École des chartes » ELEC » Correspondance et états de situation » 1820 » 1820, 23 mai. Conseil des Bâtiments civils. [Mesures conservatoires.]

1820, 23 mai. Conseil des Bâtiments civils. [Mesures conservatoires.]

. Paris

Extrait du procès-verbal de la séance du 23 mai 1820 présidée par M. Hély d’Oissel. Église Saint-Germain-des-Prés.

  • Arch. nat., F 13-882 nos 30 et 31

Le Conseil s’est occupé de l’examen des propositions faites par M. Godde pour le perfectionnement de ses moyens d’étayer l’église de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. Après une discussion étendue sur ces nouveaux moyens à laquelle M. Godde a pris part, et la délibération qui a suivi cette discussion, M. le Président a recueilli les opinions des membres présents. Chacun d’eux a émis la sienne ainsi qu’il suit  :

M. Heurtier persiste à ne pas voter sur les moyens d’étaiement proposés par addition à ceux déjà exécutés, appuyant son refus des mêmes motifs qu’il avait appuyé celui fait par lui dans la précédente séance relative au même objet.

M. Rondelet doute que la restauration de l’édifice puisse s’exercer avec succès si l’on n’emploie pas des moyens d’étaiement autres que ceux proposés par M. Godde. M. Rondelet offre d’en présenter d’autres qu’il appuiera d’un rapport expositif des motifs qui lui auront fait concevoir ces moyens. Le Conseil adopte l’offre de M. Rondelet et ajourne en conséquence à huitaine à donner un avis concluant et définitif après avoir entendu ce rapport et pris connaissance des moyens proposés par M. Rondelet.

M. de Gisors considérant que les moyens additionnels d’étaiement proposés aujourd’hui par M. Godde sont susceptibles, sauf quelques nouvelles modifications, de remédier efficacement à l’insuffisance des étais que l’urgente nécessité lui a fait placer précipitamment sans oser prendre le temps de les combiner avec les moyens de construction à employer pour la restauration de l’édifice, est d’avis qu’on peut présentement s’en rapporter à l’expérience et à la prudence de cet architecte pour donner encore à cet étaiement toute la perfection et toute la solidité désirable, solidité qu’il ne peut manquer d’obtenir en mettant à profit toutes les observations qui ont été faites en sa présence et que sa sagacité et sa docilité a su apprécier.

M. Mazois dit qu’il a étudié le nouveau projet d’étaiement proposé par M. Godde. Il le trouve en principe aussi conforme que possible à tout ce que les règles de l’art peuvent exiger et il pense que ce projet ne peut guère être susceptible que de quelques modifications qui seront suffisamment révélées à M. Godde par les calculs et les combinaisons de l’exécution. En conséquence, M. Mazois est d’avis que les moyens proposés par M. Godde soient admis en principe et que leur perfectionnement et leur application soient abandonnés aux talents et à la responsabilité de M. Godde.

MM. Hély d’Oissel, président, et MM. Norry, Rohault et Gauché partagent l’avis de MM. Mazois et de Gisors.

M. Baltard pense que le système d’étrésillons a pour inconvénient de pousser et tend à rompre l’équilibre des constructions tandis qu’il ne s’agit que de soutenir, problème qui selon M. Baltard n’est pas résolu par M. Godde.

Pour extrait conforme

Guy de Gisors, exerçant la fonction du secrétaire pendant son absence.