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1818, 31 août. Direction des travaux de Paris. Bureau des Beaux-Arts. Au ministre de l’Intérieur

. Paris

Église royale de Saint-Denis. Balustrade en marbre qui se trouve sans destination dans le dépôt de Saint-Denis et qui a été demandée par M. le Préfet en faveur de l’église Saint-Germain-des-Prés.

  • Arch. nat., F 21-586 nos 47 à 49

Monseigneur,

Il existe en effet dans le dépôt de l’église royale de Saint-Denis une balustrade en marbre qui se trouve en ce moment sans destination.

Cette balustrade avait été exécutée pour fermer l’emmarchement demi-circulaire établi en avant du sanctuaire lors des premiers travaux de restauration et supprimée par l’effet d’une fantaisie du chef du précédent gouvernement.

Elle fut tracée sur un diamètre d’environ 36 pieds et se compose de 4 piédestaux cintrés en marbre blanc et petit antique, les appuis, socles et balustres sont en marbre blanc.

Les parties ouvrantes sur le même dessin que celles dormantes en suivent pareillement la courbe sur une étendue d’environ 10 pieds. Les ouvrages sont de la manufacture de bronze de M. Deharme.

J’ai l’honneur d’adresser à votre Excellence un plan qui lui donnera une idée du développement de cette balustrade. Comme elle est d’un très grand prix, il me paraîtrait convenable de n’en disposer qu’autant qu’on serait assuré qu’elle peut s’adapter, sans subir aucune altération, à l’emplacement auquel on la destine.

Je joins ici la lettre de M. le Préfet que votre Excellence a bien voulu me communiquer.

Je suis avec respect, Monseigneur, de votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur,

Le conseiller d’État, directeur des Travaux de Paris,
Bruyère

À l’instant où j’allais faire partir cette lettre, j’ai reçu la visite de l’architecte des églises de Paris qui m’a donné sur celle de Saint-Germain-des-Prés des explications dont il résulte que la balustrade ne pourrait y être employée qu’en lui faisant subir de forts retranchements, ce qui serait très fâcheux. Cet architecte m’a annoncé qu’il allait s’occuper de chercher dans les autres églises un emplacement propre à la recevoir dans son intégrité.

Si votre Excellence pense qu’il convient de faire aux églises de Paris l’abandon de ce bel ouvrage puisqu’il ne peut trouver sa place à Saint-Denis, elle voudra sans doute avoir préalablement la certitude qu’on pourra en tirer parti sans la dénaturer.