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1820, 1er juin. Conseil des Bâtiments civils. [Mesures conservatoires.]

. Paris

Extrait du procès-verbal de la séance du 1er juin 1820 présidée par M. Hély d’Oissel. Église Saint-Germain-des-Prés.

  • Arch. nat., F 13-882 nos 32 à 33

M. Rondelet soumet au Conseil les dessins figurant les moyens qu’il propose d’employer pour parvenir à la restauration de cette église et donne lecture d’un mémoire contenant les principes sur lesquels il a établi ces moyens.

M. Baltard remet sur le bureau des dessins qu’il avait présentés dans l’une des séances précédentes pour développer les idées qu’il a conçues pour opérer efficacement et avec sécurité cette restauration.

Le Conseil, nonobstant toute la confiance qu’il a dans les talents et l’expérience de MM. Rondelet et Baltard et malgré la persuasion dans laquelle il est, que les moyens qu’ils offrent sont, en principe, applicables à la restauration dont il s’agit ; considérant, 1° Qu’il a été reconnu dans la précédente séance à la majorité de six voix contre les leurs, que ceux déjà employés par M. Godde et ceux qu’il a depuis lors proposé d’ajouter, pouvaient, sauf quelques modifications, suffire à la reprise en sous-œuvre en question ; 2° Que ces modifications ont été implicitement indiquées par les avis particuliers de chacun des membres ; 3° Que pour mettre en œuvre l’un ou l’autre des moyens de soutènement proposés par MM. Rondelet et Baltard, on serait dans la nécessité de déposer quelques-uns des principaux étais qui font partie du système adopté et en grande partie exécuté par M. Godde, et que cette dépose si elle n’était pas impossible, ne pourrait s’opérer que très périlleusement ; 4° que quelque savante et profonde que puisse être une théorie, l’efficacité de son application, lorsque cette application, comme dans le cas présent, ne doit pas être dirigée par l’auteur même d’une telle théorie, peut uniquement dépendre de l’aplanissement de difficultés survenues fortuitement dans le cours des opérations ; 5° Qu’indubitablement il se présentera des obstacles à vaincre pour obtenir les résultats de celles dont il s’agit ; 6° Qu’en conséquence la responsabilité de cette entreprise ne devant peser que sur celui qui est chargé de la diriger immédiatement et sur les entrepreneurs auxquels il en confiera l’exécution, il doit rester libre du choix de ses moyens ; 7° Et enfin que les talents, l’expérience et la prudence de M. Godde offrent une garantie suffisante du succès de cette entreprise.

Le Conseil pense qu’on ne doit prescrire à cet architecte aucun moyen particulier d’exécution, et qu’il doit suffire de lui donner officieusement et à titre de bons conseils seulement, communication des opinions émises par chacun des membres, ainsi que des dessins et rapport de MM. Rondelet et Baltard avec invitation à méditer les idées que les uns et les autres présentent afin de fixer les siennes sur les moyens de soutènement et reconstruction à adopter définitivement.

En conséquence de tout ce que dessus, le Conseil est d’avis qu’il soit proposé à son Excellence d’autoriser de suite M. Godde à poursuivre les opérations d’après le système de soutènement qu’il a déjà observé et amélioré, et qu’il modifierait au besoin d’après les documents qu’il pourra trouver dans les pièces et dessins qui seraient communiqués ainsi qu’il vient d’être dit.

Pour extrait conforme

Guy de Gisors, exerçant la fonction du secrétaire pendant son absence.