'objet de plusieurs évaluations qui accusent entre elle des différences très sensibles. Aussi, a-t-il prié M. Girault, le nouvel architecte du monument, de procéder à une nouvelle étude approfondie de la question et de faire connaître le montant exact de la dépense qu'entraînerait la réalisation de l'opération projetée.

M. Léon estime dans ces conditions que ce n'est que quand on sera en possession de ces chiffres définitifs que la proposition de M. Nénot pourrait être utilement examinée et qu'il sera possible de se rendre compte si l'installation du chauffage central peut être entreprise au moyen des crédits annuels de réfection, sans risques pour la conservation du monument.

M. Léon ajoute que l'on n'a autorisé jusqu'à présent que la construction de la chambre en maçonnerie qui pourra servir en tout état de cause et, sur la demande de la Commission, il donne l'assurance qu'aucun autre travail ne sera entrepris avant que la Commission ait été appelée à examiner la question.

Celle-ci surseoit, en conséquence, jusqu'à présentation du projet définitif qui doit être établi par M. Girault, à l'examen des propositions relatives à l'installation d'une chaufferie centrale au Palais du Louvre.

II - En ce qui concerne, d'autre part, la construction des balustrades du square Gambetta, M. Nénot estime que ce travail - déjà commencé - n'aurait dû être entrepris qu'après l'exécution de réparations plus urgentes, en particulier après la réfection des toitures du Palais, certaines d'entre elles se trouvant actuellement dans un état lamentable confinant à la ruine.

M. Michel s'élève contre le remplacement des anciennes grilles du square Gambetta par des balustrades ; il demande que cette opération - étant à peine commencée - soit immédiatement suspendue et que les grilles soient rétablie. Il prie la Commission d'émettre un voeu en ce sens. MM. Gonse, [Paul] Boeswillwald, et de Baudot appuient la proposition de M. Michel.

M. Nénot fait connaître que personnellement il n'approuve pas l'établissement de balustrades au square Gambetta ; il ajoute que les balustrades sont déjà exécutées et que l'entreprise entraînera une dépense totale d'environ 100 000 Francs.

Après un nouvel échange de vue, la Commission, à l'unanimité, se déclare opposée à la continuation de l'opération entreprise et demande instamment que l'on maintienne les grilles existantes.

III - Enfin, quant à l'escalier Mollien, la Commission approuve la dépense de 38 400 Francs prévue en 1910 pour la continuation des travaux relatifs à l'achèvement de cet escalier.

Palais de Fontainebleau (Seine-et-Marne)

La Commission, adoptant les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Laloux, émet un avis favorable à l'approbation des propositions présentées par M. l'architecte en chef du Palais de Fontainebleau en vue de la répartition du crédit de 50 000 Francs inscrit au budget de l'exercice 1910 pour la continuation de la restauration de ce monument.

Aprobation de travaux sur le rapport de M. de Baudot

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général de Baudot, la Commission approuve l'exécution des devis suivants :

1° devis de 18 488 Francs 68 relatif à la restauration du grand portail de la cathédrale d'Arras (Pas-de-Calais) 80/15/020/254

2° devis de 39 200 Francs dressé en vue de l'achèvement de la restauration de la cathédrale d'Évreux (Eure)

3° devis de 15 050 Francs 80 ayant pour objet la continuation de la restauration de l'abside de la cathédrale d'Orléans (Loiret)

4° devis de 22 715 Francs 11 concernant la transformation d'une partie de la Cour d'Albane en square public, sous réserve toutefois que la Ville de Rouen (Seine-Inférieure) participe pour moitié à la réalisation de cette opération, dont elle a demandé l'exécution.

Cathédrale de Saint-Dié (Vosges)

5° devis de 15 269 Francs 32 dressé en vue de l'achèvement de la restauration de la vieille église Notre-Dame de Galilée, dépendance de la cathédrale de Rouen [sic].

6° devis de 20 457 Francs 25 relatif à l'exécution de grosses réparations à la cathédrale de Soissons (Aisne)

Cathédrale d'Angers (Maine-et-Loire)

M. l'Inspecteur général de Baudot informe la Commission que l'architecte chargé de la conservation de la cathédrale d'Angers vient de dresser un devis de 168 361 Francs 65 ayant pour objet la restauration d'ensemble de la façade ouest de ce monument.

Tout en approuvant le principe de cette restauration, M. de Baudot estime que la dépense prévue est trop élevée et qu'elle peut être réduite à 130 000 Francs environ à répartir sur plusieurs annuités.

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. de Baudot. Elle émet d'autre part, sur sa proposition, un avis favorable à l'allocation sur les crédits de l'exercice 1910 d'une somme approximative de 40 000 Francs, qui permettra d'effectuer dès 1910 les travaux les plus particulièrement urgents.

Cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir)

M. de Baudot fait connaître à la Commission que l'architecte chargé de la conservation de la cathédrale de Chartres, M. Selmersheim, soumet à l'approbation pour 1910 un devis de 60 000 Francs relatif à la continuation de la remise en état du transept nord du monument. Ce devis représente la deuxième annuité du devis général établi en vue de la restauration du transept et du porche nord. Après son exécution, les travaux à effectuer au transept seront à peu près achevés et la Commission va devoir, dans ces conditions, se prononcer cette année sur la question de la restauration du porche nord, question dont elle avait, dans une séance précédente, ajourné l'examen jusqu'à ce qu'une sous-commission se soit rendue à Chartres pour examiner sur place l'état actuel de cette partie du monument et rechercher les mesures à prendre pour assurer sa conservation.

Cette délégation a accompli dernièrement sa mission. 80/15/020/256

M. de Baudot rappelle que la même question de la réfection du porche nord s'est déjà posée autrefois à l'administration des cultes et qu'alors, sur son rapport approuvé par le Comité des édifices diocésains, le projet dressé en vue de cette opération ne fut pas mis à exécution. M. de Baudot ajoute qu'il se trouve aujourd'hui encore opposé à la restauration projetée et pour les mêmes motifs qu'il fait connaître à la Commission. Il déclare tout d'abord qu'il ne considère la question qu'au point de vue purement artistique ; le côté technique n'est pas en cause car l'architecte actuel de la cathédrale présente à tous égards toutes les garanties possibles pour la bonne exécution des travaux, si ceux ci étaient autorisés.

Si donc M. de Baudot souhaite vivement qu'on ne touche pas au porche nord, c'est en premier lieu, en raison de son intérêt tout à fait exceptionnel. Dans cette oeuvre, pour ainsi dire unique en son genre, se trouve condensée toute la beauté, toute la pureté, toute la grandeur de l'art du Moyen Âge. De plus, le porche nord est un des seuls morceaux d'architecture de cette époque qui soit parvenu jusqu'à nous sans avoir été l'objet de réfection : il a ainsi conservé jusqu'à maintenant toute sa saveur d'autrefois. Or, et d'une façon générale, quand on refait le décor d'une oeuvre, on nuit à l'art. L'art n'a pas besoin de décor. Actuellement le porche est mutilé, modifié dans son décor, mais il a gardé toute sa pureté artistique ; c'est cette pureté que lui ferait perdre, à son avis, la restauration projetée. Il est en effet indéniable qu'en établissant des arcatures nouvelles, on ajoute à une oeuvre des éléments nouveaux et qu'on la dénature quelque peu ainsi. Aussi M. de Baudot estime-t-il que le meilleur parti à prendre serait de conserver le porche tel qu'il est actuellement, c'est-à-dire, à l'état mutilé, d'avoir le respect absolu de tout ce qui existe encore et de se contenter d'empêcher, par des moyens d'étaiement et d'accrochage plus perfectionnés, que la destruction du porche ne s'accentue dans l'avenir. A cet égard, M. de Baudot pose en principe qu'il serait possible -croit-il-de le soutenir par le haut.

M. Gonse estime, au contraire, que la restauration s'impose, qu'elle est d'une urgence absolue ; la délégation de la Commission, qui s'est rendue à Chartres, s'est ralliée tout entière à cette idée, après s'être rendu compte de l'état actuel du porche, étant si menaçant qu'on peut en craindre l'effondrement. Aussi, puisqu'un architecte, au talent duquel tout le monde rend hommage, se déclare tout prêt à entreprendre cette restauration si délicate, M. Gonse estime qu'il n'y a pas lieu d'hésiter et qu'il ne faut pas laisser à l'avenir la responsabilité d'avoir à faire cette réfection qui ne pourrait être alors accomplie que dans des conditions encore plus périlleuses. 80/15/020/258

M. Selmersheim rappelle que le projet qu'il a dressé ne comporte que la dépose des linteaux et des voussures et qu'il ne doit pas toucher aux piles. Il ajoute que le même travail a été déjà effectué au porche méridional et que l'expérience, qui fut alors tentée, a parfaitement réussi ; rien n'a bougé depuis l'époque de la restauration. Enfin, l'opération projetée se présente actuellement sous les auspices les plus favorables. M. Selmersheim a sous la main un entrepreneur très exercé et un appareilleur de premier ordre, rompu à ce genre de travail ; si la dépose du porche nord est autorisée, les pièces seront étiquetées et numérotées avec le plus grand soin et placées sous la surveillance de ce chef de chantier qui a fait ses preuves.

M. Michel émet l'avis que s'il était possible, sans compromettre dans sa durée la conservation du porche nord, de n'y pas toucher, dût-on le soutenir par des étais, ce serait le parti le plus sage. On ne peut en effet déposer et remonter une oeuvre d'une telle valeur, quelle que soit l'habileté de l'architecte et quelles que soient les précautions prises, sans en altérer quelque peu l'aspect et le caractère primitif.

M. Selmersheim a parlé de la restauration accomplie au porche méridional. Or il n'y a pas, à son avis, similitude absolue entre son état actuel et son état antérieur. La régularité est aujourd'hui plus froide, l'émotion a disparu. 80/15/020/259

Toutefois, si le changement des linteaux était reconnu comme absolument inévitable, M. Michel voudrait qu'on fît tout au moins l'impossible pour ne pas toucher, lors de l'opération, aux voussures. Il ajoute que des techniciens lui ont déclaré qu'il leur semblait possible de procéder au remplacement des linteaux sans déposer les voussures.

M. Michel voudrait que cette question soit sérieusement mise à l'étude.

M. Magne croit également qu'on pourrait conserver en place tout au moins une partie des voussures. Il rappelle que, lors des travaux de réfection du Parthénon, la question de la dépose complète de la frise des Panathénées fut soulevée ; or, cette dépose intégrale, si elle avait eu lieu, aurait eu pour conséquence certaine d'altérer d'une façon irrémédiable le caractère de la frise. Une restauration telle que celle qui est actuellement proposée modifie en effet toujours tant soit peu l'aspect antérieur du monument, ne serait-ce que par le remplacement des pierres usées, vieillies, ayant reçu la patine du temps, par des pierres neuves. Toute introduction d'éléments neufs dans une oeuvre donne nécessairement à son ensemble un caractère plus ou moins disparate. Aussi M. Magne appuie-t-il la proposition de M. Michel et demande-t-il que l'on recherche les moyens de limiter autant que possible la dépose des voussures. 80/15/020/260

M. Selmersheim, répondant à l'opinion émise par M. de Baudot qui a envisagé la possibilité de retenir par le haut et par un artifice de construction les linteaux sans les changer estime que cette opération ne lui paraît pas possible, étant donné surtout l'état actuel de ces linteaux, qui sont presque tous en plusieurs morceaux.

M. de Baudot réplique que la question n'ayant fait encore l'objet d'aucun examen approfondi, on ne peut pour le moment rien affirmer. Quant à lui et bien qu'il ne puisse donner sur l'heure aucune certitude, il croit la chose possible. Il fait remarquer que l'on a aujourd'hui de nouveaux moyens de construction, tels que le ciment armé, et qu'ils ont été employés dans des conditions très satisfaisantes pour assurer la conservation de vieux monuments. M. de Baudot, demande donc qu'avant de prendre une décision sur la restauration proposée, on recherche si la conservation du porche nord dans son état actuel ne pourrait être efficacement assurée pour l'avenir grâce à ces nouveaux procédés de construction.

M. Selmersheim, sans s'opposer à cette étude complémentaire, déclare à nouveau qu'il considère le remplacement des linteaux comme absolument nécessaire. Quant aux voussures, il fait connaître qu'il serait peut-être possible de ne pas les déposer et de les reprendre en sous-oeuvre, il se propose de procéder à un examen de la question, dont il fera connaître le résultat à la Commission dans une séance ultérieure ; mais dès à présent il peut affirmer que, si cette opération était possible, elle nécessiterait en tout cas un supplément de dépense assez considérable.

M. Léon déclare que la question d'argent n'est pas en jeu lorsqu'il s'agit d'assurer la conservation d'un monument de la valeur de la cathédrale de Chartres.

M. Vaudremer fait remarquer que la question a besoin d'un complément d'information. D'une part, en effet, on se trouve en présence d'une proposition de M. de Baudot tendant à rechercher si l'on ne pourrait pas, en soutenant, par des artifices de construction, le porche par le haut, le conserver dans son état actuel. D'autre part, M. Selmersheim a émis l'avis qu'il lui serait peut-être possible de ne pas procéder à la dépose des voussures et il s'est engagé à se livrer à un examen approfondi de la question.

La Commission ne lui semble pas, dans ces conditions, en mesure de prendre une décision avant que ces études complémentaires aient été faites. Aussi M. Vaudremer propose-t-il de renvoyer la suite de la discussion à une autre séance.

La Commission se rallie à cette proposition. Elle émet d'autre part un avis favorable à l'allocation pour l'exercice 1910 sur les crédits des Monuments historiques d'une somme de 60 000 Francs en vue de la continuation de la remise en état du transept nord de la cathédrale. 80/15/020/262

Approbation de travaux sur le rapport de M. Selmersheim

Après examen des plans et devis fournis par les architectes, la Commission, adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, émet un avis favorable à l'approbation des projets de restauration suivants :

1° devis de 16 430 Francs 25 relatif à la réfection d'une partie des ouvertures de l'église Notre-Dame de Semur (Côte-d'Or)

2° devis de 11 269 Francs 15 dressé en vue de la mise en état de conservation de l'église de La Bénisson-Dieu (Loire)

3° devis de 11 092 Francs 54 ayant pour objet la restauration de la chapelle Saint-Jean à la cathédrale du Puy-en-Velay (Haute-Loire)

4° devis de 11 258 Francs 47 concernant la restauration des transepts et portails nord et sud de l'église de Vernouillet (Seine-et-Oise)

5° devis de 134 981 Francs 28 relatif à la restauration de la nef de l'église de Triel (Seine-et-Oise)

Cette entreprise pourrait être exécutée en quatre annuités, ce qui ferait une dépense annuelle de 33 750 Francs l'État pourrait contribuer chaque année à la réalisation de l'opération pour une somme de 30 000 Francs et laisser aux administrations intéressées le soin de compléter la dotation de l'annuité. 80/15/020/263

Domaine de Versailles (Seine-et-Oise)

M. le ministre de la Guerre ayant demandé qu'une portion de la plaine de Chèvreloup, dans le Domaine de Versailles fût mise à la disposition de son département pour y installer le casernement et le polygone du bataillon des Sapeurs-aérostiers, la Commission estime, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, que cette installation ne causera aucun dommage aux aspects des parcs du château et des deux Trianons et que le service des Monuments historiques n'a aucune objection à présenter à l'encontre de ce projet.

Église Saint-Pierre à Chartres (Eure-et-Loir)

M. l'Inspecteur général Selmersheim, informe la Commission que M. l'architecte Brunet a dressé un devis relatif à la restauration générale des parties extérieures de l'église Saint-Pierre à Chartres. Ce devis, divisé en cinq chapitres, s'élève à la somme de 150 000 Francs environ.

Après l'examen des plans et dessins fournis à l'appui du projet, la Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, émet, en raison de l'intérêt exceptionnel que présente le monument, un avis favorable sur le principe même de cette restauration d'ensemble. Elle demande, d'autre part, l'exécution immédiate du premier chapitre de ce devis qui s'élève à 32 951 Francs 75 et a pour objet la remise en état des travées du côté nord de la nef, c'est-à-dire de la partie la plus malade de l'édifice. 80/15/020/264

Remparts de Provins (Seine-et-Marne)

M. l'Inspecteur général Selmersheim fait connaître que M. l'architecte Louzier vient de dresser un devis général en vue de la réparation de l'ensemble des courtines et des Tours formant les remparts de la ville haute de Provins. Ce devis s'élève à la somme de 256 289 Francs 53. En raison de l'intérêt que présente la conservation de ces remparts, M. Selmersheim demande à la Commission d'émettre un avis favorable à l'ensemble de cette restauration. Il propose en outre l'exécution en 1910 du premier chapitre du devis général montant à 8 790, 06 Francs et relatif à la remise en état de la Porte Saint-Jean.

Quant aux surplus des travaux, M. Selmersheim fait observer qu'ils ne pourront être entrepris que lorsque la Ville de Provins sera redevenue propriétaire du fossé compris entre la Porte Saint-Jean et la Porte de Jouy. Cette acquisition, que la Ville semble disposée à faire, pourrait être regardée, si elle se réalisait, comme la part contributive de la Municipalité à l'ensemble des travaux projetés.

La Commission approuve les diverses propositions de M. l'Inspecteur général Selmersheim.

Vieux chapitre à Meaux (Seine-et-Marne)

Conformément aux conclusions d'un rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable au principe de la restauration d'ensemble du "Vieux Chapitre", à Meaux, qui nécessitera une dépense d'environ 140 000 Francs. Elle approuve d'autre part, dès à présent l'exécution du premier chapitre du devis dressé, qui monte à 47 051 Francs 27 et est relatif à la reconstruction de la travée sud du monument. La Ville de Meaux, qui a l'intention de demander l'affectation à son profit de l'édifice en vue d'y installer un musée, pourrait être appelée à contribuer dans la proportion d'un quart environ à la dotation de cette entreprise.

Château de Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable à l'approbation du devis de 99 565 Francs 21 dressé par M. l'architecte Mâlençon en vue de la restauration du château de Maisons-Laffitte et l'aménagement d'un musée dans l'édifice.

En ce qui concerne toutefois le chauffage, la Commission, sur la proposition de MM. Daumet et Pascal, estime qu'il n'y a pas lieu de procéder à l'installation d'un système de chauffage général au château, mais de se contenter des deux calorifères actuellement en usage. Ceux-ci pourront être réparés au moyen des imprévus inscrits au devis général.

M. Gonse profite de la circonstance pour appeler l'attention de la Commission sur l'intérêt qu'il y aurait à acquérir une partie des terrains qui entourent le château de Maisons-Laffitte en profitant de la baisse actuelle des prix.

M. Selmersheim appuie la demande de M. Gonse et estime qu'il y a lieu de réclamer à l'architecte des propositions en ce sens ainsi qu'un plan de lotissement.

La Commission, à l'unanimité, approuve la proposition de MM. Gonse et Selmersheim.

Acquisition de relevés

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Marcou, la Commission propose l'acquisition de trois relevés exécutés par M. Marcel Magne.

1° relevé d'un fragment de panneau peint de la cathédrale de Pampelune (Espagne) : 500 Francs

2° relevé d'un fragment de retable conservé au musée de Burgos (Espagne) : 500 Francs

3° relevé des croix de consécration de l'église Notre-Dame d'Étampes (Seine-et-Oise) : 300 Francs 80/15/020/267

19 mars 1910 [Mardi]
Première Section - Monuments historiques.
(suite de l'ordre du jour de la séance du 18 mars).
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dislère, Gonse, Haraucourt, Léon, Magne, Pascal, Selmersheim.
Approbation de travaux sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald et après examen des plans et dessins fournis à l'appui des projets de restauration, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 116 316 Francs 99 relatif à la continuation de la restauration de l'ancienne cathédrale de Laon (Aisne) : remise en état de la Tour Saint-Paul et réfection du comble du croisillon sud du transept.

2° devis de 12 218 Francs 46 dressé en vue de la continuation de la restauration des toitures et des maçonneries de l'église de Sainte-Vaubourg (Ardennes)

3° devis de 17 129 Francs 05 ayant pour objet la remise en état des chapelles de l'abside de la cathédrale d'Auch (Gers)

4° devis de 27 967 Francs 52 concernant la restauration de la façade et de l'intérieur de la maison Renaissance à Langres (Haute-Marne) 80/15/020/268

5° n'existe pas dans le procés-verbal

6° devis de 26 488 Francs 90 relatif à la restauration de l'église de Montier-en-Der (Haute-Marne)

7° devis de 41 573 Francs 63 ayant pour objet la réfection des couvertures de la cathédrale de Bayonne Basses-Pyrénées)

8° devis de 24 404 Francs 03 établi en vue de la continuation de la restauration du Palais des Papes, à Avignon Vaucluse)

Questionné par M. Selmersheim sur l'intérêt qu'il y aurait à faire disparaître les faux planchers existant encore dans le palais des Papes afin d'y rendre impossible pour l'avenir tout casernement de troupes, M. [Paul] Boeswillwald fait connaître qu'il se préoccupe actuellement de la question de concert avec M. l'architecte Nodet et qu'il sera vraisemblablement en mesure de présenter pour l'année prochaine le devis de cette opération.

9° devis de 4 192 Francs 45 concernant la restauration des couvertures et du plafond de la sacristie de l'ancienne cathédrale d'Apt (Vaucluse)

10° devis de 10 869 Francs 14 relatif à l'achèvement de la restauration du clocher de l'église de Willeman (Pas-de-Calais)

11° devis de 39 999 Francs 24 ayant pour objet la continuation de la restauration des anciens remparts de la Cité de Carcassonne (Aude) 80/15/020/269

12° devis de 14 997 Francs 21 dressé en vue de l'achèvement des fouilles entreprises pour le dégagement du monument antique du collège d'Arles (Bouches du Rhône)

13° devis de 866 Francs 25 relatif à l'entretien de l'église Saint-Sernin à Toulouse (Haute-Garonne)

14° devis de 17 792 Francs 10 concernant l'établissement du chauffage à vapeur à basse pression dans les salles du rez-de-chaussée de l'Hôtel de Cluny à Paris (Seine)

Approbation de travaux sur le rapport de M. Magne

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 23 314 Francs 54 relatif à l'achèvement de la restauration du donjon de Pons (Charente-Inférieure)

2° devis de 17 630 Francs 64 concernant la remise en état de la couverture de la flèche de l'église Saint-Sauveur à Dinan (Côtes-du-Nord)

3° devis de 15 680 Francs 48 relatif à la réfection des toitures de l'église de Brélevenez (Côtes-du-Nord)

4° devis de 11 007 Francs 78 concernant l'achèvement de la restauration de l'ancienne mairie de Sarlat (Dordogne) 80/15/020/270

5° devis de 33 970 Francs 73 dressé en vue de la mise en état de conservation du clocher isolé de l'église Saint-Sauveur à Redon (Ille-et-Vilaine)

6° devis de 19 702 Francs 65 ayant pour objet la remise en état des maçonneries extérieures et des toitures de l'église de Catus (Lot)

7° devis de 27 125 Francs 95 relatif à l'achèvement de la restauration de l'église Saint-Pierre à Moissac (Tarn-et-Garonne)

8° devis de 7 300 Francs environ, dressé en vue de la remise en état des maçonneries de la Tour de l'ancien château à Luzech (Lot)

9° devis de 5 232 Francs 98 ayant pour objet la réparation des toitures de l'église de Tauriac (Lot) en vue de la préservation des peintures classées renfermées dans cet édifice.

Église de Vomécourt (Vosges)

Après examen du projet dressé par M. l'architecte Tillet pour la restauration de l'église de Vomécourt, la Commission estime qu'il n'y a pas lieu, comme le propose l'architecte, de rendre à cet édifice sa physionomie primitive.

Dans ces conditions, M. Tillet devra être invité à dresser un nouveau devis ayant seulement pour objet la réfection de la toiture, cette dernière étant maintenue dans sa forme actuelle. 80/15/020/271

Monuments historiques de l'Algérie

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission approuve le programme des travaux à exécuter au cours de cette année aux Monuments historiques de l'Algérie au moyen du crédit de 142 000 Francs inscrit au budget de l'exercice 1910 pour la restauration et l'entretien des dits édifices.

Église Saint-Michel-aux-Lions à Limoges (Haute-Vienne)

Saisie d'un projet dressé en vue de la restauration générale de l'église Saint-Michel aux Lions à Limoges, et montant à 62 530 Francs 11 la Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, en approuve les chapitres 1 (démolition et reconstruction des quatre clochetons de la flèche : 21 738 Francs 61) et II (réparation de la flèche 8 866 Francs 02).

Quant au chapitre III (réfection de la charpente), la Commission estime, contrairement à l'avis de l'architecte, qu'il y a lieu de conserver la charpente actuelle. Les propositions de l'architecte devront être modifiées en conséquence et tenir compte des indications contenues à ce sujet dans le rapport de M. Magne et approuvées par la Commission.

Château de Montrichard (Loir-et-Cher)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne relatif aux consolidations urgentes à effectuer aux ruines du château de Montrichard. 80/15/020/272

Classements d'édifices du Calvados

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices suivants, du département du Calvados :

Église de Soulengy

Clocher de l'église d'Auguerny

Église de Biéville

Église de Cheux

Église de Condé-sur-Iffs

Clocher de l'église de Baron

Choeur et clocher de l'église de Grainville-sur-Odon

Clocher de l'église de Rosel

Église de Sousmont Saint-Quentin

Clocher et transept de l'église de Tilly-sur-Seulles

Église de Verson.

Église de Solignac (Haute-Loire)

La Commission émet un avis défavorable au classement de l'église de Solignac.

Église de Jeufosse (Seine-et-Oise)

Avant d'émettre un avis sur l'intérêt qu'il pourrait y avoir à protéger par le classement l'église de Jeufosse, dont la Commune réclame la désaffectation afin de la mettre en vente, la Commission demande que le dossier de l'affaire soit complété par des documents graphiques et photographiques permettant d'apprécier la valeur de cet édifice. 80/15/020/273

Ecluse de Boizard à Pontgouin (Eure-et-Loir)

La Commission émet un avis favorable au classement des écluses de Boizard à Pontgouin.

Ruines de Mila (Algérie)

La Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, émet un avis favorable au classement des ruines de Mila (Algérie, province de Constantine)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission estime qu'il y a lieu d'inscrire sur la liste des Monuments historiques les édifices suivants

Église de Moutech (Tarn-et-Garonne)

Église d'Arthenac (Charente-Inférieure) classement intégral

Église de Beauvais-sur-Matha (Charente-Inférieure)

Façade occidentale et clocher de l'église de Beauvais-sur-Matha (Charente-Inférieure)

Église de Livernon (Lot)

Clocher et abside de l'église de Livernon (Lot)

Place Nationale à Montauban (Tarn-et-Garonne)

Galeries et façades de la Place Nationale à Montauban (Tarn-et-Garonne)

Abbaye de Marmoutier (Indre-et-Loire)

La Commission adopte les conclusions de M. l'Inspecteur général Magne au sujet des mesures à prendre pour assurer la conservation des restes de l'ancienne abbaye de Marmoutier, à Sainte-Radegonde près de Tours. 80/15/020/274

Ancien séminaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales)

M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald rappelle que la Commission a émis, dans une de ses précédentes séances, un avis favorable au classement des murs du cimetière Saint-Jean et de la chapelle Saint-Jean-l'Evangéliste à Perpignan, dépendances de l'ancien séminaire de cette ville.

Le Conseil général des Pyrénées-Orientales, propriétaire du monument, avait, par une première délibération du 30 septembre 1909, donné son adhésion à ce classement sous la réserve de pouvoir utiliser pour ses archives la partie, formant cloître, adossée à la cathédrale et la chapelle Saint-Jean l'Evangéliste.

L'administration des Beaux-arts ayant, sur la demande de la Commission, informé l'assemblée départementale que la destination projetée présentait de graves inconvénients, le Conseil général vient de demander, par une nouvelle délibération du 6 janvier dernier, qu'aucune partie de l'ancien séminaire de Perpignan ne soit classée parmi les Monuments historiques.

Saisie à nouveau de la question, la Commission, après un échange de vues, tout en regrettant l'installation des archives départementales dans cet édifice, déclare ne pas s'y opposer et, à l'unanimité, insiste pour le classement du cimetière Saint-Jean et la chapelle Saint-Jean-l'Evangéliste.

Au cas où le Conseil général refuserait de nouveau à consentir à ce classement, la Commission, en raison du réel intérêt que présente au point de vue historique et artistique la conservation de ces parties de l'ancien séminaire, demande que la question soit portée devant le Conseil d'État, afin que leur classement soit prononcé par un décret rendu en la forme des règlements d'administration publique conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 30 mars 1887. 80/15/020/276

Première Section - Monuments historiques.
20 mai 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Grandjean, Lameire, Léon, Lisch, Magne, Marcou, Pascal, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Approbation de travaux sur le rapport de M. Magne

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 18 691 Francs 77 relatif à la réparation des façades et la réfection des couvertures des quatre pavillons du château de Cadillac (Gironde)

2° devis de 25 180 Francs 10 concernant la consolidation de la Tour Charlemagne à Tours (Indre-et-Loire)

3° devis de 17 500 Francs 50 dressé en vue de la continuation de la restauration du château de Fougères (Ille-et-Vilaine)

4° devis de 13 908 Francs 83 relatif à l'achèvement de la restauration du clocher de l'église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers (Vienne) 80/15/020/277

5° devis de 2 510 Francs 44 établi en vue de l'exécution de diverses réparations urgentes à la chapelle de l'ancienne Chartreuse du Liget, à Chemillé-sur-Indrois (Indre-et-Loire)

6° devis de 5 959 Francs 80 relatif à la réparation des dégâts occasionnés par la chute d'une partie des machicoulis de la tour du château de Durtal (Maine-et-Loire)

Approbation de travaux sur le rapport de M. Selmersheim

Approuvant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission propose l'approbation des devis suivants :

1° devis de 10 000 Francs ayant pour objet l'achèvement de la remise en état du cloître d'Ambronay (Ain)

2° devis de 10 004 Francs 11 relatif à la réfection des toitures de l'église des Salelles (Ardèche)

3° devis de 1 324 Francs 15 concernant la consolidation du porche ouest de l'église Saint-Jean à Troyes (Aube)

4° devis de 12 823 Francs 38 dressé en vue de la restauration des couvertures de l'aile gauche de l'Hôtel de Mauroy à Troyes (Aube) 80/15/020/278

5° devis de 383 966 Francs 82 ayant pour objet l'achèvement de la construction de l'église Saint-Bonet à Bourges (Cher)

Il est toutefois bien entendu que l'État ne prendra à sa charge que la dépense nécessaire pour le rétablissement des deux travées de la nef qui ont primitivement existé (cette dépense est de 126 638 Francs) et que les administrations locales intéressées à la mise en état du monument auront à réunir les ressources nécessaires pour l'exécution des travaux neufs, c'est-à-dire la construction d'une façade et du clocher.

6° devis de 45 060 Francs 18 relatif à l'achèvement de la restauration de l'église d'Aignay le Duc (Côte-d'Or)

7° devis de 17 518 Francs 52 dressé en vue de l'exécution de diverses consolidation à la chemise du donjon du Château-Gaillard aux Andelys (Eure)

8° devis de 10 387 Francs 66 ayant pour objet la réparation de la Tour du Gouverneur au château de Gisors (Eure)

9° devis de 12 473 Francs 80 relatif à l'entretien en 1910 du château de Pierrefonds (Oise)

Cathédrale de Dijon (Côte-d'Or)

M. l'Inspecteur général Selmersheim fait connaître que l'architecte chargé de la conservation de la Cathédrale de Dijon a dressé un devis en vue de la réfection de la couverture des transepts et de l'abside et qu'il propose de remplacer des tuiles émaillées existantes par des tuiles ordinaires de Bourgogne. M. Selmersheim approuve cette substitution, faisant remarquer que la réparation de la couverture en tuiles vernissées est rendue impossible par suite de la difficulté que l'on éprouve à se procurer de la tuile aux tons s'harmonisant avec les matériaux anciens et résistant plus de dix ans aux intempéries.

MM. Gonse et Pascal regrettent vivement ce changement radical, qui aura pour effet de modifier complètement l'aspect de la cathédrale. Aussi demandent-ils qu'on se contente de réparer la couverture actuelle en tuiles vernissées afin d'en mesurer la conservation aussi longtemps que possible.

La Commission adopte cette manière de voir, elle émet en conséquence l'avis qu'il n'y a pas lieu d'approuver le devis présenté et que l'architecte devra être invité à dresser un nouveau devis ayant pour objet uniquement la réparation de la toiture actuelle.

Église de Gisors (Eure)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, au sujet des divers travaux à entreprendre à l'église de Gisors pour remédier à l'état actuel de cet édifice. 80/15/020/280

Église de Dun-le-Palestel (Creuse)

Conformément aux conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission estime qu'il y a lieu d'assurer la conservation du portail de l'ancienne église de Dun le Palleteau, dont la désaffectation et la démolition sont actuellement projetées. Elle émet en conséquence un avis favorable au classement de ce portail qui, après entente avec la municipalité, devra être transporté, aux frais du service des Monuments historiques sur un autre emplacement, par exemple, à l'entrée du nouveau cimetière.

Palais des Ducs de Bourgogne à Dijon (Côte-d'Or)

Conformément aux conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet, à l'unanimité, le voeu que la Ville de Dijon soit invitée à procéder à l'enlèvement des urinoirs adossés aux cuisines ducales du Palais des Ducs de Bourgogne.

Donjon des Templiers à Vaour (Tarn)

Sur la proposition de M. Selmersheim, la Commission demande qu'une somme de 500 Francs soit mise immédiatement à la disposition de M. l'architecte Potdevin en vue de lui permettre de procéder au déblai des matériaux qui ont couvert le cimetière de la Commune de Vaour à la suite de l'effondrement du donjon des Templiers de cette localité.

Église de Neuville-sous-Montreuil (Pas-de-Calais)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, au sujet de l'église de Neuville-sous-Montreuil, dont la Commune demande la désaffectation.

Cathédrale de Meaux (Seine-et-Marne)

M. l'Inspecteur général de Baudot appelle l'attention de la Commission sur le très mauvais état de conservation de la partie supérieure de la Tour nord de la cathédrale de Meaux. La pierre qui a servi à la construction de cette tour était de très mauvaise qualité et aujourd'hui elle est complètement désagrégée et tombe en poussière.

Aussi, pour remédier à cette situation l'architecte de la cathédrale, M. [Jean-Camille] Formigé, avait-il présenté, au début de cette année, un devis relatif à la restauration d'une des faces extérieures de la tour, la face ouest qui est la plus malade.

Ce devis n'était, dans l'esprit de son auteur, que la première annuité du travail d'ensemble nécessaire pour remettre en état cette partie du monument, dont M. [Jean-Camille] Formigé évalue la dépense totale à 320 000 Francs, mais que M. de Baudot n'estime pas à moins de 500 000 Francs.

Avant de prendre un parti sur la question de la restauration de la tour nord, le Comité a estimé qu'il y aurait intérêt à rechercher si, par le procédé de la fluatation, on ne pourrait prolonger l'existence des parties extérieures de la tour en évitant la réfection proposée.

M. de Baudot fait connaître qu'à la suite d'un examen sur place de la façade de la cathédrale, les entrepreneurs qui exploitent le procédé de la fluatation ont déclaré que l'état actuel de la pierre complètement désagrégée rendait impossible toute application de ce système.

Dans ces conditions, deux solutions seules peuvent, selon M. de Baudot, être envisagées car il est impossible de conserver dans sa situation actuelle le clocher. Ce sont ou la disparition de l'étage supérieur de la tour ou la reconstruction de toutes ses faces.

M. de Baudot estime qu'au point de vue archéologique, la reconstruction ne présente pas un grand intérêt, ce serait une réfection complète, l'exécution, d'après, il est vrai, des éléments anciens, d'un travail tout neuf. Toutefois il ne s'oppose pas à cette opération, mais il estime qu'elle ne pourrait être entreprise que si la Ville de Meaux, intéressée autant que l'État à la conservation de la partie XIIIe siècle du clocher, participait dans une forte proportion à la dépense nécessaire.

MM. Daumet et Selmersheim, appuyés par M. Gonse, demandent qu'avant de prendre une résolution, une délégation de la Commission se rende sur place pour constater l'état actuel de la tour et examiner les moyens de remédier à la situation.

M. Grandjean appuie cette proposition et ajoute que l'envoi d'une délégation à Meaux aura un autre avantage, celui de permettre de résoudre plusieurs autres questions assez urgentes relatives aux dépendances de la cathédrale.

La Commission approuve cette manière de voir et décide que la délégation se composera de M. Daumet, président, des inspecteurs généraux et de MM. Gonse et Michel.

De plus, à l'unanimité, sur la proposition de M. Pascal, la Commission prenant parti entre les deux solutions envisagées précédemment par M. de Baudot, c'est-à-dire la démolition ou la reconstruction de la tour, se prononce pour le maintien de celle-ci et spécifie que la mission de la délégation devra consister à rechercher les meilleurs moyens d'assurer aux moindres frais possibles sa conservation pour l'avenir.

Cathédrale d'Angers (Maine-et-Loire)

M. de Baudot appelle également l'attention de la Commission sur l'état déplorable de conservation dans lequel se trouvent les huit statues formant la galerie des chevaliers à la cathédrale d'Angers.

M. de Baudot estime que le meilleur parti à prendre serait de procéder à la dépose de ses statues qui seraient installées dans un autre local à l'abri des intempéries et d'en refaire de neuves qui seraient la reproduction exacte de celles actuellement en place.

Cathédrale de Rouen (Seine-Inférieure)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général de Baudot, la Commission émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 101 146 Francs 90 relatif à l'achèvement de la couverture et de la restauration de l'étage supérieur de la tour Saint-Romain à la cathédrale de Rouen.

Cathédrale de Toulouse (Haute-Garonne)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald et après examen des plans et dessins fournis par l'architecte, la Commission émet un avis favorable à l'approbation du devis de 1 463 097 Francs 22 dressé par M. Louzier, en vue de l'agrandissement et de la restauration de la cathédrale de Toulouse.

Cathédrale d'Amiens (Somme)

M. l'Inspecteur général de Baudot fait connaître qu'un sculpteur allemand, M. Klein, chargé de restaurer les stalles de la cathédrale de Metz, a sollicité l'autorisation de prendre en vue de ce travail des estampages des stalles de la cathédrale d'Amiens.

M. de Baudot montre les grandes difficultés auxquelles peut donner lieu l'exécution de ces estampages et même les graves dangers qu'elle pourrait faire courir à la conservation des stalles.

M. de Baudot ajoute toutefois qu'il vient de recevoir la visite de l'artiste allemand et que celui-ci lui a donné l'assurance qu'il n'avait l'intention de prendre des estampages que des parties peu délicates, c'est-à-dire des frises et des miséricordes. Aussi M. de Baudot estime-t-il que, si M. Klein confirme par écrit ses intentions, l'autorisation d'estamper les parties susdites des stalles pourra lui être accordée, à condition toutefois que l'opération soit effectuée sous la surveillance de l'architecte en chef de la cathédrale.

La Commission adopte cette manière de voir. De plus, sur la proposition de M. Lisch appuyée par M. Gonse, il est décidé que l'emploi de la pellicule pour le travail projeté devra être imposé au sculpteur allemand.

M. Enlart émet d'autre part le voeu que l'on profite de la circonstance pour se procurer des duplicatas des empreintes, la Commission approuve cette proposition, étant entendu toutefois, comme le demande M. Grandjean, que ces duplicata seront à la charge du service des Monuments historiques.

Dispenses d'adjudication

M. le chef de la division des services d'Architecture informe la Commission que des dispenses d'adjudication ont été demandées :

1° par M. Gout, pour les travaux à exécuter en 1910 au Mont-Saint-Michel et à la cathédrale de Reims.

2° par M. [Pierre] Paquet, pour l'exécution de travaux de restauration à l'église d'Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) 80/15/020/286

3° par M. Mâlençon, pour les travaux à entreprendre au château de Maisons-Laffitte.

4° par M. Ballu, pour les travaux à effectuer au donjon de Pons (Charente-Inférieure) et par M. Deneux pour les travaux à exécuter à l'église de Conty (Somme)

La Commission estime qu'une suite favorable peut être donnée à ces diverses demandes.

Nomination des architectes des cathédrales de Coutances (Manche) et de Sééz (Orne)

Appelé à procéder au remplacement de M. de La Rocque, architecte démissionnaire des cathédrales de Coutances et de Sééz, la Commission émet un avis favorable à la nomination de :

1° M. Mâlençon, architecte en chef du département de la Manche, comme architecte de la cathédrale de Coutances.

2° M. Simil, architecte en chef du département de l'Orne, comme architecte de la cathédrale de Sééz.

Nomination d'architectes ordinaires (Calvados, Côte-du-Nord, Eure-et-Loir, Saône-et-Loire)

La Commission émet un avis favorable à la nomination des architectes ordinaires dont les noms suivent

1° M. Richer, pour l'arrondissement de Falaise (Calvados)

2° M. Guiomar fils, pour l'arrondissement de Lannion (Côtes-du-Nord)

3° M. Pfeiffer, pour l'arrondissement de Dreux (Eure-et-Loir)

4° M. Truchot, pour les monuments de la ville d'Autun (Saône-et-Loire) 80/15/020/287

27 mai 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dreyfus, Enlart, Gonse, Grandjean, Lameire, Léon, Magne, Marcou, Pascal, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Approbation de travaux sur le rapport de M. Selmersheim

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 17 980, 78 Francs dressé en vue de la continuation de la restauration de l'église de Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir)

2° devis de 22 547 Francs 21 relatif à la consolidation des aqueducs romains de Bonnant (Rhône)

3° devis de 17 095 Francs 85 concernant le remaniement général des couvertures de l'église de Cravant (Yonne)

4° devis de 14 527 Francs 94 établi en vue de la restauration du clocher et de sa flèche de l'église Saint-Savinien à Sens (Yonne) 80/15/020/288

5° devis de 13 976 Francs 41 ayant en vue la réparation des toitures basses au nord du choeur de l'église de Saint-Bris (Yonne)

Approbation de travaux sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Sur avis conforme émis par M. l'Inspecteur général Boewillwald, la Commission approuve l'exécution des travaux prévus aux devis suivants :

1° devis de 9 924 Francs 16 relatif à la restauration de la façade de la chapelle épiscopale de la cathédrale de Nîmes Gard)

2° devis de 15 050 Francs établi en vue de l'exécution de réparations diverses à la cathédrale d'Avignon (Vaucluse)

3° devis de 19 171 Francs 01 concernant la restauration de la façade de l'ancien Hôtel des Monnaies (conservatoire de Musique) à Avignon (Vaucluse)

4° devis de 13 661 Francs 68 ayant pour objet la mise en état de l'église de Mouzon (Ardennes)

5° devis de 17 418 Francs 70 dressé en vue de la restauration du clocher et des transepts de l'église de Cuis (Marne)

6° devis de 28 796 Francs 83 ayant pour objet la réfection du plancher de la salle des fêtes de La Loge de Mer à Perpignan (Pyrénées-Orientales) 80/15/020/289

7° devis relatif à l'exécution de diverses réparations à la cathédrale de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

Cathédrale de Paris (Seine)

La Commission émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 12 071 Francs 59 relatif à la réparation des dégâts occasionnés à la cathédrale de Paris par les inondations de janvier 1910.

Gros-Horloge à Rouen (Seine-Inférieure)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim relatif à la restauration de la fontaine du Gros-Horloge à Rouen.

Sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, la Commission demande, en outre, que, lors de la restauration projetée, on restitue à la statue d'Aréthuse le bras qui lui fait défaut.

Église Saint-Martin-des-Champs à Paris (Seine)

La Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, approuve l'exécution d'un devis de 35 561, 78 Francs ayant pour objet la réfection en ardoises de la couverture de l'église Saint-Martin des Champs au Conservatoire des Arts et Métiers.

MM. Pascal et Gonse déplorent toutefois vivement le remplacement par de l'ardoise des tuiles émaillées actuelles.

Église de Gisors (Eure)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim au sujet de la découverte de fresques dans l'église de Gisors. 80/15/020/290

Salle des concerts au Conservatoire de musique à Paris (Seine)

Après avoir entendu M. Dreyfus, qui exprime l'avis que la conservation de la salle des concerts du conservatoire de musique de Paris ne peut pas intéresser le service des Monuments historiques, et M. Gonse qui insiste vivement pour le classement de cette salle en raison de son acoustique exceptionnelle et des souvenirs historiques qui s'y rattachent, la Commission estime que cette salle ne paraît pas devoir être inscrite sur la liste des Monuments historiques.

Vieille maison à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

La Commission émet un avis défavorable au classement d'une vieille maison du XVe siècle sise à Clermont-Ferrand, passage Vernine.

Église de Sallertaine (Vendée)

Conformément aux conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission estime qu'il y a lieu, malgré les réserves contenues dans la délibération du Conseil municipal de Sallertaine, de prononcer le classement du transept et de l'abside de l'église de cette localité.

Église Saint-Pierre à Curçay (Vienne)

La Commission, en présence du refus de la Municipalité de Curçay de consentir au classement de la façade et du clocher de l'église Saint-Pierre, estime qu'il n'y a pas lieu de donner suite à la proposition de classement. 80/15/020/291

Église de Jeufosse (Seine-et-Oise)

La Commission émet un avis favorable au classement de l'église de Jeufosse, aujourd'hui désaffectée et dont la Commune a demandé l'aliénation.

Fouilles de Die (Drôme)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Marcou tendant à l'allocation d'une première subvention de 300 Francs au Syndicat d'initiative de Die pour lui permettre de poursuivre les fouilles qu'il a entreprises sur l'emplacement d'anciens monuments de Die.

Croix de cimetière à Monistrol-d'Allier (Haute-Loire)

Conformément aux conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission estime qu'il y a lieu d'inviter la Municipalité de Monistrol-d'Allier à revenir sur sa délibération par laquelle elle a refusé de donner son adhésion au classement de la croix de cimetière située dans la localité.

Au cas où le conseil municipal maintiendrait encore son refus, la Commission exprime l'avis que l'affaire devra être portée devant le Conseil d'État afin que le classement de la dite croix soit prononcé par un décret rendu en la forme des règlements d'administration publique conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 30 mars 1887.
Mont-Saint-Michel (Manche)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean tendant à l'acquisition, pour une somme de 4 000 Francs, de la parcelle 159 des Jardins du Tripot au Mont-Saint-Michel.

Ancienne église Notre-Dame d'Airaines (Somme)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean tendant à l'allocation à la Commune d'Airaines d'une subvention de 4 000 Francs en vue de l'acquisition par celle-ci de divers bâtiments attenant ou faisant partie de l'ex-église Notre-Dame.

Palais de Versailles (Seine-et-Oise)

La Commission émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 17 006 Francs relatif à la restauration de la Chambre à coucher Louis XV au Palais de Versailles.

En ce qui concerne les boiseries de la Bibliothèque du Dauphin, M. Gonse exprime le voeu que l'on n'ajourne pas davantage l'exécution des travaux nécessaires pour remédier à leur état actuel. Il est finalement décidé, après discussion, qu'une délégation ira prochainement à Versailles pour se rendre compte du résultat obtenu par l'essai de mise à la cire pratiqué l'année dernière et que M. Selmersheim produira des conclusions définitives dans une des plus prochaines séances de la Commission.

Palais Jacques Coeur à Bourges (Cher)

M. l'Inspecteur général Selmersheim fait connaître qu'un devis a été dressé par M. l'architecte Tarlier en vue du transfert dans l'ancien séminaire de Bourges des services judiciaires actuellement installés dans l'Hôtel Jacques Coeur. Le devis relatif à l'aménagement proprement dit de ces services dans les nouveaux locaux s'élève à 597 00 Francs. Le Conseil général du Cher a approuvé ce projet, mais sous la réserve expresse que la dépense nécessaire à son exécution serait supportée dans son intégralité par le budget des Beaux-arts.

M. Selmersheim laisse la Commission juge de décider si elle peut engager une somme de 600 000 Francs sur les fonds dont elle a la gestion pour la réalisation d'un projet qui intéresse particulièrement le département du Cher et qui s'applique à un édifice non classé.

M. le chef de la division des services d'Architecture fait un historique complet de l'affaire ; puis il montre l'intérêt majeur qui, selon lui, s'attache à libérer le Palais Jacques Coeur d'une affectation à laquelle il se prête mal et qui constitue pour cet édifice de tout premier ordre un danger permanent d'incendie. Il ajoute qu'on se trouve en présence d'une occasion tout à fait exceptionnelle pour ainsi dire unique pour opérer le transfert des services judiciaires. En effet, par suite de la possibilité actuelle d'utiliser pour l'installation des tribunaux l'ex-séminaire de Bourges, en ce moment vacant, la dépense que nécessite la désaffectation de l'Hôtel Jacques Coeur sera beaucoup moins forte que si on était obligé de construire un nouveau palais de justice. M. Léon ne se dissimule toutefois pas que l'entreprise projetée grèvera d'une lourde charge le budget des Monuments historiques bien que la dépense doive être répartie sur trois exercices. Personnellement, il estime cependant que l'intérêt de la sécurité et de la conservation du Palais Jacques Coeur peut justifier ce sacrifice ; mais il appartient à la Commission de prendre, en toute liberté une décision à ce sujet, après avoir considéré les avantages et les inconvénients de l'opération projetée.

M. [Paul] Boeswillwald appuie les observations présentées par M. Léon : le transfert dans un autre bâtiment des services judiciaires lui paraît également très désirable en raison des dangers d'incendie auxquels est exposé journellement le Palais Jacques Coeur en hiver et des détériorations continuelles qui résultent de son affectation actuelle.

MM. Gonse et Grandjean font observer qu'il n'y a rien de plus aisé, s'il existe actuellement des risques d'incendie, de les faire disparaître en améliorant le système de chauffage en usage ou en installant le chauffage central. Ce serait, à leur avis, le meilleur parti à prendre.

MM. Gonse et Grandjean font de plus remarquer que si l'opération projetée se réalisait, l'Hôtel Jacques Coeur serait pour le service des Monuments historiques un bâtiment dont la conservation serait compromise comme celle de tous les édifices sans affectation. En effet, comme l'a fait observer M. Selmersheim l'utilisation ultérieure qui est actuellement projetée pour le Palais Jacques Coeur, c'est-à-dire son aménagement en musée, est très problématique, la Ville de Bourges ayant déjà en l'Hôtel Cujas un merveilleux local pour l'installation de ses collections artistiques.

M. Grandjean expose en outre que la désaffectation du Palais Jacques Coeur nécessitera certainement une dépense bien supérieure à celle aujourd'hui prévue et qui ne montera pas à moins d'un million. En effet, lorsqu'on entreprend des travaux d'appropriation aussi considérables, on est presque fatalement exposé à des dépassements importants ; de plus, il ne faut pas oublier qu'après avoir supporté la dépense intégrale que nécessitera le transfert des services judiciaires dans l'ex-séminaire, l'État aura encore à prendre à sa charge la dépense élevée qu'exigera, à la suite de cet exode, la remise en état du Palais. Enfin, ajoute M. Grandjean, l'opération qui est projetée, si elle se réalisait, non seulement coûterait très cher, exigerait de la part de l'État des sacrifices pécuniaires hors de proportion avec les avantages qui en résulteraient, mais encore elle serait absolument irrégulière : les fonds des Monuments historiques seraient détournés de leur destination véritable ; ils seraient en effet employés à l'exécution dans un édifice non classé des travaux d'appropriation nécessaires pour y permettre l'installation des tribunaux de la Ville de Bourges et de la Cour d'appel.

M. Daumet estime qu'en aucun cas la dépense relative à l'aménagement dans d'autres locaux des services judiciaires ne peut concerner le service des Monuments historiques. Elle doit nécessairement incomber aux administrations qui en ont régulièrement, d'après les lois et règlements, la charge.

M. Pascal, bien qu'en principe favorable à la désaffectation du Palais Jacques Coeur, exprime l'avis qu'elle lui paraît toutefois ne pouvoir se réaliser sans une participation financière très importante des autorités locales, Ville et département intéressées à l'opération.

En présence de la complexité de cette affaire, M. Gonse propose qu'une délégation de la Commission se rende prochainement à Bourges pour examiner sur place toutes les faces de la question.

Cette proposition est adoptée : la délégation se composera de M. Daumet, président, de MM. Gonse et Michel et des inspecteurs généraux. Elle aura à étudier notamment les questions suivantes : l'utilité de l'évacuation du Palais Jacques Coeur par les services judiciaires ; l'affectation qui pourrait être donnée ultérieurement au monument ; les concours locaux qui seraient apportés à l'État en vue de la réalisation de cette entreprise. 80/15/020/297

Nomination d'architecte ordinaire

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Valentin comme inspecteur des travaux à effectuer à Orange en remplacement de M. Morénas, décédé.

Dispenses d'adjudication

La Commission estime que peuvent être dispensés d'adjudication les travaux à exécuter à l'ancienne cathédrale de Laon (devis de 116 316 Francs 99) et à l'ancienne abbaye de Fontevraud (devis de 46 690 Francs 28) 80/15/020/298

10 juin 1910 [Vendredi]
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dreyfus, Enlart, Gonse, Lameire, Léon, Magne, Marcou, Michel, Pascal, Puthomme, Selmersheim.
[Approbation de travaux d'entretien sur le rapport de M. Selmersheim]

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 1 593 Francs 31 relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale d'Annecy (Savoie)

2° devis de 797 Francs 52 Francs ayant pour objet la consolidation d'une travée du bas-côté nord de la cathédrale d'Annecy (Savoie)

3° devis de 4 539 Francs 97 relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale d'Autun (Yonne)

4° devis de 3 612 Francs 70 relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale du Puy-en-Velay (Haute-Loire)

5° devis de 2 587 Francs 53 dressé en vue de la réfection du pavage au devant de la façade principale de la cathédrale de Saint-Claude (Jura) 80/15/020/299

6° devis de 3 151 Francs 42 concernant l'achèvement de la restauration du jardin du château de Brécy (Calvados)

7° devis de 3 425 Francs 71 ayant pour objet la reconstruction du beffroi des cloches de l'église de Fresne-Camilly (Calvados)

8° devis de 1327 Francs 67 établi en vue de l'établissement de grillages protecteurs de vitraux à l'église de Bernières-sur-Mer (Calvados)

9° devis de 298 Francs 22 relatif à l'entretien en 1910 de l'église d'Arnay-le-Duc (Côte-d'Or)

10° devis de 2 063 Francs 47 ayant pour objet l'établissement d'un paratonnerre à l'église d'Arnay-le-Duc, sous réserve d'un concours financier important de la Commune.

11° devis de 2 748 Francs 13 dressé en vue de la restauration de la verrière du transept sud de l'église de La Madeleine à Verneuil-sur-Avre (Eure)

12° devis de 5 382 Francs 74 concernant la mise en état de conservation de l'église de Blévy (Eure-et-Loir)

13° devis de 5 992, 44 Francs relatif à l'achèvement de la réfection des couvertures de l'église de Toury (Eure-et-Loir) 80/15/020/300

14° devis de 13 689 Francs 40 établi en vue de la restauration de l'église Saint-Jacques à Compiègne (Oise)

15° devis de 1 728 Francs 28 ayant pour objet l'exécution de réparations diverses à l'église de Saint-Martin-aux-Bois (Oise)

16° devis de 13 586 Francs 85 relatif à la restauration de l'église Saint-Martin à L'Aigle (Orne)

17° devis de 13 033 Francs 17 concernant une restauration partielle à la Sainte-Chapelle à Paris (Seine)

18° devis de 3 412 Francs 01 dressé en vue de la réfection du fenestrage de la façade principale de l'église d'Arques (Seine-Inférieure)

19° devis de 1 581 Francs 33 relatif à la restauration de l'entrée du collège d'Eu (Seine-Inférieure), sous réserve de la participation financière de la Ville pour un tiers dans la dépense prévue.

20° devis de 5 640 Francs 24 concernant la réparation des couvertures de l'église de Saint-Loup-de-Naud (Seine-et-Marne)

21° devis de 6 620 Francs 21 ayant pour objet l'achèvement de la restauration du transept sud à l'église de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne) 80/15/020/301

22° devis de 9 868 Francs 50 établi en vue de la réfection des couvertures de l'église de Montfort-l'Amaury (Seine-et-Oise)

23° devis de 8 114 Francs 54 relatif à la mise en état de conservation de l'église de Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise)

24° devis de 1 397 Francs 13 ayant pour objet la reprise de la première frise sud de la nef de l'église de Druyes (Yonne)

Église de Saint-Gervais (Seine-et-Oise)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim au sujet de la restauration de l'église de Saint-Gervais (Seine-et-Oise)

Approbation de travaux d'entretien sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 9 360 Francs 08 relatif à la consolidation du clocher de l'église de Sentein (Ariège)

2° devis de 1 422 Francs 59 dressé en vue de la restauration de l'église de Saint-Restitut (Drôme)

3° devis de 586 Francs 24 concernant l'entretien de la chapelle du Saint-Sépulcre à Saint-Restitut (Drôme) 80/15/020/302

4° devis de 537 Francs 31 relatif à l'entretien de l'église de Montsaunès (Haute-Garonne)

5° devis de 131 Francs 35 dressé en vue de la réparation des couvertures de l'église de Saint-Aventin (Haute-Garonne)

6° devis de 464 Francs 41 dressé en vue de l'entretien de l'église de Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne)

7° devis de 924, 58 Francs ayant pour objet l'exécution de diverses réparations à l'église de Marnans (Drôme)

8° devis de 7 061 Francs 31 concernant la remise en état de l'église de Voreppe (Isère)

9° devis de 2 457 Francs 82 ayant pour objet l'exécution de réparations diverses à l'église Saint-André-le-Bas à Vienne (Isère)

10° devis de 2 020 Francs 64 relatif à la restauration des stalles de l'abside de l'église de Rembercourt-aux-Pots (Meuse)

11° devis de 384 Francs 17 dressé en vue de l'installation dans l'église Saint-Genès à Thiers (Puy-de-Dôme), de mosaïques romaines.

12° devis de 2 378 Francs 02 concernant l'assainissement et la réparation du baptistère de Chambon (Puy-de-Dôme) 80/15/020/303

13° devis de 6 070 Francs 96 ayant pour objet l'exécution de réparations diverses à l'église de Sauviat (Puy-de-Dôme)

14° devis de 7 838 Francs 28 relatif à la restauration de l'église d'Ailly-le-Haut-Clocher (Somme)

15° devis de 4 344 Francs 45 établi en vue de la remise en état de la couverture de la nef et des bas-côtés de l'église de Vomécourt (Vosges)

16° devis de 1 536 Francs 15 concernant la réparation de la tour de Montaner (Basses-Pyrénées)

Église de Ceffonds (Haute-Marne)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald relatif à l'exécution d'un vitrail dans l'église de Ceffonds.

Approbation de travaux d'entretien sur le rapport de M. Magne

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission approuve l'exécution des devis suivants :

1° devis de 4 674 Francs 30 relatif à la consolidation du porche nord, pilier ouest, de la cathédrale de Cahors (Lot)

2° devis de 25 907 Francs 50 ayant pour objet l'achèvement de la restauration de la cathédrale de Montauban (Tarn-et-Garonne) 80/15/020/304

3° devis de 395 Francs 44 dressé en vue d'achever la remise en état des vitraux de l'église d'Iffendic (Ille-et-Vilaine)

4° devis de 7 296 Francs 37 concernant la restauration de l'église de Rions (Gironde)

5° devis de 7 890 Francs 21 relatif à la consolidation des murs d'enceinte du château de Chinon (Indre-et-Loire)

6° devis de 13 886 Francs 07 ayant pour objet la restauration de l'église d'Avon (Indre-et-Loire)

7° devis de 1 432 Francs 34 dressé en vue de la mise en état d'une salle du bâtiment de Gaston d'Orléans au château de Blois (Loir-et-Cher)

8° devis de 906 Francs 09 relatif à l'entretien de l'église et du cloître de Moissac (Tarn-et-Garonne)

9° devis de 2 488 Francs 82 ayant pour objet la mise en état de conservation de l'Hypogée martyrium de Poitiers (Vienne)

10° La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne au sujet de la restauration de l'église de Tavant (Indre-et-Loire)

11° La Commission approuve les conclusions du rapport en date du 4 mai 1910 de M. l'Inspecteur général Magne relatif à la dotation du devis de 23 600 Francs dressé en vue de la restauration de l'Hôtel-Dieu d'Issoudun (Indre) 80/15/020/305

Église monolithe de Saint-Émilion (Gironde)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne au sujet du dégagement du clocher de l'église monolithe de Saint-Émilion.

Église Saint-Sauveur à Dinan (Côtes-du-Nord)

La Commission ne voit pas d'inconvénient au point de vue technique de l'installation d'un buste dans une chapelle absidale de l'église Saint-Sauveur à Dinan.

Cathédrale de Cahors (Lot)

La Commission approuve les conclusions de rapport de M. Magne relatif aux travaux exécutés de moulages et surmoulages de sculptures du porche nord de la cathédrale de Cahors.

Cathédrale de La Rochelle

La Commission estime que la Compagnie du gaz de La Rochelle peut être autorisée à poser, en vue d'une distribution urbaine d'électricité, trois supports sur les murs de la cathédrale de La Rochelle.

Cathédrale d'Angoulême (Charente)

La Commission n'a pas d'objection à présenter à l'encontre du projet dressé en vue de l'installation de la lumière électrique dans la cathédrale d'Angoulême.

Église du Grand-Andely (Eure)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, relatif aux mesures à prendre pour assurer la protection des vitraux de l'église du Grand-Andely. 80/15/020/306

Église Saint-Étienne à Caen (Calvados)

La Commission estime qu'il n'y a pas lieu de donner suite jusqu'à nouvel ordre aux propositions de travaux présentés par M. l'architecte de La Rocque en vue de la réfection des couvertures du choeur de l'église Saint-Étienne à Caen.

Église d'Ambronay (Ain)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim relatif à la grille de clôture de la chapelle de Mauvoisin à l'église d'Ambronay.

Cathédrale d'Autun (Saône-et-Loire)

La Commission ajourne jusqu'à l'année prochaine l'examen des travaux de la tour centrale de la cathédrale d'Autun.

Église de la Couture à Bernay (Eure)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. Selmersheim relatif à une modification de la tribune d'orgues de l'église de la Couture à Bernay.

Cathédrale de Saint-Claude (Jura)

La Commission émet un avis défavorable à l'approbation en 1910 d'un deuxième devis d'entretien relatif à la cathédrale de Saint-Claude.

Domaine du château de Versailles (Seine-et-Oise)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, au sujet de la réfection et de l'entretien de l'allée des Matelots, à Versailles. 80/15/020/307

Église d'Aulnoye (Nord), chapelle Saint-Joseph à Castellane (Basses-Alpes)

La Commission estime qu'elle n'a aucune objection à présenter à l'encontre de la désaffectation projetée de l'église d'Aulnoye et de la chapelle Saint-Joseph à Castellane

Citadelle de Sisteron (Basses-Alpes)

La Commission émet un avis favorable au classement de la citadelle de Sisteron.

Maison XVe siècle à Bruniquel (Tarn-et-Garonne)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne au sujet du classement d'une maison XVe siècle à Bruniquel.

Maison XVe siècle à Tours (Indre-et-Loire)

La Commission émet un avis favorable au classement d'une maison du XVe siècle à Tours, rue de la Riche n° 26.

Église de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault)

M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald informe la Commission qu'il est question de construire, derrière le chevet de l'église de Saint-Guilhem-le-Désert, des bâtiments scolaires, ce qui aurait pour résultat de masquer complètement l'abside de cet édifice.

La Commission s'élève, à l'unanimité, contre ce projet et estime que le meilleur moyen d'en empêcher la réalisation serait d'acquérir le terrain destiné à la construction. Elle donne mission à M. [Paul] Boeswillwald de s'occuper spécialement de cette affaire et le prie d'examiner, de concert avec M. l'architecte Nodet, dans quelles conditions cette acquisition pourrait être faite et de s'informer du montant de la dépense qu'elle nécessiterait. M. [Paul] Boeswillwald fera connaître dans un rapport ultérieur, le résultat de ses démarches.

L'opération projetée étant de nature à porter atteinte à la conservation du site de Saint-Guilhem-le-Désert, M. Selmersheim estime que la Commission des sites de l'Hérault pourrait peut-être utilement intervenir en la circonstance.

Église Saint-Martin à Brive (Corrèze)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne relatif au dégagement de l'église Saint-Martin, à Brive. Elle renouvelle à l'unanimité le voeu qu'elle a émis dans sa séance du 9 juillet 1909 au sujet de cette affaire, c'est-à-dire que l'État ne peut participer à la réalisation de cette opération, qui intéresse principalement la Ville de Brive, pour une somme supérieure à 40 000 Francs.

En conséquence, la Municipalité de Brive devra prendre intégralement à sa charge le déficit de 20 500 Francs qui existe actuellement pour assurer, par l'acquisition de l'immeuble Parvieux, le complet dégagement de la façade latérale nord de l'église Saint-Martin.

La Commission estime qu'il y a lieu d'inviter le Conseil municipal à prendre un engagement formel en ce sens. Elle exprime en outre l'avis qu'avant de procéder à l'achat de la maison Parvieux, une convention soit passée avec la Municipalité fixant le délai dans lequel la Ville de Brive devra procéder à la démolition des immeubles qui auront été acquis (maisons Renaudie et Parvieux) ainsi qu'à celle de la propriété communale adossée contre la façade latérale nord de l'église.

Si une entente complète ne pouvait intervenir sur ces différents points, la Commission estime que l'administration des Beaux-arts ne devrait plus, jusqu'à nouvel ordre, poursuivre la réalisation de cette affaire.

Cathédrale d'Orléans (Loiret)

M. l'Inspecteur général de Baudot fait connaître que l'architecte de la cathédrale d'Orléans a été obligé de déposer récemment deux grands pinacles du monument qui menaçaient de tomber sur la voie publique.

Il ajoute que, très préoccupé depuis longtemps de la situation de certains des ouvrages extérieurs de la cathédrale et notamment des pinacles, il s'est rendu, dès qu'il a eu connaissance de ce fait, à Orléans. Il a constaté que la plupart des pinacles se trouvaient dans un état lamentable et très dangereux pour la sécurité publique. Aussi demande t-il que l'architecte soit invité à fournir, avec rapport à l'appui, une estimation de la dépense nécessaire pour remédier à la situation actuelle.

M. de Baudot saisit cette occasion pour appeler l'attention de la Commission sur la nécessité de réserver une portion de plus en plus importante des crédits annuels des Monuments historiques en faveur des édifices qui présentent de réels dangers tant au point de vue de leur conservation que de la sécurité publique. Le nombre des monuments que les architectes signaient comme étant en mauvais état et comme exigeant d'immédiates mesures de consolidation augmente avec une rapidité toujours croissante. M. de Baudot a signalé dans la dernière séance de la Commission l'état actuel de délabrement de la Tour de la cathédrale de Meaux et des statues de celle d'Angers ; il peut aujourd'hui signaler, outre la cathédrale d'Orléans, la situation dangereuse de plusieurs autres cathédrales des bords de la Loire, notamment de celles de Tours et de Nantes. M. de Baudot insiste particulièrement sur l'état actuel de la cathédrale de Nantes, où un échafaudage provisoire de protection a dû être récemment établi à la Tour Nord au-dessus de la ligne du tramway. M. de Baudot ajoute qu'il étudie actuellement avec l'architecte les mesures qui vont devoir être prochainement prises pour remédier au délabrement de certaines parties extérieures de cet édifice et qu'il ne manquera pas de faire des propositions définitives à la Commission dès la rentrée d'octobre.

En présence d'un tel état de choses, M. de Baudot émet, en terminant, le voeu que l'importance des travaux de restauration proprement dite soit réduite de plus en plus et que les crédits soient largement distribués aux édifices dont la situation réclamerait l'exécution de travaux de simple réparation, c'est-à-dire purement conservatoires.

La Commission approuve la dépose immédiate des deux pinacles de la cathédrale d'Orléans. Elle estime, conformément à l'avis exprimé par M. de Baudot, qu'il y aurait grand intérêt à ce qu'elle pût se rendre compte pour tous les monuments en péril par des rapports précis et des évaluations sommaires, de l'importance du mal et des dépenses nécessaires pour y porter remède.

Elle prie, en conséquence, M. de Baudot de vouloir bien se mettre en rapport tant avec l'architecte de la cathédrale d'Orléans qu'avec celui de la cathédrale de Nantes et de les inviter à établir le devis des travaux que nécessite la réparation des ouvrages de pierre de ces édifices.

La Commission pourra statuer, une fois ces projets dressés, en pleine connaissance de cause, sur les mesures à prendre pour sauvegarder ces deux monuments.

La Commission approuve, d'autre part, sur la proposition de M. l'Inspecteur général de Baudot, l'exécution d'un devis de 16 082 Francs relatif à la continuation de la réparation des couvertures de la cathédrale d'Orléans.

Approbation de travaux d'entretien dans les cathédrales sur le rapport de M. de Baudot

Sur le rapport de M. l'Inspecteur général de Baudot, la Commission émet un avis favorable à l'approbation :

1° d'un devis de 4 500 Francs relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

2° d'un devis de 2 500 Francs concernant l'entretien en 1910 de la cathédrale de Laval (Mayenne) 80/15/020/312

Musée de sculpture comparée (Moulages)

M. Enlart après avoir fait connaître qu'une somme de 1 700 Francs se trouvait encore disponible sur le crédit alloué annuellement au Musée de sculpture comparée pour l'exécution de moulages propose, pour l'emploi de cette somme, les moulages suivants :

1° une statuette d'argent du XIIIe siècle, dite "le Roi de Bourges" appartenant à M. Pierpont-Morgan

2° la balustrade du XVe siècle ornée de cerfs-volants et de monogrammes sise dans la chapelle des Bourbons à la cathédrale de Lyon (Rhône)

3° divers chapiteaux du XIIe siècle de la nef de l'église de Brioude (Puy-de-Dôme)

La Commission approuve, dans l'ordre énuméré ci-dessus et jusqu'à concurrence de la somme de 1 700 Francs, les propositions complémentaires présentées par M. Enlart.

Dispense d'adjudication

La Commission estime qu'il n'y a pas d'inconvénient à donner suite aux demandes de dispense d'adjudication qui ont été présentées en vue de l'exécution des travaux prévus aux devis suivants :

devis de 31 959, 94 Francs relatif à la remise en état de l'église de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône)

devis de 29 436, 40 Francs concernant la restauration de l'église Saint-Philibert de Tournus (Saône-et-Loire),

devis de 60 000 Francs relatif à la continuation de la restauration du transept de la cathédrale de Chartres (Eure-et-Loire)

devis de 47 866, 64 Francs ayant pour objet la restauration de la Tour Talbot au château de Falaise (Calvados)

17 juin 1910
Visite à Meaux (Seine-et-Marne)
La Commission des Monuments historiques ayant décidé dans sa séance du 20 mai 1910 qu'une délégation de ses membres se rendrait à Meaux pour examiner diverses questions relatives aux travaux projetés à la cathédrale de Meaux ainsi que celles concernant les dépendances de cet édifice, cette délégation s'est transportée dans cette ville le 17 juin 1910.
Elle était composée de MM. Daumet, président ; de Baudot, Selmersheim, [Paul] Boeswillwald, Magne, Marcou, Grandjean, Gonse, Michel, Paul Léon et Berr de Turique, Parfu, secrétaire. Etait également présent sur les lieux M. le maire de la Ville de Meaux.
1° cathédrale de Meaux

La délégation s'est tout d'abord préoccupée d'examiner l'état de la cathédrale au point de vue des travaux qu'il y aurait lieu d'y exécuter, notamment ceux se rapportant à l'étage supérieur de la tour nord, elle a constaté que, si le gros oeuvre présentait par lui-même toute la solidité désirable, il n'en était pas de même en ce qui concernait les saillies des parties extérieures de la dite tour. La pierre de mauvaise qualité se fend dans sa longueur, se détache, et la chute des fragments risque d'occasionner de graves accidents.

M. [Jean-Camille] Formigé, architecte de la cathédrale, a, d'ailleurs, pour convaincre la délégation du mauvais état de la pierre, présenté un échantillon de celle-ci. Cet échantillon, contenait une fêlure caractéristique, ne laissant aucun doute sur l'état défectueux du matériau employé lors de la construction de l'édifice. Les parties les plus abîmées des quatre faces de l'étage supérieur de la tour nord sont celles situées à l'ouest et au nord et à ce sujet M. l'Inspecteur général de Baudot a exprimé l'avis que, pour éviter les frais d'une restauration fort coûteuse, le meilleur serait de faire disparaître les saillies dont certaines parties menacent de tomber, et de se contenter d'effectuer les quelques reprises indispensables.

Cet avis a semblé 80/15/020/314 être partagé par la délégation, notamment par M. Gonse.

Après une visite d'ensemble de la cathédrale, la délégation s'est retirée sans avoir conclu d'une façon définitive, toutefois elle a prié M. l'Inspecteur général de Baudot de vouloir bien lui fournir un rapport en conformité avec l'avis qu'il avait émis.

2° dépendances de la cathédrale

Après sa visite à la cathédrale, la délégation s'est transportée dans les dépendances situées au nord-est du monument où se trouvent situés l'évêché et son jardin, le pavillon de Bossuet, le presbytère, le vieux chapitre, la chapelle des catéchismes et la maîtrise ; elle a constaté que le bâtiment de la maîtrise n'offrait aucun intérêt et pouvait sans inconvénient être démoli.

M. le maire de Meaux expose que le Conseil municipal, qui a demandé que ces biens leur fussent attribués, semblait éprouver à ce sujet de la résistance de la part de l'administration des Domaines séquestre des dits biens. La Ville de Meaux doit donc envisager la possibilité de leur acquisition si elle veut donner suite à son projet de dégagement de la cathédrale et à l'installation de son musée dans l'évêché.

La délégation, tout en souhaitant que la Ville puisse parvenir à réaliser son projet de dégagement de la cathédrale et d'affectation de l'évêché à un musée, n'a pu que constater avec M. le maire de Meaux, combien les difficultés actuellement pendantes entre la Ville et le séquestre risquaient d'en retarder l'exécution.

La délégation a quitté la Ville de Meaux à 4 heures 50. 80/15/020/315
Approbation de travaux d'entretien sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald
24 juin 1910
Délégation à Bourges (Cher)
Conformément au voeu émis par la Commission des Monuments historiques dans sa séance du 27 mai 1910, une délégation de la dite Commission s'est rendue à Bourges en vue d'examiner de visu la possibilité de l'évacuation par les services judiciaires, du palais Jacques Coeur et leur transfert dans l'ancien séminaire. Elle devait en outre, se rendre compte de l'intérêt que pourrait présenter le dégagement de l'abside de la cathédrale.
Devaient faire partie de cette délégation, suivant désignation faite par la Commission : MM. Daumet, de Baudot, Selmersheim, [Paul] Boeswillwald, Magne, Marcou, Grandjean, Gonse, Michel, Léon, Berr de Turique, membres, Parfu secrétaire.
La délégation s'est rendue à Bourges le 24 juin 1910 où elle est arrivée à midi, elle s'est trouvée définitivement composée de MM. Selmersheim, [Paul] Boeswillwald, Magne, Marcou, Gonse, Michel, Paul Léon, Berr de Turique, membres et Parfu, secrétaire. Etaient également présents M. le préfet du Cher et M. le maire de Bourges.
Palais Jacques Coeur à Bourges (Cher)

La délégation s'est tout d'abord occupée de la situation du Palais Jacques Coeur: l'évacuation de ce monument par les services judiciaires lui a paru en somme très désirable mais elle n'a pas été sans constater qu'une fois l'évacuation admise et effectuée, la restauration du palais dans son état primitif ne serait pas sans occasionner de très lourdes dépenses qui devraient naturellement incomber en majeure partie aux autorités locales et, étant donné la difficulté de réalisation des ressources nécessaires par celles-ci, elle a conclu tout au moins provisoirement, au maintien du statu quo mais en demandant toutefois que des travaux fussent exécutés en vue de sauvegarder l'édifice des dangers d'incendie que peuvent occasionner les services qui y sont installés.

Cathédrale de Bourges (Cher)

La délégation s'est ensuite transportée à la cathédrale.

Là, elle a examiné, sur la demande de M. le maire de Bourges, la proposition de la Municipalité, laquelle consiste à opérer 80/15/020/316 le dégagement complet de l'abside, en procédant à la démolition de divers immeubles qui la masque, notamment la maison Magdeleine, la maison Vaultier et la maison Beauchard. Le prix d'expropriation de ces trois immeubles s'élèverait à environ 96 000 Francs et avec adjonction des frais atteindrait celle de 100 000 Francs. En outre, un chemin appelé "Chemin des Morts", dont la propriété n'est pas encore bien définie, serait à déplacer.

La délégation, tout en se montrant favorable au projet de dégagement de la cathédrale, a cru cependant devoir se réserver de se prononcer en faveur de son exécution, la Municipalité n'ayant pu lui faire connaître quel serait le concours financier qu'elle pourrait apporter pour la réalisation de ce projet de dégagement.

La délégation, après avoir visité la cathédrale dans son ensemble, notamment la crypte, et rendu hommage à la façon dont M. [Paul] Boeswillwald avait dirigé les travaux de restauration de cet édifice, s'est rendue à l'Hôtel Lallemand dont elle a visité les différentes parties ainsi que le musée qu'il renferme.

La délégation, ayant jugé sa mission terminée, a quitté la ville de Bourges à 6 h 23. 80/15/020/317
8 juillet 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dreyfus, Enlart, Gonse, Grandjean, Homolle, Lameire, Léon, Magne, Marcou, Michel, Pascal, Perrault-Dabot, Selmersheim.
Approbation de devis de travaux sur des cathédrales après rapport de M. l'Inspecteur général de Baudot

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général de Baudot, dont lecture est donnée à la Commission, cette assemblée émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

Cathédrale de Coutances (Manche)

1° devis de 3 500 Francs relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale de Coutances.

Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

2° devis de 27 053 Francs 57 concernant la réfection des deux fenêtres du transept sud de la cathédrale de Nantes.

Cathédrale de Quimper (Finistère)

3° devis de 2 500 Francs relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale de Quimper.

Cathédrale de Sées (Orne)

4° devis de 2 500 Francs ayant pour objet l'entretien en 1910 de la cathédrale de Séez. 80/15/020/318

Cathédrale de Vannes (Morbihan)

5° devis de 2 000 Francs dressé en vue de l'entretien en 1910 de la cathédrale de Vannes.

Cathédrale de Reims (Marne)

La Commission estime que les crédits actuellement disponibles ne permettent pas l'exécution sur le présent exercice du devis de 33 727 Francs 25 établi en vue de l'achèvement de la restauration du transept nord de la cathédrale de Reims.

Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général de Baudot au sujet des mesures à prendre pour assurer la protection des vitraux du côté nord de la cathédrale de Nantes.

Cathédrale de Meaux (Seine-et-Marne)

La Commission prend connaissance de la communication de M. de Baudot relative à la visite récente faîte par une délégation de l'assemblée à la cathédrale de Meaux et ajourne l'examen de l'affaire à la rentrée d'octobre.

Cathédrale d'Arras (Pas-de-Calais)

La Commission repousse le projet présenté par M. l'architecte Wallon en vue de l'érection dans la cathédrale d'Arras d'un autel dédié à Jeanne d'Arc.

Cathédrale de Tours (Indre-et-Loire)

1° la Commission approuve l'exécution d'un devis de 6 042 Francs 58 relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale de Tours. 80/15/020/319

2° elle émet d'autre part un avis défavorable à l'approbation des deux devis relatifs :

à la restauration et la consolidation du cloître (devis de 149 414 Francs 48),

à la réfection partielle des tours et à la consolidation de la façade de la cathédrale (devis de 297 944 Francs 85).

L'architecte devra être invité à dresser de nouveaux projets conformément aux indications contenues dans les rapports de M. l'Inspecteur général Magne.

Cathédrale de Limoges (Haute-Vienne)

La Commission approuve l'exécution du devis de 3 771 Francs 90 relatif à l'entretien en 1910 de la cathédrale de Limoges.

[Approbation de devis sur rapport de M. Selmersheim]

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

Église de Vendeuvre (Aube)

1° devis de 17 906 Francs 87 dressé en vue de la restauration de la flèche et des couvertures de l'église de Vendeuvre.

Église de Bar-le-Régulier (Côte-d'Or)

2° devis de 5 899 Francs 86 relatif à l'assainissement et à la réparation des couvertures de l'église de Bar-le-Régulier.

Église Notre-Dame à Saint-Lô (Manche)

Devis de 6 547 Francs 82 concernant les réparations à exécuter au clocheton sud-ouest de la tour nord de l'église Notre-Dame à Saint-Lô. 80/15/020/320

Église de Bury (Oise)

4° devis relatif à la restauration de l'église de Bury, le projet dressé par M. l'architecte Chaine devant être remanié conformément aux observations du rapport de M. l'Inspecteur général.

Église de Thiverval (Seine-et-Oise)

5° devis de 9 730 Francs 05 ayant pour objet la remise en état de l'église de Thiverval.

Ancien Prieuré de Saint-Romain-le-Puy (Loire)

6° devis de 3 642 Francs 79 dressé en vue de l'achèvement de la restauration de l'église de l'ancien prieuré de Saint-Romain-le-Puy.

Cathédrale d'Albi (Tarn)

7° devis de 4 483 Francs 12 concernant la restauration du grand clocher de la cathédrale d'Albi.

Église de Largentière (Ardèche)

8° devis de 1 113 Francs 44 relatif à l'entretien de l'église de Largentière.

Église de Houdan (Seine-et-Oise)

9° devis de 1 533 Francs 57 établi en vue de l'entretien de l'église de Houdan.

Église Saint-Michel à Dijon (Côte-d'Or)

10° devis de 554 Francs 40 ayant pour objet l'établissement d'une rampe sous le porche central de l'église Saint-Michel à Dijon.

[Approbation de devis sur rapport de M. [Paul] Boeswillwald]

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald et conformément aux conclusions de ses rapports, la Commission approuve l'exécution des devis suivants : 80/15/020/321

Église Saint-Yves de Braisne (Aisne)

1° devis de 5 996 Francs 25 relatif à l'exécution d'une verrière pour l'église Saint-Yves de Braisne.

Église de Vézelise (Meurthe-et-Moselle)

2° devis de 3 831 Francs 58 concernant l'achèvement de la restauration des vitraux de l'église de Vézelise.

Église de Clermont-en-Argonne (Meuse)

3° devis de 3 193 Francs 92 dressé en vue de la remise en état des toitures de l'église de Clermont-en-Argonne.

Église de Dugny (Nièvre)

4° devis de 4 578 Francs 71 ayant pour objet la conservation des toitures de l'église de Dugny.

Église de Luz (Hautes-Pyrénées)

5° devis de 6 198 Francs 18 relatif à la réparation des toitures de l'église de Luz.

Hôtel de ville de Rambervillers (Vosges)

6° devis de 17 144 Francs 58 concernant la restauration de la façade latérale de gauche de l'Hôtel de ville de Rambervillers.

Église de Saint-Gaudens (Haute-Garonne)

7° devis de 125 Francs 65 relatif à l'entretien de l'église de Saint-Gaudens.

Entretien d'édifices de la Drôme

8° devis concernant l'entretien des églises de la Baume de Transit (562, 49 Francs), de Grignan (305, 10 Francs) et de la Garde Adhémar (207 Francs 06F).

Église d'Alayrac (Drôme)

9° devis de 333 Francs 36 relatif à la consolidation des ruines de l'église d'Alayrac. 80/15/020/322

Maison rue des Toiles n°15 à Bourges (Loir-et-Cher)

La Commission émet un avis favorable au classement des parties extérieures de la maison située 15 rue des Toiles à Bourges, à condition toutefois que les propriétaires prennent préalablement l'engagement de faire disparaître les affiches placées actuellement sur les façades de cet immeuble.

Église de Bussy (Cher)

La Commission émet un avis favorable au classement de l'église de Bussy.

Elle approuve d'autre part l'exécution d'un devis de 4 500 Francs dressé en vue de la restauration des vitraux de cette église.

Église Sainte-Catherine à Honfleur (Calvados)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 89 767 Francs 71 dressé par M. [Gabriel] Ruprich-Robert en vue de la restauration de l'église Sainte-Catherine à Honfleur et estime que l'administration des Beaux-arts peut contribuer à la réalisation de cette entreprise pour une somme de 36 191 Francs 72.

Palais de Versailles (Seine-et-Oise)

La Commission ne voit aucun inconvénient à ce que la réparation projetée de l'horloge existant dans le salon du Conseil au Palais de Versailles soit effectuée au moyen des crédits des Monuments historiques.

Porte du Val à Flavigny (Côte-d'Or)

La Commission estime que l'intérêt qui s'attache à la conservation de la Porte du Val à Flavigny peut justifier la mise à 80/15/020/323 la charge intégrale de l'État de la dépense complémentaire de 3 162 Francs 08 nécessaire pour remettre en état ce monument.

Église de Ceffonds et Maison Renaissance à Langres (Haute-Marne)

Bien que les municipalités de Ceffonds et de Langres aient refusé de concourir à la dépense nécessitée par la restauration projetée de l'église de Ceffonds et de la maison Renaissance à Langres, la Commission estime en raison de l'intérêt que présentent ces deux monuments, qu'il y a lieu pour l'État de prendre à sa charge l'intégralité des dépenses prévues.

Église Saint-André à Grenoble (Isère)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald relatif aux scellements pratiqués sans autorisation sur la façade de l'église Saint-André à Grenoble pour la pose de lignes aériennes.

Église de Pont-L'Abbé (Charente-Inférieure)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne au sujet de l'isolement et de la restauration de l'église de Pont-L'Abbé.

Église de Montargis (Loiret)

La Commission émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 19 969 Francs 91 relatif à la restauration des couvertures de l'église de la Madeleine à Montargis. 80/15/020/324

[Classement]

La Commission émet un avis favorable aux classements des édifices suivants :

Château d'Aubenas (Ardèche)

1° château proprement dit d'Aubenas, donjon et enveloppe extérieure au sud, au nord et à l'est, y compris les deux tours est et l'échauguette nord-est.

2° église Saint-Michel à Castelnaudary (Aude)

3° église Saint-Jacques de Montauban (Tarn-et-Garonne).

4° maison du XVe siècle, en ruines, sise à Villeneuve-lès-Avignon (Gard) dans l'enceinte du Port Saint-André.

Hôtel Tivoli à Bordeaux (Gironde)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'acquisition par le département de la Gironde de l'Hôtel Tivoli à Bordeaux, dépendant de l'ancienne Congrégation des Jésuites et qui doit être mis prochainement en vente.

La Commission estime d'autre part que l'administration pourrait participer à la réalisation de cette opération dans la proportion d'un tiers, à la condition toutefois que la contribution de l'État ne dépasse pas 25 ou 30 000 Francs, participation maxima. 80/15/020/325

Église abbatiale de Fontevraud (Maine-et-Loire)

La Commission prend, avec le plus grand intérêt, connaissance d'une communication de M. l'Inspecteur général Magne relative aux fouilles qu'il a exécutées au transept de l'église abbatiale de Fontevraud et qui ont amené la découverte des sépultures des rois et reines d'Angleterre de la famille des Plantagenets.

Cathédrale de Bourges (Cher)

Consultée sur le montant de la subvention à accorder à la Ville de Bourges pour l'aider à acquérir, en vue du dégagement de l'abside de la cathédrale de Bourges, la maison possédée par M. Beauchard rue Bourbonnoux, la Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, estime que l'État pourrait participer à cette acquisition jusqu'à concurrence d'une somme de 10 000 Francs.

Cathédrale d'Avignon (Vaucluse)
La Commission approuve les conclusions du rapport présenté par M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald au sujet de la pose d'une glace de protection devant les peintures murales du porche de la cathédrale d'Avignon.
Pont du Gard (Gard)

M. l'Inspecteur général Grandjean donne lecture d'un rapport où il rend compte des négociations qu'il poursuit depuis quelque temps avec M. Calderan, propriétaire des terrains forestiers qui avoisinent le Pont du Gard. Le monument est enclavé dans ces terrains. On ne peut le visiter, ni jouir de la vue du site environnant qu'à la condi- 80/15/020/326 tion de parcourir quelques parcelles de la propriété de M. Calderan. Sous prétexte que les touristes dégradent ses bois, celui-ci a résolu d'interdire au public les abords du pont. Il offre, toutefois, avant d'en venir là, de rendre à l'État les terrains les plus rapprochés du Pont. Mais il exige, en échange, des sommes exorbitantes qui, suivant les superficies envisagées, varient de 35 à 50 000 Francs. Pour une simple servitude d'accès qui serait constituée au profit du public sur deux ou trois hectares le long de la rive droite du Gardon, il demande 15 ou 20 000 Francs. Le rapporteur commente ces chiffres et appelle l'attention sur la nécessité de sauvegarder en même temps que les accès du monument lui-même, le site qui l'entoure.

Après avoir examiné les plans, la Commission est d'avis que les prétentions du propriétaire sont tellement supérieures à la valeur vénale des terrains, qu'il n'est pas possible de traiter sur de telles bases. Elle estime du reste qu'on ne doit pas se préoccuper seulement de conserver au public la faculté de visiter librement le Pont du Gard, mais qu'il faut par dessus tout maintenir intact le site qui lui sert de cadre.

En conséquence la Commission émet le voeu que l'administration des Beaux-arts se concerte avec l'administration départementale, en vue de provoquer le classement du site dans les conditions prévues par la 80/15/020/327 loi du 21 avril 1906.

Mais comme il est à prévoir que M. Calderan refusera d'adhérer à cette mesure, il y aura lieu de s'entendre avec le département dans le but d'arriver à une expropriation.

Cathédrale de Meaux (Seine-et-Marne)

La Commission s'entretient de la visite qu'a faite à Meaux le 17 juin la délégation qu'elle avait chargée d'examiner la situation de la cathédrale de Meaux, de l'évêché et des immeubles contigus.

Elle estime que, parmi les questions pendantes, il en est deux dont on peut ajourner l'examen, à savoir la reconstruction de la tour nord de la cathédrale et la restauration du Vieux Chapitre.

Pour ce qui est de l'évêché et des immeubles voisins, elle incline à penser qu'il serait désirable que la Ville, qui est déjà en voie d'acquérir de l'État le jardin et les communs de l'évêché, acquît en même temps le Palais épiscopal et sa cour d'honneur. Cet arrangement paraît seul susceptible de conduire à des solutions satisfaisantes pour l'aménagement des abords de la cathédrale, de l'évêché et du Vieux Chapitre ainsi que pour la conservation de ces trois monuments.

M. l'Inspecteur général Grandjean est chargé de rechercher si une entente serait possible sur ces bases entre la Ville et le Domaine. L'administration serait disposée à faciliter un accord, en allouant à la Ville une subvention qui l'aiderait à acquérir le Palais, mai en exigeant en 80/15/020/328 échange la signature d'une convention profitable aux trois monuments classés.

Nomination d'architectes ordinaires (départements du Jura et de l'Orne)

La Commission émet un avis favorable à la nomination de :

1° M. Billet, comme architecte ordinaire des Monuments historiques des arrondissements de Lons le Saunier et de Saint-Claude (Jura).

2° M. Braive, comme architecte ordinaire des Monuments historiques de l'arrondissement d'Argentan (Orne).

Dispenses d'adjudication

La Commission estime que peuvent être dispensés d'adjudication les travaux à exécuter dans les édifices suivants :

cathédrale de Sées (Orne) : devis de 28 333 Francs 16

cathédrale d'Angers (Maine-et-Loire) : devis de 41 803 Francs 57

Amphithéâtre de Nîmes (Gard) : devis de 123 047 Francs 45 80/15/020/329

19 juillet 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Grandjean, Lameire, Léon, Magne, Pascal, Selmersheim.
Cathédrale de Luçon (Vendée)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne au sujet de la conservation des matériaux provenant des travaux de la cathédrale de Luçon.

[Approbation de devis sur rapport de M. Magne]

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

Église de Saint-Martin Valmeroux (Cantal)

1° devis de 9 182 Francs 09 relatif à la réfection de la toiture du clocher de l'église de Saint-Martin Valmeroux.

Fouilles archéologiques de Vésone (Dordogne)

2° devis de 5 999 Francs 57 ayant pour objet la continuation des fouilles archéologiques à l'emplacement de la ville antique de Vésone.

Église Saint-Mesme à Chinon (Indre-et-Loire)

3° devis de 5 756 Francs 62 dressé en vue de l'installation d'un chauffage par vapeur à basse pression à l'église Saint-Mesme à Chinon (Indre-et-Loire). 80/15/020/330

Église de Bueil (Indre-et-Loire)

4° devis de 6 867 Francs 76 concernant la réparation des couvertures de l'église de Bueil (Indre-et-Loire).

Église Saint-Julien à Tours (Indre-et-Loire)

5° devis de 19 574 Francs 46 relatif à la restauration de l'église Saint-Julien à Tours (Indre-et-Loire).

Château de Montcuq (Lot)

6° devis de 4 852 Francs 98 ayant pour objet la remise en état de la vieille tour du château de Montcuq (Lot).

Maison Centrale à Thouars (Deux-Sèvres)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne relatif à l'établissement de grilles dans les fenêtres et la porte de la chapelle située dans la Maison Centrale de Thouars.

[Approbation de devis sur rapport de M. [Paul] Boeswillwald]

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

Ancienne cathédrale de Laon (Aisne)

1° devis de 1 500 Francs relatif à l'entretien de l'ancienne cathédrale de Laon.

Ancien Palais de Justice de Perpignan (Pyrénées-Orientales)

2° devis de 761 Francs 53 ayant pour objet la consolidation de la grille en fer forgé de l'ancien Palais de Justice de Perpignan. 80/15/020/331

Le Castillet à Perpignan (Pyrénées-Orientales)

3° devis de 947 Francs 72 dressé en vue de l'exécution de certaines réparations au Castillet à Perpignan.

Château de Kerjean à Saint-Vougay (Finistère)

Adoptant les conclusions d'un rapport de MM. les inspecteurs généraux Selmersheim, [Paul] Boeswillwald et Magne qui avaient reçu mission de se rendre compte sur place des conditions dans lesquelles pourrait être acheté le château de Kerjean, la Commission émet un avis favorable à l'acquisition par l'État pour une somme de 200 000 Francs environ du château et de ses dépendances immédiates.

Châteaux de Laval (Mayenne) et Laval

1° La Commission adopte les conclusions d'un rapport de M. l'Inspecteur général Magne relatif à l'affectation à la Ville de Laval, qui le convertirait en musée de sculpture, du château de Laval, propriété départementale.

La Commission émet également un avis favorable à l'allocation d'une somme de 3 000 Francs à M. l'architecte Vincent en vue de lui permettre de continuer les travaux de déblaiement qu'il a entrepris au château de Laval à l'aide des fonds départementaux.

2° M. Grandjean, inspecteur général, à la suite de la communication de M. Magne, donne lecture d'un rapport où il expose que les deux châteaux de Laval, le Vieux château (anciennement prison, aujourd'hui sans affectation) et le nouveau château (Palais 80/15/020/332 de Justice) situés côte à côte au bord de la Mayenne et appartenant tous deux au département ont été longtemps confondus sur la Liste des Monuments historiques sous la fausse dénomination de château de Laval, et qu'encore aujourd'hui ils sont à tort réunis sous l'appellation globale de château de Laval, comme s'il ne s'agissait que d'un seul édifice. En réalité ce sont deux monuments distincts, voisins mais séparés. Il importe donc de faire figurer chacun d'eux isolément sur la liste et de consacrer à chacun d'eux un dossier spécial. Adopté.

Cathédrale de Meaux (Seine-et-Marne)

M. Grandjean, Inspecteur général, rappelle qu'au cours de la dernière séance, la Commission a été d'avis qu'il convenait d'encourager la Municipalité de Meaux à faire l'acquisition du Palais épiscopal, afin d'arriver à un règlement satisfaisant des diverses questions qui intéressent cet édifice, la cathédrale et le Vieux Chapitre.

M. Grandjean donne lecture d'un rapport résumant les pourparlers qu'il a entamés à cette occasion avec le Domaine et la Ville. Celle-ci est disposée à acquérir le Palais et le Domaine le lui cèdera volontiers. On peut estimer que le prix sera d'une quarantaine de mille francs. La Ville fera ce sacrifice, si en échange de sa détermination et des engagements qu'elle prendra, tant de créer un jardin public entre les trois édifices classés, que d'accepter certaines 80/15/020/333 sujétions dans l'intérêt de ces monuments, les Beaux-arts lui accordent une subvention d'environ moitié du prix d'achat du Palais.

Adopté.

Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

M. l'Inspecteur général Grandjean s'associe à la proposition de M. Magne en ce qui concerne l'acquisition par l'État de la Psalette. Mais il fait observer que cette opération ne résoudra pas un problème très important qui se pose à propos de la cathédrale. Le flanc sud de cet édifice est bordé par un groupe compact de propriétés, les unes privées, les autres d'origine ecclésiastique, ces dernières actuellement sous séquestre. Lorsque celles-ci auront été attribuées ou aliénées, la façade sud de la cathédrale deviendra inabordable en cas de réparations.

M. Grandjean donne lecture d'un rapport qui met cette situation en évidence. Il propose de négocier avec les Domaines et la Ville une entente, dont l'objet serait de créer, à la hauteur du transept, une rue de 45 mètres sur 8, au moyen de l'acquisition et de la démolition de deux immeubles séquestrés, dont l'un est précisément celui qui renferme la Psalette. Celle-ci, située en bordure du tracé de la voie, serait par là complètement dégagée, en même temps que l'église deviendrait accessible et que ses dépendances se trouveraient affranchies de 80/15/020/334 fâcheuses servitudes de voisinage. On devrait offrir une subvention à la Ville de Nantes pour la déterminer à entreprendre l'opération : 15 à 20 000 francs sans doute.

Adopté.

Façade du Théâtre d'Amiens (Somme)

Lecture est donnée à la Commission d'une lettre dans laquelle M. le président du Conseil, ministre de l'Intérieur et des Cultes, expose les raisons qui font qu'il ne peut s'associer à l'avis émis précédemment par cette assemblée qui avait demandé que le classement de la façade du théâtre d'Amiens, refusé par la municipalité, fût prononcé par un décret.

Abbaye de Clermont à Olivet (Mayenne)

La Commission, adoptant les conclusions d'un rapport de M. l'Inspecteur général Magne, émet un avis favorable à l'acquisition par l'État pour une somme de 7 000 Francs des trois tombeaux classés conservés dans l'ancienne abbaye de Clermont.

Avis favorable au classement

Adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices désignés ci-après :

Église de Verneuil (Allier)

Parties du XVIe siècle de l'église de Rigny-le-Ferron (Aube). 80/15/020/335

Aveyron :

Croix de chemin à Calmont

Fontaine publique à Najac

Fragment de croix de chemin à Olemps

Calvados :

Portail de l'église d'Amblie

Clocher de l'église de Maltot

Église de Sainte-Marie-aux-Anglais

Côte-d'Or :

Église de Sainte-Sabine

Croix de cimetière à Sainte-Sabine

Église de Pont-de-l'Arche (Eure)

Porte Guillaume à Chartres (Eure et Loir)

Donjon de Gallardon (Eure et Loir)

Jura :

Château de Montmorot (Jura)

Haute Loire :

Croix de carrefour à Malvières

Lozère : croix de chemin à Saint-Juéry

Église de Garchy (Nièvre)

Ancienne chartreuse du Reposoir (Haute-Savoie)

Église de Brignancourt (Seine-et-Oise)

Église d'Annéot (Yonne)

Croix de cimetière à Saint-Fargeau (Yonne). 80/15/020/336

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, et conformément aux conclusions de ses rapports, la Commission émet un avis favorable à l'inscription sur la liste des Monuments historiques, des édifices ou parties d'édifices désignés ci-après :

Aisne :

Laon, ancienne abbaye de Saint-Jean

Église de Lesges

Église de Paars

Chapelle du grand séminaire à Soissons

Église d'Aizy

Ardennes :

Église d'Amagne-Village

Église d'Attigny

Église de Givry

Chapelle de Montmarin à Givry

Église de Mézières

Ariège :

Église d'Ourjout

Église de Salan

Église de Mercus

Église de Vernaux

Église de Vals

Corse :

Église Sainte-Marie à Bonifacio

Gers :

Église de Marciac

Clocher de l'ancien couvent de Marciac 80/15/020/337

Isère :

Chapelle du cimetière de Fromental à Dionay

Croix en pierre à Genevrey

La Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, émet un avis favorable au classement des deux églises du Finistère désignées ci-après :

Église de Bodilis

Église de Lampaul-Guimiliau

La Commission émet un avis défavorable au classement des monuments désignés ci-après :

Ardennes :

Église de Doux

Bouches du Rhône :

Château et église d'Éguilles

Loire :

Chapelle de l'abbaye de Charlieu

Seine-et-Oise :

Église de Fourqueux. 80/15/020/338

29 juillet 1910 [Vendredi]
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Grandjean, Lameire, Magne, Michel, Pascal, Selmersheim.
Église Notre-Dame à Mantes (Seine-et-Oise)

La Commission émet un avis défavorable à la translation au Musée Duhamel de fragments sculptés déposés dans la galerie du 1er étage de l'église Notre-Dame à Mantes.

Arènes de Lutèce à Paris (Seine)

La Commission émet un avis favorable à l'approbation du projet n°1 (par lampes à arc) dressé en vue de l'installation de l'éclairage électrique dans les arènes de Lutèce à Paris.

Église Saint-Germain-des-Prés à Paris (Seine)

La Commission estime qu'il n'y a pas d'inconvénient à autoriser l'ecclésiastique exerçant en fait le culte dans l'église Saint-Germain des Prés à faire remplacer une cloche fêlée de cet édifice par trois cloches neuves.

Église de Chamalières (Haute-Loire)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim relatif à l'assainissement de l'église de Chamalières par la construction d'un égout. 80/15/020/339

Domaine de Versailles (Seine-et-Oise)

La Commission approuve les conditions imposées au ministre de la Guerre pour l'installation provisoire d'une école de sapeurs aérostiers dans la plaine de Chèvre-loup au domaine de Versailles.

Église d'Abondance (Haute-Savoie)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim relatif aux dégâts causés à une propriété particulière par les eaux pluviales provenant des toitures de l'église d'Abondance.

[Approbation de travaux sur rapport de M. Selmersheim]

Sur la proposition de M. Selmersheim, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 113 Francs 05 relatif à l'entretien de la colonne gallo-romaine située à Cussy (Côte-d'Or).

2° devis de 5 223 Francs 57 dressé en vue de la restauration du beffroi de l'église d'Audrieu (Calvados) (approbation sans subvention).

3° devis de 642 Francs 11 ayant pour objet le déplacement d'une pierre tombale à l'église de Saint-Philibert-sur-Risle (Eure).

4° devis de 1 130 Francs 51 relatif à la restauration d'un vitrail brisé et à la protection des fenêtres à l'église de Bosc-Bénard (Eure). 80/15/020/340

5° devis de 2 603 Francs 62 concernant la réfection de la cheminée du calorifère de l'église Saint-Jacques à Compiègne (Oise).

6° devis de 1 188 Francs 42 dressé en vue de la restauration du beffroi des cloches de l'église de Beaumont-sur-Oise (Oise). (approbation sans subvention).

7° devis de 7 270 Francs 16 ayant pour objet la réparation générale des couvertures de l'église de Vault-de-Lugny (Yonne).

Entretien des édifices classés du Vaucluse

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la commission émet un avis favorable à l'approbation des devis dressés par M. l'architecte ordinaire en vue de l'entretien de divers édifices classés du Vaucluse, savoir :

Église de Valréas

Aancienne cathédrale d'Apt

Église de Montfavet

Église Saint-Pierre à Avignon

Palais des Papes à Avignon

Remparts d'Avignon

Église Saint-Siffrein à Carpentras

Église de Caderousse

Église et cloître de Cavaillon

Église de Saint-Pantaléon

Ancien château de la Tour d'Aigues

Ancienne cathédrale de Vaison 80/15/020/341

Théâtre d'Orange (Vaucluse)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'inspecteur général [Paul] Boeswillwald au sujet de l'établissement d'une balustrade en fer entre la 3° et la 2° précinction du Théâtre antique d'Orange.

Approbation de travaux sur rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 585 Francs 25 relatif à la réparation de la toiture de l'église d'Areguo (Corse).

2° devis de 3 922 Francs 75 dressé en vue de la restauration de l'église Saint-Dominique à Bonifacio (Corse).

3° devis de 14 271 Francs 22 ayant pour objet la réparation du clocher de l'église d'Houtkerque (Nord).

4° devis de 17 393 Francs 98 concernant la remise en état de l'église de Senon (Meuse).

5° devis de 4 236 Francs 15 relatif à l'exécution de diverses réparations à l'église de Coustouges (Pyrénées-Orientales).

6° devis de 500 Francs concernant la réfection de la couverture de l'abside de l'église de Corneille-del-Conflent (Pyrénées-Orientales). Premier chapitre d'un devis total de 6 295 Francs 53. 80/15/020/342

Église de Saint-Siffren (Vaucluse)

Devis d'entretien de 298 Francs 25 pour la couverture de la façade du monument.

7° devis de 20 010, 80 Francs en vue de la réfection des couvertures de l'ancienne église abbatiale de Serrabone (Pyrénées-Orientales). (Premier chapitre d'un devis général montant à 28 041 Francs 28).

Église de Villefranche-del-Conflent (Pyrénées-Orientales)

La Commission estime qu'il y a lieu d'ajourner jusqu'à nouvel ordre l'approbation du devis dressé en vue de la réfection des couvertures et maçonneries de l'église de Villefranche-del-Conflent.

Église de Lillers (Pas-de-Calais)

En présence du refus de la Municipalité de Lillers de participer à la dépense que nécessite la restauration du pignon de la façade principale de l'église de Lilliers, la Commission estime qu'il y a lieu de mettre cette dépense, chiffrée à 17 701 Francs 13, intégralement à la charge de l'État.

Église de Jeufosse (Seine-et-Oise)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim au sujet du classement projeté de l'église de Jeufosse.

Église de Lignières (Aube)

La Commission émet un avis favorable au classement de l'église de Lignières dont la désaffectation est demandée par la Commune. 80/15/020/343

Hôtel de ville de Lyon (Rhône)

1° La Commission, à l'unanimité, adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim au sujet de la délimitation des parties classées de l'Hôtel de ville de Lyon.

2° M. le maire de Lyon demande l'autorisation de faire effectuer des travaux de réparation aux façades et toitures de l'Hôtel de ville de Lyon. Ces travaux sont énumérés dans des devis sommaires montant à 93 250 Francs, à 94 414, 50 Francs et à 33 000 Francs.

Sur la proposition de M. Selmersheim, la Commission estime que peut être autorisée l'exécution :

1° du devis de 94 414 Francs 50 relatif à la réfection de souches de cheminées et à la réparation des toitures

2° du devis de 33 000 Francs ayant pour objet le nettoyage des peintures intérieures des escaliers, de la salle des Pas-Perdus et de la galerie des Fêtes.

Quant au devis de 93 250 Francs, dressé en vue de la restauration des sculptures des façades et de leur nettoyage, la Commission déclare ne pouvoir émettre un avis favorable à son approbation avant d'avoir eu connaissance du détail des travaux concernant la réfection des sculptures.

La Commission prie, d'autre part, M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald de profiter de son prochain voyage à Lyon pour examiner l'état actuel des façades de l'Hôtel de ville et se rendre compte de l'utilité des travaux projetés. 80/15/020/344

Cathédrale de Nîmes (Gard)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean relatif à la cession à la Ville de Nîmes de la zone d'isolement qui contourne la cathédrale au sud.

Château de Montsoreau (Maine-et-Loire)

La Commission émet, sur la proposition de MM. les Inspecteurs généraux Grandjean et Magne, un avis favorable à l'acquisition par le département de Maine-et-Loire, avec le concours pécuniaire de l'État, du château de Montsoreau.

Hôtel de Laval-Castellanne à Arles (Bouches-du-Rhône)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald au sujet des difficultés que rencontrent les touristes pour visiter les restes de la basilique romaine située à l'intérieur de l'ancien Hôtel de Laval-Castellanne à Arles.

Palais de Justice à Poitiers (Vienne)

Adoptant les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission des Monuments historiques émet un avis favorable à l'achèvement de la restauration du Palais de Justice de Poitiers par la remise dans son état primitif du donjon de Maubergeon.

Mais elle estime que l'administration des Beaux-arts ne peut prendre à sa charge plus de la moitié de la dépense que nécessiterait la réalisation de cette opération et qui est évaluée à 180 000 Francs.

La Commission émet en conséquence le voeu 80/15/020/345 que le complément de ressources nécessaire soit fourni, d'une part, par l'administration affectataire, c'est-à-dire le ministère de l'Intérieur, qui pourrait être invitée à coopérer à la dotation du devis pour une somme de 60 000 Francs et, d'autre part, par les autorités locales intéressées et notamment le Conseil général de la Vienne, à qui incombe le soin de pourvoir à l'installation de la Cour d'Assises.

Avis favorable au classement

Adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices désignées ci-après :

Église de Binay-sur-Allier (Allier)

Cchoeur et crypte de l'église de Domérat (Allier)

Nef et portail de l'église de Fleuriel (Allier)

Église et croix de cimetière de Cruzières (Ardèche)

Église de Lignières (Aube)

Corps de logis principal et cheminée au premier étage du château de Courseulles (Calvados)

Église de Gigny (Jura), moins le clocher

Église Notre-Dame à Dole (Jura)

Église d'Orchamps (Jura), moins la nef et le clocher

Église de Montwillard à Poligny

Église Saint-Hippolyte à Poligny

Fontaine publique à Poligny (Jura) 80/15/020/346

Hôtel de ville de Beauvais (Oise).

Façade de l'Hôtellerie des Moines de Jumièges à Vimoutiers (Orne)

Église d'Autrey (Haute-Saône)

Église du Bourg-Dun (Seine-Inférieure)

Ruines de l'ancien château de Fécamp (Seine-Inférieure)

Maison du XVIe siècle, dite "le Presbytère" au Tréport (Seine-Inférieure)

Porte de ville dite "des Ormeaux" à Cordes (Tarn)

La Commission adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices énumérées ci-dessous :

Église de Donchery (Ardennes)

Église d'Auxi-le-Château (Pas-de-Calais)

Église d'Avesnes-le-Comte (Pas-de-Calais)

Église Saint-Saulve à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais)

Porte de l'ancien prieuré de Saint-Michel-du-Wast (Pas-de-Calais)

Église d'Hix (Pyrénées-Orientales)

Porte de l'église d'Odeillo (Pyrénées-Orientales)

Église de Sahorre (Pyrénées-Orientales)

Façade latérale de l'église de Saint-Féliu-d'Amont (Pyrénées-Orientales)

Chapelle de Saint-Quentin à Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales)

Porche et porte latérale de l'église de Serralongue (Pyrénées-Orientales) 80/15/020/347

Front ouest et front est et partie du rempart sud de l'enceinte fortifiée de Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales)

Chapelle de Saint-Julien à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales)

Trophée de Marius à Pourrières (Var)

Chapelle Notre-Dame-d'Aulinnes à Baume-les-Messieurs (Jura) 80/15/020/348

30 juillet 1910 [Samedi]
Membres présents : MM. [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Grandjean, Magne, Selmersheim.
[Avis favorable au classement]

Adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices désignés ci-après :

Église de Senez (Basses-Alpes)

Borne milliaire à Solaize (Isère)

Clocher de l'église Saint-Pierre de Commiers à Saint-Georges-de-Commiers (Isère)

Chapelle du cimetière à Sepvigny (Meuse)

Croix sur la place publique de Fohet (Puy-de-Dôme)

Croix de cimetière à Fohet (Puy-de-Dôme)

Croix de chemin en pierre à Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme)

Croix de Montvianey à Saint-Victor (Puy-de-Dôme)

Croix à Sermentizon

Église de Néronde (Puy-de-Dôme)

Clocher de la chapelle du cimetière à Abbeville (Somme) 80/15/020/349

Trois oratoires situés dans la forêt de Sainte-Baume : chapelle dite "des Parisiens" à la Sainte-Baume (Var)

Petit oratoire du Saint-Pilon à Saint-Maximin (Var)

Église Saint-Martial à Avignon (Vaucluse)

[Approbation de travaux sur rapport de M. Magne]

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 3 377 Francs 24 relatif à la réparation du clocher de l'église de Jazeneuil (Vienne) incendié par la foudre.

2° devis de 351 Francs 60 ayant pour objet la protection par un grillage d'un vitrail de la façade occidentale de l'église de Montmorency (Seine-et-Oise).

3° devis de 1 452 Francs 07 relatif à la réparation du long pan nord de la couverture de la nef de l'église de Louzac (Charente-Inférieure).

4° devis de 685 Francs 85 concernant la remise en état de la Lanterne des Morts à Aubigny (Vienne).

Église de Berneuil (Charente-Inférieure)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne au sujet de la restauration de l'église de Berneuil. 80/15/020/350

Église de Rousson (Yonne)

La Commission adopte les conclusions du rapport rédigé par M. l'Inspecteur général Selmersheim au sujet de la désaffectation projetée de l'église de Rousson (Yonne).

Cathédrale de Rouen (Seine-Inférieure)

La Commission estime qu'il y a lieu de dispenser d'adjudication la continuation des travaux approuvés en vue de la restauration de la Tour Saint-Romain à la cathédrale de Rouen. (devis de [blanc] approuvé le 1er juin 1910).

[Inscription sur la liste des Monuments historiques]

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne et conformément aux conclusions de ses rapports, la Commission émet un avis favorable à l'inscription sur la liste des Monuments historiques des édifices ou parties d'édifices désignés ci-après :

Église de Soudeilles (Corrèze)

Abside et transepts de l'église de Jarnac-Champagne (Charente-Inférieure)

Église de Tesson (Charente-Inférieure), sauf le clocher

Église de Genouillé (Charente-Inférieure)

Chapelle Saint-Gonnery à Plougrescant (Côtes-du-Nord)

Chapelle de Chancelade

Église de Montagnier (Dordogne)

Église de Marquay (Dordogne) 80/15/020/351

Chapelle du Moustoir à Kernével (Finistère)

Église de Ploaré (Finistère)

Oratoire de Plougasnou (Finistère)

Chapelle de l'ossuaire de Locmaria-an-Hent à Saint-Yvi (Finistère)

Croix de chemin à Lambader (Finistère)

Église de Bais (Ille-et-Vilaine)

Ancienne cathédrale de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), moins le clocher

Église de Champeaux (Ille-et-Vilaine)

Donjon de Grand-Fougerey (Ille-et-Vilaine)

Croix de cimetière à Maure (Ille-et-Vilaine)

Église de Chabuis (Indre)

Château de Bridoré, église de Bossay (Indre-et-Loire)

Maison en bois du XVIe siècle à Romorantin (Loir-et-Cher)

Chapelle de Bethléem à Saint-Jean-de-Boiseau (Loire-inférieure)

chapelle Notre-Dame-la-Grande à Guérande (Loire-inférieure)

Église Saint-Aignan à Orléans (Loiret)

Église d'Ouzouer-sur-Trézée (Loiret)

Église de Saint-Jean-de-Braye (Loiret)

Église de Casseneuil (Lot-et-Garonne)

Tourelle et façades du château de Beaugé (Maine-et-Loire)

Chapelle de Saint-Nicodème à Pluméliau (Morbihan) 80/15/020/352

Église de Saint-Martin-de-Sanzay (Deux-Sèvres)

Deux tours dites de l'évêché à Melle (Deux-Sèvres)

Église de Prahecq (Deux-Sèvres)

Église de Caylus (Tarn-et-Garonne)

Église de Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne)

Vendée : pont des Ouillères à Mervent (Vendée)

Église de Saint-Sauveur (Vienne)

Église de La Chapelle-Morthemer (Vienne)

[Avis défavorable]

La Commission émet un avis défavorable au classement des monuments suivants :

Église de Saint-Geniès (Dordogne)

Église Saint-Germain à Rennes (Ille-et-Vilaine)

Église de Saint-Suliac (Ille-et-Vilaine)

Église de Saint-Méen (Ille-et-Vilaine)

Église de Rosières-aux-Salines

Beffroi municipal de Rosières-aux-Salines (Meurthe-et-Moselle)

Église Notre-Dame-du-Puy à Figeac (Lot)

Église de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin (Loiret)

Église de Duravel (Lot)

Église de Teyssieu (Lot)

Tour carrée d'Espiens (Lot-et-Garonne)

Clocher de Saint-Martin à Layrac (Lot-et-Garonne)

Église de Saint-Front (Lot-et-Garonne)

Église d'Aucainville (Tarn-et-Garonne)

Église de Dunes (Tarn-et-Garonne)

Église de Finan (Tarn-et-Garonne) 80/15/020/353

Église de Larrazet (Tarn-et-Garonne)

Ancienne chapelle des Carmes à Montauban (Tarn-et-Garonne)

Restes du cirque romain à Arles (Bouches-du-Rhône)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean relatif à la découverte récente des substructions du cirque romain d'Arles.

Abbaye du Mont-Saint-Michel (Manche)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean concernant les carreaux émaillés provenant de l'abbaye.

Restes de l'abbaye de Saint-Ruf (Vaucluse)

La Commission approuve le rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean au sujet des mesures à prendre pour assurer la conservation des restes de l'abbaye de Saint-Ruf.

Cathédrale de Luçon (Vendée)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'inspecteur général Grandjean relatif à la cathédrale de Luçon et aux difficultés d'accès à cet édifice qui résultent de la remise par le Domaine à la Ville de Luçon de l'évêché, de l'ancienne salle capitulaire et du cloître attenant à la cathédrale. 80/15/020/354

28 octobre 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dreyfus, Enlart, Gonse, Grandjean, Léon, Magne, Pascal, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Assistent également à la séance MM. Génuys, Louzier, Nodet, architectes en chef adjoints à l'inspection générale.
Avis favorables aux classements

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices ci-dessous désignés :

Portail de l'église Saint-Léonard à Honfleur (Calvados)

Église de Rouillac (Charente)

Église de Gardes (Charente)

Église (à titre de ruines) de Bouhet (Charente-Inférieure)

Église de Le Seure (Charente-Inférieure)

Façade de l'église de Fontaines-d'Ozillac (Charente-Inférieure)

Façade et clocher de l'église de Saint-Dizant-du-Bois (Charente-Inférieure)

Façade principale, nef et clocher de l'église de Saint-Savinien (Charente-Inférieure)

Église de Vaudré (Charente-Inférieure)

Église de Saint-Martin-de-Coux (Charente-Inférieure) 80/15/020/355

Clocher de l'église de Sainte-Marie-de-Ré (Charente-Inférieure)

Église de Champagnolles (Charente-Inférieure)

Église de Corme-Écluse (Charente-Inférieure)

Église d'Écurat (Charente-Inférieure)

Église de Saint-Romain-de-Benet (Charente-Inférieure)

Façade de l'église de Plassac (Charente-Inférieure)

Église de Saint-Just (Charente-Inférieure)

Église de Gémozac (Charente-Inférieure)

Église de Givrezac (Charente-Inférieure)

Église d'Arces (Charente-Inférieure)

Église et calvaire de Lanloup (Côtes-du-Nord)

Portail de l'ancien couvent des Cordeliers à Dinan (Côtes-du-Nord)

Église de Trémel (Côtes-du-Nord)

Chapelle Saint-Nicolas à Plufur (Côtes-du-Nord)

Église de Trédrez (Côtes-du-Nord)

Portail de l'ancien Hôtel de Beaumanoir à Dinan

Maisons anciennes, rue de l'Apport, à Dinan

Tour de l'horloge à Dinan (Côtes-du-Nord)

Clocher de l'église de Tréduder (Côtes-du-Nord)

Calvaire de Bulat-Pestivien (Côtes-du-Nord)

Clocher de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-du-Nord)

Façade de l'église Saint-Éloi à Bordeaux

Porte latérale du cimetière des chartreux à Bordeaux

Portique de l'ancienne école d'équitation à Bordeaux (Gironde.) 80/15/020/356

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices ci-dessous désignés.

Église de Chemilly (Allier)

Église de Saint-Maurice-sur-Vingeanne (Côte-d'Or)

Église de Sacquenay (Côte-d'Or)

Église Saint-Nicolas à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or)

Église de Chârost (Cher)

Église de Chevannes (Yonne)

Avis défavorable au classement

La Commission émet un avis défavorable au classement des édifices suivants :

Église de Sainte-Lheurine (Charente-Inférieure)

Chapelle de Runefau (Calvados)

Fort Saint-Elme à Collioure (Pyrénées-Orientales)

Église de Jeufosse (Seine-et-Oise)

En présence de la nouvelle délibération du Conseil municipal de Jeufosse refusant le classement de l'église, la Commission estime qu'il n'y a pas lieu de poursuivre le classement de cet édifice. 80/15/020/357

Église deLa Mothe-aux-Aulnaies (Yonne)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim, au sujet de l'église de La Mothe-aux-Aulnaies, dont la désaffectation est demandée par la Commune.

Chapelle Saint-Fiacre au Faouët (Morbihan)

La Commission approuve l'exécution d'un devis de 13 931 Francs 59 comprenant divers travaux très urgents de restauration à exécuter à la chapelle Saint-Fiacre au Faouët.

Église Saint-Porchaire à Poitiers (Vienne)

La Commission émet un avis favorable à l'acquisition d'un immeuble dans lequel est engagé au nord le clocher de l'église Saint-Porchaire à Poitiers.

La Commission estime toutefois que la Ville de Poitiers devrait être invitée à participer dans une certaine proportion à la dépense de 17 000 Francs que nécessitera cette acquisition.

Entretien d'édifices de Seine-et-Marne et de l'Yonne

Est approuvée l'exécution des devis d'entretien suivants :

Église de Montereau (Seine-et-Marne) (487 Francs 98)

Église de Salvès (Seine-et-Marne) (498 Francs 12)

Église de Pontaubert (Yonne) (370 Francs 49)

Église Saint-Étienne à Auxerre (Yonne) (609 Francs 95)

Evêché de Meaux (Seine-et-Marne)

Conformément aux conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean, la Commission estime que l'administration des 80/15/020/358 Beaux-arts ne peut concourir pour une somme supérieure à 25 000 Francs à l'acquisition projetée par la Municipalité de Meaux de l'ancien palais épiscopal de cette ville.

Remparts de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Grandjean relatif à la demande présentée par la Municipalité de Saint-Malo en vue d'être autorisée à reconstruire le bureau d'octroi situé à droite de la porte de Dinan et adossé aux remparts classés de la ville.

Cloître des Cordeliers à Saint-Nizier-sous-Charlieu (Loire)

M. le chef de la division des services d'architecture fait connaître que l'administration des Beaux-arts a été récemment informée de la vente et de la démolition du cloître des Cordeliers à Saint-Nizier-sous-Charlieu et qu'aussitôt elle a invité le préfet de la Loire à faire connaître au propriétaire du cloître, M. Dolliat, que cet édifice était l'objet d'une proposition de classement et qu'il lui était en conséquence interdit, en vertu des dispositions de l'article 12 du décret du 3 janvier 1889, d'apporter pendant un délai de trois mois, aucune modification au monument.

La démolition fut immédiatement arrêtée par les soins de la préfecture de la Loire. M. Dolliat informe alors l'administration que, tout en se réservant le terrain, il venait de vendre le cloître à M. Jacques Seligmann demeurant à Paris 57 rue Saint- 80/15/020/359 Dominique et que c'était le nouveau propriétaire du cloître qui en avait commencé la démolition pour le transférer ailleurs. M. Dolliat ajoutait qu'il s'opposait, en ce qui le concernait, au classement de l'édifice. M. Seligmann fut aussitôt avisé, par la voie administrative, que le cloître dont il était l'acquéreur faisant l'objet d'une proposition de classement, il ne lui était également interdit d'y apporter aucune modification pendant un délai de trois mois.

M. Seligmann en réponse à cette notification, vient de faire connaître, par l'intermédiaire de son avoué, qu'il se refusait à donner son adhésion au classement du cloître.

Après avoir donné connaissance de ces faits à la Commission, M. Léon ajoute qu'il appartient à cette assemblée de donner son avis sur la suite que cette affaire lui paraîtra comporter.

La Commission, après avoir entendu MM. Dreyfus, Grandjean et Nodet, estime, à l'unanimité, que, nonobstant l'opposition des propriétaires au classement du cloître des Cordeliers, il y a lieu, en raison de l'intérêt national que présente la conservation de ce monument, d'en poursuivre l'inscription sur la liste des édifices classés.

En conséquence, la Commission est unanime pour proposer à M. le ministre des 80/15/020/360 Beaux-arts de vouloir bien, conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi du 30 mars 1887, faire procéder à l'expropriation du cloître dans son état présent et du terrain sur lequel il est édifié en s'assurant, en vue de la réalisation de cette opération, de tous les concours au point de vue financier.

Église de Benet (Vendée)

M. l'Inspecteur général Magne rappelle que, dans sa séance du 1er juin 1906 la Commission émit un avis favorable au classement de l'église de Benet, mais que le Conseil municipal de cette localité ajourna alors sa réponse jusqu'à ce que "la solution qui règle les rapports de l'église et de l'État dans ce qui a trait à la propriété des édifices consacrés au culte fût nettement et définitivement résolue".

M. Magne ajoute qu'invité dernièrement à se prononcer d'une façon définitive pour ou contre le classement projeté, le Conseil municipal a, par délibération du 21 août 1910, ajourné à nouveau son adhésion attendu qu'il ne veut pas s'engager dans la voie des dépenses qui pourraient en résulter pour l'avenir.

La Commission, sur la proposition de M. Magne, après avoir examiné les dessins de l'église de Benet exécutés par M. Devérin et les autres pièces du dossier, considérant 80/15/020/361 d'une part que le classement d'une église n'a pas pour effet de mettre obligatoirement à la charge de la Commune propriétaire une partie des dépenses que pourra nécessiter sa restauration ou son entretien et que dès lors le motif invoqué par le Conseil municipal de Benet pour ajourner à nouveau sa réponse n'est pas fondé, considérant, d'autre part, que la conservation de l'église de Benet présente un intérêt national et qu'il importe de mettre sans plus tarder à l'abri de toute atteinte un monument d'une si grande valeur archéologique, émet à l'unanimité le voeu que l'affaire soit portée devant le Conseil d'État afin que le classement de l'église de Benet soit, s'il y a lieu, prononcé par un décret rendu en la forme des règlements d'administration publique, conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 30 mars 1887. 80/15/020/362

9 décembre 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Cagnat, Dreyfus, Enlart, Gonse, Grandjean, Haraucourt, Laloux, Léon, Magne, Marcou, Nénot, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : Génuys, Louzier et Nodet, adjoints à l'inspection générale.
Approbation de travaux sur rapport de M. Selmersheim

Sur la proposition de M. l'inspecteur général Selmersheim, et après examen des dessins et photographies produits à l'appui des propositions de travaux, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 9 723, 69 Francs relatif à la restauration, après suppression de la première travée de l'église Saint-Jean à Troyes (Aube).

2° devis de 17 894 Francs 95 dressé en vue de la réfection des toitures de l'église de Bernières-sur-Mer (Calvados).

3° devis de 12 491 Francs 92 concernant la réparation des toitures de l'église de Vire (Calvados). 80/15/020/363

4° devis de 13 510 Francs 19 pour la restauration des couvertures de l'église de Rozay-en-Brie (Seine-et-Marne).

5° devis de 13 725 Francs 74 relatif à la réparation des toitures et maçonneries de l'église de Lisle-sur-Tarn (Tarn).

6° devis de 7 948 Francs 76 ayant pour objet la remise en état de l'église de Poilly-sur-Serein (Yonne).

Modification de travaux sur rapport de M. Selmersheim

La Commission exprime l'avis qu'il y a lieu de faire modifier conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Selmersheim les différents devis présentés pour la remise en état des édifices suivants :

1° crypte de la cathédrale Sainte-Bénigne à Dijon (Côte-d'Or) : devis de 20 592 Francs 59.

2° église de Genevrey près Vif (Isère) ; devis de 14 273 Francs 60).

3° clocher de l'église de Mognéville (Oise) : devis de 16 300 Francs 82).

4° église de La Madeleine à Vézelay (Yonne) : devis de 19 877 Francs 74.

Fouilles d'Alésia à Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or)

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Selmersheim, la Commission émet un 80/15/020/364 avis favorable à l'allocation à la Société des Sciences de Semur d'une subvention de 8 000 Francs en vue du paiement des frais de la campagne de fouilles exécutée en 1910 sur le Mont Auxois.

Église de Léoncel (Drôme)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. [Paul] Boeswillwald tendant à la modification et à la réduction d'un devis de 50 806 Francs 72 dressé pour la remise en état de l'église de Léoncel.

Grand-Théâtre de Bordeaux (Gironde)

La Commission émet un avis favorable à l'approbation du projet de travaux de réfection à effectuer au Grand-Théâtre de Bordeaux qui a été dressé par M. Magne et qui s'élève à 741 789 Francs 22.

Église de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault)

La Commission approuve l'avis émis dans son rapport par M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald au sujet de la construction d'une école devant l'abside de l'église de Saint-Guilhem-le-Désert.

Approbation de travaux sur rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, la Commission approuve l'exécution des devis suivants :

1° devis de 13 575 Francs relatif à l'établissement d'un plancher au-dessus de la crypte de la cathédrale de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 80/15/020/365

2° devis de 4 979 Francs 40 ayant pour objet le débadigeonnage de fresques et divers travaux de déblaiement au Palais des Papes d'Avignon (Vaucluse).

3° devis de 39 811 Francs 66 dressé en vue de l'achèvement de la restauration de la chapelle de Clément VI au Palais des Papes à Avignon.

Églises de Paris

La Commission approuve les conclusions de principe d'un rapport de M. L'Inspecteur général Selmersheim relatif au classement de diverses églises de Paris.

Classement

La Commission émet un avis favorable au classement des édifices suivants :

1° façade de l'Hôtel de La Ferté-Sénectaire à Paris (Seine), 24 rue de l'Université.

2° tourelle à l'angle des rues Hautefeuille et Pierre Sarrazin à Paris (Seine)

3° Hôtel de Vogué à Dijon (Côte-d'Or)

4° maison située 8 rue de la Main de Fer à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

5° porte XIIe siècle de l'église de Nogent-le-Bernard (Sarthe). 80/15/020/366

6° façade de la maison de Pigneau de Behaine à Origny-en-Thiérache (Aisne).

7° église de Neuvy Sautour (Yonne)

Désaffectation d'édifices cultuels

Église de Coudroy (Loiret), église de Boissy-Mauvoisin (Seine-et-Oise)

La Commission estime que l'administration n'a aucune objection à formuler à l'encontre des demandes des conseils municipaux de Coudroy et de Boissy-Mauvoisin, tendant à la désaffectation des églises de ces communes.

Église de Lignières (Aube)

La Commission n'insiste pas pour le classement de l'église de Lignières dont la Commune demande la désaffectation, à condition toutefois que des mesures soient prises tant pour assurer la conservation des objets d'art que l'édifice renferme que pour opérer le transfert, dans un bâtiment municipal, d'un portail XVIe siècle qu'il serait regrettable de voir disparaître.

Église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers (Vienne)

M. l'Inspecteur général Magne fait connaître que M. l'architecte [Jean-Camille] Formigé sollicite l'autorisation de déposer et reposer la flèche du clocher de l'église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers. Afin de pouvoir émettre en pleine connaissance de cause, son avis sur la suite à donner à cette demande, la Commission réclame la production par l'architecte de dessins d'analyse indiquant l'état actuel des constructions. 80/15/020/367

Cathédrale et cloître Saint-Gatien de Tours (Indre-et-Loire)

La Commission, à l'unanimité, approuve les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Magne relatifs aux propositions de travaux présentées par M. l'architecte Lambert en vue de la réfection de la façade principale de la cathédrale de Tours et du cloître Saint-Gatien.

En conséquence la Commission émet un avis défavorable à l'approbation des devis dressés, qui sont des devis de "réfection", alors qu'il avait été réclamé à l'architecte des devis de simple réparation et de conservation.

Maison des Musiciens à Reims (Marne)

M. l'Inspecteur général Selmersheim fait connaître que la Municipalité de Reims a l'intention d'acquérir le second immeuble composant la Maison des Musiciens, édifice classé, et qui porte le n°20 de la rue du Tambour. Sur sa proposition, la Commission émet, à l'unanimité, un avis favorable à l'acquisition projetée et estime que l'État peut accorder, à cet effet, à la Ville de Reims une subvention de 30 000 Francs à condition toutefois que la Municipalité ne renouvelle pas les baux actuellement en cours et prenne l'engagement de donner, à leur expiration, à la Maison des Musiciens une destination plus appropriée à sa valeur artistique. 80/15/020/368

Ligne métropolitaine n°7 sous le temple de l'Oratoire à Paris (Seine)

La Commission, après avoir entendu MM. Selmersheim, Nénot et Laloux, ne fait pas d'objection au passage sous le temple de l'Oratoire du Louvre de la ligne métropolitaine n°7, à condition toutefois que le tracé de cette ligne se rapproche le plus possible du centre de l'édifice classé.

La Commission prie M. Selmersheim de vouloir bien s'entendre à ce sujet avec M. Bienvenue, ingénieur en chef du service technique du Métropolitain.

Église Notre-Dame de Niort (Deux-Sèvres)

M. l'Inspecteur général Magne donne lecture du rapport qu'il a rédigé, après une visite sur place, au sujet de l'écroulement de six travées du choeur et du transept survenu les 14 et 15 novembre 1910 à l'église Notre-Dame de Niort. Cet accident lui paraît imputable au vice de construction de la pile qui s'est écrasée et dont la chute a entraîné celle des voûtes contigües ; il ne lui paraît pas avoir pour cause immédiate la reprise en sous oeuvre des piles du choeur, opération qui était alors effectuée par l'architecte.

Mais si aucune faute professionnelle ne lui semble devoir être relevée contre M. Devérin, M. Magne estime toutefois qu'étant donné l'état très précaire du monument, toutes les précautions nécessaires n'avaient pas été prises lors de l'exécution de la reprise en sous-oeuvre. M. Magne ajoute qu'il s'était rendu à Niort en septembre dernier et qu'effrayé par la façon de procéder de l'architecte, il lui avait immédiatement écrit pour lui signaler 80/15/020/369 le danger et l'utilité de mesures complémentaires de protection. M. Devérin ne crut pas devoir modifier les dispositions qu'il avait arrêtées.

Quoiqu'il en soit à ce sujet, M. Magne estime qu'il y a lieu, avant de rechercher ce qu'il convient de faire pour le rétablissement des parties écroulées de l'édifice, de se livrer à une étude analytique du monument. Ce n'est en effet qu'après un travail de ce genre qui fera connaître les points faibles de la construction qu'il sera possible de dresser en pleine connaissance de cause le projet de remise en état de l'église de Niort.

M. de Baudot estime qu'il y a lieu de tirer certains enseignements de la catastrophe. En premier lieu, elle démontre clairement les inconvénients que présente la répartition du personnel d'architecture des Monuments historiques en circonscriptions régionales. Il y a des architectes qui sont plus capables que d'autres pour exécuter certains travaux, qui ont acquis une habileté technique plus grande dans certaines catégories de travaux et l'administration devrait tenir compte de ces spécialités. C'est un tort que de vouloir confier toujours au même architecte tous les édifices classés d'une région, quels que soient leurs besoins, quelles que soient les aptitudes spéciales que certains d'entre eux peuvent réclamer de la part des architectes chargés d'assurer leur conservation. 80/15/020/370

M. Paul Léon interrompant M. de Baudot, fait remarquer que l'on ne peut admettre qu'un architecte des Monuments historiques n'ait pas la capacité voulue pour effectuer tous les travaux même délicats que peut nécessiter l'état d'un monument et il ajoute que si le service possédait quelques architectes ne présentant pas toutes les garanties désirables, il importerait de se priver de leur concours.

M. de Baudot, revenant à l'affaire de Niort, se déclare du même avis que M. Magne. Il estime qu'en la circonstance, il y a eu faute. Lorsqu'on a autorisé la reprise des piles, on n'a tenu compte ni du mauvais état de l'édifice, ni surtout des restaurations déplorables dont il fut autrefois l'objet et que M. Magne a rappelées dans son rapport. La catastrophe est la conséquence de l'écroulement causé dans un édifice déjà malade par le percement des piles pour y placer des barres de fer. Il y a une double responsabilité : celle du Comité et celle des architectes chargés de diriger l'exécution des travaux. Celle du comité, car il n'a pas examiné avec suffisamment de soin le devis dressé pour la reprise des piles lorsqu'il lui fut soumis ; il a émis un avis favorable à son approbation sans avoir réclamé préalablement à l'architecte une étude analytique du travail projeté et sans s'être rendu compte exactement des risques que pouvait comporter son exécution. 80/15/020/371

Mais quel qu'ait été, en la circonstance le manque de vigilance du comité, la vraie responsabilité retombe sur l'architecte, qui n'a pas suivi les conseils qui lui furent donnés à plusieurs reprises par l'Inspecteur général et qui n'a pas pris toutes les précautions nécessaires pour éviter un effondrement.

M. Léon fait observer qu'en ce qui concerne le comité, sa responsabilité est d'ordre général ; M. Devérin est aussi coupable de n'avoir pas fourni une étude complète de la reprise en sous-oeuvre projetée que le comité de ne l'avoir pas réclamée. Mais que cet accident soit un enseignement pour l'avenir, que le Comité redouble désormais de vigilance et qu'il n'approuve plus aucune entreprise quelque peu délicate sans un examen très attentif et sans avoir en sa possession tous les documents graphiques nécessaires. Quant à M. Devérin, ce que l'administration demande à la Commission, c'est un avis technique : M. Devérin a-t-il fait, en la circonstance, tout ce qu'un bon architecte doit faire ?

MM. Magne et de Baudot ne le pensent pas : s'il n'a pas commis dans l'exécution de la reprise en sous-oeuvre une faute lourde, une faute professionnelle, il y a eu cependant faute grave de sa part. L'attention de l'architecte a été appelée plusieurs fois sur les dangers que présentait sa manière de procéder par remplacement total 80/15/020/372 de la pile ; il lui avait été vivement conseillé soit de reprendre par petites parties, soit de cintrer, il n'a pas suivi ces avis.

M. Selmersheim sans contester la responsabilité de M. Devérin, qui n'a pas pris toutes les précautions pour éviter un accident, estime cependant qu'il y a en sa faveur des circonstances atténuantes : ainsi le travail exécuté autrefois dans des conditions si défectueuses aux piliers du transept atténue dans une certaine mesure la responsabilité de l'architecte actuel.

M. Magne estime de plus qu'il y a lieu de tenir compte à M. Devérin des services qu'il a rendus depuis trente ans qu'il est au Service des Monuments historiques. Aussi propose-t-il qu'on ne lui retire pas le département des Deux-Sèvres, mais qu'on lui adjoigne, pour l'établissement du projet de reconstruction des parties écroulées de l'église Notre-Dame, M. Louzier, architecte en chef adjoint à l'Inspection générale.

La proposition de M. Magne est adoptée après un nouvel échange de vues entre MM. de Baudot, Magne et Léon. Il est entendu que M. Louzier aura les pouvoirs d'architecte en chef et que c'est à lui qu'incombera le soin d'établir le projet de reconstruction avec l'aide de M. Devérin, qui aura à lui fournir tous les renseignements nécessaires à cet effet. 80/15/020/373

Nomination d'un architecte en chef de la cathédrale de Rodez (Aveyron)

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Lafillée comme architecte en chef de la cathédrale de Rodez en remplacement de M. Waldwein, démissionnaire.

Nomination de l'architecte ordinaire du département de la Sarthe

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Pierre Vérité comme architecte ordinaire du département de la Sarthe, en remplacement de M. Pascal Vérité, décédé. 80/15/020/374

23 décembre 1910
Présidence de M. Daumet, membre de l'Institut. Membres présents : MM. de Baudot, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Dreyfus, Enlart, Gonse, Grandjean, Léon, Magne, Marcou, Michel, Pascal, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Assistent également à la séance MM. Génuys, Louzier, Nodet, adjoints à l'inspection générale.
Approbation de travaux sur des cathédrales sur rapport de M. de Baudot

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général de Baudot relatif à l'installation dans la cathédrale de Meaux (Seine-et-Marne) d'un système de chauffage provisoire à l'aide de poêles mobiles.

Sur la proposition de M. l'Inspecteur général de Baudot, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 726 Francs 58 relatif à l'exécution de travaux urgents dans la cathédrale de Vannes (Morbihan).

2° devis de 1 500 Francs relatif à l'entretien en 1911 de la cathédrale de Verdun.

3° devis de 2 938 Francs 28 concernant l'assainissement de la cathédrale de Verdun (Meuse). 80/15/020/375

4° devis de 29 542 Francs 36 ayant pour objet la continuation de la réfection des voûtes du choeur de la cathédrale d'Orléans (Loiret).

La Commission ajourne, sur la proposition de M. de Baudot, l'examen des travaux d'entretien à effectuer en 1911 au même monument.

Cathédrale de Reims (Marne)

La Commission approuve en principe l'exécution des devis suivants relatifs à la continuation de la remise en état de la cathédrale de Reims :

1° devis de 33 727 Francs 23 concernant le transept nord.

2° devis de 140 225 Francs 36 concernant la tourelle angulaire nord-est de la tour nord du portail.

3° devis de 6 000 Francs concernant l'entretien en 1911 de l'édifice.

Approbation de travaux sur rapport de M. [Paul] Boeswillwald

Conformément aux conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 12 985 Francs 36 dressé en vue de la réfection partielle des toitures de l'église de Collonges (Corrèze).

2° devis de 7 659 Francs 17 relatif à la remise en état d'une travée du château d'Assier (Lot). 80/15/020/376

3° devis de 20 284 Francs 36 ayant pour objet l'exécution de réparations diverses à l'église de Bausat (Puy-de-Dôme).

4° devis de 30 458 Francs 73 établi en vue de la réparation des couvertures de l'église Saint-Cerneuf à Billom (Puy-de-Dôme).

5° devis de 22 858 Francs 92 relatif à la remise en état des toitures de la chapelle de l'ancien couvent des Minimes à Beauregard-l'Évêque (Puy-de-Dôme).

La Commission émet en même temps le voeu que le département du Puy-de-Dôme, propriétaire de l'édifice, donne une autre affectation au monument qui sert actuellement d'étable à moutons.

Cathédrale de Montpellier (Hérault)

La Commission adopte les conclusions du rapport de M. [Paul] Boeswillwald au sujet de l'établissement d'abat-sons à la cathédrale de Montpellier.

[Approbation de travaux sur rapport de M. Magne]

Adoptant les conclusions des rapports de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission émet un avis favorable à l'approbation des devis suivants :

1° devis de 13 021 Francs 69 relatif à la réparation des couvertures de l'église Saint-Pierre à Lisieux (Calvados). 80/15/020/377

2° devis de 7 786 Francs 52 dressé en vue de la restauration de l'église de Chermignac (Charente-Inférieure).

Église d'Écoyeux (Charente-Inférieure)

3°devis de 10 128 Francs 36 ayant pour objet l'exécution de diverses réparations à l'église d'Écoyeux (Charente-Inférieure).

4° devis de 20 057 Francs 05 relatif à la restauration de l'église de Beauvais-sur-Matha (Charente-Inférieure), sous réserve toutefois que la municipalité participe dans une forte proportion à sa dotation.

5° devis de 7 603 Francs 51 dressé en vue de la restauration de l'église de Rioux (Charente-Inférieure).

6° devis de 11 031 Francs 67 ayant pour objet la réparation des vitraux de l'église du Grand-Andely (Eure).

7° devis de 13 683 Francs 66 concernant la remise en état des couvertures de l'église de Beaumont-le-Roger (Eure).

8° devis de 13 714 Francs 09 relatif à la restauration de l'église de Restigné (Indre-et-Loire).

9° devis de 1 412 Francs 41 ayant pour objet l'assainissement du sol de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lautic (Côtes-du-Nord). 80/15/020/378

10° devis de 2 137 Francs 36 concernant la consolidation de l'église Notre-Dame de Lamballe (Côtes-du-Nord).

11° devis de 1 348 Francs 29 établi en vue de l'entretien en 1911 de la cathédrale d'Angoulême (Charente).

12° devis de 878 Francs 22 relatif à la réparation d'une partie de la couverture de l'église de Marennes (Charente-Inférieure).

13° devis de 638 Francs 43 ayant pour objet l'exécution de réparations aux couvertures du baptistère Saint-Jean à Poitiers (Vienne).

Église Notre-Dame-de-Bon-Secours à Guingamp (Côtes-du-Nord)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Magne relatif à un projet de réouverture d'une ancienne porte à l'église Notre-Dame de Bon Secours à Guingamp.

Cathédrale de La Rochelle (Charente-Inférieure)

La Commission estime qu'il y a lieu de simplifier le dessin, proposé par M. Hardion pour les supports à poser sur la cathédrale de La Rochelle en vue d'une distribution urbaine d'électricité.

Classements

Tour du Saint-Sépulcre à Caen (Calvados)

Église de Loc-Envel (Côtes-du-Nord)

Petite église de Chauriat (Puy-de-Dôme)

La Commission émet un avis favorable au classement de ces trois édifices. 80/15/020/379

Frise préhistorique de Laussel (Dordogne)

La Commission émet un avis favorable à l'exécution de travaux en vue de la clôture et de la protection de la frise sculptée préhistorique de Laussel.

Église Saint-Nicolas Saint-Laumer à Blois (Loir-et-Cher)

La Commission approuve l'exécution d'un devis de 10 115 Francs 46 dressé en vue de la restauration de l'église Saint-Nicolas Saint-Laumer à Blois.

Porte Saint-Pierre à Nantes (Loire-inférieure)

La Commission examine le projet dressé par M. Devérin en vue de la remise en état de la Porte Saint-Pierre à Nantes et qui s'élève à 59 941 Francs 53. Sur la proposition de M. l'Inspecteur général Magne, elle estime que l'État ne pourra participer pour plus d'un tiers à la restauration projetée.

Mais après avoir entendu M. Grandjean et en raison des dépenses très considérables que l'État sera appelé à faire prochainement dans l'intérêt de divers monuments de Nantes (cathédrale, Psallette, château…), la Commission demande à M. Magne de vouloir bien s'entendre avec M. Devérin en vue d'une nouvelle simplification du devis et d'une plus forte réduction de la dépense projetée.

Cathédrale de Paris (Seine)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. l'Inspecteur général Selmersheim au sujet de la transformation projetée du square de l'archevêché près la cathédrale de Paris. 80/15/020/380

Ancienne église Saint-Laurent à Rouen (Seine inférieure)

La Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général Grandjean, émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 48 454 Francs 99 dressé par M. l'architecte Lefort en vue de l'installation dans l'ancienne église Saint-Laurent d'un musée municipal normand.

Maison des Nourrices à Narbonne (Aude)

La Commission, sur la proposition de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, émet un avis favorable au classement de la Maison des Nourrices à Narbonne.

De plus, apprenant que le propriétaire de cet immeuble a refusé de donner son adhésion à ce classement, la Commission exprime le voeu que la maison soit acquise par la Ville de Narbonne avec participation financière de l'État pour un tiers dans cette opération.

Maison du Sénéchal à Agen (Lot-et-Garonne)

La Commission émet un avis favorable au classement de la façade de la maison du Sénéchal rue du Saumon à Agen, dont la conservation se trouve menacée, le propriétaire de cet immeuble étant en pourparlers pour le vendre.

Au cas où ce propriétaire refuserait d'adhérer à ce classement, la Commission, sur la proposition de M. Louzier, exprime le voeu que la maison soit acquise par la Ville d'Agen, avec participation financière de l'État dans cette opération. 80/15/020/381

Nomination d'un architecte ordinaire dans l'arrondissement de Langres (Haute-Marne)

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Kessler, architecte ordinaire des Monuments historiques de l'arrondissement de Langres, en remplacement de M. Jauniard décédé.