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1827, 13 octobre. Préfecture du département de la Seine. [Solde des travaux.]

. Paris

Restauration générale de l’église Saint-Germain-des-Prés. Solde des travaux. Demande d’approbation et d’autorisation.

  • Arch. nat., F 3 (II) Seine 32 nos 15 à 19

Monseigneur,

J’ai eu l’honneur d’adresser à votre Excellence, avec ma lettre sous la date du 7 septembre dernier, une délibération prise par le Conseil municipal de la ville de Paris, le 16 août précédent, et par laquelle ce Conseil, en même temps qu’il approuve les travaux de restauration de l’église Saint-Germain-des-Prés, vote le complément des fonds nécessaires pour acquitter la dépense qui s’élève à la somme totale de 574 064,46 F. Savoir :

Pour travaux exécutés antérieurement à 1827, ci 566 288,86 F
Et pour travaux restant à faire 7 775,60 F
Somme égale 574 064,46 F

Ayant réuni depuis cette époque quelques documents qui me paraissaient indispensables pour mettre votre Excellence à portée de statuer sur l’ensemble desdits travaux, je m’empresse de lui en rendre un compte détaillé.

Ces travaux qui ont été faits sur attachements et mémoires à prix de règlement, se sont élevés ainsi qu’il est dit ci-dessus et qu’il résulte du rapport de M. le directeur des Travaux de Paris, en date du 31 janvier dernier, et dont une copie est ci-jointe, à la somme totale de 566 288,86 F, savoir :

1° En ce qui concerne la reprise en sous-œuvre des piliers de la nef de l’église, et autres travaux accessoires exécutés en 1820,
1821 et 1822, à celle de
255 269,26 F
Plus pour frais de personnel 14 667,26 F
Total 269 936,32 F
2° Pour le dérasement des tours du nord et du midi, leur réparation, et la restauration des murs et contreforts du pourtour
du chœur, travaux faits en 1825, à la somme de
111 868,99 F
Et pour les frais de personnel 7 517,27 F 119 386,26 F
3° Enfin pour divers travaux exécutés en continuation des premiers et qui avaient pour objet le complément de la restauratio
de l’église, et la mise en état des chapelles et de quelques objets mobiliers, travaux qui se sont élevés après le règlement des mémoires,
pour 1824, à
90 558,72 F
Pour 1825, à 56 081,16 F
Pour 1826, à 18 254,00 F
Total 164 893,88 F 176 966,08 F
Et pour les frais de personnel 12 072,20 F
Total comme ci-dessus 566 288,86 F

Les travaux faits en 1820, 1821 et 1822, avaient été autorisés par le prédécesseur de votre Excellence, d’après un projet dont le devis en portait l’évaluation approximative à 160 579 F. Mais M. le Directeur ayant annoncé dans son rapport du 15 mars 1822, dont une copie est ci-jointe, qu’ils s’élèveraient en définitive, à une somme de 219 080 F, y compris 11 556 F pour frais de personnel, je pris l’avis du Conseil municipal au sujet de cet excédent, et sur l’envoi que je fis à votre Excellence, le 19 février 1823 de la délibération de ce Conseil, et d’un nouveau devis pour la continuation des travaux, dont le Conseil avait également voté la dépense, elle approuva par sa décision du 16 avril suivant, les travaux exécutés jusqu’à concurrence de 219 080 F, et autorisa les nouveaux travaux évalués à 100 764,95 F

Ces derniers sont ceux qui avaient pour objet le dérasement des tours du nord et du midi, la restauration de ces tours et la réparation du mur
et des contreforts au pourtour du chœur ; leur dépense, d’après le règlement des mémoires s’étant élevée, comme il est dit ci-dessus, à la somme
de 119 386,26 F , y compris 7 517,27 F pour frais de personnel, ci
119 386,26 F
Et leur évaluation au devis n’étant que de 100 764,95 F
Il en résulte un excédent de 18 621,31 F

Mais en outre de cet excédent et de celui annoncé par le rapport déjà mentionné de M. le Directeur, comme devant exister sur les premiers travaux et en portait la dépense à la somme de 219 080 F, dont votre Excellence a autorisé le paiement par sa décision du 16 avril 1823, il résulte aussi des mémoires réglés, transmis par la Direction des Travaux et dont le dernier envoi a eu lieu le 16 décembre 1823, que ces mêmes travaux ont occasionné, en définitive, une dépense de 269 936,52 F, qui donne un nouvel excédent de 50 856,52 F

Indépendamment de ces divers travaux qui avaient pour objet la consolidation de l’édifice, il en a été exécuté d’autres en continuation, tant pour sa restauration totale, que pour l’arrangement des chapelles au pourtour de la nef et du chœur, la construction d’une chapelle à la Vierge, la restauration des monuments funéraires de saint Casimir, roi de Pologne, et des Castellans, monuments qui ont été replacés dans l’église, et enfin la réparation de quelques objets mobiliers qui avaient été détériorés par suite des travaux de consolidation du bâtiment.

Ces travaux détaillés dans les quinze devis qui sont ci-joints et le rapport de l’architecte qui en fait connaître les motifs d’exécution et les avantages,ont occasionnés une dépense totale de 176 966,08 F, savoir :

En 1824, suivant les mémoires réglés 90 558,72 F
En 1825, suivant les mémoires réglés 56 081,16 F
En 1826, suivant l’état de situation 18 254,00 F
164 893,88 F
Et pour frais de personnel 12 072,20 F
Somme pareille 176 966,08 F

En résumé, Monseigneur, tous les travaux exécutés jusqu’à présent s’étant élevés, savoir :

Ceux de 1820, 1821 et 1822, à 269 936,52 F
Ceux de 1823, à 119 386,26 F
Et enfin ceux de 1824, 1825 et 1826, à 176 966,08 F
Il a été dépensé 566 288,86 F
Somme à laquelle il convient d’ajouter les frais d’établissement d’une grille en fer autour du chœur de l’église et de la mise en état
du jeu d’orgues, qui a été totalement détérioré par le fait des travaux, dépense qui s’élève, suivant les devis ci-joints, pour la grille à
2 975,60 F
Pour le jeu d’orgues à 4 800,00 F
Total 574 064,46 F
Les travaux approuvés et ceux autorisés par la décision de votre Excellence du 16 avril 1823, déjà cités, montant à 319 844,95 F
L’excédent à approuver est de 254 219,51 F

Votre Excellence remarquera, sans doute, que cette dépense est considérable ; mais elle ne manquera pas aussi d’apprécier l’importance des travaux qui l’ont produite, les difficultés qui se sont présentées dans leur exécution, l’impossibilité où s’est trouvé l’architecte, à raison de la nature des réparations, à déterminer l’évaluation de la dépense d’une manière même approximative, enfin la nécessité de faire exécuter des travaux qui étaient une conséquence de ceux de consolidation de l’édifice et étaient en outre, indispensables pour en former le complément.

Sa conviction sera entière à cet égard, si elle veut bien se rappeler que l’état du bâtiment, l’un des plus intéressants monuments de la ville de Paris par l’ensemble de ses proportions architecturales, avait paru tellement compromis à l’époque où les dégradations se manifestèrent, que le Conseil des Bâtiments civils avait pensé qu’il était préférable de le démolir, plutôt que de hasarder une restauration dangereuse et insuffisante.

Il ne lui échappera pas non plus, que cette restauration dont les succès ont surpassé toutes les espérances et mérité les suffrages de gens de l’art, a conservé à la ville de Paris, moyennant une dépense d’environ 575 000 F, l’un de ses édifices les plus remarquables, tandis que l’établissement d’une nouvelle église, lors même que celle-ci eût été moins considérable que l’ancienne, l’aurait constituée dans des dépenses énormes.

Le Conseil municipal convaincu de l’indispensable nécessité de la plupart des travaux comme de l’utilité et des avantages de ceux qui en étaient une conséquence, n’ayant point balancé à les approuver, j’ai lieu de croire que votre Excellence confirmera son vote.

J’ai donc l’honneur de la prier de vouloir bien, en approuvant ces travaux m’autoriser ;

1°. À faire solder ceux qui sont antérieurs à 1827, au moyen de fonds votés pour cet objet ;

2°. Et à faire exécuter les travaux pour l’établissement d’une grille en fer autour du chœur et la mise en état du jeu d’orgues.

J’ai l’honneur de la prier, en outre, de me faire connaître sa décision, le plus tôt possible, les mandats concernant les dépenses de l’exercice 1826, devant être délivrés avant le 1er décembre prochain.

Je suis avec respect, Monseigneur, de votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur

Pour le conseiller d’État, le préfet et par autorisation :

Le Secrétaire général de la Préfecture,
De Fresne