École des chartes » ELEC » Cartulaires d'Île-de-France » Notre-Dame de Chartres » Tome deuxième » 1276, 2 avril

Attestationes de inventione corporis sancti Piati, integri et incorrupti.

  • A Original en parchemin scellé. Arch. dép. Eure-et-Loir, G 443 (ancienne cote : fonds du Chapitre, carton III, D, 9).
  • a Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, éd. Eugène de Lépinois et Lucien Merlet, Chartres, 1862.
D'après a.

« Anno , inventum fuit corpus beati Piati in capsa in qua antiquitus positum fuerat, adhuc conjunctum et indivisum1. Et ad hoc sunt testes qui sequuntur, in ecclesia Beate-Marie Carnotensis : Raginaldus Barbou, baillivus de Rothomago2 ; Raginaldus, ejus filius ; Stephanus Carnotensis ; Theobaldus Chaillou3 ; Radulphus Perier ; Petrus de Drocis ; Symon Dagon ; Stephanus, filius Martini Perier ; Dyonisius de Galloto ; Philippus de Montibus, miles, Garinus, Gaufridus, armigeri magistri Guillelmi de Novavilla, archidiaconi Blesensis ; Raginaldus, serviens magistri Guillelmi de Calvo-Monte, camerarii Carnotensis ; Guillelmus de Monte-Duplici ; Gaufridus Pié-de-Lièvre ; item Guillelmus de Gresseio, decanus Carnotensis ; Symon de Bello-Loco4, archidiaconus Carnotensis ; Guillelmus de Novavilla, archidiaconus Blesensis ; magister Guillelmus de Calvo-Monte5, camerarius Carnotensis ; Guillelmus de Chevriaco, prepositus de Auversio ; Johannes de Sancto-Mederico, succentor Carnotensis ; magister Henricus de Avennia ; magister Stephanus de Sancto-Arnulfo ; dominus Leobinus de Sanctolio ; magister Guillelmus de Esseio ; magister Odo de Moutonneria ; dominus Petrus de Belua ; Johannes de Plesseio ; magister Guillelmus Rigaut ; Guillelmus de Mintteio ; Hugo de Plesseio ; dominus Johannes de Albigniaco6 ; dominus Girardus de Limogiis ; Johannes de Gallanda7 ; magister Robertus Cornutus ; dominus Garinus de Villanova ; Egidius Paté8, prepositus de Normannia ; Petrus de Gressio ; magister Guillelmus Horan ; magister Petrus de Minciaco9 ; Guillelmus de Aurelianis ; item dominus Guillelmus de Noviaco ; dominus Petrus de Trapis ; dominus Johannes, matricularius ; magister Stephanus, matricularius ; Johannes de Savigniaco, presbyter de Virginibus10 ; Eustachius de Castris, clericus ; Guillelmus Rumont, clericus ; Stephanus dictus Matricularius, clericus ; dominus Nicholaus de Minciaco11. »


1 A cette attestation se trouve jointe cette notice : Anno Domini millesimo CCº septuagesimo quinto, die secunda intrante aprili, regnante Philippo, rege Francorum, fuit deposita cassa in qua corpus beati Piati inventum est integrum et incorruptum, presentibus canonicis Beate-Marie Carnotensis, presbiteris, diaconis, subdiaconis, et quibusdam clericis chori et quibusdam laicis, ad hoc videndum specialiter rogatis ut dictum sanctum corpus viderent integrum, quorum nomina scripta sunt in quadam cedula in dicta cassa inclusa, et multorum sigilla canonicorum ibidem sunt appensa in memoriam futurorum. En effet, une note de l'abbé Brillon nous apprend que la cédule dont nous venons de publier le texte, ainsi que celles de 1310, de 1352 et de 1356 dont nous allons parler, furent tirées en 1708 de la châsse de saint Piat lorsqu'on en fit l'ouverture, et qu'on oublia de les y remettre.
2 Ce Renaud Barbou est le même qui, successeur d'Etienne Boileau dans la prévôté de Paris, donna en 1270 des statuts aux oublieurs. C'est encore lui qui établit à Chartres, en 1291, l'hôpital royal des Six-Vingts aveugles de Saint-Julien et de Saint-Gratien ; il s'intitulait alors familier du Roi et bourgeois de Chartres. On voit, par le titre que nous publions, qu'il avait été pourvu du bailliage de Rouen ; son fils lui succéda dans cette charge, et ainsi il y eut successivement deux baillis de Rouen du nom de Renaud Barbou. Voir Hist. de Chartres, par M. de Lépinois, vol. I, p. 154 et 343.
3 La famille Chaillou, comme celle des Barbou, appartenait à la bonne bourgeoisie de la ville de Chartres. Un de ses membres, Nicolas Chaillou, avait été choisi, en 1252, par la comtesse de Chartres, pour lui servir de caution dans son compromis avec le Chapitre.
4 Simon de Beaulieu, archidiacre de Chartres, devint archevêque de Bourges en 1281 et cardinal en 1294. Son obit est inscrit au Nécrologe sous la date du 4 des calendes de novembre.
5 Guillaume de Chaumont devint ensuite archidiacre de Chartres. Son obit figure au Nécrologe sous la date du 5 des calendes de septembre.
6 Jean d'Aubigny, depuis sous-doyen. Voir l'obit de ce personnage dans le Nécrologe, à la date du 2 des calendes de mai.
7 Depuis évêque de Chartres, en 1298.
8 Gilles Pasté, évêque d'Orléans en 1282. On trouve son obit dans le Nécrologe sous la date du 2 des nones de septembre (1289).
9 Dans cette énumération des membres du Chapitre de Chartres en 1276, on reconnaît l'influence de l'esprit de népotisme, général au XIIIe siècle. Le doyen Guillaume de Grez et le chanoine Pierre de Grez appartenaient certainement à la famille d'Henri de Grez, évêque de 1243 à 1247 ; Robert Cornut devait être le neveu d'Aubry Cornut, prédécesseur d'Henri de Grez ; enfin Pierre et Nicolas de Mincy étaient sans doute également parents de l'évêque alors siégeant, Pierre de Mincy.
10 C'était le chapelain de l'autel des Anges et des Vierges, dont nous avons publié l'acte de fondation. (Voir n° CCCXXXI.)

11 En 1310, le 1er octobre, on fit de nouveau l'ouverture de la châsse de saint Piat et on trouva le corps du saint martyr integrum et incorruptum, a corpore tamen diviso capite. Etaient présents : Theobaldo de Alneto, decano Carnotensi ; Egidio de Condeta, archidiacono Vindocinensi ; Petro de Ruppeforti ; Petro de Crisperiis ; Raginaldo de Brocia ; Gaufrido de Joigniaco ; Guillelmo de Ordone ; Radulpho de Medonta ; Richardo de Hanesiis ; Johanne de Reate ; Radulpho de Capriaco ; Corraldo de Mediolano ; Landulpho de Columpna, canonicis Carnotensibus ; Lamberto de Castello, legum professore, consiliario Capituli Carnotensis ; Symone, carpentario. (Orig. en parch. scellé ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. III, D, 9.)

Le 20 août 1352, on fit une nouvelle ouverture de la châsse, en présence de Louis de Vaucemain, évêque de Chartres, et de : Bernardo de Cardaillaco, decano ; Johanne de Monte-Mauri, camerario ; Johanne de Montigniaco, Drocensi, Raginaldo Saiget, Vindocinensi archidiaconis ; Girardo Dechan ; Petro de Bosco ; Petro Sageti ; Helya Grimouart ; Bertrando de Sancto-Crispino ; Hugone de Pomeriis ; Petro Gueite ; Guidone des Foucheiz ; Guidone de Mesnilio ; Guillelmo Johannis ; Petro de Paluau ; Guillelmo de Cantumerulla ; Luca de Urbe-Veteri ; Eblone de Sancta-Maria ; Ludovico Chauvelli ; Girardo de Madico, canonicis ; Johanne Dynere, magistro fabrice ; Matheo Aquari, consiliario ; Almarico de Brueriis, secretario ; Petro de Lureyo, advocato, et Jacobo Laysie, cive Carnotensi. (Orig. en parch. scellé ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. III, D, 9.)

Le 1er septembre 1356, ad instantiam domini Johannis, regis Francorum, le Chapitre fit l'ouverture de la châsse de saint Piat. Outre le roi, étaient présents : R[aginaldo], Cathalaunensi episcopo ; comite Stamparum ; Gaufrido de Charni, milite ; Arnulpho de Odenehan, marescallo domini regis, et pluribus aliis nobilibus. (Original en parchemin. Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. III, D, 9.)

Le 6 octobre 1591, à la demande du cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Rouen, en sa présence et en celles de Charles de Bourbon, comte de Soissons, son frère ; de Nicolas de Thou, évêque de Chartres ; de Philippe du Bec, évêque de Nantes ; d'Henri d'Escoubleau, évêque de Maillezais ; de Renaud de Beaune, patriarche et archevêque de Bourges ; de Nicolas Fumée, évêque et comte de Beauvais, pair de France ; de Claude d'Angennes, évêque du Mans ; de Charles Miron, évêque d'Angers ; de Philippe Hurault, comte de Cheverny, chancelier de France, et de tous les membres du Chapitre de Chartres, on fit l'ouverture de la châsse de saint Piat, et on trouva le corps du martyr incorruptum, cohœrentibus singulis ejus membris ac partibus, excepto capite quod est a corpore divisum. (Expéd. sur pap. ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. III, D, 9.)

La châsse fut de nouveau ouverte le 24 mars 1609 à la prière de la reine Marie de Médicis, et enfin, le 20 décembre 1708, Paul Godet des Marais opéra la translation des reliques dans une nouvelle châsse. Nous extrayons du procès-verbal dressé à cette occasion la description de l'état dans lequel on trouva le corps du saint martyr. Evolutis pannis sericis et linteis quibus tegebantur, invenimus corpus humanum integrum, capite super humeros apposite reposito, cœteris ejus membris cohœrentibus : faciem habebat manusque nudas, pelle, carnibus et nervis exsiccatis adhuc ornatas ; pollice tamen utroque dissoluto, manu dextera super pectus, lœva ad latus posita. Reliquœ corporis partes sindone vetusta circumvolutœ erant et quasi vestitœ. Et cum voluerimus sindonem illum tollere, imo et resecare, plurimas telas similiter dispositas firmissime adhœrentes et conglutinatas reperimus, illis vero resecatis aliquibus in locis et œgre revulsis, maxime circa partes superiores pectoris et partem inferiorem lacerti dextri, ossa nondum pelle denudata vidimus. Deinde etiam pedem dextrum, telis et fascis quibus involvebatur resecatis, deteximus, illumque integrum pariter, pellibus, nervis, carnibus exsiccatis reperimus. (Expéd. sur pap. ; Arch. dep. d'Eure-et-Loir, C. III, D, 9.)