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1802, 29 novembre. Direction générale du domaine national de Versailles et du Musée spécial de l'École française. [Demande de tableaux. Refus.]

. Versailles

Il observe que les tableaux demandés par le desservant de la succursale de Saint-Germain-des-Prés ne peuvent être retirés du Musée sans porter un grand préjudice à cet établissement.

Le directeur général du Domaine national de Versailles et dépendances, et du Musée spécial de l’École française à son Excellence le ministre de l’Intérieur.

  • Arch. nat., F 21-586 nos 18 à 20

Citoyen Ministre,

Vous m’avez envoyé le 26 brumaire la liste de six tableaux réclamés par le desservant de la succursale de Saint-Germain-des-Prés, et vous me demandez de vous indiquer ceux qui pourraient lui être rendus sans nuire au Musée. Ces tableaux sont saint Germain et saint Vincent par Vien, saint François de Salles et sainte Chantal par Suvée, Jésus-Christ sur les ruines de l’idolâtrie, par Barthélémy, la descente de Croix, par Regnault, la mort de la Vierge par Perrin, la nativité de la Vierge par Restout. J’ai l’honneur de vous faire observer que ces tableaux, qui sont exposés au Musée et en sont l’ornement n’ont point été enlevés à l’église de Saint-Germain-des-Prés. Les renseignements qui m’ont été fournis par le conservateur de l’établissement me prouvent que la descente de Croix par Regnault avait été destinée pour la chapelle de Fontainebleau, que saint Germain et saint Vincent sont le modèle d’une bannière pour Saint-Germain-l’Auxerrois, que la mort de la Vierge par Perrin a été extraite d’un couvent de femmes, ainsi que celui de sainte Chantal, que le tableau de Jésus Christ sur les ruines de l’idolâtrie par Barthélémy appartient à l’Abbaye-aux-Bois, et le tableau de la nativité de la Vierge par Restout au couvent des Chartreux. Ce qui confirme encore l’opinion que ces tableaux n’ont jamais appartenu à Saint-Germain-des-Prés, c’est que dans une première lettre, que j’ai reçue de vous dans le mois de thermidor, vous me transmettez la note des tableaux réclamés par le curé Kéravenant desservant cette église, et que ceux qu’on réclame aujourd’hui n’y sont point compris. D’ailleurs l’observation que vous me faites, que les tableaux qui servent à la décoration du Musée ne doivent pas être rendus, me paraît devoir s’appliquer à ceux qui ont été désignés, attendu qu’on ne pourrait pas les enlever sans porter un grand préjudice à l’établissement.

Salut et respect.

Goulard