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1802, 14 avril. Direction du Domaine national. [Projet d'aliénation de l'église.]

. Paris

Rapport au citoyen Bruté, receveur des Domaines aux 9e et 10e arrondissements par le citoyen Bourla, architecte-adjoint des Domaines.

  • Arch. de Paris, DQ10-223 dr3764 nos 3 à 5

Il a été demandé à l’architecte soussigné de visiter les bâtiments et emplacements de la ci-devant abbaye Saint-Germain-des-Prés qu’occupait l’atelier des salpêtres, à l’effet de connaître les moyens de les utiliser au profit du Trésor public, soit par location ou vente, ces objets ayant été remis par le ministre de la Guerre à celui des Finances qui en a informé le directeur général de l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines.

En conséquence de ce, l’architecte susdit s’étant transporté dans l’église de Saint-Germain-des-Prés dans laquelle était l’atelier des salpêtres, dit l’Unité, a reconnu que les ouvriers sont encore occupés en ce moment à déménager les objets que l’administration des salpêtres y avait fait établir comme réservoirs, fourneaux en brique, chaudières et ustensiles propre à cette manutention.

Le citoyen Morin, agent comptable, qui préside à ces démolitions intérieures, assure que l’enlèvement de ces matériaux sera entièrement terminé pour la fin de la première décade de floréal prochain.

Cet atelier était composé de deux parties très distinctes : l’église et un grand hangar qui a été construit à neuf après l’incendie.

Le citoyen Morin a déclaré également que trois membres du Conseil des Bâtiments civils près du ministère de l’Intérieur, avaient examiné cet édifice, afin de connaître s’il pouvait être de quelque utilité pour l’exercice du culte ; en sorte qu’il serait nécessaire de savoir quelle est la décision qui peut avoir été prise à ce sujet, avant d’en provoquer la mise en location.

Il a été fait un rapport à l’administration le 15 de ce mois au sujet des dalles de cette église qui ont été enlevées en grande partie par l’administration des Poudres et Salpêtres.

Quant à la partie du grand hangar à droite de l’église, il serait possible de la mettre en location en condamnant la porte actuelle donnant dans l’église, et en débouchant celle qui se trouve en face de la rue neuve Sainte-Marguerite qui est condamnée en mur ; alors l’entrée du hangar se trouverait subsister telle qu’elle est aujourd’hui, étant fermée d’une porte charretière entre l’église et ledit hangar.

Il serait nécessaire de savoir avant de mettre ce dernier objet en location, le parti que l’on aura pris sur l’église.

B. Bourla